Forum Unité Communiste Page d'accueil
  Sujets actifs Sujets actifs
  FAQ FAQ  Rechercher dans le Forum   Calendrier   Inscription Inscription  Connexion Connexion
Accueil Forum Accueil Forum > Pour s'informer, notre sélection d'articles > France

Charlie Hebdo

 Répondre Répondre Page  <123
Auteur
Message
  Sujet Recherche Sujet Recherche  Options des sujets Options des sujets
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Jan 2015 à 00:22

[Vidéo] Pour Hollande, le Gouvernement « Invente » des Terroristes

"Suite à l’affaire de Tarnac en 2008, François Hollande déclarait que l’État fabriquait le terrorisme afin d’établir des lois sécuritaires au nom d’une menace qui est parfois réelle, mais qui est aussi parfois virtuelle, voire inexistante. Il met l’accent également sur le fait que l’État inventerait le terrorisme pour cacher son incapacité à résoudre les problèmes sociaux et économiques de la France. Une vision complotiste et conspirationniste de notre président de la République actuel que la Télé Libre rapportait dans cette vidéo."

Source : La Télé Libre

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Jan 2015 à 02:56
http://www.agoravox.fr/IMG/jpg/traque-2.jpg
 
 
 
 
Repérer et « traiter » ceux qui disent, même en privé, « Je ne suis pas Charlie » ?
 

Bienvenue chez Orwell

 
 

Nous sommes en guerre. C’est ce qu’a martelé le Premier ministre. C’est ce qu’a répété Nicolas Sarkozy. C’est ce que psalmodie, depuis les sanglants attentats de Paris, une large part de la caste médiatico-politique française, mais aussi européenne. Or la première victime d’une guerre est toujours la vérité, en l’occurrence la liberté d’information, d’opinion et d’expression.

Ce constat classique n’a pas tardé à se confirmer. Tout d’abord à travers l’uniforme qu’ont revêtu les grands médias audiovisuels. Quatre jours durant, hors les équipées meurtrières et la traque – diffusée à la manière d’un obscène spectacle en temps réel – il ne s’est rien passé ni en France, ni dans le monde. Des dizaines de victimes tuées, ce même 7 janvier, par une bombe au Yémen ? Pas trace. Des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants massacrés à Baga (Nigéria) ? Pas le moment. Les autorités égyptiennes qui décident de raser Rafah (75 000 habitants), évacuent sans ménagement la population et dynamitent des quartiers entiers ? Pas un mot. Dans un tout autre registre, l’écroulement des prix du pétrole, la dégringolade de l’euro ? Aucune importance. Les abattoirs GAD (Manche) menacés de dépôt de bilan, 400 chômeurs à la clé ? Disparus. Que les tragiques événements du début du mois, et la légitime émotion qu’ils ont provoquée, méritent une large couverture des radios et télés, nul ne le conteste. Que celle-ci évince littéralement toute autre information, voilà qui n’est ni acceptable, ni rassurant.

Le deuxième niveau de conséquences est institutionnel. La seconde loi « anti-terroriste » du quinquennat (qui est aussi la quinzième depuis 1986) n’est pas encore entrée en application que certains plaident déjà pour un « Patriot Act » à la française, qui limiterait ouvertement les libertés des citoyens. Et si Manuel Valls a pris soin de préciser qu’il ne souhaitait pas de « mesures d’exception », il a exhorté l’UE à adopter sans tarder les dispositions dites PNR qui visent à enregistrer et transmettre le suivi détaillé de chaque passager aérien. Seraient ainsi tracées pas moins de soixante informations sur tout voyageur, parmi les plus personnelles. D’aucuns appellent du reste de leurs vœux un FBI de l’UE – et pourquoi pas une NSA ? D’autres souhaitent le renforcement du parquet fédéral européen embryonnaire, Eurojust.

Il est une troisième catégorie de conséquences qu’on pourrait nommer : police de la pensée. Le cas de Dieudonné M’Bala M’Bala est à cet égard emblématique : on peut penser ce que l’on veut de ce dernier (comme l’on peut penser ce que l’on veut de Charlie Hebdo), son placement en garde-à-vue, puis son renvoi en correctionnelle pour avoir affirmé «  je suis Charlie Coulibaly » fait froid dans le dos. Au titre de l’« apologie du terrorisme » (un grief récemment introduit, et qui vaut y compris pour les conversations privées), une cinquantaine de procédures sont actuellement engagées, de premières condamnations à des années de prison ferme sont prononcées. Des traitements psychologiques (sic !) sont imposés à des gamins qui avaient refusé de participer à une minute de silence (mais que vaut l’émotion vraie, quand le recueillement est imposé par décret ?). Des employés municipaux sont sanctionnés, comme à Lille, pour n’avoir point participé au moment collectif – et l’avoir expliqué. Et demain, le simple fait de chercher à comprendre les raisons du drame, sera-t-il suspect, voire punissable ? C’est sans doute cela que saluait l’eurofédéraliste Guy Verhofstadt lorsqu’il jubilait au même moment : « pour la première fois est née l’Europe des valeurs ».

La palme revient sans doute à Nathalie Saint-Cricq, chef du service politique de France 2. Le 13 janvier, emportée par son élan, celle-ci, désignant du doigt ceux qui « ne sont pas Charlie », lançait : « ce sont eux que nous devons repérer » et « traiter ». Au nom de la liberté d’expression, certainement. Orwell n’est plus loin.

Ce jour-là, Charb, Cabu, Wolinski et les autres ont été assassinés – une seconde fois.

Pierre LEVY

Éditorial paru dans l’édition du 26/01/15 du mensuel Bastille-République-Nations
Information et abonnements :http://www.brn-presse.fr
Pierre Lévy est par ailleurs l’auteur d’un roman politique d’anticipation dont une deuxième édition est parue avec une préface de Jacques Sapir : L’Insurrection 



Edité par T 34 - 02 Feb 2015 à 22:42
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
Ecnaroui allez vers le bas
Moderateur
Moderateur
Avatar

Depuis le: 28 Feb 2009
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 657
  Citer Ecnaroui Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Feb 2015 à 20:53

02/02/2015

Au joli pays de Charlie

 

dictature.jpg

Au joli pays de Charlie, être ou ne pas être Charlie, telle n’est pas la question.

Non, en ce joli pays de Charlie, on ne pose et ne se pose pas de questions inutiles ni même subsidiaires. S’en poser dans un esprit vaguement critique étant déjà suspect

Etre Charlie ne se discute pas. On est Charlie ou rien. Charlie ou personne. Charlie ou en prison.

Etre Charlie c’est comme l’école publique : gratuit et OBLIGATOIRE.

Car en ce joli pays, la bonne pédagogie consiste à ne, ni questionner ni se questionner mais à bien fermer sa gueule tout en l’ouvrant aux heures de gavage.

C’est ainsi qu’ici, en ce gentil pays de délateurs chroniques, les profs dénonçant leurs élèves tandis que dans une juste répartition des rôles, les élèves dénonçant leurs profs, tout en réglant quelque compte au passage, se demander simplement ce que recouvre ce slogan est absolument proscrit.

Mesdames et messieurs dans cette grande tradition qui fit l’honneur et la gloire de la France éternelle, dénonçons nous les uns les autres, le ministre de l’intérieur reconnaîtra les siens.

B7pL0TzIcAATXr3.jpg

On peut, éventuellement nuancer Charlie à la condition extrême d’être Charlie (et blanc).

Donc, étant lâche et n’ayant pas vocation à devenir martyr de l’union nationale, je le dis comme je ne le pense pas : je suis Charlie.

Cette formalité accomplie sous les caméras vidéos de mes voisins, maintenant réfléchissons :

Comme le capitalisme, sensé être basé sur la libre concurrence, donc le choix, et qui nous serine à longueur d’ondes qu’il n’y a pas d’alternative, tu es Tina, n’y aurait-il pas quelque contradiction à défendre la liberté d’expression tout en l’interdisant.

Tu es Charlie avec moi ou pas Charlie contre moi. Bon ou mauvais français.

Quand on réduit toute pensée dans une formule marketing à 2 balles, y a t-il encore de la pensée autre que pourrie ? Y a-t-il encore de la liberté de penser (comme dirait l’autre con) dans l’injonction solennelle à penser tous pareil ?

Dans le consensus mou et moutonnier quid de la dialectique ?

dictature.jpg

Pour un pouvoir quel qu’il soit, ce qu’il y a de bien avec l’hystérie compulsive collective, c’est que la foule se sentant des poussées nationalistes, des pulsions de croisade, des montées de vengeance tricolore, elle ne pense plus, elle éructe, elle mobilise, elle claironne, elle pavoise.

Ah ce goût pavlovien et grégaire pour le tout sécuritaire, quant à la liberté qu’en ferions-nous, tant qu’on peut pousser des caddy à Carouf le dimanche ?

Oui, quand elle a les craquettes, la foule déjà pas très fine en temps ordinaire devient con comme un balai, subtile comme une balayette à chiottes.

En ces temps galvanisés, l’on peut d’ailleurs vite se retrouver décoré de la francisque, la patrie reconnaissante, pour avoir courageusement affronté seul et à mains nues un dangereux enfant terroriste de huit ans et mis hors d’état de nuire tout une filière djihadiste d’école élémentaire.

Respect !

