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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Apr 2010 à 18:47

Une grande manifestation exige à Buenos Aires l’application de loi sur les services de la communication audiovisuelle

 
Buenos Aires, 16 avril, (RHC)--. Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue à Buenos Aires pour exiger l’application immédiate de la loi sur les services de la communication audiovisuelle, adoptée l’année dernière et suspendue par la suite par un tribunal de Mendoza.

Les manifestants, quelque 50 000 d’après les principaux médias locaux, ont pris le départ du siège du Congrès de la Nation et ils se sont rendus devant l’immeuble de la cour de Buenos Aires, sur la Place Lavalle.

Eduardo Duhalde, secrétaire aux droits humains, a souligné que les Argentins défendent ainsi leur droit d’être informés et à informer, un droit amputé tant que la loi sera freinée par la justice.

« Il y a des juges sensibles à l’odeur de l’argent qui sont à même de produire d’arrêts comme celui qui paralyse l’application d’une loi du Congrès et laisse en vigueur une loi de la dictature » a pour sa part signalé le secrétaire général de la Centrale des Travailleurs Argentins, Hugo Yasky.

La présidente Cristina Fernandez a signalé qu’il s’agit là d’un fait grave à l’encontre des institutions de la République. Elle a tenu à rappeler que cette loi, suspendue dans sa totalité par un arrêt de la cour d’appel de Mendoza, avait été votée à la majorité écrasante.

La présidente avait introduit la loi en mars 2009 après une vaste consultation dans des universités et auprès de nombreux secteurs de la société.

Mais une juge, d’abord et la chambre fédérale de Mendoza, par la suite, ont décidé de suspendre son application en avançant des vices de procédure.


 
Le Tribunal Fédéral 1 de Rosario a condamné à la prison à perpétuité pour crimes de lèse humanité l'ex-lieutenant colonel Pascual Guerrieri, l'ex-major Jorge Fariña, l'ex-lieutenant Daniel Amelong et les agents civils d'intelligence Walter Pagano et Eduardo Costanzo. Ils devront accomplir leur condamnation dans une prison commune.
Les condamnés ont été déclarés coupables de crimes "d'homicides aggravés" et aussi de "persécution, torture et disparitions" entre 16 et 24 opportunités durant la dictature militaire.

La prison commune pour Guerrieri et Costanzo sera analysée plus tard puisque les deux étaient déjà en prison à domicile par des raisons de santé.

Durant la lecture de la sentence dictée par les juges Omar Paulucci, Beatriz Caballero de Baravani et Jorge Venegas Echagüe, l'accusé Amelong s'est mit un un mouchoir sur la tête avec la légende "Prisonnier Politique". Devant la provocation, le tribunal pour unanimité a ordonné l'expulsion du militaire de la salle.

Pagina/12, 15 avril 2010.
http://www.pagina12.com.ar/diario/ultimas/20-143941-2010-04-15.html

Traduit par http://amerikenlutte.free.fr


Edité par T 34 - 22 Apr 2010 à 20:52
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Apr 2010 à 20:51

Reynaldo Bignone en prison

Reynaldo Bignone, le dernier chef de la junte militaire argentine au pouvoir entre 1976 et 1983, a été condamné mardi à vingt-cinq ans de détention pour son implication dans l’enlèvement, la torture et d’autres crimes contre l’humanité de 56 personnes dans le camp de détention de Campo de Mayo. Six autres caciques de la dictature ont été condamnés à des peines de dix-sept à vingt-cinq ans de prison. L’ancien militaire était devenu président de fait après la débâcle de la guerre des Malouines. La « sale guerre », nom donné à la répression systématique des opposants au régime militaire, a fait officiellement plus de 30 000 morts ou disparus. Avec la suppression des lois d’amnistie, le travail de justice a pu reprendre en 2005. Quatre cents militaires, estime-t-on, peuvent potentiellement être traduits devant les tribunaux.
 

Stella Buna « Les procès des tortionnaires révèlent l’histoire argentine »

Stella Buna a été séquestrée, torturée à Rosario, en 1977 pendant la « sale guerre » menée par la dictature militaire en Argentine, et son mari a disparu. Trente- trois ans après, ses tortionnaires viennent d’être jugés et condamnés.

Toulouse, correspondance.

Le 15 avril, Stella Buna, qui habite Toulouse, apprenait le verdict du tribunal de 
Rosario dans le procès où elle est partie civile  : au bout de sept mois et demi d’audience, les cinq accusés (quatre militaires et un civil) sont tous reconnus coupables de privation de liberté, tortures et homicides pendant la période de la dictature argentine et condamnés à la réclusion à perpétuité dans une prison pour détenus de droit commun. Les cinq tortionnaires ont pour noms 
Pascual Guerrieri, Daniel Amelong, Jorge Fariña, Eduardo Costanzo et, le seul civil, Walter Pagano.

Qu’avez-vous ressenti en apprenant ce verdict  ?

Stella Buna. Cette sentence me soulage et correspond à ce que les familles des victimes attendaient  : ils ont écopé de la peine maximale. C’est le fruit de la lutte de beaucoup de monde pour que ce procès ait lieu.

Vous êtes allée en Argentine pour témoigner à ce procès. Comment s’est passée votre déposition  ?

Stella Buna. Quand j’ai témoigné, le 29septembre dernier, j’ai demandé de pouvoir faire une reconnaissance visuelle de l’endroit où j’ai été séquestrée en 1977. Les juges ont accepté. Le lendemain le tribunal s’est déplacé jusqu’à un ancien centre clandestin de détention. C’était bien là. J’ai reconnu les lieux, même s’ils étaient presque en ruine. C’était très impressionnant. Quand nous sommes arrivés, je me suis mise à pleurer. Il m’a fallu un petit moment pour me ressaisir.

Quelle est la signification de votre témoignage  ?

Stella Buna. L’important pour moi était de pouvoir dire que les disparus ont payé de leur vie leur engagement pour une société plus juste. Par ce travail de mémoire, il s’agit de donner le plus d’éléments possibles pour que les coupables soient jugés et condamnés. L’un des objectifs de mon témoignage était de pouvoir parler de mon mari disparu.

Dans quelles conditions a eu lieu votre arrestation en 1977  ?

Stella Buna. J’étais militante à Vanguardia comunista à Rosario. Les partis politiques, les syndicats, les rassemblements étaient interdits dans tout le pays. Mon mari, Guillermo White, militant dans la même organisation que moi, avait été arrêté une semaine plus tôt dans une autre ville. Ils sont venus me chercher la nuit, alors que je dormais chez ma belle-mère. On m’a mis une capuche sur la tête, avec les mains et les chevilles attachées. J’ai été séquestrée pendant quarante jours. J’ai été interrogée. L’interrogatoire, c’était la torture, bien sûr. On voulait me faire dénoncer des gens. Ils voulaient des noms. Dans le centre de détention, j’ai reconnu la voix de mon époux, enfermé dans une pièce réservée aux hommes. Quand on m’a dit que j’étais libérée, j’ai pensé que ce n’était pas vrai. Ai-je été surveillée  ? Voulait-on que je serve d’appât  ? Je ne sais pas. Mais j’ai été virée de mon boulot. Le plus dur, après ma libération, c’est quand j’ai réalisé que je ne reverrai plus mon mari. Guillermo avait vingt-quatre ans, j’en avais vingt-six. J’ai quitté l’Argentine en 1979. J’y suis revenue une première fois en 1984, après la chute de la junte militaire.

Quels enseignements tirez-vous de ce procès  ?

Stella Buna. J’ai suivi ce procès depuis Toulouse en lisant les blogs et sites Internet qui lui étaient consacrés. Il a permis de faire avancer la vérité, même si un seul des cinq accusés, Costanzo, a parlé. Le procès a permis non pas de tourner la page mais de produire l’effort de mémoire. C’était une opportunité historique de témoigner. Mais ma belle-mère est morte avant que ce procès puisse avoir lieu.

De nombreux procès de tortionnaires ont lieu dans toute l’Argentine. Permettront-ils de mettre au jour toute la vérité historique  ?

Stella Buna. On compte actuellement 82 procès à travers tout le pays. Pour qu’ils aient lieu, il a fallu un puissant mouvement social, un énorme travail des Mères de la place de Mai. Ces procès, mis bout à bout, montrent qu’il y avait un plan bien organisé de répression et d’élimination de personnes qui n’étaient pas toutes des militants. L’Argentine est le seul pays d’Amérique latine à faire ce travail… même s’il arrive tard. Le gouvernement a ouvert les archives des armées aux avocats. De procès en procès, les avocats arrivent à reconstituer un puzzle dont les pièces s’emboîtent parfaitement. Le travail pour la vérité historique n’est pas terminé, mais ces procès permettent d’apprendre des choses nouvelles. On connaîtra mieux cette période noire de l’histoire de l’Argentine. Du moins ceux qui veulent savoir. Je ne dirais pas que toute la population est intéressée par ces procès, qui dérangent certains. Pour moi, c’est très important de retracer ce qui s’est passé. C’est une façon de croire à la justice et d’honorer la mémoire des disparus. Pour que ça ne puisse plus jamais se reproduire.

La disparition de votre époux va-t-elle aussi déboucher sur un procès  ?

Stella Buna. Oui, mais on n’en connaît pas la date. Ma belle-sœur s’est constituée partie civile.

Entretien réalisé par Bruno Vincens

 
20/04/2010
Condamnation du dictateur Reinaldo Bignone à 25 ans de prison.
 



Edité par T 34 - 22 Apr 2010 à 20:52
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 May 2010 à 20:34
Plus de 50 000 indigènes manifestent pour un état plurinational
 


 
Après 6 mois de rétention de tâches pour le paiement de salaires et de négociations avec les patrons et le pouvoir politique local, les ouvriers de Cerámica Stefani ont prit la fabrique et l'ont mise à produir.
 

Le 19 mai au matin les 60 travailleurs, avec le Syndicat Céramiste de Neuquén (SOECN) ont pris la fabrique de brique, propriété des frères Vladimiro et Juan Alberto Stefani, située dans la ville de Cutral Có.

Durant la journée la fabrique a été mise en production par les ouvriers comme s'il s'agissait d'un jour normal. Cependant là il n'y avait pas de patrons. A 17 heure, ils ont formés des tours de garde et réalisé un acte public dans lequel une assemblée a été décidé de prendre possession de la fabrique si continue le manque de réponse aux revendications.

Depuis décembre de l'année dernière, les travailleurs de Céramica Stefani réalisaient une rétention de tâches en défense de la fabrique abandonnée de ses patrons devant le non paiement des quinzaines de travail, la suspension de la couverture sociale et plus d'un an de non cotisation aux caisses de retraite, avec une dette d'un 1,3 million de pesos (400 000 dollars).

Avec un grand consensus et soutien de la communauté provinciale, ont accompagné la mesure avec leur présence : des particuliers, des sections syndicales d'enseignants de la province, des enseignants privés, des organismes de droits de l'homme, des étudiants, des partis politiques, l'organisation Zainuco et le groupe Ademys de Capitale Fédérale.
 
(...)
 
Anred, 20 mai 2010.
http://anred.org/article.php3?id_article=3496
 

malvinas%20son%20argentinas.jpg

 


Edité par T 34 - 25 May 2010 à 16:00
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Jul 2010 à 15:37

Argentine: l'ancien chef de la junte jugé pour le meurtre de 31 prisonniers politiques

BUENOS AIRES (AP) — Le procès de l'ancien chef de la junte argentine Jorge Rafael Videla s'est ouvert vendredi dans la province de Cordoba pour le meurtre de 31 prisonniers politiques, 25 ans après sa condamnation pour crimes contre l'humanité.

L'ancien dictateur, 84 ans, est jugé pour le meurtre de ces 31 détenus, sortis de leurs cellules peu après son coup d'Etat militaire en 1976, puis, selon la version officielle, abattus alors qu'ils tentaient de s'enfuir.

Considéré comme l'architecte de la "guerre sale" qui a fait 30.000 morts sous la dictature (1976-83), Videla avait été condamné à la prison à vie pour torture, meurtre et d'autres crimes dans le cadre d'un procès historique des chefs de la junte en 1985 avant d'être gracié cinq ans plus tard par le président Carlos Menem.

La Cour suprême argentine a annulé cette décision en 2007, rétablissant la condamnation, et depuis des dizaines d'accusations nouvelles ont été portées contre Videla. L'affaire jugée à Cordoba est la première à faire l'objet d'un procès. Au moins deux autres procès doivent s'ouvrir cette année, dont un concernant des bébés mis au monde en captivité par des détenues qui avaient ensuite été tuées.

L'affaire de Cordoba se distingue des autres par le fait que les victimes avaient été emprisonnées par les autorités civiles avant le coup d'Etat, et ont été exécutées avant d'être jugées, explique l'avocat Miguel Ceballos.

Les 31 victimes, des membres d'organisations de gauche âgés de 21 à 45 ans, ont été tuées à Cordoba, à 700 km au nord de Buenos Aires, dans les mois qui ont suivi le coup d'Etat du 24 mars 1976. Outre Videla, l'ancien général Luciano Benjamin Menendez et une vingtaine d'autres personnes -d'anciens militaires et policiers et des civils- sont accusés dans cette affaire.

Videla et ses avocats n'ont pas fait de commentaire sur l'affaire de Cordoba. Par le passé, Videla a affirmé qu'il ne reconnaissait pas la justice civile et n'accepterait d'être jugé que par un tribunal militaire. Il purge déjà une peine de prison à vie et toute nouvelle condamnation ne se traduira donc pas par un allongement de sa peine.

L'ancien dictateur fait également l'objet de poursuites en Italie, Espagne, France et en Allemagne liées à la mort de ressortissants de ces pays en Argentine.

16/07/2010
 

Le mariage homosexuel légalisé au pays des gauchos

Le Sénat a approuvé le projet de loi d’union civile entre deux personnes de même sexe, qui bénéficieront désormais des mêmes droits que les hétérosexuels, y compris celui à l’adoption. La droite et l’Église s’insurgent.

