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Innocence of Muslims

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: Innocence of Muslims
    Envoyé : 12 Sep 2012 à 22:47

"Innocence of Muslims", le film qui nourrit la haine

En Libye, les manifestations qui ont mené à la mort de l’ambassadeur des Etats-Unis étaient causées par la diffusion d'un extrait de ce film. En Egypte également une manifestation a tourné à l’émeute devant l’ambassade américaine au Caire. C'est que Innocence of Muslims raconte de manière jugée "insultante" et satirique la vie de Mahomet.

Le film, "Innocence of Muslims", est réalisé par Sam Bacile, promoteur immobilier de sont état. C’est un israélo-américain, qui a tourné en Californie ce poncif de 2 heures, en levant des fonds (5 millions de dollars) auprès d’une centaine de juifs qui ont souhaité rester anonymes. Ce n’est donc pas un film copte, comme on a pu l’entendre dans un premier temps, notamment de la bouche du grand mufti d’Egypte, ce qui a fait craindre des représailles aux chrétiens du Caire lors des manifestations d’hier.

Les premiers extraits du film ont été diffusés dès juin, et il avait alors obtenu le silence retentissant qu'il mérite. Et ce malgré le soutien du Pasteur intégriste Terry Jones, le brûleur de Coran, qui a béni le film et projette de le diffuser à l'office. Mais mardi, une chaîne de télévision égyptienne a choisi de diffuser un large extrait vidéo, déclenchant les émeutes. Aujourd’hui, la presse américaine se questionne à juste titre sur l’opportunité de diffuser cela un 11 septembre.

Le film, ou du moins ce qu’il tente d’être

Sous prétexte de raconter la vie du prophète Mahomet, le film n’est qu’une série d’insultes et caricatures. Le Prophète est montré en train de massacrer, torturer, violer, promouvoir la pédophilie… Et tout particulièrement lorsqu’il s’agit de juifs. C’est donc de la mauvaise propagande, tellement ratée qu’on se croirait dans un mauvais épisode de Benny Hill, particulièrement lorsque Mahomed se fait surprendre au lit et qu’il se fait pourchasser sous la tente par 2 furies qui le tape à coups de pantoufles.
En regardant les extraits disponibles on en viendrait à se demander à qui Sam Bacile veut réellement nuire, tellement le film s’apparente à une farce. Pourtant, dans le Wall Street Journal, le "réalisateur" explique que "son film est politique et non religieux" et que pour lui "l’Islam est un cancer".

Des émeutes américanophobes

Outre en Libye où les émeutes de protestation contre le film ont eu pour conséquence le décès de l’ambassadeur des Etats Unis, les manifestations ont été violentes au Caire. 3000 protestataires ont également pris d’assaut l’ambassade, où ils ont remplacé le drapeau américain remplacé par un étendard noir sur lequel était écrit : "Il n'y a de Dieu que Dieu et Mahomet est son prophète". De nombreux chants pro-Al-Quaida ont été entonnés lors de cette manifestation, d’autres encore demandaient l’expulsion des coptes. Mais ce sont très spécifiquement les Etats-Unis qui ont été pris pour cible.

Dès avant les émeutes, le film a été condamnée de toutes part. Les Chrétien d’Egypte et d’ailleurs, à l’exception de deux blogs intégristes, mais aussi les Etats-Unis et spécifiquement l’ambassade américaine au Caire, ont fermement condamné les propos tenus dans ce film et s’en sont détachés. Les condamnations ont été tout aussi unanimes à propos des émeutes.

Vidéo

Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Sep 2012 à 00:05

"Innocence of Muslims" : un bidonnage jusqu’au bout

Comment des comédiens américains ont pu se retrouvér dans ce film, "Innocence of Muslims", aussi ridicule qu’islamophobe ? C'est que la production leur a menti pendant tout le tournage, ils croyaient jouer dans Desert Warrior, un film d’aventure.

Dans la distribution, il n’y a aucune mention de Mahomet. L’acteur qui, après montage, incarne le prophète, pensait se glisser dans la peau de George, un leader charismatique, romantique, mais aussi tueur sans regret, explique la fiche du rôle. C’est le héros de Desert Warrior, le guerrier du désert en Français, un film d’aventure historique.

Une des actrices du film a été contactée par Reuters. Effarée, elle ne reconnait rien : "Tout cela me paraît irréel, c'est comme s'il ne restait rien de ce que nous avons tourné". Les acteurs, qui étaient une cinquantaine, jouaient devant un "écran vert", sur lequel devaient être incrustés plus tard les décors. Ils n’avaient donc qu’un texte à lire, sans aucune indication de ce qui allait se passer derrière. "On m'a dit que c'était un film sur l'époque du Christ, il y a deux mille ans", a précisé l'actrice.

Ajoutons à cela de grosses manipulations dans le montage (certains personnages se répondent dans des décors complètement différents), mais surtout les changements de voix : les personnages changent de voix au milieu de phrases, ils sont clairement doublés, pour coller à ce que le réalisateur veut dire de la vie de Mahomet. Ce qui, il faut le dire, participe à l’aspect farce du film, et peut rappeler le Grand Détournement. En juin, le film a très vite été retiré des salles de cinéma de Californie puisqu’aucune place n’a été vendue aux premières séances.

L'actrice a ajouté que le producteur du film, qu'elle appelle Sam Bassil, était un homme âgé, les cheveux grisonnants, avec un accent. Il l'a payée avec un chèque. "Je lui ai téléphoné mercredi et lui ai demandé pourquoi il avait fait cela. Il m'a mis dans une situation affreuse, des gens sont tués à cause d'un film dans lequel je joue".

Les émeutes continuent

Youtube a commencé à limiter l’accès au film dans certains pays du Maghreb. C’est que les émeutes s'étendent. Ce jeudi matin, c’est l’ambassade américaine du Yemen qui a été attaquée. En Iran, quelques centaines de militants se sont réunis aux cris de "Mort à l'Amérique" et "Mort à Israël". Le président américain Barack Obama a demandé de renforcer la protection des ambassades des Etats-Unis à travers le monde.

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Sep 2012 à 21:49

Les protestations contre les ambassades étasuniennes suite à l’offense contre l’Islam s’étendent

Le Caire, 13 septembre (RHC-PL-EFE)- Dans plusieurs pays du Moyen Orient, et d’autres régions ou  l’Islamisme est pratiqué, les protestations se multiplient devant les ambassades étasuniennes, suite à un film réalisé aux Etats-Unis, qui est considéré comme une insulte à cette croyance. 

Au Caire des dizaines de personnes qui demandaient l’expulsion de l’ambassadeur étasunien et la présentation par Washington des  excuses officielles,  ont été arrêtées lors d’affrontements avec les forces policières.     

Plusieurs partis politiques et d’autres organisations ont convoqué une marche d’un million de personnes sur la place Tahrir.

Au Yémen, des centaines de manifestants ont fait une brève irruption dans l’ambassade de Washington à Sanaa, pour protester contre le film « L’innocence des Musulmans »  qui s’en prend à la principale figure de cette religion, le prophète Mahomet.

La vague de protestations   s’est étendue aussi à Téhéran, la capitale iranienne et à la ville palestinienne de Gaza

Innocence of Muslims : l’identité du réalisateur avive les tensions

Le flou sur l’identité et origine des auteurs du lamentable film sur la vie de Mahomet perturbent les émeutiers qui s’en prennent dans leur furie alternativement aux Américains, Juifs et Chrétiens. A quelques heures du grand prêche du vendredi, le monde musulman craint l’embrasement.

Sam Bacile, auteur présumé d’Innocence of Muslims, serait donc un pseudonyme. Les premières informations données sur son identité, son métier de promoteur immobilier et qu’une centaine de juifs auraient financé la vidéo, tout cela serait une couverture. Les enquêtes sur l’identité des auteurs du film qui a causé la mort d’un ambassadeur américain se multiplient.

Les premiers noms qui apparaissent, accusent plutôt l’extrême droite islamophobe et chrétienne, plutôt que des juifs-américains comme les auteurs ont voulu le faire croire. Selon les investigations de l’agence AP, Sam Bacile serait Nakoula Basseley Nakoula, un copte sorti récemment de prison où il purgeait une peine pour escroquerie, et vivant en Californie. Le portable utilisé par ledit Bacile pour faire son interview où il qualifiait l’Islam de Cancer a mené tout droit au domicile de Nakoula. Il a demandé une protection policière, craignant pour sa vie.
Autre nom découvert, Steve Klein, un intégriste chrétien d’extrême droite. A lier avec le pasteur Terry Jones, le brûleur de Coran, qui a soutenu le film dès le début. Ce seraient donc bien des intégristes Chrétiens qui ont essayé de faire accuser les juifs.  

Dans leur folie vengeresse, les intégristes offensés s’en prennent à n’importe qui. Américains, juifs, coptes en particuliers mais aussi chrétiens dans leur ensemble. Certains réclament l’expulsion des coptes d’Egypte. Une union d’ulémas présidée par cheikh Youssef al-Qaradaoui, profite de l’occasion pour demander au pape des excuses pour attiser "la sédition" entre chrétiens d'Orient et musulmans, reprenant des propos que Benoit XVI avait tenu en 2006.
La Libye est sous haute tension, le trafic aérien est même suspendu pour raisons de sécurité. Au Yémen, les émeutes ont fait 4 morts et de nombreux blessés. Et en Afghanistan, les autorités craignent le pire.

Le monde musulman redoute le contenu des grands prêches du vendredi, qui pourront encore davantage attiser la haine.  

Source

Le monde arabe s'enflamme contre le film hostile à l'islam

Des dizaines de milliers de musulmans ont manifesté vendredi à travers le monde arabe et l'Asie pour dénoncer le film ismalophobe, déclenchant de nouvelles violences, notamment au Soudan où l'ambassade allemande a été incendiée.

A Khartoum, quelque 5.000 islamistes ont attaqué les ambassades britannique et allemande, mettant le feu à cette dernière et y arrachant le drapeau national pour le remplacer par un étendard islamiste. Au Liban, un manifestant a été tué et 25 autres ont été blessés dans des heurts dans le nord du pays entre les forces de sécurité et des islamistes qui avaient auparavant incendié un fast-food américain. A Sanaa, la police a tiré en l'air pour repousser quelques centaines de manifestants qui s'approchaient de l'ambassade américaine. Elle a également fait usage de canons à eau pour disperser les protestataires qui s'étaient rassemblés à quelque 500 mètres de l'ambassade, brûlant le drapeau américain et réclamant l'expulsion de l'ambassadeur.

Au Bangladesh, quelque 10.000 manifestants ont brûlé à Dacca des drapeaux américains et israéliens, et tenté de s'approcher de l'ambassade des Etats-Unis. A l'issue de la prière du vendredi, les manifestants se sont rassemblés devant la mosquée Baitul Mokarram, la plus importante du pays, en affirmant notamment "Nous ne tolèrerons pas d'insultes envers notre grand prophète". En Indonésie, environ 350 islamistes radicaux ont également manifesté à Jakarta contre la "déclaration de guerre" que représente selon eux le film.

Dans la capitale iranienne, des milliers de personnes se sont rassemblées aux cris de "Mort à l'Amérique" et "Mort à Israël", selon des images de la télévision d'Etat. Au Caire, où l'ambassade américaine est visée par des manifestations depuis mardi, des heurts sporadiques se sont poursuivis dans la matinée avec les forces de l'ordre déployées aux abords de la mission diplomatique. Le puissant mouvement des Frères musulmans, dont est issu le président Mohamed Morsi, ont retiré leur appel à manifester à travers tout le pays, affirmant qu'ils n'organiseraient qu'un rassemblement "symbolique" au Caire, sur la place Tahrir.

Forces de sécurité sur le qui-vive

En Syrie, théâtre de violences depuis mars 2011, près de 200 manifestants ont organisé un sit-in de protestation devant l'ambassade des Etats-Unis à Damas, fermée depuis plusieurs mois. Silencieux, ils portaient des pancartes dénonçant le film. En Jordanie, des salafistes ont annoncé des manifestations devant la chancellerie américaine, qui a fait savoir qu'elle avait "relevé sa sécurité". Les Frères musulmans jordaniens appellent de leur côté à des "défilés pacifiques".

En Tunisie, des imams de mosquées ont aussi appelé à un grand rassemblement dans l'après-midi devant l'ambassade des Etats-Unis. A Benghazi, dans l'Est libyen, le trafic aérien a été suspendu dans la nuit pour des "raisons de sécurité", après l'attaque menée mardi soir qui avait coûté la vie à l'ambassadeur Chris Stevens et à trois autres Américains. Mais il a pu finalement reprendre vendredi. De nombreux pays ont renforcé la sécurité des ambassades américaines après cette attaque, comme le leur a demandé le président Barack Obama.

L'Inde, qui compte une importante minorité musulmane, a ainsi placé en alerte ses effectifs déployés autour des bâtiments américains. Le plus haut responsable religieux musulman de l'Etat indien du Cachemire a demandé aux citoyens américains de "quitter immédiatement" la région. En Afghanistan, les autorités sont le qui-vive et la plupart des ambassades ont pris des mesures de sécurité accrues pour leur personnel et appelé leurs ressortissants à éviter de sortir.

Alors que le département d'Etat américain a déconseillé à ses ressortissants de se rendre en Algérie en raison d'un risque accru d'attentats, les forces de sécurité ont très sensiblement renforcé leur présence autour de l'ambassade à Alger. Les forces de l'ordre israéliennes ont aussi annoncé le renforcement de leur dispositif de sécurité dans la Vieille ville et à Jérusalem-Est en raison des "tensions régionales". Des appels à manifester ont été lancés à Gaza.

Un film considéré comme "une agression"

Les réactions parfois violentes déclenchées par "Innocence of Muslims" ("L'innocence des musulmans"), dont des extraits sont diffusés sur internet, rappellent la colère qu'avait provoquée la publication de caricatures du prophète Mahomet en 2006 par un journal danois. Réalisé par un cinéaste qui s'est présenté comme Américano-israélien et qui selon les médias américains serait de religion chrétienne copte, le film de piètre qualité cinématographique dénigre les musulmans, présentés comme immoraux et brutaux, ainsi que le prophète Mahomet.

Les déclarations se sont multipliées pour fustiger ce film, tout en appelant au calme.

Le président égyptien Mohamed Morsi a jugé vendredi que le film constituait une "agression" qui "détourne l'attention des vrais problèmes au Proche-Orient", tout en condamnant à nouveau les violences qu'il a entraînées dans la région. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a estimé que ce film était une "provocation" qui ne peut néanmoins justifier les attaques. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a assuré que le gouvernement américain n'avait "absolument rien à voir" avec cette "vidéo écoeurante et condamnable" exhortant les dirigeants politiques et religieux à condamner les violences survenues.
Le site de partage de vidéos YouTube en Inde a bloqué l'accès au film. YouTube avait déjà restreint cette semaine l'accès à ce film, "de manière temporaire", en Libye et en Egypte.

