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BHL

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    Envoyé : 18 Jan 2008 à 15:44

Tous nazis

Dans son dernier livre, Bernard-Henri Lévy entend dresser un « relevé des laboratoires où fermente le pire (1) ». Y figurent par ordre d’apparition :

Hugo Chávez, « dont l’épiscopat latino-américain lui-même note que la rhétorique antilibérale rappelle celle “des régimes de type fasciste ou nazi” ! ». (p. 200)

Etienne Balibar, Daniel Bensaïd, Pierre Bourdieu, Jacques Derrida, jugés responsables de « la redécouverte affirmée, et même claironnée, (...) d’un théoricien que son antilibéralisme a conduit au pire, c’est-à-dire au nazisme : Carl Schmitt. (...) Un Carl Schmitt qui nous est carrément présenté comme le sauveur d’une gauche à la dérive ne sachant plus à quel saint ni, en l’espèce, à quel diable se vouer ». (p. 203-209)

Slavoj Zizek, Peter Sloterdijk (en plus des précédents) : « C’est tout un pan de l’intelligentsia européenne qui marche comme un seul homme derrière cette idée curieuse et, plus on y réfléchit, hallucinante selon laquelle il reviendrait à un penseur nazi [Schmitt] de tirer la gauche de son impasse. Seul un dieu peut nous sauver, disait Heidegger. Seul un nazi peut nous sauver, répète, en écho, cette frange de la gauche. » (p. 210)

Emmanuel Mounier, Jean-Marie Domenach : « Cette idée [attribuée à Mounier et à Domenach] que le vrai danger n’est pas l’URSS mais l’Amérique, le communisme mais l’américanisme, on la retrouvera chez les idéologues de la nouvelle droite des années 1980. Puis, dans toutes les sectes néonazies, déjà évoquées, du type Nouvelle Résistance. Puis, enfin, au Front national » (p. 262)

Le Monde diplomatique  : « Prenez tel éditorial du Monde diplomatique expliquant comment l’Amérique (...) a trouvé l’arme secrète pour “domestiquer les âmes” (...) – quasiment les mots de Drieu la Rochelle (...). Prenez encore, dans le même numéro du Monde diplomatique, (...) les troubles relents qu’a la dénonciation de l’“establishment cosmopolite de banquiers et de juristes d’affaires” qui domine l’Amérique et, donc, le monde. Maurras ou, aujourd’hui, Le Pen n’aurait pas dit mieux... Et dans tel autre article signé Loïc Wacquant et Pierre Bourdieu, (...) comment n’être pas sensible, encore, aux troubles assonances avec l’autre antiaméricanisme, le seul, le vrai, celui d’Arthur Moeller Van den Bruck, inventeur de la formule “Troisième Reich”. » (p. 269-270)

Michael Moore : son film Fahrenheit 9/11 « n’était qu’une variation sur les vieux thèmes isolationnistes, populistes, hypernationalistes et chauvins des Pat Buchanan et autres extrémistes de droite américains (...) ». (p. 271)

Harold Pinter (et, à nouveau, Chomsky et Bourdieu) : « On croit écouter Pinter, Chomsky, Bourdieu, ou un néotrotskiste. Mais non. Ce souffle, ce style policier, cette obsession des manipulations (...), cela nous ramène tout de même, je le crains, aux délires de la police tsariste fabriquant son fameux faux censé prouver la domination du monde par les juifs. » (p. 287)

Noam Chomsky, « ce maniaque du négationnisme ». (p. 295)

Olivier Besancenot, l’association Attac : « Pourquoi n’en avons-nous entendu aucun, jamais, nous dire ce qu’il pensait du président iranien Ahmadinejad déclarant, de façon répétée, que l’annihilation d’Israël était son rêve ? » (p. 341)

Parlant des écrits de « BHL », Cornelius Castoriadis y découvrait dès 1979 « un bon échantillonnage des procédés de la fourberie stalinienne ». Le jugement est sévère car Bernard-Henry Lévy nous assure écrire « sans esprit de polémique » (p. 243), même si « je simplifie, naturellement  » (p. 251). Il nous recommande même : « Voyons plutôt les choses avec calme et sang-froid » (p. 264). Lui est « formé, je crois, à la curiosité et au respect » (p. 395).

Sur ce ton respectueux, on fera observer à « BHL » qu’il prend la défense de l’industriel américain Henry Ford (p. 262). Lequel inspira Adolf Hitler (2). Que, comme il le note lui-même, son engagement dans la cause du Darfour l’a fait « croiser un nombre croissant de militants islamiques, voire islamistes, liés, en particulier, au Nation of Islam de Farrakhan... ». M. Louis Farrakhan est un prédicateur antisémite.

Mais, plutôt que de lui faire observer quoi que ce soit, mieux vaut peut-être le renvoyer à ses propres écrits :

« Parfois, les bras vous en tombent, la lassitude vous vient, ou le dégoût – à quoi bon ? jusqu’à quand ? peut-on faire entendre raison à qui ne veut, de toute façon, rien entendre ? » (p. 322)

En effet.

Serge Halimi.

 
Sinon une vidéo marrante LOLLOLLOLLOL :
 
Entartage de Bernard-Henri Lévy en 1985
Commentaire de Pierre Desproges chez Michel Denisot


Edité par T 34 - 19 Feb 2010 à 17:58
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Jan 2008 à 16:00

L’oligarchie, le Parti socialiste et Bernard-Henri Lévy

 
Les mobilisations sociales en France, dans les transports et dans la fonction publique, vont-elles rééquilibrer un climat général caractérisé par une offensive des forces conservatrices ? Depuis l’élection, en mai dernier, de M. Nicolas Sarkozy, les décisions du gouvernement n’ont cessé de favoriser les plus privilégiés (fiscalité) et de déstabiliser les plus vulnérables (droit du travail, couverture médicale, immigration). Cet assaut a rencontré peu de résistances, en partie parce que certains syndicats et partis politiques paraissent avant tout désireux de négocier les conditions de leur défaite. La principale formation d’opposition, le parti socialiste (PS), qui a déjà fourni nombre de ministres et de membres de commissions officielles au nouveau pouvoir, envisage à présent de substituer à sa vieille stratégie d’union de la gauche celle de l’alliance au centre et de proclamer plus solennellement son soutien au marché, au libéralisme, à l’individualisme, comme l’ont fait les travaillistes britanniques et l’ancien Parti communiste italien. Une telle orientation a replacé au centre du débat idéologique français un intellectuel au crédit entamé mais à la présence médiatique envahissante : Bernard-Henri Lévy.

Par Serge Halimi

Monsieur Bernard Arnault offrait, le 17 septembre dernier, une sympathique réception à l’occasion des 60 ans de Dior. Champagne Dom Pérignon, caviar, « 75 maîtres d’hôtel pour 25 tables », « 14 cuisiniers », « 300 chaises “médaillon” faites pour la soirée », « 4 000 roses pour les centres de tables et les décorations florales », « 8 000 brins de muguet », « 3 800 pipettes d’eau pour les abreuver » : on ne regarda pas à la dépense. Mais les 270 convives n’étaient pas non plus n’importe qui : la ministre de la justice Rachida Dati, le ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement Brice Hortefeux « et sa femme, en Dior », le maire de Paris Bertrand Delanoë, « Claire Chazal, en Dior », MM. Hubert Védrine et Jean-François Copé, le chanteur Elton John, « Frédéric Mitterrand et la baronne Ernest-Antoine Seillière », « l’impératrice Farah », « Christine Ockrent, en Dior, à la table d’Hélène Arnault », etc. (1). Egalement présent, le premier ministre François Fillon indiqua quatre jours après la réception : « Je suis à la tête d’un Etat qui est en situation de faillite. Ça ne peut pas durer. »

Le faste ostentatoire des milliardaires ne date pas d’hier. Mais la portée sociale de ces agapes déborde dorénavant le cadre des magazines. Avec l’élection à la présidence de M. Nicolas Sarkozy, une nouvelle configuration du pouvoir paraît se mettre en place qui parachève la fusion de quelques composantes de l’élite française : dirigeants économiques, faiseurs d’opinion, responsables politiques de droite comme de gauche – pourvu qu’ils soient libéraux. Quand ils sont très riches, c’est mieux encore.

Patron du groupe de luxe LVMH, M. Arnault détient la plus grosse fortune de France (17,2 milliards d’euros en 2006). Il est l’ami personnel du président de la République, qui assista, il y a deux ans, aux noces de sa fille Delphine. Ce fut un beau mariage, auquel furent conviés six membres du gouvernement d’alors, dont M. Copé, actuel président du groupe majoritaire à l’Assemblée nationale, et M. Védrine, ancien ministre socialiste des affaires étrangères et membre du conseil d’administration de LVMH. Un long camion avait permis de transporter sans la plier la robe de la mariée.

M. Arnault possède un quotidien économique, La Tribune, qu’il aimerait céder pour en acheter un autre, plus influent, Les Echos. Les salariés des deux journaux s’opposent au projet, mais le chef de l’Etat appuie son ami. En 2006, LVMH a attribué 1 789 359 stock-options, dont 450 000 pour le patron du groupe, soit 25,15 % (2). Enfin, le Parlement vient de lui voter de plantureux avantages fiscaux, peut-être pour le remercier de combattre l’inflation en demeurant toujours aussi vigilant sur le front des salaires de ses ouvrières, souvent payées au smic.

