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Colombie/FARC: Actualités, communiqués

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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: Colombie/FARC: Actualités, communiqués
    Envoyé : 26 Sep 2007 à 15:33
Forces Armées Révolutionnaires de Colombie – Armée du Peuple

Communiqué

Le gouvernement de guerre présidé par Alvaro Uribe Vélez est condamné à
l’échec, comme le montrent les pauvres résultats du Plan « Patriota ». Les
fameux chiffres de guérilleros morts ou blessés ou de déserteurs des rangs
insurgés ne sont rien de plus que des prétentions fallacieuses inventées par la
politique de sécurité « démocratique » du régime, lequel recherche les milliards
de dollars d’investissement de l’impérialisme yankee dans le conflit interne de
la Colombie, tout en assurant la réélection présidentielle du dictateur.

La population civile dans tout le pays est victime du plan de guerre du
gouvernement ; les paysans voient mourir leur élevage ainsi que le futur de leur
famille en raison des tirs de l’armée ou la destruction de leurs faibles moyens
de subsistance agricoles en raison des fumigations ; ils sont de plus victimes
d’emprisonnements injustes en raisons de calomnieuses accusations les désignant
comme membres de la guérilla, ils sont également qualifiés de terroristes pour
le simple délit de vivre abandonnés de l’Etat, privés de terres fertiles pour
travailler, de voie de communication, d’école, de poste de santé, et sans accès
aux crédits à taux réduit.

Cependant que les Indigènes sans terre et les paysans pauvres souffrent de la
violente répression du gouvernement des grands propriétaires terriens, des
grands éleveurs, des narcotrafiquants et des paramilitaires chouchoutés au
Ralito, le même tourbillon de la corruption et de la politicaillerie utilise
tous les recours de l’Etat et y compris les angoisses de la population vivant
aux alentours du volcan Galeras, dans le département de Nariño, pour la
contraindre à quitter les petites parcelles, en simulant le rachat de leurs
biens, tout cela dans l’objectif de récupérer les votes des habitants pour la
campagne électorale et afin de défendre la propriété privée da la classe
gouvernante.

Les récentes décisions de la Cour Constitutionnelle favorables aux intérêts du
candidat président montrent la farce de l’indépendance des pouvoirs d’Etat
lorsqu’il s’agit de payer des faveurs politiques ou de répondre aux louanges
offertes par les corrompus de l’administration, encouragés à partir du palais de
Nariño, avec les déjeuners, les cocktails, les appels téléphoniques pour offrir
des postes dans la bureaucratie aux familles des congressistes, aux magistrats,
aux politicards de la même espèce, tout cela basé sur le pouvoir d’intimidation
de la barbarie des forces de l’Etat et du para-Etat, ce qui montre les avantages
d’Uribe Vélez dans ses aspirations à se perpétuer au pouvoir au détriment des
autres candidats exclus des privilèges de l’appareil gouvernemental.

La campagne réélectionniste payée avec les impôts des Colombiens, en plus de
l’usage jusqu’à l’abus de tous les recours du patrimoine national, constitue une
attaque à mains armées du gouvernement à l’encontre du peuple travailleur,
victime tous les mois des hausses de prix de l’essence et du transport, tandis
que le chômage et le sous-emploi augmentent de façon alarmante, même si les
chiffres mensongers du DANE disent le contraire.

Les médias au service de la manœuvre ourdie par l’extrême-droite de
l’oligarchie libérale-conservatrice continuent de pontifier à propos des
résultats des sondages payés par le gouvernement afin de montrer le pouvoir
invincible de l’uribisme ; les familles des prisonniers de guerre voient
s’éloigner la possibilité de la signature d’un accord humanitaire avec les
FARC-EP parce que Uribe Vélez refuse obstinément de démilitariser deux
municipalités, Pradera et Florida, dans le département Valle del Cauca.

Il est prouvé que la priorité de gouvernement fasciste n’est pas de régler les
besoins élémentaires de la population mais de garantir les bénéfices des grands
entrepreneurs, des multinationales et surtout de ceux qui soutiennent sa
campagne pour la réélection.

Face au risque d’accentuation de la guerre, avec des centaines de morts et de
blessés pour le peuple, plus de déplacés et plus d’exilés par la violence de
l’Etat et du para-Etat, davantage de chômeurs, davantage d’impôts, davantage de
corruption administrative –en plus de la légitimation de la politique
paramilitaire de l’Etat, plus de pauvreté et de misère générées par le modèle
néolibéral du continuisme uribiste–,

Nous appelons les travailleurs et les chômeurs, dans leurs différentes
expressions et formes organisationnelles, et les officiers et les sous-officiers
mécontents à former le nouveau Gouvernement Pluraliste, Patriotique et
Démocratique de Reconstruction Nationale, garant de la paix avec justice
sociale, pour la défense de notre souveraineté et pour notre définitive
indépendance en réponse à la croisade fasciste paramilitaire d’Alvaro Uribe
Vélez.

Compatriotes,

FARC-EP
Secrétariat de l’Etat Major Central

Montagnes de Colombie
Le 5 décembre 2005

Source :
http://fr.groups.yahoo.com/group/CubaSolidarityProject/message/9389


Edité par Fidelista - 03 Oct 2007 à 15:15
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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 15:33
Les Farc de Colombie tuent huit policiers et en capturent 30

http://fr.news.yahoo.com/19122005/290/les-farc-de-colombie-tuent-huit-policiers-et-en-capturent.html

"Des policiers blessés évacués à Quibdo, la capitale provinciale, ont déclaré à des journalistes colombiens que les guérilleros les avaient épargnés à l'issue d'un violent combat."


Edité par Fidelista - 10 Oct 2008 à 07:58
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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 15:33
Colombie : ouverture des pourparlers entre la gouvernement et la guérilla guévariste
samedi 17 décembre 2005

LA HAVANE - Le gouvernement colombien et l’Armée de libération nationale (ELN, guérilla guévariste) ont entamé vendredi à La Havane des pourparlers de paix. Ils sont aidés par des observateurs espagnols, norvégiens et suisses.

Ils sont aussi accompagnés de représentants de la société civile colombienne. Luis Carlos Restrepo, le représentant du gouvernement du président Alvaro Uribe, arrivé jeudi soir à La Havane, a eu dans la journée plusieurs rencontres avec les parties, avant de lancer officiellement les pourparlers à 23h00 dans un hôtel de l’ouest de La Havane.

Il aura pour interlocuteur principal le chef militaire de la guérilla, Antonio Galan, à la tête d’un mouvement marxiste insurgé de 4000 hommes, concurrents des 17 000 combattants des FARC, les Forces armées révolutionnaires colombiennes, qui détiennent en otage depuis trois ans la franco-colombienne Ingrid Bétancourt.

Prévues jusqu’au 22 décembre, avec la participation de l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez, prix Nobel de littérature 1982, les pourparlers promettent d’être difficiles. "C’est comme ouvrir une porte. Quand on l’ouvrira, on verra qu’au mieux, il y a un chemin avec bon nombre d’obstacles", a déclaré auparavant le chef militaire de l’ELN, sorti de la clandestinité pour l’occasion.

Des diplomates espagnols, norvégiens et suisses accompagnent les pourparlers, ainsi qu’une "commission civile" de personnalités colombiennes. Des fonctionnaires cubains étaient également présents à l’inauguration des entretiens.

L’ELN est née sous les auspices d’Ernesto "Che" Guevara et de la théologie de la libération en 1964.

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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 15:33
Info à prendre avec des pincettes

Guerre ouverte entre les guérillas des FARC et de l'ELN en Colombie

Les deux guérillas colombiennes d'extrême gauche se disputent le contrôle d'un département riche en pétrole, à la frontière avec le Venezuela. "Les guérilleros semblent désormais décidés à s'entre-tuer", déclare Julio Acosta, gouverneur du département d'Arauca.

Depuis dimanche 11 juin, sur leur site Internet, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) fustigent les guérilleros de l'Armée de libération nationale (ELN), qualifiés de "révolutionnaires agissant au service de l'ennemi". Les FARC demandent à la population de se maintenir à l'écart de ce conflit "entre forces armées", sous peine de représailles.

Pour les observateurs, les pourparlers engagés entre l'ELN - 4 000 hommes - et le gouvernement d'Alvaro Uribe seraient à l'origine de cette "déclaration de guerre". Quatre fois plus nombreuses, les FARC refusent le principe même d'un dialogue avec un gouvernement qualifié de "fasciste".

"L'affrontement entre guérillas ne date pas d'hier", souligne le député Adalberto Jaimes. Les "Elenos" sont arrivés les premiers en Arauca. Dans les années 1980, ce mouvement rebelle, alors agonisant, s'y refait une santé en rackettant les compagnies pétrolières et l'entreprise allemande Mannesman chargée de la construction d'un oléoduc. Mêlant travail politique, menaces et exactions, l'ELN met alors en place un réseau efficace. Une partie des royalties versées aux collectivités territoriales finit dans les caisses de la guérilla ; les pouvoirs locaux sont aux ordres.

Mais les FARC tentent, elles aussi, d'occuper la place. La lutte d'influence commence. A la différence de l'ELN, les FARC ont, dès le départ, accepté de se financer grâce à l'argent de la cocaïne. Les cultures de coca progressent. Face aux paramilitaires d'extrême droite qui s'implantent à leur tour dans la région, FARC et ELN s'allient dans les années 1990.

"La récente démobilisation des paramilitaires a contribué à aviver les tensions entre les deux guérillas", estime le gouverneur Acosta. Selon lui, l'offensive menée par l'armée depuis l'arrivée au pouvoir du président Uribe, en 2002, a asphyxié les finances locales des guérilleros, qui se disputent désormais ce qui reste du butin. Il y aurait aujourd'hui 1 500 combattants des FARC en Arauca, décidés à en finir avec les 500 de l'ELN. La rivalité a tourné à la vendetta.

Selon des sources locales, début 2006, une rencontre organisée entre les chefs guérilleros pour apaiser les esprits a tourné au traquenard. Elle s'est soldée par la mort du commandant local des FARC, surnommé "le Che", assassiné par une des forces de l'ELN. Les FARC ont juré vengeance. "Victimes hier des paramilitaires, les responsables des organisations sociales soupçonnés d'accointances avec l'ELN font aujourd'hui les frais de ce nouvel affrontement", note sur place un syndicaliste. Sans vouloir donner de chiffre précis, le gouverneur Acosta affirme que "les morts se comptent par dizaines".

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3222,36-783332@51-773852,0.html

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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 15:33
Les FARC n'excluent plus de négocier avec Uribe, un espoir pour les otages

BOGOTA (AFP) - Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont laissé entrevoir cette semaine l'espoir d'un échange des otages, parmi lesquels la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, en n'excluant plus désormais de négocier avec le gouvernement du président Alvaro Uribe.

La guérilla marxiste, la plus importante du pays avec 17.000 combattants, avait jusqu'ici toujours exclu de discuter avec le chef de l'Etat, son ennemi juré, réélu le 28 mai, dont elle dénonçait la politique de fermeté.

Or pour la première fois, le numéro 2 de la guérilla, Raul Reyes, a affirmé jeudi lors d'un entretien à la télévision internationale Telesur que les FARC étaient "disponibles et volontaires pour parvenir à un accord humanitaire".

Les rebelles réclament la libération de 500 guérilleros emprisonnés contre celle de 58 otages, des personnalités politiques et militaires dont trois Américains et Ingrid Betancourt, 44 ans, ex-candidate à l'élection présidentielle enlevée le 23 février 2002.

Le chef des FARC a toutefois prévenu qu'un échange humanitaire nécessitait "de la part du gouvernement une vraie volonté politique", demandant à Bogota de "reconnaître qu'il existe un conflit interne".

Les rebelles "n'accepteront pas des conversations sous la table, ni des conversations discrètes", a souligné M. Reyes qui a par ailleurs exclu de discuter hors de Colombie.

Le gouvernement colombien, par la voix du vice-président Francisco Santos, a accueilli vendredi avec "prudence" l'initiative des FARC, tout en admettant que sa proposition constituait "de toute façon un changement significatif".

"Il faut avant tout rester prudents (...), on ne peut pas conduire un processus de ce type par l'intermédiaire des microphones", a déclaré vendredi à la presse M. Santos.

En décembre dernier, la France, l'Espagne et la Suisse avaient proposé un plan prévoyant la création d'une zone démilitarisée de 180 kilomètres carrés dans le sud-ouest du pays sous contrôle international pour permettre des négociations.

Le président Uribe avait aussitôt accepté la proposition, mais la guérilla l'avait accusé de saboter cette initiative en la rendant publique trop tôt et en refusant d'agrandir la zone de démilitarisation, jugée trop réduite pour garantir la sécurité des rebelles.

Raul Reyes a d'ailleurs souligné lors de son entretien à Telesur qu'un éventuel dialogue avec le gouvernement ne serait envisageable qu'après "une démilitarisation des départements de Caqueta et du Putumayo au moins", demande jusqu'ici rejetée par les autorités.

Les experts politiques ont souligné samedi dans la presse locale la portée de ces déclarations. Selon Jaime Zuluaga, politologue à l'Université nationale, "il y a eu des changements importants des deux côtés" (gouvernement et rebelles). "Les paroles de Reyes ressemblent à une réponse à la réélection (d'Uribe) et à quelques mouvements faits par le président", a-t-il déclaré au quotidien El Tiempo.

Le directeur de l'hebdomadaire communiste Voz, Carlos Lozano, qui connaît bien les FARC, estime aussi qu'un "échange est possible" en cas d'accord sur la zone à démilitariser.

Les FARC avaient déjà montré une première inflexion lors de la campagne présidentielle, en s'engageant à ne pas saboter le scrutin et en appelant pour la première fois depuis 1998 les Colombiens à voter, pour tout autre candidat qu'Uribe.

Le chef de l'Etat, avocat conservateur de 53 ans et allié de Washington, avait remporté un second mandat consécutif de quatre ans en prônant une politique de main de fer contre les guérillas dans ce pays ravagé par plus de 40 ans de guerre civile, où près de 2.000 personnes sont retenues en otages.

