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L'éducation en Belgique

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: L'éducation en Belgique
    Envoyé : 04 Apr 2013 à 15:26

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Étudiants wallons et flamands unis pour dire non au plan de « libéralisation » de l'enseignement supérieur belge

Article pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ et http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

La manifestation du 28 mars pour « La qualité de l'enseignement pour tous » a rassemblé plusieurs milliers d' étudiants belges dans le même rejet des projets de « libéralisation-privatisation » de l'enseignement supérieur, des deux côtés de la frontière linguistique.

Près de 10 000 étudiants dans huit villes universitaires du pays : 600 à Louvain, 3 000 à Bruxelles et 4 000 à Gand. Première depuis longtemps, le syndicat étudiant francophones (FEF) et néérlandophone (VVS) avaient lancé un mot d'ordre unitaire pour la manifestation.

Un haut fait, car l'éducation est une compétence régionalisée depuis 1989. Chaque « région » – Flandres, Wallonie, Bruxelles – a charge de mener sa propre politique de l'enseignement supérieur, conduisant à des réformes différentes tant dans la communauté francophone que néerlandophone.

Le seul facteur d'unité depuis 1999 vient paradoxalement de l'Union européenne. Le « processus de Bologne » prévoit l'uniformisation des cursus visant à créer une université sélective (« de classe »), adaptée aux besoins des entreprises (« marchandisée »), autonome avec des financements privés.

Ce « processus de Bologne » a donc conduit à l'adoption de « réformes » parallèles en Flandres, Wallonie et à Bruxelles. Les dernières en date, le décret Marcourt en Wallonie et le plan de réforme Smet prévoient l'achèvement de la marchandisation de l'université à plusieurs vitesses.

Décret Marcourt : libéralisation d'une université à plusieurs vitesses

En Wallonie, l'offensive porte le nom du politicien « socialiste », à la fois Ministre de l'Enseignement supérieur et Ministre de l'Economie (sic), Jean-Claude Marcourt, ami des grands patrons Wallons.

Le « décret paysage » de Marcourt prévoit trois grandes mesures, toutes intégrées au projet élitiste de Bologne :

  • la constitution de « pôles académiques » favorisant fusion et regroupements des facs : au nombre de cinq, ces pôles regrouperaient autour d'une université de référence (ex : ULB à Bruxelles) toutes les facs mais aussi les grandes écoles. C'est la logique des PRES en France, relancée par Fioraso dernièrement : favoriser les convergences puis la fusion entre facultés pour créer des « pôles universitaires » compétitifs à l'échelle mondiale ;

     

  • l'introduction de la sélection des étudiants : le projet Marcourt prévoit de légaliser le refus des étudiants faute de place. Par ailleurs, le gel des financements (la politique de l' « enveloppe fermée » depuis 1989) s'accompagnerait avec la réforme d'un gel de la répartition entre « pôles ». Les « pôles » auraient donc intérêt à limiter le nombre d'étudiants, pour limiter les frais, tandis que la concurrence s'accentueraient entre universités-membres favorisant les fusions-regroupements ;

     

  • l'université à plusieurs vitesses par l'individualisation des cursus : dans le cadre du système LMD, le projet Marcourt prévoit les parcours à la carte. Chaque étudiant construit son parcours académique selon des « unités académiques » et des « crédits accumulés », c'est la fin de l'année académique, la fin de toute cohérence pédagogique, de toute conception collective de l'enseignement : plus aucune classe pour les élèves, aucun parcours collectif dans les horaires, les enseignements, les structures d'accompagnement. Résultat logique, les élèves les plus en difficulté étant ceux qui ont le plus mal à s'orienter dans un schéma complexe, individualisé, ils seront non seulement volontairement lâchés par ce système mais risquent aussi de disposer d'un diplôme dévalué et d'une formation au rabais ;

Projet Smet en Flandres : sélection universitaire et université d'élite

En Flandres, le projet « Mensen doen schitteren » (faire exceller les gens) du ministre Smet prévoit ici aussi une double réforme du secondaire et du supérieur, sous le signe d'une éducation élitiste.

Le plan Smet prévoit tout d'abord une sélection précoce dans le secondaire. Dès la deuxième année de collège, les élèves doivent choisir leurs options les orientant vers les anciennes filières générales, professionnelles et technologiques.