Si le premier ministre travailliste Gordon Brown sollicite les conseils de M. Arnault, ce dernier se perçoit en revanche comme un paria dans son propre pays : « Le problème des patrons en France, explique-t-il, c’est que la France a une difficulté par rapport à l’économie de marché. (...) Je crois que l’influence marxiste existe toujours. Depuis une vingtaine d’années, elle s’est même développée au niveau des discours politiques  (3). »

« Influence marxiste » ? Nous ne vivons décidément pas dans le même pays que M. Arnault : son ami est à l’Elysée, l’opposition de gauche parle à son tour, comme au Royaume-Uni, de réhabiliter le libéralisme, l’individu, le mérite, l’argent. Enfin, et ce n’est pas rien, Bernard-Henri Lévy, ami des milliardaires, libéral, proaméricain, gestionnaire avisé de sa propre fortune (immense) et vieux routier du show-business intellectuel, est en passe de devenir un des penseurs les plus écoutés du Parti socialiste (PS)...

Il monte en France un fumet d’oligarchie. L’argent est à l’honneur. Le gouvernement fait la part belle aux avocats d’affaires ; des députés influents comme M. Copé affichent leur ambition d’accomplir leur mission publique tout en faisant fortune dans le privé. Les scandales boursiers et financiers (lire « Trop raisonnables, les salariés d’EADS ? »), la pâmoison qui entoure les milliardaires, la banalisation du lobbying évoquent la principauté de Monaco, ses vedettes et ses casinos. Le mariage d’un député socialiste, M. Henri Weber, devient un événement mondain de grande ampleur auquel assistent d’anciens gauchistes devenus, comme M. Kouchner, des ministres sarkozystes (4). Placé par le président de la République à la tête d’une « commission pour la libération de la croissance française », le socialiste Jacques Attali se convertit en dévot de la concurrence et en commis des hypermarchés. La restauration prend ses aises (5).

Le 13 juin 1971, au congrès d’Epinay, François Mitterrand dénonçait à la tribune « toutes les puissances de l’argent, l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui tue, l’argent qui ruine, et l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes ». Aujourd’hui, Bernard-Henri Lévy propose au PS « un congrès de refondation, un anti-Epinay ». L’argent, il y voit non pas la corruption, la mort, la ruine, la décomposition, mais « la vertu qu’il a de substituer le commerce à la guerre, la frontière ouverte aux univers fermés ; le temps de la négociation, de la transaction, du compromis, qui succède, grâce à lui, à celui de l’impatience, de la violence, du troc, de la rapine, du tout ou rien, du fanatisme (6) ».

Un rempart contre le fanatisme : cette définition du capital, furieusement dans l’air du temps, n’incommodera pas trop ceux qui le détiennent. Ni le patron de LVMH et de Dior évoqué plus haut, ni M. Arnaud Lagardère, ni M. François Pinault – les deux derniers bons amis de Bernard-Henri Lévy, qui n’a jamais hésité à orienter ses tribunes de presse dans le sens de leurs intérêts d’industriels.

On dira : mais peu importe « BHL » au fond. Depuis trente ans, sa brigade d’acclamation a beau se déployer comme à la parade, et les médias s’agglutiner autour de lui, nul n’aurait l’idée de se procurer un de ses ouvrages une fois achevé le matraquage presque totalitaire de lancement de son dernier produit (7). Le titre de son autobiographie, Comédie, suggère qu’il lui arrive d’en être conscient.

En 1979, le philosophe Cornelius Castoriadis admettait sa perplexité devant le « phénomène BHL » : « Sous quelles conditions sociologiques et anthropologiques, dans un pays de vieille et grande culture, un “auteur” peut-il se permettre d’écrire n’importe quoi, la “critique” le porter aux nues, le public le suivre docilement – et ceux qui dévoilent l’imposture, sans nullement être réduits au silence ou emprisonnés, n’avoir aucun écho effectif (8) ? » Optimiste, Castoriadis ajoutait néanmoins : « Que cette camelote doive passer de mode, c’est certain : elle est, comme tous les produits contemporains, à obsolescence incorporée. » Près de trente ans plus tard, la « camelote » se vend toujours.

Le commerce auquel elle donne lieu est doublement révélateur des temps qui courent. D’une part, la démesure souvent injurieuse des écrits de Bernard-Henri Lévy et de leur mille déclinaisons audiovisuelles ne suscite plus de réaction, comme si ses cibles habituelles (la « gauche de gauche » et les intellectuels les moins soumis aux médias) avaient baissé les bras. Simultanément, les idées libérales et proaméricaines de l’essayiste entrent en consonance avec celles d’un nombre croissant de dirigeants du PS. Moins de résistances d’un côté, plus d’impact de l’autre.

Faire passer la gauche à droite

Une scène culturelle – et par extension un débat public – qui s’accommode que l’on accuse benoîtement Jacques Derrida, Pierre Bourdieu, Etienne Balibar, Noam Chomsky, Slavoj Zizek, etc., d’antisémitisme ou qu’on soupçonne certains d’entre eux de s’être placés « à la remorque » d’un « penseur nazi » (lire « Tous nazis ! »), se porte mal. Quant à une gauche qui s’inspire des analyses de « BHL », elle confirme ne pas valoir beaucoup mieux qu’un « grand cadavre à la renverse ».

L’essayiste, auquel ses amis viennent de réserver leur traitement de faveur habituel (entretiens avec Jean-Pierre Elkabbach et Jean-Marie Colombani, critique immédiate dans Le Monde, Paris Match à ses pieds, la couverture du Nouvel Observateur, etc.), a également recruté de nouveaux comparses, d’autant plus empressés à le servir qu’ils sont plus fringants que leurs aînés. Car comment réagissent le journaliste (cultivé) Nicolas Demorand sur France Inter ou Philippe Val, directeur (érudit) de Charlie Hebdo, quand certaines des figures marquantes de la gauche intellectuelle contemporaine sont traitées de fascistes, d’antisémites ou de nazies ? C’est très simple : ils ne remarquent rien. Mieux, après avoir encouragé son invité « BHL » à manier l’injure et la vulgarité, Demorand le laisse achever son propos d’un : « Nous sommes les gardiens des mots dans cette émission. » La carrière de Demorand sera longue.

Depuis sa troisième défaite présidentielle consécutive, le PS est tenté par un virage à droite. Sa mue « réaliste » est achevée depuis un quart de siècle, l’idée d’une « rupture avec le capitalisme » ne correspond plus à aucune de ses pratiques politiques (9). Néanmoins, médias et patronat lui demandent toujours d’aller au-delà, d’être plus libéral encore. Au point qu’en août dernier le député PS Henri Emmanuelli s’est cabré : « Comment ose-t-on demander sans crainte du ridicule à un parti dont est issu le directeur de l’Organisation mondiale du commerce — et demain peut-être celui du Fonds monétaire international — d’accepter enfin l’économie de marché  (10) ? »

En 1986, puis en 1993, puis en 2002, les défaites électorales du PS avaient entraîné une petite inflexion à gauche de la ligne du parti. Car avec quel sérieux aurait-on pu imputer à des politiques exagérément socialistes les revers essuyés dans les urnes par les gouvernements de M. Laurent Fabius (1984-1986), de Pierre Bérégovoy (1992-1993) ou de M. Lionel Jospin (1997-2002) ? Et ce n’est pas davantage le radicalisme gauchiste qui a caractérisé la campagne de Mme Ségolène Royal, à laquelle Bernard-Henri Lévy fut étroitement mêlé. Dans ces conditions et compte tenu de la politique de combat de M. Sarkozy, un retour, fût-il cosmétique, aux discours militants du PS aurait pu être envisagé.

C’est contre un tel péril que, faisant écho aux démangeaisons « blairistes » de plusieurs dirigeants socialistes, Bernard-Henri Lévy entend déployer sa machine de guerre médiatique. Il veut dicter à un futur gouvernement de gauche la théorisation définitive d’une orientation à la fois libérale et antirévolutionnaire. Après avoir soutenu en 1986 la privatisation de l’audiovisuel, combattu en 1995 les grévistes de la SNCF et de la RATP en dénonçant l’« irresponsabilité » d’un service public « en train de réunir toutes les caractéristiques de ce qu’on appelait, jadis, l’économie à la soviétique (11) », fustigé la « diabolisation de l’argent et de ceux qui en font métier (12) », il adresse un livre à la gauche, pour la délivrer de « ses poisons ». Et il est écouté.

La rupture qu’il propose n’est pas, sur ce point, différente de celle que promeut M. Sarkozy. « Pour des raisons qui tiennent à son passé et à l’histoire de son logiciel national[sic], c’est la France entière qui résiste au libéralisme », déplore l’essayiste, un peu comme le président. Il ajoute : « La question “la révolution est-elle possible ?” a cédé la place à une autre, bien plus troublante et, surtout, plus radicale : “la révolution est-elle désirable ?” (...) La réponse à cette question est devenue “non”, clairement “non”, ou, en tout cas, pour peu de gens. » M. Pierre Moscovici (un proche de M. Strauss-Kahn) a aussitôt fait écho à notre écrivain : « Bernard-Henri Lévy finit par un appel à la “gauche mélancolique” contre la “gauche lyrique”, à une gauche dépouillée de l’utopie révolutionnaire, ce “rêve qui tourne au cauchemar”. (...) Cette gauche-là, c’est aussi la mienne (13). »

Bernard-Henri Lévy est-il vraiment le mieux placé pour imaginer la « réponse » du plus grand nombre aux questions qu’il confectionne ? Son livre ne traite presque jamais d’économie, de finance, d’inégalités, de délocalisations, de maladies professionnelles, de pouvoir d’achat. Hormis un chapitre fluet de dix pages sur les « banlieues », la question sociale n’y figure pas. Quelques idées, qui se résument en général à l’assimilation de ses adversaires à des fascistes, flottent dans l’azote, ou dans le formol, détachées de tout lien avec les conditions sociales qui les auraient propulsées. Cela permet à l’auteur de consacrer la moitié d’un chapitre aux Khmers rouges pour préciser que ces derniers auraient « reniflé les travaux de [Charles] Bettelheim, Althusser, Lacan », mais en omettant de signaler que leur puissance a été décuplée par la guerre américaine au moins autant que par trois intellectuels parisiens...