Le commissaire du gouvernement pour la paix, Luis Carlos Restrepo, avait exprimé, après les élections, la volonté de Bogota d'examiner "la recherche de chemins de paix avec les FARC".

La guérilla marxiste avait alors réagi à la réélection d'Uribe quelques jours plus tard, en dénonçant la victoire du "mercenaire privilégié" des Etats-Unis sans faire allusion à l'avenir des otages.

http://fr.news.yahoo.com/24062006/202/les-farc-n-excluent-plus-de-negocier-avec-uribe-un.html
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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 15:34
La Colombie et Cuba, les FARC et l'ELN

Source : Rebelion.org
http://www.rebelion.org/noticia.php?id=30356

Par Narciso Isa Conde

Traduction : Daniel Catala

Depuis plus de 40 ans la Colombie vit une lutte intense et croissante entre les
forces de la domination oligarchique-impérialiste et celles qui défendent la
vraie démocratie, la révolution et le socialisme.

Dans ce contexte et dans cette période le pouvoir économique et social de la
classe dominante colombienne, la classe étatique et le superpouvoir des
Etats-Unis ont eu recours à la violence, à la guerre sale (militaire et
paramilitaire) pour empêcher toute démocratisation réelle, pour tirer profit de
l'appauvrissement d'une grande partie de la population et pour essayer
d'exterminer toutes les expressions de l'insurrection armée et tout l'acquis
politique contestataire dans ce système de domination.

La crise du bipartisme et de l'action des Forces armées régulières

Dans le schéma de pseudo-démocratie bipartiste l'Etat colombien vassalisé par la
CIA, le Pentagone et la DEA, a eu recours à tous les mauvais coups, y compris
aux bandes de paramilitaires ultra-criminelles connectées aux cartels du
narcotrafic. Rien de tout cela n'a pu freiner la montée de l'opposition en
partie armée et de caractère populaire. Le système bipartiste s'épuisait malgré
la guerre d'extermination contre les forces politiques alternatives. Les Forces
armées régulières se sont montrées incapables de freiner la montée de
l'insurrection, notamment l'extraordinaire capacité d'expansion des FARC,
devenues Armée du Peuple.

La faillite du dit socialisme réel, la désintégration de l'URSS, la défaite de
la Révolution sandiniste, les accords de paix forcés pour les guérillas
salvadoriennes et guatémaltèques, ont bien eu des effets démobilisateurs pour le
M19 et d'autres groupes armés colombiens ; mais cela n'a pas empêché la montée
de la résistance armée incarnée par les FARC et l'ELN. Ces deux organisations
ont continué de croître, tandis que l'imposition de la stratégie néolibérale a
continué d'appauvrir la société colombienne et de généraliser la résistance
civile, malgré l'adversité et malgré la cruelle répression déchaînée contre les
structures légales de la gauche, tout particulièrement contre le Parti
communiste et l'Union patriotique (plus de 4000 morts et disparus).

Les FARC ne sont pas un résidu de la lutte armée du XXème siècle comme l'affirme
de façon malintentionnée certains ex-militants de gauche. Elles ne sont pas non
plus une sorte de « guérilla endémique ». Ce n'est pas non plus le cas de
l'Armée de Libération Nationale (ELN), organisation armée liée au christianisme
libérateur et favorite de la Révolution cubaine durant les années 1960 et 1970.
L'insurrection colombienne a montré qu'elle avait des racines plus profondes et
une raison d'être transcendantale. Ni la tentation du renoncement ni
l'accentuation de la guerre sale ne sont parvenu à la freiner. Au contraire elle
a pu se développer à une échelle plus grande, à contre-courant de ce qui se
produisait dans Notre Amérique et dans le monde.

Cela revêt une importance extraordinaire. Un haut sens stratégique, non
seulement pour la Révolution colombienne en marche, mais aussi pour le processus
de libération continentale qui fait face à l'interventionnisme de la guerre
globale déclarée par les faucons de Washington.

Uribe Vélez, c'est davantage d'intervention gringa, de répression et de
militarisme

En Colombie les forces de la réaction interne sont en train de perdre le combat.
Et la Colombie ce n'est pas seulement la Colombie. C'est sur le continent le
pays qui reçoit la plus grande aide militaire des Etats-Unis, se trouvant en
quatrième position à l'échelle mondiale. C'est le pays voisin de la Révolution
Bolivarienne du Venezuela. C'est une composante de la vague transformatrice
sud-américaine, laquelle comprend l'Equateur, dans une certaine mesure secoué et
instable. C'est une partie de l'Amazonie avec toute sa richesse en eau, en
biodiversité, et pétrole et autres minéraux, en plus de sa position
géostratégique proche de l'isthme de Panamá et avec des côtes sur les deux
grands océans, l'Atlantique et le Pacifique.

Cette réalité, ajoutée aux difficultés de l'Etat et de l'oligarchie colombienne,
ajoutée à l'usure du système bipartiste traditionnel, voilà les motifs aussi
bien du Plan Colombie - Initiative Régionale Andine que de tous les autres plans
néofascistes, le plan de « sécurité démocratique », le Plan « Patriota », menés
par Alvaro Uribe Vélez, actuellement en pleine phase réélectionniste.

La signification de tout cela c'est davantage d'« aide » des Etats-Unis,
davantage d'interventionnisme direct (des conseillers, des troupes, des avions
espions, des bases militaires, des plans stratégiques, etc.), la fusion du
projet d'Uribe Vélez avec l'Etat, un durcissement politique, un nouveau rôle
pour le paramilitarisme, légalisé ou pas, la fusion du pouvoir avec les cartels
paramilitaires, l'utilisation accrue des ressources de l'Etat ; c'est moins de
démocratie et davantage de fascisme.

C'est ainsi que semble le percevoir l'opposition dans toutes ses composantes,
l'opposition civile et l'opposition armée, au projet uribiste, y compris une
partie importante de l'opposition électorale. Ils proclament tous qu'ils
lutteront pour barrer la route à la réélection de la nouvelle droite rassemblée
autour d'Uribe Vélez.

Quelque chose de difficile à comprendre

C'est pour cela qu'i est difficile de comprendre la logique révolutionnaire du
virage de la direction de l'ELN vers le dialogue-négociation pour rechercher un
accord de paix avec le gouvernement colombien actuel et son président
réélectionniste.

Il est connu qu'Uribe Vélez, qui a hérité d'une situation de non-dialogue avec
les FARC, imposée par les Etats-Unis à l'ex-président Pastrana, a conçu une
politique de guerre totale contre l'Insurrection, mettant particulièrement
l'accent sur l'extermination des FARC-EP. Tout au long de ce premier
gouvernement d'Uribe Vélez, qui se termine, les Forces armées colombiennes,
fortement contrôlées par le Pentagone, non seulement n'ont pu faire reculer ni
les FARC ni l'ELN lui-même, mais ils n'ont pas pu empêcher leur avancée. Le Plan
« Patriota », vaillamment combattu par les FARC-EP, est finalement en mauvaise
santé.

Avec Pastrana il est apparu avec évidence que la classe dominante et l'Etat
colombien sont incapables de parvenir à des accords de paix qui garantissent
leur hégémonie face à l'Insurrection. D'où le repli. Avec Uribe Vélez, avec
encore plus de soutien du militarisme états-unien, la guerre totale a échoué. La
droite et l'extrême droite colombiennes sont enlisées, mais sans autre choix,
elles sont contraintes d'accepter le continuisme d'Uribe Vélez.

Mais il faut supposer que ce continuisme, par la réélection, produira une
aggravation de la répression et à un degré supérieur d'interventionnisme
militaire gringo. N'oublions pas qu'Uribe Vélez est le politicien colombien le
plus proche de Bush et de ses faucons, d'origine paramilitaire, pareillement
maffieux et simulateur. Mais Uribe Vélez et ses fidèles ont besoin avant tout de
rester à cheval, de se faire réélire à tout prix. Cela le contraint à manouvrer,
flexibilisant apparemment sont attitude par rapport à la guérilla.

Les FARC sont beaucoup plus qu'une armée guérillera populaire et elles sont plus
qu'un grand parti politique. Elles sont une armée populaire, un parti communiste
clandestin (rural et urbain), un mouvement politique bolivarien (rural et
urbain), des milices populaires et un mouvement social d'avant-garde, et elles
ne sont pas tombées dans ce piège. Au contraire elles ont dénoncé la nature
fascisante de ce projet réélectionniste et elles se sont refusées à tout
dialogue de dernière minute avec le gouvernement de monsieur Uribe Vélez.

Il est clair pour beaucoup de Colombiens que tout accord ou rapprochement avec
Uribe Vélez quelques jours avant les élections tend à faciliter sa réélection
tant redoutée. C'est pour cela qu'il est difficile de comprendre l'initiative de
l'ELN, laquelle avait au surplus impulsé la conformation du Pôle Démocratique,
qui présente le Docteur Gaviria, juriste colombien de renom. Ce dernier défend
une plateforme de centre-gauche et avec un positionnement anti-réélectionniste
fort. J'ai une énorme admiration pour les camilistes de l'ELN, mais je crois en
vérité que cette attitude est totalement contradictoire avec leurs objectifs
politiques immédiats, cette stratégie signifie agir contre sa propre tactique
anti-réélectionniste, tout en ôtant toute pression politico-militaire au projet
fascisant d'Uribe Vélez.

La position des FARC-EP, je me sens personnellement lié à leur histoire
d'héroïsme et de fermeté, est beaucoup plus claire et précise : rien avec Uribe
Vélez, encore moins avant les élections et avant que ne soient perceptibles des
signes clairs d'engagement en faveur de la paix et d'une disposition à accepter
des conditions indispensables pour la reprise des dialogues interrompus.

Cuba entre en scène

Le lundi 3 avril 2006 le journal « Hoy » de la République dominicaine dans sa
section « Monde », diffuse une dépêche de l'agence française AFP, où on peut
lire entre autres choses :

- Que « le gouvernement de la Colombie, principal allié des Etats-Unis en
Amérique latine a relancé. ses relations politiques et commerciales et de
coopération avec Cuba. »

- Que délégation colombienne conduite par la ministre des relations étrangères
Carolina Barco et comprenant en plus les ministres de l'énergie et du commerce
s'est réunie avec Fidel Castro et les ministres homologues de Cuba.

- Que lors la rencontre dans le Palais de la Révolution la Barco « a remis à
Castro un message dans lequel Uribe le remercie de son soutien dans le
rapprochement du paix avec la guérilla de l'Armée de Libération Nationale (ELN),
deuxième force rebelle, avec 4000 combattants. Et il soulignait en même temps
que le ''soutien de Cuba a été fondamental parce qu'il a offert un cadre sérieux
de discrétion et de respect qui a permis d'avancer'' ».

- Que la ministre des relations étrangères juge cette réunion comme «
l'expression de la relation si spéciale existant entre nos présidents, entre nos
pays ».

- Que les ministres de l'énergie et du commerce « ont abordé un plan de réforme
d'économie d'énergie que Castro a appelé la ''révolution énergétique'' et ils
ont exploré les possibilités d'augmenter les échanges commerciaux ».

Il est évident que cette initiative implique des bénéfices divers pour les deux
Etats, y compris des faveurs nettement politiques.

Le gouvernement cubain obtient temporairement une attitude de respect et
d'amitié de la part d'un des gouvernements les plus proches de la politique
actuelle des Etats-Unis, de la part d'un gouvernement de droite, qui
actuellement met en ouvre les nouvelles modalités de guerre sale contre le
peuple colombien et ses forces insurgées. Le gouvernement colombien se trouve
actuellement dans une phase de développement de son déploiement continuiste et
réélectionniste.

Cela affaiblit le harcèlement du gouvernement Bush à l'encontre du gouvernement
cubain. Il obtient également des accords de coopération énergétique et
commerciale favorables pour faire face au blocus et pour régler les problèmes
économiques structurels. De tels objectifs sont « légitimes » du point de vue
des intérêts de l'Etat, y compris d'un Etat qui développe un projet
d'orientation socialiste.

Le problème bien sûr est autre. Le problème c'est ce qui est concédé à l'Etat et
au gouvernement colombien. Il faudrait dans la balance mesurer les résultats.

Le gouvernement d'Uribe Vélez obtient -vue la présence d'une partie des
dirigeants de l'ELN et du processus de négociation à Cuba dans cette ensemble de
thèmes - réduire la confrontation avec l'une des forces guérilleras et de
marquer quelques points en simulant une flexibilité étrangère à son projet
militariste et à ses linéaments généraux.

Alvaro Uribe Vélez, candidat à la réélection, parvient temporairement à
améliorer son image et à se débarrasser de quelques obstacles, tentant d'isoler
les FARC et d'entamer au passage la cohésion des forces insurgées et
l'opposition politique à sa candidature.

Du même coup il affaiblit la candidature du Pôle Démocratique (soutenue par
l'ELN) et il stimule la démobilisation unilatérale de cette force
politico-militaire. Cela augmente ses chances de réélection.

Les objectifs du président Uribe Vélez et de son gouvernement sont clairs, en
échange de quelque avantage économique.

En tant qu'allié charnel de Bush et de ses faucons il est très peu probable que
le gouvernement colombien paie quelque prix que ce soit pour le fait d'établir
avec Cuba des relations non souhaitées par Bush. L'empire est compréhensif face
à ce genre de manouvres de la part de ses alliés sûrs, surtout quand ces
manouvres sont destinées favoriser ses plans contre-insurrectionnels et
continuistes.

D'un point de vue politique il est difficile de dire lequel des deux Etats
obtiendra les plus grands avantages avec ces accords. Ce qui est sûr c'est que
les deux en tirent profit. Le grand perdant c'est l'Armée de Libération
Nationale (ELN) et dans une certaine mesure, également, le processus
révolutionnaire colombien. L'ELN a ouvert les portes du dialogue dans des
circonstances où cela ne favorise qu'Uribe Vélez et sa manouvre électoraliste,
sans que ne soient perceptibles des signes clairs de renoncement à sa ligne dure
ou d'une volonté réelle d'avancer vers la paix de la part du gouvernement ou de
l'Etat colombien. Je parle surtout du théâtre national colombien.

