Forum Unité Communiste Page d'accueil
  Sujets actifs Sujets actifs
  FAQ FAQ  Rechercher dans le Forum   Calendrier   Inscription Inscription  Connexion Connexion
Accueil Forum Accueil Forum > Pour s'informer, notre sélection d'articles > International

Colombie/FARC: Actualités, communiqués

 Répondre Répondre Page  <1 62636465>
Auteur
Message
  Sujet Recherche Sujet Recherche  Options des sujets Options des sujets
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Aug 2013 à 20:25

Les paysans colombiens convoquent un accord social

Bogota, 1er août (RHC-PL)-Les paysans de la région colombienne du Catatumbo, dans le nord du département de Santander , ont convoqué vendredi prochain une rencontre lors de laquelle ils présenteront une proposition d'accord social pour montrer leur volonté politique de négociation.

Lors de la rencontre qui se déroulera dans la localité de Tibu, où les protestations ont débuté en juin dernier , les paysans ratifieront leurs revendications de base au gouvernement pour mettre fin à la crise sociale et humanitaire que traverse la zone depuis plus de 7 décennies.

Dans un communiqué les agriculteurs ont précisé que l'accord social sera un exercice démocratique et de reconnaissance des paysans comme sujets de pleins droits qui font partie de la vie nationale.

Lors de la session plénière du Sénat hier , un groupe de parlementaires a demandé à l'exécutif d'avancer les investissements sociaux et les projets de productions pour sortir de la crise dans le Catatumbo.

Les paysans colombiens décident de débloquer les routes du Catatumbo

Bogota, 2 août (RHC-PL)- Les paysans colombiens du Catatumbo ont annoncé qu'ils vont débloquer les routes de cette région dans un geste de bonne volonté pour permettre la reprise lundi prochain des négociations avec le gouvernement.

Après 53 jours de grève dans cette zone, les agriculteurs mettront fin au blocage pour favoriser la signature d'un pré-accord avec la commission chargée du rétablissement du dialogue ayant à sa tête le vice président Angelino Garzón.

La proposition connue sous le nom d'Accord Social pour le Catatumbo, cherche à garantir un échange fructueux sur les revendications des paysans, dont la déclaration d'une zone de Réserve et un plan pilote pour le remplacement des cultures illicites.

Les porte-paroles des paysans ont fait savoir que si le gouvernement de la Colombie n'a pas donné de solutions à leurs problèmes, avant le 19 août, ils réaliseront une grève nationale agraire et bloqueront à nouveau les routes.



Edité par T 34 - 04 Aug 2013 à 18:38
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Aug 2013 à 18:44

Les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie plaident pour des changements institutionnels

La Havane, 3 août (RHC- Telesur)- Les FARC-AP, Forces Armées Révolutionnaires de Colombie -Armée du Peuple ont plaidé en faveur de changements institutionnels nécessaires permettant à la guérilla de se transformer en mouvement politique légal au cas où un accord de paix serait signé avec le gouvernement.

Le chef de la délégation de la guérilla aux conversations de paix Iván Márquez, a annoncé au Palais des Congrès de La Havane à Cuba, siège permanent de ces dialogues avec l'Exécutif, des initiatives pour garantir l'exercice de la politique aux FARC et à ses combattants.

Il a demandé des garanties spéciales de sécurité pour les dirigeants et les militants des mouvements qui vont surgir après l'instauration de la paix, ainsi qu'un financement de l'État et une participation directe au Conseil National Électoral.

José Vicente Rangel demande au gouvernement vénézuélien de régler le cas Conrado.
 
 
José Vicente Rangel pide al gobierno solución a caso Julián Conrado


Edité par T 34 - 05 Aug 2013 à 20:32
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Aug 2013 à 20:28
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Aug 2013 à 20:08

L'ONU est garant du dialogue entre le gouvernement colombien et les mineurs en grève

Bogota, 5 août (RHC-EFE)- Des fonctionnaires de l'ONU agiront comme garants lors d'un éventuel dialogue entre le gouvernement colombien et les mineurs artisanaux pour trouver une solution à une grève dans ce secteur.

La directrice exécutive de la Confédération Nationale des Mineurs de la Colombie, Luz Stella Ramírez, a fait savoir qu'elle s'est réunie à cette fin avec Todd Houland, le représentant en Colombie du Bureau du Haut Commissariat aux Droits de l'Homme de l'ONU.

Les mineurs artisanaux du pays sud-américain protestent contre un décret qui permet à la force publique de détruire les machines utilisées pour l'extraction, et demandent une régulation fixant des différences entre la mine artisanale et l'illégale et favorisant la formation dans des techniques soutenables.

Le président de la Colombie se dit optimiste au sujet de la marche du dialogue de paix avec les FARC

Bogota, 5 août (RHC-NTX)-Le président de la Colombie, Juan Manuel Santos, s'est déclaré confiant dans le fait qu'avant qu'il termine son mandat dans un an, un accord de paix sera signé avec les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie- Armée du Peuple.

Dans des déclarations au quotidien colombien EL TIEMPO, il a révélé que des négociations avec l'Armée de Libération Nationale vont débuter sous peu.

Même s'il est d'avis que le dialogue de paix à La Havane avance avec trop de lenteur, le président de la Colombie a exprimé son optimisme concernant ces conversations car il a souligné qu'il existe une volonté politique de la part des deux parties pour arriver à un accord final.



Edité par T 34 - 07 Aug 2013 à 00:13
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Aug 2013 à 19:45

La guérilla colombienne propose une commission qui enquête sur le conflit armé en Colombie

La Havane, 6 août (RHC-Telesur)- Les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie- Armée du Peuple, ont proposé à La Havane, la capitale de Cuba, la création d'une commission indépendante formée d'experts nationaux et étrangers , qui étudie le composant historique du conflit colombien avec l'objectif de réaliser un débat.

Pablo Catatumbo, membre du Secrétariat du groupe guérillero, a déclaré que la commission évaluera la responsabilité des médias, de l'église, des puissances étrangères, des propriétaires terriens, des chefs d'entreprises et du secteur financier.

Il a signalé aussi que l'enquête utilisera les archives des organismes d'intelligence des décennies 40 et 50, et les procès verbaux des Conseils des Ministres qui enregistrent les mandats d'arrêt, délivrés par le gouvernement sans ordre judiciaire.

 
 
Julián%20habla%20de%20la%20persecución%20que%20sufrió%20por%20cantar%20las%20verdades
yo%20llevo%20ese%20nombre%20como%20un%20homenaje%20a%20J.C.%20para%20llevarlo%20siempre%20conmigo
Los%20revolucionarios%20tenemos%20que%20unirnos
 


Edité par T 34 - 10 Aug 2013 à 21:17
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Aug 2013 à 23:57

La guérilla colombienne propose la création d'une chambre territoriale

Bogota, 10 août (RHC- Telesur)- Les FARC-AP, Forces Révolutionnaires de Colombie – Armée du Peuple , ont proposé la création d'une Chambre Territoriale qui substitue l'actuelle Chambre des Représentants, pour garantir une plus grande participation politique des Territoires , dans le cadre de leurs propositions au dialogue de paix avec le gouvernement colombien qui se déroule à La Havane.

Un communiqué lu, au Palais des Congrès de La Havane par Ricardo Telliez, porte-parole de la délégation, a précisé que chaque circonscription territoriale pourrait élire quatre représentants, les communautés spéciales auraient droit à 5 et 20 sièges seront votés selon les critères de la population.

La guérilla signale que l'initiative est proposée pour garantir la plus grande participation des entités territoriales aux définitions politiques, économiques, sociales, culturelles et de l'environnement de l'État.



Edité par T 34 - 11 Aug 2013 à 20:52
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Aug 2013 à 20:41
Colombie: "Si l’oligarchie n'est pas confrontée à un peuple organisé, elle ne respectera pas d'accords"
Interview du commandant Antonio García (ELN)
 

Santiago Alba Rico Σαντιάγκο Άλμπα Ρίκο سانتياغو البا ريكو
Hernando Calvo Ospina

L’Armée de Libération Nationale, ELN, organisation insurrectionnelle colombienne, a réalisé sa première action armée le 7 janvier 1965. Dans un Manifeste, ils affirmaient clairement leur volonté de lutter pour prendre le pouvoir. Depuis cette date et jusqu’en 1991, L’ELN s’est refusée  à toute forme de dialogue avec le gouvernement. Cette année, les Colombiens ont fait connaissance d’Antonio García à l'occasion des négociations menées par les trois principales guérillas (ELN, FARC et Armée Populaire de Libération, EPL) avec le gouvernement colombien au Venezuela et au Mexique.

Antonio García, commandant de l’ELN 

Garcia est un ancien universitaire passionné d’électronique, dessinateur et poète, deuxième homme du commandement de l’ELN dont il est le responsable militaire. Il a aujourd’hui 57 ans et depuis 1983 il appartient à la plus haute direction de cette organisation. Il a accepté de répondre à notre long questionnaire au moment où le gouvernement colombien s’est enfin décidé à débuter les discussions avec l’ELN, identiques à celles menées avec les FARC à La Havane. En 1996, dans la même ville, Garcia avait pris la tête du groupe de commandement de l’ELN qui avait dialogué avec le gouvernement de Colombie. Ils cherchaient, comme maintenant, une issue politique au conflit. À cette occasion, comme en d’autres, le gouvernement colombien avait rompu les négociations trouvant des prétextes pour poursuivre la stratégie de la guerre.

Pourquoi l’ELN n’a-t-elle pas rejoint les discussions dès leur début, alors que le discours de l’organisation s’est clairement orienté vers le dialogue à partir des années 90 et sous les différents gouvernements? 

Il a été difficile d’ouvrir un processus de paix entre le gouvernement de Santos et l’ELN parce que le gouvernement n’a pas de volonté de paix et il considère que l’insurrection  doit  accepter ses conditions. La paix ne peut se construire que si les deux parties se respectent et ont la souplesse de s’asseoir à la table sans conditions.
Le gouvernement a conçu un schéma de paix et veut que l’insurrection l’accepte. Il aime les choses confidentielles mais il fait tout pour rendre public ce qui lui convient. D’autre part, il recherche la paix tout en développant les opérations militaires, il se refuse à un accord sur un cessez-le-feu bilatéral mais par contre il prétend que l’insurrection doit renoncer aux actions militaires. Il privilégie un processus qui donne de nombreux avantages à l’establishment.

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire récente de la Colombie que des négociations de paix entre l’État et les forces insurgées sont entreprises. Dans les trois occasions précédentes (avec les présidents Belisario Betancur, César Gaviria et Andrés Pastrana) tous les espoirs ont  été frustrés et au contraire, les niveaux de violence exercés par l’État y compris par  les paramilitaires ont augmenté. Y a-t-il une raison qui puisse laisser penser que cette fois cela sera différent ?

L’ELN l’a également tenté avec le gouvernement du Président Álvaro Uribe. Bien que nous ayons exprimé notre volonté de le démarrer sans conditions, pour le moment il n’y a pas de processus avec l’ELN. La Colombie a besoin de changements et de transformations profondes. Les causes qui ont provoqué le soulèvement armé restent inchangées, l’iniquité, l’injustice sociale, l’absence de démocratie, la violation des droits humains, la persécution politique et la criminalisation de la protestation sociale sont, entre autres, les causes qui continuent d’alimenter le conflit social et armé.

La guerre sale et le terrorisme d’état ont été  des politiques menées pendant des décennies. Les gouvernements qui se sont succédé ont eu recours à l’action légale et illégale pour réprimer et faire taire la voix populaire, briser les possibilités de changement et de transformation dans le pays, cependant la lutte pour une nouvelle nation continue. Avec dialogue ou sans dialogue, la répression continue.
 
Le gouvernement a déclaré à plusieurs reprises qu’on ne discuterait pas du modèle économique dans l’agenda; cette position met en évidence l’objectif de ne pas toucher aux intérêts de la classe dominante dans le pays et de continuer à conserver le système de privilèges des riches, l’exploitation de la classe ouvrière et l’abandon du pays au capital transnational.
 
Cela, plus d’autres conditions dès le départ montrent le manque de volonté du gouvernement à s'accorder sur des changements en profondeur. Santos s’entête dans un accord superficiel qui n’aborde pas la racine du conflit. Un dialogue doit s’établir sans conditions, sans entraves, il faut se montrer responsable vis-à-vis du pays.

Vous parlez de deux sortes de “paix”. La première étant celle de l’uribisme qui passe tout simplement par une victoire militaire sur l’adversaire par n’importe quel moyen. La deuxième serait représentée par Santos, l’actuel président, qui chercherait à « récupérer » une « paix » au bénéfice des intérêts d’un secteur de l’oligarchie, celle qu’on pourrait appeler « traditionnelle » (le secteur des entreprises exportatrices). Peut-on dire qu’il y a « des alliés du processus de paix » dans l’oligarchie ? Où se trouvent les ennemis de la paix en Colombie en ce moment ? Expliquez-nous comment vous concevez ces deux modèles ?

L’oligarchie colombienne est l’une des plus belliqueuses d’Amérique latine, elle a exclu historiquement l’opposition politique et les combattants sociaux au moyen d’assassinats, en utilisant la violence des appareils légaux et illégaux.
 
La nature de cette oligarchie ne lui permet pas de reconnaître l’existence de la diversité, de la contradiction politique, de la critique sociale, car elle les vit comme une menace envers ses intérêts économiques et politiques, son pouvoir, ses privilèges et toute tentative de recherche d'une paix avec justice sociale est vécue comme une menace pour son « statu quo ».
 
Plusieurs évènements importants dans l’histoire du pays prouvent que l’élite dominante a opté pour la violence et le terrorisme d’État lorsqu’elle a senti ses intérêts menacés par l’avancée des processus alternatifs et populaires qui lui disputent le pouvoir.
 
Il existe des ennemis puissants de la paix au sein du gouvernement, de l’État, des grands groupes économiques, dans les partis politiques de droite, dans le capital transnational en Colombie. Or, il existe également un courant puissant de forces sociales du camp populaire et démocratique chaque fois plus important qui l’appuient et se mobilisent pour elle, à tel point que l’opinion nationale est majoritairement favorable à la paix et recherche des mécanismes, des espaces et des formes de participation dans le dit processus, le peuple veut en être un acteur. Dans ce sens, l’ELN a proposé récemment la construction d’un grand Mouvement National pour la Paix qui réunirait en un seul front tous ceux qui recherchent un avenir digne pour la Colombie.

Nous avions l’intention d’aborder ce sujet. Le troisième type de paix est celui que vous appelez « paix populaire », paix avec dignité et justice sociale, celle dont la victoire dépend du soutien populaire et de l’unité de la gauche colombienne, une idée toujours très présente- à la fois positive et négative-au cours du dernier Congrès pour la Paix célébré à l’Université Nationale de Bogota à la mi-avril. Quels défis implique la « paix populaire » pour les forces populaires et sociales de la gauche colombienne, aussi bien chez les forces constituées qu’émergentes ? 

C’est une question difficile, car la paix est un objectif pour la société dans son ensemble. Quand bien même les gouvernements disent qu’ils reconnaissent l’existence des problèmes structurels,  pendant des décennies, ils n’ont rien fait pour trouver des solutions, ils ont agi avec une violence inouïe pour conserver leurs privilèges. Sous prétexte de la signature des accords préalables à la Havane sur le problème des terres, le président Santos a admis qu’avec ces accords en question, on s’attaquait à des questions qui existent de longue date, mais il a terminé en disant que si l’accord final n’était pas signé, rien de ce qui aurait été accepté n’aboutirait. Voilà bien là un message ambivalent, car le gouvernement reconnaît les manquements historiques en la matière, mais il se refuse à les résoudre comme il faudrait le faire car son intérêt n’est pas de régler les problèmes structurels de la société mais pour lui la paix signifie plutôt une démobilisation de la guérilla.

D’autre part, la paix implique que la société puisse exiger des gouvernements qu’ils assument leurs responsabilités, sujet difficile, en effet il n’est pas aisé d’avoir des exigences face à un État autoritaire et belliqueux qui a recours à la violence contre la protestation sociale, ce qui a coûté la vie à des dizaines de milliers de dirigeants sociaux.
 
