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Municipales 2014

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T 34 allez vers le bas
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: Municipales 2014
    Envoyé : 02 Jul 2013 à 19:27

Municipales 2014: le Parti socialiste craint le bouillon

Après le numéro un du Parti socialiste Harlem Désir, l’Élysée a appelé à son tour à des listes d’union au premier tour des municipales.

Rappel des faits: Coup sur coup, le numéro un du PS et le numéro un de l’État plaident pour une gauche rassemblée dès le premier tour aux municipales. Les dernières élections partielles et la lourde défaite du PS à Villeneuve-sur-Lot pèsent au point que François Hollande se mêle du débat pour estimer que la majorité devrait « s’organiser pour les prochains scrutins, notamment municipaux, pour partir rassemblée », dans une interview à Ouest France. « Enfin, poursuit le président, il y a des valeurs à affirmer et des dangers à dénoncer », car « tout ne se vaut pas dans le débat politique ».

Voir "localement"

Ce n’est pourtant pas la crainte du FN qui est agitée en premier lieu au Parti socialiste, mais plutôt l’insistance du rappel que l’avenir à gauche s’écrit en commun. « Toute la gauche est d’accord pour dire qu’il faudra se retrouver au second tour », rappelle Harlem Désir, premier secrétaire du PS. Ce rassemblement lui paraît nécessaire « aussi bien dans les villes où nous avons des objectifs de conquête, comme Marseille, Avignon, Montauban » que dans « les villes où nous avons géré ensemble ». « C’est d’abord localement que tout doit être fait », précise David Assouline, porte-parole du PS.

"Question du contenu"

Pour Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, « derrière le discours culpabilisant voulant qu’il y ait trop de candidatures à gauche ou un effet Cahuzac, le PS ne semble pas voir l’essentiel, que la politique menée n’est pas celle pour laquelle une majorité a voté il y a un an. Une politique en échec économique et social peut avoir des conséquences démocratiques », souligne-t-il, résumant l’année écoulée comme « un an de gâchis ». Pour lui, « le rassemblement à gauche reste l’horizon » aux élections municipales, mais « en partant de la question du contenu » de politiques locales rompant avec l’austérité.

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Mar 2014 à 00:50



À l’évidence oui, dans au moins un cas : lorsque les habitants de la commune se sentent représentés par leur maire dans tous les aspects de la vie communale. Cette situation est rare mais elle existe, surtout dans des communes de taille moyenne. Souvent, ces maires-là n’ont pas d’opposition … parce que personne n’envisage de s’opposer à eux ! Et voter pour eux contribue à resserrer les liens entre les habitants de la commune. Dans tous les autres cas, voter aux municipales n’est pas vraiment utile ! Et pour deux raisons :

La première est que les compétences municipales ont été vidées de leur contenu. Dans les années quatre-vingt, sous couvert de décentralisation, toutes les compétences économiques ont été retirées aux communes pour être transférées aux régions, beaucoup plus sensibles aux intérêts des entreprises qu’à ceux des populations. La démarche  n’a cessé depuis de s’étendre à toutes les compétences municipales. Sous couvert « d’efficacité », l’essentiel des compétences communales restantes ont été transférées aux communautés de communes et aux communautés urbaines, loin des yeux (et du contrôle) de la population… Si bien que les maires n’ont plus aucun moyen d’action significatif. Ainsi, des décisions qui ont un impact fort sur la vie quotidienne, comme les transports publics ou l’assainissement, ne sont plus délibérés en conseil municipal, mais ailleurs ! Et si la population demande des explications au maire, ce dernier répondra, s’il est honnête, qu’il n’y peut rien du tout, et que lui-même n’a pas été consulté ! Il faut dire que le capital a toujours eu horreur du pouvoir communal, c’est-à-dire une population défendant l’ensemble de ses intérêts autour de son maire. Les communes sont devenues aujourd’hui des coquilles vides !

Au niveau des communautés de communes et des communauté urbaines, la plupart des compétences arrachées aux communes sont remises entre les mains avides d’entreprises privées. Et ces entreprises (voirie, transports publics, assainissement, restauration scolaire, etc.) ont un discours très clair envers le maire : « toi, tu lèves l’impôt et nous, on le dépense ! ». Savoir qui des candidats aux prochaines élections municipales fera ce boulot est d’un intérêt somme tout très secondaire !

L’autre raison qui fait que l’élection municipale n’est que d’un faible intérêt est que, contrairement à ce qu’on nous fait croire, l’essentiel du pouvoir n’est pas entre les mains des élus, mais entre les mains des fonctionnaires municipaux. Enfin, pas de tous les fonctionnaires… mais une poignée de cadres de catégorie A, le directeur général et les directeurs généraux adjoints. Formés et compétents, ils s’occupent de tout ce qui reste de compétence communale ! Les maires passent, l’administration municipale reste ! Le maire et son conseil municipal sont chargés de faire l’interface entre l’administration et la population. Gonflés d’importance, ils consacrent leur temps à des groupes de travail, réunions de concertation et autres commissions d’étude où on discute doctement de broutilles. Le chômage qui grimpe, les salaires qui baissent, les loyers qui augmentent, l’action mortifère du capital ? Ils n’y pourront rien.

