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La Chine de Mao.

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: La Chine de Mao.
    Envoyé : 09 Oct 2007 à 23:42



http://french.peopledaily.com.cn/french/200106/27/fra20010627_47886.html

La naissance de Chine nouvelle et le PCC

 
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, un nombre de pays socialistes ont vu le jour en Europe. Mais le Parti communiste chinois a dû faire face à la grande guerre civile après avoir vaincu l'envahisseur japonais en 1945.

Après la victoire de la guerre de Résistance, l'économie chinoise était en ruines et le peuple aspirait à la paix et au développement. Sous la pression du peuple, Jiang Kai-chek, commandant en chef du Guomindang alors au pouvoir, a invité le dirigeant du PCC Mao Zedong à venir à Chongqing pour des négociations qui ont abouti à un accord de paix.

Mais dans le même temps, le Guomindang s'apprêtait à déclencher une guerre civile. En été 1946, les troupes du Guomindang avec l'appui des Etats-Unis, ont violé l'accord de paix, lançant des attaques, contre les zones contrôlées par le PCC. Une guerre civile générale a ainsi éclaté.

Au début de cette guerre, l'armée du Guomindang disposait de plus de 4 millions d'hommes équipés d'armements sophistiqués dont avions, chars et bâtiments de guerre. Du côté du PCC, il n'y avait que 1,2 million de soldats mal équipés. A l'issue des grandes épreuves de forces qui ont duré deux ans, l'armée du Guomindang a subi un échec cuisant. Et l'Armée populaire de Libération (APL) dirigée par le PCC allait de victoires en victoires.

Pourquoi le Guomindang militairement plus puissant n'est-il pas sorti vainqueur de cette guerre? Le chercheur chinois chevronné en histoire contemporaine, M. Chen Mingxian, estime que l'impopularité du Guomindang, était à l'origine de sa défaite. "Pendant la guerre de Résistance contre le Japon, le peuple chinois a fait d'énormes sacrifices. A la victoire, le peuple chinois souhaitait ardemment connaître une période de paix et de démocratie. Le déclenchement de la guerre civile par le Guomindang allait à l'encontre du courant de l'Histoire et des souhaits du peuple ", a -t-il dit.

Pour financer l'achat des armes utilisées pendant la guerre civile, le gouvernement du Guomindang avait prélevé des impôts exorbitants et procédé à un tirage excessif des billets de banque, entraînant une grave inflation dans l'ensemble de la Chine. Nombre de fonctionnaires du Guomindang étaient corrompus, le moral au sein du gouvernement et de l'armée était au plus bas. Les autorités du Guomindang exerçaient une répression violente sur les personnalités qui demandaient la démocratie et s'opposaient à la guerre civile.

Contrairement à tout cela, le PCC, après la fin de la guerre contre le Japon, a formulé un principe d'édification pacifique d'un gouvernement de coalition, s'opposant à la guerre civile et exigeant la démocratie et la paix. Les propositions du PCC ont bénéficié d'un large soutien parmi les populations de diverses couches sociales. Le PCC a pratiqué une réforme agraire dans les zones rurales sous sa juridiction qui consistait à confisquer les terres des propriétaires fonciers pour les redistribuer aux paysans pauvres. Cette politique a été très appréciée par des centaines de millions de paysans chinois. Sur les champs de bataille, les soldats de l'APL faisaient preuve d'une combativité extraordinaire et les commandants de cette armée étaient des professionnels de la conduite de troupes, si bien que la balance de la victoire a penché vers le PCC.

En tant que vétéran de l'APL, M. Wen Dianyang ,qui a aujourd'hui 70 ans, a participé aux batailles contre les troupes du Guomindang. Il en a toujours gardé de vifs souvenirs. Il a dit : " Je me suis enrôlé dans l 'armée et j'ai combattu sur le front: C'était pour conquérir le droit à une vie heureuse pour moi-même et pour tous les autres pauvres comme moi. Je me souviens que, quand nos unités arrivaient dans une localité quelconque, elles étaient très bien accueillies par les habitants qui souhaitaient que l'Armée populaire renverse au plus tôt la domination du Guomindang, afin qu'ils puissent s'émanciper et passer à une vie heureuse. "

Pendant les trois années de guerre, l'APL dirigée par le PCC est passée de la phase de défense à celle d'offensive stratégique pour anéantir dans la pratique les principales forces militaires du Guomindang.

En avril 1949, les unités de l'APL ont traversé le Yangtsé et occupé la ville de Nanjing. Cela a marqué la chute de l'administration du Guomindang dans la partie continentale. L'Armée du Guomindang a été obligée de se retirer sur l'île de Taiwan de l'autre côté du détroit du même nom.

Le premier octobre 1949, la République populaire de Chine a été fondée, mettant fin à un centenaire marqué par les invasions étrangères, des guerres civiles et des périodes de divisions de la Chine.

M. Wang Duo, âgé de 79 ans, qui a assisté à la cérémonie d'inauguration, ne peut contenir son émotion quand il évoque cet événement historique.

¡°Ce jour-là, la place Tian Anmen était bondée de gens enthousiastes. Quand le président Mao a annoncé depuis la tribune que le peuple chinois était désormais debout et que la République populaire de Chine était fondée, j'ai éprouvé une allégresse extrême. Je me suis félicité de la mort

d'une vieille Chine qui était un pays semi-féodal et semi-colonial et de l'avenir radieux qui pointait à l'horizon. Toute l'assistance était en effervescence et criait à haute voix : 'Vive le président Mao!'. Les ovations se sot prolongées indéfiniment," a précisé M. Wang Duo.





Edité par T 34 - 02 Jul 2010 à 11:52
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  Citer Ares Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Nov 2007 à 14:39
le mérite historique de Mao est à l'échelle de son pays et de son peuple,immense.
Les dérives plus tardives n'enlévent rien à cela.
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Oct 2009 à 20:32

Combattre au Nord pour gagner le Sud

(source : Contre-Informations 06/10/09)

 
Combattre au Nord pour gagner le Sud est un livre illustré publié en 1973 et racontant un épisode de la guerre populaire en Chine, en 1947. Il s’agit en fait d’une retranscription d’un film du même nom, le but étant de montrer les principes généraux de la guerre du peuple, stratégie menant à la victoire de 1949.

Il s’agissait de réaffirmer que la victoire ne revient pas à Mao, même si celui-ci a synthétisé les principes stratégiques, mais au peuple. Il s’agit donc là d’une arme idéologique, dans le cadre du prolongement de la révolution culturelle. C’est le peuple qui fait l’histoire, pas les « grands hommes »! Les « grands hommes » étant justement le mot d’ordre de Lin Piao, qui voulait transformer la révolution culturelle en culte borné de Mao Zedong, le plan étant ensuite d’assassiner justement Mao pour devenir le « grand prêtre » du nouveau « culte »…

Combattre au Nord pour gagner le Sud rejoint donc tous les très nombreux articles critiquant Lin Piao et aussi ceux critiquant Confucius dans les archives chinoises de Contre-Informations.


Vidéo : Mao déclare la création de la République Populaire de Chine (01/10/1949)

[Vidéo] Vive la victorieuse guerre du peuple contre l’impérialisme !



Edité par T 34 - 02 Jul 2010 à 11:48
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  Citer Pedro Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Mar 2010 à 22:51

Source

Pendant la Révolution culturelle, la coopération socialiste est mise en avant. Chaque entreprise se soucie autant des intérêts de la population, des entreprises ou des consommateurs pour lesquels elle travaille, que de ses intérêts particuliers. Voici deux exemples de cette coopération.

La coopération dans la lutte contre la pollution

La premier exemple concerne la lutte contre la pollution où des résultats spectaculaires ont été atteints dans de grandes villes comme Tien-tsin ou Changhai grâce à la coopération des différentes entreprises et de la population. Dans ces villes, grâce à la coopération, les eaux résiduaires ont cessé d’être déversées dans les fleuves. Des canaux souterrains ont été creusés et des usines de transformation de ces eaux édifiées. Ces usines permettent de récupérer des milliers de tonnes de produits utiles, d’obtenir des engrais qui fertilisent des dizaines de milliers d’hectares. Des résultats importants ont été obtenus aussi en ce qui concerne les rebuts, les déchets solides et les gaz résiduaires utilisés comme nouvelles matières premières. A Fouchoun, dans le Liaoning, l’utilisation des gaz résiduaires, des eaux résiduaires et des scories provenant de la Raffinerie de pétrole n°3 permet l’obtention de dix-neuf produits chimiques et métaux rares. L’atmosphère autour de la raffinerie a été assainie à la suite de modifications apportées à son fonctionnement, et des matières premières valant plusieurs millions de yuans sont obtenues chaque année (de la soude, des produits sulfatés, de la neige carbonique et des matières premières pour la fabrication de textiles artificiels, etc).

La coopération dans la recherche de la qualité.

Le second exemple concerne la recherche de la qualité et de la durabilité des produits grâce à une coopération étroite entre les entreprises productrices et les entreprises utilisatrices ainsi qu’entre les entreprises productrices et les consommateurs. Cette coopération aboutit à des résultats considérables que l’on peut vérifier auprès des utilisateurs industriels et agricoles, des réseaux commerciaux et des acheteurs particuliers. Ces résultats correspondent essentiellement aux intérêts des utilisateurs et non à ceux des producteurs. En effet, pour les entreprises productrices, l’amélioration de la qualité, de la solidité et de la durabilité des produits implique en général un surcroît de travail (recherches, mises au point...) et, éventuellement, des accroissements de prix de revient. Or ces améliorations ne s’accompagnent pas automatiquement d’une majoration des prix ou d’un accroissement du total des ventes. C’est même le contraire qui arrive lorsque les objets sont durables.

En agissant de cette façon, les entreprises productrices placent les intérêts de l’ensemble du pays avant leur intérêt particulier. C’est là le moteur d’un progrès économique de type nouveau, qui implique que la production n’est plus dominée par la recherche de l’accroissement de la valeur d’échange, des recettes monétaires ou du profit, mais par la recherche de la valeur d’usage. Cela suppose des transformations radicales dans les rapports sociaux, aussi bien au niveau de la base économique que de la superstructure.

Un nouveau mode de production

Contrairement à certaines conceptions qui se réclament du marxisme, mais qui en renient les idées fondamentales, de telles transformations ne sont pas spontanées. Elles ne sont pas mécaniquement déterminées pas le développement des forces productives. Aussi, et ce point est essentiel pour comprendre le Révolution culturelle prolétarienne et son rôle, on doit considérer que les transformations dans la base économique que l’on observe actuellement en Chine ne peuvent être que le produit d’une lutte qui a été menée et qui continue a être menée par les travailleurs pour transformer la division sociale du travail, pour faire cesser les rapports hiérarchiques au sein des unités de production, pour prendre en main la gestion et pour dominer la technique. Une telle lutte est une lutte politique et idéologique. Elle n’est pas une simple révolte. Elle exige, pour aboutir, une unité de conception et d’action et une juste appréciation de la nature des transformations possibles et de leur enchaînement. C’est pourquoi elle exige la direction d’un parti révolutionnaire.

D’aprés Charles Bettelheim, Révolution culturelle et organisation industrielle en Chine, chez Maspero

 

Rappelons que la Chine a aussi inventé, dès la fin du 19e siècle (!) la technique du biogaz, qui résoud à la fois le problème des déchets organiques (y compris les excréments humains) et de l'énergie... en consistant à fabriquer de l'énergie (gaz) avec les déchets organiques !

La pratique sera généralisée par le Parti communiste, lors de la mise en place des Communes Populaires en 1958 (sur le principe de l'autosuffisance de celles-ci : "compter sur ses propres forces !").

 

Un document en français expliquant la technique et son historique, et un reportage, en anglais, réalisé en 1980 (après la contre-révolution, mais la technique était toujours en place, et l'est souvent encore de nos jours dans les campagnes. Simplement, alors que les communes populaires voulaient résoudre la contradiction entre les villes et les campagnes, la contre-révolution et la restauration du capitalisme se sont traduites par une massification de la population sur la côte - 600 millions entre Canton et Pékin. La Chine est aujourd'hui l'un des pays les plus éco-destructeurs de la planète).




Le reportage dont nous avons parlé dans l'avant-dernier article, traduit.

Il se déroule en Chine en 1980, donc après la contre-révolution, cependant les Communes Populaires n'avaient pas encore été liquidées, et l'héritage de plus de 25 ans de marche vers le socialisme et le communisme marquaient encore profondément le pays, en particulier les campagnes.

Florita Botts - Biogaz en Chine

Le cadre décrit son village de quarante-huit familles.
"Le biogaz a été introduit dans notre village il y a quatre ans. Jusqu'ici quarante-quatre familles ont établi leurs propres unités individuelles pour la cuisine et l'éclairage".