L’Argentine fait désormais figure de pionnière en Amérique latine. Le Sénat a en effet adopté, hier, au terme d’une session marathon, le projet de loi légalisant le mariage civil entre personnes de même sexe. Avec la promulgation du «mariage égalitaire», les homosexuel(le)s désireu(ses)x de s’unir civilement bénéficieront désormais des mêmes droits, devoirs et avantages que les couples hétérosexuels, ouvrant par là même la voie au droit à l’adoption. Autant dire que cette législation constitue une première du genre dans l’hémisphère latin. Jusqu’à présent, seul le district de Mexico autorisait le mariage entre gays ou lesbiennes. Le petit Uruguay, n’autorise que l’union civile entre personnes de même sexe, mais reconnaît en revanche leur droit à l’adoption. Ce vote intervient au terme de deux ans de disputes intensives et de bras de fer en tous genres. Cinq couples argentins avaient forcé le cadre en scellant leur union après obtention d’une autorisation individuelle octroyée par des juges locaux bienveillants.

un «pays a l’avant-garde»

En visite officielle en Chine, la présidente, Christina Fernandez, a fait savoir qu’elle ne s’opposera pas à la nouvelle législation, qui constitue à ses yeux une «avancée» à même de placer l’Argentine au rang de «pays à l’avant-garde». Reste que la modification de l’article 2 du Code civil, qui n’autorisait jusqu’alors le mariage qu’entre individus de genre différent, n’efface pas les préjugés. En témoigne le vote très disputé après plus de quatorze heures de débat sans interruption dans l’enceinte du Sénat : 33 voix pour, 27 contre et 3 abstentions. Idem lors du passage du projet de loi à la Chambre des députés, le 5 mai dernier, où le texte a été finalement adopté par 125 voix pour, 109 contre et 6 abstentions. Le droit à l’adoption des enfants par un couple homosexuel a certes constitué le fond de l’affrontement parlementaire mais également entre le gouvernement Fernandez et l’Église, dans un pays majoritairement de confession catholique. Loin de se focaliser sur la pertinence de devoir en passer par la case mariage pour bénéficier des mêmes droits ou sur le déni de le refuser à une catégorie de la population, le débat a surtout dévoilé la teneur réactionnaire des points de vue. «Que des personnes homosexuelles se marient ne m’inquiète pas», a avancé dans un plaidoyer crispé la sénatrice Liliana Negre de Alonso. «Ce qui me préoccupe, c’est l’impact que cela peut avoir (…) sur les enfants, en matière d’éducation, parce qu’à partir de maintenant la sexualité deviendra quelque chose qui se construit», a cru théoriser celle qui préside un lobby planétaire anti-IVG. Depuis le camp présidentiel, Lucia Corpacci a appelé à «moins de polémique». « Nous n’ôtons des droits à personne, mais nous en donnons à ceux qui n’en ont pas», a-t-elle fait valoir.

« Pro» et «anti» ont tour à tour manifesté devant le Congrès. Mardi soir, quelque 50 000 personnes, selon la presse, se sont retrouvées pour prier sous le slogan «Sauver la famille», à l’appel d’organisations religieuses. «Le mariage (entre un homme et une femme – NDLR) précède l’État, (…) antérieur à toute législation», a déclaré le cardinal Bergoglio, primat d’Argentine, dans une lettre lue à l’assistance. Mercredi, «les arcs-en-ciel» étaient certes moins nombreux mais plus bruyants avec leurs casseroles et autres vuvuzelas à descendre dans la rue en faveur de la «loi de l’égalité».

Cathy Ceïbe



Edité par T 34 - 16 Jul 2010 à 23:05
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Jul 2010 à 18:05

Argentine : documentaire "Desde abajo"

vidéo originale sous titrée en français

jeudi 22 juillet 2010, par Primitivi

Les conséquences des politiques libérales menées en Argentine condamnent une partie de la population à une très grande précarité. Ici, la caméra va à la rencontre de ceux qui dans ces quartiers dévastés tentent de rompre avec l’isolement induit par les politiques libérales et la société de consommation. Le film essaie de répondre à des questions de circonstance : Comment rompre avec les valeurs d’un système hégémonique et commencer à s’organiser sur d’autres bases ? Comment se construire un horizon, un futur quand tout est devenu sans espoir ? Ou plus globalement, comment construire quelque chose à partir de (presque) rien ?

 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Jul 2010 à 19:00

Argentine: 9 heures de coupure de voies de chemin de fer, mini émeute des usagers

Durant plus de neuf heures, la circulation de trains de l'ex-ligne Roca a été interrompue par des travailleurs ferroviaires en sous-traitance qui ont réalisé une coupure des voies à la hauteur d'Avellaneda. Ils réclamaient la "réincorporation de cent travailleurs licenciés" et "l'intégration des 1500 autres dans l'entreprise ferroviaire". Le corollaire de la journée a été les troubles dans la station Constitucion où des passagers en instance ont caillassé la police et provoqué des destructions. Devant le "manque de réponses", les employés en conflit se réuniront à nouveau aujourd'hui pour évaluer comment ils continuent le plan de lutte.

 

À 11 heures a commencé la protestation de près de quatre cents travailleurs d'entreprises sous-traitantes. L'un des manifestants a expliqué qu'il existait "plus de 1500 travailleurs en sous-traitance touchant la moitié du salaire des compagnons effectifs, qu'il y a des licenciements et une persécution syndicale envers tous ceux qui s'organisent". Ainsi se sont écoulés les heures à peu de kilomètres de la station Constitucion tandis que les employés attendaient des nouvelles de la part de l'organisme titulaire de la concession ferroviaire Ugofe.

L'entreprise Ugofe a rréalisé une plainte au tribunal de Quilmes, qui a ordonné l'expulsion des voies. La police s'est présentée sur les lieux où des moments de tension ont été vécus, mais finalement les travailleurs ont débloqué le passage des trains lorsqu'ont commencé les négociations avec la Sous-secrétariat de Transport Ferroviaire. Devant la revendication de caractère syndicale, le secrétaire général de l'Union Ferroviaire (CGT), José Pedraza, a délimité les responsabilités au travers d'un communiqué dans lequel il a assuré que "les personnes impliquées dans ce conflit ne sont pas représentées syndicalement" par l'organisation, tout en soutenant qu'elle était "complètement étrangère aux faits qui perturbent le fonctionnement normal de la Ligne Roca".

Mais le passage de trains a peu duré peu et après une assemblée au côté des rails, les travailleurs ont recommencé à bloquer les voies. A ce moment il y avait des milliers de passagers qui se trouvaient dans la station Constitucion en attente d'un train pour rentrer chez elles. Vers 20h30, alors que les manifestants annonçaient la suspension de la mesure de force, des incidents se sont produits à l'intérieur de l'édifice et des groupes de passagers qui attendaient depuis des heures ont commencé à casser des vitres, des guichets et des bureaux, en plus de s'attaquer aux agents de la Police Fédérale. Des pierres, des bouteilles et des poubelles ont plu contre les bureaux de l'entreprise Ugofe sous protection policière. Le solde des troubles a été une femme policier avec des blessures et au moins quatre détenus.

"Nous avions déjà fait connaître notre revendication aux usagers, pour cela nous nous retirons", a expliqué Walter Quinteros, travailleur de l'entreprise de nettoyage de stations ferroviaires Ecocred. Après ne pas avoir obtenu de réponse officielle de l'entreprise, les travailleurs licenciés se réuniront à nouveau aujourd'hui, à 17 heures, en assemblée pour définir comment ils continuent le plan de lutte.

Pagina/12, 22 juillet 2010.

http://www.pagina12.com.ar/diario/sociedad/3-149965-2010-07-22.html

Traduit par http://amerikenlutte.free.fr

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Aug 2010 à 16:36

Papel Prensa : La justice tarde mais parfois arrive en Argentine

par Aram Aharonian  

Toutes les versions de cet article : [Español]

La présidente argentine, Cristina Fernández de Kirchner, a publiquement dénoncé l’appropriation illégale de l’entreprise Papel Prensa SA par les propriétaires des quotidiens Clarín, La Nación et La Razón pendant la dernière dictature militaire (1976-1983), et elle a été explicite sur les accords existant entre ceux-ci et la junte militaire que Jorge Rafael Videla présidait, après avoir rendu public un long rapport basé sur des documents originaux.

Après avoir sanctionné la loi des services de communication audiovisuelle, qui a mis fin aux oligopoles médiatiques et après 33 ans de silences complices et d’impunité, la Présidente a annoncé qu’elle a envoyé à la justice cette information et au Parlement un projet de loi qui déclare d’ intérêt public la production de pâte de cellulose et de papier pour des journaux dans ce pays.


1977 Videla et Herrera de Noble
Propriétaire du Groupe Clarin

Que s’est-il passé en 1976 ?

Les propriétaires des trois quotidiens principaux de cette époque se sont appropriés, en complicité avec l’État terroriste de l’époque, l’entreprise qui leur permettrait d’avoir le monopole de la production de papier pour les quotidiens en Argentine, une espèce de dictature contre la liberté d’expression.

Dans cette manœuvre menée durant la période la plus brutale et fondatrice de la dictature, on a eu recours à la torture et à la séquestration des actionnaires originaux de l’entreprise, et eut lieu l’alliance stratégique entre la Junte militaire et les représentants des groupes économiques - médiatiques les plus grands de l’Argentine qui avaient besoin du terrorisme de l’État pour éliminer la dissidence politique et sociale qui s’opposait à leurs intérêts. Les dictateurs, garantissaient la presse étouffée et des médias complices de leurs actions.

La Présidente a été plus loin : il ne s’agit pas d’un décret d’expropriation (qui était peut-être ce à quoi s’attendait la droite), mais preuves en main (plus de 20 000 pages dans lesquelles on trouve les détails de la spoliation) elle a eu recours à la transparence et a mis le sujet dans le domaine politique, dans l’agenda des pouvoirs législatifs et judiciaires. Le projet législatif demande instamment la création d’une commission parlementaire, avec des représentants de tous les partis, pour contrôler le respect de ce qui serait un traitement égalitaire qui démocratise l’information.

Sans doute, le langage politico-journalistique adversaire s’arrangera pour qualifier cette démarche qui démocratise la parole, d’autoritaire, arbitraire, totalitaire, chaviste, avance l’analyste Mario Wainsfeld. Mais quelques dirigeants de l’opposition ont été prudents : le radical Ricardo Alfonsín a considéré que la présidente « a fait ce qu’elle avait à faire » en présentent le rapport devant la Justice, mais il a préféré ne pas s’exprimer « sur la question de fond » n’ayant pas les « éléments de jugement ». Il est d’accord avec le gouverneur socialiste Hermes Binner, quant à la décision de s’adresser à la Justice pour approfondir l’enquête.

Ce suivi parlementaire doit être fait au moyen d’un cadre régulateur ce qui n’a jamais été fait, a t- elle dit, ajoutant que les membres de cette commission pourront assister comme observateurs aux réunions du Conseil d’Administration de Papel Prensa. L’objectif est de donner un traitement égalitaire à tous les quotidiens du pays, en cherchant à augmenter la capacité de production de Papel Prensa pour qu’il n’y ait plus d’importation. Avec cette décision, la Présidente obligera l’opposition à discuter d’un projet essentiel “pour la liberté de la presse”, comme l’a défini la présidente elle même.

Après avoir commencé sa présentation, la présidente a montré devant tous les « Unes » de Clarin et de La Nacion du jour, disant que le gouvernement avance sur le Papel Pensa pour contrôler la presse écrite dont ils reconnaissent, soutenait-elle, que ce contrôle est en réalité dans les mains des actionnaires majoritaires de Papel Prensa qui sont les deux quotidiens.

L’enquête de la Commission Spéciale a démontré comment ces médias, qui mentionnent aujourd’hui le sujet de la sécurité juridique, ont acheté des actions à une famille, comme celle du banquier David Graiver, mort dans un accident suspect au Mexique en août 1976, famille qui sera ensuite séquestrée et torturée , et à d’autres entrepreneurs qui ont aussi connu le même sort à la fin de 76 et au début de 77.

La présidente s’est référée aux documents où les directeurs eux-mêmes de Clarin et la Nacion quand ils ont pris le contrôle de Papel Prensa ont reconnu les accords préalables avec la junte militaire, avec laquelle ils ont porté un toast, comme le montre plusieurs photographies de l’époque, dans lesquelles on voit Bartolomé Mitre de La Nacion et Ernestina Herrera de Noble l’actuelle directrice Clarin, portant un toast avec le dictateur Videla.

Les deux directeurs ont bénéficié ensuite de la faillite du quotidien La Razón, en 2000, et grâce à un pacte ils se sont assurés le contrôle des actions de Papel Prensa , en établissant ainsi un monopole au préjudice de tous leurs concurrents.

Cristina Fernández a dit que l’on a démontré que Lidia Papaleo de Graiver, veuve de David Graiver, le propriétaire de Papel Presa, a été forcée sous la torture au centre clandestin de détention Puesto Vasco de signer la cession de l’entreprise seulement quelques jours avant que la junte militaire ne décide l’interdiction des biens de cette famille, puisqu’une fois cette mesure prise il n’était plus possible de mener la négociation. L’objectif des séquestrations fut que les Graiver et leurs associés ne pouvaient percevoir le vil prix qu’ils avaient mis à leurs actions.

Le syndic général de la nacion, Daniel Reposo, a préalablement dit que le rapport a montré la connivence des secteurs du pouvoir civil avec la dictature, en s’appropriant les biens de personnes en état d’incapacité totale à se défendre, comme c’est le cas de Lidia Papaleo de Graiver, qui a été ensuite détenue entre 1977 et 1982, années durant lesquelles elle a été à nouveau torturée et violée.

“Etant une disparue (…) ils me m’emmenaient déclarer enveloppée d’une couverture grise, parce que j’étais totalement brûlée, j’ai perdu mes seins, mon abdomen et aussi mes organes génitaux pendant la torture et ils m’ont opéré dans la prison d’une tumeur cérébrale à cause des coups que j’ai reçu”, a témoigné Lidia Papaleo pendant l’enquête.

Lidia a été obligée de vendre les actions de la papeterie (celles qu’elle détenait par la succession) le 2 novembre 1976. “Lidia devait présenter un écrit devant le juge pour enfants, en représentation de sa fille, qui était mineure. Mais le magistrat n’a jamais approuvé la vente. Cependant, à cinq jours de signer le dernier papier, ils l’arrêtent”, a raconté la Présidente. Cela fut en mars 1977.

La série d’irrégularité comprend la vente à une entreprise de papier comme Fapel, qui disparaît ensuite pour resurgir sous les noms des vrais acheteurs : les propriétaires de Clarin, de La Nacion et de La Razon. Cristina Fernández a rappelé que les 28 % du capital que possèdent l’État ne sont pas à un gouvernement, ni celui-ci, ni aux autres”, et elle a demandé au Procureur de l’État et au Secrétariat de Droits de l’homme qu’ils poursuivent en justice avec ses éléments.

“Je sais comment les choses se sont passées, mais ce sont les juges qui doivent juger et qui peuvent condamner. Je crois profondément dans la séparation des pouvoirs de l’État et dans la possibilité de dépasser cette situation marquée par 33 ans d’obscurantisme et d’occultations”, a-t-elle conclu.

“Avec la justice d’un côté, et le Parlement de l’autre, nous sommes confiants en ce que la démocratie peut traverser cette épreuve. Nous voulons une démocratie sans tutelle et une société sans peur”, a terminé la présidente.

Pendant des décennies, Papel Prensa a contrôlé le marché avec des pratiques monopolistes. L’État national a été un associé stupide, muet et soumis devant un pouvoir de fait supérieur à celui des gouvernements successifs, dictatoriaux ou démocratiques, remarque Wainsfeld Pagina 12.

Le Congrès devra analyser un projet de loi (dont le texte n’est pas encore connu) déclarant d’intérêt public la production de papier journal pour les quotidiens et formant une commission parlementaire pour suivre cette activité. Tandis que, le procureur du Trésor, Joaquín Da Rocha, et le secrétaire aux Droits de l’homme, Eduardo Luis Duhalde, aura à sa charge la mission de préparer la voie judiciaire, pour en finir avec autant d’impunité et pour poursuivre ceux qui ont commis des crimes de lèse humanité pour en bénéficier économique et politiquement.

