Forum Unité Communiste Page d'accueil
  Sujets actifs Sujets actifs
  FAQ FAQ  Rechercher dans le Forum   Calendrier   Inscription Inscription  Connexion Connexion
Accueil Forum Accueil Forum > Pour s'informer, notre sélection d'articles > France

Charlie Hebdo

 Répondre Répondre Page  123>
Auteur
Message
  Sujet Recherche Sujet Recherche  Options des sujets Options des sujets
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: Charlie Hebdo
    Envoyé : 09 Jan 2015 à 21:35
Qu’ont-ils fait pour éradiquer la Bête ?
 

Charlie Hebdo. Je ne veux pas partager mon deuil et ma douleur avec eux

 
 

Les monstres qui ont commis ce crime inqualifiable au siège de Charlie Hebdo, l’hebdo insoumis, provocateur, antiraciste, humaniste (mais qui fut injuste envers ce site où j’écris), sont des hommes formatés par des courants religieux fascisants, par des Etats théocratiques « fondamentalistes », « amis de la France », pour faire taire l’esprit critique, l’humour, l’anticonformisme, la pensée libre, la laïcité, la création sans rivages... Ils n’ont aucune excuse.

J’ai du mal à concevoir que des hommes aient pu à ce point s’aliéner, s’avilir, se fanatiser, se laisser manipuler, s’animaliser, pour produire une telle barbarie.

Je suis en deuil. Le crime de ces assassins vise notre République, celle des Lumières, du contrat social, des droits de l’homme, de l’égalité entre eux, de la liberté pleine et entière... Cette « gueuse » que sociaux et néolibéraux n’ont de cesse, depuis plus de trente ans, de dépecer, de démonter, d’affaiblir par l’explosion des inégalités, le communautarisme, l’instrumentalisation du racisme, la concurrence à tout crin, par le rabougrissement de l’Etat, la multiplication des brisures sociales, la ruée contre les services publics et les biens communs, la casse de l’ascenseur social scolaire, jadis intégrateur, la pratique de l’amalgame délétère « Islam = terrorisme » , le « no future » pour des millions de jeunes Français, quelle que soit leur origine.

Et on voudrait aujourd’hui que je défende, au nom de la douleur, ma République sociale et démocratique bras-dessus bras-dessous avec ses fossoyeurs, avec ceux qui, à force de déifier le marché, de le débrider toujours plus, de tout marchandiser, de dépolitiser, ont laissé le champ libre aux intégrismes de toutes sortes ?

Oui, je crois à la nécessaire, à l’urgente unité populaire et républicaine, mais avec tous les Républicains sincères, tous ceux qui partagent ces valeur de base, la tolérance, l’ouverture à l’autre, la justice sociale, le débat sans corsets, la liberté sans demi-mesure, et notamment celle des médias ; oui, je crois à l’unité avec tous ceux qui défendent le pluralisme de l’information... pas avec les hypocrites qui pleurent aujourd’hui sur la République menacée et qui n’ont cessé d’attiser les haines raciales, les vieilles peurs, de stigmatiser l’autre, de détruire toute espérance progressiste...

Qu’ont-ils fait pour éradiquer la Bête ?

Que viennent-ils pleurnicher aujourd’hui sur la liberté de la presse alors que Charlie Hebdo était sur le point de déposer le bilan, que le pouvoir rend chaque jour la vie plus difficile, par des dispositions mortifères à « l’Humanité », au « Monde Diplomatique » ? De quelle liberté d’information parle-t-on ? De celle sous la coupe des marchands d’armes, des bétonneurs, des chiens de garde de l’oligarchie, du latifundium médiatique désinformateur, de la pensée unique et cynique.

Oui, je crois à l’unité populaire et républicaine face à la barbarie, mais avec tous ceux qui consacrent beaucoup d’énergie à solidariser, à « faire pays » quand les autres l’atomisent, le livrent à la guerre de tous contre tous, le blessent, le défigurent, en font une jungle. Je me souviens que lorsque Charlie Hebdo nous gratifiait de quelques « unes » décapantes, les moralisateurs venaient faire la leçon à ces « dangereux agitateurs ».

Alors, oui, je suis en deuil, je l’assume, je le revendique. Il y a danger, il faut se rassembler. Oui, j’ai mal, mais je ne veux pas partager ce deuil et cette douleur avec ceux qui ont contribué à créer le climat nauséabond et létal qui ronge notre pays depuis des années. Oui, l’islamisme, comme tous les intégrismes, est un danger. Mais qui arme et entraîne ces monstres ? Le Qatar, l’Arabie Saoudite, les Emirats, ces Etats voyous, extrémistes, obscurantistes, valets de l’impérialisme français, qui blanchissent les milliards sales dans des paradis fiscaux, garantissent aux multinationales occidentales une chasse gardée pétrolière, piétinent les droits de l’homme et des femmes, combattent les laïques et la gauche... Comment peut-on à la fois s’ériger en gendarme international contre les groupes terroristes, et livrer, par exemple, le Paris-Saint-Germain au Qatar ?

Alors, oui, je manifesterai, le cœur et la colère gros, mais en prenant soin d’éviter les infréquentables. Je ne veux pas, je le redis, partager ce deuil et cette douleur avec eux.

Jean Ortiz

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Jan 2015 à 21:42
Qui a tué les caricaturistes de Charlie Hebdo?
 
 
IRIB-Une fusillade terroriste a eu lieu au siège du journal satirique Charlie Hebdo ce mercredi au cœur de Paris : "des assaillants armés et cagoulés se sont introduits dans le bâtiment avant d'ouvrir le feu sur des employés au nombre desquels figuraient quatre des caricaturistes, ceux-là mêmes qui de part leur images anti Mohamed ont provoqué il y a deux ans de cela un tollé à travers le monde musulman ".
 
Pour quiconque lirait ces quelques lignes , au moment où la France est sous le choc, le doute ne peut persister  : comme à chaque coup anti occidental, les musulmans, " d'essence terroriste", et dont le nombre dépasse les 3 millions en France, se seraient laissés guidés par leur intact d'assassin, se vengeant d'intellectuels ( caricaturistes) qui n'exerçaient après tout que leur droit le plus élémentaire en démocratie à savoir celui de l'expression. cette conclusion assez hâtive se heurte toutefois à une réalité qui elle, n'est pas aussi simple : les 11 victimes de l'attentat terroriste de ce mercredi ont vus des hommes armés de lance-roquettes et de mitraillettes s'introduire dans leur bureau, d'ouvrir le feu sur eux, de tirer , de se sauver , de laisser derrière eux un bain de sang ....dans la foulée, les écoles, ont fermé, les gens ont déserté les rues , la police voire l'armée s'est mise en état d'alerte; les français terrorisés se sont cloitrés chez eux par crainte de devenir la prochaine cible; certains dires font même part de la mise en état d'alerte de l'armée , de l'aviation française pour défendre le pays contre toute éventuelle frappes terroristes ....
 
Bref pendant  quelques heures Paris est devenu Damas, Tripoli, Beyrouth, Bagdad, et les français, des syriens, des  libyens, des libanais , des irakiens ! depuis 2011, la France sarkozyste , puis hollandaise, s'est engagées dans une entreprise nauséabonde de soutien explicite au terrorisme wahhabite, le même qui entache le nom même de l'islam. par simple appât de gain, pour quelques milliards de pétrodollars, les ministres français ont fait de Riyad et de Doha , leur temple ,tournant le dos aux idéaux que la France non américanisée des années 50 60 défendaient encore ! Paris a voué aux gémonies la Syrie , ce pays dont la population lui vouait elle, amour et intérêt et respect.. la France a voulu la tête d'Assad et avec elle , la fin de l'Etat nation syrien : elle l'a voulu et elle a fait tout pour:  la pseudo coalition nationale, ce cocktail d'assassins, de vendus, de terroristes a trouvé en France son meilleur refuge; les traitres à l'Etat syrien ont été hébergés sur le sol français , la France a favorisé le trafic d'armes  à destination des terroristes takfiris et s'est ligué systématiquement sur la ligne belliciste d'une Turquie né ottoman, d'un Qatar fou des Frères et enfin d'une Arabie assoiffé du sang des non wahhabite... la France s'est rendue complice des atrocités commises tour à tour en Libye, en Syrie, en Irak ... alors qui a tué les caricaturistes de Charlie Hebdo? le réponse est dans la question....
 
 
 
 

 


Edité par T 34 - 14 Jan 2015 à 01:18
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Jan 2015 à 22:27
 
Source : les crises.fr

Pour tout vous dire, je mûris ce billet depuis mercredi, je me demandais juste combien de temps il mettrait à dire ça…

 

Ben si, en 48 heures même, couillons

 

Et ce alors que l’encre de la 14e loi liberticide contre le terrorisme en 20 ans n’est même pas sèche…

Valls se rapproche enfin de son modèle :

En vidéo (20/09/2001) – cela nous fera une avance sur la prochaine séance au Parlement :

 

Moi, je pense qu’il va bientôt bombarder l’Irak…

(EDIT : Ah flûte, on me signale dans l’oreillette qu’il l’a déjà fait en fait depuis plusieurs mois, en fait)

Bref :

La peine de mort (inutile dans tous les cas) demandée pour des kamikazes rêvant de leurs 70 vierges : toute l’intelligence du Front national dans “cette proposition” humaniste

Tiens, dans la série des gros couillons (désolé, je n’ai pas le courage d’éplucher les tweets à l’UMP) :

(quand je pense qu’on me demande parfois pourquoi je ne soutiens pas ces clowns dangereux…)

 

Mon pauvre Cabu, si tu avais su tout ce qu’on ferait en ton nom…

EDIT : une info pas inintéressante sur les barbares :

=================================================

Hommage à Charb (putain, tu vas nous manquer):

Alors en conclusion, je vais pour ma part combattre le terrorisme ce week end :

  1. je ne vais pas me laisser terroriser, surtout par 3 dingues (purée, mais ils ne sont que 3 en trains de terroriser le pays !!! Ils vous nous en envoyer 50 quand ils vont voir l’efficacité de leur action dans les médias)
  2. je ne vais évident RIEN changer à mes habitudes (moi, les seuls moment où j’ai peur, c’est quand je croise 5 militaires dans les couloirs du RER (inutiles) ce qui donne soudainement une impression pour le coup de vraie guerre)
  3. je  ne vais évidemment pas écouter les médias délirer et entrer dans le jeu des terroristes (regardez comme votre vie est moins stressante quand vous n’écoutez plus les informations en ce moment), mais relire un bon livre de Chomsky sur le 11 septembre (rassurez-vous, vous allez aussi en bouffer sur ce blog)

Bon week end !

P.S. Si un dessinateur à envie de déféquer sur Mahomet ce week end, je lui demande amicalement de plutôt jouer au foot, cela évitera qu’in fine, un État policier autoritaire soit mis en place en France de mon vivant… Merci d’avance.

 
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Jan 2015 à 22:39

Le terrorisme ce n'est pas bien ... enfin sauf quand deux présidents français l'arment. Et quand ça touche la France ces deux hypocrites font semblant de le dénoncer.

 
Notez comment dans la presse française on nomme "rebelles" ceux qu'on appelle terroristes ici.

Paris admet des livraisons d'armes aux rebelles libyens
 
Le Point.fr - Publié le  29/06/2011
 

La France a admis pour la première fois mercredi qu'elle avait livré des armes aux rebelles libyens, dans la région du Djebel Nafusa, au sud-est de Tripoli, un geste qui peut être interprété comme une volonté de hâter la fin du conflit mais qui est contesté par ses alliés. L'état-major français a confirmé partiellement des informations du journal Le Figaro sur des parachutages d'armes à la rébellion libyenne, mais s'est immédiatement attiré les critiques de la Grande-Bretagne, son principal partenaire dans la crise libyenne. Il s'agit, affirme Paris, d'armes légères, larguées à l'occasion d'opérations d'aide humanitaire en faveur de populations sous la menace des troupes de Muammar Kadhafi dans cette région située à quelques dizaines de kilomètres de Tripoli.

"Pendant les opérations, la situation des civils au sol s'est dégradée. Nous avons également largué des armes et des moyens pour leur permettre de se défendre, essentiellement des munitions", a expliqué le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major. Il s'agissait, a-t-il poursuivi, d'"armes qui peuvent être maniées par des civils", de "l'armement léger d'infanterie de type fusil".

Le quotidien Le Figaro a affirmé que la France avait procédé à des parachutages d'armes pour donner un coup de pouce à la rébellion. Le quotidien, qui cite "une source française haut placée", fait notamment état de lance-roquettes, fusils d'assaut, mitrailleuses et missiles antichar Milan. Une source officieuse proche du dossier a également confirmé que la France avait fait passer des armes via des parachutages et par les frontières terrestres avec des pays voisins. La décision aurait été prise à la suite d'une réunion, mi-avril, entre le président français Nicolas Sarkozy et le chef d'état-major des rebelles libyens, le général Abdelfatah Younès, accompagné d'autres membres de la rébellion, a précisé cette source. Selon Le Figaro, la France juge que ce front sud pourrait se révéler décisif dans le conflit en accélérant une éventuelle chute de Tripoli. "Si les rebelles parviennent jusqu'aux abords de Tripoli, la capitale ne manquera pas de se soulever contre Kadhafi", a dit au journal un haut responsable français.

Syrie : François Hollande confirme la livraison d'armes aux rebelles

 
Le Parisien | 21 Août 2014
 
«Les rebelles syriens méritent tout notre soutien». François Hollande a été clair sur sa position en Syrie, ravagée par la guerre civile depuis plus de trois ans, dans son interview donnée au journal Le Monde, jeudi. Quelques heures plus tard, ce jeudi, lors d'une visite à La Réunion, le chef de l'Etat français est allé plus loin, confirmant une rumeur qui courait depuis plusieurs mois.
 
La France a bien livré des armes aux rebelles Syriens, en lutte contre les forces loyalistes. Ces livraisons sont intervenues «il y a plusieurs mois, quand des rebelles syriens faisaient face à la fois aux armées du dictateur Bachar al-Assad et au comportement de ce groupe terroriste, l'Etat islamique», a détaillé François Hollande. 

«On ne pouvait pas laisser les seuls Syriens, qui préparaient la démocratie (...), être sans armes», a-t-il justifié. Et de poursuivre : «Aujourd'hui encore, c'est terrible ce qui se passe en Syrie», avec «d'un côté, l'Etat de Bachar al-Assad qui continue de pilonner et de massacrer, (de l'autre) l'Etat islamique (l'EI) et, au milieu, celles et ceux qui étaient supposés préparer l'avenir et qui sont pris en tenaille». Et de conclure : «Nous ne devons pas relâcher le soutien que nous avions accordé à ces rebelles qui sont les seuls à participer à l'esprit démocratique».

Une livraison en concertation avec les Etats-Unis et la Grande Bretagne

L'information circulait depuis 2013 sans être réellement confirmée par les autorités. En mars de cette même année, le Nouvel Observateur affirmait en effet que la France avait livré des armes aux rebelles. Selon l'hebdomadaire, qui citaient une source anonyme au sien de l'appareil d'Etat, le président avait commencé la livraison à la mi-décembre 2012, «en concertation avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis». François Hollande confirme à nouveau ce jeudi que ce genre d'opération ne peut «pas se faire seul» et «se fait en bonne intelligence avec l'Europe et les Américains».
 


Par contre cela ne dérange pas Hollande et Valls d'interdire des manifestations contre le terrorisme d'état israélien.
 


Edité par T 34 - 11 Feb 2015 à 04:42
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Jan 2015 à 00:27
Poroshenko vient à la marche contre le terrorisme dimanche. Ce sont les victimes du terrorisme d'état ukrainien qui vont être contentes ! Il y aura aussi Jens Stoltenberg secrétaire national de l'Organisation Terroriste de l'Atlantique Nord, ainsi que Jean-Claude Juncker et Merkel (représentant du terrorisme économique contre les peuples européens). David Cameron sera également là lui qui comme Sarkozy a fait de la Libye un paradis pour terroristes. Mariano Rajoy laudateur du terrorisme d'état franquiste et inspirateur de la « loi organique de sécurité citoyenne », connue sous le nom de « loi bâillon » qui interdit à tout citoyen espagnol de manifester en Espagne.
 
 


Edité par T 34 - 13 Jan 2015 à 01:29
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Jan 2015 à 01:37
User nos semelles sur le froid macadam pour cautionner les chefs d’Etat européens ?
 

Ah bon ! Quelle liberté de la presse ?

 
 

La suite de l’attentat contre Charlie Hebdo est comme une deuxième mort. Quand, face aux caméras de télévision, on ne trouve rien de mieux que Caroline Fourest et Philippe Val pour défendre la liberté de la presse, c’est qu’elle-même a décampé.

L’attentat de Richard Lenoir n’en est pas seulement un contre un hebdomadaire et ses héros, il en cache un autre, celui qui fait crier des dizaines de milliers de français venus dans la rue pour défendre la « liberté de la presse ». Quelle liberté ? Celle de Dassault, de Lagardère, de Bergé, Pigasse et Niel, celle de Drahi ou Rothschild, de Pinault ou d’Arnaud ? Les hommes au bon cœur, en sortant de chez eux pour manifester la haine qu’ils éprouvent pour les ennemies de la liberté, n’ont pas imaginé qu’en allant ainsi user leurs semelles sur le froid macadam, ils cautionnaient le système. Celui qui fait que la presse est moribonde, étouffée par ses mensonges, par ses oublis, par ses réseaux et de son peu de goût pour cette maxime venu des États Unis, mais qui me plait quand même : le journaliste est là pour réconforter les faibles et affliger les puissants.

Le pompon, comme le cordon du poêle que l’on doit tenir en ce jour de deuil, c’est le débarquement de Sarkozy à l’Élysée. Sarko is back, la belle image. Sorti du bavardage inutile avec Hollande, de son moment de connivence entre professionnel de la politique, on a pu entendre le nouveau président de l’UMP dauber sur « le système de sécurité français qui n’est pas adapté ». Il faut oser. Qui a organisé l’islam de France autour de l’UOIF au point que ce chef d’œuvre vient d’être couché par les Émirats Arabes Unis sur la liste des organisations terroristes ? Qui a soufflé sur le feu en Syrie avant de semer le chaos en Libye pour en faire deux nouvelles patries du djihad ? Principalement Sarkozy et ses compères du Qatar.

Après la tuerie de Charlie le temps est venu, non point d’ouvrir les prisons et de donner plus des fusils aux gendarmes. Le temps est venu d’un mea culpa. Il faut qu’un tribunal international juge tous les politiciens, essentiellement ceux de Washington, de Ryad et de Doha, qui ont inventé et nourri le djihad et son esprit, celui qui nous frappe aujourd’hui. Rappelons nous combien Ben Laden était un gentil garçon quand, aux côtés de la CIA, il se battant en Afghanistan contre les soviétiques. Rappelons-nous l’indifférence occidentale aux tueries perpétrées en Algérie par les sbires du GIA, dès qu’ils sont rentrés au pays leur campagne afghane terminée. Rappelons-nous que les États-Unis refusent toujours de publier 28 pages du rapport officiel sur les attentats du 11 septembre. Feuillets qui mettent en cause la complaisance de l’Arabie Saoudite pour les guérilleros ailés de Manhattan.

Peine perdue, demain nous passerons le micro à des Zemmour ou des Houellebecq puisqu’il semble que ce soit avec ces remèdes que les médias, et ceux qui les possèdent, entendent faire rendre gorge aux mahométans tout en sauvegardant la liberté de la presse.

Jacques-Marie Bourget


Je suis le peuple

 
 

C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches. Victor Hugo, L'Homme qui rit.

Mon deuil et ma douleur vont à mon pays qui a produit une sous-population de jeunes sans éducation, sans culture, sans travail, sans avenir, avec pour échappatoire le vol, le deal, les trafics, les règlements de comptes, ou le crime au service de dieu.

C’est sur les criminels qu’il faut pleurer en les abattant ou en les traînant devant une justice qui ne s’avoue pas bourgeoise mais qui, comme les escaliers de la butte, est dure aux malheureux. Et bien dérisoire quand elle est le reflet des peurs de la société... Ils sont ma douleur.

Eux, les malheureux, ne me font pas rire bien qu’ils offrent quotidiennement une caricature de la vie et permettent de manière sporadique à des clowns sinistres de sortir de leur boîte au bout d’un ressort, de plastronner au nom de la liberté, de la République, devenue soudain fraternelle, égalitaire ; mais qui mettent jour après jour un peuple à bas en le réduisant à mendier dans les rues, à être mal logé, mal chauffé, mal nourri, mal transporté, mal payé et réduit au chômage sans perspectives. Et en tentant de l’abrutir en prime.

Et comme ce peuple est sans espoir, il lui reste à se rassembler pour se réchauffer un moment autour de bougies dans la rue, lui qui ne sait quoi faire quand il s’agit de défendre ses prérogatives, sa dignité et son pain.

Je suis le peuple, nous sommes tous le peuple au quotidien, et la semaine et le dimanche, enfin... nous qui ne sommes pas les parasites dont il ne sait s’épouiller.