1980. La Chine

J'étais au fin fond du coeur de Sichuan rural, me reposant dans la cuisine d'une ferme rurale en buvant du thé vert.
Une jeune femme souriante de la maison était occupée à dérouler des biscuits pour nous offrir, tandis que le cadre de village parlait, et Ho, mon interprète, traduisait tandis que je prenais des notes.
Le cadre, dans son style de présentation vif et monotone comme mémorisé, poursuit : "En produisant et en employant le biogaz dans nos maisons nous ne devons plus brûler de charbon ni de kérosène pour la cuisson. Et les arbres n'ont plus besoin d'être coupés pour le bois de chauffage".
J'ai observé notre hôtesse tandis qu'elle allumait un brûleur fixé à un tube en caoutchouc, l'insérant dans un espace de son fourneau de ciment - l'espace pour les carburants traditionnels, mais maintenant c'était pour son propre biogaz fait maison. Le brûleur m'a rappelé mes cours de chimie de lycée ; nous les appelions des "becs Bunsen".
"Nous avons amélioré notre environnement, et avons amélioré notre santé avec la production de biogaz".

Paroles de rêve pour moi. Après les pays innombrables où j'ai été envoyée, pour photographier leurs arbres --- forêts --- détruites juste pour faire cuire au feu : Ethiopie, Burkina Faso, Ghana du Nord, Mandalay en Birmanie, Népal, Inde… partout dans le tiers monde, vraiment. Et quand j'ai été guidée à travers les maisons des paysans du comté de Tsuong Ching, Sichuan, et que j'ai observé comment chaque unité individuelle de biogaz fonctionnait, c'était une vue miraculeuse.

Les gens du village étaient désireux de m'inviter dans leurs maisons en pierre blanchies antiques et d'offrir le thé dans leurs cours de gemlike avec des bassins de poissons rouges et des fleurs, et de me montrer leurs propres cuiseurs de biogaz.
Un beau couple en tenue rurale classique du Sichuan posaient ensemble pour une photo. L'homme en chapeau noir de velours et veste et pantalon assortis, la femme en tunique noire de velours et pantalon, les cheveux gris tirés étroitement en arrière en chignon. Ils se sont tenus fièrement ensemble devant leu cuisinière, faite en ardoise, comme le plancher. L'épouse a tenu un wok au-dessus du brûleur allumé. Le brûleur était allumé avec le biogaz produit dans leur arrière cour.

 

Pouvez-vous le croire ? Et pourquoi le reste du monde ne sait-il rien sur les millions de paysans chinois du Sichuan qui produisent leur propre gaz de cuisson et d'éclairage ?

 



Je vais vous dire pourquoi. Parce qu'ils le font à partir de la merde humaine, et la merde est répugnante, un sujet tabou. Elle n'est pas journalistique.
La destruction de forêts entières pour allumer les feux du tiers monde n'est pas journalistique, non plus.

J'ai été menée dehors, derrière la maison. Le cadre et la femme au foyer ont montré un couvercle concret dans la terre, avec un tube en plastique émergeant de lui et menant par le mur de leur cuisine. Sous ce couvercle, il y avait un puit hermétique appelé le digesteur, où les déchets organiques fermentaient et créaient le biogaz. Le gaz a été injecté dans la maison par le tube en plastique.

À côté de la maison étaient deux hangars. C'était la porcherie de la famille, contenant deux porcs roses très propres reniflant et grognant. Leurs excréments et urine s'écoulaient par une gouttière inclinée directement vers le digesteur souterrain. L'autre hangar était le WC de la famille. Il était également écoulé directement dans le digesteur de biogaz. La porte de la latrine a été ouverte de sorte que je puisse aller voir tandis que le cadre expliquait. C'était un deux-sièges. Il n'y avait aucune puanteur.

Excréments de porc et d'humain déversés dans le réservoir souterrain, mélangés aux déchets végétaux tels que des tiges de paille ou de plantes, avec assez de boue liquide pour créer une couverture étanche protectrice, sous laquelle des microbes travaillent pour fermenter ce mélange et pour produire le biogaz. Cela est défini comme une fermentation anaérobie.

 

 

Le cadre a expliqué que les excrétions d'une famille de quatre et deux porcs fournissaient les besoins de carburant du ménage quotidien. Non seulement ce système produit-il un carburant propre, inodore, sans fumée, mais il fournit également un engrais organique au contenu élevé d'azote et de phosphore. Il est entièrement dans la boue liquide - également inodore. Il est écopé régulièrement par une sortie ouverte à côté du digesteur et épandu directement sur les récoltes.


Un autre aspect extraordinaire du biogaz est sa contribution  au contrôle de la pollution et à un environnement sain. Pendant le processus de fermentation, les parasites intestinaux - comme le ténia, ankylostome, amibes - les bacilles de bactéries entériques, de dysenterie et de paratyphoïde sont détruits. C'est un dispositif extrêmement important de santé publique dans des conditions tropicales et subtropicales. Il signifie que les latrines sont non polluantes, et que l'engrais propre retourne au sol et aux récoltes.


C'était la Chine rurale. Il n'y avait aucun toilette à tout à l'égout dans les villages que j'ai visités en 1980. (Il n'y en a toujours pas beaucoup).


Que connaît le monde développé de la façon dont les excréments humains sont traités dans la plupart des villages des pays du Tiers-monde ? Pendant trente ans j'ai dû les voir et les sentir, et essayer de ne pas faire un pas dedans.
Et soyez certains, que la nourriture et l'eau sont souillées par eux.
Les Chinois sont très détendus et ouverts sur le sujet de manipuler les excréments humains. Ils sont les seules personnes dans le monde à l'être. C'a été leur source principale d'engrais pendant des siècles. Ils ont une variété de manières de les manipuler, de les rassembler, de les fermenter et de les stériliser, comme aucun autre pays.




Le digesteur souterrain a été construit par la famille à la maison de laquelle je rendais visite. Les voisins ont aidé avec le creusement et la construction du puits, supervisés par des techniciens du biogaz.
Les techniciens étaient des paysans de leur village envoyés et payés par l'Etat pour se former dans d'autres villages où le système était déjà perfectionné. Ils ont appris la science et technologie, et sont revenus à leur village, payés pour répandre le système. Dans la province du Sichuan, en 1980, il y avait 150.000 techniciens qualifiés.

À Chengdu, la capitale du Sichuan, un cours de formation sponsorisé par l'ONU pour des techniciens de biogaz d'autres pays asiatiques était en session. Ma tâche était de produire deux vidéos et diaporamas que les stagiaires pourraient employer quand ils seront revenus dans leurs pays respectifs. Le programme 1 serait un documentaire sur la technologie chinoise de biogaz, à partir de l'unité de taille familiale à de grandes unités de communautés produisant assez de biogaz pour faire marcher des machines de ferme, produire de l'électricité, faire tourner des usines de pouvoir étendu. Programme 2 : un processus étape-par-étape détaillé pour construire un digesteur de taille familiale, assez technique pour donner une notion claire de la façon dont il est construit à partir de zéro.

Je suis allé avec les stagiaires dans un village de ferme juste à l'extérieur de Chengdu, appelé Unité de production n°1 de la brigade de Kwangrong. (C'était encore le système des communes en 1980 : la commune, divisée en brigades de production, subdivisées en unités de production. En 1981 le système des communes a été brisé par Deng Xiaoping, et la Chine est rapidement devenue la jungle qu'elle est désormais. "Laisser le renard capitaliste dans le poulailler socialiste", comme on a appelé cela).

Les stagiaires étaient dans un grand hangar au travail sur un générateur à moteur diesel. Ils apprenaient comment modifier le filtre à air pour que le moteur marche au biogaz. "Les moteurs diesel fonctionnent très bien sur le biogaz, avec juste une modification mineure", a indiqué mon interprète pendant que j'observais l'instructeur en veste Mao remettant une clé à la petite et assez jolie stagiaire thaïe, la seule femme dans le groupe. "Les moteurs peuvent tourner avec du biogaz  à quatre-vingts pour cent et seulement vingt pour cent de carburant diesel".

Les stagiaires avaient déjà fini le travail pratique sur la construction d'un digesteur de la taille d'une ferme pour rassembler l'engrais de trente porcs. La quantité de biogaz qu'elle produisait déjà était suffisante pour produire de l'électricité pour fournir le moulin à riz et l'alimentation du village et pour éclairer les maisons de quarante familles.



http://www.forum-unite-communiste.org/uploads/3/fuc_faceboock1.pdf
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Aug 2010 à 00:00
Réussite du socialisme en Chine, échec du capitalisme en Inde




La révolution inspire les révolutions au Népal, en Inde et aux Philippines comme les inspirent aussi les révolution soviétiques, vietnamiennes, coréennes et cubaines.

En 1947 quand l'Inde réalisa sa libération anticoloniale expulsant l'ignominieux empire britannique et en 1949 triompha la Chine dans sa révolution à la fois sociale et nationale, défesant le parti fasciste pro étasunien Kuomintang.

La misère des deux peuples était très similaire au début. En Inde l'espérance de vie était de 32 ans et en Chine elle était de 35 ans. En Inde la femme souffait de l'oppression du système du sati (on jette la femme dans le bucher funéraire de son mari, celà évite d'avoir à lui verser une part de l'héritage) et en Chine celle des pieds bandés. L'Inde suivit le chemin capitaliste dirigé par Jawaharlal Nehru et la Chine suivit le chemin socialiste sur la base de la théorie de la "nouvelle démocratie" impulsée par le Parti Communiste. Malgré la réforme agraire impulsé par les communistes au Kérala, au Pendjab et au Bengale Occidental, l'Inde ne réalisa pas de véritable réforme agraire et maintenit le pouvoir des grand propriétaire et l'oppression des paysans sans terre et des castes basses , dalits et adivasis. Le fait que le préambule de la constitution indienne de 1976 mentionne le mot "socialiste" ne signifie rien de plus que l'immense prestige du Socialisme pour les peuples d'Inde et d'Asie.

En Chine les communiste commencèrent la réforme agraire dans les années 1920 dans les territoires qu'ils contrôlaient mais ne le firent à l'échelle nationale qu'a partir de 1949. Ils remirent des terres aux paysans, réduisirent les loyers et créèrent des communes de production qui regroupaient de nombreux petits village qui offraient des services sociaux aux paysans. Collectivement ils ont créer des infrastructures qui ont amélioré la production : système d'irrigation, étangs pour les poissons, défrichement, sylviculture.

Déjà dans les années 1950 on notait des différences entre l'Inde et la Chine. L'espérance de vie était en 0951 de 32,11 ans en Inde et de 10,3 ans en Chine. Le taux de mortalité infantile chinois se réduisit à la moitié en 1957. Dans les années 1970 l'espérance de vie chinoise était de 63,6 ans pour les hommes et de 66,3 ans pour les femmes, mais en Inde elle était de 49,4 ans.

Si pour la grave erreur du grand bond en avant maoïste on estime qu'il y eu une surmortalité de 30 millions de personnes, l'économiste indien Amartya Sen estime que l'expérience capitaliste indienne causa une surmortalité annuelle de 4 millions.

La révolution verte indienne n'a pas résolut le problème de la misère. 43% des familles rurales sont des paysans sans terres ou avec peu de terres. Dans l'Andhra Pradesh se concentre les suicides de paysans accablés par les dettes et la misère.

L'espérance de vie en Chine est aujourd'hui de 72 ans tandis qu'en Inde elle est de 64 ans.

Au Bihar, Uttar Pradesh, et Bengale Occidental et dans 5 état indiens il y a 421 millions de personnes souffrant de la faim selon Multidimensional Poverty Index tandis qu'en Chine 200 millions sont sortit de la pauvreté durant les dernières années.

Beaucoup de paysans pauvres d'Inde, du Népal et des Philippines considèrent la réforme agraire de Mao comme modèle à suivre.

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Edité par T 34 - 26 Jun 2011 à 21:23
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Nov 2010 à 17:07

Les aspects méconnus de la révolution culturelle (2/7) : Les luttes de classes en Chine, par Dongping Han.

Traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société.

Après la préface de Fred Magdoff, voici une première traduction du travail de Dongping Han sur la Révolution Culturelle. Le passage suivant ne parle pas encore de celle-ci mais, dans le cadre d’une présentation de la « culture politique rurale » avant la Révolution Culturelle, décrit les luttes de classes à la campagne telles qu’elles se déploient pendant et immédiatement après la guerre civile de 1946-1949. (Marc Harpon)

Le Parti Communsite Chinois a dû sa survie et sa victoire finale aux ruraux pauvres. Face aux massacres de Tchang Kaï Tchek en 1927, une force communiste chinoise faible et défaite a été capable de survivre et de croître rapidement dans la région montagneuse de Jinggang et d’autres endroits reculés grâce au soutien des ruraux pauvres. Submergée par les forces supérieures de Tchang Kaï Tchek et contraintes à la « longue marche » en 1934, les forces communistes battues n’avaient rien sur quoi s’appuyer sinon sur les ruraux. Elles auraient péri sans ce soutien.