La position de l'ELN (au-delà de ses bonnes intentions) ne favorise ni le front
contre la réélection d'Uribe Vélez ni l'avancée de l'Insurrection qui fait face
à sa sale guerre et qui tente d'ouvrir les voies vers la conquête du pouvoir.

L'épineux problème de la relation d'Etat et les intérêts révolutionnaires

Les intérêts de l'Etat, même ceux d'un Etat aussi admirable que ceux de l'Etat
cubain, ne coïncident pas toujours avec les intérêts révolutionnaires d'autres
processus nationaux ou avec le processus continental ou mondial. La politique de
l'Etat, y compris des Etats qui représentent des processus révolutionnaires,
n'est pas toujours en harmonie avec l'internationalisme révolutionnaire.

Nous sommes devant un cas typique où se présente cette contradiction, cette
divergence significative. D'où la nécessité - ce qui est difficile à obtenir
dans un cadre où sont étroitement mêlés le rôle de l'Etat, du parti et des
organisations de la société civile- de séparer les politiques d'Etat de la
politique des partis et des forces révolutionnaires et des positions des
organisations populaires et des mouvements sociaux. Après ce geste du
gouvernement de Cuba vis-à-vis du gouvernement colombien il est impossible de
penser que puissent s'exprimer de façon fluide à partir d'autres instances de la
société cubaine des positions ouvertement solidaires, voire même discrètement
solidaires, avec la digne et héroïque Insurrection colombienne et avec
l'opposition électorale progressiste qui veut empêcher la réélection d'Uribe
Vélez.

Uribe Vélez a obtenu une neutralité positive de Cuba entière sur la question
colombienne, quitte à ne pas imiter le gouvernement Bush dans son hostilité face
à ce pays victime d'un blocus et de l'agressivité impérialiste. Dans cette
manouvre se trouvent impliqués les intérêts de l'ELN pour négocier avec le
gouvernement d'Uribe Vélez et ceux de l'Etat cubain pour parvenir à des accords
mutuellement avantageux avec les gouvernants actuels de la Colombie, ce qui
explique que le thème du dialogue avec Uribe Vélez apparaisse de façon notable à
la table des négociations Colombie-Cuba et que le siège des deux négociations se
trouvent à Cuba.

Dans l'arrière-fond de cette négociation se trouve l'intérêt d'Uribe Vélez de
faire des concessions tactiques à Cuba et de faire baisser de niveau la
confrontation avec cette force guérillera, tout en mettant davantage de
pression contre les FARC et en renforçant sa stratégie réélectioniste et son
projet néofasciste. Ce qui n'est pas clair c'est de quel façon cette manouvre
peut favoriser le camp des forces démocratiques, populaires et révolutionnaires.

C'est pour cela que, à la lumière de l'impact probable de ces accords, il faut
réfléchir à la nécessité d'un Etat qui représente une révolution comme dans le
cas de Cuba et à la façon de séparer ou de différencier ses intérêts
particuliers de la vie politique révolutionnaire internationale et des intérêts
de la révolution en d'autres pays, afin de ne pas les affecter. Il faut pondérer
le négatif qu'il y a à toujours mêler ces intérêts-ci et ceux-là, surtout
lorsque cela va au-delà du bilatéral et cela compromet la lutte des autres.

Cela est également vrai pour le Venezuela et sa Révolution bolivarienne, où il
existe plus de raisons de manier avec prudence les relations avec la Colombie
voisine, avec son Etat et son gouvernement. Cette nécessaire prudence politique
et tous les accords bilatéraux qui la caractérisent ne devraient pas affecter,
dans leur essence, les intérêts de la Révolution et des révolutionnaires
colombiens, ne devraient pas favoriser la contre-révolution, ne devraient pas
freiner l'expansion de la nouvelle vague transformatrice qui se produit dans
Notre Amérique et ne devraient pas faciliter la tâche à l'empire et ses alliés
hors des frontières du Venezuela.

La prudence est nécessaire dans les deux directions, surtout lorsqu'un Etat
appartient à un camp affronté à l'impérialisme, comme c'est le cas pour Cuba et
le Venezuela. Je sais qu'il n'est pas facile d'aborder avec un esprit critique
et une attitude indépendante ces thèmes épineux, dans lesquels sont impliqués
tant de sentiments et tant d'identités révolutionnaires, tant d'amitiés et
d'intérêts communs. C'est très difficile à faire lorsqu'on sait que peuvent être
blessées des sensibilités qui méritent beaucoup d'affection et la plus grande
considération, mais je crois sincèrement à la fois que nous ne devons pas nous
autocensurer et qu'il est nécessaire d'aborder les malentendus avec sincérité et
clarté parmi les forces révolutionnaires.

Le thème des intérêts de l'Etat et les intérêts de la révolution, des politiques
de l'Etat (politiques intérieures et extérieures) et les politiques des partis
et des forces révolutionnaires, la relation entre l'internationalisme
révolutionnaire et les intérêts diplomatiques d'un Etat anti-impérialiste, sont
insuffisamment traités et ils ne cessent pas de produire des contradictions et
des tensions comme celle que j'ose analyser dans cet article.


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15 militaires colombiens tués dans une embuscade des FARC

Quinze militaires ont été tués lundi au cours d'une embuscade des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, guérilla marxiste) dans le département du Norte de Santander (nord), a-t-on appris auprès de l'armée.

A la suite d'une fausse information selon laquelle le groupe rebelle avait dressé un barrage routier entre les localités de Tibu et La Gabarra et prenait des otages, les militaires dépêchés sur les lieux sont tombés dans un champ de mines, a indiqué le commandant de l'armée, le général Carlos Ospina.

Selon le général Ospina, "un officier, un sous-officier et 13 soldats ont été malheureusement assassinés alors qu'ils venaient à l'aide de la population civile attaquée".

Les militaires de la 15e brigade mobile étaient en opération dans ce secteur pétrolier quand ils sont tombés dans l'embuscade des guérilleros des FARC, a-t-il précisé.

Le département de Norde de Santader sur la frontière avec le Venezuela est également une zone de culture de coca où sont présents les FARC, la guérilla de l'Armée de Libération nationale (ELN - guévariste) et les milices paramilitaires d'extrême-droite.

Les FARC - principale guérilla du pays avec 17.000 hommes - réclament la libération de 500 guérilleros emprisonnés contre celle de 59 otages, parmi lesquels figurent des personnalités politiques et militaires, dont trois Américains et la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.

http://www.cyberpresse.ca/article/20060731/CPACTUALITES/607311546/5024/CPDMINUTE
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Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du Peuple

Lettre ouverte des FARC-EP au Mouvement des Pays Non Alignés

A Monsieur le Président de la XIVème Conférence du Mouvement des Pays Non
Alignés

La Havane Cuba

La Colombie est immensément riche, elle est traversée par trois cordillères, et
c'est le deuxième pays le plus riche du monde sur le plan de la biodiversité. La
Colombie dispose de côtes sur les deux océans, elle connaît toutes les
variations thermiques et toutes les diversités climatiques, elle dispose de
terres fertiles qui offrent la possibilité d'une production agricole toute
l'année. Elle a une population de 44 millions d'habitants et un potentiel
économique très puissant qui pourrait en temps de paix réelle suffire pour
elle-même et qui pourrait aussi fournir 60 millions de personnes qui ne
disposeraient pas des mêmes richesses.

Mais nous sortons d'une tragédie nationale, 60 ans de terrorisme d'Etat, lequel
a provoqué de grands tourments dans la vie politique internationale. Nous avons
connu de grandes étapes d'injustice sociales, de diminution de la démocratie,
des temps de grande douleur qui se sont accentués avec l'arrivée à la présidence
de la République du conservateur Mariano Ospina Pérez. En 1946, au début de
cette période, la violente répression contre l'opposition d'alors
-principalement libérale- a commencé. Cela avait alors provoqué une ample
protestation pacifique, dont le sommet fut la manifestation du Silencio
convoquée par le dirigeant du Parti Libéral Jorge Eliécer Gaitán. La Place
Bolívar de Bogotá avait été remplie par la foule. Personne n'avait crié, ni un «
Viva ! » ni un « Abajo ! » ; seul Gaitán avait parlé. Son discours s'est appelé
la Oración por la Paz [Prière pour la Paix], il n'appelait pas à la haine, il
n'appelait pas à l'affrontement, il appelait à la réconciliation, à la
coexistence et à la paix.

Le 9 avril 1948 Gaitán a été assassiné ; et jusqu'à aujourd'hui le magnicide
demeure impuni ; personne ne sait qui en fut l'auteur intellectuel ; quant à
l'auteur matériel il s'est laissé détruire par la foule en furie afin que
personne ne sache qui l'avait payé et envoyé. Ce qui est frappant c'est que la
CIA, 58 ans après les faits, n'a pas déclassifié les documents sur ce magnicide,
malgré la grande importance qu'il a eu sur les événements postérieurs, pas plus
que n'ont été analysées les conclusions de la Conférence Panaméricaine qui se
tenait au même moment à Bogotá.

Ces années de gouvernements désastreux ont coûté cher au peuple colombien : 300
000 compatriotes assassinés entre 1948 et 1953. Cette période est connue comme
celle de la politique officielle « de Feu et de Sang ». Et cet infâme massacre
se poursuit jusqu'à aujourd'hui.

A cette époque la haute hiérarchie libérale avait opté pour l'exil et les
libéraux de base avaient dû partir à la montagne, prendre les armes et combattre
pour défendre leur vie, leur famille et pour protéger les quelques bien qu'ils
possédaient.

En 1953 il y a eu un coup d'Etat militaire, apparemment dirigé par le général
Gustavo Rojas Pinilla, ce dernier une fois consolidé son pouvoir a appelé les
guérillas à se rendre avec la consigne « Paix, Justice et Liberté ». La majorité
des guérilleros qui répondaient aux orientations du Parti Libéral se sont
rendus, mais le résultat n'a pas été la paix. Très vite le gouvernement
militaire a transformé en ennemis tous ceux qui avaient une pensée différente de
la pensée officielle ; puis selon les paramètres anticommunistes de la IXème
Conférence Panaméricaine, des zones agricoles ont été bombardées dans la région
de Villarica, dans le département du Tolima, ce qui a causé la mort d'hommes, de
femmes et d'enfants.

En 1957 le général Rojas Pinilla a été contraint d'abandonner le pouvoir. Le
nouveau gouvernement, une fois de plus, a appelé les guérilleros à la paix et au
travail. Ceux-ci acceptèrent et retournèrent dans leurs régions, à Río Chiquito,
à Marquetalia, à El Pato et à El Guayabero. Ils produisaient alors du maïs, de
la banane, du manioc, du café, du haricot, des cochons, du bétail et de la
volaille, et bien d'autres aliments. Ces produits étaient consommés par la
population locale ou étaient vendus dans les villes voisines, ce qui constituait
un apport au pays. Mais en 1964 ils ont une nouvelle fois été attaqués par
l'Etat colombien. L'armée nationale, suivant les orientations du Département
d'Etat des Etats-Unis, voulut faire disparaître ces régions, redoutant qu'elles
ne devinssent le berceau d'une révolution comparable à la révolution cubaine.

Cette persécution constante sans équivalent se trouve à l'origine des FARC-EP,
la guérilla la plus ancienne du monde. Contraints et forcés, depuis six
décennies, ses guérilleros combattent contre un Etat violent et injuste afin
d'obtenir pour le peuple une paix digne accompagnée de la justice sociale.

Pendant toute cette période angoissante, il y a eu plusieurs essais pour la
conquête de la paix. Les Accords de La Uribe ont été signés en 1984, se
traduisant par un cessez-le-feu bilatéral qui a duré jusqu'au 9 décembre 1990.
Le président César Gaviria Trujillo y a mis un terme de façon unilatérale avec
le bombardement de Casa Verde, le siège du Secrétariat des FARC, alors que les
Colombiens élisaient l'Assemblée Nationale Constituante.

En vertu des Accords de La Uribe avait été créée l'Union Patriotique,
organisation pluraliste qui avait été très bien accueillie par les travailleurs
et par le peuple. A la suite d'une courte campagne électorale l'Union
Patriotique avait obtenu 14 congressistes, 17 députés, 10 maires et 135
conseillers. La réaction de l'extrême-droite ne s'est pas faite attendre : deux
candidats à la présidence pour l'Union Patriotique, Jaime Pardo Leal et Bernardo
Jaramillo, ont l'un après l'autre été assassinés. La majorité des congressistes,
des députés, des maires et des conseillers ont été assassinés, ainsi que plus de
4000 dirigeants, militants et sympathisants du Parti Communiste et de l'Union
Patriotique. Deux autres candidats présidentiels ont été assassinés : Carlos
Pizarro Leongómez du M19 et Luis Carlos Galán du Nouveau Libéralisme. Tous ces
assassinats relèvent de la responsabilité de l'Etat colombien, c'est pour cela
que la Commission Interaméricaine des Droits Humains a condamné l'Etat colombien
pour le génocide de l'Union Patriotique.

Ouvrant une nouvelle étape dans la recherche de la paix, les Dialogues de San
Vicente del Caguán, dans le département du Caquetá, ont débuté le 7 janvier 1999
entre le gouvernement d'Andrés Pastrana et les FARC-EP. Mais parallèlement à
cette importante initiative les Etats-Unis ont imposé le Plan Colombie, plan de
guerre destiné à déstabiliser la région sud-américaine. Trois ans plus tard, le
20 février 2002, le président Pastrana mettait un terme aux Dialogues, sans
prendre en compte les 28 pays amis qui avaient accompagné ce nouvel effort de
paix et sans permettre à l'envoyé du secrétaire général de l'ONU, James Lemoyne,
de jouer son rôle de médiateur.

Durant le Processus de Paix, entre 1999 et 2002, beaucoup d'avancées avaient été
réalisées ; les FARC et les représentants du gouvernement Pastrana avaient signé
l'Agenda Commun pour le Changement. Les points à discuter ont été identifiés et
consignés et ils ont été signés par les deux parties. Il ne manque que la
volonté du gouvernement actuel pour la reprise d'un dialogue qui conduise vers à
paix en Colombie et à la stabilité dans la région.