Communiqué suite à l'attentat contre Charlie Hebdo

Edité par T 34 - 11 Jan 2015 à 01:26
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Jan 2015 à 04:55

Sur la barbarie impérialiste et ses terroristes

 
José Luis Forneo
 
Que des fous commentent un massacre pour de stupides motifs religieux (la religion est toujours stupide) ou que des mercenaires assassinent des innocents au service de leurs maîtres pas très différents est toujours condamnable. Mais il faut rappeler que les médiatiques terroristes de l'Etat islamique ne sont rien de plus que des pions au service de l'impérialisme étasunien, recrutés, financés et armés par des pays comme les Etats-Unis, la France, l'Espagne, l'Allemagne ou Israël (c'est à dire les dénommé "pays civilisés").
 
Que les armes automatiques que les assassins utilisèrent, le lance roquette avec lequel ils tirèrent, et même l'automobile avec laquelle ils fuirent, sont payé avec les impôts des citoyens européens qui, naïf, croient vivre libre et dans une société démocratique.

D'un autre côté, il y a une hypocrisie vomitive quand le terrorisme, bien que nous le payons nous même, frappe à notre porte, tous sanglotent et s'arrachent  les cheveux pour montrer leur douleur, c'est à dire ce que ferait toute pleureuse pour de l'argent ou pour bien paraître dans sa tribu. Pendant ce temps ils regardent ailleurs ou même votent pour les criminels qui les ordonnent quand il s'agit des millions de morts de leur modernes avions et des modernes armes de destruction, produites par les multinationales d'armement, qui se produisent loin de chez eux dans ce que nous appelons le "tiers monde", dans leur guerre de rapine (qui soutiennent bien sur notre état providence, qui l'est en comparaison du leur, bien que dernièrement le suppriment au moyen de l'austérité les mêmes qui donnent l'ordre de bombarder des villes ou d'envahir des pays depuis leurs luxueux bureaux occidentaux).

La domination idéologique est telle que quand quelques fous ou sicaires commettent un massacre contre (comme d'habitude) des travailleurs, les citoyens (ceux qui se croient libre), sortent dans la rue pour protester contre les ennemis éloignés au lieu de s'occuper une bonne fois pour toute de ceux qui les créent, les provoquent, les arment et les gâtent au nom d'intérêts économiques qui bénéficient seulement à une minorité de mafieux et de dangereux délinquants. Délinquants qu'ensuite, summum de l'idiotie, nous maintenons au pouvoir avec nos votes et notre complicité.

Les Etats-Unis, L'Union Européenne, les dictature arabes et Israël ont créé l'Etat Islamique, comme il créèrent aussi Al Qaeda, pour servir d'outil dans leurs pillages et leurs génocides, avec le consentement et même l'appuis, des "citoyens libres". Cependant les victimes sont toujours des nôtres, celles éloignées comme celles qui sont chez nous : des travailleurs et des exploités. Mais on nous ait convaincu avec tout une cirque médiatique du contraire qu'elles ne sont pas de "notre patrie", "religion" ou "race", toutes des étiquettes promotionnées pour nous éloigner de notre appartenance une même classe et situation économique.

Dans tous les cas nous exprimons notre rejet aux crimes exécutés par les mercenaires au service de nos gouvernements (c'est à dire des multinationales qui les contrôlent), qu'ils se nomment : Etat Islamique, US Marines ou Al Qaeda, contre des membres de la classe ouvrière avec l'excuse de la religion, un des fardeaux qui maintient enchainé l'Homo sapiens dans l'état de bestialité et qui l'empêche de se guider avec la principale caractéristique qui le distingue des animaux sauvages : la raison, unique outil qui lui a permit et qui permettra à l'être humain d'évoluer et de continuer à la faire, depuis sa différenciation avec les singes, jusqu'à la construction d'un monde libre, égalitaire et sans exploitation.
 
 

 


Edité par T 34 - 11 Jan 2015 à 00:21
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Jan 2015 à 05:37
 
Olivier Berruyer - les crises.fr

Primo, condamnons sans équivoque la barbarie de ce crime indéfendable.

Secundo, honorons la mémoire des victimes et pensons à leurs proches

Tertio, à l’heure où on veut nous obliger à hurler “Je suis Charlie”, n’oublions pas ce que c’est non plus et ce qu’on veut nous faire endosser… D’où cette mise au point utile d’un des anciens de Charlie Hebdo, écrite il y a 1 an.

Désolé, je voulais attendre 1 mois plein avant de remettre ceci sur le tapis, mais le fil des événements, ainsi que l’expérience du 11 septembre me pousse à contrecoeur à traiter de ces sujets plus tôt.

Je vous encourage donc à rendre hommage à l’équipe de Charlie Hebdo dimanche en boycottant la “manifestation” de dimanche.

Pour ma part, je n’irai pas, et  ce, pour plusieurs raisons (à vous de les évaluer et de vous faire votre opinion).

La première, pour ne pas être complice d’une infâme récupération

Avez-vous envie de vous associer à l’OTAN en grande pompes ?

L’OTAN qui met le feu au Moyen-Orient depuis 25 ans et qui a engendré des milliers de terroristes ?

L’OTAN qui annonçait le lendemain du massacre avoir largué 5 000 bombes en Irak ? (et on s’étonne donc des retours de flamme ?)

Voulez-vous donc risquer de soutenir par avance des politiques qui causeront encore plus de morts là-bas, et plus de terroristes dans le futur ?

Alors sérieusement, vous pensez que Cabu a envie de voir Merkel venir larmoyer (et se faire de la publicité) sur son cercueil ?

La deuxième, c’est qu’il y aura le président ukrainien

Vous savez celui qui a des néo-nazies qui combattent pour lui, et dont les troupes ont tué des centaines de civils dans l’Est de l’Ukraine ? Lui dont la place est à La Haye, et pas à Paris avec Cabu ?  C’est l’esprit Charlie ça ?

EDIT : tiens, je me disais qu’on l’aurait bien aussi lui :

Vous vous rappelez, c’est celui qui refuse de reconnaître la Cour Pénale Internationale – sans doute un peu car il a fait ça cet été (et qui n’a probablement aucun rapport avec une hausse du terrorisme, bien entendu) :

(Si vous avez le coeur très très bien accroché, regardez ou )

Hommage à Charb, qui nous manquera tant sur ces questions… :

EDIT 2 : tiens, il y aura aussi le turc Erdogan. Je me demande s’il pensera à Fazil Say, comdamné en Turquie pour avoir revendiqué son athéisme.. #JeSuisCharlie ?

 
La troisième, c’est qu’ils n’aimaient pas les messes du dimanche

La quatrième,  c’est qu’on ne manifeste pas “contre le terrorisme”

On manifeste pour demander au gouvernement des solutions concrètes non pas pour empêcher les terroristes d’agir, mais pour qu’il déconnecte la machine à fabriquer des terroristes (conflit en Palestine, islamophobie, “choc des civilisations”, “guerre contre le terrorisme”, BHL, misère, etc.)

La cinquième, c’est que je ne suis pas Charlie

Car Charlie avait une face sombre, discutable, non respectueuse de l’autre (à différents niveaux) et donc non humaniste, à laquelle je ne veux pas être associé.

Condamner le massacre : oui, évidemment ! Promouvoir la liberté d’expression, oui ! Mais donner un blanc seing à tout ce qui a été fait, non !

Vous êtes Charlie ?

Donc vous êtes ça :

(je n’ai pas la moindre complaisance avec le FN, j’ai encore dénoncé Marine Le Pen ce matin ; mais c’est 25 % des Français qu’on traite de merde, alors que beaucoup font partie des Français qui souffrent le plus dans notre pays – on est en droit d’espérer des analyses un peu plus fines)

Donc NON, désolé, je les pleure, mais Je ne suis pas Charlie, car je ne suis pas tout ça, moi je préfère que les gens soient – quand c’est possible – respectés, et qu’on travaille à rapprocher plutôt qu’à diviser.

Car je suis désolé, alors que plein de dessins de Charlie sont d’une intelligence extrême, la plupart de ceux-ci, ceux qui ont causé tant de problèmes et de dégâts, ne sont pas drôles, ne véhiculent aucune message, ne poussent pas à la réflexion : ce sont de simples provocations gratuites, sans talent, destinées à choquer, humilier, blesser. Et que je vois mal où est la “liberté d’expression” là-dedans (car je ne vois pas “l’expression”, et je ne suis pas le seul),

alors que je vois assez bien où est l’incitation à la haine – un peu comme si vous allez hurler face à votre voisin que sa femme est très moche et ses enfants de gros mal élevés… Ce qui n’excuse évidemment en RIEN les actes barbares – mais qu’on ne vienne pas me demander de mettre des stickers “Je suis Charlie”…

On a aussi le droit d’écouter les autres, et d’essayer de faire preuve de fraternité…

Pour l’ex-Premier ministre de Malaisie, Mahathir Mohamad, l’hebdomadaire a maintes fois manqué de respect à l’islam. « Ont-ils besoin de ridiculiser le prophète Mahomet en sachant qu’ils offensent les musulmans ? » a-t-il dit cité par l’agence officielle Bernama. « Nous respectons leur religion, et ils doivent respecter la nôtre ».

La sixième, c’est que je veux protéger mes concitoyens

Je ne suis pas irresponsable comme tous nos médias. Honorer les morts oui, afficher “Je suis Charlie” partout, au vu des dessins précédents, envoie un clair message au monde musulman : “Attaquer ainsi votre prophète n’est pas le fait de quelques dessinateurs provocateurs, mais est assumé par toute la population française”.

Et donc chaque Français sera désormais une cible désignée pour les extrémistes de tout poil. Je ne porterai pas une telle responsabilité…

Libération indique d’ailleurs :

La septième, c’est que personne n’a manifesté contre ça en décembre :

Alors si on ne veut pas indiquer aux musulmans que leurs vies n’ont aucune valeur, qu’aucun dirigeant ne se déplace pour eux, autant appliquer la même règle à nos morts : le “2 poids 2 mesures” détruira notre civilisation à la longue.

La huitième, c’est que 3 barbares n’ont pas à influer sur ma vie

J’ai prévu autre chose dimanche, et ce ne sont pas 3 barbares qui vont changer un iota de ma vie…

Cela reviendrait à combler leurs attentes – et à envoyer un signal clair à l’État islamique : “renvoyez donc quelques barbares, vous aurez encore une semaine pleine sur nos médias pour parler de vous et terroriser notre population, avant qu’on vote une nouvelle loi liberticide et inutile”…

La neuvième c’est que, ami musulman, tu n’as rien à prouver

J’ai vu ces appels “aux musulmans” à se “mobilier” pour montrer que vous n’êtes pas des terroristes !

Mais c’est quoi ce délire ?

Ami musulman, j’imagine que tu as lu comme moi les 10 commandements, en particulier le 6e, disant :

Tu ne tueras point” [Dieu pour ceux qui y croient, un philosophe génial à écouter pour les autres]

C’est clair net et précis, et aucun prophète ou religieux ne peut contredire la parole claire de Dieu me semble-t-il…

Quoiqu’il en soit, ami musulman – et concitoyen si tu es français – tu ne peux donc – évidemment, et comme moi – que désapprouver ces actes barbares.

Tu n’as donc évidemment rien de commun avec ceux qui les ont perpétrés.

Tu n’es pas plus responsable de ceci que moi des crimes de l’Inquisition ou de Pol Pot…

Tu n’as donc aucune preuve à apporter, aucune excuse à présenter pour des actes de crétins, aucune repentance à faire et tu n’as donc pas à subir ça :

==========================================================

==========================================================

Je rappelle qu’il y a 2 ou 3 siècles, les Charlie auraient été brûlés en place publique par des intégristes catholiques…

Et qu’on ne vienne pas me dire qu’on serait plus “avancé”, le crétinisme et l’appel à la violence ont de beaux jours devant eux…

(Ami “je suis Charlie”, j’imagine que tu iras aussi manifester avec un “Je suis Dieudonné” au cas où Tesson serait entendu ?)

 
Enfin, la dernière, car les hommages, c’est vraiment de la merde !

Les gens exigent la liberté d’expression pour compenser la liberté de pensée qu’ils préfèrent éviter.” [Sören Kierkegaard]

Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux.” [Benjamin Franklin]

Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots.” [Martin Luther-King]



Edité par T 34 - 12 Jan 2015 à 02:24
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
Rogue allez vers le bas
Intervenant régulier
Intervenant régulier
Avatar

Depuis le: 19 Jan 2011
Pays: Belgique
Status actuel: Inactif
Messages: 290
  Citer Rogue Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Jan 2015 à 18:23

5 décembre 2013

Il y a travaillé de 1992 à 2001, avant de claquer la porte, échaudé par « la conduite despotique et l’affairisme ascensionnel » d’un certain Philippe Val. Depuis, Olivier Cyran observe de loin, hors les murs, l’évolution de Charlie Hebdo et sa grandissante obsession pour l’islam. Il revient sur cette longue dérive à l’occasion d’une tribune récemment publiée dans Le Monde, signée Charb et Fabrice Nicolino.

Cher Charb, cher Fabrice Nicolino,

« Et que ceux qui prétendent et prétendront demain que “Charlie” est raciste aient au moins le courage de le dire à voix haute, et sous leur nom. Nous saurons quoi leur répondre. » En lisant cette rodomontade à la fin de votre tribune dans Le Monde1, façon « viens nous le dire en face si t’es un homme », j’ai senti monter comme une envie de rejoindre mon poste de combat dans la cour de récré. La sommation ne m’était pourtant pas destinée. Quelles bonnes âmes vous espérez convaincre, d’ailleurs, mystère. Cela fait belle lurette que quantité de gens disent à « voix haute » et « sous leur nom » ce qu’ils pensent de votre journal et du fonds de sauce qui s’en écoule, sans que personne chez vous ne se soit soucié de leur répondre ou d’agiter ses petits poings.

Ainsi donc Le Monde vous a charitablement ouvert son rayon blanchisserie, pour un repassage express de votre honneur tout chiffonné. À vous entendre, il y avait urgence : même plus moyen de sortir dans Paris sans qu’un chauffeur de taxi vous traite de racistes et vous abandonne les bras ballants sur le bord du trottoir. On comprend la vexation, mais pourquoi ce besoin d’aller vous refaire une beauté dans un autre journal que le vôtre ? Charlie Hebdo, son site internet et sa maison d’édition ne vous offrent donc pas un espace d’expression à la hauteur ? Vous invoquez le glorieux héritage du « Charlie » des années 1960 et 70, quand c’était la censure du pouvoir politique et non la hantise du discrédit qui donnait du fil à retordre au journal. Mais je doute qu’à l’époque un Cavanna ou un Choron eussent quémandé l’aide de la presse en redingote pour se façonner une respectabilité.

S’il m’est arrivé à moi aussi, par le passé, de griffonner quelques lignes fumasses en réaction à tel ou tel de vos exploits, je ne me suis jamais appesanti sur le sujet. Sans doute n’avais-je ni la patience ni le cœur assez bien accroché pour suivre semaine après semaine la navrante mutation qui s’est opérée dans votre équipe après le tournant du 11 septembre 2001. Je ne faisais déjà plus partie de Charlie Hebdo quand les avions suicide ont percuté votre ligne éditoriale, mais la névrose islamophobe qui s’est peu à peu emparée de vos pages à compter de ce jour-là m’affectait personnellement, car elle salopait le souvenir des bons moments que j’avais passés dans ce journal au cours des années 1990. Le rire dévastateur du « Charlie » que j’avais aimé sonnait désormais à mes oreilles comme le rire de l’imbécile heureux qui se déboutonne au comptoir du commerce, ou du cochon qui se roule dans sa merde. Pour autant je n’ai jamais qualifié votre journal de raciste. Mais puisque aujourd’hui vous proclamez haut et fort votre antiracisme inoxydable et sans reproches, le moment est peut-être venu de considérer sérieusement la question.

Raciste, Charlie Hebdo ne l’était assurément pas du temps où j’y ai travaillé. En tout cas, l’idée qu’un jour le canard s’exposerait à pareil soupçon ne m’a jamais effleuré. Il y a avait bien quelques franchouillardises et les éditos de Philippe Val, sujets à une fixette inquiétante et s’aggravant au fil des ans sur le « monde arabo-musulman », considéré comme un océan de barbarie menaçant de submerger à tout instant cet îlot de haute culture et de raffinement démocratique qu’était pour lui Israël. Mais les délires du taulier restaient confinés à sa page 3 et ne débordaient que rarement sur le cœur du journal qui, dans ces années-là, me semblait-il, battait d’un sang plutôt bien oxygéné.

À peine avais-je pris mes cliques et mes claques, lassé par la conduite despotique et l’affairisme ascensionnel du patron, que les tours jumelles s’effondrèrent et que Caroline Fourest débarqua dans votre rédaction. Cette double catastrophe mit en branle un processus de reformatage idéologique qui allait faire fuir vos anciens lecteurs et vous en attirer d’autres, plus propres sur eux, et plus sensibles à la « war on terror » version Rires & Chansons qu’à l’anarchie douce d’un Gébé. Petit à petit, la dénonciation en vrac des « barbus », des femmes voilées et de leurs complices imaginaires s’imposa comme un axe central de votre production journalistique et satirique. Des « enquêtes » se mirent à fleurir qui accréditaient les rumeurs les plus extravagantes, comme la prétendue infiltration de la Ligue des droits de l’homme (LDH) ou du Forum social européen (FSE) par une horde de salafistes assoiffés de sang2. Le nouveau tropisme en vigueur imposa d’abjurer le tempérament indocile qui structurait le journal jusqu’alors et de nouer des alliances avec les figures les plus corrompues de la jet-set intellectuelle, telles que Bernard-Henri Lévy ou Antoine Sfeir, cosignataires dans Charlie Hebdo d’un guignolesque « Manifeste des douze contre le nouveau totalitarisme islamique3 ». Quiconque ne se reconnaissait pas dans une lecture du monde opposant les civilisés (européens) aux obscurantistes (musulmans) se voyait illico presto renvoyé dans les cordes des « idiots utiles » ou des « islamo-gauchistes ».

JPEG%20-%20512.1%20ko

À Charlie Hebdo, il a toujours été de bon ton de railler les « gros cons » qui aiment le foot et regardent TF1. Pente glissante. La conviction d’être d’une essence supérieure, habilitée à regarder de très haut le commun des mortels, constitue le plus sûr moyen de saboter ses propres défenses intellectuelles et de les laisser bailler au moindre courant d’air. Les vôtres, pourtant arrimées à une bonne éducation, à des revenus confortables et à l’entre-soi gratifiant de la « bande à Charlie », ont dégringolé à une vitesse ahurissante. Je me souviens de cette pleine page de Caroline Fourest parue le 11 juin 2008. Elle y racontait son amicale rencontre avec le dessinateur néerlandais Gregorius Nekschot, qui s’était attiré quelques ennuis pour avoir représenté ses concitoyens musulmans sous un jour particulièrement drolatique. Qu’on en juge : un imam habillé en Père Noël en train d’enculer une chèvre, avec pour légende : « Il faut savoir partager les traditions ». Ou un Arabe affalé sur un pouf et perdu dans ses pensées : « Le Coran ne dit pas s’il faut faire quelque chose pour avoir trente ans de chômage et d’allocs ». Ou encore ce « monument à l’esclavage du contribuable autochtone blanc » : un Néerlandais, chaînes au pied, portant sur son dos un Noir, bras croisés et tétine à la bouche. Racisme fétide ? Allons donc, liberté d’expression ! Certes, concède Fourest, l’humour un peu corsé de son ami « ne voyage pas toujours bien », mais il doit être compris « dans un contexte néerlandais ultratolérant, voire angélique, envers l’intégrisme ». La faute à qui si les musulmans prêtent le flanc à des gags difficilement exportables ? Aux musulmans eux-mêmes et à leurs alliés trop angéliques, ça va de soi. Comme l’enseigne Nekschot aux lecteurs de Charlie Hebdo, « les musulmans doivent comprendre que l’humour fait partie de nos traditions depuis des siècles ».

Personne chez vous n’a claqué sa démission après cette page insuffisamment remarquée, qui après tout ne faisait que consacrer le processus entamé six ou sept ans plus tôt. Vos sortes de tolérances vous regardent. Mais quand je lis dans votre tribune du Monde : « Nous avons presque honte de rappeler que l’antiracisme et la passion de l’égalité entre tous les humains sont et resteront le pacte fondateur de Charlie Hebdo », la seule information que je retiens, c’est que votre équipe ne serait donc pas totalement inaccessible à la honte. Vraiment ?

Après le départ en 2009 de Val et de Fourest, appelés à de plus hautes destinées, l’un à la tête d’une radio publique, l’autre sur les podiums de l’antiracisme gouvernemental, on se demandait si vous continueriez à faire du Val sans lui et de la Fourest sans elle. Le moins que l’on puisse dire, c’est que vous êtes restés fidèles à la ligne. Imprégnés jusqu’au trognon, faut croire.