La contribution de villageois de Jimo à la victoire communistes

A Jimo, Shangdong, comme partout ailleurs, c’est le soutien et la protection des ruraux pauvres, parfois au risque de leurs propres vies, qui a permis aux forces communistes faibles et dispersées de lutter et de grossir derrière les lignes ennemies des envahisseurs japonais. Certains avancent que les petites gens avaient soutenu les seigneurs de la guerre et quiconque possédait un fusil. Toutefois, il y a une grosse différence entre le soutien passif (souvent forcé) et le soutien actif. Il est bien établi en Chine que l’Armée Nationaliste devait attacher ses conscrits de peur qu’ils ne désertent. Les forces communistes, d’un autre côté, étaient composées de volontaires paysans. C’est pourquoi les forces communistes pauvrement équipées ont finalement vaincu les forces nationalistes beaucoup mieux armées durant la guerre civile de 1946-1949. Des aînés paysans de Jimo ont dit qu’ils avaient risqué leurs vies propres vies pour cacher des soldats communistes poursuivis par les Nationalistes durant la guerre civile. Le soutien que le Parti Communiste a obtenu des pauvres ruraux était très différent du soutien passif que les seigneurs de la guerre et les nationalistes ont extorqué par la force aux petites gens.

En 1946, dans le but de motiver les pauvres ruraux à rejoindre l’effort de guerre Communiste durant la Guerre Civile Chinoise, le PCC a sponsorisé la réforme agraire dans des zones du jimo rural sous son contrôle. La majorité des des pauvres ruraux ont profité de la réforme agraire aux dépens des propriétaires terriens. Avec l’aide de militants du CCP, de pauvres fermiers se sont organisés et ont lutté contre les puissants propriétaires terriens. Ils ont confisqué la terre et les biens des propriétaires et les ont séparées entre les villageois. [...] Certains propriétaires de Jimo ont sévèrement maltraités par les pauvres et les sans-terre au début de la réforme agraire. Des paysans pauvres ont profité des opportunités fournies par la réforme agraire et ont cherché à se venger des propriétaires terriens qui avaient abusé de leur position d’autorité et de leur richesse dans les villages. De nombreux propriétaires ont dû quitter leurs foyers. […]

Quand, après le départ des forces du PCC devant l’offensive nationaliste, les propriétaires terriens sont revenus dans les villages où ils étaient nés à Jimo, ils se sont vengés contre les pauvres qui les avaient défiés. Le 28 avril 1946, un groupe de huan xiangtuan dirigé par le propriétaire terrien Huang Xiangui a tué 25 dirigeants de l’Association des Paysans Pauvres et de la milice villageoise de Diaoyuzui. Nie Yinhua, la chef du l’Association des Femmes du village avait seulement dix-huit ans. Les propriétaires terriens l’ont torturée et l’ont brûlée vive. Ils lui ont scié les paumes avec une ficelle, et lui ont brûlé les seins avec une lampe à pétrole. En plus, les parents de Bie, son grand-père et deux petits frères ont été tués.

Le 12 septembre 1947 les propriétaires terriens Yu Chenfeng et Xin Ziyu, de concert avec 18 complices, ont tué plus de deux douzaines de personnes dans le village de Dongwa. Ils ont d’abord tué Gu Xiuzhong, la chef de l’Association des Femmes. Ensuite, ils ont tué sa mère et trois petits frères et ont jeté leurs corps dans un puits. Son plus jeune frère n’avait que huit ans. Les propriétaires terriens l’ont écartelé en le tirant par les jambes avant de le jeter dans le puits. Ils ont aussi tué la famille du chef communiste du village, Xin Zegeng- sa femme, ses deux fils et ses deux filles. Ils les ont forcées à s’agenouiller devant un puits et les ont frappées avec une grosse pelle et ont ensuite jeté les corps dans le puits. La femme de Xin était enceinte de huit mois. La même nuit, ils ont aussi tué la famille de Li Leigeng- sa femme, sa fille de treize ans, ses fils de neuf et cinq ans- de la même façon. Le jour suivant, le même groupe de propriétaires a tué Li Xifa, le chef de l’Association des Travailleurs du Village, et sa femme. Ils ont aussi tué la mère de de Sun Sifa, ses deux soeurs et ses deux frères, parce que Sun Sifa était un soldat de l’Armée de Libération du peuple dirigée par les Communistes.

[…]

Pour les anciens propriétaires terriens ces brutalités étaient justifiées parce que les pauvres et les sans-terre avaient pris leurs terres et leurs biens et menacé leur mode de vie. D’un autre côté, les pauvres et les sans-terre, influencés par l’idéologie communiste, se sentaient fondés à prendre les terres et les biens des propriétaires terriens et des paysans riches qui les exploitaient. Après la victoire des communistes, lors de la guerre civile, les pauvres ont souvent réglé leurs comptes avec des éléments de huan xiangtuan en les exécutant. Des villageois de Biehungfu ont lapidé Liu Hengzu, chef du huan xingtuan. Le 14 janvier 1948, les huan xiangtuan ont tué le chef de l’Association des Paysans, Yu Chenggang et son fils dans le village de Xiwa. Le jour suivant, des villageois mécontents se sont vengés en tuant deux parents de membres de huan xiangtuan. Ils ont menacé de tuer deux membres de familles de huan xiangtuan pour chaque chef villageois communiste tué par les propriétaires terriens.

Durant la confrontation finale entre les Communistes et les Nationalistes, les Communistes été submergés numériquement, et leur armement était inférieur. L’armée nationaliste était équipé d’armes américaines et avait un soutien logistique des Etats-Unis. Le soutien aux communistes du peuple rural a changé l’équation. I. Ils se sont précipités pour rejoindre les rangs de l’Armée de Libération du peuple (ALP). Ils ont poussé des charriots à roues pour transporter des fournitures pour l’ALP et porté des brancards pour la sécurité de soldats du PLA. Dans la seule province de Shangdong, plusieurs millions de paysans étaient sur les routes, transportant des fournitures dans des charriots pour l’ALP durant la Guerre Civile. 90 000 paysans de Jimo, armés de 3500 brancards et 7600 charriots ont participé à la Guerre Civile du côté communiste. Des paysans ont contribué à la guerre de beaucoup d’autres façons. Les femmes rurales de Jimo ont fait 5000 paires de chaussures et moulu 650 000 jin de grains pour l’ALP. (…) Sans le soutien du peuple rural, il n’y aurait pas eu de victoire communiste.

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La « Longue Marche » de l'armée Rouge

 
 
Dans les années 30 du siècle qui vient de s'achever, l'Armée Rouge des Ouvriers et des Paysans-force armée du Parti communiste chinois(PCC) a parcouru 12 500 km à travers la Chine sous la direction de Mao Zedong, de Zhou Enlai et de Zhu De.

Cette « Longue marche de 25 000 lis » est une épopée qualifié de grandiose par les historiens.

En 1931, les envahisseurs japonais occupent les trois provinces du Nord-Est de la Chine. Sans se soucier de l'intérêt de la nation, l'armée du Guomindang, qui est alors au pouvoir, cherche à encercler et à anéantir l'Armée Rouge. Le PCC propose d'arrêter la guerre civile et de lutter ensemble contre les agresseurs japonais. Mais cette proposition ne suscite aucune réaction du Guomindang. En octobre 1934, confrontée aux offensives du Guomindang qui a rassemblé plus d'un million de soldats, l'Armée Rouge est obligée de se retirer de ses bases du Sud et d'opérer un repli stratégique. C'est le début de la « Longue Marche ».

En janvier 1935, l'Armée Rouge arrive à Zunyi, au Guizhou, dans le Sud-Ouest du pays. C'est dans cette ville qu'a lieu la réunion la plus importante de la Longue Marche. Après avoir mis un terme à la conduite erronée de Li Da (nom chinois d'un délégué de l'Internationale communiste), la réunion élit une nouvelle direction centrale pour confirmer le rôle dirigeant de Mao Zedong comme chef de l'Armée Rouge. La réunion de Zunyi marque un grand tournant dans l'histoire du PCC. Dès lors, la révolution chinoise s'orientait vers une nouvelle voie grâce à la juste direction de Mao Zedong .

Evoquant cette période, M. Li Anbao, professeur à l'Université du Peuple et historien du PCC, conclut en ces termes : « Sans la réunion de Zunyi, la Longue Marche n'aurait pas été victorieuse. Sans cette victoire, la révolution chinoise aurait abouti à un échec. »

C'est après la réunion de Zunyi que la Longue Marche commence réellement pour l'Armée Rouge qui se dirige vers les régions du Nord pour combattre les envahisseurs japonais, et mène une lutte acharnée pour fonder une Chine nouvelle, démocratique et prospère.



Les difficultés rencontrées par l 'Armée Rouge au cours de la Longue Marche sont inimaginables. Pendant douze mois environ, les soldats de l'armée Rouge ont marché sur plus de 10 000 km, franchi plus de dix mille montagnes, traversé une vingtaine de fleuves et de marais désolés, steppes désertiques et chaînes de monts enneigées, sans cesser de riposter aux attaques des troupes du Guomindang. L'Armée rouge manquait de tout : de moyens de transport, de nourriture, de vêtements et de médicaments.

M. He Chengfu, un des rares survivants de la Longue Marche, âgé de 81 ans, se souvient : « Je n'ai jamais su l'altitude des monts Jiajin. Ils nous semblaient à des hauteurs inaccessibles. Nous étions sans cesse battus par la neige et la grêle. Le climat changeait brutalement. On voyait le soleil, puis tout d'un coup, un coup de vent ou une tempête de neige survenait. Le deuxième obstacle à franchir a été la traversée des marais où il y a eu beaucoup de morts. »



Après mille épreuves, épuisées mais victorieuses, les trois forces principales de l'Armée Rouge firent leur jonction en octobre 1935 à Wuqizhen, au nord du Sha'anxi. Ainsi s'acheva la Longue Marche. L'Armée rouge avait essuyé de lourdes pertes. Ils étaient partis 300 000 ; 30 000 survivants parvinrent à Yan'an, nouveau lieu de la révolution. Trempés par les épreuves, la plupart de ces soldats sont devenus par la suite des éléments d'élite du PCC et la force principale dans la Guerre de Résistance contre le Japon, la Guerre de Libération et la fondation de la Chine nouvelle. Ecoutons à ce sujet le professeur Zhang Shujun, du Bureau d'études de l'histoire du PCC : « L'Armée rouge a accompli la Longue Marche et réalisé un repli stratégique, ce qui montre l'héroïsme ne se laisse pas intimider par les difficultés et les épreuves. »

La Longue Marche est sans aucun doute un épisode marquant de l'histoire de la Chine contemporaine. Elle a permis non seulement de mettre fin au danger de disparition qui menaçait le PCC, mais aussi de tremper le PCC et l'armée qu'il dirigeait pour qu'ils deviennent une force invincible. Au cours de la Longue Marche, l'Armée Rouge a exalté des idées telles que la protection de la patrie, la lutte contre l'invasion et la création d'une Chine nouvelle, démocratique et indépendante, ce qui a éveillé la conscience des masses laborieuses. C'est ce qui a conduit Mao Zedong à dire : « La Longue marche est un manifeste, un outil de propagande et une semeuse ».

En 1984, un demi-siècle après la Longue marche, un écrivain américain du nom de Harrison E. Salisbury, est venu en Chine. Il a réalisé des interviews le long du trajet de la Longue Marche et a écrit «La véritable histoire de la Longue Marche ». Ecoutons ce qu'il dit dans ce livre :

« La Longue Marche restera gravée dans les mémoires comme une épopée de l'intrépidité de l'être humain, qui sera transmise de génération en génération. Lorsque l'esprit de l'être humain a été éveillé, ses pouvoirs deviennent illimités. » conclut cet auteur extraordinaire.
 
 

La Longue Marche de Mao (1934 – 1935) / 长征

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Episode dramatique entre tous dans l’ascension politique de Mao Zedong, la Longue Marche figure aussi parmi les grands exploits militaires !


Pour échapper aux troupes de Chiang Kaishek, les troupes communistes d’Octobre 1934 à Octobre 1935 parcourent plusieurs milliers de kilomètres du sud ouest au nord est de la Chine, du Jiangxi au Shaanxi et se regroupèrent dans le nord de cette région, en vue des combats futurs.

