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Une conscience de classe ?

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  Citer Schwartz Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: Une conscience de classe ?
    Envoyé : 19 Dec 2011 à 12:31
   Il ne faut pas se leurrer. Les sondages ne sont pas bons, et pourtant l'idéologie communiste à toujours soutenue ce qu'elle appelait le "prolétariat" - appellation aujourd'hui dépassée mais que l'on pourrait ré-associer aux classes populaires. Quand on sait que aujourd'hui, à partir de la nomenclature de l'INSEE sur les PCS (celle de niveau 1) , que la France dénombre plus de 60% de classes pop, comment expliquer un rattachement si faible à la gauche rouge ?

   Hegel parlait d'être-pour-soi, puis Marx de classe-pour-soi. Pensez vous qu'aujourd'hui, il n'y a plus de conscience de classe ? C'est Bourdieu qui soutenait un déni de sa propre classe, et une aspiration à s'élever socialement, influant ainsi sur nos choix politiques et explicant par la même, un vote de droite ?

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  Citer DOXA Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Dec 2011 à 13:30
Je vois pas ce qu'il y de dépassé, au contraire l'histoire à renforcé le sens du mot prolétariat, les prolétaires n'ont pour vivre que leur force de travail manuelle et/ou intellectuelle, ce qui comme tu l'as noté concerne les deux tiers de la population de ce pays. Si le vote à droite avait permis à quiconque de s'élever socialement on serait au courant non ?

Les communistes ne parlent pas "d'élévation" sociale mais d'émancipation sociale, les mots ont de l'importance car chacun d'entre eux est un trésor qui renferme le SENS, si on emploi pas les bons mots aux bons endroits on peux se laissé détourner du sens et ainsi se laisser convaincre comme quoi le but de l'etre humain serait avant tout de s'embourgeoiser ? Je ne le crois pas.

Par contre on peux parler sans problème d'élévation du niveau de vie, de la qualité, de la production, d'un rendement ou ce que tu veux.

Edit : pour le vote de droite il ne t'as pas échappé qu'une part non négligeable des classes populaire, du proletariat, ne va pas voter, ce qui favorise toujours un vote de droite voir d'extreme droite car inévitablement ces gens aux manettes se discréditent. Il me semble que si 100% des citoyens allaient voter (chose impossible à moins de rendre le vote obligatoire, comme la moitié des pays du monde, perso j'en suis partisan) il est certains que la droite ne dépasserait jamais un tiers du corps électorale et ce malgré le rouleau compresseur de la propagande anticommuniste qui fonctionne a plein chaque jour depuis 1870.

Edité par DOXA - 19 Dec 2011 à 13:38
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  Citer Schwartz Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Dec 2011 à 15:59
Sur la forme : Juste pour revenir sur le terme d'élevation.Bien sûr l'emploi du terme - et dans l'acception courante qui en est faite - n'était pas appropriée. Mais ne me rappelant pas du terme utilisé par Bourdieu - qui est d'ailleurs promotion, une fois replongé dans mes bouquins de socio - j'ai utilisé le terme d' élévation en italique. On remarquera d'ailleurs l'ambiguïté de la ligne de dissension entre les deux termes.

Peu importe, en tout cas comme vous l'avez remarquez les termes et leur utilisation est capitale.

Sur le fond : Pour ma part, je pense que, si en effet le schéma reste le même, dans le sens où, oui il y a une utilisation de la force de travail - manuelle aussi bien qu’intellectuelle - par une classe bourgeoise, je pense toutefois que le terme de prolétaire est connoté politiquement et temporellement dès lors qu'il renvoie à une forme très particulière du salariat du XIXème. Sans doutes, devons nous aujourd'hui y préférer le terme plus contemporain de travailleur.

Mise à part le vote obligatoire - auquel je ne m'oppose moi même pas - la comptabilisation et des votes blancs et de l'abstention dans le suffrage, tout en autorisant une élection qu'une fois une majorité établie exprimée en faveur d'un candidat pourrait paraître comme un bon intermédiaire.

Le principe du vote obligatoire qui repose sur une sanction (Luxembourg, Belgique, Suisse...) souvent financière, ne ferait que pénaliser d'avantage une population qui a souvent déjà du mal à survenir à ses besoins - sans parler des désirs. Au Luxembourg par exemple, l'amende peut aller jusqu’à 1000 € en cas de récidive, soit près d'une fois le SMIC et plus de deux fois le RSA.
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  Citer Rogue Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Dec 2011 à 17:39
Message posté par Schwartz

je pense toutefois que le terme de prolétaire est connoté politiquement et temporellement dès lors qu'il renvoie à une forme très particulière du salariat du XIXème. Sans doutes, devons nous aujourd'hui y préférer le terme plus contemporain de travailleur.

C'est pas faux... Je remarque souvent quand je débats avec des non-communistes que le terme "bourgeoisie" (que j'évite moi-aussi) fait peur parce que la plupart des gens en Europe se considèrent comme en faisant partie. C'est peut-être objectivement le cas... Pourtant si la "petite bourgeoise" (médecin, professeurs, etc), au XIXème siècle, était une classe privilégiée, on remarque aujourd'hui qu'elle aussi se prolétarise de plus en plus : suppression des fonctionnaires, généralisation des emplois temporaires, et pour ceux qui travaillent encore : surcharge, que ce soit dans les écoles, les hôpitaux, la culture, etc.

