Forum Unité Communiste Page d'accueil
  Sujets actifs Sujets actifs
  FAQ FAQ  Rechercher dans le Forum   Calendrier   Inscription Inscription  Connexion Connexion
Accueil Forum Accueil Forum > Pour s'informer, notre sélection d'articles > France

l'éducation, les résistances

 Répondre Répondre Page  <1 232425
Auteur
Message
  Sujet Recherche Sujet Recherche  Options des sujets Options des sujets
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Sep 2013 à 19:23

Rentrée scolaire. Rythmes scolaires, une aubaine pour le secteur privé ?

En lançant une réforme sans moyens pour l’appliquer, l’État offre un boulevard aux acteurs du périscolaire, un secteur déjà en plein essor.

Bientôt des écoles primaires sponsorisées par le CAC 40 ? Nos enfants apprendront-ils à lire dans une classe Total et à compter grâce aux assurances Axa ? Un tel scénario relève de la fiction… pour l’heure en tout cas. Dès la rentrée 2014, certaines activités périscolaires, instaurées par la nouvelle semaine de quatre jours et demi, seront financées par l’entreprise Total. Le 7 juin, le groupe pétrolier a en effet signé un accord-cadre avec la ministre Valérie ­Fourneyron, aux termes duquel il s’engage à financer des projets en faveur de la jeunesse, à hauteur de 16 millions d’euros. Quatre millions seront destinés à « des activités éducatives et culturelles en dehors du temps scolaire, notamment en accompagnant la réforme des rythmes éducatifs dans le premier ­degré », détaille le communiqué du ministère. « Il ne s’agit que d’une renégociation d’un accord signé en 2009 avec Martin Hirsch », explique Catherine Ferrant, déléguée générale de la fondation Total. Qui s’est vu demander par le nouveau gouvernement d’orienter une partie de ces fonds vers le financement de sa réforme.

Ce recours à des fonds privés « trahit un glissement insupportable dans la manière dont l’État considère le futur de l’organisation scolaire », a ­dénoncé, cet été, l’Association des maires ruraux de France. C’est la conséquence d’une réforme « imposée aux collectivités locales mais qui n’est pas financée par l’État », ajoute son directeur, Cédric Szabo. À l’instar de l’État, des collectivités vont-elles, par manque de ressources, se tourner vers le secteur privé ? « C’est encore trop tôt pour l’affirmer, répond Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire. Mais on peut se poser la question, à une époque où le marché du périscolaire est en véritable essor. » Sur Internet fleurissent les spams de sociétés proposant des solutions pour « l’après-école ». « Comment occuper les enfants après 16 heures ? » s’interroge une association artistique qui se vante d’avoir « été sélectionnée par la mairie de Paris pour animer des ateliers dans l’enceinte des écoles » et propose de « prendre en charge les enfants jusqu’à 20 heures ». Sans parler des mastodontes du soutien scolaire, telle Acadomia, qui ne capte encore que 20 % d’un marché estimé à 1,5 milliard d’euros…

Pierre Duquesne

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Sep 2013 à 21:35
Quand vous lirez ce texte je serai déjà mort.
 

Suicide d’un enseignant

 
 

Ses collègues ont dit de lui que "C’était vraiment un professeur consciencieux, investi, compétent, passionné, très apprécié des élèves et des collègues, toujours souriant et prêt à discuter, à aider".

De Pierre JACQUE
Enseignant d’électronique
Le 1 septembre 2013

Objet : Évolution du métier d’enseignant.

Je vous fais part de ma décision de ne pas faire la rentrée scolaire 2013. En effet le métier tel qu’il est devenu au moins dans ma spécialité ne m’est plus acceptable en conscience.
Pour éclairer ma décision je vous décris succinctement mon parcours personnel.
Je suis devenu ingénieur en électronique en 1982 à l’âge de 24 ans. Ma formation initiale et surtout mon parcours professionnel m’ont amené à exercer dans la double compétence "hard" et "soft". Le métier prenant et difficile m’a toujours convenu tant que j’avais le sentiment de faire œuvre utile et d’être légitime dans mon travail.