Dans l’histoire de la Chine contemporaine, la Longue Marche apparaît, à juste titre, comme une grandiose épopée et ses épisodes font aujourd’hui le sujet de mille récits et représentations graphiques populaire dont elle à inspiré Mao Zedong lui-même.

A vrai dire, des déplacements de cette ampleur (12 000 kms) et de cette durée (1 an) ne furent pas rares dans le passé et jusqu’à l’époque moderne. En effet, moins de 100 ans plus tôt, l’aventure des Taiping avant conduit Shih Dakai (石達開) « Seigneur des Cinq Mille Ans » , l’un des généraux du Roi Céleste jusque Sichuan sur l’itinéraire que suivront les Communistes Chinois.

En 1927 et 1928, lors de L’Expédition du Nord, plusieurs armées traverseront le continent ou presque. Certaines armées Nationalistes lancées à la poursuite des Communistes (la 2ème armée de route du général Xue Yue) feront autant de chemin qu’eux.

Le mérite de la Longue Marche est en particulier celui de Mao Zedong et de Zhu De (朱德), fut moins de marcher que de survivre, cette survie étant due à leurs talents politiques et militaires, mais aussi au courage et à la discipline d’une armée que la désintégration guettait à chaque instant.

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La Longue Marche sera le fait de trois corps entièrement distincts par la composition, le commandement, la zone de départ, l’itinéraire et le calendrier des déplacements :

Zhu De (朱德) venu du Jiangxi

He Long (贺龙) parti de la frontière du Hunan, Guizhou, Hubei et Sichuan

Zhang Guotao (張國燾) aux limites nord est di Sichuan

L’armée de Zhu De (朱德) (la 1ere armée de front) à pour commandant en second Peng Dehuai (彭 德怀  ) , pour chef d’état major Ye Jianying (叶剑英) et pour chef du bureau des opérations Liu Pocheng.

Elle comprend les 1er, 3ème, 5ème, 8ème et 19ème groupes d’armées ainsi qu’une division d’instruction. Ces désignations ne doivent pas faire illusion et dissimuler la faiblesse des effectifs et la médiocrité des moyens de combat. En effet ces 5 groupes d’armées totalisent 90 000 soldats sur lesquels 30 000 sont des recrues. Marchent avec l’armée près de 30 000 civils et parmi eux, les ouvriers d’un arsenal de campagne et ceux d’une imprimerie avec leur matériel porté à dos d’homme.

 

Zhu De (朱德) commence son mouvement le 16 Octobre 1934 à partir de la région sud de Ganzhou et, étalé sur plusieurs colonnes, suit à peu près les reliefs montagneux qui séparent le Hunan et le Guangdong puis du Guangxi. Forçant 4 lignes de surveillance plus ou moins solidement tenues comme au long de Gan Jiang (Rivière Gan) dans la région du Jinhua au Guangdong à hauteur de la route Guangzhou – Hankou ( 汉口) (le 13 Novembre).

Dans le sud de Quanzhou (泉州 ) au nord est de Guilin, il arrive dans la province du Guizhou. Les combats et les désertions de soldats qui craignaient de s’éloigner de leur région d’origine, paraissent avoir réduit considérablement, voir de moitié ses effectifs initiaux. Quant au matériel, il avait été largement abandonné au bénéfice d’une meilleure mobilité.

Zhu De (朱德)  échappe aux Nationalistes.

D’importantes unités gouvernementales sont rassemblées autour du Guiyang, la capitale de Guizhou aux ordres du général Wang chia lieh le responsable de la province. Zhu De (朱德)   renonce donc à la poursuite vers l’ouest et remonte vers le nord ouest, vers Zhenyuan (镇原) et Zunyi (遵義). Son intention était de franchir le Yangtze non loin de Chongqing et de rejoindre au Sichuan le groupement de Zhang Guotao (張國燾)  qui s’y trouve déjà.


Le 4 Janvier 1935, un combat difficile dirigé par Liu Bocheng (刘伯承) permet à Zhu De de traverser Wu Jiang (la Rivière Wu) et d’échapper au gros des forces Nationalistes qui le poursuivent.


Le 06, les Communistes entrent dans Zunyi (遵義) où ils vont demeurer jusqu’au 18 Janvier. C’est au cours de cet arrêt qu’une "conférence" va confier à Mao Zedong les fonctions provisoires de "Président du comité central", c'est-à-dire la direction du Parti.

Cependant, aucun détail n’est connu de façon certaine au sujet des conditions de cette réunion, les bribes de l’histoire officielle témoignent tout de même qu’un débat vif s’éleva entre les anciens dirigeants et leur partisans.

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La conférence de Zunyi (遵義) était en effet indispensable, non pour condamner les erreurs militaires du passé ou pour élaborer une nouvelle stratégie qui s’imposait d’elle-même, mais pour tirer les conséquences de l’abandon du Jiangxi sur la direction du Parti.

La destination finale de l’Armée rouge fut un autre sujet de désaccord à Zunyi (遵義). Les uns, dont mao Zedong penchaient pour le nord du Shaanxi où se trouvait déjà une petite base, les autres pour le Xinjiang, c'est-à-dire le Turkestan Chinois, plus proche des frontières Soviétiques et auquel les Russes portaient une attention intéressée.

Une traversée difficile du Yangtze.

Cependant la traversée du Yangtze dans la région du Chongqing (重庆) se révélait impossible en raison de l’opposition résolue des généraux Sichuannais. La 1ere Armée de front parvenue à "Chishanting" doit se résoudre à redescendre vers le sud est. Après avoir poussé une pointe à l’ouest, vers Pichieh, comme pour gagner directement la haute vallée du Yangtze, elle reprend encore une fois la direction du sud est. Passant entre  Zunyi (遵義) et Guiyang (贵阳), elle contourne cette dernière ville par l’est et le sud et peut enfin se diriger à nouveau vers l’ouest. Tout au long de cet itinéraire compliqué, elle avait dû livrer plusieurs combats aux éléments de quatre divisions adverses.

Pendant plusieurs semaines, les forces Communistes progressant sur l’axe général Kweihua (Suiyuan) – Zhengfeng (整風), suivront des pistes de montagne parallèles à la grande route Guiyang – Kunming.

Zhu De (朱德) se propose maintenant de passer le Yangtze aux confins du Yunnan et du Sichuan dans cette partie de son cours où  il porte encore le nom de Jinsha Jiang (金沙江) (la rivière aux sables d’or). Dans cette intention, un groupement commandé par Lin Biao (林彪) exécute une feinte sur Kunming où le trouble est grand. Pendant ce temps, le reste de l’armée articulé en deux colonnes principales se dirige vers le grande boucle sud du fleuve. Marchant sur Xuanwei (宣威) et Dongchuan (东川区), la colonne de droite la franchira près de Luki au sud de Qiaojia (巧家), la colonne de gauche à une centaine de kilomètres plus au sud (bacs de Luche et de Hungmen), Lin Biao (林彪) effectuera sa traversée plus en amont encore, à l’est de Lungkai.


Le passage du Yangtze, large de 300 mètres dans cette partie de son cours, durera une dizaine de jours et s’achèvera à la mi-mai sans incidents notables.

De la vallée du grand fleuve, la 1ere armée de Front remonte vers le nord, via Huili (会理) elle s’arrête 5 jours.

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Dans les dernières semaines de Mai, le groupement de Lin Biao (林彪) parvient sur la rive droite de Dadu (大渡), affluent de Min Jiang (岷江), elle-même affluent du Yangtze.

Ses éléments de tête (1er régiment de la 1ere division) venant de Mianning (冕宁), s’empare de la petite localité d’Anshuchang défendue par deux compagnies Sichuannaise le 22 Mai. Plus heureux que le chef Taiping Shih Dakai, Liu Bocheng (刘伯承) dont Nie Rongzhen (聂荣臻) est alors le commissaire politique, prend pied sur la rive gauche de la rivière.

Cependant, les moyens de franchissement, réduits à quelques barques, sont insuffisants pour transporter toute la 1ere armée de Front au-delà de la Dadu large de 300 mètres et dont le courant est à cette époque de l’année extrêmement violent. L’armée remontera donc la rive droite de cette rivière sur près de 150 kilomètres pour s’efforcer d’atteindre le pont de Luding (泸定桥). Le paysage de hautes montagnes abruptes couvertes de neige malgré la saison, coupées de torrents rapides est impressionnant, plus impressionnant encore est le pont lui-même fait de 13 chaînes de fer tendues d’une rive à l’autre au dessus des eaux tourbillonnantes.

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Venu à marches forcées d’Anshuchang, le 4ème Régiment arrive donc enfin à l’extrémité occidentale du pont, le matin du 26 Mai.

Deux vers d’un poème ancien sont inscrits sur la stèle qui en marque l’entrée :

"D’immenses montagnes entourent le pont de Luding,

Leurs cimes s’élèvent à mille Li dans les nuages".

A l’autre bout du pont, la ville murée de Luding se dresse à flanc de montagne et, s’il faut croire les Communistes, deux régiments de Sichuan en tiennent le centre et les abords.

A 4 heures de l’après-midi, 22 volontaires de la 2ème compagnie se lancent à l’assaut du pont et 2 heures plus tard, pont et ville étaient passés aux mains du 4ème régiment. L’opération avait été, il faut le dire, grandement facilitée par la progression de la 1ere division sur la rive gauche, probablement aussi par la médiocrité des troupes provinciales adverses. Toute l’affaire n’avait coûté que 17 tués aux assaillants, mais la grandeur du lieu et le passage de la Dadu rentre parmi les plus glorieuses traditions de l’Armée rouge Chinoise.

Le commandant du 1er régiment Yang Dezhi ( 杨得志) et un officier du 4ème régiment Yang Cheng wu (杨成武) (futur chef d’état major général) ont laissé 2 récits de ces opérations.

La 1ere et 4ème armées de front se rencontrent à Maoerkhai.

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La prise de Luding ouvrait le Sichuan occidental à la 1ère Armée de front qui parvenait quelques semaines plus tard, via Tianquan (天全) dans la région de Mukung à l’ouest du gros centre de Ya’an (雅安). C’est là qu’elle retrouvait la 4ème Armée de front de Zhang GuoTao et de Xu Xiang Zhen.

Des confins Shaanxi-Sichuan où elle s’était réinstallée en 1933, la 4ème Armée de front avait en effet repris sa marche vers l’ouest au mois de Mars 1935. au mois de Juin, après avoir franchi la Jialing (嘉陵) et la Min (岷), elle s’était arrêtée dans le région de Mukung, Lianghokou, Lifan, Mao Xian (茂县). Beaucoup moins éprouvée que la 1ère Armée de front, elle comptait au moins 50 000 hommes convenablement armés et équipés.

Le premier contact entre les deux armées est établi à Mukung le 16 Juin, une cérémonie militaire pour célébrer leur réunion a lieu un peu plus tard au village de "Eulhokuo".

De Mukung les 2 Armées, suivants des itinéraires parallèles, progressant vers le nord, traversent la chaîne des Mengpi et atteignent Maoerkhai le 10 Juillet.


A Maoerkhai se tient une réunion du Bureau politique. De graves divergences s’élèvent entre Mao Zedong et Zhang Guotao quant à la destination à donner aux armées. Le second craignant de ne pouvoir forcer les défenses gouvernementales de la région du Shaanxi et du Gansu, et souhaitait s’installer au Sichuan occidental et à Xichang (西昌) dans la région de Tatsienlu ((打箭爐 - Dajienlu), de nos jours Kangding (康定)).


Il se rallia pourtant à l’avis de Mao Zedong toujours désireux de gagner le nord de Shaanxi et les deux armées reprirent leur marche en 2 colonnes.

La colonne de l’ouest comprenait la 4ème Armée de front de Zhang Guotao et de Xu Xiang zhen et, pour des raisons demeurées obscures, une partie de la 1ère Armée de front (5ème et 9ème Armées).

Quant à la colonne de l’est dans laquelle marche Mao Zedong, elle est commandée par Lin Biao et Peng Dehuai (彭德怀) et suit en gros un axe qui passe à l’ouest de Songpan (松潘) et de Latzekou.

Zhu De, nouveau mystère.

Quelques jours plus tard, Zhang Guotao, invoquant d’insurmontables difficultés de parcours, change encore une fois d’avis, décide de redescendre vers l’ouest, emmenant Zhu De contre le gré de celui-ci, selon les historiens. En Effet, ce nouveau mystère dans la vie très mouvementée du commandant en chef de l’Armée rouge Chinoise n’a pas encore été éclairci. Il est entendu que Zhu De a cédé à la violence et peut être en effet n’a-t-il pas voulu prendre de risque de jeter les éléments de la 1ère Armée de front qui l’avait suivi contre les forces d’ailleurs très supérieures de Zhang Guotao.