Maintenant, je ne sais pas si ce sont les évènements récents avec la crise, mais il me semble que la conscience de classe s'éveille tout de même... Un argument de classe qui passe assez bien, même chez les non-communistes : après avoir éliminé la classe paysanne, on termine d'éliminer les restes de la classe ouvrière, et maintenant, c'est au tour de la petite bourgeoisie de passer à la casserole. Pas besoin d'être paysan ou ouvrier pour que les gens se reconnaissent forcément dans l'une de ces classes et se sentent solidaires. En plus, ça montre en une phrase que ce qui préoccupe les marxistes, c'est non pas "la bourgeoisie" en tant que telle, mais l'exploitation, y compris (et c'est là le paradoxe à mon avis), l'exploitation de (une partie de) la classe bourgeoise (au profit de la grande bourgeoisie, bien entendu).

Message posté par Schwartz

Le principe du vote obligatoire qui repose sur une sanction (Luxembourg, Belgique, Suisse...) souvent financière, ne ferait que pénaliser d'avantage une population qui a souvent déjà du mal à survenir à ses besoins - sans parler des désirs. Au Luxembourg par exemple, l'amende peut aller jusqu’à 1000 € en cas de récidive, soit près d'une fois le SMIC et plus de deux fois le RSA.

J'habite en Belgique, et franchement, je t'assure que le vote obligatoire n'est pas un problème. même pour les gens dans le besoin. Évidemment, ils vont voter pour éviter l'amende, et d'ailleurs, quasiment tout le monde le fait (il n'y a presque aucune abstention en Belgique). Mais bien sûr, l'État doit prendre ses responsabilités ; aussi le jour de vote est-il jour de congé (payé je crois, mais je suis pas sûr) pour tout le monde.

Comme DOXA, je suis plutôt favorable au vote obligatoire... On remarque un peu partout que plus il y a d'abstentions, moins de gens vont voter, plus ce sont les partis de droite qui sortent vainqueurs (en général).


Edité par Rogue - 19 Dec 2011 à 17:43
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  Citer Schwartz Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Dec 2011 à 18:25
Pour revenir sur le principe du vote obligatoire. Je me demande si favoriser le vote obligatoire ce ne serait pas aussi inviter à un vote non pas neutre, mais détaché, qui relève davantage de l'obligation que de la conviction pure, c'est à dire le vote du philodoxe, de l'homme d'opinion, qui se laisserait guider par les mass medias...

Je pense que c'est aussi cela la démocratie en tant qu'idéal : être libre d'aller ou de ne pas aller voter.



Edité par Schwartz - 19 Dec 2011 à 18:26
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  Citer Rogue Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Dec 2011 à 19:42
Message posté par Schwartz

Pour revenir sur le principe du vote obligatoire. Je me demande si favoriser le vote obligatoire ce ne serait pas aussi inviter à un vote non pas neutre, mais détaché, qui relève davantage de l'obligation que de la conviction pure

Ca, c'est une évidence ! Mais ne crois-tu pas que c'est déjà ce qui se passe (et heureusement, d'une certaine manière...) ? Tu sais, les communistes sont tout sauf d'accord pour dire la même chose (on peut presque dire qu'il y a autant de communismes que d'individus), alors si chacun ne votait que par pure conviction (ce que font les "gauchistes" comme on les appelle), aucun parti communiste ne pourrait exister ; jamais un front populaire ne serait possible.

Pour ma part, je prends le vote non pas comme l'expression de nos convictions (d'ailleurs, le régime de "démocratie" parlementaire ne peut servir que des intérêts bourgeois), mais tout simplement comme un moyen (certes limité, mais non négligeable) parmi d'autres, de faire avancer nos idées (en commençant, justement, par éveiller la conscience de classe). En effet, nous avons besoin d'une tribune, d'autant plus que les médias (que certains considèrent comme le deuxième pouvoir) nous boycottent puisqu'ils sont entièrement contrôlés par les réactionnaires.

Le Front de Gauche a, à mon avis, cerné le fin-fond de ce/notre problème (ils parlent d'ailleurs de la nécessité de mener une "révolution médiatique"). C'est une raison supplémentaire pour moi de voter pour eux (si je pouvais vu que je suis belge... Tongue).

EDIT : Non di-dju, il y en a des parenthèses dans ce post... Embarrassed


Edité par Rogue - 19 Dec 2011 à 19:50
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  Citer Schwartz Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Dec 2011 à 20:06
En associant le terme de gauchistes aux seules personnes votant par pure conviction, tu nie toute forme de conviction centriste ? Dès lors que l'on considère le gauchisme comme un vote d'extrême gauche, et que tu les associe aux seuls électeurs d'opinions (ce n'est pas tant l'inclusion logique, que le principe de non-contradiction que je conteste ici), alors il ne peut y a voir de conviction modérée ! Ce qui aux vues du pseudo-appel divin de F.Bayrou, me paraît peu probable...

Bien sûr, le problème de la démocratie, c'est que la pluralité absolue des opinions - dans le sens où, je ne peux avoir la même opinion politique que mon voisin, dans l'exacte mesure où je n'ai ni le même passé, ni les même ambitions - empêche le pouvoir de chacun individuellement. La démocratie, en étant le pouvoir de tous, devient le pouvoir de personne. C'est pourquoi il existe et a existé au long de l'histoire de la politique française des fronts - on pense évidemment au Front Populaire de Blum, Thorez et Daladier. Leur but est de rassembler les grandes tendances politiques et de permettre de s'affirmer en démocratie. Le Front de Gauche en est certes l'exemple, mais on peut retrouver un schéma identique au sein d'un même pays : l'UMP de NKM n'est pas l'UMP de Guéant.

