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La véritable obsolescence programmée

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jfrancois allez vers le bas
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  Citer jfrancois Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: La véritable obsolescence programmée
    Envoyé : 28 Feb 2013 à 00:01
http://pcf-laon.fr/2013/02/la-%C2%AB-veritable-%C2%BB-obsolescence-programmee/

Je vous invite a lire l'article directement sur le site en cliquant sur le liens ci-dessus pour une lecture plus agréable.

fraternellement

Jeff
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Le sujet de « l’obsolescence programmé » envahit nos médias depuis quelques temps. Tout le monde, ou presque, a pu voir ce fameux reportage où une ampoule centenaire éclairait d’une lueur pâle quelques centimètres carré de plafond dans une caserne de pompier, démontrant ainsi que les industriels pouvaient aisément fabriquer des objets à durée de vie quasi-illimitée.

Cette réflexion n’a pas pour prétention de jeter à terre tous les travaux d’investigation qui ont permis de révéler ce phénomène, mais de poser un regard neuf sur ce sujet.

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1987 – La Nintendo « NES »

Les trentenaires se souviendront avec nostalgie de la première véritable console de salon qui déferla en France en 1987. Ils se souviendront d’abord des heures passées sur « Mario Bros », « Legend of Zelda » ou encore « Megaman »… mais ils se souviendront aussi surement des longs moments de lutte avec cette pauvre petite machine pour tenter de faire fonctionner un jeu avant de renoncer face à un écran obstinément gris (ou rose, ou vert, mais en tout cas pas vraiment l’écran d’introduction tant attendu). Au bout du compte l’affaire se réglait souvent par un ultime coup de pied bien placé sur le coté de l’appareil… ou par un match de foot en plein air.

Qu’avait-elle cette console ? Pourquoi se mettait-t-elle à ne plus fonctionner normalement  au bout de quelques semaines à peine? Obsolescence programmée ? Lobbyisme des clubs sportifs ?

Il est nécessaire de se replacer dans le contexte historique. Au début des années 80, éclate le « Krach du jeu vidéo ». Soit dit en passant, il serait intéressant d’analyser cette crise en détails dans un autre article. Celle-ci démontre l’incapacité d’un système économique anarchique de planifier un minimum la production en répondant aux besoins et attentes des gens, mais passons.

La console NES

Lorsque les Nippons lancent leur console « Famicom » hors du pays du soleil levant, et notamment en France, le public n’est pas prêt à accueillir à bras ouverts leur gadget technologique. Pourquoi ? Pas seulement parce que la crise est passée par là et a jeté le discrédit sur le format « console » des jeux vidéo. En fait, le grand public ne connaît même pas l’existence de cette crise et les passionnés de technologie et de jeux vidéo d’aujourd’hui ne la connaissent pour la plupart que de façon rétrospective en surfant sur des sites spécialisés. Non, en fait le jeu vidéo est quasi inexistant dans le paysage français et est réservé à un club assez fermé.

Alors les gars de chez Nintendo ont dû élaborer une stratégie commerciale, qui allait avoir une incidence même sur la production de cette console. Ils se disent que les Français (en fait les occidentaux en général) ne seraient sans doute pas prêts à dépenser plus de 1000 Francs pour se payer ce « truc bizarre » qui occupera un espace entre les magnétoscopes et les télévisions de leur supermarché. D’ailleurs, et encore une fois de manière rétrospective, ils ne se sont pas trompés car la console ne se vendra qu’à 10.000 exemplaires à sa sortie pour 40.000 unités produites, et 33.000 au total l’année suivante (1987+1988).

Alors, il faut absolument rendre le prix de la console le plus attractif possible. Voici la technique employée :

  1. La console est vendue au prix coutant. Nintendo espère se faire du fric sur la vente des jeux, mais avant tout il faut que les français puissent se payer la console.

  2. La firme a cherché à utiliser les composants et les matières les moins chères possible pour faire chuter l’addition.

Le connecteur ZIF de la console NES

Je passe un peu les détails pour m’attarder plus spécialement sur le composant responsable du fameux « bug » d’affichage mentionné plus haut. Il s’agit du connecteur ZIF qui assure, pour simplifier, la connexion entre la cartouche et la console. Toujours par soucis d’économie, la firme japonaise choisit de ne pas utiliser le même alliage pour l’occident que celui utilisé pour la version nippone et s’orienta donc vers un alliage peu cher… mais de mauvaise qualité. Ainsi, au bout de quelques utilisations, les broches du connecteurs ZIF avaient tendance à s’écarter et la connexion avec la cartouche de jeu devenait problématique… et c’est le commencement des coups sur la console et des matchs de foot avec les copains.

Aucune volonté d’en faire une bombe à retardement qui déclencherait prématurément la fin de vie de la console. Encore une fois, la vente de la NES n’avait qu’un seul intérêt économique : vendre des cartouches de jeux. Alors rendre inutilisable la console est plutôt un mauvais calcul commercial.

2006 – La Nintendo Wii

Dix neuf ans plus tard, le paysage vidéo ludique français a bien changé. Les jeux vidéo sont entrés dans toutes les chaumières et certains jeux vidéo caracolent en tête des ventes dans la catégorie « culture ».

Cette fois-ci, la console se vend à 249 euros à sa sortie (1600F). En Europe 325.000 unités sont vendues en seulement deux jours. En 2007, Nintendo produit environ 1,8 millions de Wii par mois.

Si on considère le prix de la console et la productivité hallucinante de l’industrie Nintendo en 2007 comparé à 1987 (l’augmentation de la productivité fait également baisser le prix), on peut en déduire que la nouvelle console coûte affreusement chère par rapport à sa grande sœur, si on comparait le prix de vente au coût de production. Ainsi, aujourd’hui Nintendo n’a plus besoin de faire des économies de bout de chandelles et peut nous proposer une console qui ne faiblit pas dès les premières utilisations.

Nous pouvons observer que ce qui pourrait facilement être taxé « d’obsolescence programmée » n’est en fait qu’un accident de parcours d’une stratégie commerciale. Si la NES avait ce défaut de conception c’est parce que Nintendo avait l’ambition de gagner la « consommation de masse ». Et pour vendre massivement un bien, il faut que ce bien ait un prix assez bas pour pouvoir être acheté par une large majorité des consommateurs.

Ainsi nous avons tendance à voir de l’obsolescence programmée là où ce sont simplement les ressorts du capitalisme qui s’expriment. Dans notre aveuglement, mais aussi à cause des médias, nous avons tendance à nous battre contre des moulins à vent en tentant de lutter vainement contre une hypothétique conspiration mondiale et nous oublions l’essentiel : lutter contre le système capitaliste qui est à la base même de ce problème d’obsolescence.

Jean-François Garcia




Edité par T 34 - 28 Feb 2013 à 11:21
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