Forum Unité Communiste Page d'accueil
  Sujets actifs Sujets actifs
  FAQ FAQ  Rechercher dans le Forum   Calendrier   Inscription Inscription  Connexion Connexion
Accueil Forum Accueil Forum > Pour s'informer, notre sélection d'articles > France

Charlie Hebdo

 Répondre Répondre Page  <123>
Auteur
Message
  Sujet Recherche Sujet Recherche  Options des sujets Options des sujets
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Jan 2015 à 19:43

Nous sommes tous [Remplir ici]

 
 

Le monde a été horrifié par l’attaque meurtrière du journal satirique français Charlie Hebdo. Dans le New York Times, le correspondant européen de longue date Steven Erlanger a décrit de manière saisissante les répercussions immédiates de ce que beaucoup désignent comme le « 11 septembre » français. Ce fut « une journée au cours de laquelle se succédèrent des sirènes retentissantes et des ballets d’hélicoptères. Une journée de frénésie médiatique, de cordons de police, de foules en panique et de jeunes enfants éloignés des écoles par mesure de sécurité. Une journée, à l’instar des deux qui suivirent, de sang et d’horreur à Paris, et aux alentours ». L’immense tollé mondial déclenché par l’attentat, fut accompagné d’ une réflexion sur les racines profondes de cette atrocité. « Nombreux sont ceux qui y voient un choc de civilisations », titrait un article du New York Times.

Les réactions d’horreur et d’indignation envers ces crimes sont justifiées, tout comme la recherche des causes profondes, tant que nous gardons fermement à l’esprit quelques principes. La réaction devrait être complètement indépendante de l’opinion qu’on se fait de ce journal et de ce qu’il produit. Les slogans omniprésents du style « Je suis Charlie », ne devraient indiquer, ni même sous-entendre, aucune association avec le journal, du moins dans le contexte de la défense de la liberté d’expression. Ils devraient plutôt exprimer une défense de la liberté d’expression quoique on puisse penser du contenu, même si ce dernier est jugé méprisant et dépravé.

Et ces slogans devraient aussi exprimer la condamnation de la violence et de la terreur. Le dirigeant du parti des travailleurs d’Israël et principal opposant pour les élections à venir, Isaac Herzog, a bien raison quand il dit que « Le terrorisme c’est du terrorisme. Il n’y a aucun doute là-dessus » Il a aussi raison de dire que « Toutes les nations qui souhaitent la paix et la liberté font face à un défi énorme » à cause du terrorisme meurtrier – si on met de côté son interprétation sélective du défi.

Erlanger décrit de façon frappante la scène d’horreur. Il cite l’un des journalistes survivants comme ayant dit « Tout s’est effondré. Il n’y avait aucune issue. Il y avait de la fumée partout. C’était terrible. Les gens criaient. C’était un cauchemar. » Un autre journaliste survivant rapporta « une immense déflagration avant d’être plongés dans l’obscurité la plus totale. » La scène, rapporta Erlanger, « était de plus en plus familière, avec ses débris de verre, ses murs effondrés, ses boiseries arrachées, ses peintures déchiquetées et sa dévastation émotionnelle ». Au moins 10 personnes seraient mortes dans l’explosion, et 20 disparus, « probablement enfouis sous les décombres. »

Ces citations, comme nous le rappelle l’infatigable David Peterson, ne datent pas de Janvier 2015. Elles sont en réalité extraites d’une histoire rapportée par Erlanger le 24 Avril 1999, qui n’eut droit qu’à la sixième page du New York Times, n’atteignant donc pas l’importance de l’attaque de Charlie Hebdo. Erlanger y décrivait le « tir de missile sur le siège de la télévision d’état serbe » par l’OTAN (comprenez : les USA) qui « fit taire la radiodiffusion serbe ».

JPEG%20-%2084.9 ko
Les locaux de la télévision serbe bombardés par l’OTAN

Il y eut un communiqué officiel. « L’OTAN et les représentants Américains ont justifié l’attaque », rapporte Erlanger, « comme une tentative de déstabilisation du régime du Président Slobodan Milosevic de Yougoslavie. » Le porte-parole du pentagone, Kenneth Bacon rapporta lors d’une conférence à Washington que « la télévision serbe faisait partie intégrante de la machine meurtrière de Milosevic, autant que ses forces armées » ce qui en faisait donc une cible légitime d’attaque.

Le gouvernement yougoslave a déclaré que « la nation entière soutient le Président Slobodan Milosevic », rapporte Erlanger qui ajoute « comment le gouvernement sait cela avec autant de précision demeure plutôt flou ».

Aucun commentaire aussi sardonique ne serait le bienvenu quand on lit que la France est en deuil et que le monde est outré par cette atrocité. Il ne n’est pas nécessaire non plus de chercher les causes profondes ni de se demander qui représente la civilisation, et qui représente la barbarie.

Isaac Herzog se trompe donc lorsqu’il affirme que « Le terrorisme c’est du terrorisme. Il n’y a aucun doute là-dessus ». On peut affirmer qu’il existe un doute : le terrorisme ne s’appelle pas terrorisme dans le cas d’une attaque bien plus violente, mais menée par ceux qui sont dans leur bon droit, ceux dont le pouvoir fait la vertu. De la même façon, il n’y a pas atteinte à la liberté d’expression quand ces vertueux détruisent une chaine de télévision soutenant le gouvernement qu’ils attaquent.

De la même manière, on comprend facilement le commentaire dans le New York Times de l’avocat des droits civiques Floyd Abrams, connu pour sa défense passionnée de la liberté d’expression, déclarant que l’attaque de Charlie Hebdo est « l’assaut le plus menaçant sur le journalisme de mémoire d’homme ». Il a raison de préciser « de mémoire d’homme », ce qui range déjà les assauts sur le journalisme et les actes de terreur dans leur catégorie propre : Les leurs, qui sont affreux ; et les nôtres, qui sont vertueux et facilement effaçables de la « mémoire d’homme ».

JPEG%20-%2081 ko
L’occupation militaire de l’hôpital de Falluja

Nous pourrions aussi rappeler qu’il ne s’agit là que d’’une des nombreuses attaques de ceux qui sont dans leur bon droit contre la liberté d’expression. Citons encore un exemple qui fut facilement effacé de la « mémoire d’homme », l’attaque de Falluja par les troupes américaines en Novembre 2004, l’un des crimes les plus épouvantables de l’invasion irakienne et qui commença par l’occupation de l’hôpital général de Falluja. L’occupation militaire d’un hôpital est, bien évidemment, un sérieux crime de guerre en soi, indépendamment même de la manière dont elle a été menée et décrite avec banalité en première page du New York Times dans un article illustrée par une seule photo du crime. Le texte rapportait que « les patients et le personnel hospitalier furent sortis précipitamment des chambres par des soldats armés qui leur ordonnèrent de s’assoir ou de se coucher à même le sol pendant que les troupes leur ligotaient les mains dans le dos ». Ces crimes furent décrits comme hautement méritoires, et justifiés : « L’offensive a aussi mis fin à ce que les officiers décrivaient comme une arme de propagande pour les militants : l’hôpital général de Falluja, avec son flux incessant de rapports sur les victimes civiles ».

Bien évidemment, on ne peut permettre à de telles agences de propagande de continuer à cracher leurs obscénités.

Noam Chomsky

Article original https://zcomm.org/znetarticle/we-are-all-fill-in-the-blank/

Traduction : Nicolas CASAUX

Édité par Héléna Legay

 


Charlie Hebdo et la vague réactionnaire

par Guillermo Almeyra *

Toutes les versions de cet article : [Español]

L’assassinat brutal des membres de Charlie Hebdo a déchaîné le traditionnel chauvinisme patriote des français qui dans ce cas peut se déguiser derrière l’horreur, la haine et la répudiation que provoque à tout être humain pensant tout assassinat massif. François Hollande et la France « de l’Ordre » sont montés sur cette vague sur laquelle se mélangent des gens légitimement indignés par le crime, avec des sionistes qui veulent apporter de l’eau à leur moulin anti-arabe et sortir de leur isolement, et avec l’extrême droite raciste française. Ceux du gouvernement « socialiste » travaillent ainsi à toute vapeur en faveur de la xénophobie raciste lepéniste. Le gouvernement raciste de Valls-Hollande, stupidement, pour récupérer de la popularité, croit pouvoir voler le terrain sous les pieds au lepénisme en étant en tête de la meute anti-arabe, si populaire dans un pays qui dans son histoire médiévale compte plusieurs croisades contre le monde arabe, alors beaucoup plus avancé que la France de l’époque, et pour cela redoutable, et après capitaliste, a colonisé des pays ayant une population à majorité musulmane et a été chassé de ceux-ci non sans laisser, par exemple, en Algérie, un million de morts.

Il y a eu un temps dans lequel Charlie Hebdo critiquait doucement les gouvernements successifs tandis qu’il publiait des histoires drôles machistes et élitistes et elle était seulement une revue-passe-temps irrévérente. Mais depuis l’attaque des Tours Jumelles aux États-Unis d’ Amérique il a assumé le rôle de Caton français de troisième classe, en fabriquant une version colonialiste et raciste de l’islam sans prendre en compte ni le respect nécessaire pour les croyances religieuses de millions de travailleurs en France ni la trace sanglante qu’a laissé chez ceux-ci le racisme et l’oppression des colonialistes. Dans le pays du racisme institutionnalisé qui a donné l’affaire Dreyfus et où si on gratte en surface des millions de gens de la classe moyenne des deux sexes, surtout pieds noirs, apparaît tout de suite la figure dégoûtante de Monsieur Chauvin, Hollande amalgame les sentiments légitimes d’horreur de beaucoup de bonnes gens, avec le racisme sioniste français et le vieux racisme « anti métèques » de la droite et de la droite extrême pour obtenir « l’unité nationale ». De cette façon, aussi comme l’écrivassier Houellebecq, ouvre à deux battants la porte au fascisme de masses.

Tout assassinat est toujours inadmissible et répudiable, et il n’y a pour lui aucune justification politique ni religieuse. Le crime commis contre les provocateurs arrogants de Charlie Hebdo n’est pas, par conséquent, justifiable, mais oui il est explicable. Parce que si l’on ne s’explique pas les raisons qui ont mené à cet assassinat horrible, on reste intellectuellement à la grâce des « gardiens de l’Ordre républicain » ; c’est-à-dire, des assassins en masse -via l’ « austérité » pour protéger le grand capital- des pauvres, des enfants, des personnes âgées en Europe même et de ceux qui bombardent là où il leur semble le faire au nom de la « liberté ». L’ignorant et les âmes candides collaborent pour construire le fascisme immonde de demain, dont le souffle se sent déjà derrière le mouvement réactionnaire de la France pour les français.

L’idéologie d’origine US de cette offensive de la droite est le supposé choc de civilisations, la guerre contre l’islam (c’est-à-dire, contre 2 milliards de musulmans dans le monde). Cette idéologie apocalyptique cache la guerre éternelle et prépare dans plusieurs pays la guerre civile (qui est déjà installée en Afrique sous la forme de guerre entre des musulmans extrémistes et des chrétiens soutenus par l’impérialisme, surtout français).

Les gouvernants des pays impérialistes ont créé et après ont nourri et armé l’intégrisme fanatique de quelques petits groupes islamiques : La France l’a fait en Algérie avec ses harkis, les soldats natifs qui luttaient contre l’indépendance ; les États-Unis d’Amérique étaient derrière les Frères Musulmans égyptiens pour combattre le nationalisme arabe laïque de Nasser et ont utilisé les talibans afghans contre le gouvernement laïque prosoviétique et les troupes de Moscou qui étaient entrées dans le pays pour soutenir ce gouvernement. Israël a été derrière la naissance du Hamas pour combattre l’Organisation pour la Libération de la Palestine, laïque et de gauche dirigée par Yasser Arafat. Comme il est logique, le fils de Frankenstein de l’obscurantisme médiéval ainsi promu, a commencé à marcher pour son compte et a échappé à ses maîtres, comme Ben Laden, l’agent initial de la CIA. L’Angleterre, pour sa part, après être chassée de l’Inde, a laissé le venin de la lutte religieuse entre hindouiste, bouddhistes et musulmans qui s’est déplacé plus tard aux États indépendants de l’Inde et du Pakistan. Le fondamentalisme intégriste de quelques groupes musulmans est le reflet direct des fondamentalistes chrétiens occidentaux qui cherchent à croire que leurs valeurs culturelles sont universelles et se croient destinés par leur Dieu à évangéliser et à civiliser à feu et à sang les soi-disant sauvages ou barbares.

La solidarité poilue -dans la langue de Voltaire ! – au colonialiste Hollande, formulée par le Premier ministre anglais Cameron ou par John Kerry, vice-président yankee, bat les records de cynisme et d’hypocrisie.

Toute attaque terroriste indistincte, en plus d’un crime, est une grave erreur politique, même commise par un honnête anarchiste qui, avec une bombe veut en finir avec un système, dont la répression le renforce tout de suite. Ceux qui ont tué les journalistes de Charlie Hebdo ont déchaîné une vague anti-arabe, avec des bombes dans les mosquées, des détentions « préventives », des mesures ultraréactionnaires contre tous les jeunes qui semblent musulmans, et ont donné un souffle politique à l’extrême droite xénophobe dans toute l’Europe, au Front National lepéniste, à la droite dans le gouvernement [PS], qui sera encore plus pro-israélien, encore plus colonialiste. Si leur action criminelle ne s’expliquait pas par leur ignorance, leur retard politique et désespoir, cela ressemblerait à une action des services, une provocation similaire à l’incendie du Reichstag par les nazis pour imposer le triomphe de Hitler. Le résultat est le même.

Guillermo Almeyra pour La Jornada

La Jornada. Mexico, le 11 janvier 2014.

Traduit de l’espagnol pour El Correo par : Carlos Debiasi

El Correo. Paris, 12 janvier 2014.

 


Edité par T 34 - 13 Jan 2015 à 22:21
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Jan 2015 à 20:46

Plus d'une cinquantaine d'actes antimusulmans recensés en France depuis l'attentat contre Charlie Hebdo

 
Eugénie Barbezat
 
 
Impacts de balles, inscriptions racistes... Depuis l'attentat terroriste de mercredi contre Charlie Hebdo, de nombreux lieux de culte musulmans ainsi que des personnes supposées musulmanes ont été pris pour cible en France.
 
Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, 21 actions (tirs, grenades lancées...) et 33 menaces (lettres, insultes, etc.) anti-musulmans ont été comptabilisées depuis mercredi.
Ce décompte ne concerne pas Paris et sa petite couronne, et ne comprend pas le début d'incendie survenu dimanche soir sur le site de la mosquée en construction de Poitiers, a précisé Abdallah Zekri le président du  l'Observatoire contre l'islamophobie du Conseil français du culte musulman, qui se dit "scandalisé" par ces chiffres, "du jamais-vu" en moins d'une semaine.
En réaction à ces attaques, le CFCM appelle l'État à "renforcer la surveillance" des mosquées.
 
A titre d'exemples :
Vendredi 9 janvier, Corse Matin rapporte, photo à l’appui, qu’une tête de sanglier et des viscères ont été accrochées dans la nuit sur la porte d’entrée du lieu de prière musulman de Corte.
 
Dans le Pas-de-Calais, deux mosquées en chantier ont été détériorées. Des croix gammées ont été dessinées à Liévin où une tête de cochon a été trouvée, a rapporté la préfecture. A Béthune, le tag «dehors les arabes», était visible sur une palissade du lieu de culte en construction.
 
A Rennes, les inscriptions «Er maez» - «dehors» en breton - et «Arabes», ont été taguées à la bombe dans la nuit de jeudi à vendredi sur la façade d'un centre culturel et cultuel islamique en construction, a rapporté un responsable du centre.
 
La veille, un lycéen était insulté et roué de coups en marge de la minute de recueillement observée au lycée de l’Oiselet à Bourgoin-Jallieu. Il a porté plainte et bénéficie de trois jours d’ITT.
 
Dans la nuit de jeudi à vendredi, des inscriptions racistes faisant référence à l’attentat perpétré contre Charlie Hebdo étaient taguées sur la mosquée de Bayonne, rapporte Le Point.
 
Jeudi toujours, aux alentours de 22h, la mosquée d’Aix-les-Bains était la proie d’un incendie qui serait, lui, d’origine accidentelle, même si l’enquête est toujours en cours.]
 
A Villefranche-sur-Saône (Rhône), aux alentours de 6h ce matin, la vitrine d’un kebab jouxtant la mosquée de la ville était soufflée par une explosion, rapporte Le Progrès. La piste criminelle a été confirmée par une source préfectorale. Sur place, le maire de Villefranche, Bernard Perrut, a estimé que l’explosion était très certainement “liée à l’événement dramatique qui est survenu ce mercredi”, avant de déclarer: “Une telle situation est inquiétante et bouleversante et m’amène à lancer un message de cohésion, d’unité et de respect dans cette période douloureuse que traverse la France“.
 
La veille, aux alentours de 00h30, une explosion se faisait entendre à proximité de la mosquée des Sablons au Mans. Le lendemain matin, les policiers retrouvaient une grenade à plâtre dans l’enceinte du lieu de culte ainsi qu’une balle ayant traversé l’une des vitres. Trois autres grenades intactes seront également retrouvées, rapporte Le Maine libre.
 
Quelques heures plus tôt, vers 20h, à Port-la-Nouvelle (Aude), un individu tirait à deux reprises sur la porte d’une salle de prière musulmane “avec une arme de faible calibre et de petit plomb” a précisé le procureur de la République de Narbonne, David Charmatz, sans faire de victimes. L’enquête est toujours en cours.
 
Dans la nuit de mercredi à jeudi, un suspect a été interpellé, rapporte La Nouvelle République, après avoir tagué “Mort aux Arabes” sur le portail de la mosquée de Poitiers (Vienne). L’imam de la mosquée, Boubaker El Hadj Amor, a porté plainte.
 
Dans une rue de Caromb (Vaucluse), une voiture appartenant à une famille musulmane a été criblée de balles, rapporte Le Figaro. 
 
 


Edité par T 34 - 13 Jan 2015 à 01:14
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Jan 2015 à 05:00
Vraiment, on n’avait pas besoin d’eux
 

Ils étaient dans les rues de Paris dimanche

 

La "marche républicaine" après l’horrible tuerie dans les locaux de Charlie Hebdo a ému à travers le monde des coeurs de pierre et quelques bourreaux. La preuve...
LGS.

Le Roi Abdullah de la Jordanie, qui a condamné l’année dernière un journaliste palestinien à 15 ans de prison avec travaux forcés

Le Premier ministre de Turquie, qui emprisonne plus de journalistes que n’importe quel autre pays dans le monde

Le Premier ministre d’Israël, Netanyahu, dont l’armée a tué 7 journalistes à Gaza l’année passée (deuxième score après la Syrie)

Le Ministre des affaires étrangères d’Egypte, Shoukry, qui a emprisonné la rédaction d’Al Jazeera et détenu le journaliste Shawkan pendant 500 jours

Le Ministre des affaires étrangères de Russie, Lavrov qui a emprisonné l’année dernière un journaliste pour « insulte à un employé du gouvernement »

Le Ministre des affaires étrangères d’Algérie, Lamamra, qui a détenu le journaliste Abdessami Abdelhai pendant 15 mois sans charges

Le Ministre des affaires étrangères des Emirats arabes unis qui ont en 2013 placé un journaliste égyptien de MBC en isolement pendant un mois

Le Premier ministre de Tunisie Jomaa, qui a fait emprisonné le blogger Yassine Ayan pendant 3 ans pour « diffamation de l’armée »

Les Premiers ministres de la Géorgie et de la Bulgarie, qui battent tous les deux des records d’agression et de violences contre les journalistes au cours de manifestations

La Procureur général des USA, où la police de Ferguson a récemment placé en détention des journalistes du Washington Post (Note du GS : n’oublions pas les journalistes, qui ont perdu la vie pendant la guerre du Golfe, souvent sous le feu de l’armé »e US)

Le Premier ministre Samaras de Grèce, où la police anti-émeute a battu et a blessé deux journalistes au cours d’une manifestation en juin l’année dernière

Le Secrétaire général de l’OTAN, dont on attend toujours l’explication du bombardement délibéré qui a tué 16 journalistes serbes en 1999 (Note du GS : bombardement du siège de la télévision yougoslave)

Le Président Keita du Mali, où des journalistes ont été expulsés pour avoir témoigné des atteintes aux de droits de l’homme

Le Ministre des affaires étrangères du Bahrain, 2ème plus grand geôlier des journalistes dans le monde par habitant (ils les torturent également)

Le Sheikh Mohamed Ben Hamad Ben Khalifa Al Thani du Qatar, qui a emprisonné un homme pour 15 ans pour avoir écrire le poème "Le Jasmin"

Le Président palestinien Mahmoud Abbas, qui a fait emprisonner plusieurs journalistes pour insulte en 2013

Le Premier ministre de Slovénie, Cerar qui a fait condamner un bloggeur à six mois de prison pour « diffamation » en 2013

Le Premier ministre Enda Kenny d’Irlande, où le « blasphème » est considéré comme un crime

Le Premier ministre de Pologne Kopacz, qui a fait perquisitionner un magazine pour saisir des enregistrements embarrassant pour le parti au pouvoir

Le Premier ministre Cameron du Royaume Uni, où les autorités ont détruit des données dans les ordinateurs du Guardian et ont menacé le journal de poursuites

L’Ambassadeur d’Arabie saoudite où un bloggeur a été publiquement flagellé pour « insulte à l’Islam »

Nous voilà rassurés sur l’avenir de nos libertés.

Jean Claude Perron


Quand le Sud dénonce l’hypocrisie de l’Occident : l’editorial de La Jornada au sujet de la marche de dimanche
 

Paris : barbarie et opportunisme (La Jornada)

 
 

Des centaines de milliers de personnes se sont réunies hier dans les rues de Paris pour rejeter clairement et fermement les attentats extrémistes qui ont eu lieu la semaine dernière en France, dans lesquels sont mortes 17 personnes.

Comme cela avait été annoncé, une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement ont aussi participé à cette manifestation, parmi lesquels le président français François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel ; le président de l’Autorité Palestinienne, Mahmous Abbas ; et le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy ; et les premiers ministres d’Israël, d’Angleterre et d’Italie, Benjamin Netanyahu, David Cameron et Matteo Renzi, respectivement.

Dans le cadre de cette concentration de leaders politiques, le Ministre de la Justice des Etats-Unis, Eric Holder, a annoncé un sommet sur la sécurité globale, qui se tiendra à Washington en février prochain, afin de « discuter des formes dans lesquels nous pourrons contrer cet extrémisme violent qui existe dans le monde ».

Suite aux condamnables assassinats de journalistes et de citoyens français la semaine dernière, la société française et celle d’autres parties du monde a fait preuve de façon exemplaire non seulement du rejet de la violence, de l’intolérance et du fanatisme, mais aussi de la défense de la liberté d’expression et de l’information.

Malheureusement, et c’était prévisible, les attentats ont aussi réveillé une vague réactionnaire et xénophobe en Europe, et a renforcé les déclarations de groupes comme le Front National français, dirigé par Marine Le Pen, qui a demandé hier le durcissement de la politique migratoire de son pays et a rejeté la responsabilité des actes violentes sur « l’immigration massive ».

A l’opportunisme de groupes comme le FN s’est ajouté celui de gouvernements comme Israël, lequel, il est important de le rappeler, maintient à l’ordre du jour une politique d’extermination dans les territoires palestiniens occupés qui l’a positionnée, aux yeux d’une bonne partie de la communauté internationale, comme un criminel de guerre et même comme responsable de délits contre l’humanité. Pour leur part, le gouvernement de Washington et ses alliés occidentaux n’ont pas d’autorité morale pour proclamer des condamnations énergiques contre le terrorisme, alors qu’ils ont encouragé le développement de ce fléau dans le monde, que ce soit indirectement avec leurs aventures guerrières contreproductives en Afghanistan et en Irak, ou directement, avec leur soutien à des groupes d’opposition en Syrie, parmi lesquels se trouvent des groupes extrémistes islamiques.

Dans ce contexte, l’organisation d’un sommet sur la sécurité le mois prochain peut soulever des inquiétudes justifiées autour de ce qui peut arriver : une possible intensification des interventions militaires de l’Occident au Moyen-Orient, une recrudescence des positions islamophobes en Europe et aux États-Unis.

Les sociétés occidentales qui ont manifesté contre l’atroce crime commis contre la revue satirique Charlie Hebdo devraient rester vigilants afin d’éviter que la réponse de leurs gouvernements, loin d’être une revendication civilisatrice, ne devienne un prétexte pour rajouter des couches de barbarie sur notre monde.

Edito de La Jornada (Mexique), lundi 12 janvier 2015.

Traduit pour Le Grand Soir par Luis Alberto Reygada



Edité par T 34 - 14 Jan 2015 à 01:35
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Jan 2015 à 03:08

Les crises.fr

Il est Charlie ?

========================================

========================================================

(Vous notez que le Point est malhonnête dans la reprise du titre)

Le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, a estimé mardi que si nécessaire, il faudra “restreindre les libertés publiques et la liberté individuelle de quelques-uns“, lors de la séance d’hommage à l’Assemblée aux victimes des attentats de la semaine dernière.

“A circonstances exceptionnelles, il faut une loi exceptionnelle que nous devons voter sans trembler. Pour que les choses soient claires, si nous devions, pour un moment, restreindre les libertés publiques et la liberté individuelle de quelques-uns, il faudra le faire”, a déclaré M. Jacob.

“Le faire en condamnant durement les personnes qui consultent de manière habituelle des sites internet qui font l’apologie du terrorisme. En censurant les sites et les chaînes de télévision qui véhiculent la haine. En autorisant nos services à arrêter des terroristes en puissance dès lors qu’on les soupçonne de préparer une action“, a-t-il détaillé.

Cet élu de Seine-et-Marne a aussi prôné “le placement en centres spéciaux de détention ou en prison” pour ceux revenant du jihad ainsi que “la déchéance de nationalité” pour les binationaux.

Il a jugé qu’”il est grand temps aussi que l’Europe toute entière prenne ses responsabilités”, en partageant “le fardeau budgétaire” des interventions militaires françaises au Sahel et au Moyen-Orient.

“La grande loi de sécurité nationale impose enfin un collectif budgétaire” car “il n’y aura pas de guerre victorieuse sans effort de guerre“, selon le président du principal groupe d’opposition.

Quant à “l’Ecole de la République”, “si on accepte que des écoliers, des collégiens et des lycéens refusent une minute de silence à nos morts, on a déjà perdu“, a-t-il estimé. Il a appelé à “abandonner la culture de l’excuse” et à “sanctionner de telles dérives en laissant les enseignants redevenir les hussards de la République, intraitables dans la défense de la laïcité et des valeurs républicaines“.

“Nous serons à vos côtés si vous décidez d’agir”, a-t-il lancé au Premier ministre sous les applaudissements à droite.