Oui mesdames et messieurs les bons français, pour ne pas l’avoir connue je la reconnais pourtant cette odeur familière de la nation profonde, ce parfum singulier qui fait notre identité nationale tout autant que notre ADN : la bonne pourriture des enfants de Pétain.

B7pL0TzIcAATXr3.jpg

Ainsi donc finirons nous par trouver normal de ne plus enterrer les petites filles Rroms, de mettre en garde à vue un petit garçon basané tandis que l’on se scandalise d’un politique devant un tribunal, de transformer les instituteurs en matons et les flics en juges, alors que la mauvaise haleine de Tesson et de ses acolytes continuent rèspectablement d’ empuantir nos narines à travers même les ondes.

Ainsi donc aussi, naissent les parfaites souricières et l’asservissement volontaire et le totalitarisme flasque et la fabrication du consentement .

Ainsi donc dans le Doubs, après avoir désespéré le peuple de gauche, en lui confisquant toute alternative par de l’alternance pareille (cause) puis avoir instrumentalisé l’extrême droite comme tonton Mitterrand lui avait appris, le parti solférinien tout à ses minables manigances exige de l’électeur et de l’élu DU Pacte Républicain contre la bête immonde (conséquence) qui monte qui monte et que l’on fait monter.

Entre l’inoculation de la rage et le prix de son vaccin, mon cœur ne balance pas :

qu’ils aillent tous se faire empapaouter ! (chez Syriza)

Je ne marche pas dans la sale combine.

A la question Es-tu Charlie ? les dessinateurs de Charlie eux mêmes, je n’ai aucun doute, d’un crobard bien torché pour dénoncer ce mauvais Charlisme dégoulinant, auraient répondu comme Oscar Wilde :

Je suis moi-même, les autres sont déjà pris.

tgb

La libération de l’homme de l’homme est si impérieuse qu’on ne doit pas la laisser à ceux qui n’ont qu’un seul et unique crédo l’exploitation de l’homme par l’homme.
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Feb 2015 à 03:52

Le rouge et le tricolore, par Alain Badiou

Par Alain Badiou (Philosophe, dramaturge et écrivain)

Aujourd’hui, le monde est investi en totalité par la figure du capitalisme global, soumis à l’oligarchie internationale qui le régente, et asservi à l’abstraction monétaire comme seule figure reconnue de l’universalité.

Dans ce contexte désespérant s’est montée une sorte de pièce historique en trompe-l’œil. Sur la trame générale de « l’Occident », patrie du capitalisme dominant et civilisé, contre « l’islamisme », référent du terrorisme sanguinaire, apparaissent, d’un côté, des bandes armées meurtrières ou des individus surarmés, brandissant pour se faire obéir le cadavre de quelque Dieu ; de l’autre, au nom des droits de l’homme et de la démocratie, des expéditions militaires internationales sauvages, détruisant des Etats entiers (Yougoslavie, Irak, Libye, Afghanistan, Soudan, Congo, Mali, Centrafrique…) et faisant des milliers de victimes, sans parvenir à rien qu’à négocier avec les bandits les plus corruptibles une paix précaire autour des puits, des mines, des ressources vivrières et des enclaves où prospèrent les grandes compagnies.

C’est une imposture de présenter ces guerres et leurs retombées criminelles comme la contradiction principale du monde contemporain, celle qui irait au fond des choses. Les troupes et polices de la « guerre antiterroriste », les bandes armées qui se réclament d’un islam mortifère et tous les Etats sans exception appartiennent aujourd’hui au même monde, celui du capitalisme prédateur.

Diverses identités factices, se considérant chacune comme supérieure aux autres, se taillent férocement dans ce monde unifié des lambeaux de domination locale. On a du même monde réel, où les intérêts des agents sont partout les mêmes, la version libérale de l’Occident, la version autoritaire et nationaliste de la Chine ou de la Russie de Poutine, la version théocratique des Emirats, la version fascisante des bandes armées… Les populations sont partout sommées de défendre unanimement la version que le pouvoir local soutient.

Il en ira ainsi tant que l’universalisme vrai, la prise en main du destin de l’humanité par l’humanité elle-même, et donc la nouvelle et décisive incarnation historico-politique de l’idée communiste, n’aura pas déployé sa neuve puissance à l’échelle mondiale, annulant au passage l’asservissement des Etats à l’oligarchie des propriétaires et de leurs serviteurs, l’abstraction monétaire, et finalement les identités et contre-identités qui ravagent les esprits et en appellent à la mort.

Identité française : la « République »

Dans cette guerre des identités, la France tente de se distinguer par un totem de son invention : la « République démocratique et laïque », ou « le pacte républicain ». Ce totem valorise l’ordre établi parlementaire français – au moins depuis son acte fondateur, à savoir le massacre, en 1871, par les Adolphe Thiers, Jules Ferry, Jules Favre et autres vedettes de la gauche « républicaine », de 20 000 ouvriers dans les rues de Paris.

Ce « pacte républicain » auquel se sont ralliés tant d’ex-gauchistes, parmi lesquels Charlie Hebdo, a toujours soupçonné que se tramaient des choses effrayantes dans les faubourgs, les usines de la périphérie, les sombres bistrots banlieusards. La République a toujours peuplé les prisons, sous d’innombrables prétextes, des louches jeunes hommes mal éduqués qui y vivaient. Elle a aussi, la République, multiplié les massacres et formes neuves d’esclavage requis par le maintien de l’ordre dans l’empire colonial. Cet empire sanguinaire avait trouvé sa charte dans les déclarations du même Jules Ferry – décidément un activiste du pacte républicain –, lesquelles exaltaient la « mission civilisatrice » de la France.

Or, voyez-vous, un nombre considérables des jeunes qui peuplent nos banlieues, outre leurs louches activités et leur manque flagrant d’éducation (étrangement, la fameuse « Ecole républicaine » n’a rien pu, semble-t-il, en tirer, mais n’arrive pas à se convaincre que c’est de sa faute, et non de la faute des élèves), ont des parents prolétaires d’origine africaine, ou sont eux-mêmes venus d’Afrique pour survivre, et, par voie de conséquence, sont souvent de religion musulmane. A la fois prolétaires et colonisés, en somme. Deux raisons de s’en méfier et de prendre les concernant de sérieuses mesures répressives.

Supposons que vous soyez un jeune Noir ou un jeune à l’allure arabe, ou encore une jeune femme qui a décidé, par sens de la libre révolte, puisque c’est interdit, de se couvrir les cheveux. Eh bien, vous avez alors sept ou huit fois plus de chances d’être interpellé dans la rue par notre police démocratique et très souvent retenu dans un commissariat, que si vous avez la mine d’un « Français », ce qui veut dire, uniquement, le faciès de quelqu’un qui n’est probablement ni prolétaire, ni ex-colonisé. Ni musulman.

Charlie Hebdo, en un sens, ne faisait qu’aboyer avec ces mœurs policières dans le style « amusant » des blagues à connotation sexuelle. Ce n’est pas non plus très nouveau. Voyez les obscénités de Voltaire à propos de Jeanne d’Arc : son La Pucelle d’Orléans est tout à fait digne de Charlie Hebdo. A lui seul, ce poème cochon dirigé contre une héroïne sublimement chrétienne autorise à dire que les vraies et fortes lumières de la pensée critique ne sont certes pas illustrées par ce Voltaire de bas étage.

Il éclaire la sagesse de Robespierre quand il condamne tous ceux qui font des violences antireligieuses le cœur de la Révolution et n’obtiennent ainsi que désertion populaire et guerre civile. Il nous invite à considérer que ce qui divise l’opinion démocratique française est d’être, le sachant ou non, soit du côté constamment progressiste et réellement démocrate de Rousseau, soit du côté de l’affairiste coquin, du riche spéculateur sceptique et jouisseur, qui était comme le mauvais génie logé dans ce Voltaire par ailleurs capable, parfois, d’authentiques combats.

Le crime de type fasciste

Et les trois jeunes Français que la police a rapidement tués ? Je dirais qu’ils ont commis ce qu’il faut appeler un crime de type fasciste. J’appelle crime de type fasciste un crime qui a trois caractéristiques.

D’abord, il est ciblé, et non pas aveugle, parce que sa motivation est idéologique, de caractère fascisant, ce qui veut dire strictement identitaire : nationale, raciale, communautaire, coutumière, religieuse… En la circonstance, les tueurs sont antisémites. Souvent le crime fasciste vise des publicistes, des journalistes, des intellectuels ou des écrivains que les tueurs estiment représentatifs du bord opposé. En la circonstance, Charlie Hebdo.

Ensuite, il est d’une violence extrême, assumée, spectaculaire, parce qu’il vise à imposer l’idée d’une détermination froide et absolue qui, du reste, inclut de façon suicidaire la probabilité de la mort des meurtriers. C’est l’aspect « viva la muerte ! », l’allure nihiliste, de ces actions.

Troisièmement, le crime vise, par son énormité, son effet de surprise, son côté hors norme, à créer un effet de terreur et à alimenter, de ce fait même, du côté de l’Etat et de l’opinion, des réactions incontrôlées, entièrement closes sur une contre-identité vengeresse, lesquelles, aux yeux des criminels et de leurs patrons, vont justifier après coup, par symétrie, l’attentat sanglant. Et c’est bien ce qui est arrivé. En ce sens, le crime fasciste a remporté une sorte de victoire.