Le Pakistan et l'Afghanistan ont de leur côté bloqué l'accès à la vidéo tandis que l'Indonésie, pays musulman le plus peuplé de la planète, a aussi demandé à YouTube un blocage du film.

Source


Edité par T 34 - 14 Sep 2012 à 22:40
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Sep 2012 à 19:45

Les provocateurs savent que la politique et la religion ne font pas bon ménage (The Independent)

 

Et voilà, un autre petit malin vient d’enflammer le Moyen Orient : on a diffusé des caricatures du Prophète puis on a brûlé un exemplaire du Coran et maintenant on sort une vidéo sur des "terroristes" dépouillés de leurs biens et un faux désert. Les auteurs de la vidéo, des chrétiens occidentaux, se cachent quelque part (ce qui est indispensable pour une bonne publicité) pendant que des innocents sont asphyxiés, ont la tête tranchée et sont tués d’une manière ou d’une autre- la vengeance des Musulmans outragés venant par la même "prouver" que les colporteurs d’ordures racistes ont raison quand ils disent que l’Islam est une religion violente.

Les provocateurs savent bien que la politique et la religion ne font pas bon ménage au Moyen-Orient. Ils sont pareil. Christopher Stevens, ses collègues diplomates de Benghazi, les prêtres d’Afrique et de Turquie, le personnel de l’ONU en Afghanistan ; Ils ont tous payé à la place de ces "prêtres chrétiens", ces "caricaturistes" ces "cinéastes" et ces "auteurs" - les guillemets marquent la différence entre ces illusionnistes et les authentiques prêtres, caricaturistes, cinéastes et auteurs - qui ont décidé de provoquer 1,6 milliards de Musulmans en toute connaissance de cause.

Quand une caricature danoise montrant le Prophète Mohamed avec une bombe dans son turban a été publiée dans un journal jusqu’alors inconnu, l’ambassade danoise à Beyrouth a été incendiée. Quand un pasteur texan a décidé "de condamner le Coran à mort", on a sorti les couteaux en Afghanistan -je laisse de côté le petit incident du Coran brûlé "accidentellement" par le personnel étasunien de la base de Bagram. Et maintenant un film délibérément insultant provoque le meurtre d’un des meilleurs diplomates du Département d’Etat.

A beaucoup d’égards, nous somme en terrain familier. Dans l’Espagne du 15ième siècle, des caricaturistes chrétiens ont représenté le Prophète en train de faire des choses innommables. Et -juste pour qu’on ne s’imagine pas que soyons nous-mêmes blancs comme neige- quand un cinéma parisien a sorti un film dans lequel le Christ faisait l’amour à une femme, le cinéma a été incendié, un spectateur a été tué et l’assassin s’est révélé être chrétien.

Grâce à nos merveilleuses technologies nouvelles, cependant, il ne faut plus qu’une paire de malades pour déclencher une guerre miniature dans le monde musulman en quelques secondes. Je doute fort que le pauvre Christopher Stevens - un homme qui comprenait vraiment le monde arabe, à la différence de la plupart de ses collègues - ait eu le temps d’entendre parler du "film" qui a déclenché le raid contre le consulat étasunien de Benghazi et causé sa mort. C’est une chose de déclarer sans réfléchir que les Etats-Unis vont partir en "croisade" contre al-Qaeda – merci, George W. Bush – mais c’en est une autre de d’insulter, tout à fait délibérément, tout un peuple. Cette sorte de racisme exerce beaucoup d’influence sur les esprits dérangés.

Et Al-Qaeda - supplanté par les révolutions arabes qui se battent pour leur dignité et non pour un califat de Bin Laden sur le Moyen-Orient - a-t-il décidé de profiter des doléances populaires pour avancer la cause islamique ? Le gouvernement largement impuissant de la Libye blâme les Etasuniens eux-mêmes pour la mort de Steven - parce que le consulat aurait dû être évacué - et suggère que la clique de Kadhafi est derrière l’attaque. C’est ridicule. Si la milice armée de Benghazi, qui s’est prénommée "les adeptes de la loi Islamique" a d’autres armes qu’un téléphone, alors il faut soupçonner al-Qaida d’être de la partie.

Ironiquement, les temps sont mûrs pour un débat sérieux entre les Musulmans, sur une réinterprétation du Coran par exemple ; mais la provocation occidentale -et hélas elle est bien occidentale - ne permet pas à ce débat de s’instaurer. Et nous pendant ce temps, nous nous glorifions d’être des champions de la "liberté de la presse". Un rédacteur en chef de Nouvelle Zélande m’a dit un jour avec fierté que son propre journal avait aussi publié la caricature du Prophète avec une bombe dans le turban. Mais quand je lui ai demandé s’il avait l’intention de publier une caricature d’un rabbin avec une bombe sur la tête la prochaine fois qu’Israël envahirait le Liban, il m’a tout de suite répondu que ce serait de l’antisémitisme.

C’est là où le bât blesse évidemment. Certaines choses dépassent les bornes à juste titre. Mais pour d’autres, il n’y a pas de bornes du tout. Plusieurs animateurs de radio m’ont demandé hier si l’agitation au Caire et à Benghazi avait été programmée pour "coïncider avec le 11 septembre". Il ne m’est tout simplement pas venu à l’idée de me demander si les provocateurs avaient délibérément choisi cette date pour diffuser leur vidéo.

Robert Fisk

Robert Fisk est le correspondant du journal The Independent pour le Moyen Orient. Il a écrit de nombreux livres sur cette région dont : The Great War for Civilisation : The Conquest of the Middle East.

Pour consulter l’original : http://www.independent.co.uk/voices/comment/the-provocateurs...

Traduction : Dominique Muselet


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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Sep 2012 à 19:05

Film anti-islam, 7 nouveaux morts et des manifestations partout dans le monde

De la Tunisie à l’Australie, les ambassades américaines sont prises d’assauts. Des manifestants enragés par des islamistes se font tuer en nombre pour protester contre un lamentable film amateur.

C’est avec stupeur que ce samedi, les Australiens ont vu à leur tour des centaines de manifestants hurler "A bas l’Amérique" devant le consulat des Etats Unis à Sydney. "Nous protestons en paix" explique un participant à l’AFP, malgré des banderoles appelant à "décapiter tous ceux qui insultent le prophète".

La vague de protestations née en Libye et Egypte a atteint rapidement la Tunisie, le Liban et le Soudan où les forces de l’ordre où ouvert le feu et fait de nombreuses victimes. Au total, les violents affrontements de vendredi ont fait sept morts. Trois décès ont été signalés à Khartoum, au Soudan, deux à Tunis, un au Caire et un au Liban. Washington a dépêché des renforts pour assurer la sécurité de ses ambassades. D'autres rassemblements ont été organisés en Malaisie, au Pakistan, au Bangladesh, en Iran, en Irak, au Nigeria, en Jordanie, à Bahreïn, au Qatar et au Yémen, où quatre personnes avaient été tuées jeudi.
En deux jours, la folie déclenchée par le film Innocence of Muslims a fait 15 victimes et plusieurs dizaines de blessés.

Les Etats-Unis toujours ciblés

En Afghanistan, où un mannequin à l'effigie de Barack Obama a été brûlé dans la province orientale de Nangarhar, et la tête du pasteur américain Terry Jones, soutien du film et déjà à l'origine d'émeutes anti-américaines en 2008, a été mise à prix pour 100.000 dollars.  Au Caire, des manifestants criaient : "Avant la police, c'est Obama qui nous a attaqués !". Des militants salafistes, ont aussi mis le feu à l'Ecole américaine voisine de l'ambassade, qui était fermée.

Source


Les Etats-Unis évacuent leur personnel diplomatique de Tunisie et du Soudan

Les Etats-Unis ont ordonné ce samedi l'évacuation de leurs personnels non essentiels de leurs corps diplomatiques en Tunisie et au Soudan. Washington a dans le même temps  déconseillé aux citoyens américains de se rendre dans ces pays. Cela fait suite aux émeutes et violences entrainées par la diffusion d'extraits du film Innocence of Islam.

"Etant donné la situation en termes de sécurité à Tunis et à Khartoum, le département d'Etat a ordonné le départ de toutes les familles et de tous les personnels non indispensables de ces deux postes, et a publié parallèlement des avertissements déconseillant aux citoyens américains de voyager" dans ces pays, a expliqué dans un communiqué Victoria Nuland, porte-parole du département d'Etat.

Le département d'Etat précise ses consignes de sécurité : les citoyens américains sont appelés "à éviter toutes les manifestations publiques et tous les rassemblements politiques, car même des manifestations qui semblent pacifiques peuvent devenir agressives et violentes sans avertissement". Et concernant les Américains obligés de rester dans ces pays, les consignes de sécurité précisent : "Vous devez garder un profil bas, varier vos horaires et vos itinéraires de trajet, conduire prudemment et vous assurer que votre passeport et votre visa soudanais sont toujours valides". L’avertissement concernant la Tunisie est tout à fait comparable.

Les manifestations se sont poursuivies ce samedi, y compris à Paris où des dizaines d'hommes, femmes et enfants ont défilé devant l'ambassade américaine. Les Mesures de sécurités n’ont pas été renforcées. Le Soudan et le Yémen ont quant à eux rejeté la demande des Etats-Unis d'accueillir sur leur sol des Marines spécialisés dans l'antiterrorisme pour protéger les représentations diplomatiques américaines.

Source


Edité par T 34 - 18 Sep 2012 à 00:08
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Sep 2012 à 16:43

Editorial de Jean-Paul Piérot

L'édito du jour : "Ambiance des années Bush"

L’habituelle collusion des adeptes du «choc des civilisations» fait de nouveaux ravages. On ne connaît pas encore les détails de l’intrication entre la diffusion massive d’un obscur torchon sur pellicule véhiculant l’islamophobie la plus vulgaire et le déclenchement de manifestations violentes auxquelles ont pris part quelques milliers d’extrémistes de par le monde au prétexte de la défense de la religion outragée. Mais tout cela est trop bien ordonné pour laisser la place au hasard.

Des attaques d’ambassades et autres symboles du monde occidental, des affrontements parfois meurtriers avec les forces de police de Tunis à Islamabad, s’enchaînant après la mort du représentant américain en Libye, il n’en faut pas davantage pour que l’on parle dans les médias européens et américains d’«un monde arabe qui s’enflamme». On serait tenté de dire que c’est le monde médiatique qui s’enflamme lui-même. Il développe un insultant amalgame entre l’immense majorité des populations des pays arabo-musulmans et une infime minorité d’activistes se saisissant de l’opportunité offerte par un producteur véreux de Californie avec le soutien d’un pasteur amateur d’autodafés.

On voit bien à qui profitent les crimes. Aux États-Unis, certains orphelins de l’époque de Bush peuvent être tentés de recréer une ambiance d’intolérance et de peur à moins de deux mois du scrutin présidentiel qui décidera de la réélection ou de la défaite de Barack Obama. Dans les pays arabes ou à majorité musulmane, les forces islamistes les plus radicales, notamment salafistes, entendent pousser les feux de leur influence, en Tunisie, en Égypte ou en Libye. Dans cette offensive, sont en réalité bien davantage visés la majorité des citoyens, les forces démocratiques, progressistes que les intérêts américains ou européens. Dans ce contexte, les appels au rejet des fondamentalismes religieux et au respect des croyances et convictions de chacun, formulés par le pape Benoît XVI au cours de son voyage au Liban, ont sans doute eu un écho particulier dans d’autres parties du Proche-Orient où cohabitent encore des populations de diverses confessions, comme la Syrie et la Palestine.

En France, la droite et l’extrême droite essaient de tirer un petit profit des tentatives de débordement auxquelles se sont livrées samedi quelques centaines de personnes aux abords de l’ambassade des États-Unis à Paris. François Fillon s’érige en donneur de leçons au gouvernement. Et Marine Le Pen agite le chiffon noir de 100 000 salafistes qui envahiraient bientôt les rues de Paris. Vite, sortons du cauchemar des années Bush !

Jean-Paul Piérot

Source


Le monde musulman ne s’enflamme pas

Les protestations, parfois violentes, provoquées par le film anti-islam n’ont rassemblé que quelques milliers de personnes dans les pays musulmans, où la grande masse des populations a ignoré l’appel des extrémistes.

Colère du monde musulman ? Combien de personnes ont rassemblé ces manifestations de protestation contre le film islamophobe, l’Innocence de l’islam, dans les pays musulmans ? Certes, entre mardi et dimanche, plusieurs capitales ont été le théâtre de protestations violentes, faisant au moins une quinzaine de morts. Mais elles n’ont pas drainé de grandes foules. À Djakarta, capitale de l’Indonésie, le pays musulman le plus peuplé (plus de 270 millions d’habitants), il y a eu à peine quelques centaines de manifestants dans la rue, 700 selon la police. Même au Pakistan, pays de 180 millions d’habitants, les rassemblements de protestation sont restés à un niveau modeste : un millier de personnes à Karachi, la capitale économique, 4 000 personnes à Lahore et moins de 3 000 personnes à Peshawar, pourtant fief de l’islamisme radical pakistanais. Et encore moins au Bangladesh, 158 millions d’habitants, où moins de 10 000 personnes ont manifesté à Dacca.

Le laxisme des autorités tunisiennes

À Tunis, où quatre manifestants ont trouvé la mort, l’affrontement était prévisible. Le millier de salafistes brandissant des drapeaux noirs, qui ont marché vendredi sur plusieurs centaines de mètres avant de pénétrer dans la cour de l’ambassade des États-Unis et d’incendier l’école américaine, ont, selon toute évidence, profité d’un certain laxisme des autorités tunisiennes. « Il y a eu une réaction qui a été mal gérée, les forces de sécurité ont été débordées alors que c’était un événement qu’on aurait pu anticiper », admet Elyes Fakhfakh, le ministre tunisien du Tourisme, qui déplore la décision de Washington d’évacuer ses personnels de Tunisie.

Ils n’étaient pas plus nombreux qu’au Caire où, mardi, des centaines de salafistes avaient tenté de saccager l’ambassade des États-Unis. Le fait que les Frères musulmans aient retiré leur appel à manifester n’est pas étranger à la faiblesse de la protestation. À Khartoum (Soudan, deux morts), à Sanaa (Yémen, quatre morts), à Tripoli (Liban, un mort), les forces de sécurité ont fait usage de leurs armes pour disperser les manifestants, essentiellement issus de la mouvance salafiste. Ils ont rassemblé moins de 20 000 personnes dans les trois pays.

