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Espagne

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Jan 2010 à 22:28

Retraite espagnole pas avant 67 ans

L’âge de départ à la retraite en Espagne devrait bientôt être soixante-sept ans. L’information a été révélée jeudi, un peu en catimini, par le ministre du Travail et numéro deux du Parti socialiste, José Blanco. Dans un entretien radiophonique, il avait alors annoncé, sans donner de détails, que le gouvernement allait proposer, « dans les prochaines heures », un plan visant à repousser graduellement l’âge de la retraite, aujourd’hui fixé à soixante-cinq ans. Selon les informations parues dans la presse espagnole, le projet, qui devait être discuté, hier, en Conseil des ministres, prévoit l’application de la mesure à partir de 2013, à raison de deux mois par ans.

L’objectif est de « garantir le système de Sécurité sociale », a justifié José Blanco. Conscient des risques politiques, le gouvernement a d’ailleurs opportunément choisi, pour rendre publique son projet d’allongement de l’âge de la retraite, le lendemain de la publication d’une étude alarmante sur l’évolution démographique du pays. Selon cette enquête, de l’Institut national de la statistique, en 2049, l’Espagne comptera neuf retraités pour dix actifs, la tranche d’âge 16-64 ans ne représentant alors plus que 52,7 % de la population. Le gouvernement cherche surtout une bouffée d’air budgétaire, depuis que le plan de relance massif qu’il a concocté pour faire face aux conséquences de la crise économique mondiale l’a placé en porte à faux avec le dogme économique de l’Union européenne.

Le pire n’est pourtant pas certain. Une fois adopté par le Conseil des ministres, le texte doit encore être discuté par les partis politiques et, surtout, par les partenaires sociaux. On devrait pouvoir compter sur une forte mobilisation syndicale, pour empêcher la retraite à soixante-sept ans de devenir une réalité.

Le gouvernement espagnol a proposé un plan qui prévoit de repousser l’âge de la retraite.

Camille Bauer

 



Edité par T 34 - 20 Sep 2010 à 02:48
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Feb 2010 à 00:51

Les nostalgiques du franquisme partent en procès contre le juge Garzon

Le magistrat visé par deux plaintes instruites au tribunal suprême pourrait être démis de ses fonctions. Il 
est accusé d’outrepasser ses droits dans son action judiciaire contre les crimes du régime de l’ex-Caudillo.

Baltasar Garzon, connu notamment pour avoir été à l’origine de l’arrestation de Pinochet en 1999 à Londres, est un magistrat en sursis. Le médiatique juge et empêcheur de tourner en rond (on lui doit les dossiers GAL, ETA, plus récemment Gürtel et le financement occulte du PP) risque d’être écarté de son poste à la tête du tribunal numéro 5 de l’Audience nationale, à Madrid, l’une des principales instances judiciaires du pays. Deux plaintes ont été déposées contre lui par plusieurs associations d’extrême droite dont Manos Limpias (Mains propres). La première concerne le classement sans suite par le juge Garzon d’un dossier judiciaire en 2008 contre le patron de la banque Santander. Or, quelques mois plus tôt, observant une année sabbatique, Garzon avait donné des cours à l’université de New York, rétribués (environ 300 000 euros) par le même banquier. La deuxième affaire est nettement plus politique. Manos Limpias et consorts ont mis en cause le juge pour avoir ouvert une enquête, au printemps 2009, sur Franco et les crimes commis au temps du franquisme. Garzon a été mis en accusation, à l’initiative d’un juge du tribunal suprême, Luciano Varela, pour « prévarication », c’est-à-dire qu’il aurait agi de mauvaise foi. Selon lui, Garzon aurait décidé de son investigation tout en sachant qu’il ne peut nullement s’attaquer au régime franquiste sur la base des lois d’amnistie de 1977, votées deux ans après la mort de Franco par le Parlement.

Garzon sera-t-il suspendu de ses fonctions  ? Bien que le parquet a affirmé qu’il s’y opposerait, le juge Varela a persisté jusqu’ici dans son action en justice, révélatrice d’une Espagne qui n’en a pas fini avec les vieux démons du franquisme. Car le juge posait aussi une question de fond à l’Espagne en visant Franco et les hauts dignitaires de son régime responsables de délits, de détention illégale et de disparition forcée « d’au moins 100 000 » personnes et opposants dans le cadre de crimes contre l’humanité.

Des écrivains de renom, des cinéastes, des personnalités judiciaires (l’ex-procureur de la Cour pénale internationale Carla del Ponte, le juge chilien Juan Guzman), certains ministres du gouvernement Zapatero, l’Association pour la récupération de la mémoire historique (ARMH) qui se bat pour l’ouverture des fosses communes de la guerre civile, se mobilisent en faveur du magistrat. L’historien Julian Casanova a exprimé dans une tribune publiée dans El Païs, un sentiment partagé  : « La déchéance éventuelle de Garzon ne fera pas disparaître de la mémoire, le vrai visage de cette dictature meurtrière… » Dès lors, pour Garzon, la ligne de défense sera de dire qu’aucune loi d’amnistie ne peut protéger l’ancienne dictature, et ce en vertu des conventions signées par Madrid relatives aux crimes contre l’humanité, imprescriptibles.

Bernard Duraud

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Feb 2010 à 20:05

Retraites : quand les Espagnols entrent en résistance

Le gouvernement Zapatero accède aux desiderata des marchés financiers et s’obstine à vouloir reculer l’âge légal de départ à soixante-sept ans, mais les syndicats mobilisent. Un bras de fer s’annonce, qui touche à un gros enjeu européen.

Espagne, envoyé spécial.

Pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Zapatero est confronté à une mobilisation populaire contre sa politique à l’appel des deux principaux syndicats, les commissions ouvrières (CC.OO) et l’Union générale des travailleurs (UGT). Mardi dernier, des dizaines de milliers de salariés ont pris part à des rassemblements contre le projet du gouvernement socialiste de relever de soixante-cinq à soixante-sept ans l’âge légal du départ à la retraite. À Madrid, 60 000 personnes ont défilé dans les rues, selon les syndicats. Des manifestations se sont déroulées aussi à Barcelone et à Valence, d’autres doivent avoir lieu dans les jours qui viennent ailleurs dans le pays. « Nous allons défendre bec et ongles les droits des retraités actuels et futurs, et nous ne permettrons pas qu’en plein milieu de la crise, il y ait un nouvel et injustifié transfert de revenus du travail vers le capital », a déclaré Ignacio Fernandez Toxo, dirigeant des CC.OO. Le ministre du Travail, Celestino Corbacho, a tenté de son côté de minorer le sens de ces manifestations en affirmant qu’elles « ne sont pas incompatibles » avec la recherche d’un accord. Pour sa part, la droite du Parti populaire a déclaré que les manifestations « n’ont pas semblé très suivies ».

Le coordinateur fédéral d’Izquierda Unida, Cayo Lara, a, lui, exigé que Zapatero « jette immédiatement son projet à la poubelle ». Le secrétaire général de l’OCDE, qui regroupe les 30 pays capitalistes les plus développés de la planète, a de son côté volé au secours du gouvernement espagnol en déclarant que les projets débattus en Espagne, tels que le report de l’âge de la retraite, étaient « plus nécessaires que jamais ».

Avant même ces manifestations, les CC.OO avaient engagé le gouvernement Zapatero à mettre en œuvre un plan de sauvegarde des réseaux de caisses d’épargne, très développés dans le pays et mis à mal par la crise, plutôt que de tenter de reculer l’âge de la retraite. L’Espagne, comme plusieurs pays d’Europe, est actuellement harcelée par les marchés financiers qui font la fine bouche pour lui prêter de l’argent. Mais, à vrai dire, le grand problème de l’économie espagnole n’est pas l’endettement public. Les finances du pays ne sont pas en plus mauvais état que celles des États-Unis, du Royaume-Uni ou même de la France. Ce qui n’empêche pas l’Espagne de tirer un très gros boulet  : l’énorme dette extérieure privée, accumulée par le système bancaire espagnol afin, particulièrement, de financer la formidable spéculation immobilière qui a sévi durant vingt ans dans la péninsule.

« La situation des banques espagnoles est différente de celle des États-Unis ou du reste de l’Europe », explique Julio Rodriguez, économiste, militant socialiste, représentant du syndicat UGT au conseil économique et social de la communauté de Madrid, ancien président de la Banque hypothécaire d’Espagne. Car elles n’ont pas d’actifs « pourris » et elles ont pâti « d’un excès de crédit à l’immobilier qui a été financé, notamment, en empruntant à l’étranger ».

Avec l’explosion de la bulle spéculative immobilière, les crédits accordés aux promoteurs se sont révélés plus difficiles à récupérer. Le système financier espagnol est soumis à une double pression, celle de la charge de la dette extérieure et celle des impayés des entreprises, des ménages et des promoteurs immobiliers. « Entre 2010 et 2015, indique Julio Rodriguez, il va nous falloir rembourser le principal des emprunts contractés à l’étranger pour financer l’immobilier espagnol. Cela explique, pour partie, le rationnement actuel du crédit intérieur  : nous devons payer la dette extérieure. »

Il est d’autant plus difficile de sortir de cette impasse qu’« en Espagne, enchérit un expert proche des syndicats, nous nous sommes endettés pour acquérir des biens, les logements, qui ne nous permettront pas de payer nos dettes ». Raison de plus pour réorienter – ce qui rejoint un défi commun à tous les pays européens – le système bancaire vers le financement d’activités à haute valeur ajoutée, créatrices d’emplois de qualité.

Pierre Ivorra

 23,3 % du PIB espagnol : c’est ce que représente l’économie souterraine, révèle le syndicat des techniciens du ministère du Budget. 
 11,4 % du PIB, tel est le niveau du défi cit public total. Les recettes de l’impôt sur les sociétés ont baissé de 26,1 % et celles de la TVA, de 30,1 %. 
 Le taux de chômage approche les 20 %.



Edité par T 34 - 01 Mar 2010 à 20:04
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Mar 2010 à 20:15

Espagne. Un krach qui vient de loin

En intégrant l’Europe, l’Espagne lui a offert ses plages et sa spéculation immobilière.

Envoyé spécial.

On est là dans une ville fantôme. Les immeubles, pour certains inachevés, dominent le plateau quasi désertique. Il n’y a plus grand monde pour vendre ni pour acheter. À une trentaine de kilomètres au sud de Madrid, le « nuevo Seseña » devait être le symbole de la réussite espagnole. Là où devaient se dresser plus de 10 000 logements, il n’y en a que la moitié de réalisés, installés au milieu de palmiers fatigués, sur un territoire dépourvu d’infrastructures et d’équipements. La résidence Francisco Fernando, du nom du créateur de cette ville champignon, est l’une des victimes du krach immobilier qui a secoué l’Espagne. Le promoteur qui, paraît-il, possédait un yacht plus grand que celui du roi, a fui l’Espagne, la police et la justice à ses trousses.