Aujourd’hui, les mouches qu’un Tignous n’omet jamais de faire tourner autour de la tête de ses « barbus » se collent plus que jamais à votre imaginaire dès que vous « riez » des musulmans. Dans une vidéo postée fin 2011 sur le site de Charlie Hebdo, on te voyait, Charb, imiter l’appel du muezzin sous les hoquets hilares de tes petits camarades. Tordant, le numéro de la psalmodie coranique à l’heure du bouclage, Michel Leeb n’aurait pas fait mieux. Dans quelle marinade collective faut-il macérer pour en arriver là ? Dans quelles crevasses psychologiques puisez-vous matière à « rire » d’un dessin représentant des femmes voilées qui exhibent leurs fesses pendant qu’elles font leur prière à la « mère Mecquerelle » ? Minable vanne même pas honteuse, embarrassante d’imbécilité avant même que d’être révélatrice d’un état d’esprit, d’une vision du monde.

JPEG%20-%20133.8%20ko

C’est ce dessin de Catherine qui me vient à l’esprit, mais je pourrais en citer tant d’autres parmi les épanchements de gaudriole islamophobe que vous autres, fabricants d’humour gonflé aux vents du temps, dégazez à longueur de semaines. Ce dessin-là accompagnait une pseudo-enquête sur les « djihadistes du sexe » en Syrie4. Un « scoop » dont on apprenait peu de temps après – il est vrai qu’on s’en doutait un peu à la lecture – que c’était un tissu d’âneries bidonné à des fins de propagande5. À noter que vous n’avez même pas retiré cette daube de votre site web : apparemment, certains sujets se prêtent mieux que d’autres au relâchement. Quand on rigole avec la femme voilée, on peut bien se laisser aller, s’autoriser un peu de confusion entre info croustillante en papier mâché et poilade de salle de garde.

Mais je ne vous écris pas pour vous parler de bon goût, plutôt de ce pays que vous avez contribué à rendre plus insalubre. Un pays qui désormais interdit à une femme de travailler dans une crèche au motif que le bout de tissu qu’elle porte sur la tête traumatiserait les bambins. Où une élève de troisième coiffée d’un bandana jugé trop large se fait exclure de son collège avec la bénédiction d’un maire UMP, du ministre socialiste de l’Éducation nationale et de la presse écumante6. Où l’on peine à trouver un comptoir de bistrot ou une table de fins lettrés sans qu’à un moment ne se déverse le genre de blagues qui, à « Charlie », vous font péter les boyaux le jour du bouclage. Où l’on considère comme une avant-garde de la cinquième colonne toute femme qui se couvre les cheveux, au point qu’on lui interdit de participer à une sortie scolaire ou de faire du bénévolat aux Restos du cœur7.

Je sais qu’à vos yeux ces vigoureuses dispositions sont cruciales pour la survie de la république et de la laïcité. Récemment, vous avez jugé utile de publier une interview de votre avocat, Richard Malka, le valeureux défenseur de Clearstream, de DSK et de l’esprit des Lumières. « Le voile, c’est l’anéantissement, l’ensevelissement du triptyque républicain “Liberté, Égalité, Fraternité”8 », pérorait votre bavard comme à un concours d’éloquence pour vendeurs d’aspirateurs9. Faudrait déjà qu’il nous explique en quoi ce fameux triptyque a une existence concrète et au bénéfice de qui, mais passons. Ce qu’il enfonce dans la tête de vos lecteurs, pourtant déjà abondamment instruits en la matière, c’est que quelques centimètres carrés de coton éventuellement mêlé de polyester menacent de répandre la peste sur notre beau pays. Que ce voile est si dangereusement infecté qu’il ne serait pas sage de prêter attention à l’individu qui le porte.

Je dois préciser à ce stade que, personnellement, je n’ai aucun « problème » avec le bonnet de ma tante ou les dreadlocks de mon cousin, et que je n’en ai pas davantage avec le voile de ma voisine. Si cette dernière me confiait qu’elle le porte contre son gré, j’aurais certainement le réflexe de l’encourager à trouver les moyens de vivre comme elle l’entend. Je réagirais de même si on l’obligeait à porter des bas résille ou le kilt écossais. En dehors d’un tel scénario, qu’une femme décide ou non de porter telle ou telle liquette ne me regarde pas. Que ce soit pour des motifs personnels, religieux, esthétiques ou autres, c’est son affaire. Étonnante, cette manie qu’ont les gens dans ce pays de projeter leurs fantasmes sur un carré d’étoffe, qui l’aliénation de la femme, qui la peur de l’invasion islamique, qui la défense du droit masculin à la drague capillaire, etc. Peu m’importent le voile, les talons hauts ou même le t-shirt Camaïeu made in Bangladesh, du moment que la personne dessous, dessus ou dedans mérite le respect. Où en sommes-nous rendus pour qu’il faille réhabiliter un principe aussi évident ? Essayez-le, vous verrez : c’est le meilleur préventif contre l’ulcère à l’estomac et la sauce blanche dans la tête.

JPEG%20-%2069.1%20ko

Le pilonnage obsessionnel des musulmans auquel votre hebdomadaire se livre depuis une grosse dizaine d’années a des effets tout à fait concrets. Il a puissamment contribué à répandre dans l’opinion « de gauche » l’idée que l’islam est un « problème » majeur de la société française. Que rabaisser les musulmans n’est plus un privilège de l’extrême droite, mais un droit à l’impertinence sanctifié par la laïcité, la république, le « vivre ensemble ». Et même, ne soyons pas pingres sur les alibis, par le droit des femmes – étant largement admis aujourd’hui que l’exclusion d’une gamine voilée relève non d’une discrimination stupide, mais d’un féminisme de bon aloi consistant à s’acharner sur celle que l’on prétend libérer. Drapés dans ces nobles intentions qui flattent leur ignorance et les exonèrent de tout scrupule, voilà que des gens qui nous étaient proches et que l’on croyait sains d’esprit se mettent brusquement à débonder des crétineries racistes. À chacun sa référence : La journée de la jupe, Elisabeth Badinter, Alain Finkielkraut, Caroline Fourest, Pascal Bruckner, Manuel Valls, Marine Le Pen ou combien d’autres, il y en a pour tous les goûts et toutes les « sensibilités ». Mais il est rare que Charlie Hebdo ne soit pas cité à l’appui de la règle d’or qui autorise à dégueuler sur les musulmans. Et comme vos disciples ont bien retenu la leçon, ils ne manquent jamais de se récrier quand on les chope en flag’ : mais enfin, on a bien le droit de se moquer des religions ! Pas d’amalgame entre la critique légitime de l’islam et le racisme anti-arabe !

C’est évidemment ce même sillon que vous labourez dans votre tribune du Monde. « Passe encore, vous lamentez-vous, que Charlie consacre tant de ses dessins de couverture aux papistes. Mais la religion musulmane, drapeau imposé à d’innombrables peuples de la planète, jusqu’en Indonésie, devrait, elle, être épargnée. Pourquoi diable ? Quel est le rapport, autre qu’idéologique, essentialiste au fond, entre le fait d’être arabe par exemple et l’appartenance à l’islam ? »

Je veux bien tâcher d’éclairer vos lanternes sur ce point, mais permettez-moi d’abord d’apprécier la vicieuse petite incise dans laquelle vous resservez en loucedé le vieux plat sur l’islam-religion-conquérante qui fait rien qu’à croquer la planète. L’islamisation de l’archipel indonésien a commencé au XIIIe siècle, quand des princes de Sumatra se sont convertis à la religion des marchands perses et indiens qui faisaient bombance dans leurs ports – non sous la contrainte, mais par désir d’intégrer un réseau commercial prospère. Plus tard, au XVIIIe siècle, ce sont les colons hollandais, chrétiens irréprochables, qui se sont arrangés pour imposer l’islam à Java, en vue de soustraire sa population à l’influence séditieuse des Balinais hindouistes. On est loin de l’imagerie du farouche bédouin réduisant à sa merci des peuples exotiques, à laquelle se résume apparemment votre connaissance du monde musulman.

Mais revenons à la question du « rapport » entre Arabes et musulmans, racisme et islamophobie. La démarcation que vous tracez avec une belle assurance entre les deux catégories est-elle vraiment si claire dans vos esprits ? À lire le début de votre tribune, il est permis d’en douter. L’édifiante anecdote du « chauffeur de taxi arabe », qui refuse de conduire à bon port un collaborateur du journal « au motif de dessins moquant la religion musulmane », révèle à cet égard une certaine confusion. En quoi la qualité d’« arabe » prêtée au chauffeur – qui d’après vous ne saurait donc être simplement français – nous renseigne-t-elle sur l’affront subi par votre infortuné collègue ? Croyez-vous qu’il faille être « arabe » pour froncer le nez devant vos beaufitudes de fin de banquet ? Moi qui ne suis ni arabe ni chauffeur de taxi, pas sûr que je dépannerais votre collaborateur d’un ticket de métro. J’espère néanmoins qu’il aura surmonté son choc des civilisations en se dégotant un chauffeur blanc qui l’accepte sur sa banquette arrière.

Vous avez raison, arabe et musulman, ce n’est pas la même chose. Mais vous savez quoi ? Musulman et musulman, ce n’est pas pareil non plus. Sachez qu’il y en a de toutes sortes, riches ou pauvres, petits ou grands, sympathiques ou revêches, généreux ou rapiats, désireux d’un monde meilleur, réactionnaires ou même, oui, intégristes. Or, dans Charlie Hebdo, rien ne ressemble davantage à un musulman qu’un autre musulman. Toujours représenté sous les traits d’un faible d’esprit, d’un fanatique, d’un terroriste, d’un assisté. La musulmane ? Toujours une pauvre cloche réductible à son foulard, et qui n’a d’autre fonction sociale que d’émoustiller la libido de vos humoristes.

Parlant de cela, il y aurait beaucoup à dire sur la composante graveleuse de votre inspiration. L’euphorie avec laquelle Charlie Hebdo a acclamé les militantes topless des Femen suggère que le graillon islamophobe s’agrège parfaitement aux éclaboussures de testostérone. L’ode de Bernard Maris à Amina Sboui, une Femen tunisienne qui avait posé torse nu sur Internet, offre un bon échantillon de la mayonnaise hormonale qui colle à vos pages : « Montre tes seins, Amina, montre ton sexe à tous les crétins barbus habitués des sites pornos, à tous les cochons du désert qui prêchent la morale à domicile et se payent des escorts dans les palaces étrangers, et rêvent de te voir lapidée après t’avoir outragée... Ton corps nu est d’une pureté absolue en face des djellabas et des niqabs répugnants10. » Allo, docteur ?

JPEG%20-%2024.9%20ko

Vous avez le toupet d’accuser vos détracteurs d’« essentialisme », et sans doute les bulbes congestionnés qui vous vénèrent applaudiront-ils l’acrobatie. Mais on n’est pas au cirque. L’essentialisme, vous vous y vautrez chaque semaine ou presque en racialisant le musulman sous les traits d’une créature constamment grotesque ou hideuse. Ce qui définit la vision dominante du « racialisé », « c’est qu’il est tout entier contenu dans ce qui le racialise ; sa culture, sa religion, sa couleur de peau. Il serait comme incapable de s’en sortir, incapable de voir plus loin que son taux de mélanine ou le tissu qu’il porte sur la tête, observe sur son blog Valérie CG, une féministe pas très intéressante puisqu’elle ne vous a pas montré ses seins. Musulman devient une sorte de nouvelle couleur de peau dont il est impossible de se détacher11. »

Cette remarque judicieuse se rapportait aux élucubrations de la « pédopsychiatre » Caroline Eliacheff, qui, dans le magazine Elle, venait de justifier ainsi le licenciement d’une puéricultrice voilée par la crèche Baby-Loup : « On peut s’interroger sur les conséquences pour un nourrisson de ne voir que le visage de face, une tête amputée des oreilles, des cheveux et du cou12. » Le voile est une arme de destruction massive, il ensevelit la république aussi sûrement qu’il ampute des organes vitaux. Inutile de préciser que Caroline Eliacheff, tout comme vous, « lutte contre le racisme », c’est en tout cas ce qu’elle déclare dans son interview. Pour professer des inepties, et justifier le renvoi brutal d’une employée reconnue comme compétente et que personne n’a vu appeler les petits chéris au djihad, on n’est jamais aussi confortablement juché qu’au plus haut sommet des vertus civilisées.

Mais votre trône surplombe un marécage. Toi, Charb, pour lequel j’ai jadis éprouvé de l’estime, et toi, Fabrice, dont j’appréciais la rigueur intellectuelle13, je vous tiens, vous et vos collègues, pour coresponsables du pourrissement ambiant. Après le 11-Septembre, Charlie Hebdo a été parmi les premiers, dans la presse dite de gauche, à enfourcher le cheval du péril islamique. Ne vous privez donc pas de ramasser votre part du crottin au moment où le nombre d’actes islamophobes bat des records : + 11,3 % sur les neuf premiers mois de 2013 par rapport à la même période de 2012, selon l’Observatoire national de l’islamophobie. Lequel s’inquiète d’un « nouveau phénomène » de violence, marqué par au moins quatorze agressions de femmes voilées depuis le début de l’année.

JPEG%20-%20127.2%20ko

Rassurez-vous, je ne dis pas que la lecture de Charlie Hebdo déclenche mécaniquement l’envie de badigeonner une mosquée avec du sang de porc ou d’arracher son voile à une cliente de supermarché, comme cela se produit ici et là. Vous avez désigné les cibles, mais vous ne voulez pas qu’un pauvre type s’attaque à elles pour de vrai, car vous êtes contre la violence et contre le racisme. Vos lecteurs aussi, très certainement. Ils n’ont aucun préjugé contre les musulmans, c’est juste qu’ils s’esclaffent de bon cœur sur ce dessin de Charb où l’on voit un Arabe à grosse moustache en arrêt devant une prostituée, tandis qu’un prédicateur à barbe le sermonne : « Mon frère ! Tu vas pas payer 40 euros une passe alors que pour le même prix tu peux acheter une épouse ! » Dans les années trente, le même gag avec des juifs à la place des musulmans aurait fait un tabac, sauf qu’à l’époque son auteur n’aurait sans doute pas eu l’idée de venir brandir un brevet d’antiracisme. Le dessin en question illustrait un article démasquant les sombres desseins d’un petit groupe de salafistes à Bruxelles. Le sous-titre résumait bien l’idée : « Les frites seront-elles bientôt toutes halal en Belgique ? Quelques barbus s’y activent, et combattent la démocratie qui leur permet d’exister14. » Quoi ? Islamisation des frites, démocratie en danger ? Dans sa tête, le lecteur commence déjà à graisser son fusil de chasse. Dans sa tête seulement, car c’est un antiraciste. À moins qu’il n’aille se déverser au bas de quelque site internet évoquant vos faits d’armes, à la manière de « lulupipistrelle », auteur de ce commentaire sur Agoravox : « Les caricatures de leur prophète ulcèrent les musulmans ? Et alors, moi j’ai envie de baffer toutes les bonnes femmes voilées que je croise, et je ne parlent [sic] pas des barbus... mais je me domine...15 »

Bien sûr que Charlie Hebdo ne se limite pas à cela, qu’on y écrit et dessine sur bien d’autres sujets. On veut bien croire que nombre de lecteurs vous achètent par attachement à la cause des animaux, ou pour Cavanna, ou pour Nicolino, ou pour les dessins drôles, ou pour congratuler Bernard Maris après sa nomination au conseil général de la Banque de France, autre repaire de joyeux drilles. Mais je doute qu’il y en ait beaucoup qui ne trouvent leur petit plaisir sale dans le ressassement de vos obsessions islamophobes – sans quoi le journal leur tomberait des mains. Il en est même, vous ne pouvez l’ignorer, qui l’achètent principalement pour ça : pour voir ce que « Charlie » va encore leur mettre dans les dents cette semaine. Faut avouer, c’est une bonne affaire. Depuis l’épisode des caricatures danoises et votre héroïque montée des marches en costumes de pingouins au festival de Cannes, bras dessus bras dessous avec Philippe Val, Daniel Leconte et BHL (mais hélas sans Carla Bruni, pourtant annoncée), le « muslim bashing » ripoliné en « défense intransigeante de la liberté d’expression » est devenu votre tête de gondole, que vous prenez soin de réapprovisionner régulièrement. Vous pouvez toujours certifier que les sans-papiers sont vos amis ou critiquer Manuel Valls pour ses rafles de Roms, c’est l’islamophobie votre marronnier, votre ligne de front.

Vous me direz que vous n’êtes pas les seuls. Votre positionnement sur ce terrain est en effet assez largement partagé par vos confrères de la presse écrite, de L’Express à Valeurs Actuelles en passant par Le Point, Marianne, Le Nouvel Observateur ou Le Figaro, pour s’en tenir aux plus enthousiastes. Et je ne parle même pas des télés et des radios. Le marché médiatique de l’islam « sans-gêne », « qui fait peur » et « qui dérange » rapporte gros, même s’il est quelque peu saturé. Toutefois, au sein de cette saine et fraternelle concurrence, votre canard parvient à se distinguer par des produits qui n’ont leur équivalent nulle part ailleurs, et qui vous permettent d’occuper un segment non négligeable de l’opinion islamophobe décomplexée de gauche.

Vous connaissant, je m’interroge cependant : c’est quoi, au juste, votre problème avec les musulmans de ce pays ? Dans votre texte du Monde, vous invoquez la salutaire remise en cause des « si grands pouvoirs des principaux clergés », mais sans préciser en quoi l’islam – qui n’a pas de clergé, mais on ne peut pas tout savoir, hein – exerce en France un « si grand pouvoir ». Hors de la version hardcore qu’en donnent quelques furieux, la religion musulmane ne me paraît pas revêtir chez nous des formes extraordinairement intrusives ou belliqueuses. Sur le plan politique, son influence est nulle : six millions de musulmans dans le pays, zéro représentant à l’Assemblée nationale. Pour un parlementaire, il est plus prudent de plaider la cause des avocats d’affaires et de voter des lois d’invisibilité pour les femmes voilées que de s’inquiéter de l’explosion des violences islamophobes. Pas un seul musulman non plus chez les propriétaires de médias, les directeurs d’information, les poids lourds du patronat, les grands banquiers, les gros éditeurs, les chefferies syndicales. Dans les partis politiques, de gauche comme de droite, seuls les musulmans qui savent réciter par cœur les œuvres complètes de Caroline Fourest ont une petite chance d’accéder à un strapontin.

JPEG%20-%20246.1%20ko

Je n’ignore pas, Charb, que tu as reçu des menaces de mort et qu’il y a peut-être des dingues quelque part qui en veulent à ta peau. Cela me désole. Malgré tout ce que je vous reproche, à toi et aux autres, je ne me réjouis pas de t’imaginer avec deux flics collés en permanence à tes semelles et qui coûtent un bras à votre république chérie. Je crains aussi que tes molosses ne déteignent sur toi comme Val a déteint sur toute l’équipe. Mais si vraiment vous tremblez à l’idée que les musulmans de France se métamorphosent en serial killers de la guerre sainte, peut-être trouverez-vous un brin d’apaisement en voyant la manière placide dont les intéressés réagissent aux attaques réelles ou symboliques qui sont leur lot quotidien. Quand une mosquée est recouverte de tags racistes, croyez-vous que ses responsables ou les fidèles du coin se répandent en cris de vengeance ou en promesses de mettre l’Élysée à feu et à sang ? Non, à chaque fois ils déclarent s’en remettre tout simplement à la « justice de leur pays ». Parmi ceux que je connais, l’écume médiatique de vos prouesses ne fait qu’ajouter une petite couche supplémentaire à leur lassitude. Pas sûr que j’aurais la même patience.

Bunkérisés derrière vos zygomatiques, vous revendiquez le droit sacré de « rire » pareillement des imams, des curés et des rabbins. Pourquoi pas, si encore vous appliquiez vraiment ce principe. On oublie l’épisode Siné ou il faut vous faire un dessin ? Un constat avéré d’islamophobie, et c’est l’éclat de rire. Une mensongère accusation d’antisémitisme, et c’est la porte. Cette affaire remonte aux années Val, mais la pleutre approbation que votre patron d’alors a recueilli auprès de « toute la bande », et plus particulièrement auprès de toi, Charb, démontre que le deux poids deux mesures en vigueur à cette époque n’était pas le fait d’un seul homme. La même règle a perduré. À ce jour, me dit-on, le numéro spécial « Charia Hebdo » ne s’est toujours pas dédoublé en un « Talmud Hebdo ». Croyez bien que je ne le regrette pas.