La paix implique également une volonté et un engagement des deux parties du conflit, du gouvernement  et des guérillas. La guérilla peut avoir une volonté de paix, et peut y être préparée, mais si le gouvernement n’a pas cette volonté, on court le risque de tomber dans des pièges, dont notre histoire est remplie. C’est pourquoi, le plus sensé est une exploration responsable, qui permet de lever les doutes. Ceci joue des deux côtés et de façon transparente pour la société. On attend d’un processus, d’un chemin qu’il nous prépare tous pour la paix, personne ne peut dire de lui-même qu’il est préparé pour cela, ce n’est pas quelque chose que l’on puisse dire avec des mots en l’air.

Négocier signifie toujours qu’on a échoué des deux côtés. Le gouvernement accepte de ne pas pouvoir vaincre militairement les forces in surgées et de devoir changer de stratégie. Pour l’ELN, s’agit-il d’épuisement, d’impuissance, d’une ruse ? Ou bien pense-t-elle que quelque chose a changé sur le plan national et international et dans la façon de faire de la politique qui suppose d’abandonner la lutte armée comme procédé de changement social ? S’agit-il simplement de la réponse à une demande populaire ? 

Actuellement, il semble que la stratégie consiste à user du discours de la paix pour se donner une légitimité politiquement tout en continuant à rechercher des succès militaires.
 
Le sujet de la lutte armée et l’usage des armes est un grand sophisme de diversion de la part des classes dominantes du pays et du capital transnational, qui s’en servent selon leur convenance. Ils prétendent que la lutte armée n’est plus de mise et que maintenant les actions de résistance et de transformation doivent se faire par la voie politique, mais eux, oui, ils peuvent le faire avec les armes partout, en Irak, Afghanistan, Libye, Syrie etc. Dans ces cas-là, ce n’est pas un crime d’envoyer des armes et d’alimenter des conflits dans divers pays, parce que cela correspond à leurs intérêts. Mais il n’en est pas de même quand ce sont les peuples qui prennent les armes. Il se passe la même chose en Colombie.
 
En Amérique du Sud, des voies de transformation vers la démocratisation des sociétés et de leur vie politique se sont ouvertes par des chemins différents de la lutte armée, mais  par de grandes mobilisations populaires et de confrontation politique, non sans danger, à cause  des velléités putschistes de la droite militariste. On avance malgré les menaces de l’empire US et là, le gouvernement colombien travaille à la tête d’un plan de déstabilisation  avec les bourgeoisies fantoches des pays où, aujourd’hui, on construit d’autres alternatives pour les peuples. Cet environnement continental est favorable à la construction de la paix aussi bien en Colombie que dans la région et il est un allié naturel pour ce type de propositions..
 
En Colombie, quand bien même l’opinion et les mouvements populaires sont chaque jour davantage favorables à la paix, le gouvernement de Santos n’a pas de stratégie de paix mais de guerre, en se croyant victorieux et en voulant se faire passer pour un président de la paix, se prévalant d’un processus de paix trompeur en vue de sa réélection.
 
Son message ambivalent ”la victoire est la paix”, qu’il a vendu aux militaires, à qui il dit que c’est la victoire militaire qui apportera la paix, il le présente également à la société comme si la paix était la victoire. Il le réaffirme ensuite dans ses discours sans ambages : La paix coûte que coûte. L’unique paix à laquelle on accède en payant le prix fort, c’est celle des vaincus. Il est ainsi difficile de construire la paix.
 
Ce ne sont pas quatre fous tous seuls qui ont inventé les guérillas, non. Ce sont des voies que la société elle-même a créé face à l’impossibilité de construire des changements par la voie politique. Personne ne peut supporter avec plaisir plus de cinquante années de lutte avec les armes, en effet sans le soutien populaire il serait impossible de survivre. Ce n’est pas la guérilla qui s’adapte aux réalités du conflit mais la société qui s’adapte en continuant à aider ces guérillas, ce n’est pas un problème de modus operandi, c’est en rapport avec les espoirs et les possibilités de survie des peuples et cela les gouvernements ne le comprendront jamais.

Abordons un autre sujet. Historiquement les rapports entre les FARC et l’ELN ont été très changeants, de la fraternisation aux affrontements, y compris armés. Que s’est-il passé depuis toutes ces années depuis la fondation de la Coordination Guérilléra Simon Bolivar, dont vous étiez les deux forces fondamentales ?

La Coordination a été un moment très  important dans la construction de l’unité révolutionnaire en Colombie; si elle s’était maintenue, on aurait avancé avec moins de traumatismes dans la lutte. Dans plusieurs des régions dont  partageons des territoires, nous avons maintenu une coordination et mené  des initiatives conjointement mais en n’abordant pas des points essentiels de la stratégie, les visions et pratiques particulières de chaque organisation ont prévalu et nous ont conduits  de plus en plus à prendre des voies divergentes y compris celle de la confrontation.
 
Nous avons choisi de mettre fin à la confrontation militaire qui n’aurait jamais dû exister entre les deux organisations et nous avons concentré nos efforts pour la reconstruction de la confiance et pour avancer dans le dépassement définitif des blessures laissées par le conflit à l’est du pays et l’étendre à d’autres régions.
 
A cette période, chaque organisation a développé ses activités politiques de sa propre initiative et n’échangeant que ses lectures de la réalité du pays et du monde, c’est pourquoi nous n’avons pas progressé de manière unitaire dans la construction d’un scénario de paix, même si nous l’avions espéré.

Dans le cas concret des négociations, sur quoi les agendas des deux organisations ne sont-ils pas en accord?

Comme aujourd’hui, il n’existe pas un dialogue de paix entre l’ELN et le gouvernement, il n’y a pas encore d’agenda concret qui nous permette de faire la comparaison avec celui qui se discute actuellement à la Havane avec les FARC. Très certainement, on pourrait trouver des identités de vues sur quelques objectifs globaux et d’autres particuliers, il y aurait des différences également dans d’autres domaines. Dans la méthodologie, cela se produirait aussi. Ce qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est que nous agissons dans un même pays et la paix devra être issue d’un processus de convergences.

La gauche est-elle préparée pour être au gouvernement, même si ce n’est qu’au niveau municipal ? 

Cette question supposerait l’existence de gouvernements en Colombie mais ce qui existe est un« non gouvernement », pendant plus de 50 ans, l’oligarchie a administré un conflit pour se maintenir au pouvoir, temps suffisant au cours duquel on aurait pu résoudre les problèmes essentiels de la crise du pays et par conséquent du conflit.
 
Aujourd’hui, plusieurs pays dans le monde sont entrés en crise profonde à cause de la déformation de la politique, comprise comme la pratique qui donne le pouvoir à quelques petits groupes appelés “partis politiques”. L’art de gouverner requiert aujourd’hui de profondes réflexions et des changements dans les  pratiques, qui permettent de revendiquer le véritable sens de la politique, qui n’est rien d’autre que la construction collective de voies pour l’avenir des communautés. Là où les objectifs et la manière de les atteindre  peuvent être contrôlés par la société, en quelque sorte une forme de contrôle social.
 
Parler de gouvernement à bases sociales implique une démocratie participative non seulement qui invite les gens à voter mais aussi à débattre des problèmes et de la manière de les régler, qui ne suppose pas que gouverner ou légiférer soit seulement un grand business où l’on dilapide les ressources de la nation ou des régions.
 
La construction de gouvernements à caractère populaire, démocratique, de gauche est en marche, il y a différentes formes locales et régionales, où, en pleine répression et sous les pressions de toute sorte, on tente de tracer une voie. C’est un objectif que l’on peut atteindre grâce à une organisation sociale, avec les forces sociales, mais ce n’est pas facile. Ce chemin est parsemé d’erreurs et a besoin d’une plus grande participation des communautés dans la conception de ses plans et pour le contrôle de leur exécution.
Il est nécessaire de dépasser les croyances selon lesquelles la gauche doit se contenter d’être une force électorale. 

Où est la gauche en Colombie et qui représente-t-elle ?

On trouve la gauche colombienne dans les organisations sociales, populaires, dans les mouvements politiques nationaux et régionaux, dans les expressions organisationnelles des peuples premiers et des communautés afro-descendantes, dans les communautés de résistance, dans des organisations de la jeunesse, des étudiants, des paysans, des travailleurs, de femmes, de genre, de défenseurs des droits humains, dans des organisations de victimes , de déplacés, de prisonniers politiques et évidemment dans l’insurrection.

Pourquoi tant de divisions au sein de la gauche colombienne et quelle incidence ces divisions ont-elles dans le processus de négociations avec les guérillas ?

La diversité existe dans toute collectivité, cela fait partie de la vie et de la nature humaine, et plus encore dans la pratique sociale et par conséquent dans l’activité politique. Déjà dans les sociétés sans conflit armé, il y a des divisions, alors dans une société comme la nôtre c’est bien plus complexe encore de trouver des solutions au milieu des résistances. Résister, survivre en soi,  comporte une difficulté terrible. Édifier des chemins pour le futur qui nous unissent, au milieu de la résistance, est un tant soit peu complexe. Cependant dans la mesure où nous allons tous êtres plus en capacité de résister et de construire, nous sommes confiants que nous allons nous respecter et nous soutenir. Et l’un de ces objectifs est la construction de la paix.
 
Durant les deux dernières décennies, résultat du harcèlement de l’État mais aussi du fait des  erreurs propres et des changements dans les rapports de force continentaux, il semble que se soit produit une distanciation entre les forces insurgées et les mouvements sociaux, indigènes et paysans, lesquels réclament aussi une « paix populaire » mais ne se reconnaissent pas forcément dans la vision et la stratégie des guérillas, arrivant même à entrer en conflit avec elles sur le terrain. Comment garantir leur participation dans les négociations de paix?
 
 Les membres des guérillas sont des Colombiens, des paysans, des travailleurs urbains et ruraux, des communautés diverses, appartenant au mouvement social. Par nature, nous avons des points de vue communs quant à nos attentes pour le futur et par conséquent pour la lutte et également des différences. Nous sommes en accord pour les espoirs et les luttes de chacun d’entre nous faisons avancer mais nous ne sommes pas dans les mêmes espaces.

Très certainement quand il y a confrontation militaire et qu’elle a lieu sur les territoires des communautés, on vit des situations complexes et nous essayons de ne pas provoquer des dégâts en respectant l’intégrité de leurs habitants, de même que les processus organisationnels ou des autorités elles-mêmes.
 
Dans un processus de dialogue qui recherche une véritable paix, on recherche la négociation directe et participative des divers secteurs de la société, en particulier des exclus et des marginaux. La guérilla ne peut pas se permettre de supplanter les communautés, organisations ou mouvements sociaux, l’architecture de leur participation est un aspect vital dans l’élaboration d’une voie vers la paix.

Il y a huit ans, au cours d’une interview, le commandant Milton Hernández nous disait qu’il était bien plus dangereux en Colombie de faire de la politique que de lutter au sein de la guérilla. L’histoire continue à lui donner raison. Comment  envisagez-vous les risques d’une normalisation? Quel type de garanties pouvez-vous recevoir qu’en faisant de la politique, après d’éventuels accords, cela ne reviendrait pas à signer une condamnation à mort ?

Le conflit social et armé a été inhérent à ce modèle de société et de régime politique en Colombie et la mise à feu et à sang de la société a pris des proportions hors du commun. Qui a enduré plus de blessures et de souffrances  que le peuple, les gens qui luttent, protestent se mobilisent ; las de recevoir tant de coups, on finit par entrer dans la guérilla pour se défendre.
 
Le risque principal pour la paix ne réside pas dans ce qui peut arriver aux individus mais dans ce qui peut arriver à la société. Par exemple, lorsque les causes qui ont engendré le conflit social et armé persistent, et avec la crise que connaît le pays lui- même.
 
Jusqu’à ce jour, les accords de paix qui ont été signés en Colombie ont donné des garanties à ceux qui ont abandonné la lutte armée de participer à la politique avec les mêmes règles du jeu excluantes qui continuent à reproduire le conflit et la crise du pays, et d’une certaine façon ont parfois légitimé le régime et prolongé davantage le conflit.
 
On peut signer tous les papiers et accords que l’on veut, mais quand l’oligarchie ne voit pas que le peuple est organisé, elle ne respectera aucun accord. C’est pour cela que le peuple doit s’emparer du chemin vers la paix.

Une question fondamentale, en parallèle à celle de l’autodétermination économique et sociale, c’est la question des victimes. On insiste ici et là sur le fait qu’il ne peut y avoir de paix sans justice sociale, mais ce n’est pas non plus possible sans reconnaissance des responsabilités dans la violation des droits humains et sans réparation pour les victimes. Voilà, sans doute, un autre obstacle majeur à l’obtention d’une paix qui va forcément poser le problème de l’impunité des acteurs civils et militaires de l’appareil d’État ces 60 dernières années. Comment l’ELN conçoit-elle concrètement l’idée de la « justice transitionnelle » ?

Tout ce qui est lié aux solutions auxquelles on a abouti lors du conflit, doit être matière à discussion et accord entre les parties. Cela a été et est une guerre d’État contre le peuple. Si nous regardons les registres des victimes d’État et des paramilitaires, toutes, sans exception, sont des personnes pauvres, humbles, travailleuses et combattantes contre l’injustice. Cette vérité, personne ne peut la réfuter. Voilà la douleur principale de La Colombie.
 
Dans le cadre d’un accord de paix, La Colombie doit s’acheminer vers la réconciliation nationale, et il n’y a pas d’autre choix que d’assumer les principes de Vérité, Justice, Réparation et l’engagement que jamais plus on ne revivra cette histoire douloureuse. Il y aura forcément du travail pour accéder à cette voie.

La “justice transitionnelle” a été utilisée comme la “justice d’un instant” tout en trompant les victimes pour que tout continue comme avant.

Au cours des presque 50 années de lutte armée, l’ELN reconnait-elle avoir violé parfois les normes internationales de respect envers la population non combattante ?

Dans l’ELN, on a relevé des cas individuels de transgression du droit international humanitaire (DIH), mais jamais comme politique de l’organisation ou orientation exprimée de ses commandements, seulement par erreur ou accident. Pour chacun d’entre eux, l’ELN a assumé ses responsabilités et a appliqué les codes internes à ceux qui ont été reconnus impliqués dans de tels faits.  

En Colombie, au milieu de la décennie des années 80, l’ELN a été la première à reconnaître l’application du DIH, le Protocole II  qui se réfère aux conflits intérieurs, longtemps avant que l’État ne le mentionne, en effet lui, ne l’applique pas. Nous avons insisté également sur la nécessité d’humanisation de la guerre, ce qui signifie se mettre d’accord sur des normes à propos de ce qui est le plus critique dans les agissements humains, les guerres, en effet si nous n’assumons pas des normes qui puissent les réguler, nous irions droit dans l’abîme  du non-retour, ce que l’État n’a pas mesuré lorsqu’il a fait appel aux paramilitaires.
 
La différence entre une “bande” et une armée se situe  dans le fait que cette dernière est constituée à cause de et pour la défense des idéaux et des raisons d’existence d’une collectivité. Elle oriente ses actions militaires contre les agents armés qui l’agressent et l’attaquent. Alors que les agents non armés qui s’y opposent, les traitent par d’autres moyens et manières en essayant de corriger et de maintenir la continuité de la vie tout en évitant la confrontation militaire.
 
Dans les conflits militaires, la vie est plus complexe et la limite de ce qui est permis peut-être affaiblie par des individus ou des collectivités, c’est pour cela qu’il faut un commandement responsable, afin de contrôler et d’assumer les responsabilités des agissements des troupes.

Parlons des droits humains: pendant qu’on négocie à la Havane avec les FARC et  se profilent des discussions imminentes avec l’ELN, la guerre ne  s’arrête sous aucune de ses formes. Par exemple, le traitement que l’on inflige aux prisonniers politiques et de guerre dans les prisons colombiennes est sanglant. Qu’est-ce que l’ELN a à dire à ce sujet ?