Alors, dimanche prochain, on vous appellera à vous prononcer sur des choix qui souvent n’en sont pas. Dans ce cas, si vous avez autre chose à faire, faites-le !

D.R.

http://www.resistance-politique.fr/article-faut-il-voter-aux-municipales-123009169.html
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  Citer Ecnaroui Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Mar 2014 à 10:55
Démocrates de pacotille

L'appel à ne pas aller voter dimanche est le degré zéro politique des engagés enragés ne pouvant supporter le "petit" peuple élisant ses représentants les plus proches.
Les auteurs (sans hauteur) de cet appel les font rejoindre les bandes mafieuses se succédant à la tête de l'état Français.

Oui c'est un "coup de gueule" car il y en a plus que marre des pseudos résistants mais réels démocrates de pacotille squattant le forum en toute impunité.

La libération de l’homme de l’homme est si impérieuse qu’on ne doit pas la laisser à ceux qui n’ont qu’un seul et unique crédo l’exploitation de l’homme par l’homme.
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  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Mar 2014 à 16:34
Bonjour camarade,

Petit rappel (si c'en est un...) :

Démocratie bourgeoise et démocratie prolétarienne

LENINE

La question que Kautsky a si abominablement embrouillée se présente, en réalité, comme suit.

A moins de se moquer du sens commun et de l'histoire, il est clair que, tant qu'il existe des classes distinctes, on ne saurait parler de « démocratie pure », mais seulement de démocratie de classe (soit dit entre parenthèses, « démocratie pure » est non seulement une formule d'ignorant qui ne comprend rien à la lutte des classes ni à la nature de l'État, mais encore une formule triplement creuse, car dans la société communiste, la démocratie, transformée et devenue une habitude, dépérira, mais ne sera jamais une démocratie « pure »).

La « démocratie pure » n'est qu'une phrase mensongère de libéral qui cherche à duper les ouvriers. L'histoire connaît la démocratie bourgeoise qui prend la relève de la féodalité, et la démocratie prolétarienne qui prend la relève de la démocratie bourgeoise.

Lorsque Kautsky consacre jusqu'à des dizaines de pages à « prouver » cette vérité que la démocratie bourgeoise marque un progrès par rapport au moyen âge, et que le prolétariat a le devoir impérieux de s'en servir dans sa lutte contre la bourgeoisie, c'est là justement un bavardage libéral destiné à duper les ouvriers. C'est un truisme non seulement dans l'Allemagne civilisée mais aussi dans la Russie inculte. Kautsky jette tout simplement de la poudre « savante » aux yeux des ouvriers, il prend des airs graves pour parler de Weitling, des jésuites du Paraguay et de bien d'autres choses, à seule fin d'esquiver la nature bourgeoise de la démocratie actuelle, c'est à dire de la démocratie capitaliste.

Du marxisme, Kautsky prend ce qui est recevable pour les libéraux, pour la bourgeoisie (critique du moyen âge, rôle historiquement progressif du capitalisme en général et de la démocratie capitaliste en particulier); il rejette, il passe sous silence, il estompe ce qui, dans le marxisme, est irrecevable pour la bourgeoisie (violence révolutionnaire du prolétariat contre la bourgeoisie, pour l'anéantissement de cette dernière). Voilà pourquoi, par sa position objective et quelles que puissent être ses convictions subjectives, Kautsky s'avère inévitablement un laquais de la bourgeoisie.

La démocratie bourgeoise, tout en constituant un grand progrès historique par rapport au moyen âge, reste toujours,   elle ne peut pas ne pas rester telle en régime capitaliste,   une démocratie étroite, tronquée, fausse, hypocrite, un paradis pour les riches, un piège et un leurre pour les exploités, pour les pauvres. C'est cette vérité, élément constitutif majeur de la doctrine marxiste, que le « marxiste » Kautsky n'a pas comprise. Dans cette question   fondamentale   Kautsky prodigue des « amabilités » à la bourgeoisie, au lieu de présenter une critique scientifique des conditions qui font de toute démocratie bourgeoise une démocratie pour les riches.

Rappelons d'abord au très savant M. Kautsky les déclarations théoriques de Marx et Engels, que notre exégète a honteusement « oubliées » (pour complaire à la bourgeoisie); puis nous expliquerons la chose de la façon la plus explicite.