Nul n’étant maître de sa naissance, on conçoit que l’écrivain n’ait pas souvent éprouvé le poids des inégalités (sauf au titre, moins contrariant, d’ami des riches et des puissants). On comprend plus mal que le sujet soit à ce point absent d’un manifeste adressé « à la gauche ». En 1984, il est vrai, Bernard-Henri Lévy nous avait éclairés sur les conditions de gestation de ses œuvres : « Je n’écris pas dans les cafés, mais dans les hôtels. Ceux du monde entier. A Paris, une chambre du Pont-Royal, la 812, parce qu’elle donne sur les toits et que sa terrasse domine la ville, ou celle du Georges-V, la 911. (...) Mon périmètre va du jardin du Luxembourg, où j’habite, à la rue des Saints-Pères, où nous sommes, ou au Récamier, où je déjeune souvent. L’après-midi, le Twickenham, sinon le Flore, la rue Madame (14)... »

Depuis, le « périmètre » de l’auteur a croisé d’autres univers enchantés, comme les galas des Lagardère ou le mariage de M. François-Henri Pinault, au cours duquel il fit, en 1996, « une arrivée très remarquée en se posant en hélicoptère sur les pelouses du château (15)  ». Lorsque notre philosophe épousa l’actrice Arielle Dombasle, « il fallut un avion pour amener les invités à la Colombe d’Or, l’hôtel mythique de Saint-Paul-de-Vence. Paris Match avait négocié l’exclusivité de l’événement, un reportage digne des mariages princiers, étalé sur six pages sans compter la “une” montrant une Arielle émue dans une robe blanche “en crêpe à gorgette, à dos nu, créée par Karl Lagerfeld pour Chanel”, précisa l’hebdomadaire  (16)  ». Dans la liste des conviés, Mme Liliane Bettencourt (alors première fortune de France), MM. Jack Lang, Alain Carrignon, Philippe Tesson, Védrine. Sans oublier le journaliste Louis Pauwels et l’industriel Jean-Luc Lagardère, dont, dix ans plus tard, l’écrivain prononcera l’hommage funèbre.

Bernard-Henri Lévy estime que nous ignorons ce que nous devons au capitalisme. « On croit s’en prendre à George Soros, avertit-il, et c’est Gavroche qu’on assassine. » Pas seulement Gavroche, d’ailleurs, car le « libéralisme », ce serait aussi « les Ateliers nationaux de 1848 », « l’appel à une presse émancipée », « le libéral Guizot faisant voter, avant la Commune, l’abolition du travail des enfants dans les usines ». Parfois, M. Lévy fait penser, sur ce point aussi, à M. Sarkozy. Quand le second multiplie les « réformes » pour mieux étourdir ses adversaires, incapables de contre-attaquer partout à la fois, le premier empile les noms, approximations ou facéties historiques jusqu’à donner à ses critiques le mal des hauteurs.

L’historien Pierre Vidal-Naquel soulignait la chose dès 1979 : « Qu’il s’agisse d’histoire biblique, d’histoire grecque ou d’histoire contemporaine, M. Bernard-Henri Lévy affiche, dans tous les domaines, la même consternante ignorance, la même stupéfiante outrecuidance (17). » A l’époque, Bernard-Henri Lévy écrivait que Heinrich Himmler, qui s’est suicidé en mai 1945, avait témoigné six mois plus tard au procès de Nuremberg... Là, il voit en François Guizot – un penseur conservateur et libéral de la Restauration – un des précurseurs de la Commune de Paris (dont, naturellement, Guizot appuya la sanglante répression).

Le dernier essai de Bernard-Henri Lévy a été louangé par M. Lang – « La gauche à réinventer devra s’inspirer de cet ouvrage, dont j’aime par-dessus tout la fraîcheur, la juvénilité, le souffle qui le portent (18) » –, mais aussi par MM. Vincent Peillon, Moscovici et Manuel Valls, tous trois candidats à la direction du PS. Le dernier cité, que M. Sarkozy a invité à rejoindre son gouvernement – ce qui, même si la chose ne se fit pas (ou ne s’est pas encore faite), ne témoigne guère de l’existence de divergences irréductibles entre les deux hommes –, avait successivement salué le discours de politique générale de M. Fillon « à la hauteur des attentes du pays », envisagé de faire un « bout de chemin avec la majorité à condition qu’elle nous entende » et soutenu l’abrogation des « régimes spéciaux » de certains salariés. Il réclame à présent que son parti change de nom.

Dans son livre, Bernard-Henri Lévy lui rend hommage sur ce point : « Même si nombre de socialistes continuent de s’accrocher à leur socialisme comme un vieil acteur à un rôle de répertoire, les plus lucides d’entre eux – je pense au jeune député de l’Essonne, Manuel Valls – savent qu’il n’y aura pas de salut pour la gauche sans un acte de rupture qui la fera trancher dans le vif de son histoire, donc de son nom. » Sans tarder, ledit député rédigea dans Les Echos la critique du « plaidoyer brillant » de l’essayiste, mais en omettant pudiquement de préciser que son compliment faisait « écho », justement, à celui qu’il avait reçu. M. Valls distingua le passage précis du livre qui le louangeait : « J’ai aimé cette idée selon laquelle il n’y aura pas de salut pour la gauche sans un acte de rupture qui la fera trancher dans le vif de son histoire, et donc de son nom  (19)  »...

Le jeu de miroir se prolongea quand le député d’Evry, que certains de ses camarades soupçonnent d’être un peu droitier, ajouta : « Ceux qui diront que ce livre est seulement une célébration du libéralisme et d’une gauche droitière n’auront pas voulu voir qu’il est la tentative sincère d’introspection d’un intellectuel dont on ne peut douter, un seul instant, qu’il appartienne à la famille de gauche. » M. Valls relevait néanmoins que, « s’il est un terrain que le philosophe laisse en jachère, c’est bien celui du social ». Il y a peu, se déclarer comme « BHL » « un peu sourd à la question sociale  (20) » eût écarté un intellectuel de la « famille de gauche ». Un tel ostracisme passe aujourd’hui pour archaïque – « marxiste », dirait M. Arnault.

Promouvoir le libéralisme et pourfendre le « radicalisme », le projet de Bernard-Henri Lévy est clair. M. Sarkozy à l’Elysée, il lui confectionne la « gauche morale » dont ce dernier ne peut que rêver. Celle des « grandes âmes » du théâtre de l’indignation. Elle ne gênera pas beaucoup un gouvernement qui s’emploie, selon les mots d’un ancien vice-président du patronat, à « défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance (21) ».

Serge Halimi.

http://www.monde-diplomatique.fr/2007/11/HALIMI/15294



Edité par T 34 - 18 Jan 2008 à 16:01
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Jan 2008 à 12:50

Atlantiste, américanophile, partisans et souteneur des guerres en ex-Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, soutenant les vélléité de Washington vis à vis de Téhéran,défenseur inconditionnel de l'économie de marché, romancier se donnant un faciès de "scientifique"... BHL a une tactique bien sentie pour faire écouler ses écrits: tout jouer sur l'émotionnel et la prose, se permettre de nombreux écarts et de manque de rigeur (voire même des falsifications historiques) et- face à la moindre critique- se vêtir des habits d'un persécuté

 
sources des articles reproduits ci dessous:
 
 
La critique du Testament de Dieu de Bernard-Henry Lévy (1979)

Pierre Vidal-Naquet à la rédaction du Nouvel Observateur (18 juin 1979)

(...) Il suffit, en effet, de jeter un rapide coup d’œil sur ce livre pour s’apercevoir que loin d’être un ouvrage majeur de philosophie politique, il fourmille littéralement d’erreurs grossières, d’à-peu-près, de citations fausses, ou d’affirmations délirantes. Devant l’énorme tapage publicitaire dont bénéficie cet ouvrage, et indépendamment de toute question politique et notamment de la nécessaire lutte contre le totalitarisme, il importe de rétablir, dam les discussions intellectuelles, un minimum de probité.] Je n’entends pas fournir ici une liste complète des erreurs de Bernard-Henri Lévy, cela demanderait un gros volume ; je me contenterai d’une simple anthologie de « perles » dignes d’un médiocre candidat au baccalauréat.(...)
 
