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Travail/Chômage, ben en fait c'est surtout chômage

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Nov 2012 à 19:36

Nouveau plan pour aider les chômeurs

Pôle emploi présentait jeudi aux syndicats les modalités de mise en œuvre du « suivi différencié » des demandeurs d’emploi.

Accompagnement différencié en fonction du profil des chômeurs, abandon de l’entretien mensuel obligatoire, mise en place d’un « pilotage par les résultats »… Jeudi, lors d’un comité central d’entreprise, la direction de Pôle emploi a présenté aux syndicats les modalités de mise en œuvre du nouvel accompagnement des chômeurs. Le déploiement démarrera en janvier avec un objectif : « Faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin. » Dans les faits, quels changements ? Abandonné le suivi mensuel personnalisé, place au conseiller référent qui sera désigné « au plus tard au quatrième mois ». Trois modalités d’accompagnement devraient voir le jour, calculées selon le degré d’autonomie des demandeurs d’emploi. Enfin, un troisième entretien obligatoire aura lieu le neuvième mois.

Une question vient à l’esprit, comment le « tri » des chômeurs sera-t-il fait ? La direction a dressé une liste d’« éléments objectifs » (maîtrise de la langue orale et écrite, des outils informatiques, capacité à se déplacer…) mais aussi « subjectifs ». Ces derniers semblent délicats à apprécier, à l’image de « la perspective par rapport à l’avenir » ou encore du « niveau de confiance en son succès dans la recherche d’emploi ».

Alors que le recrutement de 2 000 salariés en CDI est en cours au sein de Pôle emploi pour faire face à l’afflux de chômeurs, un syndicaliste s’inquiète : « Tous les conseillers en poste, formés au lance-pierre, ne seront pas armés pour faire le diagnostic. » En interne, ce plan devrait se traduire par une réaffectation des agents, qui se verront confier l’une des trois modalités de suivi. Avec à la clé une augmentation croissante de la taille des « portefeuilles » de chaque agent. « Dans les agences, ça va être la course aux échalotes pour faire du suivi renforcé », pronostique un syndicaliste.

Alexandra Chaignon

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Nov 2012 à 04:09

L’emploi sur la mauvaise pente

Le taux de chômage grimpe à des sommets jamais atteints depuis le milieu de l’année 2009. Les économistes y voient le signe d’une crise durable sur le marché du travail.

L’emploi continue de plonger. L’estimation de l’Insee sur l’emploi salarié pour le troisième trimestre 2012 fait état de la suppression de 50 400 postes dans les secteurs marchands, soit une baisse de 0,3 %. Au deuxième trimestre, la chute avait été moins rude, avec 22 400 disparitions d’emplois. D’après Frédéric Tallet, chef de la cellule conjoncture et emploi à l’Insee, interrogé par l’AFP, « il faut remonter au milieu de l’année 2009 pour retrouver une baisse de cette importance ».

Les deux tiers des suppressions de postes sont causées par la dégringolade de l’intérim, avec une perte de 32 800 postes, soit une baisse de 6 %. Depuis un an, le secteur du travail temporaire a perdu 73 600 postes, ce qui représente 12,5 % de ses effectifs. Hors intérim, le secteur marchand se déleste de 17 600 postes, à cause de l’effondrement de l’emploi industriel. La crise sur le marché de l’emploi est profonde. Depuis dix-sept mois, le nombre d’inscrits à Pôle emploi grimpe et il a même atteint sa plus forte augmentation depuis avril 2009. Les chômeurs, toutes catégories confondues, sont plus de ­5 ­millions en France.

Pour Éric Heyer, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), « un ajustement dur est à craindre » dans les mois à venir. « Si les entreprises avaient totalement répercuté la baisse de l’activité, il aurait dû y avoir 220 000 suppressions d’emplois à ce jour », explique-t-il. Les économistes pronostiquent un quatrième trimestre de croissance atone et estiment qu’il faudrait, en moyenne, créer 30 000 à 40 000 emplois chaque trimestre pour stabiliser le nombre d’inscrits à Pôle emploi. Dans ce contexte morose, l’Insee estime que le taux de chômage continuera à progresser pour atteindre le chiffre vertigineux de 10,2 % à la fin de cette année. Il faudra bien plus que les contrats de générations et d’avenir mis en avant par le gouvernement pour redresser la barre.

Cécile Rousseau

Handicapés et privés d’emploi

Associations et syndicats alertent sur le chômage massif des travailleurs handicapés.

Avec un taux de chômage atteignant 22 %, les travailleurs handicapés sont doublement touchés par les politiques d’austérité et de suppressions d’emplois par rapport à l’ensemble des salariés. Chaque année, à l’occasion de la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées, les associations alertent sur les discriminations qui continuent à peser sur cette catégorie de salariés.

En matière d’efforts, les entreprises sont encore à la traîne, malgré la loi de février 2005 obligeant les employeurs privés et publics de plus de 20 salariés à employer au moins 6 % de personnes handicapées, sous peine de sanctions financières. Plus de 20 % des entreprises privées assujetties à cette obligation n’employaient, en 2010, aucun travailleur handicapé et n’avaient pas signé d’accord spécifique avec les syndicats sur ce sujet, d’après une étude du ministère du Travail publiée il y a quelques jours.

« Il faut que les entreprises acceptent de faire de la prévention en adaptant le travail à l’homme, pas seulement pour les personnes handicapées, mais pour tout le monde. Parce qu’avec l’intensification des cadences de travail, on va rendre de plus en plus de gens inaptes », insiste Solange Fasoli, conseillère confédérale en charge des questions de handicap à la CGT, qui souligne que « la plupart des personnes handicapées ont été rendues inaptes par le travail ». Pour se dédouaner de leurs responsabilités, nombre d’employeurs expliquent que les travailleurs handicapés cumulent souvent les facteurs d’éloignement de l’emploi. Selon l’Agefiph (Association chargée de gérer le fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées), 43 % des travailleurs handicapés ont plus de cinquante ans et 77 % n’ont pas le bac. « La formation aux postes et la progression des salariés, c’est aussi la responsabilité de l’employeur ! » rétorque Solange Fasoli.

Loan Nguyen

La crise, vous la vivez, Qapa en vit !

« Il n’y aura pas de licenciements secs », déclarait Philippe Varin, patron de PSA Peugeot-Citroën, après l’annonce d’un plan de 8 000 suppressions d’emplois. Mais les dirigeants du site Internet Qapa ont néanmoins flairé la bonne affaire à l’annonce de la fermeture des sites automobiles d’Aulnay-sous-Bois et de La Janais près de Rennes. Par communiqué parvenu le 12 novembre à l’ensemble des médias, Qapa « s’engage à s’occuper de tous les licenciés » de PSA. 
Le site revendique « 4 205 offres potentielles sur Aulnay 
et 1 500 à La Janais » ! Qapa.fr, le Meetic de l’emploi, qui joue les rabatteurs également sur Facebook, met en relation demandeurs d’emploi et employeurs. L’inscription est gratuite sur le site pour les demandeurs, comme pour les dépositaires d’une offre. Seule la mise en relation est facturée 29,90 euros par profil repéré par un recruteur. Heureusement, le marché de l’emploi a aussi ces promos. Ainsi, employeurs, « vous pouvez faire d’importantes économies en achetant des packs de 5, 10, 20, 50 ou 100 profils ou en vous abonnant ». On la voit à la télé, on l’entend à la radio, elle est reçue au Sénat… Stéphanie Delestre (une ex du groupe TF1) a fondé 
le site Internet en 2011 avec pour ambition de faire « chuter le chômage de 10 % en un an » en France. Les fonds d’investissements Partech International et 360 Capital Partners ont investi 1,7 million d’euros dans ce projet. C’est dire si l’affaire, qui repose sur la fumante idée que de nombreux employeurs ne trouvent pas de main-d’œuvre parce que Pôle emploi ne fait pas son boulot, est juteuse ! Des offres, il y en a effectivement, sur le site. Essentiellement des missions intérim, des CDD et des stages… Même Qapa embauche d’ailleurs ! « Offre de stage. Business Developer (H/F). Qapa Paris (02). Stage à pourvoir à partir de septembre 2012. 2 à 6 mois. Rémunération : 436,05 euros (+ primes pouvant aller jusqu’à 400 euros par mois). » Avec des salaires comme ça, tu m’étonnes que les Français n’ont plus les moyens 
de se payer une Peugeot !

Laurence Mauriaucourt



Edité par T 34 - 16 Nov 2012 à 23:18
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Nov 2012 à 23:37

Pourquoi il faut participer à la manifestation organisée par les associations de chômeurs

Si ce n’est pas nous, alors qui ? Si ce n’est pas maintenant, alors quand ?

Par Philippe Villechalane, Porte-parole de l’Apeis.

 

Les chômeurs sont aujourd’hui plus de 5 millions, les annonces de licenciements se multiplient et se chiffrent par dizaines de milliers ; Peugeot, Sanofi, ArcelorMittal, les hôpitaux et des dizaines, des centaines de petites et moyennes entreprises vont ajouter leur triste écot à ce qui semble une suite sans fin. La précarité, les petits boulots semblent devenir la norme en matière d’emploi, travailler ne suffit plus, loin s’en faut pour « s’en sortir ».

Le 1er décembre prochain, les organisations de chômeurs vont manifester pour la dixième année consécutive contre le chômage et les précarités (1).

Leurs revendications sont nombreuses tant leur quotidien n’est que survie, avec des avenirs sombres et des espoirs en berne. La première de ces revendications est un emploi stable ; librement choisi, permettant de vivre décemment ; par défaut, la seconde est une indemnisation de toutes les formes de chômage. Mais aussi un vrai droit à la formation, un droit à la retraite pour tous à soixante ans, y compris pour les chômeurs non indemnisés et les allocataires du RSA. Une réforme de Pôle emploi avec plus de moyens humains et matériels et une séparation entre la mission de recherche d’emploi et les questions qui touchent à l’indemnisation. L’arrêt immédiat des radiations sanctions, de l’infantilisation, de la stigmatisation. Une allocation exceptionnelle d’urgence dite « prime de noël » d’un montant de 500 euros pour tous les chômeurs.

Toutes celles et ceux qui pensent, disent, défendent « l’Humain d’abord » se doivent, il me semble, d’être de cette manifestation car, si ce n’est pas eux, alors qui ? Si ce n’est pas maintenant, alors quand ?

Bien sûr, nous comprenons parfaitement bien que pour s’attaquer efficacement et durablement au chômage, il faille s’attaquer aux causes, mais ce que nous revendiquons c’est que, pour le faire, on parte des effets. Que l’on prenne en compte des vies en miettes, des capacités foulées au pied, des compétences, des expériences, des savoir-faire rejetés, des volontés niées.

Parce que nous ne sommes ni des chiffres, ni des courbes, ni des statistiques, ni des pourcentages. Peut-être des variables d’ajustement pour le capital et la finance qui ainsi font baisser sous la pression et le chantage idéologique le niveau des salaires et aggravent les conditions de travail.

Car de vie, on n’en a qu’une, une seule, et c’est maintenant que nous la vivons, ou plutôt que nous la survivons. Nous n’avons pas le temps d’attendre les indispensables changements, les nécessaires réformes de structures et d’organisation sociale, économique et politique. Ou bien il faut dire clairement que, au nom de la réalité soi-disant économique, quelques millions de femmes et d’hommes, sur quelques générations, sont sacrifiés, et là ça pose une tout autre question.

Croit-on que l’on sera protégé par l’acceptation tacite de la descente aux enfers de millions d’entre nous ? Pense-t-on qu’il s’agit de fatalité ? Pire, que, finalement sans jamais le suggérer, ces millions de femmes et d’hommes ne font pas vraiment tout pour s’en sortir ? Ce n’est pas d’un soutien passif, compassionnel, dont nous avons besoin, mais d’une vraie, solide, solidarité parce que, au final, nous sommes tous concernés, et ne pas voir, ne pas dire, ne pas entendre, laisser faire, ne protégera personne, bien au contraire : le système, la logique capitaliste en épargnera peu.

Dans le même temps où ils nous rebattent les oreilles avec leurs crises, la compétitivité, la concurrence, la flexibilité, et patati, et patata, qu’ils versent même parfois quelques larmes de crocodile, en 2011, en France, 500 familles se sont partagé 271 milliards d’euros ; les entreprises qui composent le CAC 40 ont réalisé 87 milliards d’euros de bénéfices dont 37 milliards distribués en dividendes à des actionnaires.

Dans le même temps où on s’empresse de céder aux « pigeons », on matraque et gaze des salariés en lutte qui manifestent devant le Mondial de l’automobile pour défendre leurs emplois. Dans le même temps où PSA annonce des milliers de licenciements, ce qui a par ailleurs comme effet immédiat de doper l’action en Bourse, on apprend que Peugeot va toucher quelques subsides publics. Dans le même temps où la pauvreté gagne massivement du terrain, on nous dit augmentation de la TVA et baisse des cotisations sociales pour les patrons, ceux-là mêmes qui parlent de charges sociales. Encore une fois, on fait mine de s’attaquer aux causes mais sans tenir compte des effets.

Être de cette manifestation représente un effort, bien évidemment, le samedi il y a des courses à faire, emmener les mômes au sport, se reposer un peu de semaines folles, se plonger dans un bon bouquin, profiter des siens, mais ça vaut le coup, c’est certain, d’en être de cette manif ce samedi-là.