L’Etat et l’opinion

Dès le début en effet, l’Etat s’est engagé dans une utilisation démesurée et extrêmement dangereuse du crime fasciste, parce qu’il l’a inscrit au registre de la guerre mondiale des identités. Au « musulman fanatique », on a opposé sans vergogne le bon Français démocrate.

La confusion a été à son comble quand on a vu que l’Etat appelait, de façon parfaitement autoritaire, à venir manifester. C’est tout juste si Manuel Valls n’envisageait pas d’emprisonner les absents, et si on n’a pas exhorté les gens, une fois qu’ils auraient manifesté leur obéissance identitaire sous le drapeau tricolore, soit à se terrer chez eux, soit à revêtir leur uniforme de réserviste et à partir au son du clairon en Syrie.

C’est ainsi qu’au plus bas de leur popularité, nos dirigeants ont pu, grâce à trois fascistes dévoyés qui ne pouvaient imaginer un tel triomphe, défiler devant un million et quelques de personnes, à la fois terrorisées par les « musulmans » et nourries aux vitamines de la démocratie, du pacte républicain et de la grandeur superbe de la France.

La liberté d’expression, parlons-en ! Il était pratiquement impossible, durant tous les premiers jours de cette affaire, d’exprimer sur ce qui se passait un autre avis que celui qui consiste à s’enchanter de nos libertés, de notre République, à maudire la corruption de notre identité par les jeunes prolétaires musulmans et les filles horriblement voilées, et à se préparer virilement à la guerre contre le terrorisme. On a même entendu le cri suivant, admirable dans sa liberté expressive : « Nous sommes tous des policiers. »

Il est naturel en réalité que la loi de notre pays soit celle de la pensée unique et de la soumission peureuse. La liberté en général, y compris celle de la pensée, de l’expression, de l’action, de la vie même, consiste-t-elle aujourd’hui à devenir unanimement des auxiliaires de police pour la traque de quelques dizaines d’embrigadés fascistes, la délation universelle des suspects barbus ou voilés, et la suspicion continue concernant les sombres cités de banlieue, héritières des faubourgs où l’on fit autrefois un carnage des communards ? Ou bien la tâche centrale de l’émancipation, de la liberté publique, est-elle bien plutôt d’agir en commun avec le plus possible de jeunes prolétaires de ces banlieues, le plus possible de jeunes filles, voilées ou non, cela n’importe pas, dans le cadre d’une politique neuve, qui ne se réfère à aucune identité (« les prolétaires n’ont pas de patrie ») et prépare la figure égalitaire d’une humanité s’emparant enfin de son propre destin ? Une politique qui envisage rationnellement que nos vrais maîtres impitoyables, les riches régents de notre destin, soient enfin congédiés ?

Il y a eu en France, depuis bien longtemps, deux types de manifestation : celle sous drapeau rouge, et celles sous drapeau tricolore. Croyez-moi : y compris pour réduire à rien les petites bandes fascistes identitaires et meurtrières, qu’elles se réclament des formes sectaires de la religion musulmane, de l’identité nationale française ou de la supériorité de l’Occident, ce ne sont pas les tricolores, commandées et utilisées par nos maîtres, qui sont efficaces. Ce sont les autres, les rouges, qu’il faut faire revenir.

Source : Le Monde, le 27/01/2015


 
 
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Feb 2015 à 21:16

Éducation Un prof poursuivi pour apologie du terrorisme

 
Jusqu’où ira la vague des procédures judiciaires ? La semaine dernière, un professeur de philosophie du lycée Victor-Hugo de Poitiers (Viennes) a été suspendu pour quatre mois, tandis qu’une enquête a été ouverte contre lui par le parquet de Poitiers pour «apologie d’actes de terrorisme».

Jusqu’où ira la vague des procédures judiciaires ? La semaine dernière, un professeur de philosophie du lycée Victor-Hugo de Poitiers (Viennes) a été suspendu pour quatre mois, tandis qu’une enquête a été ouverte contre lui par le parquet de Poitiers pour « apologie d’actes de terrorisme ». Jean-François Chazerans a été accusé par certains parents d’élèves d’avoir tenu des « propos déplacés pendant la minute de silence », explique le recteur de l’académie de Poitiers, Jacques Moret. Le professeur s’en défend vivement : « Je ne sais pas ce qu’on me reproche. Ce fameux jeudi, j’ai organisé des débats avec mes six classes de terminale. Le but était de comprendre les causes du terrorisme en sortant autant que possible de la passion et de l’émotion du moment. » Jean-François Chazerans, militant politique de gauche, est largement soutenu par ses collègues, qui évoquent un « enseignant qui sait inculquer à ses élèves les méthodes leur permettant une pensée autonome ». Une page Facebook de soutien a été créée, un rassemblement a eu lieu mercredi, et une pétition a été lancée pour demander sa réintégration dans ses fonctions. L’intersyndicale des enseignants du lycée Victor-Hugo a également lancé un préavis de grève pour le jeudi 5 février. M. F.

 
 
 


Edité par T 34 - 09 Feb 2015 à 18:37
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Feb 2015 à 01:03

[Reprise] L’enfance misérable des frères Kouachi

Pas trop lu dans la presse…

Je rappelle que les-crises.fr condamne sans équivoque tout acte terroriste (des faibles ou des forts) et ne cherche en rien à excuser le terrorisme, mais simplement à en comprendre les sources réelles (qui ne sont pas que 3 sourates du Coran) pour mieux le combattre.

Rue%20dAubervilliers,%20Paris

Quelle était l’enfance de Chérif et Saïd Kouachi, les deux hommes qui ont assassiné les journalistes et les policiers à Charlie Hebdo ? Une enfance misérable, de père absent et de mère prostituée, dans un immeuble populaire du 19e arrondissement de Paris. Evelyne les a connus, elle témoigne. Un document exclusif de Reporterre.

Elle en rêvait, de son logement social. Elle pose donc meubles, enfants, mari, dans un F4 du 156 rue d’Aubervilliers, à Paris. Avec son CAP de comptabilité, Evelyne s’en va chaque matin travailler tout près de la cité, en plein 19e arrondissement. Nous sommes dans les années 1980. La mixité sociale n’est encore qu’une théorie, un concept.

« Ici, nous vivions entre pauvres. Et encore, la plupart des gens, une fois passées quelques années, partaient ailleurs. Le quartier craignait vraiment. Nous avons décidé de rester pour changer notre environnement nous-mêmes, nous les locataires du 156. Nous voulions sauver notre quartier. »

Un enfant comme les autres

Alors, Evelyne crée des associations. L’une d’elles, Jeunes et locataires, voit le jour dans les années 1990. Son but est de sortir les enfants, de leur faire découvrir autre chose « que le ghetto ». Son association est une des rares à traverser le temps, elle existe pendant plus de dix ans. Elle parvient à dégoter quelques subventions, alors elle prend la main des gamins du quartier et les emmène ailleurs. Un goûter dans un parc, une sortie dans un beau quartier de Paris, et même un jour : Eurodisney.

On la prévient, dans la bande des enfants, l’un est particulièrement coquin, voire turbulent. Il s’appelle Chérif. Il se balade toujours avec son grand frère Saïd, plus discret. À croire que le plus petit est l’aîné. Saïd pleurniche tout le temps, et suit toujours son cadet. Evelyne surveille le cadet « comme du lait sur le feu ».

« J’adorais cet enfant. Il suffisait qu’on le cajole, qu’on le prenne dans les bras pour qu’il se calme. Moi, je l’ai trouvé touchant, ébahi comme tous les autres par la bande à Mickey. » Un enfant comme les autres, qui croit en la magie de Disney, et qui se calme dès qu’on l’apaise. « On les emmenait au cinéma, Chérif adorait y aller. »

Rue%20dAubervilliers%20à%20Paris

Mère en détresse

Sa mère n’a pas d’argent pour payer la cantine, et elle n’est pas du genre à demander de l’aide. Evelyne qui aide tout le monde à faire ses papiers, ne l’a jamais vue dans son bureau. On ne sait rien du père, et peut-être même les enfants ont-ils des pères différents. Ils ont toujours vécu ici, nés en 1980 et 1982. Deux des cinq enfants ont déjà été placés ailleurs par les services sociaux, quand Evelyne suit Cherif et Saïd.

Quelques mois après la sortie à Eurodisney, Chérif rentre de l’école comme chaque midi. Accompagné comme toujours de son grand frère, il découvre ce midi-là, en plein milieu de l’appartement, sa maman morte. Morte de quoi ? Elle aurait avalé trop de médicaments. Pour beaucoup, il s’agit d’un suicide.

Finalement, tout le monde connaissait le quotidien de cette mère célibataire. Et les langues des habitants du quartier finissent par se délier. Elle ne parvenait plus à subvenir aux besoins de ses cinq enfants, elle avait fini par faire le trottoir pour arrondir les fins de mois. Elle serait morte, selon la gardienne qui était la seule qui lui parlait, enceinte d’un sixième enfant.

Les enfants sont orphelins, Saïd a douze ans, Chérif a dix ans. Ils quitteront le 156, pour passer leur adolescence, en Corrèze, dans un établissement de la Fondation Claude Pompidou.