  • un texte de Benjamin Constant (1818) et un autre de Fustel de Coulanges (1864) sont déclarés (p. 42) « à peu près contemporains » et c’est même le premier qui fait « spectaculairement écho » au second. À ce compte, on pourrait déclarer « à peu près contemporains » le J’accuse de Zola (1898) et l’Appel du 18 juin du général de Gaulle ;
  • de Staline, il est dit que, « au milieu de l’année 1928, […] il lance les masses sur la Place Rouge, à l’assaut d’un parti qui l’a mis en minorité et retarde pour l’heure la procession du socialisme » (p. 23). Et cette mise en minorité et cette manifestation sont une pure invention ;
  • Bernard-Henri Lévy cite (p. 278, note 49) la « déposition d’Himmler » au procès de Nuremberg. Ce dut être une déposition fantomatique, car Himmler s’est suicidé après son arrestation, par les troupes anglaises, le 23 mai 1945 ;
  • Réponse de Bernard-Henri Lévy (Le Nouvel Observateur, 18 juin 1979)

    Pierre Vidal-Naquet vient, peut-être, d’inventer un genre inédit dans la République des Lettres : le rapport de police philosophique.(...)Et, puisqu’il prétend me retirer, semble-t-il, mon brevet de « science », je lui décerne, moi, volontiers, sa médaille de procureur.

    Car enfin, entrons donc, un instant, dans le jeu de la cuistrerie. Je confesse de bon gré une grossière erreur de référence dans la note où je mentionne Himmler.

    Il y a plus grave et, sur les trois derniers points, la rage dénonciatrice débouche sur le plus étrange, le plus ahurissant aveuglement(...)
     
    Pierre Vidal-Naquet réplique à Bernard-Henri Lévy (Le Nouvel Observateur, 25 juin 1979)
     
    il affirme que j’aurais voulu le faire comparaître « au grand tribunal des agrégés ». Sculptant, avec l’aide des médias, sa propre statue, il affirme que j’ai écrit un « rapport de police philosophique » parce que j’ai dressé une petite anthologie de ses innombrables erreurs, anthologie (...)
     
     
    Constats et conclusions
     
    (1) BHL considère quiconque le critiquant comme un persécuteur, mais peu lui importe qu'il tente de stigmatiser -et ce par les plus honteuses calomnies- quiconque ne partageant pas son idéologie
     
    (2) il prétend travailler en dehors de toute polémique alors que ses textes et articles fourmillent de parti pris plus qu'évidents et d'insultes
     
    (3) il se prétend philosophe, au sens grec ancien, à savoir "qui aime les sciences"...mais jamais il n'observe la moindre rigeur scientifique; toujours dans sa lignée de "prétention" il ne fait qu'extrapoler sur les mots et donne à des évènements historiques un sens mythique, totalement fictif, mais correspondant à ses positions idéologiques
     
    (4) quand il ne peut plus jouer sur les mots, il invente des faits historiques, reconnaît à demi-mot ses falsification (qu'il désigne par un euphémisme hypocrite comme étant "erreurs") mais non sans noyer cette ligne sous un flot d'injure vis à vis de ceux qui relèvent ses procédés totalement dénué d'esprit critique
     
    (5) grand admirateur des interventions étrangères et des conflits déclenchés au nom de "la seule raison", BHL n'hésite pas à mettre en permanence en entretien certains principes de propagandes de guerre (voir l'ouvrage de l'Historienne Anne Morelli "Les 10 principes de la propagande de guerre)
     
    - notre camps emploie des armes conventionelle
    - le camps adverse est foncièrement criminel
    - quiconque nous critique est un traître
     
    Gageons que des passages réguliers chez Ruquier et autres "TVérités" gommeront sa totale absence de réflexions et rendront justice à sa plume, si démagogique et servile soit - elle


    Edité par T 34 - 09 May 2010 à 03:06
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      Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Jan 2008 à 14:34
    Martin, c'est trop petit, on voit rien
     
    Edit Martin: je viens de l'éditer, c'est mieux comme ça?


    Edité par Martin - 19 Jan 2008 à 17:15
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      Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Feb 2010 à 18:45

    La citation du jour

    « Un philosophe doit juger le vulgaire, et non juger comme le vulgaire. » CYRANO DE BERGERAC
     
    Patria socialismo o muerte

    Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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      Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Feb 2010 à 17:01
    Demorand contre BHL


    je vous préviens c'est un festival ! il y aurait trop de commentaires à faire.







    Bernard Guetta égal à sa médiocrité moyenne "qui aujourd'hui n'est pas anti-communiste !?"



    Edité par AllXS - 19 Feb 2010 à 17:03
    «Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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      Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Feb 2010 à 18:05
    Son dernier livre fait 1300 pages. DeadWackoConfused
     


    Edité par T 34 - 20 Feb 2010 à 18:02
    Patria socialismo o muerte

    Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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      Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Feb 2010 à 19:58
    un passage de l'interview très drôle que j'ai oublié de souligner tout à l'heure :

    Demorand, qui reprend la question d'un auditeur : La question philosophique contemporaine la plus importante pour vous ?

    BHL, philosophe pour rombières à bagouses : Combattre le Mal. Le Mal c'est les idéologues qui ont une vision tout blanc tout noir. (s'ensuit tout un refrain sur le fascisme, l'islamisme, le communisme) "Etre de gauche c'est être anti-communiste"

                  => Ca s'appelle avoir le sens de l'auto-contradiction, mais dans la même phrase c'est encore plus fort !

    Edité par AllXS - 19 Feb 2010 à 19:59
    «Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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      Citer Emile Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Feb 2010 à 21:24
    Toujours aussi insupportable.
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      Citer Rep. Dem Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Feb 2010 à 23:21
    En tout cas, la première vidéos est assez marrante à écouter je trouve ! LOL
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      Citer guillaume Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Feb 2010 à 00:45
    Ce guignol est capable de se contredire lui même en un minimum de temps. D'abord il récuse le "simplisme" de l'opposition "impérialisme-damnés de la Terre" pour ensuite rembrayer sur "l'imérialismle russe" en Géorgie... 2/20 en philo le gars
    Les trotskistes? Nous avons pris des mesures contre ces gens qui ne représentent rien (...) et continuent sur des positions d'extrême gauche à gêner le développement de notre Révolution - Che Guevara
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      Citer Emile Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Feb 2010 à 02:50
    Je sais pas qui je hais le plus entre sa femme et lui. D'autant plus qu'il n'y a pas raison de parler de lui en tant que philosophe, il n'a rien produit de bien exceptionnel, sinon par sa betise.

    Cette partie de l'article wikipedia est bien amusante : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard-Henri_L%C3%A9vy#Principaux_reproches
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      Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Feb 2010 à 18:56

    « L’amour, ça se fait à deux », par Nicolas Demorand et Bernard-Henri Lévy

    Publié le 22 février 2010

    Confronté à la « meute » de ses admirateurs inconditionnels, BHL se pose désormais en victime des médias…

    Mais pour faire face à l’adversité, la résistance s’organise, avec le renfort de Nicolas Demorand.

    Demorand à contre courant et à contre-emploi

    Dans sa chronique « Tous azimuts » du 18 février 2010, sur France Inter, l’animateur de la matinale prend courageusement la défense de son condisciple de Normale Sup, BHL, et invite à lire les articles défendant le philosophe sur le site Slate.fr, dirigé par le chroniqueur de France Inter Jean-Marie Colombani, deux articles « à contre-courant du contre-courant », précise Demorand. Parmi ces articles, celui de Philippe Boggio - dont Demorand oublie d’indiquer qu’il fut aussi l’hagiographe de BHL (et de Johnny Hallyday…) et qu’il concluait ainsi son article, finement intitulé « BHL victime de délit de faciès ? » :« Compte tenu de l’état de la société, de ses besoins de lynchage, de sa passion pour les oukases médiatiques, la prochaine fois, au prochain livre, internautes, lecteurs ou critiques, quelques-uns ne se retiendront plus. Bernard-Henri Lévy, ce juif... ». « Il y a dans tout cela quelque chose qui pue », commente Demorand à propos des critiques contre BHL, avant d’ajouter : « Et pour le reste sachez que Bernard-Henri Lévy sera demain l’invité du 7-10 ». Ce n’est que justice puisque ce ne sera que la septième fois depuis octobre 2007…

    Le lendemain donc, BHL est l’invité de Nicolas Demorand pour un drôle de numéro de duettistes…

    Ce matin là, le nageur à « contre-courant du contre-courant » change apparemment de rôle et endosse – à contre-emploi - celui du critique impertinent qui prend à parti le lecteur distrait des œuvres de Botul, ce philosophe imaginaire auquel seul pouvait rendre justice un philosophe à peine moins imaginaire que lui.

    Les premières questions de Demorand, diablotin de circonstance qui affecte de vouloir pousser BHL dans ses derniers retranchements, donnent le change [1].

    « Bonjour Bernard Henri Botul », dit-il pour accueillir son invité, avant de lui poser une première question : « Sérieusement, Bernard-Henri Lévy cette histoire de citation d’un philosophe qui n’existe pas, ça craint vraiment, non (comme disent les jeunes) ? » BHL ayant déclaré que ça le fait « moins marrer maintenant  », Demorand le relance : « Et pourquoi ? C’est ridicule ! ». Et une question plus loin : « Mais le monde entier, Bernard-Henri Lévy, est mort de rire ! » Reprenant les termes de la réponse de BHL : « Non mais il faut en dire plus que : ça veut dire quoi “ça tourne pestilentiel”, “ça tourne glauque” ? » BHL ayant protesté qu’on « l’attaque sur ce qu’il est, c’est-à-dire... », Demorand complète : « Un dandy richissime héritier qui vit dans des palaces et voyage dans des jets privés... Et vous répondez quoi à cette critique qui est permanente, Bernard-Henri Lévy ? », etc. [2]

    Évidemment Nicolas Demorand pose à son invité les questions indispensables à sa défense et s’abstient de parler des critiques qui visent les impostures de BHL et celles qui s’adressent moins à sa personne qu’à son personnage médiatique… Quand vient enfin cette question : « Bon. Je profite de vous avoir sous la main, Bernard-Henri Lévy, pour vous demander ce que vous avez avec les médias. Mais c’est une drogue dure, chez vous, ou quoi ? On vous voit partout  ! »

    … Pourquoi le voit-on partout ? Parce qu’il est accueilli partout et en n’importe quelle occasion : telle est la moindre des réponses, sauf quand elle est formulée par un auditeur taquin.