Non seulement l'État antique et féodal, mais aussi « I'État représentatif moderne est un instrument d'exploitation du travail salarié par le capital » (Engels dans son ouvrage sur l’État [1]). « l’État n'étant qu'une institution temporaire dont on est obligé de se servir dans la lutte, dans la révolution, pour réprimer par la force ses adversaires, il est parfaitement absurde de parler d'un État populaire libre : tant que le prolétariat a encore besoin d'un État, ce n'est point pour la liberté, mais pour réprimer ses adversaires. Et le jour où il devient possible de parler de liberté, l’État cesse d'exister comme tel » (Engels, lettre à Bebel, 28 mars 1875). « l’État n'est rien d'autre chose qu'une machine pour l'oppression d'une classe par une autre, et cela, tout autant dans la république démocratique que dans la monarchie » (Engels, préface à la Guerre civile de Marx [2] ). Le suffrage universel est « l'indice qui permet de mesurer la maturité de la classe ouvrière. Il ne peut être rien de plus, il ne sera jamais rien de plus dans l’État actuel » (Engels dans son ouvrage sur l’État [3]). M. Kautsky rabâche de la façon la plus ennuyeuse la première partie de cette thèse, acceptable pour la bourgeoisie. Mais la deuxième, que nous avons soulignée et qui pour la bourgeoisie n'est pas recevable, le renégat Kautsky la passe sous silence!). « La Commune devait être, non pas un organisme parlementaire, mais un corps agissant, exécutif et législatif à la fois... Au lieu de décider une fois tous les trois ou six ans quel membre de la classe dirigeante devait représenter et fouler aux pieds (ver und zertreten) le peuple au Parlement, le suffrage universel devait servir au peuple constitué en communes, à recruter pour son entreprise des ouvriers, des surveillants, des comptables, de même que le suffrage individuel sert au même objet à n'importe quel patron. » (Marx dans son ouvrage sur la Commune de Paris, la Guerre civile en France).

Chacune de ces thèses, bien connues du savantissime M. Kautsky, le cingle au visage, le convainc de trahison. Dans toute sa brochure, Kautsky ne dénote pas la moindre compréhension de ces vérités. Cette brochure est d'un bout à l'autre une insulte au marxisme !

Prenez les lois fondamentales des États contemporains, prenez leur administration, prenez la liberté de réunion ou de presse, prenez « l'égalité des citoyens devant la loi », et vous verrez à chaque pas l'hypocrisie de la démocratie bourgeoise bien connue de tout ouvrier honnête et conscient. Il n'est point d’État, même le plus démocratique, qui n'ait dans sa Constitution des biais ou restrictions permettant à la bourgeoisie de lancer la troupe contre les ouvriers, de proclamer la loi martiale, etc., « en cas de violation de l'ordre », mais, en fait, au cas où la classe exploitée « violait » son état d'asservissement et si elle avait la velléité de ne pas se conduire en esclave. Kautsky farde cyniquement la démocratie bourgeoise; il ne souffle mot de ce que font, par exemple, contre les ouvriers en grève, les bourgeois les plus démocrates et les plus républicains d'Amérique ou de Suisse.

Oh ! le sage et savant Kautsky n'en dit rien ! Il ne comprend pas, cet homme politique érudit, que le silence ici est une lâcheté. Il préfère raconter aux ouvriers des contes d'enfants, par exemple que démocratie veut dire « protection de la minorité ». C'est incroyable, mais c'est ainsi ! L'an 1918 après J.C., en la cinquième année du carnage impérialiste universel, alors que, dans toutes les « démocraties » du monde, on étouffe les minorités internationalistes (c'est-à dire celles qui n'ont pas bassement trahi le socialisme, comme les Renaudel et Longuet, les Scheidemann et Kautsky, les Henderson et Webb, etc.), M. le savant Kautsky célèbre d'une voix mielleuse la « protection de la minorité ». Quiconque le désire, peut lire cela à la page 15 de la brochure de Kautsky. Et à la page 16 ce docte ... personnage vous parlera des whigs et des tories du XVIII° siècle en Angleterre !

O érudition! O servilité raffinée devant la bourgeoisie ! O manière civilisée de ramper sur le ventre devant les capitalistes et de leur lécher les bottes ! Si j'étais Krupp ou Scheidemann, ou Clemenceau, ou Renaudel, je payerais des millions à M. Kautsky, je lui dispenserais des baisers de Judas, je ferais son éloge devant les ouvriers, je prêcherais l'« unité du socialisme » avec des gens aussi « respectables » que Kautsky. Ecrire des brochures contre la dictature du prolétariat, raconter l'histoire des whigs et des tories au XVIII° siècle en Angleterre, assurer que démocratie veut dire « protection de la minorité » et taire les massacres d'internationalistes dans la république « démocratique » des États Unis, ne sont ce pas là des services de valet rendus à la bourgeoisie ?

Le savant M. Kautsky a « oublié »   vraisemblablement par hasard   une « bagatelle », à savoir que le parti dominant de la démocratie bourgeoise n'accorde la défense de la minorité qu'à un autre parti bourgeois; tandis que le prolétariat, dans toute question sérieuse, profonde, fondamentale, reçoit en guise de « protection de la minorité » la loi martiale ou les massacres. Plus la démocratie est développée et plus elle est près, en cas de divergence politique profonde et dangereuse pour la bourgeoisie, du massacre ou de la guerre civile. Cette « loi » de la démocratie bourgeoise, le savant M. Kautsky aurait pu l'observer à l'occasion de l'affaire Dreyfus dans la France républicaine, du lynchage des nègres et des internationalistes dans la république démocratique d'Amérique, par l'exemple de l'Irlande et de l'Ulster dans l'Angleterre démocratique [4], des persécutions et des massacres organisés contre les bolchéviks en avril 1917 dans la République démocratique russe. Ces exemples, je les emprunte à dessein non seulement au temps de guerre, mais aussi au temps d'avant guerre, au temps de la paix. Le doucereux M. Kautsky se plaît à fermer les yeux sur ces faits du XX° siècle et à débiter, par contre, aux ouvriers des choses étonnamment neuves, remarquablement intéressantes, extrêmement instructives, incroyablement importantes sur les whigs et les tories du XVIII° siècle.

