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IRAK • Comment Bush est devenu le nouveau Saddam

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Jan 2013 à 20:15

Un journaliste français, collaborateur de l'Humanité.fr, emprisonné en Irak

Nadir Dendoune est incarcéré dans une prison irakienne, sans inculpation, depuis le milieu de la semaine dernière pour avoir pris des photos sans autorisation à Bagdad.

Nadir Dendoune, 40 ans, s'était rendu en Irak pour réaliser des reportages sur le 10e anniversaire de l'invasion du pays pour le mensuel français Le Monde Diplomatique, selon une source consulaire française à Bagdad citée par l'AFP. Le reporter, qui détient également les nationalités algérienne et australienne, "ne s'est pas déclaré auprès des autorités locales et n'a pas demandé les autorisations pour prendre des photos", a-t-elle ajouté.

Le journaliste a été arrêté dans le quartier de Dora (sud-ouest) "en milieu de semaine dernière, alors qu'il prenait des photos d'une usine de traitement des eaux, selon sa soeur. Les autorités irakiennes ont assuré qu'il "est bien traité, il n'a pas de problème médical", selon elle.

Journaliste engagé

Nadir Dendoune est bien connu des internautes de l'Humanité. Pour l'Humanite.fr, il a tenu la chronique de son voyage en Algérie, à l’envers de ses parents, fin 2009, avant de relater son voyage au Proche-Orient pour d'autres sites. La banlieue chevillée au coeur, le natif de Saint-Denis a aussi participé à de nombreux débats organisés par l'Humanité sur les quartiers populaires. Auteurs de plusieurs livres sur le sujet, Nadir Dendoune est surtout un journaliste engagé capable de gravir l'Everest pour prouver qu’un banlieusard pouvait accomplir de grandes choses, ou de passer 4 semaines en Irak pour faire le bouclier humain.

En 2012, il réalise Palestine en lien avec l'association France Palestine solidarité. Un documentaire qu'il aime à qualifier de « Palestine pour les Nuls » et qui suit le parcours d'un groupe de douze français de l'association Observacteurs en Palestine.

Source


Edité par T 34 - 31 Jan 2013 à 02:28
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Feb 2013 à 20:01

À Bagdad, la détention arbitraire d'un journaliste français se prolonge

Le comité de soutien pour la libération de Nadir Dendoune appelle à un rassemblement à Paris, à la Fontaine des Innocents, ce vendredi 1er février, à 17H30.

Neuf jours, déjà, que notre confrère et ami Nadir Dendoune est détenu à Bagdad, où il a été arrêté dans l'exercice de son métier, alors qu'il réalisait un reportage sur les dix ans de l'invasion américaine en Irak. Parti avec un visa presse en bonne et due forme, muni d'une accréditation du Monde Diplomatique, il aurait du revenir mercredi. Il avait donné rendez-vous jeudi à ses proches pour une projection de son film, Palestine, à l'Institut du monde arabe, à Paris. La projection a bien eu lieu... Sans lui. Dans l'auditorium de l'IMA, avant de laisser place à ses images des territoires occupés, le comité de soutien pour sa libération a donné, lors d'une conférence de presse, des informations malheureusement parcellaires et plutôt préoccupantes sur le sort du journaliste emprisonné sans motif officiel.

Première source d'inquiétude, Nadir n'est pas détenu dans une prison civile, mais dans une caserne, où il se trouve entre les mains de la sécurité militaire, soumis à des interrogatoires quotidiens. Les raisons de son arrestation n'ont pas été signifiées aux autorités françaises, en dépit des demandes répétées de Paris. Il n'a pas été inculpé. La demande de visite des autorités consulaires françaises est restée, jusqu'ici, lettre morte. Reçu jeudi au ministère irakien des Affaires étrangères, le consul de France n'en est ressorti qu'avec une promesse de l'aider à pouvoir exercer son droit de visite. « Il est détenu par des militaires, en dehors de tous les clous du droit, sans avocat. Ce n'est pas rassurant du tout, dans un régime adossé aux USA, pour lequel le profil de Nadir peut être jugé suspect », s'est alarmée la journaliste et productrice Emilie Raffoul, membre du comité de soutien.

Les services du Quai d'Orsay, l'ambassade de France à Bagdad multiplient les démarches auprès d'autorités irakiennes peu disertes. Il serait reproché à Nadir d'avoir photographié une usine de traitement d'eau, installation jugée « sensible », dans le quartier de Dora, au sud de Bagdad. Cette usine, Nadir la connaissait. Il avait participé, en 2003, à une chaîne humaine de militants pacifistes pour protéger cet équipement, alors que les bombes américaines allaient pleuvoir sur Bagdad. Il y est retourné, peu avant son arrestation. Il a retrouvé, sur ces lieux, des travailleurs irakiens qu'il avait côtoyé en 2003 et comptait y retourner, les revoir. Jeudi, le porte-parole du ministre irakien de l'intérieur, le général de brigade Saad Maan, interrogé par Associated Press, a de nouveau invoqué cet inconsistant motif des photographies, prises, selon une source policière citée par l'agence, « sans les autorisations officielles nécessaires ». Les autorités irakiennes assurent qu'il est en bonne santé. Information impossible à vérifier : Nadir n'a pu appeler une amie que lundi dernier, cinq jours après son arrestation, pour donner l'alarme. Il affirmait alors partager sa cellule avec 28 codétenus. Depuis, plus rien.

À Paris, l'ambassade d'Irak, qui a délivré le visa presse au journaliste, semble embarassée par la tournure prise par l'affaire et par les protestations de voix officielles demandant la libération de Nadir. À Bagdad, la partie est autrement plus complexe. « C'est un pouvoir instable, miné par les luttes entre factions. Les relations entre civils et militaires sont compliquées. En Irak, la police et l'armée ressemblent davantage à des milices qu'à des institutions d'Etat », expliquait Alain Gresh, rédacteur en chef du Monde Diplomatique, lors de la conférence de presse.

La mobilisation est à la mesure de l'inquiétude, et les soutiens affluent. Reporters sans frontières s'est associé au comité pour la libération de Nadir. Son directeur général, Christophe Deloire, appelle à « exercer les plus fortes pressions pour le sortir de prison ». L'ONG, en association avec ses correspondants irakiens du Journalistic freedom observatory, a fait porter, jeudi, une lettre de protestation au Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki. À Bagdad, le Syndicat national des journalistes irakiens s'est saisi de l'affaire. Selon Patrick Kamenka, de la Fédération internationale des journalistes, ce syndicat aurait reçu l'assurance de pouvoir rendre visite à notre confrère samedi.

Le SNJ-CGT, le SNJ, la CFDT journalistes ont tour à tour exigé la libération de notre confrère. Des responsables politiques se sont aussi exprimé en ce sens : le député Pouria Amirshahi (PS), les députés européens Karima Delli (Verts) et Patrick Le Hyaric (Front de gauche), le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, ainsi que de nombreux élus de Seine-Saint-Denis, le département de Nadir. À New York, le Comité pour la protection des journalistes, qui dénonce une « arrestation arbitraire », met en cause les « ambiguités » d'une loi irakienne qui a multiplié les obstacles au libre exercice de la profession de journaliste.

Nadir Dendoune est un journaliste passionné, engagé, talentueux, à la déontologie irreprochable. Il doit être libéré sans délai. Vendredi, à 17H30, son comité de soutien appelle à un rassemblement à Paris, à la Fontaine des Innocents.

Rosa Moussaoui

L’Irak, un État entre explosion et implosion

 

Le gouvernement du chiite Maliki est menacé par la minorité sunnite et par al-Qaida. Un attentat a fait 30 morts hier à Kirkuk.

Dix ans après la chute du dictateur Saddam Hussein et un an après le départ des troupes américaines, l’Irak ressemble chaque jour un peu plus à un État en voie de démantèlement. Installé laborieusement au pouvoir, le gouvernement du premier ministre chiite Nouri Al Maliki traverse sa crise la plus grave. Il doit affronter une triple menace : les revendications de la minorité sunnite (24 % de la population d’Irak), les visées indépendantistes du Kurdistan irakien et la guérilla de la branche irakienne d’al-Qaida.

Avec 246 personnes tuées, le mois de janvier a été le plus meurtrier depuis le mois de septembre dernier. Hier, une attaque contre le quartier général de la police de Kirkuk a fait 30 morts et 70 blessés. Kirkuk est une ville stratégique du nord de l’Irak, revendiquée par Bagdad et le Kurdistan irakien. Cette dispute territoriale représenterait à terme la plus grande menace pour la stabilité du pays. L’attaque n’a pas été revendiquée mais elle a été attribuée aux insurgés sunnites, dont al-Qaida en Irak, qui s’en prennent régulièrement aux forces de sécurité pour déstabiliser le gouvernement de Nouri Al Maliki.

Jeudi, dans un message audio, al-Qaida a de nouveau soufflé sur les braises en soutenant les manifestants sunnites et les a appelés à « prendre les armes » contre le gouvernement. Le lendemain de cet appel, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les provinces majoritairement sunnites pour exiger la démission de Nouri Al Maliki, une semaine après la mort de huit protestataires tués par l’armée à Falloujah. Elles ont dénoncé leur « marginalisation » et réclamé la suppression des lois antiterroristes. En guise de réponse, le pouvoir a annoncé hier avoir déjà libéré 3 000 détenus en un peu moins d’un mois. 
Pour Pierre-Jean Luizard, expert de l’Irak interrogé par l’AFP, l’impasse semble totale : « Nouri Al Maliki est coincé entre ses ambitions personnelles, qui le poussent à établir une alliance avec les dirigeants sunnites, et sa base sociale, qui est communautaire et qui le pousse dans le sens inverse, vers la confrontation. »

Damien Roustel



Edité par T 34 - 05 Feb 2013 à 18:26
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Feb 2013 à 19:51
Le journaliste français Nadir Dendoune, détenu en Irak depuis 13 jours, présenté devant un juge

Nadir Dendoune, journaliste indépendant, arrêté le 23 janvier à Bagdad, dans l'exercice de son métier sera présenté demain devant un juge, a annoncé le président du Syndicat des journalistes irakiens.

"La police l'a interrogé hier et il sera présenté devant un juge", a dit Mouayyed Al-Lami ajoutant qu'il espérait une libération "cette semaine".  Cette première comparution devait avoir lieu aujourd'hui mais en a été reportée à mardi en raison de l'absence d'interprète. Le consul de France à Bagdad a également pu le rencontrer pour la première fois samedi, selon le ministère des Affaires étrangères. "Il apparaissait en bonne santé et plutôt bien traité", a indiqué samedi une porte-parole du quai d'Orsay. Mouayyed Al-Lami qui a également rendu visite samedi à Nadir Dendoune a précisé que ce dernier avait été examiné par un médecin de l'ambassade de France et qu'il se portait bien.

Nadir Dendoune, 40 ans, a été arrêté le 23 janvier à Bagdad, où il s'est rendu pour des reportages en vue du dixième anniversaire de l'invasion de l'Irak le 20 mars. Il disposait d'un visa de journaliste et d'une lettre de mission du mensuel Le Monde diplomatique, précise son comité de soutien.

Il a été arrêté alors qu'il se rendait vers une usine de traitement d'eau à Bagdad où il avait été bouclier humain en 2003 pour protester contre les frappes alliées.

Vendredi, un rassemblement de soutien s'est tenu à Paris avec un simple mot d'ordre : « Libérez Nadir ». Des organisations professionnelles, des représentants de la gauche, des artistes, des élus et des habitants de la Seine Saint Denis, son département, ont témoigné par leur présence de leur solidarité avec Nadir Dendoune.

  • Lire aussi :

À Bagdad, la détention arbitraire d'un journaliste français se prolonge
Patrick Le Hyaric:
"Libération immédiate pour notre confrère Nadir Dendoune"
Création du Comité de Soutien pour la libération de Nadir Dendoune

 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Feb 2013 à 16:23

Nadir Dendoune maintenu en détention à Bagdad

 

Le journaliste français Nadir Dendoune, détenu depuis deux semaines à Bagdad, a comparu pour la première fois mardi devant un juge d'instruction qui compte "étudier attentivement" le dossier avant de se prononcer sur son éventuelle inculpation ou sa libération.

Nadir Dendoune, également détenteur des nationalités algérienne et australienne, est apparu menotté à son arrivée à la Cour pénale dans la zone verte, le secteur ultra-protégé de la capitale irakienne. Portant une barbe de trois jours, amaigri, il a assuré à un journaliste de l'AFP présent sur place qu'il "essaye de garder le moral, c'est pas si simple. Mais je suis mieux traité maintenant".

Au cours de l'audition d'une trentaine de minutes qui s'est déroulée à huis clos dans le bureau du juge et en présence du consul de France, le journaliste français a pu "donner sa version des faits", selon un témoin qui a requis l'anonymat. "Il est apparu cohérent bien qu'affaibli". Interrogé ensuite par l'AFP, le juge d'instruction en charge du dossier a indiqué qu'il allait "étudier attentivement les dires (de M. Dendoune). Nous allons le maintenir en détention jusqu'à ce que l'enquête soit terminée". Le magistrat n'était pas en mesure de dire combien de temps le processus pourrait prendre. Le journaliste a "joui de tous ses droits (pendant sa comparution). Il a pu s'exprimer et se défendre comme il l'entendait. Nous avons demandé sa remise en liberté", a expliqué à l'AFP son avocat, Nama al-Roubaiye.

Nadir Dendoune s'était rendu à Bagdad pour y réaliser des reportages en vue du dixième anniversaire de l'invasion de l'Irak le 20 mars par les Etats-Unis. Il disposait d'un visa et d'une lettre de mission du mensuel Le Monde diplomatique, selon son comité de soutien. Pour Me Roubaiye, le journaliste "ne faisait qu'exercer son activité journalistique. Il n'avait nullement l'intention d'enfreindre la loi".



Edité par T 34 - 13 Feb 2013 à 21:57
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Feb 2013 à 19:20

Nadir Dendoune est libre !

Le journaliste français emprisonné en Irak depuis 22 jours a été libéré sous caution selon plusieurs sources. La justice irakienne lui reprochait d'avoir photographié des installations militaires. Il se trouve actuellement à l'ambassade de France à Bagdad selon Alain Gresh, journaliste au Monde diplomatique.


Le journaliste français a été libéré sous caution, a indiqué Reporters Sans Frontières (RSF) à l'AFP. "On le tient d'une source de l'ambassade. On sait qu'il est sorti de prison dans une voiture blindée, accompagné de l'ambassadeur", a déclaré à l'AFP un porte-parole de RSF.

