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Travail/Chômage, ben en fait c'est surtout chômage

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Oct 2009 à 16:28

Pôle emploi, un système qui menace d’imploser

menace d’imploser À Pôle emploi, les retards dans l’indemnisation des chômeurs s’accumulent et la souffrance au travail explose. Journée de grève nationale aujourd’hui, à l’appel de tous les syndicats. Reportage en Provence-Côte d’Azur.

Depuis le 5 janvier 2009, l’accueil des privés d’emploi à l’ANPE et la liquidation de leurs allocations chômage à l’Assedic ont été remplacés par des front-offices (bases avant) et des back-offices (bases arrière), où travaillent des agents polyvalents de Pôle emploi, cet hybride dont le statut juridique est des plus flous puisque né de la fusion d’un service public et d’une association de droit privé. L’idée gouvernementale de créer un guichet unique pour les chômeurs était approuvée par plusieurs syndicats. Dix mois après, les mêmes dressent, avec la CGT, un bilan catastrophique de cette fusion, autant pour les usagers que pour les employés de Pôle emploi, et sonnent le tocsin : plusieurs agents se sont suicidés, au travail ou à la maison, depuis le début de l’année.

LE SOMBRE TABLEAU DE LA FUSION

L’intersyndicale appelle aujourd’hui à une journée nationale de grève, pour exiger un accueil décent et efficace des chômeurs, sonner d’alarme sur la dégradation des conditions de travail et exiger de prendre le temps de négocier vraiment une nouvelle convention collective nationale. La fronde est partie du sud-est de la France. Les salariés dressent aujourd’hui un sombre tableau de la fusion. Parmi les principaux problèmes : la formation. Comme le souligne Georgette Gianola, de Marseille, « accueillir, conseiller et placer un chômeur, c’est un métier, constituer son dossier d’indemnisation, c’en est un autre et il faut dix-huit mois dont six de formation pour bien posséder l’un ou l’autre ». Les anciens des Assedic n’ont eu droit qu’à sept jours de formation (trois seulement pour les ex-ANPE) avant d’être « jetés dans l’arène », comme dit Marie, qui travaille à Nice : « En plus il y a cette année une montée du chômage, avec une poussée supplémentaire dans le tourisme depuis la fin de la saison estivale, et nous sommes complètement débordés. » Les renforts promis ne sont pas arrivés, les dossiers en retard s’accumulent. Danielle, une ancienne des Assedic, estime que, une fois de plus, « après l’effet d’annonce de Sarkozy, tout a été fait dans la précipitation. Le système a été désorganisé et menace maintenant d’imploser ». Au profit des boîtes privées de placement et formation ?

CARRÉMENT VIRÉE DE SON BUREAU

Autre problème, encore plus douloureux : le nomadisme. Marie-Jo, salariée de Pôle emploi à Hyères, était, hier matin, dans les cartons.

« En attendant que soient trouvés les 1 800 m2 nécessaires pour loger Pôle emploi, on déménage de force de l’ANPE pour le back-office et c’est l’enfer ! » raconte-t-elle. Marie-Jo, de Nice, a, quant à elle, été carrément virée de son bureau pour être affectée dans un local actuellement en travaux : « J’ai apporté une bougie pour protester contre les coupures de courant et c’est avec ma clé USB personnelle que j’ai sauvé in extremis mes fichiers ! » lâche-t-elle, les larmes aux yeux.

Quant à Françoise, de Grasse, elle passe ses journées à sillonner la ville d’un bureau à l’autre, assistant, impuissante à la « destruction de son équipe ». Pour certains, le choc psychologique est énorme. « On devient des machines qui ont face à eux, et pas plus d’une demi-heure chacun, non pas des gens mais des dossiers. » La crise d’identité est encore plus violente pour les agents du service employeurs qui, tel Anthony, de Nice, ne sait pas « ce que va devenir (son) métier » lorsque l’Urssaf (en 2012) récupérera les cotisations patronales. « Un de ces quatre, affirme son collègue Jean-Jacques, informaticien, on va en retrouver un pendu dans son bureau. »

PHILIPPE JÉRÔME


 
 
La coordination menacée d’expulsion ; Lettre ouverte de quelques précaires aux conseillers de Pôle emploi

Depuis 2003 l’Assedic (puis Pôle emploi) prend position contre les allocataires en empêchant des réouvertures de droits au chômage sous le prétexte que les salariés devraient “prouver leur lien de subordination à un employeur”.
Cette traque vise en premier lieu les structures, compagnies et associations les plus modestes.
A l’heure où l’on cherche à faire basculer nombre de salariés dans un auto-entreprenariat dépourvu de toute garantie sociale, on emploie tous les moyens pour exclure toujours plus de salariés intermittents de leurs droits à une allocation chômage, par la diminution de la période de référence et les contrôles. De même pour les salariés de tous les secteurs : suivi mensuel imposé, offre raisonnable d’emploi, radiations.



Edité par T 34 - 27 Sep 2010 à 16:52
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Nov 2009 à 21:20

Laurent Wauquiez : La France ne compte “que” 2 574 000 demandeurs d’emploi

(source : http://chomeur93.owni.fr/?p=69  17/11/09)

La France compte aujourd’hui 2 574 000 demandeurs d’emploi, soit 500 000 chômeurs de plus en douze mois. Mais cela aurait pu être bien pire selon Laurent Wauquiez, qui dresse en avant-première un bilan … positif !

Il déclare, au journal Le Parisien : “Nous avons apporté une solution à 1,5 million de Français”

Au delà de l’éternelle langue de bois dont Monsieur Wauquiez est un des meilleurs partiquants, j’ai relevé pour vous ces quelques “perles” issues de cet interview au Parisien :

- C’est un formidable signe d’espoir. Nous entrons maintenant dans la phase de convalescence

- Les prévisionnistes tablaient sur la destruction de 700 000 emplois cette année. On ne franchira pas la barre des 500 000, mieux, on devrait vraisemblablement finir l’année en limitant à moins de 400 000 le nombre des destructions. C’est la marque de notre volontarisme. C’est aussi le signe que notre action a eu un vrai impact …

- La France, avec l’Allemagne, est le pays qui a le mieux réussi à amortir le choc de la crise. Comment y est-on arrivé ? En ne se contentant pas de jouer les pompiers, ni de mettre des sparadraps, mais en innovant en prévenant les licenciements par l’activité partielle, en misant sur les petites entreprises pour qu’elles embauchent, en mettant en place des dispositifs spécifiques pour les licenciés économiques …” Intégralité de l’interview sur Le Parisien

 

Il est à noter que Monsieur Wauquiez ne parle, bien entendu, que des chômeurs de catégorie A, qui sont des : “demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi” Liste des catégories selon

Donc, chômeurs et précaires, dormez tranquille, puisque le gouvernement veille … à votre confort !

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Dec 2009 à 19:44

« Le RSA est une machine de guerre contre les chômeurs et précaires »

(source : La Dépêche.fr 05/12/09)


Manifestations. Le collectif AC ! 32 s’invite à la CAF.
 
Une délégation d’une cinquantaine de personnes, chômeurs et travailleurs précaires, s’est invitée, hier matin, à la caisse d’allocations familiales (CAF), sous la bannière du collectif de défense AC ! 32. Objectif : « montrer au personnel de la CAF, qui n’est pas en cause, et à son directeur, les dysfonctionnements constatés autour du Revenu de Solidarité Active (RSA) après six mois d’application » expliquait Jean-Manuel Fullana. Par le biais de cas concrets subis par des manifestants présents, la délégation a fait toucher du doigt des situations douloureuses. « Ce RSA, censé remplacer le RMI est une véritable machine de guerre contre les exclus. Personne ne se pose de questions pour savoir si dans un département avec pas ou peu de transports publics, un précaire peut aller travailler à 60 km. Contrairement au RMI, si vous avez le malheur d ‘avoir travaillé très peu d’heures, non seulement le RSA est réduit, mais on vous supprime toutes les s prestations annexes, comme l’allocation logement. Ce RSA est également payé par les propres ayants droit ; ceux qui ont le malheur d ‘avoir un petit pécule sur un livret, suite à une indemnité de licenciement par exemple, se voient ponctionnés de 3 % sur ce livret. La prime pour l’emploi, qui n’est pas notre tasse de thé car c’est un impôt négatif, va également subir des coupes sombres alors qu’elle permettait à certains salariés pauvres de payer leurs impôts locaux en septembre. Quant au RSA Jeunes : quel est celui qui a 3 ans de travail plein pour en bénéficier ? ». Face à ces injustices relevées, AC ! 32 a demandé qu’un bilan contradictoire du RSA soit réalisé.
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Dec 2009 à 00:39

Comment organiser les chômeurs ?

La question du jour

LUISA BENBOUZID, MEMBRE DU COMITÉ NATIONAL DES PRIVÉS D’EMPLOIS,

GRAZIELLA LOVERA, MEMBRE DU BUREAU CONFÉDÉRAL.

Comment continuer à militer après s’être fait licencier ? La CGT estime qu’un chômeur reste un travailleur et que l’engagement ne doit pas s’arrêter une fois le plan social bouclé. Mais Luisa et Graziella le reconnaissent volontiers : syndiquer des gens qui passent leur temps chez eux, à cocher les petites annonces, cela relève du tour de force. Il faut tracter, un peu à l’aveuglette, pendant les manifestations ou devant Pôle Emploi. Et cette année, la CGT n’a réalisé que 6 000 adhésions, sur les 7 millions de salariés qui ont quitté leur emploi. Luisa et Graziella partagent le diagnostic, pas le remède.

Luisa, du Comité national des privés d’emplois (CNPE) de la CGT, défend l’idée qu’il faut une structure interne, comme la sienne, consacrée aux chômeurs et précaires. « Nous sommes le seul syndicat à disposer d’une organisation spécifi que, qui mène des luttes spécifi ques. La CFDT, par exemple, syndique les chômeurs mais ne les organise pas. » Pour Luisa, « avec une structure indépendante, la force de frappe est plus forte ». Graziella, du bureau confédéral, se rallie au document d’orientation du Congrès, qui estime que l’organisation actuelle n’est « pas forcément la plus judicieuse ». Parmi les alternatives, une organisation des chômeurs « dans le syndicat » ou dans des « comités locaux syndicatsassociations  ». Autrement dit, une suppression à terme du CNPE. Graziella : « Les chômeurs sont trop isolés, d’autant qu’au CNPE, il y a surtout des chômeurs de longue durée. Il faut se solidariser et faire en sorte que leurs revendications soient mises au pot commun. » Pour elle, « l’organisation actuelle est trop détachée du tissu social des territoires. En fonction des zones, ce ne sont pas les mêmes personnes qui sont au chômage. »

Elles s’opposent donc sur la manière de porter, le plus effi cacement possible, les revendications d’une population qui, elles sont d’accord là-dessus, « fi nit par être victime de toutes les autres exclusions ». En interne, elles divergent aussi sur la place des chômeurs dans la CGT. Luisa estime que le CNPE permet aux chômeurs de préserver leur identité et leurs propres revendications. « Si on perd le CNPE, qui nous permet d’avoir des élus dans les instances dirigeantes, on perdra en légitimité », craint-elle. Graziella : « Moi, les structures, je m’en moque. Car, ce ne sont pas les préoccupations des salariés. » Et, se tournant vers sa camarade, la membre du bureau confédéral lui dit : « D’ailleurs, Luisa, ton organisation, ta structure, au fond, c’est la CGT. » Dans un sourire, la femme de ménage, recrutée et formée par le CNPE, lui rétorque : « Eh non, Graziella. Mon orga, c’est d’abord la CGT des privés d’emploi. »

MEHDI FIKRI

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Dec 2009 à 19:34

À Pôle emploi, les agents ont basculé dans la (con)fusion

Il y a un an, le gouvernement lançait la fusion des Anpe et des Assedic censée faciliter la vie 
des chômeurs. Sur fond d’explosion du chômage, sa mise en place s’avère dramatique pour les agents, débordés, déboussolés et déqualifiés. Les signaux d’alerte se multiplient.

Début janvier, le gouvernement fêtera le premier anniversaire de la fusion entre les Assedic et l’Anpe, qui a donné naissance à Pôle emploi. Mais les 45 000 agents de ce nouvel établissement public ne seront pas de la fête. L’explosion du chômage aurait dû occasionner, comme en 1993 par exemple, une surcharge de travail qu’il aurait fallu absorber. Mais comme le gouvernement a tenu à appliquer coûte que coûte, dans l’urgence et l’impréparation, « sa » fusion censée incarner un renouveau dans le traitement des chômeurs, la désorganisation complète du travail est venue s’ajouter à la surcharge. Un cocktail explosif pour les agents, en passe de se transformer en syndrome France Télécom  : cinq tentatives de suicide parmi le personnel ont été recensées dans les dix derniers jours.

En cette fin d’année, les grèves locales se multiplient, montrant que la coupe est pleine. La semaine dernière, les 40 agents des deux sites Pôle emploi de Créteil (Val-de-Marne), l’un ex-Assedic, l’autre ex-Anpe, ont fait grève deux jours de suite pour exprimer leur ras-le-bol, rejoints par leurs collègues de L’Haÿ-les-Roses, Arcueil et Cachan. « Même si on n’obtient rien, ça fait du bien au moral d’extérioriser notre mal-être », souffle Églantine (1), conseillère à l’emploi depuis sept ans à Créteil. « Les journées de grève nationale sont bien suivies, mais en général on reste chez soi. Alors qu’avec cette grève locale, on peut se parler, manifester, avoir des visions d’autres sites. » « Parler des problèmes entre nous permet de ne pas se sentir isolé, et de ne pas en arriver à des gestes extrêmes », appuie Marie (1), qui a vingt-sept ans de maison côté Assedic.