Prenez le parlement bourgeois. Peut on admettre que le savant Kautsky n'ait jamais ouï dire que plus la démocratie est puissamment développée, et plus la Bourse et les banquiers se soumettent les parlements bourgeois ? Il ne suit point de là qu'il ne faille pas utiliser le parlementarisme bourgeois (et les bolchéviks l'ont utilisé probablement mieux qu'aucun autre parti du monde, puisque de 1912 à 1914 nous avions conquis toute la curie ouvrière dans la IV° Douma). Mais il s'ensuit que seul un libéral est capable d'oublier, comme le fait Kautsky, le caractère limité et relatif, au point de vue historique, du parlementarisme bourgeois. Dans l’État bourgeois le plus démocratique, les masses opprimées se heurtent constamment à la contradiction criante entre l'égalité nominale proclamée par la « démocratie » des capitalistes, et les milliers de restrictions et de subterfuges réels, qui font des prolétaires des esclaves salariés. Cette contradiction précisément ouvre les yeux des masses sur la pourriture, la fausseté, l'hypocrisie du capitalisme. C'est précisément cette contradiction que les agitateurs et les propagandistes du socialisme dénoncent sans cesse devant les masses, afin de les préparer à la révolution ! Et lorsque l'ère des révolutions a commencé, Kautsky lui tourne le dos et se met à célébrer les beautés de la démocratie bourgeoise agonisante.

La démocratie prolétarienne, dont le pouvoir des Soviets est une des formes, a développé et étendu la démocratie comme nulle part au monde, au profit justement de l'immense majorité de la population, au profit des exploités et des travailleurs. Ecrire, comme l'a fait Kautsky, toute une brochure sur la démocratie, en consacrant deux petites pages à la dictature et des dizaines de pages à la « démocratie pure », et ne pas le remarquer, c'est dénaturer entièrement les faits en vrai libéral.

Prenez la politique extérieure. Il n'est point de pays bourgeois, même le plus démocratique, où elle se fasse au grand jour. Partout, les masses sont dupées; dans les pays démocratiques comme la France, la Suisse, l'Amérique, l'Angleterre, la duperie est cent fois plus grande et plus raffinée que dans les autres pays. Le pouvoir des Soviets a fait tomber révolutionnairement le voile du secret de la politique extérieure. Kautsky ne l'a point remarqué, il n'en dit rien, bien qu'à l'époque des guerres de rapine et des traités secrets sur le « partage des zones d'influence » (c'est à dire sur le partage du monde par les brigands capitalistes), ce fait ait une importance capitale : de là dépendent la paix, la vie ou la mort de dizaines de millions d'hommes.

Considérez l'organisation de l’État. Kautsky s'en prend aux « détails », jusqu'à constater que les élections sont « indirectes » (dans la Constitution soviétique), mais il ne voit pas le fond de la question. Il ne remarque pas la nature de classe de l'appareil d’État, de la machine d’État. Dans la démocratie bourgeoise, par mille stratagèmes,   d'autant plus ingénieux et efficaces que la démocratie « pure » est plus développée,  les capitalistes écartent les masses de la participation à la gestion du pays, de la liberté de réunion, de presse, etc. Le premier au monde (rigoureusement parlant le deuxième, puisque la Commune de Paris avait commencé la même chose), le pouvoir des Soviets appelle au gouvernement les masses, notamment les masses exploitées. Mille barrières s'opposent à la participation des masses travailleuses au parlement bourgeois (lequel, dans une démocratie bourgeoise, ne résout jamais les questions majeures; celles- ci sont tranchées par la Bourse par les banques). Et les ouvriers savent et sentent, voient et saisissent à merveille que le parlement bourgeois est pour eux un organisme étranger, un instrument d’oppression des prolétaires par la bourgeoisie, l'organisme d'une classe hostile, d'une minorité d'exploiteurs.

Les Soviets sont l'organisation directe des masses travailleuses et exploitées, à qui elle facilite la possibilité d'organiser elles mêmes l’État et de le gouverner par tous les moyens. C'est précisément l'avant garde des travailleurs et des exploités, le prolétariat des villes, qui bénéficie en la circonstance de l'avantage d'être le mieux uni dans les grosses entreprises; il a le plus de facilité pour élire et surveiller les élus. Automatiquement, l'organisation soviétique facilite l'union de tous les travailleurs et exploités autour de leur avant garde, le prolétariat. Le vieil appareil bourgeois,   la bureaucratie, les privilèges de la fortune, de l'instruction bourgeoise, des relations, etc. (ces réels privilèges sont d'autant plus variés que la démocratie bourgeoise est plus développée),   tout cela se trouve éliminé sous le régime des Soviets. La liberté de la presse cesse d'être une hypocrisie, les imprimeries et le papier étant enlevés à la bourgeoisie. Il en est de même des meilleurs édifices, des palais, des hôtels particuliers, des maisons seigneuriales, etc. Le pouvoir soviétique a d'un coup enlevé par milliers les meilleurs de ces immeubles aux exploiteurs; et c'est ainsi qu'il a rendu un million de fois plus « démocratique » le droit de réunion pour les masses, celui là même sans lequel la démocratie est un leurre. Les élections indirectes aux Soviets non locaux facilitent les congrès des Soviets, rendent tout l'appareil moins coûteux, plus mobile, plus accessible aux ouvriers et aux paysans, à une période de vie intense où il importe d'avoir au plus vite la possibilité de rappeler son député local ou de l'envoyer au congrès général des Soviets.