Alai-Amlatina . L’Équateur, le 25 août de 2010.-





Edité par T 34 - 31 Aug 2010 à 14:59
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La fondation UMMEP salue la contribution de Cuba à la campagne d’alphabétisation en Argentine

 
Buenos Aires, 26 août, (RHC)--. Claudia Camba, présidente de la fondation argentine « Un monde meilleur est possible », l’UMMEP, a annoncé à Buenos Aires que plus de 20 000 de ses compatriotes auront appris à lire et à écrire avant la fin de l’année grâce à la méthode cubaine d’alphabétisation « Yo si Puedo » « Moi, oui, je peux »

Dans des déclarations à l’agence Prensa Latina, Claudia Camba a salué la contribution de l’équipe pédagogique cubaine qui a instruit les alphabétiseurs argentins dans l’utilisation de cette méthode associant numéros, sons et lettres et qui permet l’apprentissage en quelques mois seulement.

La présidente de la fondation argentine a précisé que jusqu'à présent, plus de 19 000 Argentins ont appris à lire et à écrire depuis l’application de cette méthode, en 2003.

Elle a mis l’accent sur la demande croissante de cette méthode parmi les autorités municipales.

 

Alberto Alotto, vice-ministre argentin des Affaires étrangères, confirme les liens étroits unissant son pays à Cuba

Buenos Aires, 2 septembre, (RHC)--. Alberto Alotto, vice-ministre argentin des Affaires étrangères, a confirmé les liens unissant son pays à Cuba.

Au nom des autorités argentines, Alberto Alotto a remis l’Ordre San Martin, une haute distinction du gouvernement, à Aramis Fuente, ambassadeur de Cuba sur le point de terminer sa mission diplomatique en Argentine.

« Mr Fuente représente un pays ami de l’Argentine auquel nous sommes unis par des liens étroits et que nous regardons avec admiration » a souligné le vice-ministre argentin des Affaires étrangères qui a remercié Cuba de sa permanente solidarité à la revendication de l’Argentine sur la souveraineté des îles Malouines.

De son côté, l’ambassadeur sortant de Cuba a souligné que malgré la politique d’isolement et de sanctions menée par les Etats-Unis, son pays n’a jamais pu être séparé de l’Amérique Latine.

Il a d’autre part mis l’accent sur deux importants jalons de la coopération cubaine avec l’Argentine : l’alphabétisation de plus de 19 000 Argentins avec la méthode pédagogique cubaine « Yo si puedo » « Moi, oui, je peux » et l’opération Miracle, un programme d’attention ophtalmologique gratuite qui a permis à 28 000 Argentins pauvres de recouvrer la vue.




Edité par T 34 - 04 Sep 2010 à 20:38
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Mobilisation pour une agriculture familiale argentine

par Estelle Leroy-Debiasi

Dans le cadre de la rencontre nationale du Mouvement Nacional Campesino Indegina (MNCI), quelque deux mille paysans venant des 15 provinces argentines se sont réunis à Buenos Aires pour débattre de la nécessité d’une réforme agraire totale et de la souveraineté alimentaire. La première foire nationale aux semences s’est tenue cette semaine.

Il s’agit de promouvoir un modèle d’agro- développement aux antipodes des discussions de la Mesa de Enlace (table des négociations) prévues entre les représentants du monde agricole notamment des grandes exploitations et les autorités du pays.

Pour les membres du MNCI il est temps d’expliquer que la faim n’a pas son origine dans le manque de denrées mais bien dans la distribution injuste , et d’avancer des stratégies de production libre de produits chimiques, et développées par des structures familiales.

« Les entités dirigeantes de l’agriculture et les compagnies internationales de l’agro-négoce soutiennent un modèle de monoculture pour nourrir avec des transgéniques le bétail d’Europe et d’Asie. Nous les familles paysannes nous suivons un autre modèle de denrées saines pour nourrir notre pays, un modèle qu’il est nécessaire de commencer à implanter à grande échelle pour changer le modèle de dépendance vis à vis du soja » a t-on expliqué au sein de MNCI (qui représente 15 000 familles).

La monoculture de soja sur quelque 19 millions d’hectares utilise massivement des produits chimiques, et favorise l’expulsion des familles paysannes et indigènes. Sans oublier la progression des agro-combustibles qui favorise ce type de monoculture.

Il est donc urgent pour ces vraies familles paysannes et rurales d’Argentine d’adopter des pratiques de résistances pour pouvoir demeurer sur leurs territoires et d’envisager pour ce faire des actions « offensives » : des écoles agricoles, des débouchés au juste prix, la promotion de la production bio d’aliments, la reprise de terres, l’amélioration de la production.

« Nous sommes plus de 500 000 familles qui maintenant résistent à travers une agriculture paysanne et indigène, nous avons un potentiel de développement de processus et technologies pour la production d’aliments sains pour la population argentine. L’heure est venue de penser et de nous rencontrer pour construire un modèle agraire qui contient toutes les expressions de l’agriculture, a expliqué Diego Montón, de la Unión de Trabajadores Rurales Sin Tierra de Mendoza.

Il s’agissait donc lors de ces rencontres, auxquelles participaient aussi la Coordinadora Latinoamericana de Organizaciones del Campo (CLOC) et des délégués de la FAO, d établir un programme stratégique de développement rural pour les paysans et indigènes qui veulent aller au de là des politiques récurrentes d’assistanat.

« Les entités traditionnelles du monde agraire comme les gouvernements, sont inféodés au grandes multinationales de l’agro-business. Ils sont complices de graves violations des droits de l’homme sur des milliers de familles paysannes. Si le gouvernement et l’opposition ne veulent pas la disparition de milliers de petits et moyens producteur le moment est venu ».

Les Cargill, Dreyfus, Bunge, Nidera, Syngenta, AGD et Monsanto, notamment sont les responsables du modèle agrobusiness argentin , et souvent les médias occultent la diversité du monde agricole en argentine.

D’ailleurs, preuve à l’appui s’est tenue ce fin de semaine à Buenos Aires la première foire nationale de semences. Avec comme objectif d’échanger, et de renforcer l’agriculture familiale, à travers les semences et la diversité biologique qu’elles représentent, et surtout le droit à la souveraineté alimentaire, à travers ce que tout un chacun décide de cultiver et de consommer.

Estelle Leroy-Debiasi pour El Correo avec Télam, Paris le 19 septembre 2010.

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Les autorités uruguayennes refusent l’entrée au port de Montevideo d’un navire de guerre battant pavillon britannique

Montevideo, 20 septembre, (RHC)--. Le gouvernement uruguayen a refusé l’entrée au port de Montevideo d’un navire de guerre battant pavillon britannique. Il s’agit de la frégate Gloucester qui avait demandé à être ravitaillée pour poursuivre sa route vers les îles Malouines.

Le quotidien La Republica qui a donné l’information ce lundi rappelle un incident semblable ayant eu lieu en décembre 2007 lorsque, l’administration de Tabaré Vazquez, a refusé l’accès du port de Montevideo au destroyer Nottingham.

Ce refus est considéré comme un geste de solidarité avec l’Argentine qui revendique la souveraineté sur ces îles occupées par le Royaume-Uni depuis 1833.

 
 


Edité par T 34 - 25 Sep 2010 à 18:59
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Argentine vivace et eurocentrisme

par Pedro Casas

Toutes les versions de cet article : [Español]

« Mais qu’est-ce qui arrive à la gauche européenne ? » me demandent quelques militants politiques et sociaux argentins. Une bonne question, je pense, parce qu’après avoir visité et connu durant quelques jours une partie de la géographie de ce pays, à propos du quel sont restés sur le chemin quelques clichés qui lestaient mon cerveau, je me rends compte que chez les Européens occidentaux, dans notre eurocentrisme absurde, les clichés nous compliquent non seulement la connaissance de nouvelles et différentes réalités, mais aussi la compréhension de la nôtre.

Dans cette question, reste incluse, l’illusion d’un continent qui se sent de nouveau être protagoniste de l’histoire, pas seulement de la sienne, et on s’étonne qu’à cette occasion, à la différence des décennies passées, cela ne se trouve pas accompagné par les mouvements transformateurs occidentaux du dit premier monde.

L’Argentine fait partie de cette nouvelle résurgence de l’espoir de changement à la tête de laquelle sont quelques peuples du sud de l’Amérique. La difficulté de la gauche européenne de comprendre un phénomène aussi complexe que le péronisme, si éloigné des paramètres classiques de gauches (plus ou moins socialistes) et de droites, a l’habitude de colporter l’ignorance, ou même le mépris, pour beaucoup de ce qui là-bas a bougé. Les avancées des gouvernements, syndicats ou mouvements sociaux argentins, s’ils portent la marque « péroniste » ne sont pas obligatoirement « homologuées ».

Moi même je me confesse prisonnier de tous ces préjugés, qui ont dans de nombreux cas une base historique. En fait le péronisme a idéologiquement bu aux fontaines communes aux idéologies fascistes ; Perón a été accueilli avec les honneurs par l’Espagne franquiste ; de façon viscérale anticommuniste (il propose une troisième voie entre le capitalisme et le communisme) ou l’anti-gauchiste sont autres de ses traits idéologiques, et le péronisme a lancé un groupe de guérilleros révolutionnaire, mais aussi une organisation paramilitaire comme la tripe A, en passant par l’ultra-libéralisme de Menem, ou le populisme des Kirchner, et sans oublier, bien sûr, la figure mythique d’Evita.

C’est dire que ce n’est pas facile de comprendre un phénomène comme le péronisme ; mais pas seulement pour les Européens, mais aussi pour les argentins eux mêmes, qui reconnaissent d’un autre côté, même les partis d’idéologie plus « homologable » avec les gauches classiques, les droits reconnus aux travailleurs et les avancées sociales réalisées en si peu de temps, dans la première période de 1945-1955, et qui encore aujourd’hui durent dans de nombreux cas. Ce qui est lamentable c’est que cette difficulté à comprendre un phénomène qui a marqué l’histoire argentine des dernières décennies nous empêche de voir la richesse des expériences et des avancées qui se produisent, à l’intérieur et en dehors de ce cadre.

L’Argentine a une histoire récente passionnée et passionnante. Les mouvements révolutionnaires de 70 ont été « faits disparus » en partie par le terrorisme de l’état, qui a fait le sale travail pour faciliter l’ultra-libéralisme postérieur qui a mené à l’effondrement du corralito en 2001 et au discrédit de toute une génération d’hommes politiques corrompus. Depuis le fond de l’abîme, l’Argentine vit maintenant une époque de récupération, pas seulement économique, mais aussi idéologique et sociale qui lui permet d’affronter le présent et l’avenir avec un certain orgueil et une illusion. Je me mets à décrire certains des faits qui me semblent les plus notables et qui représentent réellement un scenario transformateur.

L’un des événements d’importance majeur historique est lié à la récupération de la mémoire historique. Des dizaines de jugements ont lieu de long en large dans cet énorme pays et ont envoyé à la prison plus de 200 militaires, qui non seulement affrontent de lourdes peines et condamnations, mais aussi les regards provocants de leurs victimes survivantes et ceux des parents de disparus, ce qui a amené quelqu’un à affirmer que « c’est la première fois dans l’histoire que les vainqueurs sont jugés par les vaincus ».

On récupère les lieux qui ont été utilisés par la répression (quand obtiendrons-nous quelque chose de pareil en Espagne ?, alors que la destruction de la prison de Carabanchel est encore récente), des parcs et des places sont élevés à la mémoire, des enfants volés récupèrent leur identité (cent sur les 500 qui ont été chiffrés), et, ce qui est très important, le contenu politique des lieux et des faits occupe un lieu remarqué dans la récupération de cette mémoire, quelque chose de très différent de la théorie « des deux factions » qu’ils veulent nous vendre ici [Royaume d’Espagne]. Il s’agit de se souvenir non seulement de la personne, mais des idéaux pour lesquels elle a lutté, pour que ceux-ci durent dans le temps, dans la conscience d’autres qui réussissent à réaliser l’idéal qui a été tronqué par les assassins de l’histoire, puisque l’important est qu’ils ne réussissent pas à faire disparaître les idéaux et les angoisses de la justice sociale pour laquelle ils ont lutté.

Cette activité mémorialiste est présente dans l’agenda de tous les mouvements sociaux, connu d’une manière diverse et plurielle mais unitaire, sans distinguer entre les victimes de groupes armés ou non. Ce processus de récupération de la mémoire montre comment il n’est pas possible de construire un avenir avec dignité si les choses ne sont pas mises à leur place, on condamne les coupables et est rendue leur dignité aux crimes conte l’humanité.

Autre phénomène notable de la situation actuelle argentine, ce sont les entreprises dites récupérées de l’abandon patronal. Elles sont plus de 250 dans tout le pays, certaines d’entre elles de grande importance. J’ai eu l’occasion d’en visiter certaines et il faut saluer tant l’audace pour les prendre (ils m’ont raconté que dans quelques cas ce fut avec l’opposition des syndicats qui considéraient l’occupation comme illégale) que la capacité de gestion, pendant ces longues années la solidarité a été un élément déterminant, surtout au commencement, en aidant les voisins à la consolidation de la reprise ou en y contribuant avec des commandes et du travail. L’hôtel Bauen, en plein centre du Buenos Aires, construit comme une icône de la dictature militaire pour le championnat mondial de 1978, est maintenant une icône révolutionnaire, dont les salons accueillent tout type de manifestation culturelle alternative ou solidaire.

Beaucoup d’autres usines logent dans leur édifice des centres éducatifs, ou des radios communautaires, agrandissant de cette façon l’espace disponible pour la participation culturelle, solidaire et transformatrice.

En soi c’est une expérience d’autogestion, une école du socialisme qui nous plairait de construire, et ils ont réussi à impliquer les institutions pour développer une loi qui permet l’expropriation des édifices de manière à ce qu’ils puissent écarter les problèmes judiciaires dont maintenant ils se trouvent enveloppés par la rapine de leurs anciens propriétaires qui, après avoir abandonné l’activité, veulent maintenant la récupérer une fois que les travailleurs ont montré la viabilité du projet d’entreprise.

La pluralité de la communication est un autre combat qui se livre en ce moment en Argentine, poussé par les mouvements sociaux qui ont obtenu une loi qui met des limites aux grands groupes médiatiques, comme Clarin ou Prisa, en établissant que seul un tiers des licences est dans des mains privées, un autre tiers dans des mains publiques et le restant à des médias communautaires. Et ils ne tremblent pas non plus au moment de découvrir des cas d’appropriations frauduleuses datant du temps de la dictature militaire, comme l’entreprise Papel Prensa par des grands médias, avec Clarin en tête de nouveau. Il n’est pas surprenant que les médias espagnols, même ceux supposés de gauche comme Publico ou El Pais, traitent ces sujets de façon très biaisée, comme si il s’agissait d’une simple lutte de pouvoir. Mais là oui, d’autres médias écrits existent, de qualité et contenus que nous ne connaissons pas malheureusement dans la capitale de notre pays.