13/01/2015 16:36:09 – Paris (AFP) – © 2015 AFP

Source : Le Point

====================================

Sinon, il bégaie le gars :

Mais il avance :

 
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Jan 2015 à 21:16

012012015094254000000Les-chefs-d-Etat-defilent-a-Paris.jpg

Turquie, Jordanie, Qatar, Arabie saoudite : présents à Paris dimanche, ils ont armé le terrorisme djihadiste en Syrie

Ils sont venus, ils sont tous là : des ultra du sionisme Netanyahu et Liberman au dictateur gabonais Bongo symbole de la Françafrique, de la chancellière allemande Merkel au « baillonneur » d’Espagne Mariano Rajoy, de Sarkozy et son complice Cameron dépéceurs de la Libye aux côtés des dijhadistes. Un bal tragique d’hypocrites ce dimanche à Paris.

Mais on y retrouvait aussi : le frère de l’émir du Qatar, le Premier Ministre turc (et penseur de la politique étrangère pan-islamiste d’Ankara) Davutoglu, le roi Abdallah de Jordanie ainsi qu’un ministre saoudien.

            Turquie, Qatar, Jordanie, Arabie saoudite : un quartet qui pendant deux ans a armé les djihadistes en Syrie, avec la complicité bienveillante des Etats-Unis et de la France.

            Nous vous proposons ci-dessous un article du New York datant d’il y a plus d’un an et relatant avec précision les flux d’armes livrés aux rebelles islamistes en Syrie. Eclairant pour désigner les vrais soutiens internationaux du terrorisme islamiste.

0325-web-AIRLIFT.jpg

Les livraisons d'armes vers les rebelles syriens se développent, avec l'aide de la CIA

Article du New York Times, 24 mars 2013

Traduction JC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

Avec l'aide de la CIA, les gouvernements arabes et la Turquie ont considérablement renforcé leur aide militaire aux combattants de l'opposition en Syrie ces derniers mois, intensifiant une livraison par la voie des airs d'armes et d'équipements en soutien à l'insurrection contre le Président Bachar al-Assad, selon les données disponibles sur le trafic aérien, divers entretiens avec des responsables dans plusieurs pays et les dires des commandants de la rébellion.

La livraison, qui a commencé à une petite échelle début 2012 et a continué de façon intermittente tout au long de l'automne 2012, s'est développée sur un rythme beaucoup plus soutenu fin 2012-début 2013, c'est ce que révèlent les données. Elle a atteint de telles proportions qu'elles s'élèvent désormais à 160 vols d'avions de transport militaire jordaniens, saoudiens et qataris atterrissant à l'aéroport d'Esenboga, près d'Ankara et, à un moindre degré, sur d'autres aéroports jordaniens et turcs.

Les fluctuations des livraisons aériennes ont accompagné les retournements de la guerre en Syrie, alors que les rebelles ont pris à l'armée syrienne des territoires importants au milieu de l'année 2012. Et même si l'administration Obama a publiquement refusé de donner plus qu'une aide « non-létale » aux rebelles, l'implication de la CIA dans les livraisons d'armes – bien que ce soit essentiellement dans un rôle consultatif, affirment les officiels américains – a montré que les États-Unis sont plus disposés à aider ses alliés arabes à soutenir le côté létal de la guerre civile.

A partir de postes situés dans des lieux tenus secrets, les officiers de renseignement américains ont aidé les gouvernements arabes à livrer des armes, y compris une importante acquisition venant de Croatie, et ont vérifié auprès des commandants et groupes rebelles qui devaient recevoir les armes acheminées, selon des responsables américains qui parlent sous condition d'anonymat. La CIA refuse de faire le moindre commentaire sur les livraisons, et son rôle dans le processus.

Les livraisons mettent également en lumière la lutte pour la Syrie entre les États musulmans sunnites et l'Iran, la théocratie chiite reste le principal allié d'Assad. Le Secrétaire d'Etat Kerry a récemment pressé l'Irak de faire plus pour que soient stoppées les livraisons d'armes iraniennes via son espace aérien. Au même moment, des avions militaires qataris atterrissaient à Essenboga (en Turquie) pour approvisionner les rebelles syriens.

Des figures de l'opposition syrienne et certains députés et hauts dignitaires américains prétendent que les livraisons d'armes iraniennes et russes en soutien au gouvernement d'Assad ont rendu l'armement des rebelles encore plus nécessaire.

La plupart des vols ont eu lieu depuis novembre (2012), après l'élection présidentielle américaine et la frustration de plus en plus manifeste des gouvernements turcs et arabes face aux avancées très modestes des rebelles contre l'armée bien équipée d'Assad. Les vols sont aussi devenus plus fréquents à mesure que la crise humanitaire en Syrie s'est aiguisée dans l'hiver, et que des flots de réfugiés se déversaient dans les pays voisins.

Le gouvernement turc a supervisé l'essentiel du programme, posant des capteurs sur les camions transportant les équipements militaires jusqu'en Syrie, afin de pouvoir contrôler les livraisons qui se dirigeaient vers la Syrie, nous ont révélé des officiels.

Les livraisons étaient d'une ampleur considérable, selon des responsables familiers des questions de pipeline et un chercheur sur le trafic d'armes qui a collecté des données sur les avions de transport impliqués.

« Une estimation très prudente sur le chargement de ces vols serait de l'ordre de 3 500 tonnes d'équipement militaire », affirme Hugh Griffiths, de l'Institut de recherche international pour la paix de Stockholm qui surveille le transfert illicite d'armes.

« L'intensité et la fréquence des ces vols », a-t-il ajouté, « laissent supposer une opération militaire logistique clandestine bien planifiée et coordonnée ».

Bien que les commandants rebelles et les données rassemblées indiquent que le Qatar et l'Arabie saoudite livrent de l'équipement militaire via la Turquie à l'opposition depuis début 2012, un des principaux obstacles a été levé à l'automne quand le gouvernement turc a autorisé l'accélération du rythme des livraisons par voie aérienne, affirment des hauts responsables.

Simultanément, des armes et équipements ont été achetés par l'Arabie saoudite en Croatie et transférés en Jordanie sur des avions de transport jordaniens agissant dans le sud de la Syrie, afin de les re-transférer en Turquie pour alimenter des groupes rebelles opérant à partir de cette base, nous ont confirmé plusieurs responsables.

 

Ces multiples réseaux logistiques au cœur de l'hiver ont formé ce qu'un ancien officiel américain, mis au courant du programme a appelé une « cascade d'armes ».

Les officiels américains, les commandants rebelles et un politicien de l'opposition turque ont décrit le rôle joué par les Arabes comme un secret de polichinelle, mais ils ont aussi dit que le programme est loin d'être sans risques, avec y compris la possibilité que la Turquie ou la Jordanie se retrouvent entraînées dans la guerre, avec réaction militaire iranienne.

Pourtant, les commandants rebelles ont critiqué les livraisons comme étant insuffisantes, disant que les quantités d'armes qu'ils reçoivent sont trop faibles, ou de type trop légères, pour combattre efficacement l'armée d'Assad.

Ils accusent également ceux qui distribuent les armes d'être parcimonieux ou corrompus.

« Les pays étrangers nous donnent des armes et des munitions au goutte à goutte », déclare Abdel-Rahmane Ayachi, commandant de Soquor al-Sham, un groupe combattant islamiste dans le nord de la Syrie.

Il mime un geste qui ressemble à un robinet qui l'ouvre puis referme. « Ils ouvrent et referment notre robinet en armes, comme ils le feraient avec un filet d'eau », avance-t-il.

Deux autres commandants, Hassan Aboud de Soquor al-Sham et Abu Ayman, d'Ahrar al-Sham, un autre groupe islamiste, pointent le fait que quel que soit l'organisme qui indiquent les groupes devant recevoir les armes, il faisait un mauvais travail.

« Il y a de fausses brigades de l'Armée syrienne libre qui prétendent être révolutionnaires, et quand elles ont les armes, elles les vendent au marché noir », souligne M.Aboud.

L'ancien haut responsable américain interrogé note que la taille des livraisons et des distributions sont colossaux.

« Les gens ont pris conscience du volume de ce qui rentre dans le pays, et c'est énorme », dit-il. « Mais ils grillent autour d'un million de cartouches de munitions chaque semaine ».

Le début des livraisons d’armes aux islamistes syriens : avions qataris, tarmac turc, coordination de la CIA

Les livraisons aux rebelles syriennes ont commencé doucement. Le 3 janvier 2012, quelques mois après que la répression par le gouvernement mené par les Alaouites contre des manifestations anti-gouvernementales se transforme en campagne militaire, une paire d'avions de transport C-130 de la Flotte aérienne émirati du Qatar se sont posés à Istanbul, confirment les données sur le trafic aérien.

C'était l’avant-garde.

Quelques mois plus tard, l'Armée syrienne assiégeait Homs, la troisième plus grande ville de Syrie. L'artillerie et les chars bombardaient les quartiers. L'infanterie entrait dans la ville.

Dans tout le pays, l'armée et les milices loyalistes essayaient d'écraser la rébellion renforçant la colère de la majorité sunnite en Syrie, sérieusement affaiblie. Les rebelles appellent alors à l'aide internationale, exigeant plus d'armes.

A la fin du printemps, le premier flot d'avions de transports venant d'un Etat arabe commençait, selon ce que dévoilent les données du trafic aérien.

En quelques nuits, entre le 26 avril et le 4 mai, un C-17 de la flotte aérienne qatarie – un énorme avion de transport de fabrication américaine – a réalisé six atterrissages en Turquie, à l'aéroport d'Esenboga. Au 8 août, les Qataris avaient réalisé plus de 14 vols de ce type. Tous provenaient de la base aérienne d'Al Udeid au Qatar, un hub pour la logistique militaire américaine au Moyen-orient.

Le Qatar a dénié le fait qu'il fournirait des armes aux rebelles. Un officiel qatari, qui a exigé l'anonymat, a déclaré que le Qatar n'avait livré que ce qu'il appelle une aide non-létale. Il a refusé de répondre à toute autre question. Il n'est pas évident de savoir si le Qatar a acheté et livré les armes seul ou si il fournit un service à d'autres donateurs, en assurant le transport du matériel.

Mais des hauts responsables américains et occidentaux, ainsi que des commandants rebelles, ont dit que le Qatar a été un fournisseur d'armes actif – à tel point que les États-Unis ont commencé à s'inquiéter de la puissance de certains groupes islamistes que le Qatar armait.

Les vols qataris ont correspondu au tournant de la campagne militaire dans la province septentrionale d'Idlib, quand leurs campagnes d'embuscade, d'attaques à la bombe et d'assauts sur des postes isolés ont chassé l'armée d'Assad, et les milices qui le soutiennent, de parties entières de la campagne syrienne.

Alors que les vols ont continué au cours de l'été, les rebelles ont lancé une offensive dans cette ville – une bataille qui est vite tombée à l'eau.

L'ancien officiel américain interrogé nous a avoué que David Petraeus, directeur de la CIA jusqu'en novembre, a joué un rôle décisif dans la mise en place de ce réseau aérien et a contribué à ce que tous ces pays travaillent ensemble. M.Petraeus n'a répondu à aucun de nos messages demandant un commentaire sur ces allégations.

Le gouvernement américain s'est impliqué, nous a-t-il dit, en partie parce qu'il sentait que les autres Etats armeraient les rebelles quoi qu'il arrive.

Le rôle de la CIA, comme facilitateur des livraisons, a donné – dit-il – aux États-Unis un degré d'influence sur le processus, y compris en tentant de détourner les armes destinées aux groupes islamistes et en persuadant les donateurs de garder les missiles anti-aériens qui pourraient être utilisés dans de futurs attaques anti-terroristes contre des avions civils.

Des officiels américains ont confirmé que de très hauts dignitaires de la Maison Blanche étaient régulièrement tenus au courant des livraisons : « Ces pays allaient le faire, d'une façon ou d'une autre », signale notre correspondant. « Ils n'attendaient pas un 'Maman, est-ce que je peux ?' de notre part. Mais si on pouvait les aider d'une certaine manière, alors ils en seraient reconnaissants ».

A l'automne, la Flotte aérienne du Qatar s'est trouvée encore plus occupée, acheminant des vols presque quotidiens en octobre. Mais les rebelles voulaient toujours plus d'armes, ne cessant d'affirmer qu'ils n'avaient pas la puissance de feu pour rivaliser avec une armée dotée de chars, d'une artillerie, de lance-roquettes multiples et d'avions de chasse.

Beaucoup se plaignaient du fait qu'ils entendaient de la part de leurs fournisseurs d'armes que l'administration Obama limitait leur ravitaillement et bloquait la distribution d'armes anti-aériennes et anti-chars qui étaient leur première exigence. Ces plaintes continuent.

« Être armé ou ne pas être, équipement létal ou pas létal, tout dépend de ce que dit l'Amérique », affirme Mohammed Abou Ahmed, qui dirige une bande de combattants anti-Assad dans la province d'Idlib.

Une explosion en 2013 : les filières saoudiennes et jordaniennes

Ce fut bientôt au tour d'autres acteurs d'entrer dans la danse : en novembre, trois C-130 de la Flotte aérienne royale de Jordanie atterrissaient à Esenboga, dans un coup qui ressemble à un signe de l'accroissement de l'implication de l'Arabie saoudite et de la Jordanie.

En l'espace de trois semaines, deux autres avions de transport jordaniens ont commencé à faire la navette entre Amman, capitale de la Jordanie, et Zagreb, capitale de la Croatie où, selon ce que plusieurs officiels provenant de pays différents nous ont confirmé, les avions récupéraient une acquisition saoudiennes d'armes destinées à l'infanterie, provenant d'un stock croate.

Le premier vol fit son retour à Amman le 15 décembre, selon les données interceptées par un signal envoyé par un des avions et repéré par un radar à Chypre et celles du trafic aérien interprétées par un haut responsable dans le domaine de l'aviation.

En tout, les données montrent que deux Ilyushin jordaniens portant le logo de la firme aérienne internationale jordanienne mais navigant sous des signaux militaires jordaniens ont réalisé un ensemble de 36 allers-retours Amman-Zagreb entre décembre 2012 et février 2013. Les deux même avions ont réalisé cinq vols entre Amman et la Turquie en janvier.

Alors que les vols jordaniens continuaient, les vols qataris se poursuivaient et la Flotte aérienne royale saoudienne entamait un ordre de vol assez chargé – réalisant plus de 30 vols de C-130 en direction d'Esenboga de février à mars 2013, selon les données sur le trafic aérien fournies par un officiel chargé du contrôle du trafic aérien.

Plusieurs des vols saoudiens ont été repérés par des civils en train de faire des allers-retours à Ankara, ce qui a alerté des politiciens de l'opposition en Turquie.

« L'utilisation de l'espace aérien turc dans une période aussi critique, avec le conflit en Syrie à nos frontières, et par des avions étrangers provenant de pays qui sont connus pour jouer un rôle central dans ce conflit, définit la Turquie comme faisant pleinement partie de ce conflit », déclare Attila Kart, député turc du parti d'opposition kémaliste CHP, qui a confirmé les détails sur plusieurs livraisons saoudiennes. « Le gouvernement a le devoir de répondre à ces affirmations ».

Les responsables saoudiens et turcs ont refusé de discuter sur les vols ou les livraisons d'armes. Le gouvernement turc n'a pas officiellement approuvé d'aide militaire aux rebelles syriens.

La Croatie et la Jordanie ont toutes deux dénié le moindre rôle dans le transfert d'armes vers les rebelles syriens. Les officiels de l'aviation jordanienne sont allés jusqu'à nier le fait que ces vols aient eu lieu.

Le directeur du département Cargo de la compagnie aérienne jordanienne internationale, Mohammed Jubour, a insisté sur le fait qu'au 7 mars 2013 sa compagnie n'avait pas connaissance de vols en direction ou en provenance de la Croatie.

« Ce ne sont que des mensonges », dit-il. « On n'a jamais fait de telles choses ».

Un officiel du trafic aérien régional qui a mené une petite enquête sur ces vols confirme les données enregistrées et fournit une explication. « La compagnie aérienne internationale jordanienne sert de paravent pour la Force aérienne jordanienne ».

Après avoir été informé des données venant du trafic aérien et des signaux interceptés montrant les voies empruntées par ces avions, M.Jubour a continué à affirmer que sa compagnie ne détenait aucun avion de transport Ilyushin.

Lorsqu'on l'a interrogé sur le site de son employeur où on pouvait toujours admirer des images de deux Ilyushin et un texte l'accompagnant, confirmant qu'ils faisaient bien partie de la flotte de l'entreprise, M.Jubour n'a eu aucune réponse. Dans la nuit, le site web de la compagnie était déclaré hors service.

 
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Jan 2015 à 21:41
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Jan 2015 à 22:20

D’Utøya à Charlie Hebdo

 
 

Pendant les informations sur le massacre chez Charlie Hebdo, la presse a tenu à mettre aussi les événements en perspective. A dès lors défilé la liste des attentats terroristes en Europe les 10, 20 dernières années. Je ne pouvais qu’assister consterné : dans cette mise en perspective, aucune trace ou presque du terrorisme raciste et fasciste. Il ne s’agit pas ici de comparer les attentats les uns aux autres, ni de prétendre que la cruauté des uns justifierait celle des autres.

Il n’y a pas d’excuse. Il n’y a pas de justification.

Ce qui m’inquiète, c’est que « le terrorisme » soit assimilé à « la terreur de l’islam ». Et que se crée dans ce cadre une fausse unité nationale de l’état et du peuple. Ce qui m’inquiète, c’est la partialité de notre indignation et de notre humanité, lorsqu’il s’agit de la violence terroriste contre « les autres », contre les minorités.

C’est précisément cette partialité qui emporte l’opinion publique, consciemment ou inconsciemment, vers encore plus de peur et de haine, vers plus de racisme et d’islamophobie.

Le massacre chez Charlie Hebdo, suivi des deux autres tueries et prises d’otage à Paris, donne l’impression que nous avons été ou que nous sommes assaillis de toutes parts par des djihadistes d’Al Qaeda. Après Charlie Hebdo, l’usage des mots a radicalement changé. Il y a quinze ans, seul Bush parlait en termes de "nous" contre "eux" » et de « qui n’est pas avec nous est contre nous ».

Aujourd’hui, les responsables politiques parlent sans vergogne d’une « guerre entre la barbarie et la civilisation ». La question à se poser est dans quelle mesure non seulement "la barbarie", mais "la civilisation" elle-même n’est pas contaminée par le terrorisme.

Breivik et Zschäpe ?

Lors des énumérations des massacres terroristes, celui de Breivik n’a pratiquement pas été mentionné. Breivik est blanc. Inspiré par la défense des valeurs européennes contre l’islamisation grimpante. Le 22 juillet 2011, il a d’abord fait exploser une bombe devant le Regjeringskvartalet, le parlement norvégien à Oslo, ce qui a coûté la vie à huit personnes. Deux heures plus tard, il abattait de sang-froid 69 personnes, surtout des jeunes, de sa propre main, un par un, dans le camp de vacances sur l’île d’Utoya.
J’y ai consacré un petit essai, The making of Anders B. Breivik, impressionné par le silence assourdissant qui a régné en Europe après cet attentat. Non, il n’y a pas eu de manifestations monstres dans des dizaines de villes en Europe et dans le monde, pas de T-shirts, pas de tag « Je suis Utoya », pas de marches républicaines, chefs d’État du monde entier en tête. Les partis politiques d’extrême droite ont fait profil bas ou ont déclaré que leur propagande raciste et islamophobe n’avait rien à voir avec ce massacre.

Dans la rétrospective des attentats terroristes, pas de trace non plus des assassinats de la NSU en Allemagne, dont furent victime des Turcs et des Grecs ainsi qu’une policière. Le procès de la NSU et de Beate Zschäpe est en cours actuellement : elle est inculpée pour 10 meurtres racistes, 25 tentatives de meurtre, 10 braquages, extorsion et, oui, d’appartenance à une organisation terroriste.

Pas de trace non plus des attentats terroristes contre les migrants, les tziganes, les musulmans ou les chercheurs d’asile. Comme la démolition en 2008 et 2009, de seize maisons de Roms en Hongrie, État-membre de l’Union européenne. Ou les 47 attentats entre 2008 et 2012 contre les mêmes Roms en République Tchèque, qui coûtèrent la vie à au moins cinq d’entre eux.

Pas de mention non plus du fait que les attentats terroristes en Europe du fait de fondamentalistes musulmans, selon les rapports européens officiels sur le terrorisme, sont minoritaires par rapport à toutes les autres tendances politiques confondues.

La « limite est atteinte », une « frontière est franchie », répète-t-on en boucle sur tous les médias. Et chacun devient brusquement Charlie. Mais pourquoi la limite n’était-elle pas déjà atteinte avec les attentats de Breivik et Cie. ?

La terreur inégalée de la guerre ?

Dans la “mise en perspective” du massacre à Charlie Hebdo, aucune mention de la guerre et de la terreur que font régner nos états civilisés. La guerre mondiale contre le terrorisme, the global war on terror, a été lancée après le 11 septembre 2001. Ce n’était ni plus ni moins que le déclenchement d’une guerre sans fin, et non pas une question de justice, de protection des populations ou de plus grande recherche de paix.

Pratiquement tous les pays européens libéraux, libres et civilisés se sont lancés dans cette guerre les dernières années, la France, l’Allemagne et la Belgique après quelques réticences il est vrai. Ils savaient sans doute que cela déboucherait sur une catastrophe. Mais ces réticences n’ont pas résisté longtemps aux pressions étasuniennes.

Dès le début de cette guerre, Michael Ratner, du Center (étasunien) for Constitutional Rights, dénonçait cette guerre comme une guerre, non contre le terrorisme, mais contre les musulmans. En quinze ans, cette guerre a transformé le monde en un gigantesque champ de bataille, une jungle sur laquelle poussent maintenant les champignons que nous avons semés, de Breivik à Isis, il n’y a pas de différence. Et tous deux veulent importer cette guerre sur le continent.

Le climat raciste et islamophobe en Europe est clairement lié à cette guerre, dans laquelle la communauté musulmane est considérée comme une sorte de cinquième colonne. L’islam doit s’adapter, les musulmans sont sommés de se distancier, de s’excuser, de condamner... Les imams et les musulmans prêts à le faire sont activement recherchés par les médias. Nous a-t-on invités à faire de même lors des attentats de Breivik ou de Zschäpe ? Nous a-t-on dit que nous étions pratiquement obligés de descendre dans la rue ?

C’est dans ce climat que Charlie Hebdo a vendu ces dernières années son « humour » sordide contre l’Islam et son prophète, sur les femmes musulmanes voilées, toutes esclaves du sexe, et j’en passe.

Sur l’attentat lui-même contre Charlie Hebdo : toute ma compassion pour toutes les victimes qui ne méritaient en rien de mourir de cette manière et pour leurs familles durement et injustement éprouvées.

Mais « Je suis Charlie » ? No way.

Je ne suis pas Charlie

 
 

Shlomo Sand est un historien israélien (université de Tel-Aviv). Il a publié Comment le peuple juif fut inventé, une étude de la construction nationale israélienne par le mouvement sioniste. Il défend l’idée que cette construction s’est appuyée sur un récit fondateur mythique, faisant des populations juives un peuple, uni par une même origine et possédant une histoire nationale commune, remontant à la terre d’Israël. Sand nie la réalité de cette origine commune, mettant en avant l’importance des conversions dans la constitution des populations de confession juive. D’autre part, pour lui, jusqu’à l’avènement du sionisme, ces populations ne se définissaient qu’à travers leur appartenance religieuse en commun et ne se percevaient donc pas comme un peuple (Wikipedia).

LGS

Rien ne peut justifier un assassinat, a fortiori le meurtre de masse commis de sang-froid. Ce qui s’est passé à Paris, en ce début du mois de janvier constitue un crime absolument inexcusable. Dire cela n’a rien d’original : des millions de personnes pensent et le ressentent ainsi, à juste titre. Cependant, au vu de cette épouvantable tragédie, l’une des premières questions qui m’est venue à l’esprit est la suivante : le profond dégoût éprouvé face au meurtre doit-il obligatoirement conduire à s’identifier avec l’action des victimes ? Dois-je être Charlie parce que les victimes étaient l’incarnation suprême de la liberté d’expression, comme l’a déclaré le Président de la République ? Suis-je Charlie, non seulement parce que je suis un laïc athée, mais aussi du fait de mon antipathie fondamentale envers les bases oppressives des trois grandes religions monothéistes occidentales ?

Certaines caricatures publiées dans Charlie Hebdo, que j’avais vues bien antérieurement, m’étaient apparues de mauvais goût ; seule une minorité d’entre elles me faisaient rire. Mais, là n’est pas le problème ! Dans la majorité des caricatures sur l’islam publiées par l’hebdomadaire, au cours de la dernière décennie, j’ai relevé une haine manipulatrice destinée à séduire davantage de lecteurs, évidemment non-musulmans. La reproduction par Charlie des caricatures publiées dans le journal danois m’a semblé abominable. Déjà, en 2006, j’avais perçu comme une pure provocation, le dessin de Mahomet coiffé d’un turban flanqué d’une grenade. Ce n’était pas tant une caricature contre les islamistes qu’une assimilation stupide de l’islam à la terreur ; c’est comme si l’on identifiait le judaïsme avec l’argent !

On fait valoir que Charlie s’en prend, indistinctement, à toutes les religions, mais c’est un mensonge. Certes, il s’est moqué des chrétiens, et, parfois, des juifs ; toutefois, ni le journal danois, ni Charlie ne se seraient permis, et c’est heureux, de publier une caricature présentant le prophète Moïse, avec une kippa et des franges rituelles, sous la forme d’un usurier à l’air roublard, installé au coin d’une rue. Il est bon, en effet, que dans la civilisation appelée, de nos jours, « judéo-chrétienne », il ne soit plus possible de diffuser publiquement la haine antijuive, comme ce fut le cas dans un passé pas très éloigné. Je suis pour la liberté d’expression, tout en étant opposé à l’incitation raciste. Je reconnais m’accommoder, bien volontiers, de l’interdiction faite à Dieudonné d’exprimer trop publiquement, sa « critique » et ses « plaisanteries » à l’encontre des juifs. Je suis, en revanche, formellement opposé à ce qu’il lui soit physiquement porté atteinte, et si, d’aventure, je ne sais quel idiot l’agressait, j’en serais très choqué... mais je n’irais pas jusqu’à brandir une pancarte avec l’inscription : « je suis Dieudonné ».

En 1886, fut publiée à Paris La France juive d’Edouard Drumont, et en 2014, le jour des attentats commis par les trois idiots criminels, est parue, sous le titre : Soumission, La France musulmane » de Michel Houellebecq. La France juive fut un véritable « bestseller » de la fin du 19ème siècle ; avant même sa parution en librairie, Soumission était déjà un bestseller ! Ces deux livres, chacun en son temps, ont bénéficié d’une large et chaleureuse réception journalistique. Quelle différence y a t’il entre eux ? Houellebecq sait qu’au début du XXIe siècle, il est interdit d’agiter une menace juive, mais qu’il est bien admis de vendre des livres faisant état de la menace musulmane. Alain Soral, moins futé, n’a pas encore compris cela, et de ce fait, il s’est marginalisé dans les médias... et c’est tant mieux ! Houellebecq, en revanche, a été invité, avec tous les honneurs, au journal de 20 heures sur la chaine de télévision du service public, à la veille de la sortie de son livre qui participe à la diffusion de la haine et de la peur, tout autant que les écrits pervers de Soral.

