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IRAK • Comment Bush est devenu le nouveau Saddam

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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: IRAK • Comment Bush est devenu le nouveau Saddam
    Envoyé : 26 Sep 2007 à 15:52
C'est le bihebdomadaire canadien Maclean's, journal plutôt conservateur, qui ose la comparaison, allant jusqu'à faire figurer en une le président américain affublé de la moustache et de l'uniforme militaire de l'ancien dictateur irakien.

Dans une longue enquête, le journaliste Patrick Graham relève que les Etats-Unis se tournent vers les anciens alliés du dictateur déchu en s'alliant aux chefs tribaux sunnites d'Anbar. De plus, les récentes déclarations contre l'Iran du président américain et du commandant des forces américaines en Irak, David Petraeus, rappellent fort la vieille rengaine du tyran selon laquelle l'Iran était l'ennemi numéro un de l'Irak. Un revirement de tactique pour le moins risqué, car les nouveaux alliés de Washington ont soif de vengeance et s'en prendront sans doute bientôt au gouvernement chiite qui dirige le pays.

Dans une interview à la chaîne canadienne CTV, l'auteur de l'article livre raconte comment est née l'idée de la couverture : "Lorsque j'étais sur place, un ami irakien m'a dit en rigolant que les Américains étaient les 'nouveaux baasistes' [référence au parti Baas de Saddam Hussein]. Quand j'ai raconté l'histoire à mes chefs, et qu'ils ont lu mon article, ils ont l'idée de composer ce photomontage". Aux Etats-Unis, les blogueurs conservateurs se sont déchaînés contre la couverture, jugée injurieuse et de mauvais goût, mais aucun des 10 000 abonnés américains que compte le magazine ne s'est plaint pour l'instant.
 
(26/09/2007)
 
 


Edité par Fidelista - 26 Sep 2007 à 18:14
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Oct 2007 à 01:49
Serpov:
 
Quelques chiffres

L'enquête sur les victimes irakiennes a été réalisée par une équipe de médecins irakiens sous la conduite d'épidémiologistes du John Hopkins University Bloomberg School of Public Health à Maryland.

L'estimation des enquêteurs est plus de 12 fois le chiffre de 44 000 à 49 000 morts civiles donné par le groupe anglais Iraq Body Count et près de 22 fois le chiffre de 30 000 "environ" cité par le président Bush au cours d'une conférence de presse en décembre 2005.

Le nombre de morts depuis le début de l'invasion correspond à 2.5% de la population. Cette proportion comparée à la population de 300 millions des Etats-Unis donnerait un chiffre de 7.5 millions, la population entière de la ville de New-York.

Le chiffre de 655 000 représente les morts "en excédent" causées par l'invasion et l'occupation américaines par rapport au chiffre auquel on pouvait s'attendre sur la base de la mortalité d'avant-guerre.

186 000 décès sont attribués directement par l'enquête aux forces de la coalition.

Le rapport précise que l'intervention américaine a tué plus de deux fois plus d'irakiens que le régime de Saddam Hussein au cours de 24 années de pouvoir, une estimation basée sur le chiffre de 250 000 à 290 000 morts attribuées par Human Rights Watch à l'ex-gouvernement baasiste.

******************

55 000 morts non violentes ont pour cause, selon l'enquête, des crises cardiaques, des cancers, la mortalité infantile et d'autres maladies. Cet accroissement est directement du à la destruction de l'infrastructure sociale de l'Irak, comprenant l'électricité, les structures sanitaires, les fournitures d'eau potable et les soins médicaux.

Depuis l'invasion, le gouvernement US a refusé de publier les chiffres de morts qu'elle a causées. Le gouvernement potiche irakien mis en place par les USA a systématiquement sousestimé le nombre de victimes et a intensifié sa politique de dissimulation au fur et à mesure que se développaient les carnages. Depuis septembre, le gouvernement du Premier ministre Nouri-al-Maliki a interdit à la morgue de Bagdad et au ministère de la santé de publier leurs propres rapports.

Pour arriver à leur résultat, les enquêteurs ont sélectionné un échantillon de population dans les différentes régions d'Irak et y ont calculé le nombre de morts depuis l'invasion de mars 2003.

Au total, 1 849 foyers ont été visités et on a demandé dans chacun à un membre de la maisonnée de communiquer le nombre de morts à partir de 14 mois avant l'invasion jusqu'à aujourd'hui. Pour vérifier ces données, les enquêteurs ont réclamé des certificats de décès dans 87% des cas. Parmi les interrogés, 92% ont pu les fournir.

Le chiffre de 655 000 est un chiffre moyen. Les enquêteurs sont convaincus à 95% que le chiffre réél se situe entre 393 000 et 943 000.

Source : Balkans-Infos


La partie en vert est la plus significative : 3 années de libération offertes par les colons anglo-américains sont bien plus meurtrières que 24 ans de dictature saddamite. Tous ceux qui sont attachés à la vie humaine, à la défense des droits de l'homme ne peuvent qu'être horrifiés par de telles conclusions, et ne pouvaient que se prononcer sans ambiguité contre la guerre en Irak.

Ceux qui étaient pour cette guerre sont des extrémistes, des monstres sans coeur qui n'ont aucune considération pour la vie humaine et qui nous rappellent des heures bien sombres de notre histoire. Au fond ces gens-là sont à plaindre, ils ont du beaucoup souffrir dans leur enfance pour avoir des idées si diaboliques dans leurs têtes.

*************
Irak : chrétiens menacés

Sous le régime de Saddam Hussein, le million à peu près de chrétiens cohabitait dans l'ensemble pacifiquement avec les musulmans, à la fois sunnites au pouvoir et chiites en majorité.
Mais depuis sa chute, leur statut est devenu de plus en plus incertain, d'abord parce que beaucoup d'irakiens musulmans considèrent l'invasion américaine comme une croisade moderne contre l'islam, ensuite parce que les chrétiens sont traditionnellement propriétaires des débits de boisson, un anathème pour les musulmans.
Au cours des trois dernières années et demi, les chrétiens ont été victimes d'une incessante succession d'attentats à la bombe contre les églises, d'assassinats, de kidnappings et de lettres de menace glissées sous les portes.
Les estimations de l'exode chrétien qui en a résulté varient de dizaines de milliers à plus de 100 000. En tout, les autorités irakiennes ont admis récemment qu'environ 900 000 irakiens ont fui en direction de l'Iran, de la Syrie et de la Jordanie depuis le début de la guerre.
Le nombre de chrétiens restés en Irak est inceretain. Le dernier recensement irakien, en 1987, en comptait 1.4 million.
Yonnadam Kanna, le seul membre chrétien du Parlement irakien, estime que leur nombre est aujourd'hui d'environ 800 000, soit à peu près 3% de la population.

Source : Balkans-Infos, reprise d'un article de l'International Herald Tribune

 
Jef:
La violence redouble en Irak sur fond d’instabilité politique
Plusieurs attentats au camion piégé ont fait, hier, au moins 200 morts. Ces actes surviennent au moment même où le gouvernement Maliki prend l’eau de toutes parts.

Mardi dernier, George Casey, chef d’état-major de l’armée américaine, a parlé un peu trop vite quand il a estimé que la sécurité progressait partout en Irak grâce aux renforts militaires envoyés depuis le début de l’année. Moins de vingt-quatre heures après, une série d’attentats au camion piégé faisait, selon un premier bilan, plus de 200 morts dans les villages d’Al-Khataniyah et d’Al-Adnaniyah (province de Ninive, nord de l’Irak), peuplés par la minorité religieuse des Yézidis, que les Irakiens surnomment les « adorateurs du diable ».

dix soldats américains tués

C’est l’attentat le plus meurtrier jamais commis en Irak depuis celui qui avait ciblé le quartier chiite de Badr City, à Bagdad (202 morts), le 23 novembre 2006. De plus, entre lundi et mardi, les forces américaines ont enregistré la mort de dix soldats, dont cinq lors du crash d’un hélicoptère de combat, portant à 3 694 le nombre de soldats US tués dans le pays depuis avril 2003.