Donc je pense qu'il existe un vote de conviction, mais qui fait des concessions - même de façon inconsciente !
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  Citer Rogue Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Dec 2011 à 23:08
Message posté par Schwartz

En associant le terme de gauchistes aux seules personnes votant par pure conviction

En fait, je me suis mal exprimé. Le "gauchiste" est un terme un peu vague (que j'aurais mieux fait de ne pas employer ; je vais me faire engueuler par certains, et à raison LOL), mais en gros, il sert à désigner les sectaires qui considèrent que leur vision du communisme est la seule valable et que les autres communistes qui ne pensent pas comme lui sont, au mieux, des traitres socio-démocrates, au pire des traitres fascistes. Ce sont des gens avec qui il est très difficile de faire un front commun puisque cela implique de devoir faire des sacrifices au niveau de ses idées pour s'allier avec d'autres (qui, d'ailleurs, en font autant)... Donc, souvent, le simple fait de voter pour un parti communiste ulcère le "gauchiste", d'autant plus qu'il considère que ça impliquerait pour lui de reconnaitre la légitimité de la pseudo-"démocratie" parlementaire (et donc, du système bourgeois). Tu as des gauchistes dans toutes les tendances communistes, mais le plus souvent, il votent blanc (ou alors pour une faction communiste minoritaire, mais jamais il ne votera Bayrou par contre Tongue).

Je m'en veux un peu d'avoir abordé ce sujet-là maintenant, mais tu te rendras compte par toi-même des différentes opinions sur les différents sujets, et du fait que le communisme, c'est bien la diversité des idées (au contraire de ce qu'on veut faire croire habituellement Wink).


Edité par Rogue - 19 Dec 2011 à 23:29
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  Citer Schwartz Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Dec 2011 à 10:21
Je vois.

Une chose, pourquoi t'en vouloir d'avoir abordé ce sujet là maintenant ?
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  Citer Rogue Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Dec 2011 à 17:34
Message posté par Schwartz

Une chose, pourquoi t'en vouloir d'avoir abordé ce sujet là maintenant ?

Parce que ça pète plus de présenter la Grande Famille Communiste Fraternelle et Unie pour l'éternité. LOL

Bah, non, ce ne serait que du "façadisme" petit-bourgeois, donc finalement, je ne regrette rien du tout.

Bon, je vais m'arrêter là, parce que je dégénère en flood pour le moment...

Sur ce, bonne visite et bons débats. Smile
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  Citer Dominique Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Jul 2012 à 14:10
Fukushitruc (je sais plus son nom) a fait remarquer que notre époque est caractérisée par la fin des idéologies et le succès du capitalisme. Ou je ne suis pas du tout d'accord avec lui, c'est que je ne considère pas le succès du capitalisme et de son idéologie de compétition (opposée à l'idée de solidarité) comme synonyme de la fin des idéologies mais comme synonyme de la fin des utopies avec la victoire d'une idéologie totalitaire et marchande.

Je le constate tous les jours autour de moi: la majorité des gens écartent toute idée de changement, soit parce qu'ils ne croient pas qu'il soit possible d'imposer un tel changement, soit parce qu'ils sont totalement incapable d'imaginer une forme alternative de société. Dans les deux cas, les exploiteurs ont gagnés. Warren Bugget l'a très bien dit dans les colonnes du New York Times en 20066:

"La guerre des classes existe, c'est un fait, mais c'est la mienne, celle des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."

Dans la pratique, ils ont gagné la lutte des classes en imposant l'idéologie du capitalisme comme source unique et totalitaire de pensée. Toute pensée alternative est irrémédiablement mise à l'index des médias ou tournée en ridicule par les même médias.

 De plus, les riches savent très bien que le temps des révolutions armées est terminé. La supériorité technologique des élites d'aujourd'hui est telle qu'elles ne craignent plus une révolution armée. Tout au plus, la possibilité d'une révolution par les urnes les effraient un peu quand ils voient des gens comme Chavez ou Morales parvenir au pouvoir, mais pas plus que ça car ce sont eux qui contrôlent l'écrasante majorité des médias. Et comme le dît Hitler (à moins que ce ne fut Goebbels): "Celui qui contrôle les médias contrôle les masses."

La question aujourd'hui est donc que faire contre un société dont la base repose sur une idéologie totalitaire sur un individualisme forcené garanti par la compétition de tous contre tous.

Dans ce contexte, je crois beaucoup plus à toute initiative qui permette de vivre en marge du système qu'à la moindre chance de succès en l'affrontant de face. Par exemple, former des communautés qui par l0échange gratuit de biens et de services permettent à leurs membres de vivre. La gratuité face à la marchandisation.

Il est aussi indispensable d'appuyer toutes les luttes pour préserver l'indépendance d'internet. C'est le seul média dont le contrôle échappe aux exploiteurs, et il est donc important qu'il reste indépendant. Néanmoins, ce n'est rien de plus qu'un média, ce n'est pas là que les luttes se mènent, c'est tout au plus en excellent moyen des propager les utopies. Les utopies d'aujourd'hui sont la réalité de demain, et je ne souhaite pas que le monde de demain soit une société encore plus totalitaire que l'est la nôtre.
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  Citer 8-Bit Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Aug 2012 à 22:07

Peut etre que la conscience de classe ne cesse de reculer parce que les grandes organisations ouvrieres lachent du lest et font des concessions idéologiques. Regardez le PCF. Il n'a plus rien de marxiste, son objectif est de relancer la machine économique mais avec une meilleure répartition des fruits du travail. La CGT a part demander des sous, elle s'inscrit dans une vision a long terme ? NON. Depuis l'URSS, elle a déclaré qu'elle se cantonnerait a une lutte purement économique. La CGT va eteindre inlassablement les petits feux allumés par le Capital.

Ensuite je pense que la conscience de classe recule parce que le syndicalisme recule. Je n'ai pas lu de livre sur "La crise du syndicalisme" etc... mais pour moi une des raisons de ce recul est que l'organisation du travail évolue (augmentation de l'interim, compartimentation etc...)constamment au fil du temps de facon a isoler toujours plus les travailleurs, et ce depuis que le capitalisme existe. 

