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Economie belge

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    Envoyé : 12 Jan 2012 à 20:16

La Commission européenne vient de recaler le budget belge. « Nous n’avons pas besoin des diktats de la Commission. La population belge est assez grande pour rejeter elle-même le budget du gouvernement », estime Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB.

source : Lyon Communiste/Service de presse du PTB

La Commission européenne vient de recaler le budget belge. « Nous n’avons pas besoin des diktats de la Commission. La population belge est assez grande pour rejeter elle-même le budget du gouvernement », estime Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB

« Le budget 2012, accompagné de réformes antisociales, que le gouvernement veut soumettre au vote au cours du mois de janvier, peut être rejeté. Mais il y a deux manières de le faire », avance Raoul Hedebouw.

« Celle de la Commission européenne (accompagnée par la N-VA) qui estime que le budget et les réformes ne vont pas assez loin dans l’austérité. Aujourd’hui, la Commission exige un nouvel effort de 1,2 à 2 milliards d’euros d’ici lundi matin. Et à la mi-janvier, la Commission fera le jugement de l’application de ses six recommandations (évaluation du semestre européen) et exigera plus que probablement que le gouvernement s’attaque aussi à l’index. »

« Celle de la population qui n’approuve pas que le gouvernement attaque les prépensions, les pensions, les crédits-temps, diminue le pouvoir d’achat. Et qui l’a fait savoir le 22 décembre (avec la grève générale des services publics), qui le fera savoir par des actions au cours de ce mois et par une grève générale le 30 janvier.

Car ce budget touche de plein fouet le citoyen alors que les millionnaires restent hors d’atteinte et les grandes entreprises ne participent qu’à 8 % de l’effort. Or, il y a une alternative à ce budget antisocial : aller chercher l’argent là où il se trouve. Par une taxe des millionnaires (8 milliards d’euros), la suppression des intérêts notionnels (4 milliards), la taxe bancaire, la lutte effective contre la fraude fiscale par la levée du secret bancaire. »

« Nous dénonçons l’emprise croissante de la Commission européenne sur les politiques nationales mais aussi l’hypocrisie de notre gouvernement. Les trois familles politiques au pouvoir en Belgique ont approuvé le fameux “six-pack” qui donne le droit à la Commission européenne d’appliquer des amendes pour les pays qui n’appliquent pas ses directives budgétaires. Ces familles politiques ont approuvé le système de semestre européen qui donne le pouvoir à la Commission européenne d’intervenir dans la politique sociale des pays nationaux, dénonce Raoul Hedebouw. Le gouvernement affirme aujourd’hui qu’il ne suivra pas directement la Commission européenne mais qu’il fera un contrôle budgétaire début février, avec de nouvelles économies déjà estimées par la Banque nationale à un ou deux milliards. Autrement dit, le gouvernement va réaliser les exigences de la Commission mais… quelques semaines plus tard. Il veut ainsi gagner du temps face au mécontentement croissant de la population. »

« Nous devons arrêter le budget 2012 et abroger les réformes déjà votées. Car, comme on le voit aujourd’hui, le plan Di Rupo n’est que le premier d’une longue série qui va encore aggraver la crise. Aujourd’hui, via la Banque centrale européenne, ce sont les banques qu’on vient sauver une nouvelle fois en offrant des intérêts proches de 0 % alors que les peuples doivent se serrer toujours plus la ceinture. Et une nouvelle crise de l’euro s’annonce. Un changement radical de cap est nécessaire qui fait payer les responsables de la crise, les spéculateurs, les grands banquiers et les millionnaires. Et pas ses victimes», conclut Raoul Hedebouw.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Feb 2012 à 20:30
 
Fort de son expérience de directeur général de la VRT, le CEO de Bekaert, Bert De Graeve, a aisément écarté toutes les critiques jeudi 02 février. Mais vendredi, il a vu la chute de cette communication aérodynamique. « Nous ne payons pas d’impôts parce que nous ne faisons pas de bénéfices » a-t-on tout à coup entendu. Les montants des bénéfices se trouvent pourtant noir sur blanc dans le bilan annuel déposé à la Banque Nationale.

« Si c’est 0% en Belgique, c’est parce que nous ne faisons pas de bénéfices ici » a répondu la porte-parole Katelijn Bohez à la critique que Bekaert n’ait pas payé pendant les cinq dernières années un centime d’impôt sur les bénéfices réalisés en Belgique.

Le PTB qui, depuis un certain temps déjà, tape sur le clou des impôts dérisoires payés par les multinationales n’a pas tardé à réagir. « Comment ça pas de bénéfices ? Selon les bilans que Bekaert a déposés à la Banque Nationale, la SA belge Bakaert a fait en cinq ans exactement 124 640 472 euros de bénéfices. Bekaert a donc remis pendant cinq ans une déclaration de revenus inexacte ? », a demandé le président du PTB Peter Mertens.

Dans ce communiqué à la presse, Bekaert a encore plus pataugé. L’entreprise a bien payé des impôts, y lisait-on. Mais plutôt 120 millions de précomptes mobiliers sur dividendes, précomptes immobiliers, ONSS et contributions sociales patronales et encore une série de prélèvements et contributions. Bekaert considère donc les coûts salariaux (les contributions à la sécurité sociale sont une composante des coûts salariaux) comme un impôt sur ses bénéfices.

Grâce à la déduction des intérêts notionnels, le centre de coordination de la SA Bekaert a pu en 2010 (les chiffres de 2011 ne sont pas encore connus) compter sur une réduction d’impôts de près de 40 millions. Cette réduction d’impôt suffirait déjà à payer royalement les travailleurs menacés de licenciement.

Cet avantage s’ajoute à un subside à l’innovation et à la formation de 17,7 millions, sur lequel l’entreprise a pu compter pendant les cinq dernières années.

Cela ne doit-il ps être soumis à certaines conditions ? « A quoi servent l déduction des intérêts notionnels et le soutien à l’innovation si l’entreprise ne veut pas embaucher en Belgique ? » s’interroge le syndicat chrétien CSC . La FGTB veut que ce soutien soit soumis à des conditions effectives d’embauche et de formation. A la demande du SP.A, le gouvernement flamand va examiner comment obtenir le remboursement de ce subside.

Dividende

On peut encore faire bien des réflexions à propos de la restructuration. « C’est simplement honteux de constater que pendant l’année grasse de 2010 les actionnaires ont vu grimper leurs dividendes de 70% jusqu’à atteindre 100 millions d’euros alors que 600 travailleurs belges peuvent payer pour l’année maigre 2011. Le marché libre se montre une fois de plus sous son meilleur aspect. » dit Caroline Copers de la CSC.

La CSC critique les choix stratégiques de Bekaert. Pour la division d’Alost, l’entreprise a tout misé sur la production de fil

utilisé dans la fabrication de panneaux solaires. Dans les derniers mois, la production est tombée presqu’à zéro avec l’arrivée de nouveaux concurrents et l’arrêt des subsides pour la pose de panneaux solaires.

« Supposons qu’une usine d’automobiles fabrique un seul modèle. On constate que les ventes diminuent, elles finissent par s’arrêter complètement et six mois plus tard, la direction décide la fermeture de l’usine, car voilà, il n’y a pas d’autre modèle, on a tout investi dans ce seul modèle », dit la CSC. Une critique acerbe contre Bert De Graeve qui était élu manager de l’année en 2010 et touche chaque année 1,3 million d’euros.