Vous vous réclamez de la tradition anticléricale, mais en feignant d’ignorer en quoi elle se différencie fondamentalement de l’islamophobie : la première s’est construite au cours d’une lutte dure, longue et acharnée contre un clergé catholique effectivement redoutable de puissance, qui avait – et a encore – ses journaux, ses députés, ses lobbies, ses salons et son immense patrimoine immobilier ; la seconde s’attaque aux membres d’une confession minoritaire dépourvue de toute espèce d’influence sur les sphères de pouvoir. Elle consiste à détourner l’attention des intérêts bien nourris qui gouvernent ce pays pour exciter la meute contre des citoyens qui déjà ne sont pas à la fête, si l’on veut bien prendre la peine de considérer que, pour la plupart d’entre eux, colonisation, immigration et discrimination ne leur ont pas assigné la place la plus reluisante dans la société française. Est-ce trop demander à une équipe qui, selon vos termes, « se partage entre tenants de la gauche, de l’extrême gauche, de l’anarchie et de l’écologie », que de prendre un tantinet en compte l’histoire du pays et sa réalité sociale ?

J’aime bien les bouffeurs de curés, j’ai grandi avec et ils m’ont inculqué quelques solides défenses contre les contes de fées et les abus de pouvoir. C’est en partie cet héritage-là qui me fait dresser les poils devant l’arrogante paresse intellectuelle du bouffeur de musulmans. La posture antireligieuse lui offre un moyen commode de se prélasser dans son ignorance, de faire passer pour insolents ses petits réflexes de contraction mentale. Elle donne du lustre à un manque béant d’imagination et à un conformisme corrodé par les yeux doux de l’extrême droite16.

« Encoder le racisme pour le rendre imperceptible, donc socialement acceptable », c’est ainsi que Thomas Deltombe définit la fonction de l’islamophobie, décrite aussi comme une « machine à raffiner le racisme brut »17. Les deux formules vous vont comme un gant. Ne montez donc pas sur vos grands chevaux quand vos détracteurs usent de mots durs contre vous. Ces derniers jours, vous avez hurlé au scandale parce qu’un rappeur pas très futé réclamait un « autodafé pour ces chiens de Charlie Hebdo » au détour d’un titre collectif inséré dans la BO du film La Marche. Comme si votre journal n’était qu’amour et poésie, vous avez fait savoir à la terre entière que vous étiez « effarés » par tant de « violence ». Pourtant, vous ne vous êtes pas offusqués lorsque le rappeur tunisien Weld El 15 a assimilé les policiers de son pays à des « chiens bons à égorger comme des moutons ». Au contraire, vous l’avez interviewé avec tous les égards dus à un « combattant de la liberté d’expression18 ». Les violences verbales de Weld El 15 trouvent grâce à vos yeux parce qu’elles visent un régime à dominante islamiste qui veut le renvoyer en prison. Mais quand la métaphore canine se retourne contre vous, ce n’est plus du tout la même chanson. Envolée, la liberté d’expression : ralliement à la rengaine néoconservatrice sur le rap comme « appel à la haine » et « chant religieux communautariste »19.

La machine à raffiner le racisme brut n’est pas seulement lucrative, elle est aussi extrêmement susceptible.

Bien à vous,
Olivier Cyran

1 « Non, Charlie Hebdo n’est pas raciste ! », Le Monde, 20 novembre 2013.

2 Fiammetta Venner, « Forum social européen : un autre jihad est possible », Charlie Hebdo, 29 septembre 2004. A lire ICI.

3 Publié le 1er mars 2006 dans Charlie Hebdo en partenariat avec L’Express, RTL, RMC, Europe 1 et France Info.

4 Zineb El Rhazoui, « Sexe and the Syrie », Charlie Hebdo, 25 septembre 2013.

5 Ignace Leverrier, « Vous allez être déçus : le “djihad du sexe” en Syrie n’a jamais existé », 29 septembre 2013.

6 Pour un décorticage de cette affaire hallucinante, lire Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed, Islamophobie, comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman », La Découverte, 2013.

7 « Pas de femmes voilées aux Restos du cœur », www.islamophobie.net, 6 décembre 2012.

8 Les majuscules sont fournies par la rédaction de Charlie Hebdo.

9 « Affaire Baby-Loup : la laïcité à la barre », interview de Richard Malka par Gérard Biard, Charlie Hebdo, 6 novembre 2013.

10 Bernard Maris, « Cette jeunesse irresponsable », Charlie Hebdo, 20 juin 2013. Quelqu’un peut-il expliquer à l’éditorialiste de « Charlie » que la djellaba n’est pas un attribut « musulman » mais un vêtement « arabe ? Un mois après cet article, et à la grande déception de son auteur, Amina Sboui claquait la porte des Femen en expliquant qu’elle ne souhaitait pas que son nom « soit associé à une organisation islamophobe ».

11 « L’islam, ce nouveau déterminisme selon Eliacheff et Elle », www.crepegeorgette.com, 22 novembre 2013.

12 « Le conflit sur le voile touche aussi les enfants », Elle, 13 novembre 2013.

13 - Je suis surpris que tu accrédites par ta signature la piteuse opération de ravalement de façade de tes employeurs. Je ne doute pas de la sincérité de ton ralliement, mais je vois dans celle-ci un mauvais signe.

14 Zineb El Rhazoui, « Les salafistes ont leur roi des Belges », Charlie Hebdo, 13 septembre 2013.

15 Commentaires de l’article « La dernière provocation de “Charlie Hebdo” contre les musulmans », www.agoravox.fr, 19 septembre 2012.

16 Parmi vos sympathiques soutiens : Bruno Mégret, « Désislamiser la France », discours à l’université d’été du MNR, 27 août 2005 ; Ivan Rioufol, « Pourquoi “Charlie Hebdo” sauve l’honneur », Le Figaro, 19 septembre 2012 ; Benoît Rayski, « Tombouctou-sur-Seine : et si on tranchait les mains des dessinateurs de “Charlie Hebdo” ? », atlantico.fr, 28 novembre 2013.

17 Lire Alain Gresh, « L’islamophobie, “Le Monde” et une (petite) censure, Nouvelles d’Orient, 5 novembre 2013.

18 Zineb El Rhazoui, « Tunisie : l’islamisme menacé par du rap et des tétons », Charlie Hebdo, 19 juillet 2013.

19 Lire Sébastien Fontenelle, «  Un intéressant cas de foutage de gueule », Bakchich.info, 26 novembre 2013.

Source


Edité par Rogue - 10 Jan 2015 à 19:07
"La citatiomanie est notre plus grande ennemie" - Lénine :-)
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Jan 2015 à 03:15
On annonce ce soir la présence du massacreur de Gaza, le criminel de guerre Netanyahou
 

Marche de ce dimanche : une provocation absolue

 
 

Tout ce que j’écrivais hier soir, à contre courant, sous le titre : « Je ne veux pas partager mon deuil et ma colère avec eux » s’avère de plus en plus fondé, justifié. La récupération politicienne de la douleur n’a guère attendu que le sang sèche...

Quel est le statut de la manifestation « historique » de dimanche ? Qui sont les organisateurs ? Si l’on s’en tient aux médias, c’est F. Hollande et M. Valls qui l’organisent, qui invitent, dans un souci désintéressé d’ « unité nationale »... et nullement de remontée dans les sondages. La lutte contre le terrorisme, nécessaire, sert de prétexte à l’ « union sacrée », à la relégation des questions sociales, des causes et des ravages de la crise, des fruits pourris de la violence, du terrorisme, sert à l’abdication devant les inégalités, source d’affrontements, devant la pauvreté, l’exclusion, l’affaiblissement de la laïcité, l’obscurantisme, qui gagnent du terrain...

Manifestement, le chef de l’Etat et le premier ministre font une OPA sur la manifestation, en instrumentalisant la douleur et l’émotion. On annonce ce soir la présence du massacreur de Gaza, le criminel de guerre Netanyahou. Si cela est vrai, c’est une provocation absolue, irresponsable, anti-laïque, anti-républicaine, anti droits de l’homme, anti-démocratique, nauséabonde, avec du sang sur les mains. Une provocation absolue.

Comment peut-on manifester pour défendre la République, aux côtés du néo-franquiste Mariano Rajoy, qui combat en Espagne le rétablissement de la République, qui fait une loi pour criminaliser les mouvements sociaux, qui s’accommode de 130 000 Républicains « disparus » dans des fosses communes, qui subventionne le parc thématique fasciste du « Valle de los Caidos » (Patrimonio real), qui s’en prend aux droits des femmes, qui contraint près de 50% des jeunes diplômés au chômage et à l’exil ? Lui offrir un vernis de défenseur de la démocratie, à quelques mois d’élections générales, où la gauche de gauche (Podemos, Izquierda Unida...) peut gagner, ce n’est pas aider l’alternative possible. Quant à la présence de Merkel, Cameron, Renzi, des sabreurs de l’Union Européenne, il faudra se boucher le nez et les oreilles. Oui, il y a « hold-up » sur l’indignation populaire contre la haine, la violence, l’intolérance...

Jean Ortiz


Communiqué de l’UJFP du 11 janvier 2015
 

Trois bourreaux du peuple palestinien à Paris le 11 janvier : quelle honte !

 
 

Benjamin Nétanyahou, Avigdor Lieberman et Naftali Bennett représenteront le 11 janvier l’Etat d’Israël à la grande manifestation européenne de riposte aux fusillades contre Charlie Hebdo et contre le magasin casher à Paris. Ces trois personnages sont des criminels de guerre qui relèvent de la Cour Pénale Internationale pour les meurtres de masse commis à Gaza et ailleurs.

Ce sont trois sinistres artisans de la volonté d’Israël d’écraser le peuple palestinien : Nétanyahou, le dirigeant des massacres à Gaza, Lieberman et Bennett, deux ministres colons, l’un prévoit l’expulsion de tous les Palestiniens, y compris ceux qui vivent en Israël et l’autre se vante d’avoir tué des Palestiniens.

Ce qui est tout aussi grave, c’est la signification que leur présence confirme, concernant la nature de cette manifestation.

C’est pourquoi nous exhortons les diverses associations amies du peuple palestinien qui comptent se rendre à cette manifestation à reconsidérer leur décision.

La manifestation devait être soi-disant « d’unité nationale » contre le terrorisme et pour la liberté d’expression.

Elle sera en réalité une représentation des « valeurs du monde civilisé occidental » contre les « menaces terroristes du monde arabo-musulman », une manifestation bien dans la tonalité du « choc des civilisations » qui d’après nos gouvernants, même quand ils se défendent de diffuser ce point de vue, régit le monde actuel.

En fin de compte tous ceux qui souhaitaient manifester demain leur solidarité avec les victimes de ces terribles attentats et pensaient sincèrement montrer une société française unie contre le crime, se sont fait confisquer leur manifestation par les organisateurs autoproclamés d’une grande messe de « l’Axe du Bien » : le gouvernement, ses amis et tous ses concurrents de droite – hormis le Front National, dont l’idéologie n’a nul besoin d’invitation pour prospérer. Les grands alliés internationaux seront présents : ces mêmes représentants d’État dont les politiques contre les peuples ont permis l’apparition du terrorisme djihadiste, les courants islamophobes, les amis de l’État d’Israël et bien sûr les représentants de cet État.

Quant aux populations dangereuses, postcoloniales, jeunes, éventuellement porteuses de signes ostentatoires musulmans, elles subiront le dispositif de contrôle renforcé dans la période qui s’ouvre. Nous ne pouvons oublier qu’à tous ceux-là les manifestations de solidarité et la liberté d’expression ont été interdites, l’été dernier, pendant l’opération « Bordure de protection » menée contre Gaza par les trois invités israéliens de demain.

Les représentants d’Israël ont commencé à faire de grands appels à la population juive française, soi-disant victime d’un déferlement antisémite sans précédent, pour qu’elle émigre en Israël, pays « de grande liberté ». Une fois de plus, les dirigeants israéliens mettent sciemment en danger les Juifs français par la peur et l’incitation au départ.

Le Bureau National de l’UJFP
le 11 janvier 2015

http://www.ujfp.org/


17 journalistes assassinés par Israël lors de l'attaque contre Gaza.
 

Court CV des ardents défenseurs de la liberté d’expression qui sont venus marcher cet après midi :
C’est pas des Charlots :
 

 
 


Edité par T 34 - 11 Jan 2015 à 23:02
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Jan 2015 à 20:27

11 janvier 2015

L’attentat contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo marquera notre histoire contemporaine. Il reste à savoir dans quel sens et avec quelles conséquences. Dans le contexte actuel de « guerre contre le terrorisme » (guerre extérieure) et de racisme et d’islamophobie d’Etat, les artisans de cet acte ont, consciemment ou non [1] accéléré un processus de stigmatisation et d’isolement de la composante musulmane, réelle ou supposée, des classes populaires.

« Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde. » Bertolt Brecht

Les conséquences politiques de l’attentat sont déjà désastreuses pour les classes populaires et cela va se renforcer si aucune alternative politique à la fameuse « Union Nationale » n’est proposée.

En effet, la manière dont les médias français et une écrasante majorité de la classe politique réagissent est criminelle. Ce sont ces réactions qui sont dangereuses pour l’avenir et qui portent en elles de nombreux « dégâts collatéraux » et de futurs 7 et 9 janviers toujours plus meurtriers. Comprendre et analyser pour agir est la seule posture qui peut permettre aujourd’hui d’éviter les instrumentalisations et dévoiements d’une émotion, d’une colère et d’une révolte légitime.

L’occultation totale des causes

Ne pas prendre en compte les causalités profondes et immédiates, isoler les conséquences du contexte qui les fait émerger et ne pas inscrire un événement aussi violent dans la généalogie des facteurs qui l’ont rendu possible condamne, au mieux, à la tétanie, au pire, à une logique de guerre civile. Aujourd’hui, personne dans les médias n’aborde les causes réelles ou potentielles. Pourquoi est-il possible qu’un tel attentat se produise à Paris aujourd’hui ? Comme le souligne Sophie Wahnich, il existe « un usage fasciste des émotions politiques de la foule » dont le seul antidote est le « nouage possible des émotions et de la raison » [2]. Ce que nous vivons aujourd’hui est ce cantonnement des discours médiatiques et politiques dominants à la seule émotion, en occultant totalement l’analyse réelle et concrète. Toute tentative d’analyse réelle de la situation, telle qu’elle est, ou toute analyse tentant de proposer une autre explication que celle fournie par les médias et la classe politique, devient une apologie de l’attentat.

Regard sur le ventre fécond de la bête immonde

Regardons donc du côté des causes et d’abord de celles qui relèvent désormais de la longue durée et de la dimension internationale. La France est une des puissances les plus en guerre sur la planète. De l’Irak à la Syrie, en passant par la Libye et l’Afghanistan pour le pétrole, du Mali à la Centrafrique, en passant par le Congo pour les minerais stratégiques, les soldats français contribuent à semer la mort et le désastre aux quatre coins de la planète. La fin des équilibres mondiaux issus de la seconde guerre mondiale avec la disparition de l’URSS, couplée à une mondialisation capitaliste centrée sur la baisse des coûts pour maximiser les profits et à la nouvelle concurrence des pays émergents, font de la maîtrise des matières premières la cause principale des ingérences, interventions et guerres contemporaines. Voici comment le sociologue Thierry Brugvin résume la place des guerres dans le monde contemporain :

« La conclusion de la guerre froide a précipité la fin d’une régulation des conflits au niveau mondial. Entre 1990 et 2001 le nombre de conflits interétatiques a explosé : 57 conflits majeurs sur 45 territoires distincts. […] Officiellement, le départ pour la guerre contre une nation adverse est toujours légitimé par des mobiles vertueux : défense de la liberté, démocratie, justice… Dans les faits, les guerres permettent de contrôler économiquement un pays, mais aussi de faire en sorte que les entrepreneurs privés d’une nation puissent accaparer les matières premières (pétrole, uranium, minerais, etc.) ou les ressources humaines d’un pays. » [3]

 

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, le discours de légitimation des guerres s’est construit essentiellement sur le « danger islamiste » contribuant au développement d’une islamophobie à grande échelle au sein des principales puissances occidentales, que les rapports officiels eux-mêmes sont contraints de constater. [4] Dans le même temps, ces guerres produisent une solide « haine de l’occident » dans les peuples victimes de ces agressions militaires. [5] Les guerres menées par l’occident sont une des principales matrices de la bête immonde.

Dans la volonté de contrôle des richesses pétro-gazières, le Proche et le Moyen-Orient sont un enjeu géostratégique central. Les stratégies des puissances occidentales en général et françaises en particulier, se déploient sur deux axes : le renforcement d’Israël comme base et pivot du contrôle de la région, et le soutien aux pétromonarchies réactionnaires du golfe.

Le soutien indéfectible à l’Etat d’Israël est ainsi une constante de la politique française ne connaissant pas d’alternance, de Sarkozy à Hollande. L’État sioniste peut assassiner en toute impunité sur une grande échelle. Quels que soient l’ampleur et les moyens des massacres, le gérant local des intérêts occidentaux n’est jamais véritablement et durablement inquiété. François Hollande déclare ainsi lors de son voyage officiel en Israël en 2013 : « je resterai toujours un ami d’Israël ». [6]

Et, là aussi, le discours médiatique et politique de légitimation d’un tel soutien se construit sur la base d’une présentation du Hamas palestinien mais également (à travers des imprécisions verbales récurrentes) de la résistance palestinienne dans son ensemble, de la population palestinienne dans son ensemble et de ses soutiens politiques internationaux, comme porteurs d’un danger « islamiste ». La logique « du deux poids, deux mesures » s’impose une nouvelle fois à partir d’une approche islamophobe portée par les plus hauts sommets de l’État et relayée par la grande majorité des médias et des acteurs politiques. Tel est le second profil du ventre de la bête immonde.

Ces facteurs internationaux se conjuguent à des facteurs internes à la société française. Nous avons déjà souligné, plus haut, l’islamophobie d’État, propulsée par la loi sur le foulard en 2004 et entretenue depuis régulièrement (discours sur les révoltes des quartiers populaires en 2005, loi sur le niqab, « débat » sur l’identité nationale, circulaire Chatel et exclusion des mères voilées des sorties scolaires, harcèlement des lycéennes en jupes longues, interdiction des manifestations de soutien au peuple palestinien, etc.).

Il faut maintenant souligner que ce climat islamophobe n’a été confronté à aucune réponse par les forces politiques se réclamant des classes populaires. Plus grave, un consensus très large s’est fait jour à plusieurs reprises, au prétexte de défendre la « laïcité » ou de ne pas frayer avec « ceux qui défendent le Hamas ». De l’extrême-droite à une partie importante de l’extrême gauche, les mêmes arguments ont été avancés, les mêmes clivages ont été construits, les mêmes conséquences ont été produites.

Le résultat n’est rien d’autre que l’enracinement encore plus profond des islamalgames, l’approfondissement d’un clivage au sein des classes populaires, la fragilisation encore plus grande des digues antiracistes déjà fragilisées, et des violences concrètes ou symboliques exercées contre les musulmans et les musulmanes. Ce résultat peut se décrire, comme le propose Raphaël Liogier, comme la diffusion, dans une partie importante de la société, du « mythe de l’islamisation » débouchant sur la tendance à constituer une « obsession collective ». [7]

La tendance à la production d’une « obsession collective » s’est de surcroît encore approfondie avec le traitement médiatique récent des cas Zemmour et Houellebecq. Après lui avoir offert de multiples tribunes, Eric Zemmour est renvoyé d’I-télé pour avoir proposé la « déportation des musulmans français ». Dans le contexte d’obsession collective que nous avons évoquée, cela lui permet de se poser en victime. Quant à l’écrivain, il est défendu par de nombreux journalistes au prétexte de ne pas confondre fiction et réalité. Dans les deux cas cependant, il reste un approfondissement de « l’obsession collective » d’une part, et le sentiment d’être insulté en permanence une nouvelle fois, d’autre part. Tel est le troisième profil du ventre de la bête immonde.

Ce facteur interne d’une islamophobie banalisée a des effets décuplés dans le contexte de fragilisation économique, sociale et politique générale des classes populaires aujourd’hui. La paupérisation et la précarisation massive sont devenues insoutenables dans les quartiers populaires. Il en découle des rapports sociaux marqués par une violence grandissante contre soi et contre les proches. A cela, se combinent le déclassement d’une part importante des classes moyennes, ainsi que la peur du déclassement pour ceux chez qui tout va encore bien mais qui ne sont pas « bien nés ». Ceux-là, se sentant en danger, disposent alors d’une cible consensuelle déjà toute désignée médiatiquement et politiquement comme légitime : le musulman ou la musulmane.

La fragilisation touche encore plus fortement la composante issue de l’immigration des classes populaires, qui est confrontée aux discriminations racistes systémiques (angle absolument mort des discours des organisations politiques se réclamant des classes populaires), celles-ci produisant des trajectoires de marginalisation (dans la formation, dans l’emploi, dans la recherche du logement, dans le rapport à la police et aux contrôles au faciès, etc.). [8]

L’approfondissement du clivage entre deux composantes des classes populaires dans une logique de « diviser ceux qui devraient être unis (les différentes composantes des classes populaires) et d’unir ceux qui devraient être divisés (les classes sociales aux intérêts divergents) » est le quatrième profil du ventre de la bête immonde.

De quoi accouche un tel ventre ?

Une telle matrice est à l’évidence propice à l’émergence de trajectoires nihilistes se traduisant par la tuerie à Charlie Hebdo. Extrêmement minoritaires, ces trajectoires sont une production de notre système social et des inégalités et discriminations massives qui le caractérisent.