Un vent mauvais, un vent fétide de racisme dangereux, flotte sur l’Europe : il existe une différence fondamentale entre le fait de s’en prendre à une religion ou à une croyance dominante dans une société, et celui d’attenter ou d’inciter contre la religion d’une minorité dominée. Si, du sein de la civilisation judéo-musulmane : en Arabie saoudite, dans les Emirats du Golfe s’élevaient aujourd’hui des protestations et des mises en gardes contre la religion dominante qui opprime des travailleurs par milliers, et des millions de femmes, nous aurions le devoir de soutenir les protestataires persécutés. Or, comme l’on sait, les dirigeants occidentaux, loin d’encourager les « voltairiens et les rousseauistes » au Moyen-Orient, apportent tout leur soutien aux régimes religieux les plus répressifs.

En revanche, en France ou au Danemark, en Allemagne ou en Espagne où vivent des millions de travailleurs musulmans, le plus souvent affectés aux tâches les plus pénibles, au bas de l’échelle sociale, il faut faire preuve de la plus grande prudence avant de critiquer l’islam, et surtout ne pas le ridiculiser grossièrement. Aujourd’hui, et tout particulièrement après ce terrible massacre, ma sympathie va aux musulmans qui vivent dans les ghettos adjacents aux métropoles, qui risquent fort de devenir les secondes victimes des meurtres perpétrés à Charlie Hebdo et dans le supermarché Hyper casher. Je continue de prendre pour modèle de référence le « Charlie » originel : le grand Charlie Chaplin qui ne s’est jamais moqué des pauvres et des non instruits.

De plus, et sachant que tout texte s’inscrit dans un contexte, comment ne pas s’interroger sur le fait que, depuis plus d’un an, tant de soldats français sont présents en Afrique pour « combattre contre les djihadistes », alors même qu’aucun débat public sérieux n’a eu lieu en France sur l’utilité où les dommages de ces interventions militaires ? Le gendarme colonialiste d’hier, qui porte une responsabilité incontestable dans l’héritage chaotique des frontières et des régimes, est aujourd’hui « rappelé » pour réinstaurer le « droit » à l’aide de sa force de gendarmerie néocoloniale. Avec le gendarme américain, responsable de l’énorme destruction en Irak, sans en avoir jamais émis le moindre regret, il participe aux bombardements des bases de « daesch ». Allié aux dirigeants saoudiens « éclairés », et à d’autres chauds partisans de la « liberté d’expression » au Moyen-Orient, il préserve les frontières du partage illogique qu’il a imposées, il y a un siècle, selon ses intérêts impérialistes. Il est appelé pour bombarder ceux qui menacent les précieux puits de pétrole dont il consomme le produit, sans comprendre que, ce faisant, il invite le risque de la terreur au sein de la métropole.

Mais au fond, il se peut qu’il ait bien compris ! L’Occident éclairé n’est peut-être pas la victime si naïve et innocente en laquelle il aime se présenter ! Bien sûr, il faut être un assassin cruel et pervers pour tuer de sang-froid des personnes innocentes et désarmées, mais il faut être hypocrite ou stupide pour fermer les yeux sur les données dans lesquelles s’inscrit cette tragédie.

C’est aussi faire preuve d’aveuglement que de ne pas comprendre que cette situation conflictuelle ira en s’aggravant si l’on ne s’emploie pas ensemble, athées et croyants, à œuvrer à de véritables perspectives du vivre ensemble sans la haine de l’autre.

Shlomo SAND

(Traduit de l’hébreu par Michel Bilis)

Du même auteur : Le peuple juif est-il manipulé ?



Edité par T 34 - 14 Jan 2015 à 22:20
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Jan 2015 à 03:15

Les crises.fr

En effet, on ne blasphème pas impunément contre un mouvement pour la liberté d’expression…

 

Lundi 12 janvier 2015. France 2, journal de 13h. Nathalie Saint-Cricq, journaliste, responsable, depuis juin 2012, du service politique de la chaîne, est interrogée par Elise Lucet sur la marche républicaine qui a eu lieu la veille un peu partout en France et sur ses conséquences.

Elise Lucet : “On parle beaucoup depuis quelques jours, Nathalie, d’unité nationale mais attention toute la France n’était pas dans la rue hier”.

Nathalie Saint-Cricq : “Ah non Elise faut pas faire preuve d’angélisme. C’est justement ceux qui ne sont pas “Charlie” qu’il faut repérer, ceux qui, dans certains établissements scolaires ont refusé la minute de silence, ceux qui “balancent” sur les réseaux sociaux et ceux qui ne voient pas en quoi ce combat est le leur. Eh bien ce sont eux que nous devons repérer, traiter, intégrer ou réintégrer dans la communauté nationale.”

OB : Euh, je suis assez bien intégré pour ma part, alors vous comptez me “traiter” comment ? Ca va faire mal ?

RAPPEL : cette femme est la responsable du service politique de France2…

Présentation de la séquence sur le site par Francetv info. Mis à jour le 12/01/2015 | 16:26 , publié le 12/01/2015 | 16:23

Dimanche 11 janvier, l’ensemble de la classe politique française était réuni à l’occasion de la marche républicaine. Pour Nathalie Saint-Cricq, les politiques doivent travailler ensemble “afin de déterminer sans hystérie ce qui n’a pas marché dans notre système de renseignement, sans se renvoyer à la figure la responsabilité des erreurs et des failles policières”. La journaliste de France 2 estime aussi qu’il faut que les politiques réfléchissent ensemble ” sur tout ce qui doit être amélioré et amélioré d’urgence”. Les écoutes téléphoniques, la surveillance en prison, la présence policière sur le terrain… Selon elle, il faut aussi que “toute la gauche assume son véritable tournant sécuritaire et que la droite prenne le risque de la soutenir sans jouer la surenchère”.

Repérer ceux qui ne sont pas Charlie.Pour Nathalie Saint-Cricq il est important de repérer “ceux qui dans certains établissements scolaires ont refusé la minute de silence, ceux qui balancent sur les réseaux sociaux, et ceux qui ne voient pas en quoi ce combat est le leur”. Il est important pour la journaliste d’intégrer ou réintégrer ces personnes dans la communauté nationale. (Source)

=================================================

N.B. : sérieusement, que peut-il sortir d’une époque où on met ça à la tête du service politique de sa seconde chaîne de télévision ?

 


Sérieusement, #VousÊtesCharlie ?


 

LEnsauvagement%20de%20lEurope...

N'ayez pas peur !  Il s'appelle  " Liberté d'Expression " !
 


Edité par T 34 - 21 Jan 2015 à 18:34
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
Rogue allez vers le bas
Intervenant régulier
Intervenant régulier
Avatar

Depuis le: 19 Jan 2011
Pays: Belgique
Status actuel: Inactif
Messages: 290
  Citer Rogue Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Jan 2015 à 21:02



La frise des actes islamophobes depuis l'attentat qui a touché Charlie Hebdo : http://frise.islamophobie.net

Retrouvez ci dessous la liste de l'ensemble des actes islamophobes depuis l'attentat qui a touché Charlie Hebdo

Liste provisoire sous réserve de corrections éventuelles sous 24h


  • Bischwiller( Bas-Rhin): Un tag "Ich bin Charlie" ("je suis Charlie", en allemand) a été découvert jeudi matin sur le mur extérieur d'une nouvelle mosquée, dont la construction s'achève. Dans la soirée, des caméras de surveillance ont été installées aux abords de l'édifice. "Il ne faut pas condamner tous les musulmans de France, j'appelle tout le monde au calme!", a réagi le président de l'association culturelle franco-turque de la ville, Pascal Akdem.
  • Vidéo d'une femen qui brûle un Coran et lance un message islamophobe.
  • Rennes(Ille-et-Vilaine) : des inscriptions "Er maez" -"dehors" en breton - et "Arabes", ont été taguées à la bombe dans la nuit de jeudi à vendredi sur la façade d'un centre culturel et cultuel islamique en construction, a rapporté à l'AFP un responsable du centre.
  • Nantes(Loire-Atlantique), une enveloppe contenant une poudre blanche suspecte a été découverte vendredi à la mosquée, perturbant les prières et conduisant trois personnes l'ayant touchée à l'hôpital en début d'après-midi. On a su en fin d'après-midi que la substance n'était pas dangereuse
  • Liévin (Pas-de-Calais) : Des croix gammées ont été dessinées et une tête de cochon a été trouvée selon le procureur.
  • Béthune (Pas-de-Calais) : le tag "Dehors les arabes" était visible sur une palissade du lieu de culte en construction rue Jean-Baptiste Lebas.
  • Corte (Haute-Corse) : Une tête de porc et des viscères ont été découverts, vendredi matin, accrochés à la porte d'une salle de prière musulmane, d'après gendarmerie.
  • Bayonne (Pyrénées-Atlantiques): Des inscriptions racistes et haineuses faisant référence à l'attentat contre Charlie Hebdo ont été tracées sur la mosquée ou à proximité, selon des responsables du lieu de culte. L'inscription sur le portail proclamait "Charlie liberté" tandis qu'une poubelle portait des insultes racistes.
  • Saint Juéry (Tarn) : Quatre coups de feu ont été tirés jeudi vers 23H00 sur la façade d'une mosquée de la commun, sans faire de blessé.
  • Liévin (Pas-de-Calais) : Pas encore inaugurée, et déjà souillée. La future mosquée, dont le chantier de construction n’est même pas achevé mais dont les parois se dressent déjà rue du Temple, a été taguée et souillée dans la nuit de jeudi à vendredi.
  • Vendôme (Loir-et-Cher) : Tirs de fusil sur un commerce et une mosquée.
  • Maison-Laffitte (Yvelines): Une jeune femme a été agressée verbalement.
  • Montreuil (Seine-Saint-Denis) : Agression d'une femme.
  • Albertville (Savoie) : Incendie de la mosquée
  • Aix-les-Bains(Savoie) : Incendie de la mosquée.
  • 2 filles mineures voilées converties (placées en foyer car leurs parents ne sont pas d’accord avec leur choix religieux) ont été agressées
  • Lyon (Rhône) : Une étudiante à la faculté de Lyon 1, non voilée mais maghrébine, a été convoquée ainsi qu’une autre étudiante voilée par le directeur afin de savoir ce qu’elles pensent des événements de CH. Il y a eu des moqueries. 
  • Brest (Finistère) : Une femme agressée verbalement dans une salle d’attente dans un hôpital. Une dame hurlait « je vais la saigner je vais la saigner ! » en parlant de la femme voilée. Personne n’a réagi, ni les patients, ni le personnel. Aucune mention n’a été faite aux événements de CH.
  • Nice (Alpes-Maritimes) : une boucherie halal vandalisée. Une croix gammée découverte en ouvrant le magasin. Plainte déposée et croix effacée.
  • Vandoeuvre (Meurthe-et-Moselle): agression physique d'une femme devant la mairie par un homme, qui tenait un journal Charlie Hebdo. ( Cette agression, après des nouveaux éléments, est l'œuvre d'un déséquilibré ; la femme n'a pas souhaité témoigner ou porter plainte )
  • Patrick (Auditeur) : "Ma fille de 8 ans a été victime de lancers de pierre ce matin à l'école en raison des origines musulmanes de ma femme"
  • Bourgoin-Jallieu (Isère) : Un lycéen de 17 ans, d'origine maghrébine, frappé jeudi par un groupe de quatre ou cinq personnes en marge de la minute de silence observée devant son lycée
  • Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime) : Un homme, qui aurait tiré dans la rue, en proférant des « propos anti-musulmans » s’est retranché chez lui.
  • Paris: une jeune femme portant le foulard est apostrophé par un cycliste. L'homme criait en répétant ".. Alors ils sont où les terroristes? Ils sont où ?...".
  • Villefranche-sur-Saône (Rhône): Explosion d'origine criminelle devant un snack voisin d'une mosquée. Piste de l'attentat évoquée. «Je crains que ce soit lié à l'événement dramatique qui est survenu ce mercredi», a expliqué Bernard Perrut, le maire de Villefranche.
  • Ambérieu (Ain): Une pancarte où l’on pouvait notamment lire «Morts aux Arabes» a été plantée sur un rond-point.
  • Mans (Sarthe): Tirs et jets de grenades contre la mosquée. Aux alentours de minuit, des coups de feu ont été tirés contre la mosquée située rue de la Bertinière. Les enquêteurs ont découvert ce matin qu'une grenade à plâtre avait explosé dans l'enceinte de la mosquée. Trois autres grenades intactes ont été retrouvées sur place.
  • Poitiers (Vienne): Des tags "Charlie. Mort aux Arabes, les Français sont en guerre, honte à votre peuple" sur la mosquée.
  • Caromb (Vaucluse): Une voiture appartenant à une famille de confession musulmane a été visée mercredi soir par balles sur la voie publique.
  • Port-la-Nouvelle (Aude): Tirs contre la salle de prière. Une heure après la fin de la prière,«un individu a tiré à deux reprises sur la porte brisant une vitre avec une arme de calibre faible».
  • Taverny (Val d'oise): Agression de deux femmes dans un centre commercial.
  • Argenteuil (Val-d’Oise): Peu avant 2 heures du matin ce vendredi, un début d’incendie s’est déclaré dans l’appartement d’une femme musulmane. «Il n’y a pas de doute sur le caractère criminel, confirme une source proche du dossier. Un produit inflammable a été utilisé.» Sur la boîte aux lettres correspondant à ce logement, a été inscrit le message «Vive Charlie». «Nous ne savons pas si cela est lié», insiste une source policière. Il faut attendre les résultats de l’enquête en cours. Aucun blessé n’est à déplorer, l’immeuble a dû être évacué à cause des fumées. Les habitants ont pu retrouver leur logement.
  • Aubergenville (Yvelines): une jeune fille voilée arrive au lycée, et retire son voile comme à l'accoutumée. A l'entrée du Lycée, la CPE du lycée lui dit "tu crois que c'est le moment de porter ton voile?".
Source


Edité par Rogue - 16 Jan 2015 à 21:07
"La citatiomanie est notre plus grande ennemie" - Lénine :-)
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Jan 2015 à 04:46

 

Tout d’abord, rappelons la condamnation sans équivoque du massacre barbare, et rendons hommage aux victimes

À aucun moment ce billet ne vise à excuser un acte d’une barbarie inhumaine. Il vise à réfléchir ensemble pour que cela ne recommence pas.

Je soulève un point incroyable ce jour, dont personne ou presque ne parle, à propos de la Une du dernier Charlie Hebdo, tiré à 3 millions d’exemplaire – soit probablement le plus gros tirage de presse depuis la Libération.

Daniel Schneidermann en parle d’ailleurs ce jour dans une intéressante chronique (pensez à vous abonner ici à Arrêts Sur Images, un des rares espaces de critique des médias sur le web, rapport qualité-prix imbattable ! (Publicité gratuite])

Alors moi, quand Schneidermann (à qui je passe mes amitiés au passage, ainsi qu’à l’équipe) me dit “Regarde attentivement !”, je regarde attentivement ! :%29

Que voit-on sur la couverture ?

On y voit une caricature (à l’évidence) de Mahomet, de Luz :

On a beaucoup souligné que le fait de représenter de nouveau Mahomet avait été très mal pris dans le monde musulman :

========================================

==================================================

=================================================

Et bien sûr, nos médias boboïsants ne suivent pas, ils courent :

Voici d’ailleurs la page d’accueil du site de L’Express :

Bref.

Daniel nous dit donc ce matin :

Cet objet, qui remet une thune dans le bastringue, c’est un bonhomme avec des yeux qui louchent, sorti de l’imagination et de la douleur de Luz. Personne, sur la couverture, ne nous dit qu’il s’agit de Mahomet

C’est un argument acceptable, c’est vrai que ce n’est pas marqué (et c’est un argument que j’ai lu pas mal de fois sur le web)… Notez, cela n’était jamais marqué sur les autres non plus…

Après chacun jugera comment cela a été pris y compris dans notre presse – qui ne fait jamais hélas dans la finesse et la mesure…

Qu’a dit la presse ?

Notez, le dessinateur a hélas été clair

===================================================

===================================================

===================================================

===================================================

===================================================

Indices…

Ce qui m’a interpellé c’est l’absence du moindre recul des médias sur cette couverture.

Même Daniel nous dit : “Cet objet, qui remet une thune dans le bastringue, c’est un bonhomme avec des yeux qui louchent”.

Oui, mais, comme il le souligne très bien dans son billet, il y a une vrai difficulté :

“Au total, un joli foutoir sémiologique, auquel chacun accordera le sens qu’il veut, du plus subtil au plus débile (les médias se faisant une joie, d’ailleurs, de tamtamiser les réactions les plus débiles). On n’a pas fini de rire.”

J’ai bien vu la conclusion ironique, mais, je me permets de repasser au 1er degré : on n’a hélas pas fini de pleurer à mon avis…

Car qu’y a-t-il sur la couverture ? : “Tout est pardonné” + Mahomet.

Une chose me gênait, sans que j’arrive à trouver quoi. C’est fait.

On avait un message de pardon, presque chrétien (sic.) donc extrêmement fort, avec une nouvelle caricature de Mahomet, donc une nouvelle provocation de Charlie Hebdo.

Cependant, si l’intention de provocation était bien dans leur esprit, je la trouvais bien réduite par rapport à ce qu’ils avaient fait par le passé, et donc dans ce dessin, “l’intensité négative” était assez loin finalement de “l’intensité positive” du pardon, après un acte barbare et inhumain.

Il y avait pourtant des indices :

Rester dans la droite ligne de la tradition du journal” ? Hmmm…

Démerdez-vous avec” : hmmm, bon, on en avait déjà plusieurs des caricatures, et des bien pires, donc bizarre, non ?

Le GROS indice est dans le Parisien :

“Mais il a fait marrer la rédaction du journal satirique, et c’est pour [l'auteur] l’essentiel.”

Comme ça “il a fait marrer” ?

“Ému”, je comprend. “Plu” ou “Renforcé la conviction”, je comprends. “Donné un clin d’œil”, je comprends.

Mais marrer ?

OU voyez-vous une chose assez drôle pour faire marrer la rédaction décimée là-dedans (vous imaginez son état d’esprit en ce moment… Il en faut des caisses d’humour !) ? :

En fait, le web a trouvé – ce n’était pas bien dur en fait…

Le dessous de la couverture

Luz avait déjà fait plusieurs caricatures de Mahomet en 2012, dont on avait beaucoup parlé :

(regardez bien sa tête et son chapeau)

(regardez bien sa tête et son chapeau)

Et voici donc la caricature du numéro de cette semaine :

Vous remarquez que la forme de la tête et du chapeau sont vraiment différents des autres fois.

Retournons-la :

Hmmm ? :

Non toujours pas ? Ok, je vous aide :

Oui oui, Luz a assez clairement dessiné Mahomet en partant de deux bites (désolé, je dis “bite”, car vu le niveau phallus ça ferait vulgaire) – ça se voit assez bien sur le zoom, regardez :

Et encore, je ne parle pas de la “larme” blanche

Qu’on ne vienne pas me dire que j’exagère ou que je fantasme, on parle de Charlie Hebdo (non mais allô, quoi !) !!!

C’est le cœur de leur métier de faire des bites !!!! Ils glissent des bites comme d’autres glissent des quenelles !

On comprend tout mieux, du coup :

  • “Rester dans la droite ligne de la tradition du journal”
  • “Mais il a fait marrer la rédaction du journal satirique.”
  • Démerdez-vous avec !

J’accuse Charlie Hebdo

Tout d’abord, je tiens à rappeler que je condamne sans ambiguïté l’attentat (j’ai pleuré comme tout le monde en apprenant l’a mort de Cabu), RIEN ne peut justifier la violence et encore moins la mort.

J’aurais, en tant qu’analyste amusé des médias, pu féliciter le dessinateur et l’équipe pour ce beau coup bien dans l’esprit de l’équipe (chapeau l’artiste), et des dessinateurs qui nous ont quitté bien trop tôt.

MAIS NON.

Je suis désolé, mais ce n’est pas possible.

Je ne suis déjà pas d’accord pour qu’on publie ce genre de trucs (ne soutenant pourtant pas l’idée d’une interdiction par la loi – je sais, le sujet est complexe et discutable) MAIS je suis encore moins d’accord qu’on manipule les Français.

Vous vouliez créer un Mahomet-bites (un Hollande-bites, j’aurais hurlé de rire, mais là, dans ce contexte…) ? (Pourquoi pas le MaHobbit tant que vous y étiez ? Ahahaah…) Mais enfin, il fallait le dire clairement en conférence de presse.

On n’a pas le droit de manipuler les gens pour qu’ils endossent des choses qui les mettent en danger…

Je n’arrive pas à exprimer tout le dégout que je ressens. On peut discuter de l’opportunité de ses caricatures, mais quand on fait ça, on ne le cache pas, c’est tromper les gens qui vous font confiance à un moment où ils sont bouleversés. Toute la deshumanisation de notre société est concentrée dans cet acte de duperie.

Il fallait que les Français aient bien compris ce que vous faisiez au moment où ils achèteraient le journal !

Ah que vous devez rire en voyant ceci alors !

J’en suis désolé, mais je vous accuse d’être des irresponsables qui jettent de l’huile sur le feu !

Ah, flute, c’est votre slogan :

Je vous accuse de jouer avec la sécurité et la vie de nos citoyens avec inconséquence, de semer la haine dans le monde (avec des “antiracistes” comme vous, les racistes peuvent partir à la pêche à la ligne !!!), de contribuer au chaos :

Un acte de guerre maintenant !!!! Mais je n’ai rien demandé moi !

Le tout avec votre logique : “Démerdez-vous avec !”

Le tout avec votre logique : de faire “marrer la rédaction du journal satirique, et c’est pour [l'auteur] l’essentiel.”

L’essentiel ???

P.S. j’accuse aussi les médias de taire ceci et de laisser les Français dans l’ignorance (ils ont vu au Moyen-Orient, pas de souci) – horrifiés qu’ils sont probablement d’avoir été manipulés à ce point. J’ai par exemple vu que le Figaro en avait parlé en tout tout petit dans une interview il y a 2 jours :

“Pour le sémiologue Jean-Didier Urbain, l’esprit Charlie n’est pas mort, bien au contraire. En témoigne, le phallus caché en une. «On connaît depuis longtemps les astuces des caricaturistes et des peintres qui produisent une image dans l’image, cette seconde image ne se lit qu’au prix d’une certaine manœuvre ou manipulation. Par exemple le fait de retourner l’image. Ici ce n’est plus la tête du prophète qui apparaît à l’envers mais un phallus, le turban étant l’équivalent des testicules et le visage allongé du poète devient une verge.» Coïncidence? Maladresse? Il en doute.

«C’est une sorte de pied-de-nez caché, cela peut être involontaire mais ici cela m’étonnerait, c’est tellement l’esprit de Charlie ! Ça fait partie de son message profond: dénoncer des interdits, ce qui a rapport à la sexualité par exemple. Le rôle de Charlie étant un rôle iconoclaste: représenter des choses interdites en plus de casser des images. Montrer qu’une image en cache une autre, faire une critique, une satire…»

La caricature étant déjà provoquante par rapport à certaines représentations religieuses, le lecteur non aguerri n’y a pas cherché pas une seconde lecture. Voilà de quoi l’initier à Charlie!

“L’Esprit Charlie” : les blagues de potaches qui se terminent (hélas) par 20 morts et des lois sécuritaires ?

On continue donc, forts de cette expérience ?

Et donc, il n’y a que moi qui s’indigne de la malhonnêteté du procédé “d’initiation à Charlie” ?

Et pendant ce temps là, chez Al Qaeda

IMPORTANT : Ceci est un pastiche, visant à dénoncer ce qui peut servir à nos ennemis. Ceci n’est pas une apologie du terrorisme. Le terrorisme est évidemment condamnable et inacceptable. (‘tain fait faire gaffe avec ce régime de plus en plus répressif)

Comme des gens veulent nous faire du mal, normalement, ce qu’il faudrait faire, c’est réfléchir à la meilleure réponse à apporter pour DIMINUER les risques que cela recommence. Ce qui signifie en général CHANGER des choses dans nos politiques et comportements, puisqu’ils ont contribué à nous désigner pour cible…

Cela signifie donc “penser comme l’ennemi”, pour avoir une STRATÉGIE ne lui donnant pas de nouvelles cartes dans sa main.

Or, quels cadeaux directs a-t-on fait aux recruteurs d’Al-Qaeda depuis 10 jours ?

  • avoir plein de chefs d’État se précipitant à Paris pour 20 morts – alors qu’aucun n’a évidemment daigné aller à Gaza après le massacre de 1 500 innocents il y a 6 mois. “Gaza Capitale du Monde“, ce sera dans une autre vie…
  • avoir Sarkozy (qui a renvoyé la Lybie au Moyen-Age, avec des milliers de morts), Hollande (qui bombarde un nouveau pays tous les 6 mois), le secrétaire général de l’OTAN (qui bombarde actuellement l’Irak), un représentant de M. Guantanamo/torture/drones sans procès/500 000 morts en Irak
  • Netanyahou marchant avec eux (champion du monde là), ce qui obliga Abbas à venir (sérieusement, il a pensé quoi le Palestinien de base, qui a vu son pays bombardé en 2014, 1 500 proches tués, avec aucun soutien international, quand son leader a dû aller à Paris pour 20 morts ? Il ne s’agit pas de faire une comptabilité macabre, mais on ne peut totalement l’ignorer non plus – les pauvres enfants juifs tués par Merah n’ayant apparemment pas été assez nombreux pour déclencher un même mouvement en France)
  • avoir la France entière qui se mobilise, tous les médias en boucle, sur “Je suis Charlie” et non pas “Je condamne la violence”, DONC (désolé les morts ont un sens) Al Qaeda pourra dire que tous les Français endossaient et soutenaient les caricatures de bouse de Mahomet (RAPPEL : ce n’est JAMAIS honnête un communiquant, a fortiori pour recruter des terroristes)
  • avoir une Femen en France qui brule le Coran
  • et, re-champion du monde, 5 millions de Français se précipitant pour acheter un journal avec une caricature de Mahomet-tête-de-bites en couverture, reprise partout.

Comme ils doivent nous remercier de nos erreurs grossières les barbares là-bas – les recrues vont affluer… Et notre sécurité dans tout ça ?

Sérieusement, cela intéresse-t-il quelqu’un d’empêcher les prochains attentats et le pays de se diviser, ou le but est-il juste de faire une psychothérapie collective après le drame qui nous a frappé sans se soucier des conséquences de la façon dont on la fait ?