Evidemment les médias jouent un role prépondérant dans l'aliénation des travailleurs. Mais tout cela n'est pas inéluctable. On est toujours dans une société dont la dynamique économique engendre un enrichissment d'une minorité sur le dos de la majorité. Autrement dit dans une société capitaliste.

Pourquoi ne pas retourner aux sources. Ne nous compliquons pas la tache en voulant améliorer notre existence en nous debattant lamentablement dans l'etroit cadre du parlementarisme  bourgeois. 

Les travailleurs constituent la force motrice de la société. Qui est le mieux placé pour mettre fin a l'exploitation des travailleurs si ce n'est les travailleurs eux memes ??? Le reformisme a gangréné la gauche et a fait montre de son incapacité maintes et maintes fois.

C'est pourquoi je rejoins totalement La Riposte quand ils veulent renouer avec le Marxisme.



Edité par 8-Bit - 28 Aug 2012 à 22:10
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  Citer Rep. Dem Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Aug 2012 à 21:00
Message posté par 8-Bit

Peut etre que la conscience de classe ne cesse de reculer parce que les grandes organisations ouvrieres lachent du lest et font des concessions idéologiques.
Entièrement d'accord avec ça, c'est même à mon avis le point central !

Message posté par 8-Bit

Regardez le PCF. Il n'a plus rien de marxiste, son objectif est de relancer la machine économique mais avec une meilleure répartition des fruits du travail. 
Ca va même plus loin que ça dans le révisionnisme, si on retrace depuis quelques décennies les abandons idéologiques du PCF ça fait franchement peur : abandon de la dictature du prolétariat (1976), du marxisme-léninisme (1979), du centralisme démocratique (1994) et j'en oublie probablement d'autres un bon paquet d'autres !

Et l'alliance avec le front de gauche ne créera pas les conditions pour une amélioration de la conscience de classe du prolétariat de par le vide idéologique de toutes les organisations du "front" de gauche.

Il suffit de voir son programme qui n'est rien d'autres que du social-démocratisme tout ce qu'il y a de plus réformiste... Et le réformisme est l'appendice de la bourgeoisie !!!

A ce propos, il y a un article excellent dans le numéro 7  de "La voix des Communistes", le journal du ROCML. Je le recommande à tout les camarades qui auront l'occasion de le lire !! 


Message posté par 8-Bit

Les travailleurs constituent la force motrice de la société. Qui est le mieux placé pour mettre fin a l'exploitation des travailleurs si ce n'est les travailleurs eux memes ??? Le reformisme a gangréné la gauche et a fait montre de son incapacité maintes et maintes fois.

C'est pourquoi je rejoins totalement La Riposte quand ils veulent renouer avec le Marxisme.

Entièrement d'accord sur la première partie !!! Par contre, j'ai plus que des doutes sur la capacité de la Riposte à renouer avec le marxisme sachant qu'ils sont trotskiste (et donc entièrement opposés idéologiquement au marxisme) !!!!

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  Citer 8-Bit Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Aug 2012 à 18:34

Personnellement, Rep. Dem au vue de mes lectures sur le sujet, je me déclare, marxiste (inutile de préciser révolutionnaire) radicalement opposé au stalinisme. Et ca fait longtemps que j'ai noté dans un coin de mon cerveau le livre "Trotsky cet antiléniniste". Bien que je ne sois pas trotskyste ce qui me choque dans ta dernière affirmation, c'est le soi disant anti marxisme de Trotsky. Mais d'un autre coté ca ne m'étonne qu'a moitié venant d'un ML.

A vous écouter, Kamenev, Zinoviev, Ienoukidze, Boukharine, Tomski, Rykov, Preobrajenski, Sapronov, Chliapnikov, Kollontai autrement dit tout ceux qui avaient foi dans le pouvoir du Soviet  étaient antimarxistes. C'est vraiment dommage de la part de Staline.


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  Citer Gorri Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Aug 2012 à 12:39
Message posté par 8-Bit

Bien que je ne sois pas trotskyste ce qui me choque dans ta dernière affirmation, c'est le soi disant anti marxisme de Trotsky.


Concernant Lev Davidovitch lui-même je ne sais pas trop quelle étaient ses convictions profondes; et je dirai ma foi que ça n'a pas (plus) trop d'importance, ça fera bientôt un siècle qu'il est mort.
Par contre, et bien qu'au départ j'avais un à priori favorable à leur égard, j'ai pu constater, par ma propre expérience, que ceux se réclamant du "trotskisme" ont, de façon quasi automatique, un comportement contre-révolutionnaire à chaque fois qu'une position concrète doit être prise.

Je ne crois pas qu'ils le fassent par machiavélisme, ni que ce soient des "traîtres"; mais tout simplement ils ont une psychologie qui les rends incapables d'analyser correctement la situation, et encore plus incapables d'en tirer des conclusions et des conséquences; devant ce vide, ils se réfugient dans le dogmatisme et dans l'affect, ce qui les conduit à être quasi toujours à côté de la plaque.
Et je crois que cet "à-côté-de-la-plaquisme" est renforcé, si pas crée ou induit, par le fait que le système (certains diraient le Système) capitaliste à notre moment historique souffre des mêmes maux: si vous remarquez bien, de Hollande à Obama en passant par Sarkozy et consorts, ils sont eux-aussi incapables de raison, et fonctionnent d'une façon psychologiquement tordue.
Je suis certain qu'ils croient ce qu'ils disent; leur structure de pensée est altérée, dégradée.
Cette altération psychologique est en fait un mécanisme de défense du cerveau humain, pour ne pas sombrer dans la folie pure, le cerveau crée une réalité virtuelle, dans laquelle leurs agissements sont cohérents, "font sens" comme disent les psys.