Messieurs les Présidents et représentants présents à la Conférence du Mouvement
des Pays Non Alignés,

Nous réalisons cette petite synthèse historique pour montrer que la guérilla
n'est pas responsable de la violence, comme l'affirment le gouvernement
colombien et les grands medias qui lui sont attachés.

Nous nous adressons à vous, non pas pour vous demander de nous aider dans la
guerre, mais pour vous demander de nous aider dans la solution politique du
conflit social et armé que nous endurons nous les Colombiens depuis six
décennies.

Nous avons à plusieurs reprises, publiquement, réitéré au président Alvaro Uribe
Vélez la proposition que nous lui avions faite au début de son premier mandat :
la démilitarisation de deux départements, le Putumayo et le Caquetá ; et la
reprise de l'Agenda Commun pour le Changement. Ainsi, avec les partis
politiques, les corporations économiques, l'Eglise, le mouvement syndical et le
mouvement de masse en général, les militaires, les étudiants, les paysans, les
indigènes et les autres minorités, tous ensemble, nous élaborerions les
linéaments de la Nouvelle Colombie, celle que nous voulons tous, souveraine,
digne, puissante, juste et pacifique.

Pour l'Accord Humanitaire, les FARC-EP ont émis deux propositions concrètes et
applicables dans le cadre du droit international. Il revient au gouvernement de
faire les pas pertinents pour avancer vers sa réalisation, ainsi que l'attendent
la nation, la communauté internationale et les familles des prisonniers
politiques et prisonniers de guerre des deux parties.

Nous sommes disposés, si nous pouvons compter de garanties solides, à envoyer
dans vos pays des délégations représentant notre organisation pour converser
avec vos gouvernements au sujet de nos propositions pour les issues politiques.
De la même façon nous sommes disposés à recevoir vos délégués dans nos
campements pour leur faire connaître notre version du conflit interne et pour
leur expliquer nos propositions et nos efforts pour parvenir à la paix
définitive et durable.

Cordialement,

Raúl Reyes
Responsable de la Commission Internationale des FARC-EP

Montagnes de Colombie
Septembre 2006

Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du Peuple

http://fr.groups.yahoo.com/group/CubaSolidarityProject/message/11404
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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 15:34
Colombie: Alvaro Uribe retire son offre d'échange de prisonniers avec les FARC

BOGOTA (AP) - Le président colombien Alvaro Uribe a retiré vendredi son offre de négocier un échange humanitaire de prisonniers avec les rebelles des FARC, accusant les Forces armées révolutionnaires de Colombie d'être responsables d'un attentat à la voiture piégée qui a fait 23 blessés jeudi.

Dans un discours à l'université militaire de Bogota où l'attentat s'est produit, M. Uribe, ému, a affirmé que des conversations téléphoniques qui ont été interceptées montrent que l'attaque de jeudi était planifiée par le chef des FARC, Jorge Briceno, dont le nom de guerre est "El Mono Jojoy".

Ces dernières semaines, M. Uribe avait pourtant tenu des propos conciliants qui suggéraient que le gouvernement essayait d'organiser un échange de plusieurs centaines de rebelles emprisonnés contre une soixantaine de prisonniers politiques détenus par les FARC.

Mais vendredi, il a réduit à néant les espoirs d'accord, ordonnant au Commissaire à la paix du gouvernement, Luis Carlos Restrepo, et aux autres émissaires chargés des négociations de cesser immédiatement tout contact avec les rebelles.

Il a aussi demandé aux trois pays européens impliqués dans la médiation, la France, l'Espagne et la Suisse, de fournir une aide militaire plutôt que diplomatique afin de garantir la libération des otages, dont certains sont captifs depuis plus de dix ans. "La seule option qui reste, c'est un sauvetage militaire", a déclaré le président colombien, qualifiant les FARC de "vauriens" et de "terroristes".

Par la voix de son ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, la France a marqué vendredi soir "son hostilité à toute opération de sauvetage des otages par la force". "Je reste convaincu qu'une solution pacifique est possible", a affirmé dans un communiqué le chef du Quai d'Orsay, invitant "les acteurs à renouer le fil du dialogue pour éviter que les familles des otages ne perdent tout espoir".

Vendredi Alvaro Uribe est revenue à la ligne dure qu'il a défendu depuis son arrivée au pouvoir. "Mes compatriotes, pour la dignité de la mère patrie et des générations futures, nous devons affronter les terroristes afin de ne pas être réduits en esclavage pour toujours par eux", a-t-il déclaré.

Les propos de M. Uribe ont été condamnés par les membres des familles des otages. "Le discours du président condamne les otages à mort", a déclaré, en pleurs, Yolanda Pulecio, la mère de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, la plus célèbre de ces otages. La sénatrice écologiste, qui était candidate à la présidentielle colombienne, a été enlevée le 23 février 2002 par les FARC.

L'attentat de jeudi, qui s'est produit sur le parking de l'université militaire de Bogota, a fait 23 blessés et détruit trois véhicules utilisés par les gardes du corps de généraux colombiens. L'explosion a eu lieu dans la matinée, juste après l'heure de pointe. AP

http://fr.news.yahoo.com/20102006/5/colombie-alvaro-uribe-retire-son-offre-d-echange-de-prisonniers.html
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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 15:35
FARC-EP

Salut de Nouvel An

Depuis près de 60 ans la Colombie vit une guerre civile non déclarée provoquée par l'illégitimité de ses institutions et par l'interventionnisme gringo, le contrôle du pouvoir de l'Etat par quelques minorités et l'appropriation violente des meilleures terres. Les militaires, la police, les services d'intelligences -les paramilitaires connus comme « pajaros »- avaient noyé le pays dans le sang et ils l'avaient rempli de terreur jusqu'à ce que, dix ans plus tard, les responsables -libéraux et conservateurs- de la guerre fratricide réorganisent les institutions, cachés en Europe, se répartissant l'administration publique et le budget national ; sans se préoccuper du dépassement des véritables causes du conflit. Ce conflit s'est donc prolongé jusqu'à nos jours. Aujourd'hui, après quelques nouvelles retouches aux institutions, les enfants, les petits-enfants et les familles des chefs de l'oligarchie d'alors, avec les mêmes méthodes, prétendent se perpétuer au pouvoir soutenus par la puissance des maffias et les dollars du narcotrafic.

Ils voudraient ignorer qu'au cours de toutes ces années, en commettant des massacres froidement planifiés, en commettant des massacres à la tronçonneuse -en plus des exécutions systématiques des dirigeants de la gauche et de l'expulsion de populations entières de leurs terres-, en pratiquant le terrorisme partout, en contraignant à l'allégeance politique, ils frappent l'Etat d'illégitimité, tout comme le régime et le gouvernement. Les présidents, les ministres, les ambassadeurs, les gouverneurs, les maires, les généraux, les amiraux, les parlementaires, les députés, les conseillers, les magistrats des hautes cours, les juges, les ficales, les contralores, les procureurs, les chefs de service de l'intelligence et de nombreuses agences décentralisées de l'Etat ont exercé, et exercent, leurs importantes fonctions publiques tout en étant compromis dans le narco-paramilitarisme. Comment ne serait pas considéré illégitime un président comme le président actuel élu avec des votes inexistants dans plusieurs régions du pays et avec les voies de Congressistes qui sont des paramilitaires assumés et avec le soutien de paramilitaires honteux que nous connaissons tous ?

Tout en souhaitant au peuple colombien le meilleur pour l'année 2007, nous l'encourageons à renforcer ses luttes unitaires contre le néolibéralisme, contre la ZLEA, contre le TLC, et nous le convoquons à redoubler d'efforts par réaliser l'Echange humanitaire et pour que commence un processus qui conduise à la solution politique du conflit. Il ne s'agit pas de mettre un pansement sur les institutions, violentes et corrompues, mais de parvenir tous ensemble à la construction pacifique d'une nouvelle Colombie, juste démocratique et indépendante, dirigée par un nouveau gouvernement de réconciliation et reconstruction nationale.

Secrétariat de l'Etat Major Central des FARC-EP

Montagnes de Colombie
Le 24 décembre 2006
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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 15:35
Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du Peuple

Message des FARC-EP à la XIIIème rencontre du Forum de Sao Paolo
San Salvador

Salut au Comité Directeur du Forum de Sao Paolo
San Salvador

Compañeras et compañeros délégués au XIIIème Forum,

Nous vous transmettons notre affectueux salut bolivarien et nous vous souhaitons beaucoup de succès dans vos délibérations.

Etant donné que nous ne pouvons pas être présents à cette rencontre si importante, nous vous faisons parvenir ce document pour vous faire connaître nos points de vue. Nous vous remercions par avance de les prendre en compte dans vos délibérations.

Chers Compañeros,

En 1990 le camp socialiste s'affaiblissait, toutes ses structures s'écroulaient comme un château de cartes, les ennemis du socialisme étaient à la fête. Tandis que naissaient des théories annonçant la fin de l'histoire, beaucoup de révolutionnaires dans le monde observaient sans voix, sans comprendre ce qui avait failli pour que survînt une telle catastrophe.

L'utopie disparaissant, le désespoir s'est emparé de beaucoup de dirigeants qui avaient consacré leur vie à la lutte pour la conquête d'un monde meilleur -leur idéal ayant été le modèle de socialisme de l'Union soviétique. Lorsque ce modèle s'est écroulé ce fut pour beaucoup la fin de la motivation à lutter ; et nous ne sommes plus restés que quelques rêveurs qui nous sommes maintenus -et qui nous maintenons encore- dans la théorie, dans la politique et dans de nouvelles expressions de socialisme. Cela a renforcé la détermination à lutter et cela a accéléré la croissance et le renforcement de ce contingent de rêveurs qui estiment qu'il vaut la peine de se battre parce qu'un monde meilleur est possible.

En Asie, la Chine, le Vietnam et la Corée du nord brandissaient leur drapeau socialiste en ignorant le défaitisme et sans écouter les chants de sirènes qui leur disaient de renoncer au système anti-capitaliste. En Amérique, Cuba est restée seule, naviguant dans la pire crise qu'ait du vivre un pays -avec une chute libre de ses échanges commerciaux- et que beaucoup croyaient irréparable en raison du brusque changement des sources d'échange et des conditions du commerce extérieur. L'impérialisme, croyant que le moment était venu d'en finir avec le socialisme en Amérique, a accru son agressivité, avec le blocus économique, commercial et financier, sans prendre en considération la vie de millions d'enfants et de personnes âgées qui auraient à souffrir des conséquence de ces manouvres démentielles.

C'est à ce moment précis que le PT a lancé la formidable proposition de créer le Forum de Sao Paolo, tranchée où nous nous rencontrerions, nous les révolutionnaires de différentes tendances, de différentes pratiques de lutte, tout en incluant un parti exerçant le pouvoir, comme dans le cas de Cuba. Cette initiative, tout de suite accueillie favorablement, fut une table de salvation et un espoir signalant que tout n'était pas perdu. C'était tout à fait juste. Seize ans sont passés et le panorama politique aujourd'hui est complètement différent. L'impérialisme arrogant de jadis est plongé dans une crise profonde dont personne ne sait ni quand ni comment elle finira. Les agressions brutales et illégitimes contre les peuples d'Afghanistan, d'Irak et du Liban ont reçu des réponses inattendues. Et le gouvernement états-unien et ses alliés sont de plus en plus déconcertés, devant assumer la responsabilité politique de milliers de morts et de blessés ainsi que d'une probable défaite. De dures réalités, le déficit fiscal, le déficit de la balance commerciale, la chute des faucons, Rumsfeld, Boulton et Negroponte, et l'attitude de plus en plus critique du peuple états-unien, tout cela accentue la crise de ceux qui avaient rêvé -et qui rêvent encore- de détenir le pouvoir mondial, escomptant la disparition des forces qui puissent leur faire opposition.

En Amérique latine, nous nous bornerons à citer les pays dont tout le monde connaît les processus en cours : Cuba, le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua, l'Equateur, le Brésil, l'Uruguay et l'Argentine, soit huit pays qui s'orientent vers des modèles de gouvernement et des systèmes distincts du système traditionnellement imposé par l'impérialisme yankee. Les peuples ont fait le choix du changement, rien ne les a arrêtés ; la menace, le chantage, l'achat des votes et les fraudes millionnaires n'ont pas suffi pour modifier l'opinion des millions de personnes qui ont recherché -et recherchent encore- une nouvelle alternative.

C'est dans ce cadre politique-là que s'est développé le Forum de Sao Paolo. D'un parti de gouvernement qui à l'origine faisait partie du Forum -le Parti communiste cubain- aujourd'hui il y a huit forces gouvernantes, lesquelles non seulement sont des forces de gouvernement mais elles ont été fondatrices de cet important mouvement. Ainsi donc, on pourrait penser que -puisqu'il a produit certains résultats- le Forum de Sao Paolo est un moteur de l'intégration latino-américaine, une arme au service des luttes sociales, un organisme de solidarité dans la lutte des peuples, une force capable de rechercher et de proposer des solutions politiques aux conflits internes qui existent en raison de l'inégalité, de l'injustice et de l'anti-démocratie.

Mais il n'en est pas ainsi. Certains pensent que le fait de parvenir au gouvernement les écarte du Forum. Selon cette très respectable façon de voir les choses, être dans l'opposition est une chose et être au gouvernement en est une autre, à tel point que parfois il faut défendre des politiques désapprouvées par le Forum, comme la politique néolibérale. Ils pensent que leur nouvelle condition inhibe leur participation et ils voudraient un Forum moins dynamique, qui ne se fasse pas sentir, qui n'émette pas de proposition, qui ne lutte plus pour des objectifs qui gardent pourtant leur validité. D'autres encore pensent qu'il faut en finir avec le Forum et que le mieux serait de l'enterrer et de créer un nouveau mouvement.