Une manifestation importante, massive, contre le chômage et la précarité avec les premiers concernés, avec les premières victimes d’un système que l’on dit combattre aurait du sens et pèserait, c’est certain, dans les combats politiques à venir.

On compte sur vous, on compte sur nous ! Le changement et l’urgence c’est maintenant !

 

(1) Manifestation samedi 1er décembre, 14 heures, 
de la place de Stalingrad à la place de Clichy, à Paris.

Philippe Villechalane

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Nov 2012 à 20:35

Jusqu’à 350 chômeurs  par conseiller Pôle emploi 

Le chiffre est sorti lors du comité central d’entreprise, mardi dernier : avec les nouvelles modalités de suivi « différencié » des chômeurs, que Pôle emploi compte mettre en place début 2013, le nombre de demandeurs d’emploi par agent pourra aller jusqu’à 350. L’accompagnement « renforcé » prévoit 40 chômeurs par portefeuille d’agent, et l’accompagnement « guidé », entre 100 et 150 chômeurs. Mais pour les chômeurs les plus autonomes, le portefeuille pourra compter jusqu’à 350 personnes. Les syndicats se sont majoritairement opposés à ce projet.

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Nov 2012 à 21:42

La grande galère des chômeurs âgés

Les derniers chiffres de Pôle emploi révèlent une nouvelle flambée du chômage des seniors. Près d’un million d’hommes et de femmes de plus de 55 ans sont touchés. Ils peinent à retrouver un emploi ou ne peuvent accéder à la retraite du fait des dispositifs supprimés. Pour Annie Jolivet, du Centre d'études de l'emploi : "Il y une augmentation du nombre des séniors chômeurs".

Depuis une dizaine d’années, les gouvernements ont déclaré faire de l’emploi des seniors une priorité, instaurant notamment en 2008 une obligation de négocier dans les entreprises sur la question. Pour quel résultat ?

Annie Jolivet. Le taux d’emploi des seniors a progressé, on a passé la barre des 40 %, mais on reste toujours dans le peloton de queue en Europe. Les accords seniors ont plutôt bien marché : on en est à plus de 34 000 signés. L’analyse qualitative montre que la très grande majorité des entreprises ont opté pour du maintien dans l’emploi, et une petite fraction des accords a concerné le recrutement. Dans tous les cas, ce qui ressort, c’est que les objectifs ont été fixés plutôt au minimum. S’il y a du mieux côté taux d’activité et taux d’emploi, on a quand même l’augmentation d’une population de chômeurs âgés. Pour des raisons démographiques, et sans doute aussi parce qu’ils n’ont pas d’autre dispositif qui les accueille.

En quoi ?

Annie Jolivet. Aujourd’hui, s’il y a des réductions très importantes d’effectifs, les seniors ne transitent plus par les dispositifs de préretraites, mais par du chômage simple. Avec une particularité : ils restent beaucoup plus longtemps au chômage que la moyenne. Pour l’essentiel, ils subissent du licenciement classique et de la rupture conventionnelle. Rien ne ressort dans les analyses statistiques publiques sur le fait que les âgés resteraient une variable d’ajustement. Mais, probablement, ils en restent une quand même dans des contextes de licenciements collectifs. Des histoires me sont aussi parvenues d’entreprises qui poussent les salariés vers la sortie avec la rupture conventionnelle.

Le contrat de génération, lancé par l’actuel gouvernement, pour inciter les entreprises, par une aide financière, à maintenir les seniors en emploi et embaucher des jeunes, peut-il changer la donne ?

Annie Jolivet. Ces accords devraient plus jouer, éventuellement, sur des embauches que sur du maintien. L’idée qu’on maintiendrait dans l’emploi uniquement parce qu’on peut avoir une aide financière me laisse dubitative. D’autre part, pourquoi la transmission serait uniquement des plus âgés aux plus jeunes, pourquoi ce serait juste sur une relation de binôme, de tutorat ? On évacue la dimension collective de la transmission.

Mesurez-vous l’impact des réformes des retraites sur cette question des seniors ?

Annie Jolivet. On voit que le taux d’activité augmente depuis le début des années 2000, et que cette progression s’accélère à partir de 2006 pour les 60-64 ans, de 2008 pour les 55-59 ans, et à nouveau depuis mi-2011. 
On peut faire un lien avec les réformes 
des retraites et la réduction des préretraites, ainsi que celle des retraites anticipées longue carrière. D’autre part, des employeurs voient leurs salariés décaler de plus en 
plus leur départ, au-delà du moment 
où ils ont leurs droits ouverts. Probablement pour des raisons liées au niveau des pensions, ou parce qu’ils n’ont pas encore 
le taux plein, ou qu’ils anticipent que 
de futures réformes dégraderaient le taux 
de remplacement.

Entretien réalisé par 
Yves Housson


La grande galère des chômeurs âgés

Les derniers chiffres de Pôle emploi révèlent une nouvelle flambée du chômage des seniors. Près d’un million d’hommes et de femmes de plus de 55 ans sont touchés. Témoignages de leur parcours du combattant vers l’emploi.

« Lors des entretiens d’embauche, les employeurs ne disent rien, mais je sens bien que je suis trop vieille, tout le monde se fout de nous », balance Marie-Christine. À 58 ans, elle cherche un travail depuis neuf mois et ne voit rien venir. Comme elle, beaucoup de chômeurs de plus de 50 ans se sentent abandonnés. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, les demandeurs d’emploi âgés ont subi de multiples attaques : le recul de l’âge légal de la retraite à 62 ans, la fin de l’allocation équivalent retraite (AER, lire p. 3) et de la dispense de recherche d’emploi (DRE) pour les demandeurs de plus de 55 ans. Mais depuis l’élection de François Hollande, le rétablissement de ces deux dernières mesures n’est pas à l’ordre du jour, et la seule disposition nouvelle projetée pour favoriser l’emploi des seniors est le contrat de génération. 500 000 contrats de recrutement d’un jeune et de maintien au travail d’un aîné devraient être conclus durant le quinquennat. Un peu court au regard de la vague de chômeurs de plus de 50 ans qui déferle sur Pôle emploi. Pour le dix-huitième mois de hausse consécutive, le chômage explose. Et les seniors sont en première ligne dans la flambée des inscrits à Pôle emploi. En octobre, ils sont 977 700 à pointer à l’ex-ANPE. Sur l’année, leur nombre a grimpé de 16 %.

D’après l’Insee, depuis 2008, sous l’effet de la crise, le chômage des aînés a nettement progressé de 41 %, le double de l’augmentation du chômage général.

Secrétaire de profession, Marie-Christine a été licenciée après la délocalisation de l’activité de son entreprise au Maroc. « J’ai l’impression qu’on est au Moyen Âge, que les patrons peuvent se débarrasser de nous du jour au lendemain. Le gouvernement doit leur dire de nous recruter, ce n’est pas le tout de leur donner 20 milliards d’euros de cadeaux ! » tonne-t-elle.

Pôle emploi ne leur permet pas de se réinsérer

Les chômeurs de longue durée comptent une majorité de seniors dans leurs rangs. La reconquête d’un travail est longue et semée d’embûches. Comme pour Edmond, 53 ans. Costume cravate, attaché-case, depuis dix ans, son travail à plein temps, c’est retrouver un emploi. Rencontré lors d’un forum pour l’insertion des seniors, il avait explosé en attendant pour déposer son CV. « J’ai diffusé plus de 2 000 CV, fait une dizaine de forums, tout ça, c’est du flan ! On ne nous rappelle jamais. Tous les jours, chez moi, je regarde les annonces, je réponds. Que ce soit Hollande ou Sarkozy le président, je n’attends pas grand-chose d’eux ! » À bout de nerfs, celui qui fut tour à tour vendeur de chaussures de luxe, brancardier, informaticien, veut juste qu’on lui redonne sa chance.

Tous estiment que Pôle emploi ne leur permet pas de se réinsérer. Marie-Christine trouve que le suivi laisse à désirer. « On ne m’appelle jamais et, quand j’y vais, on n’a rien à me proposer. Les formations sont réservées aux plus jeunes. Donc, je me débrouille seule, je mets des CV en ligne, ils savent que je suis à trois ans de la retraite, je suis mise un peu de côté. » Avec le nouveau suivi différencié des chômeurs instauré en janvier 2013, les conseillers pourront suivre jusqu’à 350 chômeurs. Les seniors éloignés du monde du travail ne sont pas forcément la préoccupation numéro un de l’ex-ANPE.

Didier, 56 ans, au chômage depuis deux ans, arrive lui en fin de droits. Il se dit prêt à reprendre n’importe quel travail, téléconseiller, vendeur… « Je n’arrive pas à faire ma demande de RSA, j’ai l’impression de m’enfoncer encore plus dans la précarité et de basculer de l’autre côté », lâche-t-il. Tireur photographique, sa boutique de développement photo a coulé avec l’arrivée du numérique. Depuis, il essaye de percer comme photographe. « Je vends certaines photos 400 euros, comme le montant du RSA, ironise-t-il. Mais ça ne paye pas, ma femme, retraitée de l’éducation nationale, a reçu un héritage, nous fait vivre, mais ça ne pourra pas durer ! » Ce qu’il ne digère pas, c’est la non-reconnaissance de toutes ses années de labeur. « J’avais monté mon labo en 1984, on bossait tout le temps, comme des malades et un jour, plus rien ! » Le 1er décembre, il ira manifester aux côtés des chômeurs. Marie-Christine est aussi remplie de révolte. « Je ne crois pas à la fin du monde le 21 décembre, mais plutôt à une révolution des pauvres gens qui en ont marre ! »

18e mois de hausse 

Le président Hollande l’avait annoncé lors de sa conférence de presse le 13 novembre : le chômage allait continuer d’augmenter. Et, sans surprise, les chiffres publiés hier ont confirmé la tendance. Fin octobre, le nombre d’inscrits à Pôle emploi en catégorie A s’élève à 3,103 millions de personnes, en augmentation de 1,5 % (soit 45 500 chômeurs supplémentaires) sur un mois et 10,6 % sur un an. Le nombre d’inscrits en catégories A, B et C en France métropolitaine est de 4,587 millions de personnes.

Cécile Rousseau

Source

Le gouvernement refuse de rétablir le filet de sécurité

Supprimée en 2011, l’allocation équivalent retraite (AER) faisait le pont entre la fin de droits au chômage et l’âge de la retraite.

C’est une énième absence de «changement maintenant» qui provoque une grande amertume chez les chômeurs âgés. Alors qu’ils avaient vertement dénoncé, début 2011, la suppression par le gouvernement de droite de l’allocation équivalent retraite (AER), les socialistes parvenus au gouvernement viennent de confirmer qu’ils ne souhaitent pas la rétablir comme le demandent syndicats et associations de chômeurs.

Créée en 2002 par la gauche, cette allocation permettait à 50 000 personnes par an de faire le pont entre chômage et retraite. À condition d’avoir tous leurs trimestres de retraite, les chômeurs en fin de droits aux Assedic pouvaient toucher l’AER (1 000 euros par mois environ) en attendant l’âge légal de la retraite. Depuis sa suppression, ils se retrouvent avec les 460 euros mensuels de l’ASS ou du RSA, voire sans ressources, d’autant plus longtemps que l’âge légal de départ en retraite a été repoussé par la réforme de 2010. Une allocation transitoire de solidarité (ATS) a bien été instaurée fin 2011, mais ses critères sont restrictifs. En juillet, elle ne concernait que 500 personnes sur les milliers d’exclus de l’AER. « La situation est effroyable pour un certain nombre de personnes qui tombent dans la trappe », a reconnu le ministre du Travail, Michel Sapin, le 30 octobre, avant de bloquer tout espoir de rétablissement. Pour des raisons financières, mais aussi, selon lui, morales : « Mettre 800 millions, 900 millions, 1 milliard dans des dispositifs de cette nature, qui sont comme on dit dans le jargon, “passifs” par rapport à des dispositifs d’encouragement à l’emploi “actifs”, il y a quelque chose d’un peu rageant du point de vue de l’action gouvernementale. » Et de renvoyer le sujet à la concertation prévue en 2013 sur les retraites.

« Les élections nous avaient donné espoir, mais c’est : “Circulez, y a rien à voir !” » enrage en écho Monique Manca, présidente de l’Association de défense contre la suppression de l’AER, constituée autour d’anciennes salariées de Faurecia. Celles-ci « sont parties avec la promesse de Faurecia qu’elles seraient tranquilles jusqu’à la retraite mais, depuis janvier 2011, elles galèrent, explique Mme Manca. Pour retrouver un emploi, c’est impossible, il n’y a rien. »

Fanny Doumayrou

Source


Edité par T 34 - 30 Nov 2012 à 02:07
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Nov 2012 à 23:39

Vous voulez un boulot ? Démissionnez !