Parti avec un visa presse en bonne et due forme, muni d’une accréditation du Monde diplomatique, Nadir Dendoune, 40 ans, journaliste indépendant était emprisonné sans motif officiel depuis le 23 janvier. Il était reproché à Nadir d’avoir photographié une usine de traitement d’eau, installation jugée « sensible », dans le quartier de Dora, au sud de Bagdad. Pour Me Roubaiye, le journaliste "ne faisait qu'exercer son activité journalistique. Il n'avait nullement l'intention d'enfreindre la loi". Plus de 21.000 personnes ont signé une pétition en faveur de sa libération.

Les franquistes apportent la démocratie en Irak
 
Torture d’Irakiens par des soldats espagnols à la prison de Diwaniya
 
España en Irak del error al horror
 
Madrid annonce l’ouverture d´une enquête mais soutient déjà la thèse de l’«acte isolé»

Le ministère espagnol de la Défense a décidé d’ouvrir une enquête après la diffusion, samedi, par le quotidien El Pais dans sa page web, des images d´une violente bastonnade de deux Irakiens à la prison de Diwaniya, durant les premiers mois de l´année 2004, par des soldats espagnols.

La vidéo de 40 secondes montre cinq soldats du contingent espagnol affecté dans cette province après l´invasion de l’Irak en mars  2003 par l´armée américaine, faire irruption dans une cellule en ordonnant aux deux prisonniers de se mettre debout.  Sans même leur donner le temps de retrouver ses esprits, l’un des deux prisonniers, toujours à terre, est violemment piétiné à coups de godasses.

Trois des plus acharnés lui assènent des coups sur toutes les parties de son corps. Les gémissements de la victime sont parfaitement audibles, de même que les propos racistes de ses tortionnaires. L’un plus des acharnés des tortionnaires se tournant vers le second prisonnier figé (plutôt inanimé) dans son coin est interpellé par l’un de ses camarades en ces termes ironiques :

«Jo ? Celui-là on l’a déjà bien soigné !»  Il serait décédé. Le gouvernement espagnol était dans l’embarras, hier, après la diffusion de ces images qui coïncidé avec le 10e anniversaire de l´invasion de l’Irak. Une source proche du ministère espagnol de la Défense a qualifié de «déplorable» cette scène de violence.

«Une enquête déterminera si ces faits sont vrais, et dans ce cas il sera procédé à l’identification des agresseurs de même que seront situées les responsabilités», a déclaré cette source,  ajoutant que «les militaires espagnols sont les premiers à s’indigner de ces pratiques car en 20 ans de missions de paix à l’étranger, ils ont accompli un travail impeccable sans jamais avoir été accusés de quoi que ce soit».
 
L’image de l’armée espagnole
 Sur son twitter, le porte-parole du ministère de la Défense, Giego Mazón, a abondé dans le même sens à titre personnel : «Il ne faut pas généraliser le comportement de quatre supposés agresseurs aux 133 498 militaires ayant effectué des missions à l’extérieur», dit-il, alors que la majorité de la classe politique exigeait l’ouverture d´une enquête sur cette affaire qui «dénature l´image de l´armée espagnole».

Tous les partis politiques ont tenté, toutefois, de mettre en avant l’«acte isolé». C´est le cas de Mme Trinidad Jimenez, la  ministre des Affaires étrangères de l´ex-président socialiste José Luis Zapatero. «C´est lamentable et tragique mais je suis convaincue qu´il s´agit d´un cas isolé». Son collègue porte-parole de la Défense du Psoe (socialiste), Diego Garillo, fait porter implicitement la responsabilité de ce «dépassement» à l´ancien président du gouvernement du Parti Populaire (PP), José Maria Aznar, pour avoir «engagé l´Espagne dans une guerre illégale, illégitime et contre l´avis de l´ONU». Le représentant du parti communiste, Jose Luis Sentilla, a exigé la comparution du ministre de la Défense devant le Congrès des Députés pour situer la responsabilité de ces actes «horribles» qui ne doivent pas rester impunis.

Hania A.

En attendant les résultats de l'enquête, un autre témoignage révélé lundi par le site eldiario.es (en espagnol) vient appuyer la vidéo d'El Pais. Un traducteur irakien aurait subi également des agressions. Il ne pouvait pas dormir, il se faisait insulter continuellement, écrit le journaliste, qui rappelle également qu'en 2005, la revue Interviu (en espagnol) avait déjà tiré la sonnette d'alarme. Un soldat espagnol avait alors déclaré : "Nous leur injections du liquide avec des seringues dans le nez. Ça ne laisse pas de trace. Mais tu passes dix minutes à crier comme un porc."

 
 
Les pourritures du monde utilisent le conditionnel.
 
 


Edité par T 34 - 18 Mar 2013 à 19:39
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Mar 2013 à 19:40

Les chiffres invraisemblables sur la destruction programmée de l’Irak

 


Dirk Adriaensens, Marc Vandepitte

20 mars 2013

Article en PDF : Enregistrer%20au%20format%20PDF
 
L’invasion de l’Irak, il y a dix ans, a provoqué la plus grave crise humanitaire dans le monde. Comme on l’avait annoncé, le pays a été systématiquement détruit. La brutale réalité dépasse tout ce qu'il est possible d'imaginer. Ce qui suit ne s’adresse pas aux lecteurs sensibles.

 
“Le chemin vers Jérusalem passe par Bagdad.”
Henry Kissinger


Morts, disparus, réfugiés
 
Selon l’UNESCO, entre 1991 et 2003, un million d’Irakiens, dont la moitié étaient des enfants, ont perdu la vie suite aux sanctions économiques imposées au pays.[1] Cela n’était que le prélude. Entre l’invasion étasunienne en mars 2003 et mars 2013, 1,5 million d’Irakiens de plus ont été tués.[2]

Le nombre de personnes disparues est actuellement estimé entre 250.000 et plus d’un million. Pour les seules familles expatriées, presque 100.000 enfants sont portés disparus.[3]

L’invasion et l’occupation qui a suivi ont été à l’origine d’une des plus grandes migrations de peuples provoquée par un conflit dans l’histoire du Moyen-Orient.[4] Un rapport des NU datant de 2008 rapportait 2,8 millions de personnes déplacées à l’intérieur de l’Irak.[5] La Croix Rouge irakienne rapportait, en juillet 2007, qu’au moins 2,5 millions d’Irakiens avait fui à l’étranger.[6] Au total, il s’agissait donc de 5,3 millions de réfugiés[7] sur une population de 31 millions, soit une personne sur six.[8] Parmi ces réfugiés en Irak, 80% sont des femmes et des enfants de moins de 12 ans.[9]

Entre l’invasion étasunienne en mars 2003 et mars 2013, jusqu’à 1,5 million d’Irakiens ont été tués. Un irakien sur six est en fuite.

Terrorisme, torture, détention, traumatismes…
 
Pendant des années, l'Irak fut le pays le plus violent et le moins sûr du monde.[10] En 2011, il fut rattrapé par la Somalie… Etant donné les multiples attentats à la bombe et la violence religieuse des diverses milices, c’est un endroit plus dangereux que l’Afghanistan.[11] Plus d’une victime sur trois du terrorisme mondial est un Irakien.[12]

Ces dix dernières années, plusieurs dizaines de milliers d’Irakiens ont été emprisonnés sans aucune forme d’inculpation ou de procès, dans des prisons officielles ou secrètes (aussi bien irakiennes qu’étasuniennes).[13]

“Tu as vu ce qui s’est passé en Afghanistan : les gens se promenaient dans les rues ! Et ils étaient joyeux. Ils avaient des ballons. Ils faisaient de la musique.
Et ils accueillaient les Etats-Unis.
Car tout le monde sait que les Etats-Unis ne veulent pas occuper l’Irak. »
Donald Rumsfeld, à l’époque ministre de la Défense, 4 décembre 2002[14]

Entre 2005 et 2008, 50 à 180 corps humains ont chaque jour été jetés dans les rues de Bagdad, portant pour la plupart d'affreuses traces de torture.[15] On sait que la force d’occupation a formé, entraîné, armé et déployé des escadrons de la mort[16] responsables de ces assassinats. Il y a un lien direct entre les centres de torture et le Pentagone.[17]

Être journaliste dans ce pays entre deux fleuves n’est pas une sinécure. Depuis l’invasion, au moins 382 journalistes (dont 352 Irakiens) ont été tués.[18] Ce nombre dépasse celui de toute autre zone de guerre de l’Histoire. Pour comparaison : durant la période 1996-2006, 862 journalistes ont été tués dans le reste du monde.[19]

Il n’est pas étonnant que les Irakiens souffrent de traumatismes extrêmes, au niveau plus élevé que dans d’autres zones de guerre. Une étude indique que parmi les réfugiés irakiens 80% avaient été témoins d'une fusillade, 72% avaient été victimes d'une voiture piégée, et 75% connaissaient une personne morte assassinée.[20]

On sait que les Etats-Unis ont formé, entraîné, armé et déployé des escadrons de la mort responsables de ces assassinats.


Le pays le moins vivable du monde

Pour la énième fois, Bagdad a été proclamée « ville moins vivable de la planète »,[21] suite à la destruction systématique par l’armée étasunienne d’usines, d'écoles, d'hôpitaux, de musées, de centrales d’énergie et d’installations de purification des eaux.[22]

Pourtant, selon les dispositions de la Convention de Genève, lorsqu’une force d’occupation opère par le biais d’un gouvernement qu’elle a installé, elle est responsable de la protection et du bien-être de la population civile.[23] Ces règles et obligations ont été systématiquement ignorées.

“Mais lancez donc une guerre totale contre ces tyrans !
Je pense que nous allons faire ça à merveille.
Et plus tard, nos enfants nous en feront l’éloge. »
Michael Ledeen, American Enterprise Institute, 29 octobre 2001[24]

Selon la Croix Rouge, la crise humanitaire en Irak après l’invasion étasunienne est une des pires du monde.[25] Aujourd’hui, 11 millions, soit presque la moitié des citadins irakiens, habitent dans des bidonvilles.[26] En 2000, ils n’étaient même pas 3 millions. Selon Oxfam, 8 millions d’Irakiens ont un besoin d’aide urgente, et 4 millions manquent de nourriture.[27] 70% de la population n’ont pas accès à une infrastructure d’électricité fiable.[28]

Les bas niveaux d’eau des lacs et rivières ont provoqué une catastrophe car la canalisation défectueuse a empoisonné l’eau potable, rendue ainsi inapte à la consommation humaine et animale.[29] Par conséquent, 70% des Irakiens n’ont pas accès à l’eau potable.[30]

La contamination par l’uranium appauvri et d’autres pollutions liées aux opérations militaires ont engendré une augmentation de déformations génétiques et de cancers qui ont rendu le pays quasi invivable.[31]

Pour la énième fois, Bagdad a été proclamée « ville moins sûre de la planète ». La contamination par l’uranium appauvri et d’autres pollutions liées aux opérations militaires ont engendré une augmentation de déformations génétiques et de cancers qui ont rendu le pays quasi invivable.


Femmes et enfants
 
En Irak, 44.000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque année,[32] ce qui est deux fois trop élevé. Ça veut dire que chaque jour 60 enfants meurent inutilement.[33] Un demi-million d’enfants sont mal nourris et 800.000 jeunes irakiens, entre cinq et quatorze ans, sont mis au travail.[34]

L'Irak est devenu le pays des orphelins. On estime à 5 millions le nombre d’orphelins,[35] dont plus d’un demi-million vivent dans la rue.[36]


En Irak, 44.000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque année, ou 60 par jour, soit plus que la normale. Un demi-million d’enfants sont mal nourris et 800.000 jeunes irakiens ,entre cinq et quatorze ans, sont mis au travail.

L'Irak est aussi le pays des veuves. En 2007, le Ministère irakien des Affaires des Femmes rapportait qu’il y avait environ 3 millions de veuves, suite à la guerre avec l’Iran, la guerre du Golfe de 1991, et l’occupation de l’Irak depuis 2003.[37] Plus de la moitié des veuves ont perdu leur mari après l’invasion de 2003, avec des conséquences dramatiques pour elles. 8% d'entre-elles seulement perçoivent une pension, 55% sont déplacés, et un nombre équivalent sont victimes de violences.[38]

Pour les femmes, l’invasion a signifié un grand bond en arrière. Depuis 2003, nombre de leurs droits ont reculé, notamment le droit à la protection maternelle, à l’emploi et aux soins de santé.[39] À présent, la polygamie est proposée comme une solution au très grand nombre de veuves,[40] et le mu’ta, sorte de mariage de complaisance – une forme de prostitution légalisée – est de retour.[41]


Education

L’enseignement a été une cible systématique dans la destruction de l’Irak. Entre mars 2003 et octobre 2008, plus de 30.000 attaques violentes ont été commises contre des institutions d’enseignement. Plus de 700 écoles primaires ont été bombardées, 200 ont été incendiées et plus de 3.000 ont été pillées. Plusieurs établissements d’enseignement ont été utilisés pour héberger des militaires.[42]

En 2008, seule la moitié des enfants entre six et douze ans fréquentait encore l’école.[43] En 2005, ils étaient encore 80%. Plus de 90% des enfants accusent un retard au niveau de l’apprentissage.[44]

L’enseignement supérieur a été particulièrement visé et encore plus durement frappé. 84% des institutions de l’enseignement supérieur ont été incendiées, pillées ou gravement endommagées.[45] Plus de 470 professeurs irakiens ont été des cibles, soit presque un enseignant tué par semaine depuis le début du conflit.[46]
 
L’enseignement a été une cible systématique dans la destruction de l’Irak.Plus de 470 professeurs irakiens ont été tués, soit presque un par semaine.


Une fuite de cerveaux sans précédent

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que le pays se vide. Depuis l’invasion, 20.000 scientifiques et de professionnels irakiens et 6.700 professeurs de l’université ont fui le pays.[47]

Les médecins, notamment, ont pris la fuite. Rien de surprenant quand on sait que, depuis 2003, plus de 2.000 médecins ou infirmiers ont été assassinés.[48] Plus de la moitié des médecins enregistrés se sont également désengagés dans leur propre pays.[49]

La désarticulation est totale. 75 % des médecins, pharmaciens, infirmiers, et 80% du corps d’enseignants de Bagdad ont été tués, ont émigré, ou ont abandonné leur poste.[50] Avant 2006, environ 40% de la classe moyenne avait pris la fuite suite à la violence ou la terreur.[51]

75 % des médecins, pharmaciens, infirmiers et 80% du corps d’enseignants de Bagdad ont été tués, ont émigré, ou ont abandonné leur poste.