Nous, les FARC, pensons que les deux appréciations antérieures ne sont pas correctes. Nous pensons au contraire que les partis qui sont membres du Forum et qui appartiennent à des gouvernements disposent des moyens et du droit de proposer dans leur pays le renforcement du mouvement tel qu'il a été créé, sans exclusion, sans imposition et sans dogmatisme. C'est même une nécessité. Nous croyons également qu'il faut tenter d'augmenter la fonctionnalité de cette organisation, comme instrument catalyseur des opinions des peuples -toujours en avance par rapport à leurs gouvernants- parce qu'ils ressentent la gestion du gouvernement, s'il est juste, s'il est honnête, s'il est humain et s'il accomplit ses promesses. Redouter la critique que pourrait émettre une organisation comme le Forum de Sao Paolo c'est nier son essence même comme gouvernement démocratique, large et pluraliste.

Créer une autre organisation, sacrifiant seize années d'expérience et de crédibilité, c'est perdre la possibilité de transformer le Forum en coordinateur des différents partis, mouvements et organisations politiques qui, tout en respectant les différences, maintiennent leur engagement à lutter contre l'impérialisme et le néolibéralisme, en faveur de la solidarité et de l'intégration de l'Amérique latine.

Nous exprimons notre reconnaissance aux compañeros du Groupe de travail pour leur initiative aspirant à aider à la solution politique au conflit social, politique et armé que vit la Colombie depuis soixante ans. La Déclaration de Bogotá est sans aucun doute un document très important et, avec le droit qui nous soutient, nous demandons à ce qu'il soit diffusé parmi les membres assistant au Forum.

En Colombie il y a une intervention directe de l'impérialisme yankee. Actuellement il y a 1400 officiers de l'armée des Etats-Unis qui dirigent les opérations du Plan Colombie, du Plan « Patriota » et du Plan Victoria. Les Etats-Unis favorisent la guerre et la financent, utilisant le prétexte du narcotrafic, et pour cela ils dépensent quotidiennement 17,5 millions de dollars pour poursuivre et éliminer les combattants sociaux, révolutionnaires et bolivariens. Les fumigations sont en train d'en finir avec la flore et la faune de l'Amazonie -ils ont déjà déversé des milliers de tonne de glyfosate et de Paraquat ; ils réalisent aussi des expériences avec le Fusarium Oxiporum qui détruit la plante de coca mais qui détruit toutes les plantes dans le même temps. La même chose se passe dans les cuvettes hydrauliques où les fumigations provoquent d'immenses pertes pour l'écosystème.

Nous croyons opportun de signaler notre inquiétude et notre désaccord quant à la position de certains compañeros qui, à titre personnel, déclarent publiquement que les FARC ne peuvent pas participer au Forum parce qu'elles sont une organisation armée insurgée. La lutte armée n'a pas été créée par décret et elle ne s'achèvera pas non plus par décret. Il s'agit de l'expression d'un peuple qui a souffert de la dévastation. Ces soixante dernières années, plus d'un million de personnes ont été assassinées. La guérilla est l'expression des milliers de militants du Parti communiste et de l'Union patriotique qui ont été assassinés et c'est l'expression des milliers de syndicalistes assassinés ces dernières années. Nous invitons fraternellement les compañeros qui pensent que nous ne pouvons par participer au Forum à nous accompagner -non pas dans la vie militaire à laquelle nous avons été contraint par les circonstances, nous savons qu'ils ne sont pas d'accord et nous respectons leur point de vue- ; nous les invitons à participer à la recherche de la solution politique, et à cette fin nous leur donnons à connaître la Plateforme pour un Gouvernement de Reconstruction et Réconciliation Nationale approuvée en 1993 lors de notre VIIIème Conférence. Nous avons invité à plusieurs reprises, avec cette Plateforme en Dix points, tous les secteurs sociaux, économiques et politiques de notre pays, afin de construire tous ensemble la Nouvelle Colombie. Nous invitons le Forum dans son ensemble à conserver ses positions et à poursuivre son action pour la solution politique au conflit social et armé de la Colombie, pas important pour parvenir à la paix avec justice sociale pour laquelle notre peuple a lutté -et continuera de lutter- et pas nécessaire pour empêcher l'impérialisme d'utiliser ce conflit pour déstabiliser la région.

Nous réitérons notre invitation à tous les partis politiques, organisations sociales, estudiantines, ouvrières, intellectuelles, paysannes et indigènes, et à toute personne opposée à l'injustice, à ouvrer à la recherche de la solution politique. Nous invitons à la lutte pour l'Echange humanitaire ; ainsi les portes s'ouvriront et des centaines de Colombiennes et Colombiens retourneront à leur foyer auprès des personnes qui leur sont chères.

Montagnes de Colombie
Dimanche 7 janvier 2007

FARC-EP Commission Internationale
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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 15:35
COLOMBIE: 60 ANS DE GUERRE CIVILE

* Quelle est la situation en Colombie?

- En Colombie sévit un grave conflit social, politique et militaire. L'Etat colombien, soutenu par les multinationales, les propriétaires fonciers, les industriels et leurs représentants politiques, mène une politique criminelle envers le peuple. Le pays dispose d'importantes richesses minières (or, émeraude, charbon) et des réserves de pétrole. Le climat et le sol permettent la production de nombreuses variétés agricoles, telles que le café (2° rang mondial), la canne à sucre (10°), le cacao (9°)... Malheureusement, 1% de la population détient 45% des richesses, et 37 grands propriétaires se partagent plus de la moitié des terres cultivables.

* Pourtant le président colombien et son gouvernement sont élus démocratiquement ?

- Des millions d'électeurs dans les régions contrôlées par l'armée et/ou les paramilitaires n'ont pas pu voter, ou ont été contraints de voter pour Uribe. Le système d'exploitation ne peut assurer des conditions de vie décentes qu'à une petite frange de la classe moyenne (fonctionnaires, policiers, commerçants) nécessaire pour la survie du maquillage démocratique. 65% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. C'est dans ce contexte que sont nées les FARC, en 1964, 16 ans après l'assassinat du candidat populaire Jorge Eliecer Gaitan, qui marquait le point de départ de la révolte paysanne.

* Qui sont les FARC?

- Les FARC-EP (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du Peuple) sont une organisation politico-militaire marxiste-léniniste d'inspiration bolivarienne, fortement influencée dès ses origines par la révolution socialiste cubaine et les enseignements de Che Guevara. Ils sont le bras armé des pauvres du monde rural contre les classes riches de la Colombie et possèdent depuis 1982 le statut de "belligérants" au regard des conventions de Genève. De 48 membres à l'origine, ils sont passés à 6.000 fin 80 et environ 20.000 aujourd'hui (dont 35 à 40% de femmes).

* Certains prétendent que les FARC sont des terroristes ?

- Les FARC sont apparues en 1964 en réponse au terrorisme d'Etat. La plupart des attaques de la guerilla visent les infrastructures, afin d'affecter les sources de financement de l'Etat dans sa guerre contre le peuple. Le président Uribe, pantin de Washington, représente la guerre, la corruption, l'abandon de la souveraineté nationale. Les FARC-EP luttent pour instaurer un nouveau pouvoir qui garantisse la paix, la démocratie, la justice sociale, et l'unité des peuples latino-américains.

* D'autres prétendent que ce sont des narco-trafiquants ?

- Les FARC sont opposés au trafic de drogue, mais ils ne peuvent empêcher les petits paysans de cultiver la coca. En l'absence de réforme agraire radicale (redistribution des terres), la survie de nombreux paysans dépend de la drogue. Les FARC ne font que prélever une part (impôt révolutionnaire) sur les transactions.

* Pourquoi ne participent-ils pas à la vie politique traditionnelle du pays ?

- En mai 1985, dans le cadre de négociations tentant d'apporter une résolution au conflit, naissait l'Union Patriotique. Ce parti d'opposition de gauche va connaître pendant 9 ans une tragédie, avec l'assassinat de 4.000 de ses militants et/ou sympathisants, notamment les candidats aux présidentielles Jaime Pardo Leal (1987) et Bernardo Jaramillo Ossa (1990), jusqu'à l'assassinat du dernier des membres de l'UP au Parlement, Manuel Cepeda Vargas (1994), 9e parlementaire de l'UP assassiné. En Colombie il n'y a jamais eu de démocratie. L'UP a été physiquement exterminée par les balles.
Les crimes massifs commis contre l'UP constituent "une page honteuse dans l'histoire de notre pays" (F.SANTOS, vice-président, déclaration du 09/02/04)

* Pourquoi les FARC ont-il kidnappé Ingrid Betancourt ?

- Le 20 février 2002, sous la pression des USA, le président Pastrana met fin au processus de paix avec les FARC-EP et leur lance un ultimatum de 48h pour quitter la zone démilitarisée (42.000 km2). 3 jours plus tard, Ingrid, en campagne présidentielle, décide quand même de se rendre dans cette zone avec 3 hommes et sa secrétaire. Pour les FARC, les membres de la classe politique, favorables au système "démocratique" colombien sont tous "scandaleusement indifférents au drame de la guerre vécue par le peuple". Ingrid ne fait pas exception à la règle.

* Mais pourtant c'est une femme; cela ne fait-il aucune différence pour les FARC ?

- Les FARC-EP sont une organisation féministe; à ce titre ils ne font pas de distinction sexiste, que ce soit par rapport aux otages, ou bien au sein de la guerilla où les femmes peuvent obtenir des postes à haute responsabilité correspondant à leur mérite militaire. Par ailleurs, une dizaine de jours avant sa capture, Ingrid s'était déjà rendue dans la zone démilitarisée où elle avait violemment pris à partie Raul Reyes au cours d'une table ronde, condamnant fermement les pratiques de la guerilla. Difficile dans ces conditions d'espérer un geste de clémence de leur part...

* Pourquoi les FARC ont-ils libéré les 3 hommes qui accompagnaient Ingrid et pas Clara Rojas, sa secrétaire ?

- Clara Rojas ne pouvait pas être considérée comme un otage politique. Les FARC souhaitaient la relâcher également, mais elle est restée par solidarité avec Ingrid. Elle a témoigné dans une vidéo de 2003 (www.e-monsite.com/amloc34/rubrique-1012706.html) des très bonnes conditions de détention des otages, similaires aux
conditions de vie des guerilleros. Depuis, elle a eu une liaison avec un guerillero et de cette union est né un petit garçon début 2005. On est bien loin des otages "ligotés et bâillonnés" qu'imaginent certains anti-communistes. Par ailleurs, les FARC mettent à disposition de chacun des otages une petite radio pour qu'ils puissent écouter en permanence les messages de leurs familles diffusés sur une station colombienne.

* Pourquoi l'Etat français ne verse-t-il pas de rançon ?

- Les FARC ne réclament ni argent, ni armes, Ingrid est un otage politique et non économique.

* A quoi servent les otages politiques ? Comment faire pour obtenir leur libération ?

- Les prisonniers politiques, qu'ils soient aux mains des FARC ou de l'Etat colombien, ne pourront être libérés qu'au travers d'un échange humanitaire, en accord avec les conventions de Genève réglementant ce type de conflit.

* Pourquoi le président colombien et les FARC refusent-ils cet échange ?

- Les FARC ne refusent pas l'échange, bien au contraire! C'est aujourd'hui leur objectif politique prioritaire! Ils ont plusieurs fois libéré des prisonniers politiques (la dernière fois 2 policiers, en parfaite santé, le 25/03/06), en signe de bonne volonté, sans jamais aucune contrepartie. En revanche l'Etat colombien est opposé à l'échange, qui serait une preuve de faiblesse vis-à-vis de la guerilla, et le discréditerait aux yeux des USA, partisans de la manière forte. Par ailleurs 2 hauts responsables des FARC, la commandante Sonia, et Simon Trinidad, négociateur international des FARC pour l'échange humanitaire, ont été "extradés" (en réalité vendus) aux USA (quelques mois plus tard, Rodrigo Granda, autre négociateur mandaté par les FARC a été enlevé par des agents colombiens sur le territoire vénézuélien, au mépris des conventions entre les 2 pays). Ces actes irresponsables du gouvernement colombien, contraires aux conventions de Genève, compromettent sérieusement l'échange humanitaire de tous les prisonniers de guerre.

* Et le gouvernement français dans tout ça ?

- Comme l'a dénoncé à demi-mot Mélanie mardi (20/02), la diplomatie française n'a absolument rien fait depuis 5 ans pour forcer Uribe à accepter l'échange humanitaire. Le gouvernement français est solidaire des gouvernements colombien et américain. Ces gens-là ont une solidarité de classe, ils sont donc logiquement opposés, entre autres, à la classe paysanne et aux FARC-EP, et engagés dans une lutte sans merci contre tous ceux qu'ils appellent les "terroristes", bien souvent les groupes politiques et/ou militaires issus du peuple et opposés à leurs propres intérêts.