“On aurait dû aider cette maman”

Evelyne l’a reconnu sur sa télé mercredi 7 janvier. « J’ai appelé mon gendre, qui lui aussi a grandi dans le quartier. Il m’a bien confirmé. J’ai pleuré. Je me suis dit que je suis responsable. J’aurais dû aider cette maman. On n’aurait jamais dû emmener les enfants à Eurodisney, avec cet argent-là, on aurait dû aider cette maman. Chérif avait une dizaine d’années, pas plus. Finalement, à n’avoir rien vu, nous avons tué cette mère et avons été incapables de sauver ses enfants. »

Evelyne est inconsolable devant sa télévision. « Chérif était un enfant comme les autres. Mais il n’aura pas reçu d’amour… Il a trouvé dans le fanatisme religieux, la famille qu’il n’a jamais eue. Ils ont su lui monter la tête. En même temps, c’est facile de s’en prendre à des gamins aussi isolés et fragiles. Personne n’était là pour le remettre dans le droit chemin. »

“S’il avait eu une enfance heureuse, serait-il devenu terroriste ?”

Evelyne tient pour responsable la politique de la Ville. « Le but était de parquer là les pauvres. Et personne ne s’en occupait. Les assistantes sociales démissionnaient une à une. Elles avaient trop de boulot par chez nous, elles préféraient se faire muter ailleurs. Alors chaque mois, on avait une nouvelle personne qui reprenait notre dossier, et au final, on n’avançait pas. »

Rue%20dAubervilliers,%20à%20Paris

Evelyne en veut aussi beaucoup au manque d’encadrement des enfants. « Il n’était pas rare que l’on voit des enfants de cinq-six ans traîner devant l’immeuble à minuit. Chérif lui, était comme abandonné. Je me souviens d’un jour durant lequel nous organisions un goûter. Nous n’avions pas de local, alors nous allions dans les caves. Je suis remontée chercher des gobelets, et là, j’ai vu un gardien demander à Chérif, qui était tout maigrelet, de se mettre à genoux pour demander pardon, parce qu’il avait fait une bêtise. Comme il n’avait pas de papa, et une maman absente, il était un peu le souffre-douleur. Enfin, je ne voudrais pas que vous pensiez que je le défends. Mais je veux dire, s’il avait eu une enfance heureuse, serait-il devenu un terroriste ? »

Elle raconte aussi, pour expliquer le contexte de désarroi, l’histoire d’un autre jeune, habitué de la brigade des mineurs, qu’elle faisait dormir chez elle, parce qu’il était battu par sa maman. Un jour, il fugue, les premières nuits, il dort sur le toit. Evelyne finit par le ramasser, lui faire passer une nuit dans le lit de son fils. Le matin, elle le dépose à la police. C’est un habitué, quatre fois qu’il vient. La première fois, à cause d’une brûlure au troisième degré causé par un fer à repasser. Evelyne se met en colère : « Combien de fois devrai-je vous l’amener avant que vous le retiriez de sa mère ? »

Mais le policier veut d’abord savoir comment l’enfant a vécu pendant ces huit jours d’errance. Il comprend tout, quand l’enfant parle d’un monsieur. « Les enfants étaient tellement laissés à l’abandon que le 156 était devenu un repère de pédophiles. Ils passaient le soir, les gamins étaient livrés à eux-mêmes sur le parking. Les parents ne les cherchaient pas… »

“Nous étions entourés de violence”

Evelyne en a marre : « Nous avions quatre centres sociaux dont La maison des copains de La Villette, Action fraternelle, ou encore Espace 19, mais les éducateurs, salariés, n’étaient pas plus âgés que les délinquants et leur donnaient rendez-vous dans les cafés à fumer des clopes et boire des verres. Moi, j’appliquais la méthode bénévole de la ’maman’ et je n’ai jamais eu de problème avec ces jeunes. Sont-ils totalement responsables de ce qu’ils deviennent ? Délinquants, drogués, et pour les frères Kouachi, ces monstres incompréhensibles ? »

Marise (prénom modifié) se pose la même question. À l’époque, elle aussi habite le quartier. Militante, elle multiplie les associations pour venir en aide aux quartiers difficiles. « J’ai vécu de bons moments. Mais avant les années 90, et la prise de conscience que la mixité sociale était indispensable, nous ne parlions pas de ça lors de nos réunions politiques. (NDLR : Marise a d’abord été militante au PC, puis au PS). La société délaisse les pauvres, les met en colère, les rend violents, puis parfois haineux. »

« Les seuls qui acceptaient de vivre au 156 étaient les sans-abris. Nous étions entourés de violence. » Evelyne renchérit. « Je me souviens de ces gamins dont le père était toujours saoûl, et s’endormait avant que les enfants ne rentrent de l’école. Il fermait à clef, les enfants dormaient dans les escaliers. Nous faisions des signalements, mais même les professeurs ne disaient rien… C’est une société entière qu’il faut condamner d’avoir laissé grandir des enfants dans une telle misère. »

Rue%20dAubervilliers,%20à%20Paris

“Terreau fertile”

Evelyne, chrétienne qui pense qu’il faut savoir rire de tout, savait que doucement l’islam gagnait dans le quartier. « Je voyais de plus en plus de femmes porter le voile, puis avoir des propos de moins en moins laïcs. » Marise acquiesce : « Au début, dans les années 90, un des pratiquants de la mosquée de la rue de Tanger faisait partie du Conseil de Quartier. On l’aimait beaucoup, il était très laïc, très ouvert. Nous faisions nos réunions dans la mosquée. Je trouvais cela formidable. Puis notre ami, un jour nous a dit qu’il quittait la mosquée, qu’il ne se retrouvait plus dans les paroles de l’imam. Dès lors, la porte de la mosquée nous est restée à jamais fermée, et nous voyions le changement dans le comportement. Les salafistes ont petit à petit pris possession des lieux, jusqu’à l’arrestation de la cellule des Buttes Chaumont. »

Marise pense que l’intégrisme ne peut prendre racine que sur ce genre de terreau fertile où la précarité et l’abandon ont pris la place normalement nécessaire de l’intégration. « Mais je suis optimiste, depuis l’avènement de la mixité sociale, les choses vont mieux. Je reste persuadée que la mixité était la bonne solution. En revanche, ces enfants nés dans le triple abandon, d’une société, parfois de racines, et encore pire d’éducation, n’ont pas pu apprendre les limites, pas pu s’intégrer… Et ils ont trouvé refuge dans la délinquance, la violence, la prison, et parfois dans l’intégrisme religieux. Il reste cependant de nombreuses structures à créer pour prévenir, intégrer, encadrer. Tenez, pour l’intégration, moi j’aime beaucoup animer l’atelier tricot au Centre Social Riquet mais je dis aux femmes d’arrêter de parler une langue entre elles que je ne comprends pas, j’ai l’impression qu’elles parlent de moi. Ça les fait rire. Mais finalement, parler le même langage quand on est ensemble, c’est plus simple non ? »

Pour Marise, « nous sommes responsables de ne pas avoir offert une jeunesse équilibrée à ces mômes, en n’ayant jamais vu la souffrance de leur mère, leur désarroi d’orphelins… Mais ce n’est pas une excuse pour tuer les autres et ne pas avoir le recul face à l’absurdité du fanatisme… »

Evelyne, elle, qui a pris sa retraite et vit maintenant dans la région Centre, concède : « Je ne devrais pas le dire, vous allez me prendre pour une folle, mais quelque part, moi ces gamins-là, je les plains… »

Source : Reporterre, le 15/01/2015


 


Edité par T 34 - 11 Feb 2015 à 04:54
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
Ecnaroui allez vers le bas
Moderateur
Moderateur
Avatar

Depuis le: 28 Feb 2009
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 657
  Citer Ecnaroui Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Feb 2015 à 18:39

Je suis suisse...

 

2205-PARADIS-VLAHOVIC.jpg

09/02/2015

Le djihadisme fiscal

D’après des sources bien informées, ils seraient plus de 10000 français à avoir rejoint l’Etat Helvétique, ce sultanat fondamentaliste du secret bancaire, pour y mener le djihad fiscal.

Si certains sont revenus sur notre territoire notamment pour s’y faire soigner, d’autres ont choisi de poursuivre le combat à Monaco, aux Iles vierges ou à Panama, enfin certains s’y sont définitivement implantés et à ce titre, pourraient être déchus à terme de leur nationalité française.

Mais c’est probablement plus de 100 000 combattants de l’exil fiscalo-fasciste, venus de 200 pays, véritable armée internationaliste, qui auraient rejoint clandestinement la Suisse, dont pas moins de 2000 Grecs, exfiltrés de la dette et de l’impôt y compris Monsieur Papandréou lui-même.

Car dans ce choc de défiscalisation et cette radicalisation de la fraude fiscale, si nombres de filières disséminées notamment dans les banlieues ouest de Paris ont été démantelées, l’on trouve des complicités dans les plus hautes fonctions de l’état, tel Jérôme Cahuzac ancien ministre des finances, Jean Claude Juncker patron actuel de l’Europe ou Stephen Green ministre du commerce anglais, ancien Emir de la mouvance HSBC, faisant émerger le risque même d’une cinquième colonne contre laquelle nous met en garde Manuel Valls en dénonçant à juste titre « l’ennemi intérieur ».

arton4959.jpg

Si de nombreux sites radicalisés sur Internet, le Monde, les Echos, Le Nouvel Obs… font dangereusement l’apologie de l’optimisation fiscale, heureusement un certain nombre d’hebdomadaires vigilants, Le Point, l’Express, Valeurs Actuelles…nous alertent régulièrement sur les dangers du fiscalo-fascisme par des unes brisant courageusement les tabous :

L’évasion fiscale que l’on cache

HSBC les vérités qui dérangent

Le danger fiscaliste

Ces banques sans gènes

Le spectre Suisse

Les fanatiques du compte anonyme

L’occident face aux paradis fiscaux …

Car en effet, les terroristes endoctrinés du secret bancaire et convertis au djihadisme fiscal sont prêts à tout pour rejoindre ce « paradis fiscal » promis par des banquiers intégristes sans scrupules.