    Ébats et débats : « L’amour, ça se fait à combien ?
    (Voir la vidéo sur le site d'Acrimed (lien en bas de la page))

    Cette pièce en deux actes mérite qu’on s’y arrête.

    Acte I : Tout seul ou à deux ?

    - Nicolas Demorand  : « Bon, je profite de vous avoir sous la main, Bernard-Henry Lévi, pour vous demander ce que vous avez avec les médias. Mais c’est une drogue dure, chez vous, ou quoi ? On vous voit partout ! »
    - Bernard-Henri Lévy : « Je vous renverse la question, qu’est-ce que les médias ont avec moi ? »
    - Nicolas Demorand : « C’est trop facile ça. »
    - Bernard-Henri Lévy : « Bah non c’est pas trop facile. »
    - Nicolas Demorand : « Bah évidemment. »
    - Bernard-Henri Lévy : « Bien sûr que non. »
    - Nicolas Demorand : «  Ça se fait à deux, c’est comme l’amour, hein ! »
    - Bernard-Henri Lévy : « Je suis en face de vous aujourd’hui. Est-ce que je vous ai braqué ? Est-ce que je vous ai obligé ? Comment ça s’est passé ? Vous m’avez invité parce que vous avez pensé que ce serait intéressant pour vos auditeurs. Que vous allez avoir tout à l’heure des questions très hostiles, très piégeantes, très amusantes emmerdantes. Vous m’avez invité pour ça. Personne ne vous a obligé. Il faut arrêter. »
    - Nicolas Demorand  : « […] Je suis sûr que ça vous fait jouir au fond de vous voir partout dans les médias, que c’est un rapport de jouissance quasi physique et sexuel . »
    - Bernard-Henri Lévy : « Sexuel. Mais, alors... »
    - Nicolas Demorand : « …Je n’ai pas vraiment réussi à dire le mot que j’ai dans la tête... Je disais que ça se pratique à deux, ça peut se pratiquer seul aussi, enfin vous voyez ce que je veux dire. »
    - Bernard-Henri Lévy : Oui mais en général je le pratique plutôt à deux que seul , ce que vous avez dans la tête. Je suis plutôt comme ça. Je dis qu’il faut arrêter avec cette forme légère et bénigne de conspirationnisme qui suppose qu’un certain nombre de gens, en l’occurrence c’est moi, qui seraient des espèces de pieuvres tentaculaires contrôlant à distance tous les médias, tenant sous leur influence maléfique tous les directeurs de journaux, et, assurant le tintamarre de leurs œuvres avec une maestria consommée. Ca c’est une forme de conspirationnisme. Je ne suis pas le maître d’une grande conspiration. » [3]

    Que Bernard-Henri Lévy s’appuie sur un « réseau » n’est un secret que pour lui-même. Mais affirmer qu’il est le maître absolu de ce réseau et qu’il concerte avec lui sa surexposition médiatique, ce serait évidemment simpliste : cette surexposition médiatique est une coproduction quasi-spontanée de Panurge-BHL et du troupeau de ses moutons médiatiques. Panurge et son troupeau : cet amour-là se fait évidement à deux, même si les moutons sont nombreux et l’exhibition des amants quelque peu envahissante.

    Un tiers peut-il s’immiscer entre eux et inviter l’un des moutons – Nicolas Demorand - à faire preuve d’une plus grande discrétion, à distendre un peu les liens, voire à rompre ? Ce serait manifestement une ingérence dans une affaire privée…

    Acte II. Tout seul ou à deux. Mais pas à trois ?

    Comment justifier le privilège - exorbitant - accordé à Bernard-Henri Lévy qui peut s’exprimer en toute occasion et plus longuement que quiconque dans les émissions de large audience de France Inter ? Il est interdit de le demander...

    Les « questions des auditeurs » ? Nous avons, à plusieurs reprises, constaté qu’il s’agissait de questions filtrées et que la parole des auditeurs était confisquée, comme on peut le lire dans les articles suivants : « Nicolas Demorand sur France Inter : « la parole est à moi ! » (février 2008) et « Nicolas Demorand, gardien de la démocratie ? » (février 2009).

    Mais Antoine a franchi le barrage du standard, et….

    - Nicolas Demorand : « Antoine nous appelle du Pas-de Calais. Bonjour Antoine. Bienvenue »
    - Antoine : « Bonjour. Merci de prendre ma question. Je voulais m’adresser à Bernard-Henri Lévy dont je trouve les analyses souvent pertinentes. Mais nous sommes nombreux à regretter qu’il se fasse un peu trop rare sur France Inter. Alors Nicolas, pourquoi ne pas inviter plus souvent Bernard-Henri Lévy, ou mieux, lui confier une chronique quotidienne ? »
    - Nicolas Demorand : « C’est une très, très bonne idée. On va la creuser. Mais je la prends au vol. Est-ce que vous avez, cher Antoine, une question ? »
    - Antoine : « Je vais la reformuler autrement, puisque vous ne l’avez pas comprise. C’est la septième fois que vous l’invitez depuis que vous êtes sur France Inter … »
    - Nicolas Demorand (interrompant immédiatement Antoine) : «  Sept fois en quatre ans , ça ne fait pas, ça ne fait pas énorme »
    - Une voix (Thomas Legrand ?) : «  Ça fait de la bonne radio, non  ? »
    - Nicolas Demorand : « Et puis c’est assez intéressant à entendre. Vous avez une autre question, mon cher Antoine, ou pas ? »

    Sept fois ? Oui, mais en moins de deux ans et demi. Nous avions déjà recensé les six premières lors d’une précédente visite, en novembre 2009 : Bernard-Henri Lévy était déjà venu faire le point sur l’état de la gauche française à l’occasion de la sortie d’un de ses livres (9 octobre 2007), donner son avis sur l’affaire de l’Arche de Zoé (5 novembre 2007), soutenir la députée néerlandaise d’origine somalienne Ayaan Hirsi Ali menacée de mort (7 février 2008), assurer la promotion de son livre co-écrit avec Michel Houellebecq (10 octobre 2008) et commenter un documentaire élogieux réalisé sur sa personne (4 février 2009). Le 9 novembre 2009, sixième visite : il est présent pour célébrer son propre rôle dans la chute du mur de Berlin. « Et demain ? », demandions nous alors (« BHL, Bernard Guetta et Nicolas Demorand sous le mur de Berlin). Demain, c’était trois mois plus tard… pour faire de la « bonne radio ».

    Reprenons :
    - Nicolas Demorand : « Et puis c’est assez intéressant à entendre. Vous avez une autre question, mon cher Antoine, ou pas ? »
    - Antoine (interrompu avant d’avoir fini sa phrase) : « Vous savez qu’il existe d’autres penseurs qui ont… »
    - Nicolas Demorand (exaspéré et rageur) : « Oh, c’est pas vrai ! Quel scoop vous m’apprenez là, Antoine ! Je vous souhaite une très belle et bonne journée. Réintervenez autant que vous voulez, 7 fois, 10 fois, 15 fois, 25 fois au standard de France Inter. Je passe la parole à Thomas Legrand. »

    Pour paraphraser, mais prudemment, Nicolas Demorand s’adressant à BHL, on ne peut pas être « sûr » que cela le « fait jouir au fond » d’exercer un tel pouvoir sur France Inter, que ce n’est pas « un rapport de jouissance quasi physique et sexuel. ». Mais on peut être certain que la médiacratie et BHL n’en ont pas fini d’être amoureux.

    C’est pourquoi il n’est guère surprenant de voir quarante-huit heures plus tard, le 21 février, ce même Nicolas Demorand recevoir pendant quarante minutes ce même Bernard-Henri Lévy, dans l’émission politique dominicale de France 5, « C Politique ». Parce que « l’amour, ça se fait à deux »

    Henri Maler
    - Avec Ricar au montage vidéo et le concours du Plan B

    Notes

    [1] Transcription du Nouvel Obs.com, révisée. La vidéo complète est ici.

