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l'éducation, les résistances

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Enilast allez vers le bas
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Depuis le: 19 Nov 2007
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  Citer Enilast Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Nov 2007 à 22:26
Sur quoi je suis en tord ?
Si c'est sur ma méfiance vis a vis de l'UNEF sa j'y peut rien je suis un mec méfiant de nature sa me joue trop souvent des tour .
Si c'est sur les bac pro c'est que chez moi on en entend pas parler on entend juste vite fait  parler de la LRU .

Moi je vous soutient les mec c'est super bien ce que vous avez réussit a monter chez vous continuez Thumbs Up
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Nicolas allez vers le bas
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  Citer Nicolas Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Nov 2007 à 22:02
C'était rapport à la réforme du bac professionnel. Là où l'information sur les réformes passe mal, il est du devoir de chaque camarade de la faire passer par ses propres moyens.
Je crois que la méfiance vis à vis de l'UNEF est légitime, et même nécessaire !

Merci pour tes encouragements, mais ce n'est pas encore grand chose. On espère que ça va s'amplifier encore ;).
D'ailleurs, la Jonquille a vocation nationale, et nos copains de la Jonquille de Côte d'Armor font un excellent boulot aussi !
"Moi, je suis" (Jean 1:23) "grand" (Jérémie 4:6), "beau" (Exode 2:2), "fort" (Chroniques 9:1), "intelligent" (Esaïe 32:4) "et" (Genèse 1:1) "plein de" (Apocalypse 5:8) "modestie" (Timothée 2:9)
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Nov 2007 à 13:23

Les étudiants de nouveau sur les pavés

Nouvelle journée d’action aujourd’hui contre la loi Pécresse. Fillon annonce le déblocage des 5 milliards d’euros sur cinq ans.

Mardi test pour les étudiants opposés à la loi Pécresse : nouvelles manifestations, aujourd’hui, à travers toute la France, annoncées depuis plus d’une semaine et confirmées, ce week-end, par leur coordination nationale. Et épreuve du feu, quand le gou- vernement n’espère rien de mieux qu’une mobilisation ratée et s’avère prêt, pour cela, à jeter les atouts qu’il gardait dans sa manche. Hier, en fin d’après-midi, à l’extrême veille de la journée d’action, François Fillon a annoncé la signature, « dans le courant de la semaine », d’un accord garantissant la hausse du budget des uni- versités de 50 % d’ici les cinq prochaines années. Soit un milliard d’euros supplémentaires insufflés à chaque rentrée, faisant passer le budget annuel de l’université de 10 milliards d’euros actuellement, à 15 milliards d’euros en 2012. Le premier ministre soumettra d’ici quelques jours un protocole solennisant cet engagement à la conférence des présidents d’université, qui se dit prête à signer. Le fait est que c’est une bonne nouvelle pour la communauté universitaire, qui dénonce depuis belle lurette l’asphyxie financière dont souffrent les facs. C’est surtout finement joué par le gouvernement, qui sait foutrement bien choisir le moment de ses annonces. Promise par Nicolas Sarkozy du temps où il était en campagne, évoquée à de très nombreuses reprises, l’augmentation de 5 milliards d’euros en cinq ans n’est qu’une pseudo-surprise. Sa confirmation était même espérée bien plus tôt. Mais rien ne vaut un lâchage de lest à l’aube d’une journée de grève, surtout quand celui-ci peut concourir à élargir les failles fragilisant un mouvement en quête de puissance. Car depuis ce week-end, l’unité, côté étudiants, n’est plus de mise, pas même en façade. La coordination qui se tenait à Lille a vu les tensions éclater (lire l’Humanité d’hier) entre, d’une part, une coordination étudiante qui, relayant la revendication de nombreux étudiants, exige le retrait sans condition de la loi sur l’autonomie des universités, et, de l’autre, une UNEF, principal syndicat étudiant, qui se dit prête, depuis juillet, à négocier la loi chapitre par chapitre, textes dont elle affirme que plusieurs écueils peuvent être évités à condition d’une augmentation budgétaire. Ainsi, le premier ministre répond-il à une part des attentes du syndicat. Celui-ci, qui appelle à manifester aujourd’hui, ne s’est en revanche pas prononcé sur les suites à donner au mouvement. Reçu, cet après-midi, par la ministre de l’Enseignement supérieur, sa position dépendra des propositions issues de la rencontre. La coordination, elle, appelle d’ores et déjà la communauté universitaire à manifester jeudi prochain, et propose même une journée d’action interprofessionnelle le mardi 4 décembre. Pour les manifestants, la croisée des chemins pourrait s’avérer délicate à gérer.

Marie-Noëlle Bertrand le 27 novembre 2007

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Nov 2007 à 13:24

Les images des étudiants de Nanterre brutalement délogés par les CRS ont choqué. La scène s’est reproduite, peut-être plus violemment encore, hier, à Tolbiac. Peu après 8 heures du matin, des groupes d’extrême droite - on parle entre autre du Rassemblement des étudiants de droite (RED), proche du FNJ - sont entrés dans la fac parisienne et s’en sont pris aux jeunes qui l’occupaient. Peu après, les CRS, intervenant à la demande de la présidence de l’université, finissaient de briser le piquet de grève. Bilan : plusieurs blessés parmi les grévistes, dont un a dû être hospitalisé. Les organisations étudiantes (FSE, SUD et UNEF) dénoncent, en substance, la bienveillance de la part de la direction de la fac à l’égard des commandos.

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  Citer Nicolas Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Nov 2007 à 17:03
    Le rassemblement d'aujourd'hui à Alençon a été un succès mitigé : une bonne centaine de lycéens des lycées généraux et professionnels, battant le pavé à l'appel de la Jonquille, contre les réformes Pécresse et Darcos. Mercredi après midi animé donc, dans une petite ville de droite comme bien d'autres en France.
    Ceci dit, c'est une bonne pub pour la Jonquille, forte présence médiatique. Ambiance dynamique, malgré l'absence de mégaphone. Ce fut un cortège revendicatif, loin des cortèges potaches du CPE : contre la LRU, contre la réforme du bac pro, pour une école solidaire.
    Un incident : une voiture tentant de forcer le barrage a roulé sur une de nos camarades, qui a réussi à se remettre sur pied. La droite devient de plus en plus violente face aux mouvements sociaux... L'attention est de rigueur !
    Ce n'est qu'un début, la lutte contre la réforme du bac pro risque de s'amplifier fortement dans l'avenir, nous en sommes certains.
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  Citer Enilast Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Nov 2007 à 17:11
En région parisienne dans les fac qui sont pas bloqué ont peut même pas aller manifester a cause de leur système de controle continu et du fait que si t'es absent plus de 2 fois au TD sans justification il te coupe ta bourse ces salaud !