Je suis Suisse !

Du côté de Neuilly on aura remarqué durant la minute de silence honorant les 1000 milliards d’euros sauvagement escamotés en Europe, de nombreux incidents, provocations et incivilités de certains enfants n’hésitant pas à crier au milieu de l’hommage « je suis Suisse » ou « je suis fraudeur » ou « ni imposé ni imposable ! » ou même pour certains de reprendre le slogan d’un certain extrémiste Macron « Nous voulons devenir milliardaires, réussir à tout prix ».

Des propos immédiatement dénoncés aux autorités et sanctionnés par la ministre de l’éducation nationale.

tgb

SOURCE

La libération de l’homme de l’homme est si impérieuse qu’on ne doit pas la laisser à ceux qui n’ont qu’un seul et unique crédo l’exploitation de l’homme par l’homme.
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Feb 2015 à 03:59

Par Pacôme Thiellement, essayiste et réalisateur français

Bienvenue dans un monde de plomb

Nous sommes tous des hypocrites. C’est peut-être ça, ce que veut dire « Je suis Charlie ». Ça veut dire : nous sommes tous des hypocrites. Nous avons trouvé un événement qui nous permet d’expier plus de quarante ans d’écrasement politique, social, affectif, intellectuel des minorités pauvres d’origine étrangère, habitant en banlieue.

Nous sommes des hypocrites parce que nous prétendons que les terroristes se sont attaqués à la liberté d’expression, en tirant à la kalachnikov sur l’équipe de Charlie Hebdo, alors qu’en réalité, ils se sont attaqués à des bourgeois donneurs de leçon pleins de bonne conscience, c’est-à-dire des hypocrites, c’est-à-dire nous. Et à chaque fois qu’une explosion terroriste aura lieu, quand bien même la victime serait votre mari, votre épouse, votre fils, votre mère, et quelque soit le degré de votre chagrin et de votre révolte, pensez que ces attentats ne sont pas aveugles. La personne qui est visée, pas de doute, c’est bien nous. C’est-à-dire le type qui a cautionné la merde dans laquelle on tient une immense partie du globe depuis quarante ans. Et qui continue à la cautionner. Le diable rit de nous voir déplorer les phénomènes dont nous avons produits les causes.

À partir du moment où nous avons cru héroïque de cautionner les caricatures de Mahomet, nous avons signé notre arrêt de mort. Nous avons refusé d’admettre qu’en se foutant de la gueule du prophète, on humiliait les mecs d’ici qui y croyaient – c’est-à-dire essentiellement des pauvres, issus de l’immigration, sans débouchés, habitant dans des taudis de misère. Ce n’était pas leur croyance qu’il fallait attaquer, mais leurs conditions de vie. À partir de ce moment-là, seulement, nous aurions pu être, sinon crédibles, du moins audibles.

Pendant des années, nous avons, d’un côté, tenus la population maghrébine issue de l’immigration dans la misère crasse, pendant que, de l’autre, avec l’excuse d’exporter la démocratie, nous avons attaqué l’Irak, la Libye, la Syrie dans l’espoir de récupérer leurs richesses, permettant à des bandes organisées d’y prospérer, de créer ces groupes armés dans le style de Al Quaïda ou de Daesch, et, in fine, de financer les exécutions terroristes que nous déplorons aujourd’hui. Et au milieu de ça, pour se détendre, qu’est-ce qu’on faisait ? On se foutait de la gueule de Mahomet.

Il n’y avait pas besoin d’être bien malin pour se douter que, plus on allait continuer dans cette voie, plus on risquait de se faire tuer par un ou deux mecs qui s’organiseraient. Sur les millions qui, à tort ou à raison, se sentaient visés, il y en aurait forcément un ou deux qui craqueraient. Ils ont craqué. Ils sont allés « venger le prophète ». Mais en réalité, en « vengeant le prophète », ils nous ont surtout fait savoir que le monde qu’on leur proposait leur semblait bien pourri.

Nous ne sommes pas tués par des vieux, des chefs, des gouvernements ou des états. Nous sommes tués par nos enfants. Nous sommes tués par la dernière génération d’enfants que produit le capitalisme occidental. Et certains de ces enfants ne se contentent pas, comme ceux des générations précédentes, de choisir entre nettoyer nos chiottes ou dealer notre coke. Certains de ces enfants ont décidé de nous rayer de la carte, nous : les connards qui chient à la gueule de leur pauvreté et de leurs croyances.

Nous sommes morts, mais ce n’est rien par rapport à ceux qui viennent. C’est pour ceux qui viennent qu’il faut être tristes, surtout. Eux, nous les avons mis dans la prison du Temps : une époque qui sera de plus en plus étroitement surveillée et attaquée, un monde qui se partagera, comme l’Amérique de Bush, et pire que l’Amérique de Bush, entre terrorisme et opérations de police, entre des gosses qui se font tuer, et des flics qui déboulent après pour regarder le résultat.

Alors oui, nous sommes tous Charlie, c’est-à-dire les victimes d’un storytelling dégueulasse, destiné à diviser les pauvres entre eux sous l’œil des ordures qui nous gouvernent. Nous sommes tous des somnambules dans le cauchemar néo-conservateur destiné à préserver les privilèges des plus riches et accroître la misère et la domesticité des pauvres. Nous sommes tous Charlie, c’est-à-dire les auteurs de cette parade sordide. Bienvenue dans un monde de plomb.

Source : Les Mots Sont Importants, 13/01/2015


 


Edité par T 34 - 20 Feb 2015 à 04:42
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Mar 2015 à 20:12

Charlie Hebdo et la liberté bourgeoise d’expression

 
 

Rarement un concept n’a été aussi glorifié et exalté que la liberté d’expression. Président de la République, Gouvernement, Parlement et médias, dans une étrange communion, l’ont célébrée avec enthousiasme et exubérance. Et pendant que la classe dirigeante prétend défendre cette précieuse liberté, ses institutions répressives traquent, interpellent, jugent, condamnent et parfois emprisonnent tous ceux et toutes celles qui expriment une pensée différente ou tout simplement profèrent des mots vite interprétés comme faisant « l’apologie du terrorisme ». Un climat détestable règne aujourd’hui en France. Une forme de terrorisme intellectuel et de fascisation des esprits s’installe insidieusement au nom de la liberté d’expression.

«  Les idées dominantes d’une époque n’ont jamais été que les idées de la classe dominante » - Karl Marx

« Je continue de prendre pour modèle de référence le « Charlie » originel : le grand Charlie Chaplin qui ne s’est jamais moqué des pauvres » - Schlomo Sand

La classe dominante, sans vraiment le vouloir, présente sa liberté d’expression comme étant celle de toutes les autres classes sociales. Lorsqu’elle évoque la liberté d’expression, c’est à sa liberté qu’elle pense. Car elle est justement l’expression de ses propres intérêts. Ce qui est permis aux uns est interdit aux autres. Autrement comment peut-on expliquer cet acharnement à vouloir taire et étouffer tout ce qui se dresse, d’une manière ou d’une autre, contre la pensée dominante (voir le sort réservé aux syndicalistes, intellectuels contestataires, journalistes, humoristes, lanceurs d’alerte etc. etc. ). Les grands médias, qui ont une influence considérable sur l’opinion publique, sont concentrés entre les mains de puissants groupes industriels et financiers qui utilisent la liberté d’expression uniquement pour servir leurs intérêts économiques et idéologiques. La liberté d’expression reste un privilège de classe.

Est libre toute expression qui sert directement ou indirectement les intérêts dominants. Est suspecte, voire parfois criminelle, toute pensée différente. Même les enfants et les adolescents n’échappent pas à cette logique de suspicion et de répression (1). Leur parole spontanée heurte la vérité officielle. Il faut la condamner. Cette répression constitue par elle-même une éclatante négation de cette fameuse liberté bourgeoise d’expression.

Les idées autres que celles du pouvoir deviennent insupportables. Seule la liberté d’expression de la classe dominante doit régner : « L’école est en première ligne aussi pour répondre à une autre question car même là où il n’y a pas eu d’incidents il y a eu de trop nombreux questionnements de la part des élèves, et nous avons tous entendu les “oui je soutiens Charlie, mais…”, Les deux poids deux mesures. Pourquoi défendre la liberté d’expression ici et pas là ? Ces questions nous sont insupportables » déclarait une éminente représentante du Gouvernement (2). Donc plus de questionnements, plus d’interrogations, plus d’esprit critique, plus rien. Place au gavage et au dressage.


Beaucoup de professeurs travaillent aujourd’hui dans des conditions difficiles sous l’œil vigilant des parents d’élèves, de l’administration, de la police et des procureurs. Aucun professeur n’est à l’abri d’accusation, de dénonciation et autre délation.

Les citoyens ne doivent plus s’interroger sur le drame de Charlie Hebdo. Plus de questions sur les racines du terrorisme, sur le rôle des États-Unis, de la France, de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie dans la création de ces groupes armés qui sèment aujourd’hui la terreur un peu partout à travers la planète . Ils doivent seulement répéter ce que le pouvoir pense à leur place. C’est la seule liberté d’expression qu’on leur laisse.