Passé la quarantaine la sollicitation de plus en plus pressente d’évoluer vers des tâches d’encadrement et le sort réservé à mes aînés dans mon entreprise m’ont incité à changé d’activité. En 1999 j’ai passé le concours du capet externe de génie électrique et j’ai enseigné en section SSI et STI électronique. Le choc pour moi fut brutal de constater la baisse de niveau des sections techniques en 18 ans passé dans l’industrie notamment pour la spécialité agent technique (niveau BTS ou DUT suivant les cas). Même si le niveau enseigné était bien bas de mon point de vue, ma compétence était au service des élèves et je me sentais à ma place. Une difficulté était quand même le référentiel applicable (le programme) datant des années 80, ambitieux pour l’époque et en total décalage avec le niveau réel des élèves des années 2000. Une réforme semblait souhaitable pour officialiser des objectifs réalistes et orientés en fonction des besoins du marché du travail.

Puis vint la réforme de 2010 mise en place par Luc Chatel et applicable à la rentrée 2011. Pour le coup, le terme réforme est faible pour décrire tous les changements mis en place dans une précipitation totale. L’enseignement des métiers est réduit à peu de choses dans le référentiel de 4 spécialités seulement qui constitue des "teintures" sur un tronc commun généraliste d’une section unique appelée STI2D qui rentre bizarrement en concurrence avec la section SSI. L’électronique disparaît purement et simplement.

En lieu et place il apparaît la spécialité "Systèmes Informatiques et Numériques". Cela ne me pose pas de problème personnel, je maîtrise bien le domaine et je l’enseigne même plus volontiers que les classiques problèmes de courant de diode ou de montages amplificateurs. Je me pose quand même la question de la compétitivité de notre pays dans le domaine industriel avec un pareil abandon de compétence. La mise en place de la réforme est faite à la hussarde dans un état d’affolement que l’inspection a du mal à dissimuler.

Entre temps le gouvernement a changé sans que les objectifs soient infléchis le moins du monde ou qu’un moratoire soit décidé, ne serait-ce qu’à cause du coût astronomique de cette réforme. En effet il aura fallu réorganiser l’implantation de tous les ateliers de tous les lycées techniques de France, abattre des cloisons, en remonter d’autres à coté, refaire tous les faux plafonds, les peintures et renouveler les mobiliers. Ceci est fait à l’échelle du pays sans que la réforme ait été testée préalablement dans une académie pilote. Début 2011, l’inspection nous convoque en séminaire pour nous expliquer le sens et les modalités de la réforme ; il apparaît la volonté de supprimer toute activité de type cours ce qui est la radicalisation d’une tendance déjà bien marquée.

On nous assène en insistant bien que l’élève est acteur de son propre savoir, qu’il en est le moteur. Pour les spécialités, donc la mienne SIN entre autre, cela signifie qu’une partie conséquente de l’activité sera de type projet. A l’époque les chiffres restent vagues, il est question de 50% du temps au moins. La nature des projets, la façon de les conduire, la façon de les évaluer ne sont pas évoquées et les questions que posent les enseignants à ce sujet restent sans réponses, nous serons mis au courant après la rentrée de septembre. En attendant l’inspection nous fait entièrement confiance pour continuer comme d’habitude. Je fais remarquer qu’il ne faudra pas tarder car nous préparons les élèves au bac en deux ans et que la connaissance des modalités d’examens est incontournable rapidement après la rentrée pour un travail efficace, c’est-à-dire sans perte de temps.
Lors de la réunion suivante, après la rentrée 2011, l’inspecteur répond un peu agacé à la même question "que notre travail c’est d’enseigner et que l’évaluation verra après" (sic). En attendant le travail devant élève est commencé et moi et mes collègues travaillons à l’estime. Le manque de matériel se fait cruellement sentir dans mon lycée, les travaux nécessaires ne seront faits qu’à l’été 2012.

Lors d’une réunion aux alentours de février il nous est demandé pour la prochaine réunion d’exposer l’état d’avancement de la réforme et si possible les projets envisagés ou mieux déjà mis en œuvre. A ce moment je viens juste de recevoir un premier lot de matériel et je ne dispose du logiciel correspondant que depuis novembre. La pression amicale mais réelle pour commencer les projets va aller augmentant. J’ai un groupe de 16 élèves et un autre de 15 dans une salle qui est déjà trop étroite pour recevoir proprement 14 élèves en travaux pratiques et avec un matériel réduit qui ne me permets qu’un choix très restreint de sujets. La phase passée en projet sera cauchemardesque pour l’enseignant et la fraction d’élèves sérieux.