* * * * *

Discussion entre un otage (sénateur) et un commandant guerillero:
<< Il criait, il pleurait: "Pourquoi moi, que va devenir ma famille, que vous ai-je fait?". Je lui ai répondu: "Vous appartenez à la classe politique. A cause de vous, j'ai passé une enfance sans école, sans médecin, dans le plus total dénuement. A cause de vous, ma famille n'a connu que la misère. A cause de vous, je n'ai eu d'autre choix que de prendre les armes. A cause de vous, je mourrai dans ces montagnes. Alors ne vous plaignez pas." >>


CITATIONS

"Le guerillero est un réformateur social. Il se bat pour changer le régime qui maintient tous ses frères désarmés dans l'opprobre et la misère. Le guerillero est, fondamentalement et avant tout, un révolutionnaire agraire." (Ernesto "Che" GUEVARA, février 58)

"S'il [Uribe] ne veut pas s'asseoir avec les FARC, eh bien qu'il le dise... Il y a trop de voix officielles disant oui, disant non, disant peut-être, impossible, possible. Cela ne donne pas confiance aux FARC." (James LEMOYNE, émissaire de l'ONU, El Tiempo, 18/05/03)

"Les FARC ne sont pas un groupe de terroristes, ce sont des belligérants, ce sont 20.000 hommes (NDLR: et femmes!) qui combattent depuis 40 ans." (F.DELLOYE, 1er mari d'Ingrid, 23/02/05)

Sur les crimes commis par l'armée: "Dans certains cas, les commandants de l'armée eux-mêmes ont soutenu ce procédé qui consiste à habiller leurs victimes [civiles] avec des vêtements de guerilleros pour cacher les faits et simuler un combat." (rapport de l'ONU, février 2006)

"Je ne justifie pas les actions sauvages de la guerilla [...] mais je comprends que ça existe en Colombie à cause du manque de pensée au peuple, de travailler vraiment pour le peuple. [...] Au fond de lui, il [Uribe] ne veut pas de l'accord humanitaire. [...] En Amérique du Sud, c'est le seul qui est encore aux côtés de Bush [...] Il est pour la guerre, pour la violence, il ne veut pas établir de dialogue." (Yolanda PULECIO, maman d'Ingrid, interview radio, novembre 2006)
"Les FARC ont, ont eu, et auront toujours comme objectif politique l'échange de prisonniers." (Raul Reyes, porte-parole des FARC)

Site officiel des FARC-EP: http://www.farcep.org
Principal journal colombien: http://www.eltiempo.com
Site de soutien US aux guerilleros extradés: http://www.fightbacknews.org

Infos sur la Colombie:
http://www.redresistencia.info
http://www.anncol.org
http://www.anti-imperialism.net http://www.monde-diplomatique.fr/index/pays
http://www.risal.collectifs.net
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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 15:36
Site des FARC
 
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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 15:37
Huribe s'en va en guerre

Colombie: Uribe choisit l'option militaire pour libérer les otages

BOGOTA (AFP) - Le président colombien Alvaro Uribe a choisi vendredi la manière forte en prônant l'option militaire au détriment de la négociation pour libérer les otages des guérilleros des FARC (marxistes), notamment la Franco-Colombienne Ingrid Bétancourt.

Le chef de l'Etat a ordonné aux responsables de l'armée de "libérer par les moyens militaires" Ingrid Betancourt ainsi que les trois Américains détenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). A Paris, le ministère français des Affaires étrangères s'est déclaré "opposé à une action militaire qui risque de mettre en péril la vie des otages".

"Messieurs les généraux, nous allons libérer Ingrid Betancourt et les trois Américains", a déclaré le président Uribe au cours d'une cérémonie en présence de hauts responsables de la police et de l'armée. "Nous avons l'ordre présidentiel de réaliser les opérations nécessaires" pour libérer les détenus, avait indiqué peu auparavant le commandant des forces militaires colombiennes, le général Freddy Padilla. Selon le président, "les FARC ne veulent pas d'accord humanitaire, c'est pourquoi nous insistons sur la libération par des moyens militaires". "Ici, il n'y aura pas de petits jeux avec ces bandits des FARC, ici il n'y a pas de zone démilitarisée", a-t-il poursuivi.

En 2005, la France, la Suisse et l'Espagne avaient proposé des négociations à Pradera et à Florida, dans une zone démilitarisée de 480 kilomètres carrés à créer, en vue d'un "échange humanitaire" d'otages contre des guérilleros incarcérés. Le chef de la diplomatie colombienne Fernando Araujo a également durci le ton alors que jusqu'à présent le pouvoir paraissait osciller entre une solution négociée avec la guérilla et une offensive militaire sans dialogue préalable.

Que les otages "profitent de la moindre négligence de leurs geôliers et s'échappent", a lancé M. Araujo après avoir rencontré le sous-officier de la police John Frank Pinchao Blanco, otage pendant près de neuf ans récemment évadé et ancien compagnon de détention d'Ingrid Betancourt. "J'ai été séquestré pendant six ans avec l'illusion permanente de pouvoir m'échapper ou d'être libéré par l'armée. J'invite tous les séquestrés de Colombie à profiter de cette possibilité", a affirmé le ministre, qui a lui-même fui d'un camp de détention des FARC en janvier dernier.

Selon le policier Pinchao, Ingrid Betancourt et les trois Américains ont été tous détenus dans le même camp des rebelles, situé à la frontière avec le Brésil. De plus, il a révélé jeudi à l'AFP que Mme Betancourt avait effectué cinq tentatives d'évasion ratées.

Les familles d'otages, notamment celle d'Ingrid Betancourt, redoutent l'option militaire. "Je supplie qu'il n'y ait pas de libération par la force", a déclaré à l'AFP le mari d'Ingrid Betancourt, Juan Carlos Lecompte, qui affirme que dans ce cas "les FARC tueront tous les otages". Dans le passé, plusieurs opérations de l'armée se sont soldées par la mort des prisonniers. La fille de Mme Betancourt, Mélanie, qui vit en France, a estimé vendredi qu'Uribe "se moque du président" français Nicolas Sarkozy alors qu'ils ont longuement discuté de l'affaire jeudi soir par téléphone. "Le président Sarkozy a dit au président Uribe à quel point il croyait fermement à une solution négociée et surtout pas à une libération par la force qui, on le sait, est un échec", a-t-elle déclaré.

Ingrid Betancourt, ancienne candidate écologiste à la présidence colombienne, et son adjointe Clara Rojas sont otages des FARC depuis le 23 février 2002. Les Américains Marc Gonsalves, Keith Stansell et Thomas Howes avaient été capturés le 13 février 2003 quand l'avion dans lequel ils effectuaient une mission antidrogue avait été abattu par les rebelles.

Les FARC, première guérilla de Colombie avec 17.000 hommes, réclament la libération de 500 de leurs hommes incarcérés en échange de 56 otages qu'elles détiennent.

http://fr.news.yahoo.com/19052007/202/colombie-uribe-choisit-l-option-militaire-pour-liberer-les-otages.html (19/05/2007)
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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 15:38
1917. - Posté le 19-05-2007 à 15:38:41  
 
Bon, un rappel en ce qui concerne la situation en Colombie:

****
La Colombie meurt de la drogue, des grand propriétaires terriens et des USA. Les Verts européens lui importe peu.

Mais pourquoi les FARC utilisent-ils la lutte armée ?
La violence n'est ainsi pas un fait nouveau en Colombie, elle va de la de la "guerre des mille jours" (1897-1899) à la période de la "violencia" (1948-1953) où périrent 200.000 personnes. Même une figure de la chrétienté comme Camillo Torres, engagé socialement, a dû pour survivre passer dans la guérilla.
La Colombie n'est pas un régime démocratique, mais un pays dominé par l'armée, les services secrets, les grands propriétaires terriens disposant de milices armées jusqu'aux dents, les cartels de la drogue...
1 % de la population détient 45 % des richesses, et 37 grands propriétaires possèdent 50 % des terres cultivables. Les escadrons de la mort tuent les opposants ; comme l'a constaté même Amnesty International la politique des USA en Colombie « est la même politique que celle qui appuyait les escadrons de la mort au Salvador dans les années 1980. » 

Quand et comment fut imposé le néolibéralisme en Colombie ?
« L’introduction du néolibéralisme en Colombie s’est faite en deux étapes. Nous sommes actuellement dans la troisième phase : l’étape finale.

Le première eut lieu entre 1978 et 1982 quand le gouvernement de Turbay, en syntonie avec les gouvernements militaires du Cône sud (le Chili et l’Argentine principalement) prit des mesures de libéralisation de l’économie colombienne. Ce processus s’est surtout caractérisé par une ouverture aux importations et par des pressions à la privatisation. Pressions qui rencontrèrent des résistances sociales. Le gouvernement parlait beaucoup de flexibilité de la main d’œuvre, ce qui signifiait l’élimination des prestations sociales en essayant de les convertir toutes en salaires immédiats.
Toute cette politique provoqua une forte crise économique qui marqua les débuts de la décennie des années 1980. Avec l’arrivée au pouvoir du gouvernement de Belisario Betancur (1982-1986), les politiques néolibérales furent interrompues pour pouvoir sortir de la crise. C’est ce que font toujours les néolibéraux : appeler l’Etat à la rescousse pour, par exemple, sauver les banques en faillite. On assista donc au retour d’une certaine intervention de l’Etat et d’une politique protectionniste avec, notamment, le rétablissement de taxes douanières sur les importations. »


« La seconde vague néolibérale commence à la fin du gouvernement de Barco. César Guaviria - actuel secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA) - était alors ministre des Finances. Ils éliminèrent notamment le crédit d’appui au secteur agricole. Ils adoptèrent la loi 50 qui « décontractualise » le travail et qui l’assimile à des honoraires ou des services.
Cette vague s’est approfondie quand Guaviria accéda à la présidence de la République (1990 - 1994). Son gouvernement tenta de privatiser l’entreprise publique de télécommunications. Une grève des travailleurs l’en empêcha. Avec la loi 100 sur la santé, le gouvernement offra au capital financier le système des assurances santé. Ils ouvrirent à nouveau différents pans de l’économie aux importations. Certains secteurs, comme celui des azucareros (producteurs de sucre), sont restés protégés car dominés par de puissants groupes économiques. Mais la majorité des secteurs des petites et moyennes entreprises et de l’agriculture ont été livrés au libre marché, ce qui a affaiblit la production nationale.
Le gouvernement liquida aussi pratiquement les institutions agricoles et a introduit, répondant ainsi aux attentes de la Banque mondiale, le système du « marché subsidié des terres ». Il s’agit de remplacer la réforme agraire par le marché.
Cet ensemble de mesures ont été regroupées sous le terme d’ « ouverture de l’économie » (‘apertura’). Ce phénomène a causé un grand choc à l’économie colombienne, choc qui fut ressenti fortement à partir de 1997 quand l’économie entra en crise. C’est à ce moment-là que l’on s’est rendu compte des effets réels de ces politiques. Les faillites d’entreprises se sont multipliés. La crise agricole s’est approfondie. Le chômage a dépassé les 17%.
Il est important de rappeler que ces contre-réformes néolibérales ont toujours été freinées par les luttes populaires. Ils n’ont pas pu directement éliminer le système de sécurité sociale ou privatiser l’entreprise de télécommunications. Ils ont dû se résoudre à les démonter petit à petit. »
Qu’en est-il de la troisième phase avec l’arrivée au pouvoir du président Alvaro Uribe Vélez ?

