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Les indignés en Belgique

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    Envoyé : 05 Jun 2011 à 17:39

Les Indignés de Bruxelles : qui sont-ils ?

 

Badi BALTAZAR

Visite du campement bruxellois des Indignés - Procès-verbal d’intérêt général

Hier, j’ai décidé de faire un arrêt du côté du carré de Moscou à Saint-Gilles dans l’idée de rencontrer des membres de ce mouvement dit des Indignés. Comme la plupart d’entre vous j’imagine, je me suis posé pas mal de questions sur cet étrange phénomène. Qui sont ces gens ? Pourquoi se sont-ils délibérément installés sur une place au beau milieu de la capitale de l’Europe ? Que veulent-ils ? Quelles sont leurs intentions ? Quels sont les intérêts qu’ils défendent ? Est-ce un groupe, une organisation de militants ? Quelles sont leurs revendications ?

Arrivé sur les lieux, j’ai d’abord constaté que l’endroit avait des airs de festival d’été, avec ses chapiteaux et ses stands. Mais au fur et à mesure que je me rapprochais du coeur de la place, je ressentais le genre d’impression de découverte et d’étonnement que l’on peut avoir lorsque l’on pose le premier pas dans un univers nouveau. La place était littéralement occupée, mais pas seulement. Une société parallèle semblait s’y être formé au sein même de la cité. Des tentes, des tables, des chaises, des fauteuils, des matelas, des échoppes, un potager. Une cuisine au centre, avec une pancarte indiquant que le prix de la nourriture est celui que décidera de lui accorder l’acheteur. Des activités ludiques, des ateliers divers, des jeunes femmes sur des échasses, une bibliothèque à ciel ouvert, des groupes de citoyens formés un peu partout sur la place, qui échangent activement, dans une ambiance cordiale, décontractée mais sérieuse. Des notes se prennent, des coordonnées s’échangent, des solutions s’inventent. C’est le royaume de la débrouille, une espèce de laboratoire où les chercheurs ne sont autres que les citoyens qui s’y retrouvent, se rencontrent, s’écoutent et se parlent. Inutile de préciser que j’ai vite compris qu’il y planait autre chose qu’une simple brise de printemps.

Sous le plus grand des chapiteaux se tenait une assemblée composée d’une cinquantaine de personnes de tout âge, de toutes origines, des chômeurs, des enfants avec leurs parents, des étudiants, des employés, des ouvriers, des fonctionnaires, des retraités, des gens du voisinage. Du bobo à l’altermondialiste, tous semblaient être intéressés par ce qui se déroulait. Symboliquement, ils se passaient la parole en faisant circuler un bout de bois, en guise de micro. Au choix, chacun avait l’opportunité de s’exprimer, de faire part des raisons de ses indignations et de ses réflexions. Des valves avaient été installées et le procès-verbal de la précédente Assemblée Générale y avait été affiché. La tendance m’a semblé être à la création de structures spécifiques aux divers domaines qu’ils souhaitent couvrir. Ces dernières se matérialisent sous la forme de commissions. A ce jour, ont commencés à être formés des cellules de communication, un site web ainsi qu’une logistique opérationnelle et sanitaire appréciable. Par ailleurs, les décisions prises par les activistes sont actées et les potentiels de coordinations nationales et internationales sont envisagés et commentés.

J’en profite donc pour rassurer la bourgmestre de la commune, qui d’après certaines sources serait inquiète quant aux conséquences d’un tel rassemblement et je tiens à lui adresser les salutations les plus pacifiques que les débats auxquels j’ai assisté m’obligent à relayer. Une multitude de messages et de banderoles ont d’ailleurs été accrochés partout sur la place. Ils invitent à l’éveil des consciences et à la mobilisation citoyenne. A noter que plusieurs d’entre elles sont en espagnol ou en anglais.

J’avoue que plongé dans ce microcosme bouillant d’énergie positive, j’étais quelque peu intrigué. Faut dire que ce genre d’espace de partage spontané n’est pas courant. Personnellement, je n’ai jamais vu ça de ma vie en Belgique. Ces gens - venus de partout, partout en Europe et ailleurs dans le monde - qui délibérément se réunissent sur des places, les occupent jour et nuit et y réorganisent une vie sociale, embryonnaire certes mais effective. C’est absolument remarquable. Ce que je veux exprimer c’est que le fait même que ces gens agissent de la sorte - s’inscrivant dans une démarche constamment en mouvement vu que telle est sa raison d’être - est une révolution en soi. Ce sont avant tous les mentalités et les modes de vie en société qui sont ici repensés.

J’insiste cependant sur le fait qu’il faut raison garder et éviter de se laisser happer par je ne sais quelle tentation passionnée. Selon moi, dans l’état actuel, le mouvement naissant dont je témoigne n’est qu’un vecteur de prise de conscience pour les citoyens qui s’y identifient et y contribuent. Néanmoins, leurs intentions et leurs actions n’en sont pas moins profondes et sincères. Ce que ces gens ressentent, l’énergie qu’ils investissent, leurs idées, leur créativité et leurs rêves d’équité sont tout sauf anodins et peu en parle, voire pas du tout. Les quelques journalistes qui ont daigné faire référence à ces mouvements jaillissants sous la bannière d’une démocratie réelle un peu partout dans le monde, oublient ou taisent l’essentiel. Au-delà de la finalité, du potentiel d’expansion et de réalisation de ces mouvements, le fait que ces gens en arrivent à descendre dans les rues et les places et à les occuper pour pouvoir exister et avoir la possibilité de s’exprimer et de se faire entendre, est une illustration grandeur nature du constat d’échec permanent de nos sociétés actuelles. Et vouloir présenter cette réalité comme une simple grogne de chômeurs ou de jeunes en situation de précarité est d’autant plus réducteur et intellectuellement malhonnête.

D’un point de vue factuel, les systèmes économiques, politiques et institutionnels ne répondent plus aux attentes des populations et ont, je le répète, prouvé leurs incompétences. La confiance dans la classe politique en place est à son plus bas niveau et ce qui rend ce phénomène citoyen d’autant plus important selon moi, c’est paradoxalement sa mondialisation. Ces citoyens qui se mobilisent sont tout sauf des illuminés. Ils ont toute leur raison et leurs raisons et ils tendent à porter la voix de Monsieur Tout Le Monde. Et ce qui me touche profondément, c’est l’idée qu’ils le fassent vraiment dans l’intérêt de Monsieur Tout Le Monde. D’après les discussions que j’ai pu avoir avec certains activistes, l’unique prétention qui les anime à ce stade est de créer et de développer cet espace de dialogue, d’expression et de débat. Toutes les pensées, toutes les tendances de la population sont amenées à y être représentées. En un mot, c’est un mouvement qui s’ouvre à tous et qui constitue une possibilité pour tout un chacun de prendre part aux activités ou de prendre l’initiative d’en élaborer. C’est une plate-forme de libre choix et de libre pensée, ce que les institutions aux commandes sont manifestement incapables de proposer.