Au moment où se produisaient ces évènements, en Juillet Août 1935, la 1ère Armée de front était encore bien loin de son but et de dures épreuves l’attendaient. Avant Maoerkhai, elle avait dû traverser les Daxue shan (大雪山) (les montagnes des grandes neiges) à plus de 4 000 mètres d’altitude, creusant fréquemment son chemin dans le roc, abandonnant hommes et animaux.

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Après Maoerkhai, elle dut pénétrer dans les marécages de la région sud de Latzekou à la frontière du Shaanxi. Il fallait y rechercher d’étroits passages à travers les hautes herbes aquatiques. Manquant de vivres, les soldats se nourrissaient de plantes sauvages, ce fut 20 jours d’effrayante misère qui réduisirent la 1ère Armée de front déjà privée de 2 de ses Armées, à moins de 7 000 hommes.

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Cependant elle réussit à atteindre Ning xian (宁县) dans le sud du Gansu et de là, contournant largement le Shaanxi central où les troupes gouvernementales sont nombreuses, elle se dirige vers Tangwei (湯唯) puis vers Guyuan et Huan Xian (华县). Enfin elle aborde le Shaanxi nord, dans la sous préfecture de Paopan. C’est ici que va devenir pendant quelques mois la capitale du Parti Communiste Chinois et le quartier général de la 1ère Armée de front.

La 2ème et 4ème Armée de front rejoignent le Shaanxi Nord

Le groupement de He Long, c'est-à-dire la 2ème Armée de front venant de la région Sangchich, Shanyang (山阳) à la frontière des 3 provinces du Guizhou, du Hunan et du Sichuan, s’était mise à son tour en mouvement au mois de Novembre 1935.

Traversant Guizhou d’est en ouest, puis le nord du Yunnan, la 2ème Armée de front s’en allait franchir le Yangtze du côté de Lijiang (丽江), beaucoup plus à l’ouest que ne l’avait fait la 1ère Armée de front l’année précédente. De là, elle remontait la haute vallée du Yangtze jusqu’à Atungtze aux porte du Tibet, puis en 2 colonnes autour de Kantze. C’est autour de Kantze qu’elle retrouvait la 4ème Armée de front de Zhang Guotao avec laquelle elle avait pris contact près de Litang (理塘). Le choix d’un itinéraire aussi excentrique se justifiait par le soucis d’éviter les interceptions des forces Nationalistes ou provinciales désormais en alerte, pour se soustraire aussi aux harcèlements aériens. De fait, il semble que les combats aient été très rares à la 2èmes Armées de front.

Entre temps, les forces de Zhang Guotao de la 4èmes Armées de front n’avaient pu s’étendre profitablement au Sichuan à partir de la région de Mukung, Maoerhkai où elles étaient à un moment revenues et avaient dû demeurer aux limite du Xikang (西康 ancienne province) dans un pays pauvre, difficile et en partie hostile. Cette malheureuse situation, le fait que Mao Zedong paraissait réinstallé en toute sécurité au Shaanxi nord, semble avoir déterminé Zhang Guotao à regagner à son tour la nouvelle base rouge en direction du Xinjiang (新疆).

De Batang (巴塘), les 2ème et 4èmes Armées de front se dirigent droit vers le nord est. Passant à l’ouest de Maoerhkai, contournant par le nord les marécages de Latzekou, esquissant une pointe vers le Shaanxi central par leurs éléments de droite (2èmes Armée de front), elles traversent le Gansu. Le 6 Octobre 1936, les deux armées retrouvaient à Huining (会宁) des unités de la 1ère Armée de front venues à leur avance et bientôt toutes les troupes Communistes étaient regroupées au Shaanxi nord, la Longue Marche était terminée.

La portée politique de la Longue Marche.

Plus encore qu’un remarquable exploit militaire, la Longue Marche est un fait politique dont les conséquences devaient être immenses.

La suivie du mouvement Communiste tout entier s’en est d’abord trouvé assurée. Ce n’était pas seulement des armées qui se déplaçaient, mais aussi et avec elles tout l’appareil supérieur du Parti : Bureau politique, Comité central et des services, en un mot, tout les responsables politiques et militaires du moment.

La destruction de l’Armée aurait anéanti le Parti sinon définitivement, au moins pour de très longues années. Le prolétariat numériquement faible et dont les éléments les plus dynamiques avaient disparu dans la tourmente de 1927 (quand Chiang Kaishek, nouveau dirigeant du Guomindang massacre tout ce qu’il peut trouver de Communiste ou syndicaliste), n’était pas en mesure de servir aussitôt d’appui à une nouvelle formation révolutionnaire.

La paysannerie restait incapable de s’organiser sans l’armature militaire et intellectuelle que lui avaient fournie les officiers révoltés de Nanchang (南昌) et les étudiants venus des villes. Enfin l’opinion publique se tournait de plus en plus vers la résistance au Japon et, l’incident de Xi’an devait bientôt le démontrer, c’est vers Chiang Kaishek qu’elle regardait.

Pour les cadres subalternes, la Longue Marche représente aussi une extraordinaire épreuve de sélection physique, intellectuelle et morale. Venant après 7 ans de combats ininterrompus, 7 ans d’action auprès des populations, elles portait au plus haut point des qualités qui allaient bientôt pouvoir s’employer dans le contexte favorable d’une guerre nationale. De la période du Jiangxi et de la Longue Marche date la tradition du cadre Communiste sectaire et dur mais résolu, dévoué, politiquement instruit au sens Communiste du mot, convaincu de servir le peuple. Les cadres formés après la victoire de 1949 ne vaudront pas leurs aînés.

"La Longue Marche est la première de ce genre dans les annales de l’histoire. Elle est à la fois un manifeste, un instrument de propagande et une machine à semer. Depuis Pan Kou (盘古 - Pangu), qui sépara le ciel de la terre, depuis les 3 souverains et les 5 empereurs, l’histoire a-t-elle jamais connu une longue marche comme la notre ? elle a fait savoir aux quelques 200 millions d’habitants des 11 provinces traversées, que la voie suivie par l’Armée rouge et la seule voie de leur libération. Elle a répandu dans les 11 provinces des semences qui germeront, porteront des feuilles, des fleurs et des fruits, et qui donneront leur moisson dans l’avenir."

Œuvres choisie de Mao Zedong tome 1.

 
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Le « massacre » de Place Tienanmen a été un mythe (Workers World)

 
 
 
Deirdre GRISWOLD

LGS : les câbles de Wikileaks parfois n’intéressent pas les média... A la fin de cet article, un lien vers un autre article (en anglais) de Gregory Clark, ancien diplomate australien, publié récemment par Japan Daily qui est encore plus précis sur la création du mythe du massacre de la place Tienanmen.

 

Combien de fois a-t-il été dit que les Etats-Unis sont une société « ouverte » et que les media y sont « libres » ?

D’habitude ces affirmations sont faites quand on critique d’autres pays de n’être pas « ouverts », en particulier pour des pays qui ne suivent pas l’agenda de Washington.

Il ne fait aucun doute que celui qui vit aux Etats-Unis et dépend des moyens de l’information commerciale, retenus comme « libres » et « ouverts », croit que le gouvernement chinois a massacré « des centaines, peut-être des milliers » d’étudiants sur la Place Tienanmen le 4 juin 1989. Cette phrase a été répétée des dizaines de milliers de fois par les media du pays (USA, NdT).

Mais il s’agit d’un mythe. Et le gouvernement sait que c’est un mythe. Et tous les principaux media le savent. Mais refusent de corriger leurs comptes-rendus du fait de l’hostilité fondamentale de la classe dominante impérialiste des Usa.

Sur quoi fondons-nous cette affirmation ? Sur diverses sources.

La plus récente est une livraison, par Wikileaks, de câbles expédiés par l’ambassade étasunienne à Pékin au Département d’Etat en juin 1989, quelques jours après les événements en Chine.

En second lieu, sur une affirmation de novembre 1989 par le chef du bureau du New York Times à Pékin, affirmation qui n’a jamais été rapportée ensuite par quelque journal que ce soit.

Et en troisième lieu, sur le compte-rendu des événements par le gouvernement chinois même, corroboré par les deux premiers.

Un seul des plus grands media occidentaux a publié les câbles de Wikileaks. C’est le Telegraph de Londres, du 4 juin de cette année (2011, NdT), exactement 22 ans après que le gouvernement chinois ait mobilisé les troupes à Pékin.

Deux câbles datés du 7 juillet 1989 - plus d’un mois après les combats - référaient ce qui suit : « Un diplomate chilien fournit un témoignage oculaire des soldats qui entrent Place Tienanmen : il a vu les militaires entrer sur la place et n’a noté aucun feu massif sur la foule, même si l’on entendait des tirs sporadiques. Il a dit qu’une grande partie des troupes entrées sur la place n’était en effet armée que d’instruments anti-émeute : des matraques et des barres en bois ; ils étaient appuyés par des soldats armés »

Un câble suivant affirmait : « Un diplomate chilien fournit un témoignage oculaire des soldats qui entrent sur la place Tienanmen : même si l’on entendait des tirs sporadiques, il a dit qu’excepté quelques coups contre des étudiants, il n’y a eu aucun feu massif sur la foule d’étudiants à côté du monument ».

On se souviendra que le Chili de l’époque était gouverné par le général Augusto Pinochet, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat de droite, violent, anti-socialiste, soutenu par les Usa, et que des centaines de représentants de la gauche, y compris le président Salvador Allende, avaient été tués. Le « diplomate chilien » cité ne pouvait pas être considéré comme un ami de la Chine.

Pas un journal, pas une télévision ou une station de radio étasunienne n’a rapporté ni commenté ces câbles délivrés par Wikileaks, ni sur l’histoire que le Telegraph a écrite. Comme s’ils étaient tombés dans un abîme sans fond.

Est-ce parce que les media pensent que le rapport n’est pas crédible ? Non, certainement pas.

Ils savaient la vérité dès 1989. Le New York Times sait que c’est crédible. Leur chef du bureau de l’époque, Nicholas Kristof, l’a confirmé dans un ample article intitulé « China Update : How the Hardliners Won » [1], publié dans le Magazine du Sunday Times le 12 novembre 1989, cinq mois après les présumés massacres de la place.

A la fin justement de ce long article, qui se voulait fournir une vision de l’intérieur du débat interne du groupe dirigeant du Parti Communiste Chinois, Kristof affirmait catégoriquement : « Sur la base de mes observations dans les rues, ni la version officielle ni de nombreuses versions étrangères ne sont du tout correctes. Il n’y a eu aucun massacre sur la Place Tienanmen, par exemple, même s’il y a eu une quantité de personnes tuées ailleurs ».

Même si l’article de Kristof était âprement critique à l’égard de la Chine, son affirmation qu’il n’y avait eu « aucun massacre sur la Place Tienanmen » suscita immédiatement des cris de protestation de la part des détracteurs de la Chine aux Usa, comme le reflète la rubrique courrier du Times.

Y a-t-il eu des combats à Pékin ? Absolument. Mais il n’y a pas eu de massacre d’étudiants désarmés sur la place. Ceci a été une invention de l’Occident, destinée à diaboliser le gouvernement chinois et à gagner la sympathie du public pour la contre-révolution.

Le tournant vers une économie de marché sous Deng Xiaoping a éloigné de nombreux travailleurs. Il y a aussi eu un élément contre-révolutionnaire qui a essayé de tirer profit du mécontentement populaire pour restaurer complètement le capitalisme.

Les impérialistes espéraient que les batailles à Pékin auraient fait tomber le Parti Communiste Chinois, et détruit l’économie planifiée -de la même façon que ce qui allait arriver deux ans plus tard en Union Soviétique. Ils voulaient que la Chine s’ « ouvrît », non pas à la vérité mais au saccage de la propriété populaire par des banques et des corporations impérialistes.

Après de nombreuses hésitations au sommet, l’armée a été mobilisée et la révolte écrasée. La Chine n’a pas été démantelée comme l’Union Soviétique ; son économie n’a pas implosé ni les niveaux de vie subi un déclin. Au contraire, salaires et conditions sociales se sont améliorés à un moment où en tout autre endroit les travailleurs ont subi de graves pertes sous l’effet d’une grave crise économique capitaliste.

Malgré de profondes concessions au capitalisme, à l’extérieur et à l’intérieur, la Chine continue à avoir une économie planifiée fondée sur de fortes infrastructures de propriété de l’Etat.