Iconoclasme et purifications religieuses et ethniques

Non seulement les cerveaux ont été décimés mais également l’héritage culturel. Après l’invasion, l’occupant étasunien a laissé 12.000 sites archéologiques sans aucune surveillance et les pillages en ont été la conséquence.[52] Rien qu'au Musée national de Bagdad, 15.000 artéfacts mésopotamiens d’une valeur inestimable ont été volés.[53]

Les minorités irakiennes (les Chaldéens, Assyriens, Mandéens, Bahia, Yezidi…) sont au bord de l’extermination car elles sont confrontées à une violence inouïe.[54] Depuis l’invasion, l’Irak attire des combattants djihadistes visant souvent des minorités ethniques et religieuses.[55] Certaines de ces minorités ont vécu pacifiquement en Irak pendant deux mille ans. A l’heure actuelle, ce même scénario se répète en Syrie.

Les minorités irakiennes (les Chaldéens, Assyriens, Mandéens, Bahia, Yezidi…) sont au bord de l’extermination.


Néo-colonie et terre conquise pour les Etats-Unis

L’Irak ne fut pas seulement occupé en termes militaires mais également en termes économiques. Le pays est devenu un paradis pour les investisseurs étrangers, au détriment des Irakiens qui n'ont rien eu à dire dans la reconstruction de leur pays.[56] Les nouveaux contrats ont presque tous été attribués à des entreprises étrangères. L’exemple le plus édifiant à ce titre est celui de Halliburton.[57] En 2003, cette entreprise de construction de Houston est parvenue à acquérir un contrat d’une valeur de plusieurs milliards.[58] Détail révélateur : l’ancien CEO (jusqu’en 2000) n'était autre que Dick Cheney, vice-président et homme fort du cabinet de guerre de Bush. Jusqu’à maintenant, l’homme a conservé des intérêts dans cette société.[59]

“Il y a beaucoup d’argent pour financier tout ceci (…) les revenus du pétrole de ce pays pourraient s’élever entre 50 et 100 milliards de dollars US dans le courant des deux ou trois années à venir (…) Nous avons à faire à un pays qui peut financier sa propre reconstruction, et assez vite.”
Paul Wolfowitz, conseiller d’élite de Bush et architecte de l’invasion, 27 mars 2003[60]


De nouvelles lois ont également prévu des impôts faibles permettant que des entreprises irakiennes passent à 100% aux mains d'investisseurs étrangers, y compris le droit de transférer tous les bénéfices à l’étranger.[61] Les transactions financières avec l’étranger sont passées entre les mains d’une banque des Etats-Unis, notamment JP Morgan, le premier financier de la première guerre mondiale et de Mussolini.[62]

Même après le retrait (de la plupart) des troupes étasuniennes, en décembre 2011, les conseillers étasuniens restent liés à tous les ministères et services de sécurité.[63] L’ambassade des Etats-Unis à Bagdad est le symbole de la main de fer sur le pays. Cette ambassade est la plus grande et la plus chère du monde, aussi grande que le Vatican, et dotée d’un cadre de personnel de 15.000 personnes.[64]

L’ambassade des Etats-Unis à Bagdad est le symbole de la main de fer sur le pays. Elle est la plus grande et la plus chère du monde.Les transactions financières avec l’étranger sont passées aux mains d’une banque des Etats-Unis, notamment JP Morgan, le premier financier de la première guerre mondiale et de Mussolini.


Facture improbable et situations maffieuses

Selon Stiglitz, lauréat du prix Nobel, l’invasion de l' Irak a coûté quelque 3000 milliards de dollars,[65] l’équivalent de 100 ans d’aide au développement des Etats-Unis.[66] Un sixième de ce montant aurait suffi pour atteindre les objectifs du millénaire pour le monde entier.[67]

Pour l’occupation et la soi-disant reconstruction du pays, des montants considérables ont été prévus. Cependant, ils n’ont toujours pas été équitablement distribués. Selon Transparency International, il s’agit en l’espèce du plus grand scandale de corruption jamais vu dans l’histoire.[68] Des milliards de dollars se sont envolés en fumée. Jusqu’à présent, on vole du pétrole à volonté, puisqu’il n’y a toujours pas de système de mesure moderne disponible.[69]

Certes, on a bien tenté de combattre cette corruption massive. Ainsi, un service contre la corruption a vu le jour. Cependant, les fonctionnaires trop zélés sont assassinés. Depuis 2006, 30 inspecteurs contre la fraude ont été « liquidés ».[70]
 
Selon Stiglitz, lauréat du prix Nobel, l’invasion de l' Irak a coûté quelque 3000 milliards de dollars, l’équivalent de 100 ans d’aide au développement des Etats-Unis.
 
Parole contre parole

Avant la première guerre du Golfe, en 1991, James Baker, à l’époque ministre étasunien des affaires étrangères, avait dit à son homologue Tariq Aziz : « Nous allons détruire ton pays et le catapulter à l’âge de pierre ».[71] Près de dix ans plus tard, Paul Wolfowitz, vice-ministre de la Défense et architecte de l’invasion, disait que les Etats-Unis « allaient en terminer avec les états qui soutiennent le terrorisme ».[72] Ils ont tenu parole.

“Nous allons détruire ton pays et le catapulter à l’âge de pierre”.
James Baker, à l’époque ministre étasunien des affaires étrangères

La population irakienne ne se croise pas les bras. Depuis l’invasion et l’occupation qui a suivi, les protestations sont constantes. Elles se sont accélérées lors du Printemps arabe en janvier-février 2011. Depuis le 25 décembre 2012, des protestations massives ont lieu chaque jour à Ramadi.[73]

Ces protestations auxquelles participent des centaines de milliers de personnes se sont étendues vers d’autres villes, partout dans le pays. Le 12 janvier dernier, plus de 2 millions de manifestants réclamaient la démission du premier ministre irakien Al Maliki. Ils réclament notamment la fin des atrocités, l’abolition des lois antiterroristes, la fourniture de services de base essentiels, l’arrêt de la marginalisation et de la division organisée parmi les groupes religieux et ethniques, la sanction du comportement criminel de l’armée, de la police et des forces de sécurité.

En Chine ou au Myanmar, il suffit d'un dissident pour se retrouver à la une des journaux. Par contre, nos médias gardent le silence sur ces protestations massives. Oui, la vérité est toujours la première victime de toute guerre.[74]
 
 
 
 
Traduit du néerlandais par Erwin Carpentier

Source : De  wereld  morgen
 
Notes :



[2]Le nombre des morts est très controversé et, bien sûr, politiquement très sensible. Le chiffre d’un million et demi est basé sur les calculs suivants :
En 2006 déjà, le prestigieux magazine Lancet dénombrait environ 650.000 morts. En 2008, l’Opion Research Business, magazine autant renommé, recensait aussi un peu plus d’un million de victimes. En extrapolant, sur la base des comptes d’Iraq Body Count (IBC), on arrive au chiffre d’un million et demi. Les calculs conservateurs se limitent à 100.000 morts.
http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2806%2969491-9/abstract
[8]Aujourd'hui, on estime à presque trois millions le nombre total de réfugiés, à l'intérieur du pays ou à l'étranger.
www.unhcr.org/pages/49e486426.html
[33]En 1990, l'Irak avait le même taux de mortalité infantile que son voisin, la Turquie. Aujourd'hui, ce chiffre est le double.
http://hdr.undp.org/en/media/hdr_1992_en_indicators1.pdf, p. 142. 
[36]Les estimations du nombre d'enfants orphelins varient énormément. Un rapport des NU de 2008 fait état de 870.000. Des calculs locaux donnent actuellement un nombre de 4,5 à 5 millions d'orphelins. Ces derniers chiffres sont plausibles, étant donné que plus d'un million d'Irakiens ont trouvé la mort et que le nombre d'enfants par femme s'élève à 4,7.
http://mawtani.al-shorfa.com/en_GB/articles/iii/features/iraqtoday/2012/03/27/feature-01

Irak : Dix ans...

 
 
"Partout, dès les quais du port jusqu’au village le plus reculé, dans les rues et au prétoire, l’offense régnait impunie, la misère, la délation, l’humiliation, le mensonge arrogant, le sadisme à peine déguisé. Un peuple et sa culture, objets des pires manœuvres." - Jean-François Lyotard (*)

Dix ans…

Le 20 mars 2003 débutait la destruction et l’invasion de l’Irak.

Il n’y aura pas de commémoration. Encore moins : débats et remises en cause.

Nos médias, politiciens, si friands d’anniversaires, s’efforceront à la discrétion. Eux dont l’obsession du culte des "souvenirs", encensant autosatisfaction, mégalomanie, ou abrutissement, n’a d’égale que celle de l’oubli des faits pouvant ternir leur "Bonne Conscience".

C’est ainsi que l’on forge des sociétés amnésiques, analphabètes de l’Histoire, de l’évolution de notre planète. De ses peuples, nations, rapports de force, déclins et renaissances. Qui, un jour, inévitablement, se trouvent, hébétées, tétanisées, écrasées, face à l’irruption impitoyable de ce qu’elles souhaitaient oublier, cacher, nier.

Silence. Dans les rangs des oligarques occidentaux. Alignés sur les injonctions de leur suzerain.

Le plus éclatant exemple venant de Grande-Bretagne. Par instruction écrite adressée aux membres du gouvernement, le ministre des affaires étrangères britannique, William Hague, modèle de cynisme contemporain, vient d’imposer l’obligation de ne pas mentionner la guerre d’Irak, à l’occasion de ces dix ans (1) : « Don’t mention the Iraq War… »

Ce fut, il est vrai, une des plus abjectes folies de violence collectives commises par les nomenklaturas occidentales. Car, malgré une colossale propagande, les opinions publiques étaient contre ce délire sanguinaire et colonial. Le peuple britannique, un de ceux qui se sont le plus mobilisés contre cette guerre, dont il savait les prétextes non fondés, illégaux et mensongers, dans des manifestations groupant des millions de personnes.

Illustrant, ainsi, le complet mépris des castes au pouvoir, sous couvert du soutien de parlements fantoches, à l’égard de la majorité de leurs concitoyens exprimant la volonté d’œuvrer pour un monde de paix.

Steve Bell rappelle cette hystérie criminelle et impunie dans une cinglante caricature, tournant en dérision posture et propos de Tony Blair, premier ministre de l’époque. Chef de la majorité « Travailliste », similaire aux PS français, espagnol, italien, belge, etc. Artisan zélé, vibrionnant, obsédé, de l’engagement des armes britanniques aux ordres du clan Bush.

Il y représente le lion britannique, symbole du Royaume Uni, avec le visage de Blair, la crinière carbonisée, sa superbe cabossée, au point d’être réduit en rat. Dans un paysage de désolation où s’accumulent, à l’infini, linceuls et pierres tombales. Affirmant, obstiné et fier de lui, la conviction inébranlable de son génie incompris (2) : « Cela fait longtemps que j’ai renoncé à convaincre l’opinion qu’envahir l’Irak était la bonne décision »

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Nous ne devons pas l’oublier, même si les médias de la désinformation nous y forcent : ce furent des centaines de milliers de morts, de blessés, de traumatisés, sous des prétextes délirants. Nous le savions. Dès le commencement. A présent, nous en reconnaissons publiquement la réalité, objectivement, placidement, froidement. Tout n’était que tromperie, fabulation : armes de destruction massives inexistantes, armes chimiques introuvables.

Dernier artifice rhétorique, avant l’oubli, restait à prétendre qu’il s’agissait de renverser « un affreux dictateur qui tirait sur son peuple ». Fumeuse, abyssale hypocrisie tendant à imposer comme “norme” l’écrasement d’un peuple sous les bombes de l’Occident pour le délivrer de la dictature, en interaction avec la pulvérisation de toutes les infrastructures civiles. Exceptées, pétrolières et gazières, évidemment...

Tout en chérissant, protégeant, soutenant, les pires despotismes qui nourrissent ses insatiables spoliations, corruptions, superprofits mirifiques, enrichissements personnels météoriques : moyenâgeuses pétromonarchies du Golfe ou d’Arabie, « régimes parlementaires » mafieux aux élections truquées d’Afrique, d’Amérique ou d’Asie.

Toutefois, l’Irak réduit en cendres, occupé, pillé, la saignée fut jugée insuffisante. Dès la fin de l’invasion, les occupants lui inoculèrent la "guerre civile". Méticuleusement organisée, financée, armée, pour en prolonger l’égorgement, l’épuisement, la mise à mort, l’agonie. Une moyenne de 3000 morts par mois (3).

Des milliers de torturés pour laminer toute velléité de révolte devant l’horreur de l’occupation, l’immensité des destructions et des pillages. L’information sur la pratique à grande échelle de la torture en Irak, son organisation et sa gestion quasi-"industrielle" par les envahisseurs, commence à émerger malgré la censure. Du côté américain, planificateur de l’horrible. (4)

Mais, aussi, chez les britanniques dont beaucoup n’admettent pas, qu’au XXI° siècle, leurs soldats se livrent à des actes d’une telle barbarie. Ici ou là, apparaissent des « commissions d’enquête » officielles ou parlementaires, dont on sait qu’elles sont trop souvent destinées à enterrer les affaires compromettantes pour les gouvernants.

A l’exemple d’un autre courageux et lucide caricaturiste, Leon Kuhn, qui détourne, rétablit ou décode, le sens de la médaille accordée aux militaires de son pays revenant de leur séjour en Irak : « War on Terrorism – Expeditionary Medal – Iraq ». La gravure en relief montrant un militaire frappant à coups redoublés avec son poing ganté (gant généralement plombé) un prisonnier Irakien immobilisé dans un filet.

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Avec en légende, une citation de Phil Shiner dénonçant la torture « systématique » des prisonniers Irakiens par l’armée britannique. N’hésitant pas à employer l’expression « pratiques d’Etat » [State practices] !... Combien redoutable pour nos nomenklaturas qui, un jour inéluctablement, auront à rendre compte : gouvernants, parlements et médias.

Rappelons que ce juriste londonien se consacre à la défense, qu’il estime n’être qu’à ses débuts, des droits des victimes de « la politique étrangère et de l’armée britanniques » [British foreign policy and military action] (5).

Irak… Société détruite, Etat détruit : le Chaos.

But ultime. « Mission accomplie ».

Effroyable décennie pour une nation, un peuple, à qui étaient promis les bienfaits paradisiaques de « La Démocratie »… C’est devant les morts, les êtres brisés, les générations saccagées, de l’Irak, qu’en ce jour nous nous devons de nous incliner.

Dernier hommage, que je souhaite rendre en cette sinistre et silencieuse commémoration.

À un homme, intègre, généreux, déterminé, qui a voulu laisser parler sa conscience, prévenir que tout n’était que mensonge dans le déclenchement de cette guerre. Dire la vérité lui a coûté la vie, quatre mois après le début de l’invasion, le 17 juillet 2003 : David Christopher Kelly. Il avait 59 ans.

Incroyable, mais vrai. Les oligarques de l’Occident n’honorent pas leurs « dissidents » ! Ni Prix Nobel, ni généreuses récompenses, ni luxueuses sinécures, ni distinctions cinématographiques, littéraires, académiques, médiatiques ou autres. S’ils ne peuvent les réduire au silence …

Ils les exécutent.