Condamnant les actes terroristes, la Maison-Blanche a réitéré, par le biais de sa porte-parole, Dana Perino, la volonté des États-Unis de continuer « de travailler avec le gouvernement irakien et les forces de sécurité irakiennes pour stabiliser le pays et repousser ces assassins odieux et sans pitié ». Reste cependant qu’en dépit du déploiement de 155 000 soldats américains, dont 85 000 pour Bagdad, la violence interconfessionnelle et les attaques contre les forces US ne semblent pas connaître de répit.

L’argument consistant à dire que ce déploiement militaire, couplé à des opérations coups de poing, a eu pour effet de déplacer les violences dans des régions jusque-là peu touchées ne résiste pas aux faits. Pour preuve, la capitale irakienne a été frappée en début de mois par une série de trois attentats ayant fait plus de 80 morts et 100 blessés. Qui plus est, un conflit interchiite menace d’éclater dans la ville de Diouaniya, dans le sud de l’Irak, entre partisans de Moktada Sadr et ceux de l’ASRII de Badr Al Hakim, à la suite de l’assassinat du gouverneur de la ville, Khalil Djalil Hamza, et le chef de la police, le général Khaled Hassan, proches de l’ASRII.

Plus grave, ces derniers actes surviennent dans un contexte de crise politique sans précédent. Le gouvernement du premier ministre, Nouri Al Maliki, prend l’eau de toutes parts. Après le départ, en avril, des cinq ministres chiites proches de l’imam radical Moktada Sadr, la démission, fin juillet, de dix généraux irakiens dont le chef d’état-major, Babaker Zabari, il vient d’enregistrer coup sur coup, en l’espace d’une semaine, le retrait des six ministres de la principale formation sunnite, le Front de la concorde, et le boycott décidé par la Liste irakienne unifiée (laïque) d’Iyad Alaoui, dans laquelle figurait un ministre communiste, Raid Fahmi.

Au total, ce sont 17 ministres, sur les 40 que compte son gouvernement, qui se sont retirés. Le Front de la concorde et la Liste irakienne unifiée lui reprochent notamment d’avoir échoué dans son entreprise de réconciliation nationale sur au moins deux dossiers : la réforme de la loi de « débaassification » devant faciliter l’intégration politique des anciens cadres du parti de Saddam Hussein, et le fait que la loi sur le partage des revenus pétroliers entre les régions sunnite, kurde et chiite n’ait pas encore été présentée pour adoption devant le Parlement irakien.

une réunion d’urgence repoussée

De fait, il ne gouverne que grâce à l’appui de ce qui reste de l’Alliance irakienne unifiée (chiite), à savoir son propre parti, Al-Daâwa, et l’Assemblée suprême pour la révolution islamique en Irak (ASRII), de Badr Al Hakim, et des partis kurdes. Celui qui avait bénéficié de la confiance de Washington lorsqu’il a été désigné premier ministre, le 20 mai 2006, ne dispose plus des moyens de sa politique si tant est qu’il en avait une. Qui plus est, la réunion d’urgence des principaux dirigeants politiques du pays, qu’il a convoquée pour mardi et qui était destinée à sauver ce qui peut l’être et permettre à son gouvernement de sortir de l’impasse, a été repoussée à la semaine prochaine.

Préoccupé par la tournure des événements, craignant que sa politique de rapprochement avec les notables de la communauté sunnite ne vire à l’échec, Washington s’apprête, dit-on, à lâcher Nouri Al Maliki. « L’engagement de l’Amérique n’est pas illimité. (…) Si le gouvernement (de Nouri Al Maliki) ne respecte pas ses promesses, il perdra le soutien du peuple américain », a averti le président Bush. Est-ce à dire que la Maison-Blanche lui a déjà trouvé un remplaçant ?
Hassane Zerrouky


Edité par Fidelista - 08 Oct 2007 à 17:53
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Oct 2007 à 17:30

Il y a plusieurs domaines pour lesquels le président des Etats-Unis n'a pas remplacé le défunt Raïs, l'article ci-dessous en évoque un.

L'homophobie s'épanouit dans l'Irak en guerre

LE MONDE | 04.10.07 | 15h52  •  Mis à jour le 04.10.07 | 15h52
 








Dans les années 1960, à Bagdad, le chanteur Yusuf Omar chantait son amour pour un jeune homme, chrétien de surcroît. "Aimez-moi, dorlotez-moi, je vais proclamer mon amour..." Les élégances vocales de cet artiste, extraites du disque Les Maqams de Bagdad (Ocora, Radio France), ouvrent le documentaire radiophonique L'Exil anglais des gays irakiens, d'Hélène Hazera, sur France Culture. Tout de suite après vient un son sale, confus : sur un répondeur téléphonique, un message en arabe.

Loin des mots doux de la chanson, une voix menace : "Si tu n'arrêtes pas de défendre les gays, si tu n'interromps pas ta campagne contre le gouvernement mis en place par les Américains, nous t'attraperons et nous te découperons en morceaux. Tu brûleras en enfer avec les anormaux comme toi." C'est l'un des messages reçus couramment par Ali Hilli, Irakien réfugié en Grande-Bretagne, qui a fondé une association de solidarité avec les gays de son pays. Depuis la chute du régime de Saddam Hussein et dans l'état de guerre permanent, l'ensemble des minorités - religieuses, ethniques, sexuelles - sont menacées par la montée du fanatisme religieux.

PASSAGES À TABAC

Ali Hilli est formel : "Sous Saddam Hussein, il y avait une vie gay à Bagdad. Nous avions nos night-clubs, beaucoup d'artistes connus chantaient leur amour des garçons, nous bénéficiions d'une grande tolérance." Les antagonismes entre chiites et sunnites n'existait pas : "La plupart de mes amants étaient chiites", affirme ce sunnite.

Paradoxalement, l'arrivée des Américains en terre arabe s'est accompagnée d'une montée de l'homophobie. Au téléphone depuis Bagdad ou en Angleterre, des gays musulmans, chrétiens ou kurdes, relatent passages à tabac, enlèvements et assassinats. "Des types des milices chiites se mettent sur les "chats" homosexuels, donnent rendez-vous à des gays et les tuent", confie un militant.

A Londres, Ali Hilli, aidé par l'association homosexuelle Outrage, a créé un blog pour échanger les informations aussi bien entre Irakiens de l'intérieur qu'entre ceux de l'exil (iraqilgbtuk.blogspot.com). Leur recension des agressions contre les homosexuels a contraint le département d'Etat américain à établir un rapport. A la suite, Condoleezza Rice a publié un communiqué condamnant ces atrocités. "C'est un premier pas, mais il ne suffit pas à assurer la sécurité des gays", commente Ali Hilli. Son association milite pour que les homosexuels menacés soient accueillis en tant que réfugiés par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, les deux pays qui occupent l'Irak. Sans grand résultat jusqu'à présent.


"L'Exil anglais des gays irakiens", vendredi 5 octobre, à 16 heures, sur France Culture.

Catherine Bédarida
Article paru dans l'édition du 05.10.07.


Edité par Fidelista - 08 Oct 2007 à 17:54
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Nov 2007 à 13:58

Témoignage d’un ex-US Marine de retour d’Irak
Jimmy Massey : « J’étais un assassin psychopathe »
par Rosa Miriam Elizalde*

Pendant près de douze ans, le sergent Jimmy Massey a été un US Marine aux nerfs d’acier et au cœur de pierre. Il a servi en Irak où il a participé à des atrocités, avant d’ouvrir les yeux et de lutter contre la politique belliciste de son pays. Il anime aujourd’hui l’association des vétérans d’Irak contre la guerre. Au Salon du livre de Caracas, où il a présenté son témoignage Cowboys del infierno, il a répondu aux questions de la journaliste cubaine Rosa Miriam Elizalde, de Cubadebate.
 
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« J’ai 32 ans et je suis un assassin psychopathe bien entraîné. Tout ce que je sais faire dans la vie, c’est vendre aux jeunes l’idée de s’enrôler dans les Marines et de tuer. Je suis incapable de conserver un travail. Pour moi, les civils sont des êtres méprisables, des arriérés mentaux, des faibles, un troupeau de brebis. Et moi, je suis le chien de berger. Le déprédateur. Dans l’Armée, on m’appelait « Jimmy le Requin ».