Le dernier mois de cette année de première sera passé en activités plus classiques. A la rentrée 2012 les élèves sont maintenant en terminale, j’ai les tables de travail prévues dans une salle provisoire de 80 m2 au lieu des 140 m2 prévus. Il est difficile de bouger, le travail en travaux pratiques reste possible et je couvre ainsi la partie communication réseau de référentiel au moyen d’un logiciel de simulation. Je ne dispose pas du matériel support. On me bricole une salle de 150 m2 à partir de deux salles de cours séparées par un couloir et j’attaque les projets dans ces conditions. Le couloir sera abattu aux vacances de février.

Pendant ce temps nous avons appris que la note du bac porterait uniquement sur le projet final est que la note serait constituée de deux parties égales, une attribuée par un jury en fin d’année suite à une soutenance orale avec support informatique, l’autre attribuée par l’enseignant de l’année au vu du travail fourni par les élèves. Les critères d’évaluation portent principalement sur la gestion de projet et la démarche de développement durable. Il est explicitement exclu de juger les élèves sur les performances et la réussite du projet. Ceci appelle deux remarques.

La première est que les critères sont inadaptés, les élèves sont incapables de concevoir et même de gérer un projet par eux-mêmes. De plus la démarche de développement durable est une plaisanterie en spécialité SIN où l’obsolescence programmée est la règle. Comment note-t-on alors les élèves ? A l’estime, en fonction de critères autres, l’inspection le sait mais ne veut surtout pas que la chose soit dite. Du coup cette note relève "du grand n’importe quoi" et ne respecte aucune règle d’équité. Elle est attribuée par un enseignant seul qui connaît ces élèves depuis au moins un an et compte coefficient 6 ce qui écrase les autres matières. Cela viole l’esprit du baccalauréat dans les grandes largeurs. Je considère que ceci est une infamie et je me refuse à recommencer.
L’ensemble du corps inspectoral est criminel ou lâche ou les deux d’avoir laissé faire une chose pareille. Cette mécanique est conçue dans une idée de concurrence entre les enseignants mais aussi entre les établissements pour créer une dynamique de très bonnes notes à l’examen y compris et surtout si elles n’ont aucun sens. Vous avez l’explication des excellents résultats du cru 2013 du baccalauréat au moins pour la filière technologique. Cela fait plus d’un an que je me plains à mon syndicat de cet état de fait. Pas un seul compte-rendu ni localement sur Marseille ni à un plus haut niveau n’en fait mention.
Je suis tout seul à avoir des problèmes de conscience. Ou alors le syndicat est activement complice de l’état de fait, le responsable local me dis : "mais non Pierre tu n’es pas tout seul". En attendant je ne vois aucune réaction et ce chez aucun syndicat. Que penser ? Soit nous sommes muselés, soit je suis le dernier idiot dans son coin. De toute façon je n’accepte pas cette situation.

Je pense au niveau toujours plus problématique des élèves, autrefois on savait parler et écrire un français très convenable après 5 ans d’étude primaire. Aujourd’hui les élèves bachelier maîtrisent mal la langue, ne savent plus estimer des chiffres après 12 ans d’études. Cherchez l’erreur. La réponse de l’institution est : "oui mais les élèves savent faire d’autres choses". Je suis bien placé dans ma spécialité pour savoir que cela n’est pas vrai ! Les élèves ne maîtrisent rien ou presque des techniques numériques d’aujourd’hui. Tout ce qu’ils savent faire est jouer et surfer sur internet. Cela ne fait pas un compétence professionnelle. Les médias nous rabattent les oreilles sur la perte de compétitivité du pays en laissant entendre que le coût du travail est trop élevé.

Cette présentation pèche par une omission grave. La réalité est que le travail en France est trop cher pour ce que les travailleurs sont capables de faire véritablement. Et là la responsabilité de l’éducation nationale est écrasante. Qui osera le dire ? J’essaye mais je me sens bien petit. J’essaye de créer un maximum d’émoi sur la question. J’aurais pu m’immoler par le feu au milieu de la cour le jour de la rentrée des élèves, cela aurait eu plus d’allure mais je ne suis pas assez vertueux pour cela.

Quand vous lirez ce texte je serai déjà mort.