Des salariés poussés à la démission dans l’attente d’une hypothétique reconversion ? Non, il ne s’agit pas des basses œuvres d’un patron voyou. Mais des méthodes de Pôle emploi. C’est, en tout cas, la mésaventure vécue par Patricia (1). En juin, cette jeune femme prend connaissance d’une petite annonce qui fait grand bruit en Moselle : la société Ecomouv, un consortium franco-italien désigné pour collecter la future écotaxe sur les poids lourds, a décidé de s’installer à côté de Metz. Pas moins de 200 CDI d’opérateurs bilingues ou trilingues sont à pourvoir pour mai 2013. Avec, à la clé, un salaire de 2 500 euros brut. Patricia, qui enchaîne depuis trois ans les CDD dans une collectivité territoriale, saute sur l’occasion. La sélection va durer plusieurs mois. Titulaire d’un master en commerce international, elle enchaîne avec succès les entretiens avec Pôle emploi, qui pilote le recrutement, la chambre de commerce et d’industrie (CCI) et Ecomouv. Mi-octobre, elle reçoit un courrier lui annonçant que sa candidature est retenue. Mais pas que. La missive est accompagnée d’une demande d’inscription à Pôle emploi. Étonnant. Quelques jours plus tard, elle se rend avec appréhension dans les locaux de la CCI où une grand-messe est organisée à l’intention des heureux élus. « Là, c’est la douche froide, raconte Patricia. Déjà, le salaire n’est plus de 2 500 mais de 2 200 euros. Et surtout aucune promesse d’emploi ne m’est présentée. J’obtiens, au contraire, la confirmation que si je veux suivre la formation débouchant sur ce CDI, il faut que je démissionne d’abord de mon boulot et que je sois enregistrée comme demandeuse d’emploi ! » Une contrainte confirmée par Pôle emploi. « Le Code du travail ne nous laisse pas le choix, assure Cyril Potin, directeur de l’agence de Metz-Taison. Si un salarié veut bénéficier de cette formation, il doit au préalable négocier une rupture conventionnelle avec son employeur ou démissionner. » Patricia, qui assure n’avoir jamais été prévenue de cette obligation, est furieuse. Car, pour elle, le risque est énorme. En démissionnant, elle ne touchera ni allocation chômage ni RSA. Pendant six mois, elle alternerait ainsi des périodes de deux ou trois semaines de formation, pendant lesquelles elle percevrait une maigre indemnité (entre 100 et 700 euros) et des périodes d’inactivité forcée où elle ne toucherait... rien ! « Le tout, ajoute la jeune femme, sans avoir la garantie d’être embauchée au final par Ecomouv. » Car, bizarrement, la jeune femme n’a aucune trace écrite lui garantissant ce CDI au bout. « Le risque est vraiment minime, tempère Cyril Potin. Il y a 200 postes à pourvoir et si nous proposons à Ecomouv 200 candidats, c’est bien parce que nous n’envisageons pas d’en perdre en route. » Certes, mais un accident de parcours peut toujours arriver. Non ? En attendant, Ecomouv se frotte les mains. On aurait pu imaginer que ce groupement d’entreprises, composé d’Autostrade per l’Italia (exploitant italien d’autoroutes) et des français SFR, SNCF, Steria et Thales, avait les moyens de recruter d’abord ses salariés pour les former ensuite. Las, la région Lorraine semble avoir préféré lui dérouler le tapis rouge. Et c’est l’argent public qui assumera le coût de la formation. « Le pire, glisse Patricia, c’est que Ecomouv va, à tous les coups, se flatter de n’avoir embauché que des chômeurs, ce qui n’est pas le cas. » À Pôle emploi, on relativise le problème. « Il n’y a que cinq personnes sur 200 qui sont concernées par cette obligation de démissionner », assure Cyril Potin. Cinq ? Patricia a du mal à y croire. Le 22 octobre, la personne qui était dans la longue queue devant elle était dans le même cas. Drôle de hasard. « Il avait démissionné de chez Bosh, en Allemagne. Il était inquiet : sa formation pour Ecomouv débute le 7 janvier. Il se demandait comment tenir jusque-là. »

 

(1) Prénom modifié.

Seuls les chômeurs peuvent prétendre à un emploi chez Ecomouv, en Moselle. Du coup, Pôle emploi demande 
aux salariés candidats de démissionner de leur boulot avant de se lancer dans une formation de six mois...

Laurent Mouloud

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Dec 2012 à 23:55

Le chômage et la colère explosent

Environ 2 000 personnes ont manifesté, samedi, à Paris, pour faire entendre leur refus d’un chômage de masse qui ne cesse de croître de mois en mois.

Dix ans qu’ils marchent. Dix ans que leur colère face à l’exclusion croissante des travailleurs du marché de l’emploi reste intacte. Samedi, environ 2 000 personnes ont manifesté contre l’accroissement du chômage, à l’appel des associations et syndicats de chômeurs (AC !, Apeis, CGT et MNCP) et de nombreuses organisations politiques de gauche (PCF, Front de gauche, NPA, LO, CNT…). « Le chômage, ce n’est pas un phénomène météorologique, mais une production du Medef », insiste un responsable de la CGT chômeurs au départ de la place Stalingrad (19e). Que le nombre de demandeurs d’emplois atteigne son niveau le plus haut en quatorze ans sous un gouvernement socialiste n’étonne guère les manifestants. « Aucune politique de grande ampleur contre le chômage ne se dessine. La seule chose qui change avec le nouveau gouvernement, c’est le discours : on ne traite plus les chômeurs de fainéants à tout bout de champ », souligne Virginie, membre du MNCP (Mouvement national des chômeurs et précaires), qui trouve que le gouvernement est surtout prêt à « céder assez facilement aux demandes du Medef », alors que le patronat prépare de nouvelles attaques en exigeant notamment la dégressivité des allocations de chômage.

Pour Frédéric, venu de Lyon manifester, le chômage est lui-même une agression patronale. Anciennement employé dans l’usine de fabrication de toiles cirées Veninov, à Vénissieux (Rhône), l’ex-délégué du personnel a été licencié à l’été 2011, comme ses 86 collègues. Au terme d’une bataille de longue haleine, les ouvriers ont pourtant réussi à trouver un repreneur, mais qui tarde à créer les 40 à 50 premiers emplois promis. « On a tout fait pour que la boîte redémarre et, depuis août, on est au chômage avec 57,4 % de notre salaire brut », lâche le cégétiste, amer, qui dénonce le mutisme de l’État dans l’affaire. Pour Vladimir, conseiller Pôle emploi à Lorient mais syndiqué à la CGT chômeurs, et anciennement « de l’autre côté du guichet », « ce qu’on voit, c’est la conséquence de quarante ans de dégradation de l’organisation du travail : l’explosion des CDD, l’intérim, les temps partiels subis… on a tout laissé faire en se disant que c’était mieux que rien. Aujourd’hui, il y a 8 millions de travailleurs pauvres, et on nous demande de leur imposer des “parcours”, c’est-à-dire, de les mettre dans des boîtes, au lieu de partir de leurs besoins et de leurs envies ».

Loan Nguyen


Zone euro : le taux de chômage atteint un niveau record

Le taux de chômage de la zone euro 
s’est établi à 11,7 % de la population active 
en octobre, contre 11,6 % le mois précédent, 
a indiqué l’office européen de statistiques 
Eurostat. Il s’agit d’un niveau record, 
puisqu’on compte 18,70 millions de personnes 
au chômage dans les 17 pays de l’Union monétaire. La situation est, sans surprise, particulièrement critique en Espagne et en Grèce, où le chômage touche plus d’un actif sur quatre.

Source
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Dec 2012 à 01:54

Va-t-on laisser La jeunesse servir de  variable d’ajustement pour les entreprises ?

Mettre fin au chômage et à la précarité pour les jeunes diplômés

Par Marie-José Kotlicki, Secrétaire générale de l’Ugict-CGT.

Comment concevoir le changement si une génération entière est laissée de côté par un système économique financiarisé qui fait de l’insertion socioprofessionnelle une période de bizutage ? Quels peuvent être les espoirs de redressement productif s’ils ne s’appuient pas sur le développement, la mobilisation et la reconnaissance des qualifications ? Est-il normal qu’un jeune sur quatre soit au chômage ? L’avenir n’est pas rose pour la génération sacrifiée.

La problématique ne date pourtant pas d’hier. De la « génération CIP » à la « génération CPE », en passant par la « génération précaire », des centaines de milliers de jeunes ont servi de variable d’ajustement aux entreprises, ces dernières années. Pour 70 % des jeunes entrant dans la vie professionnelle, le premier emploi sera à durée déterminée, et un jeune sur deux connaîtra une période de chômage au cours de ses trois premières années d’activité.

Dans ce contexte, la jeunesse est une richesse dilapidée. De plus en plus qualifiés, et motivés par la perspective d’un travail de qualité, les jeunes sont pourtant placés en situation d’instabilité et de précarité chroniques.

Cette paupérisation de la jeunesse laisse une empreinte durable sur l’ensemble du salariat car le dumping social organisé met les jeunes diplômés dans une situation préjudiciable dès l’embauche. En ce qui concerne les salaires, d’abord, ils sont les premières victimes du décrochage des rémunérations par rapport aux qualifications. Ils subissent également de plein fouet la dégradation de la qualité de l’emploi, ainsi que la pression exercée par un niveau d’emploi particulièrement faible au sein de leur génération. Enfin, ils sont les premiers à devoir renoncer à leurs droits de salariés, à commencer par le droit d’exprimer un avis sur leur travail.

Face à constat, nous nous mobilisons depuis longtemps, y compris avec l’Unef, en plaçant la question de l’emploi et des qualifications au centre de notre discours commun. Avant l’élection présidentielle, nous écrivions ensemble aux candidats pour les interpeller et leur soumettre dix propositions pour une loi-cadre visant à la reconnaissance des qualifications, la protection et l’insertion des jeunes diplômés.

Afin d’illustrer le quotidien de milliers de jeunes, nous avons par la suite proposé à des jeunes diplômés d’appuyer cette démarche d’interpellation. Nous voulions montrer que, derrière les slogans, il y avait des vécus et des parcours difficiles auxquels nous pouvions répondre par des mesures concrètes. Nous appelions les décideurs politiques à assumer pleinement leurs responsabilités et à exercer leur pouvoir de législation en commençant par changer la donne de l’emploi des jeunes.

C’est ainsi que, à l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire, le mardi 26 juin, nous avons décidé de tenir un rassemblement devant l’Assemblée nationale et de transmettre un CV de jeune diplômé et une proposition de loi-cadre à chaque député nouvellement élu. Cette proposition de loi est faite de dix mesures axées autour de trois idées simples : plus de protection, plus de stabilité, plus de reconnaissance :

1. Une mesure spécifique d’aide aux primo-entrants sur le marché du travail pour que la période de recherche d’emploi soit couverte financièrement.

2. La prise en compte des années d’études dans le calcul des retraites pour que le temps passé en formation soit reconnu.

3. La protection réelle des étudiants salariés pour que celles et ceux qui sont obligés de faire des petits boulots ne soient pas aussi pénalisés dans leurs études.

4. La réglementation des stages pour que les employeurs arrêtent d’abuser des situations de fragilité et que les stages servent réellement à la formation.

5. L’assurance d’un emploi stable à l’issue de l’apprentissage pour que les entreprises arrêtent de profiter des apprentis sans les embaucher.

6. La modulation des impôts des entreprises en fonction de leur politique d’emploi pour mettre fin aux exonérations qui ne créent pas de travail et ne vont jamais dans la poche des salariés.

7. La titularisation des précaires de la fonction publique pour que l’État ne soit plus le mauvais élève de la qualité de l’emploi.

8. Le remplacement de tous les départs en retraite de la fonction publique pour que les jeunes diplômés aient aussi accès à des métiers au service de l’intérêt général.

9. La tenue d’un Grenelle des qualifications pour que les salaires ne dépendent plus uniquement du poste, mais aussi du niveau d’études et de l’ancienneté.

10. L’obligation aux entreprises de conclure un accord sur les discriminations pour que cesse l’exclusion.

Le résultat a dépassé nos attentes et conforté notre analyse. Les centaines de CV que nous avons reçus à cette occasion sont venus démontrer l’engouement des jeunes, qui ont très favorablement accueilli l’opportunité qui leur était faite de prendre part à une action de nature syndicale.

Parmi les jeunes diplômés qui nous ont transmis leur CV pour qu’il soit remis à un député, 90 % d’entre eux ont au moins 10  mois d’expérience professionnelle ou de stage dans leur domaine de compétences. Sur les 500 premiers CV reçus, plus de la moitié venaient de titulaires d’un diplôme de niveau bac+5 ou plus élevé, et près de 30 % de titulaires d’un brevet de technicien supérieur ou d’une licence professionnelle.

Avant d’être élu, le président de la République nous écrivait en réponse à ce sujet : « Alors que chaque génération avait, jusqu’à présent, la perspective de connaître une vie meilleure que la précédente, le mouvement s’est aujourd’hui inversé. (…) Quand la République trahit sa promesse, ce ne sont pas les jeunes qui sont défaillants, c’est la
République. »

Parce que nous partageons ce constat, nous avons fait le choix de nous mobiliser pour concrétiser cette promesse et prendre une part active de responsabilités pour sortir de la crise.

Marie-José Kotlicki

Le chômage affecte plus de 24% des jeunes français

Paris, 6 décembre (RHC-PL)- Le chômage en France affecte plus de 24 % des jeunes  entre 15 et 25 ans, a signalé l’INSEE, l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques. 

Dans un rapport sur les résultats du troisième trimestre de l’année, l’Institut signale que dans cette période, une augmentation du taux général du chômage a été enregistrée. Il approche 10% de la population en âge de travailler. C’est le niveau le plus élevé depuis le début de l’enregistrement de ces paramètres en 2003.



Edité par T 34 - 07 Dec 2012 à 22:55
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Dec 2012 à 00:31

Chômage : vers un 19ème mois consécutif de hausse

Après dix-huit mois consécutifs de hausse, les chiffres des inscrits à Pôle emploi de novembre, qui seront publiés en fin d'après-midi, ne devraient pas inverser la tendance. Le président de la République, François Hollande, qui s'est exprimé ce matin lors d'un déplacement à Rungis, à tenté de déminer le terrain en réitérant son objectif d'inverser la courbe du chômage d'ici la fin de 2013.