Ceci est le deuxième paragraphe du livre écrit il y a trois ans par Jimmy Massey avec l’aide de la journaliste Natasha Saulnier. Kill ! Kill ! Kill ! a été présenté au Salon du livre de Caracas ; il s’agit du témoignage le plus violent jamais écrit par un ex-membre du corps des marines, arrivé en Irak avec les troupes d’invasion en 2003. Il a décidé de raconter aussi souvent qu’il le faudra comment il a pu jouer pendant douze ans le rôle d’un Marine impitoyable et pourquoi cette guerre l’a changé.

Jimmy a participé au principal débat du Salon du livre, dont le titre était pour le moins polémique : « Une révolution est-elle possible aux États-Unis ? », et son témoignage est sans doute celui qui a le plus impressionné le public. Il a les cheveux courts (coupe militaire), des lunettes noires, une démarche martiale et les bras couverts de tatouages. Il a l’air, très exactement, de ce qu’il était : un Marine. Quand il parle, c’est autre chose : il est profondément marqué par une expérience hallucinante qu’il voudrait épargner à d’autres jeunes gens naïfs. Comme il le dit dans son livre, il n’est pas le seul à avoir tué en Irak : l’exercice était quotidien pour ses compagnons aussi. Quatre ans après avoir quitté le théâtre des opérations, ses cauchemars le poursuivent encore.

Rosa Miriam Elizalde : Que signifient tous ces tatouages ?

Jimmy Massey : J’en ai beaucoup. Je me les suis fait faire à l’armée. Sur la main (il montre la zone comprise entre le pouce et l’annulaire), le symbole de Blackwater, une armée de mercenaires qui s’est constituée là où je suis né, en Caroline du Nord. Je me le suis fait faire par esprit de contestation, parce qu’il est interdit aux Marines de se tatouer les poignets et les mains. Un jour, avec les membres de mon peloton, on s’est tous saoulés et on s’est tous fait faire le même tatouage : un cow-boy aux yeux injectés de sang sur plusieurs as, l’image de la mort. Oui, cela veut dire exactement ce que tu penses : « tu as tué quelqu’un ». Sur le bras droit, le symbole des marines, le drapeau des États-Unis et celui du Texas, où je me suis enrôlé. Sur la poitrine, du côté gauche, un dragon chinois qui déchire la peau et signifie que la douleur est la faiblesse qui s’échappe du corps. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.

Rosa Miriam Elizalde : Pourquoi dites-vous avoir trouvé chez les Marines les les pires individus que vous ayez jamais rencontrées ?

Jimmy Massey : Les États-Unis utilisent leurs Marines de deux façons : soit dans l’humanitaire, soit pour assassiner. J’ai passé douze ans dans le Corps des Marines des États-Unis et je ne suis jamais parti en mission humanitaire.

Rosa Miriam Elizalde : Avant de partir pour l’Irak, vous recrutiez des jeunes pour l’armée ? Qu’est-ce que cela représente d’être recruteur aux États-Unis ?

Jimmy Massey : Pour recruter il faut mentir. L’administration Bush a forcé la jeunesse étasunienne à s’enrôler dans l’armée. De quelle manière ? En usant d’un procédé qui était aussi le mien : des offres économiques. En trois ans, j’en ai recruté soixante-quatorze, aucun ne m’a dit qu’il voulait entrer dans l’armée pour défendre son pays, aucun n’avait de motivation d’ordre patriotique. Ils voulaient de l’argent pour entrer à l’Université ou pour avoir une couverture de santé. Je commençais par leur parler de tous ces avantages, et seulement à la fin, je leur faisais valoir qu’ils allaient servir la cause de la patrie. Jamais je n’ai pu recruter un seul fils de riche. Pour garder son travail quand on est recruteur, il ne faut pas s’embarrasser de scrupules.

Rosa Miriam Elizalde : Le Pentagone a revu à la baisse les conditions requises pour entrer dans l’armée. Qu’est-ce que cela signifie ?

Jimmy Massey : Les standards du recrutement ont beaucoup baissé, parce que presque personne ne veut s’enrôler. Avoir des problèmes de santé mentale ou un casier judiciaire ne constitue plus un obstacle. Des personnes ayant commis des actes qui leur ont valu plus d’un an de prison, des délits considérés comme sérieux, peuvent entrer dans l’armée, de même que des jeunes qui n’ont pas fini leurs études secondaires. S’ils réussissent le test mental, ils sont admis.

Rosa Miriam Elizalde : Vous avez changé après la guerre, mais quels étaient vos sentiments avant ?

Jimmy Massey : J’étais un troufion quelconque, qui gobait tout ce qu’on lui disait. C’est quand je suis devenu recruteur que j’ai commencé à ressentir un malaise : il fallait tout le temps que je mente.

Rosa Miriam Elizalde : Pourtant, vous étiez convaincu que votre pays s’engageait dans une guerre juste contre l’Irak.

Jimmy Massey : Oui, les rapports que nous recevions indiquaient que Saddam possédait des armes de destruction massive. Ce n’est que plus tard que nous avons appris que c’était pur mensonge.

Rosa Miriam Elizalde : Quand l’avez-vous appris ?

Jimmy Massey : En Irak, où je suis arrivé en mars 2003. Mon peloton a été envoyé sur les lieux qui avaient été ceux de l’armée irakienne, et nous y avons trouvé des milliers et des milliers de munitions dans des caisses étiquetées aux États-Unis : elles s’y trouvaient depuis que les États-Unis avaient décidé de soutenir le gouvernement de Saddam dans sa guerre contre l’Iran.
J’ai vu des caisses avec le drapeau nord-américain et même des chars nord-américains. Mes Marines —j’étais sergent de catégorie E6, un grade supérieur à celui de simple sergent, et je commandais 45 Marines—, mes hommes me demandaient pourquoi il y avait des munitions des États-Unis en Irak. Ils ne comprenaient pas. Les rapports de la CIA nous avaient convaincus que Salmon Pac était un camp de terroristes et que nous allions trouver des armes chimiques et biologiques. Or, nous n’avons rien trouvé de tout ça. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à soupçonner que le contenu de notre mission était le pétrole.

Rosa Miriam Elizalde : Les passages les plus terribles de votre livre sont ceux où vous reconnaissez que vous êtes alors un assassin psychopathe. Pouvez-vous expliquer pourquoi vous le dites ?

Jimmy Massey : Je suis devenu un assassin psychopathe parce que j’ai été entraîné à tuer. Je ne suis pas né avec cette mentalité. C’est le Corps d’infanterie de Marine qui a fait de moi un gangster au service des grandes multinationales étasuniennes, un vulgaire délinquant. J’ai été entraîné pour exécuter aveuglément les ordres du président des États-Unis et rapporter au pays ce qu’il avait demandé, hors de toute espèce de considération morale. J’étais un psychopathe parce que j’ai appris à tirer d’abord et à interroger après, comme un malade et non comme un soldat professionnel qui ne doit affronter qu’un autre soldat. Or, s’il fallait tuer des femmes et des enfants, nous le faisions. Par conséquent nous n’étions plus des soldats, mais des mercenaires.

Rosa Miriam Elizalde : Comment êtes-vous parvenu à cette conclusion ?

Jimmy Massey : À la suite de plusieurs expériences. Notre travail consistait à entrer dans des quartiers urbains déterminés et à nous occuper de la sécurité des routes. Il y a eu un incident, parmi tant d’autres, qui m’a mis au bord du précipice : une voiture qui transportait des civils irakiens. Tous les rapports des services secrets qui nous tombaient entre les mains disaient que les voitures étaient chargées de bombes et d’explosifs. Nous ne recevions pas d’autre information. Les voitures arrivaient et nous tirions quelques salves d’avertissement ; si elles ne ralentissaient pas pour rouler à la vitesse que nous indiquions, nous tirions sans hésiter.

Rosa Miriam Elizalde : Avec des mitraillettes ?

Jimmy Massey : Oui, et nous attendions des explosions puisque les véhicules étaient criblés de balles. Il n’y a jamais eu d’explosion. Après, on ouvrait la voiture, et que trouvait-on ? Des morts et des blessés, mais pas une seule arme, aucune propagande d’Al Qaeda, rien. Des civils arrivés au mauvais endroit et au mauvais moment.