Avec une "discrétion", ou une mise en scène, plus ou moins réussies…

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Membre éminent du Ministère de la Défense britannique, c’était un des experts internationaux les plus qualifiés en guerre biologique et en armes de destruction massive. Il avait été détaché comme inspecteur de l’ONU en Irak, où il avait participé à 37 missions.

Ses constats, analyses, recherches, avaient forgé une évidence : il n’y avait en Irak aucune arme de destruction massive, nucléaire, chimique ou bactériologique.

Il l’avait écrit, l’avait exposé, auprès des organismes et départements spécialisés. Ne pouvant admettre que les "politiques" exigent, des responsables du renseignement et des experts en armement non conventionnel, des contrevérités, ordonnent de procéder à des falsifications de documents. Pour justifier une guerre qui allait entraîner morts et dévastations, aussi atroces qu’incalculables. Non seulement lors de l’invasion, mais encore davantage lors de l’occupation de l’Irak.

David Kelly commençait à faire circuler l’information, face au matraquage de la propagande étatique. La partager et la soutenir en dehors du « secret défense ». Auprès de certains journalistes spécialisés, notamment. La Commission des affaires étrangères de la Chambre des Communes (équivalent de l’Assemblée Nationale) l’avait convoqué (cf. photo), cherchant plus à le mettre en difficulté qu’à écouter ses arguments. Il s’était engagé à donner le détail de ses certitudes et informations, lors des séances ultérieures.

Ses prochaines auditions, du fait de son niveau d’expertise et de connaissance sur ce dossier, allaient être “dévastatrices” pour les thèses officielles…

Trop.

Il a été retrouvé « suicidé ».

Près de chez lui, sur un chemin de promenade où il avait l’habitude de marcher pour se détendre. Version officielle : il se serait tailladé le poignet gauche, mais les secouristes n’ont trouvé aucun signe d’hémorragie, ni traces de sang sur le sol ; et, aurait avalé des barbituriques, mais aucune dose mortelle ne fut prouvée…

Contradictions et bousculades habituelles du cirque de la désinformation, avec en tête de liste : investigation policière bâclée, simulacre de commission d’enquête (la guignolesque “Commission Hutton”) pour disculper au plus vite le gouvernement Blair. Tout a été fait pour conclure, dans la précipitation, à un « suicide » auquel personne n’a cru : famille, proches, collègues et collaborateurs.

David Kelly, considéré comme une solide et brillante personnalité, au parcours professionnel irréprochable, plein d’humour, était tout à la joie de la préparation du mariage de sa fille. Débordant de projets, rien ne prédisposait à une telle « sortie »… Au-delà de son entourage, de nombreux spécialistes du monde médical et des milieux proches du dossier avaient compris qu’il s’agissait d’une élimination.

Une avalanche de témoignages, difficilement étouffée par les médias : experts médicaux (6) contredisant les conclusions de l’enquête officielle, députés (7) évoquant ouvertement son assassinat, membres des services de renseignement britanniques (8) confirmant cette « exécution » pour marquer colère et indignation face à une telle imposture politicienne.

L’assassinat de David Kelly, victime “collatérale” de l’invasion de l’Irak, est emblématique de la profonde décomposition et de l’hyperviolence du système politique dans nos pays dits « démocratiques ». Dès lors que les intérêts des oligarchies bellicistes et coloniales sont en jeu. “Raison d’Etat”, invoquera-t-on…

Fortes de leur impunité, imperturbables, nos nomenklaturas n’en poursuivent pas moins leur obsession criminelle, fanatique, hallucinée, corruptrice, de la destruction et du pillage des peuples et nations. Les uns après les autres. Au gré de leurs délires prédateurs et impératifs du moment…

Mensonges, contrevérités, intoxications, désinformations, affabulations, continuent de plus belle. Diaboliser, susciter les peurs dans les pulsions paranoïaques, enflammer la détestation pour la transformer en haine, afin de justifier guerres, atrocités et prédations.

Tels des cafards, insensibles avec leurs cousins scorpions aux radiations atomiques dit-on, les officines chargés de véhiculer cette propagande mortifère, travesties en agences de presse “fiables” par nos médias qui en font leurs “sources” (9), se multipliant, pullulant, grouillant…

Georges STANECHY

http://stanechy.over-blog.com/article-irak-dix-ans-116027806...

(*) Jean-François Lyotard, Signé Malraux - Biographie, Grasset, 1996, p. 154.

1. Nick Hopkins, Don’t mention the Iraq War – William Hague tells cabinet (William Hague demande au gouvernement de ne pas mentionner la guerre d’Irak), vendredi 1er mars 2013, The Guardian, http://www.guardian.co.uk/politics/2013/feb/28/dont-discuss-...

2. Steve Bell on the 10th anniversary of the Iraq war – cartoon, The Guardian, 27 février 2013, http://www.guardian.co.uk/commentisfree/cartoon/2013/feb/27/...

3. Patrick Cockburn, How the World Forgot About Iraq, CounterPunch, 4 mars 2013,
http://www.counterpunch.org/2013/03/04/how-the-world-forgot-...

4. Mahmood, O’Kane, Madlena, T. Smith, Revealed : Pentagon’s link to Iraqi torture centres – General David Petraeus et ‘dirty wars’ veteran behind commando units implicated in detainee abuse, [Révélation : les centres de torture en Irak sont une émanation du Pentagone – Le général David Petraeus et un vétéran des ‘sales guerres’ seraient les commanditaires des unités de commando impliquées dans les tortures de prisonniers] The Guardian, mercredi 6 mars 2013, http://www.guardian.co.uk/world/2013/mar/06/pentagon-iraqi-t...

5. Phil Shiner : ‘We torture people, yet no one admits it’, James Hanning meets Phil Shiner, The Independent, dimanche 2 août 2009, http://www.independent.co.uk/news/people/profiles/phil-shine...

6. David Halpin, Stephen Frost & Searle Sennett, Our doubts about Dr Kelly’s suicide, The Guardian, mardi 27 janvier 2004, http://www.guardian.co.uk/theguardian/2004/jan/27/guardianle...

7. Fiona Barton, Iraq whistleblower Dr Kelly WAS murdered to silence him - says MP (Un Député affirme que le Dr Kelly a été assassiné pour avoir dénoncé les mensonges du dossier irakien), 29 octobre 2007, Daily Mail, http://www.dailymail.co.uk/news/article-488662/Iraq-whistleb...

8. Simon Aronowitz, Kelly was Murdered’ Says UK Intelligence Insider, 23 février 2004, http://www.prisonplanet.com/022304kellywasmurdered.html

9. Le plus comique dans ce genre d’arnaque de la désinformation, si le contexte n’était pas aussi cruel, est le fameux Observatoire des Droits de l’Homme en Syrie (OSDH), domicilié à Londres, référence absolue des médias occidentaux. Voici l’évaluation du ministère des affaires étrangères Russe (RIA Novosti - 25 février 2012) :

« Selon les informations dont nous disposons, le personnel de l’Observatoire ne comprend que deux personnes : le directeur et son secrétaire-interprète. L’établissement est dirigé par un certain Rami Abdel Rahmane qui ne possède ni de formation journalistique ou juridique ni même d’instruction secondaire. Dans une interview accordée aux médias en novembre dernier, il a fait savoir qu’il résidait en permanence à Londres, était citoyen britannique et exerçait un métier d’entrepreneur (propriétaire d’un snack-bar) [en fait : un Kebab…] »

Ou encore, celle d’Alain Chouet, ancien responsable de la DGSE et spécialiste du Moyen-Orient :

« … L’OSDH fonctionne sur fonds saoudiens et qataris… » (Marianne – 20 juillet 2012).

Etc.

 


Edité par T 34 - 20 Mar 2013 à 19:41
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Mar 2013 à 21:55

La majorité des Étasuniens considèrent la guerre en Irak comme une erreur

Washington, 19 mars, (RHC).- La majorité des Étasuniens considèrent comme une erreur, la guerre déclenchée par leur gouvernement contre l’Irak, cela fait 10 ans.

Les résultats d’un sondage de l’entreprise Gallup ont révélé que 53% des citoyens étasuniens pensent que Washington n’a pas du envoyer des troupes dans ce pays arabe, envahit depuis mars 2003 jusqu’en 2011 sous prétexte de combattre le terrorisme.

Seuls 42% des personnes interrogées ont appuyé l’intervention militaire, lancée sous l’administration Bush.


10 ans après la guerre d'Irak: une déstabilisation de la région qui dégage un rude parfum de pétrole

La guerre en Irak a un impact sur un Moyen-Orient, principale réserve d’hydrocarbures de la planète, dont les États sont désormais tous tiraillés par des forces centrifuges.

Dire que l’intervention américaine en Irak a ouvert la boîte de Pandore est sans doute un euphémisme. Elle a deux aspects. Le premier est l’éclatement des États-nations en faisant s’affronter des communautés. En Irak, le morcellement du pays avait débuté avec le soutien aux Kurdes irakiens. Sous prétexte de défense de cette zone contre les attaques –avérées– de Bagdad, les Occidentaux avaient permis, grâce à une « zone d’exclusion aérienne », la mise en place d’une administration kurde autonome. Ce qui aurait pu passer pour un acte politique louable se heurte à l’attitude de ces mêmes pays occidentaux soutenant la Turquie dans sa répression du mouvement autonomiste kurde. Abdullah Ocalan est toujours emprisonné et les élus du BDP du Kurdistan turc sont pourchassés.

Sunnites et chiites

Depuis l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak, on n’a sans doute jamais autant parlé des différences entre les sunnites et les chiites. Des populations musulmanes implantées dans ces pays depuis toujours. Mais les groupes sunnites, activés, notamment, par al-Qaida, longtemps financés et entraînés par la CIA, ont pris leur envol depuis des années. Ils sont maintenant soutenus par les États du Golfe (Arabie saoudite, Qatar, Koweït, notamment) pour faire le pendant à l’Iran chiite. Téhéran n’est évidemment pas en reste, qui aide les chiites des pays du Golfe, soutien le Hezbollah au Liban et le régime de Bachar Al Assad en Syrie.

Dans cet enchevêtrement régional, on aurait tort de ne voir qu’un affrontement confessionnel. Arguer de la démocratie pour dénoncer l’Iran ou la Syrie, tout en soutenant les pétromonarchies du Golfe (l’exécution de sept hommes ces derniers jours suffit à montrer que ces dernières n’ont rien à envier à leurs ennemis de Damas et Téhéran), ressemble peu ou prou aux mensonges avancés, il y a dix ans, pour lancer une guerre contre l’Irak.

Mensonge

La stratégie militaire n’amène que la dislocation des États-nations. L’Irak peine à trouver son unité. En Iran, sous le prétexte de dossier nucléaire, les grandes puissances poussent à une atomisation du pouvoir en place sans penser aux lendemains (ou alors, trop!). Quant à la Syrie, elle est aujourd’hui dans un état tel – quelles qu’en soient les responsabilités – qu’on peut se demander comment elle pourrait retrouver son unité demain. La situation du Moyen-Orient serait-elle la même si la région ne regorgeait pas de pétrole et de gaz? À partir du moment où l’on veut mettre en opposition, singulièrement des sunnites et des chiites, est-il vraiment déraisonnable de se demander si l’avenir de ces réserves énergétiques et les pays sous lesquels elles se trouvent ne seraient pas l’explication des prises de position et des attitudes des États-Unis et de l’Union européenne ?

Des bases militaires américaines dans le Golfe aux nouvelles implantations tout aussi militaires françaises (voulues par Sarkozy et perpétuées par Hollande), l’armada développée défend quels intérêts? Ceux de quelques multinationales ou ceux des peuples? Poser la question, c’est sans doute y répondre. Et si le mensonge qui a permis la guerre en Irak se reproduisait?

"Il règne un climat de tensions croissantes à caractère politico-confessionnel en Irak"

Dirigeant du Parti communiste irakien, Raid Fahmi revient, depuis Bagdad, 
sur la situation de son pays, dix ans après l'invasion de l’Irak par les États-Unis, alors que les troupes américaines sont toujours en place.

Quel bilan tirez-vous 
de ces dix ans ?

Raid Fahmi. Indiscutablement, le peuple irakien a payé un très lourd tribut à l’invasion par ses conséquences en termes de vies humaines, destructions matérielles, déchirement du tissu national et social. Cependant, le peuple a montré aussi son étonnante capacité à se ressaisir lorsque le sort du pays est en jeu. Ainsi, la guerre civile a été évitée dans les années 2006-2007 lors du conflit confessionnel qui a fait des milliers de victimes et des millions de déplacés, et le retrait total des troupes américaines a été assuré 
le 31 décembre 2011. Malgré 
la violence, les actes terroristes, les ingérences étrangères, une Constitution des plus libérales 
de la région a été adoptée en 2005, trois élections générales législatives et municipales ont été organisées, et la liberté d’expression et d’organisation est largement assurée pour les individus, les partis politiques et les organisations de 
la société civile. L’Irak est toujours en phase de transition. La nature de l’État en cours d’édification 
et son contenu social demeurent 
un enjeu de la lutte entre 
les différentes forces politiques.

Quelle est la situation du pays aujourd’hui en termes politiques 
et sociaux ?

Raid Fahmi. Depuis plusieurs mois, le pays traverse une profonde crise politique qui paralyse le Parlement et divise le gouvernement. Les rapports entre les partenaires politiques qui partagent le pouvoir ne cessent de se dégrader, produisant des tensions croissantes à caractère politico-confessionnel, et qui sont exacerbées par les ingérences et les soutiens extérieurs de la part des puissances et des États de la région. Cette situation provoque une vive inquiétude 
dans la population, crée un terrain et des conditions propices 
pour les groupes terroristes tels 
qu’al-Qaida. Les forces influentes au pouvoir essayent de détourner l’attention de la population de leur désastreux bilan. Pour masquer leur échec, leur incompétence 
et leur corruption, elles recourent à la mobilisation confessionnelle 
et nourrissent les peurs chez 
les gens afin qu’ils se positionnent et s’alignent sur une base d’allégeance confessionnelle plutôt que politique. Les provinces 
de l’ouest de l’Irak, à majorité sunnite, sont en ébullition 
autour de revendications dont 
le gouvernement reconnaît 
en partie la légitimité. Mais 
ces concessions ne réussissent 
pas à calmer l’esprit des milliers 
de manifestants qui les considèrent comme insuffisantes, lentes, 
et jetant le doute sur la sincérité 
du gouvernement.

De quelle manière les tensions régionales (Iran, Syrie, pays du Golfe) affectent-elles l’Irak ?