Les piqueteros sont un autres des nouveaux phénomènes sociaux surgis après l’effondrement, et nous avons eu l’occasion de rencontrer plusieurs d’entre eux, coupant des routes nationales ou secondaires, des voies de chemin de fer, des places, etc. L’abondance des morts provoquée par la répression des mobilisations des années précédentes a abouti à une situation de permissivité policière dont profitent très bien les mouvements de quartiers, de travailleurs ou de toute espèce pour se faire entendre à coup de tambour.

La lutte piquetera la plus emblématique fut sûrement celle de l’interruption du pont international qui communique avec l’Uruguay pendant de nombreux mois, qui a obligé les présidents des deux pays à chercher une solution non polluante pour le projet d’installation d’une usine de pâte à papier au bord du fleuve Uruguay.

Cette lutte me donne l’occasion de remarquer qu’on peut mesurer que la conscience et la lutte pour la défense de l’environnement fait partie des luttes sociales les plus diverses. À la différence de ce que j’observe par ici, où l’écologique semble intéresser seulement les organisations du secteur, là la lutte par la défense de la terre, des forêts, des rivières, contre les agressions des pesticides et des substances qui affectent très gravement des populations, etc., est une constante des organisations et des luttes locales, aux cotés de la lutte pour l’éducation, le travail ou la fourniture du gaz.

Les étudiants se sont mobilisés à Buenos Aires, en août dernier, pas seulement pour des améliorations dans leurs conditions, mais aussi pour celles des professeurs (ceux qui ont été engagés en 2010 n’ont encore touché aucun salaire), pour l’amélioration des édifices et pour la démission du gouverneur, le très à droite Macri. Et pour donner de la force à leur lutte, ils ont occupé plusieurs centres scolaires, en créant la panique parmi les hommes politiques et les classes conservateurs qui voient très mal l’occupation de centres pour « faire de la politique ».

Les luttes des chômeurs ont joué le rôle principal dernières années, et le mouvement ouvrier est fort, malgré quelques structures syndicales qui ne jouissent pas d’un grand prestige, dans de nombreux cas. L’organisation des quartiers est aussi très importante dans ses multiples formes, des les conseils communaux qui gèrent des parties importantes du budget municipal, jusqu’aux cantines populaires autogérées, etc., ce sont des foyers d’organisation et de prise de conscience politique.

Je ne veux pas donner avec cela l’impression de ce que l’Argentine est un pays modèle, loin de là. La misère est installée dans les environs des grandes villes ; le travail « au noir » (non déclaré ou sous-terrain) représente un tiers de l’emploi, avec l’absence de droits que cela implique ; la corruption semble être installée dans les centres de pouvoir, etc. Mais il existe un potentiel mobilisateur qui pousse le gouvernement à adopter des mesures significatives, comme la contribution par enfant (jusqu’à 18 ans), la construction de milliers de logements avec la participation d’organisations sociales, la légalisation du mariage homosexuel, 25 % d’impôts sur les exportations de soja, etc. en supportant les pressions des secteurs affectés par certaines de ces mesures (médias, Église et propriétaires terriens). Un commentateur remarquait que ce qui lui plaisait le plus de ce gouvernement étaient ses ennemis.

Malgré le discrédit des hommes politiques, nous avons perçu une société qui partage sa passion pour le football avec celle qu‘il a aussi pour la politique, la culture ou les livres (l’une des multiples librairies qui jalonnent les rues argentines se loge dans un ancien théâtre qui a gardé sa magnifique architecture et décoration).

Certains des militants sociaux avec qui j’ai eu l’occasion de converser ne se risquent pas à dire si la lutte qu’ils réalisent avance vers le socialisme ou vers autre chose, puisqu’ils n’osent pas définir clairement le socialisme du XXIe siècle. Mais ce qui est bien clair pour eux c’est la nécessité d’appuyer les processus qui supposent des droits et des améliorations dans les conditions de vie des travailleurs et les classes populaires, et que ces avancées doivent se réaliser à travers des processus participatifs pour qu’ils soient irréversibles, ou au moins durables. Et cela leur donne une aisance pour être lié aux institutions dans une relation dialectique, en évaluant et en appuyant les avancées et en combattant les reculs.

Au sein très vaste spectre social et politique qui existe en Argentine, dont j’ai pu connaître une partie petite mais variée, il semble qu’il existe certaine conscience de se sentir protagoniste du fait politique et social, avec ses réussites et ses frustrations, bien au-delà du cirque démagogique qu’offrent la majorité des hommes politiques professionnels. On pourrait dire que ces mouvements sont arrivés à la conviction de ce que la politique est suffisamment importante pour ne pas la laisser aux mains des hommes politiques, et que pour cela , il est nécessaire d’avoir une large base, qui de façon active regroupe les classes populaires et jusque dans les quartiers les plus déprimés.

Cette expérience riche devrait nous faire réfléchir au fait que, dans ce premier monde décadent, nous maintenons encore l’illusion qu’un monde sans exploitation et injustice est nécessaire et possible, mais que nous ne sommes pas capables de trouver (s’il c’est ce que nous cherchons réellement) une stratégie révolutionnaire qui pose aussi des batailles pour des conquêtes partielles qui, en plus de réussir, améliorent celles auxquelles avons droit, et constituent les éléments de mobilisation et d’organisation, qui nous renforcent en même temps qu’ils affaiblissent les exploiteurs, et ainsi pouvoir atteindre des objectifs plus ambitieux.

Traduction de l’espagnol pour El Correo de : Estelle et Carlos Debiasi

Rebelion . Espagne, le 22 septembre 2010.

* Pierre Casas est militant communal.




Edité par T 34 - 24 Sep 2010 à 19:50
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Argentine : peuples originaires et paysans nouveaux acteurs politiques sur la scène sociale

Des mobilisations, des coupures de route, des récupérations de terres et des présentations judiciaires. Des peuples originaires (indigènes) et paysans deviennent de plus en plus visibles à travers des conflits par leurs droits.

La Place de Mai a été le témoin cette année de deux inédites et massives mobilisations pour le paysage de Buenos Aires. La populaire marche indigène de mai dernier, où un cinquantaine de communautés de tout le pays ont voyagé durant dix jours et ont été reçus par la Présidente. En septembre dernier, le Premier Congrès du Mouvement National Paysan Indigène (MNCI) avec des communautés et des organisations de dix provinces qui a aussi culminé avec une massive manifestation sur la place. Dans l'année du Bicentenaire (de l'indépendance argentine), des peuples indigènes avancent en organisation, visibilité et renforcement de leur principale revendications : le  territoire. Ils s'affrontent, et l'emportent, aux entreprises minières, pétrolières, du soja et touristiques.

À mesure que le modèle extractif essaie de s'étendre en Argentine, les peuples originaires s'érigent en acteurs de la résistance. L'action directe - marches, coupures de routes - se complète avec la voie politique et judiciaire. S'y ajoute la récupération de terres, avec la législation internationale qui l'avalise.

Dans son relèvement de conflits, le Réseau Agro-forestier (Redaf) signale comme un fait positif que dans 98 pour cent des cas existe un rôle principal des propres victimes,  paysans et indigènes, où est identifiée la formation d'un sujet collectif organisé qui résiste et lutte pour ses droits. En parallèle, il explique que les disputes territoriales ne se résolvent ni facilement ni rapidement. Et il conclut : "nous sommes devant le commencement d'un long processus de conflit autour du territoire des paysans et des indigènes".

L'exploitation de mines à grande échelle, avec de grande consommation d'eau et l'utilisation de substances toxiques, a crû dans la dernière décennie de manière exponentielle. Une centaine d'assemblées socio-environnementales sont nées en rejet de l'activité, et a crû aussi l'organisation des peuples indigènes. Ingeniero Jacobacci (province de Río Negro), Campana Mahuida et Loncopué (Neuquén) et Tilcara (Jujuy) sont des lieux où des communautés indigènes ont réussi à freiner des projets miniers au moyen de présentations au Pouvoir Judiciaire.

Aussi l'action directe, une coupure de la route de trois mois, est l'action de visibilisation du conflit à Formosa de la Communauté La Primavera, 850 familles qom qui réclament les 2042 hectares où elles ont toujours vécu. Ils sont clôturés par des entrepreneurs du soja (OGM) et des éleveurs, et par d'autres deux acteurs de poids. "Le gouvernement provincial et les juges qui ne respectent pas nos droits. Cela ne nous plaît pas de couper la route, ils nous menacent, ils nous envoient des hommes de main et des policiers pour nous frapper", a dénoncé Félix Díaz.

Contre le modèle agricole (presque une monoculture de soja transgénique, NdT) et ses conséquences s’organisent et résistent aussi des communautés des provinces du Chaco, de Santiago del Estero et de Salta. Elles coupent des routes, par exemple le peuple wichí de Tartagal, et recourent à la Justice, comme les sept communautés qui en décembre 2008 ont obtenu que la Cour Suprême de Justice mettent un terme à la déforestation et au déboisement.

Egalement face au soja, les communautés de Santiago del Estero mettent en cause le modèle agricole. Là aussi a lieu une autre forme de résistance : des familles ancestrales qui forment le Mouvement Paysan de Santiago (Mocase-Via Campesina) commencent à reconnaître leurs racines, elles s’affrontent à la discrimination historique et se reconnaissent comme peuples lule-vilela, guaicurú, diaguita, sanavirón et tonocoté. "Dans les dernières années on a récupéré l'identité d'environ trente communautés. Et sans doute c'est une forme de lutte, de commencer à récupérer l'histoire", a affirmé Angel Strapazzón, du Mocase-Via Campesina. Là l'État comptabilisait début 2000 seulement dix-neuf villages indigènes. À partir de l'organisation maintenant on reconnaît l'existence de 31 peuples originaires.

Dans la province de Missiones, il n'y a pas de soja, mais une autre monoculture : le forestier, avec le pin de cellulose à la tête. La communauté guarani Alecrín dispose de 14.300 hectares dans la municipalité de San Pedro, à 170 kilomètres au sud de Puerto Iguazú. Une entreprise forestière est arrivée en 2007, elle a détruit la ferme de la communauté. Elle avait pour objectif de couper le bois natif pour semer des pins. L'organisation de la communauté indigène a empêché qu'ils les expulsent de leurs terres et que l'État applique la Loi 26.160, qui suspend les expulsions et ordonne un cadastre de terres.

Le peuple Mapuche impulse une action directe qui est une référence pour d'autres ethnies : il  récupérera le territoire qui leur a été enlevé. Consumées les instances administratives, et avec les lois qui les protègent, ils ont récupéré 250 mille hectares dans les provinces du Chubut, de Rio Negro et de Neuquén. Sans jamais affecter de petits producteurs, toujours des entreprises ou des grands fermiers.

"Le danger de perdre ce que nous avons et le fait de prendre conscience de nos droits permet que nous exigions ce qui nous correspond. C'est un processus lent mais irréversible", explique avec  patience Mario Quinteros, dirigeant de l'Union des Peuples de la Nation Diaguita (UPND), une des organisations qui a le plus crû dans les dernières années.

A un an du meurtre du cacique Javier Chocobar, le 12 octobre 2009, la nation diaguita convoque aujourd'hui - auprès d'organisations sociales - à marcher pour que justice soit faite : les juges n'ont toujours pas élevé le meurtre à un procès et les accusés sont en liberté. "Chocobar a été assassiné pour défendre son territoire. Il y a des preuves accablantes, y compris une video, mais la loi ne s'accomplit pas, comme ne s'accomplit pas non plus la loi concernant nos territoires", s'irrite Quinteros, il fait un long silence et annonce : "Comme peuples indigènes de tout le pays nous n'obtenons pas la justice, alors nous nous organisons, nous mobilisons et luttons en y mettant le corps, comme Chocobar, bien qu'il nous en coûte la vie".

Dario Aranda, Pagina/12, 12 octobre 2010.
http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-154771-2010-10-12.html

Traduit par http://amerikenlutte.free.fr


 

Une étude réalisée par la Faculté de Philosophie et de Lettres montre que tandis qu'en 2003 il y avait 128 entreprises récupérées dans le Grand Buenos Aires et dans la capitale, maintenant leur nombre s'élève à 205 et elle emploie presque dix mille travailleurs. L'État et les syndicats sont leurs nouveaux soutiens.

 

Loin de s'éteindre, l'expérience des entreprises récupérées s'est installée et montre un flux constant de nouveaux cas. Ainsi le signale le Troisième Relèvement du secteur réalisé par le Programme Faculté Ouverte de la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université de Buenos Aires (UBA); le rapport révèle que les récupérées continuent de croître en nombre et en travailleurs. L'une des conclusions de la recherche est que la formation de coopératives ou d'entreprises autogérées comme la manière de préserver le travail a été incorporée par les travailleurs comme un outil d'action face aux conflits qu'auparavant ils considéraient sans solution.

Le relèvement a été présenté samedi dans le centre culturel de l'imprimerie récupérée Chilavert. Le directeur du programme, Andrés Ruggeri, avec l'aide d'un Power Point a montré les principales données de ce qui est, tout compte fait, la carte la plus complète qui existe sur le sujet, carte réalisée sur la base des visites dans chaque coopérative de la part des chercheurs, 85 étudiants universitaires. L'université avait déjà fait deux autres relevés généraux, en 2003 et 2004, et ensuite - en 2007- une étude de la situation dans la ville de Buenos Aires. Cela lui permet de faire des comparaisons dans le temps et de détecter des changements et des tendances.

L'une des nouveautés de cette époque consiste en ce que d'autres acteurs apparaissent, signalés par les travailleurs comme leurs soutiens. En premier lieu, dans les processus de récupération le plus fort soutien continue d'être celui des autres entreprises récupérées, mais maintenant apparaît l'État (ce n'était pas le cas dans les années antérieures) et l'importance octroyée aux syndicats a augmenté, avec l'affaiblissement des mouvements sociaux. Peut-être le tournant le plus frappant est celui donné par les syndicats qui, autour de 2001 lors du pic de ce phénomène, étaient hostiles à la prise d'entreprises et à leurs réouverture de la part des travailleurs, à la seule exception de l'Union Ouvrière Métalurgique (UOM).

Parmi le public réuni au premier étage de Chilavert, cependant un autre sujet a emporté tout l'intérêt : la situation des travailleurs et, spécialement, la manière dans laquelle ils  réalisent de nouvelles incorporations dans leurs coopératives. Conformément au relèvement, aujourd'hui dans les entreprises récupérées travaillent 9362 personnes (en 2004 ils étaient 6900). Cette croissance a découlé non seulement du fait qu'il y a de nouvelles entreprises autogérées, mais aussi du fait que les anciennes ont incorporé de nouveaux travailleurs. Le conflit réside dans le fait qu'un nombre élevé des incorporations se font sous contrat.