Rosa Miriam Elizalde : Vous racontez aussi que votre peloton a mitraillé une manifestation pacifique. Comment cela s’est-il passé ?

Jimmy Massey : C’était aux abords du complexe militaire de Rasheed, au sud de Bagdad, près du Tigre. Il y avait des manifestants au bout de la rue. C’étaient des jeunes, et ils n’avaient pas d’armes. Nous avons avancé et nous avons vu un char stationné sur un côté de la rue. Le conducteur du char nous a dit qu’il s’agissait de manifestants pacifiques. Si les Irakiens avaient voulu faire quelque chose, ils auraient pu faire sauter le char, mais ils ne l’ont pas fait. Nous étions tranquilles, nous pensions : « s ‘ils avaient eu envie de tirer, ils l’auraient déjà fait ». Ils étaient à environ deux cents mètres...

Rosa Miriam Elizalde : Et qui a donné l’ordre de mitrailler les manifestants ?

Jimmy Massey : Le haut commandement nous a indiqué de ne pas perdre de vue les civils, parce que pas mal de feddayins de la Garde républicaine retiraient leur uniforme et s’habillaient en civil pour lancer des attaques terroristes contre les soldats étasuniens. Les rapports de renseignement étaient connus de chacun des membres de la chaîne de commandement. Tous les Marines avaient une idée très claire de la structure de la chaîne de commandement organisée en Irak. Je crois que l’ordre de tirer provenait des hauts fonctionnaires de l’Administration, tant des centres de renseignement militaire que gouvernemental.

Rosa Miriam Elizalde : Qu’avez-vous fait ?

Jimmy Massey : J’ai regagné mon véhicule, un humvee (une jeep fortement équipée) et j’ai senti passer une balle au-dessus de ma tête. Les Marines ont commencé à tirer et moi aussi. Il n’y a pas eu de riposte de la part des manifestants. J’avais tiré douze fois, et pas une riposte… J’ai voulu m’assurer que nous avions tué selon les normes de combat de la Convention de Genève et les procédés réglementaires des opérations. J’ai essayé d’oublier leurs visages et je me suis mis à chercher leurs armes, mais il n’y en avait pas une seule.

Rosa Miriam Elizalde : Comment ont réagi vos supérieurs ?

Jimmy Massey : Ils m’ont dit : « Ça arrive de merder ».

Rosa Miriam Elizalde : Quand vos camarades ont appris qu’ils avaient été trompés, comment ont-ils réagi ?

Jimmy Massey : J’étais chef en second. Mes Marines me demandaient pourquoi on tuait tant de civils. « Tu ne peux pas parler au lieutenant ? » me disaient-ils. « Dis-leur qu’il nous faut un matériel adapté ». La réponse a été : « Non ! » Quand mes Marines se sont rendus compte qu’il s’agissait d’un grand mensonge, ils sont devenus comme fous.
Notre première mission en Irak n’avait pas pour objectif d’apporter une aide alimentaire, comme le disaient pourtant les médias, mais d’assurer le contrôle des exploitations pétrolières de Bassora. Dans la ville de Karbala nous avons utilisé notre artillerie vingt-quatre heures d’affilée. C’est la première ville que nous avons attaquée. Moi, je croyais que nous devions apporter de l’aide médicale et alimentaire à la population. Non. Nous avons suivi notre chemin jusqu’aux exploitations pétrolières. Avant l’Irak, nous étions allés au Koweït.

Nous sommes arrivés en janvier 2003. Nos véhicules étaient pleins de vivres et de médicaments. J’ai demandé au lieutenant ce que nous allions en faire, parce qu’avec tout ce matériel à bord il n’y avait presque plus de place pour nous. Il m’a répondu que son capitaine lui avait donné l’ordre de tout laisser au Koweït. Peu après, nous avons été chargés de tout brûler : toutes les vivres et tout le matériel médical humanitaire.

Rosa Miriam Elizalde : Vous avez aussi dénoncé l’usage d’uranium appauvri...

Jimmy Massey : J’ai 35 ans et ma capacité pulmonaire a été réduite de 20 %. Selon les médecins, je souffre d’une maladie dégénérative de la colonne vertébrale qui s’accompagne de fatigue chronique et de douleurs dans les tendons. Autrefois, je courais tous les jours dix kilomètres pour le plaisir, et maintenant j’arrive tout juste à marcher sur cinq ou six kilomètres. J’ai même peur d’avoir des enfants. J’ai des inflammations du visage. Regarde cette photo (il me montre celle qui apparaît sur son badge du Salon du livre), elle a été prise peu après mon retour d’Irak. Je ressemble à une créature de Frankenstein et cela, je le dois à l’uranium appauvri. Imagine un peu ce que les Irakiens ont dû endurer...

Rosa Miriam Elizalde : Que s’est-il passé à votre retour aux États-Unis ?

Jimmy Massey : Je passais pour un fou, un lâche, un traître.

Rosa Miriam Elizalde : Vos supérieurs disent que tout ce que vous dites n’est que mensonge.

Jimmy Massey : Mais les preuves contre eux sont accablantes. L’armée nord-américaine est épuisée. Plus cette guerre durera, plus ma vérité aura de chances de se faire jour.

Rosa Miriam Elizalde : Le livre que vous avez présenté au Venezuela existe en espagnol et en français. Pourquoi n’a–t-il pas été publié aux États-Unis ?

Jimmy Massey : Les éditeurs ont exigé que les noms des personnes impliquées soient retirés et que la guerre en Irak soit présentée dans une sorte de brouillard, de manière moins crûe. Or, je n’y suis pas disposé. Des maisons d’édition comme New Press, censées être de gauche, ont refusé de me publier de crainte des poursuites judiciaires, les gens concernés par le livre pouvant porter plainte.

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L’association de Jimmy Massey, l’IVAW « Vétérans d’Irak contre la guerre » (Iraq Veterans Against the War, IVAW), organise une manifestation aux États-Unis pour dénoncer cette invasion illégale.
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Rosa Miriam Elizalde : Pourquoi des médias comme le New York Times et le Washington Post ne reproduisent-ils pas votre témoignage ?

Jimmy Massey : Je ne répétais pas l’histoire officielle, selon laquelle les troupes étaient en Irak pour aider le peuple, je ne disais pas non plus que les civils meurent accidentellement. Je refuse de le dire. Je n’ai jamais vu de tir accidentel contre des Irakiens et je refuse de mentir.

Rosa Miriam Elizalde : Cette attitude a-t-elle changé ?

Jimmy Massey : Non, ils ont ouvert leurs pages à l’objection de conscience : les opinions et les livres de personnes qui sont contre la guerre mais qui n’ont pas vécu ce genre d’expérience. Ils ne veulent toujours pas regarder la réalité en face.

Rosa Miriam Elizalde : Avez-vous des photographies ou d’autres documents qui prouvent ce que vous racontez ?

Jimmy Massey : Non. Tout ce qui m’appartenait m’a été retiré quand j’ai reçu l’ordre de rentrer aux États-Unis. Je suis revenu d’Irak avec deux armes : ma tête et un couteau.

Rosa Miriam Elizalde : Y a-t-il une issue à la guerre, à court terme ?

Jimmy Massey : Non, ce que je constate, c’est que républicains et démocrates sont d’accord sur cette politique. La guerre est une grande affaire pour les deux partis, qui dépendent du complexe militaro-industriel. Il nous faudrait un troisième parti.

Rosa Miriam Elizalde : Lequel ?

Jimmy Massey : Celui du socialisme.

Rosa Miriam Elizalde : Vous avez participé à un débat qui s’intitulait : « États-Unis : la révolution est possible ». Y croyez-vous vraiment ?

Jimmy Massey : Elle a commencé. Dans le Sud, où je suis né.

Rosa Miriam Elizalde : Mais le Sud est, traditionnellement, la région la plus conservatrice du pays.