Raid Fahmi. La situation en Syrie et l’évolution du rapport de forces entre le régime d’Assad et les forces de l’opposition, et tout particulièrement les groupes extrêmes sunnites, suscitent une très grande inquiétude chez les forces politiques chiites au pouvoir. Elles perçoivent dans la montée en puissance de ces groupes extrémistes une menace directe 
au pouvoir chiite en Irak et en Iran. Elles voient un lien direct entre 
ces groupes, les baasistes 
se réclamant de Saddam Hussein et les manifestations dans les provinces de l’ouest de l’Irak. Les tensions en Syrie, dont le caractère confessionnel s’accentue avec le passage du temps, et l’opposition fondamentaliste sunnite ont amené les dirigeants irakiens à évoquer publiquement, et à maintes reprises, les risques d’éclatement d’une « guerre confessionnelle » en Irak si le conflit en Syrie se résolvait en faveur de l’opposition fondamentaliste sunnite.

Que préconisez-vous pour sortir 
de l’ornière confessionnelle ?

Raid Fahmi. Nous pensons 
que la crise politique actuelle en Irak est grave et profonde. Elle n’est pas uniquement une crise de gouvernement, mais une crise du système politique fondé sur la base de partage ethnique et confessionnel du pouvoir. L’expérience des années 
passées montre que le système 
de gouvernance sur lequel repose 
le processus politique est incapable de construire un État viable capable d’assurer la sécurité, la stabilité, le développement économique et démocratique 
du pays. Nous préconisons l’abandon de ce système et l’engagement sur la voie de la citoyenneté, du respect des droits et de l’identité de toutes les composantes nationales, religieuses, confessionnelles et culturelles 
du peuple irakien, dans le cadre d’un État démocratique fédéral uni.

  • Lire aussi :

Entretien avec Raid Fahmi en 2010 : "Désormais 
il faut aller vers le retrait total"

Après cinq ans de Bush, l'Irak à l'agonie

Interview de Barah Mikaïl, chercheur spécialisé sur le Moyen-Orient à l'Iris (2007) : « Les États-Unis face aux limites de leur stratégie en Irak »

  • À consulter :

Notre dossier sur la guerre en Irak

Entretien réalisé par Pierre Barbancey

Les Irakiens, leurs espoirs et leurs doutes

Dix ans après l’invasion américaine de l’Irak, et à peine plus d’un an après le retrait des troupes, la reporter Anne Nivat sillonne de nouveau le pays. Ce soir, à 23 h 15, sur France 3.

Reporter de guerre indépendante, Anne Nivat est devenue une familière de l’Irak. Depuis l’invasion américaine, en 2003, elle a sillonné le pays une dizaine de fois, nouant au gré de ses périples des contacts professionnels mais aussi de solides amitiés. Dix ans après, alors que l’Irak fait beaucoup moins souvent la une des journaux, elle revient sur ses pas, prendre le pouls de cette société irakienne en reconstruction, de Bassora à Nadjaf et Faludjar, en passant et repassant par Bagdad. Anne Rivat retrouve, notamment, un jeune pharmacien qu’elle a connu étudiant. Il lui raconte les difficultés matérielles mais aussi la fierté de la population qui se rend dans son échoppe. Il confie également sa volonté de quitter le pays. Quand la journaliste lui demande ce qu’il est possible de faire en Irak, il répond sans ambages qu’il est surtout facile d’y mourir. D’autres, comme cet artiste dans son café-galerie de la capitale, veulent rester pour mener le combat pour la démocratie. C’est aussi un peu l’état d’esprit de cette professeure d’anglais de la communauté turcomane, une minorité qui vit dans la région pétrolifère du nord-est du pays, au cœur de vives tensions interethniques pour le partage de la rente. En même temps, si elle refuse d’envisager un départ, cette mère de famille explique en substance que, depuis 1991, année de la guerre du Golfe, elle et les siens vivent un peu par automatisme, comme des morts-vivants.

Dans ce documentaire, on ne rencontre jamais l’espoir à l’état brut, mais toujours mêlé peu ou prou à la peur du lendemain ou à une certaine retenue. Et comment s’en étonner ? Les Américains, qui ont quitté l’Irak fin 2011, ont laissé derrière eux un pays exsangue, confronté aux violences interconfessionnelles entre chiites, sunnites et Kurdes. Les attentats, notamment contre la minorité chrétienne, sont encore fréquents (on en a recensé 941 en 2012, pour un bilan de 2 764 morts). Les innombrables barrages de police témoignent du climat de tension. Et le documentaire d’Anne Nivat le restitue bien. On reste néanmoins un peu sur sa faim pour ce qui est de l’analyse. Certes, le parti pris du reportage est de donner la parole aux Irakiens eux-mêmes, pas de livrer une réflexion structurée sur l’avenir. Mais du coup, quand celle-ci affleure dans la bouche d’un témoin, en l’occurrence un père dominicain, elle n’est pas remise en perspective et se fait un peu facilement parole d’évangile. Soulignant que l’Union européenne a reçu le prix Nobel de la paix, le père Yousif Thomas Mirkis fait de celle-ci le modèle à suivre pour les peuples du Proche-Orient, oubliant, entre autres, qu’elle n’a pas franchement parlé d’une même voix pacifiste lors du déclenchement de la guerre en Irak.

Laurent Etre



Edité par T 34 - 21 Mar 2013 à 19:26
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Apr 2013 à 15:10

Irak : l’Amérique n’a pas échoué

 
 
Kharroubi Habib

Dix années après l’intervention militaire américaine en Irak qui a entraîné la chute de Saddam Hussein et de son régime, les commentaires et analyses qui prétendent faire l’état des lieux en ce pays une décennie après avoir été « libéré » de la dictature sont unanimement à charge contre les Etats-Unis qui selon leurs auteurs ont échoué à y instaurer la démocratie et la sécurité.

Sur le point de savoir si les Etats-Unis ont échoué en Irak, nous nous inscrivons en faux contre le constat de l’échec de l’intervention américaine. Ceux qui font ce constat persistent en réalité à croire ou faire semblant de croire que le but de l’intervention décidée par George W. Bush et son équipe de néoconservateurs a été d’apporter la liberté, la démocratie et la sécurité à l’Irak. Objectifs qui n’ont jamais été dans leurs esprits et s’ils ne sont pas réalisés cela n’implique pas que l’invasion américaine s’est soldée par l’échec. Bush et ses collaborateurs ont atteint le but qu’ils se sont fixé en faisant envahir l’Irak, celui de la destruction de l’Etat irakien et de l’explosion de la Nation irakienne. Ils y sont totalement parvenus au vu de ce qu’il est advenu au pays de Saddam Hussein en ces dix années de « libération » sous protectorat américain.

L’Etat irakien censé avoir pris la relève de la dictature du régime de Saddam Hussein n’a d’Etat que des symboles fictifs. Il est dans l’incapacité d’imposer son autorité aux communautés ethniques et religieuses qui se disputent la répartition du territoire et les ressources du pays. Ce même Etat s’est révélé être lui aussi réfractaire à la liberté et à la démocratie. Ce qui ne dérange nullement les Etats-Unis qui bien qu’ayant retiré le gros de leur force militaire d’occupation demeurent cependant les véritables tuteurs et décideurs dans le pays. L’ambassade américaine à Baghdad est la plus grande de celles que les Etats-Unis entretiennent à travers le monde (une quinzaine de milliers de fonctionnaires). Son armada de « diplomates » a pour mission de veiller à ce que l’Irak continue dans la voie de la destruction devant aboutir à rendre irrémédiable sa disparition en tant qu’Etat uni au profit de l’émergence en autant d’entités étatiques qu’il y a de communautés religieuses ou ethniques dont le refus de « vivre ensemble » est encouragé et attisé. C’est ce futur de l’après-Saddam Hussein qu’ont voulu réaliser George Bush et les néoconservateurs qui l’entouraient.

A voir où en est l’Irak aujourd’hui, oui donc l’Amérique n’a pas échoué. Barack Obama ne fera rien d’autre pour l’Irak qui irait contre l’aboutissement de leur plan. La destruction de l’Irak ira jusqu’à son terme voulu par les Etats-Unis. Et ce destin qui s’accomplit en Irak sera celui de tous les Etats arabes y compris ceux qui pensent s’en être prémunis en faisant preuve d’une ignoble servilité à leur endroit. Qu’on arrête donc de se lamenter sur « l’échec » américain en Irak. Il n’y a d’échec en Irak et dans le monde arabe que pour les peuples de cette région que les Etats-Unis et l’Occident enrôlent par le mensonge dans la réalisation de desseins qui étouffent leurs aspirations à la liberté, à la modernité et au développement.

Kharroubi Habib

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5181388

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Apr 2013 à 17:55

Irak: des élections en trompe-l'oeil

Quelque 13,8 millions d'électeurs Irakiens votaient samedi pour renouveler leurs assemblées provinciales au cours d'un scrutin, le premier depuis le départ des troupes américaines fin 2011, dont la campagne a été marquée par un accroissement des violences.

Les bureaux de vote ont ouvert à 7H00 (4H00 GMT) et fermeront à 17H00 (14H00 GMT). Les électeurs doivent départager 8.000 candidats qui briguent un total de 378 sièges. Mais diplomates et observateurs ont émis de sérieux doutes quant à la crédibilité de ce vote.

  • un simple plébiscite en faveur du premier ministre?

Les élections donneront une indication sur la popularité dont le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, en délicatesse avec ses partenaires de coalition et la minorité sunnite, peut se targuer avant les législatives prévues l'an prochain. Tentant de rassurer les Irakiens, Nouri al-Maliki a expliqué à "ceux qui tremblent pour l'avenir de l'Irak et qui craignent le retour de la violence et de la dictature que le bulletin de vote est l'arme qui nous permettra de lutter". "Il n'y aura pas de retour en arrière", a-t-il promis sur la chaîne publique Iraqiya après avoir voté.

"Les élections ne peuvent pas résoudre tous les problèmes de l'Irak, mais les problèmes ne pourront pas être résolus sans élections", a lancé en écho Martin Kobler, le chef de la mission de l'ONU en Irak (UNAMI), lors d'une visite dans un bureau de vote du quartier de Salhiya, au centre de Bagdad.

A lire: "Il règne un climat de tensions croissantes à caractère politico-confessionnel en Irak"

Ces élections sont prépondérantes dans le système fédéral irakien. Les assemblées provinciales sont chargées de désigner le gouverneur qui a la haute main sur l'administration provinciale, les finances et chapeaute les efforts de reconstruction. Pourtant, durant la campagne, les candidats ne se sont pas saisi des thèmes chers aux électeurs que sont la lutte contre la corruption et les déficiences des services publics. Et, comme c'est la règle en Irak, les liens religieux, communautaires ou tribaux devraient plus peser dans le choix des électeurs que le programme mis en avant par les candidats.

  • Seules 12 des 18 provinces irakiennes y participent

Au nord, les trois provinces de la région autonome du Kurdistan disposent d'un calendrier électoral distinct et à Kirkouk un contentieux entre les différentes communautés empêche la tenue des élections. Mettant en avant l'instabilité qui y règne, Bagdad a repoussé le scrutin à al-Anbar (ouest) et Ninive (nord), deux provinces majoritairement sunnites où se déroule le gros des manifestations anti-gouvernementales organisées depuis quatre mois.

  • Des élections sur fond d'attentats

La campagne, et plus généralement les premiers mois de l'année, ont été marqués par une nette recrudescence des violences. Quatorze candidats ont été assassinés depuis le début de l'année et les attentats se sont multipliés. Plus de 100 personnes ont été tuées depuis dimanche. Et de nouveaux incidents se sont produits dans la matinée de samedi. Deux personnes ont été blessées par des tirs de mortier près d'un bureau de vote au sud de Bagdad et une bombe a explosé dans la province de Babylone près de la maison d'un membre des forces de sécurité, sans faire de blessés.

Les forces de sécurité ont renforcé leurs contrôles et "toutes les forces" à la disposition des ministères de l'Intérieur et de la Défense ont été déployées, selon Saad Maan, porte-parole du ministère de l'Intérieur. Seuls les véhicules disposant d'un permis spécial sont autorisés à circuler et les abords des bureaux de vote sont protégés par des barbelés. Dans le quartier de Karrada, au centre de Bagdad, chaque électeur était fouillé avant de pénétrer dans un bureau de vote, a rapporté un journaliste de l'AFP.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Apr 2013 à 19:55

Irak, nouvelle semaine sanglante

Depuis la mi-décembre, les provinces majoritairement sunnites sont le théâtre de manifestations ­antigouvernementales avec, en ­arrière-plan, une recrudescence des attaques armées lancées par l’État islamique d’Irak (branche irakienne d’al-Qaida) et l’armée des Naqshbandis (un ordre soufi sunnite) contre les forces irakiennes. Officiellement, les sunnites (20 % de la population), auxquels ­appartenait Saddam Hussein, protestent contre leur mise à l’écart par le gouvernement à majorité chiite du premier ­ministre Nouri Al Maliki, dont ils réclament la démission.

Entre mardi et jeudi, les ­affrontements entre sunnites et forces gouvernementales ont fait 128 morts. Les heurts les plus meurtriers se sont produits à Souleimane Bek, près de Kirkuk, peuplée en partie par la minorité turcomane. Mardi, l’intervention brutale des forces irakiennes contre l’armée des Naqshbandis, qui compterait dans ses rangs d’anciens officiers de l’armée de Saddam Hussein, dont le numéro deux du régime en fuite, Izzat Al Douri, avait fait plusieurs ­dizaines de morts dans les deux camps. Mercredi, cinq soldats et sept hommes armés ont été tués. L’armée américaine considérait déjà l’armée des Naqshbandis, dirigée par Abdulrahman Naqshbandi, ancien officier de Saddam, comme le plus dangereux de tous les groupes armés irakiens.

Ce regain de violence en Irak n’est certainement pas sans rapport avec la situation syrienne. L’Irak, majoritairement chiite, est, avec ­l’Algérie et le Liban, le seul État membre de la Ligue arabe à entretenir des relations avec le régime ­syrien et à ne pas avoir reconnu l’opposition syrienne. Qui plus est, le gouvernement de Nouri Al Maliki entretient des rapports plus que cordiaux avec l’Iran, allié de la Syrie de Bachar Al Assad.

Manifestations et attaques armées rendent instable le gouvernement de Nouri Al Maliki.



Edité par T 34 - 04 May 2013 à 16:59
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 May 2013 à 18:54
Les violences en Irak ont fait plus de 500 morts pour le seul mois de mai 
 
Selon un décompte de l’AFP, entre le 1er et le 28 mai, 507 personnes ont été tuées et 1 287 blessées dans des attaques en Irak, faisant de ce mois le plus meurtrier en au moins un an. Les autorités peinent à stopper une vague de violences qui fait craindre un nouveau conflit confessionnel. Juste après la publication de ce décompte, des attentats ont fait 16 morts et 37 blessés hier à Bagdad.
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Jun 2013 à 00:58

Pourquoi l’OMS ne publie pas son rapport sur l’Irak ?