Alors que l'Insee prédit une poursuite de la dégradation et 10,5% de chômeurs en métropole en juin 2013, le président de la République a maintenu son objectif d'inverser la courbe du chômage à la fin de l'année prochaine. Fin octobre, 4,58 millions de personnes pointaient à Pôle emploi en métropole, dont 3,1 millions sans aucune activité, un chiffre inégalé depuis plus de 14 ans. Désormais, avant la publication des très attendus chiffres mensuels du ministère du Travail, qui grimpent depuis 18 mois, la principale inconnue est l'ampleur de la hausse. En septembre et en octobre, les chiffres avait littéralement explosé, avec plus de 45.000 nouveaux chômeurs venus frapper à la porte du service public de l'emploi en un mois.

Hollande et Sapin tentent de déminer le terrain

Ce matin, François Hollande, en visite surprise au marché international de Rungis, a appelé à la mobilisation sur le front de l'emploi : "Je devais dans cette période de fêtes dire aux Français que nous devons être tous sur le pont pour le travail et la lutte contre le chômage". "Mon objectif, c'est que le chômage qui progresse depuis maintenant près de deux ans continûment recule", a-t-il dit. "J'ai fait de l'année 2013 une grande bataille pour l'emploi".

Mercredi, à l'issue d'un entretien avec le président de la République, le ministre du Travail Michel Sapin a déclaré "ne pas être là pour faire de la comptabilité" mais "être là pour agir", promettant "une mobilisation maximale de tous les outils" anti-chômage. Michel Sapin a ainsi précisé que 2.000 emplois d'avenir (sur un objectif de 100.000 en 2013), destinés aux jeunes pas ou peu qualifiés, avaient déjà été pourvus et rappelé que le contrat de génération serait le prochain texte débattu à l'Assemblée, à partir du 15 janvier. Il a également appelé syndicats et patronat, qui ont échoué à parvenir avant la fin de l'année à un accord sur la réforme du marché du travail, dernier front ouvert dans "la bataille de l'emploi", à conclure lors de leur session prévue les 10 et 11 janvier.

>>> Lire : Flexibilité, le Medef s’obstine

Entre mai et octobre, 214.500 personnes sont venus grossir les rangs des demandeurs d'emploi sans activité en métropole. Si le rythme accéléré observé depuis juillet se maintenait, le pic historique de janvier 1997 (3.205.000 chômeurs sans activité) serait dépassé d'ici à quelques mois. On est désormais très loin de 2008, date à laquelle on recensait 1,9 million de demandeurs d'emploi en catégorie A (sans aucune activité), un plus bas en 25 ans. Selon un récent sondage, une grande majorité de Français (62%) estiment que l'évènement économique de l'année 2012 est le franchissement en août du seuil des trois millions de chômeurs.

La majorité des Français considèrent difficile la réduction du chômage

Paris, 27 décembre (RHC-PL)- Une large majorité de Français considère qu’il est très difficile de réduire la montée en flèche du chômage  qui  affecte actuellement plus de 3 100 000 personnes dans ce pays européen.

Un sondage du journal le Parisien, paru sur son site web, signale que plus de 84 % des personnes qui y ont répondu ne croient pas que le gouvernement arrive à diminuer ces indicateurs avant la fin de l’année prochaine.

Seulement entre mai et octobre, plus de 214 500 personnes se sont ajoutées à la liste des chômeurs en France où les statistiques indiquent que la difficile situation de l’emploi affecte toutes les catégories d’âges des deux sexes.

Source

Bernard Thibault "doute fortement" d'une inversion de la courbe du chômage en 2013

Le secrétaire général de la CGT a déclaré ce matin sur le plateau de BFMTV que si "je n'ai pas de raison de douter de l'engagement ou de l'objectif de François Hollande", "par contre j'ai des éléments qui me permettent de douter fortement de la perspective d'avoir un inversement de la courbe du chômage en 2013 comme le président de la République l'a affirmé".

Selon le numéro un de la CGT, qui dénonce notamment les 20 milliards de crédits d'impôt "offerts aux entreprises sans contrepartie", "il n'y a pas d'éléments sur les choix de politique économique et sociale du gouvernement qui laisse entendre qu'on va inverser la courbe du chômage". Alors que près de 30.000 demandeurs d'emploi sans activité supplémentaire ont été recensés fin novembre, portant leur nombre à 3,13 millions, proche du record historique de janvier 1997 (3.205.000), Bernard Thibault a rappelé que "ces chiffres ne représentent que la part de population qui pointe à Pôle emploi". Il a estimé à entre 6 et 7 millions le nombre de personnes "qui n'arrivent pas à vivre décemment par leur emploi".

Le numéro un de la CGT également a prévenu que son syndicat serait "très mobilisé dès les premiers jours de janvier pour empêcher tout accord générant plus de flexibilité dans le marché du travail", dont les partenaires sociaux discuteront une nouvelle fois les 10 et 11 janvier. "Je voudrais être persuasif à l'égard du gouvernement et des parlementaires: non seulement ce ne serait pas une bonne solution pour l'emploi, mais si des velléités de déréglementation se faisaient jour, la CGT s'y opposerait avec toutes ses forces" a affirmé Bernard Thibault.

"Le patronat s'est mobilisé pour convaincre le gouvernement", "si j'avais un message pour 2013 aux salariés: Ne restez pas spectateurs, il faut nous-mêmes exercer une pression pour que soient prises les bonnes décisions", a déclaré Bernard Thibault.

Vidéo

Hollande marche sur des œufs

Le chef de l’État place l’année 2013 sous le signe de la « bataille pour l’emploi », avec l’objectif d’inverser la courbe du chômage d’ici un an. Des résolutions qui ne convainquent pas et ne répondent pas à l’urgence de la situation sociale.

François Hollande s’est levé aux aurores, hier, pour se rendre à Rungis vers 4 h 30. Pas question de rester cloîtrer chez soi, sous les dorures de la République, au moment où la France enregistre son 19e mois consécutif de hausse du chômage, avec 30 400 chômeurs en plus en novembre. Une hausse moins importante « que lors des mois précédents », cherche à atténuer le gouvernement, dans son communiqué.

Un chiffre jamais égalé depuis quatorze ans

Depuis mai, 244 500 personnes n’ayant pas travaillé dans le mois sont venues grossir les chiffres, soit la totalité de l’emploi salarié dans une agglomération comme Nantes. Avec plus de 4,9 millions de Français privés d’emploi, un chiffre jamais égalé depuis quatorze ans, la montée du chômage est devenue l’événement économique de l’année pour 62 % des Français. Alors il faut « être sur le pont », a confié le président de la République aux quelques journalistes ayant eu l’information, pour se livrer dans la « grande bataille pour l’emploi ». Son plan est ambitieux : « À la fin de l’année 2013, nous devons inverser la courbe du chômage. » Quid des dix mois à venir, les Français doivent être patients et peut-être serrer les dents. Le ministre du Travail, Michel Sapin, assure que « tous les outils en faveur de l’emploi, qu’il s’agisse des emplois aidés classiques, des emplois d’avenir ou des contrats de génération qui seront le premier texte discuté » seront mobilisés, précisant que 2 000 emplois d’avenir ont d’ores et déjà été créés et pourvus. Selon l’économiste Mathieu Plane, le contrat de génération, qui sera lancé en 2013 pour favoriser l’embauche en CDI des jeunes et le maintien en emploi des seniors, permettrait de créer « entre 48 000 et 99 000 emplois dans le secteur marchand », pour 500 000 contrats signés. Une force de frappe à coût élevé, mais à ne pas négliger quand, en deux mois, 90 000 personnes ont perdu leur emploi. Le traitement social du chômage reste cependant totalement insuffisant quand plus de 200 000 personnes se retrouvent sans emploi, auxquelles s’ajoutent les 150 000 jeunes qui entrent chaque année sur le marché du travail. Lorsque la crise frappe toutes les catégories d’âge, les hommes comme les femmes et tous les secteurs d’activités.

Aucun économiste d’ailleurs ne parie sur un retournement de courbe en 2013. Si la note de conjoncture de l’Insee ne va pas jusqu’à la fin 2013, elle prévoit une poursuite de la dégradation et 10,5 % de chômeurs pour juin 2013. Même estimation pour les économistes de l’OFCE, le laboratoire de recherche de Science Po : sur l’ensemble de l’année 2013, 243 000 personnes allongeront les listes de Pôle emploi, portant le taux de chômage en France à 11 % à la fin 2013. Avec une croissance à 0,1 %, au mieux, les destructions d’emplois marchands s’intensifieront « jusqu’à la fin 2013 au moins », prévient l’OFCE dans sa note de conjoncture.

L’industrie sera encore durement touchée

L’austérité est une impasse dramatique qui condamne la croissance durablement. Cette austérité supplémentaire « amputerait l’activité de 1 %, avec un coût social catastrophique », avait estimé, en juillet, les économistes de l’OFCE. 131 000 emplois seraient détruits dans l’industrie pour la seule année 2013. Une analyse partagée par l’OIT, qui estime que les difficultés d’accès au crédit, notamment pour les PME dans les économies avancées, et les mesures d’austérité mises en place pour « apaiser les marchés financiers » sont à l’origine de cette dégradation de la situation de l’emploi. « L’austérité n’a pas produit plus de croissance économique », a souligné Raymond Torres, le directeur de l’Institut international d’études sociales de l’OIT, critiquant des politiques d’austérité « contre-productives » ayant conduit à une faible croissance économique et à des destructions d’emplois sans pour autant avoir réduit de façon majeure les déficits budgétaires.

4,9 millions de chômeurs  

30 400 se sont inscrits à Pôle emploi en novembre. Au total, 4,9 millions (+ 0,7 % en un mois, + 9,2 % en un an) de personnes sont au chômage. Un record absolu depuis la mise en place de statistiques comparables. En novembre, seniors et jeunes figurent toujours parmi les premières victimes. Pour la seule catégorie A (sans activité), le nombre d’inscrits de plus de cinquante ans s’envole : + 17,5 % sur un an. Même explosion pour les chômeurs de longue durée, qui sont désormais 1,94 million, un record absolu (+ 11,7 % en un an). Près d’un demi-million (496 900) d’entre eux pointent à Pôle emploi depuis plus de trois ans (+ 19,8 % en un an). Si bien que 586 500 demandeurs d’emploi n’ont plus que le RSA pour vivre.

Clotilde Mathieu

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Edité par T 34 - 30 Dec 2012 à 21:49
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Soupçon d’effet d’aubaine pour les emplois d’avenir

À la CAF du Var, la direction a congédié six jeunes qui venaient de signer les nouveaux contrats aidés. De quoi susciter de l’inquiétude sur le détournement de ce dispositif par certains employeurs…

Fin décembre, la caisse d’allocations familiales (CAF) du Var a congédié pendant leur période d’essai six jeunes âgés de vingt à vingt-cinq ans, sur les dix-huit qui venaient de signer un contrat d’avenir en tant que téléconseillers. Parus dans la presse locale, leurs témoignages sont accablants : « On nous a vendu du rêve, on nous a promis pas mal de choses, il y a un sentiment d’amertume et d’injustice », déplore l’un. « Pour ma part, j’ai quitté un CDI pour cet emploi, raconte une autre. Lors de la signature des contrats, le directeur nous a dit qu’on allait être une grande famille, qu’on était dix-huit, et qu’on serait dix-huit au bout des trois ans. Il nous a parlé des possibilités de faire des formations complémentaires, pour progresser, et ce n’est pas le cas du tout… » La direction de la CAF du Var justifie la rupture de ces six contrats pendant la période d’essai, évoquant dans Rue 89 un problème de « marge de progression » et de « potentiel ».

Mis en place par le gouvernement Ayrault comme instrument majeur de la politique visant à lutter contre le chômage des jeunes, ce dispositif prévoit jusqu’à 150 000 contrats de ce type dès 2014. Aidés à hauteur de 75 % du Smic dans le secteur public ou non marchand, ces emplois sont « des contrats d’aide à l’insertion à destination des jeunes particulièrement éloignés de l’emploi, en raison de leur défaut de formation ou de leur origine géographique ». Il y a quelques semaines, le ministre de l’Emploi, Michel Sapin, disait ne pas craindre d’« effet d’aubaine » : « Objectivement, pour les employeurs qui vont les accueillir, accompagner un jeune qui ne sait pas encore forcément ce qu’est le travail, ce ne sera pas si simple. C’est la grande différence avec les emplois jeunes. Les emplois jeunes ont été une grande réussite, ont répondu à une partie du chômage des jeunes, mais ils ont été occupés majoritairement par des jeunes déjà qualifiés et diplômés. Les employeurs cherchaient là des “encadrants”. Cette fois-ci, ils vont trouver des jeunes qui, dans un premier temps, seront plus “à encadrer” qu’encadrants. Ce n’est donc pas avec les emplois d’avenir que les effets d’aubaine sont le plus à craindre. » À la CAF du Var, ce premier couac médiatique autour des emplois d’avenir vient démentir le ministre.

Un manque criant d’effectifs 

Le 23 novembre dernier, à Marseille, devant les présidents 
des CAF de tout le pays réunis pour élaborer une nouvelle convention d’objectifs et de gestion, Dominique Bertinotti, 
ministre déléguée à la Famille, les avait incités à recourir aux emplois d’avenir pour pallier les manques d’effectifs. « Réfléchissez à la possibilité d’utiliser les emplois d’avenir 
que propose le gouvernement », avait-elle lancé, ajoutant 
que « dans certains quartiers, il y a la possibilité de mettre 
le pied à l’étrier des jeunes qui ne trouvent pas d’emploi ».