Comme les coopératives de travail (c'est la forme légale que toutes les récupérées ont adoptée pour pouvoir impulser l'expropriation des machines et des édifices), les entreprises autogérées peuvent seulement prendre des gens en qualité d'aspirants à associés, avec un délai probatoire de six mois, au bout duquel elles doivent définir si elles les intègrent. Dans la recherche, il ressort que 46 pour cent des entreprises récupérées ont dans leurs rangs des travailleurs qui ne sont pas des associés, dont 45 pour cent le sont au titre d'aspirants et 21 pour cent figurent dans la recherche comme étant juste embauchés sans plus de détails, c'est à dire que l'on ne sait pas dans quelles conditions.

Cette donnée a servi à ouvrir la discussion sur les difficultés des entreprises récupérées sur ce point, une question sensible parce qu'elle tient à leur identité. Si dans des époques de croissance, elles pensent augmenter leur nombre de travailleurs, quand leurs ventes tombent en déchéance ou que le marché se rétrécit, elles ne peuvent pas appliquer la recette classique des entreprises privés et jeter des gens. Il leur reste le recours que chaque associé emporte moins d'argent chez lui à la fin du mois, mais cela met en crise la coopérative. Dans quelques cas, il y a des coopératives qui ont collectivement décidé de faire des suspensions rotatives. Dans tous les cas, il y a un panorama qui rend très complexe pour les récupérées de prendre la décision d'augmenter des postes de travail.

Pour certains des travailleurs présents dans le débat, la solution serait de permettre aux coopératives de travail de prendre un personnel en relation de dépendance. Les autres ont proposé que le délai probatoire pourrait s'étendre à deux ans, parce qu'associer un nouveau membre à une coopérative est une décision trop lourde. La majorité a exprimé que les lois qui s'appliquent au secteur ne sont pas adéquates; elles ont été faites pour des coopératives de travail, mais les entreprises récupérées ne sont pas nées comme coopératives, mais elles ont du adopter de force cette figure légale. Le travail autogéré, ont-ils tous coïncidé, c'est autre chose.

Le défi d'incorporer des travailleurs ne trouve pas encore de manière d'être résolu, et il se montre comme le grand sujet des prochaines années.

Le rôle de l'État apparaît comme complexe et contradictoire. "Le fait de ne pas avoir une politique cohérente, l'État prête attention aux récupérées avec des actions isolées", a signalé Ruggeri. Le soutien passe au travers de subventions : 85 pour cent des récupérées a déclaré en avoir reçues, la majorité au travers du Ministère du Travail, qui a créé le Programme Travail Autogéré, et ensuite au travers de l'Institut National d'Associativisme et d'Economie Social (INAES) et du Ministère de Développement Social. Le relèvement a détecté, cependant, qu'il n'existe pas de politique unifiée même dans l'octroyement des subventions qui, en général, a lieu après que les propres travailleurs fassent pression et cherchent "dans les recoins" de l'administration la possibilité de les obtenir. Pendant ce temps, le gros des expropriations continue sans être payées par l'État ce qui donne lieu à des procès d'expropriation inverse et une législation spécifique pour le secteur n'a pas été sanctionnée, ce qui  laisse les entreprises autogérées sans accès au crédit - puisqu'elles n'ont pas la propriété de leurs immeubles - même de la part de la banque nationale, et sans pouvoir accéder aux plans de promotion pour les Petites et Moyennes Entreprises (PME).

Malgré ce panorama de difficultés, les entreprises récupérées sont une réalité consolidée et vitale. Sur les 128 estimées comme existantes en 2003, leur nombre est  passé à 161 en 2004 et à 205 actuellement. Bien que la majorité se trouve dans la Capitale Fédérale et dans le Grand Buenos Aires, dans les dernières années leur augmentation est devenue plus notable dans l'intérieur du pays. Le relèvement signale que la crise internationale a généré une nouvelle portée d'entreprises récupérées, mais en général ce qui se voit est un flux stable de nouvelles récupérations. Le taux de permanence des autogérées est aussi élevé, autre indicateur de la potentialité du secteur.

Laura Vales, Pagina/12, 12 octobre 2010.
http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-154759-2010-10-12.html

Traduit par http://amerikenlutte.free.fr

 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Oct 2010 à 16:30

Le PC d'Argentine condamne les manœuvres militaires britanniques dans les îles Malouines

Cristina%20Fernandez%20de%20Kirchner%20Argentina

Condamnation des manœuvres militaires britanniques dans les îles Malouines

Déclaration de la Commission politique du PC d'Argentine

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

La commission politique du Parti communiste condamne les manœuvres militaires annoncées par le Royaume-uni sur le territoire argentine des îles Malouines.

Ces agissements mettent de nouveau en évidence la politique agressive menée par l'OTAN et les Etats-unis en Amérique Latine et dans les Caraïbes, région qu'ils continuent à considérer comme leur « arrière-cour ».

Depuis le Commando Sud avec sa base en Floride en passant par Aruba, Guyana, le Honduras, la Colombie et le Paraguay entre autres, jusqu'aux îles Malouines, un véritable chapelet de bases militaires des Etats-unis et de l'OTAN, avec l'appui de la IVème Flotte, se consolide comme une clôture qui enserre le continent.

Dans le cas de nos îles Malouines, outre sa valeur stratégique pour l'alliance militaire impérialiste, cette dernière y voit un fort intérêt dans sa stratégie de pillage des ressources naturelles, dans la mer autour des îles, ce n'est pas un petit détail si la pêche dans la région représente près de 10% du total mondial, les richesses des fonds marins (pétrole et nodules métalliques de manganèse, de cuivre et de fer) et l'Atlantique Sud comme route du commerce mondial.

La Grande-Bretagne usurpe nos îles et les mers environnantes, exploite ses ressources et accorde à des tiers des licences d'exploitation, ce qui lui permet non seulement d'empocher des bénéfices énormes, mais aussi de prétendre établir une souveraineté « de fait » qu'aucune raison de droit ne pourrait reconnaître, dans une attitude décidément colonialiste.

En 1982, notre pays a payé dans sa chair la politique de l'OTAN. L'expérience traumatique de la Guerre des Malouines a mis en relief l'alliance entre le gouvernement des Etats-Unis et la Couronne britannique dans la défense de leurs intérêts de domination, et nous a permis également d'entrevoir la communauté d'intérêts entre pays et peuples d'Amérique Latine et des Caraibes, qui s'est traduit par des expressions significatives de solidarité et qui avance aujourd'hui solidement avec les processus d'intégration en cours.

Les actions entreprises par le gouvernement argentin auprès de diverses organisations internationales pour réaffirmer la revendication historique de souveraineté sur les îles méritent notre soutien le plus résolu.

A cela, nous avons ajouter en tant que forces du camp populaire nos propres actions pour la défense de la souveraineté nationale, contre les bases étrangères dans la région et pour la fin de l'occupation impérialiste anglaise sur une partie de notre territoire.

Le Parti communiste appelle à rester vigilants et mobilisés face à cette nouvelle démonstration des progrès impérialistes dans la région.

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Nestor Kirchner a su redonner confiance au pays et foi en sa justice

par Estelle Leroy-Debiasi

Une grande perte pour un pays en reconstruction. Ressenti après l’annonce du décès de celui qui fut « un grand président pour la Nation » selon de nombreux témoignages. L’ancien président argentin Nestor Kirchner est décédé aujourd’hui à 60 ans, époux de la présidente de la république Cristina Fernandez de Kirchner, il était actuellement secrétaire général de l’Unión de Naciones Suramericanas (UNASUR), et président du Parti Justicialiste.

« Notre pays avait tant besoin de cet homme. Ce fut quelqu’un d’indispensable », a déclaré la responsable des Grands mères de la Place de Mai, Estela de Carlotto, à l’annonce de son décès. Pourtant, quand il est arrivé au pouvoir en 2003, après une absence de second tour, Menem s’étant retiré, peu nombreux étaient ceux qui donnaient du crédit au « Pingoin ». Il présidera aux destinées du pays jusqu’en 2007.

Et sans dresser un bilan complet de son action, on ne peut omettre que Nestror Kichner fut l’artisan deux éléments fondamentaux aux destinées de l’Argentine d’aujourd’hui.

Nestor Kirchner pendant sa présidence a largement participé à redonner confiance au peuple argentin, après l’épisode d’un pays en faillite ; il a su redonner à l’Argentine l’image d’un « pays sérieux », qui a relevé la tête et ses manches pour surmonter cette terrible crise de 2001 et l’amère potion que lui fait avaler le FMI.

Il faut retenir que ce fut l’homme qui a osé tenir tête au FMI. Le président Kirchner s’est montré très ferme sur la renégociation de la dette. Et d’ailleurs, il a avait été salué par Joseph Stiglitz, prix Nobel de l’économie, sur la façon dont l’Argentine avait ferraillé avec le FMI et dont le pays s’était redressé sur le plan économique, et ce « sans l’aide du FMI, avec une croissance de 5% ». C’était en 2003. Depuis l’argentine oscille avec une croissance entre 7 et 8%. « L’expérience argentine montre que nous avons besoin d’un autre système pour résoudre la situation des pays qui ne sont pas en mesure de payer la dette… L’Argentine a montré qu’on pouvait trouver d’autres voies » avait alors conclu l’économiste.

L’autre élément fondamental : Nestor Kirchner a sur redonner foi en la justice : Il a fait des droits de l’homme et du refus de l’impunité un axe fort de sa politique. Il a demandé pardon au nom de l’Etat pour cette honte que tant d’atrocités aient été tues pendant 20 années de démocratie, remettant symboliquement à la municipalité de Buenos Aires le site de la sinistre Ecole de mécanique de la Marine (ESMA) pour qu’il soit reconverti en un musée de la Mémoire. Et surtout c’est sous son mandat que le Parlement argentin a aboli en 2003 les deux lois d’amnistie – du « Point final » et du « Devoir d’obéissance » (de 1986 1987 pendant l’administration du président radical Raul Alfonsin) qui avaient protégé les ex-tortionnaires de toute poursuite judiciaire. Une décision suivie par celle de la Cour suprême de justice en 2005, ce qui a permis de pouvoir ré-ouvrir ou d’ouvrir les procès et de traduire en justice les membres de la dictature, des procès qui permettent aujourd’hui à la justice argentine d’écrire une page nouvelle et fondamentale de jurisprudence en matière de droits l’homme et de crime contre l’humanité.

El Correo. Paris, 27 octobre 2010.

 
En 2005 avec Lula et Chávez il avait aussi fait échoué l'ALCA.


 
http://4.bp.blogspot.com/_ZhuBFdHICnw/TMsTjB88KJI/AAAAAAAAA54/wKRrqiKmbrQ/s1600/La+degenerada+celebraci%C3%B3n+del+maldito+capitalismo+Gringo.jpg

 


Edité par T 34 - 30 Oct 2010 à 00:03
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Argentine : l’année de tous les dangers

par Estelle Leroy-Debiasi

Un an pour continuer à avancer, maintenir la stabilité politique et sociale, jusqu’au nouveau scrutin présidentiel prévu le 23 octobre 2011. C’est le défi de Cristina Fernandez de Kirchner, Présidente de la République argentine. Une nouvelle page de la vie politique s’ouvre après le décès de Nestor Kirchner.

A quelques mois des élections présidentielles, la disparition brutale de l’ancien président Nestor Kirchner, dont on pensait qu’il briguerait un nouveau mandat pour succéder à la Présidente en exercice Cristina Fernandez de Kirchner, rebat complètement les cartes.

Les prochains mois vont être semés d’embûches pour la Présidente Cristina Kirchner, pour mener à bien la politique entreprise depuis 2003. Une politique reposant sur un paradigme différent, en rupture avec ce qu’avait connu le pays jusque là : basée sur la demande, la création d’emploi, et le rôle de l’Etat dans la lutte contre l’exclusion, des relations différentes avec le FMI, la construction d’une politique régionale…. Avec de l’audace, mais aussi parfois en défiant les « grands » du pouvoir financier … Tel fut le chemin de la reconstruction socio-économique d’un pays dévasté par le néolibéralisme.

Le mandat de Cristina Kirchner fut, ces derniers mois, déjà plus tourmenté que celui de son prédécesseur dans un pays qui a retrouvé des forces : les revendications des différents secteurs se sont faites plus présentes à travers une opposition de gauche constructive, mais aussi parfois comme pour les retentions à l’exportation avec une opposition ultra conservatrice, au service d’intérêts pas forcément nationaux. Mais la Présidente sut rebondir, créer avec sagacité son propre calendrier politique.

Rassembler, maintenir stabilité et gouvernabilité du pays sont aujourd’hui les deux premiers objectifs. Eviter le chaos, préserver le bien commun. Or, les voix, d’une droite très conservatrice, s‘élèvent déjà pour déstabiliser la présidente rappelant de façon insidieuse que Nestor Kirchner tirait toutes les ficelles derrière elle.

Une femme, une veuve, est-elle bien capable ? Ceux qui dénonçaient « les K » comme un système, le voit amputé donc incapable. C’est bien mal connaître la personnalité de Cristina Kirchner et ses compétences. Oui en effet, Nestor Kirchner était son conseiller le plus proche et avisé, et celui qui écartait les dangers. Oui, sa disparition crée un vide. Oui, Cristina Kirchner va devoir continuer son chemin sans son compagnon de lutte et de vie.

Un défi qu’elle relèvera sans doute, par sa capacité à combattre, son opiniâtreté dans l’adversité. Elle va garder son cap. Et faire taire les venimeux qui voudront établir un parallèle stupide entre elle et Evita. La comparaison s’arrête au genre et au statut matrimonial.

Aujourd’hui le pays voit en elle une veuve. Qu’il faut aider, soutenir, mais l’adhésion émotionnelle ne doit pas être un facteur d’affaiblissement du pays, au contraire. Car une partie de l’opposition, la plus archaïque, voit justement en cette veuve, une proie facile.

La Présidente argentine devra déjouer les trahisons, les coups bas des membres de son propre parti, le si complexe Parti Justicialiste. Divisé en deux grandes familles : le Frente para la Victoria, que représente les Kirchner, et Daniel Scoli... Et le PJ Federal qui regroupe des figures comme Carlos Menem, Eduardo Duhalde, Carlos Reutemann.

Sans omettre le jeu trouble de la très conservatrice et influente Eglise argentine. Qui malgré une oraison convenue dès hier – « aujourd’hui nous sommes là pour prier pour un de nos frères » accueillie au cri d’ « hypocrite » dans la cathédrale- n’aura eu de cesse de participer à la déstabilisation du gouvernement ces derniers mois, mobilisant ses troupes -jusque les enfants des écoles catholiques- contre certaines réformes comme le mariage homosexuel, la contraception…. Une église dont le rôle pendant la dictature n’est pas encore soldé.

La déstabilisation peut aussi venir du dehors, enjeux géostratégiques et financiers aidant , les vieux démons sont toujours là : ces derniers mois l’Amérique Latine a été l’objet de plusieurs épisodes de ce type (Bolivie, Equateur, ...). L’Argentine doit s’en protéger.