 

Face à la soumission de l’OMS au dictat de Washington, 58 scientifiques, professionnels de santé et avocats des droits de l’Homme ont écrit à l’OMS et au ministère irakien de la Santé pour leur demander la publication immédiate du rapport. Ils n’ont reçu aucune réponse.

Depuis la fin de la première guerre d’Irak (1991), les études, les reportages, les témoignages sur les effets des armes utilisées par les forces occidentales, dont l’uranium dit « appauvri » (UA) se comptent par dizaines. Les vétérans de Tempête du désert, qu’ils soient Américains, Français, Britanniques, Australiens ou autres, ont également dénoncé ces effets sur eux-mêmes et leur descendance depuis leur retour d’Irak en 1991. Depuis, la seconde guerre et l’occupation n’ont fait qu’aggraver la situation dans un Irak littéralement empoisonné. Aujourd’hui, c’est un rapport d’enquête de l’OMS réalisée en 2012 qui fait scandale. Non pour ce qu’il révèle, mais parce qu’il n’a pas été rendu publique.

Commencé en mai-juin 2012 et terminée en octobre de la même année, l’étude réalisée par l’OMS et le ministère irakien de la Santé, révèle un nombre croissant de malformations congénitales et de cancers chez les enfants. Elle a été menée à Bagdad, Diyala, Anbar, Sulaymaniyah, Babel, Bassorah, Mossoul et Hi-Qar, où 18 000 foyers ont été visités. Selon le journal britannique The Independent, un rapport aurait dû être publié en novembre 2012. En mars 2013, un représentant du ministère irakien de la Santé interviewé par la BBC, déclarait que « toutes les études publiées jusque-là par l’Irak apportaient la preuve d’une augmentation des malformations congénitales et de cancers chez l’enfant ». Le rapport caché montre, quant à lui, que ce problème de santé publique consécutif à l’utilisation d’armement toxique par les forces alliées, constitue un fléau majeur à venir pour les générations futures. Les gouvernorats de Ninive, Anbar, Bassorah et Najaf sont particulièrement touchés. Ce qui correspond aux régions où les munitions à l’uranium ont été massivement utilisées. D’autres études, évidemment rejetées par les États responsables, États-Unis, France et Grande-Bretagne en tête, ont montré des taux anormalement élevés de stérilité, de fausses couches ou de mortinatalité.

Face à l’attitude de l’OMS, 58 scientifiques, professionnels de santé et avocats des droits de l’Homme ont écrit à l’OMS et au ministère irakien de la Santé pour leur demander la publication immédiate du rapport. Ils n’ont reçu aucune réponse. Les signataires de la lettre étaient Irakiens, Iraniens, Libanais, Japonais, Européens, Australiens et Nord-Américains, des personnalités de tous ordres dont Noam Chomsky, Ken Loach, John Tirman. Selon le Guardian du 26 mai, Hans von Sponeck, ancien assistant du secrétaire général de l’Onu, « le gouvernement américain a essayé d’empêcher l’OMS de se rendre dans le sud de l’Irak ou l’uranium a été utilisé et a eu des conséquences graves sur l’environnement et les populations. »

On se rappellera qu’outre les conséquences de cette « sale guerre propre » les sanctions de l’Onu contre l’Irak après 1991 et jusqu’à la seconde guerre en 2003, ont tué, chiffres de la FAO, 576 000 enfants. Entre 2002 et 2005, les États-Unis ont tiré en Irak 6 milliards de balles et largué 2 000 à 4 000 tonnes de bombes sur les villes irakiennes, qu’elles ont empoisonnées avec leur composant d’uranium, de mercure, de plomb neurotoxique ou autres métaux toxiques. En 1991, la quasi-totalité des infrastructures comme les hôpitaux a été détruite, le reste le fut en 2003. Le pays se situe actuellement parmi les plus pauvres du monde en terme de santé publique alors qu’avant 1999, il figurait dans les premières places du classement OMS.

Pourquoi l’OMS ne publie pas ce rapport ? Pourquoi les États-Unis ne veulent-ils pas d’enquête dans les zones les plus touchées au cours des deux guerres ? Depuis plus de vingt ans, maintenant, les gouvernements américain, britannique et français nient, en dépit de toutes les preuves indiscutables présentées par les vétérans et l’Irak, l’utilisation par leurs armées de munitions à uranium et d’armes toxiques. Les armes à l’uranium sont aujourd’hui fabriquées par de nombreux pays et utilisées en Afghanistan, Palestine, Syrie. Ces États n’ont jamais été jugés, non plus, et malgré les plaintes déposées au niveau international, pour crime de guerre et crime contre l’humanité pour avoir bombardé en toute conscience et massivement les populations et les infrastructures publiques. L’embargo total proclamé par l’Onu sous la férule de Washington et ses locataires Bush père et fils, est également un crime contre l’humanité qui a tué plus d’un million de personnes et détruit totalement la société et l’économie irakiennes.

Et quand un juge d’instruction, comme Mme Bertella-Jeoffroy en France, a réuni suffisamment d’éléments, entendu tous les protagonistes, et devient dangereuse à l’issue d’une enquête minutieuse qui a duré près de vingt ans, le ministère français de la Justice trouve un prétexte pour la « muter », en claire, lui offrir un placard capitonné et la remplacer par un juge « à la botte » et qui ne connaît rien à un dossier lourd de plusieurs dizaines de milliers de pages.

L’histoire de l’Irak de ces vingt dernières années figure sans aucun doute parmi les plus grands drames que l’on ait connus depuis la seconde guerre mondiale, l’un des plus grands scandales, aussi, et le crime contre l’humanité le mieux enterré de notre histoire contemporaine, Saddam Hussein ou pas, par toutes les forces politiques occidentales, Gauche ou Droite françaises, Démocrates ou Républicains américains, Travaillistes ou Conservateurs britanniques, confondues.

Christine Abdelkrim-Delanne

Et pendant ce temps là à Fallouja...

 
 
Jean-Yves Peillard

Qu’est-ce qui retarde le rapport de l’OMS sur les malformations congénitales irakiens ?

Une étude de l’Organisation mondiale de la Santé de 2012 sur les malformations congénitales en Irak n’a toujours pas été rendue publique.
(6 juin 2013)
 
Mozhgan Savabieaszfahani

Le Dr Mozhgan Savabieasfahani, originaire d’Iran, est une toxicologue environnementale basée dans le Michigan. Elle est l’auteure de plus de deux douzaines d’articles et commentaire scientifiques et d’un livre : "Pollution et dommages reproductifs" (DVM 2009).

Stérilité, fausses couches à répétition, morts-nés, et sévères malformations congénitales ont augmenté dans certaines parties d’Irak

L’Irak est empoisonné (1) . Trente-cinq millions d’Irakiens se réveillent chaque matin avec un cauchemar vivant de cancers infantiles, des cancers de l’adulte et de malformations congénitales. Cancers familiaux, cancers en amas et cancers multiples chez le même individu sont devenues fréquents en Irak.
 
Stérilité, fausses couches à répétition, morts-nés et malformations congénitales graves - certains n’ont jamais été décrites dans les livres de médecine - sont partout, en nombre croissant. Pris au piège de ce cauchemar infernal, des millions d’Irakiens luttent pour survivre, et ils appellent à l’aide (2).

Après une longue attente, la pression du public et l’attention des médias à cette catastrophe de santé publique ont entraîné une étude menée conjointement par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le ministère irakien de la Santé afin de déterminer la prévalence des malformations congénitales en Irak. Cette étude a débuté en Mai-Juin 2012 et a été achevée au début Octobre 2012. 

Le site de l’OMS affirme que cette étude de grande envergure a été menée à Bagdad (Karkh et Rasafa), Diyala, Anbar, Sulaymaniyah, Babel, Bassorah, Mossoul et Thi-Qar, avec 10.800 familles dans 18 districts avec taille un échantillonnage de 600 familles par district. 

L’ Independent (journal du Royaume-Uni) a indiqué (3) que cette étude devait être publiée en Novembre 2012. Mais le rapport n’est pas encore sorti.

Rapport gardé secret

En Mars 2013, un haut fonctionnaire (4) au ministère de la Santé irakien à Bagdad a discuté de la question avec la BBC et a déclaré que « toutes les études réalisées par le ministère de la Santé prouvent avec des preuves accablantes qu’il y a eu une augmentation des malformations congénitales et des cancers » en Irak.
 
Au cours du même documentaire de la BBC, appelé « Né sous une mauvaise étoile", deux autres chercheurs du ministère de la santé ont discuté de l’étude non publiée. Ils ont confirmé que ces cancers et ces malformations congénitales constituent une crise majeure pour la prochaine génération d’enfants irakiens. Ils ont confirmé expressément les augmentations simultanées des cancers et des anomalies congénitales dans trois gouvernorats - Ninive, Anbar et Najaf - reliant ces augmentations aux munitions utilisées pendant la guerre.

Pourquoi un rapport aussi important devrait-il être gardé secret ?

Dans une situation d’urgence sanitaire grave, comme nous le voyons en Irak, une telle étude approfondie de la santé publique doit être largement diffusée pour susciter un soutien et des recherches internationaux. Les experts médicaux, épidémiologistes, toxicologues environnementaux, personnel d’assainissement et spécialistes de la décontamination de l’environnement doivent être convoqués pour résoudre cette crise et sauver des vies.
 
Un délai de six mois pour la publication d’un tel rapport critique a laissé beaucoup d’entre nous inquiets et craignant qu’il puisse être supprimé.

En réponse à ce retard coûteux de la publication de ce rapport par l’OMS, 58 scientifiques (5), professionnels de santé et défenseurs des droits de l’homme ont récemment écrit à l’OMS et au ministère irakien de la Santé, pour demander la publication immédiate de ce rapport. Nous avons demandé que ce rapport d’importance mondiale soit publié immédiatement. Nous n’avons reçu aucune réponse à cette lettre. 

La lettre a été signée par des irakiens, iraniens, libanais, japonais, australiens, des universitaires américains et nord-européens et des personnalités publiques. Elles comprenaient Noam Chomsky, Ken Loach, John Tirman, Human Rights Now (Japon), Health Alliance International et des membre du conseil d’administration de BlackCommentator.com.
 
Nous attendons toujours une réponse de l’OMS. Pourquoi cet important rapport est-il ajourné ?

Une possible réponse a été proposée le 26 mai par The Gardian (journal anglais) . Il a signalé les récents commentaires (6) de Hans von Sponeck, ancien secrétaire général adjoint des Nations Unies : « Le gouvernement américain a cherché à empêcher l’OMS d’expertiser les zones du sud de l’Irak, où l’uranium appauvri a été utilisé et a causé des dangers sanitaires et environnementaux graves. » 

Il serait profondément affligeant que ce rapport de l’OMS soit retardé pour une telle raison. Après tant d’années de sanctions et de guerre, la santé publique de 35 millions d’Irakiens ne doit pas être prise en otage. Au lieu de cela, nous devons nous efforcer de sauver des vies aujourd’hui et prévenir toute nouvelle contamination de la terre avec les polluants de guerre. 

Sanctions meurtrières de l’ONU sur l’Irak

Rappelez-vous les sanctions meurtrières de l’ONU sur l’Irak. En 1995, ces sanctions ont dévasté l’infrastructure de santé publique irakienne et ont peut-être tué jusqu’à 576 000 enfants (7), selon les scientifiques de la FAO (Food and Agriculture Organization des Nations Unies). 

Dans cet état de vulnérabilité, l’Irak a été envahi. Le MSNBC (site informatif US) a rapporté(8) : "Entre 2002 et 2005, les forces américaines ont tiré 6 milliards de balles en Irak (quelque chose comme 300.000 pour chaque personne tuée) Ils ont également largué de 2.000 à 4.000 tonnes de bombes sur les villes irakiennes, laissant derrière elles un brouet de sorcière de contaminants et métaux toxiques, dont le plomb et le mercure qui sont des neurotoxines. " 

Depuis 2003, la santé de la mère et de l’enfant se sont encore détériorées en Irak, et les indicateurs de santé du pays sont maintenant parmi les plus pauvres du monde. L’état actuel de santé maternelle et infantile en Irak sera encore plus altéré si le rapport de l’OMS sur les malformations congénitales continue d’être inaccessible au public.

Le rapport de l’OMS permettra de préciser l’ampleur et l’évolution des malformations congénitales dans plusieurs gouvernorats irakiens, d’identifier les facteurs de risque possibles de ces anomalies congénitales, et d’évaluer le fardeau public de cet environnement sur la nation irakienne. L’information contenue dans ce rapport est essentielle pour informer et établir des priorités de politique de santé publique en Irak et dans la région au sens large.

La publication immédiate de ce rapport sera la première étape pour la mobilisation d’efforts mondiaux visant à protéger la santé publique d’une dégradation supplémentaire en Irak et dans toute la région. Une fois publié, le rapport permettra aux chercheurs de collaborer, poser les questions les plus pertinentes et conduire des études pour remédier à cette situation d’urgence sanitaire. 

Notes

(1) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3464374/pdf/128_2012_Article_817.pdf
Metal Contamination and the Epidemic of Congenital Birth Defects in Iraqi Cities - Bull Environ Contam Toxicol (2012) 89:937–944 DOI 10.1007/s00128-012-0817-2

(2) http://news.sky.com/story/606364/did-us-army-cause-iraq-birth-defects
Did US Army Cause Iraq Birth Defects ? 29 Mai 2008 (site info Britannique)

(3) http://www.independent.co.uk/life-style/health-and-families/health-new...
Iraq records huge rise in birth defects : New study links increase with military action by Western force
Sarah Morrison 14 Octobre 2012

(4) https://www.youtube.com/watch?v=-W5TvnYaeN4
Un reportage de la BBC sur les malformations congénitales en Irak

(5) http://www.zcommunications.org/a-call-to-release-the-who-report-on-ira...
Un appel pour la publication du Rapport de l’OMS sur les malformations congénitales en Irak 18 Mai 2013 signé par 58 personnalités, médecins, chercheurs, scientifiques, personnalités politiques et autres.

(6) http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2013/may/26/iraqis-cant-turn-b...
We’ve moved on from the Iraq war – but Iraqis don’t have that choice 26 Mai 2013 article du Journal Britannique The Gardian A lire !