A vous écouter, Kamenev, Zinoviev, Ienoukidze, Boukharine, Tomski, Rykov, Preobrajenski, Sapronov, Chliapnikov, Kollontai autrement dit tout ceux qui avaient foi dans le pouvoir du Soviet  étaient antimarxistes. C'est vraiment dommage de la part de Staline.


Je ne sais pas pour tous ceux-là; je ne suis pas un grand spécialiste de l'histoire de l'URSS des années 1920-30.
Ceci dit, si certains d'entre-eux ont été jugés lors des "procès de Moscou", j'ai lu un article intéressant il y a quelque temps, de quelqu'un n'étant absolument pas "staliniste" (ni même socialiste; par contre non conformiste, ça oui); article basé entre autres sur les correspondances des ambassades à Moscou des États-Unis et de la Finlande (pays pas vraiment philo-communistes), et les mémoires de l'ambassadeur US à l'époque.
La conclusion, et ce que dit l'ambassadeur en question, est que ces procès n'étaient pas truqués; que les services secrets allemands étaient très actifs partout en Europe dans la création de 5e colonnes, qui eurent leur rôle lors des invasions. Et que l'URSS fut le seul pays qui n'eût pas à pâtir de 5e colonnes, l'article conclue que c'est grâce aux fameux procès, qui ont permis l'anéantissement des 5e colonnes.
El mall, la falç, i la flama que abrusa
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Oct 2012 à 16:44

Où en est la conscience de classe ?

Rappel des faits

Disparue, la conscience de classe ? Ce débat s’est tenu dans le stand de la fédération du Parti communiste des Hauts-de-Seine lors de la dernière Fête de l’Humanité. Les trois interlocuteurs étaient invités à s’exprimer et à confronter leurs idées sur ce thème devant un public attentif.

Pour les tenants du libéralisme, la classe ouvrière serait depuis belle lurette au paradis. Entendez qu’elle aurait bel et bien disparu, diluée sociologiquement, évanouie philosophiquement, évaporée des consciences comme des usines. Point de vue combattu lors du débat sur la Fête. Pourtant, la conscience de classe est mal en point : démobilisation populaire lors des scrutins, vote de classe quasi inexistant, clivages perpendiculaires à celui de classe, destruction des grandes concentrations ouvrières... Les remèdes existent. Urgence partagée : redonner un sens au mot « gauche » et redonner à la classe travailleuse une représentation politique dans laquelle elle se reconnaisse.

Olivier Mayer

Source


Les classes populaires sont dos au mur

 

L’approche que Marx propose des classes n’est pas un économisme, pas plus qu’un prophétisme, ce sont des pensées dans leurs tensions, dans leurs luttes, et toujours dans des processus de construction et éventuellement de déconstruction.

Alors qu’on disait la conscience de classe disparue justement parce qu’on pensait les classes populaires, la classe ouvrière, disparues, on s’aperçoit dans des enquêtes sociologiques que ce n’est absolument pas le cas. Il y a une présence forte du refus du capitalisme, du libéralisme. Mais il est frappant de noter que ces marqueurs de classe ne recoupent pas la distinction droite-gauche. Ce n’est pas parce qu’on refuse le capitalisme qu’on déclare faire confiance à la gauche. C’est donc un problème politique : comment faire pour que ceux qui persistent ou qui se reconstruisent une conscience de classe se retrouvent dans un clivage politique qui fasse écho à cette conscience ?

Pour Marx, la conscience de classe varie en fonction du degré d’organisation de la classe ouvrière. On est donc bien dans le clivage classe en soi/classe pour soi, non pas classe théorique et classe pratique, mais classe organisée et classe non organisée. La crise croissante n’est pas forcément conscience de classe croissante, ça peut même être exactement l’inverse. L’enjeu d’aujourd’hui est de faire que les formes d’organisation de la classe ouvrière puissent faire face à cette crise.

Marx montre que la conscience de classe est menacée en permanence par des formes de concurrence ouvrière. On peut penser aujourd’hui aux techniques de management, d’individualisation, par le stress, par la peur. Ces techniques modifient les rapports sociaux mais aussi les consciences. On peut aussi analyser l’utilisation du racisme de cette manière.

Face à la classe offensive qu’est la bourgeoisie, les classes populaires sont dos au mur. Les dernières luttes qui ont été menées ont à la fois été massives et défaites. Et cela fait longtemps que la classe ouvrière est incapable de l’emporter. C’est un élément décisif dans la crise de la conscience de classe.

Les enquêtes de sociologie électorale montrent à quel point il y a une démobilisation populaire vis-à-vis des élections. On peut parler d’un phénomène d’autoexclusion des classes populaires par rapport à la vie politique. Les sociologues insistent en contrepartie sur la montée d’un vote identitaire sur la base de critères ethniques plus que politiques.

Il faut prendre en compte l’affaiblissement d’un alliage politique et associatif qui existait dans les cités populaires, notamment avec le déclin du Parti communiste, mais aussi la difficulté des partis de gauche à prendre en compte ce que sont les classes populaires aujourd’hui, notamment dans la dimension immigrée qui fait qu’il faut repenser autrement la classe ouvrière.

Des enquêtes montrent que le racisme et la xénophobie ainsi que l’autoritarisme sont caractéristiques du vote de droite et d’extrême droite, qu’il soit vote populaire ou non. L’électorat du Front national est assez divisé sur l’adhésion au libéralisme, mais il est globalement raciste et partisan de l’ordre. Un des enjeux de la reconstruction d’une conscience de classe est de s’attaquer à cette formation d’un certain type de conscience politique qui se construit à partir de ces critères-là.

