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Mort de Ludo Martens

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Zaknar allez vers le bas
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  Citer Zaknar Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: Mort de Ludo Martens
    Envoyé : 07 Jun 2011 à 19:43
Bonjour a tous, je m'excuse a l'avance de ne pas avoir fais de présentation ( j'en ferais une bientot ) mais je tenais malgrés tout a vous annoncez le Décès du camarade Ludo Martens

 


En mémoire de Ludo Martens (1946-2011)

Notre camarade Ludo Martens est décédé, à la suite d’une longue maladie, dimanche 5 juin en matinée.Ludo a été à la base de la fondation du Parti du Travail de Belgique (PTB), dont il a été longtemps président. Il laisse derrière lui deux enfants.

Le Bureau du PTB

Ludo Martens (1946-2011)

Fils aîné d’un fabricant de meuble, Ludo Martens a grandi dans la petite commune de Wingene, en Flandre occidentale. À l’école, il se passionne pour la langue et devient rédacteur en chef du journal pour l’ABN (Algemeen Beschaafd Nederlands, le néerlandais standard). Cet amour de la langue lui est resté dans le style qui sera le sien par la suite. Décrire des engagements, les gens et leur milieu de vie, la petite résistance populaire, les défaites, les révoltes, les petites et grandes victoires. C’est avec ce talent qu’il a rédigé plus tard en français « Abo, une femme du Congo », un livre littéraire sur la résistance à la dictature impitoyable de Mobutu. Ludo a su entraîner le lecteur dans sa propre sympathie pour une femme du peuple qui, à travers la lutte de Pierre Mulele contre la dictature, est passée à l’avant-plan de la scène politique. La Nouvelle Scène Internationale mettra plus tard le livre en scène, faisant accompagner le spectacle des percussions de Chris Joris, ami de l’amateur de jazz qu’était Ludo Martens. Écrire, c’est s’engager. En 1994, en compagnie du poète afro-américain Amiri Baraka (LeRoi Jones), il a organisé des lectures sur « l’art dans un monde qui vire à droite ». Les lectures ont abouti à un « Manifeste pour une poésie internationaliste » dont le rêve est de « lier en un contre-courant les poètes engagés du monde entier ».

Ludo, fondateur du Mouvement syndical étudiant

En 1965, le jeune étudiant Ludo Martens s’est rendu à Louvain pour étudier la médecine. C’est un engagement social. Il était bourré de talent et tant ses condisciples que les professeurs ont vu en lui un excellent médecin, plein d’avenir. Mais il en ira autrement car Ludo n’est pas l’homme à vouloir se bâtir une carrière universitaire tranquille. Il est devenu actif dans la principale organisation étudiante de l’époque, la Katholiek Vlaams Hoogstudentenverbond (KVHV, Union catholique flamande des étudiants du supérieur). En compagnie, entre autres, de Walter De Bock et Paul Goossens (tous deux par la suite à la base de la création du quotidien De Morgen), et de Herwig Lerouge, il a commencé à mobiliser le mouvement étudiant dans une autre direction. Contre les idées conservatrices et étriquées, Ludo Martens a su lui donner une direction progressiste, ouverte et internationaliste. Le courant progressiste grandissant se traduit dans le Studentenvakbeweging (SVB, Syndicat des étudiants). L’haïssable « Walen buiten » (Les Wallons dehors) est remplacé par « Bourgeois buiten ». C’est non seulement l’establishment catholique francophone, qui est visé, mais aussi la bourgeoisie flamande. Le caractère élitiste de l’université flamande, où l’on ne rencontre quasiment pas d’enfants de familles ouvrières, est aussi dans le collimateur.

Cette position est restée sur l’estomac du clergé, des autorités académiques et de la droite nationaliste. Tout a été mis en œuvre pour faire disparaître le groupe qui entoure Ludo du mouvement et du journal qu’il dirige, « Ons Leven » (Notre vie). Ils y arrivent finalement après la parution d’un numéro de « Ons Leven » qui dénonçait la pédophilie au sein de l’Église. À l’époque, ce sujet était tellement tabou que les autorités universitaires purent utiliser ces articles comme prétexte pour exclure Ludo de l’université.

Contre tout ce qui nous divise : contre le nationalisme et le racisme

La lutte contre le nationalisme borné dans notre pays a constitué dès ce moment un fil rouge dans l’existence de Ludo Martens. Derrière le séparatisme se cache un agenda antisocial et antisyndical dangereux, l’entendra-t-on souvent dire. Et quand d’autres partis, les uns après les autres, se sont scinds sur base linguistique, il a maintenu le PTB comme seul parti uni dont les membres de toutes les régions collaborent à la réalisation du même idéal.

Ludo Martens n’a pas seulement combattu le nationalisme étroit, mais également le racisme qui divise aussi le peuple. À l’université, il a élargi le mouvement à la question de la libération des Noirs aux États-Unis. Et, bien plus tard, après le premier « dimanche noir » de 1991 – percée électorale du Vlaams Blok –, il était un de ceux à l’initiative du mouvement pour l’égalité des droits. Avec Objectif 479 917, il a soutenu la collecte de signatures pour le droit à la nationalité belge pour les immigrés séjournant en Belgique depuis 5 ans au moins. Autant de signatures que n’en a récolté l’extrême droite aux élections. Alors que les pessimistes disaient que c’était impossible, des milliers de militants de tous horizons et de tous âges ont arpenté les rues. Ils ont finalement collecté plus d’un million de signatures. En compagnie de dix jeunes immigrées, Ludo a écrit le livre « Tien gekleurde meisjes » (Dix filles en couleurs) en tant qu’arme dans la lutte contre le racisme.

Travailleurs – étudiants : un seul front

Les rencontres de la période de Mai 68 ont influencé sa pensée et ses actes de façon décisive. À Berlin, il avait rencontré des étudiants marxistes allemands qui l’ont mis en contact avec les textes de Marx et de Lénine. C’est ainsi que Ludo a également inspiré le Syndicat des étudiants et qu’il est parvenu à ouvrir le regard des étudiants au monde du travail : Travailleurs – Étudiants : un seul front !

Ludo expliquait souvent que la véritable liberté des intellectuels consistait à comprendre comment cette société était constituée, d’où provenait l’injustice, quelles étaient les lois de l’histoire et du changement et, dès lors, comment agir ensuite. Quand les travailleurs de l’usine ABR à Louvain se sont mis en grève, les jeunes étudiants du SVB se sont déclarés solidaires de leur action. C’est toute une révolution, dans l’université de droite. Car, dix ans plus tôt à peine, les membres du KVHV avaient encore servi de troupes de choc contre les piquets de grève de 1960-1961 (contre la loi unique). Le syndicat étudiant a su renverser la vapeur et bien des mouvements de solidarité suivront, entre autres, avec les travailleurs de Ford Genk.

Après son expulsion de l’Université de Louvain, Ludo Martens s’est rendu à l’Université de Gand, où se poursuivait le mouvement étudiant. Il est devenu l’un des dirigeants de la lutte contre la censure à l’université. Le Gentse Studentenbeweging (GSB, Syndicat des étudiants de Gand) avec, entre autres, Renaat Willockx et Bob Roeck, a bien vite rallié le mouvement global pour une université démocratique et a développé une solidarité active avec les travailleurs.