« La troisième vague néolibérale est arrivée avec Uribe. Il bénéficie de la terrible répression exercée dans les années antérieures contre le mouvement syndical. Entre 100 et 180 dirigeants syndicaux ont été assassinés annuellement ces dernières années. C’est la phase terminale d’application des politiques néolibérales avec la fermeture d’hôpitaux, la privatisation des hôpitaux publics, la liquidation de Telecom et de l’Institut de réforme agraire, la conversion de l’entreprise pétrolière ECOPETROL en société anonyme, et le progrès dans les négociations avec les Etats-Unis pour la signature d’un traité de libre échange. La mise en place de cette phase n’a pu se concrétiser que grâce à l’extermination par les paramilitaires des dirigeants syndicaux les plus combatifs. »
En 1999, au moment même de la signature du Plan Colombie entre le gouvernement d’Andrés Pastrana (1998-2002) et l’administration Clinton, le Fonds monétaire international accordait un prêt de $2.7 milliards en échange de nouveaux ajustements structurels dans la droite ligne du Consensus de Washington. En décembre 2002, le Secrétaire d’Etat Colin Powell a proposé à la Colombie une aide de $573 millions pour l’année 2003. Cette proposition a coïncidé, à nouveau, avec la signature d’un nouvel accord entre le FMI et le gouvernement colombien, octroyant à ce dernier une ligne de crédit de $2.2 milliards, (dont $264 millions de dollars pouvant être utilisés immédiatement).
Pourrais-tu nous expliquer ce rapport militaire et économique complexe qui existe entre Washington, les institutions financières internationales et Bogotá ?
« La Colombie accepta en 1924 un traité par lequel elle était soit disant indemnisée par les Etats-Unis pour le vol de Panama en recevant 24 millions de dollars. Six années plus tard, la Colombie leur devait déjà beaucoup plus que ce qu’elle avait reçu.
C’est à cette époque que se met en place la forte dépendance financière de la Colombie vis-à-vis des Etats-Unis. Cette dépendance deviendra progressivement militaire. Elle s’aggrave à partir de 1948 avec le déclenchement de la Violencia (guerre civile entre libéraux et conservateurs).
Lors de la Conférence interaméricaine qui créa l’Organisation des Etats américains, la Colombie adhéra au TIAR - le Traité interaméricain d’assistance réciproque - dans le cadre duquel s’est développée une intense coordination des armées latino-américaines. A cette époque, un conflit armé similaire à celui d’aujourd’hui avait cours en Colombie. Ce qui n’empêcha pas le pays de participer à la guerre de Corée. Cela montre qu’il y a une intense relation de dépendance militaire de la Colombie par rapport aux EUA.
On peut revenir également à l’époque de Kennedy avec l’« Alliance pour le progrès », qui promouvait certaines réformes sociales limitées afin d’éviter que se produisent d’autres révolutions, comme la cubaine. Cette politique a été appliquée en Colombie avec le Frente Nacional, à savoir l’alliance entre les partis conservateur et libéral pour se partager le pouvoir et pour empêcher tout autre parti d’intégrer des instances de l’Etat. Dans ce cadre-là, la Colombie s’est soumise aux plans anti-communistes et de contre-insurrection des EAU. Dans ce cadre-là toujours, et à l’instar de nombreux autres pays latino-américains, les mouvements alternatifs ont été fortement réprimés.
En 1964, après l’assassinat de Kennedy, le gouvernement a liquidé les projets de réforme agraire et s’est soumis à la nouvelle orientation de l’administration états-unienne. Il décida d’attaquer les guérilleros, qui avaient signé la paix en 1958, en les accusant d’avoir créer, dans la campagne colombienne, des « républiques indépendantes ». Le gouvernement, sous les ordres des Etats-Unis, affirmait vouloir empêcher la formation de nouveaux foyers (‘focos’) guérilleros. C’est qui arriva finalement avec cette politique. Le conflit colombien ré-émerge à cette époque en lien direct avec la politique des Etats-Unis. »
Mais qu’en est-il aujourd’hui ?
« En fait, ce que je veux dire avec ces rappels historiques, c’est que ce processus n’est pas nouveau. Aujourd’hui, il est encore plus intense car la Colombie est, au niveau mondial, le troisième destinataire d’aide militaire des EUA, après Israël et l’Egypte.
Les Etats-Unis utilisent la Colombie en Amérique de Sud comme un fer de lance pour imposer leur politique économique, en particulier avec les traités de libre échange. Les EUA veulent faire avancer l’ALCA (Zone de libre-échange des Amériques) qui rencontre de fortes résistances. Le gouvernement colombien joue ce rôle de fer de lance. D’un côté, il signe des accords avec la Communauté andine des Nations (CAN) et le Mercosur, et, de l’autre, négocie, comme le Pérou, l’ALCA, se convertissant ainsi en cheval de Troie à l’intérieur de ces ensembles sous-régionaux pour imposer aux autres, à travers de la concurrence entre pays, qu’ils adhèrent l’ALCA.
Le néolibéralisme est arrivé en Amérique latine dans les bottes de Pinochet. C’est dans les hélicoptères du Plan Colombie qu’ils veulent maintenant imposer l’ALCA. A la différence du Chili de Pinochet, l’extermination des leaders populaires est récente. C’est elle qui permet aujourd’hui cette troisième vague néolibérale.
Pour pouvoir bénéficier de l’aide du Plan Colombie pour la lutte armée interne, pour la résolution du conflit, la Colombie doit accepter les conditions que leur imposent les EUA. »
Quels types de résistance sociale y a-t-il aujourd’hui en Colombie ?
« Il y a toujours eu une résistance civile très forte. Elle n’a jamais cessé. Même à l’apogée de la popularité de Uribe, juste après son élection (mai 2002), le mouvement paysan appela à une grève générale le 16 septembre 2002. Ce fut un succès. Les ouvriers répondirent également à l’appel du mouvement paysan car les premières mesures de réduction de salaires venaient d’être prises.
La résistance n’a jamais cessé mais ce qui est certain, c’est que le mouvement populaire, ses dirigeants les plus combatifs, les plus enclins à combattre les mesures néolibérales, ont été éliminés. Cela a eu de grosses conséquences. Non seulement il manque des dirigeants mais les nouveaux n’ont pas assez d’expériences pour diriger une lutte de masses effective contre la politique gouvernementale. C’est dans ce contexte que le gouvernement a réussi à appliquer tout un ensemble de mesures qui représente une défaite du mouvement ouvrier et paysan. »
Les médias européens ont l’habitude de dire que le président Uribe bénéficie d’un appui de 80% de la population. Un tel pourcentage me semble surprenant, surtout depuis sa défaite au referendum [1] et aux élections locales de novembre 2003. Peux-tu expliquer cette contradiction ?
« La victoire aux élections locales de maires d’opposition et la défaite d’Uribe au referendum signifie le commencement de ce que l’on pourrait appeler la contre-offensive populaire. Cela démontre, par la voie des urnes, que malgré toute la répression, de l’extermination de dirigeants populaires aux déplacements forcés, une résistance civile et populaire continue à exister.
Nous sommes par exemple au bord d’une nouvelle grève des travailleurs du pétrole [2]. Elle va sans doute provoquer des mobilisations dans les régions où ils travaillent ; dans le Magdalena medio, par exemple, à Barancabermeja, zone qui a une grande tradition de luttes sociales dans l’histoire colombienne. Cette ville a été conquise par les paramilitaires et malgré cela, l’an dernier, il y a eu de grandes mobilisations pour soutenir les ouvriers du pétrole. Lors du referendum, 90% de sa population s’y est abstenue. Moins de 7% des votants ont soutenu les propositions de Uribe. Les habitants ont en plus élu un maire de l’opposition de gauche aux dernières municipales.
Je crois qu’il va y avoir d’importantes mobilisations cette année. Les centrales syndicales proposent une grève générale. En août prochain, les organisations paysannes espèrent réaliser une grève nationale. »
Qu’en est-il des finances du gouvernement ?
« Le gouvernement affronte une grave crise fiscale. Il impose des taxes sur les aliments de base, ce qui provoquent la colère de la population. Il a chaque fois moins d’argent pour réaliser des investissements publics car il consacre tout au remboursement de la dette, non seulement extérieure mais surtout intérieure. La Colombie a, à l’instar d’autres pays latino-américains, un problème de dette extérieure, mais surtout un de dette intérieure. Cette dernière est plus grave que la dette extérieure. Si tu lis les calculs que fait la Contraloria General de la Republica, il pourrait y avoir à la fin de l’année entrante une cessation de paiements pour la dette intérieure. Notamment parce qu’ils ont émis pour financer la guerre des titres d’Etat (les TES) avec de hauts intérêts. Il sont très rentables pour ceux qui les achètent mais ils peuvent, à tout moment, provoquer une cessation des paiements. »
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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 15:39
Un ancien chef paramilitaire plonge l'administration Uribe dans l'embarras

Jugé à Medellín, le milicien met en cause des officiers supérieurs et des responsables politiques, au plus haut niveau de l'État.


SALVATORE Mancuso a décidé de parler, et l'élite colombienne tremble. « Le paramilitarisme était une politique d'État, j'en suis une preuve vivante », a lâché, devant ses juges, l'ex-chef paramilitaire colombien. Mancuso, ancien dirigeant des Autodéfenses Unies de Colombie (AUC), les milices antiguérilla dont 30 000 mercenaires ont déposé les armes contre la promesse d'une amnistie, comparaît depuis mardi devant un tribunal spécial de Medellín. Un espoir, pour les proches des victimes des escadrons de la mort, de connaître enfin la vérité sur les paramilitaires d'extrême droite. Et, surtout, sur la part de responsabilité de l'État colombien. Menacé par les guérillas marxistes, ce dernier aurait considéré les escadrons de la mort comme un mal nécessaire.


En novembre, Salvatore Mancuso avait admis avoir ordonné plus de 300 assassinats. À la grande indignation des associations de victimes, il n'avait nommé comme complices que des militaires décédés. Il a changé de tactique. Lors de son procès, il a accusé quatre généraux, dont un ancien commandant de l'armée, de liens avec les paramilitaires. Il a même mis en cause deux proches du président Alvaro Uribe : son ministre de la Défense, Juan Manuel Santos, et son vice-président, Francisco Santos.


Citoyens terrorisés


Le premier aurait proposé en 1997 aux paramilitaires l'organisation d'« une sorte de coup d'État » contre le président d'alors, Ernesto Samper. « Si telle est la vérité que M. Mancuso prétend révéler, le pays va être déçu », a rétorqué le ministre de la Défense. Quant au vice-président Francisco Santos, accusé d'avoir appelé de ses voeux la création d'une milice pour débarrasser Bogotá des cellules urbaines de la guérilla, il a demandé une enquête exhaustive et s'est déclaré à disposition de la justice.


Peu à peu, le scandale enfle. Plusieurs parlementaires de la majorité présidentielle sont accusés de liens étroits avec la mafia paramilitaire, classée « terroriste » par Washington comme par l'Union européenne. Lundi encore, la Cour suprême a ordonné la détention de cinq parlementaires, signataires, en 2001, d'un pacte secret avec les AUC visant à « refonder le pays. » Des gouverneurs de région et des élus locaux attendent leur tour. Et Mancuso a promis de fournir les noms d'industriels colombiens.


Depuis plusieurs mois, les chefs paramilitaires démobilisés racontent une Colombie que leurs compatriotes préféraient ignorer. Une Colombie honteuse, où les « paras » entrent et sortent des casernes, planifient des massacres avec des officiers. Une Colombie où des politiques courtisent les seigneurs de la guerre pour capter les votes contraints de citoyens terrorisés, et où plus de 10 000 victimes des « paras » attendent d'être exhumées de leurs fosses communes. « Tous les jours nous déterrons des morts et le pays ne semble pas s'en émouvoir », constatait récemment, dans le quotidien El Tiempo, un enquêteur désabusé. Car les scandales n'entament en rien la popularité exceptionnelle du président Uribe : plus de 75 % d'opinions favorables, selon les sondages.


Mais à Washington, en revanche, le nouveau Congrès à majorité démocrate s'inquiète de ces scandales « honteux pour un pays allié des États-Unis, qui a reçu plus de 4 milliards de dollars d'aide » militaire, rappelle le Washington Post. Deux dossiers majeurs sont entre les mains du Congrès américain : le renouvellement de l'aide militaire américaine, et la ratification d'un traité de libre-échange entre la Colombie et les États-Unis.

http://www.lefigaro.fr/international/20070518.FIG000000132_un_ancien_chef_paramilitaire_plonge_l_administration_uribe_dans_l_embarras.html (site consulté 20/05/2007)

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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 15:39
Note : La famille d'Ingrid Bétancourt avait mis en doute les intentions d'Uribe, voila la confirmation.

Les FARC rejettent le plan du président Uribe

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont douché dimanche les espoirs de libération rapide de leurs otages en rejetant le projet du gouvernement de remettre en liberté la semaine prochaine 200 guérilleros présumés, qualifié de "farce".

Le mouvement d'extrême gauche affirme dans un communiqué diffusé par un site Web sympathisant que les détenus concernés par le plan sont en réalité des "déserteurs" ayant "trahi les FARC" ou des civils innocents.

Ils accusent aussi le gouvernement du président Alvaro Uribe de vouloir détourner l'attention de l'opinion publique de plusieurs scandales, dont l'un concerne un programme d'espionnage illégal et des liens entre les partisans de M. Uribe au Parlement et des escadrons de la mort d'extrême droite.

"La farce d'Uribe est un nouveau tour (qu'il joue) aux familles et amis" des rebelles emprisonnés par les autorités et des otages détenus par la rébellion, affirme le communiqué. M. Uribe a précisé que les prisonniers qui seraient libérés devraient quitter l'insurrection et renoncer à toute activité criminelle. Dès vendredi, environ 200 rebelles présumés ont été temporairement transférés de leurs prisons vers un centre de rétention.

Ce n'est pas la première fois que les FARC rejettent un plan présenté par M. Uribe. Elles exigent que le gouvernement libère un millier de leurs combattants, y compris deux chefs détenus aux Etats-Unis, en échange de leurs otages, parmi lesquels se trouve l'ancienne candidate franco-colombienne à l'élection présidentielle Ingrid Betancourt, enlevée le 23 février 2002.

La rébellion réaffirme ces exigences dans son communiqué, ainsi que celle de démilitarisation temporaire de deux localités du sud-ouest de la Colombie afin d'entamer les négociations sur les remises en liberté, idée rejetée par le président Uribe. AP

http://fr.news.yahoo.com/03062007/5/les-farc-rejettent-le-plan-du-president-uribe.html (04/06/2007)

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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 15:40
COLOMBIE • Un président en Teflon

Malgré les affaires, Alvaro Uribe continue de jouir d’une grande popularité. Reste à savoir s’il parviendra à garder le pouvoir lorsque George W. Bush ne sera plus à la Maison-Blanche.


Son deuxième mandat n’a commencé que depuis huit mois, et déjà le président Alvaro Uribe Vélez croule sous les critiques non seulement de ses adversaires mais aussi de ses alliés politiques. Sous d’autres latitudes, une telle situation aurait probablement provoqué une crise, voire la chute du gouvernement. Mais le chef de l’Etat colombien, bon gré mal gré, conserve la popularité (jusqu’à 73 % d’opinions favorables) dont il jouit depuis son arrivée au pouvoir en août 2002. Pour les commentateurs politiques, il n’y a qu’une seule explication : c’est l’“effet Teflon”. Les affaires glissent sur la carapace antiadhésive du président.
Mais l’opposition n’est pas de cet avis. Selon elle, depuis l’apparition des cartels de la drogue en Colombie, il y a plus de vingt-cinq ans, il s’est progressivement produit dans le pays une décomposition morale. L’opinion publique a fini par accepter l’enrichissement illégal, facile et rapide, et dans cette société infiltrée par les mafias, certaines notions éthiques et valeurs humaines ont été perverties. Une “éthique mafieuse” a ainsi vu le jour.

Les sondages de popularité ne sont pas si fiables

Pour l’opposition, c’est justement la complaisance envers la fraude et l’illégalité – de la simple évasion fiscale à des formes disproportionnées et plus sophistiquées de corruption, en passant par l’horreur des massacres et des déplacements forcés – qui fait que le pays ne désavoue pas Uribe et lui pardonne ses implications dans des affaires louches. Mais les sondages ne sont pas si fiables. Le journaliste Daniel Coronell [qui, à la suite de menaces, a été contraint de quitter le pays] signalait, il y a quelque temps, que les enquêtes d’opinion sur la popularité du président se faisaient par téléphone ou par Internet, uniquement dans les quatre plus grandes villes du pays et auprès des couches sociales aisées qui ont seules accès à ces moyens de communication. Uribe a été réélu l’an dernier par seulement 25 % des électeurs, en raison d’une énorme abstention (près de 50 %).
Regardons de plus près les éléments auxquels résiste ce président “téflonisé”. Lors d’un débat au Sénat, Gustavo Petro, le sénateur d’un parti d’opposition, le Pôle démocratique alternatif, a accusé le président d’avoir encouragé, quand il était gouverneur d’Antioquia, la création d’au moins une des coopératives de sécurité civile (Convivir) créées par des commandants paramilitaires aujourd’hui en prison. Selon Petro, une hacienda appartenant au chef de l’Etat, Las Guacharacas, située dans le département de Córdoba, aurait même abrité des séances de torture et des exécutions. Uribe assure que cette hacienda ne lui appartient pas, mais, dernièrement, des publications ont confirmé que la moitié de la propriété était encore à lui aujourd’hui et que l’autre moitié avait été vendue à des “investisseurs”. Parmi eux figure Gallón Henao, dont les gardes du corps ont assassiné à Medellín, en 1990, le footballeur Andrés Escobar, qui avait marqué un but contre son camp lors de la Coupe du monde. Au cours du même débat, le sénateur a produit des photos datant des années 1990, où l’on peut voir Santiago Uribe, le frère du président, en compagnie de Fabio Ochoa, chef du cartel de Medellín aujourd’hui extradé aux Etats-Unis.