Fin 2008, le nombre de logements neufs non vendus en Espagne approchait les 900 000, pour beaucoup concentrés dans certaines régions, la communauté valencienne, Murcie, une partie de l’Andalousie et le sud de la communauté de Madrid  : Tolède, Seseña. Le krach a eu pour effet de faire baisser les prix, mais la chute n’a cependant pas été aussi forte qu’on aurait pu le penser  : 10 % seulement selon les chiffres officiels entre le premier trimestre 2008 et le quatrième trimestre 2009. La baisse a été plus forte dans les grandes zones urbaines que dans les petites cités. Compte tenu de la récession, les prix immobiliers restent excessifs comparés aux salaires. Pour assainir le marché, il faudrait qu’ils diminuent fortement, mais cela risque d’être difficile car tous les efforts institutionnels visent à sauver les promoteurs, et derrière eux les banques et les caisses d’épargne qui les ont financés. La fièvre immobilière remonte loin dans le temps. Le franquisme a voulu une Espagne de propriétaires ; être locataire, c’était s’afficher comme un homme de peu. Lors de la transition démocratique, on a poursuivi dans ce sens et des avantages fiscaux importants ont été accordés en faveur de l’achat de logements. Cette fièvre immobilière a cependant largement dépassé les frontières. En intégrant l’Union européenne, l’Espagne a offert au continent ses plages et sa… spéculation immobilière. Elle a attiré sur ses côtes tous ceux qui recherchaient des profits faciles. C’est ainsi que la proportion de résidences secondaires y est deux fois supérieure à la moyenne européenne. Ces résidences représentaient plus du tiers du stock de logements et ce taux atteint 50 % dans certaines régions côtières. Dans la même période, les investissements étrangers, européens surtout, dans des actifs immobiliers ont représenté 40 % du total des investissements directs des non-résidents.

Pierre Ivorra

Espagne.


Recul de l’âge de la retraite : « Le gouvernement a franchi la ligne rouge »

Pour José Antonio Garcia Rubio, l’un des dirigeants d’Izquierda Unida, le projet de porter l’âge de la retraite à soixante-sept ans est un gage donné aux marchés financiers.

Comment se caractérise la crise en Espagne  ?

José Antonio Garcia Rubio. Par un taux de chômage deux fois plus élevé que la moyenne européenne. Il y a 4,3 millions de personnes sans emploi, le taux de chômage des jeunes est de 44 %. Cela est dû à la mise en place d’un modèle productif pervers, fondé sur la spéculation immobilière, les services à faible valeur ajoutée fonctionnant avec de bas salaires, de basses qualifications, une dépense sociale rapportée au PIB inférieure de 6 points à la moyenne européenne, une économie dépendante sur le plan technologique de l’étranger, une balance commerciale très déficitaire et une corruption très forte.

Également une dette extérieure très élevée …

José Antonio Garcia Rubio. La dette publique n’est pas très élevée, elle n’atteint pas 60 % du PIB. Le déficit public devrait se maintenir à 12 % du PIB en 2010. Il y a surtout une dette privée très forte qui est la conséquence des emprunts contractés à l’extérieur par les banques espagnoles afin de financer les promoteurs immobiliers. Avec l’explosion de la bulle immobilière, ces crédits accordés se sont révélés difficiles à récupérer, aussi le système bancaire espagnol est-il dans une situation compliquée parce qu’il doit rembourser le capital emprunté à l’étranger. La conséquence de cela, c’est que les banques ont réduit le crédit aux entreprises et aux ménages.

Quel est l’impact sur les immigrés  ?

José Antonio Garcia Rubio. Il y a une diminution du nombre d’entrées d’immigrés et la majorité d’entre eux passent dans l’économie souterraine. On constate par ailleurs un début de rejet des immigrés, ce qui est très dangereux.

L’Espagne a été présentée comme un modèle pour son respect, avant la crise, des critères de stabilité européens. Quel rôle a joué cette politique dans le développement de cette crise  ?

José Antonio Garcia Rubio. La crise est celle du modèle néolibéral et, en Espagne, aussi bien le Parti populaire (droite) que le Parti socialiste en ont été les élèves fidèles. Ici on a privatisé plus que n’importe où, si bien que l’État n’a pas d’outil pour intervenir de la manière la plus efficace possible dans l’économie. Par ailleurs, le gouvernement Zapatero n’a pas l’intention d’intervenir, sinon pour aider le capital, les banques. Il n’a pas réalisé qu’il faut stimuler la consommation privée et augmenter l’investissement et la demande publics. Le salaire minimum a été augmenté de seulement 1,5 % le 1er janvier, il est de 633 euros. Le budget de l’État pour 2010 réduit l’investissement public, notamment les dépenses de recherche et développement qui sont essentielles pour assurer un développement différent.

Le gouvernement Zapatero veut reculer l’âge de la retraite, comment analysez-vous ce projet  ?

José Antonio Garcia Rubio. C’est un coup très dur porté à un système social espagnol pourtant déjà bien modeste. Le gouvernement veut réduire les pensions de 4 points de PIB en 2030, cela correspond à une baisse d’au moins 80 milliards d’euros. Avec ce projet, il franchit la ligne rouge. Les syndicats vont organiser des mobilisations massives, que nous soutenons. Rodriguez Zapatero préfère rassurer les banques et les investisseurs étrangers, plutôt que sa base électorale.

Quelle perspective politique alternative y a-t-il en Espagne  ?

José Antonio Garcia Rubio. Nous pensons qu’il y en a une, mais la politique néolibérale du gouvernement socialiste est en train d’ouvrir la voie à une victoire du Parti populaire. Au Parlement, il y a pourtant une majorité de gauche, le PSOE – hélas  ! – a préféré s’allier avec des formations nationalistes de droite.

La crise du capitalisme ne crée-t-elle pas les conditions d’une montée des critiques à l’encontre de ce système  ?

José Antonio Garcia Rubio. Je le crois, en effet, mais la principale victoire des forces néolibérales a été idéologique. Nous sentons cependant la montée d’une contestation des effets de cette politique. Par exemple, comme la banque privée ne joue pas son rôle, l’idée de constitution d’un pôle de banques publiques commence à s’imposer dans le débat. Depuis 2008, nous avons élaboré un plan pour l’emploi et la sortie de crise ambitieux. Nous l’avons traduit en 20 mesures concrètes. Début février, nous avons organisé des journées autour du thème d’un nouveau modèle productif avec l’objectif stratégique d’offrir une perspective pour un changement de système social.