Plus de questions non plus sur la société française qui produit et produira probablement encore des monstres. Car le questionnement, les interrogations et la recherche des causes complexes internes et externes du terrorisme peuvent mettre en exergue les liens étroits qui existent entre les bourgeoisies occidentales et le terrorisme. Les terroristes ne tombent pas du ciel comme la pluie. Ils sont le produit de leur société et de leurs conditions matérielles d’existence (3).

Pour la classe dirigeante, ces questions sont tout simplement « insupportables ». La bourgeoisie est donc incapable de supporter une véritable liberté d’expression. Elle adopte en permanence de nouvelles lois, de plus en plus répressives, pour protéger sa propre liberté d’expression et partant ses propres intérêts. Elle s’attaque directement non seulement aux actes, mais également aux opinions (nouvel article 421- 2-5 du code pénal). Ainsi l’emploi du terme « apologie » dans la loi du 13 novembre 2014 renvoie à un discours, un écrit ou une opinion qui fait l’éloge ou qui glorifie le terrorisme. La loi confond ici opinion, aussi choquante soit-elle, et acte. Un écrit justifiant le terrorisme est assimilable à un acte terroriste. Il s’agit donc d’une pénalisation du délit d’opinion, une restriction à la liberté d’expression comme l’envisage la Cour européenne des droits de l’homme (4).

Mais au-delà de l’aspect judiciaire, c’est la dimension politique et idéologique qui intéresse la bourgeoisie. Il s’agit à travers la lutte contre le terrorisme de créer un climat, un sentiment d’union nationale permettant et facilitant non seulement de nouvelles attaques contre les libertés individuelles dont la liberté d’expression mais également l’application de politiques d’austérité qui ravagent aujourd’hui la France. Cet état d’esprit, basé sur l’exploitation de l’émotion, de la colère et de l’indignation suscitées par le drame de Charlie Hebdo, doit se prolonger le plus longtemps possible tellement il sert les intérêts de la classe dirigeante. « L’esprit du mois de janvier 2015, c’est l’unité de la République(...) Cet esprit-là, je dois le prolonger » disait le chef de l’État (5).

La liberté d’expression est une arme idéologique redoutable entre les mains de la bourgeoisie qui lui permet de mieux combattre celle des autres. Elle l’utilise pour marginaliser et réduire ses adversaires au silence tout en se présentant, paradoxalement, comme la grande protectrice de cette précieuse liberté. En définitive, la liberté d’expression est le reflet de cette lutte des classes qui déchire la société capitaliste.

Miguel Antonio

(1) http://www.franceinfo.fr/emission/france-info-numerique/2014-2015/apol...

Voir également http://www.laprovence.com/article/edition-arles/3246613/chateaurenard-...

(2) http://www.najat-vallaud-belkacem.com/2015/01/14/najat-vallaud-belkace...

(3) Même si le profil type du terroriste ou du djihadiste n’existe pas, il n’en demeure pas moins que les raisons profondes des terroristes français sont à chercher dans les conditions mêmes qui les ont vus naître et grandir. Il ne s’agit pas ici de justifier les horreurs et les crimes commis par ces terroristes et les souffrances qu’ils ont infligé aux familles des victimes, mais seulement d’évoquer très rapidement les situations économiques et sociales que subissent une partie des jeunes des classes populaires.

Quelle a été par exemple l’enfance des frères Kouachi ? Misérable ! Absence du père et une mère qui se prostituait pour pouvoir élever ses enfants. Abandonnée à son triste sort, elle a mis un terme à sa vie. Il ne s’agit là que d’un exemple parmi tant d’autres tellement la situation faite aux enfants des travailleurs immigrés par la classe dominante est insupportable. Parqués dans des ghettos entourant les grandes métropoles industrielles, ils subissent plus que les autres catégories de la population toute sorte de violence, d’humiliation, de rejet et de mépris. Leur religion est caricaturée au sens propre et figuré par une partie des médias et par des intellectuels au service de l’ordre établi. La laïcité est souvent utilisée comme une arme contre l’Islam et les musulmans de France. Le monde politique et médiatique leur est hermétiquement fermé. La liste des jeunes, morts dans les commissariats ou lors des interpellations est, hélas, trop longue. Échec scolaire, discriminations massives à l’embauche et au logement, insultes des hommes politiques (sauvageons, voyous, racaille, Kärcher, Casseurs... ), contrôles au faciès ont convaincu ces damnés de la terre qu’ils ne font pas partie de la communauté nationale. http://www.ville.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_onzus_2011.pdf voir également : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/11...

Rejetés, frustrés et désespérés, une petite minorité de ces jeunes tombent facilement dans les griffes des recruteurs professionnels qui les arrachent littéralement à leur milieu et à leur famille. Contre les humiliations accumulées, le djihad est vécu comme une revanche violente contre une République qui les a vus naître sur son sol, mais qui les a rejetés.

La propagande intense développée par les bourgeoisies occidentales contre le régime de Bachar a largement contribué au départ de ces jeunes pour la Syrie avec la complicité de la Turquie. Le soutien indéfectible des gouvernements occidentaux à l’État d’Israël et la destruction de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Libye et aujourd’hui de la Syrie avec l’aide des groupes terroristes qu’ils ont créés sont vus par ces jeunes non pas comme des calculs et des manœuvres de l’impérialisme pour servir ses intérêts économiques et stratégiques, mais comme une guerre de l’occident contre l’Islam et les musulmans.

(4) http://www.vigo-avocats.com/media/article/s6/id566/cff8e3f8340f9c9dc69...

(5) http://www.elysee.fr/conferences-de-presse/article/5e-conference-de-pr...



Edité par T 34 - 14 Mar 2015 à 20:12
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Mar 2015 à 20:34
[Ça commence] 5 sites censurés en France pour apologie du terrorisme
 
 


Renseignement: une loi très suspecte

 

 
Le député Urvoas va présenter jeudi en conseil des ministres un projet de loi visant à renforcer énormément les pouvoirs des services de renseignement français. Sous prétexte de prévention du terrorisme, ce texte se révèle vraiment très intrusif.

Le détail du projet de loi est présenté dans Le Figaro du jour, qui a eu accès au texte. Le cœur du document présente les nouveaux pouvoirs et dispositifs techniques auxquels auront accès les agents du renseignement, sans passer par l’aval d’un juge. Et ils sont impressionnants. En matière d’écoutes, les agents auront désormais le droit de placer des mouchards dans les lieux privés, véhicules, data center ou ordinateurs, pour intercepter les conversations ou ce qui est en train d’être exécuté ou écrit sur une machine. En plus de l’accès aux SMS, emails et autres fadettes. Les agents pourront également placer des dispositifs permettant de géolocaliser en temps réel des véhicules et des objets. Toujours plus intrusifs, les agents de renseignements pourront se servir d’outils, appelés IMSI catcher (International Mobile Subscriber Identity), sortes d’antennes téléphoniques qui permettent d’aspirer autour d’elles le trafic de téléphonie mobile comme de suivre les mouvements des propriétaires de téléphones.
Tous ces nouveaux moyens pourront être mis en œuvre sans l’aval d’un juge.  C’est le Premier ministre qui aura le droit de regard final, mais selon l’urgence, il ne pourra donner son accord qu’à posteriori. Les données collectées seraient conservées entre 1 et 5 ans selon les cas.

Des terroristes mais pas que…

Evidemment, suite aux attaques de ce début d’année, c’est la prévention du terrorisme qui est mise en avant. Preuve en est, les prisons, où se sont radicalisés les derniers jihadistes qui sont passés à l’acte en France, vont se voir dotées d’équipements de brouillage des télécommunications afin d’empêcher l’usage des téléphones portables ou talkie-walkie introduits illégalement en cellule. Pourtant, ces nouveaux moyens confiés aux services de renseignements français sont loin de ne concerner que les enquêtes pour terrorisme. Les ministères qui pourront ordonner de telles écoutes sont la Défense, l’Intérieur, mais aussi l’Economie et les Finances, notamment pour préserver les « intérêts économiques et scientifiques majeurs » comme dans le cadre de « violences collectives pouvant porter atteinte à la paix publique ».

La responsabilité des opérateurs privés

« 90 % de ceux qui basculent dans les activités terroristes le font après avoir fréquenté Internet » martèle régulièrement le ministre de l’Intérieur, pointant d’un doigt  accusateur le Web, pourtant également fréquenté par 90 % des Français… Ainsi le projet de loi entend impliquer fortement les intermédiaires techniques, c'est-à-dire les fournisseurs d’accès à Internet mais aussi les services et les contenus. Orange, Numéricâble, mais aussi Youtube, les réseaux sociaux et les moteurs de recherches vont devoir eux-mêmes surveiller les comportements de leurs utilisateurs et transmettre aux services de renseignements les cas suspects. Toujours sans passer par un juge…
On en arrive à des textes d’un flou consommé : « la consultation habituelle de sites Internet appelant à la commission d’actes de terrorisme » peut constituer une « entreprise individuelle de terrorisme ».  La France se met ainsi à la détection automatique des suspects, digne de la NSA, mais sous-traitée à des opérateurs privés. D’autant plus que l’Etat veut exiger aux fournisseurs de services les clés de chiffrement, ce qui permettrait de lire sans effort les conversations privées. De quoi bafouer totalement le droit fondamental du secret des correspondances sur Internet. Un sujet, comme celui de la durée de conservation des données personnelles, qui risque de heurter la Cour de justice de l'Union européenne.