(7) http://www.nytimes.com/1995/12/01/world/iraq-sanctions-kill-children-u...
Les sanctions contre l’Irak tuent des enfants, selon le rapport de l’ONU
1er Décembre 1995 New York Times (grand journal US)

(8) http://tv.msnbc.com/2013/03/18/president-bush-promised-iraqi-civilians...
Bush a promis aux civils irakiens un avenir meilleur. Comment vivent-ils maintenant ?
18 Mars 2013

(traduction de l’anglais : Marie d’independentwho)

PS :En avril 2013, L’association japonaise Human Rights Now avait publié le rapport sur les malformations congénitales à Fallouja en Iraq. dues à l’utilisation d’arme à uranium appauvri et phosphore blanc par des soldats de même nationalité que ceux qui avaient employé l’agent orange au Viet-Nam. En toute impunité.

Ce n’est pas un hasard si c’est une association japonaise qui relève cette ignominie ; c’est le même très grand crime actuellement chez eux. Kazuko Ito souhaite que ce rapport soit diffusé aux média internationaux pour attirer l’attention du monde.

http://hrn.or.jp/eng/activity/area/iraq/press-release10-years-after-th...
C’est en anglais mais les photos…devraient être montrées à tous ces soldats et politiciens complètement dépassés. http://bellaciao.org/fr/IMG/pdf/leTresGrandCrime_2_-2.pdf

(source http://bellaciao.org/fr/spip.php?article134995)

Mais ce rapport a du mal a sortir de l’OMS. Comme il se trouve encore des personnes pour s’en étonner :

voir le collectif independentwho Santé et nucléaire qui a organisé un forum scientifique et citoyen sur la radioprotection en 2012.
www.independentwho.org

Comme rien ne bouge, il organisera en 2014 un deuxième sur le thème des dommages génétiques dus à la contamination radioactive.



Edité par T 34 - 12 Jul 2013 à 18:17
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Jul 2013 à 19:39

Des attentats en Iraq provoquent près de 400 morts ce mois-ci

Bagdad, 15 juillet (RHC-PL)- Près de 400 personnes sont mortes en Iraq durant la première moitié de ce mois lors de faits violents.

Des actions similaires ont provoqué la mort de 2600 personnes depuis le début de l'année

Le ministère de l'Intérieur, a signalé que ce dimanche quelque 35 personnes sont mortes et près d'une centaine ont été blessées au cours de différents attentats et attaques dans les villes de Kut, de Kerbala, de Basora et d'autres territoires du pays, ce qui indique un élargissement des actions d'entités en lien avec le réseau terroriste Al Qaïda.



Edité par T 34 - 11 Aug 2013 à 20:46
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Sep 2013 à 21:36

L’Irak, proie à nouveau d’une violence débridée

Une vague d’attentats a fait au moins quarante morts hier. Le regain de violences ramène le pays aux périodes les plus meurtrières d’après son invasion par l’armée états-unienne.

L ’Irak connaît son été le plus meurtrier depuis cinq ans. Il ne s’y passe quasiment plus une journée sans que l’on doive dénombrer de nouvelles victimes d’attentats. Hier encore une vague d’attaques coordonnées a frappé Bagdad et ses environs, faisant au moins 40 morts et plus de 140 blessés. Une dizaine de voitures piégées ont ainsi explosé en différents points de la capitale, notamment dans des quartiers à majorité chiite. Un kamikaze à pied a également déclenché les explosifs qu’il portait sur lui près d’un marché dans le quartier de Kadhimiyah. À Mahmoudiya, à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale, un second kamikaze, au volant d’une voiture piégée, s’est précipité sur un poste de contrôle de police. Et à Madaïn, également au sud de la capitale, un engin explosif a sauté au passage d’une patrouille militaire.

Depuis le début 2013, plus de 3 700 personnes auraient ainsi péri dans des attentats, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources médicales et de sécurité. Cette recrudescence de la violence illustre l’ampleur des tensions qui minent le pays. Dix ans après les bombardements puis l’invasion du pays par les troupes états-uniennes, le gouvernement ne parvient pas à surmonter les conflits communautaires ou (et) religieux.

Les attentats d’hier visaient tout particulièrement la communauté chiite. Si aucune organisation ne les a revendiqués jusqu’alors, des groupes intégristes sunnites sont fortement soupçonnés. Cette nouvelle plongée dans la violence coïncide avec un mécontentement croissant de la minorité sunnite à l’encontre du gouvernement, accusé notamment de pratiquer des arrestations arbitraires.

L’ONU presse le gouvernement du premier ministre chiite Nouri Al Maliki d’adopter des réformes pour éviter de marginaliser plus avant les sunnites, au risque de favoriser leur recrutement par les extrémistes. Mais le conflit syrien déborde d’évidence aussi des frontières. Des groupes djihadistes qui opèrent dans l’État voisin se servent en effet de l’Irak comme d’une base arrière.

Bruno Odent

 

 


Edité par T 34 - 06 May 2014 à 16:04
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  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Sep 2013 à 00:20
Irak : la guerre la plus « humaine » de l’histoire
 
 



Smaïl Hadj-Ali nous a transmis un article pour publication sur le site de Résistance. Le texte a été écrit en 2006. Il fait le point sur l'invasion étasunienne en Iraq après trois ans d'occupation. Le lien avec l'actuelle situation syrienne est évident, en ce sens qu'il montre que l'impérialisme fera de la Syrie ce qu'il a fait de l'Iraq : un champ de ruines et un désastre, tant humain que politique…

Le comité rédactionnel de Résistance remercie l’auteur pour la confiance qu’il nous accorde ainsi que pour sa brillante démonstration.


L’Armée-État d’Israël se bat pour la démocratie et « une proposition de paix totale » contre les Palestiniens et les Libanais. Ses guerres, chacun le sait, lui sont imposées et ne sont que « légitime défense ». En 2003 en Iraq, les États-Unis d’Amérique étaient guidés par les mêmes nobles objectifs... Retour sur la « guerre la plus humaine de l’histoire ».

Ils nommèrent l’opération « Spectre et effroi ». Motivations : détruire les armes de destruction massive, montrer la connexion du régime avec Al Qaïda, instaurer la démocratie. Ils ont fait tout faux. Erreur. Dès le début, ils savaient que tout était faux.

Trois années d’invasion-occupation plus tard, qu’est-ce que l’Irak sinon une infinie flaque... de sang, un corps déchiqueté sur un interminable champ de ruines ? Un pays où se ramassent à la pelle des corps qui n’en sont plus, et où la nuit venue dansent, au rythme des Top 50 des bouquets satellites dans des campements-supermarchés retranchés, cent quarante mille « boys » bourrés, c’est selon, de préjugés, de mépris, d’arrogance, d’ignorance crasse, de bonne conscience, d’alcool et de drogues ? On leur a dit, dès le début : « Vous êtes là pour libérer l’Irak. Vous menez un combat pour la naissance d’un pays ».

Pauvre Mésopotamie, te faire naître, toi qui les as mis au monde.

Aujourd’hui, après le délire métaphysique de la victoire, certains d’entre eux, de retour au pays, regardent, qui leurs jambes débitées, qui leurs bras charcutés. Ils ne pourront plus danser, mais savent qu’un jour ceux qui dansent encore dans ces camps bunkérisés subiront le même sort. D’autres, physiquement indemnes, dansent quotidiennement avec le suicide ou la détraque. C’est leur unique horizon.

D’horizon, les Irakiens n’en ont plus, alors que l’horreur d’une guerre civile interreligieuse dans laquelle aucun Dieu ne reconnaîtra les siens est déjà là. Danser. C’est aussi ce que firent, de joie démocratique, il y a trois ans devant leur écran TV, le jour où Bagdad fut prise, nombre d’intellectuels, de politiciens et autres experts en fripouilleries et bas stratagèmes politico-médiatiques. Ils ont dansé, disaient-ils, par « solidarité » pour ces pauvres Irakiens écrasés par un régime dirigé par un tyran « fou de sang et d’orgueil », avec lequel leurs puissants pays, mine de rien, ont commercé, échangé, comploté des années durant, en se souciant comme d’une guigne de la terreur, de la torture et des meurtres dont était victime l’élite progressiste et démocratique de ce pays.

Quelle issue aujourd’hui pour un peuple prisonnier d’une guerre totale entre une puissance impériale prédatrice et les terroristes de l’ordre théocratique qui, fanatisés par une idéologie infrahumaine, libèrent chaque jour leurs pulsions criminelles, au lieu de leur pays, en pulvérisant d’explosifs des dizaines de paisibles gens ? Ces danses macabres rythmées par les canons des chars démocratiques étaient les prémices, nous disaient ces esprits sérieux, de jours meilleurs, d’une ère radieuse : « l’Irak est une immense chance pour les Arabes », « Pour une fois qu’un pays arabe va devenir démocratique, il faut être optimiste ». Optimiste, la belle affaire. « ...La situation demeure grave en Irak, mais je suis « optimiste ». Ainsi parlait le chorégraphe en chef de ce ballet mortifère, George W. Bush, le 22 février 2006, au lendemain de l’attentat contre le mausolée chiite de Samara.

Trois années plus tôt, ou presque, le 17 avril 2003, Richard Myers, chef d’état-major interarmes, exprimait également son optimisme lors de la chute de Bagdad : « C’est la guerre la plus humaine de "l’Histoire"». En déclarant que cette tempête de feu, de fer et de sang, de corps brûlés, démantibulés, de vies ravagées était « la guerre la plus humaine de l’Histoire », le général, probablement bon père de famille, peut-être même amateur d’opéra, de poésie et de barbecue, ne savait peut-être pas qu’il venait d’inventer l’oxymoron de la terreur absolue et du crime de guerre banalisé. Il nous disait que cette guerre est humaine, parce qu’elle est USaméricaine. Qu'USaméricaine, elle ne peut qu’être humaine.

Nous savons maintenant que chaque guerre que les USA déclencheront sera une manifestation d’humanité. Qu’importent le carnage absolu de dizaines de milliers de personnes, le déferlement et le largage de milliers de tonnes de bombes et de feu, les humiliations, les tortures, les dévastations, les destructions inouïes de violence, l’ensauvagement du quotidien, la livraison des villes et des musées aux pillards encastrés, encadrés, comme de nombreux journalistes le furent, par une armée formée pour partie de soudards et de paumés, désaffiliés pour certains, détraqués pour d’autres, et de mercenaires en quête de la « green card », que de nombreux, rappelons-nous, reçurent six pieds sous terre.

Dans cet  enfer moderne, allumé par cette lâche hyper puissance, comment ne pas associer l’obscène formule du général au sort et à l’avenir disloqués du petit Ali Ismaïl. Un gamin devenu, malgré lui, la proie des médiatisations les plus infâmes, et l’objet de la compassion d’un premier ministre britannique soudain attentif aux malheurs que cette guerre à bout portant avait provoqués. L’hyper médiatisation de la bonne conscience des fauteurs de guerre passée, que faut-il retenir du malheur indicible et indélébile de cet enfant, sinon que sa vie entière sera la synthèse d’une guerre qui s’est incorporée, incrustée, cristallisée pour toujours dans son corps physique et social.

Mutilé, réduit, ce corps prothétique exprime-t-il autre chose que l’extrême « brutalisation » de cette guerre ? En ce sens, cette guerre participe pleinement à un retour à l’état de nature, à une « bestialisation », à un ensauvagement des rapports sociaux et humains.

Pendant l’agression coloniale de l’Algérie, Alexis de Tocqueville, théoricien de la démocratie et polémologue du libéralisme, déclarait : « Le second moyen en importance après l’interdiction du commerce est le ravage du pays. Je crois que le droit de la guerre nous autorise à ravager le pays et que nous devons le faire ». Si les temps et les technologies ne sont plus les mêmes, les méthodes et l’état d’esprit, à quelques nuances près, demeurent et ont encore de l’avenir.

Smaïl Hadj-Ali

http://www.resistance-politique.fr/article-irak-la-guerre-la-plus-humaine-de-l-histoire-120005553.html

Edité par T 34 - 13 Sep 2013 à 20:03
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  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Nov 2013 à 21:21
L’Irak depuis l’intervention étasunienne : une décennie mortifère





Dix ans ont passé depuis l’invasion de l’Irak par les États-Unis. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les objectifs officiels de l’époque, à savoir la libération du peuple irakien de l’oppression de la dictature de Saddam Hussein pour en faire un pays moderne et démocratique, ont lamentablement échoué. Pis, c’est chaque jour un peu plus le chaos dans un pays en ruine.  

Les chiffres parlent malheureusement d’eux-mêmes. Ce sont ainsi plus de 4.700 personnes qui ont perdu la vie dans des attentats depuis le début le l’année. 638 victimes sont à inscrire sur le compte du seul mois d’octobre. Personne n’est en mesure de déterminer exactement combien de personnes ont été tuée en Irak depuis l’invasion étasunienne. Selon une enquête menée conjointement par le gouvernement iraquien et l’Organisation mondiale de la santé, 151.000 Irakiens seraient morts de mort violente entre mars 2003 et juin 2006. Les Nations-Unies ont confirmé qu’en 2006 (dernière année où les données sont réputées fiables), au moins 35.000 personnes avaient été tuées.

Dix ans ont passé. Les media occidentaux semblent avoir perdu tout intérêt pour l’Irak, se concentrant sur des sujets plus consensuels ou attrayants. Entre les rives du Tigre et de l’Euphrate, au cœur du Moyen-Orient, une longue et laborieuse transition démocratique est en train de prendre forme depuis la fin officielle de la guerre, le 1er mai 2003.

Un parcours non sans obstacles tant sont nombreuses les contradictions de l’Irak moderne. Le pays est divisé par une guerre civile féroce entre fractions sunnites et chiites. La violence s’est intensifiée après que les forces de sécurité ont violemment réprimé le 23 avril dernier une manifestation sunnite contre le gouvernement, provoquant la mort de dizaines de personnes. Cet épisode a provoqué la réaction des sunnites, qui se sentent marginalisés par le gouvernement chiite. Les milices d’al-Qaïda tentent de tirer profit de la situation, ce qui touche par ricochet le gouvernement.

Les forces d’intervention étasuniennes n’ont jamais vraiment réussi à stabiliser la situation, allant parfois jusqu’à s’engager dans des opérations contraires au droit des conflits armés. Elles ont ainsi utilisé en novembre 2004 des armes chimiques lors de l’assaut de la ville de Falloujah, considérée par les troupes américaines comme un bastion d’insurgés sunnites. Un an plus tard, une folle équipée de Marines tuaient à Haditha vingt-quatre civils irakiens sans défense. Difficile d’apparaître dans ces conditions comme des libérateurs animés des plus nobles sentiments…

Ni les États-Unis, ni même les Nations-Unies n’ont porté un intérêt suffisant à l’actuel gouvernement irakien du Premier ministre Nouri al-Maliki, rongé par la corruption, par la répression et par la longue série de violations des droits humains. Les forces de police, contrôlées par les ministères de l’intérieur et de la défense, sont intervenues massivement entre la fin 2011 et mars 2012 avant un sommet de la Ligue arabe à Bagdad, et ont arrêté des centaines de personnes manifestant contre le gouvernement comme une mesure pour prévenir d’éventuels attentats terroristes. L’ONG étasunienne Human Rights Watch a critiqué très sévèrement dans son rapport annuel le nouvel Irak, l’accusant de devenir un état policier. Plusieurs détenus ont même témoigné avoir été torturés.