Thomas Lemahieu

2013 verrait le nombre de chômeurs atteindre 4,8 millions, selon l’Unedic 

Tandis que le gouvernement table sur une croissance 
de 0,8 % cette année, l’Unedic, qui prévoyait un taux 
de 0,5 % en 2013, se montre encore plus pessimiste en basant ses prévisions à 0,1 %. En ce mois de janvier, l’Unedic prévoit donc un déficit de ses comptes 
de 5 milliards d’euros en 2013 (contre 4,1 milliards prévus en septembre dernier). Le déficit de l’assurance chômage s’élèverait alors à 18,6 milliards fin 2013, contre 13,8 milliards fin 2012. Selon le président de l’Unedic, Jean-François Pilliard, membre du Medef, l’accord sur l’emploi conclu vendredi entre patronat et syndicats CFDT, CFE-CGC et CFTC aura « un impact positif sur l’emploi, mais pas dans l’immédiat », rapporte l’AFP. Ainsi, l’Unedic prévoit un nombre de chômeurs indemnisés de + 89 600 en 2013 (soit 40 800 de plus qu’évalué en septembre). Toutes catégories confondues (A, B, C), le nombre de chômeurs atteindrait en France métropolitaine 4 871 600 fin 2013 (contre 4 636 700 
fin 2012), soit 234 900 de plus.
 


Edité par T 34 - 16 Jan 2013 à 22:02
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Jan 2013 à 00:42

« Trop protecteur », le chômage ?

Vecteur de l’austérité en France, la Cour des comptes dénonce la générosité de l’Unedic. Dans un rapport paru hier, elle prône un retour à la dégressivité des allocations.

Contre le régime d’indemnisation du chômage, la Cour des comptes passe à l’offensive. Dans un rapport publié hier, l’institution, chantre des politiques austéritaires, dépeint l’assurance chômage française comme un système « plus protecteur que dans d’autres pays » : « Il est plus accessible en raison d’une durée minimale de cotisation courte et d’une période de référence assez longue. Le niveau d’indemnisation est plus élevé pour les salariés situés aux deux extrémités de l’échelle des revenus. Il offre une durée maximale d’indemnisation plus longue, quoique réservée aux salariés les mieux insérés dans l’emploi. » Selon le rapport, l’endettement du régime Unedic serait passé, entre 2010 et 2013, de 9 milliards d’euros à 18,5 milliards. Faisant fi des baisses de cotisations décrétées par le patronat depuis des années qui, sur fond de chômage galopant, expliquent également la situation financière du régime, la Cour passe l’Unedic à la moulinette.

Non sans avoir préconisé quelques mesures qui peuvent être défendues et portées par les organisations syndicales (surcotisation pour les employeurs ayant le plus recours aux CDD ou à l’intérim, mise en avant des « ruptures » existant pour les plus précaires entre assurance et solidarité…) et pointé les trous dans le filet de la protection sociale (la part de chômeurs indemnisés par l’Unedic a baissé, entre 2009 et 2011, passant de 48,5 % à 44,8 %), la juridiction préconise le retour d’une forme de dégressivité, au moins pour les chômeurs les mieux indemnisés : elle pointe, non sans démagogie – vu le nombre de chômeurs concernés –, le fait qu’en France, l’indemnité maximale peut aller jusqu’à 6 100 euros par mois. Cette proposition de remettre en œuvre le mécanisme infernal de dégressivité pour les chômeurs est également sous-jacente dans l’idée d’« inciter à la mobilité géographique ou à la diminution du salaire » afin de limiter les durées d’indemnisation. Dans le collimateur de la Cour des comptes, encore, les annexes 8 et 10, qui fixent les règles d’indemnisation des intermittents du spectacle, coûtent très cher au régime, alors que, selon le rapport, elle ne bénéficie qu’à « 3 % des demandeurs d’emploi ». Alors que, d’ici à la fin de l’année 2013, patronat et syndicats doivent réviser la convention d’assurance chômage, la Cour des comptes trace sa voie avec ce rapport… Et comme toujours, elle fait mine de penser que c’est la seule possible !

Thomas Lemahieu

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Jan 2013 à 20:41

Ayrault: "Renverser la courbe du chômage, ce n'est pas gagné"

Le Premier ministre français a jugé que la bataille pour l'emploi n'était "pas terminée" et "pas encore gagnée", ce vendredi à Santiago, alors que les chiffres des demandeurs d'emplois pour décembre sont stables.

"Il ne faut pas tirer des conclusions des chiffres d'un mois. Le chômage a augmenté depuis 20 mois consécutifs", a-t-il relevé. Cette stabilité des chiffres "doit nous motiver davantage contre le chômage, c'est à dire réussir cette bataille de l'emploi. Et ça, ça demande beaucoup d'efforts et cette bataille n'est pas terminée, elle n'est pas encore gagnée. Renverser la courbe du chômage, ce n'est pas gagné", a-t-il insisté.

"J'appelle, à partir de ces derniers chiffres du chômage, non pas à un constat qui rassurerait tout le monde, mais à la mobilisation encore plus forte pour réussir (...) cet objectif de faire reculer fortement le chômage", a-t-il dit.

Depuis Lille, le président François Hollande a réaffirmé sa volonté d'"inverser la courbe du chômage" d'ici à la fin de l'année.

+285.000 chômeurs en 2012

L'hécatombe est moindre qu'en 2009 mais 2012 restera une année noire avec 285.000 chômeurs sans activité de plus inscrits à Pôle emploi (+10%), le fragile répit observé en décembre ne marquant pas une inversion de la tendance, pour les experts et le ministère. Après plusieurs mois de bonds mensuels nettement supérieurs (à trois reprises au-dessus de 40.000 nouveaux inscrits), les chiffres faisant état de 300 inscrits supplémentaires en décembre - 20e mois de hausse - ont été accueillis avec prudence.

"Cette stabilité est appréciable. Pour autant, elle ne marque pas une inversion de la tendance à la hausse observée depuis 2008, et particulièrement marquée depuis un an et demi", a réagi le ministère du Travail. La "stabilisation" en décembre résulte pour partie "d'une progression inexpliquée des sorties pour radiation", observe la présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi, Marie-Claire Carrère-Gée.

Dans le détail, les chiffres publiés ce vendredi révèlent:

  • Sur un an, le nombre de chômeurs sans activité (catégorie A) a augmenté de 10% pour atteindre 3.132.900 personnes, proche du pic historique de janvier 1997 (3.205.000 de chômeurs sans activité).
  • En incluant les personnes travaillant à temps réduit (catégories B et C), le nombre de nouveaux inscrits a continué de grimper en décembre (+10.200 personnes, +8,8% sur un an), portant le nouveau record à 4,627 millions (4,9 millions avec l'Outre-mer).
  • Pôle emploi a procédé à 46.700 radiations (9.200 de plus qu'en novembre), la moyenne étant de 41.000 par mois en 2012, selon le ministère.
  • Près de 700.000 seniors étaient au chômage et sans aucune activité en fin d'année (+1% sur un mois, +17% sur un an).
  • La France compte désormais 493.800 jeunes inscrits au chômage, chiffre stable sur un mois, en progression de 9,4% sur un an.
  • Le nombre d'inscrits depuis plus d'un an atteint un nouveau record absolu (1,96 million).

Nonobstant cet "effet statistique", décembre confirme "un essoufflement de l'utilisation des CDD et intérimaires comme variable d'ajustement", les entreprises "licenciant désormais plus leurs salariés en CDI", analyse Marion Cochard, de l'Observatoire français des conjonctures économiques.

2013 année noire

Alors que le Fonds monétaire international vient encore d'abaisser sa prévision de croissance à 0,3% pour 2013, aucun économiste ne fait le pari d'une inversion rapide. "2013 sera aussi une année noire" pour Marion Cochard. L'Unédic table sur 185.500 chômeurs sans aucune activité de plus en 2013.

Confronté à une hémorragie d'emplois ininterrompue depuis son arrivée, le gouvernement espère que la série d'"outils" -emplois d'avenir, contrats de génération- pourra renverser la tendance. Quant à l'accord sur l'emploi passé le 11 janvier entre le patronat et trois syndicats, ses effets seront "progressifs mais puissants pour améliorer le fonctionnement du marché du travail", insistait vendredi le ministère.

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Feb 2013 à 23:38

Les sages s’en prennent
à ces salauds de pauvres !

Par Philippe Villechalane, Porte-parole de l’Association pour l’emploi, l’information et la solidarité des chômeurs et travailleurs précaires.

Ces messieurs de la Cour des comptes, le 23 janvier, se sont attaqués aux chômeurs. Aux montants et à la durée de l’indemnisation, et, pour cela, ils s’appuient sur le déficit annoncé et sur les modes d’indemnisation de certains pays européens.

Par contre, rien sur le montant des loyers, sur le coût de la vie dans ces différents pays, rien non plus sur le fait que, quand il y avait des excédents à l’Unedic et qu’il convenait de faire des réserves, on préférait baisser les cotisations, notamment patronales.

Je cite ces magistrats qui émargent en moyenne à 6 500 euros par mois, allant jusqu’à plus de 9 000 euros selon la catégorie et l’échelon : « La soutenabilité du régime de l’assurance chômage est aujourd’hui remise en cause par le maintien du chômage à un niveau élevé. »

Nous rappelons à tous les chantres de l’économisme et de l’équilibre des comptes que les salariés licenciés pour permettre de faire plus de profits ne sont en rien responsables de la concurrence, de la folie de la finance, des délocalisations…

Nous rappelons également que 51 % des femmes et des hommes inscrits à Pôle emploi sont indemnisés, ce qui signifie, vous ferez le calcul, que 49 % ne perçoivent rien de l’assurance chômage.

Rappelons aussi que les salariés paient des cotisations chaque mois pour abonder la caisse de cette assurance chômage et qu’il ne s’agit en aucun cas de cadeau.

Rappelons encore que malgré cette terrible situation pour près de 6 millions d’entre nous, en 2011, en France, 500 familles se sont partagé 271 milliards d’euros et que les entreprises qui composent le CAC 40 ont réalisé 87 milliards d’euros de bénéfices, dont 37 milliards en dividendes aux actionnaires.

La Cour des comptes va y aller de ses recommandations, qui tirent toujours vers le bas : un taux décroissant pour les indemnités des cadres, qui sera à n’en pas douter appliqué à tous peu de temps après, une durée d’indemnisation réduite, un bon coup dans les articles concernant les intermittents du spectacle qui sont soit des privilégiés, soit des fraudeurs.

Ce n’est pas en instaurant la misère, en multipliant les angoisses et les urgences que la société gagnera en cohésion, d’autant que chacun sait que les chômeurs les mieux indemnisés sont ceux qui retournent le plus facilement vers l’emploi.

Encore et toujours des mesures pour faire baisser le prix du travail et faire gonfler les bénéfices et les actions au détriment des salaires, toujours plus la finance et le capital contre le travail – l’histoire ne sert pas, jamais – les crises financières de 2008, de 2010 et d’aujourd’hui seront reproduites jusqu’à la rupture.

Alors que les chiffres du chômage sont mauvais, entre 40 000 et 47 000 chômeurs supplémentaires, notre association revendique, à défaut d’un emploi stable et correctement rémunéré, l’indemnisation décente de toutes les formes de chômage.

Sinon, il sera toujours temps de verser quelques larmes de crocodile, sur ces femmes, ces hommes, ces enfants sans domicile fixe, sur le désespoir, les suicides, les addictions, etc.

C’est la soutenabilité de la pauvreté, de la misère et du désespoir qui devrait être remise en cause !

Philippe Villechalane

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Feb 2013 à 21:53

Un chômeur en fin de droit s'immole devant une agence Pôle emploi à Nantes

Nouveau drame de la précarité. Un homme de 43 ans, qui avait menacé hier de s'immoler par le feu, est passé à l'acte devant Pôle Emploi Nantes-Est (Loire-Atlantique).

D'après Presse océan, la victime, décédée, est un chômeur en fin de droits et malgré l'intervention rapide des secours, cet homme âgé de 43 ans est mort. Policiers et enquêteurs sont toujours sur place et l'agence reste fermée. D'après un syndicaliste de la CGT Pôle-emploi de Loire Atlantique, cette personne avait téléphoné à l'antenne de Nantes-Est pour annoncer sa volonté de se donner la mort et malgré les interventions de la direction régionale de Pôle emploi et de la police qui ont tenté en vain de rentrer en contact avec lui, l'homme est passé à l'acte.

La direction de Pôle Emploi à Paris a confirmé ce suicide et que l'homme était bien inscrit dans cette agence et en fin de droits.

Victime d'une double-peine

Interrogé par BFMTV, le représentant CGT Pôle Emploi Pays-de-la-Loire, a apporté des précisions sur sa situation. Selon Stéphane Guillou, ce demandeur d'emploi avait repris une activité sans le déclarer à Pôle Emploi, continuant ainsi à percevoir des indemnités. "Les gens, parfois par ignorance, ne déclarent pas une période d'activité professionnelle et bénéficient simultanlément de l'indeminsation chômage", souligne-t-il. Dans ce cas, non seulement le trop perçu doit être remboursé mais la dite période d'activité n'ouvre pas à de nouveaux droits à l'assurance-chômage. Une "double peine" dénoncée par le syndicaliste.