Vous serez sans doute tous d’accord avec ce constat : tous les indicateurs sont au rouge. Signal que nous sommes arrivés à une étape charnière dans l’évolution du déséquilibre mondial. Les fossés dont nous avons criblé notre espace de vie sont devenus tellement grands que l’émergence de mouvements citoyens deviendra de plus en plus difficile à contenir. Je pense donc que comme toute manipulation, l’aliénation et l’injustice démontreront leurs limites elles aussi, ce qui m’oblige à saluer tous les hommes et toutes les femmes qui ont décidé que leur destin était entre leurs mains, que le monde peut être autre chose qu’un espace de concurrences féroces et immorales et qu’en face des politiques et de la finance privée il y des êtres humains qui ont en commun les mêmes volontés de pacification de la planète. Nul doute que les efforts soient à fournir sur les plans du fond et du long terme, mais le défi en vaut la chandelle. Je souhaite de ce fait aux indignés d’ici et d’ailleurs d’avoir la force de garder l’espoir que je partage avec eux de reconquérir notre souveraineté populaire. Gardons à l’esprit que chacun de nous est une énergie potentielle et chaque particule d’énergie positive, d’intelligence, d’expertise et de force de travail que nous pourrons canaliser seront bénéfiques.

Je tiens également à souligner que bien que la naissance du mouvement des Indignés bruxellois soit survenue dans la foulée de ses voisines européennes, sa particularité me semble être à l’image de ces citoyens : positifs, bon vivants et à des années lumières de tous les clichés de violence ou de désordre que certains oiseaux de mauvais augures colportent. Le besoin qu’ils ont de tout remettre à plat et de vouloir refondre les bases d’une nouvelle vie en société devrait, il me semble, être encouragé, soutenu et renforcé. Contrairement à ce qui se lit dans la presse ou sur les prompteurs, leur démarche n’est pas apolitique, au contraire elle est pleinement politique : se réunir, débattre, échanger, se mobiliser et agir pour le bien de la cité et de ses habitants, n’est-ce pas l’essence même de l’acte politique ?

Ce soir, je suis retourné au campement pour assister à l’Assemblée Générale qui s’y tient quotidiennement. Je fus à la fois surpris et excité de m’apercevoir que le nombre des participants avait quasiment triplé depuis la veille. D’ailleurs, pour répondre au succès des débats, le petit bout de bois qui servait de micro avait entre-temps été troqué contre un mégaphone. Je tiens à témoigner que j’y ai rencontré des gens exceptionnels, des citoyens conscients et pleinement en accord avec eux-mêmes. L’émotion que j’y ai ressentie et la sincérité de leurs actions auront, quoi qu’il arrive, marquer mon esprit. Assister à une telle manifestation d’humanité et de partage est tout simplement bon pour le moral. Il est rassurant et réconfortant de se dire qu’il existe encore des êtres humains si fortement attachés à leurs idéaux de liberté et de solidarité.

Néanmoins, il faut aussi reconnaître que la survie de cet élan de citoyenneté dépendra de sa capacité à occuper l’espace, à mobiliser les masses et à démultiplier les initiatives intelligentes. Par le biais de ce libre buvard, je ne peux que vous inviter à vous joindre à cette merveilleuse aventure humaine, qui je l’espère, n’en est qu’à ses balbutiements. L’idée débattue ce soir de former un campement itinérant de commune en commune semble suivre son petit bonhomme de chemin. Et de nombreuses activités sont prévues sur la place du carré de Moscou tout au long du week-end, n’hésitez donc pas à y faire un saut pour vous faire votre propre idée de ce qu’est cette communion de citoyens dont le rêve à partager est de contribuer à la construction d’un monde dans lequel les gouvernements représenteraient et défendraient réellement les intérêts des électeurs, d’un monde moderne où l’humain pourrait enfin être au centre des préoccupations.

A bon entendeur,

Badi BALTAZAR
www.lebuvardbavard.com


Lettre d’une jeunesse pas gâtée à Louis Tobback

 

Aurélie Decoene, Jouwe Vanhoutteghem

Louis Tobback, le bourgmestre de Louvain, ne comprend plus les jeunes. En témoignent les sorties dans la presse néerlandophone du week-end dernier. « Je crains qu’ils ne soient un peu trop gâtés », déclare-t-il sans détour à propos des indignés espagnols et de la jeunesse en Belgique qui se mobilise contre la crise politique.

En Espagne, des jeunes, « los indignados », occupent différentes places depuis maintenant deux semaines. Et pour lui, leurs raisons ne sont pas claires. « Ils sont “la jeunesse”, disent-ils, et ils sont contre “la politique”. La plupart sont des gens de gauche, mais ils appellent tout de même à ne pas voter pour le parti social-démocrate du premier ministre Zapatero (PSOE). Et quelle est alors la conséquence de leur protestation ? Le Parti Populaire de droite conservatrice arrive au pouvoir. C’est encore plus grave », dit Tobback.

 La semaine dernière, nous étions sur place, à la Puerta del Sol à Madrid, avec des milliers de jeunes espagnols. Et il apparaissait très clairement pourquoi ces jeunes ont choisi de passer leur temps sur les places espagnoles. Le chômage des jeunes est de 45 % et le chômage est limité à deux ans. A cause de la crise de l’immobilier et des très bas salaires, la plupart des jeunes sont forcés d’habiter chez leurs parents ou de vivre les uns sur les autres, à plusieurs familles dans une maison louée. Alors que le secteur de la construction était en pleine expansion ces dernières années, ils sont des milliers à ne pas avoir entamé d’études pour aller y travailler. Maintenant que la bulle immobilière a éclaté, ils sont maintenant sans diplôme ni emploi. Cette précarité croissante se retrouve également en Belgique, où une personne sur cinq vit dans la pauvreté et où près d’un jeune sur trois est sans emploi. Dans certains quartiers de Bruxelles, le taux de chômage grimpe même à plus de 50 %. Et monsieur Tobback se permet de nous traiter de jeunesse gâtée ?! N’êtes-vous pas gêné d’affirmer cela à la première génération à qui on annonce tous les jours qu’elle vivra moins bien que ses parents ?

 Pourtant, nous ne l’avons pas rêvée, cette crise économique, la plus grande depuis 1929. Pas plus que la politique menée ces trente dernières années par tous les partis au pouvoir partout en Europe. Nous comprenons très bien d’où vient la prospérité, monsieur Tobback : du travail des millions de travailleurs de Belgique et d’ailleurs. Et nous savons aussi comment vous détruisez cette prospérité : en menant, comme vous l’avez fait, une politique antisociale, de privatisation des services publics, de cadeaux incessants aux grandes entreprises, de précarisation croissante des conditions de travail et de mise à genoux devant l’Union européenne. Vous pensez que vous auriez dû mieux nous éduquer, que là gît votre responsabilité. Mais quelle condescendance ! Votre responsabilité est que les partis sociaux-démocrates n’ont malheureusement pas mené des politiques fondamentalement différentes des partis de droite. Voilà de quoi on parle, monsieur Tobback. En tant qu’éminence grise de la social-démocratie belge, vous êtes censé comprendre cela.

 Les jeunes ne sont pas « contre la politique ». Nous sommes contre la politique de ceux qui poussent vers la misère. Vous dites que les conséquences des occupations sont que le Parti Populaire (PP) a gagné les élections. Mais la raison pour laquelle les jeunes espagnols ont réagi et se sont levés contre le PSOE (tout comme contre le PP) est justement que la social-démocratie espagnole mène la même politique que les conservateurs du PP. La raison pour laquelle ils sont descendus dans la rue est donc la même qui explique la récente défaite électorale du PSOE. C’est vous et vos confrères du PSOE qui avez porté le PP au pouvoir, pas ces jeunes indignés qui manifestent pour leurs droits. Ils manifestent car ils ne sont pas d’accord avec la façon dont les choses se passent aujourd’hui. Ils descendent dans la rue car ce système ne leur permet pas de participer, car leur avenir semble bouché.