La Quadrature du Net : "Alors que la loi sur le renseignement était annoncée comme une grande loi permettant de protéger les droits fondamentaux, l’instrumentalisation sécuritaire des événements meurtriers de janvier risque d'aboutir à une incroyable dérive du gouvernement en matière de surveillance des citoyens. La Quadrature du Net appelle les citoyens et les députés à y résister. [...] Pour garantir les droits fondamentaux face à cet arsenal de mesures d'intrusion, de surveillance et de profilage, le gouvernement ne prévoit qu'une commission consultative, aux pouvoirs limités, ne permettant des recours qu'a posteriori et sans garanties réelles pour les citoyens."

 


Edité par T 34 - 19 Mar 2015 à 00:52
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Apr 2015 à 22:03
Le projet des services secrets étatiques
 

Lorsque le Gouvernement considère sa propre population comme l’ennemi (Counterpunch)

 

Le débat public sur la surveillance étatique qui a été, sinon inauguré, en tous cas intensifié par la publication des documents fournis par Edward Snowden a été, à certains égards, surréaliste et trompeur.

Un camp affirme que la surveillance de masse de la NSA est nécessaire pour protéger le public du terrorisme et qu’en fait, elle a permis de déjouer de nombreux "actes terroristes potentiels." L’autre camp affirme, avec de meilleurs arguments, que la collecte de données tous azimut peu ou pas d’impact sur la protection des simples civils. Mais peu de commentateurs sont assez audacieux pour déduire de tout cela que le gouvernement n’a aucun intérêt à protéger ses citoyens (en tant que tels), en premier lieu. En fait, il a intérêt à faire exactement le contraire : exposer ses citoyens – à l’exception de certains privilégiés – au danger.

Vous trouvez cela absurde ? Alors penchez-vous sur l’actualité récente et vous verrez qu’elle ne corrobore pas du tout l’idée que le gouvernement étasunien se soucie de la protection de ses citoyens. La pièce à conviction n°1 est l’attaque du 11 septembre. C’est depuis longtemps devenu un lieu commun chez les gauchistes et les libéraux de citer le mémo de la Maison Blanche du 6 Août 2001, portant le titre "Ben Laden est déterminé à frapper les Etats-Unis," qui a apparemment été ignoré à l’époque par l’administration Bush. Peut-être plus accablant encore est le livre de 2006 de Lawrence Wright : The Looming Tower (La guerre cachée), qui montre on ne peut plus clairement que la lutte contre le terrorisme n’était pas la priorité de la CIA et du FBI même après les attentats du World Trade Center en 1993 et d’Oklahoma City en 1995.

Quelqu’un qui aurait l’esprit mal tourné pourrait penser que les institutions gouvernementales sont capables d’autre chose que d’attraper des voleurs et que, peut-être, l’organisation et les efforts ridiculement contre-productifs – du point de vue de la lutte contre le terrorisme – de la CIA et du FBI avant le 11 septembre avaient, par une logique institutionnelle pervertie, précisément pour but de rendre possible ce qui est arrivé : un acte terroriste de grande envergure.

C’est aussi un lieu commun que de dire que la guerre en Irak de George W. Bush, loin de diminuer le terrorisme, l’a augmenté substantiellement, le multipliant sans doute même par sept. C’était prévisible, et avait été prédit en 2003, ce qui signifie, en toute logique, que l’administration Bush, à tout le moins, n’avait aucun problème à exposer les civils étasuniens (et bien sûr étrangers) à de plus grands dangers. La même logique s’applique à la guerre de drones d’Obama dans le monde, qui a apparemment assassiné 50 civils pour chaque terroriste tué. Sans surprise, elle a alimenté le terrorisme, et donc amplifié la menace contre les Etasuniens. (En fait, la campagne de drones est en elle-même du terrorisme, mais, ici, je m’en tiens à la manière habituelle dont les Etasuniens utilisent ce mot, en l’appliquant uniquement aux gens que leur gouvernement n’aime pas.)

On pourrait allonger la liste indéfiniment. Par exemple, la sordide leçon à tirer de la débâcle de l’ouragan Katrina en 2005, c’est que la protection des Etasuniens contre une catastrophe naturelle n’était pas une priorité du gouvernement à quelque niveau que ce soit, du moins pas des gouvernements concernés.

Le comportement déplorable de la police dans les jours qui ont suivi l’ouragan confirme cette analyse. Les victimes ont été traitées comme des criminels, et pas comme des gens qui avaient besoin de protection et qui la méritaient.

En plus des nombreuses preuves factuelles, on peut aussi faire preuve de simple logique. Revenons à la surveillance de masse de la NSA : il ne devrait pas être difficile pour les officiels gouvernementaux de comprendre que plus ils consacrent de temps et de ressources à la surveillance des simples citoyens, moins ils ont de temps et de ressources à consacrer à la surveillance de possibles menaces terroristes. En fait, presque toutes les attaques terroristes majeures en Occident au cours des quinze dernières années ont été perpétrées par des gens qui étaient déjà connus de la police. Ce fut le cas, par exemple, de l’un des frères accusés des attentats du marathon de Boston en 2013. Mais le gouvernement était commodément trop occupé à espionner les Etasuniens ordinaires pour s’intéresser à lui, ce qui lui a permis de vaquer sans entrave à ses occupations terroristes.

Mais pourquoi, vous demandez-vous, serait-il dans l’intérêt du gouvernement d’exposer le public au danger ? Pour répondre à cette question, il faut considérer le contexte historique actuel, en l’occurrence, le capitalisme néolibéral. Dans une société qui connaît des inégalités de revenus stratosphériques, un chômage élevé, la stagnation économique sur le long terme, la réduction des programmes d’aide sociale, la menace réelle d’une catastrophe écologique, bref, un mécontentement et une instabilité sociale croissants, les centres de pouvoir institutionnels vont tout naturellement essayer d’augmenter leur contrôle sur la population. Comme un ploutocrate, fier de l’être, à lui-même mis en garde ses frères milliardaires : "Les fourches arrivent." Et les ploutocrates, ainsi que leurs représentants au gouvernement, s’y préparent.

La question est de savoir comment justifier l’expansion de la surveillance étatique et des pouvoirs de police nécessaires pour tenir la populace. De toute évidence, il faut trouver des prétextes. Et il n’y a pas de meilleurs prétextes que les attentats terroristes, surtout s’ils se produisent sur le sol étasunien. Cela peut paraître un truisme, mais on le dit rarement : il est dans l’intérêt du gouvernement et des "1%" les plus riches que les civils soient périodiquement victimes du terrorisme. Si la menace terroriste disparaissait, les prétextes dont ils ont besoin disparaitraient avec.

Le phénomène des "prétextes" a d’autres dimensions. Naomi Klein parle de l’un d’eux dans son célèbre livre La stratégie du choc, où elle démontre qu’au cours des quarante dernières années, les élites économiques ont profité de la désorientation et la désorganisation populaire engendrées par les catastrophes de toutes sortes, naturelles, militaires, terroristes, pour imposer à la population des vagues de privatisation.

Le "néolibéralisme à coup de blitzkrieg*" pourrait-on dire. On pourrait donner comme premier exemple ce qui est arrivé à la Nouvelle-Orléans après Katrina : profitant de l’amoindrissement de la capacité de résistance de la population, on a privatisé presque toutes les écoles publiques. Sous prétexte de réformer l’éducation, "des hommes d’affaire et des politiciens cupides se sont jetés sur les communautés noires, ne laissant derrière eux que ruines et confusion", explique le porte-parole d’une communauté de la Nouvelle-Orléans.

Ainsi donc, pour le noyau néolibéral entreprise-Etat, un cataclysme qui s’abat sur une communauté particulière, y compris sur le sol de la nation, peut se révéler éminemment profitable non seulement pour briser la résistance populaire contre le pouvoir, mais aussi pour permettre aux élites d’imposer des mesures qu’elles n’auraient jamais pu imposer autrement. On peut toujours trouver de bons prétextes.

C’est Noam Chomsky qui a le mieux résumé les choses : le principal ennemi de tous les gouvernements est (la majorité de) leur propre population. Car le peuple veut toujours plus de pouvoir et de sécurité économique qu’il en a, et il est prêt à se battre pour l’avoir (comme l’histoire du mouvement ouvrier le montre) – ce qui implique automatiquement la diminution relative du pouvoir des riches et de leurs sous-fifres politiques. C’est ce qui explique, bien sûr, la violence éhontée avec laquelle le gouvernement américain traite, de siècle en siècle, les travailleurs, les classes populaires, les militants de gauche, les Afro-Américains, les manifestants, les dissidents et les "gens ordinaires". Il faut qu’ils soient humiliés, blessés, tués, tabassés, utilisés pour faire des exemples à la moindre transgression, maintenus dans un état de peur et de soumission constant (même si cela est impossible). Le pouvoir n’a d’autre but que de se maintenir et de se développer ; c’est sa raison d’être**, et c’est la clé qui permet de comprendre ses moindres actions (au niveau institutionnel, pas au niveau personnel).