"  Ce n'est qu'un début, la lutte contre la réforme du bac pro risque de s'amplifier fortement dans l'avenir, nous en sommes certains."

Toute les luttes vont s'emplifier c'est clair là c'est juste l'échauffement .
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Nov 2007 à 17:23
Nicolas ? J'ai été voir votre blog "La Jonquille" c'est une bonne initiative. Mais je n'ai pas compris si vous étiez juste un collectif politique d'individus ou bien si vous aviez déposé un statut de syndicat (vous permettant en tant que tel de siéger dans des assemblées) ?
 
En tout cas bravo pour vos luttes !
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  Citer Nicolas Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Nov 2007 à 17:27
Pour l'instant, nous sommes juste un collectif, à visée plus ou moins syndicale. Cela nous laisse une liberté totale de fonctionnement, étant donné qu'il n'y a pas encore de structures légales.

Merci, et bravo pour les vôtres ! Les nôtres ne sont pas encore grand chose.
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Nov 2007 à 13:42

Les lycéens assurent la relève

Universités . Dans les manifestations, hier, les lycéens étaient nombreux. Le mouvement étudiant semble à la recherche d’un second souffle.

À ceux qui le voyaient déjà mort, le mouvement étudiant répond : pas encore. Il gîte toujours et continue de faire des vagues. Hier, à Lille, Rennes, Paris, Rouen, Lyon ou encore Toulouse, près de 20 000 personnes ont défilé contre la loi Pécresse sur l’autonomie des universités. Plusieurs facs étaient bloquées par les grévistes, d’autres fermées administrativement. Les lycéens n’étaient pas en reste, qui ont également fait barrage devant plusieurs dizaines d’établissements et ont compté pour beaucoup parmi les manifestants. Ils étaient même plus nombreux que leurs aînés à défiler sur le pavé de la capitale, laquelle affichait une vingtaine de lycées bloqués. Bref, alors que cette journée aurait pu s’avérer fatale pour une lutte longue, déjà, de trois semaines et à la recherche de son second souffle, il n’en a rien été et les appels à se mobiliser de nouveau jeudi ont été confirmés.

les obstacles sont multiples

Pas moribond, donc. Mais le mouvement n’est pas non plus en ultraforme, et l’on est loin d’atteindre la puissance des déferlantes anti-CPE. Il faut dire que les obstacles sur son chemin sont multiples. Le gouvernement, bien sûr, qui, c’est de bonne guerre, mise sur le pourrissement d’un conflit dont il s’applique à minimiser la portée. La suspension de la grève des cheminots pèse elle aussi sur le moral, du moins sur la dynamique des troupes, quand beaucoup d’opposants à la loi Pécresse comptaient sur le cumul des énergies pour faire plier François Fillon.

Mais les opposants à la loi comptent des adversaires bien plus proches que ceux qui siègent dans les ministères, à commencer par les présidents de facs, favorables à une loi qui leur confère les pleins pouvoirs dans leurs établissements. Depuis la semaine dernière, les directions d’université n’hésitent plus à adresser des mails aux étudiants, les invitant à faire pression sur les grévistes pour qu’ils lèvent leurs piquets. Chez ces derniers, on dénonce carrément ces « gestes » équivoques des rectorats ou présidences d’université, peu à même de calmer les tensions, voire susceptibles de les attiser.

Ainsi à la Sorbonne, bloquée, hier, par un gros noyau d’étudiants. « Les facs jouent la carte de la tension », estiment Emmanuel et Vattani, tous les deux en magistère de relations internationales, tous les deux grévistes et anciens de la lutte anti-CPE. « À l’époque, le président avait gardé une certaine neutralité. Ce n’est pas le cas à présent. » Outre les messages électroniques adressés à l’ensemble des universitaires, sa propension, depuis hier matin, à laisser entrer n’importe qui dans les locaux interroge. « Jusqu’à présent, les appariteurs avaient pour consigne d’éviter tout incident entre grévistes et non-grévistes, en filtrant les flux, en contrôlant les cartes. » Les ordres ont, semble-t-il, changé et n’empêchent plus les face-à-face.

les étudaints de droite décomplexés

Si une majorité de non-grévistes ne manifestaient pas, hier matin, d’exaspération véhémente, quelques-uns se montraient excédés. Entre ceux qui bloquaient et ceux qui poussaient pour entrer, l’ambiance était parfois électrique. « C’est ce que nous redoutons le plus, expliquent Emmanuel et Vattani, le risque que les rapports entre étudiants s’enveniment. »

Un risque d’autant plus fort que les étudiants de droite semblent avoir des ailes dans le dos et affichent sans complexe leur opposition au mouvement. L’UNI, favorable à la loi Pécresse, a assuré avoir déposé « dix recours » en référé devant des tribunaux administratifs afin que ceux-ci contraignent les universités à lever les blocages. Plus grave : lundi, le RED (Rassemblement des étudiants de droite, proche du Front national de la jeunesse) faisait une descente sur la fac de Tolbiac et s’en prenait physiquement aux jeunes mobilisés. Bilan : plusieurs blessures, dont une mâchoire fracturée.

Marie-Noëlle Bertrand

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Nov 2007 à 13:45

Vous avez dit péril jeune ?

Les lycéens commencent à rejoindre le mouvement contre la loi Pécresse. À Montreuil, ils sont déterminés, organisés et ont des idées à revendre.

Autour de la table, ils sont une quinzaine. Ils s’appellent Zoé, Al Kudir, Nor, Daniel, Kevin, Arnaud, Clément, Gaspard, Léo, Brandkica, Gwen, Maël, François, Pascaline, Mathilda, Yacin, David. Ils sont lycéens à Montreuil, Seine-Saint-Denis. Certains sont en seconde, d’autres en terminale, voire en BTS. Aux lycées Jean-Jaurès, Eugénie-Cotton ou Condorcet. Ils ont créé le GTILEM pour Groupe de travail indépendant des lycées et étudiants de Montreuil. Ils sont résolument contre la loi Pécresse et pour « le blocage discontinu les jours d’actions nationales ». Contre « une université à deux vitesses » et pour le droit de chacun « d’étudier librement dans la filière de son choix ». Ils n’ont pas vingt ans mais sont conscients qu’« ils vivront moins bien que leurs parents ». Ils parlent tous à la fois, se connaissent pour certains depuis peu, poursuivent leurs conversations tard dans la nuit via Internet. Ils sont « apolitiques » mais, comme Monsieur Jourdain, font de la politique sans le savoir.