Partant de la conviction que seules des économies drastiques peuvent nous sortir du marécage de la crise de l’euro, l’Italie et l’Allemagne ont coupé les subventions pour panneaux solaires. En Belgique aussi c’est devenu impossible de déduire l’investissement en panneaux solaires de la déclaration de revenus. Mais était-ce une si bonne idée que de laisser aboutir près de la moitié des subsides dans de grandes entreprises qui emplissent les toits de leurs hangars de panneaux solaires ?

Si nos gouvernements respectifs veulent conserver une activité industrielle en Belgique, ils doivent finir par imaginer une réponse aux questions que nous venons de poser. Ce n’est pas des économistes de la VRT (Noels et co) que viendront les réponses. Tout ce qu’ils trouvent, c’est de déplorer les frais salariaux élevés. Scandaleux, car Bert De Graeve lui-même a dit à la conférence de presse où il expliquait la restructuration : « Cette restructuration n’a rien à voir avec les coûts salariaux en Belgique ni avec le coût de l’énergie ni avec la productivité des travailleurs belges. »


Source originale : De wereld morgen

Traduit du néerlndais par Annette Pagnoulle pour Investig'Action

Source : michelcollon.info
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Jul 2012 à 23:43

C'est un scandale!

L’indécente complainte des propriétaires

En pleine crise du logement cher, l’Union nationale de la propriété immobilière attaque le monde HLM à Bruxelles.

Gagner de l’argent sans travailler, cela n’a pas de prix. Et cela ne tombe pas du ciel. C’est une lutte de longue haleine, un combat quotidien. En témoigne la plainte de l’Union nationale de la propriété immobilière (Unpi), révélée hier par le Parisien, contre les organismes HLM à Bruxelles pour concurrence déloyale. « Propriétaires de tous les pays, unissez-vous », voilà le nouveau leitmotiv de l’Unpi qui a suivi l’exemple de ses homologues en Suède ou aux Pays-Bas (lire notre édition du 27 juin).

Non vraiment, la hausse de 107 % du prix des logements anciens entre 2000 et 2010, ce n’est pas assez pour l’union des propriétaires immobiliers. Ni même l’augmentation des profits des bailleurs, deux fois plus rapide que la moyenne des autres profits ou du PIB sur la même période. Au moment où 3 651 079 personnes sont en situation de mal-logement, d’après le dernier décompte de la Fondation Abbé-Pierre, il est temps de prendre des parts de marché au logement social.

Il « n’a de social que le nom », explique sans vergogne France Bauvin, de l’Unpi. Le monde HLM, qui coûte à l’État 25 milliards d’euros, offre, selon elle, « 380 000 logements » à des « ménages aisés qui appartiennent aux tranches de revenus les plus élevées, dont 53 000 qui sont même dans les 10 % les plus favorisés ». Un argument usé jusqu’à la corde, et qui ressort dès qu’une mesure est annoncée pour limiter la spéculation. Ce fut déjà le cas en 2009 lors d’une polémique sur la vacance des logements dans le secteur privé. Par un grand hasard, la critique revient au moment où l’on évoque l’encadrement des loyers ou la fin du dispositif Scellier, qui a offert pour 10,5 milliards d’exonérations sociales aux investisseurs privés.

Dans sa volonté d’allumer un contre-feu, ce lobby ultralibéral oublie au passage de préciser que 200 000 ménages sont déjà sous le coup des surloyers depuis la loi Boutin, qui détruit la mixité sociale en réservant l’accès aux HLM aux seules familles défavorisées. Autre omission : les locataires appartenant aux 10 % les plus riches ne représentent que 0,3 % du parc HLM. « Nombreux sont ceux qui devront quitter leur appartement d’ici à 2014. Quant aux ménages qui gagnent l’équivalent du double du plafond fixé pour le HLM, les organismes peuvent mettre fin à leurs baux », rectifie Laurent Ghekière. Ce représentant de l’Union sociale pour l’habitat à Bruxelles n’a aucune crainte de voir cette plainte européenne aboutir en raison de l’existence en France d’un plafond lors de l’attribution de logements HLM. La seule surprise dans cette affaire, dénonce Catherine Trautmann, à la tête de la délégation du PS au Parlement européen, c’est l’indécence de l’Unpi « qui n’a plus de limites ». « Il semblerait que certains n’aient pas encore compris que le temps de l’argent facile touchait à sa fin », relève l’élue européenne.

Pierre Duquesne

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Nov 2012 à 03:33

Fermetures à la chaîne

Belgique, correspondance. La question des pertes d’emploi et la désindustrialisation sont d’autant plus au cœur de la journée de mercredi que la Belgique a vécu un « octobre noir » : en un mois, près de 30 000 emplois ont été perdus ou menacés par des fermetures, restructurations ou délocalisations. Dans un pays de 10 millions d’habitants, le choc a été comparé à un « tsunami social ».

Les trois centrales syndicales belges – FGTB, CSC, CGSLB (1) – n’ont pas appelé à la grève générale mais à des rassemblements et actions symboliques. Elles manifesteront ensemble, ce matin, devant des ambassades : Espagne, Grèce, Portugal, mais aussi Allemagne et Commission européenne pour protester contre les politiques d’austérité de l’Union européenne et dire leur solidarité avec les peuples qui la subissent.

Mais des grèves auront lieu dans les secteurs les plus touchés : chez les cheminots, en lutte depuis deux mois contre une réforme de la SNCB ; chez les métallos, touchés par les annonces mortifères de ces dernières semaines. À Genk, la reprise du travail a été reportée à jeudi et les sidérurgistes liégeois ont suspendu les négociations en cours chez ArcelorMittal. Dans les deux cas, les syndicats exigent des pré-pensions pour assurer un départ décent à des ouvriers qui ont souvent fait là toute leur carrière.

La mobilisation de l’ensemble de la société et des élus est forte, comme l’a montré la manifestation de dimanche devant les usines Ford de Genk, dont la fermeture mettrait à la rue près de 10 000 travailleurs. Une casse refusée par les 20 000 personnes qui ont défilé dans cette ville emblématique de ce qui se passe en Europe, avec des délégations venues d’Espagne, de France, de Turquie et d’Allemagne et des autres sites belges touchés au présent (Duferco La Louvière, ArcelorMittal Liège) ou dans le passé (Opel Anvers, Renault Vilvorde). Les manifestants se sont rendus en cortège jusqu’aux anciennes mines de Winterslag, dont la fermeture dans les années 1980 fut le premier drame social vécu par la région, avant celle des usines Philips. Avec comme slogan « Nous voulons des emplois. Non au génocide de notre industrie ».

 

(1) Fédération générale des travailleurs belges, Confédération des syndicats chrétiens, Centrale générale des syndicats libéraux de Belgique.

Françoise Germain-Robin

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Nov 2012 à 21:05

Salaires gelés jusqu’en 2015 en Belgique

Le gouvernement belge a annoncé un budget drastique limitant le déficit à 2,15 % du PIB. Sous prétexte de compétitivité, il accorde un cadeau fiscal de 400 millions d’euros aux entreprises, mais gèle les salaires jusqu’en 2015. La hausse se limitera 
à celle du coût de la vie, calculée sur un panier qui sera revu à la baisse. Les syndicats avaient pourtant lancé lundi une mise en garde : « Il est hors 
de question que la relance 
se fasse sur le dos 
des travailleurs. »

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Nov 2012 à 17:51

A qui profite la dette

En Belgique aussi, on se demande d'où vient cette dette que les contribuables doivent rembourser et à qui elle profite. La réponse dans ce film de...