Pierre Jacque
enseignant du lycée Antonin Artaud
à Marseille


Trop de volontaires dans les écoles du 93 ?

Face au manque de profs, l’administration avait promis des pleins-temps à des étudiants. Promesse non tenue.

En ces temps de pénurie d’enseignants, l’affaire a de quoi étonner. En juillet, les candidats de l’académie de Créteil déclarés « admissibles » à l’issue de la première partie du concours de prof des écoles ont reçu une proposition alléchante de l’inspection. Ceux déjà titulaires de leur master 2 pouvaient postuler, pour cette rentrée, à un poste de contractuel à temps plein. Une aubaine pour Pierre, qui y voit un bon moyen d’assurer le quotidien jusqu’aux concours d’admission, en juin 2014. Début août, le jeune homme, qui vit à 500 kilomètres de Paris, reçoit un e-mail lui confirmant son affectation en Seine-Saint-Denis et l’invitant à une réunion d’information. Sans plus de détails. Pierre est prêt à démissionner de ses petits boulots et à déménager. Son interlocuteur l’en dissuade. « Ne le faites pas, il n’y aura pas de place pour tout le monde… » Premier indice inquiétant. Le 30 août, la réunion se tient à l’inspection académique. 180 candidats ont répondu à l’appel. Et là, surprise, la plupart des postes proposés sont à mi-temps ! Seulement une dizaine de pleins-temps sont à pourvoir mais dans des Clis ou des Segpa, des classes spécialisées dans la difficulté scolaire et le suivi des élèves handicapés… Certains, qui misaient tout sur ce plein-temps et avaient parfois déménagé, ont tout de même accepté. Les autres ont fait des kilomètres pour rien. « Comment voulez-vous vivre près de Paris avec un mi-temps ? » fait remarquer Pierre, choqué surtout de voir que l’on envoie des contractuels « dans des classes réservées à des profs spécialisés ».

Alertée, Martine Caron, du Snuipp-FSU 93, dénonce un « procédé irrespectueux ». Mais aussi absurde. « L’académie a sans doute fait marche arrière car elle n’a pas eu le feu vert budgétaire, mais d’ici à quelques semaines, il lui faudra recruter de toute manière des contractuels pour pallier les arrêts maladie et autres temps partiels… » Pierre n’en sera pas, reparti dans sa province. « J’avais lâché un de mes deux boulots en prévision de ce temps plein. Je me retrouve avec 250 euros par mois et des semaines de galère pour retrouver un emploi… »

Laurent Mouloud



Edité par T 34 - 05 Sep 2013 à 23:15
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Sep 2013 à 00:14

Impôts. Bernard Cazeneuve fait payer 
les étudiants

La suppression des avantages fiscaux pour les parents d’enfants scolarisés dans le secondaire serait étendue au supérieur. Une atteinte de plus au pouvoir d’achat des familles.

En juin dernier, dans le cadre de la réforme des prestations familiales, le gouvernement avait annoncé son intention de s’attaquer aux niches fiscales pour frais de scolarité en évoquant la suppression des réductions d’impôts dont bénéficient les parents d’élèves scolarisés dans le secondaire (collège et lycée). Selon le journal les Echos, cette mesure pourrait être élargie aux familles d’enfants scolarisés dans l’enseignement supérieur.

Actuellement, les familles d’enfants scolarisés bénéficient d’une réduction de leurs impôts sur le revenu de 61 euros par enfant au collège, 153 euros par enfant au lycée et 183 euros par enfant à l’université. Avec la mesure de suppression de l’aide fiscale accordée pour les élèves du secondaire, qui concerne quelques 2,2 millions de familles, le gouvernement table sur une économie de 235 millions d’euros. La même mesure, élargie à l’enseignement supérieur, renflouerait les caisses de 210 millions d’euros de plus, en sanctionnant, au passage, 1,5 million de ménages supplémentaires. Cumulées, les suppressions de ces deux niches fiscales scolaires rapporteraient près de 440 millions d’euros à l’État, le tout, sur le dos des familles.