Jimmy Massey : Après l’ouragan Katrina, les choses ont changé. La Nouvelle-Orléans ressemble à Bagdad. Les gens du Sud s’indignent et se demandent tous les jours comment il est possible qu’on investisse des fortunes dans une guerre inutile à Bagdad et qu’on ait pas un sou pour la Nouvelle Orléans. Rappelez-vous que c’est dans le Sud qu’a commencé la plus grande rébellion du pays

Rosa Miriam Elizalde : Iriez-vous à Cuba ?

Jimmy Massey : J’ai beaucoup d’admiration pour Fidel Castro et pour le peuple de Cuba. Si je suis invité, bien sûr que j’irai. Je me fiche de ce que dit mon gouvernement. Personne ne décide où je peux ou ne peux pas aller.

Rosa Miriam Elizalde : Savez-vous que le symbole du mépris impérial envers notre nation est une photographie de Marines en train d’uriner sur la statue de José Marti, le Héros de notre indépendance ?

Jimmy Massey : Bien sûr. Lorsque j’étais au Corps des Marines on nous parlait de Cuba comme s’il s’agissait d’une colonie des États-Unis et on nous enseignait un peu d’histoire. Un Marine est censé apprendre des choses sur le pays qu’il va envahir, comme dit la chanson…

Rosa Miriam Elizalde : La chanson des Marines ?

Jimmy Massey : (Il chante) « From the halls of Montezuma, to the shores of Tripoli… » (Depuis les salons de Montezuma jusqu’aux plages de Tripoli...)

Rosa Miriam Elizalde : Autrement dit, le monde entier...

Jimmy Massey : Le rêve est effectivement de dominer le monde... même si pour le réaliser nous devons tous devenir des assassins.

 


Edité par T 34 - 21 Feb 2008 à 19:37
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Nov 2007 à 13:48

Épidémie de désertions

États-Unis . En moins d’un an, près de 500 soldats engagés en Irak ont déserté les rangs de l’armée.

Les désertions de l’armée américaine sont en forte augmentation, 80 % depuis 2003. Mais surtout 42 % pour le début de l’année 2007, une tendance à la hausse qui inquiète le Pentagone. En à peine un an, 4 399 soldats, selon les chiffres officiels, n’ont pas rejoint leurs unités à la faveur des temps de repos au pays.

Les unités sont déployées pendant quinze mois et reviennent pour un an dans leurs bases aux États-Unis. Après six ans d’intervention en Afghanistan, et cinq ans en Irak, des milliers de soldats en sont à leur troisième, voire quatrième déploiement. Certains d’entre eux, bien qu’en fin de contrat, sont renvoyés au front.

Le directeur de la gestion du personnel militaire voit une relation entre cette soudaine hausse des désertions et l’envoi de renforts puisés parmi ceux qui avaient déjà fait de nombreux séjours.

L’augmentation des désertions, si elle est loin des chiffres atteints lors de la guerre du Vietnam (il s’agissait de conscrits alors qu’aujourd’hui ce sont des volontaires) inquiète l’état-major qui a de plus en plus de difficultés à trouver des engagés. Les critères ont pourtant été assouplis, au point par exemple de ne plus exiger des casiers judiciaires sans grandes condamnations.

Le dernier sondage - commandé par le Wall Street Journal - indique que 68 % des Américains désapprouvent l’intervention en Irak. Pas de quoi soutenir le moral des troupes lancées dans une guerre qui a coûté plus cher que celles du Vietnam et de Corée.

Jacques Coubard

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Dec 2007 à 12:21

Bye bye Bassora

Les Britanniques remettent le contrôle de la riche province pétrolière aux autorités irakiennes après une occupation de quatre ans jugée désastreuse.

Londres, correspondance particulière.

Victoire, défaite, ou plus prosaïquement grande pagaille meurtrière ? Au moment du retrait officiel de l’armée britannique de Bassora, le bilan de l’occupation militaire est loin de faire l’unanimité, que ce soit en Irak ou en Grande-Bretagne. La fanfare clinquante de la passation des pouvoirs aux autorités irakiennes dimanche n’a inspiré nulle part un quelconque optimisme pour l’avenir.

Pour le général de brigade Jalif Khalaf, chef de police de la province, interviewé par le Guardian de Londres, « les Britanniques m’ont laissé la milice, ils m’ont laissé les gangsters et tous les ennuis du monde ».

Bassora est un terrain où la loi de la jungle semble dominer. Depuis trois mois, 45 femmes ont été assassinées pour comportement « immoral » par une milice mieux armée que la police. Le même sort est réservé aux journalistes, aux intellectuels et à tous ceux considérés comme « ennemis » par les nouveaux maîtres des rues de Bassora.

Aujourd’hui cantonnée à l’aéroport, au nord de la deuxième ville du pays, les 4 500 soldats britanniques stationnés en Irak seront réduits à 2 500 en 2008, selon le premier ministre Gordon Brown. Un total de 174 ont été tués depuis l’invasion militaire de 2003.

Chris Nineham, porte-parole de Stop The War Coalition qui a organisé les grandes manifestations en Grande-Bretagne contre la guerre en Irak, s’est félicité du retrait de Bassora, ajoutant : « Nous y voyons l’acceptation de la faillite de l’occupation et une réponse à l’opinion de la grande majorité en Irak et en Grande Bretagne pour qui elle a été un désastre. » Selon lui, la seule raison pour laquelle les soldats britanniques restent toujours en Irak, « c’est pour conforter la position politique de George W. Bush ».

Dans son éditorial d’hier, le Guardian observe : « Bassora est un beau gâchis. Les forces britanniques ont battu en retraite, mais il est difficile de conclure qu’elles ont accompli autre chose que de s’extraire d’un pétrin tribal qu’elles ne comprennent pas. »

David Miliband, ministre britannique des Affaires étrangères qui a assisté à la cérémonie à Bassora, a eu la modestie de reconnaître que « ce n’est pas un pays de cocagne » que la Grande Bretagne restitue aux Irakiens. Sûrement pas un pays de cocagne, mais une riche province pétrolière. Le gouvernement de Bagdad s’affaire maintenant à distribuer des contrats pour son exploitation.

Peter Avis pour "l'Humanité"

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Feb 2008 à 12:20

La CIA aurait pu éviter la guerre

Selon une ex-espionne, Saddam avait mis fin au programme d’armes de destruction massive dès 1995.

Elle s’appelle Sawsan et était réfugiée aux États-Unis quand la CIA l’a recrutée pour l’envoyer en Irak afin de coopérer à une opération des plus audacieuses imaginée par l’un des responsables de la centrale américaine, Charlie Allen. Parmi la liste des scientifiques irakiens impliqués dans le programme de fabrication d’armes de destruction massive et que Sawsan devait infiltrer figurait son propre frère, un des pères de l’arsenal secret irakien : Saad Tawfik. Ce dernier révèle que « les Américains avaient 20 questions principales et à chacune d’elle » il a répondu : « non, non, non, il n’y a plus rien. Dis-leur qu’il n’y a plus rien » Après la défection de son gendre et patron des programmes d’armements, parti se réfugier en Jordanie, Saddam Hussein avait donné l’ordre de démanteler dès 1995 tous les programmes de fabrication d’armes de destruction massive (ADM). « Quand je suis rentrée aux États-Unis, explique Sawsan, j’ai rapporté fidèlement ses propos » avant de s’entendre répondre que son « frère mentait » ! Quand les États-Unis ont envahi l’Irak en avril 2003, ils ont fini par réaliser et reconnaître qu’il n’y avait pas d’ADM.

Cinq ans après les faits, le scientifique Saad Tawfik confie à l’AFP avoir pleuré le 5 février 2003, le jour où il a entendu à la télé Colin Powell, photos et diagrammes à l’appui, dresser un réquisitoire accablant du régime de Saddam devant le Conseil de sécurité de l’ONU, exhortant le monde à la guerre contre l’Irak.