Le problème dépasse l’aspect carcéral et est en rapport avec le système judiciaire et le système d’accusation, car avant même d’arriver au procès, on est déjà condamné par le Ministère Public, peu importe si les témoins sont des délinquants et des mercenaires de la justice. Ce que recherche le système, c’est une « justice qui intimide ». Puis vient après cela le système carcéral où le prisonnier endure une situation inhumaine dans tous les aspects de l’existence et plus encore avec le schéma  actuel qui a été copié sur les USA : même pour cela, nous sommes en état de dépendance.
 
La privation de la liberté pour ceux qui se battent socialement et politiquement fait partie de la stratégie intégrale de l’État qui cherche à faire plier la volonté populaire et à intimider l’opposition. Le niveau de répression qui s’exerce sur les camarades guérilleros  qui ont été emprisonnés et mis en accusation s’est accentué et ils reçoivent un traitement indigne. Au-delà de cela, le gouvernement a voulu rendre invisible l’existence des prisonniers politiques en Colombie par sa volonté de nier l’existence du conflit.

Dans le cadre d’un processus de paix, le sujet des prisonniers politiques fait naturellement partie des sujets à traiter.

Le 18 janvier, vous avez capturé deux citoyens péruviens, trois Colombiens et un Canadien qui travaillent pour la multinationale canadienne minière Braveal, dans le département de Bolivar, au nord du pays. Cette action a eu des répercussions au niveau international et a déclenché une offensive militaire intense dans la zone, sans résultats. En février, l’ELN a libéré les citoyens péruviens et colombiens, tout en gardant prisonnier le Canadien Jernoc Wobert, vice-président d’exploration de l'entreprise. Quelle est la logique de cette action ?

Un des fers de lance de L’ELN est la défense de la souveraineté nationale, dans cet objectif, elle a réalisé des actions pour remettre en cause la politique d’abandon des différents gouvernements, dénoncer les conséquences néfastes pour la nation et proposer une politique souveraine dans l’utilisation des ressources naturelles et énergétiques, la défense des écosystèmes et la biodiversité.
Ce que l’on appelle le “rouleau compresseur minier” du gouvernement Santos est un plan agressif  destiné à continuer à céder les ressources de la nation aux entreprises minières transnationales associées aux intérêts de l’oligarchie colombienne. Ceci a provoqué une recrudescence de la militarisation pour faciliter l’appropriation des territoires des communautés, en violant les droits humains. Tout en détruisant aussi les écosystèmes avec de graves conséquences pour la survie des espèces dans l’avenir immédiat.
La capture de citoyens étrangers est en rapport avec notre politique de défense de la souveraineté nationale et des ressources naturelles.
 
L’entreprise transnationale, en utilisant des pièges a arraché les titres miniers aux communautés, il faudrait en effet voir effectivement si le citoyen canadien avait les papiers en règle pour travailler en Colombie. Dans cette perspective, notre action va dans le sens de la défense du droit des communautés, du patrimoine national, de la préservation des écosystèmes et pour que tout processus productif bénéficie prioritairement au pays, aux régions et aux communautés qui habitent les territoires en question.
Le gouvernement colombien s’est escrimé, sans succès, à faire pression militairement pour tenter de venir au secours du Canadien, mais il n’a pas bougé le petit doigt pour que la multinationale Braeval Mining Corporation rende les titres miniers à ses véritables propriétaires.

Dans un récent communiqué, l’ELN insiste sur "la cohérence entre fins et moyens (…) parce que le chemin et la manière de le parcourir sont aussi importants que l’objectif lui-même". Voilà sans aucun doute un principe cohérent avec ses racines "camillistes" [NdT : de Camilo Torres] et chrétiennes, inséparables de la naissance même de l’ELN et peut-être plus importantes aujourd’hui que jamais. Comment l’ELN conçoit-elle la relation entre éthique, démocratie et socialisme ?

Il ne faut jamais dissocier l’objectif, de la voie pour l’atteindre, ils vont toujours de pair. Ceci veut dire qu’il ne suffit pas d’avoir de « bonnes intentions », on ne peut séparer l’avenir de ce qu’on fait aujourd’hui de la manière dont on le fait.
 
On parle aujourd’hui de “l’écologie de l’action”, dans le sens où toute action que mène l’être humain produit des effets inattendus, et par conséquent il faut éduquer à la responsabilité que l’on doit avoir dans tout ce qu’on fait, où seules les “bonnes intentions” ne suffisent pas, mais agir avec éthique dans la vie, en rapport avec la nature, la planète et le cosmos.
 
L’ELN revendique les principes du christianisme originel revalorisé par le prêtre Camilo Torres en les rattachant à une pratique de fraternité entre tous les êtres humains dans une pensée et une pratique œcuméniques, de respect et reconnaissance par toutes les religions et croyances des sociétés, où la croyance individuelle est immergée au sein du vécu en communauté, puisque toute religion nécessite un cadre social. Dans ce sens, l’éthique dépasse la religion et le droit, elle veille sur le présent tout en cherchant à éclairer l’avenir.

Les experts disent que le fondement de l’éthique est la liberté de l’être humain, comme présent et futur ; d’autres l’associent au bonheur, mais il n’y a pas de félicité plus grande que l’existence libre. Maintenant, la construction d’un chemin vers la liberté, comme chemin collectif est un sujet de véritable politique  en rapport avec la volonté qu’on édifie avec d’autres pour rendre possible ce projet de sociétés libres, équitables, justes et heureuses, qu’on appelle encore socialisme. L’économie, les ressources, la manière dont on les produit, etc… doivent être en rapport avec  la manière dont on garantit l’essentiel de ce bonheur pour tous.

La démocratie est la façon dont on construit ce chemin collectif, somme des expériences et volontés collectives et il n’existe pas d’autres voies en dehors de celle de la participation de tous, sans exclusions. Il y a en effet des règles du jeu et aussi des normes mais l’histoire permettra de les dépasser afin de revendiquer en dernier ressort la démocratie participative directe. Le reste n’est qu’une vaste supercherie.

Revenons aux négociations. Le soutien international sera déterminant pour leur succès, à tous niveaux. Il y a quelques jours, le pape François en personne réaffirmait  au président Santos son soutien aux discussions de la Havane. Que demanderiez-vous aux gouvernements, organisations, leaders du monde ? 

Si l’on entame un processus de dialogue, il faut sans doute rechercher l’accompagnement et le soutien de la communauté internationale laquelle offrirait des garanties plus grandes. Dans le cas de l’ELN nous travaillons pour que cela se fasse dans le respect de notre souveraineté, en tant qu’organisation et pays. Nous sommes reconnaissants aux pays qui font des efforts pour contribuer à une issue politique au conflit.
 
Les USA font fi de l’éthique quand ils prétendent s’ériger en juges mondiaux pour qualifier les actions des gouvernements et organisations éloignées de leurs intérêts, car les gouvernements étrangers se sont présentés en grands promoteurs du terrorisme international, il suffit de regarder l’histoire des cinq dernières décennies et plus récemment ce qui se passe au Moyen-Orient et leurs actions déstabilisatrices en Amérique Latine.

Quel rôle peuvent jouer Cuba et le Venezuela ainsi que les organisations multiétatiques nées sur le continent et non assujetties à l’agenda des USA, comme la CELAC, l'UNASUR ou l’ALBA? Quelles répercussions aurait une Colombie en paix ?

Cuba et le Venezuela  ont été deux des pays engagés dans la paix en Colombie, ils se sont rendus disponibles avec beaucoup d’intérêt afin d’apporter leur contribution dans les différentes phases de recherche de la paix. Autant le gouvernement de Caracas que celui de la Havane n’ont pas hésité à réaliser d’importantes démarches à cet effet et nous les voyons continuer à œuvrer actuellement avec la même disposition.
 
Les organismes multilatéraux constitués ces dernières années en Amérique Latine, même s’ils n’ont pas joué un rôle prépondérant, se sont prononcés à maintes occasions en faveur du dépassement du conflit en Colombie. L’ELN fait confiance à ces dits organismes pour jouer un rôle dans la mesure où il existe réellement des processus.

Le commandant Chavez a fait sienne la bannière  de la paix en Colombie comme aucun autre président ne l’a fait. Ce dévouement n’a pas été valorisé par le gouvernement colombien en son temps qui a essayé de l’utiliser à des fins détournées. Cependant, il est devenu le porte-drapeau sincère de la paix, délégant au Président Nicolas Maduro la poursuite de cet objectif. Ceci n’est pas pris en compte par la droite vénézuélienne qui rêve de revenir au pouvoir.
 
Une Colombie en paix, qui en impliquerait la démocratisation, aurait un impact positif dans toute la région, il y aurait plus de stabilité pour tous, un renforcement des relations fondées sur le respect, la coopération et l’aide mutuelle.

Et qu’en est-il avec l’Europe? Les années passées, plusieurs pays européens se sont impliqués dans les négociations, pourquoi ne le font-ils pas maintenant ?

La politique belliciste du gouvernement des USA intensifiée à partir des évènements du 11 septembre 2001 a généré une augmentation significative des actions contre les luttes de résistance des peuples au niveau mondial.
 
La soi-disant “guerre contre le terrorisme” aboutit à engager les Européens dans la croisade contre-révolutionnaire entreprise par les US-Américains. Le gros des pays européens fonctionne dans la stratégie de guerre impériale, la France, l’Angleterre et l’Espagne en sont la preuve pour n’en citer que quelques-uns. On a en a la démonstration avec leurs actions interventionnistes en Lybie et Syrie, toutes sous couvert de l’OTAN.
 
D’autre part, aujourd’hui l’Europe vit son propre calvaire, une crise sociale, économique et politique profonde, qui l’oblige à se regarder et peut-être à tirer des leçons de la nouvelle politique qui fait son chemin en Amérique Latine. Il faut cependant souligner le rôle que quelques pays, pour qui la paix est essentielle à leur politique internationale, et qui d’une façon ou d’une autre ont fait des efforts pour la paix en Colombie, approuvent la solution politique en Colombie et ont manifesté leur intérêt à la réussite de cet objectif.

Croyez-vous qu’il y ait quelque chance que les USA retirent les FARC et l’ELN de la liste des “organisations terroristes” pour faciliter le processus de négociation?

Bien que le gouvernement US ne possède pas l’autorité morale pour désigner des gouvernements ou des organisations qui n’obéissent pas à leurs règles comme terroristes ou non, le pouvoir impérial qu’il exerce encore sur le monde, oblige des États et des institutions internationales à obéir à ses ordres.  
Demander aux USA qu’ils retirent de la liste des terroristes l’insurrection colombienne, c’est comme demander au prêtre de faire appel au diable pour qu’il le confesse ou lui demander de célébrer la messe.

En fin de compte, pourquoi les USA s’se soucient-ils maintenant de la paix en Colombie alors que ce sont eux qui ont  le plus alimenté la guerre et fourni le plus d’armes, de conseillers et d’entraînement ?

Pour la Maison Blanche, la paix en Colombie signifie la déroute de l’insurrection ou sa démobilisation, permettant à ses affaires d’être plus rentables. Voilà l’image que le gouvernement de Santos a vendue, peut-être en pensant que le moment est arrivé.
 
Les USA ont toujours alimenté le conflit, car leur politique de soutien aux régimes militaristes revient tout simplement au transfert  d’argent public aux entreprises US-américaines fabricantes d’armes, en effet l’argent qu’ils remettent aux gouvernements doit être dépensé en achats auprès des dites entreprises étrangères, c’est leur manière d’oxygéner leur économie, c’est leur vieille doctrine pour réactiver l’économie par le biais du financement des guerres.
 
Cette ingérence en Colombie, avec le financement des guerres et les soutiens de toute sorte ont repoussé et rendu difficile une issue politique au conflit et prolongé la confrontation. Leur objectif a été d’obtenir l’anéantissement de la guérilla, la déroute de toute tentative d’opposition.
 
En comptant sur l’abandon de la guérilla, ils prétendent entraîner les Forces Armées du gouvernement colombien dans des conflits internationaux, avec la prétention que la Colombie fasse office de puissance militaire régionale et mondiale. Se prendre pour des gendarmes au moment où le monde réclame la paix serait vanité d’imbéciles.

Photos de combattantes de l’ELN : Damien Fellous

Source: http://tinyurl.com/ks8l3mq
Date de parution de l'article original: 17/06/2013
Traduit par  Pascale Cognet
 
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Aug 2013 à 21:10

Le Pôle Démocratique de Colombie dénonce des menaces contre ses membres

Bogota, 12 août, (RHC).- Le Pôle Démocratique, parti politique colombien a dénoncé une nouvelle escalade de menaces de la part de la bande criminelle Los Rastrojos contre ses membres.

Ce parti de gauche sommet le gouvernement dans un communiqué, de donner des garanties pour l'exercice de l'opposition et demande des mesures de protection.

Il exige l'ouverture d'une enquête et le châtiment des responsables.



Edité par T 34 - 13 Aug 2013 à 23:19
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Aug 2013 à 22:31

Les FARC ratifient leur confiance dans les dialogues de paix avec le gouvernement

Bogota, 14 août (RHC- Telesur)- Les FARC-AP, les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie-Armée du Peuple, ont déclaré qu'elles considèrent comme possible que le processus de paix aboutisse à des changements, à une réforme agraire, à la restructuration de l'État, ainsi qu'à un nouveau Pouvoir Judiciaire et Législatif.

Laura Villa, membre de la guérilla, a invité la délégation du gouvernement colombien à se concentrer au déroulement du dialogue de paix, et à ne pas se presser à obtenir un accord avant la fin du mandat en 2014 du président Juan Manuel Santos.

Les deux parties ont terminé samedi dernier la 12è phase des conversations au cours de laquelle elles ont commencé a ébaucher des décisions sur la participation politique qui est le second point de l'agenda.

Les Paysans du Catatumbo dénoncent la nouvelle vague de violence de l'armée colombienne

Bogota, 13 août ( RHC- PL) – Les paysans colombiens du Catatumbo ont dénoncé une nouvelle vague de violence de la part de l'armée qui a tiré sur les agriculteurs qui essayaient d'éviter l'éradication forcée des cultures illicites dans cette région du nord.

Dans un communiqué diffusé par l'Agence de Presse Rurale, l' Association Paysanne du Catatumbo signale que le gouvernement «  insiste à avoir recours à la violence comme solution à la problématique des cultures de coca , une fois que les protestations et les mobilisations pour reprendre les conversations ont été arrêtées ».

Le communiqué indique que sans arriver à un accord sur ce thème, un des points à débattre entre la paysannerie et l'exécutif, des groupes d'éradication ont été déployés dans les communes de Tibu et de Sardinata.

« Les paysans condamnent la criminalisation de la culture de la coca, et ils ont rappelé que la culture de cette plante est la dernière alternative qui leur reste pour pouvoir nourrir leurs familles face à l'abandon total de l'État ».


 
 
La%20razón%20de%20mi%20existencia%20es%20la%20lucha%20por%20la%20paz%20con%20justicia%20y%20amor
Yo%20soy%20el%20bien%20alzado%20en%20canto%20contra%20el%20mal%20resucitado
Así%20como%20luchamos%20contra%20el%20burgués%20que%20está%20por%20fuera%20atrevámonos%20%20a%20luchar%20contra%20el%20que%20tenemos%20por%20dentro:%20el%20egoísmo,%20el%20rencor...
 
 


Edité par T 34 - 16 Aug 2013 à 03:44
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Aug 2013 à 17:20

Les paysans colombiens lancent une alerte sur l'aggravation de la crise humanitaire

Bogota, 15 août (RHC-PL)- Les paysans colombiens du Catatumbo, ont lancé une alerte sur l'accentuation de la crise humanitaire dans cette région du nord avec l'éradication violente des cultures illicites, action qui met en danger la sécurité et la souveraineté alimentaire.

L'Association Paysanne de la région a exigé la suspension de façon immédiate de l'élimination forcée des plantations pour éviter l'approfondissement de la débâcle humanitaire.

Les agriculteurs ont signalé que ces pratiques entraînent des violations des droits civils et politiques des communautés, y compris la suspension des cours dans les écoles locales pour restreindre la liberté de déplacement des populations.