La fondation d’un parti ouvrier

Ludo a pris conscience que, pour les étudiants, le choix déterminant de leur vie se posait surtout à la fin de leurs études. Quel choix d’existence ? Comment maintenir son engagement social ? Dans ce débat entre les étudiants de gauche, l’influence de Ludo Martens a été importante. Ensemble, ils ont étudié entre autres l’ouvrage « Que faire ? » de Lénine. Et plusieurs jeunes ont décidé d’aller travailler en usine. Mais, une fois dans l’usine, qu’y faire ? En janvier 1970, quelque 25 000 mineurs se sont lancés dans une grève sauvage de six semaines. Face à l’influence nationaliste de la Volksunie dans les charbonnages, a été fondé Mijnwerkerswacht, un comité de grève au sein duquel se retrouvaient de jeunes mineurs, des étudiants à la fibre sociale et des membres du Syndicat des étudiants. Kris Hertogen s’y est révélé en tant que figure de proue. À l’arrière-plan d’une grève pénible et longue, un autre débat a fait rage. Devions-nous fonder partout de nouveaux comités de grève pour en arriver à la mise sur pied d’un syndicat combatif ? Ou devions-nous tenter de traduire de façon durable en un parti ouvrier la fusion entre le mouvement ouvrier et le mouvement des étudiants engagés ? Après bien des discussions et sous l’influence de Ludo Martens, on a choisi de fonder un nouveau parti. Un parti de la classe ouvrière, et non un syndicat. Avec un journal national – qui allait devenir l’actuel Solidaire – et non pas un bulletin se contentant de coordonner simplement des expériences. « Tout le pouvoir aux ouvriers », TPO (« Alle macht aan de arbeiders », AMADA), était né. Au bout de dix années de travaux préparatoires, il sera finalement rebaptisé PTB en 1979. Un parti au service du peuple, telle est son ambition. C’est également de ce concept qu’en 1971 est née l’asbl Médecine pour le Peuple, avec Kris Merckx qui a lancé une maison médicale de soins de première ligne pratiquant la médecine gratuite dans les quartiers ouvriers de Hoboken. Le PTB compte aujourd’hui plus de 4 500 membres, il est actif dans 30 villes et dans 120 entreprises et bureaux, tant en Wallonie et à Bruxelles qu’en Flandre. Depuis, Médecine pour le Peuple compte 11 centres de médecine de première ligne, employant 60 médecins et soignant plus de 25 000 patients. Dans son ouvrage, « Le parti de la révolution », Ludo Martens a livré l’héritage de plus de trente années d’expérience de la lutte pour la fondation d’un parti communiste ouvrier.

Assidu et à cheval sur le travail d’étude

Au sein du jeune parti, Ludo insistait sur l’étude assidue et concrète, sur base des faits. Il a mené la lutte contre le discours creux et dogmatique qu’on entend parfois. Il faut avoir l’esprit ouvert et il convient d’apprendre ce qui doit être appris, disait-il souvent. Ainsi, en 1985, il a décrit dans « Pierre Mulele ou la seconde vie de Patrice Lumumba » la vie du révolutionnaire congolais Pierre Mulele. Il a consulté de nombreux experts, même certains avec qui il différait fondamentalement d’avis. Il reprendra ce style plus tard dans son travail sur Kabila. Il a écouté pas moins de 1 500 témoins et a tout noté avec minutie, de sa minuscule écriture si typique. Ludo était assidu et très sévère. Pas de demi-mesure, chacun doit tenter de se surpasser. On doit placer la barre très haut, étudier et travailler avec sérieux. Telle était sa vision de la politique pour former des responsables du parti.

Ludo était sévère, souvent opiniâtre, mais cela ne le dérangeait nullement de reconnaître ses propres erreurs. Quand la grève des mineurs de 1971 n’a  pas été reconnue par les syndicats, cela a mené le jeune parti en devenir à suivre une voie hostile aux syndicats. Mais la grève des ouvriers des chantiers navals Boel, à Tamise, a prouvé qu’il pouvait en être autrement : une délégation syndicale combative et démocratique, en front uni, bénéficie du soutien de tous les travailleurs. Cette expérience a convaincu Ludo d’aborder le débat pour changer de ligne politique. Pas d’antisyndicalisme, mais un renforcement des forces progressistes au sein même du syndicat. Il s’agit de protéger le mouvement syndical contre les attaques de la droite et de l’establishment et de tirer un enseignement des expériences et corriger les erreurs.

La contre-révolution de velours

Dans les années 1960, les jeunes fondateurs du PTB ont assisté à l’effritement progressif des principes marxistes en Union soviétique. Ils ont vu le régime s’éloigner du peuple et s’octroyer de plus en plus de privilèges. Ils ont vu la solidarité internationale s’évaporer au profit d’une politique de conciliation avec l’impérialisme. Le révisionnisme du Parti communiste de l’Union soviétique était fustigé et cela a souvent débouché sur de vifs débats avec le Parti communiste belge. Sous l’influence de la Chine, on est même allé jusqu’à prétendre que l’Union soviétique s’était irrémédiablement engagée sur la mauvaise voie et qu’elle avait adopté un comportement impérialiste. Lorsqu’au milieu des années 1980, à Moscou, le débat est lancé, Ludo n’a pas hésité à réexaminer de manière critique les idées du parti. Il a continué de critiquer le statisme du système et l’érosion des principes, mais a proposé une analyse de la réalité plus nuancée, qui ne se limitait pas à une analyse simpliste ou gauchiste. Si le capitalisme réussit à réellement s’introduire en Union soviétique, c’est une catastrophe non seulement pour les millions de personnes qui vivent à l’Est, mais aussi pour le mouvement ouvrier chez nous, disait-il. C’est là le principal constat du livre « La contre-révolution de velours », un ouvrage qui offre une analyse minutieuse de cette révolution « douce » qui s’opère à l’Est. Si dans d’autres livres et articles, Ludo a défendu les réalisations des différents pays socialistes qui, selon lui, étaient remarquables et exemplaires, il cherchait également à savoir quelles sont les causes de la dégradation qui a mené à l’effondrement du socialisme à l’Est. Ces analyses ont contribué à aider les communistes du monde entier à dresser le bilan de la première expérience en matière de construction du socialisme dans l’histoire contemporaine. Cette position se retrouve également à la base de l’organisation annuelle du Séminaire Communiste International, un événement qui, en cette époque de mondialisation, a pour objectif de contribuer à faciliter les échanges entre partis communistes et à renforcer le mouvement communiste mondial.

Travailler avec des personnes qui ont des idées différentes

Ses principes, Ludo n’y a jamais renoncé. A Louvain, il a appris à diriger un grand mouvement. Il a appris à conclure des alliances, à travailler avec des gens qui ont des idées différentes des siennes. Lorsqu’en 1986, le quotidien De Morgen se trouvait dans les difficultés jusqu’au cou, il a lancé un appel à soutenir le journal et a décidé d’engager tout le parti dans cette campagne. Même si de nombreuses personnes ne partagaient pas les opinions de Ludo, tous ont été témoins du respect dont il a fait preuve dans la coopération. Cela a également été un fil conducteur pour ses actions au sein du parti. Ne jamais fuir la discussion, toujours rester calme (une tranquillité qui fait grimper certains au plafond), mais en même temps toujours avoir des arguments et remettre en question ses idées. Une divergence d’opinion est une divergence d’opinion, rien de plus. Ludo a toujours cherché une manière d’offrir à chacun la place qui lui permet de donner le meilleur de lui-même. Il était convaincu que le fait d’être capable de travailler avec des personnes issues de milieux différents et dotées de capacités différentes a permis à notre organisation de rester unie, alors que la plupart des organisations nées après Mai 68 ont disparu au bout de quelques années en raison de tensions et conflits internes.

Lors des différents congrès du parti, Ludo Martens a toujours été réélu président. Non seulement pour ses mérites, mais aussi pour les projets et les impulsions avec lesquels il a orienté le parti. Il était un homme profondément ambitieux. Pourtant, en 1999, il a demandé à la direction du parti s’il pouvait concentrer ses activités militantes au Congo. Cela a été l’occasion de permettre à d’autres camarades de diriger le parti. Entre 1999 et 2003, le parti a été sous la direction de Nadine Rosa-Rosso, secrétaire générale. En 2004, le parti a été dirigé par la Direction Journalière composée de Baudouin Deckers, Lydie Neufcourt et Peter Mertens. En 2008, Peter Mertens est élu nouveau président du parti par le congrès.

Ce qui est sans doute moins connu, c’est que Ludo a lui-même posé la première pierre pour le renouveau du parti. En 1999, avant de partir pour le Congo, après les mauvais résultats électoraux du PTB, il a rédigé une étude considérable sur le sectarisme profondément ancré à l’époque au PTB. Selon lui, le parti devait se défaire de son attitude de donneur de leçons et du « j’ai toujours raison ». Il devait devenir un parti moderne, ouvert, sans renier ses principes. C’est le renouveau qui a été approfondi entre 2004 et 2008, aboutissant au 8e Congrès du PTB. Depuis lors, le PTB a grandi jusqu’à atteindre aujourd’hui 4 500 membres.