J’écris tout ceci car J’AURAIS VOULU aller manifester et participer à un beau moment de communion nationale (que j’aime mieux que le concept “d’union nationale”, qui semble impliquer une absence totale de voix discordante, et donc une atteinte à la liberté d’expression… D’ailleurs quand un gouvernement parle d’union nationale, c’est en général durant des moments de guerre pour mobiliser l’opinion – et c’est donc SURTOUT le moment où il faut examiner et critiquer les paroles et actes dudit gouvernement…).

Mais pour cela, il aurait fallu que cette communion nationale existât.

Et pour cela, il aurait fallu débattre un minimum, faire la part des choses, réfléchir à la cause de la cause du drame, se dire les choses, choisir un beau slogan qui nous aurait rassemblés ( #ContreToutesLesViolences ? #EnMémoireDetoutesLesVictimes ? #ContreLesTerrorismes ? #TousFrançais ? #AimonsNousLesUnsLesAutres ? :%29 etc.), voire même, même, demander des choses au gouvernement !

Et comme on n’a rien fait de cela, on a choisi le pire slogan – et le plus naturel apparemment, quoique #JeSuisMinute aurait eu un faible succès je pense, si c’est ce journal qui avait été attaqué - (trouvé en 30 minutes par un graphiste (sic.)), qui peine DONC à nous rassembler (et la presse s’en étonne !) et en plus qui jettera encore de l’huile sur le feu et aidera probablement nos ennemis… Quelle formidable occasion gâchée !

J’ai vraiment l’impression qu’il y a là 20 % de la France, boboïsante (ce n’est pas une insulte !), souvent pleine de belles idées, mais qui – comme Hollande se pensant chef du Monde pour un jour, alors qu’il ne l’est ce jour-là que du Monde Occidental (quelqu’un connait-il simplement l’existence des attentats de Bombay en 2008, avec 173 morts ?) – hélas semble se penser être LA FRANCE, et s’étonne brutalement, en se retournant, de voir que la France ne les a pas suivis – ne semblant même pas comprendre pourquoi…

======================================================

Une nouveauté sémiologique dans l’Obs : “être Charlie” – je ne savais pas qu’il y en avait une définition…

Et pendant ce temps là, toutes les haines augmentent à proportion des blessures : islamophobie, replis identitaires, craintes de l’autre, sentiment de rejets, etc. Haines terreau de toutes les violences…

Quand le gouvernement va-t-il enfin se désolidariser d’irresponsables – comme d’autres ont su le faire par le passé, soucieux de la cohésion nationale ?

Je condamne toutes les provocations manifestes, susceptibles d’attiser dangereusement les passions.” [Jacques Chirac, 08/02/2006]

Je reviens sur Daniel, qui écrit toujours dans le même billet de ce jour :

“[...] toute une flopée de hautes autorités musulmanes et talibanes, dans une flopée de pays, n’aiment pas la couverture du dernier Charlie. Y compris, par exemple, mon nouveau copain le roi Abdallah de Jordanie, qui défilait avec moi dimanche dernier, et aujourd’hui juge le comportement de Charlie « condamnable, irresponsable, et inconscient ». Si si, le même. Solidaire le dimanche, il dézingue le jeudi. Eh, Majesté, tu sais pourquoi t’étais là, dimanche ? On te les avait montrés, les dessins des irresponsables ? (Je me permets de te tutoyer, on a arpenté le boulevard Voltaire ensemble).”

Je me permets de faire remarquer que le petit souci – oh, 3 fois rien, mais le cœur de ma réaction – c’est que JUSTEMENT, non, “il ne savait pas pourquoi il était là dimanche”, ou plutôt, vous n’étiez pas là pour la même chose. Et qu’on ne peut s’étonner et reprocher le moindre malentendu, puisqu’il n’y à jamais eu le moindre commencement de début de verbalisation et encore moins de dialogue et de débat.

C’est le problème quand, bouleversés, on agit avec émotion sans réflexion (exemple dans un autre registre : comme quand on court défendre la Belgique envahie et qu’on tombe dans le piège des Allemands qui nous prennent à revers et nous hachent menu en 1940…).

Il était sans doute là pour condamner la violence contre des innocents, vous étiez-là pour soutenir le droit à blesser, chacun y voyant clair en son for intérieur – mais si ça reste à l’intérieur, il ne peut qu’y avoir des malentendus, justement… C’est pour cela qu’on a inventé la parole (et après le cerveau).

Et dimanche, Abdallah n’avait pas encore vu la caricature tête-de-bites, qui fait à mon sens assez peu pour la paix entre les hommes et femmes de bonne volonté… Et depuis, je pense en effet qu’il l’a “regardée attentivement”… ;%29

Mais bon, je dis ça, je dis rien…

Bref, pour ma part, j’essaye d’être RES-PON-SA-BLE (oui, je sais, ce n’est pas “modeeeeeerne”) et de débattre. Peut-être que je me trompe dans ce que je dis, mais, au moins, j’essaye…

Et la fraternité bordel ?

Faut il rappeler cela à propos des caricatures de 2012 :

C’est le pire exemple d’extrémistes provoquant des extrémistes.” [Vygaudas Usackas, représentant spécial de l'Union européenne pour l'Afghanistan, JDD, 19/09/2012]

Pourquoi ne pas avoir écouté la voix d’outre-tombe de Wolinski ?

“[Delfeil de Ton, ancien figure de Charlie Hebdo] cite Wolinski, en 2011, après l’attaque : “Je crois que nous sommes des inconscients et des imbéciles qui avons pris un risque inutile. C’est tout. On se croit invulnérables. Pendant des années, des dizaines d’années même, on fait de la provocation et puis un jour, la provocation se retourne contre nous. Il fallait pas le faire”, avait déclaré le dessinateur. Et Delfeil de Ton, s’appuyant sur cette citation, embraye : “Il fallait pas le faire, mais Charb l’a refait”. Un an plus tard, l’hebdomadaire satirique publie un numéro “Charia Hebdo”. Un numéro qui n’a pas faire rire Delfeil de Ton, lequel “était malade” de se dire que Cavanna, qui ne bénéficiait pas de protection policière à la différence de Charb, pouvait être tué. Tout comme Wolinski.” [Arrêts Sur Images, toujours !]

Est-ce vraiment trop demander que de faire preuve d’un minimum d’empathie et de respect envers nos semblables ?

D’essayer – oh comme cela semble difficile à certains – de respecter les demandes raisonnables, afin de ne pas heurter inutilement les convictions ?

Par exemple :

  • en n’insultant pas gratuitement la mémoire de sœur Emmanuelle ?
  • en n’insultant pas gratuitement Mahomet ?
  • en n’insultant pas gratuitement la mémoire de la Shoah ?
  • en n’insultant pas gratuitement Boudha ?

Ce qui ne signifie nullement ne pas se battre pour la laïcité ou les excès dommageables des religions… Mais en dénonçant les actes des hommes, pas ceux de Dieux

Et je comprends mal d’ailleurs cette idée répandue partout de “liberté d’expression pour critiquer les religions”. Évidemment, mais où est la critique de la religion ??? On notera que Zemmour n’a aucun souci ! Il n’y a aucune expression dans ces “caricatures”, juste une volonté puérile de heurter en agitant un tabou, en brisant une chose sacrée pour l’autre. C’est tout un débat – mais au moins posons le clairement…

Car de toute façons, une liberté est toujours limitée – au moins par la liberté de l’autre. Ou s’arrêtent-elles, ou commencent-elles – tout un débat aussi.

Vous sentez-vous heurté par le fait de “brider votre liberté” en baissant le son de votre télévision ou chaine-hifi le soir pour ne pas gêner votre voisin ? Le problème n’est même pas légal : c’est une base du vivre ensemble. Vous savez que si vous ne le respectez pas, il ne vous respectera pas, et que vous entrerez dans une spirale sans fin, finissant par vous rendre la vie impossible…

Je pense vraiment qu’on a une partie de la population qui se pense élite, que je qualifierais de néoconservatrice de droite et/ou de gauche, pétrie d’un amour de la Liberté qui hélas est devenu intégriste – oubliant égalité et fraternité -, voulant une liberté :

  • économique absolue, sans régulation, qui menace désormais très gravement la stabilité de notre secteur bancaire et financier ;
  • diplomatique absolue, voulant à tout crin se mêler de tout ce qui se passe dans les autres pays – et non pas des seuls crimes à en effet empêcher, mais allant jusqu’à des tentatives de changement de régime et ) donner des leçons quant aux modes de vie -, qui menace désormais la paix et notre sécurité extérieure ;
  • de mode de vie absolue, comme on le voit avec cette théorisation du droit absolu à provoquer l’autre, qui menace notre sécurité intérieure et notre cohésion nationale…

Ne peut-on pas simplement condamner toute violence, physique ou morale ?

Ne peut-on pas simplement réfléchir à ses différentes sources (et donc à nos propres responsabilités), et au moyen d’en couper le robinet ?

Ne peut-on pas simplement essayer d’apaiser au lieu de diviser ?

ACTION :

RÉACTIONS :

===============================================================

===============================================================

===============================================================

===============================================================

===============================================================

(déjà un photographe blessé., mais on peut vraiment mieux faire..)

Allez en hommage aux dessinateurs inhumés aujourd’hui, et pour ne pas trop être père la morale, un petit dessin en hommage – à la maxime tellement adaptée…

 

Cabu, c’était bien la paix…

Il ne sert à rien d’humilier les gens, ni de déclencher la violence au nom de beaux principes. [...] Observer des tabous, ce n’est pas forcément une régression, ce n’est pas un pas en arrière pour la liberté d’expression : c’est un pas en avant pour l’intelligence.” [Plantu, 10/2006]

Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots.” [Martin Luther-King]



Edité par T 34 - 17 Jan 2015 à 05:50
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Jan 2015 à 04:49

Glenn Grennwald est le journaliste et avocat américain qui a révélé l’affaire Snowden, ayant receuilli ses confidences. Il a du se réfugier au Brésil, et son compagnon a été arrêté quelques heures par la police britannique… (il a bien morflé pour la liberté d’expression, lui, par rapport aux intellectuels germanopratins)

Voici sa vision (très américaine) de l’affaire Charlie.

P.S. pour toutes les caricatures qu’il montre, je vous renvoie sur la source originale de The Intercept (à la fin) - des fois que des crétins interprètent mal le message du billet (et comme ces dessins me font vomir, je ne souhaite pas les montrer sur le blog).

Je rappelle que l’antisémite est une horreur.

Défendre la liberté de la presse et la liberté d’expression, c’est à dire défendre le droit à la diffusion des idées considérées par la société comme les plus repoussantes, a été l’une de mes principales passions au cours de ces 20 dernières années : auparavant en tant qu’avocat, et maintenant comme journaliste. Aussi je considère comme positif qu’un grand nombre de personnes invoque ce principe haut et fort, comme cela s’est produit au cours des dernières 48 heures, en réponse à l’horrible attaque contre Charlie Hebdo à Paris.

Habituellement, défendre le droit à la liberté d’expression est une tâche bien plus solitaire. Par exemple, la veille des meurtres de Paris, j’ai écrit un article à propos des multiples affaires dans lesquelles des musulmans sont poursuivis et même emprisonnés par des gouvernements occidentaux pour leurs propos politiques en ligne – attaques qui ont provoqué relativement peu de protestations, y compris de la part des champions de la libre parole qui ont été si véhéments cette semaine.

J’ai déjà couvert des cas où des musulmans étaient emprisonnés pendant de nombreuses années aux États-Unis pour des affaires comme la traduction et la publication de vidéos “extrémistes” sur Internet, la rédaction d’articles académiques en soutien aux groupes palestiniens, l’expression de critiques acerbes à propos d’Israël, et même l’inclusion d’une chaîne du Hezbollah sur un bouquet câblé. Et tout ça n’est rien comparé aux nombreux cas où les gens ont perdu leur emploi ou ont vu leur carrière stoppée pour avoir exprimé des critiques sur Israël ou (beaucoup plus dangereux mais aussi plus rare) sur le judaïsme. Je veux espérer que ces célébrations de la liberté d’expression cette semaine vont aboutir à une opposition générale contre toutes les atteintes répétées et de plus en plus fréquentes aux droits politiques fondamentaux en Occident, et pas seulement à certains, déterminés de façon arbitraire.

Au centre du combat pour la liberté d’expression, il y a toujours eu la distinction entre le droit de disséminer une idée X et partager l’idée X, distinction que seuls les plus limités d’entre nous sont incapables de comprendre. Distinction qui défend le droit d’exprimer des idées repoussantes tout en étant capable de condamner l’idée elle-même. Ce n’est pas contradictoire : l’ACLU (l’Union américaine des libertés civiles) défend vigoureusement le droit des néonazis de défiler au milieu d’une communauté pleine de survivants de l’holocauste à Skokie, dans l’Illinois, mais ne se joint pas à la marche ; ils condamnent plutôt à haute voix l’idée en question comme grotesque, alors même qu’ils défendent le droit de l’exprimer.

Mais cette semaine de la défense du droit à la liberté d’expression a été si enflammée qu’elle a vu se développer un principe inédit : défendre la liberté d’expression, ce serait désormais défendre non seulement le droit à exprimer un discours, mais aussi son contenu même. De nombreux auteurs ont ainsi demandé ceci : pour exprimer « leur solidarité » avec les dessinateurs assassinés, il ne faudrait pas seulement condamner les attaques et défendre le droit des dessinateurs à publier, mais publier et même glorifier ces dessins. « La meilleure réponse à l’attaque de Charlie Hebdo est d’intensifier la satire blasphématoire », a déclaré le rédacteur en chef de The Slate, Jacob Weisberg.

Certains des dessins publiés par Charlie Hebdo sont non seulement offensants mais fanatiques, comme celui caricaturant les esclaves sexuelles africaines de Boko Haram en reines de l’assistanat (ci-dessus). D’autres sont allés bien plus loin que dénigrer la violence des extrémistes agissant au nom de l’Islam, ou représenter Mahomet par des images dégradantes (ci-dessus), mais contenaient bel et bien un flot de railleries à l’encontre des musulmans en général, lesquels en France n’ont aucun pouvoir mais représentent plutôt dans leur ensemble une population immigrante marginalisée et discriminée.

Mais peu importe : leurs dessins étaient “nobles” et devraient être célébrés – non seulement pour une question de liberté d’expression, mais pour leur contenu. Dans un article titré « Le blasphème dont nous avons besoin », Ross Douthat du New York Times a soutenu que « le droit de blasphémer (et donc d’offenser) est essentiel à l’ordre libéral » et « que cette forme de blasphème [qui provoque la violence] est précisément celle qui doit être défendue, parce que c’est celle qui sert clairement au bien commun d’une société libre ». Jonathan Chait du New York Magazine a déclaré que : “on ne peut pas défendre ce droit [de blasphémer] sans en défendre la pratique”. Matt Yglesias de Vox a eu une position bien plus nuancée mais a conclu malgré tout que “blasphémer le Prophète a fait passer ces publications d’un acte sans intérêt à un acte courageux et même nécessaire, pendant que l’observation que le monde se porterait mieux sans ces provocations devient une forme d’assentiment.”

En conformité à ce nouveau principe de solidarité avec le droit à la liberté d’expression et avec une presse libre vivante, nous publions quelques dessins blasphématoires ou offensants envers la religion et ses adeptes :

(dessins censurés, conforment à la loi)

(P.S. je rappelle que je condamne ce dessin, c’est une simple démonstration par l’absurde de l’auteur)

Et voici quelques dessins loin d’être blasphématoires ou fanatiques et pourtant très pointus et pertinents du dessinateur brésilien brillamment provocateur Carlos Latuff (reproduits avec son accord) :

L’heure est à la célébration de mon brave et noble combat pour la liberté d’expression, n’est-ce pas ? Ai-je porté un coup puissant pour la liberté politique et démontré ma solidarité avec la presse libre en publiant des dessins blasphématoires ? Si, comme le disait Salman Rushdie, il est vital que toutes les religions soient sujettes à un profond et courageux irrespect, ai-je fait ma part pour soutenir les valeurs occidentales ?

La première fois qu’on m’a demandé de publier ces dessins antimusulmans, le cynique en moi a pensé qu’en fait il ne s’agissait peut-être que de sanctionner une forme de discours blessant à l’encontre des religions et de leurs adeptes, tout en protégeant des groupes plus en odeur de sainteté. En particulier, l’Occident a passé des années à bombarder, envahir et occuper des pays musulmans, et à tuer, torturer et emprisonner sans procès des musulmans innocents. Et le discours antimusulman a été un élément vital pour que ces politiques continuent à recevoir du soutien.

Donc il n’est pas surprenant, au contraire, de voir un grand nombre d’Occidentaux célébrant les dessins antimusulmans – non pas sur la base de la liberté d’expression, mais en raison de leur approbation du contenu. Défendre la liberté d’expression est toujours facile lorsque vous aimez la substance des idées ciblées, ou ne faites pas partie (ou ne détestez pas explicitement) le groupe qui est ainsi vilipendé.

Ainsi, il va de soi que si un écrivain spécialisé dans des pamphlets ouvertement anti-noirs ou antisémites avait été assassiné pour ses idées, il n’y aurait pas de large appel à la republication de sa daube en “solidarité” avec sa liberté d’expression. En fait, Douthat, Chait et Yglesias ont chacun pris la peine d’expliquer expressément qu’ils n’appelaient à la publication de telles idées insultantes qu’uniquement dans le cas limité où en réponse, des menaces étaient proférées ou des actes de violence perpétrés – ce qui signifiait pour eux en pratique, pour autant qu’il me semble : les discours contre l’Islam. Douthat a même mis des italiques pour souligner combien était limitée sa défense du blasphème : “ce genre de blasphème en particulier est le genre qu’il est nécessaire de défendre”.

Il faut reconnaître un point valide dans l’argumentation de Douthat-Chait-Yglesias : quand les médias s’interdisent de publier des informations parce qu’ils ont peur (et non par désir d’éviter de publier des éléments gratuitement insultants), comme ont reconnu qu’ils le faisaient avec ces dessins plusieurs médias parmi les plus importants de l’Occident, cela est réellement gênant et devient une véritable menace à l’encontre de la presse libre. Mais il existe tout un tas de tabous pernicieux en Occident qui provoquent de l’autocensure ou de la suppression forcée d’idées politiques, avec des poursuites judiciaires suivies d’emprisonnement ou encore la ruine de carrières professionnelles. Pourquoi les violences perpétrées par des musulmans sont-elles les plus menaçantes ? (Et là je ne parle pas du fait de savoir si les médias doivent ou non publier les dessins parce qu’ils font l’actualité – je m’interroge dans le cas où on veut qu’ils soient publiés absolument, par approbation, par “solidarité”).

Quand nous avons parlé de publier cet article pour exposer cette réflexion, notre intention était d’embaucher deux ou trois dessinateurs pour faire des dessins se moquant du judaïsme et ridiculisant les figures sacrées pour les juifs, à la manière dont Charlie Hebdo l’a fait pour les musulmans. Mais cette idée a fini au panier, du fait qu’aucun grand dessinateur occidental n’oserait jamais mettre son nom au bas d’un dessin antijuif, même s’il était réalisé de manière satirique – parce que le faire aurait détruit instantanément et définitivement leur carrière, dans le meilleur des cas.

On a des commentaires (et des dessins) anti-Islam et anti-musulmans en veux-tu en voilà dans les médias occidentaux ; le tabou qui est au moins aussi fort, sinon plus, sont les images et les dessins anti-juifs. Pourquoi Douthat, Chait, Yglesias et leur compagnons de croisade pour la liberté d’expression n’appellent-ils pas à la publication d’éléments antisémites, par solidarité ou comme manière de se dresser contre cette répression ? Oui, c’est vrai que des journaux comme le New York Times ne publient que très rarement de telles représentations, sauf pour illustrer l’obscurantisme haineux et le condamner – et non pour le publier “en solidarité” ou parce qu’il mérite une diffusion sérieuse et respectueuse. Avec tout le respect que je dois à la grande dessinatrice Ann Telnaes, ce n’est simplement pas vrai que Charlie Hebdo “tapait sur tout le monde indistinctement“.

Tout comme pour Bill Maher, Sam Harris et d’autres maniaques anti-islam, tourner en dérision le judaïsme, les juifs et/ou Israël est quelque chose qu’ils feront rarement (sinon jamais). S’ils y sont obligés, ils peuvent sortir quelques rares cas isolés dans lesquels ils ont balbutié une espèce de critique du judaïsme ou des juifs, mais le gros de leurs attaques est réservé aux musulmans et à l’islam, et non aux juifs et au judaïsme. Parodie, liberté d’expression, athéisme laïque : ce sont les prétextes. Diffusion de message anti-musulmans : c’est le but principal et le résultat obtenu. Et cette diffusion – cette affection toute particulière pour les discours insultants et anti-islam – coïncident comme par hasard et nourrissent l’agenda diplomatique va-t-en-guerre de leurs gouvernements et de leur culture.

Pour comprendre à quel point cela est vrai, pensez au fait que Charlie Hebdo – ceux qui “tapent sur tout le monde indifféremment” et qui défendent toutes les sortes de discours insultants – a viré l’un des auteurs en 2009 pour une phrase que certains ont trouvé antisémite. L’auteur a ensuite été inculpé d’incitation à la haine raciale, et gagné un jugement contre le magazine pour licenciement abusif. Est-ce que vous appelez cela “taper sur tout le monde sans distinction” ?

Et menacer d’avoir recours à la violence pour répondre à des idées insultantes n’est pas non plus l’apanage des extrémistes qui revendiquent leurs actions au nom de l’Islam. En 1998, La pièce de Terence McNally qui mettait en scène un Jésus gay, était régulièrement annulée par les théâtres suite à des alertes à la bombe. Larry Flynt fut paralysé suite à l’agression d’un suprématiste blanc évangéliste qui s’était offusqué de la publication dans Hustler d’images pornographiques de couples mixtes. Les Dixie Chicks subirent un déluge de menaces de mort et bénéficièrent d’une protection imposante après avoir publiquement critiqué George Bush et la guerre en Irak, ce qui les contraint finalement à s’excuser par peur de représailles. La violence provoquée par les fanatiques juifs et chrétiens est monnaie courante, depuis l’assassinat de médecins pratiquant l’avortement, l’explosion de bars gays jusqu’à l’occupation brutale depuis 45 ans de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, en partie liée aux croyances religieuses (aussi bien aux USA qu’en Israël) qui font d’Israël la Terre promise selon la loi divine.

Et tout cela est indépendant de la violence d’état systématique qui a été maintenue en Occident, au moins en partie, par le sectarisme religieux. David Brooks du New York Times déclare aujourd’hui que la tendance antichrétienne est tellement répandue aux USA (dont le peuple n’a jamais élu un président non chrétien) que l’Université de l’Illinois a renvoyé un professeur qui enseignait la position de l’église catholique romaine sur l’homosexualité. Il a oublié cependant de mentionner que cette même université vient tout juste de mettre fin au contrat d’enseignement du Pr Steven Salaita en raison de tweets postés durant l’attaque israélienne sur Gaza, que l’université jugea trop virulents à l’encontre des leaders juifs, et que l’invitation à s’exprimer du journaliste Chris Hedges à l’université de Pennsylvanie venait d’être annulée pour le délit d’opinion d’avoir fait des comparaisons entre Israël et l’Etat Islamique.

C’est un vrai tabou, une idée refoulée, aussi puissant et absolu que n’importe lequel aux États-Unis, à tel point que Brooks ne reconnaîtra pas même son existence. C’est certainement plus un tabou aux États-Unis que la critique des musulmans et de l’Islam, que l’on entend si fréquemment dans les milieux dominants – y compris au sein du Congrès américain – qu’on ne le remarque qu’à peine désormais.

Cela souligne le point clé : Il y a de multiples manières de réprimer des idées et des points de vue en Occident. Quand ceux qui demandent la publication de ces caricatures anti-islam commenceront aussi à demander la publication de ces idées, je croirai à la sincérité de leur très sélective approche des principes de la liberté d’expression.

On peut défendre la liberté d’expression sans avoir à publier et encore moins adhérer aux idées offensantes en question. Mais si ce n’est pas le cas, ayons une application équitable de ce nouveau principe.

Photo de Joe Raedle/Getty Images ; Recherches supplémentaires faites par Andrew Fishman

Source : Glenn Greenwald, The Intercept, le 09/01/2014 Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

=====================================

Disclaimer : le site www.les-crises.fr condamne fermement le racisme et l’antisémitisme, l’appel à la haine, le terrorisme, et toute forme de violence.

=====================================

P.S. pour finir, une petite vidéo du Monde :

http://www.dailymotion.com/video/x1x8uyo_glenn-greenwald-le-terrorisme-est-un-pretexte_news

Glenn Greenwald, journaliste à l’origine d’une bonne partie des révélations sur la NSA et auteur du livre Nulle part où se cacher (éd. Lattès), débat avec Marc Trévidic (juge antiterroriste), Alain Chouet (ex-DGSE) et Hubert Védrine (ancien ministre des affaires étrangères). Le terrorisme est-il un alibi bien pratique ou un argument justifié ? Pour M. Greenwald, « le terrorisme est un prétexte » permettant aux dirigeants occidentaux d’« exploiter les craintes » pour accroître leurs prérogatives. En cela, les attentats du 11 septembre 2001 furent « un coup de pouce », selon M. Trévidic, alors que, comme l’assure M. Chouet, « il ne faut pas penser que le terrorisme est la pire des menaces ».
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/pixels/video/2014/05/28/glenn-greenwald-le-terrorisme-est-un-pretexte_4427665_4408996.html#ReDYZh3wAxuvGO7U.99

 


Edité par T 34 - 17 Jan 2015 à 20:14
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
Ali Baba allez vers le bas
Nouvel arrivant
Nouvel arrivant


Depuis le: 12 Jan 2015
Status actuel: Inactif
Messages: 9
  Citer Ali Baba Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Jan 2015 à 15:38
Délectable.
La guéguerre globalisée et néanmoins Franco-française que les blogs de complaisance, les-crises.fr, Médiapert et autre arretsurimages.net se livrent, est orchestrée par les ayatollahs de la pensée unique "libre et non faussée" cela va de soi.

En tronquant  ma libre expression sur son blog j'ai fait la démonstration que le citoyen Berruyer n'était, en réalité, qu'un zélé défenseur de l'ordre selon la sainte finance.
Son acharnement à voir dans les caricatures beaucoup plus que ce que les concepteurs eux-mêmes y mettent est une véritable maladie, surtout quand cette maladie se réfère au symptôme Glenn Grennwald.
Nommer ouvertement les dessins de Charlie Hebdo de BLASPHEMATOIRES est une arnaque mais pas seulement, avant toute chose c'est une attaque des bien-pensants totalement acquis à l'esprit et à la volonté des politiques dont le seul crédo actuellement est de vouloir restreindre encore plus la libre expression.
L'interprétation renversante et couillue de Mahomet (ou de pas Mahomet) même répétée des milliards de fois ne fait que truander la véracité des traits de crayon et de rien d'autre.

Petit rappel = la libre expression n'est en rien la liberté d'expression (encadrée par la loi) mais, des deux, en faire l'amalgame est une tentative délibérée de nuire a l'une et à l'autre.
Dans ce  cas le discernement est passé à la trappe et c'est fortement dommageable  pour les forces réelles du pays aspirant au progrès humain.