Entretien réalsié par Pierre Ivorra

Espagne. Points de vue

« Développer l’emploi ailleurs que dans la construction »

Consuelo Navarro, dirigeante des Commissions ouvrières d’Alicante.

« Nous revendiquons un changement de modèle productif mais nous devons expliquer ce que cela signifie. Il faut que les gens aient la possibilité 
de trouver un emploi en dehors 
de la construction, cela suppose 
de les former et de miser sur 
la qualification, ce qui nécessite 
un système d’éducation publique 
de qualité et que les jeunes puissent disposer d’un choix réel entre plusieurs options. »

« Réformer l’école et la formation »

Tomas Almena, journaliste à la télévision espagnole.

« Il y a besoin 
de réformer le système d’éducation 
et de formation professionnelle. 
Le taux d’échec scolaire est 
en Espagne de 45 %, l’un des plus élevés d’Europe. 30 % de ceux 
qui sortent du système avant la fin 
de la période d’enseignement obligatoire ne reçoivent aucune formation professionnelle. 
À l’université, nous avons un nombre d’étudiants proportionnellement plus élevé qu’en France et en Allemagne, mais le taux d’échec est élevé et seulement 25 à 27 % des étudiants font des études techniques. C’est 
l’un de nos grands problèmes. »

« Une nouvelle période politique »

Victor Dominguez, enseignant, dirigeant du Parti communiste d’Espagne à Alicante.

« La communauté valencienne est, avec celle de Madrid, la seule 
où le Parti socialiste n’a pas réussi 
à regagner la majorité au détriment 
de la droite. Izquierda Unida est 
la troisième force politique, avec 
6 à 7 % des voix. Cette situation est due à la fois 
à l’habileté du PP, qui a fait preuve de démagogie, et à l’orientation libérale du Parti socialiste. Nous avons cependant aussi une responsabilité. 
Le PCE et Izquierda Unida se sont chacun épuisés dans des luttes intestines. Certains pensaient qu’il fallait avoir une orientation anticapitaliste  ; d’autres que 
le communisme était dépassé. Des membres d’Izquierda Unida voulaient la transformer en un parti écologiste. Aujourd’hui, nous avons tiré les leçons de cela et nous nous tournons davantage vers l’extérieur, vers les gens. On est mieux écoutés. Je crois que l’on s’engage dans un nouveau cycle économique et aussi dans une nouvelle période politique. La paix sociale que nous avons connue est 
en passe de se terminer. »

« La responsabilité des banques »

Ramon Jerez Lopez, président de la confédération du patronat de la construction de la communauté valencienne.

« Ici, le poids de la construction est considérable. Les gouvernements ont laissé les banques gonfler la bulle spéculative immobilière. On a créé un semblant de développement. Aujourd’hui, les banquiers réduisent le crédit aux entreprises et affichent d’énormes bénéfices. C’est une honte  ! Les banques doivent être au service de la société, sinon je crains que l’on ne sorte pas de la crise. » 

Espagne. Javier Doz, DIRIGEANT DES CCOO

« Le changement de modèle économique passe par le renforcement des services publics et du rôle de l’État au travers de l’augmentation de la dépense et de l’investissement, et par l’instauration d’un régulateur national et, surtout, européen et international de l’économie qui mette fin aux excès. Il faut réformer le pacte de stabilité et le rôle de la BCE. Les décisions ne doivent pas être prises à partir seulement de l’inflation, il faut tenir compte du développement économique. »
 

Espagne. Un pays blessé en quête d’un autre modèle

Au cœur d’une région dédiée au tourisme et à la spéculation immobilière, Alicante est accablée par la récession et le chômage. L’Espagne officielle est en panne d’alternative. L’espoir est à rechercher chez les salariés d’Alcoa, les marbriers de Novelda qui luttent pour un autre développement.

Envoyé spécial. Marisol et Juan Antonio sont assis sur un banc de l’avenue Alfonso X el Sabio qui traverse le centre d’Alicante et passe devant le marché central. Tous deux ont la cinquantaine bien sonnée mais se tiennent par la main, tendrement, comme deux amoureux de la veille. À leurs pieds, ils ont posé un morceau de carton où il est écrit  : « Nous n’avons plus de ressources, aidez-nous  ! » Lui a été licencié en 2008, elle n’a jamais travaillé. Le plus étonnant est que ni l’un ni l’autre ne sollicitent les passants des yeux ou de la voix. Ils se tiennent raides comme la justice, leurs regards égarés vers un lointain qu’eux seuls semblent voir. Un regard de gens indignés de faire ce qu’ils sont obligés de faire. C’est peut-être pour cela que bien peu de monde verse de l’argent dans leur corbeille  : ils dérangent, ils paraissent accuser la terre entière  ! Un peu plus loin, sur le même trottoir, au pied de l’escalier qui permet d’accéder au marché, des Colombiens au visage mat d’Indiens ont installé sur une couverture, à même le sol, des objets de rien  : bracelets, peignes, bibelots… Eux s’adonnent sans joie à cette activité informelle mais tolérée. Que voulez-vous, c’est la crise  ! Le taux de chômage dans la région frôle les 27 %.

Une véritable invasion  !