    [2] Quelques questions plus loin, Demorand tend une nouvelle perche à ce dernier : « Vous êtes très violemment attaqué par la presse, également. Le Nouvel Observateur de cette semaine vous compare dans une chronique de Delfeil de Ton à Balkany, Monsieur Balkany. BHL, Botul, Balkany même combat ? Bon… » Et encore : « Quelle est votre réaction contre le torrent qui se déchaîne contre vous sur Internet ? […] » Puis : « Mais vous qui êtes philosophe, vous ne vous interrogez jamais sur la haine que vous suscitez, Bernard-Henri Lévy ? »

    [3] La suite n’est pas mal non plus.
    - Nicolas Demorand : « C’est le syndrome de Stockholm entre vous et les médias, ça se joue à deux ? […] »
    - Bernard-Henri Lévy : « Ça se joue à un. Le Nouvel Observateur dont je parlais tout à l’heure ils ont lancé en effet cette glorieuse affaire Botul, cette immense fièvre journalistique pour laquelle ils sont félicités ici et là. Avant de faire ça, ils ont quand même lancé le tintamarre dont vous parlez. Ils ont été les premiers à insister auprès de mon éditeur, pour avoir ma première interview, pour griller les autres journaux. Ils ont organisé le premier tintamarre dont vous dites qu’il est ma drogue dure, c’est la leur. »
    - Nicolas Demorand : « Mais c’est votre drogue dure les médias, BHL, vous pouvez le dire »
    - Bernard-Henri Lévy : « Ça dépend. Quand il s’agit de gagner la partie sur la Bosnie. Quand il s’agit d’alerter les gens sur le Darfour. Quand il s’agit de dire qu’il y a un inconnu dans l’Illinois qui s’appelle Barack Obama et que je pense qu’il sera président des États-Unis. Évidemment que j’ai envie des médias et que j’ai besoin des médias pour le dire. Heureusement qu’il y avait les médias il y a quelques semaines pour Haïti. A ce compte là, oui, les médias c’est très important. Ce n’est pas une affaire de drogue dure ou de jouissance. »
    - Nicolas Demorand  : « Donc “philosophe médiatique”, ce n’est pas une insulte pour vous ? »
    - Bernard-Henri Lévy : « Mais bien sûr que non ce n’est pas une insulte. Je défends des choses qui me tiennent suffisamment à cœur. Je mène des combats depuis 30 ans, depuis 32 ans, qui sont suffisamment importants pour moi, que je ne serais pas obligé de mener, que je mène et heureusement qu’il m’est arrivé d’avoir les médias avec moi et que je les ai le plus souvent avec moi pour mener ces combats. Bien entendu ! ».

    Patria socialismo o muerte

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      Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Feb 2010 à 19:44

    Aveugle à la réalité du monde social

    Par Yvon Quiniou, philosophe.

    Pourquoi Bernard-Henri Lévy n’est pas un grand penseur, ni un grand progressiste

    Pauvre BHL  ! À l’occasion de la sortie d’un gros recueil de divers écrits et d’un petit livre, De la guerre en philosophie, il vient de mettre en place, comme d’habitude, une batterie de promotion médiatique impressionnante  : articles sur lui ou interviews de lui dans
le Figaro, le Point (où il tient une chronique),
le Nouvel Observateur, Libération, le Monde, émissions de radio ou de télévision, etc. (à quand une affiche dans le métro  ?). Le problème est qu’il n’est pas content et qu’il le dit  : alors qu’il entend, par ces deux ouvrages, se donner enfin une stature philosophique et réaffirmer l’importance magistrale de son engagement progressiste, il se trouve qu’il ne fait pas l’unanimité sur ces points et qu’on le lui rappelle. D’où sa colère et ses rages publiques. Faut-il le plaindre comme on plaint un baudet qui s’expose aux coups  ?

    Soyons clairs sur les deux points du débat  : BHL n’est ni un grand penseur ni un grand progressiste. Ayant lu la plupart de ses livres quelque peu ambitieux, à commencer par
la Barbarie à visage humain et le Testament de Dieu, ou encore l’Idéologie française, je peux dire que je n’ai retenu de lui aucun concept particulier, ni aucune vision d’ensemble dont je puisse faire usage dans mon travail de philosophe, ne fût-ce que pour les contester, comme c’est le cas, à l’opposé des idées d’un René Girard ou d’un Régis Debray  : aussitôt lu, aussitôt oublié, même quand c’est bien écrit (ce qu’il faut reconnaître). D’où ce décalage ahurissant entre une notoriété énorme et une faiblesse théorique tout aussi énorme, qui était le propre du mouvement des « nouveaux philosophes » qu’il avait lancé dans les années 1970 avec, en particulier, André Glucksmann.

    Quant à son prétendu progressisme, il faut le démystifier. S’appuyant sur l’idée, qui n’est pas nouvelle, qu’il y a une nature humaine marquée par un mal irréductible, il n’a cessé de se battre contre toute tentative d’améliorer substantiellement les rapports sociaux et l’humanité, qui en est inséparable, tentative dans laquelle il voit une « volonté de pureté » matrice du totalitarisme. C’est dire qu’à l’horizon de son combat politique le plus constant, il y a, bien plus que le fascisme (dont il oublie de signaler qu’il a toujours été associé au capitalisme), le marxisme, ce qu’il vient récemment d’avouer. Incapable de distinguer clairement le message politique de Marx de ce qui s’est fait en son nom au XXe siècle, il prétend qu’il mène nécessairement à « l’asservissement », ce qui constitue, j’ose le dire, une bêtise qui donne une idée de l’infini. Du coup, sa définition de la gauche, dont il se réclame (il se dit proche de Ségolène Royal) et dont il se veut désormais le héraut sinon le héros, est d’une fadeur désolante  : cette gauche accepte clairement le système capitalise et les motivations anthropologiques qui l’habitent, comme la compétition économique, la recherche du profit et le règne de l’argent, qu’il serait dangereux de vouloir abolir, et il trouve même, dans la philanthropie aux États-Unis, une bonne solution pour la redistribution des richesses (vive les dames patronnesses  !). Dans un ouvrage antérieur, la Gauche à la renverse, où il évoque les marqueurs de la gauche selon lui, la question sociale est quasiment absente et il avoue d’ailleurs qu’elle lui est largement « indifférente ». D’où une définition curieuse du programme qu’il propose aux socialistes  : une gauche antitotalitaire, antifasciste et anticolonialiste. Définition curieuse puisque le totalitarisme, au sens où il l’entend, a disparu pour l’essentiel (la question de la Chine est autrement complexe), comme le fascisme. Le colonialisme politique, lui non plus, n’est pas vraiment d’actualité  : il a été remplacé par un néocolonialisme économique qui tient à la domination du libéralisme sur l’ensemble de la planète, qui ne le scandalise pas outre mesure.

    BHL ne veut donc pas voir la réalité de notre monde social en face et le comprendre avec les concepts qui seuls conviennent, comme ceux de l’exploitation, de l’oppression, de la domination et de l’aliénation, comme il ne veut pas se battre pour une politique égalitaire de justice sociale et d’émancipation collective aussi bien qu’individuelle. Il préfère les combats lointains (Bosnie, Afghanistan, etc.) pour des causes qui ne sont pas toujours claires, où il est fréquemment seul et donc en vedette (une caméra n’est jamais loin), et il ne supporte pas, par exemple, le retour en force de « l’hypothèse communiste » chez les philosophes, nouveau démon qui nous menacerait. Je ne peux m’empêcher de déceler, derrière tout cela, un réel manque de courage politique et intellectuel, et de me dire qu’on a raison, finalement, de crier « haro sur le baudet » !

    Patria socialismo o muerte

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      Citer Vladimir Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Feb 2010 à 18:38
    Dans son dernier livre de merde il fait mine de reprendre Althusser tout en crachant sur Badiou et Zizek. Consternant !
    Ce n'est pas bien de lire le profil des autres ! Pas bien du tout !! C'est mieux de créer un autre forum dissident comme un hypocrite.
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      Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Apr 2010 à 11:21

    BHL n’est pas seulement ridicule, il est surtout dangereux

    15 avril

    par Pascal Boniface, directeur de l’IRIS

    Il est de bon ton, dans de nombreux milieux, de se gausser de Bernard-Henri Lévy et d’affecter à son égard, une indifférence ironique. L’affaire Botul – dont BHL a le culot de s’estimer victime – n’est ni sa première, ni sa dernière escroquerie intellectuelle. La carrière de BHL est faite d’affabulations et de ratés monumentaux, qu’il veuille créer un journal, faire un film, écrire une pièce de théâtre ou un livre. Il y a un écart grandissant entre l’écho médiatique qui lui est donné et la désaffection du public, qui n’est pas dupe.

    Les journalistes qui font semblant de le prendre au sérieux voient leur propre crédibilité atteinte. Soit ils ne connaissent pas l’étendue des mensonges de BHL et ils sont donc incompétents. Soit ils lui donnent une tribune en connaissance de cause et ils ne sont pas honnêtes, privilégiant leur intérêt personnel (BHL sait renvoyer l’ascenseur) sur le respect de la déontologie et du public.

    Mais BHL n’est pas simplement ridicule, il est également dangereux. Dangereux car au-delà de ses proclamations voltairiennes, il cherche à faire taire ceux qui ne sont pas d’accord avec lui. Au-delà de ses appels à la paix au Proche Orient, il favorise des politiques qui prolongent le conflit.

    Au nom d’une certaine éthique, il cherche à définir les limites de ce qui est acceptable ou non dans le débat public et à en exclure ceux qui ne partagent pas ses vues. Et il n’hésite pas pour cela à déformer les propos et idées de ceux qui lui déplaisent pour en obtenir la condamnation, le tout au nom de la morale, toujours invoquée, rarement respectée.

    C’est un faussaire doublé d’un Maccarthyste. Etre en désaccord avec lui, c’est forcément encourir le soupçon d’antisémitisme. Et il fait un amalgame qui mériterait un zéro pointé à un étudiant faisant une telle faute, entre opposition à la politique du gouvernement d’Israël, qu’il assimile à de l’antisionisme (opposition à l’existence de l’Etat d’Israël) et antisémitisme (haine des juifs).