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Mar 2008 à 12:49

« Good morning Bagdad »…

Depuis le premier jour de l’invasion américaine et de ses alliés, plus de 4 000 soldats venus des États-Unis sont morts sur le sable irakien. Cinq ans après la deuxième guerre du Golfe qui vit les chars américains et britanniques, pour l’essentiel, entrer qui à Bagdad, qui à Bassorah, qu’il y a-t-il de changé, en mieux ? Un Saddam Hussein débusqué au fond d’un trou, dont la pendaison fut médiatisée de façon obscène ? Des milliers de civils qui meurent sous les éclats des attentats aveugles ? La partition en cours d’un pays qui voit, d’un côté, la Turquie mener la chasse aux indépendantistes kurdes au-delà de ses frontières et, de l’autre, le « grand satan » Ahmadinejad reçu dans la capitale irakienne sous protection des envahisseurs américains ?

Pour paraphraser Anatole France : on croit mourir pour la démocratie, on meurt pour Halliburton et les marchands de pétrole.

Cinq ans après, l’Irak n’est pas devenu une terre de stabilisation et d’extension de la démocratie : son peuple est plus que jamais divisé, affamé, terrorisé et massacré ; al Qaeda, qui fut le prétexte à l’intervention en Afghanistan, y a trouvé une nouvelle base d’affrontement sanglant ; et l’ensemble de la région s’en trouve déstabilisé. « On débat de manière compréhensible pour savoir si cette guerre en valait la peine, si ce combat vaut la peine d’être gagné et si nous pouvons le gagner », a déclaré le fauteur de guerre George Bush dans un discours au Pentagone, avant d’ajouter : « Les réponses sont claires pour moi : chasser Saddam Hussein du pouvoir était la bonne décision, et ceci est un combat que l’Amérique peut et doit gagner. » Gagner ? Jadis, au Vietnam, cette expression dut céder du terrain face à la puissance de la résistance nationale et populaire. L’Irak ne se rapproche de cette séquence historique que par la barbarie des moyens employés, en premier lieu la torture institutionnalisée, et par les contrats juteux engrangés par un complexe militaro-industriel consanguin au pouvoir en place à la Maison-Blanche. Avec une privatisation sans précédent du conflit, passant par pertes les vies humaines et profits les milliards engloutis dans la guerre, l’Irak diffère du Vietnam en cela qu’on ne voit pas, et pour cause, se dessiner, cinq ans après, le moindre début de sortie ni de la guerre ni de l’occupation.

Ce qui est vrai pour l’Irak l’est de la région. L’Iran va-t-il évoluer vers l’émancipation d’une société qui y est prête ? Sa diabolisation artificielle, qui n’empêche pas les petits arrangements entre « amis ennemis » fort commodes, renforce le camp des conservateurs de Téhéran, comme les dernières élections viennent, hélas, de le confirmer. L’Afghanistan va-t-il mieux ? Poser la question est y répondre : voir la contagion de l’intégrisme le plus meurtrier qui soit au Pakistan. La crise au Proche-Orient a-t-elle avancé d’un seul pas d’apaisement si ce n’est de dialogue ? Le miroir installé entre les ultras en poste à Jérusalem et la mainmise du Hamas sur Gaza a repoussé d’autant la question.

Doit-on attendre en spectateur l’issue des primaires démocrates puis de l’élection présidentielle américaine ? Ces dernières pèseront certes dans une évolution positive ou non. La France, qui s’illustra en mars 2003 dans son opposition officielle à la guerre, s’honorerait à suivre cette voie. Ce n’est, pour l’instant, pas celle qu’empruntent l’Élysée et le Quai d’Orsay, que ce soit en Irak, en Afghanistan ou au Proche-Orient. Nicolas Sarkozy entend faire de la présidence française de l’Union européenne un moment phare de son action. Pour accélérer l’alignement le plus militariste sur l’OTAN, développer des bases militaires dans les émirats et alléger les Américains de leur fardeau sanglant à Kaboul ? Ou pour faire jouer par la France et l’Union européenne une partition plus digne ? Son action et celle des pays de l’Union seront aussi jugées à cette aune.

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Mar 2008 à 09:38

4 000 militaires américains tués en Irak

GUERRE . Depuis dimanche, ce chiffre symbolique, qui masque en fait un nombre de victimes bien plus important, a été franchi.

« Nous regrettons toute victime, toute perte. Cela pourrait avoir un impact psychologique sur le public mais il s’agit de ces tragédies qui peuvent se produire dans notre monde. » Les propos tenus hier à Jérusalem par le vice-président des États-Unis, Dick Cheney, tiennent de l’aveuglement. Le cap des 4 000 militaires américains tués depuis le déclenchement de l’invasion de l’Irak, le 20 mars 2003, pour chasser Saddam Hussein, a été atteint dimanche. « Quatre soldats de la division multinationale de Bagdad ont été tués vers 22 heures dans une attaque terroriste menée avec un engin piégé », a annoncé hier le commandement US.

Selon une enquête effectuée par le quotidien états-unien USA Today, la moyenne d’âge des soldats tombés en Irak est de vingt et un ans. Plus de la moitié des victimes (56 %) sont tombées sous l’effet d’une bombe ; seulement 16 % ont été tués par arme à feu.

Ces 4 000 victimes ne sont que la partie émergée de l’iceberg. En comptant les soldats des autres pays de la coalition menée par les États-Unis, on arrive à 4 308 morts, dont 175 soldats britanniques. Et ce, sans compter les mercenaires, embauchés par les sociétés privées. Pour eux, les estimations vont de 140 à 900 tués. Par ailleurs, 430 employés civils du département de la Défense ont été tués. Depuis mars 2003, les forces de sécurité irakiennes ont enregistré des pertes estimées entre 8 000 et 12 000 personnes. Cet état des lieux montre la difficulté de sécuriser un pays que l’invasion de 2003 a fait basculer dans la guerre civile.

De cette guerre, ce sont les populations civiles qui ont payé le plus lourd tribut. Selon les déclarations de l’ONU, lors des six derniers mois de l’année 2007, 123 civils irakiens ont péri du fait d’action de l’aviation états-unienne contre des « terroristes ». Au total, depuis 2003, le gouvernement irakien et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont recensé entre 104 et 223 000 morts. En juillet 2006, la revue médicale The Lancet, utilisant les méthodes des enquêtes épidémiologiques, estimait le nombre de victimes global de la guerre à 655 000.

Ces chiffres, quelques jours après le cinquième anniversaire de l’intervention en Irak, posent la question du maintien des troupes étrangères. La guerre en Irak « a valu la peine », malgré le coût en vies humaines, a déclaré hier le conseiller irakien à la sécurité, Mouaffak al Rubaie. Des propos qui font écho à ceux du président des États-Unis le 19 mars. « Chasser Saddam Hussein du pouvoir était la bonne décision, et c’est un combat que l’Amérique peut et doit supporter », avait déclaré Georges W. Bush, bien que l’hypothèse de la détention d’armes de destruction massive (ADM) par le régime baasiste, qui avait servi de justification à l’intervention, se soit depuis révélée fallacieuse.

Les deux candidats démocrates à l’investiture, Barack Obama et Hillary Clinton, ont indiqué qu’élus, ils comptaient rapatrier les troupes d’Irak le plus rapidement possible. En attendant, le retrait de 5 brigades américaines de combat a déjà commencé depuis le début du mois. 30 000 soldats devraient avoir quitté le sol irakien d’ici au mois de juillet.

Gaël De Santis

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Mar 2008 à 14:26
Un états uniens à écrit un livre : "La guerre de 3 000 milliards de dollar".
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Mar 2008 à 17:39
La mort n'a pas de prix ou la mort à tout prix, pourraient être des slogans états-uniens.
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Apr 2008 à 13:00

Washington s’implique dans la bataille entre courants chiites

L’offensive de l’armée irakienne contre l’armée du Mahdi de Moktada Al Sadr se poursuit et s’étend à plusieurs grandes villes avec le soutien des troupes américaines.

Plus de 300 personnes ont été tuées et des centaines d’autres blessées dans le sud de l’Irak et à Bagdad (où le couvre-feu a été décrété jusqu’à nouvel ordre) depuis le lancement, mardi, sur ordre du premier ministre irakien, Nouri Al Maliki, de l’opération militaire menée notamment contre l’armée du Mahdi, dirigée par l’imam Moktada Al Sadr. Le pouvoir irakien pensait venir à bout facilement de ce mouvement chiite particulièrement influent. Al Maliki a dû reconnaître, samedi, qu’il avait peut-être mal jaugé les réactions à son offensive. D’autant que l’armée régulière est composée à 80 % de chiites.