 

Gabriel%20Hernández,%28Izq%29%20La%20Chiche%20Manaure,%20%20y%20diputados%20Julio%20Chávez%20y%20José%20Ávila.%20Al%20centro,%20el%20perseguido%20cantor%20del%20pueblo%20colombiano,%20Julián%20Conrado.



Edité par T 34 - 17 Aug 2013 à 16:14
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Aug 2013 à 17:53

Colombie : « Nous sommes optimistes : le moment de rechercher la paix est venu»-Entretien avec 3 commandants de la délégation des FARC aux négociations de La Havane

 
 

Même à la Havane ils n’ont pas perdu leur habitude de se lever à l’aube. « Nous nous levons à 4 h40 pour réveiller les coqs, et qu’ils chantent », dit en souriant Ricardo Téllez, plus connu sous le nom de Rodrigo Granda.J’ai un rendez-vous à 7 heures du matin avec trois membres du secrétariat, l’instance suprême des FARC (Forces combattantes révolutionnaires). Ce sont eux qui dirigent le dialogue entre l’organisation rebelle et la délégation du gouvernement colombien à la Havane. Dans le grand salon d’une maison appelée « Le petit lac »(1), où ils sont hébergés, arrivent également Iván Márquez et Pablo Catatumbo. Granda allume une cigarette et boit une deuxième tasse de café. Márquez tient à la main un gros havane, qu’il allumera «  après le petit déjeuner ». Catatumbo sirote son café et me dit : « Nous dirons tous les trois presque la même chose, pourquoi veux-tu m’interviewer ? ». C’est la première fois qu’un journaliste parvient à rencontrer ces trois chefs de la guérilla ensemble.

 

H.C.O- Commandants, il y a 7 mois que vous négociez avec la commission gouvernementale en vue de ramener la paix en Colombie. Conservez-vous votre optimisme ?

Iván Márquez: Nous puisons notre optimisme dans notre ferme résolution de trouver une solution politique à une confrontation qui dure depuis près de 50 ans déjà. Comme une victoire militaire est exclue pour eux comme pour nous, nous devons trouver une alternative.   En outre, les circonstances, les réalités actuelles, aussi bien en Colombie que sur l’ensemble du continent, montrent que c’est le bon moment pour trouver une issue non violente. Les guerres ne sont pas éternelles. Et dans cette perspective, nous faisons tous les efforts nécessaires pour parvenir à nous entendre avec le gouvernement .

Quel est votre ressenti, lorsque vous êtes assis en face de quelqu’un que vous considérez comme votre ennemi ?

 Iván Márquez: Bien que les deux groupes qui se font face à cette table aient des conceptions opposées, presque antagonistes, il faut que nous nous tolérions, si nous voulons nous comprendre. À la table des négociations, chaque partie doit respecter l’autre, et je crois que c’est le cas. Il y a des moments où la discussion est au point mort, mais les choses s’arrangent rapidement, car nous savons qu’il nous faut parvenir à nous entendre. 

Ces négociations se déroulent entre deux rivaux. Mais j’ai l’impression que vous êtes plus fortement engagés....

 Iván Márquez: C’est exact. Le gouvernement a toujours eu tendance à considérer que la paix, c’était la soumission de la guérilla et non de changements structurels. Il voudrait une paix qui ne coûte rien à l’oligarchie. Nous faisons de gros efforts pour lui faire comprendre qu’il est nécessaire de créer une ambiance propice à la paix et que cela exige des changements institutionnels et politiques. Nous sommes sûrs que le plus important est de garantir une véritable démocratie en Colombie, que ce soit le peuple souverain qui détermine les politiques stratégiques, que l’on prenne en compte  son opinion sans   qu’il soit stigmatisé et assassiné. 

Je me trompe peut-être, mais il me semble que le Président Juan Manuel Santos a plusieurs fois voulu faire un pas en arrière...

Rodrigo Granda: Je ne crois pas qu’il recule, mais il semble qu’il soit intimidé. Il semblerait qu’il ait peur de l’ex-Président Álvaro Uribe, des éleveurs, de la puissance des trafiquants de drogue et des paramilitaires et de certains souterrains des forces armées de l’État. Santos avait peur, bien qu’il ait été soutenu par une importante fraction des industriels, des banquiers et des Églises. Par exemple, d’après nos renseignements, Sarmiento Angulo (2), l’un des hommes les plus puissants de Colombie, est en faveur du dialogue. Selon les sondages, 87% des Colombiens veulent eux aussi la paix. Le rapport des forces en faveur de la paix est évident. En dehors des partisans d’Uribe, personne ne parle de guerre. Mais il semble que Santos ne veuille pas s’opposer aux secteurs dirigés par Uribe ; c’est pourquoi il fait parade envers nous de sa puissance militaire et prend des positions intransigeantes qui empêchent le bon déroulement des négociations.

 Nous savons qu’Uribe dispose de 13 000 paramilitaires, connus sous le nom officieux « d’armée contre la restitution des terres. » L’armée et Santos l’ignorent-ils ? Bien sûr que non. Est-ce que cela fait peur  à Santos? Ou les tient-il en réserve pour une éventuelle manœuvre dirigée contre nous ?

 

 

De gauche à droite : Luciano Marín, alias “Iván Márquez”,  Rodrigo Granda, alias “Ricardo Téllez” et Jorge Torres Victoria, alias “Pablo Catatumbo”. Photo ABC Color

Uribe veut torpiller les négociations, c’est clair. Il veut peut-être redevenir Président ?

 Rodrigo Granda: Il le souhaite, pour se mettre à l’abri. Il a peur d’être jugé à Miami comme trafiquant de drogue, ou traduit devant la Cour pénale internationale de La Haye pour crimes contre l’humanité. Ça l’arrangerait bien que les négociations échouent et qu’il puisse ensuite se présenter comme la solution pour le pays. Bien qu’il n’ait pas réussi à résoudre le « problème » de la guérilla en huit ans d’exercice du pouvoir.

 Pablo Catatumbo:  En tout cas Santos et Uribe ont la même conception du processus de paix : la guérilla doit se soumettre. Ils sont sourds et aveugles et se trompent, bien qu’ils se croient très malins. Et là nous devons faire preuve de sagesse pour leur montrer que sur ce point ils se trompent et que de cette façon la guerre continuera.

D’après vos déclarations et les documents que j’ai lus, vous exigez des réformes des institutions étatiques et une modernisation de l’État lui-même. Bien étrange de la part d’une guérilla communiste, marxiste-léniniste...

 Iván Márquez: À la table des négociations nous ne proposons pas de changements radicaux dans les structures politiques et économiques de l’État. Il n’y est pas question de socialisme ou de communisme. Ce que nous recherchons, ce sont les conditions nécessaires pour parvenir à nous entendre avec le gouvernement, dans un espace où se font face des conceptions différentes. Nous savons que, pour cette raison, quelques organisations de gauche, et pas seulement en Colombie, nous reprochent déjà d’être passés au réformisme.

 Nous n’avons fait que des propositions minimales, par exemple les cent points du système agraire, qui ne sont rien d’autre qu’un projet de modernisation du monde rural colombien, car nous en sommes encore à la féodalité. Mais voyez : même sur ce point nous rencontrons une résistance de la part du gouvernement.

Qu’est-ce qui a été signé déjà entre les deux parties ?

 RG : Certaines choses ont déjà été signées, mais ce n’est pas définitif tant qu’il n’y aura pas accord sur tout. Il y a des points sur lesquels nous n’arrivons pas à nous mettre d’accord, et nous les laissons de côté pour revenir dessus plus tard. Sinon, nous n’avancerions pas.

Pendant que les entretiens se déroulent à la Havane, il se produit de graves heurts en Colombie...

Iván Márquez: C’est le gouvernement qui ne veut pas d’armistice, c’est pourquoi le fait de dialoguer sous les tirs a un impact sur les deux parties.

Nous menons chaque jour de durs combats, trois par jour en moyenne. Nous avons réalisé de vastes opérations militaires qu’on cache à la nation. Mais ici nous avons décidé bilatéralement que ce qui se passe ailleurs qu’à cette table n’influencera pas les négociations.

 Nous avons donné des preuves de notre bonne volonté, par exemple le cessez-le-feu unilatéral à Noël dernier, même s’il nous a fallu nous défendre contre les attaques de l’armée. Et ce que l’on a également caché, c’est que les firmes transnationales ont pu accroître leurs profits durant ce laps de temps, parce que nous n’exercions plus de pression sur elles. C’est pourquoi une de leurs principales raisons d’en finir d’une manière ou d’une autre avec la guérilla, est de permettre aux transnationales de voler tranquillement tout ce qu’elles veulent.

Sur quel point le gouvernement s’est-il jusqu’ici montré le plus intraitable au cours des négociations ?

 Iván Márquez: Indubitablement dans sa ferme résolution de ne pas toucher aux biens des latifundistes, qui se sont approprié la plus grande partie de leurs terres en chassant par la force la population rurale. Ils ont peur. Les représentants du gouvernement nous ont dit que cette question pourrait réveiller « les vieux démons paramilitaires ». Ils ont peur de retirer aux éleveurs et aux latifundistes un tiers de leurs 30 millions d’hectares, bien que dans ces grandes exploitations on ne trouve même pas de vaches.

Mais une réforme agraire qui ne touche pas au latifundisme n’en est pas une. Il faut limiter la propriété foncière. Le gouvernement n’a pas même pensé à imposer une taxe sur les exploitations improductives. Lorsque nous avons proposé de taxer ces grandes propriétés, le gouvernement nous a répondu qu’il ne connaissait ni leur localisation ni leur étendue. C’est pourquoi il a proposé d’établir d’abord un cadastre, ce qui prendra 7 à 10 ans. Ce qu’ils ne disent pas, c’est qu’entre-temps les l atifundistes vendront ou loueront ces terres aux firmes transnationales. C’est la stratégie qu’ils ont choisie.

Quand le gouvernement colombien s’est déclaré prêt à négocier avec les FARC, c’est que Washington était d’accord. Vous connaissez sa position actuelle?

Iván Márquez: Récemment 62 représentants du Congrès des USA, dont deux Républicains, emmenés par Jim McGovern, ont signé une lettre de soutien au dialogue. Ce message nous a été transmis par John Kerry, le Secrétaire d'État aux Affaires étrangères. Nous avons salué ce geste altruiste. Mais la Maison Blanche et le State Department ont également proclamé leur soutien.

Bien sûr là-bas aussi il y a des intérêts divergents, car le conflit colombien est lucratif. Les puissants trusts de l’armement ne veulent pas perdre cette source de profits.

Vous êtes décidés à déposer les armes. Que peut vous offrir le gouvernement en échange ? Et que deviendriez-vous alors ?

 Rodrigo Granda: Dans l’échange de courrier que nous avons eu au début, le Président Santos nous a déclaré qu’il souhaitait ouvrir la voie à une véritable démocratie en Colombie. Nous avons dressé l’oreille, car nous n’avons jamais dit que la lutte armée était le seul moyen de transformer ce pays. Nous avons pris les armes et poursuivons le combat parce que toute participation politique nous était interdite par la violence.

 Si une possibilité nous est donnée de faire de la politique légalement et avec les mêmes droits, sans courir en permanence le risque d’être assassiné, et si des réformes politiques visant à instaurer en Colombie une démocratie participative sont mises en place, nous sommes partants. Car cela permettrait de créer un rapport de forces favorable au mouvement révolutionnaire, afin de mettre en chantier les changements radicaux indispensables. Nous acceptons ce défi.

 Pablo Catatumbo: Il est indispensable de créer un mouvement de masse solide, qui mettrait en œuvre les transformations, car l’establishment ne nous en fera pas cadeau. C’est notre tâche, à nous militants de gauche et démocrates. L’enjeu est de créer un bloc puissant où se retrouvent tous ceux qui se battent pour une nouvelle Colombie.

 Mais pendant que nous en discutons à la table des négociations, la répression continue dans tout le pays. Le gouvernement n’a pas changé d’un iota son traitement des mouvements sociaux : ils sont stigmatisés et prétendus en lien avec la guérilla, pour pouvoir les criminaliser et les réprimer militairement. S’il est pour nous une chose bien claire, c’est que nous ne sommes pas prêts à recommencer l’expérience de l’Unión Patriótica (3)? qui s’est soldée par l’assassinat de près de 4000 membres et dirigeants.

 Lorsqu’elle n’est pas manipulée, l’Histoire ne ment pas : la violence est venue d’eux. Quand nous le rappelons aux délégués du gouvernement à ces négociations, ils nous répondent qu’ils ne sont pas là pour en entendre parler. Pourquoi ? De quoi ont-ils honte ou peur ? Si l’on ne connaît pas l’histoire de la violence politique en Colombie, comment savoir comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle et par quels moyens en sortir ?

 Iván Márquez: Trois points de l’ordre du jour doivent être impérativement traités : la garantie de pouvoir se livrer à des activités politiques, la participation politique ainsi qu’un cessez-le feu bilatéral et définitif. Dans le cadre de ce dernier point il faudra aborder le problème des armes. Mais comprenez-moi bien : il n’est pas question de livrer nos armes. Nous ne pouvons aborder ces points plus en détail, tant que nous n’en aurons pas discuté à la table des négociations, et ce sont les derniers de l’agenda. 

Et qu’adviendra-t-il des paramilitaires ?

 Iván Márquez: Ils doivent être définitivement éradiqués, car sinon pas de sécurité pour une organisation rebelle qui s’intègre à la vie politique légale. C’est une condition incontournable pour aboutir à un accord de paix. Et c’est le gouvernement qui doit donner à ses généraux l’ordre d’abandonner cette stratégie de combat armé contre les rebelles.

Êtes- vous prêts à demander pardon pour la part de souffrances dont vous avez été responsables durant cette guerre ?

Pablo Catatumbo: Il est exact que nous avons commis des fautes, parfois lourdes . Mais en dépit des affirmations de la propagande, jamais les attaques contre la population n’ont fait partie de la stratégie des FARC. Bien au contraire, nous l’avons protégée, surtout en zone rurale, contre l’armée et ses paramilitaires.

 Cela ne me pose pas problème de dire à une dame ou à une famille : « Je partage la douleur que nous vous avons causée par la mort d’un de vos proches. » Mais c’est bien plus compliqué. Il faut demander pardon ? Bien, alors les lobbies économiques   qui ont financé la guerre et les paramilitaires doivent eux aussi demander pardon. Et toutes les institutions de l’État, car elles sont calées sur la répression et le crime impuni. Et les grands médias, car elles ont répercuté la stigmatisation pratiquée par les organes de la sécurité, frayant ainsi la voie aux assassinats et aux massacres. Et les partis de droite doivent faire face à leur responsabilité, qui est grande. Et les anciens Présidents de la République, qui ont donné les ordres. Même l’Église catholique ne peut nier sa culpabilité ! Et ne peuvent non plus se soustraire à cette cérémonie les gouvernements des USA, d’Israël, et de certains pays européens qui ont soutenu les divers gouvernements criminels de Colombie. Quand tout le monde sera là, on verra bien qui ont été les terroristes et les assassins du peuple.

Vous rendez, sûrement à juste titre, les forces armées et les médias responsables de la guerre psychologique et de la propagande contre les forces insurrectionnelles. Mais je crois qu’une bonne part des «  intellectuels » se déchaîne elle aussi contre la lutte armée, qu’ils soutenaient hier encore....

 Pablo Catatumbo: La plupart des intellectuels , en Colombie et certainement dans le monde entier, est lâche ou accommodante, ou les deux. Presque tous se sont laissés prendre dans le tissu de mensonges du système et utilisent ces mensonges pour « théoriser », créer et répéter des idées fausses. Beaucoup passent leur temps à vitupérer les manipulations médiatiques, mais quand le système lance une campagne contre une cible donnée, ils suivent comme des perroquets.