Mais ce qu’ont révélé les réactions à l’attentat est tout autant important et, quantitativement, bien plus répandu que l’option nihiliste (pour le moment ?). Sans pouvoir être exhaustifs, rappelons quelques éléments de ces derniers jours. Du côté des discours, nous avons eu Marine Le Pen exigeant un débat national contre le « fondamentalisme islamique », le bloc identitaire déclarant la nécessité de « remettre en cause l’immigration massive et l’islamisation » pour lutter contre le « djihadisme », le journaliste Yvan Rioufol du Figaro sommant Rokhaya Diallo de se désolidariser sur RTL, Jeannette Bougrab accusant « ceux qui ont traité Charlie Hebdo d’islamophobe » d’être les coupables de l’attentat, sans compter toutes les déclarations parlant « de guerre déclarée ». A ces propos, se joignent des passages à l’acte de ces derniers jours : une Femen se filme en train de brûler et de piétiner le Coran, des coups de feu sont tirés contre la mosquée d’Albi, des tags racistes sont peints sur les mosquée de Bayonne et Poitiers, des grenades sont lancées contre une autre au Mans, des coups de feu sont tirés contre une salle de prière à Port la Nouvelle, une autre salle de prière est incendiée à Aix les Bains, une tête de sanglier et des viscères sont accrochés devant une salle de prière à Corte en Corse, un restaurant-snack-kebab est l’objet d’une explosion à Villefranche sur Saône, un automobiliste est la cible de coups de feu dans le Vaucluse, un lycéen d’origine maghrébine de 17 ans est molesté lors d’une minute de silence à Bourgoin-Jallieu en Isère, etc. Ces propos et actes montrent l’ampleur des dégâts d’ores et déjà causés par les dernières décennies de banalisation islamophobe. Ils font aussi partie de la bête immonde.

La bête immonde se trouve également dans l’absence criante d’indignation face aux victimes innombrables des guerres impérialistes de ces dernières décennies. Réagissant à propos du 11 septembre, la philosophe Judith Butler s’interroge sur l’indignation inégale. Elle souligne que l’indignation justifiée pour les victimes du 11 septembre s’accompagne d’une indifférence pour les victimes des guerres menées par les USA : « Comment se fait-il qu’on ne nous donne pas les noms des morts de cette guerre, y compris ceux que les USA ont tués, ceux dont on n’aura jamais une image, un nom, une histoire, jamais le moindre fragment de témoignage sur leur vie, quelque chose à voir, à toucher, à savoir ? ». [9]

Cette indignation inégale est à la base du processus de production d’un clivage bien réel au sein des classes populaires. Et c’est ce clivage qui est porteur de tous les dangers, notamment en période de construction de « l’union nationale », comme aujourd’hui.

L’union nationale qu’ils rêvent de construire, c’est « toutes et tous ensemble contre ceux qui ne sont pas des nôtres, contre celles et ceux qui ne montrent pas patte blanche ».

Une formidable instrumentalisation politique

Mais le scandale que nous vivons aujourd’hui ne s’arrête pas là. C’est avec un cynisme consommé que des instrumentalisations de la situation, et de la panique qu’elle suscite, se déploient à longueur de journée.

* Renforcement sécuritaire et atteintes aux libertés démocratiques

Certains, comme Dupont Aignan, réclament « plus de souplesse aux forces de l’ordre » alors qu’une nouvelle « loi antiterroriste » a déjà été votée l’automne dernier. Et, en écho, Thierry Mariani fait référence au Patriot Act états-unien (dont la conséquence a été de graves atteintes aux libertés individuelles sous prétexte de lutte contre le terrorisme) : « Les Etats-Unis ont su réagir après le 11 Septembre. On a dénoncé le Patriot Act, mais, depuis, ils n’ont pas eu d’attentat à part Boston ». [10]

Instrumentaliser la peur et l’émotion pour renforcer des lois et mesures liberticides, telle est la première manipulation qui est aujourd’hui testée pour mesurer le champ des possibles en matière de régression démocratique. D’ores et déjà, certaines revendications légitimes et urgentes sont rendues inaudibles par la surenchère sécuritaire qui tente de profiter de la situation : il sera par exemple beaucoup plus difficile de mener le combat contre le contrôle au faciès, et les humiliations quotidiennes qu’il produit continueront à s’exercer dans l’indifférence générale.

* L’unité nationale

La construction active et déterminée de l’unité nationale est la seconde instrumentalisation majeure en cours. Elle permet de mettre en sourdine l’ensemble des revendications qui entravent le processus de dérégulation généralisé. La ficelle a beau être grosse, elle est efficace dans un climat de peur généralisé, que l’ensemble des médias produisent quotidiennement. Dans certaines villes, l’unité nationale est déjà étendue au Front National qui a participé aux rassemblements de soutien à Charlie Hebdo. Dati et Fillon s’indignent déjà de « l’exclusion » de Marine Le Pen de l’unité nationale. C’est cette « unité nationale » qui fait le plus de dégâts politiquement aussi, car elle détruit les rares repères positifs qui pouvaient exister auparavant en termes d’alliances possibles et d’identités politiques.

* L’injonction à se justifier

Une autre instrumentalisation se trouve dans l’injonction permanente des musulmans réels ou supposés à se justifier pour des actes qu’ils n’ont pas commis, et/ou à se démarquer des auteurs de l’attentat.

Cette mise en accusation permanente est humiliante. Il n’est venu à l’idée de personne d’exiger de tous les chrétiens réels ou supposés une condamnation lorsque le Norvégien Anders Behring Breivik a assassiné 77 personnes en juillet 2011 en se revendiquant de l’islamophobie et du nationalisme blanc.

Derrière cette injonction, se trouve la logique posant l’islam comme étant par essence incompatible avec la République. De cette logique découle l’idée de mettre les musulmans, réels ou supposés, sous surveillance non seulement des policiers, mais également des médias, des profs, des voisins, etc.

* Être Charlie ? Qui peut être Charlie ? Qui veut être Charlie ?

Le slogan « nous sommes tous Charlie » est enfin la dernière instrumentalisation en déploiement ces jours-ci. Si l’attentat contre Charlie Hebdo est condamnable, il est hors de question cependant d’oublier le rôle qu’a joué cet hebdomadaire dans la constitution du climat islamophobe d’aujourd’hui.

Il est également hors de question d’oublier les odes à Bush que ses pages accueillaient alors que celui-ci impulsait cette fameuse « guerre contre le terrorisme » en Afghanistan puis en Irak. Ces prises de positions écrites ou dessinées ne sont pas des détails ou de simples amusements sans conséquences : elles sont à l’origine de multiples agressions de femmes voilées et de nombreux actes contre des lieux de cultes musulmans. Surtout, ce journal a fortement contribué à cliver les classes populaires au moment où elles avaient besoin plus que jamais d’unité et de solidarité. Nous ne sommes PAS PLUS Charlie hier qu’aujourd’hui.

Les temps qui s’annoncent vont être difficiles et coûteux. Pour stopper l’escalade, nous devons mettre fin à la violence des dominants : nous devons nous battre pour stopper les guerres impérialistes en cours et abroger les lois racistes. Pour stopper l’escalade, nous devons développer tous les cadres et événements de solidarité destinés à empêcher la déferlante des propos ou actes racistes et notamment islamophobes. Pour stopper l’escalade, nous devons construire tous les espaces de solidarité économique et sociale possibles dans nos quartiers populaires, en toute autonomie vis-à-vis de tous ceux qui prônent l’union nationale comme perspective.

Plus que jamais, nous avons besoin de nous organiser, de serrer les rangs, de refuser la logique « divisant ceux qui devraient être unis et unissant ceux qui devraient être divisés ». Plus que jamais, nous devons désigner l’ennemi pour nous construire ensemble : l’ennemi c’est tout ce qui nous divise.

Source : [1] Il est d’une part trop tôt pour le dire et, d’autre part, le résultat est le même.

[2] Sophie Wahnich, La révolution française, un événement de la raison sensible 1787-1799, Hachette, Paris, 2012, p. 19.

[3] Thierry Brugvin, Le pouvoir illégal des élites, Max Milo, Paris, 2014.

[4] Djacoba Liva Tehindrazanarivelo, Le racisme à l’égard des migrants en Europe, éditions du Conseil de l’Europe, Strasbourg, 2009, p. 171.

[5] Jean Ziegler, La haine de l’Occident, Albin Michel, Paris, 2008.

[6] Le Monde, Hollande « ami d’Israël » reste ferme face à l’Iran, 17-11-2013.

[7] Raphaël Liogier, Le mythe de l’islamisation, essai sur une obsession collective, Le Seuil, Paris, 2012.

[8] Voir sur cet aspect mon dernier article sur mon blog, Les dégâts invisibilisés des discriminations inégalité sociales et des discriminations racistes et sexistes, https://bouamamas.wordpress.com/

[9] Judith Butler, cité dans, Mathias Delori, Ces morts que nous n’allons pas pleurer, http://blogs.mediapart.fr/blog/math..., consulté le 9 janvier 2015 à 18 h. [10] Le Parisien du 8-01-2015



Edité par T 34 - 14 Jan 2015 à 21:34
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Jan 2015 à 21:20

Al-Qaïda : terroriste en France, alliée en Syrie

Chères Charlie, chers Charlie,

Je partage votre indignation, votre colère et votre tristesse au lendemain de ces actes de guerre inhumains contre la Liberté, l’Égalité et la Fraternité – valeurs universelles qui nous unissent malgré nos différences. À l’heure où je finalise cet article, trois terroristes viennent d'être tués par les forces de l’ordre, après avoir imposé à la France une atmosphère de guerre civile en commettant des attentats d'une rare sauvagerie. Dans ce contexte de déstabilisation systémique, soyons unis, tolérants et solidaires. Mais ne laissons pas l’émotion neutraliser notre esprit critique ! (1)

En effet, au lendemain de ces crimes effroyables – sachant que nos gouvernants risquent d’alimenter ou de déclencher de nouvelles guerres « contre » le terrorisme –, (2) il est plus que jamais indispensable de rappeler plusieurs faits dérangeants sur la politique étrangère de la France en Syrie. Tout d’abord, prenez conscience que notre actuel ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a ouvertement soutenu en décembre 2012 le Front al-Nosra – c’est-à-dire la branche « syrienne » d’al-Qaïda. En effet, selon les informations du journal Le Monde, « la décision des États-Unis de placer Jabhat Al-Nosra, un groupe djihadiste combattant aux côtés des rebelles, sur leur liste des organisations terroristes, a été vivement critiquée par des soutiens de l’opposition [en Syrie]. M. Fabius a ainsi estimé, mercredi, que “tous les Arabes étaient vent debout” contre la position américaine, “parce que, sur le terrain, ils font un bon boulot”. “C’était très net, et le président de la Coalition était aussi sur cette ligne”, a ajouté le ministre. » (3)

À l’heure où nous sommes frappés par l’abomination terroriste, il faut saisir la gravité de cette position diplomatique du gouvernement français exprimée par M. Fabius. Malgré la brutalité avérée de l’armée, des milices et des services secrets loyaux à Bachar el-Assad, peut-on accepter que le plus haut représentant de la diplomatie française cautionne ouvertement le terrorisme ? Selon le grand reporter Georges Malbrunot, en mai 2013, « [c]eux qui suiv[aient] de près le dossier syrien [ont] quand même [été] un peu surpris d’entendre M. Fabius assurer que Paris [avait] toujours privilégié l’option diplomatique. Depuis deux ans, la principale faiblesse de la position française a été au contraire de ne pas choisir clairement entre la diplomatie et les armes en Syrie, convaincue que les “jours du régime étaient comptés”, selon une formule, qui n’est pas l’apanage il faut le reconnaître du Quai d’Orsay. (…) Pour raccrocher le train de Genève et occuper un strapontin à la conférence internationale qui s’annonce, la France cherche à se redonner une virginité sur le dossier syrien. Et pour donner des gages à ses partenaires américains et russes, Paris en profite pour annoncer qu’il va, cinq mois après Washington, proposer de mettre le groupe rebelle Jabhat al-Nosra lié à Al Qaida, sur la liste des organisations terroristes. » (4)

Plus grave encore : en août 2014, le journal Le Monde a révélé que le Président Hollande avait ordonné aux services spéciaux français de livrer clandestinement (5) des armes de guerre à des rebelles « modérés » en Syrie – ce qui est contraire à la Charte des Nations Unies. (6) Malheureusement, il s’est avéré que certains armements livrés par les services français sont – d’une manière ou d’une autre – tombés entre les mains de groupes jihadistes, qui se réjouissent aujourd’hui de la vague d’attentats qui déstabilise la France en profondeur.

Malgré ces faits alarmants, dans l’interview qu’il a accordée au journal Le Monde le 21 août 2014, le Président Hollande a implicitement (mais officiellement) confirmé que ces livraisons d’armes étaient maintenues. En effet, d’après ce journal, « [t]ous ses calculs [visant à obtenir la chute de Bachar el-Assad en armant les rebelles “modérés”] ont fait long feu. “Genève 2” a eu lieu en janvier-février 2014, sans le moindre résultat. Les efforts de structuration de l’ASL, engagée par le général Idriss, n’ont pas vraiment porté leurs fruits. En décembre 2013, des dépôts d’armes de l’ASL à la frontière syro-turque ont même été pillés par des combattants du Front islamique [, un groupe jihadiste soutenu par l’Arabie saoudite, à l’instar du Front al-Nosra]. (7) Tandis que le régime se lançait dans une contre-offensive à Homs et autour de Damas, les rebelles islamistes prenaient l’ascendant sur leurs rivaux nationalistes dans le Nord. Autant d’événements qui ont dissuadé les autorités française[s] d’amplifier leurs efforts. “C’est sûr que ces difficultés ne nous ont pas vraiment encouragés à aller plus loin”, confie un diplomate. [Pourtant, si] l’on en croit les déclarations de François Hollande jeudi 21 août [2014], les livraisons d’armes n’ont cependant pas cessé. » (8)

Cette politique clandestine de soutien à la rébellion en Syrie est irresponsable, illégale et dangereuse. En effet, comme l’a rappelé l’ancien représentant au Congrès Dennis Kucinich, « [é]crivant sur la connexion entre l’Arabie saoudite et l’État Islamique (EI), l’historien Alastair Crooke a récemment décrit les insurgés “modérés” en Syrie comme étant “plus rares que la licorne des légendes”. Les “modérés” ont conclu un pacte de non-agression avec l’EI. Les “modérés” ont capturé un journaliste états-unien et l’ont vendu à l’EI, qui l’a décapité. L’Arabie saoudite qui, avec le Qatar, a financé les jihadistes en Syrie, propose désormais de “former” les rebelles. Le Congrès [des États-Unis] est prié d’avaler cette recette douteuse : les sponsors des jihadistes radicaux vont former des jihadistes “modérés”. (…) Les soi-disant “rebelles” sont des mercenaires qui viennent de plus de 20 pays. Ils s’organisent et se réorganisent constamment en nouveaux groupes, qui offrent leur allégeance à quiconque les paye ou leur fournit des armes – et ce à tout moment.» (9) Ce diagnostic de Dennis Kucinich est confirmé sur le terrain. En effet, lorsqu’il s’est rendu au Kurdistan syrien, le député allemand Jan van Aken a découvert que l’État islamique possédait des missiles antichar Milan, de fabrication franco-allemande. (10) Selon Samuel Laurent, « l’État islamique doit (…) le fleuron de son arsenal à la France », dont les missiles Milan en question. (11)

Enfin, comme l’a déclaré sur Arte le député et ancien juge antiterroriste Alain Marsaud, il est certain que les services spéciaux français ont été (sont ?) impliqués dans le soutien de réseaux jihadistes combattant le gouvernement el-Assad : « Ça veut dire qu’aujourd’hui, nous avons choisi notre camp : le camp anti-Assad. (…) Et (…) il est vraisemblable que nous ne sommes pas très très loin de rencontrer des gens d’al-Nosra – j’espère au moins qu’on les a infiltrés ! J’en suis même sûr d’ailleurs, au demeurant. Donc ça veut dire que finalement nous sommes des alliés [des jihadistes d’al-Qaïda] sur le terrain, nous poursuivons le même but. » (12) Le député Alain Marsaud a même affirmé sur RFI sa « conviction » que les services spéciaux français avaient soutenu des réseaux jihadistes en Syrie, et que cette conviction était « partagée par beaucoup de gens [,] raison pour laquelle [il avait] demandé (…) la constitution d’une mission d’information, d’une commission d’enquête parlementaire afin de vérifier les conditions dans lesquelles tout ça se passe (…) ». Lors de cette interview, il affirmé sans ambages que « la France [avait] dû encourager certains jihadistes français à se rendre en Syrie. » (13)

Chères Charlie, chers Charlie, pensez-vous qu’il est normal de condamner les jihadistes lorsqu’ils attaquent la France, mais d’occulter, de refouler, ou de minimiser le fait que de tels criminels aient été clandestinement – et parfois ouvertement – soutenus en Syrie par l’Élysée, le Quai d’Orsay et les services spéciaux français, et ce pour des intérêts essentiellement géostratégiques et énergétiques (14) ? Au vu des informations que je viens de citer et d’analyser, cette hypocrisie officielle – qui est dissimulée derrière la « “raison” d’État » – est plus que jamais inacceptable ! À toutes fins utiles, rappelons que – dans un contexte de « crise » économique brutale qui appauvrit la majorité d’entre nous en enrichissant une hyper-classe ultra-minoritaire –, (15) « notre » gouvernement a débloqué un nombre inconnu de millions d’euros pour armer des jihadistes qui détruisent activement ce berceau de la civilisation humaine qu’est la Syrie. (16)

Si vous estimez que cette indignation est légitime, je vous encourage à partager cet article le plus largement possible en le transmettant à votre entourage, aux médias ainsi qu’à nos autorités, dont le Président de notre République – une et indivisible. Pour ce faire, je vous remercie de copier-coller le lien menant à cet article sur ce site, afin de faire savoir au Président de notre République qu’il n’est pas acceptable que l’État combatte la nébuleuse al-Qaïda en France tout en la soutenant en Syrie !

Essentiellement, restons unis malgré nos différences, et tentons d’esquiver intelligemment le piège mortifère du « choc des civilisations », que les extrémistes néoconservateurs ont ouvertement souhaité, (17) et qui nous menace plus que jamais.

Fraternellement, humainement, librement,

Maxime Chaix

Notes

1. « On est dans un moment épouvantable. Le milieu intellectuel parisien est dans une dérive parareligieuse, dans une islamophobie latente. Il existe une forme de crispation identitaire, une angoisse à la désoccidentalisation du monde, une rupture entre le clan des dominants et le monde multipolaire. Cette doctrine occidentaliste, qui veut que l’Occident soit riche et dominateur éternellement, m’inquiète. » – Emmanuel Todd, El Watan, 3 novembre 2008. Cité par Guillaume de Rouville dans « L’esprit du temps ou l’islamophobie radicale », 12 septembre 2012, Lidiotduvillage.org, : « Cet essentialisme, on le retrouve, pour prendre un exemple médiatique, dans les caricatures de Mahomet, publiées en France dans le journal Charlie Hebdo en février 2006. Dans le contexte actuel de stigmatisation des Musulmans, ces caricatures correspondent à celles des Juifs des années 30 dans la presse antisémite. Et c’est au nom de la liberté d’expression qu’on nous fait tolérer cette presse de caniveau dont les dirigeants sont des partisans déclarés de l’atlantisme et du choc des civilisations. Bel exemple également de transmutation des valeurs. » ; Pascal Boniface, « Philippe Val et Olivier Poivre-d’Arvor ont-ils émis une fatwa contre moi ? », Leplus.nouvelobs.com, 9 juillet 2013 ; « Quand en 2012, Guy Bedos souhaitait que les journalistes de Charlie Hebdo “crèvent” », Atlantico.fr, 9 janvier 2015 : « “Depuis que Reiser est mort, depuis que Siné n’est plus là, ils ne me font pas rire”, ajoute-t-il. “C'était nul l’histoire de Mahomet. Je m’en fous de Charlie Hebdo ! Je n’ai pas de leçon d’insolence à recevoir de gens qui se sont couchés”, renchérit encore l’humoriste. “Notamment Philippe Val qui s’est couché devant Nicolas Sarkozy pour devenir directeur de France Inter. Dans la résistance, on n’aurait pas été dans le même réseau.” »

2. Peter Dale Scott, L’État profond américain : la finance, le pétrole et la guerre perpétuelle (Éditions Demi-Lune, à paraître au printemps 2015) : « L’establishment affirme que les guerres lancées par les États-Unis sur le continent asiatique depuis les attaques de septembre 2001 entrent dans le cadre d’une “guerre globale contre la terreur”. Néanmoins cette guerre “contre” le terrorisme a été menée avec la coopération de l’Arabie saoudite, du Qatar et du Pakistan. Or, ces trois pays sont les principaux soutiens financiers et politiques des réseaux jihadistes que les États-Unis sont censés avoir combattu jusqu’à présent. Dans le même temps, les plus farouches opposants à ces terroristes sunnites – les gouvernements d’Irak, de Libye, de Syrie et d’Iran – ont été renversés (Irak et Libye), déstabilisés avec l’appui des États-Unis (Syrie) ou sanctionnés et menacés en tant qu’éléments de l’“Axe du Mal” (Iran). N’oublions pas que, dès le lendemain du 11-Septembre, le secrétaire à la Défense Donald “Rumsfeld parlait d’élargir les objectifs de notre riposte et de ‘frapper l’Irak’”. »

3. Le Monde, « Pression militaire et succès diplomatique pour les rebelles syriens », 13 décembre 2012 (accentuation ajoutée).