Workers World, 29 juin 2011.

http://www.workers.org/2011/world/tiananmen_0707/

Traduit par M-A. Patrizio de la version italienne réalisée par Domenico Losurdo :

http://domenicolosurdo.blogspot.com/2011/07/in-italiano-larticolo-sui-fatti-di.html

Deirdre Griswold (http://en.wikipedia.org/wiki/Deirdre_Griswold ) a été candidate à la présidence des Etats-Unis pour le WWP (Workers World Party) en 1980, et s’est occupé pendant plusieurs décennies du journal étasunien Workers World.

L’article original Tiananmen Square ‘massacre’ was a myth a été signalé, entre autres, sur le blog de D. Losurdo, le 3 juillet dernier (« Une lecture alternative des faits de Place Tienanmen  ») ; le blog Nuova Libertalia l’a signalé aussi en joignant une image de la première page du Corriere della Sera intitulée : « Tués par milliers, la mort du rêve chinois ».

Comme, étrangement, il semble que personne n’ait pensé à le traduire en italien (ni en français, NdT), je propose ci-après ma traduction, ne fût-ce que pour fournir l’énième, éclatante, démonstration de combien il est facile de manipuler les masses ou comment un mensonge répété des milliers de fois devient une vérité.

Domenico Losurdo, 20 juillet 2011.

EN COMPLEMENT :

Black info and media gullibility : creation of the Tiananmen myth par Gregory Clark (ancien diplomate australien) publié par Japan Times http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/eo20110701gc.html (en anglais) le 1er juillet 2011

[1] « China Update : How the Hardliners Won », N. Kristof, The New York Times, 12 novembre 1989.

Voir les cables en VO :


Edité par T 34 - 23 Jul 2011 à 23:33
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Oct 2011 à 07:29

 

En célébration du centenaire de la révolution chinoise de 1911


 
par Domenico Losurdo

A l’occasion du centenaire de la Révolution chinoise de 1911, Domenico Losurdo rappelle qu’elle fut d’abord l’affirmation d’une identité nationale face à l’impérialisme occidental. Alors que la Chine vient d’user pour la première fois de son histoire du veto au Conseil de sécurité et s’impose désormais comme une des principales puissances mondiales, il est difficile d’imaginer le mépris dans lequel elle était tenue au début du XXe siècle.

Réseau Voltaire | Urbin (Italie)
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En Chine, a lieu en 1911 une révolution qui voit le renversement de la dynastie mandchou et la proclamation de la république. C’est Sun Yat-Sen qui, le premier, assure la charge de président. Celui-ci, bien que loin du marxisme, salue favorablement l’ascension des bolcheviques au pouvoir. L’explication qu’il fournit quelques années plus tard de son attitude est un terrible acte d’accusation contre le colonialisme et l’impérialisme : « Les Peaux-rouges d’Amérique ont déjà été exterminés » et l’ « extermination » menace aussi les autres peuples coloniaux. Leur situation est tragique ; si ce n’est que, « à l’improviste cent cinquante millions d’hommes de race slave se sont insurgés pour s’opposer à l’impérialisme, au capitalisme, aux injustices dans l’intérêt du genre humain ». Et ainsi, « naquit, sans que personne s’y attendit, un grand espoir pour l’humanité : la Révolution russe » ; oui « grâce à la Révolution russe, toute l’humanité était désormais animée par un grand espoir ». Bien sûr, la réponse de la réaction ne se fait pas attendre : « Les puissances ont attaqué Lénine parce qu’ils veulent détruire un prophète de l’humanité ».

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Sun Yat-sen (1866-1925), co-fondateur du Kuomintang (parti démocratique, socialiste et anti-impérialiste) et premier président de la République de Chine.

Certes, Sun Yat-Sen n’est pas un marxiste et n’est pas un communiste ; mais c’est à partir du « grand espoir », qu’il décrit dans un langage parfois ingénu mais d’autant plus efficace, que l’on peut comprendre la fondation du Parti communiste chinois le 1er juillet 1921. Plus tard, Mao, alors qu’il est engagé dans la guerre de résistance nationale contre l’impérialisme japonais, qui prétend « assujettir toute la Chine et faire des Chinois des esclaves coloniaux », rappelle sa première approche (dans les dernières années de la dynastie mandchou) de la cause de la révolution : « Dans cette période je commençai à avoir quelques lueurs de conscience politique, spécialement après avoir lu un opuscule sur le démembrement de la Chine […]. Cette lecture fit lever en moi de grandes préoccupations au sujet de l’avenir de mon pays et je commençai à comprendre que nous tous avions le devoir de le sauver ».

Plus de dix ans après, intervenant à la veille immédiate de la proclamation de la République Populaire, Mao rappelle l’histoire de son pays. Il évoque en particulier la résistance contre les puissances protagonistes des guerres de l’opium, la révolte des Taiping « contre les Ching serviteurs de l’impérialisme », la guerre contre le Japon de 1894-5, « la guerre contre l’agression des forces coalisées des huit puissances » (à la suite de la révolte des Boxers) et, enfin, « la Révolution de 1911 contre les Ching laquais de l’impérialisme ». Nombreuses luttes, autant de défaites.

Comment expliquer le renversement qui s’opère à un moment donné ?

« Pendant longtemps, au cours de ce mouvement de résistance, à savoir pendant plus de soixante-dix ans, de la Guerre de l’opium en 1840 jusqu’à la veille du Mouvement du 4 mai 1919, les Chinois n’eurent pas d’armes idéologiques pour se défendre contre l’impérialisme. Les vieilles et immuables armes idéologiques du féodalisme furent défaites, elles durent céder et furent déclarées hors d’usage. Faute de mieux, les Chinois furent obligés de s’armer d’outils idéologiques et de formules politiques comme la théorie de l’évolution, la théorie du droit naturel et de la république bourgeoise, toutes prises à l’arsenal de la période révolutionnaire de la bourgeoisie en Occident, patrie de l’impérialisme […] mais toutes ces armes idéologiques, comme celles du féodalisme se révélèrent très faibles ; elles furent retirées et déclarées hors d’usage.

La révolution russe de 1917 signe le réveil des Chinois, qui apprennent quelque chose de nouveau : le marxisme-léninisme. En Chine naît le Parti communiste, et c’est un événement qui fait date […]

Depuis qu’ils ont appris le marxisme-léninisme, les Chinois ont cessé d’être passifs intellectuellement et ils ont pris l’initiative. C’est à ce moment que devait se terminer la période de l’histoire mondiale moderne où les Chinois et la culture chinoise étaient regardés avec mépris ».

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Révoltés mis au pilori pour avoir attaqué des Européens.

Nous sommes en présence d’un texte extraordinaire. Le marxisme-léninisme est la vérité enfin trouvée, après une longue recherche, l’arme idéologique capable de mettre fin à la situation d’oppression et d’assurer la victoire de la révolution nationale en Chine. Et c’est une recherche qui a commencé dès les guerres de l’opium, avant encore la formation non seulement du marxisme-léninisme, mais même du marxisme en tant que tel : en 1840 Marx n’était qu’un jeune étudiant universitaire. Ce n’est pas le marxisme qui provoque la révolution en Chine, mais c’est la résistance séculaire du peuple chinois qui, après une longue et pénible recherche, arrive à prendre pleine conscience d’elle dans l’idéologie qui porte la révolution à la victoire. Nous sommes le 16 septembre 1949. Cinq jours plus tard Mao déclare : « Notre nation ne sera plus soumise à l’insulte et à l’humiliation. Nous nous sommes dressés |…] L’ère dans laquelle le peuple chinois était considéré comme non civilisé est à présent terminée ». En célébrant le réveil d’une nation longtemps soumise au « mépris », « à l’insulte et à l’humiliation », Mao a probablement à l’esprit cette pancarte exhibée à la fin du 19ème siècle dans la concession française de Shanghai : « Interdit aux chiens et aux Chinois ».

Un cycle historique s’était refermé.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

 


Il est difficile d’imaginer le mépris dans lequel la Chine était tenue au début du XXème siècle.
 

Janvier 2012 : centenaire de la Première république chinoise

 
Jean-Pierre DUBOIS

Il y a un siècle, le 1er janvier 1912, Sun Yat-Sen, un des fondateurs du Kuomintang [1], proclamait officiellement la République de Chine.

Quelques semaines auparavant, le 10 octobre 1911, une révolte avait provoqué la chute du système impérial chinois vieux de deux millénaires.

Un gouvernement provisoire républicain s’était constitué et Sun Yat-Sen en avait été élu président.

Mais la jeune République chinoise doit faire face à une menace d’intervention des puissances occidentales - qui souhaiteraient restaurer l’empire et conserver leurs concessions - et aux intrigues de Yuan Shikai, chef de la puissante armée du Nord. En 1915, ce dernier parvient par un coup d’Etat à instaurer sa dictature personnelle. Sun Yat-Sen doit se réfugier au Japon.

C’en était fini de cette première République de Chine. Une grande période d’instabilité allait suivre.

 

Le drapeau de la République de Chine (1912) Cinq bandes pour cinq peuples (han, mandchou, mongol, hui et tibétain)

A propos de la révolution chinoise de 1911, Domenico Lodurdo rappelle qu’elle a d’abord été « l’affirmation d’une identité nationale face à l’impérialisme occidental ».[2]

Il ajoute : « Alors que la Chine […] s’impose désormais comme une des principales puissances mondiales, il est difficile d’imaginer le mépris dans lequel elle était tenue au début du XXème siècle ».

Le 1er juillet 1921, Mao Tsé Toung est parmi les douze fondateurs du Parti communiste chinois (il a 28 ans). Il évoquera plus tard les luttes de son peuple : la résistance contre l’Angleterre et la France protagonistes des guerres de l’opium, la révolte des Taiping contre les Ching « serviteurs de l’impérialisme », la guerre contre le Japon de 1894-1895, la guerre contre l’agression des forces coalisées des huit puissances, à la suite de la révolte des Boxers.[3]

Nombreuses luttes, autant de défaites.

Au cours de ce mouvement de résistance, à savoir pendant plus de soixante-dix ans, « les Chinois n’eurent pas d’armes idéologiques pour se défendre contre l’impérialisme », ajoutait Mao ; et, faute de mieux, ils furent obligés « de s’armer d’outils idéologiques et de formules politiques », toutes prises « à l’arsenal de la période révolutionnaire de la bourgeoisie en Occident, patrie de l’impérialisme ».

Mais « toutes ces armes idéologiques […] se révélèrent très faibles ».

C’est la révolution russe de 1917 et la naissance du Parti communiste chinois qui ont permis aux Chinois de prendre l’initiative. « C’est à ce moment que devait se terminer la période de l’histoire mondiale moderne où les Chinois et la culture chinoise étaient regardés avec mépris ».

Domenico Losurdo cite ce texte et commente : « Ce n’est pas le marxisme qui provoque la révolution en Chine, mais c’est la résistance séculaire du peuple chinois qui, après une longue et pénible recherche, arrive à prendre pleine conscience d’elle dans l’idéologie qui porte la révolution à la victoire ».

Mao durant la Longue Marche

En 1949, à la veille de la proclamation de la République populaire de Chine, Mao déclare : « Notre nation ne sera plus soumise à l’insulte et à l’humiliation. Nous nous sommes dressés […]. L’ère dans laquelle le peuple chinois était considéré comme non civilisé est à présent terminée ».

Un cycle historique s’était effectivement refermé qui ne verra plus cette pancarte exhibée à la fin du 19ème siècle dans la concession française de Shanghai : « Interdit aux chiens et aux Chinois ».[4]

 

La garde municipale de la concession française de Shangaï

 

Les Marsouins français du "Corps d’occupation de Chine" [5]

[1] Kuomintang, ou Guomindang, ou Guomingdang, ou Kuo-Min-Tang, ou Kouo-Min-Tang (initiales : KMT ou GMD) signifie littéralement « Parti nationaliste chinois »

[2] Site : http://domenicolosurdo.blogspot.com/ - Post du 10 octobre 2011 - En célébration du centenaire de la révolution chinoise de 1911 - Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio.

[3] France, Autriche-Hongrie, Allemagne, Italie, Japon, Russie, Royaume-Uni et États-Unis.

[4] Comme d’autres puissances occidentales, la France s’était octroyée par la force des territoires sous sa juridiction dans plusieurs grandes villes chinoises : Guangzhou Wan (1898-1946), Shangaï (1843-1946) qui formait une concession de 226 hectares, Tianjin (1860-1945),...

[5] Les Marsouins de l’« infanterie coloniale » étaient placés sous l’autorité du ministère de la Guerre.