Congo : rendre l’Histoire à ceux qui la font

Derrière l’apparence parfois sévère de Ludo se cachait un homme toujours ouvert à toutes les expériences de toute la planète. C’est d’ailleurs dans des discussions avec les étudiants latino-américains de Louvain que Ludo et la génération de gauche d’alors ont appris à connaître la lutte de Che Guevara et les expériences de Mao Zedong dans la lutte contre le colonialisme et l’impérialisme. Cette solidarité internationale inconditionnelle, qui s’est exprimée pleinement aussi dans la solidarité avec le peuple vietnamien, était une caractéristique de Ludo. Le leader étudiant des années 1960, qui avait les capacités de se faire une carrière bourgeoise (et, parmi ses compagnons de route de Mai 68, plus d’un a fini par prendre cette voie), a fait le choix d’une vie simple. Il ne s’est pas laissé séduire par les gros salaires ou par les signes extérieurs de richesse. Son regard était à la mesure du monde, son style de vie était modeste.

Il en est de même au Congo, où il a passé depuis 1999 ses dix dernières années de vie active. En 1968, le jeune Ludo était déjà convaincu que nous avons, en tant que révolutionnaires et anticolonialistes, le devoir de soutenir la libération du peuple congolais. Le colonialisme belge a été particulièrement cruel ; il n’avait donné aux Congolais aucune possibilité de faire des études. C’est une des sources de la situation catastrophique de ce riche pays d’Afrique. Le manque de cadres a permis à Mobutu de créer dans sa période au pouvoir une couche de politiciens corrompus qui étaient toujours disposés à livrer à des entreprises occidentales les richesses de leur pays. Ludo s’est engagé dans l’aide active à la libération. Il a soutenu des Congolais qui cherchaient à sortir leur pays du marasme ; il les a aidé à retrouver confiance en eux-mêmes, à regarder avec fierté leur propre histoire, à redécouvrir le passé révolutionnaire du Congo. Il a voulu rendre l’Histoire à ceux qui la font. C’était l’objectif de ses livres sur Pierre Mulele, sur Léonie Abo et sur Laurent Désiré Kabila, dont les experts reconnaissent le sérieux et les opposants la redoutable efficacité. La maladie l’a, hélas, empêché d’achever ce travail. Maintenant, c’est malheureusement à nous de rendre l’Histoire à Ludo. Mais ses livres, les organisations qu’il a aidé à mettre sur pied et les milliers de militants qu’il a inspirés dans le monde forment une base solide pour continuer la lutte de libération.

Source: http://www.ptb.be/nieuws/artikel/en-memoire-de-ludo-martens-1946-2011.html

http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/665358/l-ancien-president-du-ptb-ludo-martens-est-decede.html



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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Jun 2011 à 19:51

En mémoire de Ludo Martens (1946-2011)

Notre camarade Ludo Martens est décédé, à la suite d’une longue maladie, dimanche 5 juin en matinée.Ludo a été à la base de la fondation du Parti du Travail de Belgique (PTB), dont il a été longtemps président. Il laisse derrière lui deux enfants.

Le Bureau du PTB

 
Ludo Martens (1946-2011)

Fils aîné d’un fabricant de meuble, Ludo Martens a grandi dans la petite commune de Wingene, en Flandre occidentale. À l’école, il se passionne pour la langue et devient rédacteur en chef du journal pour l’ABN (Algemeen Beschaafd Nederlands, le néerlandais standard). Cet amour de la langue lui est resté dans le style qui sera le sien par la suite. Décrire des engagements, les gens et leur milieu de vie, la petite résistance populaire, les défaites, les révoltes, les petites et grandes victoires. C’est avec ce talent qu’il a rédigé plus tard en français « Abo, une femme du Congo », un livre littéraire sur la résistance à la dictature impitoyable de Mobutu. Ludo a su entraîner le lecteur dans sa propre sympathie pour une femme du peuple qui, à travers la lutte de Pierre Mulele contre la dictature, est passée à l’avant-plan de la scène politique. La Nouvelle Scène Internationale mettra plus tard le livre en scène, faisant accompagner le spectacle des percussions de Chris Joris, ami de l’amateur de jazz qu’était Ludo Martens. Écrire, c’est s’engager. En 1994, en compagnie du poète afro-américain Amiri Baraka (LeRoi Jones), il a organisé des lectures sur « l’art dans un monde qui vire à droite ». Les lectures ont abouti à un « Manifeste pour une poésie internationaliste » dont le rêve est de « lier en un contre-courant les poètes engagés du monde entier ».

Ludo, fondateur du Mouvement syndical étudiant

En 1965, le jeune étudiant Ludo Martens s’est rendu à Louvain pour étudier la médecine. C’est un engagement social. Il était bourré de talent et tant ses condisciples que les professeurs ont vu en lui un excellent médecin, plein d’avenir. Mais il en ira autrement car Ludo n’est pas l’homme à vouloir se bâtir une carrière universitaire tranquille. Il est devenu actif dans la principale organisation étudiante de l’époque, la Katholiek Vlaams Hoogstudentenverbond (KVHV, Union catholique flamande des étudiants du supérieur). En compagnie, entre autres, de Walter De Bock et Paul Goossens (tous deux par la suite à la base de la création du quotidien De Morgen), et de Herwig Lerouge, il a commencé à mobiliser le mouvement étudiant dans une autre direction. Contre les idées conservatrices et étriquées, Ludo Martens a su lui donner une direction progressiste, ouverte et internationaliste. Le courant progressiste grandissant se traduit dans le Studentenvakbeweging (SVB, Syndicat des étudiants). L’haïssable « Walen buiten » (Les Wallons dehors) est remplacé par « Bourgeois buiten ». C’est non seulement l’establishment catholique francophone, qui est visé, mais aussi la bourgeoisie flamande. Le caractère élitiste de l’université flamande, où l’on ne rencontre quasiment pas d’enfants de familles ouvrières, est aussi dans le collimateur.

Cette position est restée sur l’estomac du clergé, des autorités académiques et de la droite nationaliste. Tout a été mis en œuvre pour faire disparaître le groupe qui entoure Ludo du mouvement et du journal qu’il dirige, « Ons Leven » (Notre vie). Ils y arrivent finalement après la parution d’un numéro de « Ons Leven » qui dénonçait la pédophilie au sein de l’Église. À l’époque, ce sujet était tellement tabou que les autorités universitaires purent utiliser ces articles comme prétexte pour exclure Ludo de l’université.

Contre tout ce qui nous divise : contre le nationalisme et le racisme

La lutte contre le nationalisme borné dans notre pays a constitué dès ce moment un fil rouge dans l’existence de Ludo Martens. Derrière le séparatisme se cache un agenda antisocial et antisyndical dangereux, l’entendra-t-on souvent dire. Et quand d’autres partis, les uns après les autres, se sont scinds sur base linguistique, il a maintenu le PTB comme seul parti uni dont les membres de toutes les régions collaborent à la réalisation du même idéal.

Ludo Martens n’a pas seulement combattu le nationalisme étroit, mais également le racisme qui divise aussi le peuple. À l’université, il a élargi le mouvement à la question de la libération des Noirs aux États-Unis. Et, bien plus tard, après le premier « dimanche noir » de 1991 – percée électorale du Vlaams Blok –, il était un de ceux à l’initiative du mouvement pour l’égalité des droits. Avec Objectif 479 917, il a soutenu la collecte de signatures pour le droit à la nationalité belge pour les immigrés séjournant en Belgique depuis 5 ans au moins. Autant de signatures que n’en a récolté l’extrême droite aux élections. Alors que les pessimistes disaient que c’était impossible, des milliers de militants de tous horizons et de tous âges ont arpenté les rues. Ils ont finalement collecté plus d’un million de signatures. En compagnie de dix jeunes immigrées, Ludo a écrit le livre « Tien gekleurde meisjes » (Dix filles en couleurs) en tant qu’arme dans la lutte contre le racisme.