  Dans ce cadre, les jeunes savent ce qu’ils veulent. En Espagne, au Portugal, en Grèce, en France et aussi en Belgique, se propage un sentiment diffus que cette société ne fonctionne pas. Qu’il y a quelque chose qui cloche. Tout le monde a acclamé les peuples de Tunisie et d’Egypte quand ils se sont soulevés pour défendre leurs droits, mais dès que la contestation passe à l’intérieur des frontières de l’Europe, les critiques s’élèvent. Vous dites que vous « voulez volontiers donner leur place à des jeunes convaincus, volontaristes », mais si ces jeunes sont convaincus que le système ne fonctionne plus, alors vous les considérez comme gâtés, mal éduqués ou simplement trop bêtes pour comprendre d’où vient leur « prospérité ».


  Mais la bonne nouvelle, monsieur Tobback, c’est que ces jeunes que vous trouvez tellement gâtés ont de moins en moins envie de se taire. Vous ne nous comprenez pas et, tout comme le clament les indignés, vous ne nous représentez pas. Car depuis des années, vous défendez la même idée terrifiante qu’il n’y a pas d’alternative. Au lieu de nous dire qu’il est possible de construire autre chose comme le faisaient les fondateurs de la pensée socialiste. Remettez-vous en cause ! Vous avez abandonné toute perspective de changement de société. Nous voulons, au contraire, débattre sur cette société dans laquelle on vit et vivront nos enfants. « Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des banquiers et des politiciens. » Nous luttons pour un monde débarrassé du profit, plus juste et plus solidaire. Nous voulons d’un monde où l’on n’oppose plus l’ancienne à la nouvelle génération, où les jeunes ont du travail et où les plus âgés peuvent mériter leur repos.

Source : Solidaire



Edité par T 34 - 05 Jun 2011 à 18:02
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Jun 2011 à 18:34

Déjà une 2ème agora à Bruxelles ?

 

Roland NASKY

Mercredi après-midi, 8 juin 2011. Intrigué par les infos à propos d’un deuxième campement des "indignés" à Bruxelles, je décide d’aller me rendre compte par moi-même de la réalité des faits. Que proposent-ils au juste ? Quels sont leurs projets à court terme ? Comment dépasser les clichés ? Sur quoi repose leur crédibilité ?

Première impression en arrivant place Sainte-Croix à Ixelles : l’ambiance est bon enfant malgré l’austérité des thèmes abordés par le mouvement. Encore un peu stressés par des rumeurs de ’nettoyage’ au campement de Saint-Gilles un peu plus tôt, les quelques personnes sur place m’accueillent gentiment, avec le sourire. Il y aura plus de monde en fin d’après-midi pour l’assemblée quotidienne programmée à 17h30 mais je ne suis pas le seul curieux à cette heure, d’autres personnes arrivent et se renseignent sur les objectif du mouvement. Un dialogue est aussi engagé, et de manière plutôt cordiale, avec des représentants de la police locale venus s’assurer du calme qui doit règner ici. Le bougmestre tolère le campement jusqu’à nouvel ordre mais il s’agit de ne pas trop incommoder le voisinage.

A mon tour j’engage le dialogue avec plusieurs "indignés". Voici quelques extraits de ces conversations à travers une première vidéo que je vous invite à partager. Il s’agit d’un billet d’ambiance mais je compte vous proposer d’autres images d’ici peu, histoire de creuser l’affaire. Au passage notez qu’une 3ème agora pourrait très prochainement voir le jour place saint-Catherine au centre-ville.

Vos commentaires sont les bienvenus.

http://vimeo.com/24854716

Roland NASKY

Photographies et vidéos : Roland Nasky

www.lebuvardbavard.com

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Jun 2011 à 19:52

Les Indignés Bruxellois marchent vers le Parlement Européen

 
Badi BALTAZAR

Aujourd’hui, la démocratie est dans le rue !

Un millier de citoyens bruxellois se sont mobilisés pour rejoindre la place Flagey, au coeur de de capitale, vers 14h cet après-midi. Progressivement rejoins par de nombreux autres, ils ont entamé une marche vers la Place du Luxembourg où doit se tenir une assemblée populaire à 19h.

Parmi les nombreuses revendications du mouvement, l’Euro-Pact, son caractère anti-démocratique et ses conséquences dramatiques sur le futur des citoyens européens est en ligne de mire. Tout le long du parcours, les forces de l’ordre bloquent tout les accès aux rues avoisinantes, contenant et balisant ainsi la foule qui il faut le noter, est on ne peut plus pacifique. "Une façon de comprimer la liberté d’expression populaire à l’étroitesse d’une rue", d’après un citoyen sur place. Les slogans sont repris énergiquement par la foule : "Dans la rue, avec nous !", "Solidarité avec les peuples du monde !". Néanmoins, les participants ont choisi de ne pas désobéir, faisant face à la police, qui elle est très déterminée à empêcher la marche à prendre de l’ampleur dans les quartiers de la ville, poussant l’absurdité jusqu’à par exemple bloquer le passage à un enfant tenant une pancarte destinée à défendre le maintien du potager créé sur la Place du Carré de Moscou.

Des images et des témoignages sont actuellement retransmis depuis le coeur de la mobilisation, voici le lien : http://www.ustream.tv/channel/les-indigné-e-s-bruxelles

"Ce n’est pas un rêve, c’est un réveil !"

Les informations provenant de la mobilisation seront rajoutées au fur et à mesure de la journée.

15h30

15h40

Du haut de la rue Malibran, on peut se rendre compte de la foule qui s’étend jusqu’à la Place Flagey. Les roulements de tambours et les appels à descendre les rejoindre dans les rues se multiplient. De nombreux riverains sont à leur fenêtre et applaudissent l’initiative du mouvement.

Le lien vers les images enregistrées à Bruxelles.
http://www.ustream.tv/recorded/15485016

Au même moment, à Madrid :

15h45 :

Sur la Place Neptune, à Madrid

16h30 :
Une retransmission streaming devrait débuter dans quelques minutes depuis Barcelone :
http://www.ustream.tv/channel/acampadabcn

16h40 :
Voici la carte des manifestations du jour à travers le monde :
http://www.thetechnoant.info/19j/

16h45
Voici des nouvelles en direct du rassemblement de Liège :
https://bxl.indymedia.org/articles/1849

17h00
Une assemblée populaire se tient actuellement à Bruxelles à l’intérieur de la gare du Luxembourg, au pied des institutions européennes. Des personnes prennent l’initiative de traduire ce qui s’y dit en Néerlandais et en Français. Des comptes rendus sur l’actualité du mouvement en Grèce et en Espagne sont présentés :
http://www.ustream.tv/channel/les-indigné-e-s-bruxelles

Les issues de la gare du Luxembourg sont bloquées par les forces de l’ordre. D’après les personnes présentes sur place, une seule issue est disponible. C’est à se demander quel est l’intérêt des autorités d’encercler et de cadenasser ce rassemblement populaire, d’autant plus que ce dernier se déroule dans le pacifisme le plus général ? Provocations ? Volonté de contrôler et de neutraliser cette prise de conscience citoyenne ?

17h25
Des indignés parisiens se seraient fait arrêtés par la police.

17h45
Les avocats du mouvement auraient été prévenus et seraient en marche vers le commissariat.