 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Nov 2012 à 14:19

En Belgique, les sidérurgistes mènent la lutte pour sauver leurs emplois et posent la question de la reprise en main publique du secteur

arcelor-mittal-liege-ptb.jpg

De Liège à La Louvière, les sidérurgistes belges en lutte

Article de Damien Robert du Parti du travail de Belgique (PTB) repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

La crise économique touche de plein fouet la sidérurgie. À Liège comme à La Louvière, les négociations sociales révèlent l'ampleur de la crise et l'arrogance patronale. La patience des travailleurs fait place à la colère. Et à la révolte.

Le marché de l'acier connaît une situation catastrophique. En Europe, l’ampleur de la baisse de la production d'acier dépasse la chute de production historique de 2008. Même en Asie, la production est à la baisse... Pour sauvegarder leurs bénéfices, les géants de la sidérurgie restructurent. Depuis un an déjà, Mittal, puis le groupe russe NLMK et Duferco à La Louvière, ont annoncé des réductions importantes en matière d'emploi. À Liège, c'est toute la phase liquide qui est condamnée. À La Louvière, les directions de NLMK et de Duferco ont annoncé il y a trois semaines le licenciement de 600 personnes.

Du côté d’ArcelorMittal, les négociations sont entamées depuis plus d'un an, et entrent dans la phase finale. À La Louvière, on n’en est qu’au début. Cependant, dans les deux cas, c'est le même schéma. Les géants mondiaux de l'acier ne veulent rien entendre. Ils ne veulent pas toucher à leur trésor de guerre, et ne proposent que des cacahuètes. L'accord proposé à Liège la semaine dernière est en dessous de tout. Rarement on a vu propositions de départ aussi désavantageuses. Les travailleurs en CDI se sont, par exemple, vu proposer une prime de départ équivalente à 6 mois de salaire, peu importe l'ancienneté.

Face aux réactions de colère et d'incompréhension des syndicats, la direction a utilisé son arme favorite : le chantage. Les syndicats avaient trois jours pour accepter l'accord, sinon les conditions seraient encore revues à la baisse et alignées sur le strict minimum légal. À La Louvière, la direction a annoncé son incapacité à payer dans les délais une prime de fin d'année de 600 euros. Elle a ensuite précisé que cette prime pourrait être payée moyennant une « attitude responsable » des syndicats dans les négociations en cours sur les licenciements et les conditions de départ annoncés.

La patience fait place à la colère

Les travailleurs et leurs délégations, qui vivent des moments très difficiles, ont décidé qu'il était temps de sortir du bois. Face aux chantages et à la situation qui s'aggrave sur le marché, les illusions disparaissent quant à des conditions de départs avantageuses.

À Liège, les délégations syndicales ont organisé des assemblées générales des ouvriers et des employés, avec 24 heures de grève. Lors de ces assemblées, les travailleurs ont rejeté l'accord proposé par la direction et ont voté massivement pour un plan d'action. Des bobines d’acier ont ainsi été lancées dans la Meuse à la sortie de l'assemblée. Depuis mercredi, la production est bloquée et plus rien ne sort des différents sites du bassin.

Dans ce contexte, la volonté des travailleurs de montrer l’étendue de leur colère s’affirme. Colère contre Mittal, mais aussi contre un monde politique qui ne formule que des promesses face à la désindustrialisation du pays et qui organise une austérité de plus en plus ressentie. À Liège, les travailleurs et les délégations syndicales ont constaté une absence totale de soutien concret des bourgmestres, députés et ministres sur le dossier de la sauvegarde du bassin. Les deux permanents régionaux MWB (FGTB) et Metea (CSC) ont d'ailleurs rédigé ce jeudi une lettre ouverte en front commun qui se conclut comme suit : « Il nous revient que plusieurs bourgmestres de l'agglomération liégeoise, ainsi que le ministre de l'Intérieur, sont prêts à déployer des pelotons de policiers devant le centre acier de Flémalle (le siège de la direction d'ArcelorMittal, NdlR). Le bras armé de la répression au service d'un milliardaire qui assassine l'emploi. Nous sommes en 2012, mais rien n'a fondamentalement changé depuis 100 ans. La protection de l'argent continue à prendre le pas sur celle des travailleurs. Une fois encore, à Liège comme ailleurs, c'est “todi les ptis kon spotche” ».   

À La Louvière, le chantage de la direction sur les primes a provoqué la colère de la délégation qui a quitté la table des négociations. Les syndicats ont organisé une assemblée à l'usine le mercredi 21 midi et les travailleurs de NMLK, accompagnés en solidarité par ceux de Duferco, ont entamé une grève et ont organisé, avec les bulldozers, le blocage des entrées stratégiques de la ville en y posant des bobines d'acier. Jeudi 22 en fin d'après-midi, les entrées principales et l'autoroute E42 étaient toujours bloquées. 

Les choix politiques

À Liège, l'action des collègues de La Louvière a été accueillie avec beaucoup de respect. Les Louviérois n’en pensent d’ailleurs pas moins des actions menées dans le bassin liégeois. Le sentiment que la catastrophe économique et sociale est planifiée et que le chantage ne sert qu'à justifier un plan social digne du début du 20e siècle gagne largement du terrain. Le sentiment que la lutte est la seule porte de sortie suit le même chemin, car elle est seule garante d'un rapport de force qui pourrait obliger le patronat à céder et les politiciens à faire pression. Plutôt que de la recevoir en pleine figure, les travailleurs veulent renvoyer cette catastrophe sociale aux seuls responsables. Et ils ont raison.

Confrontés aux mêmes défis, les deux mouvements pourraient être amenés à se rejoindre. L'avenir de deux régions sinistrées et dont la sidérurgie est encore la colonne vertébrale est en jeu. Les deux luttes pourraient donc avoir des mots d'ordre communs. L'idée de la nationalisation fait également tout doucement son chemin. À Liège, personne n'a oublié que ce sont les politiques qui ont vendu la sidérurgie au privé pour la laisser dans les mains de vautours comme Mittal. Le débat sur la mise sur pied d'une sidérurgie publique comme alternative crédible pour le maintien de l'emploi et la survie d'une région est bien présent.

Même si ces débats n'en sont qu'à leurs débuts, il faudra taper sur le clou. Car, si le monde patronal ne veut pas, malgré son trésor de guerre, répartir la production sur l'ensemble des sites en maintenant les emplois et les salaires, il faudra changer les règles du jeu et mettre la sidérurgie sous statut public. Pour y arriver, il faudra obliger les politiciens à arrêter le petit jeu de se renvoyer la balle, à l'échelle régionale, fédérale ou européenne. Il faudra les obliger à prendre des mesures radicales pour la sauvegarde de la sidérurgie, des emplois et de nos industries. Et il faudra, au minimum, les obliger à ce que les éventuelles aides publiques en terme de capital soient octroyées moyennant des garanties en matière d'emploi et de remboursement d'aide au cas où le privé déciderait de licencier à nouveau. Pour cela, il faut démasquer la prétendue « impuissance » du politique. Car celle-ci n'était pas de mise quand il s’agissait de vendre la sidérurgie au privé ou de voter des lois pour permettre à des multinationales comme Mittal de ne pas payer d'impôts.  

Les Belges : « Sortons de Mittal ! »

À Liège, où le financier a fermé un haut-fourneau et refusé de le vendre, les syndicats de la sidérurgie, qui réclamaient aussi la reprise de l’entreprise par les pouvoirs publics, suivent avec intérêt le débat en France.