Le gouvernement argentin doit donc continuer son chemin tant à l’intérieur du pays – éviter la surchauffe inflationniste, maîtriser la croissance tout en ne freinant pas le marché interne et l’emploi, maîtriser ses réserves de change, protéger la souveraineté nationale- qu’au niveau régional à travers l’Unasur et la défense de ses intérêts sur la scène internationale. Alors que le Brésil va justement connaître une nouvelle présidence.

Opposition comme parti au pouvoir ont 11 mois pour préparer l’avenir du pays avec des projets qui dépassent la simple échéance électorale, au service de cette notion d’intérêt commun qui doit rassembler un pays.

El Correo . Paris, 28 octobre 2010.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Oct 2010 à 17:05

L'Amérique Latine regrette la mort prématurée de Nestor Kirchner, le président qui a rétabli une Argentine saignée par le FMI et les Etats-unis

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L'Amérique Latine regrette la mort prématurée de Nestor Kirchner, le président qui a rétabli l'Argentine saignée par le FMI et les Etats-unis



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

L'Argentine a appris mercredi matin la douloureuse nouvelle: « L'époux de la présidente actuelle Cristina Fernandez a connu une mort subite », tels sont les termes froids du communiqué du médecin de l'ancien président Nestor Kirchner. Souffrant depuis le 11 septembre dernier de problèmes cardiaques chroniques, il avait subi une angioplastie qui semblait avoir été un succès, mais a succombé avant-hier à deux arrêts cardiaques successifs.

Avocat de formation, membre depuis les années 1970 de l'aile-gauche du Parti justicialiste péroniste, pourfendeur résolu des lois d'amnistie des crimes de la dictature dans les années 1980, il reste aux yeux des Argentins l'homme qui a fait relever la tête à une Argentine saignée par les diktats du FMI, et soumise aux intérêts états-uniens.

kirchner2710x4x630-580x380Il a, pendant son mandat présidentiel de 2003 à 2007, impulsé une politique sociale et économique progressiste, en contradiction avec la politique de privatisation et de libéralisation de l'ancien président Carlos Menem, ainsi qu'une politique d'indépendance nationale liée organiquement aux processus de révolutions national-démocratiques secouant le continent depuis la fin des années 1990.

  kirchner2710x630-580x380En 2007, son épouse Cristina Fernandez lui succède tandis qu'il devenait le 4 mai 2010 le premier président de l'Union des nations sud-américaines (UNASUR), organisation internationale née de l'opposition à la Zone de libre-échange (ZLEA) prônée par les Etats-unis contre l'intérêt des nations latino-américaines. Son immense popularité auprès du peuple Argentin laissait présager sa candidature aux élections présidentielles de 2011 et un prévisible triomphe électoral.

La gauche et les communistes argentins pleurent « la perte irréparable d'un patriote et d'un camarade »


 

kirchner2710x3x630-580x380L'ensemble de la gauche argentine pleure aujourd'hui une « perte irréparable » pour reprendre les termes d'un des députés du parti péroniste, Juan Carlos Dante Grillo qui regrette tout simplement la « perte d'un patriote ».

Le secrétaire-général du Parti communiste d'Argentine (PCA), Patricio Etchegarray a tenu à rendre un dernier hommage au camarade Kirchner: « Dans le cadre des processus de transformations qui se déroulent actuellement en Amérique Latine, les mesures prises par l'ancien président en faveur des couches populaires, de l'intégration latino-américaine, du respect des Droits de l'Homme et du retour du débat politique sont partie constituante de l'héritage avec lequel compte aujourd'hui la société argentine pour continuer à avancer sur le chemin de la justice et de l'inclusion sociale. »

Pour Rafael Correa, « Un coup de poing dur, un coup glacé... que la perte d'un ami intime et d'un camarade de lutte »


 

rafael-correa-300x280 Correa a emprunté les paroles du poète communiste espagnol Miguel Hernandez pour exprimer sa peine: « Un coup de poing dur, un coup glacé ». En tant que président temporaire de l'UNASUR, Correa a rendu un hommage appuyé à son « ami et camarade de lutte » Nestor Kirchner:

« L'Argentine, ce vieux grenier de la Terre, semblait un terrain stérile et abandonné, avec un vide politique impossible à combler en l'absence de toute une génération exterminée par le génocide politique, par la guerre sale pratiquée par la dictature dans les années 1970 et 1980.

Ce fut dans cette situation inquiétante que, au grand soulagement et avec toute l'admiration du monde, surgit la figure forte – et à la fois si chaleureuse et tendre – du président Nestor Kirchner.

Son gouvernement n'a pas seulement sauvé l'honneur des hommes politiques, mais aussi la stabilité économique et sociale de la patrie de José de San Martín et Ernesto Guevara, de Eva Duarte et de Carlos Gardel.

Kirchner était un ami intime et un camarade dans la lutte pour la souveraineté et la justice sur notre continent. Il s'agit de la mort d'un être cher, mais aussi de l'homme politique le plus important de la nouvelle génération Argentine.

C'est la mort d'un des plus grands dirigeants de la reconstruction et de l'espérance de l'Amérique Latine, de la nouvelle Argentine qui a été capable de serrer dans ses bras ses frères latino-américains, à renforcer le drapeau de la dignité, de l'équité et de l'intégration. »

Les présidents latino-américains se joindront au peuple Argentin pour un dernier adieu au Président qui a relevé l'Argentine

L'ensemble des présidents et gouvernements latino-américains, transcendant les clivages politiques, de Cuba au Brésil, de la Bolivie au Chili, ont exprimé leurs condoléances à son épouse, présidente Argentine, et rendu hommage à l'ancien président argentin

Les présidents Hugo Chavez (Vénézuela), Rafael Correa (Equateur), Lula (Brésil), Fernando Lugo (Paraguay) et José Mujica (Uruguay) assisteront aux obsèques de l'ancien président argentin prévues samedi.

kirchner%20muertePlusieurs dizaines de milliers d'Argentins, d'origine modeste pour la plupart, se sont déjà rendus à la Casa Rosada (« Maison rose » - palais présidentiel argentin) pour un dernier adieu à leur président, dans le cadre de la veillée funèbre de jeudi organisée par sa veuve, la présidente Cristina Fernandez.

Les communistes et progressistes français se joignent aujourd'hui à l'immense douleur de millions d'Argentins et de latino-américains et regrettent la perte d'un des dirigeants politiques qui a le plus contribué à la renaissance d'un espoir et d'une alternative au capitalisme et à l'impérialisme en ce début de siècle.


Vidéo Pueblo argentino le da el último adiós a Néstor Kirchner


Vidéos Fue el que necesitábamos


 

Impressionante
manifestation en Argentine en hommage à Nestor Kirchner

BUENOS AIRES, le 28 octobre.— La présidente Cristina Fernandez a présidé à la Maison Rose (siège du gouvernement) les funérailles de son époux, l’ex-président Nestor Kirchner, au cours d’une journée placée sous le signe de la profonde reconnaissance qu’inspire le leader justicialiste (péroniste) et d’un soutien renouvelé à présidente, informent diverses agences de presse.

Une foule d’Argentins se pressait dès les premières heures du jour aux alentours de la Maison Rose pour rendre hommage à l’homme qui avait tenu les rênes du pays entre 2003 et 2007.

Dans la chapelle ardente montée dans le salon des Patriotes latino-américains de la résidence de l’Exécutif, le peuple a défilé avec respect devant le cercueil de l’ex-président ; le défilé a été ponctué d’applaudissements et de messages d’encouragements à la présidente (« Cristina, on est avec toi ! ») tandis que d’autres scandaient « Nestor, le peuple t’aime, il est avec toi ! » Cette manifestation a constitué un symbole de l’unité de la nation autour du projet qu’incarnait Kirchner, un leader jouissant d’une énorme popularité.

« Nestor vit ! », disait-on à la présidente qui a remercié personnellement les représentants du peuple argentin pour leurs marques de soutien et d’affection en ces moments cruciaux pour la patrie.

Un jeune homme est passé devant le cercueil de l’homme qui était aussi secrétaire général de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR) en chantant l’Ave Maria, pour l’émotion de Cristina.

Etaient également présentes à cette veillée funèbre les Mères de la place de Mai. Des dizaines de milliers de citoyens portaient des cierges, des drapeaux et des fleurs en défilant devant la dépouille d’un homme qui entre de plein droit dans l’histoire pour avoir défendu la cause de l’intégration et les intérêts des peuples de notre Amérique. On se rappelle qu’au 4ème Sommet des Amériques de Mar del Plata, Kirchner qui était alors président, a contribué à enterrer définitivement l’Accord de libre échange des Amériques (ALCA).

Les présidents du Venezuela, Hugo Chavez ; de Bolivie, Evo Morales ; d’Equateur, Rafael Correa ; du Chili, Sebastian Piñera ; d’Uruguay, José Mujica et de Colombie, Juan Manuel Santos, sont venus témoigner à Cristina Fernandez de leur douleur et de leur solidarité.

Etaient aussi présents les chefs d’Etat du Paraguay, Fernando Lugo, et du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva, ainsi que la grande figure politique colombienne Piedad Cordova, entre autres.

Le légendaire footballeur Diego Armando Maradona est aussi entré dans la chapelle ardente et a embrassé la présidente Cristina Fernandez de Kirchner, sous les applaudissements de la foule.

Les funérailles s’achèveront ce vendredi matin et le corps sera immédiatement transféré dans la ville australe de Rio Gallegos où il sera inhumé. (SE)

L’ambassade d’Argentine à Cuba a informé qu’un livre de condoléances sera ouvert ce vendredi et le lundi premier novembre au siège de la maison diplomatique, rue 36, N° 511, entre la 5ème et la 7ème avenue, dans le quartier havanais de Miramar.




Edité par T 34 - 30 Oct 2010 à 18:15
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  Citer Pedro Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Oct 2010 à 17:04

 

En Argentine, du fait des dérives catastrophiques du PC (browderisme, alliance avec l'ambassade US contre Peron en 1945, soutien au coup d'Etat (!) en 1976), c'est le péronisme qui a joué le rôle de "grande illusion de masse" qu'a pu être (chez nous) la SFIO jusqu'à la 2de Guerre mondiale, et le P"c" de Thorez (puis Waldeck puis Marchais) ou le "gaullisme social", sous la Ve République... (on peut considérer que c'est l'ère Menem (1989-99) qui a mis fin à cette illusion).

Dans ce cadre, la bureaucratie syndicale s'est toujours clairement inscrite dans le péronisme de droite, fascisant, se présentant comme un rempart au communisme, et pour un "capitalisme national" argentin (forcément à la solde de l'impérialisme, ou impérialiste, puisque la "3e voie" n'existe pas). Elle a collaboré avec TOUTES les juntes (sauf celle qui a directement renversé Peron, 1955-58) et joué un rôle de milice fasciste contre les "gauchistes", mais aussi les "péronistes de gauche" (ceux qui voyaient, à tort, le péronisme comme un processus révolutionnaire, ou comme une "étape indispensable" avant la révolution prolétarienne).

Aujourd'hui, cette bureaucratie syndicale lutte ouvertement contre le mouvement des masses travailleuses, toujours vif depuis Noël 2001, et recrute ses hommes de main chez les hools des stades... Tout un programme.

 

Le 20 octobre dernier, Mariano Ferreyra, militant ouvrier trotskyste, en lutte pour l'intégration des salariés cheminots externalisés (vers des entreprises sous-traitantes), a été victime de cette vermine.

 

Amerikenlutte

 

Argentine: un militant assassiné par des hommes de main de la bureaucratie syndicale

 

Mariano Ferreyra, 23 ans, militant d'un parti trotskyste, a été assassiné par balles et deux autres personnes ont été blessées, dont une femme entre la vie et la mort, par un groupe de matons du syndicat Union Ferroviaire après que des travailleurs d'entreprises sous-traitantes aient tenté d'interrompre la circulation de trains à Avellaneda. 

 

Aussitôt un rassemblement d'organisations politiques et sociales a bloqué des avenues principales du centre de Buenos Aires tandis que les travailleurs du métro (eux aussi affrontés à la bureaucratie syndicale de la CGT) ont paralysé le service durant une heure.

La Centrale de Travailleurs Argentins (CTA) a convoqué à une grève et une mobilisation demain jeudi. Une mobilisation convoquée par organisations sociales et politiques se rendra place de Mai à 17h.


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Argentine: massive manifestation contre le meurtre de Mariano Ferreyra

 

Partis et mouvements de gauche, avec des organisations sociales, syndicales, étudiantes et de défense des Droits de l'homme, se sont mobilisé jeudi 21 dans la Ville de Buenos Aires pour répudier le meurtre du militant Mariano Ferreyra. Le rassemblement a commencé à 17 h, ensuite des dizaines de milliers de personnes se sont rendues Place de Mai, où a eu lieu la lecture du document consensué. L'exigence de la condamnation des responsables politiques et matériels - liés à des matons de l'Union Ferroviaire - a été la demande unanime des manifestants.

 

 

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Argentine: trois suspects du meurtre de Mariano Ferreyra arrêtés

 

La Justice argentine a identifié 3 suspects du meurtre du jeune militant, Mariano Ferreyra. L'un d'eux, Cristian Favale, a déclaré qu'il est innocent et a accusé un autre homme du crime.

Cristian Favale, le "hooligan" ("barrabrava") accusé de tuer par balle Ferreyra, a déclaré ce lundi devant la juge Wilma López.

Il a dit qu'il a participé à la manifestation "en soutien à l'Union Ferroviaire" mais il a assuré qu'il ne portait aucune arme. De plus, il a ratifié qu'il peut identifier l'assassin.

Selon la description qu'il a faite, il pourrait s'agir de Gabriel "el payaso" Sanchez, garde de train de la station Constitution et membre des "hooligans" du club de Racing.

Les déclarations de nouveaux témoins mettent en cause Aldo Amuchástegui, un employé de chemin de fer des ateliers de la ligne Roca.

Ce lundi a aussi déclaré Pablo Díaz, le délégué de l'Union Ferroviaire. Il est accusé d'avoir recruté et coordonné les matons qui ont attaqué les travailleurs qui essayaient de couper les voies. 

Díaz a soutenu que la balle qui a tué Ferreyra est parti de son propre camp, tirée par des militants du Parti Ouvrier (PO) durant un supposé affrontement avec les employés de chemin de fer.

Devant ces déclarations, le dirigeant du PO, Marcelo Ramal, a dit que les employés de chemin de fer détenus "essaient d'embrouiller les cartes" avec la version d'avoir vu une arme à feu aux mains des travailleurs.

Mariano Ferreyra est mort mercredi dernier d'un tir d'arme à feu après une embuscade aux travailleurs d'entreprises sous-traitantes de la ligne Roca de la part d'hommes de main (du syndicat) de l'Union Ferroviaire.

Les travailleurs réclamaient leur réincorporation et les matons de l'Union Ferroviaire ont essayé d'empêcher cette protestation.

Agence Pulsar, 26 octobre 2010.

http://agenciapulsar.org/nota.php?id=18382

 

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Déclaration du Parti Communiste Révolutionnaire d'Argentine (maoïste) :

 

Châtiment pour les assassins de Mariano Ferreyra !