En vrac et dans le désordre, ils n’aiment pas Sarkozy, le libéralisme, l’élitisme, la consommation (« on est habillés comme des publicités vivantes »). La plupart ne se reconnaissent dans aucun parti de gauche, et surtout pas le Parti socialiste. Ce sont des enfants des classes moyennes, enfin « très, très moyennes », précisent-ils parce qu’ils ont la conscience diffuse que, s’ils ne sont pas trop mal lotis dans la vie, la situation peut se détériorer très vite ; que plus personne n’est à l’abri d’un accident de la vie. « Être derrière le périph, c’est handicapant. Les préjugés existent parce qu’on habite un département populaire. Alors on y voit le mal partout. Pourtant, on vit tous ensemble, on est solidaires, on aime notre ville cosmopolite. Avec la loi Pécresse, si l’un d’entre nous veut aller à Dauphine, il lui faut un bon porte-monnaie. » Ils veulent une université ouverte à tous et pour tous, préserver tous les enseignements, « même ceux dits non productifs », entendez non rentables. « On sait qu’il faut réformer l’université mais pas pour qu’elle soit plus inégalitaire. Il faut donner les moyens pour la réussite de chaque étudiant, une réforme de la réussite ! » Et « messieurs les gouvernants, arrêtez de vous en prendre aux métiers d’art ! Quand vous vous asseyez sur une chaise, c’est un artiste qui a pensé sa forme. Quand vous allumez une lampe, c’est un artiste qui l’a dessinée. Bien sûr, il restera toujours des écoles privées pour les métiers artistiques, mais elles coûtent 6 000 euros plus tout le matériel : qui peut se payer ça ? »

Ils ne sont dupes de rien et surtout pas des doubles discours. « C’est une loi faite en sous-marin. Elle est où la démocratie quand elle est votée devant une poignée de députés et que les étudiants et lycéens sont en vacances ou bossent ? » À l’exception des secondes, les autres ont tous été du mouvement anti-CPE. Ils sont forts de cette victoire. Pour autant, ils savent que leur combat contre la loi Pécresse sera plus difficile, plus dur « mais on tiendra, même si cela doit durer six mois ». « C’est peut-être un sacrifice, mais on sait que ça nous rapportera plus tard. » Post-scriptum : ils sont prêts à accueillir Valérie Pécresse pour discuter avec elle : « On est les premiers visés par cette réforme, on est déjà dans la précarité, elle veut nous enfoncer encore plus : qu’elle nous explique pourquoi ! »

Marie-José Sirach

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Dec 2007 à 11:47

Les étudiants entre persévérance et essoufflement

Nouvelle journée d’action contre la loi Pécresse, avec une mobilisation déclinante par endroits, endurante dans d’autres.

Ils bougent encore. Les étudiants seront à nouveau dans la rue aujourd’hui pour protester contre la loi sur les libertés et responsabilités des universités (LRU), dite loi Pécresse. Ils ne seront pas seuls. Les personnels universitaires devraient être présents quand une majorité de leurs organisations appellent, fermement cette fois, à faire grève. Le SNESup-FSU a déposé pas moins de trois préavis de grève cette semaine (pour les 4, 5 et 6 décembre) afin de permettre aux salariés de s’inscrire dans les mouvements locaux. Une pétition, lancée par le syndicat et le collectif Sauvons la recherche (SLR), a déjà recueilli plus de 10 000 signatures sur le Net.

Et s’ils se manifestent maintenant dans le mouvement engagé il y a cinq semaines par leurs élèves, les profs semblent se préparer pour une bataille au long cours. Le 24 novembre était créé le collectif Sauvons l’université, suite à un appel publié dans le journal le Monde. Le 29 novembre, plus de 400 enseignants-chercheurs se réunissaient à Jussieu, et ils étaient au moins autant, hier, à Paris-VIII, à débattre de la loi LRU. Un comité de suivi des initiatives a été mis en place et l’on envisage d’ores et déjà de nouvelles assemblées générales la semaine prochaine.

Branle-le bas de combat ? Trop tôt pour le mesurer, d’autant que la mobilisation varie on ne peut plus d’un campus à un autre. Mesures difficiles à opérer également du côté étudiant, dont la dernière journée d’action, mardi, a révélé à la fois l’essoufflement et la persévérance. Selon un décompte effectué par les bureaux régionaux de l’AFP, le fonctionnement de 27 sites universitaires était encore perturbé, dont 17 par des blocages plus ou moins importants, et 4 étaient fermés. Au total, les manifestations d’étudiants et lycéens auraient réuni près de 10 000 manifestants, selon les chiffres de la police.

Si certains sites universitaires ont cessé le blocage - entre autres Toulouse-III, Caen, ou Lyon-II -, d’autres l’ont reconduit, comme Nancy-II, Pau, Limoges ou Poitiers. Au reste, et à plusieurs endroits, la pression des présidents d’université s’est accrue pour imposer la reprise des cours, au risque, parfois, d’attiser des tensions. La semaine dernière, le président de Grenoble-II affirmait ainsi que l’assemblée générale avait voté le déblocage quand il n’en était rien. Celui de Pau, hier, a appelé à imposer la reprise des cours, alors qu’un vote à bulletin secret effectué sous le regard de l’administration a reconduit le blocage à 1 188 voix contre 945.

Marie-Noëlle Bertrand, l'Huma du 6/12/07

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Dec 2007 à 11:50

 

Eh oui, quand on est jeune, c’est sûr, on ne fout rien, on ne pense qu’à faire la fête, etc. Quelle belle image d’Épinal ! Le jeune étudiant est improductif, il ne participe pas à l’enrichissement de l’État et des entreprises. L’idée de Sarko, c’est de prendre ces délinquants en puissance et de les faire bosser : en effet, c’est là une main-d’oeuvre bon marché. Alors on fait péter une réforme (qu’il va, paraît-il, tenir jusqu’au bout) où les entreprises vont participer aux finances des universités et là, ça va faire bosser ces feignants de jeunes !