Travailleurs – étudiants : un seul front

Les rencontres de la période de Mai 68 ont influencé sa pensée et ses actes de façon décisive. À Berlin, il avait rencontré des étudiants marxistes allemands qui l’ont mis en contact avec les textes de Marx et de Lénine. C’est ainsi que Ludo a également inspiré le Syndicat des étudiants et qu’il est parvenu à ouvrir le regard des étudiants au monde du travail : Travailleurs – Étudiants : un seul front !

Ludo expliquait souvent que la véritable liberté des intellectuels consistait à comprendre comment cette société était constituée, d’où provenait l’injustice, quelles étaient les lois de l’histoire et du changement et, dès lors, comment agir ensuite. Quand les travailleurs de l’usine ABR à Louvain se sont mis en grève, les jeunes étudiants du SVB se sont déclarés solidaires de leur action. C’est toute une révolution, dans l’université de droite. Car, dix ans plus tôt à peine, les membres du KVHV avaient encore servi de troupes de choc contre les piquets de grève de 1960-1961 (contre la loi unique). Le syndicat étudiant a su renverser la vapeur et bien des mouvements de solidarité suivront, entre autres, avec les travailleurs de Ford Genk.

Après son expulsion de l’Université de Louvain, Ludo Martens s’est rendu à l’Université de Gand, où se poursuivait le mouvement étudiant. Il est devenu l’un des dirigeants de la lutte contre la censure à l’université. Le Gentse Studentenbeweging (GSB, Syndicat des étudiants de Gand) avec, entre autres, Renaat Willockx et Bob Roeck, a bien vite rallié le mouvement global pour une université démocratique et a développé une solidarité active avec les travailleurs.

La fondation d’un parti ouvrier

Ludo a pris conscience que, pour les étudiants, le choix déterminant de leur vie se posait surtout à la fin de leurs études. Quel choix d’existence ? Comment maintenir son engagement social ? Dans ce débat entre les étudiants de gauche, l’influence de Ludo Martens a été importante. Ensemble, ils ont étudié entre autres l’ouvrage « Que faire ? » de Lénine. Et plusieurs jeunes ont décidé d’aller travailler en usine. Mais, une fois dans l’usine, qu’y faire ? En janvier 1970, quelque 25 000 mineurs se sont lancés dans une grève sauvage de six semaines. Face à l’influence nationaliste de la Volksunie dans les charbonnages, a été fondé Mijnwerkerswacht, un comité de grève au sein duquel se retrouvaient de jeunes mineurs, des étudiants à la fibre sociale et des membres du Syndicat des étudiants. Kris Hertogen s’y est révélé en tant que figure de proue. À l’arrière-plan d’une grève pénible et longue, un autre débat a fait rage. Devions-nous fonder partout de nouveaux comités de grève pour en arriver à la mise sur pied d’un syndicat combatif ? Ou devions-nous tenter de traduire de façon durable en un parti ouvrier la fusion entre le mouvement ouvrier et le mouvement des étudiants engagés ? Après bien des discussions et sous l’influence de Ludo Martens, on a choisi de fonder un nouveau parti. Un parti de la classe ouvrière, et non un syndicat. Avec un journal national – qui allait devenir l’actuel Solidaire – et non pas un bulletin se contentant de coordonner simplement des expériences. « Tout le pouvoir aux ouvriers », TPO (« Alle macht aan de arbeiders », AMADA), était né. Au bout de dix années de travaux préparatoires, il sera finalement rebaptisé PTB en 1979. Un parti au service du peuple, telle est son ambition. C’est également de ce concept qu’en 1971 est née l’asbl Médecine pour le Peuple, avec Kris Merckx qui a lancé une maison médicale de soins de première ligne pratiquant la médecine gratuite dans les quartiers ouvriers de Hoboken. Le PTB compte aujourd’hui plus de 4 500 membres, il est actif dans 30 villes et dans 120 entreprises et bureaux, tant en Wallonie et à Bruxelles qu’en Flandre. Depuis, Médecine pour le Peuple compte 11 centres de médecine de première ligne, employant 60 médecins et soignant plus de 25 000 patients. Dans son ouvrage, « Le parti de la révolution », Ludo Martens a livré l’héritage de plus de trente années d’expérience de la lutte pour la fondation d’un parti communiste ouvrier.

Assidu et à cheval sur le travail d’étude

Au sein du jeune parti, Ludo insistait sur l’étude assidue et concrète, sur base des faits. Il a mené la lutte contre le discours creux et dogmatique qu’on entend parfois. Il faut avoir l’esprit ouvert et il convient d’apprendre ce qui doit être appris, disait-il souvent. Ainsi, en 1985, il a décrit dans « Pierre Mulele ou la seconde vie de Patrice Lumumba » la vie du révolutionnaire congolais Pierre Mulele. Il a consulté de nombreux experts, même certains avec qui il différait fondamentalement d’avis. Il reprendra ce style plus tard dans son travail sur Kabila. Il a écouté pas moins de 1 500 témoins et a tout noté avec minutie, de sa minuscule écriture si typique. Ludo était assidu et très sévère. Pas de demi-mesure, chacun doit tenter de se surpasser. On doit placer la barre très haut, étudier et travailler avec sérieux. Telle était sa vision de la politique pour former des responsables du parti.

Ludo était sévère, souvent opiniâtre, mais cela ne le dérangeait nullement de reconnaître ses propres erreurs. Quand la grève des mineurs de 1971 n’a  pas été reconnue par les syndicats, cela a mené le jeune parti en devenir à suivre une voie hostile aux syndicats. Mais la grève des ouvriers des chantiers navals Boel, à Tamise, a prouvé qu’il pouvait en être autrement : une délégation syndicale combative et démocratique, en front uni, bénéficie du soutien de tous les travailleurs. Cette expérience a convaincu Ludo d’aborder le débat pour changer de ligne politique. Pas d’antisyndicalisme, mais un renforcement des forces progressistes au sein même du syndicat. Il s’agit de protéger le mouvement syndical contre les attaques de la droite et de l’establishment et de tirer un enseignement des expériences et corriger les erreurs.

La contre-révolution de velours

Dans les années 1960, les jeunes fondateurs du PTB ont assisté à l’effritement progressif des principes marxistes en Union soviétique. Ils ont vu le régime s’éloigner du peuple et s’octroyer de plus en plus de privilèges. Ils ont vu la solidarité internationale s’évaporer au profit d’une politique de conciliation avec l’impérialisme. Le révisionnisme du Parti communiste de l’Union soviétique était fustigé et cela a souvent débouché sur de vifs débats avec le Parti communiste belge. Sous l’influence de la Chine, on est même allé jusqu’à prétendre que l’Union soviétique s’était irrémédiablement engagée sur la mauvaise voie et qu’elle avait adopté un comportement impérialiste. Lorsqu’au milieu des années 1980, à Moscou, le débat est lancé, Ludo n’a pas hésité à réexaminer de manière critique les idées du parti. Il a continué de critiquer le statisme du système et l’érosion des principes, mais a proposé une analyse de la réalité plus nuancée, qui ne se limitait pas à une analyse simpliste ou gauchiste. Si le capitalisme réussit à réellement s’introduire en Union soviétique, c’est une catastrophe non seulement pour les millions de personnes qui vivent à l’Est, mais aussi pour le mouvement ouvrier chez nous, disait-il. C’est là le principal constat du livre « La contre-révolution de velours », un ouvrage qui offre une analyse minutieuse de cette révolution « douce » qui s’opère à l’Est. Si dans d’autres livres et articles, Ludo a défendu les réalisations des différents pays socialistes qui, selon lui, étaient remarquables et exemplaires, il cherchait également à savoir quelles sont les causes de la dégradation qui a mené à l’effondrement du socialisme à l’Est. Ces analyses ont contribué à aider les communistes du monde entier à dresser le bilan de la première expérience en matière de construction du socialisme dans l’histoire contemporaine. Cette position se retrouve également à la base de l’organisation annuelle du Séminaire Communiste International, un événement qui, en cette époque de mondialisation, a pour objectif de contribuer à faciliter les échanges entre partis communistes et à renforcer le mouvement communiste mondial.