« bataille décisive et finale »

Il a néanmoins souligné que les forces irakiennes continueraient de combattre les milices, qualifiant les affrontements de « bataille décisive et finale ». Pour le président américain, George W. Bush, il s’agit même d’un « moment décisif dans l’histoire d’un Irak libre ». Les combats se sont depuis étendus à Bagdad et à plusieurs villes du Sud.

Les autorités irakiennes ont ordonné aux militants chiites de Bassorah de déposer leurs armes avant le 8 avril, après qu’un premier ultimatum de soixante-douze heures a été largement ignoré. Mais Al Sadr a appelé ses partisans à ne rien en faire, déclarant que l’Armée du Mahdi ne rendrait ses armes qu’à un gouvernement capable « d’expulser l’occupant hors d’Irak ». Dans un entretien à la chaîne Al Djazira, Al Sadr a affirmé que sa milice était capable de « libérer l’Irak » et a accusé le gouvernement de Nouri Al Maliki, également un chiite, d’être aussi « distant » du peuple que l’avait été le régime de feu Saddam Hussein.

L’armée britannique, qui était responsable de la sécurité dans la ville de Bassorah avant de remettre l’autorité du secteur aux Irakiens en décembre dernier, a annoncé samedi qu’elle était entrée dans les combats, usant pour la première fois de son artillerie en appui des forces irakiennes. À Bassorah, une frappe aérienne américaine avait touché une maison, tuant huit civils, dont deux femmes et un enfant, selon la police irakienne.

Cet engagement des forces d’occupation contre un mouvement chiite, dont le positionnement politique est pour le moins original - il conteste la présence des troupes étrangères, tente de se fédérer avec des mouvements sunnites mais a participé au gouvernement - pourrait avoir des conséquences dramatiques. Les États-Unis reconnaissent eux-mêmes que si la situation s’est légèrement améliorée ces derniers mois, c’est avant tout grâce à la trêve décrétée par Al Sadr en août et prorogée en février.

Volonté D’éradiquer le mouvement

L’imam est sous pression et il a besoin de remettre de l’ordre dans sa maison, de nombreuses exactions ayant eu lieu au nom de l’armée du Mahdi, visiblement le fait de groupes dissidents. L’offensive déclenchée depuis mardi ressemble fort à une volonté d’éradiquer totalement le mouvement. Des représentants de l’imam Al Sadr auraient consulté le grand ayatollah Ali Al Sistani, la plus haute autorité chiite d’Irak, qui s’est prononcé pour une solution pacifique. Hier après-midi, Sadr a publié un communiqué dans lequel il déclare : « Nous voulons que les Irakiens arrêtent de verser le sang, et qu’ils défendent l’indépendance et la stabilité du pays et pour cela, nous avons décidé de nous retirer des rues de Bassorah et d’autres provinces. »

Mais le Conseil suprême islamiste irakien (CSII), l’autre grande force chiite qui possède également une milice lourdement armée, soutient le premier ministre Al Maliki. Le CSII semble bien déterminé à aller jusqu’au bout, avec l’aval de Washington. Tout le monde est bien conscient que ce face-à-face intervient alors que se préparent des élections locales, en octobre, pour désigner les responsables des provinces, qui bénéficieront d’un large pouvoir et d’importants moyens financiers, notamment à Bassorah, poumon économique du pays.

Pierre Barbancey

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Apr 2008 à 13:47

Cessez-le-feu inter-chiites

Des dignitaires religieux ont fait pression pour l’arrêt des combats.

L’appel à l’arrêt des combats lancé par Moqtada Sadr semble avoir été entendu. Hier, à Bassorah, les combattants de l’Armée du Mahdi se sont retirés de nombreux quartiers. Il en est de même à Bagdad dans les quartiers de Sadr City et de Kazimiyeh. Pour l, la trêve semble respectée. Bien que la raison avancée fût que cesse « l’effusion de sang entre Irakiens », Moqtada Sadr n’a avancé aucun autre argument motivant son appel à la cessation des hostilités. En fait, plusieurs paramètres ont dû conduire les parties chiites en conflit ouvert à revoir leurs prétentions.

Il y a d’abord les interventions discrètes de la Marjaiya chiite (la plus haute instance religieuse chiite) et de son leader Ali Sistani. Inquiets d’une prolongation des combats pouvant conduire à une implosion de l’armée irakienne laborieusement mise en place avec l’assistance américaine, les dignitaires chiites ont mis la pression sur les parties antagonistes pour arrêter les combats fratricides. La poursuite des affrontements comportait un risque sérieux de miner l’unité des chiites face à leurs adversaires et alliés sunnites et kurdes. De plus, l’intervention américaine et britannique aux côtés des forces fidèles au premier ministre, Nouri Al Maliki, pour écraser les milices de Sadr, pourrait se traduire en cas de prolongation des combats par l’effet inverse de l’objectif recherché : le basculement avec armes et bagages des milliers de combattants de Moqtada Sadr dans la clandestinité et la guérilla urbaine. Et ce, au moment où les djihadistes d’al Qaeda reprennent du poil de la bête et que des régions sunnites comme la province dAnbar sont loin d’être « pacifiées » et « normalisées » comme le prétend le commandement américain.

En dépit des pertes subies sur le terrain, Moqtada Sadr en sort paradoxalement renforcé. Il vient de faire la démonstration de son nationalisme intransigeant, devenant une personnalité incontournable dans le processus de stabilisation et de normalisation de la situation irakienne voulu par Washington et ses alliés. Et ce, à moins d’une année des élections locales d’octobre dont l’un des enjeux principaux est le contrôle des régions pétrolières.

Hassane Zerrouky

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Apr 2008 à 13:25
George W Bu$h est tellement fou qu'on a réquisitionner un hopital psychiatrique rien que pour lui :
 
Des troupes des USA attaquent un hôpital psychiatrique dans la capitale irakienne

Arrestation des patients et du personnel médical

BAGDAD. – Des troupes d’occupation nord-américaines et des soldats irakiens ont pris d’assaut aujourd’hui l’hôpital psychiatrique Al Rashad, à l’est de Bagdad, et ont arrêté toutes les personnes qui étaient à l’intérieur, y compris les malades, selon des informations fournies par le porte-parole du ministère de la santé, a rapporté EFE.

Le porte-parole Qasem Abdel Hadi, a déclaré à l’agence de presse irakienne Asuat al Iraq que la mission conjointe avait détruit les portes de l’enceinte, avant d’entrer et d’arrêter tous ceux qui étaient présents.

L’armée des USA tente avec ces actions d’impliquer des médecins des centres hospitaliers dans le possible enrôlement de malades pouvant réaliser des attaques suicide contre les troupes étrangères qui occupent l’Irak.

ANASA a aussi rapporté que deux soldats étasuniens sont morts aujourd’hui dans plusieurs affrontements violents en Irak.

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  Citer Rep. Dem Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 May 2008 à 05:27
Révélation : les US avaient classé l’hôtel Palestine à Bagdad comme cible militaire... avant de tuer deux journalistes.
GOODMAN Amy
 
DEMOCRACY NOW ! EXCLUSIF : Un ancien sergent du renseignement militaire US révèle que les Etats-Unis avaient classé l’hôtel Palestine à Bagdad comme cible militaire avant de tuer deux journalistes en 2003. Le mois dernier marquait le cinquième anniversaire du tir à l’obus effectué par des militaires US contre l’Hôtel Palestine à Bagdad. L’attaque coûta la vie à deux journalistes : le cameraman de Reuters Taras Protsyuk et José Couso, cameraman de la chaîne de télévision espagnole Telecinco. Le Pentagone a qualifié ces morts d’accidentelles mais dans cette émission exclusive, le Sergent Adrienne Kinne révèle qu’elle a vu des documents militaires secrets qui classaient l’hôtel comme « cible potentielle ». Kinne révèle aussi qu’elle reçut l’ordre de procéder à des écoutes d’Américains travaillant pour les médias et les ONG en Irak.
....

suite de l'article:
http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6694

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Jul 2008 à 15:48
Les entreprises de sécurité état uniennes* perdront bientôt leur immunitée en Irak.
 