Bon, pour faire passer la pilule, on va leur augmenter les bourses et en plus on va faire cul et chemise avec le principal syndicat étudiant de gauche : l’UNEF (enfin, pas avec sa base mais surtout avec son président). Avec toutes ses manipulations, il fait de l’anti- et du pro-jeune, ambigu non ?

En plus, s’ils osent se plaindre, on va monter les pro- et les antiblocages les uns contre les autres (si la fac est bloquée, personne ne profite des cours, il n’y a donc pas de retard dans le programme) et si par malheur ils bloquent, on leur envoie les CRS (la milice du gouvernement).

Ce n’est pas sans rappeler l’avant-Mai 68 : « Sois jeune et tais-toi ! » La mobilisation intersyndicale du 20 novembre dernier a réuni énormément d’étudiants et ça faisait pas mal de temps, enfin depuis la lutte contre le CPE, que l’on n’avait pas vu ça. Alors, continuons la lutte, continuons à défendre nos universités et ne courbons pas l’échine face à la reforme LRU dite loi Pécresse : elle doit être abrogée maintenant.

Romain Raguin, Besançon (Doubs)

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Depuis le: 19 Nov 2007
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  Citer Enilast Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Dec 2007 à 14:10
N'oublions pas que notre syndicat préféré l'UNEF n'a pas bronché quand au financement publique de l'université par la vente massive d'action d'EDF bin pourquoi privatiser l'université alors qu'on peut là privatiser et en même temps trouver une excuse pour en finir avec EDF .
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Dec 2007 à 09:45
Le blocage continue dans l’université nordiste de Lille-III, où l’administration tente de brouiller les pistes.

« Qu’est-ce qu’il se passe, alors ? » Cette question, les étudiants de Lille-III mobilisés contre la LRU l’ont entendu une bonne centaine de fois dans la matinée d’hier. La faute au président de l’université. « Un message a été mis en ligne sur le site de l’université, la veille, pour expliquer que les cours reprenaient, explique une étudiante, mais ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il n’y a eu aucune concertation avec les élèves. La fac reste donc bloquée, mais les étudiants ne comprennent pas pourquoi on continue. » Deux votes contradictoires ont brouillé les pistes depuis quelques jours. « Le président manoeuvre. Il veut monter les étudiants les uns contre les autres », souligne une autre gréviste, assise sur une table. Ceux qui souhaitent la reprise des cours tentent de passer, secouent les tables, insultent les étudiants bloqueurs, fatigués de la mobilisation. « Ils nous disent qu’on ne travaille pas. Mais allez vous réveiller à 6 heures tous les matins pour vous faire hurler dessus… », souffle une étudiante aux cernes prononcés.

Une autre s’excite : « Moi, j’appelle les CRS, si vous continuez. » Les forces de l’ordre n’arriveront pas. Dès 7 h 30, c’est la sécurité qui a essayé de forcer les barrages de chaises et de tables. Peine perdue. Les étudiants organisés formaient de nouveau leurs barricades en appelant les agents de sécurité au calme. Son keffieh rouge au cou, un étudiant hurle par-dessus les gros bras : « Vous êtes aussi précaires et cette situation vous touche. Dites au président de venir lui-même nous parler, c’est facile de demander aux contractuels de faire le sale boulot. » La tension, d’abord vive, est retombée au fil des heures. Et c’est une assemblée générale en fin de matinée qui a décidé de reconduire le blocage jusqu’à lundi.

À l’autre bout de Villeneuve-d’Ascq, le campus de Lille-I est aussi mobilisé depuis des semaines. Mais les cours ont repris depuis lundi. Deux ventes aux enchères fictives ont été organisées mardi et hier. « Nous allons vendre, grâce à la loi LRU et son article 33, les bâtiments de l’université », explique en préambule l’huissier d’un jour, Abdellatif Imad. Cet article permet en fait de laisser la possibilité de céder des bâtiments des établissements universitaires. Mais hier, pour se détendre et pour mieux comprendre les dessous de la loi, c’est l’humour qui était en action. Aux cris de « Vive le MEDEF », les faux entrepreneurs enchérissaient sur un lot de 1 000 étudiants (mis à prix 1 000 euros) ou sur l’exploitation du logo USTL, logo de Lille-I. « Nous sommes là pour rire mais pour continuer l’action. Nous devons expliquer au grand public ce que cette loi implique pour tous », ajoute un professeur.

Sous la pluie et dans le froid, la manifestation de l’après-midi a rassemblé, hier, 350 lycéens, étudiants et personnels d’université.

Julie David

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Dec 2007 à 15:06
Bac professionnel . Pour les professeurs, imposer de passer l’examen en trois ans plutôt qu’en quatre, comme le souhaite Xavier Darcos, c’est condamner une majorité d’élèves à l’échec.

Certaines réformes se proclament en fanfare. D’autres pas. C’est le cas de celle portant sur les bacs professionnels, engagée sans tambours ni trompettes par le ministre de l’Éducation nationale. Le 29 octobre dernier, celui-ci commandait aux recteurs, par courrier, de prendre des mesures pour généraliser, dès la rentrée prochaine, les parcours du bac pro en trois ans contre quatre actuellement. Plus d’un mois après le lancement du processus, Xavier Darcos reçoit aujourd’hui l’ensemble des syndicats de l’enseignement professionnel, lesquels n’étouffent pas leur désapprobation vis-à-vis d’une réforme qui, disent-ils, conduira une grande part des élèves à l’échec.

De quoi s’agit-il ?

L’énoncé de la mesure est lapidaire. Actuellement, un bac professionnel se prépare en quatre ans : deux années de BEP, suivies de deux années de préparation au bac. Le ministre impose de réduire ce cursus à trois ans, généralisant là une expérimentation lancée en 2001 par Jean-Luc Mélenchon et qui touche à ce jour près de 10 000 élèves.