Si on pense les classes sociales comme Marx, c’est-à-dire pas seulement en fonction de leur place dans la production, il y a des formes d’alliances possibles entre des groupes sociaux différents qui subissent les politiques d’austérité. Et la conscience de classe peut être la construction d’une conscience collective du type Front de gauche. Pour reconstruire quelque chose qui ne soit pas une vieille conscience de classe, telle qu’on l’imagine et qui n’a jamais existé, mais qui soit une conscience pour une alternative politique, une alternative au capitalisme. L’enjeu est de cette taille-là. Il faut redonner pour cela un sens au mot de gauche en reprenant le vocabulaire de classe et en repensant la question du travail et de l’exploitation.

(*) Dernier ouvrage paru de cette auteure : Marx et l’invention historique. 
Éditions Syllepse, 2012, 192 pages, 10 euros.

Par Isabelle Garo, philosophe (*).

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«C’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner»

Par Gérard Maugé, sociologue, directeur de recherche au CNRS (*).

Il y a un phénomène nouveau, les classes dominantes sont sorties de l’ombre. Bernard Arnault vient par exemple de se signaler au public, faisant apparaître la visibilité de son univers, extravagant pour le commun des mortels. À l’inverse, nous assistons à une espèce d’éclipse de la classe ouvrière, dans l’univers de la représentation politique avec le déclin du PCF, et sur la scène culturelle : le personnage qui a longtemps incarné la classe ouvrière, le métallo, a été remplacé par le « beauf », dans une espèce de racisme de classe insupportable.

Disparues aussi les représentations théoriques avec le déclin de la référence marxiste dans le champ intellectuel. Pour autant, cela ne signifie pas la disparition des ouvriers de la scène française. Les ouvriers représentent 20 % de la population active. Et si on y ajoute les employés, c’est plus de 50 % de la population active. Ce qui signifie que la moitié de la population active est devenue invisible. Une partie de l’explication se trouve dans cette espèce de fanfaronnade de Warren Buffett, pendant un temps l’homme le plus riche du monde. Il disait sur CNN en 2005 : « Il y a une guerre des classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner. » Si les classes populaires sont devenues invisibles, c’est qu’elles ont été défaites.

Il y a une distinction entre la classe théorique et la classe réelle, entre la condition de classe et la conscience de classe. La classe en soi et la classe pour soi. La classe en soi se définit, dans la perspective marxiste, par sa place dans le processus de production. Dans la perspective de Bourdieu que j’adopte et qui s’inscrit un peu en rupture avec certains économistes marxistes, c’est la position occupée dans la distribution du capital économique mais aussi du capital culturel. Quant à la classe pour soi, c’est un groupe qui est capable de se reconnaître dans une identité collective, capable de se mobiliser pour la défense d’intérêts partagés et, dans la prophétie marxiste, pour faire advenir une société sans classe.

Dans la perspective de Bourdieu, les expériences que chacun fait dans sa vie sont de l’intériorisation par chacun d’un « habitus de classe ». C’est-à-dire des affections (j’aime ou pas…), des anticipations (ça, c’est pour moi, ça non). C’est un rapport au monde qui s’exprime dans une manière de parler ou d’être, dans une affinité de goûts, dans une forme de sociabilité. Cet habitus de classe est plus proche d’un inconscient de classe que d’une conscience de classe.

La vision marxiste de l’espace social divisé en classes antagonistes s’est défaite dans la société française contemporaine. Cela s’est fait sous le coup de la thèse de la « moyennisation » de la société française, de la défidélisation (il n’y a plus de classe, il n’y a que des individus) et enfin de l’importance qu’ont pris les clivages perpendiculaires aux clivages de classe : les clivages de genre, les clivages d’âge ou les clivages de race.

Et qu’en est-il du vote de classe ? 15 % des ouvriers disent avoir confiance dans la gauche, 7 % dans la droite et 78 % ni dans la gauche ni dans la droite. Ce résultat semble invalider totalement l’hypothèse d’un vote de classe. On peut y voir surtout les effets des multiples transformations du champ politique qui conduisent ceux qui en sont le plus éloignés à le considérer comme indiscernable.

Alors que faire ? On peut tirer de cette ébauche d’analyse quelques enseignements pour les luttes politiques, scientifiques ou médiatiques à mener. Il faudrait premièrement restituer au critère de classe la place centrale qui est la sienne dans une représentation scientifique du monde social sans méconnaître d’autres clivages. Deuxièmement, il faudrait revendiquer une vision réaliste des classes populaires dans la société, sans tomber dans le misérabilisme ou le populisme, mais avec le souci de reconquérir une visibilité qui corresponde à un groupe numériquement majoritaire et de réhabiliter un groupe économiquement et politiquement disqualifié. Enfin, il faut reconstruire une représentation politique, c’est-à-dire une expression et une organisation dans laquelle les classes populaires puissent enfin se reconnaître.

 

(*) Dernier ouvrage paru de l’auteur, avec Frédéric Lebaron, Lecture de Bourdieu, éditions Ellipses, 2012, 
400 pages, 27,40 euros.

Gérard Maugé

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Permettre au monde du travail de reprendre conscience de sa force

Par christian picquet, fondateur de la gauche unitaire, Front de gauche (*)

Ce débat sur la conscience de classe nous amène à une question stratégique : quel est l’acteur du changement social ? La question nous est particulièrement posée avec une gauche au pouvoir.

Si le suffrage universel permet de faire des citoyens souverains par leur vote, il ne suffit pas en lui-même à dépasser le mode de production dominant et à abattre le pouvoir de la classe dominante. Et donc à faire une nouvelle révolution. Il faut renouer avec l’intuition de Jaurès qui, en posant la question de la République sociale, disait qu’il fallait que, dans la production, sur le terrain économique, les exploités deviennent aussi souverains à l’entreprise que les citoyens le sont en théorie dans l’ordre politique. Ce que nous appelons au Front de gauche la révolution citoyenne doit être un processus qui articule la démocratie politique, le suffrage universel, avec l’entrée en lice d’un acteur social qui posera les conditions d’une défaite de la classe dominante.