Le 26 octobre 2011, une manifestation rassemblait à Seraing, cœur de ce val de l’acier que fut la vallée de la Meuse, des milliers de travailleurs belges décidés à lutter pour défendre un outil de travail qu’ils considèrent comme leur bien. « Arcelor est à nous, Mittal nous rendra tout ! » scandaient-ils, après l’annonce de la fermeture de la phase à chaud d’ArcelorMittal. Le haut-fourneau de Seraing ne redémarrerait plus et le reste de la production – la phase à froid – était menacé. La fin d’une ­histoire de plusieurs siècles pour le bassin liégeois, et la rue pour des milliers de travailleurs. « À l’époque, rappelle Robert Rouzew, délégué FGTB chez Arcelor Liège, on avait présenté un rapport de 200 pages qui montrait qu’on peut produire de l’acier rentable à Liège, mais avec une sidérurgie intégrée et hors du groupe Mittal. »

L’idée, défendue par l’ensemble des syndicats, était celle d’une reprise de l’entreprise par les pouvoirs publics ­
– en l’occurrence, la région wallonne, car en Belgique, depuis la dernière réforme de l’État, l’économie dépend des régions –, en association avec un industriel. Le ministre de l’Économie wallon, Jean-Claude Marcourt (socialiste), qui avait d’abord appuyé ce plan, y avait renoncé, arguant du fait qu’Lakshmi Mittal ne ­voulait pas vendre.

« Il y a deux mois, raconte Robert Rouzew, on a eu une nouvelle réunion entre les syndicats, le patronat et le gouvernement wallon. Mittal s’est montré implacable : “On ne cédera rien car on ne veut pas que, demain, vos usines viennent nous concurrencer”, a-t-il dit. Marcourt n’a pas insisté et on a entamé la procédure Renault (1). Mais aujourd’hui, ce qui se passe en France avec Montebourg relance le débat et nous redonne espoir. On a cru que Di Rupo irait dans le même sens, quand il a rencontré Hollande. Mais il nous a bien déçus en disant qu’on était près d’un accord. C’est faux ! » « On en est très loin, confirme le délégué CSC, David Camerini. Le plan proposé par Mittal est inacceptable, du point de vue social comme du point de vue industriel. Ce qu’on veut, c’est garder un maximum d’emplois et assurer l’avenir. On ne peut le faire qu’en sortant du groupe Mittal et avec la région wallonne en actionnaire majoritaire. Il faut en finir avec ces groupes qui font la pluie et le beau temps dans le monde en ne songeant qu’à leurs profits. Il faut que l’UE s’en mêle comme on l’a tous proposé à Luxembourg, en octobre (voir encadré). Sinon, l’Europe va devenir un désert industriel. » Dans le bassin liégeois, depuis lundi dernier, la lutte est relancée. Les métallos, furieux des propositions indécentes de la direction, empêchent les produits finis de sortir des usines.

 

(1) Procédure imposée depuis 
la fermeture de Renault Vilvorde 
en 1999 et qui prévoit une consultation des travailleurs 
sur la mise en œuvre du plan social.

Une idée publique européenne

Craignant « la fermeture d’usines encore rentables, des déserts industriels dans certaines régions d’Europe, du chômage massif et une pollution de l’air en plus », le 29 octobre, les syndicats français (CGT), luxembourgeois (OGB-L) et belge (FGTB) adressaient un courrier à leurs gouvernements respectifs (à Arnaud Montebourg 
pour la France) réclamant que les États européens « envisagent 
une alternative aux sociétés transnationales » par « la création 
d’une entreprise publique européenne de la sidérurgie ».

Françoise Germain-Robin

Source


Edité par T 34 - 05 Dec 2012 à 00:05
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ArcelorMittal supprime 1 300 emplois supplémentaires en Belgique

Comme le craignaient les salariés et les syndicats du bassin sidérurgique de Liège en Belgique, le direction d'ArcelorMittal a annoncé lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire, qui se tenait ce jeudi, la fermeture de 6 des 12 sites de la phase à froid, avec pour conséquence la suppression de 1 300 emplois qui s'ajoutent aux 795 lors de la fermeture de la phase à chaud.

"C'est 1 300 emplois supprimés en plus des 795" concernés par la fermeture de la "phase à chaud" annoncée en octobre 2011, a déclaré à l'AFP un responsable local du syndicat CSC, David Camerini. Les outils concernés par une fermeture définitive sont notamment une cockerie, deux "centrales d'énergie", un "train large bande", une filière de laminage à froid, a précisé l'agence de presse Belga, alors qu'un comité d'entreprise extraordinaire était en cours à Flémalle, près de Liège. Le groupe a confirmé la fermeture définitive de six installations en raison de la "détérioration du marché européen" et reconnaît que ce projet sera très difficile pour le personnel et la région et "s'engage à rechercher une solution socialement acceptable pour les personnes concernées", indique le groupe dans un communiqué.

Lors d'un accord sur le plan social lié à la fermeture de la phase à chaud trouvé le 30 novembre après des semaines de tensions avec les syndicats, la direction d'ArcelorMittal avait pourtant confirmé son intention d'investir 138 millions d'euros dans sa "phase à froid" à Liège, qu'elle décrivait comme "stratégique". Mais les syndicats ont dénoncé depuis plusieurs semaines les retards pris dans la concrétisation de ces projets.

Les organisations syndicales ont appelé à la grève sur l'ensemble des sites du groupe à Liège à la sortie du conseil d'entreprise extraordinaire, selon Belga. "Nous allons mettre sur pied un plan d'actions syndicales", a affirmé un des représentants sur le site belge Lesoir.be. Les représentants syndicaux vont aussi interpeller les responsables politiques à qui ils reprochent leur inertie.

Réclamant à nouveau, comme les salariés lorrains d'ArceloMittal, une "nationalisation" des outils pour relancer une sidérurgie intégrée à Liège, le syndicat belge FGTB avait annoncé dès mercredi "un mot d'ordre de grève immédiate" en cas d'annonce de nouvelles fermetures, ainsi qu'une "manifestation d'envergure" à Luxembourg, le siège du groupe, "en liaison avec des organisations syndicales d'autres pays". "Il faut d'urgence jeter le groupe ArcelorMittal hors de Liège", avait estimé le syndicat dans un communiqué.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Jan 2013 à 20:47

La grande colère des sidérurgistes liégeois

Lakshmi Mittal, trahissant ses promesses, licencie 1 300 travailleurs d’Arcelor. Les syndicats belges exigent la nationalisation.

Correspondance. «Dégoût, colère, révolte… » Les travailleurs d’ArcelorMittal Liège ne trouvent pas de mots assez forts pour dire ce qu’ils ont ressenti, jeudi, quand la direction du Centre Acier de Flemalle, près de Liège, a annoncé la fermeture de 7 lignes (sur 12) de production d’acier et la suppression de 1 300 emplois. Furieux, mais pas surpris. « On s’y attendait depuis la fermeture du haut-fourneau de Seraing, il y a un an, dit Robert Rouzeuw, président de la délégation FGTB-Métal. En réalité, la direction a pris cette décision depuis des mois mais nous l’a cachée. »

Elle a fait pire : Lakshmi Mittal avait alors promis d’investir 138 millions dans le développement des lignes de production à froid. Aujourd’hui, non seulement il n’a pas tenu ses promesses, mais il condamne à mort la sidérurgie liégeoise. Inacceptable pour les travailleurs qui ont décrété la grève, réclamant du gouvernement régional wallon – dont dépend l’économie dans le système fédéral belge – la nationalisation d’ArcelorMittal.