Protestations sur fond de crise sociale

Au Maroc, à Salé, à peine quelques centaines de manifestants. Même cas de figure à Ankara (Turquie), où quelques centaines de manifestants ont brûlé l’emblème américain. En Algérie, vendredi calme. Pas d’appel à des marches ni durant la grande prière ni après. Ali Benhadj, l’ex-numéro deux du Front islamique du salut (FIS), était l’unique manifestant aux abords de l’ambassade des États-Unis, avant d’être interpellé, expliquant aux policiers qu’il voulait seulement remettre une lettre de protestation. L’ambassadeur américain à Alger a d’ailleurs reçu, dimanche, une délégation de l’Alliance de l’Algérie verte (AAV, regroupement de plusieurs partis islamistes), porteuse d’une lettre de dénonciation du « film offensant l’islam et le prophète ». En Malaisie, rien à signaler.

À l’évidence, bien que choqués par la diffusion du film, les centaines de millions de musulmans des pays arabes et asiatiques sont restés sourds aux appels des groupes radicaux islamistes. Nous sommes donc loin de cette « guerre de civilisation » que les salafistes, mais aussi certains médias et commentateurs occidentaux qui « pensent plus vite que leur ombre » (Pierre Bourdieu), tentent plus ou moins d’accréditer et d’aviver.

En revanche, sur fond de crise sociale aiguë, de demandes sociales non satisfaites, la diffusion de ce film a permis aux groupes islamistes radicaux de se rappeler au bon souvenir des islamistes au pouvoir (ou ayant l’ambition d’y accéder) en Tunisie, en Égypte, au Soudan, en Libye, au Yémen et ailleurs. Les groupes extrémistes religieux, qui savent que les partis au pouvoir ont besoin d’eux pour empêcher toute alternative démocratique et progressiste, estiment que ces derniers ne vont pas assez loin dans la réislamisation des sociétés. Mais, d’un autre côté, ces salafistes mettent leurs alliés dans une position inconfortable, dans la mesure où ces derniers se veulent, selon Ennah-
dha, les « alliés stratégiques » des États-Unis dans cette partie du monde. Et donc, pour cette raison précise, les garants d’un Maghreb et d’un Proche-Orient stables. À terme, une confrontation interislamistes reste du domaine du possible.

Les Chiites libanais manifestent 

Pour ne pas être en reste, et sans doute ne pas laisser le terrain aux seuls extrémistes sunnites, la communauté chiite a été appelée à protester contre la diffusion du film l’Innocence de l’islam, et ce à l’appel du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah. « Vous devez montrer au monde entier votre colère et vos cris », a-t-il déclaré sur la chaîne Al-Mannar. Hier, plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Beyrouth Sud. Mercredi, ce sera à Tyr, vendredi à Baalbeck, samedi au sud du Liban et dimanche dans la Bekaa.

Hassane Zerrouky



Edité par T 34 - 19 Sep 2012 à 22:28
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Sep 2012 à 19:36

Les USA et les musulmans : ce que cache l'argument de la "liberté d'expression"

 

Esam Al-Amin عصام الامين

Des milliers de musulmans en colère ont manifesté devant les ambassades et les consulats US en Égypte et en Libye contre un film sorti récemment [une manière de dire : le film a été mis en ligne en juillet dernier, NdT] qui insulte délibérément et falsifie de manière caricaturale la vie du prophète de l'islam. Les protestations se sont rapidement étendues au Yémen, en Tunisie, au Soudan, au Maroc, dans les Territoires palestiniens, en Irak, au Bangladesh, au Pakistan, en Iran et ailleurs. Profitant du chaos devant le consulat US à Benghazi, il semble que des affiliés d'Al Qaïda aient infiltré les manifestants, puis aient attaqué à coups de bombes incendiaires le bâtiment du consulat. Il est clair qu'il n'y avait pas la moindre justification pour de tels actes répréhensibles.

Malheureusement, plusieurs responsables US innocents, dont l'ambassadeur en Libye, sont morts dans les violences insensées qui ont suivi. Les experts estiment que cette violente attaque répondait à l'appel direct du chef d'Al Qaïda, Ayman Al Zawahiri, à venger le meurtre de son adjoint Abou Yahya Al Libi, tué par une attaque de drone US en juin dernier.

Pourtant, au fil des années le monde est fatigué d'assister aux mêmes scènes enflammées, jouées encore et encore. Des Versets sataniques de Salman Rushdie en 1989 et des caricatures danoises en 2005, au Coran brûlé par un pasteur zinzin en Floride en 2010 et à la sortie de ce film très choquant il ya quelques jours.

Selon les rapports les plus crédibles, ce film répugnant a été écrit, produit et réalisé par Nakoula Basseley Nakoula, un extrémiste antimusulman usaméricano-égyptien copte de 55 ans. Nakoula est un criminel condamné en Californie pour fraude bancaire à21 mois d'emprisonnement avec sursis et à une amende  de 790 000 $. Selon la presse, ce film à petit budget a été tourné l'année dernière avec 60 acteurs qui ont récemment publié une déclaration affirmant qu'on ne leur avait jamais dit que le film était sur le prophète Mahomet. Ils ont également soutenu que la plupart des dialogues offensants ont été ajoutés à leur insu après le tournage. Projeté en  juin dernier dans un cinéma de Hollywood, le film a fait un bide, passant totalement inaperçu. Le producteur a alors contacté un autre copte extrémiste usaméricano-égyptien, Morris Sadek, 70 ans, qui pendant des décennies a mené une campagne antimusulmane aux USA. Nakoula a demandé pour son aide pour la promotion et la distribution du film.

Selon l'Associated Press Sadek a alors contacté son ami, en, pasteur de Floride Terry Jones, tristement célèbre pour ses appels à brûler publiquement le Coran. Même si Jones a fait la promotion du film sur son site et a annoncé qu'il allait le projeter pour l'anniversaire du 11 septembre, et procéder à un simulacre de procès contre le prophète Mahomet, ses annonces ont attiré très peu  d'attention de la part du public ou des médias. Début septembre moins de 50 personnes avaient effectivement vu le trailer  de 14 minutes du film sur YouTube.

Sadek, qui a une longue liste d'adresses électroniques, dont celles de nombreux médias et journalistes égyptiens, a ensuite commencé à promouvoir la version arabe du trailer sur ses nombreux sites extrémistes et sa page Facebook. Ses efforts suscité l'intérêt de quelques journalistes égyptiens qui, dont donc couvert l'affaire en détail dans les médias locaux égyptiens. Quelques jours plus tard, le la chaîne de télévision satellitaire Al-Naas, pro-salafiste conservatrice,  a appelé à une manifestation devant l'ambassade US au Caire pour le 11 septembre. Apprenant cela, des groupes similaires en Libye ont également appelé à une manifestation de masse le même jour à Benghazi. Pendant ce temps, Al Azhar, haut lieu de l'autorité religieuse dans le monde sunnite, a condamné le film, mais a appelé à une réponse calme et mesurée.

Fait intéressant, le plus grand mouvement islamique dans les deux pays, les Frères musulmans, était absent de la scène en Égypte ainsi qu'en Libye. Mais le lendemain, le groupe a publié une déclaration de condamnation et a appelé à une marche pacifique d'un million de personnes pour le 14 septembre. Ce sur quoi des théologiens et des groupes religieux dans le monde musulman ont fait des déclarations fortes de condamnation et a appelé à de nouvelles manifestations pacifiques. L'Église copte au Caire ainsi que les dirigeants et les organisations coptes en Égypte et aux USA ont fermement condamné le film et a exprimé de graves préoccupations au sujet de ses effets sur les relations islamo-chrétiennes.

Dans l'espoir de verser plus d'huile sur le feu, Nakoula, le producteur du film infâme, a dupé le Washington Post et le Wall Street Journal dans deux entretiens séparés, concoctant une fable selon laquelle il était un USaméricano-israélien juif ayant collecté de l'"argent juif" [sic, NdT] pour produire le film. Mais son objectif d'offenser les sensibilités musulmanes avaient déjà été atteint. Faute de connaissance et de compréhension de ce contexte, les groupes musulmans, les théologiens et leurs disciples ont été facilement entraînés dans cette controverse. Ils ont accusé le gouvernement US de cautionner les attaques brutales contre leurs symboles religieux, notamment en raison de l'ampleur de l'islamophobie dans le pays et des mesures antimusulmanes,  sanctionnées par le gouvernement, qui ont été promues ces dix dernières années.



"Liberté de parole...sous conditions"

Toutefois, les fonctionnaires, chefs religieux et leaders d'opinion musulmans ont besoin de comprendre la nature et les limites des sociétés occidentales laïques et de leurs traditions démocratiques. Mais l'absence de tout dialogue significatif entre la politique et les leaders d'opinion US, d'une part, et les clercs et militants musulmans de l'autre, ainsi que le bagage historique de la politique antimusulmane usaméricaine dans la dernière décennie et la méfiance qui a suivi, rendent extrêmement difficile d'expliquer aux musulmans du monde entier que le gouvernement US non seulement n'a rien à voir avec la production et la promotion de ce film, mais aussi que de tels incidents sont contraires à ses principes et à ses intérêts.

Il y a essentiellement deux raisons principales au manque de confiance et de compréhension entre les deux parties. Tout d'abord, les USA n'impliquent pas sérieusement la communauté musulmane usaméricaine ou les mouvements islamiques dans le monde sur le plan politique ou culturel. Au contraire, ils traitent avec eux, en particulier au niveau national, à partir du prisme étroit de problèmes de sécurité. Ainsi, dans de nombreux cas, la communauté musulmane usaméricaine a été traitée comme un poids mort par les hommes politiques ou des institutions de la société civile.

Deuxièmement, de nombreux islamophobes ont pris un tel contrôle de l'espace public et des médias que les nominations ou l'inclusion de toute personnalité musulmane dans les institutions publiques gouvernementales ou autres sont devenus un combat, parfois avec des conséquences coûteuses. Le Parti républicain est devenu le parti associé en principe aux ratonneurs, tandis que pour le Parti démocrate l'inclusion [des musulmans, NdT] n'est restée qu'un vœu pieux vu qu'il a toujours peur d'être attaqué par la droite comme étant favorable à des «terroristes». Pendant ce temps, la communauté musulmane usaméricaine est aliéné et le stéréotype grossier de l'Amérique ennemie de l'islam est cimenté dans les cœurs et les esprits des musulmans à travers le monde.


"Musulmans pour la liberté de parole": T-shirt en vente aux USA

Les musulmans usaméricains sont donc un atout gâché. Probablement plus que la plupart, ils comprennent et apprécient la valeur de la liberté d'expression et du premier amendement [à la Constitution US, NdT] et pourraient jouer un rôle crucial en agissant comme un pont entre l'USAmérique et le reste du monde islamique, à condition qu'ils se sentent véritablement inclus dans le discours politique et d'être traités avec respect.

Après chaque incident de nombreux fonctionnaires et experts US affirment que la réaction  "irrationnelle" de milliers de musulmans à travers le monde "révèle" l'intolérance de leur religion à la liberté de parole et d'expression. Leur argument central a toujours été que l'islam est incompatible avec les valeurs démocratiques,  la liberté de croyance, de parole et d'expression étant au centre de ces valeurs. Leur objectif, bien sûr, est de donner de la crédibilité à la thèse du  «choc des civilisations»  et de maintenir l'islam et les musulmans sur une trajectoire de collision continue avec l'Occident.

Depuis la fin de la guerre froide, cette campagne pour remplacer le communisme par l'islam, et les Soviétiques par les musulmans a été incessante, même si au départ elle n'a pas très bien marché. Malheureusement, les attentats du 11 Septembre, ont fourni la justification, le contexte, et l'impulsion pour les tenants de la théorie du choc, qui ont depuis exercé une influence considérable sur de nombreuses agences gouvernementales et des hauts fonctionnaires quand ils ont adopté des mesures politiques, des stratégies et des tactiques diffusant  cette vision du monde. Une des conséquences de cette politique a été le ciblage de toutes les organisations et militants musulmans (même dans de nombreux cas, de simples individus ordinaires), aux USA et à l'étranger, et de les traiter comme des menaces potentielles, des suspects et ennemis de l'État jusqu'à preuve du contraire.

Sans aucun doute, les musulmans aux quatre coins du monde sont extrêmement sensibles aux représentations délibérément insultantes et offensantes  du prophète et livre saint de l'Islam. Pourtant, depuis des siècles des centaines de livres, d'articles, de discours et d'autres documents ont été produits, qui ont sévèrement critiqué et attaqué la religion, son fondateur, et les textes sacrés sans provoquer de colère, de peur ou de violence. À première vue, ces expressions outrageantes ne sont pas ce que les musulmans trouvent si répréhensible. La plupart des clercs musulmans sont disposés à engager un dialogue ou un débat civilisé sur la validité des grandes croyances, des dogmes, des interprétations islamiques ou des faits historiques.

Mais ce qui a rendu les incidents des deux dernières décennies différents est la nature de ces attaques. Il s'agissait de tentatives délibérées de fabriquer la vie et l'histoire de la figure majeure de l'islam en caricaturant sa vie et en le dépeignant sous les traits les plus offensants : comme irrationnel, menteur, lâche, fou, sale, tueur, voleur, marchand d'esclaves, coureur de jupons, pédophile, déviant sexuel, tandis que ses femmes étaient dépeintes comme des ignorantes, des prostituées ou des esclaves sexuelles. Difficile de trouver un quelconque aspect positif dans ces productions. Mais ne vous y trompez pas, ces incidents n'ont pas l'intention d'en avoir. Leur seul but était d'aiguillonner et d'inciter à une riposte des musulmans, sachant qu'un nombre important d'entre eux vont se mettre en colère et réagir avec véhémence, parfois même violemment.

Mais pourquoi semble-t-il que la plupart des musulmans se mettent facilement en colère contre ces attaques scandaleuses contre leurs symboles religieux?

Les sociétés laïques occidentales affirment que la plus grande valeur dans leur culture est la préservation et la sécurité de la vie humaine. Elles font valoir que cette doctrine a préséance sur tous les autres aspects de la vie. Alors que dans la culture islamique, la préservation de la vie humaine est certes sacrée, mais est cependant précédée par la sauvegarde de son système de croyance, à commencer par l'honneur de son prophète et de son texte sacré. En d'autres termes, la plupart des musulmans croient que la violence délibérée et la calomnie de leur prophète ou de leur livre saint est la forme suprême de violation de leurs droits humains. Néanmoins, les plus authentiques autorités religieuses islamiques ne cautionnent ni ne justifient aucune forme de violence dans l'expression d'une telle colère ou indignation légitime. Il est clair que dans un monde multiculturel, le maintien de la paix et de l'harmonie entre les communautés et les cultures exige que les gens comprennent et respectent, sans nécessairement l'accepter, le système de valeurs d'autres cultures, tant que celles-ci ne sont pas directement en contradiction avec leurs propres valeurs et principes les plus fondamentaux.

Alors, quand quelqu'un est pleinement conscient du système de valeurs de l'autre et sait quelles questions brûlantes sont susceptibles de générer une vague d'indignation, de tels actes délibérés devraient être désignés comme ce qu'ils sont réellement: la plus haute forme d'incitation à la haine.