Dans le cas de la Colombie, le système leur a mis en tête que la guérilla est cause de tout. Bien que nombre d’entre eux se soient considérés, ou se considèrent encore, comme des gens de gauche, ils se joignent au chœur qui nous rend responsables de la violence, du trafic de drogue, des enlèvements, de la pauvreté, de l’augmentation du prix de l’essence et de la cherté des bananes. Si demain les petits oiseaux cessaient de chanter, ces « intellectuels » répéteraient ce que disent le gouvernement et les médias : C’est la faute de la guérilla ! Leurs recherches et leurs argumentaires sont d’une telle pauvreté que leurs analyses et théories ne font en rien avancer le débat, du moins avec nous. Bah, ils pensent que s’ils viennent discuter avec nous, ensuite nous les tuerons. Ils ne sont même pas capables de s’apercevoir que s’il en était ainsi il ne resterait plus guère « d’intellectuels » en Colombie. Ils n’ont pas assez de matière grise pour comprendre que ceux qui ont conservé leur indépendance intellectuelle et politique  sont ceux-là même que le gouvernement  accuse d’être ami ou complice de la subversion. 

Je dois reconnaître pour finir que je ne suis pas très optimiste quant à ces négociations. Je crois que la Colombie et les Colombiens méritent la paix et la justice sociale, mais je connais l’État colombien et je connais les États-Unis, qui le soutiennent et décident en dernière instance. J’espère de tout cœur que cette longue nuit où le terrorisme d’État a plongé les Colombiens prendra fin et que le jour se lèvera enfin.

 Pablo Catatumbo: Voyez-vous, les conditions politiques en Amérique latine ont changé.  Qui aurait pu imaginer ce qui s’est passé au Venezuela et en Bolivie, avec l’arrivée de Chávez et Evo? Qui aurait pu imaginer que d’autres gouvernements latino-américains exigeraient des USA le respect de leur souveraineté ? Il y a des choses imprévisibles, comme la fin de l’Union soviétique.

 En Colombie, il y a une accumulation de faim, d’exclusion, d’injustice et de répression. Il vient un moment où les gens n’en peuvent plus. Nombre de processus qui sont encore dans l’œuf peuvent éclore à chaque instant. La pression dans la marmite est telle qu’elle peut exploser du jour au lendemain.

 En outre il ne faut pas considérer la Colombie comme une problématique isolée. Les pays voisins exercent une pression sur le gouvernement, parce qu’ils sont fatigués des retombées du conflit. Le Venezuela abrite quatre millions de déplacés colombiens, l’Equateur deux millions. Nous estimons à 13 à 15 millions le nombre de Colombiens vivant dans les pays voisins, soit un tiers de la population. Ces pays doivent assurer leur logement, leur nourriture, leurs soins de santé. Combien de temps encore ? S’y ajoutent les frais de protection des frontières. Tout cela parce que le gouvernement colombien s’obstine à ne pas négocier la fin d’un conflit dont il ne peut sortir vainqueur ! Nous avons demandé aux représentants de ces pays d’inviter le gouvernement colombien à conclure la paix pour que nos compatriotes puissent revenir.

 Nous sommes optimistes. Nous autres révolutionnaires devons être optimistes, même dans les pires situations. Et nous croyons que la paix se fera en Colombie, parce que nous l’avons méritée. L’autre perspective, c’est la guerre totale. C’est pourquoi je dis que c’est le moment, même si ce n’est pas facile. Ce processus de paix est très complexe, mais nous y croyons. Nous continuerons de nous battre pour la paix et pour cela nous n’allons pas rester les bras croisés.

 Oui, j’ai bon espoir, même si pour commencer à trouver des solutions à ce conflit, la grandeur et l’humilité font défaut au pouvoir et à l’oligarchie colombienne.

Notes de l'auteur

(1)    On appelle le « petit lac » un ensemble résidentiel à la Havane. Avec des maisons à 2 étages, séparées par des arbres et des jardins. Au centre, un petit lac. Depuis novembre 2012, c’est dans cet environnement que sont logées les délégations des FARC et du gouvernement colombien.
(2) D’après le magazine Forbes (éd 2012) Luis Carlos Sarmiento Angulo figure comme le premier multimillionnaire colombien et serait au 64ème rang mondial.      
(3) L’UP avait été créée en 1985 au terme de négociations entre le gouvernement de Belisario Betancur et les FARC ; c’était un parti légal. On a déchaîné contre elle une sale guerre que la justice colombienne qualifie de « génocide politique »

 
Source: http://hcalvospina.free.fr/spip.php?article456
Date de parution de l'article original: 30/07/2013
Traduit par  Michèle Mialane
 

Implications géopolitiques de l’incorporation de la Colombie à l’OTAN (Aporrea)

 
 

Petit résumé du contexte. Après les élections au Venezuela, le candidat d’extrême-droite évincé, Capriles a lancé ses hordes fascistes à l’attaque des acquis de la révolution bolivarienne (centre de santé, médias populaires, logements sociaux…) et appelé ses autres supporters a décharger leur hargne dans la rue, alors que les corporations d’entrepreneurs organisaient une pénurie des produit de base, en particulier du papier de toilette (comme dans le Chili d’Allende) et des sabotages provoquant des coupures de courant dans tout le pays. Des attaques cybernétiques ont également été menées. C’était le plan A qui consistait a provoquer un soulèvement populaire juste après les élections, ce qui aurait permis de faire appel à l’intervention humanitaire de Washington et ses alliés.

La déstabilisation du Venezuela a plusieurs enjeux, ses réserves de pétrole sont convoitées par les corporations, mais cet enjeu national n’est qu’une petite partie du programme qui est celui d’une recolonisation de l’ensemble de la région afin de mettre la main sur l’ensemble de ses ressources naturelles et de ses terres cultivables. Ce qu’a annoncé sans équivoque le secrétaire d’état Kerry dans une déclaration de guerre aux peuples souverains d’Amérique Latine, annonçant une approche vigoureuse de l’arrière-cour des E.U. Ce qui a entraîné de nombreux remous dans la région et l’accélération du processus de création de défense commune de l’Unasur.

Bref, depuis deux mois nous assistons à d’incessants mouvements d’action-réaction entre les menaces contre la souveraineté régionale venant de Washington et Miami, et les réponses des peuples et de leurs mandataires populaires. Ces mouvements consistent en préparatifs de guerre de la part de l’Empire et les réponses sont les créations de forces de dissuasions par les gouvernements démocratiques et des peuples menacés.

Les autres pays de la région étant déjà soumis depuis des durées plus ou moins longues à des guerres dites de basse intensité impulsées par Washington et ses alliés régionaux, dont la Colombie est la tête de pont en guerre depuis un demi-siècle. Malgré une avancée vers la paix réalisée par son actuel président Santos, la plupart des observateurs avertis guettaient le moment où il allait retourner sa veste et montrer son vrai visage et ses véritables ambitions, voilà qui est fait.

Santos se révèle à présent, avec le toujours actif Uribe, comme le principal traître et criminel régional, prêt à mettre la région à feu et à sang pour réaliser ses ambitions personnelles et complaire à ses maîtres. Rappelons qu’au cours de ces dernières semaines, plus d’un million de colombiens de toutes obédiences ont manifesté ensemble à Bogota en soutien au processus de paix entamés avec la guérilla, processus compromis par la déclaration de Santos et condamnés si la Colombie devenait allié extra de l’OTAN.

L’avancée dans l’épreuve de force vient d’opérer un bond en avant en intensité. Le Venezuela avait déjà été soumis à une telle épreuve, quand à la suite du coup d’état mené par le premier régime Obama au Honduras, celui-ci avait installé en Colombie, à la frontière du Venezuela, de nouvelles bases militaires obligeant le Venezuela à de grandes dépenses militaires pour assurer avec succès sa protection par la dissuasion, grâce aux incomparables qualités de stratège de Chavez.

Cette épreuve de force est aussi une heure de vérité, est-ce que les gouvernements progressistes tout à fait capables de conquérir des avancées sociales importantes en temps de paix vont être capables de défendre leurs acquis en empêchant le déclenchement d’une guerre qui risquerait d’annihiler tout espoir pour la planète, de trouver de nouvelles manières d’être habitée dans la paix et l’autodétermination des peuples.

C’est donc un moment très fort de l’histoire de l’humanité dont nous sommes témoins puisque sa survie est aussi un enjeu de cette guerre.

Implications géopolitiques de l’incorporation de la Colombie à l’OTAN

L’annonce faite par le président de Colombie Juan Manuel Santos disant que « au cours de ce mois de Juin il souscrira un accord de coopération avec l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) pour montrer sa volonté de s’y intégrer » a causé un choc prévisible dans Notre Amérique. Il l’a prononcée lors d’un acte de promotion de membres de l’armée réalisé à Bogota, occasion durant laquelle Santos signale que la Colombie a le droit de « penser en grand », et qu’il va chercher à être parmi les meilleurs « pas seulement de la région, mais du monde entier »

Il poursuivit ensuite en disant « Si nous obtenons cette paix –se référant aux conversations de paix qui sont en cours à Cuba, avec l’aval des amphitryons, Noruega et Venezuela – notre Armée est dans la meilleure position pour pouvoir se distinguer également au niveau international. Elle le fait déjà sur différents fronts », assure Santos. Et il pense le faire avec rien de moins qu’en s’associant à l’OTAN, une organisation sur laquelle pèsent d’innombrables crimes en tous genres perpétués en Europe même (souvenez-vous des bombardements en Yougoslavie), en Libye et actuellement sa collaboration avec les terroristes qui ont pris la Syrie d’assaut.
Les bombardements de l’OTAN sur la population civile en Libye.

Jacob David Blinder, essayiste et journaliste brésilien, fut un des premiers à s’alarmer face à cette décision du colombien. Jusqu’ici le seul pays d’Amérique Latine « allié extra OTAN » fut l’Argentine, qui obtint ce statut déshonorant durant les néfastes années de Menem, et plus spécifiquement en 1998, après avoir participé à la Première guerre du Golfe (1991-1992) et avoir accepté toutes les diktats imposés par Washington dans de nombreux domaines de la politique publique, comme, par exemple, le démantèlement du projet du missile Condor et la congélation du programme nucléaire qui depuis des décennies se développait en Argentine. De graves attentats qui provoquèrent une centaine de morts – à l’ambassade d’Israël et la AMIA – furent le solde de l’Argentine en représailles pour s’être jointe à l’organisation terroriste nord-atlantique.

Le statut “d’allié extra de l’OTAN” fut créé en 1989 par le Congrès des Etats-Unis – non par l’organisation – comme un mécanisme pour renforcer les liens militaires avec des pays situés hors de l’aire de l’Atlantique Nord pour qu’ils puissent être d’une aide quelconque dans les nombreuses guerres et processus de déstabilisation politique que les Etats-Unis mènent dans les recoins les plus éloignés de la planète. L’Australie, l’Egypte, Israël, le Japon et la Corée du Sud furent les premiers à s’y intégrer et peu après l’Argentine le fit, et à présent la Colombie espère l’obtenir.

Le sens de cette initiative du Congrès nord-américain saute aux yeux, il s’agit de légitimer et de renforcer ses incessantes aventures militaires – inévitables pendant les trente prochaines années, si nous lisons les documents du Pentagone au sujet de futurs scénarios internationaux – avec une aura de « consensus multilatéral » qu’elles n’ont pas en réalité. Cette incorporation des alliés extrarégionaux de l’OTAN qui a été promue sur les différents continents, reflète l’exigence imposée par la transformation de l’armée des E.U. dans sa transition d’une armée préparée pour livrer des guerres dans des territoires limités en une légion impériale qui, avec ses bases militaires de différents types (plus de mille sur toute la planète, ses forces régulières, ses unités à « déploiement rapide » et la croissante armées de "contractants" (vulgairement : mercenaires) veut être préparée pour intervenir en quelques heures pour défendre les intérêts étasuniens dans n’importe quel point chaud de la planète. Avec sa décision Santos se met au service d’un aussi funeste projet.

A la différence de l’Argentine (qui bien sûr devrait renoncer sans plus tarder à son statut dans une organisation criminelle comme l’OTAN), le cas colombien est très spécial, parce que depuis des décennies la Colombie reçoit, dans le cadre du Plan Colombie, un important appui économique et militaire des Etats-Unis – de loin le plus élevé des pays de la région seulement dépassé par les débours réalisés en faveur d’Israël, de l’Egypte, l’Irak et de la Corée du Sud ainsi que quelques autres alliés stratégiques de Washington.

Quand Santos déclara que sa vocation est de se projeter dans le « monde entier », ce que cela signifie, c’est sa disposition à se convertir en complice de Washington pour mobiliser ses forces fort bien armées au-delà du territoire colombien, et pour intervenir dans des pays que l’Empire s’efforce de déstabiliser, en premier lieu, le Venezuela. Il est peu probable que son annonce signifie qu’il est disposé à envoyer des troupes en Afghanistan ou sur d’autres théâtres de guerre. La prétention de la droite colombienne, au pouvoir depuis toujours, a été de se convertir, spécialement depuis la présidence du narco-politique Alvaro Uribe Velez, en « Israël d’Amérique Latine » s’érigeant, avec l’appui de l’OTAN, en gendarme régional de la zone, pour agresser ses voisins comme le Venezuela et l’Equateur et d’autres – Bolivie, Nicaragua, Cuba ? – qui ont la hardiesse de s’opposer aux desseins impériaux. Ceci et pas autre chose est ce que signifie cette déclaration.

Mais il y a quelque chose de plus, avec sa décision Santos, de manière irresponsable, remet en question la marche des conversations de paix avec les FARC à la Havane (dont un des avals est précisément le Venezuela) assénant un dur coup aux colombiens et colombiennes qui depuis des décennies espèrent mettre fin au conflit armé qui a causé tant d’indicibles souffrances à son peuple. Comment les guérilleros colombiens pourraient–ils faire confiance à un gouvernement qui ne cesse de proclamer sa vocation d’ingérence et militariste, maintenant potentialisée par sa prétendue alliance avec une organisation aux connotations aussi criminelles que l’OTAN.

D’un autre côté ; cette décision ne peut qu’affaiblir – de manière préméditée, bien sûr – les processus d’intégration et d’unification supranationales en cours en Amérique Latine et dans les Caraïbes. La thèse des « Chevaux de Troie » de l’Empire, que nous avons planté de manière répétitive dans nos écrits à ce sujet, devient d’une actualité renouvelée par la décision du mandataire colombien. Que fera alors l’Unasur et comment pourra réagir le Conseil de Défense Sud-Américain dont le mandat conféré par les chefs d’état de nos pays est de consolider notre région en tant que zone de paix, comme une aire libre de la présence des armes nucléaires ou de destruction massive, comme une contribution à la paix mondiale pour laquelle il est requis de construire une politique de défense commune et de renforcer la coopération régionale dans ce domaine.

Il est indiscutable que derrière cette décision du président colombien se rencontre la main de Washington, qui a progressivement converti l’OTAN en une organisation criminelle au champ d’action mondial, débordant du périmètre de l’Atlantique Nord qui était sa limite originelle. On reconnait également la main d’Obama qui a impulsé, peu après le lancement de l’Alliance du Pacifique (tentative de ressusciter l’ALCA sous un autre nom), la provocatrice réception de la part de Santos du leader putschiste vénézuélien Henrique Capriles.

De même, on peut percevoir maintenant, toutes les implications géopolitiques liées à cette initiative de tension de la corde des relations colombano-vénézuélienne, menaçant ses voisins et précipitant l’augmentation de leurs dépenses militaires, affaiblissant l’UNASUR et la CELAC, s’alignant avec la Grande–Bretagne dans le différend avec l’Argentine au sujet des Malouines, étant donné que c’est la posture officielle de l’OTAN. Et qui mentionne cette organisation ne peut que se rappeler que, comme disent les spécialistes du sujet, les nerfs et les muscles de l’OTAN, les E.U. les apportent et les autres pays sont réduits au rôle de pions du ponte impérial. En somme un nouveau tour de vis de la contre-offensive impérialiste dans Notre Amérique, qui pourra seulement être repoussée par la mobilisation massive des peuples et l’énergique réponse des gouvernements véritablement démocratiques de la région. Cela sera une épreuve du feu qu’ils devront surmonter dans les prochaines semaines.

Traduit de l’espagnol par Anne Wolff pour Investig’Action - michelcollon.info

Source : Aporrea



Edité par T 34 - 24 Aug 2013 à 20:48
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Aug 2013 à 18:46

Les paysans du Catatumbo et le gouvernement colombien concluent les premiers dialogues

Bogota, 17 août (RHC- Telesur)- Les Paysans du Catatumbo et le gouvernement colombien ont conclu les premiers trois jours de dialogues avec peu d'avancées, mais ils espèrent arriver la semaine prochaine à un accord sur le thème des cultures illicites.