Pour Hugo Pompougnac, secrétaire national de l’UEC (Union des étudiants communistes), cette mesure, en grévant un peu plus le budget des étudiants, menace d’aggraver une situation déjà tendue. «La première source de revenu pour un étudiant est sa famille. Aujourd’hui, nous avons déjà à faire face à un système de bourse vétuste et 75% des étudiants sont dans l’obligation de se salarier pour pouvoir financer leurs études» explique-t-il, poursuivant qu’ «un tiers des étudiants de France inscrit en première année n’atteint pas la troisième année universitaire, principalement pour des questions de budget». La mesure envisagée par le gouvernement va contribuer à «nourrir l’échec des étudiants», précise le secrétaire national de l’UEC qui insiste sur le fait que «ce n’est pas en privant les étudiants d’aides sociales qu’ils seront correctement formés pour entrer dans le monde du travail».

Augmentation du coût de la vie étudiante

Par ailleurs, dans son enquête annuelle concernant le pouvoir d’achat des étudiants, l’Unef, qui pointe une augmentation du coût de la vie étudiante de plus de 4% en un an (deux fois supérieure à l’inflation), demande des mesures d’urgences et «met en garde le gouvernement contre toute tentative de faire des économies sur le dos des étudiants» avec ce «coup de rabot fiscale».

De son côté, et au lendemain de l’annonce par Francois Hollande d’une «pause fiscale», Bernard Cazeneuve, ministre délégué au Budget, s’est refusé à tout commentaire, sans toutefois réfuter l’information. «Quoi qu’il arrive et quelles que soient les décisions qui seront prises en arbitrage, ce que je peux dire c’est que le gouvernement prendra des moyens pour accompagner de façon significative les étudiants les plus défavorisés», annonçant par ailleurs et à demi-mots des «mesures destinées à faire en sorte que les parents qui n’ont pas les moyens d’accompagner leur enfants dans leurs études soient aidés». Sans plus de précision.

Marion d’Allard

Moscovici, sa famille, c’est le Medef (Parti de gauche)

Selon Les Echos, non démentis par le ministre délégué au budget, le gouvernement s’apprêterait à étendre aux étudiants les suppressions de réduction d’impôts jusque-là accordées aux familles ayant des enfants scolarisés. Déjà au début de l’été, le gouvernement avait supprimé celles bénéficiant aux familles ayant des enfants scolarisés dans le secondaire. Les rentrées scolaires et étudiantes n’ont pourtant jamais tant pesé sur les familles que cette année mais le gouvernement préfère servir le patronat.

Il y a une semaine jour pour jour, le ministre de l’économie et des finances se vautrait en effet devant le Medef et lui garantissait que la maigre contribution demandée aux entreprises au titre de la contre-réforme des retraites serait compensée intégralement par une diminution des cotisations patronales au titre de la politique familiale. Aujourd’hui, il fait ouvertement les poches des familles pour remplir celles du Medef.

La politique de l’offre qui conduit à gaver le Medef sur le dos du peuple, ça suffit ! N’en déplaise à Pierre Moscovici, l’impôt et les cotisations sociales sont là pour servir l’intérêt général, pas celui-de l’oligarchie. Pierre Moscovici ferait mieux d’engager une grande réforme fiscale et sociale redistributrice et de s’émanciper au plus vite de sa famille d’adoption, le Medef.

François Cocq, secrétaire général du Parti de Gauche

De plus en plus d’étudiants renoncent à se soigner

Faute de moyens, seulement 53% des étudiants malades (contre 57% en 2011) recourent à un médecin traitant et près de la moitié d'entre eux pratiquent l'automédication.

Les étudiants  sont de plus en plus nombreux à renoncer à se soigner faute d'argent, selon une étude d'Emevia, un réseau national de mutuelles de proximité. 17,4% des étudiants déclarent avoir renoncé à des soins les six derniers mois pour des raisons financières, un chiffre en augmentation de 2,4 points par rapport à 2011, a précisé Emevia qui mène des enquêtes tous les deux ans depuis une quinzaine d'années.
« C'est un renoncement plus qu’inquiétant, assure Cédric Chevalier, président d'Emevia. Il y a une vraie problématique de santé publique sur cette population-là. » Cette augmentation s'explique par les capacités financières des étudiants « toujours un peu plus dégradées par rapport aux années antérieures », précise l’étude. 49,5% d'entre eux ont ressenti des difficultés financières au cours de l'année.