Vendredi, ils ont envahi les rues de Bruxelles pour exiger du gouvernement belge qu’il prenne ses responsabilités et cesse de se camoufler derrière la régionalisation pour ne rien faire. Il y a eu des jets de pavés rue de la Loi, devant la résidence du premier ministre, Elio Di Rupo, revenu précipitamment du Forum de Davos (1). Il semble avoir enfin compris que la situation était sérieuse et la colère à son comble. Il a reçu l’intersyndicale et, avec le président de la région Bruxelles-Wallonie, Rudy Demotte, et le ministre wallon de l’Économie, Jean-Claude Marcourt (2), annoncé « la création d’une task force chargée de maintenir la sidérurgie liégeoise ».

Jean-Claude Marcourt, qui avait rejeté l’an dernier l’idée de nationalisation, s’est donné deux mois pour trouver un repreneur, mais ne rejette plus d’emblée la « mise sous tutelle publique » d’Arcelor. Il a téléphoné à son collègue français Arnaud Montebourg pour lui faire part de 
la situation et le mettre en garde contre le risque de voir Mittal trahir ses promesses au gouvernement français concernant Florange.

Instruits par l’expérience – « les politiques nous ont trop souvent laissé tomber » entendait-on vendredi dans les rangs des manifestants –, les travailleurs restent mobilisés. Ils seront de nouveau en assemblée générale, lundi, à Liège, et envisagent de nouvelles manifestations.

 

(1) Il s’y était félicité, auprès des grands patrons, du système fiscal belge qui séduit tant d’entre eux et qui fait qu’ArcelorMittal n’a pas payé d’impôts en 2010 et 2011, selon le PTB.

(2) Tous les trois socialistes.

Françoise Germain-Robin

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Feb 2013 à 01:12

Cadeaux fiscaux :: ArcelorMittal a reçu 1,043 milliard d’euros en 2009 et 2010

Les filiales du groupe ArcelorMittal en Belgique sont plutôt bien gâtées par l’État. Jusqu’à maintenant, elles ne sont pas obligées de payer l’impôt des sociétés légal de 33,99 %. Pour l’année 2009 et 2010, le montant du cadeau fiscal se monte à 1,043 milliard. Sans compter qu’elles reçoivent, en plus des réductions de cotisations sociales, du soutien à la formation et des droits d’émission.

Service d'études du PTB

Pour 2010, si nous additionnons le cadeau fiscal, sous forme, entre autre, d’intérêts notionnels, de ses 5 filiales, nous arrivons à la somme de 578 millions d’euros. Nous avons fait le même calcul pour les mêmes 5 filiales en 2009, la ristourne fiscale accordée par l’Etat se monte alors à 465 millions d’euros.

Réductions d’impôts en 2010 

AMFSB 

Bénéfices en 2010 : 1,394 million d’euros

Impôts payés : 0 euro

Taux d’imposition : 0 %

Cadeau de l’État : 474 millions d’euros

Centre financier du groupe ArcelorMittal Belgique.

En matière de bénéfices, c’est de loin la filiale la plus juteuse du groupe. En 2009, Arcelor Mittal Finance and Services Belgium (AMFSB) n’a payé que 496 euros d’impôts grâce à la déduction des intérêts notionnels. En 2010, elle a fait mieux encore : 0 euro d’impôt sur un bénéfice de 1,394 milliard d’euros.

ArcelorMittal Liège Upstream

Bénéfices 2010 : 35 millions

Impôts payés : 936 euros

Taux d’imposition : 0,000026 %

Cadeau de l’État : 11,9 millions d’euros

Acier (phase à chaud), Liège. 

Filiale d’ArcelorMittal Belgium qui exploite les hauts-fourneaux de la région liégeoise. N’a pratiquement payé aucun impôt grâce à toute une série de déductions fiscales (intérêts notionnels, revenu imposable définitif, pertes récupérables…). Et en guise de remerciement, Mittal a décidé mercredi dernier de fermer les installations.

Fin 2009, ArcelorMittal Liège Upstream a d’ailleurs été condamnée par la justice pour ne pas avoir payé ses cotisations à l’ONSS (34 millions d’euros).

ArcelorMittal Belgium

Bénéfices 2010 : 58 millions d’euros

Impôts payés : 54 000 euros

Taux d’imposition : 0,09 % 

Cadeau de l’État : 19,7 millions d’euros

Acier (filtres charbon actif) à Gand, Liège, Charleroi, Genk, Geel [7 088 travailleurs].

L’entreprise bénéficie d’un report de 192 millions de déductions fiscales (dont 106 millions grâce aux intérêts notionnels non encore déduits). 

Industeel Belgium

Bénéfices 2010 : 205 millions d’euros

Impôts : - 128 188 euros

Taux d’imposition : - 0,06 %

Cadeau de l’État : 69,8 millions d’euros

Anciennement « Fabrique de fer » de Charleroi [804 travailleurs]

En 2010, Industeel a racheté une part du capital (environ 7 %) du centre financier AMFSB. 

ArcelorMittal FCE Belgium

Bénéfices 2010 : 3,2 millions d’euros

Impôts payés : 0 euro

Taux d’imposition : 0 %

Cadeau de l’État : 1,1 million d’euros

Vente d’acier, Gand [222 travailleurs]

En 2010, cette filiale d’ArcelorMittal Belgium n’a payé aucun impôt grâce à des déductions fiscales diverses (intérêts notionnels, revenus imposables définitifs, pertes récupérables…).

 

Droits d’émission gratuits 2008-2010 

236 millions d’euros de droits d’émission « normaux » gratuits 

L’État a accordé à ArcelorMittal, pour la période 2008-2009-2010, 15,7 millions de droits d’émission (en tonnes de CO2) gratuits en plus des émissions produites par les entreprises sur le territoire belge au cours de cette même période. Avec un prix moyen de 15 euros par tonne de CO2, la valeur marchande de ces certificats supplémentaires s’élève pour cette période à 236 millions d’euros. 

12 millions d’euros de droits d’émission supplémentaires pour le maintien des hauts-fourneaux de Liège 

En 2008, la Région wallonne et Mittal ont conclu un accord octroyant à ArcelorMittal 12 millions de tonnes de CO2 supplémentaires sous forme de droits d’émission à condition de relancer son haut-fourneau HF6 à Liège et de maintenir les hauts-fourneaux FFB de Liège. Cet accord a-t-il été respecté ? Sera-t-il appliqué maintenant que Mittal a décidé de fermer ces hauts-fourneaux ? Cet accord contient-il des clauses qui obligent la Région wallonne à payer ?

 

 

 

Top 20 des intérêts notionnels :: vingt sociétés déduisent 7 milliards d’euros

Service de presse du PTB


Alors que les intérêts notionnels font – à nouveau – débat à l’occasion des plans de fermeture d’ArcelorMittal en région liégeoise, le service d’études du PTB a jugé utile d’établir un top 20 des sociétés ayant obtenu les plus importantes déductions d’intérêts notionnels en 2011 (derniers comptes annuels disponibles). Vous trouverez l’étude ici.