Le sentiment qui domine est un grand désarroi, car face à l’afflux de nouveaux chômeurs, sans renforts d’effectifs suffisants, l’exercice normal des métiers n’est plus possible. Côté ex-Anpe, Danielle, seize ans de métier à L’Haÿ-les-Roses et syndiquée au SNU, raconte  : « Au départ, la plupart d’entre nous n’ont pas choisi ce métier, on a simplement eu l’opportunité de passer un concours. Mais ensuite, on y a trouvé du sens. On passait la moitié du temps dans les entreprises à recueillir des offres d’emploi, l’autre à recevoir les demandeurs d’emploi, ça me plaisait. Quand je recevais un chômeur qui correspondait à une offre, je faxais aussitôt son CV à l’entreprise. C’était un vrai rôle d’intermédiation et de conseil. Aujourd’hui, on n’a plus le temps, on ne s’occupe plus de personne. » Catherine, conseillère depuis sept ans à Arcueil après une carrière dans la formation, aimait son rôle de « soutien » aux chômeurs. « On les aidait à s’organiser dans leur recherche, à mener à bien leur projet. Pour ceux qui étaient très isolés, on redonnait du collectif grâce aux ateliers. Pour certaines personnes, on est le seul contact du mois  ! » Du fait du sous-effectif, le travail auprès des entreprises est passé à la trappe, la durée des entretiens a été diminuée, et les agents passent la majorité de leur temps de travail à l’inscription des chômeurs, avec pour consigne de les envoyer le plus possible vers les opérateurs privés de placement. « Pôle emploi est devenu une gare de triage », déplore Églantine, qui n’a « plus le cœur de faire un travail superficiel, purement administratif ».

Côté Assedic, la culture des agents est différente, fondée sur la rigueur et la connaissance d’une réglementation complexe pour calculer les allocations. Mais, là aussi, le métier vacille. « La productivité a explosé, c’est hyperstressant et on a l’impression d’être beaucoup moins professionnels car on va vite, on peut faire des erreurs », témoigne Marie. « Les réunions hebdomadaires sur les nouvelles réglementations, c’est fini. On travaille dans l’urgence. Le site a quinze jours de retard dans le traitement des dossiers. » En vingt-six ans de carrière, Marie dit n’avoir jamais connu des rapports « aussi tendus » avec les chômeurs, « du fait de la nouvelle organisation ». L’« accueil commun », en place depuis début novembre à Créteil, consiste à recevoir les visites spontanées de chômeurs sur un seul site – l’ex-Assedic de Créteil-Préfecture –, pour les questions aussi bien de recherche d’emploi que d’allocation. Résultat  : des files d’attente doublées dans un local trop petit, adapté à la va-vite, qui se transforme en chaudron. Même les chômeurs qui ont rendez-vous doivent faire la queue  ! « Dans les ex-Anpe, le poste à l’accueil était déjà difficile, on prenait souvent des tranquillisants quand on devait y aller, se souvient Églantine. Là, le stress est multiplié par dix, autant pour nous que pour les chômeurs, car le flux est doublé  ! »

Conséquence de ce stress intense, des arrêts maladie plus fréquents, des crises de pleurs pendant le travail ou pendant les réunions d’équipe, « quand le chef coupe la parole à un collègue qui essaie de parler de ses problèmes », raconte Danielle. « Les décisions de la direction, c’est comme ça et pas autrement », ajoute Catherine, qui déplore une évaluation du travail fondée uniquement sur des objectifs chiffrés individuels de convocations, d’entretiens… quitte à « bidouiller » pour afficher de beaux résultats. « Avec la fusion, les directeurs d’agence sont eux-mêmes en concurrence pour sauver leur peau, alors ils ont augmenté la pression sur nous », explique Danielle. La plus grosse inquiétude concerne toutefois la seconde étape de la fusion, qui va demander aux agents d’être polyvalents sur les volets placement et indemnisation. Pour l’instant, ils n’ont reçu que quelques jours de formation sur des métiers qui demandent des mois d’apprentissage. « Il va falloir apprendre sur le tas  ! On devra renseigner sans être compétents, ça nous fait peur », lâche Marie, ex-Assedic. « J’aime apprendre, mais on ne pourra pas être à la fois experts et polyvalents », soupire Églantine. « Je ne vois pas où ils veulent en venir avec cette fusion, si ce n’est à réduire le personnel et faire des économies. » Pour Marie, l’objectif de la fusion, c’est « qu’on soit cassés, pour justifier de donner le travail aux opérateurs privés ».

Fanny doumayrou

(1) Le prénom a été changé.

REPERES

 Décidée en 2008 sous couvert de simplifi er les démarches des demandeurs d’emploi, la fusion des anciennes Assedic (assurance-chômage) et ANPE (placement des chômeurs) devrait conduire par synergie à « libérer » près de 5 000 emplois. 
 Elle permettra aussi de supprimer 500 implantations puisque le nombre d’antennes Pôle emploi sera d’à peine 1 000, contre un réseau actuel Assedic + ANPE de 1 500 sites. 
 Le gouvernement a fixé les étapes de cette fusion à marche forcée : d’abord un numéro de renseignement unique, le 39.49, puis le mélange des équipes dans les « sites mixtes », ensuite la fusion des métiers en faisant des agents des « référents uniques » censés maîtriser à la fois les questions de placement et d’indemnisation.

Pôle emploi. « Une direction
encore dans le déni »

Pierrette Ermacora, conseillère à l’emploi depuis 1976 
et élue CGT au CHSCT de Pôle emploi Île-de-France.

« Ces derniers mois, les alertes de collectifs de salariés nous demandant d’intervenir sur les sites se sont multipliées. Nous avons senti une dégradation des conditions de travail, en lien avec le bazar provoqué par la fusion et l’inquiétude des salariés sur leur avenir. En ce moment les collègues vivent d’importantes modifications de l’organisation du travail, avec la mise en place des sites mixtes qui demandent aux agents d’aller sur deux lieux de travail, avec des consignes fluctuantes, une série d’ordres et contre-ordres de la direction. Le métier perd son sens puisqu’on n’a pas les moyens d’aider les chômeurs. On nous demande de les envoyer vers les opérateurs privés, d’où l’impression terrible de ne plus exister, de ne plus avoir de légitimité.

Mais ce qui provoque le plus de souffrance, c’est le sentiment de ne pas être entendus par la direction, d’être méprisés. Au CHSCT régional, nous avons essayé de faire remonter ces problèmes, mais la direction nous a opposé une fin de non-recevoir. Lors des réunions, elle nous présentait les plans des futurs sites mixtes, mais l’organisation du travail qui allait en découler restait un mot interdit. Et quand on a évoqué les problèmes psycho-sociaux, la direction a réagi sur le thème « ah, on l’attendait celle-là », nous accusant de mettre, nous syndicats, de l’huile sur le feu. Comme à France Télécom au début, elle est encore dans le déni. Il est très choquant d’entendre le ministre Laurent Wauquiez dire que la situation n’est pas comparable avec France Télécom, où il y eu des morts, pas seulement des tentatives de suicides. IIs en arrivent à dire des énormités ! Ils attendent un décès pour nous entrendre ? »

Propos recueillis par Fanny Doumayrou

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Dec 2009 à 18:42

Chômage : Les derniers chiffres fournis par Wauquiez et Lagarde étaient faux !

Le chômage est devenu la première préoccupation des français et le gouvernement le sait parfaitement.

Dans la mesure où les licenciements se sont brusquement accélérés ces derniers mois, il a fallut beaucoup de "talent" à nos duettistes pour nous faire croire à l'efficacité de leurs mesures.

Néanmoins, on apprenait, très récemment par les ministres en charge du dossier que : "Le taux de chômage était resté globalement stable au troisième trimestre en France"

Eric Heyer, économiste à l'OFCE avait jugé "étonnante" la stagnation du taux de chômage et mis cette situation sur le compte de : "chômeurs découragés, principalement des jeunes, qui ne cherchaient pas d'emploi".

Coup de clairon de Laurent Wauquiez : "On a arrêté la hausse du chômage", "la France a le mieux amorti la crise sur le front de l'emploi et on a fait les bons choix", déclarait immédiatement le secrétaire d'Etat à l'Emploi, en se défendant de tout "triomphalisme".- Source AFP/Google

De son côté Christine Lagarde, estimait le 3 décembre dans un communiqué que cette stabilité était : "encourageante" et se déclarait également satisfaite de "la hausse du taux d'emploi des seniors au 3ème trimestre ... / ... " - Source JDD

Et puis, plus rien. Sauf qu'on apprend aujourd'hui, 11 décembre 2009, que ces chiffres étaient ... Faux !

"L'Insee s'est planté au troisième trimestre. Il a rectifié, hier. Le résultat est bien plus mauvais qu'annoncé" Ecrit Hervé BABONNEAU dans Ouest-France

" Le pire de la crise est passé pour l'emploi ! Coup de clairon de Laurent Wauquiez, mi-novembre. Le secrétaire d'État à l'Emploi se basait alors sur les chiffres provisoires de destructions d'emplois au troisième trimestre, publiés par l'Insee. Seulement 5 500. Patatras ! Les statisticiens de l'Institut se sont pris les pieds dans les chiffres. Et pas qu'un peu.

Ce ne sont plus 5 500, mais 80 700 emplois que l'économie française a supprimés de juillet à septembre, a-t-on appris, hier, toujours de l'Insee.

Les petites entreprises pas prises en compte

Ah bon ! comment est-ce possible ? L'Institut de la statistique voudrait bien le savoir. Piteux, il avoue que son premier chiffre ne prenait pas en compte les entreprises de moins de dix salariés. Qui sont au moins un bon million à employer d'une à neuf personnes. Selon les statistiques de 2007...

Déterminé, il va mener une « expertise », sans doute confiée à des matheux pour savoir où le bât blesse si douloureusement. D'habitude, l'Insee retombe à peu près sur ses pieds entre le provisoire et le définitif. Depuis plusieurs trimestres, l'écart grandit. ... / ... Pour le gouvernement, c'est très gênant.

Prompts à célébrer les bonnes nouvelles, voilà les ministres condamnés à revoir leurs calculs. Au final, tout cela montre que l'amélioration spectaculaire du troisième trimestre n'était qu'un leurre. ... / ... "

Ce qui signifie que les mesures tant vantées par nos deux ministres, n'ont eu AUCUN EFFET sur le chômage !

Madame Lagarde et Monsieur Wauquiez, il va falloir venir nous expliquer comment "vous n'avez pas arrêté le chômage"

Autres sources et informations complémentaires
Jobetic
Les Echos
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Dec 2009 à 19:16
 
466 millions d’euros pour les boites privés de l’interim!
Non à la marchandisation du chômage ! Non à la privatisation de POLE EMPLOI !

Les politiques d’aides à l’emploi menées par les pouvoirs publics depuis 10 ans ont consisté à exonérer les entreprises du financement de leurs charges sociales et de leurs responsabilités dans le coût du chômage. Malgré cette exonération ou à cause de celle-ci, ces mêmes entreprises ont préféré délocaliser afin d’ augmenter leur profit et faire croître la pression du chômage engendrée par la disparition de pans entiers du secteur industriel en France.
Cette marchandisation du chômage à eu des conséquences catastrophiques sur des régions entières sinistrées. Mais cette marchandisation ne s’arrête pas la et franchi une nouvelle étape avec la volonté du gouvernement Sarkozy de privatiser POLE EMPLOI, de vendre ou de sous traiter ses services au privé ( tests de recrutement, bilan de compétence, atelier de recherche d’emploi) et dans le même temps permettre à l’état de s’affranchir de son devoir, pourtant gravé dans le marbre en préambule à la constitution :« Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, …… »
En qualité d’usagers de POLE EMPLOI, nous soutenons ce « Non à la privatisation de POLE EMPLOI » demandé par les agents et les syndicats de POLE EMPLOI. Car, dans cette politique généreuse de distribution d’aides et de subventions pour privatiser la « recherche d’emploi », le chômeur prioritaire(1), principal acteur et en même temps otage de cette politique ne doit pas etre laissé sans moyen, obligé sous peine d’être radié de rogner sur son minimum vitale pour « participer » aux: .BCA (Bilan de Compétences Approfondi),OPI ( Objectif Projet Individuel), OPG (Objectif Emploi Groupe),MKE (Marketing Emploi),…
Selon une enquête sur le terrain du journal l’humanité, « …cette politique se traduit par des pressions sur les salariés du service public. « Notre direction reconnaît publiquement que ces opérateurs n’ont pas de meilleurs résultats, mais nous devons tout de même leur envoyer un quota de chômeurs », explique une agente de Rouen, où officie le cabinet privé Ingeus. Quand un chômeur remplissant les critères de l’OPP arrive en entretien, « un bandeau d’alerte apparaît sur notre écran d’ordinateur, détaille-t-elle. Si on n’envoie pas cette personne à Ingeus, on devra le justifier auprès de notre direction ». Même constat à Toulouse, où travaille le cabinet Altedia. « Si les collègues n’envoient pas assez vers l’OPP, l’animateur d’équipe recontacte lui-même les chômeurs pour les réorienter », rapporte Emmanuel M’hedhbi, syndiqué au SNU. Les chômeurs ont-ils le choix ? En théorie, un refus d’OPP ne les expose pas à une radiation, mais ils sont « repérés » par la direction. À Gennevilliers, « l’agence a récemment convoqué 30 chômeurs pour une réunion sur l’opérateur privé Eurydice », rapporte Benoît Lupersat, de la CGT. « 15 personnes sont venues, et seulement 3 ont accepté. La directrice territoriale a dit ne pas comprendre les refus, et a demandé que ces dossiers soient examinés,… »