Dans le supérieur, la nouvelle réforme s'inscrit dans le plan Vandenbroucke de 2007 : le financement à l' « output », les universités reçoivent un financement proportionnel non au nombre d'étudiants mais au taux de réussite des étudiants.

Résultat, les universités flamandes ont intérêt – avec des moyens limités par la politique de l' « enveloppe fermée » (gel des budgets) – non pas à assurer une éducation de masse mais à choisir les étudiants au taux de réussite potentiel le plus élevé.

La réforme Smet parachève ce système d'une université à deux vitesses, soumise aux intérêts des entreprises en introduisant une différence entre « master recherche » et « master domaine ».

D'une part, les « master recherche » sur deux ans seraient limités à une poignée d'étudiants (dix par master), restreignant son accès aux étudiants les mieux notés ou les mieux dotés financièrement. Ils formeraient un savoir d'élite pour une élite restreinte.

D'autre part, les « master domaine » sur un an seulement, de qualité plus hétérogène, correspondraient à des domaines « en adéquation avec les besoins du marché du travail », entendre les intérêts des entreprises.

Concrètement, ces « master domaine » prodigueraient un savoir au rabais, spécialisé, orienté selon les intérêts des entreprises pour former une main d’œuvre de seconde zone taillable et corvéable à merci. Tous les master ne correspondant pas à ces critères disparaîtront (langues rares, enseignement).

Vers la privatisation de la fac ?

Si ces revendications sont globalement reprises par les syndicats étudiants, notamment la Fédération des étudiants francophones (FEF) regroupant plus de 100 000 syndiqués, ce sont les Jeunesses du Parti du Travail de Belgique (« COMAC ») qui mettent en garde contre la privatisation de la fac.

« COMAC » dénonce une politique de casse de l'université publique et de privatisation rampante derrière ces projets.

La politique de gel du financement public (« enveloppe fermée ») combinée à l'explosion de la population étudiante a conduit à la baisse de la qualité de l'éducation : en 40 ans, le financement public par étudiant et le taux d'encadrement a été divisé par deux en Wallonie.

La conséquence logique : des amphi et des bibliothèques bondés, un décrochage accru faute d'encadrement, des locaux en état de délabrement avancé.

Face à cette situation, trois solutions : la proposition de COMAC, soit un investissement public massif ; réduire le nombre d'étudiants pour réserver l'éducation à une minorité (plan Smet/Marcourt) ; introduire des financements privés dans l'université.

C'est l'idée derrière les « pôles académiques » en Wallonie ou les « master de domaine » en Flandres : construire une université au service du monde de l'entreprise.

Concrètement, en Wallonie, COMAC rappelle qu'il existe actuellement plus de 150 chaires d'université privées.

En faculté de médecine, à l'université de Louvain, les firmes pharmaceutiques tel Pfizer ou Bayer disposent de chaires – financés sur trois ans, de 65 000 € à 1 million d'€ ! – où elles co-définissent les sujets de recherche.

Le secteur privé fait main basse sur la recherche publique : les chaires patronales en économie prouvent la nécessité de la baisse des salaires et des cotisations patronales ; les chaires pharmaceutiques, les effets positifs de leurs médicaments.

Dans le même temps, l'introduction du privé se manifeste aussi dans le « logement universitaire » (le « kot ») Alors que l'offre publique est dramatiquement insuffisante (7 000 demandes à l'ULB de Bruxelles pour 900 places), les PPP (Partenariats public-privé) se multiplient.

4 500 projets de logement d'ici 2017 construits par des groupes privés qui bénéficieront d'une propriété sur le logement entre 25 et 80 ans. Entre-temps, l'entreprise privée perçoit les loyers, rentabilise l'investissement et dégage des profits sur le dos des étudiants.

Résultat, les nouveaux logements construits en PPP à Bruxelles ont vu leurs loyers passer de 250 € à 400 €, soit le prix du loyer dans le secteur privé.

Les jeunesses communistes du PTB mènent campagne depuis la rentrée pour « une éducation publique, gratuite et de qualité » pour tous, dénoncent la privatisation rampante et l'éducation à plusieurs vitesses.

Leur mot d'ordre : « libérons l'éducation au lieu de la libéraliser » résume l'enjeu. Pas d'éducation libre sans émancipation des puissances de l'argent, de la marchandisation, du processus européen de Bologne !

Sources : presse belge et informations du Parti du Travail de Belgique et de son mouvement de jeunesse « COMAC »

 
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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