    Marco Van Hees, auteur de l’étude et spécialiste fiscalité du PTB, pointe les éléments-clés de l’étude :

- Ces vingt sociétés déduisent au total 7 milliards d’euros d’intérêts notionnels.
- Elles ont réalisé ensemble un bénéfice avant impôt de 7,9 milliards d’euros sur lequel elles ont payé 180 millions d’euros d’impôts, soit un taux d’imposition de 2,28 %.
- La perte d’impôt pour les finances publiques : 2,38 milliards d’euros
- Quelques champions : ArcelorMittal Finance and Services Belgium (n°1),
Hewlett-Packard Coordination Center (n°2), GDF Suez CC (n°3), Inbev Belgium (n°4) et Cobrew (n°6), Glaxosmithkline Biologicals (n°5) et Janssen Pharmaceutica (n°18)

    « Le PTB n’a cessé de dénoncer le mythe de l’effet bénéfique que les intérêts notionnels auraient sur l’emploi. La politique d’ArcelorMittal en est une démonstration flagrante », estime Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB.

    « Les intérêts notionnels n’ont d’ailleurs aucunement été créé pour favoriser l’emploi, ni même les investissements (le gouvernement a supprimé la déduction pour investissement afin de financer les notionnels). Il s’agissait seulement de remplacer le régime fiscal des centres de coordination, précise Marco Van Hees. Le gouvernement a “vendu” les intérêts notionnels à l’opinion en prétendant que cela favoriserait les fonds propres des sociétés. Or, notre classement montre que les vingt champions des notionnels sont aussi des champions de la distribution de dividendes, qui a pour effet de... vider les fonds propres. En effet, sur un bénéfice total de 7,9 milliards d’euros, les vingt sociétés ont distribué 7 milliards d’euros de dividendes ! »

    « Depuis l’adoption des intérêts notionnels en 2005, le PTB défend une position claire : cette déduction n’a aucun effet bénéfique, est une catastrophe pour les finances publiques et fait de la Belgique un paradis fiscal pour multinationales. Elle doit donc être supprimée, pas simplement réformée, conclut Raoul Hedebouw. On ne peut accepter à la fois une politique d’austérité pour les travailleurs et des cadeaux fiscaux aussi gigantesques qu’aberrants pour les actionnaires des multinationales. Le temps est venu de mettre définitivement fin aux intérêts notionnels. »

Service de presse du PTB

Source
ArcelorMittal :: « Une seule solution : la nationalisation »
 


Edité par T 34 - 02 Feb 2013 à 01:19
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Feb 2013 à 11:22

ArcelorMittal :: « Une seule solution : la nationalisation »

l-acier-liegeois-vivra-nationalisation_a4-2.jpg

« Fermer la phase à chaud permettra de maintenir la phase à froid », entendait-on il y a un an et demi du côté des dirigeants politiques liégeois. Raté. 1 300 personnes vont directement aller à la case « chômage ». Réaction de Damien Robert, en charge du dossier sidérurgie pour le PTB.



Au total, la sidérurgie liégeoise emploie plus de 10 000 personnes. C’est une région tout entière qui dépend donc de ce secteur. L’annonce du groupe Mittal de fermer 7 lignes (sur 12) de la phase à froid a donc provoqué un séisme du côté de la Cité ardente. A noter que le magazine Forbes estime la fortune de Lakshmi Mittal à 20,7 milliards de dollars. Celui qui veut condamner des milliers de travailleurs au chômage est donc la 21e personne la plus riche du monde…

Comment avez-vous réagi lorsque vous avez appris la nouvelle de la fermeture dans la phase à froid ?

    Damien Robert. J’ai eu un sentiment de dégoût et de révolte mélangé. Mes premières pensées étaient pour tous ces pères de famille qui allaient devoir expliquer à leur famille qu’ils ne savaient pas s’ils avaient encore un emploi. Et un sentiment de révolte contre ces politiciens qui ont promis qu’ils allaient tout faire pour sauver la sidérurgie alors qu’ils n’ont rien fait, si ce n’est des promesses et des faux aveux d’impuissance. Maintenant, tout le monde peut voir que les promesses ne suffisent pas.

Liège peut-elle s’en sortir sans la sidérurgie ?

    Damien Robert. A Liège, le taux de chômage est de 20 %. L’industrie reste malgré tout le cœur de l’emploi dans la région. 10 000 travailleurs dépendent d’Arcelor de manière directe et indirecte. Et l’on ne compte pas les petits commerces qui vont aussi connaître des difficultés.
    Tant qu’on ne relèvera pas le pouvoir d’achat des gens, la spirale va continuer et les fermetures vont se multiplier vu qu’il y a de moins en moins de pouvoir d’achat. Il faut donc sauvegarder les emplois pour sauvegarder le pouvoir d’achat et faire barrage à la crise.

Mittal justifie sa décision en disant que « le marché de l’acier est en crise » et que la demande est donc en baisse. Cette fermeture n’est-elle finalement pas logique ?

    Damien Robert. En effet, la crise économique s’approfondit de jour en jour. Mais Mittal, quand il a décidé de la fermeture de la phase à chaud, se basait encore sur des chiffres de croissance de la production d’acier en Europe. Le premier objectif de Mittal est d’augmenter sa marge bénéficiaire et donner des retours sur investissement à deux chiffres aux actionnaires.
    Les besoins en acier restent énormes partout dans le monde, rien que pour la construction. Il suffit de voir les milliers de familles qui attendent un logement social, par exemple…

En octobre 2011, les dirigeants politiques, pour calmer les travailleurs, disaient que, « pour sauver le froid, il faut sacrifier le chaud ». Pourquoi n’y avez-vous pas cru dès le début ?

    Damien Robert. Ils ont privatisé Cockerill-Sambre en 1998, soi-disant pour sauver la sidérurgie. Résultat ? Regardez aujourd’hui. Ils ont soutenu les intérêts notionnels, soi-disant pour soutenir l’emploi. Résultat ? Regardez aujourd’hui. En 2011, ils ont promis un repreneur. Il n’est jamais venu. En 2011, ils nous ont dit : « On va explorer toutes les pistes ». Aucune d’elles n’a abouti. C’est pour cela que les sidérurgistes sont nombreux à ne plus croire les promesses des politiciens traditionnels, à commencer par ceux du PS.
    En ce qui concerne votre question précise, c’est une simple logique de bon sens. Sur le marché, la rentabilité économique est un facteur important. Et le respect des outils est une garantie d’une production de qualité. Quant vous enlevez la phase à chaud et que vous faites venir les colis de Dunkerque, ça coûte beaucoup plus cher. De plus, ça augmente la dépendance des outils du froid à un site plus éloigné. La garantie de livraison en temps et en heure sera donc moins forte. Les organisations syndicales l’ont toujours dit. Et il n’a pas fallu longtemps pour montrer qu’elles avaient une fois de plus raison.

« OK, on a fait une loi pour sauver les banques. On va faire une loi pour sauver la sidérurgie »

 

En quoi la politique industrielle est-elle insuffisante ?

    Damien Robert. On attire des grandes entreprises avec des avantages fiscaux. Mais on voit le résultat. Mittal a profité au maximum des largesses de la fiscalité belge avec les intérêts notionnels et le paiement par la Région wallonne des quotas CO2, du chômage économique et de formations. Le résultat de ces cadeaux fiscaux n’est pas, contrairement à ce que dit M. Di Rupo, la création d’emplois, mais la suppression d’emplois et la destruction de l’industrie structurante de la région liégeoise. Face à ce constat, tout gouvernement un tant soit peu social dirait « OK, on a fait une loi pour sauver les banques, on va faire une loi pour sauver la sidérurgie ». Mais le PS ne veut pas faire ça, car le cœur de ses dirigeants bat beaucoup plus du côté des patrons que du côté des travailleurs.