Jean-Pierre Dubois - blanqui.29@orange.fr

http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/



Edité par T 34 - 29 Oct 2013 à 02:29
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Feb 2012 à 04:22

Il y a un siècle, la Chine devient la première république d’Asie

Le 1er janvier 1912, Sun Yat-sen, un des fondateurs du Guomindang, proclamait officiellement la République de Chine. Quelques semaines auparavant, le 10 octobre 1911, la révolte de la caserne de Wuhan avait provoqué la chute du système impérial chinois, vieux de deux millénaires.

En 1911 éclate la première révolution chinoise. Elle donne naissance, le 1er janvier 1912, à la première république en Asie, portant l’affirmation d’une identité nationale face à l’impérialisme occidental et d’une modernisation du pays pour le redresser. L’événement déclencheur en est, le 10 octobre 1911, le soulèvement d’une caserne de Wuhan, capitale de la province du Hubei. L’insurrection rallie en six semaines quinze autres provinces à la cause républicaine. Un jeune médecin Sun Yat-sen, figure de proue de l’opposition politique civile, rentre d’exil. C’est lui qui proclame la République de Chine dont il est élu président. Nankin en devient la capitale provisoire. Mais le pays reste divisé. À Pékin, le pouvoir tombe entre les mains du général Yuan Shikai, ancien conseiller impérial qui se pose en rival des républicains du Sud. Il n’a d’autre ambition que de créer une nouvelle dynastie et réinstaure l’empire le 12 décembre 1915. La mort, qui l’emporte en juin 1916, réduit à néant son rêve impérial.

Le dépeçage de la Chine se poursuit : la Mongolie extérieure tombe sous la coupe de la Russie tsariste et déclare son indépendance le 1er décembre, établissant le khanat de Mongolie autonome. La Grande-Bretagne s’empare du Tibet et en expulse les autorités chinoises en 1912. La Chine entre dans une longue période de guerre civile qui ne s’achèvera qu’avec la victoire des communistes, en 1949. La république serait-elle aussi inapte que l’empire à trouver des solutions à la crise profonde de l’économie et de la société ?

En dépit d’un enlisement rapide, la révolution de 1911 fit faire un bond à la Chine. Le système impérial est définitivement renversé et des institutions républicaines mises en place. On assiste surtout à un mouvement profond pour le renouvellement des pensées, marqué par le développement de la presse, des clubs, des associations, des partis politiques. À la question : quel ordre social va succéder à celui de l’empire confucéen ? Les réponses sont variées et les options vont s’affronter.

De 1912 aux années 1930, la nouvelle république s’efforce de suivre le modèle occidental. Pour la bourgeoisie chinoise et une partie de l’élite intellectuelle qui mènent la révolution de 1911, le modernisme se conjugue avec le capitalisme qui façonne le monde contemporain. Dans le même temps, la révolution russe a soulevé bien des espoirs. D’autant que la jeune Union soviétique renonce officiellement, en 1919, aux avantages obtenus en Chine par la Russie du tsar. On est bien loin de l’attitude du monde capitaliste qui, par le traité de Versailles, fait passer la province du Shandong de l’autorité de l’Allemagne vaincue à celle de l’insatiable voisin japonais. La décision enflamme les rues de Pékin, le 4 mai 1919, et fait rebondir au cœur des débats l’interrogation : la modernisation implique-t-elle l’occidentalisation ? La République pliera-t-elle à son tour sous le joug colonial ou saura-t-elle donner une vitalité nouvelle à l’unité et à l’indépendance du pays ? Le salut national ne passe-t-il pas par la révolution sociale ? Le 1er juillet 1921, le Parti communiste chinois (PCC) est fondé à Shanghai. À partir de 1925, les syndicats, le mouvement paysan et le PCC prennent conjointement leur envol et l’on parle alors de « seconde révolution ». Entre février et mai 1925, des grèves éclatent dans les filatures de Shanghai. Les élites chinoises, inquiètes de la montée en puissance du mouvement populaire qui réclame la fin des concessions, s’appuient sur les forces occupantes pour le contrer. La répression déclenche une grève générale anti-impérialiste : deux cent mille ouvriers cessent le travail en mai et juin dans les usines anglaises et japonaises.

La mort de Sun Yat-sen, en mars 1925, laisse le champ libre à l’homme fort du Guomindang, le général Tchang Kaï-chek. Ce dernier obtient l’appui des communistes pour se lancer dans la « reconquête de la Chine du Nord ». En janvier 1927, la concession britannique de Hankou est reprise par les Chinois, première revanche sur les occupants occidentaux depuis les guerres de l’opium. Mais cette victoire de la révolution nationale est le prélude d’une année noire pour la révolution sociale. À Shanghai, en mars 1927, les syndicats et les communistes mènent une insurrection victorieuse avant d’être massacrés par les troupes de Tchang Kaï-chek. Leur défaite est consommée en décembre avec l’écrasement de la Commune de Canton.

La première révolution en instaurant la république avait clos un chapitre de l’histoire chinoise : l’ère impériale. La deuxième en a ouvert un autre : celui du lien entre guerre nationale et révolution sociale. En proclamant la création de la République populaire, en 1949, Mao Zedong n’oubliera pas ces liens : « Notre nation ne sera plus soumise à l’insulte et à l’humiliation. Nous nous sommes dressés (…) L’ère dans laquelle le peuple chinois était considéré comme non civilisé est à présent terminée. »

L’espoir étouffé de la 1ère république de Chine Le 100e anniversaire de la révolution de 1911 est célébré aussi bien à Pékin qu’à Taipei qui considèrent Sun Yat-sen comme le « père fondateur » de la République dont il est intronisé premier président. 
Il ne tiendra son poste que quelques semaines, obligé de céder la place à Yuan Shikai. Les premières élections de la République de Chine ont lieu en décembre 1912 et en février 1913. En raison des critères du droit de vote et du taux d’alphabétisation, moins de 1 % de la population est autorisée à voter. 
Le Guomindang, parti républicain et nationaliste fondé par Sun, gagne la majorité des sièges à l’Assemblée nationale mais ne peut faire face aux ambitions de Yuan. Quelques mois plus tard, Yuan interdit 
le Guomindang et dissout le Parlement. À cette époque, les capitalistes chinois se limitent à une poignée de grandes familles liées à l’industrialisation qui se développe dans des régions du littoral comme Shanghai. En contrepartie se constitue un noyau de classe ouvrière, estimée à 650 000 travailleurs 
entre 1915-1920, et à 1,5 million au début des années vingt (pour au moins 250 millions de paysans).

Dominique Bari

Source

Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Feb 2012 à 22:49

De l’oubli de la Seconde période des désordres en Russie à l’oubli du Siècle des humiliations en Chine

 
 
Domenico LOSURDO

[…] Avec une longue histoire derrière elle, qui l’avait vue pendant des siècles ou des millénaires en position éminente dans le développement de la civilisation humaine, la Chine, en 1820 encore, s’honorait d’un PIB qui constituait 32,4% du produit intérieur brut mondial ; en 1949, au moment de sa fondation, la République populaire chinoise est le pays le plus pauvre, ou parmi les plus pauvres, du monde [1]. Ce qui a déterminé cet effondrement est l’agression colonialiste et impérialiste qui commence avec la Guerre de l’opium. Célébrées en termes même emphatiques par les plus illustres représentants de l’Occident libéral (qu’on pense à Tocqueville et à John Stuart Mill), ces guerres infâmes ouvrent un chapitre extrêmement tragique pour le grand pays asiatique. Le déficit dans la balance commerciale chinoise provoqué par la victoire des « narcotraficantes britanniques », la terrible humiliation subie (« Des femmes chinoises sont approchées et violées » par les envahisseurs. « Les tombes sont violées au nom de la curiosité scientifique. Le minuscule pied bandé d’une femme est extirpé de sa tombe »), et la crise mise en évidence par l’incapacité du pays à se défendre des agressions externes, jouent un rôle de premier plan pour déterminer la révolte des Taiping (1851-64), qui mettent à l’ordre du jour la lutte contre l’opium. C’est « la guerre civile la plus sanglante de l’histoire mondiale, avec une estimation de vingt à trente millions de morts » [2]. Après avoir puissamment contribué à la provoquer, l’Occident en devient le bénéficiaire, car il peut étendre son contrôle sur un pays tenaillé par une crise de plus en plus profonde, et un pays de plus en plus dépourvu de défenses. S’ouvre alors une période historique qui voit « la Chine crucifiée » (la Russie et le Japon se sont joints entre temps aux bourreaux occidentaux). Car :

A mesure que l’on approche de la fin du 19ème siècle, la Chine semble devenir le jouet d’un destin contre lequel elle n’a plus aucun recours. C’est une conjuration universelle des hommes et des éléments. La Chine des années 1850-1950, celle des plus formidables insurrections de l’histoire, des canonnades étrangères, des invasions et des guerres civiles est aussi celle des grands cataclysmes naturels. Jamais sans doute dans l’histoire du monde le nombre de victimes n’avait été aussi élevé.

L’abaissement général et drastique du niveau de vie, la désagrégation de l’appareil d’Etat et de gouvernement, avec son incapacité, sa corruption, sa subalternité et son assujettissement à l’étranger : tout cela rend l’impact des inondations et des famines encore plus dévastateur : « La grande famine de Chine du nord en 1877-78 […] tue plus de neuf millions de personnes » [3]. C’est une tragédie qui a tendance à revenir périodiquement : en 1928, le nombre des morts se monte à « près de trois millions dans la seule province du Shanxi » [4]. On n’échappe pas à la faim ni au froid : « Les poutres des maisons sont brûlées pour pouvoir se chauffer » [5].

Il ne s’agit pas que d’une crise économique dévastatrice : « L’État est quasi détruit ». Une donnée est en soi significative : « 130 guerres civiles opposent entre eux 1.300 seigneurs de la guerre entre 1911 et 1928 » ; les « militaristes regroupés en cliques » ennemies sont parfois appuyés par telle ou telle puissance étrangère. Par ailleurs, « les guerres civiles répétées entre 1919 et 1925 peuvent être considérées comme de nouvelles Guerres de l’Opium. Leur enjeu est le contrôle de la production et du transport » de cette drogue [6]. Au-delà des corps armés des seigneurs de la guerre, le banditisme véritable déferle, alimenté par les déserteurs de l’armée et par les armes vendues par les soldats. « Vers 1930 on estime que la Chine compte 20 millions de bandits, soit 10% de la population masculine totale » [7]. D’autre part, on imagine facilement le destin qui incombe aux femmes. Dans l’ensemble, c’est la dissolution de tout lien social : « Parfois le paysan vend sa femme et ses enfants. On décrit dans la presse des colonnes de jeunes femmes ainsi vendues qui parcourent les routes, encadrées par des trafiquants, dans le Shaanxi ravagé par la famine en 1928. Elles deviendront des esclaves domestiques ou des prostituées ». Rien qu’à Shanghai, il y a « environ 50.000 prostituées régulières ». Et les activités de brigandage, tout comme le milieu de la prostitution, peuvent compter sur la complicité des concessions occidentales, qui développent à ce sujet de « lucratives activités » [8]. La vie des Chinois ne vaut à présent plus grand-chose, et les opprimés tendent à partager ce point de vue avec leurs oppresseurs. En 1938, dans sa tentative de freiner l’invasion japonaise, l’aviation de Tchang Kaï-chek fait sauter les digues du Fleuve Jaune : 900.000 paysans meurent noyés et 4 millions sont obligés de fuir [9]. Quinze ans avant environ, Sun Yat-Sen avait exprimé sa crainte qu’on puisse arriver « à l’extinction de notre pays et à l’annihilation de notre race » ; oui, peut-être les Chinois se préparaient-ils à subir la fin infligée aux « indigènes rouges » sur le continent américain [10].

Cette histoire tragique en amont de la révolution chinoise disparaît dans l’historiographie et dans la propagande qui entourent le culte négatif des héros. Si dans la lecture de l’histoire de la Russie on procède au refoulement de la Seconde période des désordres, pour le grand pays asiatique on glisse sur le Siècle des humiliations (la période qui va de la Première guerre de l’opium à la conquête communiste du pouvoir). Comme en Russie, en Chine aussi, ce qui va sauver la nation et jusque l’Etat, est en dernière analyse la révolution conduite par le parti communiste. Dans la biographie citée plus haut de Mao Tsétoung, non seulement on ignore l’histoire sommairement reconstruite ici, mais le primat de l’horreur est attribué au leader communiste chinois en portant à son compte les victimes provoquées par la disette et par la famine qui ont affecté la Chine. Un silence rigoureux est observé sur l’embargo infligé au grand pays asiatique immédiatement après l’avènement au pouvoir des communistes.