La démocratie prolétarienne est un million de fois plus démocratique que n'importe quelle démocratie bourgeoise; le pouvoir des Soviets est un million de fois plus démocratique que la plus démocratique des républiques bourgeoises.

Pour ne pas remarquer cela, il fallait être un valet conscient de la bourgeoisie, ou un homme politiquement mort, incapable, derrière les livres bourgeois poussiéreux, de voir la réalité vivante, imprégné jusqu'à la moelle des os de préjugés démocratiques bourgeois et, de ce fait, devenu objectivement un laquais de la bourgeoisie.

Pour ne pas remarquer cela, il fallait être incapable de poser la question du point de vue des classes opprimées : parmi les pays bourgeois les plus démocratiques, en est il un seul au monde où le simple ouvrier, l'ouvrier moyen, le salarié agricole moyen, ou en général le semi prolétaire des campagnes (c'est-à dire le représentant de la masse opprimée, de l'énorme majorité de la population), jouisse, ne serait ce qu'à peu près, d'une liberté aussi grande qu'en Russie soviétique d'organiser des réunions dans les meilleurs locaux, d'une liberté aussi grande de disposer, pour exprimer ses idées, défendre ses intérêts, des plus vastes imprimeries et des meilleurs stocks de papier, d'une liberté aussi grande d'appeler précisément des hommes de sa classe à gouverner et à « policer » l’État ?

Il serait ridicule de croire que M. Kautsky puisse trouver dans un pays quelconque ne fût ce qu'un seul ouvrier ou salarié agricole sur mille qui, une fois informé, hésiterait sur la réponse à donner à cette question. D'instinct, en entendant des bribes de vérité avouée par les journaux bourgeois, les ouvriers du monde entier sympathisent avec la République des Soviets, précisément parce qu'ils voient en elle la démocratie prolétarienne, la démocratie pour les pauvres et non la démocratie pour les riches, ce qu'est en fait toute démocratie bourgeoise, même la meilleure.

Nous sommes gouvernés (et notre État est « policé ») par des fonctionnaires bourgeois, des parlementaires bourgeois, des juges bourgeois. Voilà la vérité simple, évidente, incontestable, que connaissent grâce à leur expérience de la vie, que sentent et perçoivent chaque jour des dizaines et des centaines de millions d'hommes des classes opprimées dans tous les pays bourgeois, y compris les plus démocratiques.

Or en Russie, on a brisé entièrement l'appareil bureaucratique, on n'en a pas laissé pierre sur pierre, on a chassé tous les anciens magistrats, dispersé le parlement bourgeois et l'on a donné une représentation beaucoup plus accessible justement aux ouvriers et aux paysans; leurs Soviets on remplacé les fonctionnaires, ou bien leurs Soviets ont été placés au dessus des fonctionnaires; ce sont leurs Soviets qui élisent les juges. Ce fait à lui seul suffit pour que toutes les classes opprimées reconnaissent que le pouvoir des Soviets, c'est à dire cette forme de la dictature du prolétariat est un million de fois plus démocratique que la plus démocratique que la plus démocratique des républiques bourgeoises.

Cette vérité intelligible et évidente pour tout ouvrier, Kautsky ne la comprend pas, car il a « oublié », il a...désappris...à poser cette question : la démocratie pour quelle classe ? Il raisonne du point de vue de la démocratie...pure...(c’est-à-dire sans classes ? ou hors classes ? ). Il argumente comme le ferait un Shylock [5] : ...une livre de chair...et plus rien. Egalité de tous les citoyens sinon pas de démocratie.

Au savant Kautsky, au « marxiste » et au « socialiste » Kautsky, force nous est de poser cette question :


Notes

[1] Cf. F. Engels : L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, IX, Barbarie et civilisation. La phase à laquelle il est fait référence est : ...C’est ainsi que l’État antique était avant tout l’État des propriétaires d’esclaves pour mater les esclaves, comme l’État féodal fut l’organe de la noblesse pour mater les paysans serfs et corvéables, et comme l’État représentatif moderne est l’instrument de l’exploitation du travail salarié par le Capital. »

[2] Cf.K. Marx : la guerre civile en France.

[3] Cf. F. Engels : L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, IX, Barbarie et civilisation.

[4] Il s’agit de la répression sanglante de l’insurrection irlandaise de 1916.