La situation d’aujourd’hui est celle d’un immense paradoxe. De par le développement du capitalisme, le camp de celles et ceux qui ont intérêt à son dépassement n’a jamais été aussi large. Si on ajoute aux 50 % d’ouvriers et d’employés les professions de services, les enseignants, les professions de santé, etc., cela fait 80 % qui représentent une espèce de classe en pointillé, qui n’a pas conscience qu’elle est une classe, mais qui occupe dans la société le statut d’une classe travailleuse. Et jamais dans la société française n’a autant existé l’idée que le capitalisme n’est pas un ordre de progrès mais un système porteur de barbarie. Mais, dans le même temps, la conscience qu’a la classe travailleuse d’elle-même, de sa force, de son rôle historique, n’a jamais été aussi faible. Même quand elle s’exprime par millions dans les mouvements sociaux de ces dernières années.

Cette contradiction est due à plusieurs facteurs. Premièrement, le mode d’accumulation du capital, le capitalisme financiarisé, s’est instauré sur la destruction de ce qui avait fait la force du mouvement ouvrier dans le passé. À commencer par la destruction des grandes concentrations ouvrières qui, en 1936 et en 1968, ont provoqué la peur des forces du capital. Le deuxième facteur, c’est que tous les projets de la gauche du XXe siècle ont été battus. Nous héritons de la défaite du communisme politique et de la social-démocratie. Le troisième facteur, c’est qu’au plan international une large partie de la gauche politique et syndicale a théorisé sur le fait que le capitalisme avait gagné la partie et qu’il fallait s’en accommoder, accompagner et même, une fois au pouvoir, devancer les exigences du capitalisme, de la rentabilité financière, en promouvant des processus de libéralisation, de déréglementation…

Du coup, ce qui reste de la conscience de classe, c’est que les salariés sont pris dans une concurrence les uns avec les autres, et le sentiment diffus et anxiogène d’être une classe perdante, niée dans son existence et sa dignité. Cela alimente les tendances à la résignation et au repli.

Alors, trois pistes pour sortir de ça.

D’abord, il faut permettre au monde du travail de reprendre conscience de sa force, qu’il est porteur d’alternative et que le système aujourd’hui dominant peut être défait. La victoire de la gauche est le fruit du vote de classe des salariés et doit être suivie d’effet pour bousculer le mur de l’argent.

Ensuite, il faut des objectifs qui ne relèvent pas seulement d’une volonté défensive ou catégorielle mais d’objectifs qui unifient la classe travailleuse et la rendent porteuse d’exigences qui relèvent de l’intérêt général. Comme, par exemple, ce qu’avance la CGT pour la sécurité sociale professionnelle.

Enfin, il faut donner à la classe travailleuse une représentation politique, une perspective qui donne sens à ses combats. À travers la capacité à dégager un programme d’urgence qui relève de l’intérêt général et la capacité à le mettre en perspective avec un projet de société alternative. C’est l’ambition du Front de gauche, non un parti politique classique, mais une force politique pérenne. Marx définissait la tâche du parti politique, au sens très large du terme, comme devant « donner au monde la conscience de lui-même ».

 

(*) Dernier ouvrage paru de l’auteur : François, Jean-Marc, Martine… qu’allons-nous faire de notre victoire ? Éditions Arcane 17, 2012, 48 pages, 6 euros.

christian picquet

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Patria socialismo o muerte

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  Citer soyouz Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Feb 2014 à 12:49
Je déterre ce sujet intéressant. Non les classes sociales ne sont pas mortes, mais ce qui est intéressant de constater c'est que les moyens de communications (qui sont des biais de propagande), via la publicité, la télévision et même internet sont envahis par l'univers bourgeois, de la finance, de l'argent, etc...


C'est un matracage permanent d'idées, avec un contenu qui se dit apolitique, mais qui en vérité véhicule des idées et des comportements à suivre : consumérisme, culte de l'argent, etc... Et cela s'est accentué avec le déclin des structures communistes dans les années 90, ce qui explique aussi la baisse de la conscience de classe.

Il faut aussi comprendre l'évolution de la société française : le secteur secondaire s'est fait délocalisé, le secteur tertiaire constitué d'une bonne part de métiers inutiles (publicité, communication, marketing, commerce, management, etc...) s'est décuplé en même temps, en s'appuyant sur la classe moyenne supérieure et la bourgeoisie.

De ce fait, les vielles représentations sont complètement erronées : aujourd'hui de nombreux salariés, objectivement du côté des prolétaires (car salariés) sont symboliquement et politiquement du côté du capital. Les patrons eux-mêmes ne sont plus que des gestionnaires, salariés "supérieurs" et non des propriétaires, accentuant le mal-entendu.

Du côté des classes moyennes et populaires (qui sont quand-même assez majoritaires), la situation s'est lentement dégradée, et pas seulement en France : il y a de plus en plus une prise de conscience de l'impasse du système actuel, et une conscience politique réelle. On peut y mettre dedans les chercheurs, les enseignants, aussi pas mal de travailleurs du tertiaire, ou dans les petits commerces. Certains petits journalistes ou politiciens en sont souvent issus. C'est une classe sociale plutôt républicaine, au vieux sens du terme, c'est à dire qu'elle hérite de la culture française égalitaire et fondée autour de l'état. Elle contient aussi des libéraux modérés, des artisans, des agriculteurs, etc...