la CGT a estimé qu’il aurait été « plus pertinent » d’embaucher des personnels qualifiés dans le service public de l’emploi « plutôt que de sous-traiter » au privé. « La crise fait des heureux », ironise le syndicat On peut rajouter la crise fait des entreprises d’intérim heureuses surtout sur le dos des chomeurs. Le coût de la privatisation va couté à pole emploi et aux chomeurs, 100 millions d’euros cette année et 200 millions pour chacune des deux années suivantes. La facture sera, finalement compte tenu des prix proposés par les opérateurs, de 466 millions d’euros.
La confusion et la dissimulation des véritables objectifs et interets des sociétés d’interim incompatibles avec une mission sociale de placement de chomeurs est totale. Car, les sociétés privés d’interim conseillent et ajustent les plans de licenciements des entreprises. Le rôle principale dévolu par les entreprises à l’interim en période de crise est de dégraisser les interimaires pour « ajuster le marché du travail ». Une mission totalement incompatible avec le placement des chomeurs et pour assurer le suivi de 320.000 demandeurs d’emploi, jusqu’en 2011. Et pourtant le service public fait appel massivement aux entreprises d’intérim, qui raflent une grosse partie de la mise. Manpower (avec 11 % de la valeur de l’appel d’offres), Vediorbis (7 %), Eurydice (6 %) et Adecco (5 %) figurent ainsi parmi les principaux lauréats. Ils vont surtout s’occuper des chômeurs de
longue durée…..
Et pourtant, il existe un secteur social et associatif sans but lucratif qui soutient le placement des chomeurs et la creation d’emploi, apporte une aide aux familles et aux personnes les plus démunies et les accompagne à travers des activités de solidarité et de réinsertion.
Grandes perdantes avec les chomeurs, de cette privatisation des prestations de pole emploi, les associations et les collectivites doivent fideles a leurs soutiens aux précaires et chomeurs se retrouver dans toutes les manifestations pour soutenir les chômeurs qui se mobilisent pour leurs droits.
Pour soutenir la création de comités de défense des chômeurs, précaires, malades, handicapés et retraités. Afin, de rechercher collectivement des solutions alternatives à la privatisation de pole emploi:
-par des stages « recherche d’emploi » organisé en interne à POLE EMPLOI
-par des partenariats avec des collectivités,et les associations d’aides aux chomeurs…..
En outre, nous demandons, l’arrêt des licenciements et une législation sociale qui garantisse des emplois convenables et soit fondée sur la continuité des droits, financée par un fonds patronal mutualisé. • Un revenu décent avec ou sans emploi pour tous et toutes, par une indemnisation de toutes les formes de chômage et de précarité, et que, pour commencer, les minima, les allocations et le SMIC soient augmentées de 400 euros. • Un plan de création d’emplois socialement et écologiquement utiles ; l’arrêt des suppressions d’emploi et la résorption de la précarité dans les services publics ; une véritable réduction du temps de travail permettant à chacun-e de travailler moins et de vivre mieux. Qu’une mobilisation unitaire des chomeurs, des collectivités, des associations, et de tout ceux et celles qui apportent aides et soutiens aux chomeurs et précaires débute maintenant, par des actions locales.
contact: agdesprecaires@comitescommunes-melun.info

www.comitescommunes-moret.info/spip.php?article25

(1)Le chômeur longue durée perçoit L’allocation de solidarité spécifique (ASS) Il touche au maximum 14 EUR par jour (moins que le seuil de pauvreté).

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Dec 2009 à 19:18

Le Medef veut licencier au rabais

Dans le cadre des négociations sur les conséquences sociales de la crise, il propose un nouveau mode de rupture du contrat de travail pour favoriser la mobilité des salariés

« Je suis très fière au nom du patronat de proposer ce dispositif », a déclaré lundi Dominique Castera, chef de file de la délégation patronale à la négociation sur la gestion sociale des conséquences de la crise. Le dispositif en question, c’est tout simplement un nouveau mode de rupture du contrat de travail, officiellement destiné à encourager la mobilité.

Le Medef préconise la création d’un « droit conventionnel (…) de mobilité professionnelle individuelle sécurisée ». Le contrat de travail serait « rompu du commun accord des parties », précise le texte distribué aux syndicats. Rompu et pas suspendu  : la nuance est de taille. Le salarié aurait « la possibilité de retrouver son ancien emploi ou un équivalent » pendant six mois, et plus si la période d’essai du nouveau poste excède six mois. Si le poste disparaît entre-temps, parce qu’il a été confié à quelqu’un d’autre, l’employeur a réduit les effectifs ou n’a plus de poste équivalent  ? Le Medef prévoit un licenciement au rabais, il aurait droit à la moitié d’une indemnité de licenciement et pourrait s’inscrire au chômage. Le dispositif serait mis en place pour une durée de deux ans à titre expérimental, pour les salariés ayant au moins deux ans d’ancienneté.

Sans surprise, les syndicats ont vivement critiqué cette proposition, réclamant au moins une suspension du contrat de travail. Pour Stéphane Lardy, de FO, « on plane, on crée un nouveau droit avec rien dedans, juste sécurisant pour l’employeur ». Le texte ne reprend rien des propositions syndicales, a constaté Maurad Rahbi (CGT), qui rappelle que « la priorité des priorités » dans la négociation devrait aller à « la montée en flèche des chômeurs en fin de droits », qui devraient être un million en 2010. Pour la CGT, le texte « apporte plus de contraintes pour le salarié et plus de sécurité pour l’employeur ». Le syndicat préconise un congé de mobilité choisi et sécurisé, avec un droit à un retour dans l’entreprise d’origine, la suspension et non la rupture du contrat, ou encore la possibilité pour le salarié de suivre une formation ou de tester un nouvel emploi.

Lucy Bateman

Repères :

- Lancées en octobre, les négociations sur la « gestion sociale des conséquences de la crise » se poursuivront les 12 et 26 janvier.
- Des groupes de travail sont mis en place : fi ns de droits au chômage et logement des jeunes notamment.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Dec 2009 à 17:45

Un million de chômeurs au bord du gouffre


En 2010, de très nombreux demandeurs d’emploi arriveront au bout de leurs droits à l’assurance chômage. Pour une minorité seulement, l’aide d’État prendra le relais. Les syndicats appellent à des mesures d’urgence pour passer la crise.
Un dossier à lire dans l’Humanité de lundi 21 décembre

On a beau savoir que la crise est profonde, certains chiffres tombent comme des coups de massue. C’est le cas de la projection, livrée lundi dernier par les services statistiques de Pôle emploi, qui révèle qu’en 2010, pas moins d’un million de chômeurs arriveront au bout de leurs allocations, autrement dit en « fin de droits », sans avoir retrouvé de travail. C’est plus qu’en 2009, ou 850000 chômeurs s’étaient retrouvés dans la même situation, et plus qu’en 2007, ou ils étaient « seulement » 740‚ 000.

Explosion logique d’une bombe à retardement‚ : en 2008, la crise fait remonter brutalement le taux de chômage. Or, à Pôle emploi, les règles en vigueur limitent à deux ans, pour la plupart des chômeurs, la durée maximale des allocations. C’est donc en 2010 que le gros des troupes, qui avait assez cotisé pour avoir droit à ces deux années de couverture, commence à arriver en fin de droits. Á ceux-là s’ajoutent les bataillons permanents de précaires, travaillant de courtes périodes et indemnisés tout aussi brièvement.

Explosion drastiques d’accès à l’ASS

Le sujet était assez sensible et prévisible pour que patronat et syndicats, dans leurs négociations sur les « mesures d’urgence face à la crise », lancées en juin, aient mis en place un groupe de travail sur ce thème. C’est dans ce cadre que les syndicats ont demandé aux services de Pôle emploi des données chiffrées sur l’étendue des dégâts. Au passage, une autre information importante a été livrée‚ : sur ce million de fins de droits, seulement 17 % (170‚ 000 personnes) pourront basculer en allocation spécifique de solidarité (ASS), versée par l’État et censée servir de relais à l’assurance chômage, financée par les cotisations sociales. Un taux très bas, dû aux critères drastiques d’accès à cette allocation pourtant modeste (450 euros mensuels, au maximum). Depuis une réforme de 1997, le chômeur doit notamment avoir travaillé cinq ans dans les dix dernières années, une barrière qui provoque 80 % des rejets de demandes.

Pour ceux qui n’ont pas droit à l’ASS, le revenu de solidarité active (RSA), nouveau nom du RMI, sert de dernier filet de sécurité, mais un cran plus bas. En apparence, ASS et RSA sont équivalents, soit 450 euros par mois pour une personne seule. Mais, comme les possibilités de cumul avec un revenu ou le salaire du conjoint sont plus souples avec l’ASS, celle-ci enferme moins dans la pauvreté. Ainsi, en 2005, 80 % des allocataires du RMI vivaient sous le seuil de pauvreté, contre 58 % pour l’ASS, et l’intensité de la pauvreté était plus forte au RMI, souligne une étude de la Drees d’avril 2005. Il n’empêche que toucher le RSA n’est pas simple non plus‚ : le chômeur doit avoir vingt-cinq ans et ne pas avoir de conjoint, ou alors un conjoint lui-même pauvre. D’ou de nombreux rejets de dossiers. Pôle emploi planche sur une estimation du nombre de « fins de droits » susceptibles de basculer en RSA. Par soustraction, on connaîtra le nombre de chômeurs qui basculeront dans l’absence totale de revenu. « 

Le sujet doit devenir « prioritaire » dans la négociation avec le Medef

La situation est catastrophique, l’ASS ne remplit pas son rôle de filet de sécurité‚ ! » s’emporte Maurad Rabhi, négociateur CGT, qui en appelle à des mesures d’urgence pour aider les chômeurs à « passer le cap de la crise ». La CGT exige à la fois un allongement de la durée d’indemnisation Assedic et un assouplissement de l’ASS, pour l’ouvrir à tous les chômeurs en fin de droits. « Le Medef cherche à gagner du temps pour renvoyer la question à la prochaine négociation sur la convention Unédic, fin 2010 », dénonce Maurad Rabhi. Au nom de FO, Stéphane Lardy estime que le sujet doit devenir « prioritaire » dans la négociation avec le Medef et pour l’État, qui devrait aussi mettre la main à la poche. Négociatrice CFTC, Gabrielle Simon plaide pour une prolongation de l’indemnisation, cofinancée par l’Unédic, l’État et les collectivités locales. « Á situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle », argue-t-elle, espérant que « les politiques se saisissent du sujet ». Côté patronal, l’urgence est moins patente : « On est conscients que c’est un vrai sujet, mais il nous faut plus d’éléments pour y réfléchir », a réagi lundi dernier Dominique Castéra, DRH du groupe Safran et chef de file de la délégation du Medef. Pour le patronat, l’effort ne s’imagine que limité. Á sa demande, Pôle emploi a chiffré le coût d’une prolongation de l’indemnisation pour trois mois… mais dégressive pour ne pas verser dans l’excès de solidarité. Après sa fin de droits, le chômeur toucherait ainsi 70 % de son allocation pendant un mois, puis 60 %, enfin 50 %. Ce « rab » coûterait 1,3 milliard d’euros à l’assurance chômage.

Fanny Doumayrou

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Dec 2009 à 16:42

Afpa : grève contre la restructuration

Les salariés de l’association de formation contestent la stratégie de la direction.

Les salariés de l’Association pour la formation des adultes (Afpa) étaient en grève et manifestation hier dans toute la France à l’appel de la CGT, la CFDT et SUD, pour s’opposer à la « spirale destructrice » dans laquelle est entraînée l’association. La journée était organisée à l’occasion de l’assemblée générale de l’AFPA, qui devait examiner le « plan stratégique » 2010-2014 présenté en novembre par le directeur général Philippe Caïla.

Ce projet s’inscrit dans le contexte de banalisation de l’Afpa  : alors qu’elle était subventionnée par l’État et les régions, elle est désormais en concurrence avec d’autres organismes privés de formation. Ce qui amène la direction, d’une part, à anticiper une baisse de l’activité de 25 %, et à s’aligner sur les critères de rentabilité du privé. « Le plan est marqué par l’obsession de diminuer les frais », dénonce Jacques Coudsi, de la CGT. Les recrutements seraient gelés d’ici à 2014, ce qui d’après SUD représenterait 3 500 suppressions de postes sur les 10 500 actuels. Surtout, les personnels craignent que la réorganisation des sites et de l’offre de formation ne se traduise par des mobilités forcées.

Pour les syndicats, la restructuration aura aussi un impact négatif sur les formations. « C’est aberrant de casser un outil comme l’AFPA alors que les besoins des chômeurs sont énormes », déplore Jacques Coudsi. « Avec la logique de marché, ce sera la fin des formations longues de reconversion », estime Chantal Noël de SUD. De même, les conditions matérielles seront moins favorables, avec le projet de donner au privé la gestion des hébergements, et de rentabiliser les cantines. « Fini la gratuité des hébergements », et « les pris des repas vont augmenter », dénonce un tract syndical distribué aux stagiaires.