Rien d’étonnant à ce que la peine capitale soit dans ce contexte un sujet brûlant. Au moins 125 personnes ont été exécutées depuis le début de l’année ; quarante-deux l’ont été la semaine où on a célébré la journée mondiale contre la peine de mort. Amnesty international fait notamment remarquer qu’en violation des normes internationales, la loi institue la peine de mort pour certaines infractions dont on ne peut considérer qu'elles entrent dans la catégorie des crimes les plus graves, notamment l'enlèvement n'entraînant pas la mort. La peine capitale est ainsi devenue pour le gouvernement un moyen d’asseoir sa mainmise sur le pays.

Le bilan qu’on peut tirer de ces dix années en Irak ne peut être que négatif. L’intervention étasunienne n’a pas apporté que la misère et et la corruption. Il n’y a pas un eu un jour depuis 2003 sans que le pays ne perde une vie des suites des violences terroristes. Si c’est ça le modèle de démocratie que l’Occident s’évertue à exporter depuis des décennies, il n’y a vraiment pas de quoi s’émerveiller tant l’échec de ce système politique, économique et social, est patent.

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-l-irak-depuis-l-intervention-etasunienne-une-decennie-mortifere-120933602.html
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  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Jun 2014 à 21:36
À propos de la situation en Irak







La situation en Irak semble à peu près incompréhensible. Comment expliquer que des hordes de djihadistes, défaites en Syrie, déferlent soudainement en Irak et prennent d’importantes villes, et ce sans résistance apparente de l’armée régulière qu’on nous présente pourtant comme ayant un effectif considérable ! Et ces soldats kurdes qui surgissent de nulle part, et s’imposent dans le nord de l’Irak ? Et tout ça dans un pays ravagé par le chaos que les États-Unis ont largement contribué à répandre.

Les clés de compréhension ne sont pas disponibles dans nos médias. Pour essayer de comprendre, il faut certainement prendre en compte quelques considérations.

D’abord, le conflit au Proche-Orient (on serait tenté de dire les conflits mais en fait, le conflit clé est l’agression permanente d’Israël en Palestine, les autres en n’étant que la conséquence), le conflit donc, n’est pas un conflit de religion, mais un affrontement entre impérialisme et anti-impérialistes. Comment expliquer sinon que l’Iran, décrite comme une théocratie chiite par l’Empire, discute et s’allie avec la Russie, la Chine, le Venezuela, et même la Corée du Nord ? Il est clair que ce qui fonde l’alliance entre ces pays n’est pas une question religieuse, mais bel et bien une alliance anti-impérialiste. Il ne s’agit pas de nier l’importance de la religion en Iran, qui semble bien être le ciment national de sa cohésion sociale. Mais ce n’est pas du tout la ligne directrice de sa diplomatie ! Donc, quand on nous parle de guerre entre chiites et sunnites, il faut y voir la main de l’ennemi.

L’autre élément de compréhension de la situation en Irak est certainement l’idéal d’organisation sociale des États-Unis. Ces derniers favorisent des entités homogènes sur les plans ethnique et/ou religieux. C’est pour eux une question à la fois idéologique et pratique. Idéologique, parce que leur vision du monde est différentialiste (c’est-à-dire qu’ils voient le monde comme formé d’hommes différents par essence, là où les universalistes voient un monde peuplé de l’homme universel). Selon l’Oncle Sam donc, un sunnite est différent d’un chiite et, toujours selon lui, les deux religions ne peuvent coexister. Donc, chacun chez soi ! D’un point de vue pratique, de petites entités pseudo-étatiques sont bien plus faciles à manipuler et à dominer que de grands États, unifiés par un fort sentiment national comme l’était l’Irak avant l’agression étasunienne.

Un autre élément porte sur les djihadistes eux-mêmes. Il faut accepter de les voir comme une armée privée dans les mains étasuniennes ; financée par leurs vassaux saoudiens ou qataris, elle se bat là où l’Empire le lui demande. Cette armée, défaite en Syrie, était opportunément disponible pour agresser l’Irak.

On est donc en droit de supposer qu’un plan antérieur avait était imaginé et que ce plan vient d’être mis en œuvre. Il consiste en une partition de l’Irak en trois morceaux : une partie chiite au sud, une partie sunnite au centre et une partie kurde au nord. Bien sûr, le territoire kurde mord sérieusement sur le territoire turc. Mais les États-Unis ne sont pas réputés pour respecter leurs amis. Et soutenir l’Oncle Sam a toujours été aux risques et périls de ceux qui faisaient ce mauvais choix !

Le peuple irakien saura-t-il répondre à cette nouvelle agression destructrice ? C’est fort probable, l’expérience des méfaits étasuniens étant maintenant unanimement reconnue dans la région.

D.R.

http://www.resistance-politique.fr/article-a-propos-de-la-situation-en-irak-124018913.html
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  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Sep 2014 à 00:52
Comment et pourquoi les États-Unis ont créé l’État islamique…





La progression spectaculaire et jusque-là incoercible de l’État islamique a de nouveau placé l’Irak sous le feu des projecteurs. Si les médias sont prolixes pour décrire les atrocités du prétendu califat, ils le sont beaucoup moins lorsqu’il s’agit de dire quelle est son origine et qui sont exactement ceux qui s’en réclament. L’État islamique ne surgit pourtant pas de nulle part. Il est le fruit de la politique impérialiste étasunienne au Moyen-Orient dont les racines remontent au chaos irakien post-Saddam Hussein et au récent conflit syrien. Pour bien comprendre son rôle exact, il convient d’analyser brièvement la politique américaine dans le monde arabe dans les trente dernières années. L’islamisme a été au cours de cette période l’allié objectif de l’Oncle Sam au Moyen-Orient. Il est aujourd’hui le prétexte qui permet aux États-Unis d’intervenir dans les pays arabes, soit pour défendre les « bons musulmans » dans leur quête de liberté, soit pour combattre les « mauvais » qui menacent la sécurité de la planète.

Pendant la Guerre froide, l’islam conservateur était l’allié des États-Unis. Il permettait à ces derniers de contenir l’expansion du communisme et l’influence soviétique dans le monde arabe. Une révolution éclata le 27 avril 1978 en Afghanistan, avec pour résultat l’arrivée au pouvoir du Parti populaire démocratique d’Afghanistan. La proclamation de la République démocratique d’Afghanistan lui fut concomitante. Les tentatives faites par les dirigeants du pays de mettre en œuvre de nouvelles réformes qui auraient permis de surmonter le retard structurel du pays se heurtèrent rapidement à une résistance acharnée de la part de l’opposition islamique. Une guerre civile éclata. Fin 1979, l’armée soviétique intervint pour soutenir le régime progressiste en place. La CIA s’appuya alors sur les groupes islamistes, utilisant l’islam radical pour unir les musulmans contre les Soviétiques. On estime que 3,5 milliards de dollars ont été investis sous l’administration Reagan pendant la guerre d’Afghanistan. Après le retrait russe en 1989, les États-Unis ont cessé de fournir des armes sans toutefois rompre les liens avec les moudjahidines afghans. Ils ont ainsi maintenu entre 1994 et 1996  des relations avec les talibans, leur fournissant cette fois-ci un soutien politique par le biais de l’Arabie saoudite et du Pakistan. L’administration Clinton espérait secrètement pouvoir créer un front anti-iranien et anti-chiite pour restreindre l’influence de l’Iran dans la région. Al-Qaïda est né dans ce contexte. En 1993, le quotidien britannique The Independent publiait un entretien avec Oussama Ben Laden, lequel était censé mettre son armée sur la route de la paix (sic).

Cette stratégie a d’ailleurs été également utilisée sous la présidence Clinton dans les années quatre-vingt-dix, lorsque la KFOR, cette force multinationale mise en œuvre par l’OTAN, intervint aux côtés des narcotrafiquants de l’UCK pour instaurer la domination de l’alliance atlantique sur les Balkans et installer une base militaire étasunienne au Kosovo. Mais un changement radical s’opère sous l’ère Bush : complices dans les attentats du World Trade Center, les amis d’hier deviennent les ennemis d’aujourd’hui. La menace d’un ennemi extérieur, forcément musulman, est alors savamment entretenue par de nombreux médias et par la propagande étasunienne. La menace terroriste constitue concomitamment la pierre angulaire de la doctrine militaire des États-Unis et de l’OTAN. Bien qu’il n’y ait aucune preuve que l’Irak soit de quelque manière que ce soit derrière les attentats du 11 Septembre, les soi-disant « armes de destruction massive » censées être présentes dans le pays tiendront lieu de prétexte pour obtenir une résolution au conseil de sécurité de l’ONU en faveur d’une intervention militaire. Ironie de l’histoire, l’Irak baathiste et laïc allait ainsi être balayé au nom de la lutte contre l’islamisme.

La stratégie opère un nouveau virage avec Obama. Les États-Unis doivent intervenir pour défendre le Printemps arabe et les luttes menées contre les « dictateurs » (lire les chefs d’État non adoubés par Washington). Ben Laden, maintenu en vie sous l’ère Bush, disparaît en un clin d’œil, comme pour éviter qu’il n’ait à rendre compte de ses liens passés avec ses anciens bailleurs de fond. Les islamistes, y compris les pires intégristes du Front al-Nosra, redeviennent subitement dans les médias de gentils étudiants en proie à la violence des dictatures qu’ils combattent. Cet argument servira à Obama pour armer des milices en Libye et déposer Kadhafi. Et peu importe que ce pays soit aujourd’hui un enfer à ciel ouvert en proie aux extrémistes de tous poils du moment que les Américains en exploitent le pétrole. La Syrie a failli connaître le même sort. Les Occidentaux y ont sous-traité le conflit à leurs amis, les pays du Golfe et à l’Arabie saoudite en particulier, pensant que cela accélèrerait la chute du président Assad. Et c’est ainsi qu’ont été constitués aux portes de l’Europe des groupes islamistes… avec deux fois plus de combattants qu’il n’y en avait en Afghanistan.

Une aubaine pour la plupart des djihadistes qui allaient se regrouper sous la bannière de l’organisation « État islamique ». Sunnite d’obédience fondamentaliste, cette dernière a proclamé le 29 juin 2014 le rétablissement du califat sur les territoires syrien et irakien qu’elle contrôle. L’intervention militaire étasunienne en Irak et le renversement en 2003 du président Saddam Hussein ont dynamité l’équilibre interne fragile entre la majorité chiite et la minorité sunnite d’un des rares États laïcs arabes. Dans l’anarchie et le chaos qui ont suivi, l’islam politique a d’autant plus réussi à recueillir un large consensus au sein de la minorité ethnique sunnite qu’un million d’anciens membres de l’appareil de sécurité, de l’armée et du parti Baas, charpente du régime de Saddam Hussein, pour la plupart sunnites, sont mis au ban de la société par les Américains. « Dans la mouvance salafiste-djihadiste, la mise à l’écart de ces sunnites propulse les chiites, nouveaux maîtres du pays, en ennemis numéro un », explique Romain Caillet.

Les États-Unis ont alors cru pouvoir mettre en place un gouvernement fantoche qui se prêterait aux intérêts économiques et politiques de l’Occident. Mais ce projet a fait long feu. Le Premier ministre chiite Maliki s’est révélé être un chef de file difficilement manipulable et surtout peu enclin à se soumettre aux ordres des occupants. Crime de lèse-majesté, il s’est insurgé contre les compagnies pétrolières occidentales qui cherchaient à tirer un profit considérable des vastes réserves d’énergie de l’Irak. En 2012, ExxonMobil avait ainsi signé un accord d’exploitation pétrolière avec la région kurde semi-autonome située au nord de l’Irak. Maliki avait logiquement rejeté cet accord, faisant remarquer que tout contrat sur le pétrole devait être négocié avec le gouvernement central de Bagdad et non avec le gouvernement régional du Kurdistan dirigé par Massoud Barzani. Ce dernier, c’est un secret de polichinelle, appelle sans relâche à la création d’un État kurde. Or, le Kurdistan représente une base avancée pour le déploiement de la puissance militaire américaine en Irak. Sa situation permet de surcroît de lorgner sur l’Iran. Enfin, le niveau de coopération entre Israël et les Kurdes a augmenté de façon significative après la chute de Saddam Hussein. Les partisans du rapprochement avec l’entité sioniste, nombreux au Kurdistan, pensent qu’ils ont quelque chose à offrir à l’État juif. Ce partenariat, affirment certains, pourrait créer un nouvel équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient, et cette évolution serait très bénéfique pour Israël. Dans ce contexte, il est intéressant de se pencher également sur la question du Kurdistan syrien où l’Occident aurait tout intérêt à voir se mettre en place une région autonome. Les bases d’un État kurde viennent ainsi d’être insidieusement posées… à condition,  cela va de soi, que le nouveau-né s’intègre à la sphère d’influence israélo-américaine dans la région. L'indépendance a un prix…

Après avoir armé l’État islamique en Syrie, les États-Unis voient aujourd’hui débouler les hordes barbares djihadistes sur l’Irak. La déstabilisation de ce pays, tout comme de la Syrie, fait partie du projet de démembrement du monde arabe sur des bases ethniques, confessionnelles ou tribales. Les multinationales n’ont cure de la confusion générée par cette situation, le principal étant pour elles de contrôler les champs pétroliers… et qu’Israël survive en tant qu’État juif.De la chute du bloc socialiste au 11 Septembre, une dizaine d’années aura ainsi été nécessaire pour instituer un ennemi de substitution au communisme, le terrorisme. Le cadre, c’est la stratégie du chaos, fait de désinformation systématique diffusée par des officines officielles, de mesures liberticides contre leurs propres concitoyens, d’occupations armées et de mainmise politique sur des peuples ayant perdu leurs initiatives civiques et leurs immunités. La doctrine, c’est la préemption militaire où faire fi des lois et de l’éthique est légitimé et où les justifications et les preuves sont délibérément manipulées pour fonder le massacre des néo-barbares dans une guerre totale du camp du bien contre l’axe du mal. Au terrorisme tout court, les États-Unis répliquent par le terrorisme d’État. Le général Giap, qui a combattu la France avant d’affronter les États-Unis, disait des colonialistes qu’ils étaient de mauvais élèves. Il ne reste plus à ces derniers qu’à passer à l’addition… forcément salée.


Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-comment-et-pourquoi-les-etats-unis-ont-cree-l-etat-islamique-124630848.html
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