Travailler avec des personnes qui ont des idées différentes

Ses principes, Ludo n’y a jamais renoncé. A Louvain, il a appris à diriger un grand mouvement. Il a appris à conclure des alliances, à travailler avec des gens qui ont des idées différentes des siennes. Lorsqu’en 1986, le quotidien De Morgen se trouvait dans les difficultés jusqu’au cou, il a lancé un appel à soutenir le journal et a décidé d’engager tout le parti dans cette campagne. Même si de nombreuses personnes ne partagaient pas les opinions de Ludo, tous ont été témoins du respect dont il a fait preuve dans la coopération. Cela a également été un fil conducteur pour ses actions au sein du parti. Ne jamais fuir la discussion, toujours rester calme (une tranquillité qui fait grimper certains au plafond), mais en même temps toujours avoir des arguments et remettre en question ses idées. Une divergence d’opinion est une divergence d’opinion, rien de plus. Ludo a toujours cherché une manière d’offrir à chacun la place qui lui permet de donner le meilleur de lui-même. Il était convaincu que le fait d’être capable de travailler avec des personnes issues de milieux différents et dotées de capacités différentes a permis à notre organisation de rester unie, alors que la plupart des organisations nées après Mai 68 ont disparu au bout de quelques années en raison de tensions et conflits internes.

Lors des différents congrès du parti, Ludo Martens a toujours été réélu président. Non seulement pour ses mérites, mais aussi pour les projets et les impulsions avec lesquels il a orienté le parti. Il était un homme profondément ambitieux. Pourtant, en 1999, il a demandé à la direction du parti s’il pouvait concentrer ses activités militantes au Congo. Cela a été l’occasion de permettre à d’autres camarades de diriger le parti. Entre 1999 et 2003, le parti a été sous la direction de Nadine Rosa-Rosso, secrétaire générale. En 2004, le parti a été dirigé par la Direction Journalière composée de Baudouin Deckers, Lydie Neufcourt et Peter Mertens. En 2008, Peter Mertens est élu nouveau président du parti par le congrès.

Ce qui est sans doute moins connu, c’est que Ludo a lui-même posé la première pierre pour le renouveau du parti. En 1999, avant de partir pour le Congo, après les mauvais résultats électoraux du PTB, il a rédigé une étude considérable sur le sectarisme profondément ancré à l’époque au PTB. Selon lui, le parti devait se défaire de son attitude de donneur de leçons et du « j’ai toujours raison ». Il devait devenir un parti moderne, ouvert, sans renier ses principes. C’est le renouveau qui a été approfondi entre 2004 et 2008, aboutissant au 8e Congrès du PTB. Depuis lors, le PTB a grandi jusqu’à atteindre aujourd’hui 4 500 membres.

Congo : rendre l’Histoire à ceux qui la font

Derrière l’apparence parfois sévère de Ludo se cachait un homme toujours ouvert à toutes les expériences de toute la planète. C’est d’ailleurs dans des discussions avec les étudiants latino-américains de Louvain que Ludo et la génération de gauche d’alors ont appris à connaître la lutte de Che Guevara et les expériences de Mao Zedong dans la lutte contre le colonialisme et l’impérialisme. Cette solidarité internationale inconditionnelle, qui s’est exprimée pleinement aussi dans la solidarité avec le peuple vietnamien, était une caractéristique de Ludo. Le leader étudiant des années 1960, qui avait les capacités de se faire une carrière bourgeoise (et, parmi ses compagnons de route de Mai 68, plus d’un a fini par prendre cette voie), a fait le choix d’une vie simple. Il ne s’est pas laissé séduire par les gros salaires ou par les signes extérieurs de richesse. Son regard était à la mesure du monde, son style de vie était modeste.

Il en est de même au Congo, où il a passé depuis 1999 ses dix dernières années de vie active. En 1968, le jeune Ludo était déjà convaincu que nous avons, en tant que révolutionnaires et anticolonialistes, le devoir de soutenir la libération du peuple congolais. Le colonialisme belge a été particulièrement cruel ; il n’avait donné aux Congolais aucune possibilité de faire des études. C’est une des sources de la situation catastrophique de ce riche pays d’Afrique. Le manque de cadres a permis à Mobutu de créer dans sa période au pouvoir une couche de politiciens corrompus qui étaient toujours disposés à livrer à des entreprises occidentales les richesses de leur pays. Ludo s’est engagé dans l’aide active à la libération. Il a soutenu des Congolais qui cherchaient à sortir leur pays du marasme ; il les a aidé à retrouver confiance en eux-mêmes, à regarder avec fierté leur propre histoire, à redécouvrir le passé révolutionnaire du Congo. Il a voulu rendre l’Histoire à ceux qui la font. C’était l’objectif de ses livres sur Pierre Mulele, sur Léonie Abo et sur Laurent Désiré Kabila, dont les experts reconnaissent le sérieux et les opposants la redoutable efficacité. La maladie l’a, hélas, empêché d’achever ce travail. Maintenant, c’est malheureusement à nous de rendre l’Histoire à Ludo. Mais ses livres, les organisations qu’il a aidé à mettre sur pied et les milliers de militants qu’il a inspirés dans le monde forment une base solide pour continuer la lutte de libération.

Commémoration le 26 juin
La cérémonie de commémoration aura lieu le dimanche 26 juin de 11 h à 13 h à l’Auditorium du Passage 44, boulevard du Jardin Botanique, 44, 1000 Bruxelles.

Vous pouvez envoyer vos messages de condoléances à condoleances(at)ptb.be

 


Edité par T 34 - 10 Jun 2011 à 19:08
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer Miracle Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Jun 2011 à 17:13
quel dommage... aujourd'hui j'ai appris la mort de Semprun et celle de Martens...
Le Congo a perdu quelqu'un! Je le connais surtout à travers son ouvrage sur Staline évidemment mais des Mao qui savent se remettre en question, ça ne court pas les rues!
 
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Jun 2011 à 23:39
Ouais... En Belgique nous ne serons pas unanime pour le pleurer. "un mao qui sait se remettre en question...",  à écrit Miracle. Mais pour moi Ludo Martens n'a jamais été mao, n'a jamais rien assumé ce qui fait la substance même du maoïsme : la guerre populaire comme vecteur d'émergence du nouveau contre l'ancien.  Sans parler du" reste", tout le reste...

Edité par Camarondeplata - 08 Jun 2011 à 23:43
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  Citer DOXA Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Jun 2011 à 15:05
j'espère que tu n'es pas sur la meme ligne que la secte du pcmlm qui ose écrire ce genre de chose :

Disparition du révisionniste Ludo Martens

La Belgique de ces 40 dernières années a connu deux expériences révolutionnaires marquantes et de haut niveau. La première, représentant l’aspect positif, cela a été les Cellules Communistes Combattantes (CCC).

Les CCC (un site présente en détail leur histoire et leurs positions) ont été une tentative conséquente de construire un pôle révolutionnaire ; leurs actions armées ont été une actualité pour toute personne communiste authentique en Europe de l’Ouest.

Et ce même pour la seule organisation dans les années 1980 à se revendiquer en France de Mao Zedong : Voie Prolétarienne. Quelle triste ironie de l’histoire qu’en Belgique ce sera l’équivalent de Voie Prolétarienne qui triomphera : le Parti du Travail de Belgique (PTB).

Son fondateur, Ludo Martens, vient de mourir, le 5 juin dernier. Avec sa disparition, c’est la fin d’un monumental bastion révisionniste en Europe.

Car Ludo Martens et le PTB ont été d’infatigables combattants anti-maoïstes ; aujourd’hui en France, les « marxistes-léninistes », les « anti-impérialistes », sont très largement influencés par Ludo Martens et le PTB d’alors.