Mais comment les USA peuvent-ils concilier la liberté de parole et des expressions artistiques qui incitent à détruire les relations humaines, sans violer leur principe le plus cher?

Une des limites à  la loi constitutionnelle US sur la liberté d'expression telle que protégée par le premier amendement est la doctrine des "appels à la violence" ou "propos incendiaires" ("fighting words"). Dans une affaire célèbre jugée en 1942, la Cour suprême a estimé à l'unanimité que "les propos injurieux ou incendiaires sont ceux qui, par leur énoncé même, infligent des blessures ou tendent à inciter une rupture immédiate de la paix". L'application d'un tel principe peut facilement conduire à l'équilibre nécessaire entre l'inviolabilité du principe de la liberté d'expression et l'exception restreinte où de tels discours provoquent une blessure massive susceptible de briser l'harmonie et la paix au sein de communautés, de cultures et de pays.

Mais qu'en est-il de la pratique de la liberté d'expression en Occident?

Les gouvernements occidentaux et les institutions de la société civile affirment que la liberté de parole, d'expression et d'association est la pierre angulaire du maintien de leur caractère démocratique. Chaque fois que quelqu'un cherche délibérément à enflammer la susceptibilité des musulmans à l'égard de leur prophète ou de leur livre saint, la liberté d'expression est invoquée pour défendre la cause du tumulte et rejeter ses effets comme une réaction irrationnelle. Ceci dit, la violence ne peut en aucun cas être une réponse acceptable à une attaque, si malveillante et épouvantable soit-elle.

Mais sur un plan plus fondamental, l'Occident croit-il vraiment en la liberté d'expression ou ne pratique-t-il pas le deux poids deux mesures quand il s'agit de sensibilités musulmanes? Vérifions.

Dans le secteur privé, lorsqu'il a été demandé à Google a demandé de retirer la vidéo YouTube hautement  inflammatoire, l'entreprise  a immédiatement et de manière correcte rappelé sa politique établie de longue date de soutien à la liberté d'expression, y compris de tout discours méprisé (même si elle a accepté à contrecœur de suspendre sa diffusion en Égypte et en Libye.) Mais comme la Jewish Press  l'a rapporté le 1er août, Google n'a eu aucun problème à supprimer 1 710 vidéos et à fermer les comptes affiliés parce que  "Un nombre important de ces vidéos concernaient la négation de l'Holocauste et la défense de négateurs de l'Holocauste".  Selon le journal, Google "a fermé la compte de l'utilisateur dans les 24 heures" suivant la réception de la plainte déposée par un groupe qui surveille l'antisémitisme en Australie.

En juillet 2011, Facebook a été contraint par les autorités israéliennes à  fermer les comptes de nombreux militants pour la Palestine. Israël s'est plaint que ces militants étaient en train de coordonner leurs plans de voyage en Israël pour y causer des perturbations. En réalité, les militants essayaient de diffuser une déclaration politique forte en ligne. Inutile de dire que le gouvernement israélien aurait pu facilement annuler les visas qu'il aurait délivré à ces militants ou les empêcher d'entrer dans le pays s'ils avaient effectivement entrepris le voyage. Il n'y avait pas d'appel à la violence de la part des militants pour justifier la fermeture de leurs comptes.

Les gens aux USA ne sont peut-être pas au courant de ces incidents où des discours de haine ou mal vus ont été censurés. Mais beaucoup de gens dans le monde musulman sont au courant de ces interventions qui vont à l'encontre des principes énoncés. De manière plausible, ils se demandent comment, si les étrangers comme le procureur général d'Israël ou un groupe de surveillance australien peuvent obtenir de Google ou Facebook de supprimer des vidéos ou des comptes, on peut affirmer que le président  ou le secrétaire d'État US ne peut pas faire des demandes similaires? Ils rappellent également qu'en 2009, la Secrétaire Clinton est intervenue de tout son poids pour peser sur les dirigeants de Facebook et Twitter au nom des militants du "mouvement vert" en Iran. Ce n'est pas un argument pour préconiser la fermeture de comptes ou le retrait de vidéos, mais simplement pour illustrer l'hypocrisie et le deux poids deux mesures pratiqué par des fonctionnaires et des conglomérats d'entreprises lorsqu'il s'agit de préoccupations de musulmans.

En outre, de nombreux pays européens ont promulgué des lois dans les trois dernières décennies qui criminalisent tout discours ou écrit remettant en cause la version officielle de l'Holocauste. En 1995, le philosophe français Roger Garaudy a publié son livre Les mythes fondateurs de la politique israélienne. Il a alors été accusé de négation de l'Holocauste et, par conséquent, le gouvernement français l'a fait inculper, et peu de temps après, les tribunaux ont interdit toute nouvelle publication de l'ouvrage. En 1998, Garaudy a été reconnu coupable, condamné à une peine de prison avec sursis de plusieurs années et à une amende de 240 000 francs.

En 2005, l'écrivain anglais David Irving a été arrêté en Autriche sur un mandat d'arrêt émis en 1989 pour négation de l'Holocauste. Il a été reconnu coupable de "banaliser, grossièrement minimiser et nier l'Holocauste", et condamné à trois ans d'emprisonnement.

Par ailleurs, le Britannique musulman Ahmed Faraz a été condamné en décembre 2011 à trois ans de prison à Londres après avoir été reconnu coupable de "diffusion d'un certain nombre de livres considérés comme publications terroristes." La publication que Faraz a été reconnu coupable de vendre dans sa librairie était le livre de 1964  Milestones [Ma'alim fi tarîq (Jalons sur la route), NdT], écrit par le défunt auteur égyptien Sayyid Qutb.

Mais le bilan récent du gouvernement US est beaucoup plus alarmant. En fait, depuis le 11 Septembre, des sentences draconiennes ont été prononcées sur des activités traditionnellement considérée comme relevant du premier amendement.

En 2004, deux opérateurs de télévision par satellite, Javed Iqbal (un résident de New York de plus de 25 ans) et Saleh Elahwal, ont été accusés par les procureurs fédéraux de "fournir un soutien matériel à une organisation terroriste étrangère" pour la diffusion à des clients US de la chaîne satellitaire du Hezbollah, Al Manar. Le FBI a également perquisitionné l' entreprise et la maison d' Iqbal "sur des soupçons de détention d' antennes paraboliques". En 2008, Iqbal a été reconnu coupable et condamné à 69 mois de prison.

Dans de nombreuses poursuites pénales après le 11 Septembre,  des musulmans ont été reconnus coupables et condamnés à des peines allant jusqu'à la détention perpétuelle pour avoir exprimé leurs opinions politiques, émis des fatwas (avis religieux), nourri des enfants, fourni du matériel éducatif, traduit des documents, téléchargé des vidéos sur des sites ouèbe ou chanté dans un groupe musical.

Dans un cas impliquant Tarek Mehanna, né aux USA, le professeur de Yale Andrew F. Mars a écrit dans le New York Times :"En tant que politologue spécialiste du droit et de la guerre islamique [sic, NdT], j'ai souvent lu, stocké, partager et traduit des textes et des vidéos de groupes djihadistes . En tant que philosophe politique, je débats sur le problème éthique de la mort donnée. En tant que citoyen, je tiens à exprimer vis-à-vis d' autres citoyens des vues, pensées et émotions sur le fait de tuer. En tant qu'être humain, il m'arrive de ressentir de la joie (j'ai honte de l'admettre) face à la souffrance de certains humains et de la colère face à la souffrance d'autres". Il poursuivait : "Au procès de M. Mehanna, j'ai vu comment ces mêmes actions peuvent constituer crimes fédéraux, parce que la condamnation de M. Mehanna a été basée en grande partie sur ce qu'il a dit, écrit et traduit".

Le Premier Amendement à la Constitution des USA fait partie des dix amendements ratifiés en 1791 et connus collectivement comme la Déclaration des Droits (Bill of Rights). Il stipule : « Le Congrès ne fera aucune loi pour conférer un statut institutionnel à une religion, (aucune loi) qui interdise le libre exercice d'une religion, (aucune loi) qui restreigne la liberté d'expression, ni la liberté de la presse, ni le droit des citoyens de se réunir pacifiquement et d'adresser à l'État des pétitions pour obtenir réparation de torts subis (sans risque de punition ou de représailles) »[Note de Tlaxcala]

Ce que ces exemples et bien d'autres illustrent, c'est que la protection des libertés constitutionnelles de parole, d'expression et d'association est pratiquée de façon sélective aux USA sur la base de jugements politiques. Les responsables US, des intellectuels publics et les faiseurs d'opinion se délectent en invoquant le premier amendement comme un principe inviolable quand  l'Islam ou ses symboles sacrés sont attaqués, pour ensuite trouver des rationalisations et des échappatoires juridiques lorsque des musulmans usaméricains pratiquent la liberté d'expression  de manière jugée répréhensible. Cependant, ce deux poids deux mesures n'échappe pas à la majorité des gens dans le monde musulman et à travers le globe.

Les critères pour juger si une société valorise et respecte la liberté d'expression, c'est quand ses membres les plus vulnérables, ceux qui pourraient être la cible de la majorité, se sentent en sécurité et libres de dire ce qu'ils pensent quand ils veulent sur n'importe quel sujet sans crainte, sans être intimidés et sans subir des répercussions négatives. En d'autres termes, pour savoir si aujourd'hui l'USAmérique honore la liberté d'expression, il faut poser la question à cent activistes musulmans usaméricains pris au hasard pour obtenir la véritable réponse.

En un mot, l'USAmérique n'aura de crédibilité en tant que champion et gardien de la liberté de parole et d'expression que quand les pensées, les discours, les écrits, les fatwas, les traductions, la poésie, et la navigation sur le ouèbe de Mehanna et de ses collègues ne seront pas criminalisés. Seulement alors, quand ils seront remis en liberté, elle pourra regagner ce titre de gloire.

Source: http://www.counterpunch.org/2012/09/14/america-and-the-muslims/
Date de parution de l'article original: 14/09/2012
Traduit par  Tafsut Aït Baamrane تفسوت أيت باعمران

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Sep 2012 à 23:27

Manifestations antiaméricaines: journée de violences au Pakistan

Après la Libye, l'Egypte et la Tunisie, les manifestations contre le film Innocence of Muslims mais surtout contre les Etats-Unis ont gagné avec violence le Pakistan. Les émeutes ce vendredi ont fait 17 morts et plus de 200 blessés.

Dans deux grandes villes du pays, Karachi au Sud et Peshawar au Nord Ouest, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé après la grande prière. Des manifestations qui ont parfois dégénéré en violences. Des manifestations plus impressionnantes par la violence que par le nombre, elles ont rassemblé 50 000 personnes maximum dans un pays qui en compte près de 200 millions. C'est après la prière que les manifestations ont viré à l'émeute, sous l'impulsion d'Imam intégristes et des partis jihadistes.

Les manifestants s'en sont pris particulièrement aux cinémas qui ont été incendiés. A Karachi où les combats ont été les plus violents, 12 personnes, dont un policier, ont été tués et plus de 100 ont été blessées. Les manifestants ont aussi incendié trois cinémas, trois banques et un établissement d'une chaîne américaine de restauration rapide, selon la police.

Les Pakistanais accusent le gouvernement d'être responsables de ces violences. Le Premier ministre pakistanais Raja Ashraf avait presque appelé en début de journée la population à manifester, certes pacifiquement, tout en condamnant fermement le film américain, une "attaque inacceptable" contre "le Prophète".

Source


À propos de la liberté d’expression

 
 
Résistance politique

Charlie Hebdo publie des dessins d’essence coloniale. Il tourne en dérision les peuples qu’il estime devoir être soumis. Le message est : « riez de mes dessins ridicules, musulmans fanatiques, et soumettez-vous ». Manuel Valls, homme d’humour bien connu, proclame, sans rire, que la caricature est un « droit fondamental ». Cela s’appelle la liberté d’expression, selon ces beaux messieurs.

La liberté d’expression est pourtant loin d’être un droit absolu. La loi la limite, parfois à juste titre. Par exemple, vous connaissez l’expression : « le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit ». De même, il est interdit d’appeler au meurtre. Quand Laurent Fabius exprime son opinion : « Bachar El Assad ne mériterait pas d’être sur terre », c’est clairement un appel au meurtre, selon une méthode d’extrême-droite. C’est tout à fait interdit, en principe (mais les principes, il s’en tape !). Et puis, il y a les lois dites « mémorielles », qui non seulement interdisent d’exprimer une opinion, mais interdisent même toute recherche historique sur les sujets concernés.

En dehors même de la loi, les médias qui pratiquent au quotidien la liberté d’expression de positions coloniales, sont d’une extrême vigilance sur les opinions hérétiques. Par exemple, essayez de dire, dans des médias de quelque importance, que vous avez un doute sur l’explication étasunienne du 11 septembre ? Certains s’y sont laissés aller, comme Marion Cotillard, Jean-Marie Bigard, ou Thierry Meyssan, et en ont eu, immédiatement, à subir les foudres de l’excommunication. Les bien-pensants ont un mot pour définir les hérétiques : ce sont des complotistes ! (ou des rouges-bruns si vous voulez…)

En fait, la liberté d’expression à la sauce Charlie Hebdo, Manuel Valls et leurs amis, n’est qu’un droit à l’insulte. Et ceux qui sont offensés sont priés de ne pas réagir, sinon gare ! « Les manifestations de protestation sont interdites, et les organisateurs seront recherchés », explique le premier ministre. Si vous n’êtes pas contents, portez plainte, terroristes ! Et la justice coloniale s’occupera de vous !

Remarquons quand même que les populations musulmanes n’ont aucunement besoin de caricatures volontairement offensantes ou de vidéos volontairement provocatrices pour être révoltées contre l’impérialisme. Les faits suffisent. Ces faits ont des noms : Palestine, Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, Iran.

Mais quel est alors le but de ces provocations ? C’est à l’usage des populations occidentales, assez portées sur la suffisance. Pour leur faire croire que les révoltes dans les pays arabes ont pour origine, non pas ces causes réelles et sérieuses, qui s’appellent agressions et pillages, mais une vidéo ridicule, et que personne n’a vue, ou trois dessins d’un hebdo qui ne dépasse pas le cadre hexagonal. Histoire de dire : mais qu’est-ce qu’ils sont susceptibles ces arabes !

Mais les peuples du monde, y compris occidentaux, vont devoir choisir leur camp. Et la suffisance et le racisme sont mauvaises conseillères.

D.R.

www.resistance-politique.fr/ Collectif PCF.


Captive : l’islamophobie peut aussi fleurir dans la jungle philippine.