    Au cours d’un débat organisé par Radio Communauté juive le 23 mars, BHL s’en est pris une nouvelle fois à moi en me traitant de « triste personnage », ce dont il a le droit, mais en m’attribuant des propos qu’il sait pertinemment que je n’ai jamais tenus. Il m’accuse d’avoir préconisé une attitude pro-palestinienne en fonction du poids plus important de la communauté arabe en France par rapport à la communauté juive, reprenant une thèse largement colportée pour disqualifier une argumentation jugée gênante par ceux qui refusent la moindre critique à l’égard du gouvernement israélien. Dans la note au PS de 2001 – que j’ai reproduite dans mon livre Est-il permis de critiquer Israël ? (Robert Laffont), je recommandais au contraire de ne pas appliquer une approche communautariste sur le conflit au Proche Orient, mais de faire valoir les principes universels, ceux-la mêmes qui ne sont pas appliqués à ce conflit. Un jugement, confirmé en appel, m’avait d’ailleurs rendu justice. A propos de cette note, il était écrit dans le délibéré : "ce document au ton mesuré constitue une analyse, laquelle peut être approuvée ou critiquée, de la situation au Proche-Orient, comme de la façon dont elle est perçue en France et propose au Parti Socialiste d’adopter une position plus juste, aux yeux de son auteur, et plus conforme à l’intérêt bien compris des deux communautés particulièrement concernées sur le territoire national par le conflit. "

    BHL le sait pertinemment. Il m’avait mis en cause publiquement dans le passé, je lui avais écrit pour rétablir la vérité sans obtenir de réponse. Il déforme sciemment ma pensée pour la rendre condamnable. Le procédé est indigne d’un intellectuel. Sans doute pensait-il que je n’aurais pas eu écho de sa diatribe tenue devant un public communautaire.

    BHL n’aime pas tellement le débat public, il n’accepte les interviews que si elles sont faites par des gens obséquieux ou par des amis, mais jamais les débats contradictoires où il risquerait d’être pris au piège de ses insuffisances et contradictions. Il dénature ainsi les règles du débat intellectuel. En 2003, nous devions débattre dans l’émission sur France 2 de Guillaume Durand. Il venait de publier son « roman enquête » sur l’affaire Pearl et moi Est-il permis de critiquer Israël ?. Il est intervenu auprès du Président de France Télévision pour pouvoir être interviewé à part.

    Pire encore, il cherche à créer un réflexe de peur au sein de la communauté juive en lui inventant des ennemis inexistants, négligeant ainsi ses véritables ennemis. Faisant donc sciemment et consciemment de la désinformation, il trahit ainsi son devoir d’intellectuel – qui est d’éclairer le débat – et son idéal proclamé d’universalisme en surjouant la carte du communautarisme.

    Sur le plan international, il se dit pour la paix. Une fois de plus ce sont de sa part, des paroles sans aucun ancrage dans la réalité. Il ne va bien sûr pas dire qu’il est pour la guerre, même s’il a soutenu les deux dernières lancées par Israël et dont les populations civiles libanaises et palestiniennes ont été les principales victimes. Il s’attaque régulièrement à ceux qui, en France, sont pour la paix mais estiment que pour y arriver, il est nécessaire que le gouvernement israélien change de politique. Il n’a jamais eu de lien avec le camp de la paix en Israël et encore moins avec les différentes et admirables ONG qui luttent pour faire reconnaître le droit des Palestiniens. Il a toujours été du côté du gouvernement israélien, que celui-ci s’engage dans de réelles négociations, comme ce fut le cas sous Rabin, ou qu’il refuse de le faire, comme c’est le cas de Netanyahu. Son approche est donc ultra-communautariste. Mais comme BHL veut jouer aux consciences universelles, il n’a d’autre recours que de traiter d’antisémites ceux qui dénoncent ses contradictions.

    Son attachement à la paix est sans racines, sans réalité, simplement verbal, au point qu’il s’inquiète qu’Obama puisse faire des pressions sur Netanyahu, sous l’influence d’autres « sinistres individus », qui seraient mes équivalents aux Etats-Unis. Que BHL puisse craindre qu’Obama, dont on se rappelle qu’il se vante d’avoir été celui qui l’a fait connaître en France, puisse faire pression sur Netanyahu, montre bien de quel côté il est. Il préfère le maintien en place d’un gouvernement de droite et d’extrême droite. N’est-ce pas à l’inverse, l’absence de pressions exercées sur Netanyahu qui explique le blocage de la situation ? BHL peut-il se dire à la fois pour la paix tout en préférant Netanyahu à Obama ? Tzipi Livni n’a pas voulu entrer dans ce gouvernement parce qu’elle estime justement qu’il ne veut pas de paix, paix qu’elle juge être conforme à l’intérêt d’Israël.

    Passons sur l’utilisation qu’il fait du terme « lobby juif ». Si un autre que lui avait utilisé l’expression, n’y aurait-il pas eu une tempête de protestations ? Mais BHL a tous les droits. Je sais que nous ne sommes pas sur un pied d’égalité. Non pas tant parce qu’il n’a jamais eu à travailler pour gagner sa vie, et qu’il en a profité pour bâtir auprès de lui un réseau d’obligés, de courtisans ou de gens prudents qui ne veulent pas s’opposer à lui. Je comprends pourquoi, après des mois de négociations avec ARTE pour la réalisation de documentaires géopolitiques, je n’ai eu aucune suite. BHL est le Président du Conseil de surveillance d’ARTE.

    Non, ce qui nous distingue c’est que mon éducation m’a toujours conduit à respecter les autres, à ne pas mentir sciemment pour convaincre. Autant de contraintes dont BHL a toujours été exempté.

    Curieuse société française où les médias font une affaire d’Etat pour une faute de main dans la surface de réparation, et qui continuent d’honorer un multirécidiviste de l’escroquerie intellectuelle.

    http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article3184
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      Citer Waldec Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Jun 2010 à 14:24

    Voici le personnage grotesque.

    Rions un peu avec BHL
     
    Après avoir déclenché une incontrôlable vague de fous rires dans l'hexagone avec son livre "Le Testament de Dieu" (1979) en plaçant le péché originel au septième jour de la création, l'humoriste Bernard-Henri Lévy en remet une couche dans le documentaire "Les Enfants de Solzhenitsyn" (1980). Cette fois, il s'agit du marxisme et de sa nécessaire critique en raison de l'infamie communiste. Cherchant à articuler son discours autour d'un vide conceptuel hilarant, le comique menace même le gouvernement de commettre l'ultime affront de changer de nationalité si jamais les communistes avaient la fâcheuse idée de prendre le pouvoir en France. On imagine dès lors les sommes d'efforts qu'ont dû déployer les forces politiques en place à l'époque pour s'assurer qu'un de nos plus grands comiques ne foute le camp à l'étranger dans l'hypothèse plus qu'improbable de l'arrivée au pouvoir des méchants cocos mangeurs d'enfants: allègement des impôts,prostituées gratos, champagne à gogo,passage assuré dans les media à chaque nouvelle publication, et Jean-François Lazartigue à domicile.
    Les habitants du centre-ville de Gori lui disent merci!
     


    Edité par T 34 - 08 Jun 2010 à 14:57
    Le temps n'attend pas.
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      Citer Emile Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Jun 2010 à 17:34
    Moi c'est celle-là que j'aime bien :

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      Citer gayraud de mazars Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Jun 2010 à 11:02
    BHL, ce type est vraiment une nullité, un zéro de la philosophie, un égo surdimentionné, des analyses cassoulets, à rire, bien sûr, mais il se prend au sérieux le bougre !
    Le Socialisme, nous les communistes en sommes des partisans, des résistants, de cette "hardie bande de camarades", les prolétaires du monde "n'ont à y perdre que leurs chaines" ! nous sommes l'Iskra !
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      Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Jun 2010 à 17:16

    Shalit, Hamouri, Bernard-Henri Lévy et les intellectuels mercenaires

    jeudi 24 juin 2010, par Alain Gresh

    Faut-il tirer sur les ambulances ? Le flop des deux derniers opus de notre philosophe national, malgré une campagne de soutien médiatique, l’appui complaisant du grand quotidien du soir, les mille et une excuses trouvées pour justifier la manière dont il a repris les oeuvres d’un philosophe inventé de toutes pièces, indiquent que Bernard-Henri Lévy glisse déjà inéluctablement vers les bas-fonds de l’oubli.

    Et pourtant, il ne faut pas être injuste. L’homme a un vrai talent. Celui de condenser, en peu de pages, l’ensemble des mensonges, des semi-vérités et des contre-vérités sur le conflit israélo-palestinien. Il restera comme celui qui a déclaré, à la veille de la tuerie de neuf humanitaires de la flottille de la paix par l’armée israélienne : « Je n’ai jamais vu une armée aussi démocratique, qui se pose tellement de questions morales. » Chacun de ses textes mériterait une étude approfondie pour mettre en lumière les nouveaux visages de la propagande. Et on peut espérer que les écoles de journalisme mettront à l’étude ses textes pour décortiquer le mensonge ordinaire proféré sous l’habillage de la philosophie, des droits humains et même, dans son dernier texte, de l’ancien Testament.

    Publié par Le Point du 24 juin, cet article s’intitule « Trois questions (et réponses) concernant le soldat Shalit ». Le 25 juin, cela fera quatre ans que le soldat franco-israélien Guilad Shalit a été capturé par le Hamas et plusieurs manifestations de soutien se préparent ou se sont déjà déroulées.