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Le gouvernement national essaye de dissimuler sa responsabilité dans la « zone libérée » qu'a laissée la Police Fédérale à la bande (fasciste syndicale NDLR), et de cacher ses liens avec les dirigeants syndicaux.  Les responsables matériels et politiques de ce crime doivent être arrêtés sur le champ !

 

1. Ce crime ne restera pas impuni

 

Mariano Ferreyra, jeune militant de classe et membre de Parti Ouvrier, est tombé assassiné dans la lutte, dans une lâche embuscade de la bande syndicale organisée par la direction de l'Union Ferroviaire, avec l'appui de l'entreprise Ferrobaires, et la complicité de la « zone libérée » par la Police Fédérale du gouvernement K (Kirchner NDLR). D’autres militants du PO ont été blessés par balle. Le PCR et la JCR prendront part à la grande marche et au rassemblement Place de Mai pour exiger la punition des responsables matériels et politiques de ces crimes. Et nous accompagnons la douleur des parents et des compagnons de Mariano dans leur cortège funèbre.

Il y a des films et des témoignages. Le gouvernement est responsable de l'identification immédiate des assassins de Mariano et de ceux qui les ont commandités et protégés. Est démontrée, la participation de Pedraza et de ses complices de la direction de l'Union Ferroviaire, et de la direction de l'entreprise concessionnaire dans l'organisation de la  contre la mobilisation des cheminots externalisés. Et il est évident que la Police Fédérale leur a libéré la zone pour qu'ils opèrent. Depuis là partent les fils de la chaîne de commandement vers les responsables politiques.

 

 

Un business infâme

Pedraza et la direction de l'Union Ferroviaire, les concessionnaires ferroviaires, et le Secrétariat aux Transport du gouvernement K, ont constitué une trame d'affaires qui déplace des milliards de pesos. Les subventions du gouvernement nourrissent des concessionnaires, des amis patronaux du gouvernement K (comme Cirigliano, Roggio, etc.), l’une d'elles, le Belgrano Cargas (dont sont partenaires Moyano et Franco Macri), est gérée par Elsa Coria, conjointe de Pedraza. Ces entreprises sous-traitent le travail du chemin de fer à un réseau de coopératives que payent des salaires au noir, qui sont le tiers à peine de ce que perçoivent les cheminots. Celle qui est en lutte contre les licenciements et pour la reconnaissance comme cheminots, compte parmi ses propriétaires Maximiliano Pedraza, fils du dirigeant de l'UF, et participent à sa direction d'autres dirigeants de l'UF comme Armando Matarazzo et Raúl Castellano.

Les assassins ont été envoyés pour défendre le business infâme dans lequel on a transformé des directions syndicales en entreprises qui se sont rempli les poches par la surexploitation ouvrière la plus brutale. Ce sont des hiérarques associés avec le patronat et des clans politiques du gouvernement.

 

2. Le gouvernement doit s’expliquer

 

Le gouvernement des K, dès le début, a monté une opération politique dans laquelle il a prétendu se présenter comme « victime » d'une supposée « conspiration » de Duhalde et « de ceux qui cherchent un mort », comme a dit Cristina K. La présidente peut continuer avec ses discours autocentrés (ce permanent «j'ai dit, j'ai fait, j'ai vécu…», par lesquels elle croit se donner une importance).

Mais quand il y a du sang versé, et qu’il n'y a même pas le plus petit "persil" (militant de base) emprisonné, alors elle salit la victime et cherche à en prendre la place. Se sont prêtés pour cette infâme théorie K des "deux démons" (théorie argentine des années 70, renvoyant dos à dos fascistes et révolutionnaires, un peu comme la "théorie de la tension" des révisionnistes NDLR), Hebe de Bonafini et autres partisans K dans les mouvements démocratique, d’autres ont gardé le silence, comme Carta Abierta.

Duhalde a des responsabilités impunies pour le meurtre de Kosteki et Santillán, mais ce sont les mêmes que celles du Chef de cabinet K, Aníbal Fernández, qui était le secrétaire général de la Présidence dans le gouvernement de Duhalde.

Dans ses premiers discours, Cristina K a dit des énormités. Elle a défendu la Police Fédérale face aux accusations de « zone libérée » (de même que Aníbal Fernández). Elle a également dit qu'elle ne voulait pas d'un pays « avec des bâtons et des armes à feu ». Comment peut-elle mettre sur un pied d’égalité les assassins de Mariano, qui sont sortis pour tuer avec leurs armes à feu, avec les grévistes qui se sont défendus avec quelques bâtons contre les bandes syndicales-patronales et les groupes provocateurs des services ?

L'opération du gouvernement a échoué, et maintenant il y a beaucoup à expliquer, comme les photos montrant le responsable présumé du meurtre de Mariano, Cristian Favale, bras dessus bras dessous avec Sandra Russo, chroniqueur du programme K 6.7.8, et désignée par le gouvernement « biographe » de la présidente ; et aussi avec les ministres de l'Éducation, Sileoni, et de l'Économie, Boudou, organisateur de la fête dans laquelle ont été prises ces photos, à laquelle on ne pouvait entrer qu’avec invitation. Favale était-il un garde du corps d'un certain ministre ?

 

 

3. L'irruption de la jeunesse ouvrière

 

Ceux qui ont pris la décision d'organiser la bande assassine, et qui lui ont ordonné de tirer pour tuer contre une manifestation de travailleurs, sont ceux qui travaillent, depuis décembre 2001, à déloger des rues les protestations ouvrières et populaires, liquidant ainsi la plus importante conquête démocratique de l'Argentinazo (l’insurrection argentine de décembre 2001).

Maintes et maintes fois ils ont essayé. Les plus de 30 assassinés en décembre 2001, de Kosteki et Santillán à Avellaneda, à Cuéllar et Ibáñez à Libertador. La répression contre les travailleurs de l'Hôpital français et ceux du métro. Le meurtre de Carlos Fuentealba à Neuquén. Le délogement dans l'héroïque grève de Kraft et la répression contre les cheminots à Constitucion. Les meurtres de Diego Bonefoi, Nicolás Carrasco et Sergio Violettes à Bariloche. Et tant d'autres cas.

Chaque fois que se sont produits ces bourgeons fascistes, de forces de choc de l'État ou paraétatiques, la lutte de la classe ouvrière et le Peuple les a démasquées et les a empêché d'avancer.

Dans cette poussée, ces dernières années a fait irruption cette immense masse de jeunes travailleurs avec lesquels les patrons ont «changé le sang» dans leurs entreprises, pour aller au fond de la flexibilité du travail, de l’externalisation et du travail au noir, en les soumettant à de brutales journées de travail et à des rythmes de production infernaux. Surexploitation qui a été possible avec la participation des hiérarques syndicaux et de l'État, ce qui a provoqué la haine de cette jeunesse ouvrière contre les appareils syndicaux et politiques, putréfiés, du système. La réponse n'a pas tardé à arriver : les manifestations débordent les chefs syndicaux, et jettent dans l'air les appareils qui, avant, fonctionnaient comme outils pour contenir la lutte des classes.

 

 

4. La « gouvernabilité » au pilori

 

L'irruption de cette masse de jeunes travailleurs rejoint avec les vétérans de classe, en produisant les grands combats qui ont placé la classe ouvrière au centre de la scène politique. En particulier, à partir de l'emblématique grève de Kraft, qui a été précédée de la lutte qui a conquis la contractualisation de centaines de jeunes, qui imposent le fonctionnement dans des assemblées et des corps de délégués, et cherchent des chemins combatifs avec des barrages routiers. Face aux trahisons de leurs directions syndicales, ils trouvent appui dans des plurisectorielles, dans lesquelles ils peuvent être associés avec d'autres secteurs ouvriers et populaires en lutte.

Ces masses de jeunes ouvriers et travailleurs, font irruption là et dans le monde entier, comme on l’a vu en France et dans presque toute l'Europe, ou en Chine. Ils font face aux ajustements des gouvernements, et aux licenciements et au manque de travail que provoque la crise qui, comme celle des années 30, frappe sans miséricorde, et revient quand on annonce qu'elle est terminée.

Les Pedraza voient comment leur force est peu à peu minée. Mais pas seulement les Pedraza. Les monopoles et les propriétaires fonciers qui contrôlent le pouvoir, ceux qui soutiennent le gouvernement et ceux qui se sont bercés d’illusions selon lesquelles, de la main de Kirchner, ils allaient reconstruire la «gouvernabilité» du système, se trouvent maintenant face au fait que « la prospérité économique n'a été jamais été mise à profit - intentionnellement ou par impéritie - pour essayer de reconstruire un système politique qui a été pulvérisé par la crise de 2001 », comme l’a reconnu Van Der Koy (Clarin, 23/10).

 

5. Une blessure ouverte

 

La pourriture sort à la lumière après l'infâme meurtre de Mariano Ferreyra, avec Elsa Rodriguez luttant entre la vie et la mort, et d'autres blessés par balle dans l'embuscade de Barracas. Il va y avoir des conséquences très profondes dans la situation politique.

La blessure qui a été ouverte dans le mouvement ouvrier et populaire est très profonde.

S’effondre le mensonge du double discours kirchnériste. Le gouvernement devra faire beaucoup plus que ce qu'il fait, et devra bourrer beaucoup de têtes, s'il le peut.

Dans la propriété de Moyano (leader syndical péronisme CGT, farouche anticommuniste et ennemi du "péronisme de gauche", aujourd'hui soutien du gouvernement Kirchner), avec les Kirchner, n'y avait-il pas la bande de Pedraza ? Les photos de Yasky (leader de la Centrale de Travailleurs Argentins NDLR, scission de gauche de la CGT) avec les Kirchner, et de ses embrassades avec Moyano, éclairent aussi vers où était poussée la CTA, jusqu'à ce qu'il ait été balayé par le triomphe de la Liste d’opposition de Micheli et de Perillo. Les oppositions de droite qui appellent à la « réconciliation » avec les fascistes, et demandent des ajustements, savent bien que « le four n'est pas pour les pains ».

Les trente assassinés de l'Argentinazo, comme le camarade de la CCC, Daniel Rodriguez ; comme Kosteki et Santillán, Cuéllar et Ibáñez, Fuentealba, Diego Bonefoi, Nicolás Carrasco et Sergio Violettes, Mariano Ferreyra, et tant de d'autres, sont des drapeaux de la lutte ouvrière et populaire. Nous n'oublions pas, nous ne pardonnons pas. Nous les avons quittés en chantant :  Hasta la victoria, siempre ! Et nous allons remplir ce mandat.

Compañero Ferreyra, te vengaremos !
Burocratas y patronos, todos los ahorcaremos !

 

 

http://www.forum-unite-communiste.org/uploads/3/fuc_faceboock1.pdf
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Oct 2010 à 13:55
La mort de Kirchner démontre la croisée des chemins.

par Alfredo Zaiat 

Toutes les versions de cet article : [Español]

L’hausse démesurée des actions et obligations argentines sur la place de Wall Street le jour de la mort de Néstor Kirchner, avec un marché local sans transactions pour cause de jour férié pour le Recensement national, devrait solder le débat sur l’actuel cycle économique, ou du moins convoquer la réflexion analytique de certains référents de la pensée critique. Dans des circonstances exceptionnelles, comme le décès d’un leader politique, une attaque terroriste ou le résultat d’élections, le cap des affaires spéculatives est l’expression la plus authentique de la pensée et du sentiment profond du pouvoir économique.

Ce mouvement des cours est la réponse instinctive des propriétaires du capital devant des événements qui les secouent. C’est le plus authentique de leurs désirs cachés. Il n’y a pas de répression ni de barrières inhibitoires. Leurs réactions ressemblent à celles des enfants lâchés dans un parc d’attractions. Le principe du plaisir dans son expression maximale.

Face à la mort de Kirchner, les actions et les obligations n’ont pas baissé à cause de la peur qu’implique pour des entrepreneurs et des financiers la perte de l’homme qui est le père du modèle qui leur a permis de comptabiliser dans leurs bilans des bénéfices croissants comme rarement auparavant. Elles n’ont pas baissé par l’incertitude qui pourrait marquer la sphère économique. Elles n’ont pas baissé par la forte secousse sociale qu’implique le décès du dirigeant de la principale force politique du pays. Le cours des actions et des obligations fut le signe tranchant du moment, importe peu le cheminement des jours à venir, seule compte à ce moment là, la nouvelle de sa mort. En ce momento là, les cours sont montés.

La hausse spéculative des prix des actions et des obligations fut, avec toute l’impudeur du capital, la façon de fêter la mort de Kirchner du coté du monde des affaires économiques. Cet accueil de la nouvelle montre comme aucun autre signe que le pouvoir économique est inconfortable dans la période politique et sociale présente. Qu’elle ne lui plaît pas, qu’il en préfère une autre et qu’il travaille avec enthousiasme à sa fin. Ce n’est pas un élément à sous estimer quand on établit les caractéristiques de la période inaugurée par Kirchner. Cette prise de position du pouvoir n’implique pas que le kirchnerisme fut et prétend être un courant de rupture avec le capital. Le trait essentiel de ce processus complexe et contradictoire est qu’il pose le défi de reconstruire une autre forme de capitalisme dans le pays. Semblable au modèle de développement national qui a marqué l’Argentine dès 1945 jusqu’à son interruption abrupte avec le plan de la dictature de 1976, ou à ceux qui dans d’autres parties du monde ont permis de générer une densité locale générant une industrie vigoureuse et un bien-être général.

L’alternative dans la sphère économique s’ouvre alors entre les fractions du capital qui aspirent à un retour aux sources néolibérales maquillées au goût du jour et un projet qui abrite en lui des ruptures et continuités, nécessaires à une coalition sociale qui aspire à approfondir les changements. L’augmentation violente des cours des actions argentines à Wall Street est une demande claire pour le retour à la décennie des années quatre-vingt-dix. En ce moment, des économistes de l’establishment ont commencé à établir la nécessité de changements, d’ un meilleur dialogue avec les entreprises. Cette demande s’avère paradoxale parce qu’ils affirment que Kirchner et Cristina Fernández de Kirchner n’ont pas profité durant ces années d’une période exceptionnelle pour diriger des transformations structurelles qui, assurent- ils, pourraient commencer à modifier des aspects basiques de l’économie argentine. Précisément quand ce changement est amorcé, les forces conservatrices laissent tomber sur ces initiatives toute la force de leur pouvoir.

En réalité, le capital le plus concentré ne veut pas, ni n’est intéressé par partager l’expérience de la construction d’ un sentier économique d’inclusion sociale. En revanche, ils demandent un contrôle plus strict des augmentations salariales, la réduction de la dépense publique et la restriction de l’émission de monnaie. Tous les représentants des principales chambres des entrepreneurs sont associés dans la demande d’une intervention minimale de l’État. Cette attitude passive du secteur public, ils la proposent aussi pour le taux de change pour permettre une appréciation de la monnaie pour geler les prix et aussi comme organisateur économique. Ceci est l’une des clés de l’alternative.