César Jerez, leader agricole, a déclaré que les parties ont travaillé sur ce thème et il a annoncé que cinq points seront à nouveau abordés mardi prochain à la reprise des négociations.

Les paysans ont relevé que s'il n'y a aucune avancée , ils réaliseront une grève nationale agraire.

Licenciements dans les usines colombiennes du géant Michelin.
 
Les salariés en grève des usines Michelin de Cali et de Chusaca (Colombie), soutenus par la CGT, ont adressé une lettre à Jean-Dominique Sénard, président de la Manufacture française des pneumatiques Michelin, indiquant qu’ils n’ont, « à aucun moment, été avertis de la tragique décision de fermeture des usines (…) alors que la production était efficace ». Ils enjoignent la marque d’assumer « sa responsabilité sociale ».
 


Edité par T 34 - 20 Aug 2013 à 21:28
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Aug 2013 à 19:26

Les Colombiens marchent aujourd'hui pour appuyer la grève nationale

Colombia%20Protestas

Bogota, 20 août (RHC-PL)- Les Colombiens marchent aujourd'hui dans le cadre d'une autre journée de protestation nationale pour exiger du gouvernement du président Juan Manuel Santos la fin des politiques économiques appliquées dans le pays.

Les explosions sociales en Colombie se sont aiguisées, d'abord avec les cultivateurs de café et ensuite avec les paysans du Catatumbo, qui aujourd'hui reprennent à Cúcuta les dialogues avec l'équipe gouvernementale , dans une tentative d'obtenir les premiers accords après 54 jours de protestation.

Dans un récent communiqué, La Centrale Unitaire des Travailleurs , a déclaré que la grande majorité des Colombiens condamnent la situation dans laquelle le gouvernement a mis le pays avec l'imposition de ses politiques néfastes, anti- syndicales et anti- populaires et ont lancé une alerte sur le fait qu'il applique les recettes néo-libérales impérialistes.



Edité par T 34 - 22 Aug 2013 à 00:13
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Aug 2013 à 21:55

Les protestations massives contre les politiques néolibérales se poursuivent en Colombie

Bogota, 21août (RHC-PL)- Des milliers de Colombiens ont continué de rejoindre divers points de rassemblement dans tout le pays dans le cadre de la grève agricole et populaire pour un temps indéfini pour exiger que les politiques économiques néolibérales du gouvernement et les traités de Libre Commerce cessent.

Les mineurs, les camionneurs, les étudiants , les médecins, les enseignants et les organisations sociales se sont unis aux manifestations des ouvriers agricoles qui ont organisé une journée de marches dans une vingtaine de départements du pays.

La presse de Bogota rapporte qu'en deux jours de grève plus de 50 personnes ont été arrêtées, dont 6 journalistes des médias alternatifs.

Au milieu de ce panorama, les leaders des manifestations ont dénoncé le manque de garantie pour revendiquer , comme cela est arrivé avec les paysans du Catatumbo , qui continuent de dialoguer avec l'État.

Les organisateurs des manifestations citent les menaces de groupes paramilitaires contre des communautés telles que celle d'Antioquia parce qu'elles se joignent à la mobilisation, et la tentative de la police dans les départements de Meta et de Huila de donner une récompense équivalente à 5000 dollars pour identifier les dirigeants de la protestation.

Le gouvernement de la Colombie a déclaré qu'il n'acceptera pas une table de négociation nationale, sous prétexte qu'actuellement il a des espaces de dialogue sectoriel et régional avec les secteurs qui convoquent la grève.

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Aug 2013 à 20:45
Colombie : Jamais les dialogues de paix n'étaient allés si loin

Sergio Alejandro Gomez

LES conversations de paix, qui se déroulent à La Havane pour mettre fin à plus de 50 ans de conflit armé en Colombie, montrent des signes encourageants malgré les fortes pressions contre ce processus, exercées par les forces d’extrême droite de ce pays.

Au terme d’un nouveau cycle de négociations, les délégations participant aux conversations de paix des Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée du peuple (FARC-EP) et celles du gouvernement de Juan Manuel Santos ont annoncé qu’elles ont commencé à « élaborer des accords » concernant la participation à la vie politique des FARC-EP, deuxième point des six points adoptés dans l’Accord général pour la fin du conflit.

Cette nouvelle, qui s’ajoute à l’accord conclu sur la question complexe de la terre, constitue une nouvelle avancée dans l’histoire mouvementée de la recherche de la paix dans ce pays, qui débuta dans les années 80 durant le gouvernement de Belisario Betancur et se poursuivit ensuite sous le gouvernement de Cesar Gaviria (1990-1994) et Andrés Pastrana (1998-2002).

« Jamais nous n’étions allés si loin », a affirmé le chef de la délégation du gouvernement et ancien président Humberto de la Calle.

Les conversations de paix antérieures n’avaient abouti à aucun accord concret sur des questions aussi difficiles que le problème agraire. Quant à la participation politique des guérilleros, l’antécédent le plus important remonte aux Accords de la Uribe (du nom de la ville où ils furent signés), en 1984 avec Betancur, qui conduisirent à la fondation de l’Union patriotique (UP), un parti politique composé de guérilleros ayant abandonné la lutte armée.

Cependant, l’assassinat massif de ses militants, – des milliers, selon les estimations –, ne permit pas de faire fructifier ces accords.

AUX PORTES DE LA POLITIQUE

Depuis environ deux mois, les dialogues de La Havane sont centrés sur la question de la participation politique.

Selon plusieurs déclarations des FARC-EP, il ne s’agit pas seulement de s’intégrer à la structure politique traditionnelle, mais de réaliser les transformations nécessaires qui permettront de franchir ce pas.

Les FARC-EP ont rendu publique une série de « propositions minimales » sur cette question.

Parmi les points essentiels figurent les pleines garanties de sécurité pour l’exercice de l’opposition politique et sociale ; la mise en œuvre de changements institutionnels ; la participation au Conseil national électoral ; un engagement effectif de l’État pour l’éradication et l’interdiction des paramilitaires ; des mesures pour la réparation intégrale du génocide contre le parti de l’Union patriotique et autres forces d’opposition, ainsi que la démocratisation de la propriété sur les médias.

Quant à la délégation gouvernementale, elle a insisté sur le fait que l’État n’est pas en train de négocier et que « l’essentiel pour la fin du conflit n’est rien d’autre que la rupture du lien entre la politique et les armes ».

« Si les FARC-EP amorcent une transition vers le mouvement politique légal, comme nous l’espérons, elles ont besoin de garanties spéciales, comme cela s’est produit dans tous les processus de dialogue dans le monde », a déclaré le porte-parole de la délégation.

LES ENNEMIS DE LA PAIX

Aboutir à la paix est une volonté du peuple colombien, inscrite dans la Constitution depuis 1991. Cependant, nombreux sont les secteurs, disposant de forces influantes, qui s’opposent à la fin d’un conflit qui brassent des millions de dollars.

Ces dernières semaines, Juan Manuel Santos a accusé l’entourage de l’ancien président Alvaro Uribe (2002-2010) d’alimenter une campagne de dénigrement des dialogues de paix et envenimer les relations avec le Venezuela, un des pays qui accompagnent les dialogues de paix.

« Certains préfèrent que se prolongent des années de conflit, de douleur et de mort à une possibilité de paix », a déclaré Santos, sans mentionner de noms, lors d’une intervention, le 7 août dernier, à l’occasion des commémorations de la bataille de Bocaya.

La stratégie des secteurs d’extrême droite se produit juste au moment où le gouvernement de Santos entre dans sa dernière année et vise à compromettre sa réélection. Le président n’a encore fait aucune annonce officielle sur ses intentions, mais il a donné des signes qu’il serait intéressé par l’idée de « réélire ses politiques ».

« Les vociférations de l’opposition ne nous effraient pas. Ses « fausses sorties » ne nous font pas peur. Nous n’allons pas abandonner une voie que le peuple soutient et dont le pays a besoin », a déclaré le président Santos.

Les FARC reconnaissent une part de responsabilité dans le conflit armé de la Colombie

La Havane, 22 août (RHC-PL)- Les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie – Armée du Peuple, ont reconnu avoir une part de responsabilité dans le conflit armé dans le pays centraméricain, un mois après que le président, Juan Manuel Santos, ait admis celle de l'État.

Dans un communiqué diffusé à La Havane, les FARC ont proposé le versement d'indemnités aux victimes des délits commis durant un demi siècle de conflit, comme étant un moyen de parvenir à la paix et à la réconciliation définitive.

Elles ont proposé de créer une commission d'experts formés de Colombiens et d'étrangers pour établir, connaître ou vérifier la véracité de ce qui a eu lieu durant tant d'années de lutte sociale armée.

Les déclarations ont été faites lors du treizième cycle des conversations qui se déroulent à La Havane entre les FARC-AP et les membres du gouvernement colombien.

Plus de 85 personnes sont arrêtées, lors de la grève agraire et populaire en Colombie

Bogota, 22 août (RHC-PL)- Plus de 80 personnes ont été arrêtées par la force publique lors de la grève nationale agraire et populaire qui est menée à bien en Colombie. 20 routes sont bloquées dans dix départements du pays.

Les manifestants ont dénoncé les constantes répressions de l'Escadron Mobile Anti- émeutes et le manque de garantie pour exercer son droit à protester.

Des analystes internationaux ont déclaré que la stabilité de la table des négociations entre le gouvernement colombien et les paysans du Catatumbo est mise en danger par l'inaccomplissement d'un ordre gouvernemental d'arrêter l'arrachage forcé des cultures illicites.




Edité par T 34 - 24 Aug 2013 à 01:05
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Aug 2013 à 23:48

Posté par Emilio sur le grand soir

 
 

Hola a tod@s , et merci a LGS, d avoir en partie et indirectement repondu a mon appel d informer sur ce qui se passe en Colombie. Le processus de paix de la Havane depend et dependra de l evolution du vaste ENORME conflit social actuel qui secoue comme jamais la Colombie ( et de plus en plus evident et structure depuis 2008 ). Et les consequences affecteront les pays voisins , surtout le Venezuela chaviste.

Ces declarations des chefs de la guerrilla sont plus dans la verite que les nombreux articles de LGS sur la guerrilla et fait par la guerrilla pour l international. Et qui etait plus dans un ton de propagande , mais irrecevables (pour l angelisme de la guerrilla )quand on vit dans le pays. Je ne suis pas intervenu alors ). disons que les credibles pour l exterieur ont des visees differentes que les credibles pour l interieur du pays. La je parle pour les violences dues aux guerrillas. C est un fait nouveau que la Farc reconnaisse ses implications dans les violences du conflit interne colombien. Et surement un pas decisif vers la paix . Loin d etre le seul , parce que OUI, le social est au coeur du conflit et sans plus de justice sociale , ce sera la guerre .Et debordera largement les 8000 combattants actuels estimes et officiel de la Farc uniquement .
Il y a 200 000 paysans (beaucoup plus en realite mais bref..) qui s affrontent chaque jour a la police et de nombreux barrages routiers formellement interdit , le pays est de plus en plus paralyse depuis 5 jours de greve nationale , le 10 septembre ce sont les enseignants qui se joindront au paro national.( et probablement les secteurs de la santé d après mes infos)

Determination des grevistes sous les menaces et repressions et determination du gouvernement Santos de ne pas dialoguer si les barrages ne sont pas leves. Impasse. En outre Santos , l oligarque sang bleu a proclame que les caisses de l etat sont vides et qu il ne lachera rien. Vrai aussi que tout le monde ici considere que c est un incompetent, y compris l eminence grise Uribe .

Les chiffres officiels sont
70% des violences (homicides deplacements forces etc..) sont dues aux paramilitaires
20% dues aux guerrillas, Farc et Eln
10% dues aux forces policieres et armee nationale .( en fait ,les paramilitaires officiels et dans le rang )

Hernando CALVO OSPINA n est pas un journaliste larbin , c est en outre un grand connaisseur de la Colombie et de son conflit et il pose les bonnes questions. Bref du grand LGS d infos vraies , d analyses sur le fond ,pas juste des anecdotes sans interets de perroquets de Cnn et courroies de transmission genre Le monde Liberation etc.. bref des journaleux payes par des groupes de presse a la solde de . (et c est pour ça que j aime bien votre site et que j y interviens (depuis peu) a mon niveau , et vivant en Colombie depuis 7 ans ,seul etranger dans mon coin et Uribe est , en outre, un proche voisin , ce qui me permet de mesurer la temperature… )
D ailleurs Viktor , tu as remarque que les trolls qui soi disant vivent ou ont vecus en Colombie et opinionnaient dans le passe ont subitement disparus ¿ Je les attend au cas ou .. et j ai des arguments .

Je risque de faire encore des paves en commentaires , desolé , c est par soucis d etre le plus proche de la realite et d eviter des equivoques . J espere que mes commentaires aideront a y voir aussi plus clair. Je ne fais pas des ronds dans l eau , ce qui se passe en Colombie est tres grave et affectera forcement les pays voisins suivant l evolution . La guerre du Cauca au sud expulsent des centaines de milliers de paysans chaque annee vers l Equateur , qui fuient la repression d etat et la guerre dure dans ce coin. Consideres en paria par Correa , sans droits ,vivants dans des conditions tres difficiles, sans papiers , mais mieux que la guerre c est sur… Correa n est pas Maduro , c est certain aussi .

Ce que disent ces commandants est vrai , la lutte des guerrillas est rurale principalement. Et aussi dans les villes via les universites. Elle n existent que tres peu dans les villes, tres clandestinement parce qu eradiquee par les paramilitaires d Uribe vias les convivir dans les quartiers populaires. Je vais faire un autre commentaire pour developper les themes abordes par ces 3 commandants sur le paramiltarisme actuel , l uribisme actuel et les mouvements sociaux actuels et les options qu ont les uns et les autres pour sortir de cette crise , la plus grave de Colombie je le repete. L ambassade de France a Bogota a lance une mise en garde pour les ressortissants français vivant en Colombie , hier par courrier personnalise.

Enfin si LGS est d accord , je ne veux pas monopolise l espace des commentaires non plus. Et ce n est qu une vision perso , sans parti pris , mais ancree dans le reel , campagnes et villes.


En attendant le oui encore, ou arrete de nous gaver de LGS a mes futurs commentaires..
http://youtu.be/qQck0tl_mJk
Des videos de destructions et vols de biens dans les fincas (fermes) de campesinos par la police nationale..
les vetements sont brules , congelateur vide,(le vol de nourriture est systematique de par la police ) destruction total des interieurs et finalement feu a la finca . Moins d une dizaine de cas repertories , surtout dans des zones de forte mobilisation et de guerre souvent. Regardez bien les coups donnes par la police sur un campesino , ce n est pas une manifestation la .. et aussi le fusil qui se pointe a un moment sur celui qui filme

Des jeunes a qui la police vole argent et telephone cellulaire aussi .
Et des intimidations innombrables cette fois , coups bien sur et armes braquees sur les manifestants par la police ou l armee nationale. Des grenades transformees en y mettant des clous et autres joyeusetes ( d ou les centaines de blesses en nombre et parfois par balles)
Des vehicules blindes en masse et des avions militaires et helicopteres pour l intimidation .(l investissement militaire etait donc destine a brimer le peuple colombien ? , no me digas )

Environ 150 arrestations depuis 5 jours , quelques morts, et 30 manifestants qui seront juges pour terrorismo et donc plus de 20 ans de prisons.

Santos vient de denoncer les abus pour calmer le jeu et demande a la population de denoncer les abus de la police (trop drole)
http://www.elcolombiano.com/BancoConocimiento/P/presidente_santos_pide...
(notez l encart publicitaire avec la photo d Uribe sur la droite sic et lol)
Les plaques d immatriculation et numero des policiers sont souvent enleves pour identification possible. Et des tonnes de gazs lacrymogenes sur les barrages et dans les habitations , de nombreux enfants asphyxies suffocants et qui doivent etre soignes sur place , il est impossible de sortir des corridors , la police et l armee nationale encercle les villages et pillent souvent a l occasion

Aujourd hui , c est la voie principale (autopista) Medellin Bogota qui est bloquee par des camions de pierre qui y ont deverse leur chargement . Les patrouilles de la police ont du faire demi tour sous menace des manifestants de bruler les vehicules. L ESMAD la brigade anti emeute va suivre .. et les barrages vont se deplacer ailleurs . Chaque barrage est tenu par des milliers de campesinos de quelques centaines a 2000, voire 15 000 parfois.