Plus bas, en descendant vers la mer, la Rambla qui conduit à l’esplanade a mué comme un papillon. L’ancien cinéma est remplacé par un office de tourisme  ; des cafés, des boutiques ont disparu, transformés en autant d’agences bancaires et de cabinets de promotion immobilière. Une véritable invasion  ! En quelques minutes de marche, le flâneur peut dans cette ville moyenne du sud-est de la péninsule côtoyer toutes les plaies de l’Espagne d’aujourd’hui  : la misère qui explose, les boulots de peu, les marchands de soleil, de mer et de pierre, et les magiciens de la monnaie, « la banca », comme disent les Espagnols. Le soleil, la mer et la pierre, on ne voit que cela sur la route qui longe la côte et mène d’Alicante à Valence, la capitale régionale. Appartements et villas ont poussé comme herbe folle sur les collines qui entourent Benidorm, la célèbre station balnéaire. Il y en a pour tous les goûts, tous les styles. Et cela partout, tout au long du littoral. Les Espagnols des grandes zones urbaines, de Madrid, du Pays basque, les Européens ont acquis là une résidence secondaire. Les filiales immobilières des banques, des compagnies d’assurances ont acheté à tour de bras, à la seule fin de revendre et de réaliser une énorme plus-value. Entre 1997 et 2007, les prix immobiliers ont grimpé de 200 %. On est là au cœur de la bulle immobilière espagnole qui a implosé en 2008.

moins de 5 % du PIB

Au début du nouveau siècle, le pays a construit autant de logements que toute l’Europe réunie. En 1997, l’encours des crédits aux promoteurs immobiliers représentait moins de 5 % du PIB  ; dix ans plus tard, il approchait les 30 %. L’épargne intérieure étant insuffisante, l’Espagne s’est endettée à l’étranger. Le marché immobilier était en apesanteur, rien ne semblait freiner sa montée au ciel. La crise financière l’a dégonflé, comme une « tortilla » trop cuite. L’Espagne est maintenant sur les genoux, comme un taureau blessé. Il faut dire que ce boom a tiré toute la croissance espagnole pendant plus de dix ans. Au début des années 2000, le secteur de la construction a mobilisé directement plus de 2 millions de personnes, 50 % de plus qu’en France ou en Italie, plus qu’en Allemagne. Beaucoup de monde donc, des Espagnols mais aussi des gens d’Europe de l’Est chassés de chez eux par le chômage et la misère. Roumains, Latino-Américains, Marocains… travailleurs peu qualifiés, à la faible productivité et aux petits salaires, souvent sans papiers, payés au noir. Le pays des conquistadors a vu débarquer dans ses ports les descendants des Mayas, des Incas colonisés au temps de l’âge d’or, des rejetons aussi de ces Maures d’Espagne chassés à la fin du XVe siècle, revenus ces dernières années par le détroit de Gibraltar. L’histoire se venge toujours  ! Aujourd’hui, 41 % des 200 000 chômeurs de la région d’Alicante sont des salariés de la construction.

Qui donc a tiré les marrons de ce feu-là, qui a spéculé  ? « Pas moi », affirme Ignacio B., un ancien tâcheron du bâtiment, devenu à grands coups de gueule, grâce à un solide culot et tout de même aussi à quelques amitiés politiques, l’un des rois de la promotion immobilière alicantine. « Moi, j’ai été l’un des premiers à tirer la sonnette d’alarme, je n’ai jamais été d’accord avec ça », assure de son côté Ramon Jerez Lopez, président de l’une des associations régionales du patronat du bâtiment. « Nous devons effectuer une véritable révolution copernicienne en Espagne », assure-t-il, avant d’ajouter, sans mesurer la contradiction  : « Mais nous n’allons quand même pas abandonner l’idée de faire de notre région la petite Californie de l’Europe  ! » Mais quelle Californie, celle de la Silicon Valley ou de la plage de Malibu  ? Le gouvernement du socialiste José Luis Rodriguez Zapatero se fait aussi le chantre d’un autre développement, il a même élaboré une loi en faveur de l’économie soutenable, mais son contenu est aussi vide que la poche d’un chômeur. L’Espagne est en panne de projet alternatif.

L’espoir, il faut le chercher ailleurs. Chez cet ouvrier d’Alcoa Alicante, une usine de traitement de l’aluminium, filiale d’un géant américain installée en bord de mer, au milieu des palmiers et à deux pas de plages de sable fin. José Manuel Pascual, élu du comité d’entreprise, lutte avec ses compagnons de travail contre 30 nouvelles suppressions de postes et la fermeture du site, qui permettrait à la multinationale de réaliser une superbe opération immobilière. L’espoir est du côté de ces forces populaires qui sont dans les syndicats, les associations, chez Izquierda Unida, parmi tous ces travailleurs qui accordent une confiance mitigée au Parti socialiste, mais qui craignent le retour de la droite.

Il est chez ces ouvriers de l’industrie du marbre, représentés par Miguel Angel Martinez Jimenez, un animateur du syndicat Commissions ouvrières qui considère qu’il faut à la fois consolider les industries anciennes, notamment celles de l’arrière-pays levantin, dédiées à l’extraction et au traitement de la pierre naturelle, et commencer à diversifier le secteur productif régional. « Les 3 000 chômeurs de la ville de Novelda, au nord-ouest d’Alicante, dit-il, ne vont pas retrouver du travail dans le marbre, il faut les former, les préparer à exercer d’autres métiers dans d’autres secteurs, plus qualifiés. C’est dans cette voie que l’Espagne doit s’engager pour sortir de la crise. »

Pierre Ivorra

Espagne. Quel avenir pour les 5 millions d’immigrés ?

Ils s’appellent Mohamed, Khalid, Bouzekri… Ils viennent du Maroc. Ils se demandent de quoi sera fait demain.

Envoyé spécial. Ils ne sont pas d’accord sur tout mais ils ont un même parcours. D’abord sans papiers, travaillant au noir, ils ont rasé les murs. Aujourd’hui, en toute légalité, disposant d’une carte de séjour, ils se retrouvent dans les murs d’une association culturelle marocaine, Averroès, qu’ils viennent de fonder dans un quartier du centre historique de Valence.