Fanny Doumayrou

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Dec 2009 à 17:08

4.048.600 chômeurs en France : les chiffres en détail

(source : Les indiscrets 25/12/09)

Dans le détail, selon les données publiées hier par Pôle Empoi, le nombre de demandeurs en catégorie A, c’est à dire n’occupant aucune activité, a augmenté de 0,1% par rapport au mois d’octobre pour atteindre 2.630.400 en métropole. Pas de quoi pavoiser toutefois : sur un an, l’augmentation est de 22,1%. En ajoutant les demandeurs d’emploi exerçant une activité réduite (catégories B et C), la progression ressort à 0,7% en variation mensuelle (+26.800 personnes) et à 19,7% d’une année sur l’autre. En comprenant les départements d’outre-mer, le nombre de demandeurs d’emplois en catégorie A, B, C atteint 4.048.600 personnes contre 4.019.700 en octobre et 3.387.200 en novembre 2008.

Cela fait donc plus de 4 millions de personnes touchées à des degrés divers par le chômage, et à ce bilan peu reluisant s’ajoutent des inquiétudes. Malgré un frémissement positif des offres collectées par Pôle emploi et une diminution des inscrits de moins de 25 ans, le gouvernement voit apparaître deux nouveaux points noirs : les seniors et les longues durées. Le nombre d’inscrits de 50 ans et plus a augmenté plus vite en novembre que la moyenne, de même que le nombre d’inscrits depuis plus d’un an. Or, être chômeur n’a jamais signifié être indemnisé. Depuis des années, trois chômeurs sur dix n’ont pas de revenu de remplacement, les obligeant à accepter des petits boulots (on les retrouve alors en catégories B et C), selon les associations de chômeurs. Les petits boulots permettent de garder pied dans le marché du travail mais sont aussi un cercle vicieux.

Le nombre de chômeurs ayant épuisé leurs droits à l’assurance chômage atteindra 850.000 cette année, un million en 2010 (après 682.000 en 2008, 718.200 en 2007 et 810.900 en 2006), selon Pôle emploi. Moins de 20% obtiennent l’Allocation spécifique de solidarité (ASS), 450 euros versés par l’Etat sous condition de ressources du ménage. La crise aggrave donc la situation. Plusieurs syndicats crient au loup, FO, CGT, CFTC notamment, et le problème est sur la table de la négociation avec le patronat depuis juin.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Dec 2009 à 18:34
 
Une nouvelle occupation du Pôle Emploi de la rue Kléber à Montreuil a eu lieu en décembre afin, tout à la fois, d’exiger le rétablissement des droits d’une partie des occupants, de protester contre le suivi mensuel obligatoire, les radiations à tour de bras, etc.

Il s’agissait aussi de faire écho aux autres actions menées par divers collectifs de chômeurs et de précaires à travers la France, décidés à s’en prendre aux dispositifs de mise au travail forcé, d’individualisation et de mise en concurrence de chacun avec chacun.

Alors on a déboulé gentiment, distribuant des tracts, scotchant des affiches, discutant avec les autres allocataires. Comme plusieurs semaines auparavant, l’un de nos objectifs – en plus de rencontrer d’autres allocataires – était de voir des agents de Pôle Emploi et de faire pression sur leur direction pour qu’ils arrêtent de supprimer les allocs pour un oui ou pour un non.

Mais, très vite, le Pôle Emploi s’est vidé de ses agents. Cette fois-ci, pas de responsable régional arrangeant “miraculeusement” nos dossiers. Des bureaux vides. Les agents se sont cassés une demie heure à peine après notre arrivée. C’est le “droit de retrait” qu’ils disent. C’est aussi une consigne de leur direction : ne pas laisser de prise à celles et ceux qui contestent collectivement. Place vide. À l’image, en vérité, du 39 49 dont l’objectif majeur est d’éloigner toujours plus l’allocataire des agents, d’empêcher tout face-à-face dans lequel ces derniers auraient à rendre des comptes et à se confronter aux allocataires qu’ils privent de toute ressource.

Dans ce Pôle Emploi vide nous nous sommes alors demandé s’il fallait occuper plus longuement. Pour en faire un lieu de regroupement des chômeurs et des chômeuses de la ville ? Peut-être. Il faut dire que ce n’est pas souvent que des chômeurs et des chômeuses gueulent au-delà de leurs dossiers. Il faut dire que ce n’est pas souvent que l’on arrive à se regrouper pour refuser leur contrôle. Une occupation qui dure, c’est l’occasion pour beaucoup plus de gens de partager leurs situations et de commencer à cesser de se débrouiller uniquement de manière individuelle. Et, en même temps, on sentait qu’on s’était fait avoir avec le départ des agents. Peut-être la direction de Pôle Emploi craint-elle que ses salariés légitiment par notre action leurs refus fréquents du contrôle ? Que certains prennent eux aussi la parole pour mettre en cause le costume de flic en civil que leur direction cherche à leur faire porter ?

Nous savons qu’il a déjà été question, dans divers Pôle Emploi, de refus collectif d’appliquer le suivi mensuel et l’offre raisonnable d’emploi de la part des agents eux-mêmes, que dans d’autres agences les salariés font des appels du pied aux collectifs de chômeurs pour venir les occuper. Mais là, on peut dire que nous sommes bien loin de toute entente. Les agents – peut-être poussés par leur hiérarchie et un management totalitaire – n’ont pas témoigné la moindre volonté de comprendre ce qui avait lieu. Ils ont pris l’occupation pour l’invasion de leur propre maison et nous, pour des intrus. Ils ont préféré s’offusquer de la forme plutôt que de discuter sur le fond : la situation dans laquelle se trouvent les chômeurs et les chômeuses, forcés à jouer le jeu sans fin du demandeur d’emploi hyper motivé, prêt à tout pour se remettre dans le circuit du travail.

Quand les flics ont déboulé, on s’est rappelé la blague un peu facile sur “Police Emploi” et nous avons préféré partir.

On lâchera pas, on a tout notre temps

Alors maintenant, on veut batailler contre la place vide, contre cette stratégie qui ressemble à s’y méprendre à celle du patron qui déménage son usine en loucedé pendant le week-end. Et pour cela, il faut des rendez-vous pour s’organiser, afficher dans la ville, se rencontrer entre allocataires, tisser des liens avec des agents en rupture. Pour que cesse le contrôle, pour avoir l’argent sans-contrepartie, pour trouver des prises sur les institutions sociales.

Nous ne voulons ni être gérés,
ni être contrôlés

Rendez-vous pour s’organiser
face aux institutions sociales,
tous les mardi à partir de 14h au 9 rue François Debergue,
m° Croix de Chavaux.

Ça s’appelle le Café des Cafards,
et ça commence à peine.

cafardsdemontreuil@gmail.com

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Jan 2010 à 21:02
 
(source : AC 04/01/2010)
 
Ceci est un parmi les nombreux témoignages qui débordent de la boite aux lettres d’AC !La personne qui nous a envoyé ce témoignage cherche un collectif de précaires dans le Gard.

Je suis inscrite au pole emploi depuis septembre 2009 et je viens de recevoir le 29/12/09 un courrier me signalant ma radiation de la liste des demandeurs d’emploi.

1) Je n’ai déjà jamais reçu le courrier du 8/12/09 me signalant la mise en place d’une procédure de radiation.

Pourtant je suis à jour de mes changements d’adresse et j’étais à la maison pendant toute cette période (pas de vacances)

2) J’ai appelé le 39 49 aujourd’hui pour connaitre les raisons de cette radiation : recherche d’emploi insuffisante

Pourtant le 3/12/09 j’ai eu un rdv avec ma conseillère qui m’a au contraire félicitée et encouragée

3) J’ai été radiée pour une période de 2 mois : ce qui me paraît abusif, d’après les articles, la 1ere radiation est approximativement de 15 jours.

4) Je soupçonne qu’il s’agisse d’un problème avec mon ex-futur employeur. Je devais commencer un cdd le 1/12/09. Etant malade (certificat medical à l’appui), j’ai envoyé la veille un email à cet employeur pour lui expliquer que je ne pourrais pas commencer à cette date. Celui-ci m’a menacée de me dénoncer au pole emploi (telephone) le matin même, puis à la fin la journée, m’a dit sur boite vocale de ne pas me présenter demain dans son entreprise. Le tout sur un ton assez colérique.

Vu l’ampleur que cela a pris, je n’ai jamais commencer ce cdd.
J’ai parlé de cette histoire à ma conseillère lors de notre rdv le 3/12/09. Et celle-ci m’a dit qu’il n’y aurait aucun problème car cela pouvait arriver de refuser un premier contrat. Elle a d’ailleurs noté sur le compte rendu du rdv, que je n’avais pas commencer mon cdd et que je privilégiais dorénavant le cdi.

Toutefois je me suis déjà justifiée auprès du pole emploi pour ce premier refus donc cela me parait bizarre qu’il s’agisse de ce motif. En plus il s’agirait d’un premier refus et non d’un second refus qui lui, est sanctionnable d’une radiation.

D’ailleurs en consultant votre site je me suis aperçue que ce n’est pas le directeur departemental du pole emploi qui a signé ma radiation, mais la directrice du site pole emploi garrigues, sachant que je ne dépends pas de ce site !

Bref je trouve cette radiation abusive et pratique pour faire baisser les statistiques. Mais en attendant je n’ai plus d’allocation chomage depuis le 8/12/09, et je trouve qu’être mise au pied du mur avec 1 mois de retard, me place dans une situation financière précaire (ayant atteint la limite de mon découvert autorisé, j’attendais mon allocation avec impatience.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Jan 2010 à 18:49
 
A quand la grève des chômeurs ?

Un spectre hante le pouvoir sarkozyste: celui d’un mouvement de chômeurs.

Entendons nous bien: un mouvement de chômeurs, c’est un mouvement de mauvais chômeurs. Le “bon” chômeur n’est plus un « chômeur », c’est un demandeur d’emploi (D.E.), “public-cible” du Pôle du même nom. Il ne tient pas à se faire remarquer, hormis, bien sûr, par un employeur. Le “demandeur d’emploi” se construit à l’envers de l’image repoussoir du mauvais chômeur, ce glandeur qui mène une vie de pacha avec ses 454 euros par mois, et qui ne se sent pas redevable à la société qui lui concède, d’ailleurs temporairement et sous conditions, le droit de survivre, là où les loyers sont encore accesssibles. Le “demandeur d’emploi” modèle travaille donc, sans cesse: il refait cent fois son CV, il envoie des milliers de lettres de motivation, il “enquête” pour mieux “cibler” les “gisements d’emplois”, il accepte de bonne grâce les ateliers CV, les simulations d’entretien, les bilans de compétences, les stages gratuits, les Evaluations en Milieu de Travail (70 h de travail bénévole), il en redemande. Il apprend grâce aux ateliers de “coaching” qu’un ami est un partenaire, que rencontrer quelqu’un se dit tisser un réseau, qu’un savoir-faire est une compétence, et que ce qui fait la dignité d’un être c’est la valeur et le potentiel d’expansion de son capital-compétences. Bref, il travaille à son employabilité; il travaille à devenir l’employé idéal, l’exploité qui n’a pas d’autre exploiteur que lui-même, et se charge de remettre au pas l’indolent, le récalcitrant, le chômeur qui sommeille en lui. Un employé idéal, c’est à dire un auto-entrepreneur, un homme économique intégral.

Bien sûr, comme avec tout modèle, il y en a qui feront semblant : les uns qui joueront à incarner ce rôle, pour renvoyer incessamment à leurs subordonnés à quel point ils ne sont pas à la hauteur ; les autres, qui feront juste assez de grimaces convenues (de « démarches ») pour qu’on leur fiche la paix. Bien sûr, il y aura, comme dans toute compétition, des gagnants et des perdants. Certains deviendront cadres, golden boys, managers, et accepteront les “responsabilités” qui placeront toute leur vie sous le signe de l’évaluation monétaire; et d’autres accepteront ou se feront imposer par Pôle Emploi des boulots de larbin qui, au contraire de les aider à monter dans l’échelle sociale, les maintiendront à vie dans ce triste rôle de main d’oeuvre précarisée, qu’il faudra encore mériter parce que d’autres-attendent-à-la-porte. D’autres, enfin, trouveront la « bonne planque » que tous les autres vont leur envier (Privilégiés de fonctionnaires ! etc…).

Ce qui importe au pouvoir par dessus tout, c’est de nous occuper, c’est de nous voler notre temps. Partout, il y a des « mauvais chômeurs » qui étudient, qui créent, qui animent des associations, qui se mêlent de politique, qui expérimentent d’autres manières de vivre, de travailler, d’enseigner sans exploiter ni les hommes ni la nature, de manière égalitaire et coopérative, des « mauvais chômeurs » pour qui le boulot signifie d’abord mettre de côté ses attachements. Des gens pour qui le salariat et le marché sont inséparables des catastrophes sociales et écologiques actuelles, et qui, autant que possible, préfèrent s’y soustraire. Ces gens-là, il faut pour le pouvoir les empêcher de travailler, parce que leur travail véhicule une manière de penser qui si elle se diffusait, donnerait confiance aux innombrables qui, parce qu’ils se sentent isolés, hésitent encore à entrer en conflit ouvert avec les institutions telles que Pôle Emploi, et se contentent d’esquiver leurs attaques.