Copie de la lettre envoyee aux ressortissants français hier
Mesdames, Messieurs,

Dans le contexte du mouvement social actuellement en cours dans plusieurs départements en Colombie, vous voudrez bien trouver ci-après un point de situation sur les barrages routiers mis en place par les grêvistes.

En raison de leur caractère parfois violent, il est vivement déconseillé de chercher à franchir ou contourner ces barrages.

POINT DE SITUATION au 23/08
Suivent quelques barrages , beaucoup moins de ce que je connais , mais bon la plupart des français de Colombie vivent a Bogota .. et puis vu du bunker de l ambassade c est tres difficile de savoir . Plus facile pour moi , certain


Autre video pour ceux qui doutent encore
http://youtu.be/9XrG1tZ3_Pc
la police n attaquent pas seulement sur les barrages mais attaque les habitations .. On assiste a un TERRORISME D ETAT .
Comme tout le monde possede un telephone portable , les videos sont envoyes par you tube . Les medias dominants ne PEUVENT plus occulter la violence disproportionnee d etat . Tous les colombiens commencent a savoir et la c est NOUVEAU . Parce que la propagande totale ,toujours centree sur la guerrilla Farc, ne tient plus.

(notez dans cette video la femme qui reagit apres le bris de vitre de sa casa .. “appelez la police” .. ben justement elle est la ,la police et c est elle qui fait ce que faisait hier les paramilitaires. (au debut .. apres c est la decoupe a la tronçonneuse de tous enfants femmes hommes animaux et des exactions qu ils vous est probablement impossible d imaginer dans l horreur ..)

On est passe a un autre degre en Colombie . Inutile d ajouter que le terrorisme de la police aux ordres (¿) de Santos fait peur .. quelques campesinos ont sortis des fusils pour se defendre . La police et l armee n attendent qu un mot pour tirer, ce mot ne viendra pas de Santos mais de Uribe Banzai .. et tactiquement politiquement parlant , il ne pourra pas attendre le referendum populaire national sur la paix.. ce qui le mettrait en minorite . Donc le destin de la Colombie se jouera avant cette date .

Que va faire la Farc si la police armee paramilitaire officielle tire sur les campesinos ¿

c est ce que souhaite Uribe , parce que les 13 000 paramilitaires dont parle un des commandants de la Farc dans l article , ils sont la , dans la police et dans l armee nationale(ce qui coute moins cher quand c est l Etat qui paie, certes )

85% des bandes des villes sont d anciens paramilitaires .. mais eux sont plus ou moins controlables . Parfois si “on” les paie oui , comme dans le cas de l assassinnat du militant syndicaliste de Nestle ,assassine en 2005, par les Rastraños
Uribe nous a dit que les AUC (autodefenses unies de Colombia) groupes paramilitaires fabriques et diriges par Uribe , n existent plus . FAUX ils sont bizarrement reapparus a Tumeco dans le sud du pays .
Le plan B de Uribe semble en reactivation et ça va saigner .. Uribe et ses supporters voient les manifestants , comme des campesinos ignorants (les gueux pour la noblesse d avant la revolution française) et SURTOUT manipules par la Farc (toujours la meme ritournelle qui denie les consequences sociales du TLC .. TLC que lui Uribe a voulu la signature pendant 12 ans ) Les forces de Uribe sont d Etat , sur armees , et controlees non pas par Santos mais par Uribe lui meme. Uribe en a ras le bol de l incompetent ex ministre de defense , il ne veut ABSOLUMENT pas laisser ce pays dans les mains des communistes . Et nul doute qu il agira contre.

Que fera Washington est une autre question ¿

Il semble que le plan neo liberal montre son vrai visage en Colombie , c est clairement un visage FASCISTE et GENOCIDAIRE .
15 millions de paysans sont pressiones economiquement par le TLC(signe il y a 2 ans ) , la FAIM s installent de plus en plus , IMPOSSIBLE pour tous ces gens de survivrent a cet impact economique de Washington .

Alors Obama , prix Nobel de la paix , que vas tu faire dans ton arriere court d Amerique Latine¿ jouer ta carte Uribe ¿
Un bon moyen pour que l Onu fasse intervenir l Armee US en Colombie , le pire des scenarios et la pire supposition pour toute l amerique latine progressiste ..et ce sera pour retablir l Ordre , version Washington on sait tous ce que cela signifie ..

http://youtu.be/N1bzNrD4l08
http://youtu.be/vk1ON8oP78Y
http://youtu.be/DPFUbNkrBpc
et c est dans TOUTE la Colombie

Santos ¿
ces greves ont ete annoncees depuis des mois .. il n a rien fait et a prefere l affrontement direct.. en jouant sur le pourrissement et ensuite ( a venir) sur les negociations secteurs par secteurs. Il a perdu cette partie , traite d incompetent par tous et aussi de traitre par les uribistes pour sa negociation de paix. Le probleme est qu il ne PEUT pas renegocier le TLC , source tres tres agravante du probleme social. Tout ce qu il peut faire c est offrir des aides ponctuelles (comme le font USA et Europe pour exporter leurs produits agricoles vers les pays domines) Mais ce sont TOUS les secteurs agricoles qui sont touches , et pas seulement mais aussi les routiers par le prix exorbitant et totalement injustifie de l essence en Colombie . Les peages innombrables et devenu insupportables par leur prix pour les transports
Mais aussi le probleme de la sante , ces lois de privatisation , l education idem etc..
Bref un feu social total dans ce pays

PS. Santos a aussi fait voter une loi sur l impunite de la police en cas de meurtres viols tortures vols etc.. et la il recevra les effets de sa loi .. Uribe reste dans l ombre comme l aigle regarde sa proie au sol .. attendant le jour J du sauveur qui seul pourra sauver le pays du chaos … une autre question : a quel prix ¿
et le TLC continuera de saigner des dizaines de millions de colombiens ,au seul profit des grands proprietaires terriens et industriels nationaux et SURTOUT des multinationales en majorite US (l Europe des multinationales ne vaut pas mieux )

Santos comme Uribe ont ete formes a Harvard USA
Santos est un oligarque de cette oligarchie financiere banquiere industrielle de Bogota , un aristocrate sang bleu , completement coupe des realites sociales de ce pays
Uribe est un oligarque terrien , qui souhaite gere ce pays comme une hacienda et comme l ont toujours fait ces oligarques et ancetres , depuis les conquistadores . Son appui politique et electoral etait aussi rural a cause des exactions des guerrillas, il a perdu cet appui parce que son nom est associe maintenant au TLC , Uribe l a voulu et Santos l a signe . Que reste t il a Uribe comme option pour ne pas perdre SES privileges feodaux ¿



Edité par T 34 - 26 Aug 2013 à 02:13
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Aug 2013 à 20:35

Les FARC-EP réitèrent leur proposition de créer un groupe de pays amis du processus de paix

 
Commandant Andrés Paris, FARC-EP

“L’Europe doit retirer les FARC-EP de la liste des organisations terroristes et arrêter de vendre des armes au régime colombien” - Commandant Andrés Paris .

Lors d’une interview exclusive pour les pays européens, le chef de presse de la délégation de Paix des FARC-EP à la Havane, le commandant Andrés Paris, a expliqué de manière synthétique où en sont les dialogues de paix avec le gouvernement colombien et quelques thèmes intéressants pour lesquels l’UE pourrait avoir une incidence à l’avenir. Nous reproduisons textuellement l’interview :

Eliecer Jiménez Julio/José Antonio Gutiérrez : Pour un européen qui n’est que moyennement intéressé par les questions liées au conflit et aux dialogues de paix dans notre pays, pourriez-vous résumer comment s’est déroulé jusqu’à présent le processus et de combien a-t-on déjà avancé vers un accord de paix en Colombie ?

Andrés Paris/FARC-EP “Si nous comparons avec les expériences antérieures, les négociations progressent à un bon rythme. Nous avons fini le premier sujet – le thème agraire – bien que nous ayons laissé quelques points stratégiques en suspens et nous négocions pour le moment le deuxième sujet qui traite de la participation politique. Nous l’abordons avec en ligne de mire la réforme politique structurelle qui vise à donner plus de démocratie et des garanties, à commencer par la garantie de rester en vie. Il y a une pression médiatique qui est menée par les stratèges du gouvernement pour punir la guérilla avec le lasso du temps. Mais ce qui se cache plutôt, ce sont des intérêts électoraux des forces politiques de l’Etat, du régime. La plus grande difficulté pour obtenir un accord ne réside pas dans la vitesse avec laquelle on mène le processus de paix, elle est dans le fait de croire qu’on peut obtenir la paix sans rien changer dans le pays et prétendre qu’une guérilla révolutionnaire se rende face à un supposé fétiche constitutionnel. Il doit y avoir des réformes de fond dans les domaines économiques, politiques et sociaux ». 

Etes-vous satisfaits de l’appui que l’Union Européenne a donné aux dialogues et comment se sont traduits ces appuis ou, au contraire, croyez-vous que l’UE est tiède et que de plus amples mesures sont nécessaires de sa part ? Si c’est le cas, que doit-elle faire concrètement ?

Andrés Paris/FARC-EP. “L’Europe et plusieurs pays qui en font partie ont appuyé le processus de paix et cela est positif. Il s’agit maintenant de retirer les FARC-EP de la liste des organisations terroristes et d’arrêter de vendre des armes au régime colombien”. 

S’il fallait renforcer la médiation et rechercher des appuis d’autres gouvernements européens pour consolider les dialogues actuels, avez-vous pensé à la nécessité de solliciter la participation d’autres pays comme la Suisse, l’Irlande ou même la Suède ou n’importe quel autre pays ?
 
Andrés Paris/FARC-EP “L’accord est ouvert pour qu’à l’avenir d’autres pays puissent s’y intégrer. Nous avons proposé de créer un groupe de pays amis du processus”.

Le gouvernement irlandais a répété qu’il est prêt à collaborer, à partager son expérience sur la manière avec laquelle il a pu obtenir l’accord qui a permis de mettre un terme à la guerre qu’ils ont vécu. A quel point cette proposition vous intéresse-t-elle et jusqu’à quel point l’expérience irlandaise est-elle valable pour que vous puissiez utiliser ses aspects positifs ?

Andrés Paris/FARC-EP. “Nous avons parlé avec des délégations d’Irlande qui rassemblaient des membres des deux parties qui ont signé les accords. Et nous avons demandé qu’elles parlent avec le gouvernement national [colombien] pour qu’il comprenne que signer la paix implique de réaliser des changements et des réformes. C’est ce qui est normal dans tout processus de paix. Le gouvernement de Colombie veut une paix gratuite, une paix express.

La Colombie et ses dirigeants sont encore coincés au XIXe siècle en matière de réformes agraires alors qu’en Irlande ces réformes ont été réalisées il y a 200 ans. C’est ça la différence entre les deux processus : celui qui s’est terminé avec succès en Irlande et celui de la Colombie qui, on l’espère, pourra ouvrir les portes du XXe siècle à notre pays. Car le syntoniser (*) avec le XXIe siècle est la tâche qui nous incombe, à nous révolutionnaires, dans un nouveau gouvernement qui surgirait d’une alliance de la gauche lors du prochain débat électoral.

Par Eliecer Jiménez Julio (Suisse) et José Antonio Gutiérrez (Ireland) exclusive pour legrandsoir.info - France

(*) syntoniser : ici, mettre une personne en état de totale harmonie avec ses sentiments

Une manifestation est réalisée contre les déclarations du président au sujet de la grève nationale

Bogota, 26 août (RHC-Telesur)- Plus de 50 000 personnes ont participé dans la ville colombienne de Tunja, dans le département de Boyocá, à une manifestation en tapant des casseroles contre les déclarations du président Juan Manuel Santos, qui a critiqué la grève nationale qui aujourd'hui en est à son huitième jour.

Les manifestants, provenant de 15 localités du département de Boyacá, ont donné des coups durs sur des poêles pour soutenir les paysans et les syndicats qui font grève.

Les participants à la protestation, ont déclaré qu'il est nécessaire de créer une politique agraire qui inclut les producteurs de pomme de terre, de lait, de fruits et des cultivateurs de région froide et ont exigé la fin de la violence de la force de répression contre ceux qui soutiennent les manifestations.

 





Edité par T 34 - 28 Aug 2013 à 02:42
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Aug 2013 à 21:06

Des porte paroles de la grève demandent au président de la Colombie une concertation nationale

Bogota, 28 août (RHC-PL)-Les porte paroles de la Grève Nationale en Colombie ont demandé au président de ce pays, Juan Manuel Santos, d'installer de façon urgente une table nationale qui permette d'arriver à des accords avec les communautés et d'arrêter les protestations qui affectent 16 départements de cette nation sud-américaine.

Dans un communiqué les paysans ont réitéré que le gouvernement colombien a refusé d'établir un dialogue direct avec les communautés rurales et de ce fait elles ont reconduit la grève pour un temps indéfini.

Des milliers de personnes occupent en permanence des routes qui partent de Huila, Caquetá, Cauca, Putumayo et Tolima, pour protester contre les politiques économiques néolibérales appliquées dans la nation sud-américaine.

L'assassinat d'un paysan colombien lors des protestations est dénoncé

Bogota, 27 août (RHC- PL)- Le mouvement politique et social, Marche Patriotique a déclaré qu'un paysan colombien a été assassiné par la force publique dans le département de Cundinamarca, au milieu de la grève nationale agraire et populaire.

Le jeune Juan Camilo Acosta est devenu la seconde victime de la répression de l'Escadron Mobile Anti- émeutes depuis le début des protestations des agriculteurs qui en est à son 9 jour.

Le président de la Colombie, Juan Manuel Santos, a annoncé que les excès de la force publique seront sanctionnés , après avoir signalé qu'une enquête est ouverte sur plusieurs faits de ce type dénoncés par la citoyenneté.

 

Campesinos%20denuncian%20violencia%20y%20represión%20de%20la%20fuerza%20pública


Une autre grande journée de mobilisation est convoquée en Colombie

Bogota, 27 août (RHC-PL)- Le secrétaire général de la Centrale Unitaire des Travailleurs de Colombie, Tarcisio Rivera, a annoncé une réunion en plénière avec plusieurs organisations sociales pour planifier une autre grande mobilisation nationale jeudi prochain.

Il a avancé que les manifestants s'uniront pour exiger, au président Juan Manuel Santos, la modification de son intransigeance et la recherche de solutions aux demandes des travailleurs.

Au milieu de la grève agraire et populaire dans plusieurs régions du pays, divers secteurs sociaux continuent de s'unir aux protestations pour réclamer, au gouvernement, la fin des politiques néo-libérales.

Les dialogues de paix entre les FARC-AP et le gouvernement colombien reprennent

La Havane, 27 août (RHC-AIN)- Les représentants des FARC-AP, Forces Armées Révolutionnaires de Colombie-Armée du Peuple, et le gouvernement de ce pays ont repris, à La Havane, la capitale cubaine, les contacts pour chercher une issue politique au conflit social et armé dans la nation sud-américaine.

Les conversations ont été interrompues vendredi dernier après que le président colombien, Juan Manuel Santos, ait impulsé la réalisation d'un référendum sur les accords, laquelle a motivé la décision des FARC de faire une pause pour étudier la nouvelle situation.

Dans un communiqué lu par Ivan Marquez, chef de la délégation du groupe guérilléro, la délégation a considéré qu'avec cette initiative, l'exécutif prend des attributions qui violent ce qui a été décidé dans la capitale cubaine il y a un an.

Ivan Márquez a déclaré qu'ils ne se soumettront pas aux cadres juridiques dessinés unilatéralement et il a réitéré la proposition d'une Assemblée Nationale Constituante comme voie pour légitimer un possible pacte qui garantisse une paix stable et durable en Colombie.