Mohamed, aujourd’hui atteint de troubles de la vue, a dû mettre un terme à son activité de conducteur de camion. Avec la crise, il craint une montée de la xénophobie alors que de tout le groupe d’anciens sans papiers, il est apparemment le moins menacé  : il a acquis la nationalité espagnole. Entré en Espagne en 1985, il a travaillé comme jardinier, vécu de petits boulots. Il a des craintes. « Ils ne donnent plus de travail aux étrangers comme nous. Moi, quand je leur fais remarquer que j’ai la nationalité espagnole, ils regardent mon visage et me rient au nez. »

Khalid, de Fès, donne des cours d’arabe. Il nuance les propos de Mohamed : « Il n’y a pas de racisme qui imbibe la société espagnole, remarque-t-il. Ici, il n’y a pas de Front national. » Bouzekri, un commerçant, président de l’association, trouve que les Maghrébins sont tout de même victimes de discriminations. Il donne l’exemple d’une coopérative qui, il y a peu encore, comptait une majorité d’immigrés parmi ses employés et qui ne prend plus que des Espagnols. « Ils embauchent d’abord les gens du pays, ensuite les Européens, puis les Sud-Américains. Les Arabes viennent en dernier. » La croissance espagnole a été fondée sur deux mensonges  : le premier, qu’il y aurait toujours beaucoup de logements à construire ; le second, que l’Espagne pourrait accueillir des millions d’immigrés dans des conditions décentes, alors qu’il ne leur aura été proposé que des emplois sans avenir. C’est pourtant l’une des questions de demain.

P. I.

 

republika%20Azagra



Edité par T 34 - 02 Mar 2010 à 19:05
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Mar 2010 à 22:59
 
(source :http://amnistiapresos.blogspot.com/ 02/03/10,t raduction futur rouge)


Mémoire historique :

Cela a été la transition du fascisme de franco au fascisme couronné

 
« Plus de 180 prisonniers politiques incarcérés dans 22 prisons.

Ceux qui espèrent la liberté.

Journal El Pais 13 Mars 1977

Avec l’aide d’informations fournies par différentes avocats, et faute d’informations officielles, nous pourrions nous avons pu mettre sur pied une liste de prisonniers politiques existant dans notre pays aujourd’hui. Les noms sont regroupés en fonction de la prison, sauf les inexactitudes qui pourraient survenir à cause de transferts récents ou le manque de données actualisées. Tous deux qui figurent avec une peine de mort sont commuées en réclusion à perpétuité.
Des Membres présumés des PCE(r), GRAPO y Socorro Rojo qui sont en détention à Madrid et à Barcelone, suite à l’enlèvement de M. Oriol et Villaescusa, l’assassinat de deux policiers armés et d’un Garde civile à Madrid, et un inspecteur de police, à Barcelone: Luis Alonso Ribeiro, Isidoro Padín Cortegoso, Juan García Martín, Juan Carlos Delgado de Codes, José Balmón Castells, Julián Cabañas, Olegario Sánchez Corrales, Enrique Cerdán Calixto, Juan José Díaz Fernández, Abelardo Collazo Araújo y Manuel Casimiro Gil Arauxo ».

Aujourd’hui en Mars 2010, les prisonniers politiques en Espagne sont plus de 900 dans plus de 80 prisons … mais El Pais les appelle aujourd’hui des terroristes.

33 ans après, Juan Garcia Martin est toujours prisonnier politique condamné à perpétuité […]. Delgado de Codes (militant du PCE(r)) a été assassiné par la police en 1979. Abelardo Collazo (militant des GRAPO), assassiné en 1980. Cerdan Calixto (militant des GRAPO), assassiné en 1981. Balmón, Sanchez, Corrales y Gil Arauxo, continuaient d’être emprisonnés après « l’amnistie »-farce de 1977, pendant plus de 20 ans…

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Mar 2010 à 16:44
 
MADRID – Selon une dépêche de l’AFP du 4 mars : »Un juge de la cour suprême espagnole a estimé jeudi qu’il existait bien des motifs de juger Baltasar Garzon, le juge de l’Audience nationale espagnole, spécialiste des dossiers terroristes et célèbre dans le monde entier pour avoir inculpé Augusto Pinochet puis Oussama ben Laden: selon elle, le magistrat pourrait avoir délibérement ignoré la loi en se déclarant compétent pour enquêter sur les atrocités de la guerre civile espagnole.

En 2008, le juge Garzon a une fois de plus fait l’histoire en ouvrant une enquête sur la disparition de plusieurs dizaines de milliers de civils pendant la guerre civile espagnole (1936-39). »

On peut ne pas être d’accord, et c’est mon cas avec la thèse juridique du juge Garzon, thèse qui en établissant le caractère universel de certains crimes contre l’humanité ne reconnait ni prescription, ni frontière, mais il est évident que dans son pays par rapport au franquisme elle gêne bien des gens en place.(1)

Nous Français, nous ignorons de plus en plus notre propre histoire et nous avons été mis, sans qu’il nous soit réellement demandé notre avis -et quand celui-ci l’a été il a été bafoué- dans une Europe institutionnelle, véritable ectoplasme, traversé par des influences néfastes (2). Nous méconnaissons l’histoire de nos voisins, comme de plus en plus la notre, nous sommes un peuple sans mémoire donc sans force, dans un continent que l’on invente. certes nous nous souvenons bien qu’il y a eu la guerre civile espagnole, mais peu de gens savent encore que nous avons trahi la République soeur à laquelle des accords nous liaient, et que non seulement le gouvernement français socialiste n’est pas intervenu pour empêcher l’étranglement de la République espagnole, mais nous avons mis dès leur arrivée les Républicains fugitifs dans des camps et certains furent de là directement déportés par les nazis.