[5] Personnage de la comédie de Shakespeare : Le marchand de Venise.

Bien à toi et fraternelles salutations.Wink

Le comité rédactionnel de Résistance.


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  Citer Ecnaroui Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Mar 2014 à 20:01


Le 2 juillet 2013   T34 ouvre le sujet  Municipales 2014 et, tenons-nous bien, aucune réponse ou intervention pendant 8 longs mois.

Tu débarques à 8 jours du premier scrutin en balançant un appel à l'abstention. Étonnant NON?
Pas tant que cela puisqu'à la suite de ce que j'ai nommé "coup de gueule" tu enfonces le clou en citant un Lénine comme si tu avais besoin d'une bouée de sauvetage.

Il ne te vient donc jamais à l'esprit que la meilleure sortie peut être (peut-être)  du système électoral pourri dans un pays comme le nôtre est de se doter d'élu(e)s les plus proches de ce que nous sommes (au sens large)? Mais voila, nous serions dans une infâme compromission avec nos adversaires de classe!
Alors tu as surement une autre citation pour m'expliquer pourquoi les valets du capital (Hollande et consorts) sont à la manœuvre pour supprimer la représentation populaire à son "échelon" soi-disant le "plus bas" LA COMMUNE.

Pour me faire comprendre et admettre qu'un appel à ne pas voter dimanche 23 mars 2014 serait autre chose que ce que mes trois lignes précédentes disent il faudra, dans ce cas précis, autre chose que des citations.

Salutations.
 






La libération de l’homme de l’homme est si impérieuse qu’on ne doit pas la laisser à ceux qui n’ont qu’un seul et unique crédo l’exploitation de l’homme par l’homme.
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  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Mar 2014 à 21:08
Résistance est un collectif de membres du Parti Communiste Français (fédération du Nord, section de Lille). Je n'en suis que le webmestre et ne peux donc parler en son nom. Tu trouveras néanmoins quelques éléments d'explication que je tenais à apporter...


Le capitalisme financier n'a aucune crainte à avoir avec les élections bourgeoises. Ni de la part de la gauche modérée et gouvernementale dont la trahison historique est la raison d'être. Ni de la part de ses propres supplétifs et autres rabatteurs de voix. Les écuries du Front de gauche et des partis trotskistes sont comme chacun sait des artisans actifs de la comédie électorale et de ses ralliements honteux. Il s'agira, une nouvelle fois, au nom du « moindre mal », de donner une créance à une nouvelle « gauche plurielle » capitaliste qui pourra commencer ses basses œuvres sous couvert d'un énième changement. Une première conclusion s'impose : un mouvement révolutionnaire ne saurait exister sans rupture avec cette mécanique infernale, Quant à l'absence de communistes (de révisionnistes en fait), la petite phrase a fait s'étrangler de rage les tenants du Front de gauche et de son habile illusionniste en chef, l'ex-sénateur socialiste Mélenchon. Pourtant, elle n'est qu'un constat froid. Celui d'un PCF cadavérique, liquidé par Mitterand, totalement rallié à la social-démocratie et aux délices du capitalisme régulé. Le PCF reste soumis aux marchandages électoraux et au bon vouloir du PS, et son journal L'Humanité, triste symbole, est désormais possédé à 20% par Lagardère, TF1 et La Caisse d'Epargne !

Revenons à l'essentiel. Le capitalisme financier, responsable d'un désastre planétaire que personne n'ose plus nier, sortira indemne et même revigoré, du moins provisoirement, par l'onction du vote « populaire ». L' expérience historique montre que l'élection, quand elle est organisée par la classe dominante, est un outil majeur dont dispose le capitalisme et l'Etat bourgeois pour balayer les aspirations populaires et redonner une virginité à ses fondés de pouvoir. Les exemples ne manquent pas : Le Coup d'Etat de Napoléon III en 1851 confirmé par plébiscite, la chambre « bleue horizon », les élections qui ont suivi Mai 1968 en France avec De Gaulle, les votes de 2011 qui ont suivi le « printemps arabe » pour mieux l'enterrer en Egypte et en Tunisie, l'élection en 2011 des débris du franquisme rassemblés dans le PPD en Espagne après le mouvement des Indignados. Le vote sous régime bourgeois est une arme contre-révolutionnaire. Le peuple, si nous comprenons par là les masses populaires, ne se trompe pas comme le remarquait déjà Rousseau. Mais par contre il est souvent trompé. Trompé d'abord par une démocratie électorale qui prétend être l'émanation de son pouvoir ( de sa « souveraineté ») alors qu'elle en est la confiscation plus ou moins raffinée. Selon une formule de Marx, "le peuple est invité à choisir quel membre de la classe des exploiteurs foulera aux pieds ses droits dans les années à venir".