Un mouvement de chômeurs et précaires n’est pas un mouvement corporatiste, pas même un mouvement des “exclus” ou de toute autre catégorie médiatico-sociologique. La crise a appris à ceux qui l’ignoraient encore que bien peu pouvaient se targuer d’une situation garantie, hormis les dirigeants des banques, des entreprises, des médias, des partis politiques et des syndicats institutionnels. Le chômeur, au fond, ce n’est pas tant le “privé d’emploi” que celui qui refuse, au sein de la firme globale qu’est cette société, d’être affecté à telle ou telle tâche selon les exigences du patronat, ou du gouvernement, ou du Pôle Emploi qui veut “faire du chiffre”. La lutte des chômeurs intéresse directement celle des travailleurs. Refuser un job pourri ou un stage intensif de coaching, empêcher la radiation ou la suppression d’allocations n’est pas différent de refuser une augmentation des cadences, des licenciements ou des baisses de salaire.

Notre mot d’ordre est simple: grève des chômeurs. Faisons grève de notre supposée évidente condition de demandeurs d’emploi, d’auto-entrepreneurs. Assumons-nous comme des travailleurs produisant des relations humaines différentes, coopératives, non marchandes, alternatives au monde de l’entreprise. Nous savons aussi que notre travail, associatif, coopératif, écologique, le tissage de liens amicaux, les formes de solidarité sont d’ores et déjà exploitées par un nouveau capitalisme “vert” qui rêve de tirer un profit maximal de la réparation des désastres accumulés par le capitalisme industriel, et qui a besoin de puiser parmi les contestataires la manière plus “respectueuse” et “humaine” de nous faire travailler demain dans leurs bio-entreprises durables. La grève des chômeurs, c’est une grève de l’exploitation: non seulement nous ne voulons pas de leurs sales boulots, mais nous ne voulons pas qu’ils exploitent le nôtre, celui qui a pour nous du sens, pour faire survivre leur système en déroute.

La grève des chômeurs, cela signifie trois choses. Premièrement, s’organiser pour empêcher l’application des politiques gouvernementales de gestion du chômage et de la précarité, qui se traduiront notamment par la suppression de tout revenu aux chômeurs qui refuseront deux offres dites raisonnables ou la moindre “action” prescrite par le Pôle Emploi, ou encore rateront un rendez vous. Cela implique qu’à chaque problème « individuel » de dossier, il soit répondu promptement et efficacement par l’action collective, et non par d’interminables et le plus souvent inutiles recours. Deuxièmement, agir collectivement contre les voleurs de temps, les exploiteurs de l’attention que sont Pôle Emploi, mais également toutes les entreprises privées qui prospèrent de la saturation préméditée de ce dernier: il s’agit des boîtes d’intérim, de placement privé, de coaching et de consulting, des associations d’insertion, qui disposent également d’un pouvoir souverain sur les revenus des chômeurs. Troisièmement, affirmer une idée positive, politique du travail, par laquelle nous cherchons à nous organiser de manière égalitaire et coopérative pour accroître notre autonomie à l’égard du marché, en renforçant nos liens avec les travailleurs en lutte, tant à partir de la réappropriation commune de gestes de travail que de gestes politiques. (On mentionnera à ce sujet les ouvriers de Philips à Dreux qui viennent, face à la menace de fermeture de l’usine, de décider en assemblée générale de relancer la production en autogestion.)

Il n’y aura pas de mouvement en dehors d’une grève des chômeurs, d’une suspension de l’atomisation des situations individuelles, d’un désir partagé par le salarié ou le cadre licencié, l’étudiant-sans-débouché, le fatigué de l’intérim, l’ouvrier au chômage technique, le militant associatif, le demandeur d’asile, le cinéaste indépendant, le paysan non productiviste, de reprendre en main tout le temps volé par un système qui veut nous occuper à ravager les mondes sensibles comme à dessécher l’intelligence. Pas de plein emploi, merci; plutôt une pleine réappropriation de la vie.

Mouvement des Chômeurs et Précaires en Lutte de Rennes, 22, rue de Bellevue, 35700 Rennes, mcpl2008@gmail.com (pour tout problème de dossier, connaître les heures de réunion ou de permanence, écrivez-nous à cette adresse mail)

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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Jan 2010 à 13:06
Chômage : une baisse en trompe l'œil

Nicolas Sarkozy a annoncé que le chômage était sur le point de diminuer. Et le nombre de demandeurs d'emplois de décembre 2009 serait même en baisse. Il s'agit hélas d'une simple apparence statistique...


Alternatives Economiques, 28 janvier 2010

Le chômage a baissé de 18 000 personnes en décembre entend-on partout. Bonne nouvelle... Sauf que, malheureusement, cette information est partielle et même trompeuse si on en reste là : il ne s'agit en fait que des chômeurs dits de catégorie A, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas travaillé du tout pendant le mois. Si on prend en compte les chômeurs des catégories A, B et C (c'est-à-dire aussi ceux qui ont travaillé quelques heures dans le mois) la hausse est cette fois de 8 600 chômeurs, nettement moins cependant que les mois précédents.

Mais l'affaire n'est pas encore terminée : les listes d'inscrits à Pôle emploi comportent aussi deux catégories supplémentaires (D et E qui ne sont pas considérés comme chômeurs). Elles comprennent les gens qui sont en stage ou en formation, ceux qui sont en Contrat de transition professionnelle (CTP) ou en Convention de reclassement personnalisé (CRP) et enfin ceux qui occupent des emplois aidés. Quand on tient compte de l'ensemble des 5 catégories de personnes comptabilisées par Pôle emploi (A, B, C, D et E), on constate une hausse des inscrits de 36 800 personnes en décembre, davantage qu'en novembre et dans la ligne des hausses mensuelles des cinq dernier mois...

Conclusion ? A la veille de Noël de nombreux chômeurs ont trouvé sans surprise quelques petits boulots dans les commerces. Et le gouvernement a fait un effort pour faire monter en puissance les CTP, CRP et les emplois aidés. Et c'est très louable car il était plus que temps : selon l'Insee le nombre des emplois aidés n'avait toujours par retrouvé l'an dernier, malgré la crise, son niveau de 2007... Malheureusement la baisse du nombre de chômeurs de catégorie A ne traduit donc pas un retournement de la situation sur le marché du travail. Un chiffre en particulier est particulièrement inquiétant pour l'avenir : le nombre des chômeurs inscrits à Pôle emploi depuis plus d'un an s'est accru de 37 000 personnes en décembre dernier...


Pour en savoir plus, consulter le site de la Dares : La dernière publication mensuelle sur les demandeurs d’emploi inscrits et les offres collectées par Pôle emploi : décembre 2009



Edité par AllXS - 28 Jan 2010 à 13:07
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Jan 2010 à 18:28

Le placement privé des chômeurs est désormais installé dans le paysage. Sa réalité concrète a été évoquée lors des premières collaborations du Pôle Emploi avec de grandes entreprises du secteur : Ingeus, Altedia et autres agences d’intérim.Très peu depuis finalement. Hormis dans les dénonciations presque rituelles des syndicats du Pôle Emploi, dénonciations ambiguës au possible : le placement serait une mauvaise chose parce que le vieux modèle du contrôle public des chômeurs en serait presque une bonne.

La nostalgie de l’ANPE est moins répandue chez les chômeurs et précaires, elle est de toute façon parfaitement inutile, pratiquement parlant. Aujourd’hui, beaucoup des nouveaux entrants dans le système Pôle Emploi recevront directement une convocation chez un opérateur du placement privé. Beaucoup d’autres, à moins d’une combativité sans failles ou d’une réaction collective, finiront par accepter un stage de six mois chez l’un ou l’autre, par crainte légitime d’une radiation.

Aussi, la question se pose, concrètement :

comment organiser la résistance au contrôle, chez ces opérateurs privés

, et là comme ailleurs, tenter la rencontre entre les précaires des deux côtés de la barrière ?

Le récit qui suit est une première réponse : il évoque une visite collective chez l’un de ces opérateurs, quelque part en Ile de France, à la suite de l’orientation contrainte d’une précaire par le Pôle Emploi. Si, contrairement à nos habitudes, nous restons aussi imprécis, c’est tout simplement que nous y avons rencontré un camarade de l’autre côté du miroir. Un salarié en CDD, sur la chaise éjectable, qui a pris le risque de confier à un collectif de chômeurs et précaires tout ce qu’il savait du fonctionnement de sa boite et de ses relations avec le Pôle.

Un savoir qui, en l’occurrence, protégera la précaire concernée des tentatives de radiation et de harcèlement, parce qu’il dévoile ce qui se cache derrière le placement : des sommes énormes investies dans une machine qui tourne à vide, sans rapport aucun avec ce qui est promis et écrit.

Arrivée dans les lieux. Nous nous attendions à un grand local, la prestation ayant été décrite par le Pôle Emploi comme un accompagnement « intensif » et « personnalisé », avec au minimum un entretien par semaine, et trois entretiens d’embauche à décrocher !

Comme l’entreprise en question revendique plus de 10 000 demandeurs d’emploi accompagnés et 20 000 allocataires du RSA sur tout le territoire, nous nous disions que l’Ile de France devait avoir des agences importantes. D’autant plus que celle-ci est censée couvrir plusieurs communes.

Or, nous découvrons un local d’une seule pièce d’à peine vingt m2, et un seul salarié. Son bureau prend la moitié de la pièce séparée par un espace étroit d’une table avec quatre chaises. Sur le bureau, un mini ordinateur portable, de ceux qui font mal au dos et aux yeux au bout d’un quart d’heure, un énorme fax et un téléphone, modèle huit euros au bazar. Une machine à café et un four micro-ondes, même échelle de prix.

Nous avons un doute, il s’agit peut-être juste d’un bureau pour remplir le formulaire d’inscription avant d’être orienté vers les locaux où l’on est censé trouver des « ressources élargies pour la recherche d’emploi ».

Et bien non, le salarié nous explique que le « suivi intensif et personnalisé », c’est bien ici que c’est censé se passer.

Pour 156 demandeurs d’emploi, très exactement, en ce moment. Et non, il n’y a pas d’autres salariés.
Au départ ils étaient trois, mais les deux autres ont lâché l’affaire.

Pourquoi ? Parce que ce poste n’est pas un CDI, ni même un CDD. Il s’agit d’un CDDU. Un CDDU, c’est un CDD qui peut être renouvelé indéfiniment, sans que le salarié ait à être averti dans un délai fixe avant la fin du contrat, et sans qu’il ait droit aux primes de précarité, voir ici->http://www.collectif-rto.org/spip.php ?article439 Peut-être aussi parce qu’il n’y a aucun cahier des charges leur expliquant précisément ce qu’ils sont censé faire. Le flou artistique, quoi !

Légalement, il est utilisable dans les secteurs « où il est d’usage constant de ne pas recourir au CDI en raison d’une charge de travail imprévisible et fluctuante. Logiquement, le secteur d’emploi doit être autorisé par décret, mais l’utilisation du CDDU peut également exister si les syndicats représentatifs l’ont accepté dans un accord de branche…

Bref, la précarité à durée indéterminée. Là par exemple, notre salarié a été reconduit….pour un mois. On lui a fait comprendre qu’il n’était pas assez performant dans son travail administratif.

Pourquoi reste-il alors que les autres sont partis ? Pas à cause du salaire, il a fait ses calculs : il touche 28 centimes de plus par jour qu’avec ses allocations chômage.
Mais justement, il a été deux ans et demi au chômage. Deux ans et demi à regarder approcher la fin de droits.

Alors, forcément quand un collectif de chômeurs débarque, il n’a pas la même réaction que les salariés du Pôle. Nous parlons la même langue, parce que nous avons la même expérience.

Derrière « suivi personnalisé », nous mettons le même ordinaire.

La formation précise que ce salarié n’a jamais pu obtenir des ASSEDIC, pourtant, c’était celle de « conseiller d’insertion » ! Mais voilà, une fois réussie la batterie de tests, il n’y avait plus de financement possible pour les chômeurs ; uniquement des places pour les CIF salariés.

Le mépris aussi de certains agents du Pôle Emploi. La fois où il a craqué, hurlé et où la police est venue.

Le boulot de vacataire qu’on accepte, en espérant que ça permettra de rebondir sur du stable et du mieux payé. Et en fait de rebond, le CDDU, ici dans une entreprise de placement privé.

Mais les projets qu’on garde quand même, et donc le recul sur le boulot qu’on fait provisoirement.

On rit très vite de ce qui n’est pourtant pas drôle : la formidable machine à faire du fric pour pas cher qu’est cette entreprise de placement.

Il n’y a pas de salarié, en effet, et pas de moyens, non plus. Même pas un box en carton pour créer un semblant d’intimité, pas de photocopieuse, pas d’ordi, pas de téléphone pour les précaires censés être suivis de près.

D’ailleurs le calcul est vite fait : cinq jours par semaine, 156 chômeurs à recevoir au moins une fois. Ca en fait 31 par jour, en huit heures de boulot. Donc 15 minutes par demandeur d’emploi, s’il n’y avait que ça à faire.

Mais notre salarié est aussi censé accueillir les nouveaux. Et créer un réseau de contacts avec d’éventuels employeurs. Ses patrons n’en ont aucun à lui fournir, visiblement. Et également effectuer des recherches sur les formations accessibles, corriger des CV et des lettres de motivation.

Et surtout, rendre des comptes au Pôle Emploi. Et ça, c’est le principal pour son employeur. Pôle Emploi, en effet, exige bien plus du discours que du résultat. Sur le papier, le « suivi renforcé » doit exister. Alors, ce sont des pages et des pages à remplir,
du vent à transformer en dur
.

Avant notre arrivée, le salarié était ainsi occupé à annuler tous ses rendez-vous des jours suivants, car son superviseur national montait en Ile de France récupérer ces fameux dossiers, en urgence, et le délai était très bref pour les remplir.