La mesure est motivée par les besoins économiques, qui exigent une élévation du niveau de connaissances et donc des diplômes, explique-t-on au ministère. « La finalité de la voie professionnelle est l’insertion », éclaire un conseiller. S’appuyant sur une étude réalisée en 2006, il poursuit : « À l’horizon 2015, les entreprises auront besoin de 73 000 jeunes diplômés de niveau V (CAP ou BEP, lire repères ci-après). Or ils sont aujourd’hui 120 000, soit 50 000 de trop. »

Dans le même temps, le niveau bac est devenu celui requis dans le secteur tertiaire. « Cela ne poserait pas de difficultés si l’essentiel des jeunes engagés dans un BEP poursuivaient jusqu’au bac, poursuit le conseiller. Or, seuls 39 % des jeunes qui sont entrés en BEP en 2003 étaient en terminale de bac professionnel en 2007. » D’où l’idée de faire sauter la deuxième année de BEP, afin de pousser plus de jeunes vers le bac. Or, un cursus en quatre ans handicape l’attractivité du bac pro, argumente Xavier Darcos dans sa note aux recteurs, quand les bacs techniques ou généraux, eux, ne mobilisent les élèves que sur trois ans. Autre obstacle

à abattre : celui de la concurrence qui s’opère entre le CAP et le BEP, deux diplômes de niveau V « aux intitulés et aux contenus professionnels souvent proches ».

Dès septembre 2008, 50 % des BEP du secteur tertiaire (vente, comptabilité, secrétariat ou encore communication et industrie graphique) devront donc avoir épousé le nouveau rythme. Les autres secteurs seront touchés dans une proportion moindre (30 % des BEP d’électrotechnique ou d’hôtellerie, 10 % des métiers du bois…). Pour l’essentiel d’entre eux, la mue devra être finalisée en septembre 2009.

Bref, à cette date, le diplôme BEP n’existera plus. Il sera encore possible de passer son bac pro en quatre ans, assure le ministère sans plus de précision, via le développement de passerelles entre CAP et bac pro. Mais les jeunes qui se seront engagés en BEP sans décrocher le bac ne pourront plus faire valoir de diplôme, seulement une qualification (voir repères).

Combien seront-ils ?

C’est là toute la question. Unanimes, les syndicats de l’enseignement professionnel redoutent que cette réforme ne laisse sur le carreau un grand nombre d’élèves. Les pertes seront d’autant plus fortes que la transition est brutale, relève Alain Vrignaud, professeur de maths et de sciences physiques au LP de Montrouge, dans les Hauts-de-Seine, et responsable de la CGT Éduc’Action (UNSEN-CGT). « Cette généralisation est extrêmement précipitée. Aucun référentiel national n’a été mis en place. Qu’est-ce qui va disparaître ? Quel cadrage national du diplôme ? » interroge-t-il.

Dans son académie, Versailles, la question n’est pas mince : en 2010, 80 % des élèves devront se présenter à l’examen après seulement trois ans. Ils sont 20 % à le faire aujourd’hui, dans le cadre de l’expérimentation lancée en 2001. Alain Vrignaud compte parmi ceux qui l’ont défendue au temps de sa mise en oeuvre. Et aujourd’hui encore, l’existence d’un bac pro en trois ans lui paraît justifiée. « Le ministère s’appuie sur des réalités, note-t-il. Certains jeunes perdent leur temps en quatre ans, voire s’ennuient et décrochent. » « Quant à l’élévation du niveau de connaissance, c’est une nécessité. Mais le gouvernement use de ce vernis idéologique pour généraliser un dispositif nuisible à la masse », reprend Alain Vrignaud.

Et de s’appuyer, à l’instar du ministre, sur l’expérience elle-même. Selon celle en cours, 80 % des jeunes engagés dans un cursus en trois ans décrochent leur bac, relève avec satisfaction le ministère de l’Éducation nationale. Mais l’enseignant recontextualise : « Les expérimentations se font dans des conditions bien précises : des classes à petits effectifs et des élèves sélectionnés sur critères pédagogiques. » Sont retenus ceux qui n’ont jamais redoublé ou dont l’orientation relève d’une motivation affirmée. Loin d’être le profil commun, dans une filière qui s’offre souvent comme dernière chance aux jeunes en voie de décrochage scolaire. « On est en train de généraliser un dispositif qui répond aux besoins des meilleurs mais qui laissera tous les autres dans le fossé. Un peu comme si l’on calibrait le bac général en fonction des 15 % meilleurs élèves de terminale S », illustre Alain Vrignaud. Un étalonnage périlleux pour 80 % des jeunes, selon lui.

Même le SNALC CSEN, classé à droite, estime que le ministre ne mesure pas l’impact qu’aura le retrait d’un an de scolarité sur « les résultats et les compétences des jeunes ». Les organisations ont pour elles un argument massue : le rapport rendu en 2005 par Didier Prat, inspecteur général, lequel dresse un premier bilan mitigé de l’expérimentation. « Il est nécessaire de donner une réponse adaptée à la diversité des publics accueillis (…). Le parcours en trois ans n’est donc qu’un élément de réponse qui ne concerne qu’une faible partie des publics, relève-t-il dans ses conclusions. Il faudrait laisser d’avantage d’initiatives aux établissements (…) plutôt que d’imposer une seule alternative. » Et de plaider pour une diversification des parcours, épaulée d’un cadrage national.

Le ministère rétorque que ce rapport manquait, à l’époque, de recul. Les syndicats, eux, n’en démordent pas et supposent une autre motivation à la réforme : l’argent. Alors que les perspectives prévoient la suppression de 20 000 postes par an, les économies devront bien se faire quelque part. « Au collège, la marge de manoeuvre est limitée. Mais pas au lycée », note Rolland Hubert, co-secrétaire général du SNES, qui ne peut s’empêcher de faire le lien avec les autres réformes en chantier.

Car le bac pro n’est pas seul à se faire ravaler la façade. La réforme du bac technologique est en cours depuis 2005. Celle du bac général sera lancée en janvier. « Il nous paraît clair que cela a à voir avec les suppressions de postes », poursuit Rolland Hubert. À voir, également, avec les objectifs en termes de diplômés du supérieur. « Le gouvernement a promis 50 % de diplômés en plus. Cela ne veut pas forcément dire plus de bacheliers, mais des bacs mieux profilés. » Les facs aux bacs généraux, les IUT aux bacs techniques et les entreprises aux bacs pros. Pas un mal en soi, conclut Rolland Hubert, s’il n’était que le tuyautage intervient bien trop tôt. La filière pro, note-t-il, permet encore de belles résurrections. « On voit des gamins pour qui on n’aurait jamais fait le pari - ou qui ne l’auraient pas fait eux-mêmes - de poursuivre en BTS ! En profilant trop tôt, c’est aussi eux que l’on va laisser de côté. » Ne reste qu’à deviner qui seront les perdants.

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Dec 2007 à 15:08

Bac pro : la colère oubliée

Les lycéens des filières pro manifestent depuis deux semaines. Les coordinations appellent à de nouvelles manifestations aujourd’hui.