Les femmes renoncent plus aux soins que les hommes (21,6% contre 12%). Face à la maladie, seulement 53,1% des étudiants recourent à un médecin traitant (contre 56,9% en 2011). Près de la moitié d'entre eux (47%) pratiquent l'automédication et un peu plus d'un tiers (33,1%) consomment des médicaments donnés par un proche. Moins d'une étudiante sur deux (48%) a consulté un gynécologue en 2013, alors qu'elles étaient 52,1% en 2011. Un «recul inquiétant», estime Emevia.

« le mal-être étudiant »

Le réseau de mutuelles dénonce également « le mal-être étudiant » qui s’est « très nettement aggravé » entre 2011 et 2013. En cause, notamment, l’augmentation des comportements de rejet (raciste, sexiste, homophobe, etc.) « qui sont passés de 8,1% en 2011 à 12,4% en 2013 ». Ce rejet s'exprime sous forme d'injures et de harcèlement moral (10% en 2013 contre 7,4% en 2011) mais aussi d'agressions physiques (2,4% en 2013 contre 0,7% en 2011).
Emevia souhaite alerter les pouvoirs publics sur l'élargissement d'un chèque santé ou encore « la consultation gynécologique pour les femmes de 18 à 25 ans, qui pourrait être prise en charge à 100% par l'assurance maladie », explique Cédric Chevalier.

Cette difficulté à accéder aux soins a également été mise en lumière par les syndicats étudiants. Dans sa dernière enquête sur le coût 2013 de la rentrée universitaire, l’Unef soulignait également que les étudiants, de plus en plus appauvris, renoncent en premier aux dépenses de santé.
« L'année dernière, près de 30% des étudiants déclaraient avoir renoncé à des soins médicaux pour des raisons financières, notait l’Unef. De plus, 19% des étudiants n'ont pas de complémentaire santé et voient ainsi le coût de leur panier de soin s'alourdir ». Le reste à charge santé (ce que l’étudiant paye de sa poche) est à 9,6% pour un étudiant possédant une complémentaire santé. Pour les étudiants n’en possédant pas, le reste à charge santé représente 23% du coût de la dépense.

Colette Pierrot (avec AFP)



Edité par T 34 - 10 Sep 2013 à 18:18
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Sep 2013 à 21:34

La FCPE lance une campagne contre les cartables trop lourds

Du 23 septembre au 5 octobre, quelque 250 masseurs kinésithérapeutes vont offrir des consultations gratuites aux élèves de CM1, CM2 et 6e, pour sensibiliser au mal de dos, causé notamment par des cartables qui approchent bien souvent les dix kilos.

Qui n’a jamais compatit, sur le chemin de l’école, devant ces enfants disparaissant derrière leur gigantesque cartable ? Un problème que la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) prend très au sérieux. En partenariat avec le SNMKR (Syndicat national des masseurs kinésithérapeutes rééducateurs), elle a annoncé, mardi 17 septembre, le lancement d’une nouvelle campagne préventive contre la surcharge des cartables, responsable des douleurs rachialgiques. « Le mal de dos, c’est un vrai fléau. Ça coûte 2 milliards d’euros et 9 millions de journées d’arrêt de travail chaque année, peste Paul Raoult, président de la FCPE. Ça démarre très jeune : c’est là où il faut faire attention. »
 
Cette campagne, baptisée « Mt’on dos », se déroulera du 23 septembre au 5 octobre 2013. Les quelque 250 kinésithérapeutes qui s’associent à cette campagne recevront gratuitement dans leur cabinet les parents et leurs enfants pour leur prodiguer des conseils sur le poids du cartable, l’organisation du matériel scolaire ou encore le positionnement de la chaise et de la table au domicile. Les élèves de CM1, CM2 et 6ème sont principalement concernés par cette action. La liste des kinésithérapeutes participants est consultable à cette adresse : http://www.snmkr75.fr/actualites/m-ton-dos-c-est-reparti.html.
 
La FCPE souhaite sensibiliser le gouvernement et réclame des mesures. A commencer par une loi qui impose à l’Education nationale de prendre en compte ce problème. « Il s’agirait d’aboutir à un code protecteur pour les enfants et les adolescents au même titre que le code du travail pour les salariés », explique la Fédération.
 