Les élections sont en France, pays de vieille « démocratie républicaine » l'objet d'une sorte de culte païen. On les entoure d'une importance démesurée alors même que l'on sait parfaitement que les changements seront homéopathiques et en tout cas circonscrits à l'intérieur de limites très strictes. Par le processus électoral, on ne peut pas sortir de l'organisation de la production pour le profit, des échanges marchands, de la division du travail, de l'enrichissement personnel, de l'héritage familial et par là même de la reproduction sociale des dominants et des dominés, Les élections dont on nous rabâche qu'elles sont la quintessence de la démocratie sont une formidable opération de manipulation et de mobilisation des masses vers l'impasse réformiste ou conservatrice. En France, l'exemple le plus clair et le plus massif des illusions charriées par la démocratie bourgeoise est assez récent. Le référendum sur le traité européen (TCE) en 2005 a donné lieu à une opposition entre le camp du « Oui », camp de la classe politique dite de gouvernement, relayée par tous les mass médias et les « décideurs » économiques et le camp du « Non » et des « populistes » qui l'a emporté dans les urnes. Les citoyens ont « mal voté ». Pour que les affaires reprennent les partis de gouvernement ignoreront donc ce vote « souverain ». Le contenu du traité sera validé par voie parlementaire, entre « gens biens et raisonnables ». A l'échelle continentale La démocratie bourgeoise de basse intensité est devenue le régime actuel en Europe. Pour preuve, le renversement du gouvernement grec en 24h en novembre 2011 car son chef brandissait la menace d'un recours au référendum sur les mesures antipopulaires imposées par les marchés et l'UE (privatisations, baisse des salaires, démantèlement des protections sociales).

Les grandes figures du socialisme ont bien décrit cette nature de l'Etat « démocratique » sous le capitalisme. Quand une crise aiguë se présente, les masques tombent. Selon Marx et Lénine (L'Etat et la révolution, 1917), la république démocratique est la forme d’État la plus progressiste en régime bourgeois. Or, une telle république est fondamentalement caractérisée par la toute-puissance du capital, de la richesse. Lénine, citant Engels, dit: « Dans la république démocratique... ‘la richesse exerce son pouvoir d’une façon indirecte, mais d’autant plus sûre’. (...) premièrement, par la ‘corruption directe des fonctionnaires’ et deuxièmement, par ‘l’alliance du gouvernement et de la Bourse’." » Puis Lénine conclut: « La toute-puissance de la ‘richesse’ est plus sûre en république démocratique, parce qu’elle ne dépend pas des défauts de l’enveloppe politique du capitalisme. La république démocratique est la meilleure forme politique possible du capitalisme; aussi bien le Capital, après s’en être emparé, assoit son pouvoir si solidement, si sûrement, que celui-ci ne peut être ébranlé par aucun changement de personnes, d’institutions ou de partis dans la république démocratique bourgeoise. »


Comme on le voit, le constat de la crise politique n'est pas nouveau. Il part de la rupture évidente entre les partis constitués de droite ou de gauche et leurs bases : adhérents et électeurs potentiels. En France, les différentes « boutiques » de l'arc politique, du FN aux gauchistes politiquement corrects, s'activent selon leur agenda électoral alors même que certains scrutins comme celui du 7 juin 2009 atteignent 59,5% d'abstentions et même 80% dans de nombreux quartiers ouvriers. La solution apportée par les réformistes de tous acabits définit l'horizon maximal des opportunistes en régime parlementaire. Il faudrait renouveler le contrat fictif (le Contrat Social) qui lierait les citoyens au gouvernement représentatif. De là toutes les recettes concoctées en vue d'améliorer la « démocratie » : du mandat unique au décompte des bulletins blancs, des procédures de démocratie représentative (altermondialistes, Royal, en 2007) aux projets de Constituante (Indignados, Mélenchon, en 2012). En résumé, nos rebelles domestiqués veulent changer le monde par un replâtrage institutionnel sans toutefois toucher au règne despotique de la bourgeoisie impérialiste. Ils feignent d'ignorer que la crise politique n'est pas une question formelle ou morale. Elle est issue, par une série de médiations, de la crise économique. Les institutions qui ont permis l'accumulation du capital ne marchent plus, car elles ne règlent plus les conflits internes à la classe dominante. Celle-ci doit enlever aux masses populaires tout ce qu'elles ont conquis dans la période précédente, Dans cette situation, tous les projets de réforme institutionnelle sont en définitive des drapeaux bariolés dans le champ de bataille où s'affrontent les groupes de la classe dominante.

La question essentielle « oubliée » par tous les tenants de la « gauche » c'est qu'à l'époque de l'impérialisme, il ne peut y avoir que deux types de pouvoir et deux types de politiques différentes. Soit la politique de la bourgeoisie qui cherche à traiter les contradictions entre les groupes qui la composent et à maintenir soumises et divisées les autres classes. Soit la politique de la classe ouvrière qui cherche à dépasser les divisions qu'elle vit et à unir et à diriger les autres classes populaires pour prendre le pouvoir à la bourgeoisie impérialiste. Que la politique bourgeoise soit réformiste ou conservatrice, libérale ou keynésienne, cela ne change rien à l'alternative. Dans le premier cas, la bourgeoisie impérialiste cherche à pérenniser son système(le capitalisme financier); y compris par le recours au solutions ultimes( le fascisme) pour faire face à ses crises. Dans le second cas, la classe ouvrière dirigée par son parti communiste renversera la bourgeoisie par la force et imposera son alternative historique c'est-à-dire la dictature du prolétariat et la construction du socialisme. Il est vrai que cette distinction entre politique bourgeoise et politique prolétarienne est élémentaire pour tous les révolutionnaires. Mais elle est pourtant brouillée sous l'effet d'un matraquage idéologique et sous les tirs de barrage des « anticapitalistes » secondaires qui remplace les contradictions de classe par la fameuse distinction Droite/Gauche.