Dans un communiqué, les jeunes communistes de Loire-Atlantique alertent "les pouvoirs publics et le gouvernement sur la situation de l’emploi, du chômage de l’extrême précarité que vivent un nombre toujours plus grand de français, jeunes et moins jeunes". Cet acte de désespoir "doit appeler à une véritable lutte contre le chômage, au développement de l’emploi  et à la mise en place d’une politique au service du citoyen et non des banques !", précisent-ils.

Lire aussi :

Quand le chômage conduit au suicide

Suicide d'un chômeur à Nantes : « Aujourd'hui, le chômage tue » (PCF)

La réaction d'Aymeric Seassau, secrétaire départemental du PCF de Loire Atlantique

Pôle emploi : suicide dans une agence

Un demandeur d’emploi en fin de droits s’est immolé par le feu hier à Nantes.

Nouveau drame du chômage. Hier, vers 13 heures, Djamal Chaab, un demandeur d’emploi en fin de droits de quarante-trois ans, s’est immolé par le feu, en pénétrant au Pôle emploi de Nantes-Est (Loire-Atlantique). Ces derniers jours, l’homme était venu à plusieurs reprises pour tenter de régulariser sa situation, en vain. Comme l’explique Julien Chaillou, secrétaire régional de la CGT Pôle emploi : « Il n’avait pas déclaré un travail pendant son indemnisation. Pour lui, c’était la double peine, on lui demandait de rembourser ces sommes et il n’avait plus le droit aux allocations. Il se retrouvait sans revenu et avec une dette ! » Le demandeur d’emploi avait annoncé son geste la veille par téléphone à Pôle emploi. Presse Océan, quotidien local, avait reçu des e-mails évocateurs. Mais le dispositif policier et les pompiers présents sur place n’ont pu empêcher cet acte désespéré. Pour les associations de privés d’emploi, comme le MNCP, « à force de stigmatiser les chômeurs, notre société a peut-être oublié qu’avant toute chose, le chômage est une situation subie et une souffrance ».

De même, la CGT chômeurs a dénoncé « la fermeté unanime avec laquelle sont traités les chômeurs, les poussant, comme aujourd’hui, à mourir de pauvreté, sous couvert de l’application d’une règle qui ne sert qu’à les sanctionner, les fliquer et les humilier ». Le ministre du Travail a réagi en faisant part de « son émotion et de sa profonde tristesse », avant de se rendre sur place dans l’après-midi. De son côté, le PCF exhorte le gouvernement « à revoir les priorités et à cesser de satisfaire les exigences du Medef et de la finance ». Vendredi, un comité d’hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) se tiendra pour élucider les circonstances de ce drame.

Cécile Rousseau



Edité par T 34 - 15 Feb 2013 à 20:25
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Feb 2013 à 20:26

Nouvelle tentative d'immolation par le feu d'un chômeur en fin de droits

Après le suicide d'un chômeur à Nantes, mercredi, un homme âgé d'une quarantaine d'années au chômage et en fin de droits a été hospitalisé vendredi après avoir tenté de s'immoler par le feu en pleine rue à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).

Victime de brûlures aux premier et deuxième degrés, il a été hospitalisé à l'hôpital Saint-Louis à Paris, mais ses jours ne sont pas en danger, ont précisé les services de la préfecture. La victime "s'est aspergée de liquide inflammable vendredi vers 10H30, à son domicile, avant de mettre le feu à ses vêtements au pied de son immeuble", situé à proximité d'une école primaire, a raconté la préfecture. Des passants ont appelé les secours, qui sont rapidement intervenus pour éteindre le feu et le prendre en charge, a-t-on précisé.

"Il a expliqué son geste par sa situation" de chômeur en fin de droits, "mais cela doit être précisé", a indiqué la préfecture.

Ce drame intervient deux jours après le décès d'un chômeur en fin de droits à l'indemnisation, qui a mis fin à ses jours mercredi à Nantes en s'immolant par le feu devant l'agence Pôle Emploi de son domicile après s'être aspergé d'essence.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Feb 2013 à 15:51

Enquête BMO, attention dangers.

 
 
 

Bonjour,

Une simple et courte histoire (prenez, et mangez en tous).

Je suis tombé sur un article du site http://www.actuchomage.org/, et qui traitait de l’enquête BMO (Besoin en Main d’Oeuvre) effectuée chaque année par Pôle-Emploi auprès des entreprises, institutions et professions libérales de toutes tailles, secteurs d’activité confondus ou presque.

Cet article disait :”85% des 1,6 million d’entreprises sondées ne répondent pas au questionnaire. Les résultats de cette enquête sont relayés par la presse au grand public”.

J’ai moi-même participé à cette enquête BMO, du 15 novembre au 15 décembre 2011, et je souhaitai rédiger cette courte expérience depuis un certain temps.

Comment sont réalisées les enquêtes BMO ?
Le danger des Enquêtes BMO.
Les enquêtes BMO, communication d’Etat ou information du citoyen ?

On va chapitrer comme ça :
1 - Concernant les faits, le vécu et l’entendu, la couleur noire.
2 - Concernant mes réflexions, la couleur bleue.
3 - Concernant votre question, la couleur rouge.
Si vous n’avez pas la couleur, allez au n° 116.

C’est parti ! (S’il y a des coquilles, contactez un typographe).

Du 15 novembre au 15 décembre 2011.
2 jours de formation pour comprendre le logiciel ou l’on intégrait les réponses aux questions qu’il nous était demandé de poser aux entreprises.
20 personnes de tout milieux socio-professionnels étaient candidats.
Salaire brut : 1350 €
Contrat : CDD d’un mois.

Sur le logiciel aparaissait une fiche entreprise avec :
- Nom de l’entreprise.
- Effectifs.
- Secteur d’activité.
- Coordonnées téléphoniques du standard.
- Coordonnées téléphoniques du RH, d’un responsable, d’une personne qui avait pu être contacté lors de la campagne précédente.

Les fiches sociétés qui apparaissaient sur nos écrans étaient pilotées par un "centrale". Cad, 1 jour on nous balançait des fiches d’entreprises de moins de 10 salariés, 1 autre jour des fiches d’entreprises de + de 300 salariés, 1 autre encore de tel ou tel secteur d’activité.

Notre rôle : Appeler toutes les entreprises qui n’avaient pas répondues au formulaire papier BMO envoyé 2 mois plus tôt.

Notre présentation lors de l’appel : "Bonjour, Mr Durand, Direction Régionale de Pole-Emploi Ile-de-France. Je vous appelle suite au formulaire BMO que nous vous avons envoyé le 15 novembre 2011. Nous souhaiterions complêter certaines informations".

- Je ne m’appelait pas Mr Durand.
- Nous n’étions pas la Direction de Pôle-Emploi Ile-de-France.
- Nous étions une société privée spécialisées en réception d’appels, SYNERFIL (je vous donne le nom, vous connaissez la loi), commanditée par Pôle-Emploi pour une opération d’appels sortants qui devait durer 1 mois.

- Sur le plateau les salariés qui étaient là à notre arrivée étaient tous spécialisés en réception d’appels, tous avec des formations juridiques élevées. Ca donnait : "Allo ? Assurance "RASSURETOI", quelle est votre question madame ?". "Alors, il faudrait que vous fassiez ci, ça, selon la loi n° tant du Code XXX". "Non, non madame, je vous répète que, etc".

Ils n’étaient pas l’assurance "RASSURETOI", mais des salariés de SYNERFIL, payée par "RASSURETOI". Au demeurant, ils répondaient à des questions objectives et aidaient les citoyens concrètement. Ils étaient vraiment utiles. Je raconte ça, même si c’est anecdotique, parce que ce qui est amusant c’est que Pôle-Emploi à fait appel à une société de télémarketing spécialisée en assurances (en même temps il y avaient d’autres plateaux spécialisés en actionnariat) ; peut-être que la mission que nous confiait Pôle-Emploi était d’être rassuré ? Peut-être que Pôle-Emploi avait la mission de rassurer son commanditaire ? Peut-être que la mission d’un Etat est de rassurer ses concitoyens ? Peut-être que le loup se déguise en grand-mêre pour rassurer le chaperon afin de s’en nourrir ?

En même temps nous étions 20 précaires a faire un “sale boulot” au milieu de non-précaires qui aidaient des actionnaires. J’ai trouvé ça drôle.

Les questions pour lesquelles nous devions obtenir des réponses étaient celles que vous décrivez dans votre site :

- Avez-vous des projets de recrutement pour l’année 2012 ?
- Pour quel type de poste ?
- Combien de personnels pour ce type de poste ?

Nota : Le logiciel que nous utilisions nous imposait son propre “process”. Il avait été conçu par une société spécialisée en développement informatique privée d’après le cahier des charges fourni par Pôle-Emploi. Donc, l’intention et l’objectif de cet outil avaient déja étés définis avant que nous arrivions pour nous en servir. On ne pouvait pas poser de questions plus précises, pertinentes, approfondies que celles qui nous étaient imposées par ce logiciel. Je l’ai trouvé assez mal “foutu”, illogique dans l’enchainement des questions et peu chronologique. On ne pouvait pas revenir en arrière. Par exemple : arrivé à la page “type de poste recherché”, si notre interlocuteur cherchait un “ingénieur spécialisé en moteur thermique”, il y avait une liste déroulante de métiers préenregistrés dans laquelle il n’y avait pas mentionné “ingénieur spécialisé en moteur thermique” ; ils y avaient d’autres types de postes ; il fallait sélectionner celui qui NOUS PARAISSAIT le plus approchant ; ex : “ingénieur aéronautique”. Ceci est un exemple. Difficile de répondre à la demande précise de l’interlocuteur dans ces conditions.

Au bout de 4 jours, la responsable de plateau, chargée de superviser l’opération BMO viens me voir et me dit en aparté : “Pierre, je t’écoutes depuis 1ne heure. Tu parles trop avec tes interlocuteurs. Tu leur poses des questions qui ne sont pas demandées par le formulaire. Tu les écoutes trop. Soit directif. Les autres font plus de 60 appels par jours. Toi tu es en dessous. Tes statistiques le montrent. Je te dit ça pour ton bien”.

Le lendemain, plus “motivé” que jamais, je dépasse les 80 appels. La responsable vient me voir et me dit : “C’est bien, continue”.
Ouf.

3 jours plus tard, 2 personnes ont fini la mission “plus tôt que prévu”. Il fallait leur trouver des remplaçants plus efficaces ; ils sont arrivés.

Sur les 20 personnes qui avaient étés embauchés pour cette mission, plusieurs d’entre nous prenaient 1ne matinée ou 1ne après-midi pour aller à des entretiens d’embauche, étant donné la précarité de notre CDD. A midi ou dans les pauses nous nous connections sur le site de Pôle-Emploi pour chercher du travail. Ce qui est assez amusant puisque nous “étions” Pôle-Emploi.

Chaque semaine, le vendredi matin, les responsables de Pôle-Emploi, pour la mission BMO, venaient faire des écoutes de nos entretiens. C’est ce que nous annonçait la chef de plateau.


N° 116 - Réponse à votre question : “Qu’entendez-vous par résultats souhaités ?”

Vers le 30 décembre 2011, moitié de la mission, la chef de plateau viens nous voir et nous dit : “Les responsables de la mission BMO de Pôle-Emploi trouvent qu’il n’y a pas eu assez de résultats durant les 2 semaines précédentes. A présent, si votre interlocuteur parait hésitant sur la question ‘Avez-vous des projets de recrutement sur l’année 2012 ?’ poussez-le à s’exprimer plus objectivement. S’il hésite c’est qu’il n’est pas sûr. S’il n’est pas sûr, c’est qu’il y a une possibilité. Soyez directifs et amenez-le à être précis”. Donc, à la question :

Avez-vous des projets de recrutement en 2012 ?” :

L’interlocuteur, lorsqu’il était disponible, finissait, si nous insistions, par nous dire ce que nous voulions entendre : “Il y aura sans doute des projets de recrutement, on ne sait pas vraiment dans quel secteur, ni combien de personnes”. Nous cochions “oui” dans notre interface informatique et passions à la question suivante :

Pour quel type de poste ?” :

Si l’interlocuteur paraissait flou, ex : “Sans doute des ingénieurs, peut-être des commerciaux, probablement des administratifs, des ouvriers...”, nous devions supprimer les “Sans doutes”, les “peut-être”, les “probablements”, les “...”. Nous devions être objectifs, remplir le formulaire, faire du “résultat”. Nous notions : “Ingénieur, commercial, administratif, ouvrier”. Puis nous passions à la question suivante :

Combien de personnels pour chaque type de poste ?”.

Là encore, lorsque l’interlocuteur paraissait hésitant, ex : “Peut-être 2 ou 3 ingénieurs, sans doutes 3 commerciaux, probablement 2 administratifs, 5 ouvriers”, nous essayions de rendre notre interlocuteur précis : “Combien exactement ?. Si l’interlocuteur nous disait : “2 ou 3 ingénieurs peut-être” nous éliminions le “peut-être” et gardions le chiffre haut, 3. Il n’y a pas de “peut-être” dans une interface informatique, pas de place au doute.

Puis nous arrivions à notre fameux menu déroulant des métiers proposés (probablement basé sur le code ROME. Je dit “probablement” parce que je l’ai déja lu en entier, j’en ai vu d’autres et encore d’autres. Ils sont tous différents).