Certes de ce fait nous avons considéré avec dédain la nuit dictatoriale espagnole mais bien de nos dirigeants et de nos élites qui s’étaient refaits une vertu à la Libération ont accueilli avec des transports de joie « la réconciliation espagnole », vantant ce monarque dont franco avait gratifié l’Espagne et qui inaugurait une ère de réconciliation et de démocratie.

Les atrocités commises par les forces du général Francisco Franco pendant le conflit qui les opposèrent aux Républicains et pendant les premières années de la dictature franquiste ont été couvertes par une Loi d’Amnistie, promulguée par les Cortes en 1977, deux ans après la mort du dictateur, au début de la transition démocratique. Ce fut avec l’accord du dirigeant communiste Santiago Carillo, un des inventeurs de l’eurocommunisme, depuis passé au parti socialiste espagnol. Par cet acte, le Parti communiste brada non seulement le souvenir républicain mais également celui de l’héroïsme et du sacrifice de milliers de communistes dont les cadavres avaient alimenté les fosses communes. Le présent était laissé aux mains des franquistes, de la haute hiérarchie catholique, de l’opus dei à la banque de Santander, en passant par l’appareil de justice et de répression et les grands patrons de presse.L’Espagne a donc toujours dans ses fosses, le monstre fasciste tapi, il spécule, poursuit, organise des campagnes médiatiques…

Par parenthèse on ne comprend rien au problème basque si l’on ignore que la dite loi d’amnistie a servi à protéger les franquistes mais que les résistants basques qui ont été si héroïques durant la dictature ont été exclus de son bénéfice.Il y a quelques cadavres dans le placard de l’Espagne aujourd’hui, cette loi d’amnistie qui a laissé en place tout l’appareil franquiste en particulier dans les forces de répression et le tour de passe passe qui a installé la monarchie en tirant définitivement un trait sur la République espagnole sous prétexte d’unité nationale. Ces deux actes fondateurs du nouvel Etats espagnol et dont on a voulu faire un miracle de la démocratie, une transition douce a été en fait la manière de changer un petit quelque chose pour que tout le franquisme perdure. 

Si Zapatero a eu un mérite, c’est que fils d’un républicain espagnol , il a tenté de commencer à nettoyer l’espagne de son passé franquiste, mais le mal est profond et dans la mesure où l’on ne touche pas au capital, à celui qui organise la spéculation il est difficile de nettoyer l’écurie. Ce qu’il faut encore comprendre c’est que le franquisme, et le rôle d’Aznar a été déterminant dans ce domaine, a eu un côté offensif au moins dans deux secteurs géographiques. En Amérique latine, où Aznar s’est montré le fidèle allié des Etats-unis et à rassemblé » l’oligarchie contre toute velleité d’indépendance et de rébellion populaire. Sa campagne électorale a été financée par la mafia anti-cubaine de Miami, et c’est toujours de l’espagne et des réseaux franquistes que partent les campagnes contre Cuba et maintenant le Venezuela et les pays de l’Alba.

En agissant ainsi Aznar portait les convictions franquistes mais défendait également les multinationales espagnoles implantées en Amérique latine, des groupes de presse puissants en font autant. La deusième zone d’intervention franquiste a été l’Europe, là aussi la reconversion s’est opérée en ralliant toutes les ganaches anti-communistes dans une éternelle croisade où l’on retrouve les Lech walesa, les Vaclav Havel…

On voit à travers ces quelques allusions que le franquisme loin d’avoir renoncé est encore présent en espagne mais aussi en Amérique latine et qu’il a fait jonction avec d’autres extrêmes-droite au niveau européen.

Pourtant, tout se passe comme si l’on voulait ignorer ce fait.
En lançant son enquête, Garzon a « délibérément décidé d’ignorer ou mettre de côté » la volonté du parlement d’oeuvrer, via cette, amnistie à la réconciliation du pays, estime jeudi le juge du Tribunal suprême Lucio Varela, dans son jugement de 55 pages. Le juge Garzon a cinq jours pour faire appel.
Si cet appel est rejeté, un panel de cinq juges de la cour suprême devra ensuite se prononcer: soit dire qu’il faut abandonner l’affaire, soit laisser le juge Varela décider s’il entame des poursuites contre Garzon pour « prévarication ». Ce dernier affirme n’avoir rien à se reprocher et a présenté son point de vue devant le Tribunal suprême en septembre.
S’il en arrivait à être condamné pour « prévarication », pour avoir agi alors qu’il savait très bien qu’il n’était pas compétent, le juge Garzon pourrait être suspendu pendant plusieurs années.
L’enquête ouverte en 2008 par le juge Garzon n’a duré que quelques mois. Il a du céder sur une querelle de juridiction, l’affaire étant transférée vers les tribunaux provinciaux.
Mais c’était la première fois qu’une enquête officielle était ouverte en Espagne sur cette période, la plus sombre du passé franquiste du pays, jamais confronté.
Du coup, l’année dernière, le syndicat de fonctionnaires d’extrême droite « Manos Limpias » (« Mains propres ») a porté plainte contre le juge pour avoir rouvert cet épineux dossier, et le Tribunal suprême a accepté d’étudier la requête.

danielle Bleitrach
(1) Si je ne suis pas d’accord c’est pour les mêmes raisons que je récuse le tribunal de la Haye, tant que les rapports de force internationaux seront ce qu’ils sont la poursuite juridique a toute chance d’être dirigée contre les petits pays dont on viole la souveraineté tandis que les vrais criminels sont protégés. Donc en matière de droit international le principe que je privilégie est la souveraineté nationale sur les ressources comme sur les personnes.