Enfin du côté des couches populaires issues de l'immigration d'il y a 20 ou 30 ans, il y a une aspiration à l'élévation sociale, male interprétée par les dirigeants de gauche qui y voyaient là un signe d'espoir ou de révolte. Bien au contraire, par élévation, il faut comprendre accession au mode de vie bourgeois, et donc au consumérisme, qu'importe le prix à payer (trafics en tout genre,...). Une bonne partie tente aussi de s'insérer par les études dans la classe bourgeoise du tertiaire (écoles de commerce, de marketing, de métiers du luxe,...). Cette classe est donc essentiellement de droite, bien que matériellement du côté des classes populaires. Elle prend sans cesse la défense du libéralisme et des politiques de droite, bien que paradoxalement elle dépende des aides versées par l'état. Il faut aussi noter qu'elle est le support de l'économie actuelle, dans la mesure où la consommation des classes moyennes est plus faible qu'avant. Donc en gros l'argent des aides sociales leur est versé pour qu'ils puissent s'acheter le dernier iphone, des vêtements de marques, se pavaner avec leur chaînes dorées sur les champs élysées, etc... Ce qui est certes un moyen d'acheter la paix sociale à court terme, mais à long terme est une bombe à retardement.

Pour ce qui est de la classe dominante, elle a l'avantage pour elle de se réserver une partie de l'éducation en direction des postes clés de l'économie et a instauré une classe de cadres qu'elle entretient, comme une vitrine de son mode de vie. Ce sont des gens très laids moralement parlant, qui méprisent le peuple et se vante souvent de quitter la France, ce pays de bolcho-communistes primaires parce qu'ils seraient soit disant trop taxés (ce qui est factuellement exactement l'inverse de la réalité), et dont la mentalité ne leur convient pas. Ainsi, nombre d'entre eux se vantent de leurs ambitions à l'internationale : partir en angleterre, aux usa, en australie (on va pas les retenir, s'ils veulent partir ). Et ceux-là, de se vanter de leur métier - inutile - dans des domaines parasitaires comme la pub ou le commerce. La jeunesse de cette classe sociale est d'autaut plus laide qu'elle se prend à ses propres excès : drogue, alcool, fêtes ridicules, à l'image de toutes leurs valeurs malsaines.

Je passerai sur les conflits ethnico-religieux, qui de toute façon ne concernent que des minorités d'excités de part et d'autre. En conclusion, la seule vraie conscience de classe peut venir des classes moyennes désabusées par le système et des classes populaires encore existantes qui ne sont pas tombées dans le modèles des sous-prolétaires vénaux et tout aussi laids que leurs modèles bourgeois. La société n'est pas entièrement favorable à nous, mais il faut savoir que notre force peut aussi venir du fait que les sympatisants communistes sont largement éduqués et conscients, contrairement à leurs adversaires. Il y a un espoir de changement, mais il faudra agir dans les années qui viennent et ne pas se laisser décourager par l'apparente acceptation générale du système acutel. Il faut mettre en place une vraie alternative, et mettre au pas la racaille de droite qui agit impunément : il faut arrêter de croire que les racailles, les voleurs et les casseurs sont de notre bord et donc arrêter de leur trouver des excuses...

Edité par soyouz - 07 Feb 2014 à 13:09
Dans une société fondée sur le pouvoir de l'argent, tandis que quelques poignées de riches ne savent être que des parasites, il ne peut y avoir de "liberté", réelle et véritable - Lénine
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  Citer soyouz Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Feb 2014 à 12:53
Et j'ajouterai aussi que les sondages sont pour la plupart fumeux et on leur fait dire ce qu'on veut hein. Globalement, certains leaders du front de gauche par exemple estiment à 20% ou 25% de potentiel électoral. Mais il faut aussi tenir compte du fait que beaucoup de gens s'alignent sur une idée que quand elle est partagée par suffisement de monde, donc ça peut monter.

Edité par soyouz - 07 Feb 2014 à 12:57
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  Citer Rep. Dem Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Feb 2014 à 04:18
Ca encore, personnellement j'en ai rien à foutre, 10 ou 25% ou même 30%, c'est pas ça qui changera la condition de vie des ouvriers ! C'est clairement pas le front de gauche qui aide à la prise de conscience classe, bien au contraire ! Il enfume le prolétariat sur des espérances électorales, en cela il sert très bien les intérêts de la bourgeoisie en les empéchants de prendre conscience de leur situation et en les illusionnant sur les perspectives d'actions qui sont les leurs !
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  Citer soyouz Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Mar 2014 à 18:59
Pour en revenir au sujet, qui est la conscience de classe, je pense qu'elle n'a pas totalement disparu, mais que les comportements et les aspirations ont changé : les trahisons des gouvernments de gauche sociaux democrates a lentement détruit tout espoir de changement dans les classes populaires. De plus la "nouvelle génération" issue du mélange entre certaines parties de la classe moyenne et les enfants d'immigrés, aspire à atteindre le mode de vie bourgeois (grosse voitures, bling bling, etc...), donc il y a une conscience de classe, mais au sens où ceux qui auraient du logiquement être la nouvelle génération de prolétaires est entièrement convertie au culte de l'argent, grâce à des années d'éducation par la télé. La suite logique à cela est la fuite vers la culture du sous-prolétariat qui semble toucher au monde l'argent (trafics de drogue, etc...) même s'il en reste éloigné en réalité.

A cela s'ajoute le repli communautaire de toutes parts qui est un repli identitaire et une perte totale des valeurs du prolétariat en lutte (qui n'a pas disparu pourtant). Bref, la conscience religieuse et communautaire occulte en grande partie les conflits sociaux et cette grille de lecture du monde sur laquelle on est forcé en permanence de s'aligner pose un problème majeur à la prise de conscience.

Edité par soyouz - 04 Mar 2014 à 19:02
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