Là, nous demandions, selon la liste que nous proposait ce menu : “Vous recherchez donc des ingénieurs en informatiques, des ingénieurs agricoles, des ingénieurs en BTP, des ingénieurs en sidérurgie, etc ?”. Si l’interlocuteur nous répondait : “Sans doute des ingénieurs en énergie atomique”, nous cherchions dans notre liste. Si nous ne trouvions pas “ingénieur en énergie atomique” nous choisissions un code approchant “ingénieur en fission moléculaire”.

Nous n’avons pas étés sélectionnés après examen de nos connaissances des secteurs d’activité, des catégories de métiers, des correspondances d’un code à un autre. Nous ne connaissions absolument rien. Notre boulot était d’être sympathique mais pas trop, directif mais pas trop, rapides mais obtenir des résultats.

Nous validions et remercions notre interlocuteur : “La DR de Pôle-Emploi vous souhaite une bonne journée !”.

Il fallait faire vite, être au dessus de 60 appels par jour, faire du “résultat positif”, pousser l’interlocuteur à être précis, faire des choix rapides quand à la correspondance entre les informations que nous avions réussi à obtenir de l’interlocuteur et la correspondance de notre menu déroulant des “codes ROME”.

Nous devions obtenir des informations précises et nous étions obligés d’être imprécis par rapport à un “code ROME” qui ne correspondait pas.

Nous avions au départ un interlocuteur qui ne savait pas, qui était dans l’incertitude. A la fin nous obtenions des “offres d’emploi” dans l’ingénierie, l’administratif, le commercial, le batiment, la restauration, etc. Nous obtenions des certitudes.

Notre travail était de travestir l’incertitude en certitudes (notez le “s”), car la chef de plateau nous l’avait demandé, parce que les responsables BMO de Pôle-Emploi étaient inquiets du peu de résultats des 2 premières semaines.


Nota : Nous étions en CDD d’un mois, au smic, précaires, dans l’incertitude nous-mêmes. Chacun peut en tirer une “morale”. Par exemple : Les précaires font toujours le sale boulot, le malheur des uns fait le bonheur des autres, les gens qui ont la sécurité demandent toujours à être sécurisés par les insécurisés, etc. Ca amène des questions. Le sentiment de sécurité est-il à l’origine financier ou spirituel ? Sarkozy à fait un appel à la religion catholique : “Nous allons avoir besoin de vous”. Coincidence ? Chirac, sous son mandat, est allé en Chine accompagné de 200 représentants des Caisses d’Assurance Sociales pour tenter de proposer le système de Sécurité Sociale. Question : As t’il réussi à en vendre les Droits d’Auteurs ?

Pour être plus précis dans l’imprécision, que j’estime être, de cette enquête BMO, voici quelques constats que j’ai fait et réponses que j’ai entendues lors des entretiens que j’ai eu avec les employeurs.

Les SECTEURS D’ACTIVITE que nous avons interrogés :

- Concernant les institutions (Ecoles, mairies, universités, conseils généraux, départementaux, etc), il était souvent impossible d’obtenir une réponse. Les institutions passent par d’autres plateformes que Pôle-Emploi pour recruter (annonces, concours, etc, Code des marchés publics). Nous nous perdions également dans les méandres de ces grandes hiérarchies : “Pour votre question, il faudra contacter untel, etc” ou “Elle est absente, rappelez demain”, “Nous ne sommes pas responsables du recrutement, contactez tel organisme”.

- Concernant les entreprises importantes (150, 250, + de 300 salariés) : Difficile d’obtenir des réponses, les standards ne décrochaient pas, les DRH étaient injoignables, lorsqu’ils étaient joignables ils ne savaient pas répondre, lorsqu’ils nous répondaient c’était pour dire qu’ils ne savaient pas, lorsque nous insistions soit ils nous disaient clairement qu’ils étaient indisponibles, ils n’avaient pas le temps, ils n’avaient pas les infos, soit notre interlocuteur était disponible et nous commencions à faire notre travail, cad à faire dire à notre interlocuteur ce qu’il ne savait pas vraiment pour en faire des certitudes afin de remplir joyeusement notre interface informatique. Nous étions également confrontés à la hiérarchie de ces grandes entreprises qui nous trimballaient d’un interlocuteur à un autre ; nous abandonnions et passions à l’entreprise suivante. Il fallait faire nos 60 appels/jour.

- Concernant les petites entreprises (5, 10, 15 salariés. Le batiment, la restauration, le service à la personne, etc), ce sont elles qui répondaient avec le plus de précisions. Le responsable capable de répondre n’était souvent pas loin, à pieds d’oeuvre. Les réponses variaient : “J’ai fermé ma société monsieur”, “Je suis à la retraite depuis 3 ans”, “Nous avons licencié 3 personnes l’an dernier”, “Ahmdoullah Ouakbar, qu’est-ce que t’y veux ? Le patron il est pas la, rappelle demain”, “Je suis pressé, j’ai du service en salle, c’est le coup de feu, pas le temps, salut !”, “On recherche des saisonnier pour l’été, des chasseurs-cueilleurs, pardon je veux dire, pour ramasser les pommes, à peu près 15 personnes, mais on à déja notre fichier, c’est des gens du coin qui nous contactent directement”, “Pôle-Emploi ? Ouah ah ah ! Salut !”, “Oui, on cherche 3 serveurs pour Marne-la-Vallée, on est dans la zone Disney”, “Monsieur, Pôle-Emploi m’a déja posé les mêmes questions hier matin, veuillez ne plus m’appeler !”, “Monsieur, je suis déja en contact avec ma conseillière de Pôle-emploi de Xanax-les-embruns, je lui ai confié une mission ; cela fait 3 mois que j’attend des résultats”, “Monsieur, j’ai confié une mission à Pôle-Emploi de Gif-sur-Méthadone, j’ai reçu 15 CVs dont aucun ne correspond au poste que je recherche !”, “Monsieur, vous êtes de la Direction Régionale de Pôle-Emploi ? Je cherche un métreur, pouvez-vous me conseiller ?”, “Monsieur, j’ai bien reçu votre questionnaire papier BMO, je vous l’ai renvoyé, vous ne l’avez pas reçu ?”, “Monsieur, j’ai bien reçu votre questionnaire BMO, je n’ai pas eu le temps de le remplir, j’ai des priorités”, “Monsieur, je n’ai reçu aucun questionnaire BMO, c’est quoi ?”, “Monsieur, je fait tout ici. Je travail seul, je fais le commercial, les devis, la recherche et développement, la production, la comptabilité. Je n’arrive pas à boucler mes fin de mois. Vous pensez que je vais embaucher en 2012 ?”, etc.

- Concernant les sociétés orientés concept et travail intellectuel (cabinets comptables, bureaux d’architecture, cabinet d’avocats, etc) : “Je fais appel à des bureaux de recrutement spécialisés, je n’ai jamais contacté Pôle-Emploi”, “Les gens me contactent directement”, etc

- Concernant les cabinets médicaux : La standardiste : “Comment voulez-vous que je le sache monsieur ?”. Le médecin : “Je suis avec un patient, vous croyez que je vais prendre le temps de répondre à vos questions ?”. Le patient : “Aie !!!”.

- Concernant les cabinets de recrutement et l’intérim : Il n’y avaient pas de fiches entreprise.

- Concernant le secteur de l’audiovisuel, la télé, le cinéma, le théâtre, la radio : Il n’y avait pas de fiches entreprises.

- Concernant les secteurs de la Presse, de la Communication, de l’imprimerie, de l’Edition : Il n’y avaient pas de fiches entreprise.

Nota : Comment avoir des résultats objectifs sur l’ensemble des Besoins en Main d’Oeuvre tout secteurs d’activité confondu dans ces conditions ?

Les institutions et les grandes entreprises ne répondent pas, les petites entreprises répondent et se plaignent des services de Pôle-Emploi, les spécialistes font appel à des cabinets spécialisés, on ne peux questionner les cabinets de recrutement, l’interim, la Presse et la Communication.

On obtiens : Du travail dans les secteurs du bâtiment, de la restauration, du service à la personne... les seuls qui répondent, vu leur taille, la simplicité de leur hiérarchie, leur disponibilité, leur accessibilité ; et à ce moment-là notre job consiste à transformer leurs incertitudes en certitudes.

Ca n’est pas du tout représentatif de la réalité globale du marché.

Après, il ne faut pas s’étonner qu’il soit annoncé qu’il y ai du travail dans le batiment, la restauration, le service à la personne, des boulots précaires en plus. Et il y a une corrélation entre l’incertitude à l’embauche de ces secteurs d’activité et la précarité des jobs qui y sont proposés.

Vous disiez dans votre article que cette enquête BMO ne représentait pas la réalité parce que :

70 % des entreprises (quelque chose comme ça) ne répondaient pas au questionnaire papier BMO. Ce qui est vrai.

Il faut également ajouter que :

Tout les secteurs d’activité ne peuvent être sondés avec les méthodes de Pôle-Emploi (le téléphone, l’outil informatique basé sur une série de métiers (code ROME) qui n’est pas forcément à jours ou pas compatible), la “pression” et le “résultat positif” qui est demandé par les sous-traitants du télémarketing privés de Pôle-Emploi.

Au quotidien pour le chercheur d’emploi comme pour l’employeur, cette informatisation, division et sous- division des catégories du code ROME dans laquelle chacun doit s’inscrire pour effectuer une recherche de compatibilité (entre l’offre et la demande) fait que tout le monde se cherche, tout le monde se croise, trés peu se trouvent. Là, c’est une critique que j’émet par rapport au site internet de recherche d’emploi de Pôle-emploi vers lequel nous orientent systématiquement les conseillers humains de Pôle-Emploi qui n’ont plus le temps de recevoir des êtres humains qui cherchent à travailler. Les employeurs humains émettent les mêmes critiques d’ailleurs.

A qui sert cette enquête BMO ?

- A Pôle-Emploi ? Pour orienter les gens vers des secteurs favorables ? Attention dangers pour le citoyen...
- Aux organismes de formation ? Afin de mettre en place des formation vers des secteurs d’activité favorables ? Attention dangers pour le citoyen...
- Aux organismes financeurs de ces formations (Les institutions, l’Etat, etc) pour procurer des aides financières ? Certainement pour les organismes de formation, les agences d’intérim, les assos d’insertion professionelle, mais, attention, dangers pour le citoyen...
- A la Presse et la communication ? Ca les faits fonctionner eux. Mais concernant la qualité de l’information délivrée au citoyen ? Toujours dangers pour le citoyen.
- Aux psychologues, psychiatres, addictologues, industrie pharmaceutique, police et gouvernement ? Certainement !

Simplement, cette enquête BMO seule n’est pas représentative et ne peut être utile à tous. Il faut la compléter par d’autres moyens d’investigation.

Sinon le résultat sera beaucoup de frustrations, de faux espoirs, d’alcoolisme, de stupéfiants, de pilules et de... salade verte ! Il y en a à tous les repas dans les HP (de la fibre, faut d’la fibre !).

C’est à peu-près tout ce que j’ai fait, vu, entendu et pensé lors et après cette opération BMO.

En même temps lorsqu’une entreprise souhaite embaucher il faut :

- Qu’elle ai envie de s’agrandir, de se développer. Ce qui n’est pas le cas de toutes.
- Qu’elle ai des projets et des promesses, donc des commandes.
- Qu’elle ai les moyens d’investir dans des postes de salariés.
- Qu’elle ai effectué sa comptabilité (en fin d’année) afin de rendre ses comptes fiscaux et sociaux (en février) : http://www.impots.gouv.fr/portal/dgi/public/calendrier?pageI...
pour pouvoir établir son “bilan prévisionnel” pour l’année suivante et le présenter aux banques.
- Que les banques soient disposées à “investir” dans ces entreprises en fonction de leurs résultats, leur objectifs, leurs secteur d’activité, le potentiel de leur marché à l’intérieur et à l’extérieur, les relations internationales, la diplomatie, la politique intérieure et extérieure, l’Europe, les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, etc
- Que les actionnaires souhaitent investir dans ces entreprises ou vendre leurs parts (en fonction de l’information qui viens de l’intérieur et de l’extérieur).
- Qu’elle n’ai pas le souhait de délocaliser pour des raisons de fiscalité, de charges sociales, des couts prohibitifs de la main d’oeuvre située en Chine, Inde, Corée du Nord, pays de l’Est, Maroc, Tunisie, etc).
- Que les politiques édictent des lois et principes qui incitent les entreprises Françaises à se relocaliser, nouent des rapports commerciaux et diplomatiques avec les pays investisseurs, restent concurrentiels par rapport aux pays concurrents.

D’un coté il y a les grosses entreprises qui dépendent des marchés internationaux ou les négociations ont des délais extrèmement longs et se projettent à trés long terme, d’un autre les petites entreprises de proximité qui dépendent de marchés de proximité, plus réactifs, et se projettent à plus cours terme, que les institutions se postent en observateurs de tous ces marchés afin de déterminer leurs enveloppes budgétaires, etc

Les réponses objectives ne se feront sur des marchés réactifs

Lorsque Pôle-Emploi contacte les entreprises, du 15 novembre au 15 décembre, pour connaitre leurs intentions d’embauche, je ne crois pas qu’il faille apporter quelque crédit que ce soit aux statistiques rapportées par ce questionnaire BMO.

Les besoins en main d’oeuvre c’est plus que ça, c’est en permanence, sur tous les secteurs, par tous les moyens.