17h46
D’après la RTBF, la police aurait fait usage de gaz lacrimogène dès le départ de la marche :
http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_indignes-la-police-f...

D’après le quotidien Le Soir :
http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2011-06-19/les-indig...

17h50
En direct de l’Acampada del Sol à Madrid :
http://www.livestream.com/spanishrevolutionsol
On peut entendre scander : "Television : manipulacion !"

18h35
Les violences policières seraient importantes et les arrestations se compteraient par dizaines à Paris.

18h50
L’appel global aux rassemblements semble avoir été entendu. Des centaines de milliers de citoyens se sont mobilisés à travers la planète. Cette journée et les échos non négligeables dont elle aura été le théatre contribueront sans nul doute à alimenter les espoirs de ce mouvement dans les jours et les semaines à venir.

19h
Voici des images prises lors de l’assemblée populaire qui s’est tenue dans la gare du Luxembourg à Bruxelles : les personnes qui s’y expriment et les actions qu’elles proposent et qui je pense se profilent sont constructives, profondes et positives.
http://www.ustream.tv/recorded/15487950

19h10
Illustration du pacifisme et de l’intelligence du mouvement depuis l’Espagne :

19h30 :
Dans La DH :
http://www.dhnet.be/infos/belgique/article/357944/des-centai...

20h, Plaza Catalunya à Barcelone :

21h30 :
Voici le lien vers le communiqué publié sur la plate forme Facebook du Mouvement Democracia Real Ya ! Paris :
https://www.facebook.com/home.php?sk=group_146562232083682&a...

ainsi que les images de l’intervention de la police à Paris :

21h45 :
L’assemblée populaire, Acampada del Sol à Madrid :

Badi BALTAZAR
www.lebuvardbavard

Les vidéos et photos sont accessibles sur Le Buvard Bavard.


La police réprime les « indignés »
à Bruxelles

La%20police%20réprime%20les%20« indignés »%20à%20BruxellesBRUXELLES, Belgique, 19 juin.- Une mobilisation dans cette capitale a dégénéré en affrontements entre la police et les indignés qui s’étaient rassemblés pour protester contre les ajustements adoptés par les gouvernements européens pour réduire le déficit budgétaire, a rapporté l’agence EFE.

Les protestataires se sont réunis sur une place du quartier résidentiel d’Ixelles pour se diriger au son du tambour en direction du Parlement européen place du Luxembourg, où une assemblée générale des « Indignés » doit avoir lieu. Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogène un quart d'heure seulement après le départ du cortège.

« Les rêves des hommes politiques sont nos cauchemars », proclamaient plusieurs pancartes qui dénonçaient les politiques néolibérales des dirigeants européens. Les protestataires réclamaient notamment une « véritable démocratie », et ne veulent plus être vus comme « des marchandises » par les hommes politiques et les banquiers.

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Badi BALTAZAR
 
Photo : Assemblée populaire dans le hall de la Gare du Luxembourg, au pied du Parlement Européen (Quentin BRUNO)

Ces dernières semaines, j’ai consacré une dizaine d’articles à l’actualité du mouvement dit des "Indignés". Pour ce faire, je me suis déplacé à Bruxelles, à Paris et à Barcelone avec comme objectif d’aller à leur rencontre, mais surtout d’observer, d’analyser et de m’imprégner de ce pour quoi ces citoyens se mobilisent.

Parce qu’il est clair que voir des gens descendre dans les rues, se rassembler spontanément et pacifiquement, prendre délibérément le risque d’être les victimes de coups de matraques, de gaz lacrymogène ou de subir des arrestations arbitraires, est tout sauf anodin. Les voir assumer publiquement leur vérité profonde et leur colère, planter leur tente sur des places publiques, y implanter une cuisine et des ateliers, y organiser des assemblées populaires, des bibliothèques, des commissions et des activités est tout sauf inintéressant. Si le Buvard absorbe si fidèlement les couleurs de leurs actions, c’est parce qu’en tant qu’être humain, je ne peux m’isoler dans l’indifférence. Et je me dois donc d’assumer moi aussi mon rôle, au même titre que tous ceux qui refusent définitivement de rester passif et de se terrer dans l’ignorance ou la victimisation.

Néanmoins, j’ai à coeur de préserver ma position d’observateur. Mais je ne la conçois qu’impliquée au coeur du sujet. Cela peut paraître paradoxal ou contradictoire à première vue, mais je m’en explique par la vérité suivante : on ne peut réellement comprendre un phénomène que si on le vit de l’intérieur tout en s’aménageant la capacité et le recul nécessaire que pour le vivre de l’extérieur. Se limiter à l’une des deux postures ne peut qu’aboutir aux résultats désastreux et ridiculement dénoués de fondement qu’obtiennent certains journalistes ou chroniqueurs tels que François De Smet et son "Indignez-vous bande de moules" récemment publié sur le site de la RTBF. Dans le but de contribuer à combler cet énorme fossé qui sépare le monde des médias de la réalité qui est la nôtre, j’ai donc pris l’initiative de m’informer, de me déplacer, de dialoguer, de comprendre et de suivre l’évolution du mouvement des "Indignés" tout en le relayant, le commentant et en le partageant à travers mes écrits.

Maintenant que le décor est planté et que les présentations d’usage sont faites, permettez-moi de vous faire part de mon analyse sur ce mouvement.

Quelles ont été les principales actions menées par le mouvement depuis sa naissance ?

1. Créations spontanées de campements sur le Carré de Moscou à Saint-Gilles et sur la Place Sainte-Croix à Ixelles. D’autres campements ont également vu le jour à Uccle, Namur, Liège...

2. Organisations d’assemblées populaires quotidiennes au sein des campements et ailleurs.

3. Rassemblements et marches de protestation, dont les plus importants ont été ceux du :

11 juin, du Carré de Moscou à la place Flagey, triste théâtre de violences policières incontrôlées sur des citoyens pacifiques dont le crime fût de vouloir se réunir en assemblée populaire sur la place.

19 juin, de la Place Flagey au Parlement Européen, pour dénoncer le vote du paquet législatif dit "Euro Plus" et l’instauration d’une politique d’austérité générale sous contrôle des institutions européennes que sont le Conseil, la Commission, le Parlement, la Banque Centrale et le FME. En un mot un cadre législatif aux services des banques et de l’ultralibéralisation des marchés dans lequel les appareils politiques nationaux et par conséquent les citoyens n’auront plus la moindre possibilité de faire entendre leur voix et encore moins d’influer sur les décisions prises par la nouvelle "gouvernance Européenne", qui se veut supranationale et hégémonique, et ce, grâce à la succession des traités qui constituent aujourd’hui son ADN.

22 juin, du rond-point Schuman (face à la Commission et au Conseil Européen) au Parlement Européen (Place du Luxembourg) pour les mêmes raisons. La décision de certains Indignés de passer la nuit sur l’esplanade du Parlement a rapidement été avortée et la soirée s’est clôturée par un déploiement de police, des violences policières mais aussi des violences générées par certains troubles-faits extérieurs au mouvement. Le fil des vidéos prises tout le long de cet après-midi et de cette soirée est accessible ici.

23 juin, tentative de se rendre au siège du journal Le Soir (rue Royale) pour dénoncer le manque d’informations et la désinformation des médias traditionnels. Cette dernière s’est soldée par une quarantaine d’arrestations préventives totalement arbitraires, suivies de traitements policiers inacceptables. Voici le rapport des faits publié par les administrateurs du groupe Facebook Démocratie Réelle Maintenant ! Belgium.