4. Georges Malbrunot, « Le spectaculaire revirement français sur la Syrie », Le Figaro, 10 mai 2013 (accentuation ajoutée).

5. Selon Wikipedia.fr, une opération clandestine « est une opération illégale, dirigée par un État mais non revendiquée par celui-ci pour des raisons politiques ou diplomatiques. L’illégalité de ces opérations implique qu’elles soient secrètes ; elles ne sont donc théoriquement pas rapportées auprès des médias, ni reconnues par les gouvernements. »

6. Caroline Fleuriot, « Droit d’ingérence, où en est-on ? », LeMonde-Diplomatique.fr, septembre 2008 : « Venir en aide aux populations en détresse sans le consentement de l’État est une idée ancienne. Déjà Hugo Grotius, en 1625 dans De jure belli ac pacis, évoquait une telle possibilité. Mais l’article 2, paragraphe 7, de la Charte de l’Organisation des Nations unies (ONU) pose le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État comme principe pacificateur des relations internationales. »

7. Armin Arefi, « État islamique : la volte-face de l’Arabie saoudite », LePoint.fr, 18 septembre 2014 : « Les nombreuses divisions au sein de la famille régnante facilitent la donne. “Le pouvoir saoudien n’est pas centralisé, mais distribué verticalement entre plusieurs factions concurrentes de la famille royale, dont chacune possède sa propre politique étrangère, parfois contradictoire avec la ligne officielle, qu’elle compte réinvestir dans sa lutte interne”, explique le chercheur Nabil Mouline. Voilà pourquoi, si, officiellement, Riyad ne finance que les rebelles “modérés” de l’Armée syrienne libre, des fonds saoudiens alimentent aussi le Front islamique (rebelles islamistes), ainsi que les djihadistes d’Al-Nosra et de l’État islamique. »

8. Benjamin Barthe, Cyril Bensimon et Yves-Michel Riols, « Comment et pourquoi la France a livré des armes aux rebelles en Syrie », Le Monde, 21 août 2014, (accentuation ajoutée).

9. Dennis Kucinich, « Le Congrès US autorise le soutien des “rebelles” », DeDefensa.org, 19 septembre 2014 (accentuation ajoutée).

10. « Syrien: Islamisten setzen deutsche Raketen ein », émission Panorama, Das Erste, 23 janvier 2014 (en allemand).

11. Samuel Laurent, État islamique : organigramme, financements, filières… (Éditions du Seuil, Paris, 2014), p.51. Page en libre accès sur Google Books.

12. « Le 11-Septembre au musée : un tel attentat est-il encore possible ? », émission 28 Minutes, Arte, mai 2014 (accentuation ajoutée).

13. Frédéric Rivière, « Alain Marsaud, député, président du groupe de travail sur la Syrie », Rfi.fr, 24 avril 2014 (accentuation ajoutée).

14. Peter Dale Scott, « La politique syrienne de Washington : faucons contre colombes », DeDefensa.org, 19 juin 2013.

15. Maxime Chaix, « Le fascisme réel », DeDefensa.org, 10 juin 2014.

16. « L’histoire de la Syrie est marquée par sa situation exceptionnelle. C’est un territoire de transition au carrefour de plusieurs mondes : la Méditerranée, la Mésopotamie, la Perse, l’Inde, l’Asie mineure, les terres du Caucase, et l’Égypte. La Syrie était traversée par les plus importantes voies commerciales, entre l’Europe, la Chine (route de la soie) et l’Inde.

L’homme de la terre syrienne a peut-être découvert, pour la première fois de l’Histoire de l’humanité, à Abu Huraira, l’art de cultiver, d’associer l’eau et le grain de blé, pour multiplier les épis. Grâce à cette découverte première l’homme commença à se fixer, à sortir des cavernes, à construire des maisons, à prendre conscience de son être, à invoquer le ciel avec les premières incantations mythologiques et religieuses, à s’essayer au dessin, à la sculpture et à la décoration. C’est également en Syrie que l’homme découvrit comment utiliser le cuivre, comment le façonner et en réaliser un alliage : le bronze. Dès le IIIe millénaire av. J.-C., les Syriens construisaient des palais, créaient des fresques, et connaissaient un essor culturel et commercial remarquable. La Syrie a eu une part importante dans l’Histoire du christianisme et dans ses débats. À travers ses routes sont passés les pèlerins vers les grands centres religieux, les croisés et les caravanes de la soie et des épices. Les habitants des nombreux petits royaumes qui se sont développés en Syrie, descendaient de peuplades sémites venues, depuis les premiers temps, du sud de la Péninsule Arabique, et qui sont connus sous le nom d’Amorrites, de Cananéens, de Phéniciens (zone côtière), d’Araméens (hautes terres) de Ghassanides et de Nabatéens (au sud). » (Wikipédia.)

17. Pour approfondir ce sujet essentiel, je vous recommande le livre de mon ami et mentor intellectuel Peter Dale Scott, publié par les Éditions Demi-Lune et intitulé La Route vers le nouveau désordre mondial – un ouvrage majeur que j’ai co-traduit ; dans le contexte actuel, n’oublions pas que le 11-Septembre reste un événement irrésolu, dont les véritables commanditaires restent inconnus. Voir l’article de l’ancien sénateur de Floride Bob Graham, « Il faut rouvrir l’enquête du 11-Septembre ! », Huffingtonpost.fr, 11 septembre 2012 : « Le temps qui s’est écoulé depuis le 11 septembre 2001 n’a pas diminué la méfiance que beaucoup d’entre nous ressentent à l’égard de la version officielle (…) des attentats, et surtout, la question de qui les a financés et soutenus. (…) [Il existe] des preuves de la complicité saoudienne [dans ces attentats] que notre gouvernement continue de cacher au public, sous forme d’un programme de classification tronquée, qui semble surtout faire partie d’un effort systématique pour protéger l’Arabie saoudite de la responsabilité de ses actions. » Rappelons-nous également des néoconservateurs de l’administration Bush et de leur programme de domination militarisée du monde. Publié en septembre 2000, sa mise en œuvre à court terme nécessitait selon eux « un nouveau Pearl Harbor ». Sur la page suivante, vous pourrez lire une traduction intégrale de ce programme, qui constitua la principale feuille de route de la politique étrangère de George W. Bush.

 
L’Occident fabrique des monstres musulmans
 

Terrorisme musulman : à qui la faute ? (Counterpunch)

 
 

Il y a cent ans, il aurait été inimaginable de voir deux hommes musulmans entrer dans un café ou un transport en commun, puis se faire exploser, en tuant des dizaines. Ou de massacrer l’équipe d’un magazine satirique à Paris ! C’eut été inconcevable.

Quand vous lisez les mémoires de Edward Said, ou que vous parlez à des vieux à Jérusalem-Est, il est clair que la grande partie de la société palestinienne était résolument laïque et modérée. On se souciait de la vie, de la culture et même de la mode, plus que de dogmes religieux.

On pourrait dire la même chose à propos de nombreuses autres sociétés musulmanes, dont celles de la Syrie, de l’Irak, de l’Iran, de l’Egypte et de l’Indonésie. Les vieilles photos parlent d’elles-mêmes. C’est pourquoi il est si important d’étudier les anciennes images encore et encore, avec soin.

L’islam n’est pas seulement une religion ; c’est aussi une énorme culture, une des plus grandes de la Terre, qui a enrichi notre humanité avec certaines des réalisations scientifiques et architecturales les plus importantes, et d’innombrables découvertes dans le domaine de la médecine. Les musulmans ont écrit de la poésie magnifique, et composé de la belle musique. Mais surtout, ils ont développé certains des premières structures sociales dans le monde, dont d’énormes hôpitaux publics et les premières universités au monde, comme l’Université Al Quaraouiyine à Fès, au Maroc.

L’idée de « social » était naturel chez de nombreux politiciens musulmans, et si l’Occident n’avait pas brutalement interféré en renversant les gouvernements de gauche et en mettant sur le trône les alliés fascistes de Londres, Washington et Paris, presque tous les pays musulmans, dont l’Iran, l’Egypte et l’Indonésie, seraient probablement socialistes aujourd’hui, sous la houlette de dirigeants très modérés et majoritairement laïcs.

***

Dans le passé, de nombreux dirigeants musulmans se sont levés contre le contrôle du monde par l’occident, et de grandes figures comme le président indonésien, Ahmet Sukarno, étaient proches des partis et des idéologies communistes. Sukarno a même forgé un mouvement anti-impérialiste mondial, le mouvement des non-alignés, qui a été clairement défini au cours de la Conférence de Bandung en Indonésie, en 1955.

C’était un contraste frappant avec la chrétienté conservatrice, orientée vers les élites, qui prévalait chez nous avec ses dirigeants fascistes et ses colonialistes, avec ses rois, ses commerçants et ses grandes oligarchies.

Pour l’Empire, l’existence et la popularité des dirigeants musulmans progressistes, marxistes, régissant le Moyen-Orient ou l’Indonésie riche en ressources naturelles, était quelque chose de tout à fait inacceptable. S’ils consacraient leurs richesses naturelles à améliorer la vie de leurs populations, qu’allait-il en rester pour l’Empire et ses sociétés ? Il fallait l’arrêter par tous les moyens. L’Islam devait être divisé et infiltré par des radicaux et des cadres anti-communistes et ceux qui se fichent pas mal du bien-être de leur peuple.

***

Presque tous les mouvements radicaux de l’islam d’aujourd’hui, partout dans le monde, sont liés au wahhabisme, une secte réactionnaire ultra-conservatrice de l’Islam, qui contrôle la vie politique de l’Arabie Saoudite, le Qatar et d’autres fidèles alliés de l’Occident dans le Golfe.

Pour citer le Dr Abdullah Mohammad Sindi :

« Selon les archives historiques, il est très clair que, sans l’aide des Britanniques, ni le wahhabisme, ni la Maison des Saoud n’existeraient aujourd’hui. Le wahhabisme est un mouvement fondamentaliste d’inspiration britannique dans l’Islam. Grâce à sa défense de la Maison des Saoud, les États-Unis soutiennent également le wahhabisme directement et indirectement indépendamment des attaques terroristes du 11 Septembre, 2001. Le wahhabisme est violent, d’extrême-droite, ultra-conservateur, rigide, extrémiste, réactionnaire, sexiste, et intolérant ... »

L’Occident a donné son plein appui aux wahhabites dans les années 1980. Ils ont été utilisés, financés et armés, après que l’Union Soviétique ait été attirée dans l’Afghanistan et dans une guerre acharnée qui a duré de 1979 à 1989. À la suite de cette guerre, l’Union Soviétique s’est effondrée, épuisée à la fois économiquement et psychologiquement.

Les Moudjahidine, qui combattaient les Soviétiques ainsi que le gouvernement de gauche à Kaboul, ont été encouragés et financés par l’Occident et ses alliés. Ils sont venus des quatre coins du monde musulman, pour livrer une « guerre sainte » contre les infidèles communistes.

Selon les archives du Département d’Etat des Etats-Unis :

« Des contingents de soi-disant Arabes afghans et de combattants étrangers qui voulaient mener le djihad contre les communistes athées. Parmi eux était un jeune Saoudien nommé Oussama ben Laden, dont le groupe arabe a fini par devenir al-Qaïda »,

Parmi les groupes radicaux musulmans créés et injectés dans divers pays musulmans par l’Occident, on trouve al-Qaïda, mais aussi, plus récemment, ISIS (également connus comme ISIL – ou Etat Islamique - NdT). ISIS est une armée extrémiste qui est née dans les « camps de réfugiés » sur les frontières turco-syriennes et jordano-syriennes, et qui a été financés par l’OTAN et l’Occident pour lutter contre le gouvernement syrien (laïc) de Bachar al-Assad.

Ces implants radicaux ont servi à plusieurs fins. L’Occident les utilise comme des sous-traitants dans les guerres menées contre ses ennemis - les pays qui sont encore à travers du chemin de la domination totale du monde par l’Empire. Ensuite, à un moment donné, lorsque ces armées extrémistes « échappent à tout contrôle » (elles le font toujours), elles pourront servir d’épouvantails et comme justification de la « guerre contre le terrorisme », ou, comme lorsque ISIS a pris la ville de Mossoul, comme une excuse pour un réengagement des troupes occidentales en Irak.

Des histoires sur les groupes musulmans radicaux ont été constamment exposées sur les premières pages des journaux et des magazines, ou montrées sur les écrans de télévision, rappelant aux lecteurs « à quel point le monde est vraiment dangereux », « combien l’intervention de l’Occident est importante », et par conséquent, combien la surveillance est importante, combien les indispensables mesures de sécurité le sont ainsi que les énormes budgets de « défense » et les guerres contre d’innombrables Etats voyous.

***

D’une civilisation pacifique et créative, qui penchait vers le socialisme, les nations musulmanes et l’Islam lui-même, se sont retrouvés soudainement désorientés, dupés, déjoués, infiltrés par des implants religieux et idéologiques étrangers, et transformés par les idéologues et les propagandistes occidentaux en une « menace considérable », les sommets et les symboles du terrorisme et de l’intolérance.

La situation est totalement grotesque, mais personne ne rit - trop en sont morts ; trop a été détruit !

L’Indonésie est l’un des exemples historiques les plus frappants du fonctionnement de ces mécanismes de destruction des valeurs musulmanes progressistes

Dans les années 1950 et au début des années 1960, les Etats-Unis, l’Australie et l’Occident en général étaient de plus en plus « préoccupés » par la position progressiste, anti-impérialiste et internationaliste du président Sukarno, et de la popularité croissante du Parti communiste indonésien (PKI). Mais ils étaient encore plus préoccupés par la version éclairée, socialiste et modérée de l’Islam indonésien, qui était clairement en train de se rapprocher des idéaux communistes.

Les idéologues et « décideurs » chrétiens anti-communistes, dont le fameux jésuite Joop Beek, infiltrèrent l’Indonésie. Ils y mirent en place des organisations clandestines, idéologiques et paramilitaires, pour aider l’Occident à planifier le coup d’Etat qui pendant et après 1965 a coûté la vie de 1 à 3 millions d’êtres humains.

Façonné en occident, la propagande anti-communiste et anti-intellectuelle propagée de manière extrêmement efficace par Joop Beek et ses cohortes a également contribué à un lavage de cerveau de nombreux membres de grandes organisations musulmanes, les poussant à rejoindre le meurtre des progressistes, immédiatement après le coup d’Etat, ignorants qu’ils étaient que ce n’était pas seulement le communisme qui avait été choisi comme la principale cible de la « cinquième colonne » chrétienne et pro-occidentale à l’intérieur de l’Indonésie, ou plus précisément, que la cible était l’Islam libéral et progressiste.

Après le coup d’Etat de 1965, le dictateur fasciste parrainé par l’Occident, le général Suharto, a employé Joop Beek comme son principal conseiller. Il s’est également appuyé idéologiquement sur les « étudiants » de Beek. Economiquement, le régime lui-même était lié à des magnats des affaires, principalement chrétiens, dont Liem Bian Kie.

Dans le pays musulman le plus peuplé de la planète, l’Indonésie, les musulmans furent mis à l’écart, leurs partis politiques « non fiables » interdits pendant la dictature, et à la fois le politique (de manière couverte) et l’économie (de manière ouverte) sont passés sous le contrôle strict d’une minorité chrétienne pro-occidentale. À ce jour, cette minorité a son réseau complexe et venimeux de guerriers anti-communistes, de cartels et de mafias d’affaires très soudés, de médias et « structures éducatives » y compris d’écoles religieuses privées, ainsi que des prédicateurs religieux corrompus (beaucoup ont joué un rôle dans les massacres de 1965), et d’autres collaborateurs à la fois avec le régime local et mondial.

L’islam indonésien a été réduit à une majorité silencieuse, majoritairement pauvre et sans aucune influence notable. Il ne fait la une des journaux que lorsque ses militants frustrés vêtus de blanc saccagent des bars, ou lorsque ses extrémistes, dont beaucoup sont liés aux Moudjahidine et la guerre soviéto-afghane, font sauter des discothèques, hôtels ou restaurants à Bali et à Jakarta.

Ou le font-ils vraiment ?

L’ancien Président de l’Indonésie et religieux musulman progressiste, Abdurrahman Wahid (forcé à démissionner par les élites), m’a dit un jour : « Je sais qui a fait sauter l’Hôtel Marriott à Jakarta. Ce n’était pas une attaque des islamistes ; c’était les services secrets indonésiens, pour justifier leur existence et leur budget, et pour plaire à l’Occident ».

***

« Je dirais que l’impérialisme occidental n’a pas tellement forgé une alliance avec les factions radicales mais qu’il les a plutôt créé », m’a dit, à Londres, mon ami et leader intellectuel musulman progressiste, Ziauddin Sardar.

Et M. Sardar de continuer :

« Il faut comprendre que le colonialisme a fait beaucoup plus que simplement endommager les nations et les cultures musulmanes. Il a joué un rôle majeur dans la suppression et la disparition éventuelle de la connaissance et de l’apprentissage, de la pensée et de la créativité, de cultures musulmanes. Le rencontre coloniale a commencé par l’appropriation de la connaissance et de l’apprentissage de l’Islam, qui est devenu la base de la « Renaissance européenne » et des « Lumières » et s’est soldé par l’éradication de cette connaissance et de l’apprentissage à la fois des sociétés musulmanes et de l’histoire elle-même. Il l’a fait à la fois par l’élimination physique - la destruction et la fermeture des établissements d’enseignement, l’interdiction de certains types de connaissances autochtones, éliminant penseurs et érudits locaux - et en réécrivant l’Histoire comme l’histoire de la civilisation occidentale qui englobe toutes les histoires mineurs des autres civilisations ».

De l’espoir né après la Seconde guerre mondiale à l’obscurité totale du présent – quel chemin long et terrible ce fut !

Le monde musulman est maintenant blessé, humilié et confus, presque toujours sur la défensive.

Il est mal compris par les étrangers, et souvent même par ses propres gens qui sont fréquemment obligés de compter sur les vues occidentales et chrétiennes du monde.

Ce qui rendait la culture de l’Islam si attrayante - la tolérance, l’apprentissage, la préoccupation pour le bien-être des personnes - a été amputée de la sphère musulmane, détruite de l’étranger. Il n’en est resté que la religion.

Aujourd’hui, la plupart des pays musulmans sont gouvernés par des despotes, par les cliques militaires ou corrompus. Tous étroitement liés à l’Occident et son régime et intérêts globaux.

Comme ils l’ont fait dans plusieurs grandes nations et empires de l’Amérique centrale et du Sud, ainsi qu’en Afrique, les envahisseurs et les colonisateurs occidentaux ont réussi à anéantir totalement de grandes cultures musulmanes.

Qui furent remplacées par la cupidité, la corruption et la violence.

Il semblerait que tout ce qui est basé sur des bases différentes, non-chrétiennes, est en train d’être réduit en poussière par l’Empire. Seules survivent les cultures les plus grandes et les plus coriaces.

Chaque fois qu’un pays musulman tente de revenir à son essence, de fonctionner d’une manière socialiste ou à vocation sociale - que ce soit l’Iran, l’Egypte, l’Indonésie, ou beaucoup plus récemment l’Irak, la Libye ou la Syrie - il se voit sauvagement torturé et détruit.

La volonté de son peuple est brisé sans ménagement et les choix démocratiquement exprimés sont renversés.

Pendant des décennies, la Palestine s’est vue refuser la liberté, ainsi que ses droits humains fondamentaux. Israël et l’Empire crachent sur son droit à l’autodétermination. Le peuple palestinien est enfermé dans un ghetto, humilié et assassiné. Pour certains d’entre eux, la religion est tout ce qui leur reste.

Le « printemps arabe » a déraillé et s’est éteint presque partout, de l’Egypte à Bahreïn, et les anciens régimes et les militaires sont de retour au pouvoir.

Comme les peuples africains, les Musulmans paient un prix terrible pour être nés dans des pays riches en ressources naturelles. Mais ils sont aussi brutalisés pour avoir, avec la Chine, la plus grande civilisation de l’histoire, celle qui a éclipsé toutes les cultures de l’Occident.

***

Le christianisme a pillé et brutalisé le monde entier. L’Islam, avec ses grands Sultans tels que Saladin, a résisté aux envahisseurs, en défendant les grandes villes d’Alep et de Damas, Le Caire et Jérusalem. Mais dans l’ensemble, il était plus intéressé par la construction d’une grande civilisation que par le pillage et les guerres.