 
* Autrement dit les mercenaires.
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Jul 2008 à 19:09
Procès en France et en Belgique
Ennemis de l’Empire
par Jean-Claude Paye*
 
Les enjeux du procès des « filières kamikazes », qui vient de se dérouler en Belgique, comme celui dit des « filières irakiennes », qui a lieu en France, ne sont pas seulement internes à ces pays, mais s’inscrivent dans un nouvel ordre de droit mondial. À travers ces procès, la Belgique et la France tentent d’installer un jurisprudence permettant de satisfaire les exigences de Washington : pouvoir désigner comme ennemi tout ressortissant d’une nation avec laquelle les États-Unis ne sont pas en guerre, le faire condamner par les tribunaux de ce pays ou se faire remettre cette personne afin qu’elle soit incarcérée et jugée aux Etats-Unis. Ces deux procès représentent un pas supplémentaire dans l’intégration des systèmes judiciaires de ces deux pays européens dans un ordre juridique globalisé sous direction américaine.
 
La suite :
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Sep 2008 à 12:02

Huit civils irakiens tués par un raid US

Le bombardement aérien qui a occasionné ces victimes civiles intervient dans un contexte de regain de violences.

Huit membres d’une même famille, dont trois femmes, ont été tués vendredi vers deux heures du matin par un bombardement effectué par hélicoptères d’une habitation située à Al-Dour (Tikrit). Selon Abdel Karim Khalil, cousin de la famille visée par le raid, « la maison a été encerclée par les forces américaines puis, peu de temps après, bombardée par des hélicoptères américains ».Toujours selon le correspondant local de l’AFP, citant des témoins de la scène, « les Américains ne s’étaient pas rendus sur place pour visiter la maison ou interroger ses occupants avant le raid ». Autrement dit, il ne s’agit pas d’une bavure mais d’un acte prémédité, sans doute sur la base d’informations fournie par un indic. Bien sûr, le commandement américain a ouvert une enquête, comme il le fait quand il s’agit d’opérations entraînant la mort de civils, mais dont les résultats ne sont que rarement rendus publics. Et quand ils le sont, ils ne donnent lieu à aucune sanction ! Cette tuerie de civils intervient moins de vingt-quatre heures après le « crash » d’un hélicoptère de combat ayant entraîné la mort de 7 GI à l’ouest de Bassora et dans un contexte de regain à un rythme soutenu d’attentats et d’attaques après une relative accalmie. Depuis le 1er septembre, 17 marines et GI ont été tués (4 168 depuis avril 2003). Mardi, Bagdad a été frappé par cinq attentats à la voiture piégée (10 morts). L’un de ces attentats visait Essam al-Temimi, maire du quartier Bagdad al-jedidah. Plus au nord de la capitale irakienne, dans la région sunnite, les affrontements entre groupes se réclamant de la mouvance d’al Qaeda et les « Sahwa », milices composées d’ex-insurgés sunnites, ne connaissent pas de répit. Entre lundi et vendredi, les attentats kamikazes visant les familles et proches des miliciens de la « Sahwa » ont fait plus de 60 morts.

Hassane Zerrouky 20/09/08

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Oct 2008 à 11:52

L’Irak, loin de la normalisation présentée par Washington

Bagdad . Les victimes civiles de ces derniers mois et l’augmentation des pertes américaines soulignent combien le pays est éloigné de la stabilisation invoquée par Washington.

Les Irakiens n’avaient sans doute pas la tête mercredi à la fête de l’Aïd qui marque la fin du mois de jeûne du ramadan. Ce mois sacré, aussi bien chez les sunnites que les chiites, qui a pris fin le 30 septembre, n’a pas failli à la tradition : il a été particulièrement meurtrier. Selon l’ONG Irak Body Count (IBC), 572 civils, dont 29 enfants, ont été tués entre le 1er et le 30 septembre. En comparaison, 631 personnes ont été tuées en août et 592 en juillet.

4 175 GI et marines tués depuis 2003

Certes, par rapport aux années 2006-2007, le nombre de victimes civiles est en baisse. Mais, quoi qu’en disent les responsables irakiens et américains, le niveau de violence demeure élevé. Et l’ex-chef des forces américaines en Irak, le général David Petraeus, qualifie d’ailleurs les progrès qui auraient été accomplis sur le terrain sécuritaire de « réversibles » et de « fragiles ». Ainsi, après avoir enregistré 13 soldats tués en juillet, le nombre de militaires américains tués au combat est reparti à la hausse en août (23 morts) et en septembre (25 morts), portant à 4 175 GI et marines le nombre de militaires tués en Irak depuis avril 2003.

Bien sûr, en comparaison avec les pertes subies mensuellement en 2006 - une moyenne de 50 morts par mois - et même en 2007, les forces américaines ont enregistré moins de pertes en 2008. Toutefois, cette baisse s’explique non par une diminution du nombre d’attaques des insurgés, mais par celle du nombre d’opérations militaires des forces d’occupation sur le terrain. Afin de minimiser leurs pertes, les forces américaines se contentent du service minimum. Présentes néanmoins sur les théâtres d’opérations, elles se bornent pour l’essentiel désormais à s’appuyer sur les forces irakiennes, à qui elles apportent un soutien logistique et surtout aérien.

Qui plus est, les clivages apparus entre les insurgés islamistes se réclamant d’al Qaeda et les insurgés nationalistes expliquent, pour une bonne part, la baisse du nombre d’attaques contre les forces d’occupation. Le djihadisme meurtrier d’al Qaeda contre les civils a fini par dresser contre eux les insurgés sunnites d’obédience nationaliste, lesquels ont décidé, avec ou sans l’appui des États-Unis, de les chasser d’Irak. Autrement dit, l’aveuglement meurtrier d’al Qaeda, qui n’est pas étranger au basculement d’une partie des sunnites du côté des forces américaines, est l’un des paradoxes de cette guerre.

la sécurité n’est pas pour demain

Selon le commandement américain, ils sont une centaine de milliers de miliciens sunnites anti-al Qaeda, pour la plupart d’ex-insurgés, organisés en brigades appelées « Sahwa » (éveil en arabe), qui combattent désormais leurs anciens alliés d’al Qaeda, sans pourtant, expliquent des chefs de tribus sunnites comme les Doulaymi, renoncer à ce que les forces d’occupation quittent le pays !

Il n’en reste pas moins que cette stratégie d’« irakisation » de la guerre, préconisée depuis fort longtemps d’ailleurs par le général Petraeus et qu’il n’a pu mettre en oeuvre que lorsqu’il a pris le commandement des forces américaines, n’a pas pour autant diminué de façon significative le niveau de la violence et permis de s’assurer du contrôle du territoire irakien. Que ce soit Bagdad, où la semaine passée 25 soldats et policiers irakiens ont trouvé la mort dans une embuscade, ou les régions situées au nord de la capitale. Le moins qu’on puisse dire est que celles-ci échappent encore au contrôle de l’État irakien. De plus, le fait que les institutions irakiennes - siège du gouvernement et des ministères, Parlement, banques… - sont situées en zone verte, séparées du reste de la capitale par une ceinture en béton, et que les différentes communautés - chiite, sunnite - vivent repliées dans leurs quartiers respectifs, séparés également par des murs en béton, dénote pour le moins que la sécurité et la stabilité ne sont pas pour demain ni dans quelques semaines. Tout ce contexte explique d’ailleurs le maintien des forces américaines sur le terrain à quelque 146 000 hommes.

Hassane Zerrouky

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  Citer Rep. Dem Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Oct 2008 à 07:17
La guerre d'Irak déborde en Syrie, l'armée US fait une incursion en Syrie et tue 8 civils ...

Damas dénonce une attaque délibérée après le raid américain

il y a 8 heures 53 mins

La Syrie accuse les Etats-Unis d'avoir commis un "acte d'agression terroriste" en menant la veille un raid aéroporté du côté syrien de sa frontière avec l'Irak et promis de "défendre son territoire en cas de récidive".
...

http://fr.news.yahoo.com/4/20081027/twl-syrie-irak-attaque-38cfb6d.html


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