23 juin, organisation d’un assemblée populaire au Parlement Européen qui elle s’est vue dispersée par les réactions répressives et violentes de la police :

4. Mise en place d’outils de communication tels que sites internet, connexions et échanges d’informations avec les autres villes impliquées dans le mouvement, groupes et pages Facebook, blogs, hashtags Twitter, vidéothèques virtuelles, galeries photos, retransmissions streaming, comptes-rendus, procès-verbaux d’assemblée, organisations d’évènements ponctuels ou réguliers, analyses et critiques des dépêches de presse traitant du mouvement, publications d’articles d’opinion ou d’articles basés sur des faits dans les médias citoyens participatifs, montages de petits documentaires vidéo, d’interviews, de témoignages. Il est à noter que la quasi-totalité des informations circulent au sein du mouvement à travers la Toile. Pour ceux qui souhaitent approfondir la question des liens entre internet et la notion de démocratie, je vous invite à lire ce buvard.

Quels sont à ce jour les résultats de ces actions ? En quoi ont-elles été utiles et/ou contreproductives ?

1. Les campements ont été soit levés, soit détruits, soit évacués par la police et les services communaux. Les raisons s’expliquent tantôt par des décisions personnelles des campeurs, tantôt par des plaintes de commerçants ou des décisions politiques. Ceux qui subsisteraient encore ne tarderont vraisemblablement pas à subir le même sort. A noter qu’il n’y a, semble-t’il, aucune volonté marquée de remonter un campement à Bruxelles. La quasi-totalité des acteurs que j’ai pu entendre ou lire à ce sujet déplorent la dépense d’énergie que représente une telle entreprise. Les ressources matérielles, sanitaires, juridiques et les effort humains qu’un campement nécessite ont eu raison de la motivation et de la capacité actuelle d’auto-gestion des Indignés bruxellois. En cela, l’expérience espagnole n’a pas trouvé son équivalant à Bruxelles, c’est un fait.

En revanche, je me dois de reconnaître et de souligner que l’expérience des campements a énormément apporté au mouvement. Son origine spontanée, son caractère d’universalité et de solidarité. Espace de rencontres et de partages, ils ont permis à une multitude de citoyens de se retrouver physiquement autour d’un projet commun et non des moindres puisqu’il s’agit comme vous le savez de repenser les fondements d’une nouvelle société, d’une réelle démocratie. En soi, l’épisode des campements est porteur d’un ressentiment profondément ancré dans notre société : c’est à nous, le peuple, qu’il revient de changer les choses. Si nous comptons sur nos représentants politiques, nous n’obtiendrons rien, les faits nous le rappellent sans cesse. La prise de conscience collective que les campements incarnent a été selon moi l’élément déclencheur de ce mouvement en Belgique. Le fait que des citoyens décident de physiquement se réapproprier l’espace public rend visible leur volonté de changement. D’autant plus visible qu’ils y ont développé une sorte de microcosme de démocratie. En cela, les campements auront été une révolution dans les mentalités de certains. Car en filigrane, c’est un autre monde qui paraît possible.

2. Les assemblées populaires sont indéniablement les actions les plus importantes et les plus révélatrices de ce qu’est le mouvement des Indignés bruxellois aujourd’hui. De plus en plus nombreuses et de plus en plus organisées, elles sont l’expression vivante de cette prise de conscience collective qui est l’essence même du mouvement. Si elles continuent à entretenir, développer et améliorer leur effectivité et leur efficacité, elles arriveront peut-être à assurer leur pérennité. Elles sont ouvertes à tous, chacun y a droit à la parole et à l’écoute. Si ces assemblées populaires ont eu besoin de la création de campements pour prendre forme, elles ont aujourd’hui leur propre sens et leur propre avenir. Nul doute que c’est en y participant, en en parlant, en les utilisant comme des leviers de collaboration, de travail et de communication qu’elles pourront fournir tout leur potentiel.

3. Si l’on traçait une courbe de l’évolution de la violence policière au fil des rassemblements, on pourrait constater de manière claire que celle-ci suit la courbe de l’évolution du mouvement citoyen des Indignés. Le fait est que la volonté grandissante de se faire entendre coïncide avec la volonté tout aussi grandissante de le faire taire. La question qui se pose me semble évidente : quel intérêt ont les Indignés à continuer dans cette voix ? Pensez-vous vraiment que la solution doit passer par une confrontation permanente et de fait improductive avec le système dénoncé ? En d’autres mots, que ressentez-vous le plus ? Le besoin de consacrer votre énergie à combattre votre adversaire ou celui de mettre en pratique cet idéal de société qui vous anime ? La grande majorité, je l’espère, pense que la réponse est à mi-chemin entre les deux propositions. Une intelligence collective est par définition relative, vu que chacun y contribue en cultivant son intelligence individuelle. La plupart des confrontations avec la police ont été le théâtre de coups de matraque, de violences physiques, d’usage de gaz lacrymogènes sur des citoyens pacifistes, d’arrestations musclées et arbitraires. Sans compter les articles lacunaires, récupérés, redirigés ou tout simplement produits par des imbéciles incompétents qui considèrent encore ce mouvement comme apolitique ou violent.

Vous aurez probablement compris où je veux en venir. Je suis aujourd’hui persuadé et intimement convaincu que la seule possibilité de permettre à ce mouvement de grandir et de s’épanouir réside dans sa capacité à appliquer ce qu’il défend, à montrer l’exemple et surtout, à se mettre au travail, sur le terrain, dans la rue et au sein de la collectivité mais aussi dans sa propre vie, dans son intime vérité, dans sa conscience. L’organisation de marches et de rassemblements citoyens est une nécessité que je ne remettrai jamais en question, mais je pense en revanche que s’atteler à en faire un moyen de passer un message est primordial. Le but d’une telle action, du moins dans les contextes qui sont les nôtres, ne réside pas dans la confrontation physique au système, qui à tous les coups aura des effets défavorables sur l’action du citoyen. Je pense qu’il est urgent de repenser l’organisation et l’encadrement de telles initiatives par les citoyens eux-mêmes, pour leur intérêt commun, que ce soit par la médiation, la création d’une commission ou d’un pôle évolutif qui pourrait assurer la sécurité de ces mobilisations protestataires, non seulement pour garantir l’intégrité des participants mais avant tout pour préserver l’intégrité de leur message commun. Prenons l’exemple du 22 juin, les Indignés se sont rendu au Parlement Européen pour faire entendre leur désaccord et dénoncer les effets pervers et l’application unilatérale du Pacte de l’ Euro. Malheureusement, certains individus ont perturbé l’évènement et ont fourni ainsi le prétexte aux policiers d’intervenir violemment pour disperser la foule et faire tourner la mobilisation en une pathétique course-poursuite dans les rues d’Ixelles, à grand renfort de boucliers, de gaz lacrymogène et d’autopompe. Je pense qu’il est important de trouver des solutions pour éviter que ce genre de débordement ou d’intrusion ne se réitère. En Espagne, ils appliquent l’auto-gestion de leurs assemblées lors de leurs actions ciblées également. L’individu perturbateur est immédiatement identifié, photographié, canalisé et éjecté, afin d’à la fois réaffirmer la non-violence du mouvement mais aussi sa capacité à s’auto-gérer et à donner l’exemple. En un mot, il faut tout faire pour éviter la violence. Et si l’on prend la décision de s’y confronter par la voix pacifique, il faut tout mettre en oeuvre pour s’assurer qu’aucun débordement ne puisse la décrédibiliser aux yeux du reste de la population. Le pire ennemi se profile à l’intérieur du mouvement, il s’infiltre, sème la zizanie, agitateur, il n’est pas là pour porter les idées du mouvement. Qu’il soit de mèche avec les autorités ou aveuglément anti-système, il doit être l’objet d’une attention réfléchie et pro-active. Il y a de ce côté-là, du travail à faire. De nombreux ouvrages, manuels, techniques sont accessibles et circulent sur internet. Je ne peux qu’espérer que les intéressés sauront en faire bon usage.