 
 
 

Le dernier film de Brillante Mendoza, Captive, a beau être désordonné (reproche qui revient souvent dans les critiques), il est de bout en bout cohérent sur un point : c’est un pamphlet anti-musulman, qui semble trop bien coordonné avec l’offensive qui a éclaté de façon scandaleuse avec L’Innocence des musulmans pour être fortuit. Les scènes d’affrontement avec l’armée ont été tournées, "dans un souci de vérité", avec de vrais soldats de l’armée philippine, qui apparaît au générique - mais quand l’armée philippine se montre, l’armée états-unienne n’est pas loin.

Sur la valeur artistique du film, il est inutile de s’étendre : "une psychologie de comptoir" Critikat.com), "Pas si brillant, Brillante" (20 Minutes), "tendances de plus en plus prononcées à la surenchère et au manichéisme" (TF1 News), "un documentaire sur (...) l’enlèvement d’une actrice par son cinéaste" (Les Cahiers du Cinéma). Parlons donc du point de vue de l’auteur et de ses intentions. Le film montre "une multitude de détails liés à la vie en elle-même et à la survie" (c’est ce que l’auteur lui-même veut mettre en avant). On pouvait donc s’attendre à un film plein d’empathie et humaniste montrant otages et geôliers en proie aux mêmes problèmes de survie dans la jungle. Las ! on est loin du compte. Certes, on voit un terroriste découvrir la maison de sa famille (une cabane) ravagée et vide, un enfant-soldat expliquer son enrôlement par le massacre de sa famille (par qui ? pourquoi ?). Ce sont sans doute de tels détails qui font dire à une critique qu’il n’y a pas de point de vue dans le film. En réalité, au-delà de ces touches isolées et inopinées destinées à prouver l’objectivité de l’auteur, tout le film développe une vision manichéenne centrée sur le personnage de Thérèse Burgoine, l’humanitaire française (Isabelle Huppert). Même quand elle essaie de se rapprocher de l’enfant-soldat, c’est à partir d’une attitude paternaliste : elle ne laisse jamais oublier qu’en tant que Blanche européenne elle est porteuse de valeurs universelles qui la légitiment pour essayer de catéchiser Hamid : elle lui fait remarquer que son arme est trop lourde pour lui (on se croirait revenu dans la polémique sur les cartables trop lourds) et qu’elle fait trop de bruit pour ses "oreilles de bébé" (là c’est la vieille fille de voisine qui, dans Mon Oncle, bêtifie pour se mettre à la portée du neveu de Monsieur Hulot. Tous les dialogues auxquels prend part Thérèse, à grand renfort de grimaces huppertiennes, sont de la même eau). Peine perdue : Hamid se révélera être une petite brute fanatisée : alors que Thérèse en état de grâce, voit s’envoler un merveilleux oiseau, le sarimarok, symbole de paix (lesté de gros sabots), il la braque avec sa kalachnikov et lui ordonne de rejoindre les autres ; le musulman est insensible aux symboles.

Au fil des errances dans la jungle, on va ainsi voir défiler tous les clichés anti-musulmans : à chaque action violente, les terroristes crient en choeur : "Allahou akbar !" en brandissant leurs kalachnikovs et remercient Dieu le Tout Miséricordieux qui leur "montre la bonne voie" ; quand ils pénètrent dans un hôpital catholique pour y chercher refuge, leur chef prend soin de démolir une statuette de la Vierge à coups de crosse (depuis l’opération médiatique des Bouddhas de Bamian, on connaît le goût des Musulmans pour le vandalisme ; les Occidentaux, eux, se contentent de balancer sur les civils des bombes humanitaires) ; quand le chef lit des versets du Coran en arabe, un otage américain nous informe que ces gens sont trop frustes pour comprendre ce qu’ils lisent (c’est ainsi que, dans Des Hommes et des dieux, le Père Christian connaît mieux le Coran que les maquisards et est seul en mesure de l’interpréter correctement). Mais on va encore plus loin dans l’odieux lorsque les terroristes découvrent la caisse de Bibles de Thérèse et la balancent par-dessus bord : "poids inutile" ; dans la réalité, les sacrilèges sont le fait d’Occidentaux qui pissent sur des Corans ou s’amusent à les brûler dans les pays qu’ils ont attaqués et qu’ils occupent. Mais cet épisode révèle aussi l’intervention d’un scénariste américain ou américanisé totalement ignorant des réalités françaises : selon le film, tous les humanitaires français seraient motivés par la foi (on pourrait croire que la France est un royaume théocratique) ; en outre, ce ne sont pas les catholiques qui emportent partout et distribuent des piles de Bibles : c’est là une spécificité protestante, et on en apprend ici davantage sur la situation d’acculturation des Philippins que sur la France ; catholiques, les Philippins subissent, depuis leur annexion (pratique sinon officielle) par les Etats-Unis une influence culturelle, linguistique et religieuse massive.

Mais le comble est atteint dans deux autres épisodes : lorsque l’amie de Thérèse meurt, les terroristes veulent l’abandonner sans sépulture ; aussitôt, révolte des Chrétiens : "Nous, nous enterrons nos morts !" et fières déclarations des Musulmans : "Nous, nous n’enterrons pas les Chrétiens !". Là encore, c’est une dénégation de la réalité, remplacée par des slogans de propagande : combien d’exemples, dans la réalité, de corps musulmans profanés par les Occidentaux ; le souvenir de Kadhafi, tué comme un chien, et déclenchant, en guise de discours funèbre, les rires de hyène d’Hillary Clinton est encore frais. Enfin, on ne nous épargnera pas le cliché du mariage musulman d’urgence, censé permettre au guerrier musulman en campagne d’assouvir ses besoins, dont les medias nous avaient abreuvés, il y a 20 ans déjà, à propos des terroristes algériens du GIA (dont seuls les medias ignorent encore qu’ils étaient manipulés par l’armée algérienne). Il faut reconnaître qu’il est traité dans le film comme un vrai mariage : les chefs terroristes restent fidèles à leurs femmes-otages qui, en retour, se prennent d’affection pour eux. Mais alors intervient Thérèse dans son rôle de commissaire politique pour leur faire honte ; le film donne une "version équatoriale du syndrome de Stockholm", écrit un critique : en effet, le spectateur doit être convaincu que de telles sympathies entre otages et terroristes vivant ensemble pendant plus d’un an sont contre-nature et ne peuvent être dues qu’à la faiblesse d’esprit des Philippines ainsi séduites (seule la femme blanche reste ferme sur ses principes même dans les pires situations).

La "multitude des petits détails" ne peut donc cacher la cohérence anti-musulmane de l’ensemble. Par contre, elle a complètement fait perdre de vue au cinéaste la situation politique des Philippines. Hors quelques allusions à la Présidente (Cory Aquino), on ne saura rien du contexte de la guerilla d’Abu Sayyaf, qui semble s’être déclenchée sur un coup de tête de quelques illuminés ! Captive adopte le point de vue contraire du Colombien H. Morris qui, dans Impunity, choisissait, à propos des Farc, de montrer l’envers des "violences" de la guerilla, c’est-à-dire le génocide perpétré par l’armée sur les paysans ; ou encore d’A. Weerasetakul qui, dans Oncle Boonmie, faisait passer, au milieu d’images oniriques, des références aux massacres de communistes par le régime thaïlandais. En fait, comme dans le cas des FARC, on a affaire aux Philippines à une guerre de plus de 40 ans, ponctuée de massacres de l’armée, sur un fond de misère et d’injustice sociale. Il faudrait aussi replacer les Philippines dans leur contexte géographique : le Nord est un îlot catholique au milieu d’une mer bouddhiste (Chine) ou musulmane (Malaisie, Indonésie), tandis que le Sud, la grande île de Mindanao et le chapelet d’îles qui la prolongent vers l’Ouest sont à majorité musulmane et regardent vers la Malaisie et l’Indonésie.

Plutôt que l’appréciation du critique du Monde, qui parle d’"intelligence politique aiguë" (!), je retiendrais donc plutôt celle, de Clémentine Gallot pour le magazine Trois couleurs : "le cinéaste s’"égare dans une errance terne et pesante faisant de sa fiction historique un objet curieux tant il est peu politique".

Qu’est-il donc arrivé à Brillante Mendoza , lui si percutant dans Kinatay (2009) et si humain et émouvant dans Lola, odyssée, dans une Manille inondée par la mousson, de deux grands-mères Courage qui tiennent chacune sa famille à bout de bras ? Peut-être veut-il en faire trop : après avoir présenté cet été Captive au Festival de Berlin (sans succès), il présente Thy Womb à la Mostra, ce qui, apparemment, l’oblige à recycler des séquences d’un film à l’autre : l’accouchement filmé en gros plan, et totalement hors sujet, dans Captive, dans l’épisode de l’hôpital, fournit la première scène de Thy womb !

La liberté d’expression, dans l’Empire, semble de plus en plus se borner à ridiculiser ou rendre odieux les musulmans et le cinéma sert à une propagande répétitive qui finit par produire asphyxie et nausée.

Pour finir sur une bouffée d’air pur, rappelons qu’on peut toujours voir La Part des Anges.

Rosa Llorens



Edité par T 34 - 23 Sep 2012 à 17:46
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Caricatures, la forme et le fond

 

On ne l’aura peut-être pas remarqué, mais c’est à peu près au moment où la justice française interdisait, dans un consensus quasi général, au magazine "Closer" de diffuser les photos de la princesse Kate les seins nus, que le journal satirique français "Charlie Hebdo" faisait paraître ses caricatures avec là aussi, le nu comme procédé de provocation du dessin. De nouveau consensus quasi général dans la classe politique et la presse françaises, mais… sur la liberté d’expression.

Certes, on pourra dire qu’il s’agit d’un côté d’une personne en vie et de l’autre d’un personnage ayant vécu au 7eme siècle, mais pour les musulmans, le Prophète est vécu comme une réalité vivante et permanente.

On pourra reprocher aux manifestations de protestation ayant eu lieu en France ou dans d’autres pays occidentaux d’être tombées dans le piège de la provocation et d’être bien maladroites. Oui, mais elles auront montré aussi combien cette liberté d’expression était à deux vitesses et ne concernaient pas les citoyens musulmans, du moins sur certains sujets qui révèlent régulièrement les limites actuelles de la démocratie occidentale. A cet égard, la déclaration, faite le 16 Septembre par le ministre de l’intérieur français Manuel Valls est édifiante : "je ne permettrai pas, dit-il à propos de la manifestation de la veille devant l’ambassade américaine à Paris, (….) que des slogans hostiles à des pays alliés (...) puissent se faire entendre dans nos rues." Les manifestations sont donc permises suivant les ambassades concernées et l’identité des manifestants ? On se souvient des grandes manifestations antiaméricaines à Paris, de la guerre du Vietnam à l’invasion de l’Irak. Les temps ont bien changé ainsi que la conception de la liberté d’expression et de manifestation en France. Toutes proportions gardées, il y a même un relent de l’état d’esprit avec lequel étaient regardées les manifestations algériennes à Paris, un certain 17 Octobre 1961, où il était clair que le droit à manifester était un droit réservé. Prenons garde à la réédition de ces moments sombres de l’Histoire.

On se trouve finalement dans une situation où manipulations et provocations s’enchevêtrent et peuvent aboutir à "une situation que personne n’a voulu mais à laquelle tout le monde a participé" pour paraphraser ce que disait un grand historien. S’il y a volonté de manipulation dans le film anti-islam "Innocence of Muslims", réalisé et produit aux Etats Unis, il faut rappeler aussi que les manipulations peuvent aussi se retourner contre leurs auteurs. Les situations sont différentes dans chaque pays musulman et donc la nature et la signification réelle des réactions et des manifestations. Ceci explique d’ailleurs qu’en Occident même, certains, dans les milieux politiques, commencent à désapprouver la provocation du journal français "Charlie Hebdo" car ils s’inquiètent d’une situation aux conséquences imprévisibles.

En Afghanistan, les manifestations contre le film anti-islam sont aussi des manifestations contre l’occupation des américains et de leurs alliés. Au Pakistan, aussi, l’émotion causée par ce film se mêle à l’hostilité contre la présence militaire américaine. En Iran, elle révèle les mêmes sentiments nationalistes face aux pressions militaires et économiques des grandes puissances occidentales. En Palestine, les manifestations contre ce film s’unissent à la mobilisation contre l’occupation israélienne.

On touche ainsi à un problème de fond. Il est faux de ne voir dans les manifestations religieuses que des causes religieuses. C’est tourner dans le cercle vicieux qui consiste à expliquer une chose par elle-même, la religion par la religion, l’islamisme par l’islamisme, et se priver de voir les causes sociales, donc politiques. Si l’habit est religieux, si la forme est religieuse, le fond lui est social. Il s’exprime avec d’autant plus de force sous la forme culturelle de l’Islam que celui-ci s’identifie dans les peuples musulmans à des aspirations à la dignité nationale ou sociale. En Europe, entre autres exemples, l’Eglise polonaise tirait son influence et son prestige du fait qu’elle s’était toujours confondue avec les aspirations nationales populaires contre la domination étrangère. Qu’on regarde bien, mais dans chaque manifestation populaire qui prend la forme religieuse de l’Islam, il y a une nation qui est agressée, il y a une communauté musulmane qui se sent humiliée, marginalisée dans le pays où elle vit. Et alors là, si on le voit bien, le discours anticlérical et laïque français de gauche sur la lutte pour la tolérance et contre le fanatisme religieux ne servira plus à cacher, et même à légitimer, comme à la période coloniale, d’autres intolérances et d’autres dominations d’autant plus inhumaines qu’elles font que ceux qui sont dominés, que les victimes finissent souvent, hélas, par être la caricature de l’image qu’en dressent leurs bourreaux.

D.L

Paru dans Le Quotidien d’Oran du 23 Septembre 2012.