L’extraordinaire cycle de croissance tient aux conditions mondiales favorables, facteur notable, mais plus encore, c’ est le schéma d’appropriation de la rente agraire par des rétentions aux exportations et à la détermination de cette façon du taux de change différentiel. Cette stratégie a permis le transfert de ressources pour la réindustrialisassions et a généré des excédents fiscaux qui ont facilité la gestion de la dette extérieure et la libération de fonds vers d’autres secteurs. Cet important excédent commercial facilite l’accumulation de réserves, mais en même temps génère une pression permanente vers l’appréciation du taux d’échange. Cette tendance, si on la laisse s’exercer librement, comme au Brésil, a pour résultat la décote des produits importés avec des effets dévastateurs sur la production industrielle destinée au marché interne, avec comme conséquence la perte d’emplois.

La structure productive argentine pousse à la hausse le peso quand les prix des matières premières d’exportation sont très élevés, comme en ce moment. Si on ajoute un flux positif de capitaux financiers, encouragés par la grande liquidité internationale et des taux proches de zéro, la tension sur les changes s’aiguise. Dans un scénario d’appréciation du peso, les seuls secteurs productifs capables de survivre seraient ceux qui possèdent un niveau de productivité capable de résister à une concurrence mondiale encouragée par le taux de change défavorable. C’est le cas du secteur agricole pampéen, qui bénéficie de la rente exceptionnelle de la terre, mais aussi de la fraction du patronat qui pendant les trente ans de désindustrialisation est, pour divers motifs, parvenue à subsister et même à élargir sa production en devenant exportateurs. Ce comportement exportateur a été aidé en grande partie par les avantages multiples octroyés par l’État, comme l’énergie bon marché, les subventions et les régimes spéciaux de protection.

Les économistes du Cenda expliquent dans leur livre L’anatomie du nouveau modèle de croissance et l’actuelle croisée des chemins que « dans un contexte d’appréciation des changes, la spéculation basée sur l’existence de taux d’intérêt élevés et d’un dollar bon marché reviendra probablement, ce qui permet de faire fructifier les bénéfices obtenus en les virant à l’extérieur, avec comme conséquence spéculation, désindustrialisation et fuite des capitaux. La sortie par l’appréciation [monétaire] compte actuellement ses adhérents, qui la présentent comme un remède pour combattre l’inflation avec l’argument selon lequel les prix tendraient à se stabiliser encadrés par la concurrence externe ». Ils remarquent, alors, que pour le même motif les productions domestiques qui ont grandi à l’abri de la protection des taux changes succomberaient devant la pluie de produits importés, non seulement moins chers à cause de la plus grande productivité d’autres économies, mais en plus à cause de la chute du taux de change. Ces économistes remarquent que « pour les salariés ce scénario n’impliquerait rien de plus que le retour aux périodes d’appauvrissement progressif et d’expulsion systématique du marché du travail. À son tour, la faiblesse produite par le chômage croissant se chargera de par elle-même de geler ou même de réduire le pouvoir d’achat des salariés ».

Dans ce document du Cenda on établit qu’ « il semblerait donc, comme c’est arrivé à la sortie de la convertibilité [1dollar = 1 peso], que deux programmes économiques opposés existent ». D’un côté, le schéma du dollar cher, qui comme cela a été montré, doit être complété par des rétentions aux exportations et un contrôle des prix. De l’autre côté, le programme d’appréciation des changes, qui après avoir complètement versé le produit de l’excédent externe au marché interne de devises mène à la surévaluation du peso et, automatiquement, à une stabilisation récessive des prix. Telle est l’alternative dans l’économie, et on connaît déjà le choix du pouvoir économique. Il l’a révélé sans pudeur avec la réaction des cours des actions argentines à Wall Street après la mort de Kirchner.

Traduction libre de l’espagnol pour El Correo de : Estelle et Carlos Debiasi.

Página 12 . Le Buenos Aires, le 30 octobre 2010.


A comparer avec notre président...

Avec la mort de Kirchner, une grosse pointure a disparu en Amérique latine

 

marc VANDEPITTE

Néstor Kirchner, l’ancien président de l’Argentine, est décédé le mercredi passé des suites d’une crise cardiaque. La dernière décennie, il a joué un rôle crucial, aussi bien dans la politique intérieure qu’extérieure de son pays. Il laisse un vide énorme.

"Nous qui l’avons connu et qui nous sommes battus avec lui, nous nous souviendrons de lui comme un des grands piliers de cette ère nouvelle de l’Amérique."

Hugo Chávez

Néstor Kirchner, âgé de soixante ans, était cardiaque. L’année passée, il avait été hospitalisé à deux reprises et début septembre, on lui avait encore implanté un stent. Sa mort est toutefois survenue comme une surprise totale.

Lorsqu’il était élu président en 2003, Kirchner tombait sur un pays délabré. Entre 1976 et 1983, la dictature militaire avait coûté la vie à quelque 50.000 Argentins. (1) Les militaires avaient reçu l’appui total de Washington. Cette période a laissé des traces profondes : la gauche était anéantie et les organisations sociales quasiment détruites. Ainsi, les militaires ont frayé la voie à l’offensive néo-libérale, qui a atteint sa vitesse de croisière dans les années nonante, sous le règne du président Menem. A l’instar des recettes du FMI, l’économie argentine était totalement soumise au capital étranger. L’économie était dollarisée et le pays était placé sous la tutelle financière d’un « Currency Board », une pratique que la Grande Bretagne imposait à ses colonies au 19ème siècle. (2)

Les conséquences de cette politique étaient désastreuses. Plus de la moitié de la population tombait en dessous du seuil de pauvreté et près d’un tiers de la population active était au chômage. Les salaires étaient descendus au niveau le plus bas depuis soixante ans. Au tournant du siècle, l’endettement atteignait un niveau record de 100 milliards de dollars, ce qui signifiait un remboursement annuel de 35% des recettes de l’exportation.(3) Pendant cette période, l’inflation atteignait des valeurs pic jusqu’à 3000%, un véritable score comme dans le Zaïre de Mobutu. Pendant les années 2000-2001, le pays était au bord de la banqueroute, ce qui provoquait un mouvement de protestation populaire. Le peuple descendait en masse dans les rues. La crise économique et sociale allait de pair avec une crise politique. Il n’y avait plus aucune confiance dans l’élite politique. Les présidents démissionnaient l’un après l’autre.

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avec Evo Morales et Hugo Chavez

C’est dans ce contexte que Kirchner, jusqu’alors un politicien quasiment inconnu, fait son apparition. Contrairement à ses collègues en Bolivie, au Venezuela ou en Ecuador, il n’a pas vraiment de base populaire ou politique. Suite à la crise très profonde, la lutte sociale en Argentine était axée sur la ‘survie’ plutôt que sur la poursuite d’objectifs politiques plus larges. Les organisations sociales avaient d’ailleurs subi des coups durs pendant la dictature militaire. Kirchner n’a pas non plus un profil politique clair. Ses racines politiques et idéologiques se trouvent dans le Péronisme, une idéologie complexe et vague qui peut aller dans tous les sens.

Beaucoup d’observateurs prédisent dès lors que dans ces conditions, il ne durera pas très longtemps. Ils se sont trompés. Ce qui semblait impensable jusqu’il y a peu, Kirchner l’a réalisé. Il a coupé court aux recettes du FMI, il a réussi à contraindre la crise spectaculaire, il a ramené la stabilité dans son pays, l’orientant sur une voie progressive. Pendant sa présidence, l’économie connaît une croissance annuelle de 8,8 %, le score le plus élevé de toute l’Amérique latine.(4) Kirchner stabilise le cours du change, enraye l’énorme crise d’endettement et arrive à s’imposer contre les créanciers. Il envoie même promener le FMI. Il réussit à attirer à nouveau des investisseurs étrangers et la consommation augmente.(5) Sur le plan social, il y a également un progrès net. Kirchner sort 9 millions d’Argentins de la pauvreté ; le taux de pauvreté diminue de 54 % à 23 %. Le chômage baisse à un taux d’environ 10 %.(6) Il introduit une allocation familiale pour les familles pauvres, ce qui réduit la pauvreté enfantine à moins d’un tiers.(7) L’armée est profondément réformée et les militaires qui se sont rendu coupables de cruautés pendant la dictature militaire, sont poursuivis. La Haute Cour de Justice est également réformée et modernisée en profondeur. Kirchner joue aussi un rôle prédominant au niveau international. En 2005, lors du sommet des pays américains, il saborde définitivement - avec Hugo Chávez - la proposition des USA d’imposer un accord de libre échange à tout le continent. Il est également un pionnier important de Telesur, la chaîne de télévision indépendante du continent, qu’on appelle souvent la El-Jazeera d’Amérique latine. En mai 2009, Kirchner est élu, a l’unanimité, premier secrétaire général de l’UNASUR, l’union intergouvernementale de douze pays Sud-américains. En 2007, son épouse Cristina Fernández lui succède en tant que président.. Mais en coulisse, il continue à jouer un rôle très important.

Le bilan de la présidence de Kirchner et de son épouse est assez positif. A l’intérieur des rapports de force politiques existants, il a réalisé pas mal de choses. Le président Lula à ce propos : ‘Néstor Kirchner a toujours été pour moi un grand allié et un ami proche. Son rôle dans la reconstruction économique, sociale et politique du pays est remarquable, ainsi que son engagement dans la lutte commune pour l’intégration de l’Amérique du Sud.’. Cela n’empêche que le pays se trouve toujours devant des problèmes et des défis immenses. L’abîme qui sépare les pauvres des riches, exprimé suivant le coefficient Gini, est un des plus élevés du monde. Seuls des pays comme le Chili, la Bolivie et la Colombie font encore pire.(8) L’inflation fluctue autour des 20%. C’est beaucoup moins que pendant la période 1973-2000, lorsqu’elle se situait entre 250 et 500%, mais cela reste beaucoup trop élevé. Trop d’Argentins travaillent toujours dans le secteur informel : plus de 40 % et le taux du chômage reste assez élevé.(9) Beaucoup de mesures sociales se font attendre, trop longtemps.

Kirchner s’est aussi fait des ennemis. Son approche ferme du problème de l’endettement, la nationalisation des fonds de pensions, le renvoi du FMI et le fait d’avoir bridé les fonds spéculatifs et autres organismes financiers, ne l’ ont pas rendu populaire auprès de l’élite financière nationale et internationale. Il n’est donc pas étonnant que sa mort ait provoqué une ambiance de liesse à la bourse argentine et que les cours se soient instamment envolés de 13%. Les médias, qui sont en grande partie contrôlés par de grands groupes de capitaux se méfiaient également du président, surtout au moment où il était aux prises avec Clarín, un des plus grands groupes des médias du pays. Il a également vidé un conflit dur avec le secteur agricole et ce, peut-être pas toujours de la manière la plus tactique.

Néstor Kirchner est le politicien le plus influent d’Argentine des dernières années. Sa mort aura sans aucun doute un grand impact sur les évolutions politiques. Dans la politique argentine, les personnalités jouent un rôle très important. Kirchner a pu réaliser et maintenir l’unité au sein du péronisme, le courant politique principal du pays. La question est de savoir si d’autres en sont capables à leur tour et si l’on peut éviter une lutte pour le pouvoir. Kirchner avait l’intention de se présenter aux élections présidentielles de 2011 et il aurait probablement gagné. Cette perspective a disparu. Un avantage est que l’opposition politique est actuellement probablement trop faible.

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avec sa femme

Cristina Fernández pourra-t-elle combler le vide et poursuivre l’orientation progressiste de ces dernières années ? Atilio Borón, un intellectuel renommé, lui conseille à ce propos de renforcer les liens avec les classes populaires et les couches inférieures de la population et de réaliser un certain nombre de mesures sociales. (10)

La disparition de Kirchner se fera aussi ressentir en dehors des frontières argentines. Le coup d’Etat en Honduras et la victoire électorale de la droite au Chili ont affaibli la vague de gauche en Amérique latine. Je terminerai volontiers avec les paroles du président Evo Morales :"Je me sens esseulé par la perte du compañero et frère Néstor Kirchner. Dans les moments difficiles, Néstor était toujours de mon côté et j’espère que ce sera ainsi à l’avenir."

Marc Vandepitte.

www.cubanismo.net

Notes de bas de page  :

(1) Suárez Salazar L., Madre América. Un siglo de violencia y dolor (1898-1998), Havana 2003, p. 19.

(2) Herrera R., Les Avancées révolutionnaires en Amérique latine. Des transitions socialistes au XXIe siècle ?, Lyon 2010, p. 77.

(3) Financial Times, 29/10/2010, p. 6 ; UNDP, Human Development Report 2005, New York 2005, p. 280.

(4) Financial Times, 29/10/2010, p. 6. (5) Weisbrot M., ‘Kirchner Rescued Argentina’s Economy, Helped Unite South America’, http://mrzine.monthlyreview.org/201....

(6) ‘Trece encuestadoras coinciden en que Cristina Kirchner logra entre 40 y 47 puntos y balance “K”’, http://www.agencianova.com/nota.asp....

(7) Younker K, ‘Asignación Universal por Hijo, One Year Later’, http://www.argentinaindependent.com...

(8) UNDP, Human Development Report 2007-2008, New York 2007, p. 281.

(9) Valenta M., ‘Informal Economy Just Won’t Shrink’, http://ipsnews.net/news.asp?idnews=38136.

(10) Borón A., ‘Néstor Kirchner : legados y desafíos’, http://www.cubadebate.cu/opinion/20....



Edité par T 34 - 05 Nov 2010 à 16:42
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Nov 2010 à 16:08

Un juge de Miami refuse l’extradition d’un Argentin génocidaire

Miami, 6 novembre (Granma-RHC).— Un juge fédéral de l’Etat de la Floride, aux États-Unis a rejeté une demande d’extradition en Argentine contre Roberto Bravo, ancien militaire accusé d’avoir participé, dans cette nation sud-américaine, à un massacre de prisonniers politiques dans les années 1970 du siècle dernier.

Une dépêche de l’agence étasunienne AP, indique que le magistrat Robert Dube a expliqué qu’il a pris cette décision car il a des doutes sur les évidences présentées. Il a pris en considération le fait que ce militaire a déclaré que les accusations contre lui, avaient un caractère politique.

L’ancien lieutenant de la marine argentine, est accusé dans son pays de 16 assassinats en 1972 dans la ville de Trelew en Patagonie.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Nov 2010 à 17:34

La présidente de l’Argentine annonce un paiement extra aux retraités

Buenos Aires, 24 novembre(RHC-PL).—La présidente de l’Argentine, Cristina Fernández, a annoncé aujourd’hui, que plus de 4 millions de retraités vont recevoir en décembre prochain et pour une seule fois le paiement de l’équivalent de 126 dollars.

Lors d’une allocution transmise par la chaîne nationale de radio et de télévision, la chef de l’Etat a précisé que la mesure signifie pour l’Administration Nationale de la Sécurité Sociale un investissement de plus de 512 millions de dollars.

Elle a souligné que cette mesure est possible parce que l’Etat a pu récupérer le contrôle de son économie et parce qu’elle a une pensée pour ces hommes et ces femmes du troisième âge, qui font des efforts pour s’insérer dans la vie sociale.

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