Ludo Martens, né en 1946, a commencé sa carrière politique comme nationaliste flamand. Dirigeant étudiant, il amène le nationalisme flamand universitaire à prendre une tournure « sociale. »

Avec mai 1968, Ludo Martens amène alors ce nationalisme « social » à assumer en façade le marxisme-léninisme. Cela donne à la fin des années 1960 l’organisation « Tout le pouvoir aux ouvriers » -TPO / « Alle macht aan de arbeiders » – AMADA, qui deviendra le PTB en 1979.

En façade, le PTB est ainsi marxiste-léniniste ; en pratique, c’est une organisation populiste, prônant une ligne « sociale » à la base et célébrant les nationalismes petit-bourgeois « révolutionnaires » en fonction des intérêts de la Chine fasciste d’après Mao Zedong.

Cette ligne « sociale », notamment avec des soins médicaux gratuits par une association « Médecine pour le Peuple » touchant chaque année des milliers de personnes, a fait du PTB la plus grande structure d’extrême-gauche du Belgique.

Le PTB revendique aujourd’hui encore 4500 membres, une présence dans 30 villes, 120 entreprises. Il a par contre balancé par dessus bord, il y a quelques années, toute prétention marxiste-léniniste.

La Chine social-fasciste n’a en effet aujourd’hui plus besoin du PTB, qui l’a servi fidèlement pendant des années. Chaque année, le PTB a organisé un « Séminaire Communiste International » rassemblant de très nombreuses organisations révolutionnaires, ayant toute la particularité de se fonder sur le marxisme-léninisme et de rejeter le maoïsme, ainsi que la guerre populaire.

Confronté à la lutte armée des Cellules Communistes Combattantes, le PTB n’a pas hésité à utiliser tous les moyens pour briser cette « concurrence » idéologique, appelant à les dénoncer à la police, les assimilant aux « meurtriers du Brabant » ayant braqué de manière assassine un supermarché, « CCC = CIA », etc.

Mais ce n’est pas tout. Ludo Martens a passé une bonne partie de son activité politique à être actif au Congo, notamment auprès de Laurent-Désiré Kabila. Ludo Martens a en effet théorisé tout un « panafricanisme », se faisant historien des révoltes de Lumumba, Sankara (ou Mulele, celui-ci étant toutefois proche du maoïsme historiquement), et en faisant des figures « anti-impérialistes » aussi valables, prétendument, que le socialisme scientifique.

Ludo Martens a ainsi développé un véritable trotskysme en version « marxiste-léniniste » ; les trotskystes de la « IVème Internationale » expliquaient que les « anti-impérialistes » étaient trotskystes sans le savoir, Ludo Martens théorisait la même chose en version « marxiste-léniniste. »

Ludo Martens a d’ailleurs été le dernier étranger à voir le fasciste coréen Kim Il Sung avant la mort de celui-ci, en 1994 ; après avoir critiqué Cuba dans les années 1970, le PTB est devenu pro-cubain de fait, puis pro Hugo Chavez, pro Evo Morales etc.

Aux yeux de Ludo Martens, il n’y avait au fond aucune différence entre « pro chinois », « pro albanais » et « pro cubain. »

Pour réussir cette « synthèse » révisionniste, Ludo Martens a publié « Un autre regard sur Staline », où Staline est décrit comme une sorte de super-administrateur parfait, qui par conséquent devrait être la seule référence commune.

Cette position de Ludo Martens, de type « front anti-impérialiste » pseudo « stalinienne », a été durant les années 1980 le principal fer de lance international contre l’exigence scientifique d’un parti maoïste centralisé et menant la guerre populaire.

Il n’est pas difficile de voir comment en France cette idéologie « anti-impérialiste » s’est largement répandue, par l’intermédiaire des « marxisme-léninistes » qui ont toujours eu le regard tourné vers le PTB et ses « succès. »

Une structure comme le ROC-ML, qui propose la défense de Staline et la mise de côté du reste (Mao Zedong, pro-Cuba, etc.), dit exactement la même chose que le PTB d’alors. De la même manière, les « anti-impérialistes » revendiquent un même « front mondial » qui serait, par nature et automatiquement, « révolutionnaire. »

Pire, la conception des « marxistes » non maoïstes en France est que le Parti ne doit pas être un Parti de science, mais une organisation poussant à la lutte. C’est une conception du Parti comme « bras armé » du populisme ; c’est une conception totalement opposée au léninisme.

Le PCMLM est issu en partie du refus du PTB et d’un parti « marxiste-léniniste » sur une base aussi large que non scientifique ; le PCMLM n’a jamais capitulé et cédé devant l’exigence du travail théorique marxiste-léniniste-maoïste, exigence niée par les populistes et autres pragmatiques – machiavéliques.

La révolution ne passe pas par une organisation « de lutte », mais une avant-garde assumant le futur sur tous les plans, étudiant scrupuleusement la société française, de manière totalement scientifique, pavant la voie aux luttes de classes par la confrontation avec ce qui est ancien et doit être dépassé.

Dans les années 1980, la lutte des Cellules Communistes Combattantes a échoué sur cet écueil qu’est la question scientifique, le militarisme prenant le pas sur l’idéologie et des analyses scientifiques systématiques. Les « CCC » ont été des urgentistes et leur démarche s’est développée en dehors du principe central de construire le Parti Communiste.

Les CCC ont pensé – tout comme les Brigades Rouges (seconde position) devenues UdCC et le PCE(r) / GRAPO – avoir trouvé la « méthode décisive » (ici : la lutte armée).

En réalité, il fallait chercher la synthèse complète, la critique totale – la substance idéologique : le marxisme-léninisme-maoïsme adapté aux conditions concrètes du pays.

Cependant, la lutte des CCC avait le mérite de la dignité du réel ; le PTB lui n’a jamais été qu’un obstacle idéologique et pratique à la diffusion de l’esprit de confrontation avec la bourgeoisie et son État en Belgique.
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  Citer Zaknar Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Jun 2011 à 17:46
Je suis quand même choqué par les propos ci-dessus, les livres "quatre essais philosophiques", "la guerre révolutionnaire" de Mao ainsi que les livres d'Han Suyin sont en vente a chaque activité publique du ptb ou de son mouvement de jeunes comac ( c'est d'ailleurs grave au ptb que j'ai pu m'acheter mes premiers livres de Mao ), le ptb est le parti qui diffuse le plus Mao en Belgique 
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  Citer DOXA Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Jun 2011 à 19:10
c 'est vrai qu'il y a des coups de battes qui se perde !
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  Citer Miracle Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Jun 2011 à 22:23
qu'il n'ait jamais vraiment été Mao est tout à son honneur du moins en ce qui me concerne^^!
Mais de quel "reste" parles tu?
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  Citer guillaume Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Jun 2011 à 11:55
Hommage du Cercle Henri Barbusse au camarade Ludo Martens Cliquer ici
Les trotskistes? Nous avons pris des mesures contre ces gens qui ne représentent rien (...) et continuent sur des positions d'extrême gauche à gêner le développement de notre Révolution - Che Guevara
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Jun 2011 à 10:19

Zaknar a raison, les livres de et sur Mao sont bien en vente à la librairie ainsi qu’aux activités du PTB. Mais ça n’enlève rien à ce que je disais plus haut, PTB n’a jamais assumé la dignité du réel, comme diraient nos petits amis de "la secte" citée par Doxa-la-batte…

Quant au reste, c’est essentiellement ici : http://www.forum-unite-communiste.org/forum_posts.asp?TID=664

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  Citer Zaknar Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Jun 2011 à 21:19
© Doc. Archives Abramowicz

Le 5 juin dernier, Ludo Martens est décédé à l'âge de 65 ans. Il fut le cofondateur, le président et le théoricien du Parti du Travail de Belgique (PTB). Issu du mouvement étudiant marxiste-léniniste maoïste qui s'organisa après Mai 68, le PTB est aujourd'hui la plus importante formation électorale de la gauche radicale dans notre pays (une quinzaine de conseillers communaux). En 1995, j'avais interviewé Ludo Martens pour le journal des éditions EVO dans le cadre du Guide des partis politiques en Belgique. La revoici, complétée de NDLR (notes de la rédaction) et de deux photos.