NB: Glenn Grennwald est une sorte de lampiste désigné par la plus haute sphère médiatique pour controler l'affaire Snowden. Nous y sommes, le petit second couteau Grennwald aboie en même temps que ses maîtres organisent les massacres et le chaos dans le monde.



Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Jan 2015 à 20:46

Un dimanche à Paris : Ah tiens une manif …

 
 
Photo : BRENDAN SMIALOWSKI / AFP

Enfin on va avancer l’enregistrement de mon nouvel album, « Ministère Double joker ou le moins pire des mondes possibles ». Mon ingé son, Momo le grand fou, habite à Jacques Bonsergent, ligne 5, près de la place de la République. La mauvaise place au mauvais moment... Impossible d’arriver au studio : une manif. J’ai beau essayer de me frayer un chemin, de prendre un autre métro, de contourner, de rentrer chez moi même… pas moyen : tous les chemins mènent à la manif. J’ai vraiment pas envie. Je peux pas travailler, je peux pas rentrer chez moi, je peux pas m’exprimer librement à travers ma musique. J’essaye de passer en-dessous des cordons faits par la police, qui me rembarre. Je râle : « on peut même plus rentrer chez soi ! ». Un manifestant d’une quarantaine d’année, visiblement exaspéré par ma réaction, me répond « On peut pas tout avoir ». Qu’est-ce ça veut dire ? T’as une manif donc des filcs, pas de flic donc pas de manif. Ok le ton est donné : hyper quadrillé et au pas. Et d’ailleurs, me voilà dans une manif au rythme particulièrement régulier, bien rangé et en ordre. Tu peux même plus râler. « T’as qu’à pas habiter là, pauve con » J’ai compris. Pas le choix : je fais la manif. J’ai bien su les événements, mais n’ayant pas la télé, je n’ai pas vraiment d’opinion. C’est donc avec une certaine innocence que je traverse, bon gré mal gré, ce flot humain et de pancartes ; bien rangé.

On déboule dans une rue. Me voici immédiatement entouré de drapeaux bleu blanc rouge. Ca donne un peu le tournis : j’en avais jamais vu une telle concentration sur un si petit périmètre. J’ai dû tomber dans la mauvaise manif. Je demande, le plus neutre possible, à la petite dame à coté de moi : « C’est bien la contre-manif ici ? ». Elle me répond fermement, voire acariâtre : « Non : ici nous sommes dans la vraie ! ». A ce moment précis monte un chant : la Marseillaise. Je suis un peu confus. Je n’ose pas regarder la dame… bon j’ai dû rater un wagon…

Passe alors un groupement de femmes juives, avec comme pancarte couvrant leur corps : « Je suis Charlie, Je suis juive, je suis flic ». Je flippe un peu. Flic dans une manif pour la liberté d’expression, juif dans une manif laïque, religion et police avec Charlie, ça dissone de partout. J’aurais bien voulu parler un peu avec elles, mais vu leur regard noir, on imagine facilement des matraques derrière leurs affiches…

Ah tiens une main en carton ! Ah mais j’la reconnais, c’est « Touche pas à mon pote », le mouvement des années 80-90 qui a servi à rien sinon à faire la promotion du parti « socialiste » qu’on a maintenant… Qu’est-ce qu’il y a dessus ? « Touche pas à Charlie ». Ah oui… c’est sûr… mais c’est un peu tard, les gars…

Oh des petites pancartes… une phrase : « Même pas peur ». Ca me rappelle quand on était gosses, les virées en voiture avec mon oncle toxico, dans les Alpes au bord des précipices. Pour se donner du courage et espérer arriver vivant, on gueulait pareil « même pas peur ! »… Bon on a quand même fini par se prendre un arbre...

Une autre pancarte, un peu plus longue cette fois : « Le dialogue pour la compréhension, la paix et le respect. ». Je comprends pas très bien et je demande « Euh… quel dialogue ? ». Une grande dame à coté de moi me répond sur un ton prophétique. « On s’en fout. C’est pas grave. Le plus important c’est d’être dehors. Dehors tous ensemble ». On de la chance le temps est ensoleillé…

Le drapeau du PSG (Paris St Germain) ! Le stade dans la manif politique, à quand les manifs politiques dans les stades ? Ca rappelle de mauvais souvenirs…

Très rigolo : des jeunes italiens, visiblement exaltés, courent, sautillant, à travers la manif. Je finis par percevoir le beau drapeau gay multicolore avec écrit « PACE »(Paix). Je les regarde passer avec sympathie, et commence à me demander s’il ne s’agit pas là d’une nouvelle forme de carnaval, où tout s’inverse, le bas est en haut, le haut en bas, les valeurs se mélangent, se confondant pour une fête du non-sens. Peut être pour quelques vieux anars de Charlie, une fête du contre-sens…

Alors là… au milieu de drapeaux américains et français, un drapeau que je connais pas : bleu et jaune. Vous connaissez vous ? Comme d’hab j’me renseigne. Deux mecs d’une carrure de boxeurs poids lourds, avec vraiment une sale gueule, me répondent, comme à un abruti : « Ben c’est l’Ukraine ! ». A moins que ça n’est changé depuis quinze jours, les neo-nazi ukrainiens soutenus par l’OTAN, ne sont pas des chantres de la liberté d’expression, me semble-t-il. Mais encore une fois j’ai dû rater un wagon…

D’ailleurs pas si loin, j’entends parler américain très très fort et avec conviction. Je me demande ce qu’ils foutent là. Je me retourne. Des jeunes nanas. Peut- être elles suivent Madonna. Y parait qu’elle est à la manif. « Hey all is fine ? Yes yes yes ? What are you doing ? Just to know… » Regard particulièrement méprisant. Je n’insiste pas. Je me dis qu’Obama aurait tellement de leçons à nous donner en ce qui concerne la liberté d’expression, et la liberté tout court, que ça vaut bien de fermer humblement sa gueule…

De superflu en superflu : « La satyre pas des tirs ». Bon ça rime…

Le new-age n’a pas été oublié dans l’affaire : « De l’humour et de l’amour. » il manque plus que nos stars de la variété pour se faire une promo mondiale. Peut-être y sont là en fait…

J’entends des gens apparemment spécialisés dans les mouvements de foule : « Le PS arrive ! Avec l’UMP qui coure derrière ! Et le front de gauche ! Y s’courent après pour arriver les premiers ! ». La ballade des gens heureux, la grande messe cool du dimanche, elle est quand même un peu stressée. Pas facile de rester politiquement correcte, quand y a autant d’enjeux et de marketing. Mais faut avouer, les gens s’en sortent très bien. A croire que c’est devenu une seconde nature le politiquement correct. Moi j’ai encore un peu de mal, mais j’vais regarder plus souvent la télé…

Je finis par regarder du côté des vagues d’applaudissements, qui se suivent comme une marée montante. Mais pour quoi ? Je regarde au ciel, dès fois que j’aurais raté la Vierge Marie... et puis… j’percute… j’me frotte les yeux… mais non… c’est bien vrai… on applaudit au passage des cars de CRS ! On les embrasse même ! Alors là c’est l’pompon. La répression comme symbole de la liberté. Je ne demande rien à personne, parce que je sens que les gens sont devenus très susceptibles en ces temps de laïcité agressive ; et mes questions leur portent vite atteinte. Je fais un effort pour comprendre tout seul. Un flic est mort dans la « bataille », donc : « Je suis CRS ! ». Bon. Imaginons que ce jeune homme noir, musulman, sans papiers, qui a sauvé plusieurs personnes à Vincennes, en les cachant dans une chambre froide, soit un peu moins discret, qu’il ait été tué, et surtout, oui et surtout : qu’il ait été filmé. On aurait tous applaudit, et au passage, on serait devenu : 1- des jeunes hommes noirs (plausible), 2- des musulmans (plus difficile), 3- des sans-papiers (gloups…)... il faut avouer que dans l’état émotionnel où on est, on serait prêt à devenir tout et n’importe quoi...

Tout à coup, comme un funeste présage, j’entends un son de trombone, genre « bienvenu au cirque ». Mais juste un. Vite étouffé. Je me suis demandé si on avait pas demandé au musicien de fermer sa gueule, à lui aussi. C’est sur : ça va pas avec la marche funèbre, les sons du cirque…

Au milieu de cette marche débonnaire, et relativement silencieuse du coup, je vois des fantômes. Je vous jure : de vrais fantômes ! Un vieux noir avec des dread accompagné d’une petite femme à l’air très fatiguée. Ils tiennent à eux deux une banderole, blanche à la base, avec pleins de trucs écrits et pleins de ratures. Franchement on a pas envie de lire. En plus ils ont l’air dépité. Manque de bol, je me retrouve deux fois, pile devant eux. Je finis par lire leur banderole de récup : « Je ne suis pas Charlie, je ne vois qu’une Afrique pillée par l’OTAN qui favorise les pires terroristes. » Ils sont bien seuls, car partout autour : des sourires bienveillants des « Je suis Charlie ». Eureka ! Je comprends la phrase de la dame : « Le plus important c’est d’être dehors, ensemble ». On peut ne pas être d’accord, mais on est tous ensemble unis dans la même manif. Chacun a sa vérité. Pas de fanatisme. On se respecte. On marche ensemble. Respect de la différence. Liberté d’expression. Chacun son truc, mais on marche ensemble. Toutes les positions sont admises. Les gens de la manif ont la cool attitude. Tout se vaut. On est tous égaux. C’est beau. Ensemble dans la manif dans un consensus enfin national. Et en plus le monde entier nous regarde. On a enfin réussi à faire digérer des mots aussi antinomiques, grâce à la manif de la liberté d’expression, que l’OTAN et l’Afrique pillé par l’OTAN : même combat ! Cette petite banderole, au milieu du désert des sourires complaisants, rappelle que manifester pour la liberté d’expression contre le terrorisme, ça a quelque chose d’absurde. C’est comme manifester contre le sida. On peut réclamer plus d’argent pour la recherche et plus de facilités pour les médicaments, mais contre le sida, ca veut rien dire. Ben c’est pareil ici. Le symptôme, pas les causes ! Les causes du terrorisme et de la disparition de la liberté d’expression : on s’en fout ! Même mieux : les causes elles sont là, devant nous : les chefs d’Etat et leur politique, et en plus ils ont même réussit à foutre en l’air le sens de la manif. Et d’ailleurs ils le disent bien les causes : « C’est pas nous c’est les autres ! Et c’est quoi des causes ? C’est juste le chaos et on va remettre tout en ordre ! Tous ensemble ! Allez on frappe dans les mains ! » Les manifestants voient ça de loin, même si on frappe dans les mains. Ca donne le rythme. Comme ça on a une manif tranquille, douce, intelligente ; pas de vague. Un grand moment de paix. Une manif sans débordements. On est enfin mûrs en Occident : bien rangés, tous au même pas. Je me dis que finalement, les flics on en a plus vraiment besoin, on le fait très bien tout seul. Des temps bien étranges… j’ai dû louper tout le train…

***

Comment en est-on arrivé à défiler pour la liberté d’expression, avec comme guide, des chefs d’Etat venus redorer leurs tristes blasons, qui n’ont de cesse de nous normaliser à grands coups médiatiques et à petits coups répétés dans l’organisation de notre vie quotidienne ? Comment en est-on arrivé à soutenir passivement et massivement, ceux qui musèlent justement cette liberté (dont Charlie hebdo comme tant d’autres ont pâti, mais là ils vont par se refuser de devenir journal officiel pour le prochain musée de la propagande…) ? Comment en est-on arrivé, d’un élan contre un acte inouï, à défiler sous les drapeaux français et un pacte républicain à verve nationaliste et européaniste, qui par ailleurs exclue 25% de la population française, que représente le FN ? Un pacte excluant à la base. A force de tomber à droite, Marine va finir au centre…

En tombant par hasard dans la manif, j’ai eu quelques bribes de réponse.

Malgré les apparences, chacun semblait isolé, tout comme dans le métro. Il est facile d’imaginer que dans cet Isolement, on croit qu’il suffit de penser librement, pour être libre, surtout dans une marche aussi formelle et volatile. Et en l’occurrence la liberté d’expression s’y prête bien : « Je m’exprime donc je suis libre ! » Ca coute rien comme liberté. C’est pas comme les retraites, la sécu, l’éducation, les hôpitaux et la concentration des richesses. Et puis si les autres pensent différent, on s’en fout, car d’ailleurs eux aussi s’en foutent de ce qu’on pense. Mais au moins on s’est tous exprimé. Il se trouve qu’en plus, on pense tous pareil. Facile : quand on est isolé, les médias, eux, s’occupent de nous occuper, et ils parlent tous le même langage, à peu de chose près. On pense tous pareil, ça veut dire on pense tous média. On est isolé puis réuni par l’idéologie des médias et leur censure silencieuse. C’est par cette déconnexion aux autres, qu’on arrive à faire une manif où on est connecté seulement par les medias, mais en se croyant dans l’expression, libre de sa pensée. Et dans la manif c’était plutôt effarant de déconnexion. Franchement proche de l’hallucination de masse. Mais une hallucination cool bobo. Tranquille quoi.

L’histoire 68 tard, critique, un peu anar de Charlie, à la trappe ! Le nationalisme, c’est pas grave, c’est pour la bonne cause ! Les chefs d’Etat qui récupèrent, faut pas leur en vouloir c’est leur boulot ! La vraie liberté d’expression, qui n’existe plus depuis des années, ah bon… mais on dit c’qu’on veut en France… la preuve : on est là à la manif ! Chacun est dans son monde tout puissant, persuadé que la récupération ne le concerne pas. Le miracle de l’expression libre, c’est de croire que le fait même d’aller manifester, au nom d’une liberté d’expression toute formelle, libère de toute récupération, alors même qu’on défile sous la bannière de ses propres censeurs. Mais la bannière dans le for intérieur du manifestant, elle est blanche comme la colombe, et le berger on le méprise vaguement. « On est pas si con que ça ! ». Et puis les bannières, on finit par plus les voir, et le berger il vous envoie aux champs de bataille pour la nation, l’Europe et les USA…. au nom de Charlie ! C’est quand même miraculeux la liberté d’expression : il suffit de penser qu’on est pas d’accord, et le drapeau eh bien : il disparait ! D’ailleurs il n’a jamais existé ! Hallucination et déni de la réalité. Chacun dans sa toute puissance, cache, sous la bonne conscience du mot respect, la pire des censures : l’indifférence. Au fond on veut pas se le dire, mais on vend, on offre même, notre liberté et nos forces de pensée, à des bergers qui nous bercent de beaux mots. Eh oui, ça vaut cher les tours de prestidigitation et la dose d’hallucination…

Merci Charlie quel retournement, quel coup de théâtre tu nous as offert ! Quelle belle surprise : l’Union nationale autour des valeurs de la République, de l’Europe, de l’OTAN ! Ca y est le pacte transatlantique : validé ! A moindre frais ! Encore quelques terroristes avec des morts et tout le tralala, et on est prêt pour la guerre atomique ! Tant pis si dans le passé t’étais pas d’accord Charlie, maintenant t’es mort, et on parle à ta place : « Les absents ont toujours tort ! Et qui ne dit mot consent ! »

La suite on connaît : commandements contradictoires type pacte républicain excluant, dérive sécuritaire et de surveillance à la défaveur des citoyens, mini 11 septembre pour une politique étrangère agressive, manipulation des masses par la peur vers le nationalisme, mise en état de choc et diversion vers des valeurs abstraites et un bouc émissaire communautaire pour masquer les vrais problèmes créés par la folie du marché sauvage, et en prime, des citoyens isolés au cerveau retourné, qui sont tellement fragilisés par les attaques des médias, de la société de consommation, par l’addiction aux trois écrans, et la peur généralisée, qu’ils sont prêts à suivre n’importe quelle chimère.

Tristan Edelman


Discours (presque) imaginaire de Manuel Valls à l’Assemblée

 

Après avoir reconnu l’existence de "failles" dans le système de renseignement français, le premier ministre français Manuel Valls fait son mea culpa devant les députés français pour avoir tendu la main à l’un de plus grands financeurs du terrorisme, le Qatar.

Mesdames et Messieurs les députés,

C’est avec la plus grande sincérité que je viens me présenter ici, dans cet hémicycle qui a été la chambre d’enregistrement de tous les drames de notre République. Vous avez devant vous un homme nu. Il va vous avouer ses faiblesses et, si vous le voulez, demander votre pardon.

Oui, pendant des années j’ai commis une erreur, et même une faute et elle a participé, peu ou prou, aux drames que nous venons de vivre. Une faute que l’on peut qualifier d’originelle. Maire d’Evry j’ai entretenu et fais fructifier des relations assidues avec une infréquentable dictature, celle du Qatar. Aveuglé par mon intérêt, et mon ambition, j’ai refusé de voir, j’ai refusé de lire, que ce micro pays accompagnait les djihadistes comme jadis la cantinière suivait le bataillon. Pis que cela, et je l’avoue seulement aujourd’hui, alors que s’ouvrait la campagne présidentielle j’ai organisé une rencontre peu glorieuse et qui me fait honte. Un face à face entre celui qui était alors mon champion et qui est aujourd’hui mon maître, un colloque intime entre François Hollande et HBJ, le premier ministre de Doha, l’homme le plus riche du monde.

Après avoir ouvert, sur son territoire, des ambassades capables de représenter tous les courants islamistes du monde, les Talibans, le FIS algérien, les Tchétchènes, j’en passe et des plus rudes, mes amis qataris n’ont pas hésité à venir en aide au Mujao, un mouvement djihadiste ayant pignon sur piste dans les déserts du nord Mali. Ils ne redoutent pas aujourd’hui encore, à investir par le biais de Qatar Charity, le sud Niger, qui devient par là une base logistique prisée de Boko Haram. Ce constat bien tardif, celui d’une confiance trahie, m’accable, appelle l’excuse, que je présente, et le désir d’absolution.

Enfin j’ai honte d’avoir partagé la joie et le pain, les salamalecs aussi et de stupides remises de prix avec ces hommes venu du chaud, d’une brûlante dictature. Et j’ai honte de lire sous la plume d’Abdallah Al-Athbah, le patron du quotidien qatari « Al-Arab », « qu’aucun musulman n’avait à présenter d’excuses pour l’attaque contre Charlie Hebdo ». Alors que ce rédacteur en chef est un intime du palais de l’émir et qu’il écrit sous sa dictée.

Mesdames et Messieurs les députés je demande votre confiance, non celle de l’urne mais celle du cœur, comptez sur moi pour rompre avec quiconque, individu, société, ONG ou état qui aura facilité le développement du djihad et j’englobe là nos amis américains.

A ce titre, je me flagelle moi-même pour avoir encouragé notre jeunesse, sur le modèle des Brigades Internationales, à aller combattre le maître de Damas, Bachar Al-Assad. Le tout s’achevant par la naissance d’une troupe qui est passée du combat pour la liberté à celui du Djihad.

Des excuses aussi pour avoir invité à l’Union nationale Nicolas Sarkozy, oubliant que ce dernier, avec encore une fois ses amis du Qatar, a ouvert le plus grand paradis salafiste à une heure d’avion de Marseille, je veux dire la Libye.

Puisque cette révision me conduit à l’intérieur de nos frontières, je souhaite vos excuses pour l’inanité de nos services de renseignement. Ceux-là qui, depuis des mois, ont cessé toute surveillance sur un groupe qu’ils avaient pourtant, et au préalable, harcelé comme il se doit. L’origine de cette perte de vigilance, c’est la transformation d’hommes et de femmes chargés de recueillir des informations utiles pour notre République en un conglomérat de Robocop botté, casqué, giletparballisé. D’avoir, alors ministre de l’Intérieur, transformé une police faite d’hommes en un jeu vidéo. Je suis conscient de cela et vous présente, encore une fois, mes regrets les plus profonds.

Pour finir, Mesdames et Messieurs les députés, je tiens à vous faire partager ma dernière analyse, celle née de la tragédie que nous venons de vivre. Si quelques-uns de nos enfants, deviennent des monstres c’est que, venus d’ailleurs, des recruteurs les mobilisent pour une guerre qui n’est pas la leur. Et que nous avons laissé faire au nom du pétrodollar.

Je vous demande pardon et vous remercie.

Jacques Marie Bourget



Edité par T 34 - 17 Jan 2015 à 21:08
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Jan 2015 à 18:41

Les terroristes sont-ils tous des musulmans ? C’est bien loin d’être la réalité (The Daily Beast)

 
 

Quel est le pourcentage d’attaques terroristes commis par des musulmans aux Etats- Unis et en Europe ?

Devinez...
Non...
Devinez à nouveau...
Encore...

Combien de fois avez-vous entendu : " Tous les musulmans ne sont pas des terroristes, mais tous les terroristes sont musulmans” ? Bien sûr, nous avons entendu Brian Kilmeade (1) journaliste de Fox News le dire , mais pour moi, tout ça fait partie de la politique même de Fox News : crétiniser leurs téléspectateurs, chaîne qui d’ailleurs s’est brillamment illustré le week-end dernier, lorsque son "expert" sur le terrorisme Steve Emerson a été pris la main dans le sac en train de mentir sur la ville de Birmingham, en Angleterre, en disant qu’elle est fermée aux non-musulmans (4).

Mais plus inquiétant encore est le fait que même des personnes raisonnables aient relayé cette déclaration mensongère. Et ce genre de commentaire est bien souvent suivie par la question : Pourquoi ne voyons-nous pas des terroristes chrétiens , bouddhistes ou juifs ?

Bien sûr, il y a des gens qui se considèrent sincèrement comme des musulmans, qui ont commis des actes horribles au nom de l’Islam. Nous, musulmans, pouvons faire valoir que leurs actions ne sont pas basées sur une partie quelconque de la foi, mais bien sur leur propre programme politique. Mais on ne peut nier le fait qu’ils soient musulmans.

Cependant, et ça en choquera probablement plus d’un, alors respirez un grand coup : la très grande majorité de ceux ayant commis les attentats terroristes aux États-Unis et en Europe ne sont pas des musulmans.

Donnons nous quelques instants pour ajuster nos esprits.

Si vous ignoriez ce fait, ce n’est pas de votre faute. Vous pouvez blâmer les médias. (Oui, Sarah Palin, je suis d’accord sur un point : Les médias traditionnels puent) .

Alors, voici quelques statistiques pour ceux qui s’y intéressent. Commençons par l’Europe.

Devinez le pourcentage des attaques terroristes commis par les musulmans au cours des cinq dernières années ?

Faux ! À moins que vous n’ayez répondu : moins de 2%.

Comme l’indique Europol (6), l’agence d’application des lois de l’Union européenne, dans son rapport de l’an dernier, la grande majorité des attaques terroristes en Europe ont été perpétrées par des groupes séparatistes. Par exemple, en 2013, il y a eu 152 attaques terroristes en Europe. Seules deux d’entre elles avaient des “motivations religieuses”, 84 d’entre elles étaient motivés par des idéaux ethno-nationalistes ou séparatistes.

Nous parlons de groupes comme le FLNC en France, qui revendique l’indépendance de la Corse. En Décembre 2013, les terroristes du FLNC ont mené des attaques à la roquette contre des postes de police dans deux villes françaises, simultanément. En Grèce fin 2013, des militants de l’aile gauche des Forces Révolutionnaires Populaires ont abattu deux membres du parti politique d’extrême droite Aube Dorée. Alors qu’en Italie, le groupe anarchiste FAI a orchestré de nombreuses attaques terroristes, dont l’envoi d’une bombe à un journaliste. Et la liste s’allonge encore...

Avez-vous entendu parler de ces attentats ? Probablement pas.

Mais si des musulmans les avaient commis, pensez-vous que nos médias les auraient couvert ? Pas besoin de répondre, c’est une question rhétorique .

Quand nous voyons comment la presse Etats-Unienne à couvert en 2011, l’une des pires attaques terroristes en Europe, lorsqu’ Anders Breivik a abattu 77 personnes en Norvège pour défendre sa cause, anti-immigration, anti-musulmans, et pro " Europe Chrétienne " comme cité dans son manifeste, on est bien loin de la façon dont elle l’aurait traité s’il avait s’agit d’un terroriste musulman. De plus, dans la sphère des chaines d’infos, nous n’avons pas eu droit, aux bombardement médiatique habituel des experts du terrorisme, cherchant comment arrêter de futurs attentats terroristes chrétiens. En fait, la suggestion même que Breivik est bien un "terroriste chrétien" a été accueillie avec indignation par beaucoup, Bill O’Reilly de Fox News compris (7).

Avez-vous entendu parler des terroristes bouddhistes ? Eh bien, des extrémistes bouddhistes ont tué de nombreux civils musulmans en Birmanie (8), et il y a quelques mois au Sri Lanka, certains se sont déchaînés violemment contre la communauté musulmane, en brûlant des maisons, des entreprises et en massacrant quatre personnes (9).

Ou que diriez-vous ( si j’ose les mentionner ) des terroristes juifs ? Comme cité dans le rapport du Département d’Etat de 2013 sur le terrorisme, il y a eu 399 actes de terreur commis par des colons israéliens sous la dénomination d’ "attaques d’étiquette de prix " (10) et (11). Ces terroristes juifs ont attaqué des civils palestiniens, entraînant des dommages corporels pour 93 d’entre eux, ils ont également vandalisé des dizaines de mosquées et d’églises chrétiennes.

Aux États-Unis, le pourcentage d’attaques terroristes commises par des musulmans est presque aussi minuscule qu’en Europe. Une étude du FBI sur les actes terroristes commis sur le sol américain entre 1980 et 2005 a révélé que 94 pour cent des attaques terroristes ont été commises par des non-musulmans. En réalité, 42 % des attaques terroristes ont été menées par des groupes liés aux communautés latinos - , 24% ont été perpétrés par des acteurs de l’extrême gauche.

Et comme l’indique une étude de l’Université de Caroline du Nord publiée en 2014, depuis les attentats du 11 septembre, le terrorisme lié aux communautés musulmanes a coûté la vie à 37 Américains. Tandis que dans cette même période, plus de 190 000 Américains ont été assassinés (13).

En fait, en 2013 , les Étasuniens étaient plus susceptibles d’être tué par un bambin que par un terroriste. Cette année là, trois Étasuniens ont été tués lors du bombardement du Marathon de Boston, alors que cinq d’entre eux ont été tués accidentellement par des tout-petits jouant avec des armes à feu. (14)

Mais nos médias ne couvrent tout simplement pas les attaques terroristes non-musulmanes avec le même enthousiasme. Pourquoi ? C’est un choix commercial. Les histoires sur les effroyables « autres » se vendent mieux. C’est une histoire qui peut être simplement conçue avec la notion du bien contre le mal, les Etasuniens étant les bons gars et les musulmans mat de peau étant les mauvais.

Honnêtement, quand est-ce que nous avons entendu les médias se référer à ceux qui attaquent les cliniques d’avortement comme étants des "terroristes chrétiens" (15), même si ces attaques se produisent contre un établissements de santé reproductive sur cinq dans tout le pays ? Ça ne se vend pas aussi bien. Après tout, nous sommes une nation dite chrétienne, en parler nous obligerait à regarder l’ennemi en notre propre sein, et beaucoup de personnes se sentiraient mal à l’aise.