Aujourd’hui, 64 % des écoliers se plaignent de douleurs au dos (80% de filles). Beaucoup portent des charges bien trop lourdes alors qu’ils sont dans une période de croissance où l’ossification des vertèbres n’est pas terminée (14 ans pour les filles, 15 ans pour les garçons). « Le poids d’un cartable au collège atteint 8,5 kg, ce qui revient presque à l’équivalent d’un pack de 6 bouteilles d’eau sur le dos ! », rappelle la FCPE. Selon elle, le poids du cartable ne doit pas dépasser 10 % de celui de l’enfant, contre plus de 20% actuellement.
 
Plusieurs solutions pourraient être mises en œuvre. Comme la possibilité d’acquérir les ouvrages en deux exemplaires pour certaines matières, l’un restant en classe et l’autre à la maison. « Le poids du cartable se verrait allégé de 40% », assure la FCPE. Elle préconise également la création d’une « commission fournitures » dans les établissements où parents et enseignants décideraient ensemble d’une liste par matière, commune à tous les élèves. Toujours avec le souci de privilégier l’utilisation de petits formats pour les cahiers et les classeurs. La FCPE réclame aussi des collectivités l’achat d’un « minimum » de mobilier ergonomique alors que les enfants passent, en moyenne, 4000 heures assis par an.
 
La FCPE rappelle, enfin, que les éditeurs proposent l’utilisation du manuel numérique qui consiste à suivre la leçon via un rétroprojecteur. Selon Paul Raoult, « les tablettes ou le cartable numérique » constitueront une solution à terme. « Aujourd'hui, la tablette est moins cher. Dans quatre ou cinq ans, on va y arriver. »

Colette Pierrot

 
Une seule solution : acheter des canaimas !
 
Avec un canaima plus de mal au dos chiquitico !
 
Gracias comandante !
 
 
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Sep 2013 à 21:44

L’université toujours aux abois

Création virtuelle de postes, déficit masqué mais bien réel. Le Snesup-FSU a alerté hier sur la situation budgétaire « catastrophique » de nombreux établissements en cette rentrée.

Une rentrée universitaire toujours aussi difficile. Une semaine après la conférence de presse de Geneviève Fioraso, le Snesup-FSU a tempéré, hier, l’optimisme de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Pour le principal syndicat d’enseignants et chercheurs, la situation budgétaire reste « catastrophique » dans de nombreux établissements.

Alors que cette rentrée est marquée par l’arrivée de 36 000 étudiants supplémentaires, les 1 000 postes (sur les 5 000 promis sur le quinquennat) créés en 2013 sont, pour une bonne part, virtuels, assure le Snesup. « Ces postes annoncés sont un plafond d’emplois, une autorisation d’embauche mais pas une obligation », souligne Marc Neveu, cosecrétaire général du syndicat, qui assure que 450 de ces postes ont été gelés pour des raisons financières. Étranglées par les nouvelles charges liées au passage à l’autonomie, nombre d’universités ont, en effet, renoncé à recruter des enseignants afin d’utiliser ces moyens pour le fonctionnement courant (chauffage, électricité, etc.) des formations et des laboratoires.

Du coup, lorsque Geneviève Fioraso se réjouit de n’avoir plus que « quatre » universités ayant enregistré un déficit deux années de suite (contre vingt en mai 2012), le Snesup préfère parler de maquillage. « Pour ne pas annoncer de budget en déficit et tomber sous tutelle, les universités trichent en piquant dans leur fonds de roulement ou en gelant des postes », souligne Marc Neveu. L’université de Lille-II est ainsi parvenue à équilibrer son budget mais un quart des postes n’est pas pourvu… Certaines universités en déficit, comme Bordeaux-II, ont également disparu des radars au gré d’une fusion avec un autre établissement.

Derrière cette amélioration de façade, la gestion de la pénurie s’accentue. Mutualisation des formations aux effectifs jugés insuffisants, augmentation des seuils pour dédoubler les TD, rémunération des cours magistraux sur la base d’un TD… « Au final, les conditions d’enseignement pour les étudiants se dégradent tandis que la baisse des crédits de fonctionnement dans les laboratoires complique le travail de recherche », avertit Marc Neveu.

Laurent Mouloud

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
 Répondre Répondre Page  <1 232425

Aller au Forum Permissions du forum allez vers le bas

Powered by Flex Design® version v8m6r15
Copyright © 2001-2011 Flex Design

Cette page a été affichée en 0,063 secondes.