Le président de la Colombie déclare que la paix est maintenant ou jamais

Bogota, 28 août (RHC-PL)- Le président de la Colombie, Juan Manuel Santos, a déclaré que la paix dans ce pays sud-américain est maintenant ou jamais, et que les conditions sont données pour obtenir un possible accord avec les FARC-AP, Forces Armées Révolutionnaires de Colombie- Armée du Peuple.

En faisant référence aux dialogues de paix qui se tiennent à Cuba depuis novembre 2012, il a souligné qu'il espère que la bonne volonté soit maintenue des deux côtés et il a réitéré que l'on pourrait parvenir à des accords définitifs avant le fin de cette année.

Les FARC-AP et le gouvernement débattent de la participation politique qui est le second des cinq points de l'agenda.



Edité par T 34 - 29 Aug 2013 à 00:18
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Aug 2013 à 21:13

 

Fundación Comité de Solidaridad con los Presos Políticos (FSPP)
 

Mission de vérification de la situation des droits humains à Boyacá - Communiqué n° 1

Le 24 août 2013, est partie de Bogota une mission humanitaire, composée d’organisations de défense des droits humains et de journalistes indépendants, chargés d’effectuer une vérification de la situation des droits humains dans le Département de Boyacá, au moment où se déroule la grève nationale agraire et surgissent des dénonciations pour graves violations des droits humains supposées avoir été commisespar des membres des forces publiques de sécurité.

 
Au cours de son passage dans les cinq premières communes, la Mission a reçu un grand nombre de dénonciations, de rapports et de preuves qui font état d’excès dans l’usage de la force par l’Escadron Mobile Antiémeutes –ESMAD- de la police, par des agents des organes de renseignement et des membres de la Police Nationale. La Mission a pu constater l’existence de violations systématiques, généralisées et sans discrimination des droits humains des habitants de Boyacá et des participants à la grève agraire. A cela, il faut ajouter l’implication directe d’agents de ces corps de sécurité dans des actes de vandalisme.


 
Conformément aux informations reçues, vérifiées par cette Mission, nous dénonçons le fait que les habitants des communes visitées sont les victimes de l'instauration d’un Etat d’Exception non déclaré, à l’heure actuelle les garanties et droits de ceux qui s’y trouvent ne sont pas assurés, on enregistre de nombreuses dénonciations et des appels urgents que nous recevons  à l'heure où nous rédigeons ce communiqué (9h30) qui en rend compte. Il en est de même pour les réunions tenues avec des autorités civiles, des organes de contrôle, des organisations sociales et des habitants en général, nous avons appris que des réunions entre le haut commandement de la police et les autorités municipales se sont tenues, au cours desquelles, ils ont été informés des dénonciations que ces dernières ont reçues, sans que la Police donne des réponses aux requêtes administratives, se bornant à annoncer qu’ils répondent en ce moment aux ordres émanant du niveau central.
 
Sur la base de l’information fournie par la Commission, nous constatons que la Force Publique a perpétré de nombreuses attaques à l’encontre des différents droits fondamentaux comme la dignité humaine, la vie, l’intégrité personnelle et en général les libertés civiles et politiques de la population.
En préliminaire, nous nous permettons de souligner les faits suivants enregistrés par la Commission et qui feront l’objet d’un rapport complet qui sera rendu public à la fin de la visite de vérification :
 
  1. Tirs indiscriminés avec arme à feu à usage privé des forces de polices contre la population, provoquant diverses blessures, principalement dans les secteurs de Germania, Altos de Moral et Puente Boyacá.
  2. Blessures à l’arme blanche et objets contondants, faits dans lesquels sont impliqués des agents de l’ESMAD.
  3. Abus sexuels contre des jeunes (femmes et hommes) par des agents de police, en plus de menaces réitérées d’agression sexuelle contre des femmes, épouses et filles des paysans de la part de ces fonctionnaires.
  4. Actes de torture et autres mauvais traitements dont l’usage arbitraire de gaz lacrymogènes dans des endroits fermés, y compris des foyers pour enfants occupés par des enfants entre 3 et 6 ans, de même que l’usage de ces gaz lacrymogènes lancés et appliqués directement sur les corps des habitants.
  5. Attaques contre des jeunes et des mineurs sans défense, effectuées en dehors des manifestations et dans des endroits isolés.
  6. Lancement indiscriminé de gaz lacrymogènes à partir d’hélicoptères, sur des lieux de concentration de paysans.
  7. Entrée arbitraire dans les lieux d’habitation et destruction des biens des paysans.
  8. Identification, signalement, persécution et menaces contre des leaders (hommes/femmes) de la grève agraire à Boyacá.
  9. Arrestations massives et arbitraires de manifestants et autres habitants dans tout le département.
  10. Pillage, vol d’argent et autres délits communs effectués par la Force Publique, avec l’appui de membres de la SIJIN (police judiciaire), y compris dans la capitale du Département.
  11. Occupation de biens protégés par le DIH, comme l’Institution Educative Panaméricaine, l’Ecole Nouvelle Siège Bolivarien et l’Ecole Ploblanco, situées à Puente Boyacá, apparemment avec l’autorisation du recteur en personne.
  12. Utilisation d’ambulances pour le transport de membres de l’ESMAD, constituant également une violation du DIH, l’usage illégal de logos humanitaires et une grave attaque contre la mission médicale.

http://www.eltiempo.com/colombia/boyaca/IMAGEN/IMAGEN-13003476-2.jpg

Face à cette situation, nous, organisations, membres de la Commission de Vérification des Droits Humains

DÉNONÇONS

Face au manque de  volontés de concertation et de dialogue pour écouter les paysans, ajouté aux directives de répression violente des manifestations, le risque grave d’attenter à la vie et à l’intégrité personnelle des communautés.

EXIGEONS D’URGENCE

L’accompagnement et la vérification du Bureau de la Haute Commissaire des Nations Unies pour les Droits Humains, ainsi que sa médiation pour ouvrir des espaces efficaces d’échange et de dialogue.
De même, nous lançons un appel à la communauté internationale pour l’accompagnement et la vérification des faits dénoncés ici et pour demander à l’État colombien l’arrêt de toute forme d’agression contre des manifestants et des habitants du département de Boyaca.

EXIGEONS

Des autorités judiciaires et des organismes de surveillance et de contrôle  qu’ils entreprennent immédiatement des investigations pénales et disciplinaires sur ces faits de violation des droits humains.

LANÇONS UN APPEL URGENT

Aux mass-médias pour qu’ils rendent visible la situation grave occasionnée par la répression indiscriminée contre la population civile du département de Boyacá et qu’ils divulguent  SANS CENSURE ce qui se passe dans la région, en prenant en compte leur responsabilité sociale dans le droit à l’information de toutes les citoyennes et citoyens.
 

La Mission de Vérification des Droits Humains se compose des organisations suivantes:

Fondation Comité de Solidarité avec les Prisonniers Politiques (Fundación Comité de Solidaridad con los Presos Políticos), Observatoire des droits Humains et Violence Politique de Boyacá et Casanare  (Observatorio de Derechos Humanos y Violencia Política de Boyacá y Casanare, Centro de Atención Psicosocial, Corporación Claretiana Norman Pérez Bello, Comité Permanente por la Defensa de Derechos Humanos, Movimiento Nacional de Víctimas de Crímenes de Estado, Corporación Social para la Asesoría y Capacitación Comunitaria, Colectivo de Abogados José Albear Restrepo, Comisión de Derechos Humanos del Congreso de los Pueblos, Equipo Nizkor, Journalistes indépendants, avec l'accompagnement des Brigades Internationales de Paix et le soutien de la Mesa de Derechos Humanos de Tunja.

 
Source: http://www.comitedesolidaridad.com/index.php/noticias-2/632-mision-de-verfificacion-de-situacion-de-ddhh-en-boyaca
Date de parution de l'article original: 25/08/2013
Traduit par  Pascale Cognet
 



Edité par T 34 - 30 Aug 2013 à 17:37
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Aug 2013 à 19:46

La guérilla colombienne propose au gouvernement un cessez le feu bilatéral

La Havane, 29 août (RHC-AIN)- Le chef de la délégation des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie-Armée du Peuple aux dialogues de Paix à La Havane, Iván Márquez, a proposé au gouvernement de Juan Manuel Santos un cessez-le-feu bilatéral lors des élections en 2014.

Il a déclaré qu'une trêve protègerait le processus en vue des élections présidentielles de la confrontation et les intérêts des partis de ceux qui participent aux suffrages.

Le dirigeant des FARC-AP, a déclaré aussi que l'accord devra être supervisé par des organismes internationaux latino-américains et constituera un point de départ pour trouver une solution pacifique au conflit armé.

Les paysans colombiens et le gouvernement accordent un plan en faveur de familles

Bogota, 29 août (RHC-PL)- Le gouvernement et les paysans colombiens du Catatumbo, se sont mis d'accord sur un plan en faveur d' environ 400 familles affectées par l'arrachage de cultures illicites, après trois semaines de dialogues.

L'accord comprendra une allocation, l'emploi de transition, la sécurité nutritionnelle et l'application d'un projet de production.

Les paysans bénéficieront de l'emploi de transition penant 6 mois avec un salaire minimum légal en vigueur et une assistance alimentaire de quatre marchés.

Source


Colombie: l'armée se déploie face au mécontentement des paysans
 
 

 
Face à la grogne des manifestants qui a gagné plusieurs villes colombiennes, le président Santos a décidé de militariser Bogota. 50 000 soldats seront aussi déployés en province. 

Le président colombien Juan Manuel Santos a ordonné le déploiement de militaires à Bogota et sur les principales routes du pays, jugeant "inacceptables" les blocages de routes et les troubles qui ont fait plus de cent blessés jeudi en marge de manifestations de paysans. "J'ai ordonné la militarisation de Bogota et je ferai de même dans toute municipalité ou région où la présence de nos soldats sera nécessaire", a déclaré vendredi Juan Manuel Santos dans une déclaration radio-télévisée. 

Un total de 50 000 soldats seront également déployés en province pour "assurer la mobilité sur nos routes" et des "pont aériens" pourront être organisés pour assurer l'acheminement de denrées qui commencent à manquer dans certaines villes, du fait des blocages routiers mis en place depuis le 19 août par les paysans en colère, a ajouté le président colombien. "Les soldats effectueront des patrouilles en coordination avec la police", a expliqué un porte-parole de la mairie de Bogota. 

Les paysans colombiens ont lancé depuis une douzaine de jours un mouvement illimité dans l'ensemble du pays pour réclamer l'établissement de prix planchers pour certains produits ainsi que la baisse des prix des intrants agricoles.

 

Tensions en Colombie : la police antiémeute use et abuse de la matraque
 
Capture d'écran de la vidéo postée par notre Observateur.
 
Les manifestations de paysans qui font rage en Colombie depuis une dizaine de jours offrent leurs lots d’images choquantes. Une vidéo envoyée par un de nos Observateurs montre des policiers anti-émeute tabasser trois hommes dans une station-service, en marge des défilés de protestation.
 
La séquence de 3 minutes a été filmée discrètement par notre Observateur avec son téléphone portable. Elle s’ouvre sur l’arrivée d’une horde de policiers dans une station-service à proximité de la bourgade de Guachata, une ville située à une centaine de kilomètres au nord de Bogota, la capitale colombienne. L’ambiance est électrique. Près d’une pompe, on découvre trois hommes, des civils, allongés à plat ventre en train de se faire rouer de coups de pied et de coups de matraque alors qu’ils ne semblent pas opposer de résistance. La scène dure une cinquantaine de secondes, jusqu’à ce que les policiers décident de partir.
 
 
Sur la vidéo, les policiers passent à tabac trois hommes dans une station-service, en marge d'un mouvement de contestation dans la petite ville de Guachate (département de Cundinamarca, centre de la Colombie). Vidéo postée sur YouTube par notre Observateur.
 
Si les circonstances qui ont conduit à cette violence n’ont pas encore été élucidées, la police nationale, contactée par France 24, condamne ce débordement et assure qu’une enquête interne est en cours pour démasquer leurs auteurs.
 
Une vive tension règne depuis 11 jours en Colombie. Un mouvement de contestation a été lancé par les paysans pour exiger du gouvernement des garanties leur permettant de vivre dignement de la culture de la terre, notamment l'établissement de prix plancher pour certains produits ainsi que la baisse des prix des intrants agricoles (les différents produits apportés aux terres et aux cultures).
 
Dès le deuxième jour de mobilisation, le mouvement a été rejoint par d’autres corps de métier. Désormais, plusieurs dizaines de milliers de camionneurs militent à leur tour pour une baisse des prix des carburants tandis que des milliers de petits exploitants miniers se sont regroupés en certains points du pays pour exiger la régularisation de leurs activités.
 
Jeudi, un cortège composés d’ouvriers, d’étudiants, d’enseignants et de professionnels de la santé, ont manifesté à Bogota et Medellin, les deux principales villes du pays, pour soutenir les agriculteurs dans leur combat. Des manifestations qui ont été émaillées de violents heurts entre protestataires et forces de l’ordre.
 
Face à la grogne qui se fait de plus en plus pressante et ses conséquences directes dans la vie quotidienne - des pénuries de biens agricoles commencent à se faire sentir à Bogota suite au blocage des routes par les paysans -, les autorités colombiennes ont annoncé plusieurs propositions pour sortir d’une crise qui a déjà fait deux morts (un policier et un manifestant) et quelque 350 blessés.
 

"Les policiers ont agi de sang-froid"

 
Jhon Cesar, l’auteur de la vidéo, travaille dans une entreprise d’import-export de charbon à Guacheta. Il était sur place pour des raisons professionnelles.
 
J’ai réalisé cette vidéo le 21 août sur les coups de midi. La scène se déroule dans une station-service située à environ deux kilomètres d’une petite ville qui s’appelle Guacheta, dans le département de Cundinamarca. [Cette région de Bogota est l’une des plus touchées par les mouvements de colère paysans].
 
Dans la matinée, des affrontements ont eu lieu entre paysans et forces de l’ordre. Des barrages ont été érigés pour bloquer les routes [à 33’’ sur la vidéo, on aperçoit des arbres couchés pour barrer la route]. Au moment où je filme, le calme est revenu. Tout le secteur est quadrillé par les hommes de la ESMAD [Escuadrón Móvil Antidisturbios, l’unité antiémeute de la police].
 
"Les manifestants sont décrits comme des révolutionnaires enragés"
 
Pourtant, cela ne les empêche pas de régler leur compte à trois personnes sans défense, des paysans. Pour quelle raison ? Je n’en sais rien. L’agitation était beaucoup plus forte avant que je filme. Au moment où il tabasse les civils, la plupart des manifestants avaient déjà été dispersés par des gaz lacrymogènes [encore audibles dans la vidéo]. Les policiers n’ont pas d’excuse, ils agissent de sang-froid. Ils contrôlent la situation mais se livrent à cette agression purement gratuite. D’après quelques amis agriculteurs, un des hommes passés à tabac a des lésions au niveau d’un œil.
 
En filmant la scène, j’avais très peur, j’ai essayé d’être le plus discret possible. J’ai sûrement pris des risques mais je voulais que l’on voie la brutalité policière. Certains abusent de leur pouvoir en faisant croire qu’ils ne font que rétablir l’ordre, qu’ils assurent la sécurité de la population… Ils dépeignent les manifestants comme des révolutionnaires enragés, des fauteurs de troubles qui menacent l’équilibre de la société mais regardez dans quel état économique se trouve la Colombie.
 
En Colombie, la ESMAD a une réputation sulfureuse. De nombreuses vidéos circulent sur les réseaux sociaux pour dénoncer leurs bavures à l’égard de la population. Il y a quelques années, un documentaire a été réalisé pour montrer l’ampleur du phénomène.
 


Edité par T 34 - 30 Aug 2013 à 23:18
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
 Répondre Répondre Page  <1 62636465>

Aller au Forum Permissions du forum allez vers le bas

Powered by Flex Design® version v8m6r15
Copyright © 2001-2011 Flex Design

Cette page a été affichée en 0,145 secondes.