Le PS dit rechercher un repreneur qui serait « moins cupide »…

    Damien Robert. C’est du bla-bla. Comment un repreneur privé, dans la situation de crise économique actuelle, va-t-il atteindre un retour sur investissement de 15 % ? En revanche, une entreprise publique peut gérer ce genre de situation de crise, car le retour sur investissement qu’elle attend est moins important.
    Un capitaliste est un capitaliste. Ils sont soumis aux mêmes règles: celles de la concurrence. Donc, ils fonctionnent de la même manière. Ce que le PS veut, c’est racheter l’outil à Mittal et revendre l’entreprise à un géant de l’acier concurrent américain ou japonais. Cela ne change strictement rien au problème.

Mais est-ce que la reprise par le public ne va pas plomber l’économie ?

    Damien Robert. Si le public paie le salaire des travailleurs, l’argent qui leur est versé est réinjecté dans le circuit économique en retour. C’est une logique à contre-courant, mais elle est pourtant implacable. On voit d’ailleurs très bien le lien avec Ford. Là bas, le manque de pouvoir d’achat des travailleurs amène une baisse de ventes de voitures et donc une baisse de la production qui se traduit par une fermeture. Et cette fermeture amène quoi ? Une baisse des commandes chez ArcelorMittal à Liège. Donc, si les emplois étaient maintenus, le pouvoir d’achat et la capacité de consommer les produits industriels seraient plus grands. Nationaliser la sidérurgie, c’est sauver les emplois, mais aussi investir dans la reprise économique.

On peut se contenter d’un retour sur investissements de 2 ou 3 %, c’est toujours moins d’argent perdu pour la collectivité que 10 000 chômeurs en plus

 

La nationalisation est-elle pratiquement possible ?

    Damien Robert. Oui. En Belgique, nous avons des exemples concrets. La Sonaca, dans l’industrie aéronautique de pointe. La FN, dans l’armement. Donc, pourquoi pas ? En Allemagne, il existe une sidérurgie intégrée avec 5 000 travailleurs qui produisent plus de 3 000 000 de tonnes par an. Cette sidérurgie a été mise sous statut public en 1998 après une lutte des travailleurs allemands. Donc, pourquoi pas chez nous ?
    Il faut une loi pour exiger la mise sous statut public et exiger le rachat des sites pour un euro symbolique. Le privé attend un retour sur investissements à deux chiffres. Mais une entreprise publique n’a pas cette « obligation ». Son premier objectif est de créer de l’emploi et, éventuellement, faire des bénéfices. On peut se contenter d’un retour sur investissements de 2 ou 3 %, voire même dans un premier temps de -1 ou -2  %. C’est toujours moins d’argent perdu pour la collectivité que 10 000 chômeurs en plus, qu’il va falloir payer. Et qui n’auront plus le même pouvoir d’achat.

La présidente de l’Open Vld, Gwendolyn Rutten, a déclaré qu’il était absurde de répéter les « erreurs des années 1970, les nationalisations qui ont été des échecs ». Que répondre à cela ?

    Damien Robert. Dans les années 1970, les nationalisations protégeaient l’emploi et le pouvoir d’achat des travailleurs. C’est la privatisation qui met en danger l’emploi et le pouvoir d’achat. Je ne crois pas que Mme Rutten puisse donner un exemple d’une privatisation qui soit un succès.
    Dans les années 1970, la sidérurgie liégeoise a perdu 5 milliards de francs belges (125 millions d’euros). Avec des fonds européens et de l’argent public, elle est devenue finalement bénéficiaire en 1997. Et puis ? On l’a privatisée… En 1988, 62 % de la sidérurgie européenne était publique. En 1997, ce chiffre est tombé à 7 %.
    On a rendu ces entreprises sidérurgiques rentables dans toute l’Europe, avec l’injection de 50 milliards d’euros d’argent public. Si on pouvait le faire pour les capitalistes dans les années 1980, pourquoi ne pourrait-on pas le faire maintenant pour les travailleurs ?

Que peut-on faire pour aider les travailleurs d’Arcelor ?

Damien Robert. Ce qui arrive aux gars de Cockerill peut arriver à tout le monde. Voyez Genk... Le combat pour l’emploi est un combat clé pour notre futur. Votre solidarité est aussi une des garanties pour faire avancer la lutte. Des actions et des manifestations vont être organisées. Rejoignez ceux de Cockerill dans leur combat pour l’emploi. Venez à ces manifs avec des délégations de soutien, avec des calicots. Propagez l’esprit de lutte autour de vous. C’est la meilleure contribution au combat.

Retrouvez la brochure Emploi, sidérurgie et reconversion dans la région liégeoise de Damien Robert ici


Pour les actions de solidarité à venir, contactez Nadia Moscufo au 0486 79 70 94

Quelques chiffres

10 000

Environ 10 000 emplois dépendent de la sidérurgie liégoise de manière directe ou indirecte

21

Lakshmi Mittal est à la 21e place de la liste des personnes les plus riches du monde avec une fortune 20,7 milliards de dollars

 

2,9 milliards

Le groupe ArcelorMittal a fait 2,9 milliards de dollars de bénéfices en 2010 au niveau mondial

 

0,000026 %


ArcelorMittal Liège Upstream a versé en 2011 seulement 936 euros d’impôts sur un bénéfice de 35 millions d’euros. Soit un taux de 0,000026 %

 

1,394 milliard

ArcelorMittal Finance Services Belgium a enregistré en 2010 un bénéfice d’1,394 milliard d’euros et a payé 0 euro d’impôts

 

1,043 milliard

Le service d’études du PTB avait calculé il y a un an que, pour 2009 et 2010, le montant des cadeaux fiscaux accordés aux filiales du groupe ArcelorMittal en Belgique s’élevait à 1,043 milliard d’euros

 

Chronologie

1817. Arrivée de John Cockerill. L’Anglais, fils d’un patron du textile, est envoyé en Belgique par son père. Il fonde sa première usine à Seraing pour produire l’acier dont l’entreprise familiale a besoin pour construire ses métiers à tisser.
1981. Naissance de Cockerill-Sambre. Petit à petit, l’usine Cockerill s’agrandit. Sous l’impulsion d’Albert Frère, la plupart des sites sidérurgiques de Liège et de Charleroi sont regroupées au sein d’une même société, Cockerill-Sambre. L’État belge achète le groupe avant de le transmettre à la Région wallonne.
1998. Usinor prend le contrôle. La Région wallonne cède Cockerill-Sambre au groupe français Usinor. Le Ministre-président de la Région de l’époque était Robert Collignon (PS).
2002. Création d’Arcelor. Né de la fusion d’Aceralia (Espagne), d’Arbed (Luxembourg) et d’Usinor. Son siège social se situe à Luxembourg.
2005. Arrêt du premier haut-fourneau. Le premier haut-fourneau du site est fermé (le HF6). Il sera rallumé en 2008, pendant trois mois, avant de s’éteindre définitivement.
2006. L'industriel indien Lakshmi Mittal arrive. La Mittal steel company lance une OPA (offre publique d’achat hostile) sur Arcelor. La fusion des deux groupes donne naissance à ArcelorMittal. La même année, le nouveau géant prévoit la fermeture de la ligne à chaud pour l'année 2009. La Région wallonne, encore actionnaire, ne bouge pas.
2011. Le 12 octobre, ArcelorMittal annonce la fermeture de la phase à chaud liégeoise. Le 26 octobre, 10 000 personnes manifestent devant la statue de John Cockerill, en face de la maison communale de Seraing. Le ministre wallon de l’Économie, Jean-Claude Marcourt (PS), et ses collègues prétendent « sauver le froid en sacrifiant le chaud ».
2012. Le 19 novembre, les travailleurs rejettent une première version du plan social proposé par la direction pour accompagner la fermeture de deux hauts fourneaux, de l’aciérie et des coulées continues sur le site de Liège.
2013. Annonce de la fermeture d’une partie de la phase à froid. Le 24 janvier, la direction du groupe annonce la fermeture de 7 lignes (sur 12) de la phase à froid. 1 300 emplois seraient supprimés.
Et après ? Au lendemain de l’annonce, les syndicats se sont réunis et ont convenu d’une série d’actions à Bruxelles, Namur, Luxembourg…