Seulement, dans l’intervalle, deux autres chômeurs envoyés par le Pôle sont arrivés en plus de la personne que nous accompagnons.

Un peu méfiants au début, ils disent être venus là parce que la prestation leur a été présentée comme « un bon moyen de retourner vers l’emploi ».

Et puis, vu la tournure que prend la discussion, les langues se délient. Le premier est en fait furieux et écoeuré : il a déjà une expérience et des offres d’emploi concrétisables dans son domaine, mais il lui manque le permis. Il a frappé à toutes les portes : impossible de trouver un financement. En lieu et place, sa conseillère lui a fourgué cette prestation, avec le papier qui menace de radiation si elle est refusée sans motif valable. Il a un entretien une heure plus tard à l’autre bout de Paris, qu’il va peut-être manquer.

Le second affirme au début qu’il ne risque pas la radiation s’il ne se présente pas, que son conseiller lui aurait dit que ça se passe bien. Le premier lui conseille de ressortir sa convocation et de regarder en bas. La menace de radiation y est.

Car le placement privé ne sert pas à retrouver un emploi, mais à perdre ses droits

. Nombreux sont ceux, en effet, qui rebroussent chemin direct en comprenant ce qu’est réellement la prestation, ceux qui abandonnent en cours de route sans imaginer que cela puisse être suivi d’une sanction.

Et ce sont évidemment et en premier lieu ceux qui doivent impérativement trouver un boulot très vite, courir dans tous les sens pour ça, et ne pas perdre de temps, parce que la différence entre leur maigre allocation, et les dépenses auxquelles ils doivent faire face est abyssale : les crédits, le loyer, par exemple.

Et comme l’avoue honnêtement le salarié, il ne peut pas grand-chose pour eux. Sauf exception : par exemple, le mois dernier un chômeur l’a informé qu’une place d’ambulancier était disponible, mais qu’il fallait plus d’expérience qu’il n’en avait. Le salarié y a envoyé un autre demandeur d’emploi qui correspondait.

Dans cette agence de placement, en tout cas, il se produira ce qui ne nous est pas arrivés depuis longtemps au Pôle Emploi. Une discussion ensemble, précaires des deux côtés de la barrière, dont la direction ne saura rien.

Nous estimons les profits incroyables que doit générer l’activité. Pas de coûts de production autres que quelques salariés sous payés, et le loyer des locaux dont il est possible qu’il soit subventionné en partie.

Le coût du placement privé, c’est approximativement 3 500 euros par chômeur. Même si on suppose cette entreprise particulièrement compétitive et qu’on estime la prestation à 2 000 euros par tête, ça fait, pour cette seule agence :
2 000 euros x 156 chômeurs = 312 000 euros de chiffre d’affaire pour 6 mois, soit 52 000 euros par mois.
Un local à 500 euros de loyer, un salarié 1300 euros, même en comptant mille euros de charges diverses (courrier, téléphone et internet) et les impôts, reste au moins 45 000 euros générés par mois pour du vent.
Pas étonnant que l’entreprise en question soit cotée en bourse depuis deux ans….

Pas difficile de comprendre où aboutit finalement l’argent des cotisations des salariés, qui passe par l’UNEDIC pour arriver dans la poche d’actionnaires qui sont souvent aussi ceux des entreprises qui ont licencié les salariés…

Le profit, c’est simple comme un jeu de chaises musicales : prenez trois précaires et faites les danser, du statut de salarié en contrat sous payé, à celui de chômeur mal indemnisé et fliqué. Faites en sorte, naturellement qu’il n’y ait toujours que deux chaises pour trois, et le précipice de la radiation et de la misère pour celui qui refuse de se battre pour une chaise pourrie contre les autres précaires…

Arrêter la valse ? Pas si difficile, il suffit que les trois précaires se regardent en face et admettent tourner en rond et n’aller nulle part …

Ce jour là, chez un prestataire du Pôle, nous avons commencé.

Un autre témoignage d’un salarié sous traitant du Pôle Emploi ici

-Contrôle CAF, refus du RSA ?
-Avec le RSA vos revenus baissent et vous n’y comprenez rien ?
-On vous refuse la prime pour l’emploi
-Vous galérez avec la CAF, l’ANPE, la Sécu, ou les services sociaux ?

Avec ou sans papiers, avec ou sans emploi, la solidarité est l’arme des précaires !

Venez nous rencontrer, vous informer, rencontrer d’autres précaires pour faire valoir vos droits aux permanences de lutte du Réseau Solidaire d’Allocataires.

A Paris : tous les mardis de 18H 19H30 à la Maison des Associations du 18ème arrondissement, 15, passage Ramey, métro Marcadet- Poissonniers Contact
Tel : 09 54 70 66 22
Mail : ctc.rsa@gmail.com
Site :
http://www.collectif-rto.org

Chaque semaine, nous sommes présents devant des agences Pôle Emploi et des CAF d’Ile de France. Contactez nous par mail pour les dates et lieux exacts. Si vous nous écrivez pour un problème précis, n’oubliez pas d’indiquer votre département d’origine !

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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Feb 2010 à 02:38
Emplois détruits, chômeurs volatilisés



Futur Rouge

Le tassement du nombre des chômeurs en décembre en a étonné plus d’un. Il ne fait pourtant que refléter la bizarrerie statistique qui n’a cessé de s’amplifier depuis le début 2009. Moins il y a d’emplois, plus le nombre des chômeurs quittant Pôle Emploi augmente.
C’est bien simple. Entre janvier et septembre 2009, selon le ministère du Travail, la crise économique a provoqué la destruction de 346.400 emplois, soit près de 38.500 par mois. Or, toujours selon le ministère du Travail, le nombre des chômeurs sortis de Pôle Emploi n’a cessé de grossir, passant de 411.500 en janvier à 485.900 en septembre.

Le flux des sorties a d’ailleurs encore augmenté depuis, atteignant 503.400 en décembre. Mais on ne pourra comparer son intensité au nombre des emplois créés – ou détruits – que dans quelques semaines, lorsque seront publiées les statistiques trimestrielles de l’emploi à la fin décembre 2009.

Où sont donc allés ces 503.400 chômeurs lorsqu’ils ont quitté le Pôle Emploi en décembre ? Quelque 109.000 d’entre eux seulement ont retrouvé un travail et ont été rayés de la liste des chômeurs pour le bon motif. Pas plus de 34.000 ont bénéficié d’un stage. Défalquons les 41.000 qui ont cessé de rechercher un emploi, notamment parce qu’ils en ont été dispensés ou parce qu’ils furent malades. Otons encore les 42.000 « radiations administratives » et les 57.000 « autres cas ».

Reste le gros morceau : les 196.000 « cessations d’inscription pour défaut d’actualisation ». Leur nombre a dépassé 190.000 sept mois sur douze en 2009 et c’est un record décennal. Il s’agit de demandeurs d’emploi qui n’ont « pas actualisé leur déclaration de situation mensuelle », indique le ministère du Travail. Cela ne veut évidemment pas dire qu’ils ont retrouvé un emploi. Le seule engorgement du site Internet de Pôle Emploi peut en inciter plus d’un à reporter cette actualisation.

Ce n’est pas tout. Le 10 juin, Christian Charpy, directeur général de Pôle emploi, faisait part de ses projets immédiats dans une interview (Pôle Emploi va confier "plus de missions aux prestataires externes") au journal Le Monde. « J’entends, disait-il, que l’ensemble des ateliers, des activités de bilan et d’évaluation, jusqu’ici réalisés par Pôle emploi, soient confiés à des prestataires externes. »

Outre cette sorte de privatisation, il s’apprêtait, ajoutait-il, à lancer « des appels d’offres régionaux pour sélectionner les organismes qui formeront quelque 100 000 chômeurs cette année ». Or comme on le sait, un chômeur en formation n’apparaît plus dans les statistiques du chômage.

Nicolas Sarkozy étonna son auditoire, l’autre soir sur TF1, en annonçant avec aplomb une baisse du chômage « dans les prochaine semaines, les prochains mois ». Ce qui serait étonnant, c’est qu’il en aille autrement.








Edité par AllXS - 03 Feb 2010 à 02:45
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Feb 2010 à 19:27
 
(source : http://www.actuchomage.org/  01/02/2010)
 
Ah le RSA, quelle géniale invention pour amplifier le flicage social des pauvres, des précaires et de leurs familles. Les parents d’un bénéficiaire pourraient en faire les frais. La preuve !

Nous l’appellerons Antoine.

Depuis juin 2009, Antoine touche le RSA (d’un montant de 375 € par mois). Quand le jeune homme a déposé son dossier, il a expressément demandé une dispense au versement d’une pension alimentaire de la part de ses parents (qui lui assurent déjà le gîte et le couvert).

En effet, le formulaire de demande de RSA stipule que les bénéficiaires peuvent exiger le paiement d’une pension alimentaire. Un aspect évoqué dans notre article du 1er juillet 2009, Formulaire RSA : Un flicage de plus en plus intolérable :

«En bas de la page 2, dans la rubrique « Vos droits à pension alimentaire », on lit : «Percevez-vous une pension alimentaire ? OUI – NON
Si non, vous êtes susceptible d’engager une action envers vos parents pour obtenir une pension alimentaire. Si vous souhaitez être dispensé de cette démarche, précisez le motif (logé gratuitement par les parents, aide financière versée par eux
…)».

Mais la demande de dispense faite par Antoine, le Conseil général de la Loire s’en contrefout, et il revient à la charge.

Début 2010, Antoine reçoit un nouveau formulaire afin d’obtenir une pension alimentaire de ses parents, auquel il devra joindre l’avis d’imposition de son père et de sa mère (elle-même au chômage !).

Chaude ambiance dans la famille !

Outrés, ces derniers contactent le service concerné au CG de la Loire et s’entendent dire que : «Le Conseil général a décidé de rendre OBLIGATOIRE le paiement d’une pension alimentaire au bénéficiaire RSA si le revenu imposable de ses parents est supérieur à 30.000 € par an».

Les choses sont claires, non ? Circulez, y’a plus rien à voir !

Il va sans dire que si tel est le cas, l’objectif est de réduire d’autant le montant du RSA versé au bénéficiaire. Il n’y a pas de petites économies.

Même que si les parents pouvaient prendre en charge la totalité de la maigre allocation de leur fils chômeur de longue durée, ce serait top !

Voilà où nous en sommes à l’heure où nous mettons cette information en ligne. Nous attendons d’en savoir plus (divers documents doivent nous être communiqués prochainement). Et nous ne manquerons pas de vous tenir informés des suites de cette affaire… qui en dit long.

Depuis des années nous dénonçons, sur Actuchomage, l’assujettissement du versement des allocations de solidarité au revenu des proches du bénéficiaire : parents, conjoint.

Ainsi, en 2010, des centaines de milliers de chômeurs en fin de droits ne toucheront plus rien, car notre «État providence» estime que leurs conjoints peuvent assurer leur subsistance, dès qu’ils gagnent 1,04 Smic (une fortune !).

Ces centaines de milliers de chômeurs pourraient donc être rejoints par autant de bénéficiaires RSA qui n’ont plus qu’à exiger une pension alimentaire de leurs parents (ou de leurs enfants), en adressant à leur Conseil général leurs avis d’imposition.

À quand les lettres de dénonciation ?

Mais il est vrai aussi que tous ces fainéants de chômeurs longue durée et autres bénéficiaires RSA n’ont qu’à se bouger les fesses pour retrouver du travail, puisque «la tendance est bonne» sur le front du chômage, à en croire Filochard Sarkozy, Croquignol Lagarde et Ribouldingue Wauquiez, les Pieds Nickelés supermenteurs du gouvernement (auquel vient s’ajouter un quatrième larron : Martin Hirsch, le papa du RSA).

Vous pensez, 18.000 chômeurs de moins en décembre (catégorie A), quelle performance après les +450.000 de 2009 et les +600.000 de ces 18 derniers mois !

Chacun sait qu’en France, le boulot ça court les rues… Moins que les SDF quand même !

Yves Barraud

ICI En commentaire : Le courrier qu’Antoine adresse au Conseil général de la Loire.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Feb 2010 à 19:13

Le malheur des uns fait le bonheur des autres !

Par Gérard FONOUNI, professeur agrégé d’économie et de gestion.

Pourquoi y a-t-il toujours plus de chômeurs en France ?

Notre économie sort enfin de la récession en ce début d’année 2010 et la crise financière est désormais derrière nous. Mais ne nous réjouissons pas trop vite, car le chômage pourrait bien ternir cet optimisme économique. En effet, la dégradation du marché du travail, inquiétante par sa brutalité et son ampleur, ne devrait pas ralentir rapidement tout au long de l’année 2010, avec une reprise laborieuse de 1,5 %. Voilà le signe que le chômage reste toujours le point noir de notre économie. Mais s’en soucie-t-on vraiment  ? Cela fait maintenant plus de trente ans qu’il demeure à un niveau élevé, et aujourd’hui il menace des pans entiers de la population active.

Tous les salariés ne sont pas frappés de la même façon  : les jeunes, les moins qualifiés, les femmes et certains « seniors » sont de loin les plus exposés. Le chômage a connu quelques timides baisses entre 2000-2002 et 2006-2007, mais durant l’année 2010 il aura du mal à passer en dessous de la barre des 9 % de la population active à cause des taux de croissance poussifs. En l’espace d’un an, le nombre de chômeurs a augmenté de 19,7 %, une dégradation d’autant plus inquiétante si l’on en juge par la configuration de la pyramide des âges. Une telle perspective démographique était pourtant porteuse d’une amélioration de l’emploi à partir de 2010. Cependant, l’allongement de la durée des cotisations des retraites, le recours aux heures supplémentaires défiscalisées et le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite assombrissent cet horizon démographique en réduisant les embauches. Alors pourquoi une telle impuissance à faire reculer cette maladie économique et sociale  ? Serait-elle devenue incurable, comme sembleraient l’indiquer les chiffres depuis plusieurs années  ?