Soixante-douze dirigeants syndicaux assassinés en 2006

Le commandant de l’armée colombienne a aussi été épinglé par la CIA, dans un rapport publié dans la presse américaine, pour ses liens avec les paramilitaires dans la région d’Urabá. Quatorze parlementaires uribistes ont été emprisonnés en raison de leurs liens avec les paramilitaires. D’autres sont en fuite. Certains membres du gouvernement et des conseillers régionaux uribistes sont sur le point d’être arrêtés par la justice. Même le processus de paix avec les paramilitaires est dans la ligne de mire du Congrès américain et de plusieurs organisations internationales. Le 30 avril 2007, l’organisation de défense des droits de l’homme American Rights Watch a dénoncé les concessions faites aux anciens paramilitaires et la détérioration de la situation des droits de l’homme en Colombie. Le même jour, lors d’une visite à Washington, où il était venu demander des fonds pour poursuivre les enquêtes sur les dizaines de massacres perpétrés par les paramilitaires, le procureur de la République Mario Iguarán a déclaré que “dans de nombreuses affaires d’assassinats de syndicalistes, nous avons malheureusement pu constater la responsabilité – parfois en s’abstenant d’agir, ce qui est tout aussi condamnable et criminel –, de membres de la force publique”. En 2006, 72 dirigeants syndicaux ont été assassinés en Colombie, soit deux fois plus que l’année précédente. Par ailleurs, d’autres faits délicats viennent mettre à mal le bouclier en Teflon du chef d’Etat colombien.

Dernièrement, Al Gore, l’ancien vice-président américain, a refusé de participer à une conférence avec Uribe à Miami, arguant que sa politique à l’égard des paramilitaires n’était pas claire. Le Sénat américain, majoritairement démocrate, a gelé une partie des 17 millions de dollars accordés à la Colombie dans le cadre du plan Patriota, la stratégie fondamentale du gouvernement dans sa lutte contre la guérilla des FARC. Les accusations portées contre Uribe ont conduit les députés démocrates à s’opposer au traité de libre-échange entre les Etats-Unis et la Colombie, et de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer l’extradition des chefs narco-paramilitaires. Le gouvernement colombien refuse de les extrader en raison des accords de paix qu’il a conclus avec eux. La guerre contre les FARC redouble d’intensité dans le sud du pays. Et les nouveaux déplacés viennent s’ajouter aux 3 millions de personnes déplacées ces dix dernières années. Dans de nombreuses régions du pays sont apparus de nouveaux groupes paramilitaires, notamment les Aguilas Negras [Aigles noirs]. Et l’Etat est soupçonné de complicité avec ces derniers.
Mais malgré toutes ces affaires, les indices économiques sont très favorables au gouvernement. La majorité des villes connaissent une baisse extraordinaire de la criminalité, la guérilla des FARC se terre dans les profondeurs de la forêt et le président gouverne à son aise : ces éléments constituent précisément la carapace en Teflon qui fait que toutes ces affaires lui glisser dessus. Mais, d’ici à la fin de son mandat, en août 2010, le Teflon ne risque-t-il pas d’être gravement éraflé ? Et, surtout, que se passera-t-il quand George W. Bush ne sera plus là ?

http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=74346 (05/06/2007)
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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 15:40
LIBERATIONS DE FARC EN COLOMBIE

"C'est un écran de fumée"

Qui sont les FARC et depuis combien de temps contrôlent-ils une partie du territoire colombien ?

- Les Forces armées révolutionnaires de Colombie sont un mouvement d'opposition armé, et non un mouvement de narcoterroristes, qui ont inscrit la Colombie dans un conflit armé. Au sens des normes internationales, cela signifie que les FARC ont, entre autres, un commandement unique, des uniformes et des revendications politiques. Leur objectif, dans les années 60, était de prendre le pouvoir par les armes. Maintenant, ils souhaitent acquérir un espace démocratique. Les FARC n'ont jamais contrôlé un ou plusieurs territoires mais ont eu des zones d'influence en fonction de la période et de la situation. En 1984, le gouvernement du président Betancur a signé un accord de cessez-le-feu avec les FARC et créer un parti - l'Union patriotique - pour leur permettre de se réinsérer dans la société. Seulement, les militaires et les paramilitaires en ont décidé autrement et ont tué 3.000 guérilleros. Autre échec: en 1999, lors de négociations entre le président d'alors et les FARC. Et ce avant que la situation ne s'aggrave encore après le 11 septembre 2001, lorsque le gouvernement des Etats-Unis a inscrit l'armée d'opposition nationale et les FARC sur la liste des organisations terroristes. C'est une des raisons de leur insistance à organiser un échange humanitaire car il pourrait leur permettre de s'asseoir à la table des négociations, abandonnant ainsi leur rôle -imposé- de terroriste, pour celui de belligérant.

Est-ce que le processus engagé pour libérer Ingrid Betancourt, grâce à un échange otages/prisonniers, est bien engagé ?

- Pour l'instant, ce n'est pas un échange mais une libération unilatérale, qui n'a rien à voir avec la libération d'Ingrid Bétancourt. Alvaro Uribe libère 200 prisonniers, mais en même temps annonce qu'il va faire libérer 13 députés et sénateurs, condamnés par la justice colombienne pour leur liens avec des paramilitaires. Ces mêmes paramilitaires que Human Right Watch et Amnesty International accusent de commettre 75% des crimes en Colombie. La libération des guérilléros est un écran de fumée, une mise en scène extraordinaire destinée à libérer des personnes qui lui sont proches. Les Colombiens appellent cela "le scandale de la parapolitique". Alvaro Uribe est entrain de détourner l'attention. Et il est notable qu'au moins 90 guérilléros refusent d'être libérés dans le but de ne pas cautionner le plan d'Alvaro Uribe.
Concernant le rôle de Nicolas Sarkozy dans ce déblocage de la situation, j'ai du mal à croire qu'il ait une quelconque influence sur Alvaro Uribe. A Bogota, ce sont les Etats-Unis qui font la loi.

Selon vous, l'échange de prisonniers ne sera-t-il qu'une parenthèse ou pourrait-il être un premier pas vers une pacification du pays ?

- Tous ceux qui suivent de près la situation colombienne s'accordent à dire que si des négociations entre les FARC et le gouvernement colombien amènent à un échange humanitaire (53 prisonniers politiques contre 200 guérilleros), alors pourrait s'ouvrir la porte à une négociation plus large de sortie de conflit. Si, par contre, la politique de négociations échoue, il ne pourra y avoir de sortie militaire, car les rapports de forces entre l'armée colombienne et les FARC ne pourront pas dérouter les guérilléros, et ce malgré toute l'aide américaine.

Propos recueillis par Justine Charlet
(le mardi 5 juin 2007)

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/3_questions_a/20070605.OBS0391/cest_un_ecran_de_fumee.html (07-06-2007)
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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 15:41
T 34 - Posté le 10-06-2007 à 15:53:26   
mai 2004

http://perso.orange.fr/do/index1.htm

Les FARC parlent d'Ingrid Betancourt et de Hugo Chávez.

“Ingrid Betancourt n'était pas la candidate pour la paix”, déclare Raúl Reyes, l'un des dirigeants des FARC, dans une interview exclusive pour ANNCOL (ndt : agence de presse Colombienne). Il révèle que les FARC sympathisent avec le président du Vénézuela, Hugo Chavez : "C'est un patriote Vénézuélien". Il est également d'avis que le terrorisme le plus dangereux au monde est la faim.


07.05.2004 (ANNCOL) Aujourd'hui l'ANNCOL publie une interview enregistrée par nos correspondants dans la zone contrôlée par la guérilla en Colombie. L'ANNCOL a interviewé l'un des principaux dirigeants de l'organisation dissidente FARC-EP, le commandant Raúl Reyes, membre du secrétariat des FARC.



Dans cette interview exclusive, Reyes a parlé entre autres sujets de la possibilité d'un échange "humanitaire" de prisonniers entre la guérilla et le gouvernement, de la situation de l'ancienne candidate aux élections présidentielles Colombiennes, et du Président du Vénézuela.


ANNCOL : Pourquoi la candidate aux élections Ingrid Betancourt a-t-elle été détenue ?


REYES : Ingrid a été détenue parce qu'elle était une candidate présidentielle du système colombien de gouvernement. Nous ne savions pas qu'elle est une citoyenne française, cela ne nous a été révélé que maintenant, après sa détention. Avant, elle n'était rien de plus qu'une candidate aux élections présidentielles du système. Ingrid n'était pas une candidate de gauche, elle n'était pas la candidate de l'opposition au modèle néo-libéral, elle n'était pas la candidate de la paix. Il y a des gens qui pensent qu'elle était la candidate de la paix, mais ils se trompent.


Ce qui s'est produit, c'est qu'après sa capture, de substantielles manifestations ont été faites auprès du gouvernement afin qu'il réalise qu'il devenait nécessaire d'arriver à un accord. Ces manifestations en faveur d'un échange humanitaire sont dignes d'attention, nous les pensons très positives, parce que ceci peut contribuer à un accord qui permettrait la libération de toutes les personnes "échangeables" et la libération de tous les hommes et femmes guérilleros qui sont incarcérés contre leur volonté dans les prisons colombiennes.


ANNCOL : Quelle est la proposition des FARC pour l'échange des prisonniers ?


REYES : Depuis plusieurs années, les FARC ont maintenu leurs propositions d'échanges de prisonniers, qui consistent pour les FARC à offrir de livrer à l'État Colombien un certain nombre de prisonniers "échangeables", qu'ils soient politiques ou militaires.


Par exemple, en ce moment nous avons divers officiers de l'armée, qu'ils soient capitaines, lieutenants, sergents, colonels ou majors de l'armée et de la police, ainsi que des prisonniers politiques comme l'ancien gouverneur Alan Jara, l'ancienne candidate aux élections présidentielles Ingrid Betancourt, et trois agents de la CIA. Il y a 12 membres du Congrès de Valle, un ancien ministre d'État, et d'autres hommes du Congrès. Les FARC sont prêts à accorder la libération de ces personnes, contre la libération de tous les guérilleros hommes et femmes qui sont actuellement privés de leur liberté.


Nous pourrions les recevoir (ndt : nos guérilleros) en Colombie, et libérer les otages également en Colombie, si le gouvernement nous offre la garantie de pouvoir nous asseoir et parler avec des représentants du gouvernement afin de signer un accord. Jusqu'à aujourd'hui, le gouvernement n'a nommé aucun représentant, car ce gouvernement n'a aucun intérêt à procéder à un échange de prisonniers, ils ne montrent aucun intérêt à la libération de leurs ressortissants.


ANNCOL : Quelle est la relation entre les FARC et le gouvernement du Vénézuela ?


REYES : Les FARC éprouvent de la sympathie pour le gouvernement du Président Hugo Chávez, car c'est un gouvernement Bolivarien [Note de do : faire une recherche sur Simón Bolívar] qui développe un modèle Bolivarien. Nous espérons que cela apportera des résultats bénéfiques pour tout le peuple Vénézuélien, à savoir que la paix et la justice sociale pourront voir le jour dans ce pays, et que dans le même temps il pourra se confronter aux assauts violents de l'oligarchie Vénézuélienne, qui est déterminée à enlever Hugo Chávez de la présidence du pays. Cet homme est un patriote Vénézuélien, un véritable héritier de l'esprit Bolivarien qui est déterminé à défendre les intérêts de son peuple.

Donc, nous souhaitons pour le Vénézuela, pour son président ainsi que pour tous les Bolivariens, le succès dans cette lutte pour la liberté, dans cette lutte émancipatrice de nos frères, et dans la continuité avec le travail de notre libérateur, Simón Bolívar.


ANNCOL : Quelle est votre opinion à propos de la zone de libre échange des Amériques, FTAA (aussi connu par son acronyme espagnol ALCA) ?


REYES : À la lecture du contenu de l'ALCA on se rend compte que sa politique est de rendre la vie des Colombiens, ainsi que de tous ceux qui rejoignent l'ALCA, bien plus calamiteuse.

Ce qui est cherché par ce traité, c'est la re-colonisation de nos pays, transformant la Colombie en colonie des États-Unis et de sa politique. C'est-à-dire que la Colombie deviendrait une annexe des États-Unis, sans plus aucun droit, et sous complète dépendance.


À ce propos, l'anti-patriote Uribe Vélez [Note de do : le dictateur de la Colombie] a plaidé de tout coeur pour livrer la Colombie dans les bras des Gringos, dans les bras des centres économiques globaux. Les FARC s'opposent de toute leurs forces à cette prétention, qui viole notre souveraineté et notre intégrité territoriale.


ANNCOL : Les grandes manifestations populaires en Bolivie, en Equateur et en Argentine ont été tardives. Que pensent les FARC de ceci ?


REYES : Les FARC conservent une politique internationale de respect pour tous les peuples dans le monde, pour les autorités nommées par ces peuples, pour leur libre auto-détermination, pour le respect de leurs cultures, traditions et politiques.

Mais ce que nous voyons, c'est que le peuple Bolivien ainsi que d'autres dans le monde se battent contre les effets dévastateurs, générateurs d'exclusions et de paupérisation que le modèle néo-libéral et la globalisation ont créé, avec la complicité du Fond Monétaire International, de la Banque Mondiale et de la Banque Inter-Américaine de Développement.

Ce qu'il y a, c'est que des milliards d'être humains n'ont pas pu manger de petit déjeuner ce matin, et ne pourront pas plus le faire demain. Donc le vrai terrorisme, conduit par les puissants groupes économiques mondiaux, s'exprime constamment en morts d'hommes, de femmes et d'enfants, causées par la faim. C'est le terrorisme le plus dangereux de par le monde, les gens mourrant de faim afin qu'une minorité puisse s'approprier d'énormes richesses [Note de do : la famille Betancourt est justement l'une des familles les plus riches du monde !].

ANNCOLL : http://anncol.org
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