4. Sur le sujet des moyens de communication internes et externes, je pense qu’il est accepté par tout le monde que ceux-ci sont essentiels et qu’ils représentent un complément indispensable aux assemblées populaires, dont ils tendent à être le prolongement pour certains, le reflet pour d’autres ou bien encore une porte d’entrée pour le reste de la population. Si les assemblées, qui je le répète sont à la fois le coeur et le poumon du mouvement, perdurent et prennent de l’ampleur, les outils de communication virtuels suivront de facto le pas, eux-mêmes protagonistes et vecteurs de la prise de conscience collective. Par contre, s’il y a un domaine dans lequel les outils de communication doivent absolument s’adapter, c’est dans la gestion des informations et dans la coordination de celles-ci entre les différentes structures et les acteurs du mouvement qui les animent.

Mes conclusions

Pour clôturer cette analyse personnelle, je voudrais revenir sur un point dont j’ai fait état précédemment, mais sur lequel je n’ai pas vraiment insisté. Il s’agit de la notion de travail. Et particulièrement du travail qu’il est nécessaire de fournir pour matérialiser les revendications premières du mouvement, à savoir la création d’agoras citoyennes à laquelle tout passant est invité à se joindre, où les problèmes seraient débattus, où des propositions seraient émises et où finalement des décisions seraient prises. Je pense que le moment est venu de passer à l’étape suivante. Je pense que l’expérience qui est celle des Indignés aujourd’hui doit leur permettre d’à la fois décentraliser leur modèle d’assemblée populaire au sein des autres quartiers, mais aussi de commencer véritablement à travailler. En imaginant que le schéma espagnol des commissions intégrées à un campement ne soit pas envisageable, la création de pôle de travail ou de toute structure similaire s’impose. Se limiter à la prise de conscience n’est pas une option. Il faut aller de l’avant. Les citoyens disposent de la plus grande richesse qui soit : leur savoir et leur expertise. On pourrait très bien imaginer de créer un pôle juridique à Poelaert, éducation et culture à Flagey, immigration à Stalingrad, information et communication à la place Agora, santé à Sainte-Catherine, nucléaire au Carré de Moscou, etc... de sorte que chacun pourrait facilement se rendre au pôle d’assemblées qui l’intéresse pour y apporter son expertise ou tout simplement pour s’y informer. Outre la décentralisation des assemblées et la nécessité de mettre en place des pôles de travail thématiques, il est un autre défi qu’il va falloir relever, celui de la coordination de ces assemblées, de ces pôles et des actions qu’ils décideront d’entreprendre.

Voilà. J’espère que cette grille de lecture vous aura éclairé et qu’elle vous aura donné envie de tracer la vôtre. D’une manière plus globale, je souhaiterais néanmoins insister sur le fait qu’il est impératif aujourd’hui de réfléchir à la stratégie et aux outils/structures opérationnels qui permettront au mouvement de prendre de l’ampleur. Car comme les Indignés d’ici ou d’ailleurs, ce qui me préoccupe profondément, c’est la pérennité de ce mouvement citoyen pacifiste, politique, apartiste et prônant une démocratie réellement horizontale que j’observe, côtoie, et réfléchi depuis sa naissance, c’est le développement de cette petite lumière d’espoir qui est apparue dans nos coeurs à tous, c’est l’intensification de cette irrésistible force qui nous tire vers le haut pour nous permettre de voir l’horizon, de mieux comprendre notre monde et de tenter d’influer sur son inexorable marche, c’est la défense et la poursuite de notre but commun qui ne pourra être atteint que si le plus grand nombre d’entre nous en font leur but premier.

Badi BALTAZAR www.lebuvardbavard.com

Les liens, les photographies et les vidéos sont accessibles sur Le Buvard Bavard : http://www.lebuvardbavard.com/2011/06/les-indignes-bruxelloi...

Photographies de la journée du 19 juin : Quentin BRUNO

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Badi BALTAZAR

Suite aux nombreuses assemblées populaires qui se sont tenues au Béguinage et à Stalingrad ces derniers jours, l’Assemblée Populaire des Indignez Sans... de ce jeudi 30 juin a prit la décision de monter un campement sur l’avenue, à quelques mètres du symbolique monument du Porte voix pour la parole publique. Leur initiative s’inscrit dans le mouvement plus global des Indignés bruxellois, encouragée, suivie et soutenue par des personnes de tous horizons. Certaines d’entre elles se sont notamment déplacées de Barcelone pour proposer leur énergie et leur expérience aux acteurs du mouvement en Belgique. Elles comptent également se rendre dans d’autres villes belges et européennes et initier ainsi le premier groupe de travail citoyen mobile.

 
 
 

Des mains volontaires et des voitures acheminent du matériel, des citoyens affluent au fur et à mesure avec des tas de choses dans les bras : tables, matelas, tentes, ficelles, tapis, etc. Des pancartes sont installées. Une fourmilière qui se réveille d’un long sommeil. De la nourriture arrive également, offerte par les commerçants alentour ou par des dons spontanés. Des listes de besoins sont rédigées, des discussions se tiennent en divers endroits de l’avenue pour organiser l’installation. Certains autour, demeurent là, debout, à observer cette scène presque surréaliste. D’autres, aux terrasses des cafés ou simple passant, se demandent ce qui se trame, intrigués ou sans voix devant cette expression de liberté et d’initiative démocratique. Ce qui est le plus frappant, c’est le fait que tous les gens présents sont non seulement occupés à se réapproprier l’espace public, mais surtout qu’ils le font spontanément, naturellement, sans l’intervention d’un leader ou d’un quelconque contrôle.

En l’espace de deux heures, une douzaine de tentes ont été installées et les premiers groupes de travail se sont formés, bien qu’il ne soit pas encore clair pour tout le monde que ces groupes de travail représentent le passage obligé vers plus de structure et une meilleure coordination du mouvement. Etant personnellement présent sur place ce soir-là et ayant été emballé par l’énergie déployée pour matérialiser la décision de l’assemblée populaire, je me suis porté volontaire pour participer au groupe de travail "communication" et ce dans le but de produire un communiqué à diffuser sur les différentes plates-formes disponibles, qu’elles soient virtuelles ou réelles. Avec une dizaine d’autres concitoyens s’étant portés volontaires, nous nous sommes donc réunis dans la foulée et nous avons rapidement préparé un premier communiqué que nous avons ensuite soumis à l’approbation de l’assemblée populaire. Celui-ci ayant été validé par cette dernière, je prends la liberté de le publier ici en guise d’illustration :

En harmonie avec la révolte populaire du mouvement des Indignés né dans notre ville ainsi que dans des dizaines d’autres villes à travers l’Europe et le monde, nous, Assemblée Populaire de Stalingrad, avons établi un campement au pied du porte-voix pour la parole publique. Y sont actuellement créés des groupes de travail et des assemblées populaires s’y tiendront quotidiennement.