Par exemple, si les attaques du gouvernement contre sa propre population ne sont pas toujours aussi ouvertement agressives, ce n’est pas parce qu’il a de soudains scrupules ; c’est parce que cela pourrait menacer sa position en générant trop d’opposition. Il faut faire des concessions aux masses pour leur faire accepter la subordination sur le long terme. Il faut maintenir l’illusion, et dans une faible mesure même la réalité, de la protection de la population pour ne pas donner de grain à moudre aux empêcheurs de gouverner en rond.

Cela ne signifie pas que les décideurs politiques, les bureaucrates ou les membres de la "classe dirigeante" aient nécessairement ces intentions à l’esprit lorsqu’ils élaborent leurs politiques ou répriment la dissidence. Même s’il y en a sans doute quelques-uns d’assez lucides. Mais la logique des institutions auxquelles ils appartiennent – la logique bureaucratique expansionniste, capitaliste, totalitaire, Panopticonesque*** leur lave le cerveau et, par une sorte de mystérieuse alchimie subliminale, se transforme en rationalisations et en justifications dans lesquelles ils croient habituellement dur comme fer. Il n’est pas très difficile de trouver des prétextes et des justifications pour faire ce qui est dans votre intérêt de caste. Les êtres humains sont passés maîtres dans l’art de se mentir à eux-mêmes.

Alors, pourquoi ne pas se débarrasser de toute trace de sentimentalisme envers nos dirigeants ? Pourquoi ne pas dire la vérité toute crue : quand il se produit un attentat terroriste, il ne s’agit pas d’un échec du gouvernement, mais d’un succès ; parce que maintenant les centres de pouvoir ont une nouvelle excuse pour se développer, et pour attiser les peurs, et pour diaboliser l’Autre, et pour faire plus de profits en vendant de la technologie militaire et de surveillance, et pour réprimer encore plus leur population.

Et quand la police brutalise aveuglément des civils ou des manifestants innocents, ce n’est pas une erreur que le gouvernement doit corriger. C’est ce que la police est payée pour faire, et ce pourquoi elle existe d’abord et avant tout. Ce gouvernement agit en fait avec intelligence dans son propre intérêt et dans l’intérêt de ceux qui tirent les ficelles et dont il est la marionnette.

La population doit se protéger toute seule et se défendre toute seule, et se battre pour la liberté, le pouvoir et la sécurité. Parce que le gouvernement ne lui donnera rien de tout cela, bien au contraire.

Chris Wright

Chris Wright prépare une thèse de doctorat sur l’histoire du travail aux États-Unis. Il est l’auteur de Worker Cooperatives and Revolution : History and Possibilities in the United States

Traduction : Dominique Muselet

Notes :

* Le Blitzkrieg (signifiant en allemand « guerre éclair ») est une stratégie offensive visant à emporter une victoire décisive par l’engagement localisé et limité dans le temps d’un puissant ensemble de forces mécanisées, terrestres et aériennes dans l’optique de frapper en profondeur la capacité militaire, économique ou politique de l’ennemi.

** En français dans le texte

*** http://www.memoireonline.com/06/07/479/m_michel-foucault-psychiatrie-e...


 
 


Edité par T 34 - 26 Apr 2015 à 02:47
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 May 2015 à 01:38
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Nov 2015 à 18:25

Le communiqué de l’Elysée que vous ne lirez pas

 

Suite aux événements tragiques d’hier, il a été décidé que la France réexaminera sa stratégie et politique étrangère.

1) Considérant les soutiens de certains pays avec les mouvements terroristes, soit par leur création à des fins géostratégiques douteuses, soit par leur financement, soit par une complaisance à leur égard, la France révisera ses relations avec les Etats-Unis, le Qatar, l’Arabie-Saoudite, Israël et la Turquie.

2) Considérant le rôle actif joué par la France elle-même dans le point 1), les membres des gouvernements successifs annoncent leur démission en bloc et leur mise à disposition de la Justice française et internationale, non sans avoir au préalable engagé des actions contre les figures politiques, culturelles et médiatiques qui ont défendu et encouragé ces politiques criminelles.

3) Considérant que les 5 années d’interventions occidentales en Syrie et les 15 années de campagnes « d’éradication du terrorisme » ont produit moins de résultats qu’un mois d’intervention russe, la France révisera ses alliances stratégiques en matière de lutte contre le terrorisme et reconsidérera les propositions russes et autres pour une paix au Moyen-orient.

4) Constatant le rôle extrêmement belliqueux et destructeur de l’OTAN ces 30 dernières années, la France se retire de toutes les instances de cette organisation et soumet à l’examen de la Justice la responsabilité des dirigeants de cette organisation pour des actes de guerre illégaux et actes de crimes contre l’humanité.

5) Reconnaissant le rôle indispensable joué par les marchands d’armes dans les guerres, l’Etat français procédera à la nationalisation sans indemnisation et la liquidation de toutes les entreprises privées engagées dans cette filière. Un référendum sera soumis au peuple français sur le devenir d’un éventuel secteur public dédié exclusivement à la Défense.

6) Constatant (pendant qu’on y est) qu’il circule librement et à ciel ouvert des « armes interdites » par les Conventions internationales, la France lancera des mandats d’arrêt internationaux contre les responsables d’entreprises et leurs subordonnés employés dans les services de Recherche et Développement (l’argument « je ne faisais qu’obéir aux instructions » ou « si ce n’est pas nous, c’est quelqu’un d’autre qui le fabriquera » ne saurait être opposé).

7) Considérant que « lorsque nos réactions sont prévisibles, nous devenons manipulables », le Gouvernement de la France se refuse à tomber dans le piège tendu et retire toutes les mesures de surveillance massive et d’atteintes aux libertés publiques et engagera une véritable lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes, d’où qu’il vienne, et contre tous ses promoteurs, alliés ou non (qu’on se le dise).

Vive la France (pour ce qu’il en reste), vive la République (pour ce qu’elle en vaut).

Fait à l’Elysée, le 14 novembre 2015

Le Président

 

http://4.bp.blogspot.com/-02FHnEtOYlI/Vkec784Pt-I/AAAAAAAAETU/bl5C4GEamps/s1600/CTx6ZF_WIAAci9e.png


http://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L250xH250/breveon4870-df303.jpg

 
 
 
 
 

Attentats à Paris, saison 2, le retour

 

soydemo


Préparez-vous, après "Je suis Charlie", découvrez "Pray for Paris", 
La saison II de votre série de l'été : "Attentats à Paris"
 

Avec… 
 

 – Plus d'armement pour la police, de bavures et une impunité totale pour les forces de l'ordre,
 – Toujours moins de possibilités de contester l'ordre et les lois,
 – Moins de liberté d'expression, moins de liberté de déplacement, plus de surveillance généralisée et de contrôle étatique,
 – Plus de décomplexions des discours racistes et xénophobes,

 – Plus d'agressions envers les musulmans, les roms, les étrangers, les immigrés,
 – Plus de rejet de l'autre, de peur, de haine, et de soumission à l'ordre,
 – Plus de guerres, de bombardements, de civils tués par nos armes à l'autre bout du monde,
 – Moins de réflexion, plus d'émotions, moins d'indignation populaire et moins de condamnations des injustices,
 – Toujours plus de sujets sur le terrorisme dans les médias et toujours moins de débat sur les vrais problèmes,
 – Préparez vous à avoir des "centre d'internements", plus de condamnations abusives et d'accusations sans fondements,
 – Plus de criminalisation des mouvements sociaux, plus d'amalgames entre contestation populaire et terrorisme,
 – Avec des dirigeants encore plus autoritaires et de moins en moins responsables de leurs actes,
 – Moins de libertés, plus de lois d'exceptions, plus de 49/3 et toujours plus de manifestations interdites,
 – Plus d'état d'urgence, de plan vigipirate, d'armée dans vos rues,
 – Et toujours plus d'autoritarisme et moins de débat démocratique.

 

Vous avez aimé la 1ère saison, vous allez adorer la suivante …
 

Il y a fort à parier que la démocratie en France finisse de mourir en même temps que ces attentats et que leurs victimes.
 

Je suis démocratie. 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

http://cercles.communistes.free.fr/rcc/publi/illustrations/2015_11_17_attentats.jpg

 
Vote de l’état d’urgence : «il ne faut pas perdre les pédales»
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Les démons sont éternels, par Jacques Raillane

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Et si l’« état d’urgence » devenait permanent ?
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Les forces de l'ordre attaquent des manifestants, place de la République

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Giorgio Agamben : « De l’État de droit à l’État de sécurité »

 
 


Edité par T 34 - 30 Mar 2016 à 00:31
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
Communiste91 allez vers le bas
Nouvel arrivant
Nouvel arrivant


Depuis le: 13 Oct 2015
Status actuel: Inactif
Messages: 19
  Citer Communiste91 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Nov 2015 à 16:17
Y a t'il des initiatives d'organisations ML pour combattre l'état d'urgence et la guerre?
http://rocml.org/
Haut de la page
Maraud allez vers le bas
Intervenant régulier
Intervenant régulier


Depuis le: 09 Apr 2013
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 122
  Citer Maraud Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Nov 2015 à 11:03
Ca dépent des coins. Je sais que sur ma ville, avec les jeunes d'autres formations communistes on va gueuler contre mais pour faire bouger les vieux ça va être plus dur.
Haut de la page
 Répondre Répondre Page  <123

Aller au Forum Permissions du forum allez vers le bas

Powered by Flex Design® version v8m6r15
Copyright © 2001-2011 Flex Design

Cette page a été affichée en 6,813 secondes.