Maintenant presque personne en Occident ne connaît Saladin ou les grandes réalisations scientifiques, artistiques ou sociales du monde musulman. Mais tout le monde est « bien informé » à propos de ISIS. Bien sûr, tout ce qu’ils connaissent d’ISIS est que c’est un « groupe extrémiste islamique », et ignorent qu’il s’agit d’un des principaux outils utilisés par les Occidentaux pour déstabiliser le Moyen-Orient.

Tandis que la France est en deuil pour la mort des journalistes dans les bureaux de la revue satirique Charlie Hebdo (indéniablement un crime terrible !), à travers toute l’Europe c’est encore l’islam qui est décrit comme brutal et militant, et non l’Occident avec sa doctrine chrétienne fondamentaliste post-croisade, qui ne cesse de renverser et d’abattre tous les gouvernements et systèmes modérés, laïcs et progressistes dans le monde musulman, en laissant les musulmans à la merci des fanatiques dérangés.

***

Au cours des cinq dernières décennies, environ 10 millions de musulmans ont été assassinés parce que leurs pays ne servaient pas les intérêts de l’Empire, ou parce qu’ils n’étaient pas serviles, ou tout simplement parce qu’ils représentaient un obstacle. Les victimes étaient Indonésiennes, Irakiennes, Algériennes, Afghanes, Pakistanaises, Iraniennes, Yéménites, Syriennes, Libanaises, Egyptiennes et citoyens du Mali, de la Somalie, de Bahreïn et de nombreux autres pays.

L’Occident a identifié les monstres les plus horribles, leur a jeté des milliards de dollars, les a armés, leur a donné une formation militaire de pointe, puis les a lâchés.

Les pays qui cultivent le terrorisme, l’Arabie saoudite et le Qatar, sont quelques-uns des plus proches alliés de l’Occident, et n’ont jamais été punis pour l’exportation de l’horreur partout dans le monde musulman.

De grands mouvements musulmans sociaux comme le Hezbollah, qui est actuellement engagé dans un combat à mort contre ISIS, mais qui a également galvanisé le Liban au cours de sa lutte contre l’invasion israélienne, sont sur les « listes terroristes » compilées par l’Occident. Cela explique beaucoup de choses à ceux qui veulent bien y prêter attention.

Vu du Moyen-Orient, il semble que l’Occident, comme pendant les croisades, vise à la destruction absolue des pays musulmans et de la culture musulmane.

Quant à la religion musulmane, l’Empire n’en tolère que la version servile - celle qui accepte le capitalisme extrême et la position mondiale dominante de l’Occident. Le seul autre type tolérable de l’Islam est celui qui est fabriqué par l’Occident lui-même et par ses alliés dans le Golfe - désigné pour lutter contre le progrès et la justice sociale ; celui qui dévore ses propres enfants.

ANDRE VLTCHEK

Traduction "tu as l’heure ? - Oui, pourquoi ? Pour rien, juste pour régler nos pendules" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

EN COMPLEMENT :

bande-annonce du documentaire "The Act of Killing" [L’Acte du Tuer en français) sur le génocide indonésien https://www.youtube.com/watch?v=1kssnOoJ93I (VO sous-titré en anglais)

Site officiel du documentaire : http://theactofkilling.com/



Edité par T 34 - 11 Jan 2015 à 22:47
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Jan 2015 à 22:02
PSG: une banderole prend à partie le Qatar à Bastia
 
 
10 Janv. 2015
 
C'est une nouvelle affaire de banderole qui pourrait encore secouer le football français. Samedi pendant une dizaine de minutes, des supporteurs du SC Bastia ont déployé une banderole sur laquelle on pouvait lire «Le Qatar finance le PSG... et le terrorisme». Elle est restée dans les travées du stade Armand-Cesari depuis l'entrée des joueurs sur la pelouse jusqu'au coup d'envoi du match comptant pour la 20e journée du championnat et à l'issue de laquelle, les Parisiens se sont lourdement inclinés.

La minute de silence en hommage aux victimes des attentats de Paris
a été parfaitement respectée par les supporteurs corses.

Le message directement adressé à l'Etat gazier qui possède le PSG via son fonds souverain QSI (Qatar sport investments) n'a pas encore réagi officiellement. 
 
Hamas et Hezbollah condamnent l'attentat contre Charlie Hebdo
 

Le mouvement islamiste palestinien Hamas et le Hezbollah libanais ont condamné l'attaque par deux djihadistes du siège de l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo qui avait publié des caricatures du prophète.

Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, "condamne les agressions contre le magazine Charlie Hebdo et insiste que le différend d'opinion et de pensée ne saurait justifier le meurtre", écrit le mouvement dans un communiqué publié samedi en français et en arabe.

Le Mouvement de la résistance islamique condamne aussi "les tentatives désespérées du Premier ministre israélien (Benjamin) Netanyahu de faire le lien, notamment dans son dernier entretien avec l'ambassadeur de France en Israël, entre d'un côté notre mouvement et la résistance de notre peuple, et le terrorisme à travers le monde de l'autre côté."

"Notre mouvement réitère sa position précise des derniers événements à Paris qui est cohérente avec celle exprimée dans le communiqué de l'Union internationale des savants musulmans, qui a condamné les agressions contre le magazine Charlie Hebdo et insisté que le différend d'opinion et de pensée ne saurait justifier le meurtre."

Vendredi, le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah, le cheikh Hassan Nasrallah, a également condamné les attentats de Paris, affirmant qu'ils faisaient plus de mal à l'islam que des caricatures ou des livres contre le prophète Mahomet.

"En ce moment, il est plus que jamais nécessaire de parler du prophète en raison du comportement de certains groupes terroristes qui se revendiquent de l'islam", a-t-il dit.

"A travers leurs actes immondes, violents et inhumains, ces groupes ont porté atteinte au prophète et aux musulmans plus que ne l'ont fait leurs ennemis (...), plus que les livres, les films et les caricatures ayant injurié le prophète", a ajouté le chef du Hezbollah dans un discours télévisé.

"Ce sont les pires actes ayant nui au prophète dans l'Histoire", a-t-il insisté.

Des militants du Hezbollah combattent avec l'armée gouvernementale syrienne contre les insurgés en Syrie.

Dans un enregistrement audio diffusé vendredi, l'un des dirigeants d'Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) a salué l'attentat contre Charlie Hebdo, jugeant que les attaquants faisaient partie des "fidèles soldats de Dieu" qui ont enseigné aux Français les limites de la liberté d'expression.

Deux djihadistes français, Chérif et Saïd Kouachi, ont attaqué mercredi le siège de Charlie Hebdo à Paris, tuant douze personnes. (Nidal al Mughrabi, avec Ori Lewis à Jérusalem, édité par Marine Pennetier)

 


Edité par T 34 - 11 Jan 2015 à 22:05
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
Résistance allez vers le bas
Intervenant régulier
Intervenant régulier
Avatar

Depuis le: 11 Nov 2012
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 168
  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Jan 2015 à 22:31



C’est en 1993 que Samuel P. Huntington publia son désormais célèbre Choc des civilisations. Pour l’auteur, la défaite de l’Union soviétique avait mis fin à toutes les querelles idéologiques, mais pas à l’histoire. La culture - et non la politique ou l’économie - allait dominer le monde.

Il en dénombrait huit : occidentale, confucéenne, japonaise, islamique, hindoue, slave orthodoxe, latino-américaine et, peut-être, africaine (il n’était probablement pas certain que l’Afrique soit vraiment civilisée !). Chacune incarnait différents systèmes de valeurs symbolisés chacun par une religion, «  sans doute la force centrale qui motive et mobilise les peuples ». La principale ligne de fracture passait entre «  l’Occident et le reste  », car seul le premier nommé valorise «  l’individualisme, le libéralisme, la Constitution, les droits humains, l’égalité, la liberté, le règne de la loi, la démocratie, les marchés libres  ». C’est pourquoi l’Occident doit se préparer militairement à affronter les civilisations rivales, et notamment les deux plus dangereuses : l’islam et le confucianisme, qui, si elles devaient s’unir, menaceraient le cœur de la civilisation. Et l’auteur concluait : «  le monde n’est pas un. Les civilisations unissent et divisent l’humanité... Le sang et la foi : voilà ce à quoi les gens s’identifient, ce pour quoi ils combattent et meurent ». Oussama Ben Laden aurait pu signer sans mal une telle déclaration.

Le choc des civilisations est revenu mercredi 7 janvier sur le devant de la scène. Au galop. Ce jour-là, une attaque terroriste décimait la direction de Charlie Hebdo. Parmi les morts figurent de nombreux journalistes, dont les dessinateurs Charb, Cabu, Wolinski, Tignous, Honoré, Elsa Cayat, Mustapha Ourad ainsi que Bernard Maris, chroniqueur pour l’hebdomadaire satirique et pour France Inter. Alors que les informations défilaient en boucle, plus de 100.000 personnes se sont rassemblées dans plus de cent cinquante villes de France. Une journée de deuil national a en parallèle été décrétée le lendemain en hommage aux victimes.

Laurent Léger, survivant de l’attentat, raconte « la barbarie entrée dans le journal ». Pourtant, rares sont ceux à rappeler que les deux tueurs ont séjourné en Syrie où certains diront plus tard qu’on leur a « bourré la tête ». Un nouveau rapport de la Commission d’enquête des Nations Unies traitant justement de ce pays a donné des explications choquantes sur l’usage de la terreur par le groupe armé autoproclamé État islamique (utilisation d’une violence extrême contre les civils et les combattants capturés).

Le rapport indique que « le soutien externe fourni à tous les belligérants en Syrie a contribué à la radicalisation des groupes armés, au bénéfice final d’ISIS (État Islamique, NDLR). Des organisations caritatives et des particuliers fortunés ont financé les entités radicales désireuses de promouvoir leurs idéologies et de servir leurs agendas. Les armes et le soutien offerts aux groupes armés considérés comme modérés sont maintes fois tombés dans les mains d’acteurs plus radicaux, y compris ISIS ». Dans un entretien exclusif au Monde, François Hollande confirmait d’ailleurs en août dernier que « la France a soutenu la rébellion syrienne démocratique », nous refaisant au passage le coup des armes chimiques. Les États-Unis ne sont pas en reste. Selon l’agence de presse britannique Reuters, le Congrès a voté secrètement le financement d’une aide militaire aux « rebelles syriens » jusqu’à la fin de l’année fiscale (c’est-à-dire jusqu’au 30 septembre 2014).

Jacques Chirac avait pourtant compris le problème, lorsque George W. Bush a décidé d’envahir l’Irak sous le prétexte fallacieux d’éliminer des armes de destruction massive. Mais pas Sarkozy, qui a pris le risque d’envoyer des troupes françaises combattre, avec des djihadistes et des terroristes d’Al-Qaïda, pour « libérer » les Libyens. Tous savaient que l’opposition laïque libyenne était insignifiante par rapport à la nébuleuse islamo-terroriste.

Le cas de la Syrie n’est pas totalement différent du précédent libyen. Même si elle a été plus ou moins pacifique au départ, l’insurrection syrienne a été très rapidement une résistance armée et composée par des djihadistes venant de tous les horizons : des Tchétchènes, des Libyens, des Tunisiens, des Algériens, des Saoudiens, des Jordaniens, des Irakiens, des Britanniques, des Américains, et bien évidemment des Français. Le nombre des candidats au martyr a été longtemps minimisé en France. Il a pourtant augmenté de 116 % depuis le 1er janvier 2014 selon des chiffres visés par le ministère de l’intérieur que s’est procurés France Info. L’administration estime aujourd’hui qu'il y a désormais plus de 1.200 personnes qui sont parties ou veulent partir faire le djihad. Bien entendu, certains reviennent au bercail. Militairement formés, cela va de soi.

Face au terrorisme islamique, force est de constater que l’indignation de l’Occident est à géométrie variable. Les heures qui ont suivi l'attaque meurtrière contre Charlie hebdo ont vu se succéder les déclarations de solidarité de la part de la communauté internationale. Pourtant, les États-Unis autant que leurs alliés ont contribué à coups de millions de dollars à armer des mouvements terroristes à des milliers de kilomètres de nos frontières, au Proche-Orient ou ailleurs. Le terrorisme est donc une composante de l'action des États qu’on pourrait qualifier de doctrine non officielle… mais pourtant bien réelle. Il n’est plus systématiquement, comme certains peuvent encore le prétendre, l'arme des faibles.

Pour en finir avec l’hydre djihadiste, il faudrait assécher totalement les sources financières et les référents politiques auxquels s’adossent les mouvements qui s’en réclament. Pour ce faire, il serait temps de s’interroger sur la politique occidentale menée globalement à l’égard du monde arabe et du monde musulman, mais aussi sur la consistance des politiques menées par les régimes de ces régions (notamment ceux du Golfe) et sur la complaisance des pays occidentaux à leur égard. Or, aucune capitale occidentale n’a pour le moment émis un signal allant dans ce sens. Charlie hebdo en a payé le prix cash.


Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-la-fausse-bonne-conscience-de-l-occident-face-au-terrorisme-125361490.html
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Jan 2015 à 22:46

Charlie Hebdo : la contre-révolution de couleur à la française (Alerta Roja)

 
 

Attentats en France : toutes mes condoléances aux familles des victimes et mon rejet du terrorisme qui tue des innocents. Mais a-t-on le droit de douter de la version gouvernementale qui nous est rabâchée mille et une fois à la télé et dans tous les médias mainstream français et internationaux sur les faits eux-mêmes ?

Malgré avoir suivi les événements en direct et avec attention sur la chaine en ligne de TV France 24, je n’ai jamais vu une seule image des frères Kouachi, sauf d’archives. Dans les images de la tuerie chez Charlie Hebdo d’une extrême violence et curieusement magistralement filmées puis diffusées depuis le toit de la maison d’édition, on ne voit que deux hommes cagoulés méconnaissables, mais du point de vue militaire extrêmement bien entrainés. Suit la cavale et la mise à mort. Mais malgré qu’il serait normal que les forces de l’ordre filment l’opération, nous n’avons là non plus aucune image, pas même des frères Kouachi morts sur les lieux, pendant qu’à la télé on nous reconstitue l’opération militaire avec une simulation informatique pour narrer les faits. De plus, il faut rappeler que mise à part les rares témoignages douteux, la seule preuve que l’ont aurait de la culpabilité des suspects de l’attentat est qu’ils auraient oublié leurs cartes d’identité dans la voiture avec laquelle ils auraient commis le massacre.

Il ne fait aucun doute que des journalistes et caricaturistes sont morts, un crime horrible a été commis, mais par qui ? Même si les auteurs matériels étaient les frères Kouachi, et peut-être ne le sont-ils pas, qui sont les auteurs intellectuels ? Je ne crois pas un mot des paroles de Valls qui s’excuse pour une déficience de la sécurité nationale. Les États-Unis annoncent, après les faits bien-sûr, que les frères Kouachi étaient sur leur liste de terroristes et informent le gouvernement français que le petit frère aurait voyagé au Yémen pour s’entrainer avec Al-Qaeda, alors que les autorités françaises n’ont enregistré aucun mouvement migratoire... merci Obama, maintenant que tu le dis c’est un fait incontestable et même si hier on n’en savait rien, aujourd’hui c’est une preuve supplémentaire incontestable que l’on nous répètera tous les jours à la télé pour expliquer comment deux pauvres gars paumés de banlieue se sont convertis en les assassins les plus détestés de France.

J’ai vraiment l’impression d’assister à une contre-révolution de couleur. Pour ceux que ne connaissent pas ce terme, il existe des manuels de la CIA très bien rodés historiquement sur comment renverser un gouvernement : Il faut en premier lieu un événement atroce ou terrible qui indigne la population. Il faut faire couler le sang et il faut des morts, suivi ensuite d’une immense propagande médiatique, où on nous présente les coupables et tant qu’à faire les solutions, et où sont organisés des gigantesques mobilisations populaires apparemment spontanées mais finalement très bien encadrées. Depuis le premier jour des citoyens indignés brandissent des affiches noires « Je suis Charlie » à Paris, en France comme à Washington, à New York, ou au Canada et dans de nombreux autres pays.

En même temps que les médias à l’unisson convoquent à des manifestations pour défendre la liberté d’expression et que notre médiocre président Hollande nous affirme que l’objectif des terroristes est de détruire la liberté d’expression et la démocratie - le modèle occidental, colonialiste et capitaliste -, dans ces mêmes médias on assiste à des débats qui font appel à nos émotions, qui nous expliquent que les guerres à l’étranger menées par la France en Afrique et Moyen orient sont arrivées jusqu’à chez nous, qu’il y a dorénavant un avant et un après attentat du 07/01, la France est en guerre... et en même temps que l’on marche pour la liberté d’expression, nous devrons renoncer aux libertés fondamentales citoyennes au nom de la sécurité, sans oublier un grand merci à nouveau à Obama, spécialiste en tortures et sécurité nationale. Aura-t-on bientôt une version française de la loi patriote des États-Unis qui a mis fin à de nombreuses libertés collectives et individuelles ?

Profiteront-ils de la situation avec cette énorme opération de relations publiques pro état-unis pour nous imposer le traité transatlantique TTIP ? Pourquoi les médias stigmatisent-ils cyniquement les jeunes franco-arabes de banlieue qui selon eux seraient tous des terroristes potentiels ? A quoi rime les appels à témoin de la terroriste la plus recherchée de France : Hayat Boumeddiene ? On nous montre sa photo dans tous les médias mais immédiatement après on nous dit qu’elle porte un voile intégrale ? Suivi d’informations turques qui affirmeraient qu’elle aurait déjà traversée la frontière syrienne. C’est quoi ce figurisme ?

Il ne fait plus aucun doute pour moi que nos autorités ont un agenda politique autoritaire qui suit ces attentats, et que la France expérimente une contre-révolution de couleur. Normalement, les révolutions de couleurs ont pour but de renverser un gouvernement, comme les guarimbas au Venezuela, mais en cette occasion nous vivons ce même processus mais à l’envers. L’objectif est de renforcer l’autorité du gouvernement et rendre possible la concrétisation de projets politiques qui normalement seraient rejetés par l’opinion publique française.

Ernesto Bustos / 11.01.2015

Un scandale ! Pas un seul général dans la rue dimanche pour honorer Charlie Hebdo.
 

François Hollande et Manuel Valls qui laissent crever la presse d’opinion, Nicolas Sarkozy qui confia France Inter à Philippe Val pour qu’il en expulse trois humoristes, Angela Merkel qui étrangle la Grèce, Benjamin Netanyahu (no comment), participent à la « marche républicaine » dimanche à Paris pour Charlie Hebdo. Marine Le Pen, dont le parti fit plus de dix procès à Charlie Hebdo enrage de ne pas en être.

Il y aura aussi l’Espagnol Mariano Rajoy qui vient de faire voter des lois liberticides les plus brutales d’Europe, le président ukrainien Petro Porochenko (« Bal tragique à Odessa : 41 morts ») sans ses ministres nazis et sans son formulaire pour s’inscrire à l’OTAN (une école de dessin).

Ah ! cette immense messe en plein air dans une inédite communion nationale : il n’y a pas de partis, pas de religions, pas de riches, pas de pauvres, pas d’ouvriers, pas de banquiers, pas de pacifistes, pas de va-t-en guerre, pas de chômeurs, pas de milliardaires, pas de journaux bourrés de thunes et de journaux de gauche qui crèvent ou qui se vendent au CAC40, seulement des Français.

La farandole fraternelle des pompiers et des pyromanes, main dans la main, dans la forêt.
La mascarade serait parfaite (pas vrai, Cabu ?) s’il y avait des généraux en uniforme. Il faudra se contenter de 5.500 policiers et militaires.

Willem a déclaré « vomir sur ceux qui, subitement, disent être nos amis... ». LGS aussi, qui a durement polémiqué naguère avec un Charlie Hebdo debout et qui ne va pas, lui, l’embrasser de force, aujourd’hui.

Théophraste R. (On peut pleurer de tout, mais pas avec n’importe qui).

PS. Achète éventail pour éloigner les mouches bleues.


Un mariage afghan tourne au drame : 12 morts.



Edité par T 34 - 11 Jan 2015 à 23:00
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Jan 2015 à 23:27

La caste criminelle se fait un selfie à Paris

 
José Luis Forneo
 
la caste criminelle, une grande partie des dirigeants politiques, pantin des mafias multinationales se sont fait un selfie à Paris.
 
Avec le motif de l'attentat contre les journalistes de la revue Charlie Hebdo, ses principaux responsables, ceux qui par leur activité ou par leur complicité passive appuient les guerres de rapine occidentales, arment des groupes de mercenaires pour renverser des gouvernements indociles, ceci pour enrichir les grandes corporation économiques et ses propriétaires, et au passage pour s'enrichir eux-mêmes, provoquent massacres, pillages, coups d'état, guerre, et naturellement de la misère dans le monde entier sont venus à Paris.
 