Le groupe de travail Communication.

La nuit bien entamée, le bouillonnement de la fourmilière s’est estompé, certains sont rentrés chez eux et d’autres sont restés pour passer la nuit sur le campement ou pour assurer une permanence et veiller à la sécurité. En ce qui me concerne je suis rentré dormir, non sans avoir fait part de mes doutes quant à ce qui risquait de se produire dans les heures à venir. S’imaginer que les autorités communales et les services de police ne réagiraient pas serait naïf. Vers 7h du matin, un contact présent sur les lieux m’a informé de la présence de la police et du contenu de l’arrêté qui avait été signifié aux personnes sur place. Elles avaient reçu l’ordre d’évacuer le campement dans les plus brefs délais. Ce qui s’est déroulé dans le calme et la sérénité. Dans le courant de la journée, j’ai appris que le campement de la Place Saint-Léonard à Liège, effectif depuis quelques semaines, venait de connaître le même sort. Ce qui renforce donc l’évidence dont j’ai déjà fait état à plusieurs reprises, notamment dans mon précédent buvard : les campements ne sont pas une fin en soi, ils n’ont pas vocation à durer dans le temps, du moins pas en Belgique. Leur potentiel se situe dans la dynamique qu’ils permettent d’installer ou de déclencher. L’idée du "on prend la place" est fortement imbibée de cette volonté première du mouvement de se réapproprier l’espace publique et au-delà les affaires publiques. En prenant un peu de recul et de hauteur sur l’évolution du mouvement, je pense comme certains qu’il apparaît de plus en plus que les Indignés ne représentent que la surface émergée de l’iceberg et que le mouvement de fond qui est en train de se propager et de s’étendre à des parties de la population qui jusqu’alors n’y étaient pas réceptives prend de l’ampleur à mesure que la prise de conscience et le ras-le-bol gagnent du terrain.

Je me suis rendu à l’assemblée populaire le soir suivant. L’ordre du jour s’est imposé de lui-même : comment interpréter ce qui s’était passé dans les dernières 24 heures ? Quel était le résultat des actions entreprises ? S’étaient-elles soldées par un échec ou un succès ? Pendant deux bonnes heures, le mégaphone est passé de main en main pour que chacun puisse faire part de son état d’esprit et de son opinion. Malgré l’état de fatigue ou la déception de certains, le sentiment général était pour le moins positif. Et de nouvelles personnes s’étaient joints à l’assemblée. Il n’est pas question de considérer l’évacuation du campement comme un échec. Certaines personnes ont également salué le courage et la détermination des sans-papiers présents et ayant participé à la mise en place du campement. Je vous laisse imaginer l’étendue des risques qu’ils ont pris pour défendre leurs droits de citoyens et témoigner des exploitations dont ils sont victimes, comme chacun d’entre nous à des niveaux variables. Arrestation, enfermement, maintien en centre fermé et expulsion sont les dangers qui les guettent en permanence, ne l’oublions pas. L’intention de continuer à organiser des assemblées populaires a néanmoins été réaffirmée. Dans la foulée, nous nous sommes donc à nouveau réunis en groupe de travail Communication pour définir notre prochain objectif. Il nous a d’abord semblé clair qu’il était impératif de travailler à la rédaction d’une liste de points autour desquels chacun aurait l’opportunité d’apporter sa contribution. Il était également évident qu’il fallait nous baser sur les documents déjà produits par les innombrables commissions, ateliers et assemblées populaires à travers le mouvement.

La composition du groupe de travail de ce soir avait évolué. Certains comme moi, étaient déjà là la veille, alors que d’autres avaient rejoint. Et puis, je n’allais pas être là le lendemain, peut-être reviendrai-je dans quelques jours. C’est en cela aussi que les groupes de travail sont innovants. Ils sont à la fois effectifs car ils permettent de produire de l’action mais aussi évolutifs et ouvert à tous, ce qui les rend pluriels et incontrôlables. C’est tout simplement l’horizontalité du pouvoir qui s’expriment en eux. La cession de travail de ce soir s’est donc naturellement dirigée vers le besoin d’identifier les points à traiter en les déclinant sous la forme de thèmes et ce afin de suggérer lors des assemblées populaires suivantes de mettre sur pied des groupes de travail qui puissent traiter ces thèmes et de fait dynamiser le mouvement, afin que les assemblées populaires soient également la possibilité pour tout un chacun de présenter son travail, de le partager ou de créer des initiatives. En revanche, je me dois d’insister sur la nécessité pour ce mouvement de se rallier des compétences, qu’elles soient celles de citoyens juristes, médecins, artistes, ingénieurs, scientifiques, intellectuelles ou autres. Le fait est que toutes les forces en présence appartiennent aux femmes et aux hommes qui composent nos sociétés. C’est pourquoi leurs compétences et leur expérience sont une source intarissable et essentielle au développement du mouvement. Vu que ce dernier se veut citoyen et s’adresse à tous, tout le monde a tout à gagner à ce que tous y participent. L’urgence consistant à remettre les personnes physiques au centre des préoccupations est une inévitable nécessité. Les personnes morales (sociétés privées) ont complètement déséquilibré nos sociétés au lieu de les servir. C’est indiscutablement aux citoyens de reprendre le pouvoir aux oligarchies du secteur privé.

Car le fait est que malgré les démantèlements et les évacuations de plusieurs campements à travers Bruxelles, la Belgique et ailleurs, nous sommes toujours là, nous occupons toujours la rue. Malgré les apparences, le coeur du mouvement est toujours vivant, toujours actif, mobilisé et présent. La preuve en est que des assemblées populaires se tiennent à présent en divers autres endroits de la capitale. Ainsi vous pouvez librement et facilement participer aux Assemblées du Carré de Moscou, de la Place Flagey, de la Place de la Petite Suisse, de la place Morichard ou de l’Avenue de Stalingrad.

Un de mes contacts m’a fait parvenir cette vidéo sur ce qui se passe actuellement en Grèce, aux alentours du Parlement à Athènes. Je vous suggère de visionner les images de la 13è à la 27è minute. Celles-ci montrent la façon dont les citoyens grecs et autres présents sur la place s’y prennent pour reprendre leur espace public aux forces de l’ordre gouvernemental. C’est tout simplement intelligent, puissant et efficace :

 

Une autre initiative partagée a été prise du côté d’Ixelles. En effet, les réfugiés afghans qui avaient été violemment expulsés du bâtiment qu’ils occupaient depuis l’hiver 2010 rue de la Concorde et des Indignés d’Ixelles ont décidé d’occuper les anciens bâtiments désaffectés d’AB3, situés au 227 de la Chaussée d’Ixelles. Le propriétaire de l’immeuble n’aurait pas marqué son désaccord. Une petite centaine de réfugiés afghans s’y sont donc installés et les Indignés ont également commencé à y déployer leur infrastructure. Une affaire à suivre donc. Je suis en permanence en contact avec des personnes sur place et je compte m’y rendre dans les jours qui viennent afin d’en savoir plus sur cet endroit pour le moins intriguant qui porte le nom de Polygône. Cette nouvelle initiative citoyenne renforcerait-elle le mouvement dans sa volonté de perdurer ? A noter que la décentralisation des assemblées populaires qui est en train de s’opérer spontanément à Bruxelles est une réponse réconfortante à la question que je posais dans mon précédent buvard.