Ils crient comme rarement ils l’ont fait et pourtant leur clameur ne produit que peu d’échos. Depuis plus de deux semaines, les lycéens professionnels manifestent, bloquent des établissements, occupent des voies ferrées. À Bordeaux, Brest ou Mulhouse, à Paris, Toulouse ou Montpellier… mais rien n’y fait. La spécificité de leur colère peine à se frayer un chemin médiatique et à se distinguer de celle des opposants à la loi Pécresse sur l’université.

Leur colère se rapporte à une mesure - la réforme du bac pro - et à une échéance - septembre 2008, date à laquelle la généralisation du parcours en trois ans sera engagée. Inadmissible, pour les jeunes qui y voient une perte sèche d’enseignement. « Un an de moins, sans que l’on n’ait aucune idée du contenu des futurs programmes », commente ainsi Florient Lecoultre, secrétaire général de l’Union nationale lycéenne (UNL). Pour lui, quoi qu’en dise Xavier Darcos, le nouveau dispositif équivaut à dévaloriser la voie professionnelle. « Cette réforme répond à un fantasme : celui qui consiste à croire que la filière professionnelle est une voie facile. C’est faux, et c’est méprisant. »

À Bordeaux, leur mobilisation a néanmoins été suffisamment puissante pour que le recteur gèle les suppressions de sections BEP qu’il avait programmées pour la rentrée prochaine.

Ce week-end, les coordinations lycéennes réunies à Aix et à Montpellier ont rappelé que la suspension de la réforme du bac pro figure au nombre de leurs revendications. « Nous ne voyons aucune justification pédagogique à cette mesure, note Annabelle, lycéenne à Montpellier. C’est une réforme purement économique. »

Les deux coordinations appellent à de nouvelles manifestations aujourd’hui, à travers toute la France. Et alertent l’opinion publique quant à la vague de répression dont sont victimes les jeunes manifestants. Interpellations gratuites, molestages brutaux, voire tirs de flashball : elle est violente. Au point qu’un lycéen, touché il y a deux semaines, à Nantes, par un tir en plein visage, est en passe de perdre un oeil. Une manière comme une autre, mais une manière dramatique, de faire taire la colère des jeunes.

M.-N. B. l'Huma du 11/12/07

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  Citer Nicolas Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Dec 2007 à 19:04
    
          Défense de l’éducation

     De nombreuses et ambitieuses réformes sont entreprises par le ministère de l’Education Nationale, autour notamment du bac. Ces réformes, touche à tout, sont assez inquiétantes, et il est de notre devoir d’informer de leur nature et de se mobiliser afin de peser dans les débats.

     Ces réformes touchent toutes les formations : bac professionnel, bac technologique, et bac général. Pour résumer rapidement, le projet est, à l’horizon 2008/2010 : suppression du BEP et bac pro en 3 ans, fusion des bacs technos agricoles, dynamitage du bac STI, généralisation de l’apprentissage dès 14 ans, fusion des bacs ES et L…

     Bien sûr, nous voyons tous vers quoi tendent ces réformes : des économies énormes pour le ministère, avec le regroupement des classes, mais aussi une sélection sociale accrue, car il faut bien remplacer les 25 000 sans-papiers expulsés par an, victimes de la ségrégation du gouvernement, aux boulots les moins valorisants !



          Bacs agricoles : Barnier n’a pas de pitié pour les brebis galeuses…

     Les bacs technologiques agricoles seront durement touchés par le projet de réforme. Déjà, l’état investit environ 7000€ par élèves des bacs agricoles, contre 10 000€ pour la moyenne nationale.

Et, entre 2008 et 2012, l’état compte diminuer de 15% le « coût » de cet enseignement (1). Cela signifie des milliers d’heures de cours en moins. Et n’oublions pas la volonté de supprimer un tiers de postes dans l’enseignement agricole…

De plus, la fameuse note de service incite à penser qu’on se dirige vers une disparition des filières les moins productives : les spécialités risqueront de disparaître, au profit de classes regroupées.

La suppression des classes de 4e et 3e dans les lycées agricoles entraînera des difficultés dans tous les établissements : moins de fréquentation, liquidations nombreuses et organisées de classes…

La liquidation de la voie professionnelle et l’abandon des lycées agricoles ne peuvent être toléré !
      

          Bac professionnel : adieu BEP, salut sélection !

     La déclaration de Xavier Darcos concernant la réforme des bacs professionnels est inquiétante.
            A l’heure où déjà de nombreuses filières de CAP et BEP ne survivent que grâce aux subventions d’entreprises privées (!), le projet du gouvernement, flou, risque de faire encore empirer la situation pour le « parent pauvre » de l’éducation nationale.
        Le projet est entre autre de faire passer le bac professionnel après 3 ans d’études, et non plus 4. Non content de permettre la suppression de 25% des enseignants des lycées professionnels, cette réforme rendra plus difficile l’apprentissage d’un programme déjà extrêmement lourd, en une année de moins. Mais pas de panique : pour les élèves qui ne pourront plus suivre, l’apprentissage à partir de 14 ans leur offrira l’exploitation dès le plus jeune âge, avec un salaire inférieur au SMIC et une liberté syndicale inexistante dans les faits…
            Le bac professionnel, qui offre peu de débouchés vers des études supérieures (BTS ou DUT, notamment), ouvrira alors encore moins de portes : on tente à tout prix de cloisonner au maximum les lycéens préparant au bac pro dans les filières professionnelles. On restreint leur choix à des débouchés qui n’offrent pas forcément de l’emploi, aux salaires les plus bas et à la sécurité d’emploi la plus faible. Cela contribue à renforcer la sélection sociale.
            D’autres points alarment sur cette réforme : le label « lycée des métiers » ne risque-t-il pas de contribuer à créer une éducation professionnelle à deux vitesses, opposant les « bons » lycées pros et les « mauvais » lycées pros ? La « simplification » des filières ne risque-t-elle pas de restreindre encore plus les choix des lycéens professionnels, vers un nombre de carrières limité ? La suppression du BEP (2) à l’horizon 2010 ne risque-t-elle pas de supprimer les 1e d’adaptation ?
     Voici le pourcentage des élèves, par filières, qui devront subir la réforme du bac pro dès la rentrée 2008 ! Vente action marchande 50%, Métiers de la comptabilité 50%, Métiers du secrétariat 50%, Métiers de la communication et industries graphiques 50%, Métiers de l’électrotechnique 30%, Métiers de la restauration et de l’hôtellerie 30%, Electronique 30%, Métiers de la productique mécanique informatisée 25%, Maintenance des équipements industriels 20%, Techniques des installations sanitaires et thermiques 15%, Métiers du bois 10%, Maintenance des véhicules et des matériels 10%.
     Le problème du financement des lycées professionnels se pose aussi. En effet, étant donné que le gouvernement souhaite faire passer les BTS des lycées généraux vers les lycées professionnels, il faudra régler le problème de l’aménagement des bahuts, qui ne sont pas polyvalents. L’heure n’étant pas aux grandes dépenses, on ne peut que protester contre le projet Darcos sur l’autonomie des lycées, copie conforme en préparation de la loi LRU. Les fonds privés rentreront plus encore dans les lycées professionnels, bonjour l’indépendance des établissements !
     Ainsi, la simplification des filières de CAP se fera vraisemblablement en fonction de l’économie locale, renforçant plus encore les inégalités entre régions !
     La Jonquille est inquiète de la réforme du bac pro : elle nous fait craindre la création d’une « école- apartheid », sélectionnant au maximum les élèves et les opposant entre eux. Non, on ne veut pas de l’exclusion du système éducatif ! On refuse le diplôme au rabais !