Moustaches de fer, langue de bois ?

Pour mieux comprendre le dynamisme qui anime le Parti du Travail de Belgique (PTB), ses prises de positions parfois contradictoires, son système de fonctionnement qui inquiète ses adversaires, Inforlivres a rencontré Ludo Martens, le président du PTB. Un homme simple et sans moustache qui consacre sa vie aux luttes populaires, de la campagne flamande à la jungle congolaise. Le « camarade Ludo » pense que le communisme a un avenir sur les ruines du système capitaliste. Demain la révolution ?

Ludo Martens en 1969, lors du mouvement étudiant à l'université de Gand. L'année suivante, il participa à la création, dans le Limbourg lors de grèves sauvages dans des mines de charbon, à la création du mouvement marxiste-léniniste Alle Macht aan de Arbeiders (Amada , en français : Tout le pouvoir aux ouvriers), l'ancêtre du PTB © Photo Archives Solidaire


MANUEL ABRAMOWICZ : Dans les années '70, en pleine Guerre froide, votre parti a soutenu indirectement l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (Otan), en charge de la défense militaire de l'Europe de l'Ouest contre une hypothétique invasion par les armées du Bloc de l'Est, sous la direction de l'Union soviétique (URSS). Pourquoi ?

LUDO MARTENS : Notre organisation est née du courant marxistes-léniniste impulsé par la « Révolution culturelle » chinoise. L'expérience de la Chine nous a beaucoup aidé dans la création de notre parti en Belgique, dans son orientation idéologique et son effort pour s'implanter chez les ouvriers. Au début des années '70, les communistes chinois élaborent leur théorie des deux « superpuissances » : le « social-impérialisme soviétique » était devenu le danger le plus important.

Dans notre journal, un responsable de notre parti a apporté un certain soutien à l'Otan et aux partisans belges de l'organisation atlantique. Très vite, cette prise de position a suscité de vives discussions. Nous avons à nouveau pris conscience que le « danger de droite » dans notre mouvement était très important et que toute forme de soutien à l'Otan ou à la droite dans notre pays était absolument à exclure. A la fin des années '80, nous avons officiellement critiqué la conception chinoise des « deux superpuissances », désignant l'Union soviétique comme l'ennemi numéro un. Le parti communiste chinois a fait une erreur.

MANUEL ABRAMOWICZ : Plusieurs dizaines d'anciens militants du Parti communiste de Belgique ont rejoint vos rangs. Avez-vous pour objectif de remplacer ce parti et de devenir le fer de lance de l'opposition marxiste-révolutionnaire dans notre pays ?

LUDO MARTENS : Nous sommes dans la continuité de l'histoire du mouvement communiste. Nous nous réclamons de l'histoire de la IIIe Internationale dans le monde, et en Belgique, par conséquent, de l'histoire du Parti communiste belge. Mais nous avons conscience des déviations droitières qui eurent lieu au PCB, dès ses débuts. Ces erreurs aboutirent à la dégringolade de ce parti. Aujourd'hui, il a d'ailleurs de facto cessé d'exister.

Maintenant, nous essayons de renouer avec ses militants qui maintiennent leur inspirations communistes. Depuis quatre ou cinq ans, il y a un début de dialogue avec les différents courants idéologiques du communisme. Ce rapprochement était inimaginable avant la chute du mur de Berlin. Nous avons, par exemple, effectivement de très bons contacts avec des communistes du PCF (NDLR : le Parti communiste français).


MANUEL ABRAMOWICZ : Certains de vos détracteurs accusent le PTB d'être une « secte politique ».

LUDO MARTENS : Dans le journal du Vlaams Blok (NDLR : le nom de 1978 à 2004 de l'actuel Vlaams Belang, alors l'une des plus importantes formations d'extrême droite en Europe), vous pouvez lire régulièrement des diatribes contre la « secte du PTB ». Les gens qui ont besoin de calomnies pour mener le combat politique nous savons ce qu'ils veulent.
Par rapport au contenu de cette accusation, je voudrais dire ceci : c'est vrai le PTB est très exigeant. Nos militants sont obligés de faire un effort intellectuel en étudiant l'histoire et les positions de l'adversaire par exemple. Cette formation militante est absente dans les autres organisations politiques en Belgique. Dans la société anticommuniste, il faut avoir une réflexion indépendante et mûre. Nous refusons les militants qui répètent aveuglément un discours creux. C'est donc tout-à-fait le contraire d'une secte. Autre exigeante du parti : nous obligeons nos militants de travailler dans les masses. Un communiste doit être là où le peuple vit ses problèmes et mène la lutte. Il doit écouter, analyser, comprendre, réfléchir et en tirer ce qui est valable dans une perspective révolutionnaire. Le militant PTB est là pour donner une forme politique aux problèmes des masses.

Chez nous, la discussion critique est autorisée. Après 1989 (NDLR : année d'un important mouvement de protestation en République populaire de Chine, symbolisé par l'occupation de la place Tien An Men à Pékin) et l'offensive anticommuniste, de larges débats très intenses eurent lieu durant plus de deux années. Tous les membres pouvaient y participer et y critiquer des positions idéologiques du parti. La démocratie doit être organisée pour que l'on puisse progresser en tant que mouvement révolutionnaire. Les débats internes - qui furent parfois très vifs - permirent l'unification de notre parti (NDLR : et le départ de plusieurs opposants à la « ligne officielle »).


MANUEL ABRAMOWICZ :
Pour faire de la politique. il faut de l'argent, beaucoup d'argent. Comment votre parti est-il financé ?

LUDO MARTENS : Au début des années '70, nous avons mis sur pied un système d'autofinancement : tous les cadres de l'organisation, tous les intellectuels vivent avec l'équivalent du salaire d'un ouvrier peu payé. En moyenne l'on rétribue au parti 2/3 de son salaire initial. Ces conditions particulières et draconiennes sont uniques et démontrent le sérieux et l'engagement de nos militants. Ce système permet aux intellectuels d'être logique avec leur engagement communiste et de ne pas d'autoproclamer solidaire de la classe ouvrière tout en restant dans leur tour d'ivoire. Chez nous, ils défendent le prolétariat et connaissent ses exigences de survie financière. Ce système influence les travailleurs qui militent au PTB : ils savent que les cadres et les intellectuels sont conséquents avec ce qu'ils proclament.

Ceci est le système de base de notre financement. Le reste, nous vient lorsque nous organisons des campagnes de financement et grâce notamment au travail bénévole de nos camarades.


En 1979, Ludo Martens à la tribune du congrès de fondation du Parti du Travail de Belgique. Y était également présent, Laurent-Désiré Kabila, futur président du Congo en 1997 © Photo Archives Solidaire


MANUEL ABRAMOWICZ : Comment voyez-vous l'avenir du communisme ?

LUDO MARTENS : Aujourd'hui, après la « fin de l'histoire », de la fin de la lutte des classes et du communisme proclamées fièrement par la propagande bourgeoise suite à la disparition de l'URSS, cela paraît évident que le pouvoir politique est en train de liquider de façon assez systématique les droits démocratiques de ceux qui veulent lutter sérieusement contre le système capitaliste. Les temps sont dures pour les militants ouvriers.

Maintenant, on nous fait croire que seul le libéralisme a un avenir : en trois ou quatre ans, l'on a vu comment le monde s'est dégradé. La situation de notre planète est bien plus mauvaise qu'il y a dix ans. La Russie est devenue un mouroir Chez nous aussi, les patrons capitalistes réacquièrent leurs avantages perdus après la Guerre 40-45 au profit de la collectivité et par peur des partisans armés. Les conquêtes sociales d'hier sont pour le moment menacées. Mais la propagande ne peut pas empêcher les gens de penser. La conscience que le capitalisme ne peut plus garantir un avenir fait tache d'huile dans le tiers monde, mais aussi ici. Les mensonges de la bourgeoisie ne prennent plus et son système est remis en question par des fractions de la population de plus en plus nombreuses. C'est pour cela, qu'il n'y a pas de doute que le mouvement communiste va reprendre sur de nouvelles bases...