Ou pire encore, ils risqueraient de changer de chaine .

C’est la même raison pour laquelle nous ne voyons pas beaucoup de reportages ni de débats sur la façon de réduire le nombre d’Américains (30 par jour) tués par armes à feu, ni sur la violence domestique ( 3 femmes tuées par jour).

Mais les médias auront bien sûr de nombreux experts pour discuter sur comment empêcher ces effroyables musulmans à la peau brune, de tuer un seul Étasunien de plus, malgré le fait que nous ayons une plus grande chance d’être tué par un réfrigérateur qui nous tombe dessus. (16)

Il est évident que cet article ne va pas changer la façon de faire des médias. Mais j’espère que cet article en amènera certains à se rendre compte que les terroristes ne sont pas tous musulmans. En réalité, ils ne représentent qu’un très petit pourcentage d’entre eux. Pour autant, je ne vous dis pas d’ignorer les dangers posés par l’islamisme radical. Je vous dis simplement de faire attention aux frigos !

Dean Obeidallah

Dean Obeidallah (comédien Etats-Unien) http://deanofcomedy.com

(source de la traduction non précisée)

(1) http://thinkprogress.org/media/2010/10/15/124417/kilmeade-muslim-terrorists/

(2) http://www.mediaite.com/tv/terrorism-expert-apologizes-for-totally-inaccurate-comments-on-fox/

(3) http://www.thedailybeast.com/articles/2015/01/12/sorry-fox-birmingham-isn-t-muslim-only.html

(4) http://www.thedailybeast.com/articles/2015/01/12/sorry-fox-birmingham-isn-t-muslim-only.html

(5) http://thinkprogress.org/world/2015/01/08/3609796/islamist-terrorism-europe/

(6) https://www.europol.europa.eu/latest_publications/37

(7) http://www.csmonitor.com/World/Global-News/2011/0801/Norway-attacks-Was-Breivik-a-Christian-terrorist

(8) http://world.time.com/2013/06/20/extremist-buddhist-monks-fight-oppression-with-violence/

(9) https://news.vice.com/article/meet-the-violent-buddhists-starting-riots-in-sri-lanka

(10) http://www.state.gov/j/ct/rls/crt/2013/224823.htm

(11) http://malaassot.over-blog.com/2014/05/toutes-les-attaques-de-etiquette-de-prix-sont-elles-egales.html

(12) http://www.fbi.gov/stats-services/publications/terrorism-2002-2005/terror02_05#terror_05sum

(13) http://sites.duke.edu/tcths/files/2013/06/Kurzman_Muslim-American_Terrorism_in_2013.pdf

(14) http://blogs.forward.com/jj-goldberg/176043/more-killed-by-toddlers-than-terrorists-in-us/

(15) http://thinkprogress.org/health/2014/01/15/3163761/abortion-clinics-need-buffer-zones/

(16) http://www.theatlantic.com/international/archive/2012/06/americans-are-as-likely-to-be-killed-by-their-own-furniture-as-by-terrorism/258156/


Article de Pepe Escobar, initialement paru en anglais sur le site de sputniknews.com.


La manifestation parisienne de l’union sacrée, honorée de la présence de 40 grands de ce monde a révélé le « deux poids deux mesures » de la liberté d’expression et de la lutte contre le terrorisme.

 

12 Janvier 2015, Beijing 

Une parade d’hypocrisie politique sans précédent. La vision du Général Hollande, conquérant du Mali ; de David d’Arabie Cameron ; d’Angela « laissons les Ukrainiens de l’Est mourir » Merkel ; d’Ahmed « Assad doit dégager » Davutoglu ; et même du Roi Sarko 1er, libérateur de la Libye ; sans parler de Bibi « solution finale » Netanyahou – tous paradant pour la « liberté », « la liberté d’expression », et la « civilisation » contre la barbarie, dans les rues de Paris, ferait trembler de dégoût les plus grands intellectuels de tradition occidentale, de Diogène à Voltaire et de Nietzsche à Karl Kraus.

Vu d’Asie, ce détournement politique paraissait encore plus grotesque. Et pas étonnant qu’une image-montage (ci-dessous) ait fait le buzz à travers le Machrek, centre névralgique des réseaux sociaux arabes : la « marche pour l’unité » à Paris associée à la parade d’Hitler et des nazis se pavanant, la tour Eiffel en arrière-plan. Un montage qui illustre exactement le débat sur la « liberté d’expression ». Sa publication serait-elle autorisée en Une d’un journal occidental, satirique ou pas ?

10391387_10152989632086678_903716188509500143_n

L’un des tours de passe-passe que les élites dirigeantes de la civilisation occidentale ont réussi, c’est ce mythe de « la liberté d’expression » — qui va de pair avec le mythe du marché « libre ». « Libre », oui, mais dans le cadre qu’autorisent les maitres de l’univers. Tout discours qui critiquerait le racket atlantiste – géopolitique ou économique, mettrait en lumière les doubles ou triples standards et entrerait dans les détails de ces choses sérieuses–, des crimes financiers aux crimes de guerres, et le plus crucial, le terrorisme sponsorisé par l’Occident – est impitoyablement réduit au silence.

Donc, calomnier l’Islam comme un tout, l’ensemble des 1.6 milliards de musulmans, est acceptable, ou au moins toléré. Mais dénoncer le sionisme est « antisémite ». « Liberté de la presse » ? La chaîne iranienne Press TV est bannie sur tous les territoires atlantistes. RT (Russia Today) est régulièrement ridiculisée, qualifiée de porte-parole d’une dictature « diabolique ». Ces « leaders » paraderaient-ils au Donbass ou à Damas pour défendre la « liberté d’expression » ? N’y pensez même pas.

« Nos » fils de pute OTANesques*

La cerise sur le gâteau, c’est sans aucun doute, le « soutient » offert à la France par la Maison Saoud, laquelle venait de finir le premier round (50 des 1000 coups de fouets) de la flagellation publique du blogueur Raif Badaoui. Son crime : animer un site web libéral en faveur de cette si précieuse « liberté de la presse », mais en Arabie Saoudite.

Oh – s’écrie à l’unisson la horde des éclairés – mais c’est un « royaume conservateur » ! Ils sont évidemment l’un des alliés-clé stratégiques de l’Occident – que ce soit pour tout ce pétrole ou pour ce fabuleux marché d’écoulement de nos stocks d’armement. Ils sont « nos » fils de pute*. Donc oui, ils peuvent se permettre tout et n’importe quoi, sans aucun problème.

La différence c’est que maintenant les maîtres de l’univers ne peuvent plus duper si facilement la majorité du Sud de la planète, qui comprend qu’il n’y a quasiment aucune différence entre la Maison Saoud, les myriades de déclinaisons d’Al Qaïda, et l’EI/ISIS/Daesh – le califat bidon maintenant en possession du « Syrak ».

La racine de tout l’enfer djihadiste est, fondamentalement, le wahhabisme médiéval– et sa vision intolérante et primitive de l’Islam. Pourtant ce phénomène ne peut même pas commencer à être compris par les grands médias occidentaux. Aucune « liberté d’expression » là-dedans. La Maison Saoud et ses comparses, les ploutocrates du golfe Arabo-persique, sont « nos » fils de pute. Ils aident même la coalition dirigée par l’Empire du Chaos à combattre Daesh !

 

Même des intellectuels français qui auparavant comprenaient les causes du djihadisme, comme Olivier Roy, se posent des questions sur « les liens entre l’Islam et la violence ». Mauvaise question : aucun rapport avec l’Islam mais plutôt avec l’idéologie et le prosélytisme religieux exportés par les Saoudiens.

La société française n’est pas, en son sein, menacée par la présence musulmane – bien qu’elle soit effectivement menacée par une islamophobie exacerbée. Le problème principal c’est que la France ne sait pas comment intégrer la population musulmane, ce qui produit ce que le sociologue Farhad Khosrokhavar appelle des « terroristes maison ». Ces terroristes made in France commencent comme petits voleurs, d’abord désislamisés puis réislamisés par des imams de quartier et plus encore par la vision des dévastations et des destructions que l’OTAN et l’Empire du Chaos font naître font subir aux terres d’Islam.

L’OTAN, dont fait partie la France, a commis tous les crimes pensables, du bombardement de civils (Libye) au financement/armement pour « soutenir » les soi-disant « rebelles modérés » de Syrie. Et sur le front de la liberté d’expression, ça n’est pas beaucoup mieux. Selon le Tribunal de Bruxelles, au moins 404 journalistes ont été tués depuis l’invasion/occupation de l’Irak par les USA en 2003, dont 374 irakiens. Ils n’ont pas vraiment été pleurés par le gang atlantiste des amoureux de la liberté. Pas plus que n’ont été pleurés les civils irakiens – plus d’un million – décimés par l’Empire du Chaos, en plus de 30 ans de guerre impérialiste. Sans parler des 200 000 Syriens victimes de la guerre « Assad-doit-partir ».

 

Et notre Patriot Act alors ?

 

 

Sur le front antiterroriste, le cirque post-Charlie est un don du ciel, qui permettra de continuer plein gaz la « guerre contre la terreur ». Tous les supposés coupables sont convenablement morts – donc aucune chance de recoller les morceaux pour comprendre la véritable histoire. Ça aurait pu être Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (AQAP), ou encore une division du travail entre AQAP et l’EI/ISIS/DAESH ; cela pouvait aussi être un commando de djihadistes agissant en professionnels jusqu’à ce que, comme l’a admis le ministre de l’Intérieur français Bernard Cazeneuve, ils commettent « l’erreur fatale » – quelle délicatesse ! – de laisser une carte d’identité dans la Citroën utilisée pour prendre la fuite.

Le ministère de la Peur a lancé un avertissement mondial sur la « menace continue d’actes terroristes et de violence contre les citoyens et les intérêts des USA à travers le monde ». Il y aura un sommet sur la « sécurité » à la Maison blanche le 18 février – alors même que le ministre de l’Intérieur français souligne la nécessité d’une coopération européenne « d’échange d’informations » à propos des individus qui reviennent du « Syrak ».

Il n’est venu à l’esprit d’aucun expert que « l’Occident » avait lui-même créé le terrain de jeu idéal pour que « ces gens-là » exercent leurs compétences de djihadistes.

Le roi Sarko 1er, comme on pouvait s’y attendre, a le vent en poupe. Son nouveau baratin c’est « la guerre des civilisations » – ce qui, en gros, correspond à la « guerre contre le terrorisme » de « W » (George Bush), mais made in France, ouvrant la voie à un « Patriot Act » français. En vérité, ce qui se joue n’a rien à voir avec la « démocratie », ou la « liberté d’expression », sans parler de cette « guerre des civilisations ». Et, comme on pouvait le prévoir, la seule réponse de l’Occident est de multiplier les tentacules sécuritaires de l’hydre orwellienne de surveillance/sécurité, ce qui mène à une impasse, parce que cela dénote un refus de s’attaquer aux véritables racines du djihadisme.

Prochainement près de chez vous : un Guantánamo made in France sponsorisé par Dior. Rendons grâce au Seigneur pour tous ces politiciens brillants qui nous protègent.


*Allusion à la réponse de Cordell Hull, secrétaire d’État US, à un ambassadeur US qui lui disait que Trujillo, le dictateur de Saint-Domingue, était un « bastard » : « Oui, mais c’est notre ‘bastard’. Phrase aussi attribuée à Truman, Roosevelt et Nixon à propos de divers dictateurs d’Amérique centrale [NdT] 

 


Traduction: Nicolas CASAUX
Edité par Fausto Giudice



Edité par T 34 - 18 Jan 2015 à 18:43
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Jan 2015 à 18:43

En France, un comédien est arrêté pour un commentaire sur Facebook, exposant l’hypocrisie de la « liberté d’expression » en Occident (The Intercept)

 
 

Article initialement paru en anglais sur le site de Glenn Greenwald, un journaliste politique, avocat, blogueur et écrivain américain. À partir de 2013, c’est lui qui commence à publier les révélations d’Edward Snowden sur les programmes de surveillance de masse (PRISM, XKeyscore) des citoyens, entreprises et États du monde entier par la NSA.

48 heures après avoir été l’hôte d’une grande marche sous la bannière de la liberté d’expression, la France ouvrait une enquête judiciaire sur un comédien controversé pour un post Facebook qu’il avait écrit à propos de l’attaque contre Charlie Hebdo, et ce matin, il fut arrêté pour ce même post, au prétexte « d’apologie du terrorisme ». Le comédien, Dieudonné (ci-dessus), s’était par le passé présenté à des élections en France sur une liste qu’il avait appelée « antisioniste », avait vu ses spectacles interdits par de nombreuses communes à travers la France, et avait été poursuivi de multiples fois pour avoir exprimé des idées interdites dans ce pays.

Le point de vue apparemment criminel qu’il aurait posté sur Facebook était le suivant : « Ce soir, en ce qui me concerne, je me sens Charlie Coulibaly ». Les enquêteurs en conclurent qu’il s’agissait d’une moquerie du slogan « Je Suis Charlie » et que cela exprimait un soutien envers celui qui avait commis des meurtres dans un supermarché à Paris (dont le nom de famille était « Coulibaly »). Exprimer une telle opinion est bien évidemment un crime en cette République de Liberté, qui se targue d’un lignage d’intellectuels du 20ème siècle – de Sartre et Genet à Foucault et Derrida – dont la marque de fabrique était de ne laisser aucune doctrine ou convention intacte, peu importe sa sainteté.

Depuis cette glorieuse marche de la « liberté d’expression », la France a rapporté avoir ouvert 54 procédures judiciaires pour « apologie du terrorisme ». L’AP (associated press) signalait ce matin que « la France a ordonné aux procureurs à travers le pays de s’attaquer aux discours de haine, antisémites et faisant l’apologie du terrorisme ».

Aussi pernicieuse que soient cette arrestation, et les autres « mesures répressives », cela permet un examen critique : à savoir que cela souligne l’imposture totale de cette semaine de célébration de la « liberté d’expression » en Occident. La veille des attentats contre Charlie Hebdo, par hasard, j’étais en train de documenter de nombreuses affaires occidentales – et des USA – où des musulmans avaient été poursuivis et même emprisonnés pour leurs discours politiques. Quasiment aucun des courageux défenseurs de la liberté d’expression de cette semaine n’ont dit mot sur ces affaires – avant l’affaire Charlie Hebdo, ou après. C’est parce que « liberté d’expression », aux yeux de nombre d’occidentaux, signifie en réalité : il est vital que les idées que j’aime soient protégées et que le droit d’offenser des groupes que je n’aime pas soit hautement respecté ; tout le reste est discutable.

Il est probablement exact que bien des points de vue de Dieudonné soient nocifs, bien que ses supporters et lui-même insistent qu’il ne s’agit que de « satire », le tout dans la bonne humeur. A cet égard, la controverse qu’ils provoquent est similaire aux dessins de Charlie Hebdo maintenant-très-appréciés (un militant de gauche français insiste sur le fait que les dessinateurs étaient seulement moqueurs et pas racistes et sectaires, mais Olivier Cyran, un ancien rédacteur du magazine qui avait démissionné en 2001, avait écrit une lettre ouverte en 2013 amplement documentée et condamnant Charlie Hebdo pour s’être plongé à la suite du 11 septembre, et plein gaz, dans un sectarisme anti-musulman obsessionnel).

Au-delà de la menace évidente que pose cette arrestation à la liberté d’expression, il est évidemment inconcevable qu’une seule figure médiatique occidentale de premier plan se mette à tweeter « #JeSuisDieudonné » ou publie des photographies d’elle-même en train de faire le geste « évoquant le nazisme » (quenelle) par « solidarité » avec son droit à la liberté d’expression. Et ça serait vrai même s’il avait été tué pour ses idées et pas « simplement » arrêté et poursuivi en justice. C’est parce que la célébration des dessinateurs de Charlie Hebdo de la semaine dernière (bien au-delà d’un simple deuil pour ces meurtres injustes) était tout autant une approbation de leurs messages anti-musulmans qu’une célébration de leur liberté d’expression – au moins autant.

L’essentiel des hommages à la « liberté d’expression » de la semaine dernière n’étaient rien de plus qu’une tentative de protéger et sacraliser un discours qui s’attaque aux groupes défavorisés tout en interdisant les discours qui feraient de même mais envers les groupes favorisés, en camouflant insidieusement ça sous de nobles principes de liberté. En réponse à mon article de lundi contenant des dessins anti-juifs – que j’ai posté pour démontrer la sélectivité extrême et l’inauthenticité de ce nouveau culte du discours diffamatoire – j’ai été assailli de circonvolutions sans fin tentant de m’expliquer pourquoi le discours anti-musulman était tout à fait correct et noble tandis que le discours anti-juif est hideux offensant et démoniaque (la distinction la plus souvent évoquée – « les juifs sont une race/ethnie tandis que les musulmans ne le sont pas » – surprendrait bien des juifs asiatiques, noirs, latinos et blancs, ainsi que ceux qui s’identifient comme « musulman » comme leur identité culturelle bien que ne priant pas 5 fois par jour). Comme d’habitude : c’est la liberté d’expression si cela évoque des idées que j’aime ou si ça s’attaque à des groupes que je n’aime pas, mais c’est très différent si je fais partie du groupe visé.

Pensez à l’accusation « d’apologie du terrorisme » au nom de laquelle Dieudonné a été arrêté. Cela devrait-il être une infraction – entrainant donc arrestation, poursuite judiciaire et emprisonnement – de dire quelque chose qui équivaut à : les pays occidentaux comme la France sèment la violence depuis si longtemps dans les pays musulmans que je crois aujourd’hui qu’il soit justifiable que la violence s’importe en France dans le but qu’ils arrêtent ? Si vous voulez que de telles « apologies du terrorisme » soient poursuivies en justice (au lieu de les combattre socialement) alors pourquoi ne pas condamner ceux qui justifient, célèbrent et glorifient l’invasion et la destruction de l’Irak, avec son slogan de « choc et stupeur » signifiant l’intention de terroriser la population civile afin qu’elle se soumette, et ses tactiques monstrueuses comme à Falloujah ? Ou pourquoi pas l’appel psychotique du présentateur de Fox News, qui, pendant une discussion sur les musulmans radicaux, à appelé à « les tuer tous ». Pourquoi un point de vue est-il autorisé et l’autre passible de poursuite – à part parce que la loi est utilisée pour contrôler les discours politiques et qu’une forme de terrorisme (violence dans le monde musulman) est le fait de l’Occident, qui est l’assaillant, pas la victime ?

Pour ceux que ça intéresse mon argumentation développée contre toutes les lois « discours de haine » et autres tentatives d’exploiter la loi pour policer un discours politique est ici. Cet essai a principalement été écrit pour dénoncer la proposition de la ministre française Najat Vallaud-Belkacem de forcer Twitter à coopérer avec le gouvernement Français afin de supprimer les tweets que des officiels comme cette ministre (et ses futurs successeurs) jugent « haineux ». La France est aussi représentative de la liberté d’expression que Charlie Hebdo, qui avait viré un de ses rédacteurs en 2009 pour une seule phrase supposément antisémite publiée au milieu d’une orgie de contenu anti-musulman (pas juste anti-Islam). Les célébrations françaises de cette semaine – et la horde de leaders tyranniques qui s’y sont associés – avaient bien peu à voir avec la liberté d’expression mais bien plus avec la répression d’idées qu’ils réprouvent, et la sanctification de celles qu’ils approuvent.

Peut-être que la figure intellectuelle la plus corrompue dans toute cette histoire, est, sans surprise, l’intellectuel public le plus diffusé (mais aussi, et haut la main, le plus surestimé au monde), le philosophe Bernard-Henri Lévy. Il demande que soit supprimé tout ce qui ressemble de près ou de loin à un point de vue anti-juif (il a appelé à l’interdiction des spectacles de Dieudonné – « Je ne comprends même pas pourquoi quiconque souhaiterait en débattre » – et approuvé le licenciement du rédacteur de Charlie Hebdo en 2009 pour offense envers les juifs), tout en paradant sans aucun scrupule en tant que grand champion de la liberté d’expression, du moment que c’est anti-musulman, tout au long de la semaine dernière.

Mais ceci, inévitablement, est précisément le but, et la conséquence, de lois qui criminalisent certaines idées et de ceux qui approuvent de telles lois : codifier un système où les opinions qu’ils approuvent sont sanctifiées et les groupes qui les émettent protégés. Les opinions et les groupes qu’ils aiment le moins – et seulement eux – sont passibles d’oppressions et de diffamations.

L’arrestation de ce comédien français si rapidement après l’épique marche de Paris pour la liberté d’expression souligne ça bien plus que tout ce que j’aurais pu écrire sur la sélectivité et la fraude de la parade « pour la liberté d’expression » de cette semaine. Cela montre – à nouveau – pourquoi ceux qui veulent criminaliser les idées qu’ils n’approuvent pas sont au moins aussi dangereux et tyranniques que les idées qu’ils combattent : au moins.

Glenn Greenwald

Traduction : Nicolas CASAUX

Source : http://partage-le.com/2015/01/larrestation-de-dieudonne-ou-limposture-de-la-liberte-dexpression-glenn-greenwald/





Edité par T 34 - 19 Jan 2015 à 20:46
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Jan 2015 à 19:15

1163699-manuel-valls-and-laurent-fabius-french-950x0-1.jpg

Quand Laurent Fabius louait le « bon travail sur le terrain » de la filiale d'Al Qaeda en Syrie

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

Légende : Laurnet Fabius et Manuel Valls en visite sur un chantier à Doha (Qatar) en juin 2013

L'état de choc créé par l'attentat de Paris, sa manipulation sécuritaire par le gouvernement tente d'empêcher toute réflexion lucide sur ses causes profondes. Des rappels sont nécessaires sur les principaux soutiens au terrorisme islamiste. Et ils sont parmi nous.

Manuel Valls a promis la « guerre contre le terrorisme, le djihadisme, l'islamisme radical » après avoir insisté sur le combat contre l' « ennemi intérieur ». Des accents de George Bush pour justifier les aventures militaires de la France dans des combats douteux en Irak, Syrie, demain en Libye.

Il y a un an, en août 2013, la France était à deux doigts d'intervenir en Syrie … aux côtés des rebelles islamistes contre le gouvernement de Bachar al-Assad et l’État laïque syrien. Aujourd'hui, il s'agit officiellement de lutter contre ces mêmes islamistes, sans coopérer avec Assad.

Comment en est-on arrivé là ? Les alignements versatiles de la France ne sont pas nouveaux, elle qui est passée sous la présidence de Sarkozy de la lune de miel avec la Syrie d'Assad entre 2008 et 2010, au pays le plus enthousiaste à l'idée d'une chute imminente du régime en 2011.

Au début de l'insurrection syrienne, la France avait clairement choisi son camp : celui de soutenir une rébellion armée qui était sous domination islamiste, bien aidée par leurs bailleurs de fond qataris ou saoudiens, accessoirement nos alliés et acheteurs d'armes dans la région.

Un exemple très révélateur aujourd'hui de ce choix aux conséquences désastreuses, c'est la 4ème réunion des « Amis de la Syrie » à Marrakech le 12 décembre 2012, juste après la création de la Coalition nationale des forces de l'opposition (CNFOR) sous hégémonie du Qatar.

Les États-Unis poussent alors la France à suivre leur décision en classant le Front Al-Nosra, groupe djihadiste de plus en plus influent sur le terrain, sur la liste des organisations terroristes.

Il n'était alors plus un secret pour personne qu'Al Nosra entretenait des relations organiques avec Al Qaeda – devenant officieusement sa branche syrienne – et constituait l'organisation sœur de l’État islamique (EI), de plus en plus puissant dans l'Irak voisin.

La France refuse par la bouche du Ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Celui-ci dit exprimer l'opinion de « tous les pays arabes vent debout » (qui sont tous ces pays ? Le Qatar, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis?) ainsi que « du président de la Coalition (CNFOR) ».

Pour lui, Al-Nosra ne pouvait être classée comme une « organisation terroriste », car « sur le terrain, elle fait du bon boulot ». Une déclaration édifiante mais révélatrice de l'attitude de la France vis-à-vis du djihadisme, du terrorisme islamiste dont Al-Nosra est l'incarnation.

La France va bientôt engager un « spectaculaire revirement », comme il fut commenté alors, en mai 2013, sous pression américaine et russe, marginalisée dans son soutien à une Coalition noyautée par le Qatar et les Frères musulmans, ainsi que dans sa proposition d'armer les rebelles, suscitant la colère du médiateur de l'ONU en Syrie, Lakhdar Brahimi.

Elle proposera alors fin 2013 de classer Al-Nosra parmi les organisations terroristes. Il faudra encore un an avant que nos partenaires privilégiés, en premier lieu le Qatar, se désolidarisent officiellement des groupes islamistes qui dominent la rébellion en Syrie.

Sans abandonner, tout comme la France, l'objectif initial : renverser le régime syrien, obstacle à la domination des impérialismes américains, européens et israéliens au Moyen-orient, à la reconfiguration du Moyen-orient sous la coupe de régimes islamistes compatibles avec eux.

Dans cette sorte de nouvelle « stratégie de la tension » que notre gouvernement essaie d'instaurer, plus que jamais, il est nécessaire de rappeler qui sont les principaux soutiens du terrorisme international, et ceux qui profitent de ce climat de terreur entretenu.


Depuis quand les Etats-Unis et l’OTAN commanditent-ils le terrorisme ?

par Alberto Rabilotta *

Toutes les versions de cet article : [Español]

Semer la division et la haine, envenimer les disparités religieuses, linguistiques, culturelles, nationales et encourager le racisme sous toutes ses formes [1], est une très vieille recette qui a fait ses preuves en termes de domination et d’exploitation des peuples. En fait, le meilleur moyen de les conduire à la ruine, les affaiblir et les diviser dans le seul but de les asservir, les réduire en esclavage ou plus simplement les rayer de la carte au profit des intérêts colonialistes et impérialistes.

Pendant la Guerre Froide, cette politique fut pratiquée à l’encontre de l’Union Soviétique (URSS), de la Chine ou d’autres pays socialistes, et, malgré la chute de l’URSS et de l’espace socialiste européen, elle est toujours bien vivace.

En réalité, la guerre idéologique et les pratiques subversives de l’époque de la Guerre Froide ont été adaptées, il y a plus de quarante ans, aux objectifs d’hégémonie qu’ourdissait l’impérialisme des Etats-Unis d’Amérique et de leurs alliés de l’OTAN, au capitalisme que nous appelons aujourd’hui néolibéralisme, et depuis lors, affectent tous les pays et régions du monde qui s’opposent à l’hégémonie impérialiste.

C’est dans ce contexte que nous devons replacer le terrorisme, qu’il procède du fanatisme religieux ou de l’idéologie néonazie, et faire la preuve qu’il a contribué, et contribue toujours, à provoquer la destruction et le chaos dont l’impérialisme a besoin pour se propager ; c’est ce qui arrive quand il assassine des innocents en Irak, Syrie, Libye, au Pakistan ou au Yémen, ou lorsqu’il se retourne contre ses mentors politiques aux Etats-Unis, à Londres ou à Paris.