          Bac technologique : après le bac SMS, simplification des STI

     Le bac STI passera lui aussi par la simplification à la Darcos. Il ne sera proposé qu’en 6 bacs différents, contre 13 aujourd’hui (6 bacs et 7 options). Des filières pourtant pas à « bas flux » disparaîtront, comme les bacs STI GMA et GMB. Les 9 Brevets de Techniciens devraient eux être transformés en bacs professionnels.

     Cette réforme, qui dort depuis 10 ans, est encore assez floue, et il n’y a rien d’officiel. Le manque total de transparence des commissions travaillant sur cette réforme, déjà inquiétant en soit, ne nous permet pas de savoir précisément le détail de cette réforme, mais l'on sait déjà par le recteur de l'académie de Nancy, gaffeur, que la formation se fera en modules, et donc en contrôle continu… D’où une absence évidente d’objectivité et d’égalité !

     Le bac technologique STS2 passe lui au contrôle continu dès la rentrée 2008 pour l’EPS et la LV1. Avec bien sûr des risques accrus de discrimination !


          Bacs généraux : vers une fusion L-ES ?

     La réforme en cours du bac général, nouvelle tentative d’une « réforme Fillon », suit elle aussi la même logique d’ensemble, d’économies d’échelle et de sélection sociale accrue.

     Xavier Darcos, dès la mi-août, avait exprimé l’idée d’une fusion des bacs S, ES et L en un bac unique aux multiples options. Ce scénario, jugé de radical, est très clairement le projet à terme du ministère de l’éducation (3), et le projet de réforme finalement adopté va dans ce sens : les rapporteurs du ministère de l’éducation parlent d’« un scénario qui fusionne les série ES et L, en conservant toutefois deux groupes d’options assez nettement différenciées ». Cette série unique serait baptisée Lettres, Economie et Sciences Sociales (LES).

     Les conséquences de cette première fusion, en en attendant d’autres, seront bien sûr la fermeture d’un nombre important de classes par regroupement, une réduction de l’offre d’options, etc. Les économies effectuées, énormes, vont dans le sens d’encore plus d’austérité pour l’éducation nationale. Combien de classes, actuellement en sous effectifs, pourront ainsi être fusionnées ?

     La restriction des choix d’enseignement général risque d’effectuer une sélection plus forte à l’entrée des filières générales, ainsi qu’une non-satisfaction de beaucoup de lycéens, pénalisés par l’étendue plus importante de compétences nécessaires à ce futur bac.

     Mais ceci serait aussi de nature à neutraliser les possibilités offertes par les séries L et ES d’aborder trop en profondeur le fonctionnement de la société, ou de trop développer une certaine indépendance d’esprit. En effet, même si le programme d’économie va dans le sens d’un soutien du système actuel, il ne peut pas masquer aux élèves d’ES un certain nombre de problèmes graves, notamment la sélection sociale en milieu scolaire.


          Et toujours les suppressions de postes et la baisse du budget !

     11 200 postes non renouvelés dans l’éducation nationale, quand il aurait fallu plus de 1000 embauches pour maintenir le même niveau d’encadrement, ces restrictions d’effectifs sont elles aussi dangereuses pour l’enseignement public ! Et pourtant, le ministère envisage plusieurs autres milliers de suppressions de postes pour l’année 2008/2009. Non, on ne peut pas croire qu’en supprimant des enseignants, la qualité de l’enseignement augmente !

     La baisse du budget, tablée sur 3% par an sur 5 ans pour l’enseignement agricole par exemple, va aussi vers la baisse de la qualité de l’enseignement. Les regroupements de classes qu’entraîneront la fusion des filières STAV et des bacs ES/L, ainsi que de nombreux CAP et du BEP, permettront au ministère d’énormes économies budgétaires. De même que la diminution de places au CAPES (4). Mais cette politique, alors que chaque année des milliers d’élèves, « sortis de système », se retrouvent sans diplôme, ne va-t-elle pas dans le sens contraire de la logique de l’Ecole Républicaine ?

     Au contraire, la volonté d’accroître la sélection sociale en séparant hermétiquement le système d’éducation en entités séparées, la volonté de baisser l’encadrement à l’Ecole, et donc la qualité théorique de l’enseignement, la suppression de la carte scolaire, qui va amplifier le phénomène de l’école à deux vitesses, l’ouverture des facs et bientôt des lycées aux fonds privés, la volonté d’emmener 50% des lycéens en formation professionnelle vers l’apprentissage en alternance, tout cela ne signifierait pas une volonté globale d’attaquer les fondements même de l’Ecole Républicaine, qui déjà connaît des lacunes ?
     
Les grands vainqueurs de ces politiques, nous les connaissons : l’éducation privée, qui pourra arborer fièrement son meilleur niveau d’enseignement, mais aussi les entrepreneurs, qui auront un droit de regard sur l’enseignement professionnel et supérieur du fait de leur capacité à financer (ou pas…). Qui auront aussi un surplus de main-d’œuvre en apprentissage, payée à 80% du SMIC, sans droits salariaux ou presque. Qui pourront profiter d’une main-d’œuvre au niveau bac professionnel ne disposant pas d’un diplôme reconnu par les conventions collectives comme l’était le BEP. Mais aussi le gouvernement, qui pourra remplacer les 50 000 expulsés par an aux boulots les plus durs…

Les perdants, on les connaît aussi : les professeurs, bien sûr, dont les conditions de travail ne cessent d’empirer. Mais surtout les élèves, nous, qui subiront une sélection sociale impitoyable et profondément injuste.