Le chômage est en train de se banaliser et devient dorénavant un mal économique qu’il faudra s’habituer à supporter en période de croissance. Aujourd’hui, à défaut de traitements économiques coordonnés et efficaces, les pouvoirs publics ne prescrivent plus qu’un traitement social pour l’atténuer, qui malheureusement trouve rapidement ses limites devant la gravité de la maladie. En réalité, ce mal qui n’épargne aucun salarié, qui entretient toujours la crainte de l’exclusion sociale et du désespoir, ne mobilise toujours pas tous les acteurs économiques malgré l’engagement des gouvernements. Pourquoi  ? Ferait-il moins de dégâts sur notre économie que la crise financière  ? Ou ferait-il plus de bien que de mal à certains acteurs de la vie économique  ? Nous voilà au cœur du débat. En effet, un niveau élevé de chômage fragilise le monde du travail et le pouvoir syndical. Il décourage toute revendication salariale par crainte de menacer l’emploi. Les grandes entreprises profitent de cette situation car toute modération salariale représente des gains de compétitivité supplémentaires pour affronter la concurrence internationale. De fait, le chômage permet de maintenir un partage de la valeur ajoutée plus favorable aux actionnaires qu’aux salariés, accroissant ainsi leurs profits. Qui s’en plaindrait, si davantage de profits créent davantage d’emplois  ? Or ces profits d’aujourd’hui, à défaut de consommation supplémentaire, « ne font pas les investissements de demain et les emplois d’après-demain ». Bien au contraire, ils se détournent trop souvent de l’économie réelle pour alimenter les bulles spéculatives. Le chômage entretiendrait donc le chômage en freinant la progression du pouvoir d’achat. Alors, y a-t-il vraiment urgence à mettre fin à une spirale qui favorise la segmentation du marché du travail en nourrissant la dualité entre les contrats précaires et les contrats à durée indéterminée, qui oblige les salariés à accepter la précarité pour renouer avec l’emploi  ? Il est bien le signe que le travail est toujours considéré par les entreprises comme une marchandise et non comme une ressource humaine. Or, tant que les entreprises auront cette approche comptable, rien ne changera. Tant qu’elles n’auront pas intégré le travail comme une richesse et non uniquement comme un coût dans leur culture ou leur modèle de management, il sera
toujours plus difficile pour les gouvernements de réduire véritablement le chômage. Toutes les mesures financières et fiscales incitatives à la création d’emplois prises en faveur des entreprises n’ont jamais permis d’accroître durablement les offres d’emploi. Elles ont le plus souvent débouché sur la création d’emplois précaires. Le chômage deviendrait-il désormais une variable sociale d’ajustement utile pour certains acteurs économiques  ? Ce qui justifierait la faible mobilisation pour l’éradiquer  !

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Feb 2010 à 19:14

Editorial par Jean-Emmanuel Ducoin

Dé-citoyenneté

L’histoire et ses tourments nous enseignent que l’efficacité d’une « idée » ne se détache jamais d’une dynamique sociale ou politique. A contrario, l’horreur d’une formule infâme imposée par ceux qui nous gouvernent ne saurait s’affranchir 
d’un contexte idéologique régressif, 
où la vie humaine et le minimum vital, censés inaliénables, deviennent quantité négligeable. Ainsi, notre raison défaille, sans rémission possible, quand nous entendons ces mots  : « Chômeurs en fin de droits. » L’expression même, en son indignité, telle une insulte ou un déni à l’idée d’appartenance républicaine, symbolise à elle seule l’état mental de la France en voie d’atomisation sociale. Une dé-citoyenneté organisée. Pas à pas…

Ensauvagement du temps qui est le nôtre. Déjà variables d’ajustement du capitalisme, chair à canon des actionnaires, les salariés sans emploi peuvent devenir du jour au lendemain des « sans-droits ». Des citoyens de si-peu qu’ils ne méritent plus aucune solidarité… Si la simple protestation morale ne suffit plus, que les démagogues de la parlotte et du charité-business la-main-
sur-le-coeur regardent 
un peu les chiffres 
qui épuisent les âmes. 
Avant fin 2010, 
plus d’un million 
de chômeurs supplémentaires ne bénéficieront plus d’aucune indemnité. Combien seront alors éligibles aux minima sociaux, RSA ou ASS, pour quelques centaines d’euros  ? Une minorité. Au moins 600 000 Français vont rejoindre les sans-rien, pour lesquels la vie a basculé dans la paupérisation.

Jadis, la responsabilité endémique des puissants s’évanouissait parfois dans l’obscurité du libéralisme financiarisé et du chacun-pour-soi. Maintenant, visages démasqués, ils inventent un vocabulaire macabre  : « Fin de droits ». Tandis qu’ils sauvent les banques à coups de milliards, comme on donnait la mitraille sur les sacrifiés, tandis qu’ils installent un bouclier fiscal et toujours plus de réductions de cotisations patronales, tandis qu’ils annoncent un allongement de l’âge du départ à la retraite et un super-plan d’austérité, ils nous abreuvent du discours habituel. « Dettes publiques », « principes de réalité », « économie mondialisée »… qu’il fallait prétendument « moraliser »  ! Sarkozy n’évoquait-il pas, sur TF1, des lendemains 
qui chantent et la baisse du chômage à venir  ? 
Des mensonges. Et un cynisme d’autant plus scandaleux que lesdites personnes en « fin de droits » ne seront bientôt plus comptabilisées dans les chiffres officiels du chômage, comme tant d’autres… Sauf que cette « fin de droits » honteuse et phraseuse dit la réalité, l’insupportable réalité des exclus, des chassés, 
des broyés en silence sous le laminoir universel 
de la machine à rentabilité.

Alors que l’heure n’est plus à tergiverser et qu’il convient d’apporter de vraies solutions durables en créant un dispositif d’indemnisation pérenne pour tous les chômeurs, lisez les témoignages que nous publions aujourd’hui. Autant de coups de marteau 
sur les portes dorées des dominants. Autant de courage cumulé, pour résister et vivre, juste vivre, dans la dignité. Oui, ce courage, en tant qu’il s’agit de traiter le présent 
et l’urgence. Comme une insurrection populaire.

Les chômeurs attendent leur plan de sauvetage

Le devenir du million de chômeurs en fin de droits en 2010 est au menu du sommet social entre Sarkozy et les syndicats. Depuis plusieurs semaines, Medef et gouvernement se renvoient la balle mais refusent d’annoncer la moindre aide pour ces victimes de la crise.

Alors que la question du million de chômeurs qui arriveront en fin de droits courant 2010 est ce matin au menu du « sommet social » entre le président Nicolas Sarkozy et les syndicats, la réalité apparaît de plus en plus clairement  : le gouvernement et le Medef, qui depuis plusieurs semaines se renvoient la patate chaude, sont bien décidés à la laisser refroidir, et à ne pas débourser un centime pour aider financièrement ces sans-emploi en difficulté.

les chômeurs doivent se débrouiller  !

Sur TF1, le 25 janvier, Sarkozy avait donné le ton. Tout en s’engageant façon cow-boy à « ne laisser tomber personne », il avait insisté  : « La solution n’est pas dans la multiplication des aides de toutes sortes. » Vendredi, dans les Échos, le secrétaire d’État à l’Emploi, Laurent Wauquiez enfonce le clou en affirmant que « notre priorité, c’est d’abord d’aider à retrouver un emploi. Nous devons donc mobiliser les outils qui le favorisent », et en attendant l’embellie, les chômeurs doivent se débrouiller  ! Enfin, hier, dans le Journal du dimanche, la présidente du Medef, Laurence Parisot, propose sans vergogne une aide… pour les employeurs, sous forme, une fois de plus, d’exonération de cotisations pour ceux qui auront la bonté d’embaucher des demandeurs d’emploi en fin de droits. Vendredi, la deuxième rencontre entre patronat et syndicats sur le sujet n’a débouché sur aucun accord. Les syndicats CGT, CFTC et FO réclament un cofinancement Etat-Unedic pour d’un côté prolonger les allocations chômage, de l’autre assouplir les critères d’accès à l’allocation spécifique de solidarité (ASS) versée par l’État. La CFDT, qui préside l’Unedic, se contente de demander un effort de l’État, tandis que le Medef estime que la question est « complexe et nécessite d’affiner les chiffrages pour trouver des solutions adaptées ».

des chiffres contradictoires

Les chiffres, pourtant, sont connus, et précis. Sur le million de chômeurs en fin de droits (en augmentation de 18 % par rapport à 2009, du fait de la crise), Pôle emploi a calculé que 170 000 seulement auront droit à l’ASS, 220  000 au RSA (ex-RMI), 10 000 partiront en retraite, 90 000 retrouveront un emploi de plus de six mois, 100 000 trouveront un travail précaire et pointeront de nouveau à l’assurance chômage avant la fin de l’année. Un décompte aussitôt utilisé dans la presse pour réduire la polémique à 400 000 chômeurs « au revenu incertain », comme si le RSA et l’ASS, d’un montant de 460 euros par mois pour une personne seule, représentaient une solution. Au-delà de la bataille de chiffres, l’affaire met en lumière le problème de la faiblesse des minima sociaux, deux fois en dessous du seuil de pauvreté, et de la restriction continue, depuis trente ans, des droits des chômeurs à l’assurance chômage.

« Il faut enfin reconnaître que, dans ce pays, il n’y a pas d’emplois pour tout le monde, et que le droit à l’emploi n’est pas respecté. À partir de là, la société doit arrêter de rendre les chômeurs responsables de leur situation, et leur garantir le droit à un revenu décent », a rappelé jeudi Marc Desplats, du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP), qui, comme les trois autres organisations de chômeurs, revendique une augmentation substantielle des minima sociaux et une amélioration de la couverture chômage, a contrario de la tendance au durcissement des critères d’accès. Pour l’ASS, 80 % des dossiers sont rejetés à cause de l’exigence d’avoir travaillé cinq ans dans les dix dernières années, instaurée en 1997. Côté Unedic, la dégradation des droits, au fil des conventions d’assurance chômage, est spectaculaire. Une note de l’Unedic du 3 février dernier rappelle qu’en 1992 un chômeur qui avait cotisé quatorze mois avait droit à trente mois d’allocation. En 2003, ses droits ne sont plus que de vingt-trois mois, puis douze mois en 2008, puis quatorze mois en 2009. La durée a été divisée par deux en vingt ans, mais il faudrait se consoler avec les propos du président Sarkozy  : « Le pays où l’on indemnise le plus longtemps, c’est la France. »

Fanny Doumayrou

Repères :

LA DURÉE D’INDEMNISATION NE CESSE DE DIMINUER

Quatorze mois d’activité au cours de vingt-quatre mois donnent droit à l’indemnisation pendant :
- 30 mois en 1992
- 23 mois en 2003
- 12 mois en 2008
- 14 mois en 2009

Chômeurs « Est-ce qu’on peut vivre avec 460 euros par mois  ? »

Huit ans après la fermeture de l’usine Moulinex de Caen, au moins 200 anciens salariés sont dans une situation critique, explique Maguy Lalizel, de l’association Apic-Mx.

« On dit que pour les chômeurs en fin de droits qui vont toucher le RSA ou l’ASS, il n’y a pas de problème, ils continuent à être indemnisés. Mais est-ce qu’on peut vivre avec 460 euros par mois  ? Quel homme politique a essayé de vivre avec ça, alors que le seuil de pauvreté est à plus de 800 euros  ? » Maguy Lalizel est une femme en colère. Ancienne ouvrière et syndicaliste chez Moulinex à Cormelles-le-Royal, près de Caen (Calvados), elle anime aujourd’hui l’association Apic-MX (1), qui maintient le lien entre les ex-salariés de l’usine, fermée en novembre 2001. À ce titre, elle a suivi le destin d’une partie des 1 300 salariés du site –  dont 66 % de femmes  – jetés à la rue après des années de travail. Huit ans après, le bilan est lourd  : sur les 700 adhérents de l’association, 180 sont dans une situation critique, sur le point de basculer dans les minima sociaux. Et encore, une bonne partie des anciens ont été « sauvés par l’amiante », comme ils disent amèrement  : l’exposition au poison a permis à la moitié de l’effectif, comme Maguy, de partir en retraite anticipée, leur épargnant quelques années de galère. « Même si on est fort, le chômage est une vraie souffrance, souligne Maguy. Quand vous avez envoyé 300 CV et reçu seulement cinq ou six réponses, toutes négatives, que votre demande de formation est rejetée, que vous avez cinquante-trois ans, vous vous demandez  : à quoi je sers  ? est-ce que j’existe encore  ? Moi aussi j’aurais pu plonger, comme d’autres. » Il faut en plus subir le discours ambiant, culpabilisant  : « On fait des cadeaux sans contrepartie aux banques responsables de la crise, mais, en revanche, le chômeur qui touche 1 000 euros, on l’accuse de pas vouloir bosser, et on lui rappelle qu’il a des droits et des devoirs  ! », s’emporte la militante, pour qui le fait de s’organiser, de rester liés après un plan social est un « camouflet pour le Medef, les patrons, le gouvernement ».