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Sur les films anti-musulmans, les caricatures et mon voisin à Gaza

Par emcee le vendredi 28 septembre 2012, 00:17 - Moyen Orient - Lien permanent

par Ramzy Baroud / 26 sept. 2012

Cet instant décisif

Il y a très longtemps de cela, un de mes voisins d'un camp de réfugiés de Gaza était un blasphémateur "par excellence" (en fr. dans le texte).
Sans travail, comme la plupart des habitants du camp, il était extrêmement pauvre. Il avait d'énormes responsabilités familiales, et, malgré cela, les longs couvre-feux imposés par l'armée israélienne l'empêchaient de trouver du travail, a fortiori de s'aventurer hors de sa misérable maison à une seule chambre pour tirer sur des cigarettes bon marché, qu'il empruntait souvent à un autre voisin.

afghanistan_manif_contre_video_antiislam_.jpg


manifestation en Afghanistan contre la vidéo

Quand la vie devenait si dure que Ghassan ne voyait plus comment faire face, il allait dans la cour de sa maison et hurlait les insanités les plus inventives contre tout ce qui était sacré. Ses hurlements se terminaient souvent par des cris étouffés et des larmes, surtout quand il se rendait compte qu'il avait franchi les limites permises en maudissant tout ce qui était sacré, y compris dieu, les prophètes (aucun en particulier) et tous les textes sacrés.
Mais quand les soldats israéliens, après avoir sorti de force Ghassan de chez lui, lui ont ordonné de maudire Allah et d'insulter le prophète Mohammed — sinon, ils allaient le passer à tabac – il a refusé obstinément.
Non pas que cet homme ne faisait aucune concession – il avait déjà marché à quatre pattes, aboyé comme un chien et craché contre sa volonté sur le portrait de Yasser Arafat. Ghassan avait raconté cette histoire maintes fois, même longtemps après que les cicatrices sur son visage avaient disparu et qu'il pouvait se servir normalement du bras qui avait été cassé.
Et en un temps record, il revenait à ses blasphèmes habituels chaque fois que les aléas de la vie le poussaient à dépasser les limites.
Pendant les couvre-feux, les soldats s'ennuyaient souvent. Quand tous les réfugiés étaient enfermés chez eux et qu'aucun jeune lanceur de pierre ne les narguait dans les ruelles du camp, les soldats défonçaient quelques portes branlantes et trompaient leur ennui en humiliant des malheureux refugiés. C'était une pratique très répandue et récurrente. Les hommes et les garçons se pliaient souvent à toutes sortes d'injonctions, mais restaient inébranlables quand il s'agissait de Dieu et du prophète. Il y a eu de nombreux os brisés à cause de cela. Un nombre incalculable.
Les personnages et symboles religieux et spirituels constituent souvent le dernier espoir auquel s'accrochent avec une totale férocité les gens pauvres, humiliés et privés de tous les droits, car cet espoir est leur dernière ligne de défense. Sans cela, tout est fichu.
La Palestine a souvent servi de microcosme pour des maux à plus grande échelle, ce que les musulmans voient comme étant le fond du gouffre de leur humiliation collective, et qui dure depuis des générations. Même si la solidarité des musulmans avec les Palestiniens est souvent enveloppée dans les symboles et les slogans religieux, en réalité, c'est la dégradation de l'individu (en tant que représentation de l'Oumma — la nation) qui les perturbe le plus.
La Palestine, toutefois, n'est plus le seul "fond du gouffre". Au cours de ces quarante dernières années, d'autres pays musulmans ont rejoint une liste qui s'allonge sans cesse: l'Afghanistan, l'Irak, le Yémen, le Soudan, la Somalie, la Libye etc.
Insulter les symboles de l'islam représente ce point de rupture pour de nombreux musulmans. Le phénomène est trop évident pour qu'on passe à côté. Bien avant que les "Versets Sataniques" de Salman Rushdie ne deviennent une "cause célèbre" (en fr. dans le texte) parmi les gouvernements et les intellectuels occidentaux, prétendument très attachés à protéger la "liberté d'expression" des attaques des hordes de musulmans vindicatifs, les affronts aux musulmans ont réussi, d'une manière ou d'une autre, à perdurer à toutes les phases du politiquement correct qu'ont connues les pays occidentaux ces dernières décennies.
Il n'est guère surprenant que la dernière vidéo anti-Islam – l'Innocence des musulmans - ait été réalisée par un pornographe encouragé par des haineux d'extrême-droite et soutenu par ces "intellectuels" bien-pensants qui applaudissent à chaque aventure militaire US dans les pays musulmans. Ceux qui se servent du film, et de toutes les violences et de la colère qu'il a engendrées, pour prêcher la "liberté d'expression" et le reste, sont soit volontairement ignorants, soit n'ont aucune notion du contexte politique derrière tout cela.
De même, ce n'est pas l'acte unique de la publication par le journal danois "Jyllands-Posten" des caricatures insultantes de Mohammed en 2005, ni les bouffonneries du pasteur Terry Jones qui avait brûlé le coran en 2010, qui ont mis de nombreux musulmans en fureur.
C'est l'identité des auteurs — en tant qu'occidentaux, qu'Américains — qui plaçait ces insultes dans un contexte politique déjà insoutenable : les violences sexuelles et physiques envers des prisonniers irakiens à Abu Ghraib, la démence de la prison de Bagram en Afghanistan, la torture et l'emprisonnement illégal de prisonniers musulmans à Guantanamo, les millions de morts, de blessés, de déplacés et mille autres exemples de ce type.
Ceux qui cherchent à tout prix à mettre la "fureur des musulmans" (comme titrait en couverture un numéro récent de Newsweek) sur le compte d'une discussion futile sur la liberté d'expression ne font que tout embrouiller.
Les caricatures injurieuses visant le prophète Mohammed ont été publiées dans de nombreux pays, y compris en Afrique, en Amérique du sud, et même dans certains pays arabes. Il n'y a pas eu de tollé.
Le Mail and Guardian d'Afrique du sud est bien connu pour ses provocations, destinées à retenir à tout prix l'attention internationale. En 2010, peu de temps avant la Coupe du Monde, le dessinateur Jonathan Shapiro espérait devenir une star internationale en publiant une caricature insultante dans ce même journal, mais sans succès. Seules les communautés musulmanes locales avaient réagi, et la question était plus ou moins passée à la trappe.
Pourquoi?
Serait-ce que les musulmans sont plus tolérants envers la liberté d'expression au Chili, en Estonie et au Pérou, qu'aux Etats-Unis, au Danemark et en France? Ou, ne serait-ce point que les premiers ne sont engagés dans aucune des guerres qui continuent d'humilier les musulmans, les poussant à bout comme mon ancien voisin à Gaza?
Au moment même où les manifestations prenaient de l'ampleur, une frappe de l'OTAN tuait, le 16 septembre, huit femmes dans la province afghane de Laghman. Des milliers d'Afghans en colère, impuissants devant ces attaques mortelles récurrentes, défilaient dans les rues, en pleurs, scandant des slogans antiaméricains, brûlaient des drapeaux US, etc. leur "fureur" contre le film étant accrue par cette frappe mortelle.
Rares ont été ceux dans les grands médias qui ont même pris la peine de relier ces deux événements, comme si l'objectif n'était que d'affirmer que les musulmans sont des gens irrationnels et que leur logique fallacieuse n'est pas digne de considération.
Quand j'ai vu des Pakistanais, des Afghans, des Yéménites, des Libanais et d'autres manifestants se rassembler contre la provocation constante qui émane des pays occidentaux, je n'ai pu m'empêcher de penser à Ghassan.
Il n'y a pas beaucoup de différence entre exiger que les musulmans deviennent plus "tolérants" quand leurs symboles les plus sacrés sont profanés, alors que la fumée des bombes de l'OTAN continue de boucher l'horizon des Afghans et des Pakistanais, et exiger qu'un homme sans emploi, brisé et qui a perdu tout espoir, se mette à quatre pattes, aboie comme un chien, ou répète des insultes visant le prophète Mohammed.
Aussi peu révérencieux qu'était Ghassan vis-à-vis de la religion, cet épisode montrait son humanité-même. Il avait refusé d'obéir aux soldats, et les coups s'étaient mis à tomber.

Ramzy Baroud est écrivain et journaliste. Son dernier ouvrage est The Second Palestinian Intifada: A Chronicle of a People's Struggle (Pluto Press, London).

traduction emcee - des bassines et du zèle

source : On Anti-Muslim Films, Cartoons and My Gaza Neighbor / That Defining Moment

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Sep 2012 à 20:35

Le producteur du film qui a offensé l’Islam est arrêté aux Etats-Unis

Washington, 29 septembre (RHC-PL)- Basseley Nakula, producteur du film vidéo qui a blasphémé sur l’Islam et son prophète Mahomet,a été arrêté dans la ville californienne de Los Angeles, pour avoir violé les conditions de sa liberté conditionnelle  imposée en 2010.

Un communiqué du parquet a précisé que Nakula avait passé 21 mois en prison, pour avoir été déclaré coupable de fraude bancaire, avant que le changement de mesure lui soit appliqué.

 Le parquet a expliqué qu’on n’a pas autorisé le  détenu à avoir accès ni à des ordinateurs ni à Internet sans une autorisation, au préalable, des autorités judiciaires.

 Il a été aussi décidé d’annuler la liberté conditionnelle de   Nakula après avoir divulgué la bande- annonce de la cassette vidéo « L’innocence des Musulmans », laquelle a entraîné un fort mouvement de protestations dans les pays islamiques de l’Afrique du nord et du Moyen Orient.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Oct 2012 à 11:47

Non aux provocations racistes islamophobes sous couvert de "liberté d'expression"!

 

 
 
Film "Innocences des musulmans", caricatures de Charlie Hebdo, "droit au blasphème", interdiction de manifester pour les musulmans en lutte contre l'islamophobie...
 

Lois contre le foulard à l’école ou contre les nounous voilées, débats « républicains » sur « l’identité nationale », propagande officielle anti-halal, amalgames de plus en plus proches de ceux pratiqués par le Front National sous couvert de « défense de la laïcité »… certains auraient pu croire ce temps révolu, une fois installé à l’Elysée le nouveau président prétendument du « changement » s’inscrit bel et bien dans la continuité…
C’est oublier un peu vite que le racisme n’est pas un simple défaut moral quand il est organisé dans les hautes sphères de l’Etat : L’islamophobie, c’est en effet aujourd’hui ce qui se fait de mieux en matière d’idéologie bourgeoise dominante pour diviser et affaiblir notre classe ouvrière et notre peuple, multiculturel, multicolore et multiconfessionnel dans son refus collectif de payer la crise du système capitaliste.

Chaque fois qu’un recul démocratique doit être entériné, chaque fois qu’une nouvelle guerre coloniale doit être déclarée, la bourgeoisie impérialiste et ses médias nous enfument d’une diversion provocatrice pour voiler ses désastres sociaux et ses crimes en préparation. Valls ne vient-il pas d’annoncer leur intention d’abandonner la promesse du droit de vote des résidents étrangers ? Avec ce ministre de l’Intérieur, ce représentant de l’aile droite du PS admirateur de DSK et de Tony Blair, la continuité de la ligne sécuritaire et répressive de Sarkozy-Guéant est assurée : chasse aux Roms, chasse aux Sans Papiers, interdiction pure et simple des manifestations de musulmans français contre les provocations islamophobes de droite et de « gauche ». La continuité dans le changement, c’est aussi l’annonce d’un « patriote-act à la française » qui comme en 2005 va bafouer le droit constitutionnel de manifester et stigmatiser les citoyens et travailleurs musulmans. Rappelons que c’est avec de telles mesures discriminatoires qu’a été commis à Paris le massacre du 17 octobre 1961 contre les Algériens.

Parallèlement, la presse officielle, au service de ce pouvoir de gauche bourgeois impérialiste, avec en avant-poste le journal pro-PS Charlie Hebdo, élabore jour après jour une stratégie de la tension en insultant délibérément les musulmans et leur foi, sous couvert de « liberté d’expression » et de « droit au blasphème »… On accuse les militants qui ont sifflé, à la fête de l’Huma, l’ex-chroniqueuse de Charlie Hebdo, Caroline Fourest, d’islamistes violents. La presse écrite et télévisée fait passer les protestations populaires des pays musulmans contre le film insultant américain pour des scènes d’hystérie collective « antioccidentale »… tout en cachant les vrais « intégristes », ceux qui sont alliés à l’occident impérialiste, d’Al Qaïda aux mercenaires de l’ASL en Syrie en passant par le Qatar et l’Arabie Saoudite, qui accomplissent les basses besognes de l’Etat-major euro-étatsunien en Libye, au Mali, en Syrie, et bientôt au Liban, en Iran, en Algérie… à savoir liquider les régimes laïcs au profit des dictatures intégristes inféodées. Pendant ce temps on banalise, on dédiabolise sciemment les mouvements fascistes de plus en plus actifs et brutaux, luttant contre le « multiculturalisme » en France et en Europe ! Pendant ce temps on fait ainsi le lit du FN xénophobe fasciste.

L’anticléricalisme historique légitime du mouvement ouvrier et démocratique, c'est à dire la lutte contre le clergé, instrument de pouvoir des classes dominantes depuis des siècles, est aujourd'hui instrumentalisé par la bourgeoisie et ses serviteurs politiques contre l'islam, religion d'une partie de la classe ouvrière et de la Nation, afin d'affaiblir la lutte de classe des travailleurs.

Germanophobe avant la première guerre mondiale, antisémite, anticommuniste et antisoviétique pendant la guerre froide, la propagande impérialiste est aujourd’hui principalement islamophobe et antichinoise pour préparer « l’opinion » à une prochaine guerre mondiale contre les pays émergeants et les peuples opprimés du Sud.

Nous ne sommes pas dupes de ces opérations et provocations bien calculées : La bourgeoisie cherche à détourner notre attention de la crise qu’elle nous fait subir, prépare la guerre sociale contre un prétendu ennemi de l’intérieur, musulman ou simplement croyant, et la guerre impérialiste à l’extérieur contre un prétendu « axe du mal ». Ils veulent nous diviser pour mieux régner ? Unissons-nous pour les combattre !

Français, immigrés, croyants, non croyants, tous ensemble contre les vrais intégristes de l’argent : Union Européenne, USA, Israël et leurs valets Qataris et Saoudiens ! Tous ensembles pour dire : NOUS NE PAYERONS PAS LA CRISE DU CAPITALISME !

 
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L’Islam et la liberté d’expression

Frei Betto

L‘INNOCENCE des musulmans est le titre du film usaméricain dirigé par un tel Sam Bacile, qui diffame le poète Mahomet et qui est une offense à tous ceux qui professent la foi musulmane.

Qui est vraiment Sam Bacile ? On l’ignore. Peut-être par crainte de représailles, il s’est réfugié dans l’anonymat. On soupçonne que ce monsieur et le producteur du film Nakoula Basseley Nakoula, un chrétien copte vivant en Californie sont la même personne.

Les scènes du film vont de la grossièreté à la pornographie. Dans une scène, une femme dit : « J’ai 120 ans et je n’ai jamais vu un être aussi odieux que Mahomet. Un assassin qui tue des hommes, capture des femmes et des enfants, vole des caravanes et vend les enfants comme esclaves après en avoir abusé ».

Connaissez-vous un chrétien qui aimerait entendre des propos pareils à l’égard de Jésus-Christ ? Où un Juif à l’égard de Moïse ou de David ?

La diffusion de certains extraits du film sur Internet a tout de suite suscité une vague de protestations dans les pays musulmans. Et l’ambassadeur des États-Unis en Libye a été assassiné. Des sièges diplomatiques de certains pays occidentaux ont été attaqués et incendiés en Égypte, en Tunisie, en Iran, au Yémen et au Bangladesh.

Le film de Sam Bacile est, bien évidemment, une offense grave à tous ceux qui croient en Mahomet en tant que porteur de révélations divines. Hillary Clinton, secrétaire d’État des États-Unis, a qualifié ce film de « répugnant et condamnable », mais elle a ajouté que les USA se doivent de respecter la liberté d’expression…

Supposons qu’on diffuse sur Internet un film montrant Monica Lewinsky pratiquant le sexe oral avec Bill Clinton. Comment réagirait Hillary ? Vous avez dit liberté d’expression ?