Le terrorisme servira toujours les objectifs politiques de l’impérialisme, parce que le simplisme du débat, la médiatisation outrancière et la répercussion mondiale de ces actes barbares dans les pays occidentaux, comme les récents attentats en France, mènent presque toujours à la justification de mesures politiques et sociales anti-démocratiques et répressives, comme on l’a vu aux Etats-Unis avec la « Loi Patriote » (Patriot Act), dont la teneur sera probablement intégrée aux projets déjà à l’étude au sein de l’Union Européenne.

Ces propos ne cherchent pas à proposer une théorie du complot, mais à résumer une de mes premières expériences journalistiques phares du début des années 70, sur laquelle je ne me suis exprimé qu’une fois, mais qui est restée, au cours de ces années, une clef importante à ma compréhension et analyse de la propagande et des objectifs politiques de l’impérialisme.

Je m’appuierai donc sur mes souvenirs, puisque mes archives papier ont disparu depuis longtemps et que je ne dispose pas de moyens suffisants pour aller à Moscou ou La Havane fouiller dans celles des journaux La Pravda ou Granma, où fut publiée l’information originelle.

L’appareil de propagande de l’OTAN se réunit discrètement à Montréal

En 1972, quand j’ai commencé à collaborer avec Prensa Latina et à écrire quelques papiers pour des journaux mexicains –El Día et Excélsior-, un collègue canadien m’apprit qu’une rencontre discrète des responsables de la politique d’information des radios ondes courtes de l’OTAN (Radio Europa Libre/Radio Libertad –REL/RL-, La Voz de las Américas –VOA -, etcétéra) aurait lieu dans un hôtel de Montréal.

C’est à cette occasion que devait être présentée « une nouvelle statégie » de lutte idéologique contre l’URSS et autres pays socialistes, mais aujourd’hui, on peut affirmer que les propos ou projets suggérés lors de ce rendez-vous ont amplifié, à l’échelle mondiale et dans tous les domaines, la lutte idéologique caractéristique de l’affrontement bi-polaire de la Guerre Froide.

Je me rendis donc à Montréal, très dubitatif quant à l’obtention d’une accréditation de presse, mais après un premier refus, et à ma grande surprise, on me la concéda finalement sur la foi d’une carte de « correspondant » du journal méxicain Excélsior.

La dite rencontre fut en réalité une longue énumération de présentations des responsables des lignes informatives et éditoriales de ces radios, en particulier de la VOA et de REL/RL, qui (pour employer un langage actuel) déterminèrent comment bâtir la trame et la crédibilité de la propagande contre l’URSS et le communisme, et de fait, contre tous les pays qui, à cette époque, réclamaient une réelle indépendance, un nouvel ordre économique mondial, et la fin du racisme et des discriminations raciales sous toutes leurs formes. Qui assumaient des positions anti-impérialistes et donc, étaient perçus comme des alliés de l’URSS.

Comment transformer religions et nationalismes en armes ?

La nouvelle offensive idéologique de l’empire, et le contenu de sa propagande, selon les idéologues de l’appareil propagandiste de l’OTAN, devaient atteindre des populations ciblées et s’y enraciner : les musulmans et les nationalistes radicaux de certaines régions d’ URSS et autres pays socialistes ; les sionistes juifs (les refusenik) russes qui voulaient émigrer en Israël et les catholiques conservateurs des pays de la Baltique, Pologne et autres.

Le but poursuivi, dans ces sociétés socialistes sécularisées était d’alimenter –pour ensuite financer et structurer – la « renaissance » des croyances et pratiques religieuses radicales afin qu’elles entrent en conflit ouvert avec la société et le pouvoir politique, et de provoquer des revendications ou des contradictions dans les sociétés ou régions où existaient des nationalismes susceptibles de déboucher sur des mouvements séparatistes, ce qui supposait, préalablement de créer des situations de confrontation civiles, policières et même militaires.

« Choc des civilisations » et néo-libéralisme

La graine du « choc des civilisations » [2] plantée par cette propagande de l’OTAN et relayée sans réserves par les toujours plus puissants médias du monde capitaliste, finit par justifier la naissance d’Al-Qaïda pour combattre les soviétiques et les afghans progressistes en Afghanistan, puis, avec la chute de l’URSS et de l’espace soviétique européen, fut grandement utilisée dans les Balkans pour la partition de l’ex Yougoslavie, ainsi que pour fomenter les attaques terroristes et le conflit en Tchétchénie, au Daguestan et dans d’autres régions de l’ex URSS, y compris récemment en Ukraine.

Etat officiellement athée, l’URSS était en réalité un Etat socialiste multinational et multiculturel où cohabitaient de nombreuses nationalités et religions, de l’orthodoxie chrétienne à la religion musulmane, en passant par la confession juive ou catholique, entre autres. Telle était la force apparente de l’internationalisme prolétaire, comme on disait à Moscou, mais aussi sa principale faiblesse aux yeux des décideurs impérialistes.

Néanmoins, il faut se rappeler que la confrontation générée par les ambitions impérialistes étasuniennes ne se résumait pas à la Guerre Froide entre Moscou et Washington, et qu’au Moyen-Orient ou en Asie prédominaient –au début des années 70 – des Etats séculaires, conséquence de la décolonisation et de la consolidation du mouvement des Pays Non-Alignés, où cohabitaient, sous des régimes politiques différents, des cultures, nationalités et religions des plus diverses.

En d’autres termes, la lutte contre les discriminations raciales de toutes sortes, y compris l’Apartheid sud-africain et le sionisme, était à son apogée ; ce dernier a d’ailleurs été développé dans la Résolution 3379 de l’Assemblée Générale de l’ONU, votée en novembre 1975, puis révoquée le 16 décembre 1991, par la Résolution 4866 de l’ONU, soit huit jours après la dissolution de l’URSS.

De même, dans la conjoncture historique, les pays Non-Alignés exigeaient-ils avec l’appui du camp socialiste, la création d’un « Nouvel Ordre Economique Mondial » qui mette fin aux injustes « termes d’échanges », et l’accès au développement socio-économique, s’escrimant à réclamer, devant l’UNESCO, un « Nouvel Ordre Mondial de l’Information et de la Communication », autant d’initiatives que l’impérialisme et ses alliés réussirent à museler.

Aujourd’hui, preuves à l’appui et avec le recul, il semble évident que c’est à la même époque que les Etats-Unis, leurs alliés européens et le Japon ont, depuis les cercles du pouvoir, lancé l’offensive pour justifier économiquement et politiquement le démantèlement de l’Etat providence (l’intervention étatique dans l’économie garantit un certain développement socio-économique), avec l’intention (devenue réalité dans les vingt dernières années) d’asservir complètement l’Etat aux intérêts capitalistes et de pouvoir ainsi revenir au libéralisme du 19ème siècle et aux bonnes vieilles pratiques impérialistes et colonialistes [3].

Vu sous un certain angle, le moment était particulièrement bien choisi pour que l’impérialisme et ses alliés de l’OTAN amplifient le contexte et la couverture géographique de la Guerre Froide, assurant la continuité du passage de la confrontation entre un système capitaliste-impérialiste et un système socialiste, à la mise en oeuvre de l’expansion impérialiste du système néolibéral qui était déjà « sur le feu ».

La création en 1973 de la Commission Trilatérale [4], sous l’égide de David Rockefeller, assisté de Zbigniew Brzezinsky, conseiller aux Affaires Etrangères du président démocrate James Carter, qui a servi de tremplin à la nouvelle offensive idéologique de l’empire et de l’OTAN, dans les plus hautes sphères, n’est en rien une coïncidence, pas plus que la présence dans le paysage de Samuel Huntington, l’ « intellectuel organique » de l’impérialisme et auteur de l’infâme ouvrage « Choc de civilisations ».

Les documents de la Commission Trilatérale, en particulier «  The Crisis of Democracy  », de 1975, devraient se lire à la lumière des évènements actuels et récents, pour établir, loin de toute théorie conspirationniste, que c’est à cette époque et assez ouvertement que se définirent les axes de l’offensive politique et idéologique de l’impérialisme voulant instaurer l’hégémonie dans sa phase néolibérale, y compris en liquidant la démocratie libérale avec un certain contenu réel dans les sociétés des pays du camp occidental, comme nous sommes en train d’en faire l’expérience.

Tout ceci explique aussi la continuité dans le temps de l’offensive idéologique et des politiques de sape des sociétés et de destruction des Etats de l’URSS comme du reste des pays socialistes, et actuellement de la Russie, la Chine et d’autres pays en voie de développement ou émergents qui pourraient faire barrage à l’hégémonie néolibérale.

Fanatiques et extrémistes transformés en « combattants de la liberté »

Si 1979 est bel et bien l’année du premier cas recensé où les Etats-Unis et leurs alliés formèrent, entraînèrent et changèrent les extrémistes islamiques en « combattants de la liberté », pour affronter les troupes soviétiques en Afghanistan mais aussi pour lutter contre les afghans progressistes, il s’écoula peu de temps avant qu’ils ne fomentent des opérations illégales impliquant les narcotrafiquants en Amérique Latine pour armer et financer les « combattants de la liberté » qui luttaient contre les sandinistes au Nicaragua, politique qui mena tout droit à la création des « cartels » du trafic de drogue et à l’augmentation de la criminalité, de la corruption et de la violence dans la région.

Depuis, des politiques similaires ont été menées dans des dizaines de pays d’Asie, du Moyen-Orient et d’Afrique, très souvent avec l’aide et le financement de l’Arabie Saoudite, et le soutien d’Israël (comme ce fut le cas dans l’affaire de l’Irangate), ce qui vient confirmer que le plan diabolique de « diviser pour mieux régner », de détruire les Etats et les sociétés qui défendaient leur souveraineté nationale, fut appliqué de manière systématique tant par l’appareil de propagande des Etats-Unis et de l’OTAN que par leurs agences de subversion et d’espionnage.

Rien de nouveau ou de surprenant si nous gardons à l’esprit que depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, grâce à « l’Opération Gladio », les Etats-Unis et l’Otan ont conservé des contacts et des liens avec les forces ultranationalistes qui avaient appuyé ou participé aux divers régimes nazi-fascistes européens, et qui aujourd’hui opèrent dans les pays baltiques et en Ukraine –où ils contrôlent l’appareil de sécurité de l’Etat -, dans la politique d’affrontement avec la Russie.

André Vitchek souligne que « pour l’empire, l’existence et la popularité de dirigeants progressistes, marxistes, musulmans, aux commandes du Moyen-Orient ou d’une Indonésie riche en ressources, était proprement inacceptable. S’ils avaient pris l’habitude d’utiliser ces ressources naturelles pour améliorer la vie de leurs peuples, que serait-il resté à l’empire et à ses entreprises ? Cela devait être freiné par tous les moyens. L’Islam devait être divisé, infiltré par des leaders radicaux et anti-communistes, et par ceux que le bien-être de leur propre peuple n’intéresse en rien » [5].

Victoria Nuland, sous-secrétaire d’Etat à Washington, déclara publiquement [6] que cinq mille millions de dollars avaient été « investi » dans le « changement de régime » en Ukraine, et sans doute l’addition a-t-elle été encore plus lourde pour arriver à la partition de l’Etat multinational de Yougoslavie. Et, que dire du financement ou du soutien des pays de l’OTAN aux extrémistes et terroristes islamiques en Tchétchénie, et au Daguestan, qui se pavanaient dans toute l’Europe en tant que « combattants de la liberté » ? Ou des extrémistes islamiques reçus par les autorités politiques européennes et étasuniennes, financés et entraînés par leurs bons soins pour renverser les gouvernements en Libye et en Syrie, ainsi qu’une multitude d’autres exemples en Afrique qui resteront dans l’oubli ?

« On ne triomphe pas du fondamentalisme armes au poing »

En 1997 le grand penseur Edward Said donna une conférence [7] sur le thème de « choc de civilisations », dont je recommande vivement la lecture ou la relecture, et dont je me permets de reproduire ici un large extrait :

« Compte tenu de la déprimante réalité qui nous entoure et de l’existence de conflits interculturels et inter-ethniques, il me semble irresponsable de laisser entendre que nous autres, en Europe et aux Etats-Unis, devions préserver notre civilisation, ce qu’Huntington appelle l’Occident, en maintenant le reste du monde à distance et en attisant les conflits entre les peuples dans le seul but d’accroître notre domination. C’est, de fait, ce que soutient Huntington, et il est assez facile de comprendre pourquoi son essai a été publié par les Affaires Etrangères et la raison pour laquelle nombre de décideurs politiques se sont sentis attirés par lui, ce qui permet aux Etats-Unis d’Amérique de développer la mentalité de la Guerre Froide dans un contexte et avec un public différents. Une nouvelle mentalité ou conscience mondiale qui regarde les dangers auxquels nous sommes confrontés du point de vue de la race humaine dans son ensemble est beaucoup plus constructive et utile. Ces risques comprennent l’appauvrissement de la majeure partie de la population mondiale, la naissance de violents ressentis tribaux, nationalistes, ethniques et religieux en Bosnie, au Rwanda, au Liban, en Tchétchénie et ailleurs, la régression de l’alphabétisation et l’apparition d’un autre type d’analphabétisme dû aux médias électroniques, à la télévision et aux nouvelles autoroutes de l’information mondiale, ou à la fragmentation et la menace de disparition des grandes épopées de la libération et de la tolérance. Notre bien le plus précieux face à cette terrible transformation de l’histoire n’est pas l’émergence d’un sentiment d’affrontement mais d’une perception communautaire, de compréhension, de solidarité et d’espoir, l’antithèse parfaite de ce que prône Huntington ».

Et nous conclurons cet article sur une récente et profonde réflexion du philosophe Enrique Dussel [8] :

« les fondamentalismes (chrétien, comme celui de G. Bush ; islamique ou sioniste) sont la renaissance d’un concept de Dieu (ou polythéisme comme le qualifierait M. Weber) qui justifie une politique, une économie, une culture, une race, un genre, etcetera, de manière absolue, et utilise les armes au lieu d’arguments de raison, compréhensibles par l’interlocuteur (personne comme le fondamentalisme américain n’emploie les armes plutôt que le raisonnement : il prétend imposer la démocratie par la guerre au lieu d’argumenter à partir de la tradition de l’Autre, par exemple, avec les croyants de l’Islam à partir du Coran). On n’éradique pas le fondamentalisme par la force (ne pas oublier que c’est la CIA qui s’est chargée d’enseigner le maniement des armes à l’intégrisme islamique pour lutter contre l’Union Soviétique, en Afghanistan, et que nous subissons aujourd’hui des conséquences dont l’origine est tue), mais par le raisonnement et une conduite honnête (comme le professait Bartolomé de las Casas à propos de la conquête). Mais cela n’entre pas dans les considérations des intérêts de l’empire. On manipule la violence irrationnelle islamique pour justifier et accroître la violence irrationnelle du néolibéralisme politico-économique. La gauche intègre, au contraire, doit entreprendre une critique de la théologie comme faisant partie d’une critique de la politique libérale et de l’économie capitaliste, comme le faisait Karl Marx ».

Alberto Rabilotta* pour Alai-Amlatina et El Correo

* Alberto Rabilotta. Journaliste argentino-canadien depuis 1967. Au Mexique pour la « Milenio Diario de Mexico » Correspondant de Prensa Latina au Canada (1974). Directeur de Prensa Latina Canada, pour l’Amérique du Nord (1975-1986) Mexique, USA, Canada. Correspondant de l’Agence de Services Spéciaux d’Information, ALASEI, (1987-1990). Correspondant de l’Agencia de Noticias de México, NOTIMEX au Canada (1990-2009. Editorialiste sous de pseudonymes -Rodolfo Ara et Rocco Marotta- pour « Milenio Diario de Mexico » (2000-2010, Collaborateur d’ALAI, PL, El Correo, El Independiente et d’autres médias depuis 2009.

Traduit de l’espagnol pour El Correo par  : Florence Olier-Robine

El Correo. Paris, 19 janvier 2015.

Notes

[1] « Le rôle du racisme dans l’offensive impérialiste » par Alberto Rabilotta. El Correo, le 26 mars 2014

[2] Des années plus tard, en lisant Samuel Huntington (« The Clash of Civilizations ? », Foreing Affairs, 1993), il est devenu clair pour moi que ce mélange de préjugés chargés de haine, reflétait assez bien ce que j’avais entendu à cette réunion des radios de l’OTAN à Montréal, et qui constituait le fondement de la politique suivie depuis cette époque par l’impérialisme et ses alliés.

[3] Samir Amin, « Capitalisme transnational ou Impérialisme collectif ? », Pambazuka News, 22 janvier 2011 ; Kari Polanyi Levitt, «  The Power of Ideas » ; The Powell Memo de 1971

[4] « The Crisis of Democracy », Michel Crozier, Samuel Huntington y Joji Watanuki.

[5] « Empire Manufactures Muslim Monsters », por André Vltchek Novelista y cineasta, Vltchek ha cubierto guerras y conflictos en docenas de países. Recientemente publicó un libro con Noam Chomsky : « On Western Terrorism : From Hiroshima to Drone Warfare ».

[6] « Regime Change in Kiev » Victoria Nuland, 13 de diciembre de 2013.

[7] Edward Said, « Le Mythe du Choc des Civilisations », conférence à l’Université Columbia de New York en 1997 (Conf complète en traduction)

[8] Article complet en traduction



Edité par T 34 - 19 Jan 2015 à 19:49
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Jan 2015 à 19:54

Paris est un avertissement : il n’y a pas de cloison étanche entre nous et nos guerres. (The Guardian)

 
 

Les attaques en France sont le contrecoup des interventions dans le monde arabe et musulman. Ce qui arrive là-bas, arrive aussi ici.

La réponse officielle de l’Occident à chaque attaque terroriste d’inspiration djihadiste, depuis 2001, a été de jeter de l’huile sur le feu. Ça a été le cas après le 11 septembre, quand George Bush a lancé sa guerre contre le terrorisme, dévastant des pays entiers et répandant la terreur dans le monde. Ça a été le cas en 2005, après les bombes de Londres, quand Tony Blair a réduit les libertés publiques et envoyé des milliers de soldats anglais en mission impossible en Afghanistan. Et ça a été le cas, la semaine dernière, après les horribles massacres à Charlie Hebdo et dans un supermarché juif de Paris.

En écho à la rhétorique de Bush, la réaction de l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, aux attaques contre “nos libertés” a été de déclarer une “guerre des civilisations”. Au lieu d’être simplement là avec les victimes – et, aussi, par exemple, avec le grand nombre de victimes de Boko Haram au Nigéria – on a élevé le magazine satirique, et sa manière de représenter le prophète Mouhammad, au rang de symbole sacré de la liberté occidentale. La sortie, mercredi, d’une édition de Charlie Hebdo sponsorisée par l’état est devenu le dernier test en date du “qui n’est pas avec nous est contre nous” dans l’engagement à “nos valeurs”, tout cela pendant que les députés français votaient, par 488 votes pour et un seul contre, la poursuite de la campagne militaire en Irak. Si l’on en juge par le bilan des 13 dernières années, cela se révélera être une décision dangereuse, et pas seulement pour la France.

Absolument rien ne justifie l’assaut meurtrier des journalistes de Charlie Hebdo, et encore moins celui des victimes juives sélectionnées sur le seul critère de leur identité religieuse et ethnique. Ce qui est devenu terriblement évident la semaine dernière, en revanche, c’est le fossé qui sépare la manière dont est perçue la position officielle de l’état français en matière de politique intérieure dans le pays et à l’étranger ainsi que par de nombreux citoyens musulmans du pays. Cela est vrai de l’Angleterre aussi bien sûr. Mais ce qui est salué par la France blanche comme une laïcité dénuée de tout préjugé racial, garantissant l’égalité à tous, est vécu par de nombreux Musulmans comme de la discrimination et comme un déni de leurs liberté fondamentales.

Dans un pays où les femmes sont embarquées dans des cars de police à cause de la manière dont elles s’habillent, la liberté d’expression peut aussi donner l’impression d’être à sens unique. Charlie Hebdo prétend pratiquer “l’offense égalitaire”, en insultant toutes les religions. Mais la réalité, comme un de ses anciens journalistes l’a souligné, était que le journal souffrait d’une “névrose islamophobe” et que son fonds de commerce était l’attaque raciste de la minorité la plus marginalisée de la population. Il ne s’agissait pas simplement de “représentations” du prophète, mais d’humiliations pornographiques à répétition.

Malgré tous les beaux discours sur le fait que la liberté d’expression est un droit non négociable en France, la négation de l’Holocauste y est illégale et les spectacles du comédien noir antisémite Dieudonné y ont été interdits. Mais c’est avec le même aveuglement dont les milieux progressistes français ont fait preuve en ne se rendant pas compte que l’idéologie laïque, qui servait autrefois à lutter contre le pouvoir des puissants, servait aujourd’hui à contrôler le segment le plus faible de la population, que le droit de cibler une religion et de l’insulter à qui mieux mieux a été élevé au statut de valeur libérale fondamentale.

Tout le monde a pu constater l’absurdité de la situation à la manifestation “Je suis Charlie”, à Paris, dimanche. Une marche supposée défendre la liberté d’expression était menée par des rangs serrés de va-t-en guerre et d’autocrates : des leaders de l’OTAN et de celui d’Israël, Binyamin Netanyahou, au roi Abdullah de Jordanie et au ministre des Affaires Etrangères égyptien qui, tous autant qu’ils sont, ont harcelé, jeté en prison et assassiné des pléthores de journalistes tout en commettant des massacres et en lançant des interventions armées qui ont fait des centaines de milliers de morts, bombardant, en chemin, les stations de TV de la Serbie jusqu’à l’Afghanistan.

La scène était d’un ridicule achevé. Mais elle mettait aussi en lumière le rôle central de la guerre contre le terrorisme dans les atrocités commises à Paris, et la manière dont les rangs serrés de meneurs de la manif, sont en train de la récupérer pour faire avancer leur agenda personnel. Bien sûr, le cocktail de causes et de motivations qui a présidé aux attaques est complexe : il va de l’héritage de la sauvage brutalité coloniale en Algérie, à l’idéologie takfiri djihadiste, en passant par la pauvreté, le racisme, la criminalité.

Mais ces attaques n’auraient certainement pas eu lieu si les puissances occidentales, dont la France, n’avaient pas attaqué le monde arabe et musulman pour le mettre au pas et le réoccuper. Cette guerre contre le terrorisme dure depuis 13 ans – même s’il y a eu des tentatives bien antérieures de contrôler la région – et sème massivement la destruction et la terreur.

C’est ce que les meurtriers disent eux-mêmes. Les frères Kouachi se sont radicalisés à la guerre d’Irak et ont été entraînés au Yémen par al-Qaida. Cherif Kouachi a dit clairement que les attaques avaient pour but de venger les “enfants des Musulmans en Irak, Afghanistan et Syrie”. Ahmed Coulibaly a dit qu’elles étaient une réponse aux attaques de la France contre Isis tout en affirmant que le massacre du supermarché avait pour objet de venger les morts de Musulmans de Palestine.

Ces assassinats gratuits sont bien sûr tout à fait contre-productifs et nuisent aux causes qu’ils sont censés promouvoir – et le fait que les victimes soient choisies en fonction d’un cadre religieux réactionnaire, donne à penser que ces assassinats sont une sorte de produit mutant des guerres culturelles européennes. Mais ces attaques n’existaient pas avant 2001. Les bombes de 1995 à Paris qui semblent me contredire, étaient en fait une retombée directe de la guerre civile en Algérie et du rôle qu’y jouait la France. Par contre, la guerre de l’Union Soviétique en Afghanistan, il y a 30 ans, a favorisé le développement d’une forme de fondamentalisme violent qui revient en boomerang frapper le cœur de l’occident.

La France est célèbre pour avoir refusé de prendre part à l’agression étasuno-anglaise contre l’Irak. Mais depuis elle a rattrapé le temps perdu en envoyant des troupes en Afghanistan, en intervenant dans un pays africain après l’autre : de la Libye et du Mali à la Côte d’Ivoire et à la République centrafricaine, en bombardant l’Irak et en soutenant les rebelles syriens. Comme l’Angleterre, la France a armé les autocrates du Golfe et basé des troupes chez eux, et dernièrement, le président français a déclaré qu’il était le “partenaire” du dictateur égyptien Sissi et qu’il était “prêt ” à bombarder à nouveau la Syrie.

L’ancien premier ministre français, Dominique de Villepin, chef de file du camp opposé à la guerre en Irak, a dit, cette semaine, qu’Isis était “l’enfant monstrueux” de la politique occidentale. Les guerres occidentales dans le monde musulman “nourrissent toujours de nouvelles guerres” et “elles nourrissent le terrorisme chez nous”, a-t-il écrit, pendant que “nous simplifions" ces conflits “en ne regardant que le symptôme islamiste ”.

Il a raison – mais il ne fait pas partie des leaders qui ont mené la marche en rangs serrés et qui vont utiliser ces attaques pour justifier d’autres interventions militaires. Etant donné les événements de la dernière décennie, les Européens ont de la chance d’avoir eu si peu d’attentats terroristes. Mais le prix à payer est la perte des libertés, la montée de l’antisémitisme et l’islamophobie rampante. Plus nous laissons cette guerre s’éterniser, plus la menace s’alourdit. Dans un monde globalisé, il n’y a pas moyen de s’isoler. Ce qui arrive là-bas, finit par arriver ici aussi.

Seumas Milne

Traduction : Dominique Muselet

Leur « vivre ensemble » n’est qu’un attrape-couillons.
 

On nous aurait trompés ?

 
 

Ils nous ont trompés (ou essayé) en pleurant avec le peuple sur les terribles conséquences de la fracture de notre « contrat » social, républicain, laïque, international ... Monstruosité il y a eu, et une émotion, un élan populaire, comme rarement, et réconfortants. Ce jaillissement, même s’il n’a pas charrié que de bons sentiments, devrait marquer un avant et un après « Charlie », une meilleure compréhension du monde impitoyable dans lequel nous vivons.

Les « monstres » poussent sur cet ordre mondial cannibale comme les champignons sur le fumier.
« Ils n’ont rien compris, en haut » me dit-on. Bien au contraire ! Ils ont parfaitement compris qu’ils pouvaient profiter du traumatisme national pour accélérer leur politique « de classe », reléguer la question des questions : la « question sociale », les réponses progressistes à la crise du système ; profiter du climat fallacieux « d’unité nationale » pour nous faire avaler l’une des plus importantes régressions sociales : le plan du multimillionnaire Macron ; une machine de guerre contre le droit du travail, la protection des salariés... une arme mortelle pour réduire jusqu’à l’insupportable le « coût du travail », marchandiser tout ce qui peut l’être.