[Interview de Ludo Martens, président-fondateur du PTB, réalisée en septembre 1995 par Manuel Abramowicz pour Inforlivres, « le journal qui vous fait lire ce que la télé ne vous montre pas », proposé par les éditions bruxelloises EVO, aujourd'hui Couleur livres. Cette interview fut publiée dans le numéro 1, daté du mois de novembre 1995, d'Inforlivres, dans la série « Le Guide des partis politiques en Belgique » et en marge d'un article sur l'histoire et l'actualité du Parti du Travail de Belgique. Republiée le 9 juin 2011 sur le blog de Manuel Abramowicz, suite au décès le 5 juin 2011 de Ludo Martens].


Source : http://abramowicz.blogspot.com/2011/06/le-guide-des-partis-politiques-en.html

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  Citer WAR-AXE Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Jun 2011 à 23:04
Pfff... Dés le 1er paragraphe de cette interview, on apprend que PTB, depuis sa formation, était adepte de la théorie des trois mondes. D'après moi, c'est ce que le maoïsme a produit de pire. Martens présente cela (la compromission avec l'OTAN) comme un acquit de la Révolution culturelle alors que c'est exactement le contraire. La théorie des trois mondes signifie la défaite de Mao contre Deng et sa clique, la fin de la révocul, donc  la défaite de la révolution en Chine.
Pas étonnant, après cela, que PTB soit devenu ce qu'il est aujourd'hui...  

Edité par WAR-AXE - 11 Jun 2011 à 23:23
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  Citer Miracle Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Jun 2011 à 11:57

Il avait un fond de maoïsme de jeunesse (l'époque aidant...) mais il est est venu a critiquer Mao a partir de Staline. C'est pas courant chez les maos!

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  Citer Zaknar Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Jun 2011 à 20:58
Si tu lis bien, War-Axe, Ludo Martens rejette la théorie des 3 mondes :"Très vite, cette prise de position a suscité de vives discussions. Nous avons à nouveau pris conscience que le « danger de droite » dans notre mouvement était très important et que toute forme de soutien à l'Otan ou à la droite dans notre pays était absolument à exclure. A la fin des années '80, nous avons officiellement critiqué la conception chinoise des « deux superpuissances », désignant l'Union soviétique comme l'ennemi numéro un. Le parti communiste chinois a fait une erreur."
Tu as vraiment lu l'article ou tu avais simplement envie de le critiquer  ?

Si tu veux une analyse plus juste ( et moins gauchiste ), il serais plus juste de lire cette analyse ci http://www.forum-unite-communiste.org/forum_posts.asp?TID=2375


Edité par Zaknar - 14 Jun 2011 à 21:00
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  Citer Rogue Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Jun 2011 à 22:10
Message posté par Camarondeplata

[...]

Camarade, je suis d'accord avec toi sur à peu près rien du tout :

De 1, rien que pour ses actions concrètes au Congo (où Ludo Martens est considéré dans certains milieux comme une sorte de héros), il mérite au moins le respect de tous les communistes -quelles que soient les étiquettes qu'ils aiment se coller sur le front- et sa mort est une tragédie pour nous tous.

De 2, j'ai bien compris que tu n'aimais pas beaucoup "ce que devient" le nouveau PTB qui, à l'image du PCF, intègre en son sein des communistes de tous les horizons (d'ailleurs, en fonction du type de gauchiste à qui on s'adresse, le PTB est tout et son contraire : d'affreux staliniens pour certains, des socio-démocrates bourgeois pour d'autres, etc... en peu comme Mélenchon en fait). Le PTB a décidé, il est vrai, de rassembler malgré les différences, plutôt que d'excommunier sans fin, ce qui, au vu de l'état lamentable de la gauche en Europe, me semble être une attitude tout à fait constructive. Mais c'est un avis personnel.

De 3, vu que Mao a, au cours de sa vie, plusieurs fois changé d'avis, au point que ses écrits comportent, en fonction de la période, de nombreuses contradictions que lui-même soulève (ce qui est bien normal pour un être humain dont la pensée évolue en fonction du contexte... comme quoi il était moins sectaire que certains partisans qui se réclament soi-disant de lui) je serais bien curieux que tu me définisses exactement ce qu'est un "maoiste"...

Edité par Rogue - 15 Jun 2011 à 22:27
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  Citer guillaume Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Jun 2011 à 09:13
On peut quand même regretter la seule dérive qui a mes yeux reste trés grave au PTB: Ils sont de plus en plus pro-européens depuis le départ de Ludo Martens...
Les trotskistes? Nous avons pris des mesures contre ces gens qui ne représentent rien (...) et continuent sur des positions d'extrême gauche à gêner le développement de notre Révolution - Che Guevara
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  Citer Zaknar Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Jun 2011 à 22:02
Je tiens aussi a vous faire partagez quelques liens, le premier s'agit d'un petit pc Us ( http://marxistleninist.wordpress.com/2011/06/07/ludo-martens-founder-of-the-workers-party-of-belgium-has-passed-away/#more-6658 )

La seconde parle d'une cellule jeune du PCE qui a renommé sa cellule en "Collectif Ludo Martens" .
http://jcalmeria.blogspot.com/2011/06/en-memoria-del-camarada-ludo-martens.html
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Jun 2011 à 19:06
Message posté par Rogue

Message posté par Camarondeplata

[...]

Camarade, je suis d'accord avec toi sur à peu près rien du tout :

De 1, rien que pour ses actions concrètes au Congo (où Ludo Martens est considéré dans certains milieux comme une sorte de héros), il mérite au moins le respect de tous les communistes -quelles que soient les étiquettes qu'ils aiment se coller sur le front- et sa mort est une tragédie pour nous tous.

De 2, j'ai bien compris que tu n'aimais pas beaucoup "ce que devient" le nouveau PTB qui, à l'image du PCF, intègre en son sein des communistes de tous les horizons (d'ailleurs, en fonction du type de gauchiste à qui on s'adresse, le PTB est tout et son contraire : d'affreux staliniens pour certains, des socio-démocrates bourgeois pour d'autres, etc... en peu comme Mélenchon en fait). Le PTB a décidé, il est vrai, de rassembler malgré les différences, plutôt que d'excommunier sans fin, ce qui, au vu de l'état lamentable de la gauche en Europe, me semble être une attitude tout à fait constructive. Mais c'est un avis personnel.

De 3, vu que Mao a, au cours de sa vie, plusieurs fois changé d'avis, au point que ses écrits comportent, en fonction de la période, de nombreuses contradictions que lui-même soulève (ce qui est bien normal pour un être humain dont la pensée évolue en fonction du contexte... comme quoi il était moins sectaire que certains partisans qui se réclament soi-disant de lui) je serais bien curieux que tu me définisses exactement ce qu'est un "maoïste"...

Une petite idée me vient en tête.  A la lecture de tout ce que PTB publie pour l'instant, je ne vois pas en quoi il pourrait être qualifié de stalinien. Il en va tout autrement pour ce qui est de son appartenance à la social-démocratie. La critique du programme électoral de PTB, de son nouveau cours aujourd'hui ouvertement social-démocrate  se trouve déjà sur le fuc.  Aucun militant de cette organisation n'a daigné y répondre par autre chose que des déclarations tapageuses, voire des insultes à l'époque. Et je les comprends! N'étant pas militant de cette organisation, je ne suis pas au fait de sa tambouille interne.  Je sais pourtant qu'il existe une différence énorme entre le baratin qui est servi aux militants en interne et l'immense vitrine opportuniste qui prévaut à l'extérieur... Je pense qu'il ne faut pas être souvent sorti de chez soi ses dernières années pour ne pas voir ce qu'est effectivement PTB aujourd'hui : une orga qui a définitivement déserté la lutte pour le communisme.


Edité par Camarondeplata - 25 Jun 2011 à 12:52
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  Citer DOXA Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Jun 2011 à 12:34
et le bloc ml ? parait qu'il à été coulé par l'ultra gauche ?
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Jun 2011 à 12:54
Heu... Kes tu dis, Doxa-la-Batte? Smile

Edité par Camarondeplata - 25 Jun 2011 à 12:56
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