Ca demande plus que l’embauche de 20 CDD sur un mois juste avant noël, payés au smic avec des carnets d’adresse obsolètes, des ROME non mis à jour, des secteurs d’activité absents, un logiciel formaté, des écouteurs et des micros qui déconnent en plus !

Cordialement,

Pascal

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Feb 2013 à 23:50

Suicides : les chômeurs acculés par la crise

Par les jeunes correspondants Manon Dielen et Bastien Zapata, 20 ans et 19 ans. Les immolations de demandeurs d’emploi ces derniers jours témoignent de leur désarroi face à l’aggravation du contexte économique. La déstructuration et la déshumanisation de Pôle emploi sont pointées du doigt par les associations.

Vendredi dernier, peu avant 11 heures, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), un chômeur a tenté de s’immoler par le feu. Selon les habitants du quartier, ce quadragénaire semblait « assez isolé » et « sans ressource ». Le demandeur d’emploi a affirmé qu’il était en fin de droits. N’y tenant plus, il s’est aspergé d’alcool, il est sorti de son immeuble et a mis le feu à ses vêtements. La directrice de l’école Émile-Zola voisine, témoin de la scène, est très rapidement intervenue et avec l’aide de sa fille, elles ont porté assistance à la victime avant d’avertir les secours. Malgré des brûlures au premier et deuxième degrés, le pire a pu être évité et ses jours ne sont pas en danger.

Pour hollande, le service public n’ést pas en cause

Cet acte désespéré survient tout juste après celui d’un autre chômeur en fin de droits. Mercredi, un Nantais s’est donné la mort en s’immolant lui aussi par le feu devant le Pôle emploi de sa commune. Ce geste a suscité beaucoup de réactions, notamment de la part de personnalités politiques. Suite au drame, le ministre du Travail, Michel Sapin, s’est personnellement déplacé et a jugé que Pôle emploi n’est pas en cause. Lors de son discours à New Delhi, François Hollande a exprimé « son émotion » au lendemain du drame, ajoutant qu’il n’y avait « nul besoin d’aller chercher des responsabilités » et que le service public n’était pas en cause.

Il a tout de même reconnu qu’un tel geste était l’expression d’une grande détresse, admettant « la gravité d’une situation ». L’ancienne ministre UMP Valérie Pécresse s’est, quant à elle, autorisée à commenter l’événement sur un réseau social, critiquant la politique actuelle du gouvernement. La farce est belle, sachant que ce sont précisément les mesures mises en place par le gouvernement de Nicolas Sarkozy qui ont dégradé la situation des chômeurs. Samedi, deux cents personnes ont défilé dans les rues de Nantes pour rendre hommage au chômeur qui s’est immolé. Le contexte de crise économique n’est pas sans lien avec ces actes.

La détresse globale des travailleurs

Pour Michel Debout, psychiatre et professeur de médecine légale, les difficultés économiques ont engendré 750 suicides entre 2008 et 2011 ainsi que plus de 10 000 tentatives. De plus, en décembre 2012, le nombre de chômeurs en fin de droits a battu un triste record, atteignant le chiffre de 98 000, alors qu’il n’avait jamais dépassé 90 000 personnes par mois.

Comparé à celui de Nantes, le drame de Saint-Ouen n’a eu que peu de retentissements. Il survient au cœur d’une sorte de série noire puisque l’on ne dénombre pas moins de quatre tentatives de suicide en fin de semaine dernière. En effet, à Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), un homme a lui aussi menacé de s’immoler tout comme deux autres individus à La Rochelle (Charente-Maritime) et Beaune (Côte-d’Or). Ces gestes violents et spectaculaires témoignent de la détresse globale des travailleurs. D’autant plus que l’immolation est chargée d’une symbolique toute particulière. Interviewé par l’AFP, le psychiatre Xavier Pommereau, directeur du pôle aquitain de l’adolescent au CHU de Bordeaux, estime que « cette revendication existentielle, voire sacrificielle est encore plus nette dans les suicides spectaculaires (…) C’est aussi faire exister sa cause en l’affichant, en forçant les autres à la recevoir, et donc à la reconnaître. C’est un des moyens les plus violemment revendicateurs d’une cause quelle qu’elle soit et de la volonté de s’afficher comme un martyr ».

« Indemniser décemment le chômage »

Suite au drame, plusieurs associations de demandeurs d’emploi ont dénoncé le manque de soutien de l’État et l’insuffisance des allocations versées aux chômeurs. « Si la société n’est pas en capacité d’offrir un emploi à chacune et à chacun, il faut indemniser décemment toutes les formes de chômages, sinon il y en aura d’autres (suicides) », a déclaré Philippe Villechalane, porte-parole de l’Apeis.

Pour sortir de cette spirale, le 15 mars prochain, une réunion est prévue entre les associations de chômeurs, Pôle emploi et Michel Sapin, le ministre du Travail. Celles-ci profiteront du rendez-vous pour exprimer leurs revendications, qui sont la révision des lois de 2005 et celles de 2008 relatives aux droits et aux devoirs des chômeurs et leur opposition à tout système d’allocations dégressives. Pour le Mouvement national des chômeurs et précaires, les chômeurs doivent « aussi être parties prenantes » dans la prochaine renégociation de l’assurance chômage, prévue fin 2013.

  • Lire ausi :

Pôle emploi : suicide dans une agence à Nantes

Un drame de la déshumanisation à Pôle emploi

Suicide d'un chômeur à Nantes : « Aujourd'hui, le chômage tue » (PCF)

Manon Dielen et Bastien Zapata

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Feb 2013 à 00:30
69% des Français pensent difficile de retrouver un emploi une fois au chômage
 
 Documents à télécharger : Le rapport des salariés au travail -

Lorsque l'Humanité Dimanche a commandé cette enquête sur les Français, le travail et l'emploi auprès de l'institut Harris Interactive, nous souhaitions mesurer et comprendre leur rapport à ceux-ci. Depuis ce moment, un chômeur s'est immolé à Nantes, devant une agence Pôle emploi, et quelques jours après, un autre à Saint-Ouen, montrant d'une manière tragique l'importance que prend le travail pour ceux qui n'ont que lui pour vivre.

Et sur ce point, notre sondage est éclairant. 69% estiment que s'ils devaient perdre leur emploi, il serait difficile d'en retrouver un. Une crainte qui les conduit à être disposés à consentir de nombreux «efforts» pour conserver leur emploi. Preuve que l'intense bataille idéologique du patronat, sur fond de crise, marque des points. Pourtant, les Français sont lucides et ils savent parfaitement que la principale raison des licenciements reste la cupidité du patronat.

 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Mar 2013 à 20:05

21e mois de flambée des inscrits à Pôle emploi

Le chômage poursuit sa hausse vertigineuse, avec près de 5,3 millions de chômeurs, toutes catégories confondues, inscrits en janvier. Le ministère du Travail explique en partie cette augmentation par la fin des radiations rétroactives.

Pour le vingt et unième mois consécutif, les chiffres du chômage sont à la hausse. Le nombre de demandeurs d’emploi n’ayant pas du tout travaillé (catégorie A) augmente de 1,4 % en janvier. Sur l’année, la hausse est de 10,7 %, et porte le total à 3 169 300 personnes. Des chiffres qui se rapprochent dangereusement de l’année record de 1997, où la catégorie A comptait jusqu’à 3,2 millions de chômeurs. Pour les demandeurs d’emploi ayant une activité réduite, les catégories B et C, les hausses sont respectivement de 1,5 % et de 0,9 % sur un mois. Pour ces trois catégories, le nombre d’inscrits à Pôle emploi grimpe de 1,3 % en janvier, soit 60 800 personnes de plus. Si on inclut les chômeurs non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, comme les stagiaires en formation ou ceux en contrat aidé, le nombre total s’élève à 5 294 800.

Le ministère du Travail avait anticipé cette énième flambée. Depuis quelques jours, il communiquait pour annoncer que les statistiques seraient alourdies par des radiations en moins, donc des chômeurs en plus. Au 1er janvier 2013, la rétroactivité des radiations de chômeurs a été abolie, suite à la demande du médiateur de Pôle emploi. Celles-ci prennent maintenant effet à leur date de notification. D’après le ministère, le changement de règle a fait grimper de 24 000 personnes les catégories A, B et C.

 

aucune politique de radiation n’est menée

Un effet sur les chiffres de l’emploi dont joue le gouvernement, et qui n’explique en aucun cas la totalité de la hausse du chômage en janvier. Les statistiques sont toujours plombées par l’absence de croissance. Mais la question de l’importance du nombre de demandeurs d’emploi radiés se pose. En décembre 2012, les radiations administratives ont bondi de 24,5 % sans que Pôle emploi ne puisse fournir d’explication. À défaut, l’ex-ANPE assure qu’aucune « politique de radiation » n’est menée… Pourtant, près de 90 % des radiations sont prononcées pour absence à convocation.

Pour extraire les chômeurs des listes, les motifs sont souvent flous et laissés à l’appréciation de l’agence. Lors du conseil d’administration de Pôle emploi, la semaine passée, Jean-Louis Walter, le médiateur de Pôle emploi, a présenté son rapport sur les radiations à l’ex-ANPE. Il a réclamé « une vraie traçabilité » de cette pratique. « Pour environ 4 000 radiations par mois, on ne comprend pas trop ce qui se passe », a-t-il relevé. Pointant du doigt la sévérité du système, il préconise d’abolir les radiations pour absence à convocation et de les remplacer par « un dispositif de graduation ou de sursis ». Il suggère aussi de supprimer la radiation pour absence à un entretien téléphonique.

Pour le médiateur, radier est « une décision grave » qui équivaut, pour le demandeur d’emploi, « à vivre deux mois sans revenus ». « Une épreuve que même un salarié socialement inséré ne saurait surmonter sans dommages. »

Le Mouvement des chômeurs et précaires (MNCP) s’est dit favorable à la suppression de toutes les radiations, sauf celles pour fraude, une position partagée par le syndicat SNU Pôle emploi. Cette question sera soulevée par les associations de chômeurs lors de leur rencontre avec Michel Sapin, le ministre du Travail, le 15 mars prochain.

Cécile Rousseau

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Mar 2013 à 22:51

Emploi : jeunes et seniors trinquent

L’Insee, dans
sa dernière étude «emploi salaire», démontre 
une dégradation de l’emploi 
dans toutes les classes d’âge. Mais les jeunes et les plus de 55 ans sont les plus touchés.

L ’horizon de la France en matière d’emplois et de salaires reste toujours bouché. C’est en tout cas la conclusion que l’on peut faire au regard de la dernière étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) pour l’année 2012. D’après l’Insee, le retournement conjoncturel de l’été 2011, causé en grande partie par la crise des dettes souveraines, a eu des conséquences désastreuses sur l’emploi. Premières victimes : les employés intérimaires, qui ont subi le ralentissement avant tous les autres secteurs du salariat. Dans l’intérim, le secteur industriel souffre tout particulièrement avec 102 000 postes perdus au cours des trois premiers trimestres 2012, le secteur industriel perdant également dans la même période 64 000 emplois salariés hors intérim.

Une hémorragie de 370 000 emplois

Au quatrième trimestre 2012, la courbe ne s’infléchit pas non plus dans le bon sens en ce qui concerne l’emploi salarié marchand non agricole. Depuis le début de l’année 2008, l’hémorragie s’élève à 370 000 emplois. De fait, les chiffres du chômage sont repartis à la hausse. En l’espace de quinze mois, du deuxième trimestre 2011 au troisième trimestre 2012, le taux de chômage a augmenté de 9,1 % à 9,9 % ; cette mauvaise conjoncture frappe l’ensemble des classes d’âge, mais deux catégories sont particulièrement touchées : les moins de 25 ans et les 55-64 ans. Dans les deux cas de figure, le chômage touche plus les hommes que les femmes.

Pour les moins de 25 ans, les ouvriers sont le plus durement touché du fait du manque de diplômes. Cependant, dans la fonction publique, les jeunes diplômés mettent de plus en plus de temps pour accéder à un premier poste. La moyenne d’âge était de 21 ans en 1980, contre 27 ans après 2000. Les embauches directes sont également de plus en plus rares.

D’après l’Insee, le taux d’activité est également particulièrement faible pour les plus de 55 ans. Il a fortement diminué entre 1975 et 2000. L’Institut explique cette baisse par l’accumulation de départs en préretraite dans une période où les plans sociaux se sont accumulés.

36 % des 55-59 ans sont sans emploi

Dans les dix dernières années, le taux d’activité des personnes de 55-59 ans a certes augmenté mécaniquement (il atteint 69 % en 2011) du fait de la réforme des retraites et de l’extinction des préretraites. Mais les seniors restent durablement touchés par la crise économique. 36 % des 55-59 ans sont sans emploi, soit 1,4 million de personnes. Quand ils retrouvent un emploi salarié, le plus souvent il s’agit d’emplois précaires, puisque 56 % de ces personnes le trouvent dans un cadre d’activité partielle.

Enfin, concernant les salaires, la conjoncture économique freine l’évolution des revenus salariaux. D’après l’Insee, la hausse continue du chômage serait la principale raison de ce ralentissement. L’étude démontre par ailleurs que malgré les faibles revalorisations du Smic initiées depuis décembre 2011, les salaires évoluent moins vite qu’avant la crise de 2008. Enfin, si les femmes ont moins souffert du chômage que les hommes depuis le début de la crise de 2008, une évaluation datant de 2010 montre que le salaire mensuel net moyen des femmes reste inférieur de 24,5 % (en équivalent temps plein) à celui des hommes.

Stéphane Aubouard

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