Ceux-là même qui versent des larmes de crocodile, enfoncent chaque jour davantage notre pays dans une terrible loi de la jungle, celle-là même qui produit des « monstres ». Les millions de « perdants », les jeunes, n’ont qu’à « devenir milliardaires », éructe de Las Vegas le ministre de l’économie. S’il était de gauche, il devrait encourager les jeunes à devenir solidaires, partageux, humanistes, altruistes... Et ils osent se lamenter sur « la crise des valeurs », le « choc des civilisations », eux qui sont les fossoyeurs des valeurs de la République, les saigneurs de peuples, en France, en Lybie, en Syrie, en Irak, au Mali... partout où les bombardements des « Rafales » sentent le pétrole et le vieil ordre néocolonial. Alors, qu’ils remballent leur trompeuse « unité nationale » prétendument « apolitique » ! Comment peut-il y avoir égalité, liberté et fraternité sans justice sociale ? Leur « vivre ensemble » n’est qu’un attrape-couillons.
Ne nous taisons donc pas. Politisons les enjeux, les débats, les alternatives, les causes profondes du terrorisme. Revenons aux fondamentaux. Sociaux et néolibéraux instrumentalisent une « guerre contre le terrorisme global », le désarroi populaire, la désespérance, le climat d’insécurité, surtout sociale. Ils brisent ainsi les derniers liens de solidarité et d’entraide. Ils tentent de marginaliser définitivement leur véritable cible : la gauche de transformation sociale. Au passage, ils assoient l’école, qu’ils ont méthodiquement déstructurée et vidée de sa véritable fonction, au banc des accusés. Cela revient à alimenter le terreau de la haine. A force de mettre l’Education Nationale au pain sec et d’y instiller des concepts délétères, de faire la guerre aux pauvres, ils ont détruit le « socle commun » et « l’ascenseur social », multiplié l’échec des enfants des familles les plus défavorisées, décuplé l’exclusion. Ils ne s’intéressent qu’au tri et à la promotion d’une élite « de classe », qui s’auto-reproduit.

Quant à la liberté d’information, TF1, BFMTV, et tutti quanti continuent à mentir, à désinformer de plus belle, à censurer les communistes, les révolutionnaires, à conditionner, à lobotomiser... Un minimum de décence imposerait aux pleureuses d’aider notamment les derniers survivants de la presse d’opinion à continuer à paraître tous les matins. Que nenni ! Si « L’Humanité » disparaissait, ils n’en pleureraient pas. Alors, assez de travestissements ! Que vive la lutte ! La gauche a l’obligation de mener la lutte des classes pour affronter des sociaux néo libéraux, qui eux, n’ont jamais perdu leurs fondamentaux.

Jean Ortiz,
universitaire.

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
Ali Baba allez vers le bas
Nouvel arrivant
Nouvel arrivant


Depuis le: 12 Jan 2015
Status actuel: Inactif
Messages: 9
  Citer Ali Baba Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Jan 2015 à 18:27

Et si François Hollande se redonnait une vraie légitimité?

L'excellent site Dedefensa.org commet aujourd'hui un article de Monsieur Jean-Paul Baquiast

Monsieur Jean-Paul Baquiast

Nous ne faisions pas ici allusion à la façon dont le président de la République a géré la suite des attentats du 7 janvier, façon très appréciée et qui lui a permis une sensible remontée dans les sondages. Non. Nous faisons allusion à l'occasion historique qu'il aurait de réinscrire la France au rang des grandes puissances en négociant un accord sans arrière-pensées, complet et durable, avec la Russie de Vladimir Poutine. Il s'agirait par cet accord d'établir un pont entre l'Europe et l'Eurasie dont la France et la Russie devraient être les deux piliers porteurs.

....suite sur le lien... .

Si je prends de mon précieux temps pour parler de cet article c'est que l'auteur semble dans un état d'esprit en mode panique.

Venons-en au fait:

Monsieur Jean-Paul Baquiast pense secrètement qu'il doit être, forcément, lu par Monsieur Le Président des CHARLIE et il semble, sans ambages, suggérer SA politique étrangère future à Monsieur Hollande tout en lui reconnaissant, pince sans rire, une certaine et sans surprise impossibilité de changement économique dans sa politique intérieure.

La manœuvre est cousue de fil blanc et préconise ni plus ni moins la reproduction hollywoodienne de 2002 des duettistes Villepin/Chirac contre la guerre d'Irak.

On sait ce que sont devenues les déclarations Cocoricociennes avec la suite donnée et orchestrée par le troisième larron Ministre de l'Intérieur de l'époque Monsieur Nicolas Sarkosy futur Président de la République et ami de Kadafi.

Pôvre Kadafi et pauvre de nous.

Purée 13 ans déjà !!! j'ai l'impression que c'est hier.



Edité par Ali Baba - 20 Jan 2015 à 18:29
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Jan 2015 à 20:15
 
Résumé : a gauche : liberté d'expression, à droite : apologie du terrorisme.
 
Un adolescent de 16 ans a été inculpé pour apologie du terrorisme après avoir publié un dessin 'représentant un personnage avec le journal Charlie Hebdo, touché par des balles, en l'accompagnant d'un commentaire ironique.
 
La situation actuelle est pour le moins paradoxale. Le week-end dernier, à la suite des terribles attentats qui ont eu lieu en plein Paris, d'importants rassemblements se sont déroulés sur tout le territoire pour dénoncer le terrorisme et rappeler à la face du monde l'attachement des Français envers les principes fondamentaux que sont la liberté d'expression et la liberté de la presse.

Mais depuis une semaine, force est de constater qu'un raidissement s'est opéré en France avec l'apparition de plusieurs dizaines d'actions en justice reposant sur le délit d'apologie du terrorisme, qui prévoit une peine maximale de 5 ans de prison ferme et 75 000 euros d'amende (ou 7 ans de prison et 100 000 euros d'amende si Internet est impliqué, car ce dernier est devenu une circonstance aggravante).

L'Associated Press a par exemple recensé en milieu de semaine 54 procédures en cours sur ce motif, avec parfois d'autres griefs retenus contre les personnes interpellées. Dans certains cas, le jugement a d'ores et déjà été rendu : quinze mois de prison ferme pour cet Ardennais, trois mois de prison ferme pour ce Toulonnais ou encore un an de prison ferme pour ce Nanterrois.

Le nombre de cas a depuis augmenté. Le Monde en recensait par exemple 70 dans un article publié quelques heures après celui de l'AP.

UN DESSIN SUR FACEBOOK

Dernièrement, c'est un jeune homme de 16 ans qui a été arrêté et placé en garde à vue. France 3 indique que l'adolescent a été présenté jeudi devant un juge pour enfants en vue de sa mise en examen pour apologie du terrorisme. De son côté, le parquet des mineurs de Nantes a demandé le lendemain son placement sous liberté préjudicielle.

Son tort ? Avoir publié sur son profil Facebook "un dessin 'représentant un personnage avec le journal Charlie Hebdo, touché par des balles, en l'accompagnant d'un commentaire 'ironique'", explique la chaîne de télévision.

LA LIBERTÉ D'EXPRESSION ET SES LIMITES

La multiplication des procédures pour apologie du terrorisme pose la question des limites de la liberté d'expression, dont la surface semble s'être réduite depuis les attentats. Une situation qui alarme plusieurs organisations non gouvernementales, comme la Ligue des Droits de l'Homme, qui craint le réflexe sécuritaire, et Amnesty International.

"La liberté d’expression ne doit pas être réservée à quelques privilégiés. L’heure n’est pas à l’ouverture de procédures inspirées par des réactions à chaud, mais plutôt à la mise en place de réponses mesurées qui protègent des vies et respectent les droits de chacun", explique l'ONG, qui craint que certaines arrestations faites sous le coup de l'émotion et de la fermeté ne violent en fait la liberté d'expression.

Car si tout le monde s'accorde à défendre la liberté d'expression lorsque celle-ci va dans le sens du vent, il ne faudrait pas oublier qu'elle s'applique aussi à des messages qui peuvent s'avérer déplaisants ou révoltants. "Si l'on ne croit pas à la liberté d’expression pour les gens qu’on méprise, on n’y croit pas du tout", explique ainsi le philosophe Noam Chomsky.

Cela veut-il dire qu'il faut rester les bras ballants ? Non, bien sûr. Certains cas méritent vraisemblablement une sanction judiciaire s'il y a matière à punir (en particulier si d'autres griefs sont mêlés à la procédure). Mais l'émotion suscitée par les attentats laisse craindre un manque de discernement général qui ne contribue pas à rendre la justice dans de bonnes conditions.



Edité par T 34 - 22 Jan 2015 à 19:51
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Jan 2015 à 20:22

L’assassinat de journalistes... les leurs et les nôtres.

 

Après Paris, la condamnation du fanatisme religieux est à son comble. Je suppose qu’il y a même de nombreux progressistes qui rêvent de tordre le cou à des djihadistes, en enfonçant dans leurs crânes quelques réflexions sur l’intelligence, la caricature, l’humour et la liberté d’expression. Nous parlons ici, après tout, de jeunes qui ont grandi en France, pas en Arabie saoudite.

D’où provient tout cet intégrisme islamique des temps modernes ? La plupart vient – formé, armé, financé, endoctriné - d’Afghanistan, d’Irak, de la Libye et de la Syrie. Au cours de différentes périodes, des années 1970 à nos jours, ces quatre pays ont été les états-providences les plus laïcs, modernes, instruits du Moyen-Orient. Et qu’est-il arrivé à ces états-providence laïcs, modernes et instruits ?

Dans les années 1980, les Etats-Unis ont procédé au renversement du gouvernement afghan qui était progressiste, où les femmes jouissaient de tous les droits, croyez-le ou non (1), pour aboutir à la création des talibans et leur prise de pouvoir.

Dans les années 2000, les Etats-Unis ont renversé le gouvernement irakien, détruisant non seulement la laïcité, mais aussi un état civilisé, dont il ne reste que des décombres.

En 2011, les Etats-Unis et leur appareil militaire de l’OTAN ont renversé le gouvernement libyen laïc de Mouammar Kadhafi, laissant derrière eux un état de non-droit et en répandant des centaines de djihadistes et des tonnes d’armes au Moyen-Orient.

Et depuis quelques années les Etats-Unis tentent de renverser le gouvernement syrien laïc de Bachar al-Assad. Ceci, avec l’occupation américaine qui a déclenché une guerre généralisée entre sunnites et chiites en Irak, a conduit à la création de l’Etat islamique avec toutes ses décapitations et autres pratiques charmantes.

Mais malgré tout cela, le monde est plus sûr pour le capitalisme, l’impérialisme, l’anti-communisme, le pétrole, Israël et les djihadistes. Dieu est grand !

Depuis de la guerre froide, et la multiplication des interventions énumérées ci-dessus, nous avons affaire à 70 ans de politique étrangère américaine, sans laquelle - comme le faisait remarquer l’écrivain russo/américain Andre Vltchek - « presque tous les pays musulmans, dont l’Iran, l’Egypte et l’Indonésie, seraient aujourd’hui très probablement socialistes, sous la direction d’un groupe de dirigeants très modérés et plutôt laïcs » (2). Même l’ultra-répressive Arabie Saoudite - sans la protection de Washington - serait probablement un pays très différent.

Le 11 Janvier, Paris fut le théâtre d’une Marche d’unité nationale en l’honneur du magazine Charlie Hebdo, dont les journalistes avaient été assassinés par des terroristes. La marche fut plutôt émouvante, mais ce fut aussi une orgie d’hypocrisie occidentale, avec les chaînes de télévision françaises et la foule rassemblée vantant sans fin la vénération de l’OTAN pour les journalistes et la liberté d’expression partout dans le monde ; avec un océan de pancartes clamant « Je suis Charlie ... Nous Sommes Tous Charlie » ; avec des crayons géants brandis, comme si les armes de choix de l’Occident au Moyen-Orient au cours du siècle passé avaient été des crayons, et non des bombes, des invasions, des coups d’état, de la torture et des drones.

Personne n’a relevé que l’armée américaine, dans le cadre de ses guerres au cours des dernières décennies au Moyen-Orient et ailleurs, a été responsable de la mort délibérée de dizaines de journalistes. En Irak, entre autres incidents, il faut revoir la vidéo de 2007 de Wikileaks sur l’assassinat de sang-froid de deux journalistes de Reuters ; l’attaque en 2003 par une missile air-sol US sur les bureaux d’Al Jazeera à Bagdad, qui a fait trois morts et quatre blessés parmi les journalistes ; et le tir américain sur l’Hôtel Palestine à Bagdad la même année qui a tué deux cameramen étrangers.

En outre, le 8 Octobre 2001, au cours du deuxième jour de bombardements américains sur l’Afghanistan, les émetteurs de Radio Shari du gouvernement taliban ont été bombardés et peu de temps après, les Etats-Unis ont bombardé quelques 20 sites de radios régionales. Le Secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld, a défendu la destruction de ces installations en déclarant : « Naturellement, ils ne peuvent pas être considérés comme des médias libres. Ils sont les porte-paroles des talibans et de ceux qui hébergent les terroristes ». (3)

Et en Yougoslavie, en 1999, lors des 78 jours de bombardement d’un pays qui ne menaçait ni les États-Unis ni aucun autre pays, la Radio Television Serbia (RTS) appartenant à l’Etat fut visée parce qu’elle diffusait des choses qui n’étaient pas du goût des États-Unis et de l’OTAN (notamment les horreurs provoquées par les sus-dits bombardements). Les bombes ont tué de nombreux employés de la station, et les deux jambes de l’un des survivants qui a dû être amputé pour le libérer des décombres. (4)

Voici une opinion sur Charlie Hebdo qui m’a été envoyée par un ami à Paris qui connaît bien ce journal et ses journalistes :

« En matière de politique internationale, Charlie Hebdo était néoconservateur. Il a soutenu toutes les interventions de l’OTAN depuis la Yougoslavie. Ils étaient anti-musulman, anti-Hamas (ou toute organisation palestinienne), anti-russe, anti-cubain (à l’exception d’un dessinateur), anti-Chávez, anti-Iran, anti-Syrie, pro-Pussy Riot, pro-Kiev... Faut-il continuer ?

« Curieusement, le magazine était considéré comme « de gauche ». Il m’est difficile à présent de les critiquer parce qu’ils n’étaient pas « mauvais », juste une bande de dessinateurs drôles, oui, mais des électrons libres sans ordre du jour précis et qui au fond n’en avaient rien à foutre du « correcte » - ni politique, ni religieux, ni quoi que ce soit ; ils ne faisaient que s’amuser en tentant de vendre un magazine « subversif » (à l’exception notable de l’ancien rédacteur en chef, Philippe Val, qui est, je crois, un néoconservateur pur et dur) ».

Encore plus bête que soi

Vous souvenez-vous d’Arseniy Yatsenuk ? Ce fonctionnaire ukrainien que le Département d’État des États-Unis avait adopté comme un des leurs au début de 2014 et guidé vers le poste de Premier ministre afin de diriger les Forces du Bien ukrainiennes contre la Russie dans la nouvelle guerre froide ?

Dans une interview à la télévision allemande, le 7 Janvier 2015, voici ce que Yatsenuk a laissé échapper de sa bouche : « Nous nous souvenons tous très bien de l’invasion soviétique de l’Ukraine et de l’Allemagne. Nous ne le permettrons pas et personne n’a le droit de réécrire l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ». (5)

Les Forces du Bien ukrainiennes, il faut le rappeler, comptent également plusieurs néo-nazis à des postes élevés du gouvernement et beaucoup plus qui participent à la lutte contre les Ukrainiens pro-Russes dans le sud-est du pays. En juin dernier, Yatsenuk a qualifié ces pro-Russes de « sous-hommes » (6), une référence directe au terme nazi de « untermenschen ».

Alors la prochaine fois que vous levez les yeux au ciel devant une remarque stupide faite par un membre du gouvernement américain, essayez de vous consoler en vous en pensant que les hauts responsables américains ne sont pas nécessairement les plus stupides, sauf bien-sûr en ce qui concerne leur choix de partenaires dignes de l’empire.

Le genre de manifestation qui s’est déroulée à Paris ce mois-ci pour condamner un acte de terrorisme par des djihadistes aurait tout aussi bien pu se dérouler pour les victimes d’Odessa en Ukraine, en mai dernier. Les mêmes néo-nazis décrits ci-dessus avaient interrompu leurs parades avec des croix gammées et appelant à la mort des Russes, des communistes et des Juifs, pour aller incendier un bâtiment syndical à Odessa, tuant des dizaines de personnes et envoyant des centaines à l’hôpital ; la plupart des victimes furent battues ou abattues alors qu’elles tentaient de fuir les flammes et la fumée ; les ambulances furent empêchées de porter secours aux blessés... Vous pouvez toujours chercher un seul grand média US qui a fait ne serait-ce qu’une tentative pour décrire toute cette horreur. Il vous faudra visiter le site russe de RT.com à Washington, DC, et rechercher « Odessa fire » ( « incendie Odessa ») pour trouver de nombreux articles, images et vidéos. Voir aussi l’article de Wikipedia sur le 2 mai 2014 et les affrontements à Odessa.

Si le peuple américain avait été forcé de regarder, d’écouter et de lire toutes les histoires sur le comportement des néo-nazis en Ukraine au cours des dernières années, je pense qu’ils - oui, même le peuple américain et ses représentants intellectuellement limités du Congrès - commenceraient à se demander pourquoi leur gouvernement a été si étroitement allié avec de telles personnages. Les États-Unis pourraient même s’allier à la Russie pour les combattre.

L’Occident n’est pas Charlie pour Odessa. Il n’y a pas de défilé à Paris pour Odessa. (en français dans le texte – NdT)

Quelques réflexions sur ce qu’on appelle l’idéologie

Norman Finkelstein, le virulent critique américain d’Israël, était interviewé récemment par Paul Jay sur The Real News Network. Finkelstein a raconté comment il avait été un maoïste dans sa jeunesse et avait été dévasté par l’exposition et la chute de la Bande des Quatre en 1976 en Chine. « Il s’est avéré qu’il y avait énormément de corruption. Les gens que nous pensions être totalement désintéressés étaient en fait totalement égoïstees. C’était clair. Le renversement de la Bande des Quatre avait un énorme soutien populaire ».

Beaucoup d’autres maoïstes ont été déchirés par l’événement. « Tout s’est écroulé subitement, tout le système maoïste, qui nous pensions [étaient] des hommes nouveaux socialistes, qui croyaient tous au don de soi, au combat contre l’égoïsme. Puis du jour au lendemain, ce fut tout le contraire. »

« Vous savez, beaucoup de gens pensent que c’est McCarthy qui a détruit le Parti communiste, » a poursuivi Finkelstein, « C’est absolument faux. Vous savez, quand vous étiez un communiste à l’époque, vous aviez la force intérieure pour résister au maccarthysme, au nom de la cause. Ce qui a détruit le Parti communiste fut le discours de Khrouchtchev, » une référence à 1956 et la révélation par le premier ministre soviétique Nikita Khrouchtchev des crimes commis par Joseph Staline et son régime dictatorial.

J’étais moi-même suffisamment âgé et intéressé pour être influencé par les révolutions russes et chinoises, mais ce ne fut pas le cas. J’étais un admirateur du capitalisme et un bon et loyal anti-communiste. C’est la guerre du Vietnam qui fut ma Bande des Quatre et mon Nikita Khrouchtchev à moi. Jour après jour, en 1964 et au début de 1965, je suivais attentivement les informations pour prendre connaissance des derniers statistiques de la journée sur la puissance de feu américaine, les sorties des bombardiers, et le nombre de morts. J’étais rempli de fierté patriotique devant notre démonstration de force massive qui allait façonner l’histoire. Des paroles comme celles prononcées par Winston Churchill, à l’entrée des Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, me revenaient facilement à l’esprit - « l’Angleterre vivra ; la Grande-Bretagne vivra ; la Communauté des Nations vivra » Puis un jour - un jour comme un autre – de façon soudaine et de manière inexpliquée, ça m’a frappé. Dans ces villages aux noms étranges, il y avait des gens sur qui ces bombes tombaient, des gens qui fuyaient dans un désespoir total devant le déluge de feu qui tombait du ciel.

Et ça ne m’a plus lâché. Les bulletins d’informations provoquaient en moi la satisfaction bien-pensante que nous étions en train de donner une leçon à ces maudits communistes et qu’ils n’allaient pas s’en tirer avec ce qu’ils avaient l’intention de s’en tirer. L’instant d’après, j’étais frappé par une vague de répulsion devant toute cette horreur. La répulsion a fini par l’emporter sur la fierté patriotique, et je n’ai jamais fait marche arrière ; me condamnant du coup à ressentir du désespoir devant la politique étrangère des Etats-Unis, encore et encore, décennie après décennie. (7)

Le cerveau humain est un organe étonnant. Il travaille 24/24h, sept jours sur sept, et 52 semaines par an, avant même votre naissance et jusqu’au jour où vous devenez un nationaliste. Et ce jour-là peut arriver très tôt. Voici un titre récent du Washington Post  : « Aux États-Unis le lavage de cerveau commence dès la maternelle. »

Ah, au temps pour moi. En réalité, le titre était « En Corée du Nord le lavage de cerveau commence dès la maternelle. » (8)

Que Cuba Vive ! Liste du Diable de ce que les États-Unis ont fait à Cuba

Le 31 mai 1999, une plainte contre le gouvernement des États-Unis pour $181 milliards - pour morts, blessés et dommages économiques - fut déposée devant un tribunal de La Havane. Elle a ensuite été déposée auprès de l’Organisation des Nations Unies. Depuis, son sort est un mystère.

La plainte porte sur les 40 années qui ont suivi la révolution de 1959 et décrit, avec force détails apportés par des témoignages directs des victimes, les actes d’agression des Etats-Unis contre Cuba ; en mentionnant souvent le nom, la date et les circonstances précises, de chaque personne tuée ou gravement blessée. En tout, 3478 personnes ont été tuées et 2099 gravement blessées. (Ces chiffres ne comprennent pas les nombreuses victimes indirectes des pressions et du blocus économique de Washington, qui a provoqué des difficultés pour obtenir des médicaments et de la nourriture, en plus d’autres difficultés.)

En termes juridiques, la plainte fut rédigée de manière très précise. Elle portait sur la mort d’individus, au nom des survivants, et des dommages corporels de ceux qui avaient survécu à des blessures graves, en leur nom propre. Aucune attaque américaine infructueuse ne fut retenue, et par conséquent il n’y avait aucun témoignage sur les plusieurs centaines de tentatives d’assassinat manquées contre le président cubain Fidel Castro et d’autres hauts fonctionnaires, ni des attentats qui n’avaient pas fait de victimes. Les dégâts occasionnés aux cultures, au bétail ou à l’économie cubaine en général ont également été exclus, il n’y avait donc aucun témoignage sur l’introduction dans l’île de la peste porcine ou la moisissure de tabac.

Toutefois, les aspects de la guerre biologique et chimique menée par Washington contre Cuba et ayant fait des victimes furent décrits en détail, notamment la création d’une épidémie de dengue hémorragique en 1981, au cours de laquelle quelques 340 000 personnes furent infectées et 116 000 hospitalisées ; et ceci dans un pays qui n’avait jamais connu auparavant un seul cas de cette maladie. Au final, 158 personnes, dont 101 enfants, sont mortes. (9) Le fait qu’il n’y ait eu que 158 morts, sur les quelques 116 000 hospitalisés, constitue un hommage éloquent au remarquable système de santé public cubain.

La plainte décrit la campagne d’attaques aériennes et navales contre Cuba qui ont commencé en Octobre 1959, lorsque le président américain Dwight Eisenhower a approuvé un programme qui comprenait des bombardements de raffineries de sucre, l’incendie des champs de canne-à-sucre, des attaques à la mitrailleuses à La Havane, y compris contre des trains de voyageurs.

Une autre section de la plainte décrit les groupes terroristes armés, Los Bandidos, qui ont ravagé l’île pendant cinq ans, de 1960 à 1965, date à laquelle le dernier groupe fut repéré et vaincu. Ces bandes terrorisaient les petits agriculteurs, torturaient et tuaient ceux considérés (souvent à tort) comme des partisans actifs de la Révolution ; hommes, femmes, et enfants. Plusieurs jeunes enseignants volontaires de la campagne d’alphabétisation furent parmi les victimes de ces bandits.

Il y eut aussi bien-sûr la fameuse Baie des Cochons, en avril 1961. Bien que la totalité de l’incident a duré moins de 72 heures, 176 Cubains ont été tués et 300 autres blessés, dont 50 handicapés à vie.

La plainte a également décrit la campagne incessante de grands actes de sabotage et de terrorisme qui comprenaient le bombardement de navires et d’avions ainsi que des magasins et bureaux. L’exemple le plus horrible de sabotage fut bien sûr l’explosion en plein vol en 1976 d’un avion de Cubana qui avait décollé de la Barbade, tuant les 73 passagers. Il y a aussi l’assassinat de diplomates et fonctionnaires cubains à travers le monde, dont un en pleine rue à New York en 1980. Cette campagne s’est poursuivie dans les années 1990, avec les meurtres de policiers cubains, soldats et marins en 1992 et 1994, et une vague d’attentats contre des hôtels en 1997, qui a coûté la vie à un touriste ; la campagne d’attentats visait à décourager le tourisme et a conduit à l’envoi d’officiers du renseignement cubains aux États-Unis dans une tentative de mettre fin aux attentats ; parmi eux, il y avait les Cinq Cubains.

A tout ce qui précède on peut ajouter les nombreux actes de chantage financier, de violence et de sabotages menés par les Etats-Unis et ses agents au cours des 16 années qui ont suivi le dépôt de la plainte. En somme, la blessure et traumatisme profonds infligés au peuple cubain peuvent être considérés comme leur version à eux d’un 11 Septembre 2001. (10)

William Blum

Traduction "Quand les hommes vivront d’amour, Ce sera la paix sur la terre, Les soldats seront troubadours, Mais nous, nous serons morts mon frère" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

Notes

(1) US Department of the Army, Afghanistan, A Country Study (1986), pp.121, 128, 130, 223, 232

(2) Counterpunch, January 10, 2015

(3) Index on Censorship, the UK’s leading organization promoting freedom of expression, October 18, 2001

(4) The Independent (London), April 24, 1999

(5) “Ukrainian Prime Minister Arseniy Yatsenyuk talking to Pinar Atalay”, Tagesschau (Germany), January 7, 2015 (in Ukrainian with German voice-over)

(6) CNN, June 15, 2014

(7) See William Blum, West-Bloc Dissident : A Cold War Memoir, chapter 3

(8) Washington Post, January 17, 2015, page A6

(9) William Blum, Killing Hope : US Military and CIA Interventions Since World War II, chapter 30, for a capsule summary of Washington’s chemical and biological warfare against Havana.

(10) For further information, see William Schaap, Covert Action Quarterly magazine (Washington, DC), Fall/Winter 1999, pp.26-29

[Récup] François Hollande compte sur « l’esprit du 11 janvier » pour faire avancer les réformes

Edité par T 34 - 23 Jan 2015 à 03:38
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
 Répondre Répondre Page  <123>

Aller au Forum Permissions du forum allez vers le bas

Powered by Flex Design® version v8m6r15
Copyright © 2001-2011 Flex Design

Cette page a été affichée en 8,000 secondes.