Sur ce dernier point il faut alors consulter le livre d’un auteur états-unien qui décrit avec une grande empathie le rôle de premier plan joué au cours de la Guerre froide par la politique d’encerclement et d’étranglement économique opérée par Washington aux dépens de la République populaire chinoise. Celle-ci, à l’automne 1949, se trouve dans une situation désespérée. Notons qu’entre temps la guerre civile est loin d’être terminée : le gros de l’armée du Kuomintang s’était réfugié à Taiwan, et de là continuait à menacer le nouveau pouvoir par des raids aériens et des incursions, d’autant plus que des poches de résistance continuaient à être actives sur le continent. Mais ceci n’est pas l’aspect principal : « Après des décennies de guerres civiles et internationales, l’économie nationale était au bord du collapsus total ». L’inflation s’intrique à l’écroulement de la production agricole et industrielle. Et ce n’est pas tout : « Cette année-là de graves inondations avaient dévasté une grande partie de la nation, et plus de 40 millions de personnes avaient été frappées par cette calamité naturelle » [11].

L’embargo décrété au moment opportun par les USA rend cette crise économique et humanitaire plus catastrophique que jamais. Les objectifs de cet embargo ressortent clairement des études et des projets de l’administration Truman, et de ce que ses dirigeants admettent ou déclarent : faire en sorte que la Chine « subisse la plaie » d’un « niveau de vie général autour ou en dessous du niveau de subsistance » ; provoquer une « arriération économique », un « retard culturel », « un taux de natalité primitif et incontrôlé », des « désordres populaires » ; infliger « un coût lourd et plutôt prolongé pour toute la structure sociale » et créer, en dernier ressort, « un état de chaos » [12]. C’est un concept qui revient de façon obsédante : il faut conduire un pays aux « besoins désespérés » vers une « situation économique catastrophique », « vers le désastre » et le « collapsus » [13]. Ce « pistolet économique » pointé contre un pays surpeuplé est meurtrier, mais cela ne suffit pas à la Cia : la situation provoquée « par les mesures de guerre économique et par le blocus naval » pourrait être ultérieurement aggravée par une « campagne de bombardements aériens et navals contre des ports sélectionnés, des centres ferroviaires, des structures industrielles et des dépôts » ; pour faire bonne mesure, et avec l’assistance des USA, les raids aériens du Kuomintang se poursuivent sur les villes industrielles, Shanghai comprise, de la Chine continentale [14].

A la Maison-Blanche, un président succède à un autre, mais l’embargo reste et il inclut médicaments, tracteurs et engrais [15]. Au début des années soixante, un collaborateur de l’administration Kennedy, Walt W. Rostow, fait remarquer que, grâce à cette politique, le développement économique de la Chine a été retardé « pour des dizaines d’années » au moins, tandis que les rapports de la Cia soulignent « la gravité de la situation agricole en Chine communiste », désormais gravement affaiblie par « une surcharge de travail et de malnutrition » (overwork and malnutrition) [16]. S’agit-il alors de diminuer la pression sur un peuple réduit à la faim ? Au contraire, il ne faut pas ralentir l’embargo « pas même pour un réconfort humanitaire ». Profitant aussi du fait que la Chine « est privée de ressources naturelles-clé, en particulier de pétrole et de terre cultivable » et s’appuyant aussi sur la grave crise intervenue entre-temps dans les rapports entre Chine et URSS, on peut tenter l’estocade finale : il s’agit d’ « explorer les possibilités d’un embargo occidental total contre la Chine » et de bloquer dans la mesure la plus complète possible les ventes de pétrole et de blé [17].

Quel sens cela a-t-il alors d’attribuer exclusivement ou principalement à Mao les responsabilités de la catastrophe économique qui s’est longuement abattue sur la Chine, et qui a lucidement et impitoyablement été projetée par Washington dès l’automne 1949 ? Engagés comme ils le sont à faire un portrait grandguignolesque de Mao et à dénoncer ses folles expériences, les auteurs de la monographie à succès ne se posent pas cette question. Et pourtant, ce sont les dirigeants états-uniens eux-mêmes qui, au moment de l’imposer, savent que l’embargo sera encore plus dévastateur à cause de l’ « inexpérience communiste dans le domaine de l’économie urbaine » [18]. Ce n’est pas un hasard si nous les avons entendus parler explicitement de « guerre économique » et de « pistolet économique ».

C’est une pratique qui ne disparaît pas, même après la fin de la Guerre froide. Quelques années avant l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce, un journaliste états-unien décrivait ainsi en 1996 le comportement de Washington : « Les leaders américains dégainent une des armes les plus lourdes de leur arsenal commercial, en visant de façon ostentatoire la Chine, et discutent ensuite furieusement s’ils appuient ou non sur la gâchette ». Une fois mis en acte, l’effacement des rapports commerciaux normaux qu’ils menacent de faire aurait constitué, « en termes de dollars, la plus grande sanction commerciale dans l’histoire des USA, à l’exclusion des deux Guerres mondiales » ; cela aurait été « l’équivalent commercial d’une attaque nucléaire » [19]. C’était aussi l’opinion d’un illustre politologue états-unien, Edward Luttwak : « On pourrait affirmer dans une métaphore que le blocus des importations chinoises est l’arme nucléaire que l’Amérique tient pointée sur la Chine » [20]. Agitée comme menace dans les années quatre-vingt dix, l’ « arme nucléaire » économique a été systématiquement utilisée au cours de la Guerre froide contre le grand pays asiatique, alors que Washington se réservait le droit, de façon explicite et répétée, d’avoir recours aussi à la véritable arme nucléaire.

Au moment de la conquête du pouvoir, Mao est bien conscient du fait que le « problème assez difficile de la reconstruction économique » l’attend : car il est nécessaire d’ « apprendre le travail dans le domaine industriel et économique » et d’ « apprendre de tout expert (quel qu’il soit) » [21]. Dans ce contexte le Grand Bond en avant apparaît comme la tentative désespérée et catastrophique d’affronter l’embargo [22]. Ceci est en partie valable pour la Révolution culturelle elle-même, caractérisée elle aussi par l’illusion de pouvoir promouvoir un développement économique rapide en faisant appel à la mobilisation de masse et aux méthodes adoptées avec succès dans la lutte militaire. Le tout, dans l’espoir toujours de mettre fin une fois pour toutes aux dévastations de la « guerre économique », derrière laquelle s’entrevoit la menace d’une guerre encore plus totale. En ce qui concerne aussi le comportement de despote oriental assumé par Mao surtout pendant la Révolution culturelle, deux choses vont s’employer à l’expliquer : l’histoire de la Chine ainsi que l’idéologie et la personnalité de celui qui exerce le pouvoir ; il n’en demeure pas moins qu’on n’a jamais vu progresser sur la voie de la démocratisation un pays qui est sauvagement agressé sur le plan économique, isolé sur le plan diplomatique et soumis à une terrible et constante menace sur la plan militaire. Devant cet état de faits, il est doublement grotesque de porter exclusivement au compte de Mao « plus de soixante-dix millions de personnes […] mortes en temps de paix à cause de son mauvais gouvernement » [23].

En réalité, « les conquêtes sociales de l’ère de Mao » ont été « extraordinaires » : elles ont vu un nette amélioration des conditions économiques, sociales et culturelles et une forte augmentation de l’ « espérance de vie » du peuple chinois. Sans ces présupposés, on ne peut pas comprendre le prodigieux développement économique qui, ensuite, a libéré des centaines de millions de personnes de la faim, et même de la mort par famine [24]. Si ce n’est qu’on assiste, dans l’idéologie dominante, à un véritable renversement des responsabilités : le groupe dirigeant qui a mis fin au Siècle des humiliations devient une ramassis de criminels, tandis que les responsables de l’immense tragédie d’un siècle et ceux qui ont tout fait pour la prolonger avec leur embargo, se présentent comme les champions de la liberté et de la civilisation.

D. Losurdo

Extrait du livre de D. Losurdo, Staline. Histoire et critique d’une légende noire (Editions Aden, Bruxelles, 2011, traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio), p. 424-32. http://www.aden.be/index.php?aden=staline-histoire-et-critiq...

Avec l’aimable autorisation de l’auteur et de l’éditeur.

[1] Davis (2001), p. 299.

[2] Losurdo (2005), chap. IX, § 6 et VIII, § 3 (pour Tocqueville et J. S. Mill) ; Davis (2001), p. 22 et 16 ; Spence (1998), p. 53, 62, 134-5 et 234-5 (pour les infamies des envahisseurs et la lutte des Taiping contre l’opium).

[3] Gernet (1972), p. 530 ; Roux (2007), p. 40.

[4] Gernet (1972), p. 530.

[5] Roux (2007), p. 41.

[6] Idem, p. 34-6.

[7] Idem, p. 39 et 37.

[8] Idem, p. 41 et 37.

[9] Idem, p. 72.

[10] Sun Yat-Sen (1927), p.32 et 53.

[11] Zhang (2001), p. 52 et 56.

[12] Idem, p. 20-1.

[13] Idem, p. 22, 25 et 27.

[14] Idem, p. 24, 32 et 71.

[15] Idem, p. 83, 179 et 198.

[16] Idem, p. 250 et 244.

[17] Idem, p. 249-52.

[18] Idem, p. 22.

[19] Dale (1996).

[20] Luttwak (1999), p. 151.

[21] Zhang (2001), p. 53 et 55.

[22] Idem, p. 218 et 235.

[23] Chang, Halliday (2006), p. 734.

[24] Arrighi (2008), p. 406-7.


Las Comunas Populares Chinas



El Partido intenta evitar por todos los medios emplear la violencia contra los jóvenes

Los soldados desarmados, sin casco ni gorra y con cara de asustados son rodeados por jóvenes agresivos

Los vehículos militares son quemados, ya no es una protesta pacífica

Aquellos soldados pacíficos son asesinados, quemados y colgados de los puentes en las calles de Beijing

El imperialismo oculta a las víctimas de la violencia que desató entre chinos. Soldados heridos


Victoria del EPL, el Partido y su ala izquierda y de todo el Pueblo. Derrota del imperialismo y sus agentes locales.

Escribe el camarada Ludo Martens sobre esos hechos
 
 



Edité par T 34 - 13 Jun 2012 à 16:12
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Jun 2012 à 00:00

Réflexions du compañero Fidel

 

DENG XIAOPING

 

Il se prenait pour un sage, et sans doute l’était-il. Mais il commit une légère erreur.

« Il faut punir Cuba », dit-il un jour. Jamais notre pays n’avait prononcé ne serait-ce que son nom.

Ce fut une offense absolument gratuite.

 

Fidel Castro Ruz

Le 14 juin 2012

13 h 40

Source
 

Le 85è anniversaire de l’Armée Populaire de Libération de Chine est célébré à Cuba

La Havane, 2 août, (RHC)- Le premier vice ministre des Forces Armées Révolutionnaires de Cuba, le Général  Álvaro López Miera, a présidé un meeting dans notre capitale à l’occasion du 85eè anniversaire de la fondation de l’Armée Populaire de Libération de Chine.

 Le premier colonel Wang Chianlian, attaché militaire de l’ambassade de  Beijing à La Havane, a exprimé sa gratitude pour cet hommage. Il a souligné que son pays apprécie les relations excellentes d’amitié et de coopération avec Cuba.

Le militaire chinois a expliqué que son pays appui le socialisme cubain. Il a évoqué la mission de l’armée de son pays dans la défense de sa souveraineté, dans la réunification et l’intégrité de la nation asiatique.

Source
 

File:1950s%20在毛澤柬旗幟下前進.jpg


Photos El "enfrentamiento" entre el Ché y los comunistas chinos

Les chinois ont sortit un film sur la naissance du PCC
 

 
Le Début de la grande renaissance
 
Film en entier
 

La fondation de la République Populaire de Chine sous titré anglais


Edité par T 34 - 29 Oct 2013 à 02:15
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  Citer Cayan Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Oct 2012 à 11:23
« Peu importe le prix de la Révolution Chinoise, elle a réussie de façon évidente; non seulement en produisant une administration plus dévouée et efficace, mais aussi en stimulant un moral élevé et une communauté d'ambitions. L'expérience sociale menée en Chine sous la direction du Président Mao est l'une des plus importante et des plus réussie de l'histoire humaine. » David Rockefeller, milliardaire américain, ancien président de la Chase Manhattan Bank, cité dans le New York Times du 8 octobre 1973.
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Sep 2013 à 06:58
Se Défaire des Anciennes Idées
 

 
En Chine, des éléments dévoués du parti communiste luttent contre les philosophies et idéologies jugés contre-révolutionnaire à l'intérieur d'un collège éduquant les paysans.
 
Titre Original: Jué liè
Réalisation: Li Wenhua
Acteurs principaux: Guo Zhenging, Bao Lie, Wang Suya
Année de Production: 1975
 
 

 
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