Pourquoi la famille royale britannique n’agit-elle pas avec la même logique qu’Hillary Clinton et interrompt-elle pas le procès judicaire contre Closer, la revue française qui a osé publier des photos topless de Kate Middleton sur une plage privée? Ne faut-il pas respecter la liberté d’opinion ?

Toute liberté a des limites : le respect de la dignité et des droits d’autrui. Nul n’a le droit d’insulter des célébrités, d’éviter de payer ses impôts ou d’insulter la progéniture de quiconque. Certaines attitudes négatives pourraient même être légales, comme tourner des films pornographiques, mais elles sont indécentes et injustes.

Comment réagiraient les Cariocas, résidents ou natifs de la ville de Rio de Janeiro, s’ils voyaient tout à coup le Christ du Corcovado avec le visage recouvert d’un masque du diable ? Liberté d’expression ?

Depuis la destruction des tours jumelles, à New York, en 2001, les États-Unis inoculent à leur population de profonds préjugés à l’encontre des musulmans. Ce bouillon de culture encourage la production de films comme celui de Sam Bacile. Au lieu d’envoyer des soldats protéger les missions diplomatiques étasuniennes à l’étranger, la Maison-Blanche ferait mieux de présenter ses excuses officielles aux musulmans et de faire retirer ce film de la circulation.

La liberté doit être nécessairement contextualisée. On peut aller à la plage en « string » ou en bermudas. Mais pas au travail ou à l’église. Aujourd’hui je peux critiquer les dieux de l’Olympe grec et la promiscuité sado-masochiste dans laquelle ils vivaient ; mais cela aurait été très grave si je l’avais fait à Athènes quatre siècles avant Jésus-Christ.

La Constitution brésilienne est assez large en ce qui concerne la liberté d’expression. Elle précise dans son article No 5 : « C’est la libre manifestation de la pensée, l’anonymat étant interdit ».

Pourquoi Sam Bacile se cache-t-il dans l’anonymat ? Parce qu’il sait qu’il a commis une grave offense et il ne veut pas en assumer les conséquences. (Fragments tirés d’Adital)

 

Printemps arabe, fureur musulmane

Par emcee le vendredi 5 octobre 2012, 00:26 - Moyen Orient - Lien permanent

A la suite de la diffusion d'extraits d'un film amateur d'un obscur réalisateur vivant aux Etats-Unis, et qui ridiculisait le prophète Mohamed, un certain nombre de manifestations ont eu lieu dans des pays musulmans devant les ambassades américaines.
Des manifestations à l'ampleur variable selon les pays. Car, si ces manifestations ont eu les faveurs des médias, si elles ont marginalement généré des violences graves (comme au Pakistan, où il y a eu 17 morts), la mobilisation est restée bien faible à l'échelle de chaque pays.
Le 11 septembre, une manifestation rassemblant 2 à 3 milliers de protestataires, prétendument hostiles au "film", avait lieu devant l'ambassade US du Caire.
D'autres suivaient en Tunisie, au Maroc, à Gaza, au Soudan et ailleurs.
Parallèlement, le 11 septembre, toujours, en Libye, un groupe d'extrémistes attaquait le consulat des Etats-Unis, tuant l'ambassadeur et trois employés.

Les médias occidentaux ont, au départ, tous joué la carte de la réaction au blasphème. Mais cette hypothèse n'a pas tenu la route bien longtemps.
Les raisons de cette contestation dépassent largement le cadre d'une offense à la religion, et si le film a servi de catalyseur, les "musulmans" ont bien d'autres motifs de manifester leur colère contre les Occidentaux, avec, à leur tête, les Etats-Unis.

Voici deux extraits d'articles, l'un, de James Petras rappelant les motifs de l'hostilité des pays musulmans et l'autre, de David Edwards,de Media Lens, revenant sur l'attaque contre le consulat en Libye et le traitement de l'information par les médias anglo-saxons.

L'été du mécontentement musulman (James Petras)

"Ce n'est pas le film amateur, idiot!

Le prétendu "Printemps Arabe" n'est qu'un lointain et amer souvenir pour ceux qui ont combattu et lutté pour un monde meilleur, sans parler des milliers de personnes qui y ont perdu corps et âme. A sa place, est apparue, dans tout le monde musulman, une nouvelle vague de réactionnaires, de politiciens corrompus et serviles qui ont pris les rênes du pouvoir, soutenus par la même armée, la même police secrète et le même pouvoir judiciaire qui avaient soutenu les anciens dirigeants.
La mort et la destruction sont omniprésentes, la pauvreté et la misère se sont multipliées, la loi et l'ordre se sont désagrégés, des voyous rétrogrades se sont emparés du pouvoir politique, là où ils n'avaient auparavant qu'une influence marginale. Le niveau de vie s'est effondré, les villes sont ruinées et le commerce paralysé.
Et qui préside sur cet "hiver arabe", ce sont les puissances occidentales, les Etats-Unis et l'Union Européenne, avec l'aide des monarques absolus, les despotes du Golfe, leurs alliés turcs et une armée hétéroclite de terroristes islamistes mercenaires et leurs porte-paroles prétendument en exil. L'héritage de l'intervention impériale dans le monde musulman au cours des dix premières années du XXI° siècle, en matière de vies perdues, de gens déplacés, d'économies détruites, en guerre perpétuelle, dépasse de loin toute autre décennie, y compris celles durant les conquêtes coloniales du XIXème et du XXème s.
La majorité des violences et du chaos les plus récents dus à l'occident s'est concentrée au cours de la période appelée "le Printemps Arabe" entre 2011 et 2012.
Et, qui plus est, le pire est à venir. Les responsables occidentaux ont acquis des positions de pouvoir stratégiques dans certains pays (l'Egypte), sont engagés dans de longues guerres ruineuses dans d'autres (la Syrie) et se préparent à des interventions militaires de plus grande envergure et plus destructrices encore dans d'autres (l'Iran).
"L'hiver du mécontentement musulman" s'inscrit dans un arc de cercle qui part du Pakistan et de l'Afghanistan, en Asie du Sud, passe par la région du Golfe, au Moyen-Orient, pour arriver jusqu'en Afrique du nord. Dans les affres de la pire crise économique qui frappe l'occident depuis les années 1930, les régimes impérialistes occidentaux ont étranglé leurs peuples, mobilisé du personnel, des armes et des fonds pour s'engager dans des guerres simultanées dans cinq régions et deux continents – dans le but de renverser leurs adversaires politiques et d'installer des clients, même si cela signifie la destruction de l'économie et le déracinement de millions de gens.
Commençons par l'Egypte, où le printemps arabe est devenu une étude de cas dans la création du Nouvel Ordre impérial dans le monde musulman. Attribuer les violentes manifestations massives sur deux continents et plus d'une vingtaine de pays musulmans à un film US qui profane le prophète Mohammed est le comble du mauvais goût.
Au pire, le film a servi de déclencheur d'hostilités profondément ancrées à la suite d'une vingtaine d'années de destruction du monde musulman dirigée par les US, mais, surtout, cette fureur découle de l'intervention grossière de Washington contre l'espoir qu'avait fait naître le Printemps Arabe.

Egypte: la création d'un état client

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Manifestation au Caire ...

Depuis le premier jour, en février 2011, Washington avait tenté de maintenir à tout prix la dictature de Moubarak tandis que sur les grandes places et dans les rues en Egypte, des milliers de manifestants qui luttaient pour la liberté étaient tués, blessés ou emprisonnés.
Quand Moubarak avait dû, malgré tout, quitter le pouvoir, Washington s'était évertué à préserver son influence en se tournant vers ses généraux, et avait soutenu la junte militaire qui s'était emparée du pouvoir.
Quand la dictature militaire était devenue la cible de manifestations massives en faveur de la démocratie, Washington soutenait un accord de partage du pouvoir politique entre la branche dominante néolibérale pro-occidentale des Frères Musulmans et les militaires, rejetant toutes les réformes démocratiques et socio-économiques, même les plus anodines, qu'exigeaient les pauvres, les classes ouvrières et les classes moyennes.
Avec l'élection du président Mohamed Morsi, Washington avait la garantie que le pouvoir serait détenu par le défenseur le plus fervent du capitalisme sauvage de "libre-échange" et son meilleur soutien (après Moubarak) pour conserver le statut de l'Egypte comme état-client des Etats-Unis au Moyen-Orient.
Morsi, suivant les traces de Moubarak et en accord avec Washington et Tel-Aviv, fermait les routes commerciales entre Gaza et le Sinaï, se rendait au sommet du mouvement des Non-Alignés à Téhéran pour transmettre le message des Saoudiens et des Pays du Golfe qui appelaient à appuyer les mercenaires armés soutenus par les Occidentaux qui ravagent la Syrie.
Ensuite, il annonçait les projets de privatiser des entreprises publiques, de réduire les déficits en supprimant les subventions fondamentales aux pauvres, de dérèglementer l'économie pour accroître le flux de capitaux étrangers et de mettre fin aux grèves des travailleurs.
En récompense pour sa servilité et pour avoir facilité le processus de re-création de l'Egypte comme état-client docile de l'occident, Washington, l'Arabie Saoudite, le FMI, le Qatar et l'UE ont accordé en tout à Morsi plus de 20 milliards de dollars de prêts, d'allègement de la dette et de subventions (Financial Times, 10/09/12).
Le régime de Morsi compte jouer la "carte spirituelle" pour conserver le soutien des masses musulmanes pauvres, tout en poursuivant une stratégie économique néolibérale et une politique étrangère néocoloniale inflexibles.
Etant donné la récente ferveur révolutionnaire nationaliste pro-démocratie, Morsi cherche des moyens de détourner la colère croissante en matière socio-économique contre sa politique économique néolibérale en adoptant une posture de musulman apparemment dévot – en condamnant "le film" qui ridiculise le prophète et en tolérant des attaques contre l'ambassade des Etats-Unis au Caire … ce qui a mis en colère Clinton et Obama, qui exigent une totale soumission, en particulier en ce qui concerne les symboles et la substance de toute chose.
Dans l'optique de Morsi, un défoulement d'un jour contre l'ambassade des Etats-Unis, était le prix à payer pour son programme global visant à mettre fin aux aspirations démocratiques révolutionnaires et nationalistes des masses qui ont renversé Moubarak, surtout quand Morsi a la ferme intention de "poursuivre la politique économique de Moubarak avec l'objectif déclaré de lutter contre la corruption" (Financial Times, 13/09/12).
La population musulmane et laïque en Egypte est profondément déçue de la trahison des frères Musulmans qui ont failli à leurs promesses d'aides sociales, de créations d'emploi, de prospérité et de politique étrangère nationaliste.
Le "film" a servi de "prétexte légitime à unifier les forces: la manifestation contre "le film” concernait, en réalité, les divisions socio-économiques et politiques qui se font jour et l'énorme coup de pouce donné par l'Egypte de Morsi à l'influence US.

La Libye

Le gouvernement d'Obama a dirigé la guerre aérienne et maritime qui a ruiné l'économie libyenne, détruit son intégrité nationale et permis à une foule de groupes de terroristes fondamentalistes, locaux ou étrangers de s'emparer de vastes régions du pays (Financial Times, 13/09/12). Washington et l'Union Européenne ont parachuté au gouvernement un groupe hétéroclite de clients expatriés – sans aucune légitimité institutionnelle.
Les islamistes fondamentalistes, les clans, les gangs, les tribalistes, les monarchistes et des dizaines d'autres chefs de guerre locaux que l'Union Européenne et Washington ont financés, armés et importés pour renverser Kadhafi, ont fait bien pire – ils ont détruit tout le tissu de la société civile organisée, l'Etat et l'autorité publique.
Face à un monde chaotique de fiefs en guerre, beaucoup de gens se sont tournés vers leurs groupes d'origine - la famille, le clan, les autorités religieuses, qui pouvaient offrir un minimum de protection à la maison, dans la rue et sur le lieu de travail.
L'attaque contre le consulat des Etats-Unis n'était qu'une parmi des milliers d'attaques violentes contre les biens et les autorités nationales, régionales et locales (Financial Times, 13/09/12). La police, l'armée et les ministères mêmes sont infiltrés par des factions rivales armées, sectaires et laïques, qui cherchent à récupérer de maigres revenus du pétrole pour leur propre groupe.
La manifestation au consulat et l'assassinat de l'ambassadeur des Etats-Unis et les Forces Spéciales n'étaient que l'acte de violence criminelle le plus médiatisé causé par l'intervention militaire US-UE. Ils avaient cru, par ignorance crasse, arrogance ou naïveté qu'ils pouvaient armer les fondamentalistes pour faire le sale boulot d'assassiner Kadhafi et qu'une fois leur "mission accomplie", ces gens-là pouvaient être jetés comme un préservatif usagé (ou envoyés en Syrie en tant que troupes de choc) et pourraient être remplacés par des technocrates néolibéraux qui dirigeraient le pays comme un état-client des pays occidentaux, qui remettrait les champs de pétrole aux compagnies pétrolières de l'Union Européenne et des Etats-Unis.
Mais, au lieu de cela, Washington et l'Union Européenne ont démantelé tous les secteurs de la société libyenne: les millions d'habitants bénéficiaires d'une Libye stable, sûre, laïque et prospère du temps de Kadhafi; la masse de fanatiques musulmans armés qui exigent un état fondamentaliste et qui estiment que leurs sacrifices ont été méprisés; les seigneurs de la guerre et les trafiquants d'armes, qui exigent qu'on respecte leurs conquêtes territoriales(lien). Et surtout l'immense majorité des Libyens, devenus pauvres à cause de la guerre, et qui regardaient avec indifférence ou satisfaction les gangs armés bombarder le consulat des Etats-Unis.
Les manifestations violentes contre le film amateur qui dénigrait le prophète étaient, de toute évidence, le prétexte à exprimer les griefs accumulés par la population et les élites depuis l'intervention militaire occidentale.

Le Yemen

La prise de ambassade des Etats-Unis au Yémen arrive à la suite de 33 années au cours desquelles les Etats-Unis ont armé et financé la dictature sanglante d'Ali Abdullah Saleh, des mois d'attaques de drones et la répression de manifestations pacifiques massives.
Le mouvement actuel pour la démocratie au Yémen, qui a atteint des proportions énormes, a été bloqué par l'intervention US-Arabie Saoudite, et il en a découlé que des milliers de citoyens yéménites sont morts, ont été blessés et/ou emprisonnés.
La prise de l'ambassade des Etats-Unis, apparemment pour protester contre "le film,” avait des causes bien plus profondes et plus étendues : la colère de la population contre l'alliance US-Yemen qui dure depuis des dizaines d'années et une "transition démocratique" bidon soutenue par les Etats-Unis.
Comme en Egypte, en Tunisie, et également au Yemen – les changements de personnel sont destinés à sacrifier le dictateur en exercice dans le but de sauver l'appareil de l'état-client (police, armée, justice) qui est le pilier du pouvoir US et saoudien dans la région du Golfe. Dans toutes les "transitions", les Etats-Unis et l'Union Européenne s'appuient sur des responsables politiques musulmans malléables et serviles pour rattacher les convictions religieuses à leurs politiques néolibérales et pro-impériales.