La Jonquille pose à tous les lycéens cette question : peut-on laisser quiconque dynamiter les restes de l’Ecole Républicaine ?
      

                                                  La Jonquille.


(1) : note de service du 21 septembre, concernant la préparation des rentrées de 2008 à 2012
(2) : le BEP étant un des rares diplômes reconnu par les conventions collectives, à la différence du Bac Pro, le supprimer participe à la dérégularisation des emplois les plus bas, ainsi qu'à l'abolir le salaire minimum
(3) : déclaration de Xavier Darcos du 13 septembre 2007 sur RMC : « c’est très certainement une orientation vers laquelle il faut aller, mais qui ne peut se faire sans qu’on en ait parlé très longtemps auparavant avec nos collègues »
(4) : 6050 postes en moins entre 2005 et 2006

    
    

Edité par Nicolas - 14 Dec 2007 à 20:29
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Dec 2007 à 16:45

Xavier Darcos confirme ses projets pour l’école

Semaine de quatre jours, service minimum et disparition de la carte scolaire seront bien au programme de la rentrée de septembre.

Bilan de fin de semestre ou exposé des primeurs à venir ? L’exercice auquel s’est livré, hier, le ministre de l’Éducation nationale tenait moitié des deux, moitié d’aucun. Pas vraiment un bilan, même si Xavier Darcos s’est arrêté sur celui de l’accompagnement éducatif. Instaurée dans les collèges ambition réussite depuis la fin des vacances de la Toussaint, l’expérience est un succès, affirme-t-il. Près d’un élève de sixième sur deux (45 %) bénéficie de deux heures d’études du soir, quatre soirs par semaine. Le ministre souhaite à présent les étendre à toutes les écoles primaires des réseaux ambition réussite.

L’allocution de Xavier Darcos devant la presse n’a pas non plus été une présentation de projets, dans la mesure où tous ceux déroulés sont dans les tuyaux depuis un certain temps. Cela dit, le ministre a confirmé ce qui ne l’était pas encore. Ainsi en est-il du service minimum dans les écoles primaires. La décision est arrêtée : les enfants seront accueillis les jours de grève, sans que les enseignants aient obligation d’assurer cet accueil. La somme équivalent aux retenues sur salaires des professeurs en grève sera redistribuée aux municipalités afin de financer un système de garderie.

Le ministre confirme également la mise en oeuvre de la semaine de quatre jours en primaire dès l’an prochain. Le samedi matin sautera sans être transposé à un autre moment de la semaine (par exemple le mercredi matin). Partout en France, les enfants auront cours 24 heures par semaine. Le temps des enseignants face aux élèves, en revanche, ne changera pas (26 heures). Les deux heures « économisées » serviront à faire du soutien, dont il reste à déterminer les modalités de mise en oeuvre.

Programmée depuis plus d’un an, la disparition de la carte scolaire, enfin, sera bien effective en septembre : « Dérogation pour tous », c’est désormais le mot d’ordre. Les parents pourront présenter des dossiers dans les établissements de leur choix. La sélection s’opérera en fonction de critères déjà existants (proximité, regroupement de fratrie, raison médicale). « En cas d’affluence de demandes dans un même établissement, les élèves bénéficiant de bourses sociales seront prioritaires », a assuré le ministre, sans préciser si les critères scolaires entreront en ligne de compte. Quant aux trente établissements les plus « évités » de France, ils bénéficieront d’un doublement de leur taux d’encadrement. « Nous verrons quel impact cela aura, et si cela n’en a pas nous aviserons », a précisé le ministre.

Marie-Noëlle Bertrand

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  Citer Nicolas Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Dec 2007 à 18:49
       Pendant plusieurs heures, nous avons été environ 400 lycéens à répondre à l’appel de la Jonquille pour une manif unitaire, contre les réformes des bacs, les baisses de budget et les suppressions de postes dans l’éducation nationale. Les rues d’Alençon ont été animées du cortège des élèves des lycées professionnels Maréchal Leclerc et Mézen, des lycées généraux et technologiques Alain et Marguerite de Navarre, et des lycées agricoles d’Alençon et de Sées. Malgré la saison, c’est un succès pour les lycéens d’Alençon !

    Avec banderolles, avec slogans ("Enfants d'immigrés, enfants d'ouvriers, tous droit à la scolarité !", "Le fric de Kadhafi pour les lycées, pas pour l'MEDEF ni pour l'armée !" ;) ), avec des revendications, nous avons montré notre désaccord clairement avec la stratégie du gouvernement à l'encontre de l'Education Nationale.
    
    Et encore une agression contre le cortège ! Un véhicule, sous les yeux de la police qui n’a rien fait, a roulé sur une de nos copines alors interviewée par un journaliste de Ouest France. Il n’est pas normal que les cortèges lycéens se fassent agresser par des « otages », par la droite décomplexée comme on dit, sans que les forces de l’ordre interviennent !

    Les politiques des établissements relatives aux mouvements lycéens sont également inquiétantes. Au lycée agricole de Sées, pour décourager les élèves, la manifestation a été déclarée annulée ! D’autres établissements ont cru bon de répandre des rumeurs sur le fait que la réforme des bacs généraux ne serait que pure invention, alors même que les déclarations de Xavier Darcos vont dans un tout autre sens ! Ils ont également insisté sur le fait que les réformes des bacs STI étaient repoussées, ce qui est vrai, mais elles ne sont pas pour autant annulées ! Nous voudrions avertir du danger d’ « informer », malgré le devoir de laïcité des établissements scolaires, à l’intérieur des établissements scolaires. Nous pensons bien évidemment que ces irrégularités n’étaient pas de mauvaises fois, et ne se reproduiront plus dans l’avenir…
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  Citer guillaume Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Dec 2007 à 19:24
Bravo!

La rumeur sur la fusion des series L et ES se précise: maintenant les inspectuers eux mêmes commencent à en parler sérieusement, avec le passage aux 24 heures de cours pour les profs du secondaire.
Les trotskistes? Nous avons pris des mesures contre ces gens qui ne représentent rien (...) et continuent sur des positions d'extrême gauche à gêner le développement de notre Révolution - Che Guevara
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