Parmi les anciennes collègues, il y a toute la palette de situations. « Pour celles qui sont en ASS ou au RSA, c’est très dur, raconte Maguy. Une fois que le loyer est payé, certaines n’ont que 1 euro par jour pour vivre. J’en ai connu une qui se nourrissait de café au lait avec du pain et de la margarine. Pour des femmes qui ont été indépendantes toute leur vie, c’est une grande honte d’aller aux Restos du cœur. Et puis toute vie sociale disparaît quand la priorité c’est de payer le loyer et de trouver à bouffer. » D’autres ne touchent rien, parce que leur conjoint travaille et que les allocations sont versées en tenant compte des revenus du ménage. « Ces femmes ont fait trente ans à l’usine, elles ont cotisé, mais arrivées en fin de droits elles dépendent de leur mari  ! », peste Maguy. Une minorité a retrouvé un CDI. « D’autres s’en sont sorties en tournant en intérim sur toutes les boîtes du coin. Mais avec la crise, ça devient difficile. » C’est le cas de Martine, cinquante-trois ans, qui, jusqu’à présent, avait réussi à travailler huit ou dix mois par an en intérim. « Mais depuis le 11 décembre, je n’ai plus rien. Je suis inquiète car j’arrive en fin de droits en août, et le temps défile à toute allure. » Industrie, ménage, transport, elle est prête à tout prendre malgré sa « facture Moulinex »  : deux coudes bousillés qui la font souffrir au travail.

F. D.

(1) Affiliée au Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP).

Apeis, « Des allocations pour tous les chômeurs »

Porte-parole de l’Apeis, Christiane Grave pointe les effets sociaux de la « fin de droits ».

En 2010, le nombre de chômeurs arrivant en fi n de droits va crever tous les plafonds. Qu’en dites-vous ?

CHRISTIANE GRAVE. C’est insupportable : 1 million de chômeurs vont perdre leurs allocations chômage et près de 600 000 d’entre eux n’auront droit ni à l’allocation spécifique de solidarité (ASS) ni au revenu de solidarité active (RSA). Cela a des conséquences économiques désastreuses : comment faire pour s’en sortir quand on n’a rien, ou si peu, ou les 450 euros de l’ASS ou du RSA ? Mais cela produit aussi des effets sociaux délétères, car ces maigres minimums sociaux sont conditionnés aux ressources du ménage : dans un couple où le conjoint conserve un boulot, on met le mari ou l’épouse, privé de travail, dans une situation de dépendance. Celui ou celle qui se retrouve sans ressources est aussi complètement soumis à l’autre : il y a un aspect psychologique qui peut créer des tensions dans les couples…

Quelles revendications portezvous ?

CHRISTIANE GRAVE. Pourquoi faudrait-il laisser le pouvoir continuer d’organiser la misère ? Il y a de l’argent dans certaines caisses, mais des gens finissent dans la rue et ils y meurent. On continue de transformer les chômeurs en boucs émissaires en les contrôlant de manière pointilleuse, en vérifiant avec minutie leurs ressources jusqu’au moindre Livret A… Nous demandons que, pour vivre décemment, le chômage soit indemnisé sur la base d’un smic à 1 500 euros. Il n’est pas possible de laisser des gens sans aucune ressource, alors qu’on attaque sans cesse les principes de l’impôt progressif comme de l’impôt sur la fortune, et que les cadeaux au patronat se chiffrent, à travers les exonérations de cotisations sociales, à des dizaines de milliards d’euros chaque année. Le gouvernement envisage d’allonger l’âge du départ à la retraite : il faut, nous dit-on, « travailler plus longtemps », mais ce que les chômeurs veulent, c’est simplement travailler tout de suite !

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR T. L.

Chômeurs. UNe indemnisation améliorée  ?

Après l’annonce du boom 
attendu en 2010 du nombre 
de chômeurs arrivant en fin de droits sans indemnisation, le gouvernement a essayé de minimiser le problème en expliquant que cette augmentation résultait de l’amélioration de l’indemnisation depuis début 2009. En effet, la nouvelle convention d’assurance chômage a réduit les durées d’indemnisation pour de nombreux chômeurs, mais a permis de toucher une allocation dès quatre mois de travail, contre six auparavant. Mais les chiffres de Pôle emploi montrent que ces précaires mieux couverts, grâce au nouveau système, représentent seulement 9 % de la population qui arrive en fin de droits.
 

Claude, 56 ans, privé d’emploi, affamé de droits

Devenir chômeur en « fin de droits », c’est être privé des ressources élémentaires pour vivre, mais aussi condamné à disparaître. Claude Houyvet ne s’y résigne pas.

Caen (Calvados), envoyé spécial. Claude Houyvet est un homme sans histoires. Ses jours se suivent et se ressemblent. Longtemps, il a lu et relu ses livres sur les guerres de 1914, de 1939, du Vietnam, etc. « Mais là, glisse-t-il, c’est terminé, j’ai fait le tour et je n’apprends plus grand-chose. » Alors pendant la journée, quand son épouse est au boulot, ça arrive que lui, il s’ennuie ferme. « J’évite de me mettre en situation de penser parce que la machine se remet à tourner. Et c’est un peu répétitif, sinistre souvent. » Claude se plonge dans le journal quand il en a un, regarde « le truc de santé sur France 5 », puis il sort marcher trois quarts d’heure dans le quartier. Il n’a pas un radis en poche, alors il se force à contourner le supermarché, avec son rayon DVD, plein des films qu’il aimerait bien voir. Il va titiller le patron du tabac du coin, un fieffé sarkozyste qui défend son mentor en toutes circonstances, et c’est lui qui repart furax d’entendre défendre contre vents, marées et crise cette politique de « saloperies contre les petites gens ». Régulièrement, Claude passe une tête à Pôle emploi, l’ancienne antenne Assedic repeinturlurée pour la fusion. « Je me montre, je rappelle que j’existe, que je suis debout. Je n’ai pas de boulot et il faut qu’ils le sachent là-bas. » Quand l’administration dit « fin de droits », qu’est-ce qu’elle décrète, en vérité  ? Début décembre, Pôle emploi a signifié, par courrier, à Claude Houyvet que ses droits à l’assurance chômage arrivaient à échéance et que, comme il ne pouvait justifier que de deux ans et sept mois d’activités salariées sur les dix dernières années, il n’aurait pas droit à l’allocation spécifique de solidarité (ASS). Comme son épouse occupe un emploi à 1 500 euros brut, il ne touche rien, enfin presque, 60 euros par mois de « complément » de revenu de solidarité active (RSA). « Solidarité », « assurance », « aide sociale », « insertion »  : des grands mots qui ont mal tourné, consacrant le traitement antisocial du chômage. Pour Claude, c’est très net  : il est en quelque sorte « en fin de droits » depuis qu’il a été licencié il y a vingt-sept ans. Et il sait que, dans cette situation, on ne vit plus, on cherche avant tout à ne pas crever. Claude y arrive, malgré tout. « Dans mon enfance, je rêvais beaucoup, je n’imaginais pas que le système pouvait être aussi pourri. » Après son service militaire, il rentre chez Wonder, une grosse boutique de 1 000 ouvriers à Lisieux. « J’ai vu le monde basculer quand ils se sont mis à remplacer la main-d’œuvre par des machines. Aujourd’hui, quand je vois les ordinateurs à la place des caissières dans les magasins, j’en suis malade. » En 1983, le tournant de la « rigueur » dans le pays, la casse dans le Calvados  : l’usine est condamnée, Claude avec. Quelques années auparavant, son premier mariage a volé en éclats, puis son père s’est suicidé. Il fait une formation de l’Afpa pour le bâtiment, mais le secteur est dans la panade, apprend-il, trop tard, et les patrons qui auraient dû venir « tâter les gars » à la fin ne prennent même pas la peine de se pointer. C’en est trop, c’est l’alcool. Quelques années au fond du trou. Sa femme actuelle l’en tirera. Mais en janvier 1992, parti signer son embauche dans une boîte, il est percuté par une voiture qui dérape sur le verglas  : il restera allongé huit mois et fera de la rééducation pendant deux ans, reconnu travailleur handicapé – il a une cheville « bousillée » –, mais pas indemnisé. Son CV, comme du gruyère  : 1994, puis 1997, puis 2003, etc. Il fait des stages et encore des stages, deux mois par-ci, six mois par-là  : « C’est du travail, en fait. De toute façon, je ne me vois pas rester derrière à regarder… Quand je ne fais rien, le temps ne passe pas, alors je bosse. » Et sans détour, il raconte en détail l’expertise des métiers qu’il a exercés, toute cette vie largement volée. Dernier emploi en date, entre 2006 et 2008, un « contrat d’avenir » au CCAS de Caen, payé 750 euros pour 26 heures de travail hebdomadaire. « Au bout du compte, on a trimé pendant deux ans sans être reconnus et ça se termine comme ça, personne ne vient dire “merci” ou “vous nous faites chier”, c’est juste fini. » Chaque jour, Claude Houyvet guette, enfiévré. Les droits s’achèvent, pas la colère – inextinguible, celle-là. « J’espère que ça va péter, souffle-t-il. Merde, ceux qui ont fait sauter la Bastille, ils n’étaient pas informés comme nous, nous sommes informés. Tous ces gars qui vont finir en fin de droits avec rien, où vont-ils aller  ? Et ceux qui auront l’ASS ou le RSA, mais qu’est-ce qu’ils vont foutre avec leurs 450 euros par mois  ? C’est l’argent de poche que les bourgeois donnent à leurs enfants, ça  ! Là, on n’a plus à négocier, il faut frapper. En France, il y a quand même plus d’ouvriers que de patrons  ! Si tous les gens sortaient ensemble pendant deux jours ou, allez, une semaine, croyez-moi que la situation changerait. »

Thomas Lemahieu

Chômeurs. « Je m’appelle 0144944Y »

Christophe Guilloteau, trente-neuf ans, 
Bully-les-Mines (Pas-de-Calais), titulaire d’un diplôme 
en communication culturelle, 
sans emploi, -sans droits aux Assedic.

« Mon parcours professionnel débute après une maîtrise en pâtisserie. Mais je suis devenu asthmatique à cause de la farine. Pas reconnu victime d’une maladie professionnelle. Curieux, volontaire, autodidacte en informatique, j’ai décroché un emploi de responsable de support technique dans une société de services. 1 300 euros par mois. Mais aucune évolution possible. À l’époque, la gauche était au gouvernement et il existait une vraie demande dans les métiers de la culture, ici, dans le bassin minier du Pas-de-Calais. J’avais déjà occupé un poste de responsable multimédia pour une scène nationale, j’ai entrepris un Fongecif pour me former. J’ai obtenu en 2007 un diplôme en communication à dominante culturelle, mais, entre-temps, la droite et Sarkozy sont arrivés au pouvoir et les subventions d’État n’étaient plus à la hauteur des besoins dans les structures. Emploi gelé, y compris 
dans les équipements municipaux. La mairie m’a conseillé d’attendre le vote du prochain budget. Le temps a passé, le budget n’a pas permis les embauches. Malgré de nombreuses démarches de recherche d’emploi  : rien.

J’ai perdu tout droits Assedic le 7 septembre 2009. Depuis des mois, je m’astreins à me lever à 8 heures, à me doucher, à m’habiller de propre, à entretenir ma coupe de cheveux, à débuter chaque journée par un tour des offres d’emploi. Dès que j’ai 1 euro je l’investis dans l’encre et les CD pour adresser des CV. Plus de moments de détente possibles, ni avec les enfants ni avec des amis. Je taxe des clopes. J’emprunte quelques euros par-ci par-là. Compte à découvert, la banque a cessé d’honorer les prélèvements du téléphone et de l’assurance de la voiture, que je ne peux plus entretenir. Et, sans ça, comment espérer trouver du travail  ? 
Menacé d’expulsion de mon logement depuis quelques mois, mon ex-épouse n’a pas voulu que le père de ses deux enfants soit à la rue. Elle m’héberge. 
Vous mesurez tout ce que cela sous-entend  ?

Oui, on s’en prend d’abord à soi-même. Puis on comprend. Le système. Le Pôle emploi ressemble à une place de marché. Un monde fou  ! La conseillère avec qui j’ai un contact dix minutes tous les mois ne peut que me proposer des offres auxquelles j’ai déjà répondu via leur site Internet. Le problème c’est que je ne peux pas exprimer ma motivation et mes compétences multiples dans leur système de cases exhaustives à cocher  ! Je m’appelle 0144944Y. Encore reçu cette semaine un courrier avec la formule habituelle  : je ne peux pas transmettre votre CV à l’employeur car vous êtes très éloigné du profil qu’il recherche. Foutu CV anonyme  !

Justement, je ne veux pas être un anonyme  ! On ne peut même pas se retrouver face à un employeur et tenter de se vendre. La banque vient d’accepter un plan d’apurement de mon découvert, et le maire évoque un possible contrat unique d’insertion. En attendant… 
Mais où sont-ils les fameux plans de l’après-charbon  ?
Je vous jure, j’en suis à détester cette région, alors 
que j’y suis né  ! »

Propos recueillis par Laurence Mauriaucourt

Mobilisation, le 26 février

« Il n’est pas possible qu’il y ait toute une partie de la population sans moyens d’existence », ont déclaré, hier, les quatre organisations de chômeurs AC  !, Apeis, MNCP, CGT chômeurs, dans un communiqué commun, appelant à une journée d’action 
le 26 février, date d’une possible rencontre entre Medef et syndicats sur la question des fins de droits. Les organisations rappellent leur revendication d’un revenu décent pour tous, 
et du retrait de l’indemnisation liée aux ressources du ménage.
 
 
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