Tous ces délinquants dangereux pour l'humanité entière sont venus à la manifestation ayant lieu dans le centre de la capitale de la France et où à participé un million de citoyens, travailleur également victimes des politiques sauvages approuvés par eux.

Dans les médias de communication (propagande) au service des mêmes vils intérêts il a été dit que cette caste a pris la tête de la marche contre le "terrorisme", bien qu'ne réalité cette racaille jamais ne se mêle aux citoyens, à la plèbe, avec la classe ouvrière, mais qu'elle se dédie seulement à perpétuer le régime d'exploitation qui permet à une minorité, dont ils font parti, de vivre au prix du travail ou de la misère des travailleurs, selon le cas.

Ce qui en réalité s'est passé est qu'après que la police ait isolé convenablement l'entourage des incommodes citoyens, la caste criminelle s'est fait un selfie pour ensuite tranquillement oublier les victimes (qui en réalité ne leur importe pas, pas même celle du récent attentat contre Charlie Hebdo) et continuer à planifier l'assassinat de nouvelles victimes en général dans des pays éloignés riche en ressources naturelles. Ainsi qu'après la médiatique photo chacun est parti d'où il est venu pour continuer avec sa routine d'étendre la barbarie sur laquelle ils cimentent leurs privilèges de véritables exploiteurs terroristes, génocidaires sanguinaires incapables de ressentir le moindre remords pour les litres de sang, larmes et sueur qu'ils provoquent pour continuer à augmenter leurs bénéfices au prix des martyr de leurs abus, tant dans des pays lointains qu'ils pillent comme dans leurs propres pays que ces mesquines canailles gouvernement.
 

Charlie assassiné une seconde fois.

 
 
"Union sacrée". Image de BFMTV.

A la suite de la tragédie de Charlie Hebdo, les principaux responsables de la montée de l’intégrisme islamiste ont défilé à Paris aux côtés de François Hollande. Américains et Anglais, destructeurs des fragiles équilibres au moyen et proche-Orient, ont paradé, avec la gravité affectée qu’exigeait la situation, avec Benyamin Netanyahou. Suite à un malsain coup de baguette idéologique, les trois victimes juives dans une épicerie kashère de Vincennes, ont fait oublier les 2000 morts Palestiniens de la bande de Gaza en juillet et août 2014, victimes de l’armée israëlienne ( "Tsahal" pour les faucons Israëliens et les médias français).

La matinée a mal commencé. J’ouvre la télé et je tombe sur Bernard Henri Lévy. Avec un brushing à faire pâlir d’envie les vieux beaux des feuilletons texans dans les années 1980. Rien de particulier dans ses déclarations plates comme un trottoir de rue et justement abrégées. Un peu plus tard, Joël Mergui, président du consistoire israélite de Paris Ile de France, nous explique sur le perron de l’Elysée que pour lui "Je suis Charlie" cela signifie aussi "Je suis policier" et "Je suis Juif" ! Cette étrange et hardie profession de foi ne sera pas reprise.

En revanche, Roger Cukierman, président du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, manifestement peu concerné par la barbarie dont ont été victimes les dessinateurs et collaborateurs de Charlie Hebdo, nous explique que les Juifs "veulent vivre leur judaïsme". Ce qui est un minimum mais un peu hors du sujet, notamment lorsqu’on sait qu’à Charlie Hebdo, on n’était pas fasciné par les religions, et c’est le moins qu’on puisse dire. La préoccupation qui anime Roger Cukierman - outre le sionisme à quoi il fait allusion de manière élogieuse - sera longuement reprise en bandeau défilant sur BFM TV

On apprend que François Hollande et Bernard Cazeneuve se rendront après la manifestation à la grande synagogue de Paris (la "synagogue des victoires").

11h45. Il a fallu un peu de temps, mais la ligne politique est désormais définie : "Une communion se met en place."

Pub : "En avant les derrières !", c’est le nouveau slogan d’easyJet en direction des jeunes. C’est bien connu qu’un jeune c’est con et vulgaire. Bof... (non "beauf" aurait-on dit à Charlie).

La place de la République se remplit de gens authentiquement touchés par le drame. Des images de bougies éteintes par le vent et rallumées sans relâche, des interviews sans intérêt mais touchantes. Il apparaît désormais certain que l’événement va revêtir une importance considérable.

En arrière-plan, sur un balcon : Wall Street English, en grosses lettres. Le secrétaire d’Etat américain sera content. On apprend qu’une enseignante dans un collège de Seine-Maritime, a apporté des dessins de ses élèves au journal Libération, qui héberge les survivants de la rédaction de Charlie.

11h55. Pub : une jeune femme annonce sa résolution mordicus : "En amour, j’ai décidé de ne plus rien laisser au hasard." Les candidats ont intérêt à filer doux...

Les choses prennent soudain de l’ampleur : la France devient "capitale mondiale contre le terrorrisme". A la radio, j’entends l’expression "guerre mondiale". C’est François Hollande qui s’est emporté lors de la réunion avec les ministres européens concernés. Ce sera repris en boucle.

12h31 : Roselyne Bachelot, confie au micro de BFM qu’elle vit "dans la sidération" depuis mercredi et "s’endort avec les trois victimes". Pas de commentaire.

François Hollande, exalté, se lâche : "Paris est la capitale du monde". Ouaaahh !

Les choses se calment un peu : faut aller manger, non ?

14h25 : Façon équipe de France de foot, les responsables politiques vont embarquer dans un bus.

14h27 : Un drapeau israélien sur le monument à la République. Que fait ici Israël ?

14h29 : Commencement de l’embarquement des dirigeants politiques dans les bus.

14h31 : La tenue aux USA d’un sommet contre le terrorrisme est annoncée. Apolline de Malherbe (BFM) s’extasie : "il n’y a plus de gauche ni de droite" !

14h34 : Bousculade pour prendre le bus. Fleur Pellerin est discrètement aux prises avec Benjamin Netanyahou.

14h41 : Averse. La foule, bon enfant, applaudit le retour du soleil.

14h52 : Des centaines de personnes manifestent à Bujumbura (Burundi).

14h53 : Cohue pour monter dans le bus. Couple à la Dubout, Sarkozy et Angela Merkel ont du mal.

14h54 : On apprend qu’il y a un délégué du Qatar. C’est normal, ils sont déjà dans le foot.

15h03 : Les bus sont partis de l’Elysée. On apprend que les dirigeants marcheront sur un peu plus de 300 mètres pour "raisons de sécurité".

15h14 : Apolline de Malherbe enfonce le clou : "Cette foule qui dépasse le clivage gauche-droite est le visage de la France".

15h25 : La marche des dirigeants commence. "Nous marchons ensemble, tous unis". Le président ukrainien est aux côtés de Mateo Renzi. Mahmoud Abbas est toujours signalé par rapport à Netanyahou ("Ils sont très près l’un de l’autre" - environ 5 mètres d’après mes calculs, mais la question n’est pas là. Ce qui est important est qu’Abbas est presque reçu en chef d’Etat)

15h30 : Enumération alternée des victimes par Apolline de Malherbe et Ruth Elkrief.

15h31 : Georges Wolinski avait été oublié, on rectifie.

15h44 : François Hollande, toujours vert galant, embrasse Carla Bruni. Et Anne Hidalgo dans l’élan ! "Ces hommes s’embrassent et sont émus" commente sobrement Ruth Elkrief.

15h53 : "Les couleurs politiques et religieuses n’ont plus de sens. On est dans une certaine fraternité" (Ruth Elkrief).

16h00 : Ruth Elkrief reprend le thème du président du consistoire israélite ("je suis Charlie, je suis policier, je suis juif"), mais elle se laisse aller dans l’enthousiasme et parle des "journalistes, des policiers, et des juifs").

16h05 : "Quand même est-il dit sur BFM, on se demande où est la foule ?" C’est vrai on n’a vu jusqu’à présent que les dirigeants...

Manifestement, il n’y a eu dans la foule aucune tentative de récupération politicienne. C’est l’élégance et la dignité des peuples d’être quand il le faut à la hauteur des événements. On ne peut pas en dire autant des patrons de presse, qui une fois de plus ont déshonoré leur métier.

Pascal Acot



Edité par T 34 - 12 Jan 2015 à 20:56
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Jan 2015 à 02:08
 
Les crises.fr
 

============================================

============================================

============================================


============================================

Tous aux abris – le fils s’y met aussi…

============================================

Petit rappel (en 2006) sur le Patriot Act de 2001 :

Voici les principales informations sur le Patriot Act, voté par le Congrès américain suite aux attentats du 11 septembre.

Histoire du texte.
Le USA Patriot Act a été voté par le Congrès américain le 26 octobre 2001 afin de renforcer les pouvoirs des agences gouvernementales dans la lutte contre le terrorisme (lire le texte complet en anglais).
De son nom complet “Uniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism Act” (Loi pour unir et renforcer l’Amérique en fournissant les outils appropriés pour déceler et contrer le terrorisme), elle est d’abord considérée comme une loi d’exception dont les dispositions devaient initialement durer quatre ans. En juillet 2005, le Congrès a rendu permanentes 14 des 16 dispositions du texte. Après une longue bataille parlementaire au cours de l’hiver 2005-2006, la plupart des moyens accordés aux forces de l’ordre ont été pérennisés.
Le texte soulève depuis son adoption de vives critiques de la part des associations de défense des Droits de l’Homme et de juristes, qui dénoncent des atteintes aux libertés.

Principales dispositions.
- Le Patriot Act renforce les pouvoirs des agences gouvernementales (FBI, CIA, NSA et armée) et réduit les droits de la défense.
- La loi créé les statuts de “combattant ennemi” et de “combattant illégal”, utilisé notamment pour les détenus de Guantanamo.
- La loi prévoit que toute intrusion dans un système informatique peut être assimilée à un acte de terrorisme.
- La loi autorise le FBI a épier la circulation des messages électroniques et à conserver les traces de la navigation sur le Web de toute personne suspectée de contact avec une puissance étrangère.
- En août 2006, une juge fédérale a déclaré contraire à la constitution les écoutes téléphoniques et a ordonné l’arrêt du programme secret de surveillance intérieure de la NSA. La loi autorisait la mise sur écoute de toute personne ayant un rapport proche ou lointain avec une personne présumée terroriste.
- Une disposition autorisant l’administration à avoir accès aux bases de données des bibliothèques et des libraires a été supprimée par un amendement.

Un texte qui soulève une vive critique.
Les Associations de défenses des Droits de l’Homme dénoncent la diminution des droits de la défense, la violation de la vie privée des atteintes à la liberté d’expression. Ils soulignent les risques que représente l’empiètement des autorités administratives sur le pouvoir judiciaire.

============================================

Mais ATTENTION, un Patriot Act “à la Française” ! Avec :

  • un Guantanamo à la Française (à Jersey ?)
  • un espionnage à la Française (par du matériel FRANCAIS !)
  • une torture à la Française (modèle breveté 1956 dit “Aussaresses”)

+ en bonus des bombardement de l’Irak !!!! (merde, c’est déjà fait ça… Hhhhmmmmm, de Gaza ?)

============================================

Pfff. Faut-il avoir de la bouillie entre les oreilles pour s’imaginer qu’on peut voter des lois pour empêcher 3 terroristes résolus de prendre une arme et d’aller tuer des gens… (Ohhhhh, Minority Report, c’est un FILM !!!).

Alors qu’évidemment, si on s’intéresse VRAIMENT à la sécurité des Français, la voie consiste à tenter d’empêcher les types de devenir terroristes, et donc couper le robinet à haine (de part et d’autre) : résoudre le conflit israelo-palestinien, avoir une politique étrangère digne humaniste et sans 2 poids 2 mesures, arrêter de bombarder le Moyen-Orient, éduquer, sécuriser, rompre les relations diplomatiques avec les monarchies moyenâgeuses, lutter contre l’islamophobie, valoriser les valeurs de la République, etc…

============================================

Bref, je le sens mal le bilan du journal “irresponsable” qui aimait mettre d”l’huile sur le feu”…

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
Ecnaroui allez vers le bas
Moderateur
Moderateur
Avatar

Depuis le: 28 Feb 2009
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 657
  Citer Ecnaroui Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Jan 2015 à 10:39
Bref, je le sens mal le bilan du journal “irresponsable” qui aimait mettre d”l’huile sur le feu”…


On peut lire un dessin avec plusieurs desseins

l'huile=zélite et le feu la toucher ....pfffuit ...la zélite partie en fumée
La libération de l’homme de l’homme est si impérieuse qu’on ne doit pas la laisser à ceux qui n’ont qu’un seul et unique crédo l’exploitation de l’homme par l’homme.
Haut de la page
Rogue allez vers le bas
Intervenant régulier
Intervenant régulier
Avatar

Depuis le: 19 Jan 2011
Pays: Belgique
Status actuel: Inactif
Messages: 290
  Citer Rogue Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Jan 2015 à 16:35



APRÈS LA PUBLICATION, L’EXPLICATION :

"Alors là … je n’comprends vraiment plus rien. Pourquoi vous vous mettez dans tous vos états ? Pourquoi tant de haine ? Quoi ? C’est ma publication d’hier qui vous fait cet effet-là ? D’accord. Reprenons les choses dans l’ordre."

"Hier j’ai publié une des fameuses couvertures de Charlie Hebdo qui ont tant fait polémique, reprenant leur slogan pour y modifier 2 misérables mots. Même formulation. Même humour. C’est ce qu’on appelle de la satire mesdames et messieurs, et c’est exactement ce que Charlie Hebdo pratiquait. Je suis même sûr que les malheureuses victimes se sont bien marrées en lisant ma publication de là où elles sont. Alors pourquoi n’ai-je pas le droit de formuler EXACTEMENT la même blague qu’eux ? Quoi ? Quelqu’un aurait-il le monopole de l’humour ? Ah oui j’avais oublié ! Je vous entends déjà me répondre : « Parce que c’est un drame et qu’on ne rit pas avec la mort ! ». Ah bon … On ne rit pas avec la mort ? Mais sur la caricature en question, Charlie Hebdo parlait du massacre de 1 150 (mille cent cinquante) personnes en Egypte ! Quoi ? Toutes les vies humaines n’ont-elles pas la même valeur ? Alors expliquez-moi pourquoi je ne peux pas faire la même foutue blague putain ? Pourquoi êtes-vous choqués ?"

"Attendez … Je crois savoir … Peut-être que ça n’a rien de logique, rien de cohérent. C’est purement émotionnel. En fait si je comprends bien, ça ne se passe pas au niveau du cerveau … mais au niveau du cœur. Ma blague vous a blessé. Je vois où vous voulez en venir … C’est d’ailleurs exactement là où je voulais vous emmener …"

"A vrai dire, je partage votre avis. Ma blague était horrible. Indécente et de mauvais goût. D’ailleurs peut-on réellement dire que c’était une blague ? C’était plutôt un ramassis de vomi et de haine. Et j’en profite pour m’en excuser parce que ça m’a moi-même profondément blessé ce que j’ai publié hier. Mais c’était pour la bonne cause … Parce que vous voyez, selon moi, il y a 3 formes d’humour :"

"Il y a ceux qui rient de tout. Il y a ceux qui ne rient de rien. Et puis il y a ceux qui rient de tout mais avec RESPECT. Je fais partie de la troisième catégorie de personnes. Vous voyez mes amis, il y a une fine ligne entre la liberté d’expression et la liberté d’injurier ou d’humilier quelqu’un. Une ligne que j’ai clairement dépassé hier soir. Maintenant je dois vous avouer quelque chose …
Vous voyez ce sentiment de coups de poignard dans le cœur que vous avez ressentis hier en lisant ma publication ? Vos confrères musulmans ont ressentis EXACTEMENT la même chose en prenant chaque jour le métro et en voyant placardé partout : « Le Coran c’est de la merde ! ». Ils se sont sentis humiliés. Ils ne vous l’ont peut-être pas dit par pudeur, mais il faut que vous le sachiez : Pour un musulman, SES prophèteS sont plus chers à son cœur que son propre père ou sa propre mère ! On peut ne pas être d’accord avec ça ! On peut en débattre ! On peut en rire ! Mais dans le respect mutuel. Donc laissez-moi vous poser une question : Où est le respect quand on dessine un prophète en levrette sur un lit ? L’auriez-vous accepté pour votre mère ? Enfin je ne sais pas, c’est peut-être drôle … L’humour est relatif. La dignité ne l’est pas."

"Croyez-moi, la liberté d’expression ABSOLUE est un leurre. C’est un mensonge qu’on vous a vendu. Regardez, même votre meilleur pote, vous pouvez le traiter d’ « enculé », de « suceur », mais vous ne vous permettrez jamais de lui dire « ta mère est une chienne ». Pourquoi ? Parce qu’il y a des limites. Lesquelles ? Celles de la décence. Et même si vous n’avez aucun lien avec sa mère, ça vous dérangerait de le blesser. C’est instinctif. C’est un réflexe primitif chez l’Homme. C’est ce qu’on appelle la « Honte ». En être dénué équivaudrait à retourner au stade animal. Tout comme ceux qui tuent des innocents. Sachez-le, on peut aller très loin dans l’humour, mais la retenue est quelque chose de naturel. C’est la liberté d’expression absolue qui ne l’est pas."

"Pour finir, je vais vous raconter une petite anecdote. Comme vous le savez tous, je ne m’en cache pas, je suis un grand fan de Dieudonné. Quand je suis allé voir son fameux spectacle « Le Mur », à un moment on le voit uriner contre le mur des Lamentations. Vous savez, à ce moment-là, inconsciemment j’ai baissé le regard. Je n’ai pas trouvé ça drôle. J’ai trouvé ça indécent. Je crois que sur ce coup, il avait dépassé la fine ligne dont je vous parlais …
Disons non au terrorisme. Rions ensemble. Rions même les uns sur les autres. Mais respectons-nous les uns les autres. Car c’est dans le respect de nos différences que se trouve la clé du vivre ensemble."

"N’hésitez pas à taguer toutes les personnes qui ont mal pris ma publication d’hier et à leur expliquer ma démarche. Merci de partager ce message le plus massivement possible, car je crois qu’une grande partie des voix des musulmans n’a pas été entendue le 7 janvier 2015. Des musulmans qui sont ainsi doublement victimes. De Charlie Hebdo. Et de leurs assassins …"

Abdallah

Source


Edité par Rogue - 12 Jan 2015 à 16:36
"La citatiomanie est notre plus grande ennemie" - Lénine :-)
Haut de la page
Ali Baba allez vers le bas
Nouvel arrivant
Nouvel arrivant


Depuis le: 12 Jan 2015
Status actuel: Inactif
Messages: 9
  Citer Ali Baba Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Jan 2015 à 18:26
DISCERNEMENT et HUMOUR

Vu à la télé...



Mobilisation exceptionnelle, à travers toute la France et au-delà, comme si les frontières n'existaient pas pour les manifestants.
Quel télescopage, à l'intérieur de la lucarne magique, quand l'image offre le raccourci extraordinaire suivant:
Coincé entre la tête du cortège empreint de douleur, de recueillement et l'immense suite de la foule colorée, comme une intrusion s'intercale un grotesque coude-à-coude d'une cinquantaine de laquais du grand capital tous habillés d'un sombre le plus noir possible. Le groupuscule intégriste, libre et non faussé, avec tout autour son indispensable cordon "sanitaire" fait de milliers de policiers et de gendarmes, sait par sa simple présence, que ses noirs desseins en préparation sont en grand danger.

Décidément c'était pas leur jour à toutes ces marionnettes internationales mais la suite, n'en doutons pas, risque de les décevoir encore plus.

Et que penser de ce brave pigeon, un peu contrarié de devoir déposer sa fiente sur l'une des innombrables victimes innocentes de l'austérité, victimes scandant à qui mieux-mieux Charlie, Charlie et qui choisit, finalement, de la déposer, sa fiente, sur l'épaule de la moins innocente des personnes, Monsieur Hollande lui-même. On en rit encore dans tous les pigeonniers de France et de Navarre.

Et puis, et puis la fin de la manifestation, apothéose de tous les symboles unifiés.

Alors qu'enfin pleinement réunie l'immense marée humaine communiait, le Président de La République choisit de se mettre sous la protection divine de Netavoyou, bien à l'abri, dans une synagogue transformée en la circonstance en bunker surarmé.

Mauvais remake de 1791 l'actuel monarque Elyséen rejoint les siens en oubliant, dans sa fuite, tous les notres.

Pendant ce temps la mascarade médiatique tournait à plein régime, ce régime complètement déconnecté de la réalité mais, quand même, profitant de l'émotion générale bien compréhensible, continue de distiller son venin en susurrant la probable loi scélérate, une de plus à venir, contre la liberté du citoyen et, en particulier, sa liberté d'expression.

Ali Baba





Edité par T 34 - 13 Jan 2015 à 22:13
Haut de la page
 Répondre Répondre Page  123>

Aller au Forum Permissions du forum allez vers le bas

Powered by Flex Design® version v8m6r15
Copyright © 2001-2011 Flex Design

Cette page a été affichée en 0,113 secondes.