La Tunisie


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... et en Tunisie

Pour la Tunisie, Washington- Union Européenne ont exploité le parti islamique Ennahda au pouvoir afin de faire avorter la transformation pro-démocratique. Ils ont largement subventionné le régime pro-"libre échange" de Moncef Marzouki, qui a complètement ignoré les revendications de base qui avaient déclenché la révolte: le chômage massif, la concentration des richesses et l'allégeance à la politique étrangère de l'UE-US, en particulier en ce qui concerne la Palestine, la Libye et la Syrie.
Le régime et le parti islamiques ont joué le double jeu habituel de condamner le "film" et d'écraser la contestation, sachant très bien que les manifestations des rues pourraient déclencher une manifestation de bien plus grande envergure contre l'abandon total par le régime du programme initial socio-économique démocratique.

La Somalie et le Soudan

Des manifestations violentes massives et des attaques contre l'ambassade des Etats-Unis ont eu lieu en Somalie et au Soudan. Washington est directement engagé militairement en Somalie depuis plus d'une vingtaine d'années, passant d'une occupation ratée au financement d'une armée de substitution africaine, comprenant l'Ethiopie, le Kenya et l'Ouganda. Ils effectuent également des attaques aériennes de drones.
A cause de l'intervention militaire des Etats-Unis, la Somalie est un pays divisé, détruit et misérable, où prolifère la piraterie et où les trois quarts de la population sont des réfugiés. Les manifestations contre "le film" ne sont que la partie émergée de la guerre de libération nationale qui a lieu actuellement entre des islamistes radicaux et l'armée de substitution soutenue par l'occident et le régime de Sharif Sheik Ahmed, leur marionnette à l'islam "modéré".
Le Soudan est le cadre d'une contestation massive et de violentes attaques contre les ambassades US et européennes. Les classes dirigeantes au Soudan, soumises aux sanctions des Etats-Unis et de l'Union Européenne et d'un mouvement séparatiste, financé et armé par Washington-Tel-Aviv-EU dans le Sud Soudan, riche en pétrole, ont accepté, à la suite d'un accord, de renoncer à 80% de leurs revenus pétroliers. Cette conciliation du Soudan avec le mouvement séparatiste agissant pour le compte des Etats-Unis a eu pour résultat que le niveau de vie à Khartoum a chuté, l'inflation est énorme, le chômage a augmenté et le régime a dirigé ses armes contre son propre peuple et non plus contre les séparatistes.
Les attaques contre l'ambassade des Etats-Unis concernent davantage la division et la pauvreté du pays que le film. Au pire, celui-ci a servi de "déclencheur" à la population pour exprimer sa frustration profonde contre un régime qui faisait naguère respecter l'intégrité nationale du pays et qui a, désormais, sacrifié ses richesses naturelles pour s'attirer les bonnes grâces de Washington.

Le Pakistan

Le Pakistan a connu des mouvements de protestation populaires massifs aussi bien dans les centres-villes qu'à la périphérie du nord-est. Les attaques contre l'ambassade et les incendies de drapeau reflètent la haine actuelle croissante de la population contre plus d'une dizaine d'années s'intrusions US aériennes et terrestres, violant la souveraineté du Pakistan. Le bombardement de drones sur des dizaines de "villages tribaux" a soulevé la colère de millions d'habitants. La guerre US menée contre les bastions islamiques, son intrusion armée pour capturer ben Laden et son financement, à coups de milliards de dollars, d'offensives militaires au Pakistan a entrainé la mort de milliers de personnes et fait des millions de réfugiés.
Le Pakistan est un pays qui bout de colère et ressent une profonde hostilité envers tout ce qui est lié aux Etats-Unis. Le film n'a fait que s'alimenter dans la marmite qui bouillonne de mécontentement militant, religieux et nationaliste.
Ce criminel condamné, le président proaméricain Zarda et ses gesticulations de protestation contre le film n'ont aucune crédibilité: il marque le pas avant d'être forcé à démissionner.
Des manifestations de moindre importance contre le film ont eu lieu en Malaisie, en Indonésie, au Nigeria et ailleurs où les Etats-Unis ont été moins omniprésents pour s'interposer dans l'ordre militaire et politique.
L'ampleur, la portée et la violence des manifestations contre le "film" ont un grand rapport avec l'intensité, la destruction et la misère directement liées à l'intervention militaire et politique des Etats-Unis.

En conclusion, Petras explique:

Confronté à un sévère retour de bâton radical à son offensive contre-révolutionnaire actuelle dans le monde musulman, Washington exige que ses "nouveaux" clients musulmans augmentent la "sécurité” – c'est-à-dire, renforcent l'état policier et répriment les manifestations de masse.
Au début des révoltes populaires, baptisées le "Printemps Arabe", Washington et ses alliés européens ont été pris par surprise et ont été sacrément secoués par les mouvements de masse pro-démocratie qui ont renversé ou menacé leurs dirigeants-clients en Tunisie, en Egypte, en Somalie, au Yémen, au Bahreïn et ailleurs.
Dans un deuxième temps, l'occident, dans le but de stopper et de renverser le mouvement populaire pro-démocratie, a réagi, d'une part, en s'alliant à dirigeants islamiques malléables (Egypte, Tunisie et Yémen) et, d'autre part, en déclenchant et en intensifiant des luttes armées grâce à des extrémistes islamiques (en Libye et en Syrie). Parallèlement, il renforçait les monarchies despotiques du Golfe.
Quelques mois plus tard à peine, les clients néocoloniaux, imposés par les Etats-Unis et l'UE, montrent la fragilité de ces bases: les pseudo-"transitions" mensongères se sont faites avec des dirigeants serviles, incompétents et peu enclins à répondre aux exigences socio-économiques des mouvements pro-démocratiques.
(…)

Le traitement médiatique de l'attentat contre l'ambassade US en Libye

La tuerie au consulat: réaction spontanée de religieux ou action politique planifiée?

Media Lens ; 25 septembre 2012


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Bengazhi: l'attentat au consulat

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Le 11 septembre, quatre US-Américains, parmi lesquels l'ambassadeur des Etats-Unis, étaient tués lors d'une offensive contre le consulat des Etats-Unis à Benghazi, Libye.
Le lendemain, aux informations de la mi-journée, la BBC annonçait que cette tuerie s'inscrivait dans le cadre des "perturbations" liées à une vidéo anti-islam (BBC News, Septembre 12, 2012).
Les informations de 18h de la BBC expliquaient que l'ambassadeur avait été tué au cours d'une "manifestation".
Un sacré euphémisme quand on sait que le consulat a été attaqué avec des fusils d'assaut, des grenades, des lance-roquettes (ou RPG – "rocket-propelled grenades, NDT) et des mortiers (d'après le New York Times, deux gardes de sécurité auraient été tués par des tirs de mortiers).
On peut facilement imaginer ce qu'aurait dit la BBC si les assassinats s'étaient produits sous Kadhafi, Chavez ou quelque autre ennemi. L'adjectif favori, "terroriste', aurait sans doute été utilisé dès le début.
Comment expliquer la réaction de la BBC?
L'explication, bien sûr, c'est que l'actuel gouvernement libyen doit son existence à l'intervention militaire occidentale. Il a réussi à prendre le pouvoir parce que l'occident avait pris pour prétexte la résolution 1973 de l'ONU, autorisant la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne, pour bombarder les forces de Kadhafi jusqu'à la défaite finale.
La zone d'exclusion aérienne s'était transformée en "zone d'exclusion terrestre" pour un des deux camps.
Comme c'est fréquemment le cas, la BBC s'était alignée sur Washington et Downing Street. Obama avait exprimé sa "satisfaction pour la coopération que nous avons reçue de la part du gouvernement et du peuple libyens en réaction à cet attentat scandaleux. Et cet attentat ne brisera pas les liens entre les Etats-Unis et la Libye".
Comme la plupart des autres médias, la BBC annonçait aussitôt que les assassinats et la "manifestation" étaient les expressions d'une colère en rapport avec la religion et non pas la politique. Le 22 septembre, la BBC expliquait:

"L'attentat contre le consulat des Etats-Unis a été déclenché à cause d'une vidéo amateur réalisée aux Etats-Unis qui se moque de l'islam".

Dans la même veine, Julian Borger écrivait un article dans le Guardian avec pour titre:

"Comment un film contre l'islam a déclenché un attentat meurtrier contre le consulat des Etats-Unis en Libye".

Kim Sengupta expliquait dans l'Independent:

"L'ambassadeur des Etats-Unis en Libye et trois de ses employés ont été tués dans un attentat par un groupe armé qui a envahi le consulat des Etats-Unis à Benghazi pour manifester sa fureur contre un film américain qui tournait en ridicule le prophète Mohammed".

Comment, se demandait le monde entier, un être humain sain d'esprit pouvait-il tuer à cause d'un film de seconde zone, sous prétexte que la religion avait été insultée? question sensée.
D'ailleurs, on pourrait aussi se demander comment quiconque pourrait tuer ou mourir pour un drapeau, ou une notion comme "la Patrie, la Mère-Patrie, la Patrie de ses ancêtres", ou pour des armes de destruction massive inexistantes, comme en Irak.
Les infos suivantes laissaient entendre que l'explication initiale de tous les médias qui avait mis ces incidents sur le compte d'un film provocateur était erronée.
Le Telegraph écrivait:

"Un garde de sécurité blessé dans l'attentat a précisé qu'il s'agissait d'un attentat programmé par des combattants islamistes, et non pas d'une manifestation qui aurait mal tourné". "Ce garde, qui travaille pour une société britannique, a déclaré qu'il n'y avait pas eu de manifestation contre un film controversé contre l'islam avant l'attaque du bâtiment à Benghazi par des extrémistes".

Matthew Olsen, directeur du centre National US de lutte contre le terrorisme, a déclaré à la commission sénatoriale de la sécurité intérieure et des affaires gouvernementales: "je dirais que les quatre Américains ont été tués au cours d'un attentat terroriste".
Olsen ajoutait:

"Un certain nombre d'éléments différents semblent avoir été en jeu dans l'attaque, parmi lesquels des individus ayant des liens avec des groupes extrémistes qui sont omniprésents dans l'est de la Libye, en particulier dans la région de Benghazi.
Nous enquêtons également pour savoir si ces individus qui ont participé à l'assaut n'avaient pas, par hasard, des liens avec Al-Qaïda ou des affiliés d'Al-Qaïda, comme, par ex, Al-Qaïda au Maghreb Islamique".

Le sénateur US, Joe Lieberman contestait également l'affirmation du gouvernement américain selon laquelle cet attentat était spontané:

"D'après les comptes-rendus que j'en ai eu, j'en suis venu à la conclusion inverse et je suis d'accord avec le président libyen qu'il s'agit d'un attentat prémédité et préparé, lié à l'anniversaire du 11/9. Je ne pense simplement pas que les gens viendraient à une manifestation équipés de RPG (rocket-propelled grenades) et d'autres armes lourdes ".

Entre juin et aout, à Benghazi, il y a eu des attentats à la bombe, à la grenade et aux RPG contre le consulat US, le véhicule de l'ambassadeur britannique, le consulat de Tunisie, et le siège local du comité International de la Croix Rouge, avec des tracts avertissant qu'il y en aurait d'autres.
CNN avait rapporté que Chris Stevens s'inquiétait de ce qu'il appelait des "menaces constantes contre la sécurité " et avait dit que son "nom figurait sur la liste d'Al-Qaeda des personnes à abattre "'.
L'attaque donnait également une idée du rôle des Etats-Unis dans le pays qu'ils avaient contribué à "libérer".
Le New York Times écrivait:

"Sur les vingt-cinq membres environ que comptait le personnel US qui a été évacué de la ville après l'attentat contre le consulat américain et une annexe à proximité, il y avait au moins une douzaine d'agents et de sous-traitants de la C.I.A. qui avaient joué un rôle crucial en effectuant de la surveillance et en rassemblant des renseignements sur toute une série de groupes extrémistes armés à l'intérieur de la ville et en périphérie".

Leur rôle dans une Libye qu'on nous dit être "libre" et "indépendante":

"Selon des hauts-responsables, les agents de renseignements US aidaient également les sous-traitants du Département d'Etat et les autorités libyennes à retrouver la trace des lance-roquettes qui avaient été volés dans les anciens arsenaux des forces du Colonel Kadhafi; ils contribuaient également aux tentatives de protéger les stocks d'armes chimiques libyennes, et ils aidaient à former la nouvelle agence de renseignements libyens".

Comme le fait remarquer Glenn Greenwald, les preuves que cet attentat était un acte politique soigneusement préparé, et non pas une éruption spontanée de colère religieuse, ce n'est pas le genre d'information qui convient aux nombreux partisans de l'intervention de l'OTAN en Libye:

"Les opposants à la guerre en Libye disaient que les Etats-Unis étaient dans le camp d'extrémistes violents (qu'ils armaient), parmi lesquels des membres d'Al-Qaïda, qui finiraient par faire dire aux Etats-Unis qu'il fallait qu'ils retournent en Libye pour les combattre – comme quand ils avaient financé et armé Saddam en Irak et les moudjahidines en Afghanistan pour ensuite mener de nouvelles guerres contre ces anciens alliés".

La réalité de l'assaut montre combien la Libye est devenue instable, sans foi ni loi, et dangereuse. Et en effet, comme nous l'écrivions en juillet, les médias ont fait un excellent travail en enterrant un rapport d' Amnesty International qui signalait "le nombre croissant de victimes d'une Libye de plus en plus chaotique où le gouvernement de transition n'avait pas su ou n'avait pas voulu contenir les centaines de milices qui s'étaient créées au cours du conflit de 2011 et par la suite".
Le chaos qui a suivi l'intervention est un fait que les partisans de l'intervention occidentale tiennent naturellement à taire – focaliser l'attention sur un film "moqueur" a fait l'affaire.

Voir, en complément d'information: La Libye sous le joug des milices (Le Monde, 28 sept. 2012)

Pendant ce temps, en France, au camp anti-islamique de charliehebdorum, on goupillait sa petite bombe artisanale.
Qui a fait "pschitt!".
Ils sont vénaux, malhonnêtes et pathétiques.


EEUU. Condenan a un año de prisión al autor del film "La Inocencia de los Musulmanes"


Edité par T 34 - 29 Nov 2012 à 00:34
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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