 


Edité par T 34 - 05 Feb 2013 à 13:38
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Mar 2013 à 20:11

Belgique: 1400 suppressions d'emplois chez Caterpillar

C'est un nouveau coup de massue qui s'est abattu jeudi sur le monde du travail belge, et plus particulièrement sur la Wallonie: la direction de Caterpillar à Gosselies, près de Charleroi, a annoncé la suppression de 1400 emplois sur les 3700 que compte l'usine.

Les travailleurs s'attendaient, soumis depuis 2 ans au chômage économique (ils ne travaillaient plus que deux jours par semaine) s'attendaient certes à une réduction d'effectifs, mais pas à une telle saignée. Ils espéraient que le problème serait réglé par la mise en retraite des travailleurs les plus âgés qui sont nombreux dans cette unité de la firme américaine d'engins de chantier. Implantée là en 1965, au moment où la région était sinistrée par la fermeture des mines, c'était la dernière grosse usine de la région. Le ministre de l'économie wallon Jean Claude Marcourt qui s'est dit « choqué » par cette annonce, a estimé que c'était « une mauvaise nouvelle pour toute l'Europe ». Il a appelé l'UE à « arrêter cette politique d'austérité qui détruit notre économie, nos emplois, et qui est intenable »

  • Lire aussi :

Nouveau chantage chez Caterpillar

La grande colère des sidérurgistes liégeois

Exil fiscal: mal en point en Belgique, Bernard Arnault bientôt Russe?

Correspondance de Françoise Germain Robin

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Jun 2013 à 19:19

Courser et taxer les millionnaires avec le Parti du Travail de Belgique

Le Rallye des millionnaires, organisé par le Parti du travail de Belgique (PTB) dans le Hainaut, se déroule ce dimanche. Ce tour, avec visite des millionnaires hébergés dans la région la plus pauvre du pays,donne le top départ d'une campagne pour l'imposition des plus grosses fortunes, aujourd'hui exonérées de taxation.

La province du Hainaut (voisine du département du Nord) est la plus pauvre de Belgique. Néanmoins, quelques-unes des plus grosses fortunes du royaume y vivent. C'est cette réalité que la section locale du PTB veut montrer en organisant un Rallye des millionnaires de 88 kilomètres. Le but du jeu n'est pas d'aller vite mais de répondre le mieux possible à différentes énigmes posées à l'arrivée de plusieurs étapes.

L'équipe gagnante remporte le livre Les riches aussi ont le droit de payer des impôts, de Marco Van Hees (1), spécialiste fiscalité du PTB et coorganisateur de «l'épreuve», un album du groupe Flying Shoes (dont un pilier n'est autre que Marco Van Hees) ainsi qu'une bouteille de champagne offerte gracieusement par Bernard Arnault, qui avait voulu élire domicile (fiscal) dans le Plat Pays. La deuxième équipe gagne le même lot, sans la bouteille de champagne, et la troisième se contente du livre. Ce qui n'est déjà pas mal!

Arrivée chez Albert Frère

Le départ se fait à Mons, à un jet de bouchon de bouteille de champagne de Valenciennes (35 km), et l'arrivée à Charleroi. Charleroi, la ville natale d'Albert Frère, première fortune belge. Le Belge le plus riche a bâti sa fortune en investissant dans la sidérurgie wallonne. De la fin des années 1940 à la fin des années 1970, il se construit un joli pécule dans le ­commerce de l'acier local. Mais, dès le début de la crise de l'acier, il vend ses entreprises sidérurgiques à l'État (dont Cockerill Sambre, qui sera absorbé plus tard dans ArcelorMittal). Il se tournera ensuite vers d'autres secteurs (banques, médias, énergie, etc.) qui feront de lui un homme d'affaires en vue au niveau mondial (2,9 milliards d'euros de fortune personnelle en 2012). Un chiffre qui a depuis grimpé, si on prend en compte la vente des actions que sa holding (Groupe Bruxelles Lambert) détenait dans GDF Suez et qui a rapporté à GBL 1 milliard d'euros. Si les travailleurs du Hainaut sont pauvres, il n'en est pas de même pour tous ses habitants, donc.

Le Rallye des millionnaires est ouvert à tous, «quelle que soit la hauteur de votre patrimoine», insistent les organisateurs. «La taxe de participation pour les non-millionnaires s'élève à 1 euro par personne, donnant droit au catalogue officiel et au kit de survie. C'est gratuit pour les moins de 18 ans et pour les millionnaires s'étant acquitté d'un impôt sur leur fortune». Chose impossible en Belgique, vu qu'il n'existe aucune forme de taxation sur les fortunes. Mieux, bon nombre d'entreprises échappent aussi à l'impôt.

16,9 milliards de recettes fiscales en moins

L'hebdomadaire Solidaire révèle chaque année son top 50 des entreprises qui ne paient pas ou peu d'impôts (alors que l'impôt sur les sociétés s'élève normalement à 33,99% des bénéfices). Dans son édition de 2012 (qui porte sur les bénéfices de 2011), Solidaire révélait que le taux moyen de ces 50 entreprises montait à 1,78%. À noter qu'une personne isolée ayant un salaire moyen paie 31,20% d'impôts. Et que si les entreprises du top 50 avaient payé le taux normal, l'État belge aurait touché 16,9 milliards d'euros en plus. Une broutille, quand on sait que le gouvernement de coalition dirigé par Elio Di Rupo (PS) a, en 18 mois, imposé des économies aux travailleurs s'élevant à près de 19 milliards d'euros. Comme partout en Europe, les coupes se sont surtout faites dans les services publics, les soins de santé, l'enseignement. Mais d'un impôt sur la fortune, qui permettrait d'éviter cette politique antisociale, les partis au gouvernement n'en veulent pas.

D'où l'idée du PTB d'une taxe des millionnaires qui toucherait (un peu) leur patrimoine: 1% d'imposition au-dessus de 1 million d'euros, 2% au-dessus de 2millions et 3% au-dessus de 3 millions. C'est cette taxe des millionnaires que veulent promouvoir les participants au rallye. D'une manière ludique, certes. Mais le sujet n'est, dans le fond, pas si marrant que ça.

  • A consulter:

Dans l'Humanité dimanche cette semaine

  • A lire aussi:

Exil de Dépardieu: la gauche belge aussi veut faire payer les riches

"75% des Belges pour un impôt sur la fortune: qu'attend le gouvernement?" (PTB)

Jonathan Lefèvre

Patria socialismo o muerte

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