Au regard des effets positifs et de la dynamique créatrice que j’ai pu expérimenter personnellement, je ne peux que vous encourager à vous rendre sur les places publiques, dans les assemblées populaires pour assister et participer aux débats et aux actions citoyennes qui y naissent chaque jour. Si tout cela vous semble encore abstrait ou flou, c’est une raison supplémentaire de faire le pas, afin de vous faire votre propre idée de cet autre monde que vous propose de penser et de construire tous les citoyens déjà mobilisés.

Pour clore ce buvard, je citerai un des slogans qui voyagent à travers le mouvement : "Ne nous regardez pas, rejoignez-nous !"

Badi BALTAZAR
www.lebuvardbavard.com

Les vidéos sont accessibles sur le Buvard à l’adresse suivante : http://www.lebuvardbavard.com/2011/07/les-indignes-bruxelloi...



Edité par T 34 - 04 Jul 2011 à 19:50
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Oct 2011 à 19:57

#OccupyBrussels : 10.000 personnes dans les rues

 
 
Badi BALTAZAR

C’est arrivé près de chez vous !

"Contre toute attente", disent certains. "C’était prévisible", rétorquent d’autres. Mais le fait est que sur le coup de midi, personne encore n’aurait pu prédire le succès de la Marche. Or ce sont tout de même près de 10.000 personnes qui ont répondu à l’appel des Indignés à Bruxelles. De nombreux syndiqués, des membres d’associations, des familles et bien d’autres acteurs de la société civile ont finalement rejoint le Mouvement, preuve supplémentaire, s’il en fallait, que les Indignés ne sont que la surface émergée de l’iceberg. Plus de 200.000 personnes se sont mobilisées en Italie, des dizaines de milliers de personnes à Madrid, plus de 15.000 en Asturie, 6000 devant le siège de la BCE à Francfort et encore des centaines de milliers d’autres sur la planète.

Peu avant ces événements, une information de source officielle tombait ce matin. Après avoir fait la une de la presse d’hier, le policier ayant violenté la jeune marcheuse Niki a été relâché. Stupeur, incompréhension, comment cela est-il possible ? Voilà qui donnait le ton de la journée.

Lien vers l’article de ce matin sur le site lesoir.be

Lien vers l’article du site lalibre.be

Lorsque peu après 14h nous avons rejoint la queue de cortège au niveau de la Porte de Flandre, la tête de la marche se trouvait déjà au niveau de la Bourse, au bout de la rue Antoine Dansaert. Le camion bigarré des Indignés de Bayonne se trouvait en plein coeur de la marche pour diffuser musique et informations.

Il nous a fallu pas mal de temps pour longer la foule et finalement atteindre le groupe de tête, déjà bien installé sur les marches de la Bourse, elles-mêmes habillées par les banderoles, les slogans et la diversité des couleurs des Indignés. Sur un grand caliquot nous lisions les slogans - "La Bourse ou la vie ?" ... - tandis que des dizaines de chaussures étaient balancées par-dessus les grilles de l’édifice, sous les chants et l’énoncé de la sentence du peuple : "Coupables ! Coupables !"

Le moment est historique car inédit. Au moment où nous marchions, nous apprenions en direct qu’un important dispositif policier profitait de la manifestation comme d’une diversion pour assiéger le bâtiment universitaire HUB qu’occupaient les Indignés depuis le 8 octobre. Les quelques personnes restées sur place dans le Média Center, pour assurer le relais des informations, ont été expulsées sans aucun avertissement. C’est à nouveau le masque des autorités qui tombe. Leur vrai visage est aujourd’hui visible de tous, éclairé par le pacifisme des personnes présentes et le soleil qui s’est enfin décidé à plonger la capitale européenne dans sa lumière.

Il apparaît donc que les autorités souhaitent se débarrasser des Indignés au plus vite. Peut-être craignent-ils - la rumeur a circulé ces derniers jours - que les Indignés ne veuillent prolonger leur séjour sur le site, au-delà du weekend.

La police arrivera-t-elle à ses fins ? Fine stratégie ou pure provocation ? Cette fois en tout cas, les Indignés n’ont plus le choix. Le scénario qui se profile est clairement celui d’une REELLE occupation de l’espace public. Et le Parc du Cinquantenaire - choix initial des Indignés et point d’arrivée de la marche en cours - semble être l’endroit idéal, à deux pas du coeur de la Troïka européenne.

Comment les Indignés vont-ils gérer les inévitables problèmes logistiques que cette situation va engendrer ? Quelle attitude adopteront les autorités face à ces nouveaux problèmes qu’ils ont eux-mêmes causés ? Et peut-être surtout, quel sera l’écho qu’en donneront les nombreux médias présents dans le Parc ?

Une Assemblée Générale se tient actuellement au Cinquantenaire. Au moment de clôturer cet article, se sont entre 3000 à 5000 personnes qui sont sur place. Des retransmissions en streaming, vers et depuis d’autres villes dans le monde sont aux programme. Les débats et les festivités prévus laissent présager une des nuits les plus longues de l’année.

Informations de dernière minute : les autorités proposeraient aux Indignés de passer la nuit sur le site de l’ULB. Si ces informations sont exactes, c’est la répétition du même dilemme que le 8 octobre... cette question est en cours de discussion.

. Un millier d’indignés n’ont nulle part où dormir cette nuit.
Lien vers l’article de RTLinfo.be

. Des témoignages variés décrivent l’agressivité de la police autour du HUB à Koekelberg. De très nombreuses personnes ont laissé leurs effets personnels à l’intérieur avant de partir pour la manifestation. Les autorités ont fortement dissuadé ces Indignés de récupérer leurs affaires, n’autorisant qu’au compte-goutte l’un(e) ou l’autre à accéder au bâtiment, accompagné d’un policier.

Si vous souhaitez suivre les événements en direct du Parc du Cinquantenaire, voici quelques informations pratiques :

. Sur Twitter, suivez les "hashtags" #15oBxL, #WalktoBrussels ou #AgoraBrussels.

. En vidéo, suivez les "live streamings" sur www.walktobrussels.eu/streams/

Littéralement,

Badi Baltazar & Roland Nasky

Les liens, photos et vidéo sont accessibles à l’adresse : http://www.lebuvardbavard.com/2011/10/occupybrussels-10000-p...

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  Citer Rogue Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Oct 2011 à 22:37
Message posté par T 34

Après avoir fait la une de la presse d’hier, le policier ayant violenté la jeune marcheuse Niki a été relâché.

Ben voyons...

Un flic en civil (comme par hasard !) s'avance vers une indignée de 18 ans à peine et lui donne un coup de pied à la figure alors qu'elle est menottée au sol - et donc incapable de se défendre - avant de la ruer de coups (regardez ses marques à la figures ; elles mettrons au moins des semaines à partir)... les autorités qui s' "indignent", et voilà la suite logique de cette affaire, qui en dit long sur les relations entre le système bourgeois et les fachos lui léchant le cul comme celui-là.

Mais ne t'inquiète pas, petite merde, il y aura bientôt un goulag pour toi... Smile

http://www.youtube.com/watch?v=M1I8e_A9fVs&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=oapAE4XzaH4&feature=related

Edité par Rogue - 16 Oct 2011 à 23:13
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