La notion de Gauche a une valeur historique incontestable mais elle a connu une évolution dialectique. Le conflit est le père de toutes choses disait Héraclite, La culture politique des combats pour l'émancipation sociale est justement fondée sur la reconnaissance du conflit. Le conflit compris comme expression de la réalité (dialectique) et comme moteur d'avancées historiques (la lutte des classes). Cette culture est issue de toute une séquence historique qui débute au XVIII° siècle en Europe avec l'idée que l'être humain fait, individuellement et collectivement, son histoire contre les conceptions du l'Ancien régime qui déléguaient cette tâche à Dieu ou au roi, sacralisant l'ordre social injuste. Pour les progressistes, les transformations sociales passent par l'action historique collective, par le conflit de classes. Les Lumières, la Révolution française, le mouvement ouvrier socialiste et marxiste, 1848, la Commune de Paris, la révolution russe, la révolution chinoise sont les moments marquants de ce conflit. La notion de Gauche rassemblait tous les partisans de ces événements alors que la Droite regroupait les puissances forces de la réaction, de la droite conservatrice aux fascistes, tous les ennemis des soulèvements populaires et de l'émancipation2. Dans ce sens la gauche sociale-démocrate qui, loin de se battre pour l'éradication des oppressions et la fin de l'exploitation de l'homme par l'homme, préserve les intérêts sociaux du capital dominant est passée avec armes et bagages du côté de la droite. La culture de droite est celle du consensus construit autour de la soumission volontaire de tous à la communauté nationale, au-dessus des classes, au caractère sacré de la propriété privée et à l'expansion impérialiste défendue comme intérêt national. Depuis 1914, la gauche sociale-démocrate a rejoint ce camp, celui de l' « Union sacrée » pour la grande boucherie, celui des pleins pouvoirs donnés à Pétain en 1940, celui des guerres coloniales (Jules Ferry, Guy Mollet, Mitterand ont été et sont toujours les héros de cette gauche), La trahison de la II° Internationale en 1914 a sonné la fin des illusions sur l'unité possible avec les fossoyeurs du mouvement ouvrier. Les séquences de son pouvoir sous la IV° et la V°République n'ont pas inversé ce constat. Désormais, refuser d'être compté dans la gauche, et même jeter aux orties cette notion mystificatrice mâtinée de collaboration de classe, est devenu un impératif pour tout anticapitaliste. Le PCF révolutionnaire des années 1920 et 1930 qui proposait une perspective communiste ne s'est jamais dit parti de gauche. Et pour cause ! Se dire de gauche c'est se dire partie prenante d'un système de gestion du capitalisme.

Depuis 50 ans, l'usure révisionniste du PCF jusqu'à sa liquidation et l'échec des tentatives faites jusqu'à maintenant pour sa reconstruction aboutissent au monopole de fait de groupes bourgeois (partis, syndicats) dans la représentation des masses populaires. Ces groupes utilisent une immense source d'énergie, celle de la résistance des masses comme monnaie d' échange et comme moyen de pression pour trouver leur place dans la contradiction entre les différentes fractions de la bourgeoisie dominante. Cette résistance se manifeste sous mille formes (des soulèvements de la jeunesse des « banlieues » aux mouvements contre les licenciements en passant par la lutte des ouvriers sans-papiers et des mal-logés). Le seule solution pour que cette résistance ne soit pas trahie c'est la reconstruction du camp révolutionnaire.

Participer aux élections aujourd'hui, c'est empêcher qu'émerge une force révolutionnaire autonome. Certes, la participation obligatoire ou le boycott systématique des élections ne sont pas en eux-mêmes des principes révolutionnaires. En réalité, les marxistes n'excluent aucune forme de lutte. Mais faire de la défensive une politique (selon le mot d'ordre « défendre le ou la candidate antilibéral(e) pour reconstruire une aile anticapitaliste ») c'est une position inévitablement réactionnaire. Il ne s'agit pas de savoir si un parti révolutionnaire, celui du prolétariat comme l'ont défini Lénine (dans Que faire?) ou Mao (les trois armes de la révolution), doit ou non s'emparer de la tribune parlementaire. Il s'agit en France et aujourd'hui de (re)construire un quartier général qui pose la question de la destruction du capitalisme et du passage de la résistance des masses populaires à la victoire.
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Mar 2014 à 22:03
Message posté par Ecnaroui

Le 2 juillet 2013   T34 ouvre le sujet  Municipales 2014 et, tenons-nous bien, aucune réponse ou intervention pendant 8 longs mois.
Résistance a le droit de poster un article dans ce sujet qui est fait pour. Cela fait des mois qu'il poste des articles et contrairement a ceux de quelqu'un d'autre ils sont intéressants.
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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