    Pourquoi tant d’intérêt pour ce soldat, s’interroge Bernard-Henri Lévy ? Parce que, justement, il n’est pas un prisonnier comme les autres. Pourquoi ?

    « Car il y a des conventions internationales, déjà, qui régissent le statut des prisonniers de guerre et le seul fait que celui-ci soit au secret depuis quatre ans, le fait que la Croix-Rouge, qui rend régulièrement visite aux Palestiniens dans les prisons israéliennes, n’ait jamais pu avoir accès à lui, est une violation flagrante du droit de la guerre. »

    Lévy a raison, il est anormal que la Croix-Rouge n’ait pas accès au prisonnier, c’est une violation du droit de la guerre. Mais comment sont traité les prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes ?

    Correspondant du Monde en Israël, Benjamin Barthe écrit le 18 juin, sur le site Médiapart (sur le blog de Pierre Puchot, qui n’est pas en accès libre) :

    « Depuis juin 2007, les familles des 1000 Gazawis emprisonnés en Israël sont privées de droit de visite. » Et il ajoute : « L’ignorance à ce sujet est telle que le conseil des ministres des affaires étrangères de l’Union européenne réunis le 14 juin dernier a enjoint au Hamas de laisser le CICR visiter Shalit sans mentionner le cas des Palestiniens. Précision : la décision israélienne n’a pas été prise en représailles au traitement réservé à Shalit. C’est une « mesure de sécurité » dixit la cour suprême en décembre 2009. »

    Ignorance, écrit Barthe. Il a bien sûr raison, mais cette ignorance reflète le fait que jamais, dans la pensée coloniale, un Blanc n’équivaut à un basané. Le Blanc a toujours un visage, une famille, une identité ; le basané est sans visage, regroupé dans un collectif anonyme.

    Mais Shalit a une autre caractéristique selon Lévy :

    « Mais, surtout, surtout, il ne faut pas se lasser de répéter ceci : Shalit n’a pas été capturé dans le feu d’une bataille mais au cours d’un raid, opéré en Israël et alors qu’Israël, ayant évacué Gaza, était en paix avec son voisin ; dire prisonnier de guerre, en d’autres termes, c’est estimer que le fait qu’Israël occupe un territoire ou qu’il mette un terme à cette occupation ne change rien à la haine qu’on croit devoir lui vouer ; c’est accepter l’idée selon laquelle Israël est en guerre même quand il est en paix ou qu’il faut faire la guerre à Israël parce que Israël est Israël ; et si l’on n’accepte pas cela, si l’on refuse cette logique qui est la logique même du Hamas et qui, si les mots ont un sens, est une logique de guerre totale, alors il faut commencer par changer complètement de rhétorique et de lexique. Shalit n’est pas un prisonnier de guerre mais un otage. Son sort est symétrique de celui, non d’un prisonnier palestinien, mais d’un kidnappé contre rançon. Et il faut le défendre, donc, comme on défend les otages des FARC, des Libyens, des Iraniens – il faut le défendre avec la même énergie que, mettons, Clotilde Reiss ou Ingrid Betancourt. »

    Vous avez bien lu, Israël était en paix avec son voisin après son évacuation de ce territoire en 2005. Ce que Lévy oublie c’est qu’Israël contrôlait « seulement » les frontières maritimes (empêchant même les pécheurs d’aller en haute mer), les frontières aériennes et les frontières terrestres (à l’exception de celle avec l’Egypte). Ce qui a amené les Nations unies à déclarer que Gaza restait un territoire occupé. Le blocus auquel ce territoire est soumis en est une preuve supplémentaire.

    L’Egypte porte-t-elle une responsabilité dans ce blocus ? Bien sûr répond Christophe Ayad dans « Si BHL était allé à Gaza… », Libération (23 juin), dans une réponse à la tribune de ce dernier publiée par le quotidien le 7 juin (« Pourquoi je défends Israël », accompagnée d’un commentaire complaisant de Laurent Joffrin).

    « L’Egypte, note BHL, est “coresponsable” du blocus de Gaza. Il n’ignore pas que les dirigeants égyptiens sont aujourd’hui illégitimes aux yeux de leur propre population. Mais à cette dictature-là, jamais il ne songe à reprocher quoi que ce soit. Seul est fustigé “le gang d’islamistes qui a pris le pouvoir par la force il y a trois ans”. Faut-il rappeler à Bernard-Henri Lévy que le Hamas avait remporté, en 2006, des élections unanimement considérées comme les plus transparentes et pluralistes du monde arabe ? »

    Revenons à Lévy et à Shalit, « cet homme au visage d’enfant qui incarne, bien malgré lui, la violence sans fin du Hamas ; l’impensé exterminateur de ceux qui le soutiennent ; le cynisme de ces “humanitaires” qui, comme sur la flottille de Free Gaza, ont refusé de se charger d’une lettre de sa famille ; ou encore ce deux poids et deux mesures qui fait qu’il ne jouit pas du même capital de sympathie que, justement, une Betancourt. Un Franco-Israélien vaut-il moins qu’une Franco-Colombienne ? Est-ce le signifiant Israël qui suffit à le dégrader ? D’où vient, pour être précis, qu’il n’ait pas vu son portrait accroché, à côté de celui de l’héroïque Colombienne, sur la façade de l’Hôtel de Ville de Paris ? Et comment expliquer que, dans le parc du 12e arrondissement où il a fini par être exposé, il soit si régulièrement, et impunément, vandalisé ? Shalit, le symbole. Shalit, comme un miroir ».

    Mais alors, le Franco-Palestinien Hamouri, ne devrait-il pas jouir de la sympathie des autorités et de Lévy ? N’est-il pas emprisonné depuis mars 2005, depuis plus longtemps que Shalit ? Mais peu de gens se préoccupent de son sort, et surtout pas Lévy. Depuis que le comédien François Cluzet a évoqué son cas en novembre 2009 devant un Jean-François Copé qui ne savait même pas qui était Hamouri, le silence est retombé.

    Et là aussi, on vérifie le deux poids deux mesures, mais pas celui dont parle Lévy. Un Franco-israélien est un Blanc, il mérite notre sympathie ; un Franco-palestinien, dans le fond, ce n’est qu’un Arabe... En avril 2010, un citoyen franco-palestinien est mort d’une crise cardiaque à la frontière entre Gaza et Israël après avoir été retenu plusieurs heures par les autorités israéliennes qui, selon Lévy, ne sont pas en guerre contre Gaza. En avez-vous entendu parler ? Paris a, paraît-il, demandé que toute la lumière soit faite sur ce décès. On attend toujours, comme on attend toujours les mesures françaises contre les nombreuses violations du droit du personnel diplomatique français en Israël ou contre l’utilisation par le Mossad de passeports français pour l’assassinat d’un dirigeant du Hamas dans les Emirats arabes unis.

    Une dernière question, qu’il faut poser sans relâche aux autorités françaises : des soldats disposant d’un passeport français ont-il le droit de servir dans une armée d’occupation, dans des territoires que la communauté internationale et la France considèrent comme des territoires occupés ?

    L’article de Lévy se termine par un hommage à la position morale d’Israël qui, pour sauver ses soldats, est prêt à les échanger contre des « assassins potentiels », c’est-à-dire des combattants palestiniens ou libanais.

    « En 1982 déjà, Israël relâchait 4 700 combattants retenus dans le camp Ansar, en échange de 8 de ses soldats. En 1985, il en remettait dans la nature 1 150 (dont le futur fondateur du Hamas, Ahmed Yassine) pour prix de 3 des siens. Sans parler des corps, juste des corps, d’Eldad Regev et Ehoud Goldwasser, tués au début de la dernière guerre du Liban, qui furent troqués, en 2008, contre plusieurs leaders du Hezbollah dont certains très lourdement condamnés ! »

    Rappelons que les combattants arrêtés en 1982 étaient des membres de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et des Libanais qui s’étaient opposés à l’invasion de leur pays par les chars du général Ariel Sharon, invasion qui fit des dizaines de milliers de victimes civiles et déboucha sur les massacres de Sabra et Chatila. Doit-on comprendre des propos de Bernard-Henri Lévy qu’Israël menait, à l’époque aussi, une guerre juste ?

    Et quand il évoque des personnes lourdement condamnées par la justice israélienne, que croit-il prouver ? Marwan Barghouti, comme plusieurs autres milliers de Palestiniens ont été aussi condamnés par une justice israélienne aussi « aux ordres » que l’était la justice française du temps de la guerre d’Algérie.

    Il y a 70 ans, en 1937, des journalistes et des intellectuels expliquaient que la ville basque de Guernica n’avait pas été détruite par l’aviation nazie mais par les républicains espagnols eux-mêmes. Bernard-Henri Lévy durant la guerre contre Gaza de décembre 2008-janvier 2009 paradait sur un char israélien pour prétendre que les destructions étaient moins graves que ce que l’on prétendait. Il réécrit désormais l’histoire et affirme que, contrairement à ce que clamaient des centaines de milliers d’Israéliens en 1982, la guerre du Liban était une guerre juste et que les combattants qui s’opposaient à cette invasion étaient des terroristes.

    Paraphrasant Voltaire sur les mercenaires, on pourrait écrire de lui : « Dieu nous préserve de penser que vous sacrifiez la vérité à un vil intérêt ; que vous êtes du nombre de ces malheureux mercenaires qui combattent par des arguments, pour assurer et pour faire respecter les puissants de ce monde. »

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