(2) c’est à peu près autant qu’il m’en souvienne la définition que Robert Musil dans l’homme sans qualité donne de la Cacanie, l’empire pourrissant des habsbourg. Toutes les tentatives pour restaurer le rêve de charlemagne se sont heurtées à la réalité des nations et des Républiques européennes, le baptème de 1848, en nier la mémoire c’est rendre impossible l’union des coeurs et des esprits… et le territoire où l’Union européenne exerce ses effets délétères est, à l’inverse de l’Empire de Charles Quint, un lieu où le soleil ne se lève jamais… Je veux parler  du bonheur comme une idée neuve…



 

26/03/2010
 
Mobilisation en faveur du juge espagnol Garzon

Près de 60 organisations de défense des droits de l’homme et des juristes, de toute 
la planète, ont officiellement apporté leur soutien 
au médiatique juge espagnol Baltasar Garzon, menacé 
de suspension de ses fonctions après le dépôt par des groupes réputés d’extrême droite d’une plainte pour forfaiture. Accusé d’« artifice juridique », Garzon ambitionnait d’ouvrir une enquête sur les crimes de la guerre civile et de la dictature franquiste.



Edité par T 34 - 26 Mar 2010 à 20:18
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Apr 2010 à 16:25
 
note de presse transmise par le Parti Communiste Vénézuélien et traduite par danielle Bleitrach pour changement de société. Ce texte émanant d’un député communiste vénézuélien contre l’Etat espagnol, monarchique, non démocratique, est un peu la réponse du berger à la bergère après la violente campagne des médias espagnols contre Cuba et le Venezuela.

Le député vénézuélien Carolus Winner critique la situation en Espagne
Caracas, le 3 avril de 2010.-Le Royaume d’Espagne est victime actuellement d’une forte crise morale, elle trouve son expression dans de multiples accusations contre l’église,contre les manipulations médiatiques et sur le fait qu’il y a des milliers de cas de violence contre les femmes non punis . C’est ce qu’a remarqué le vice-président du Groupe Vénézuélien au Parlement Latino-américain (Parlatino), le député Carolus Wimmer, qui se trouve en Espagne où il participe à une série d’activités du peuple espagnol de solidarité avec le Venezuela et la Révolution Bolivarienne.


Le parlementaire a déclaré que, selon des médias alternatifs espagnols, depuis un juillet 2009 on a constaté 24 mille cas de violence  contre la femme, un délit qui prolifère chaque jour par le manque de mesures de sécurité et de protection sociale pour les femmes. « De ces 24 mille cas, seulement 269 des agresseurs sont sous contrôle des autorités, et sur ces 269 , seulement 34 se trouvent en prison alors que les autres 235 vaquent librement dans la rue »a dénoncé le député.
Wimmer a ajouté qu’il s’agit spécialement des femmes d’Amérique latine trompées par des offres de travail et de mariage, et qui sont tout de suite victimes de la violence sexuelle et de traitements indignes. « Cependant, ce chiffre inclut seulement les cas dénoncés.  Le nombre pourrait considérablement augmenter, mais les femmes ont peur de porter plainte à cause  d’un manque d’efficacité dans la législation et dans  l’application de justice », a -t-il expliqué.
Il a ajouté que durant la VII Rencontre de Plates-formes Étatiques de  Solidarité avec le Venezuela, célébrée les 28 de ce mois, le 29 et 30 mars dans la communauté des Asturies, on a dénoncé le fait que les institutions espagnoles ne fonctionnent pas correctement, spécialement quand il s’agit d’une violence contre la femme. « Il y a des violations constantes aux droits de l’homme mais l’État n’applique pas les lois et quand il le fait c’est sous une forme machiste et sous l’influence des conceptions antiques de l’église catholique », a déclaré le secrétaire de Relations Internationales du Parti communiste vénézuélien.
En ce sens, il a expliqué que persistent de graves accusations contre l’église, l’institution qui a constitué le support principal de la dictature de Francisco Franco et actuellement du Royaume d’Espagne. « L’église appuie l’État pervers espagnol et au niveau des médias il est important de remarquer que la liberté de presse n’existe pas en ce qui concerne  la famille royale et  l’église catholique », a-t-il précisé.
En revanche, Wimmer a dénoncé le fait que tandis que les agresseurs de femmes sont libres, ont été récemment condamnés à deux ans de prison 23 travailleurs de l’aerolígne Ibéria, dont l’unique crime a été de protester publiquement contre leur  licenciement, à la suite d’une mesure de réduction de personnel.

De surcroît, le parlementaire a dénoncé le fait que le Gouvernement espagnol avait le « sans-gêne » de critiquer la démocratie vénézuélienne, alors que les deux charges les plus hautes en Espagne sont héréditaires. « Le Royaume d’ Espagne n’est pas une république démocratique, mais un système féodal où le peuple espagnol n’a pas le droit de choisir son chef d’État dans des élections libres et secrètes, comme dans tout système démocratique et paticipativo »,a-t-il assuré.
Il faut se rappeler que tant le Chef de l’État – dans ce cas le Roi ou le Monarque de l’Espagne – ainsi que le Commandant chez le Chef des Forces Armées, sont des charges héréditaires qui sont transmises des parents aux enfants. « Cette condition confirme que le Gouvernement espagnol n’a pas  le droit moral de critiquer le système démocratique vénézuélien, reconnu dans le monde entier comme un État de démocratie absolue et d’ample participation populaire », a-t-il précisé.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Apr 2010 à 14:41

Franquisme: Garzon sera jugé

La justice espagnole se retourne contre Baltasar Garzon, célèbre pour avoir lancé un mandat d'arrêt contre Augusto Pinochet ou pour avoir demandé l'exclusion de Silvio Berlusconi du Conseil de l'Europe. Le magistrat aurait abusé de ses pouvoirs lors de son enquête sur les disparus de la guerre civile ibérique.

Baltasar Garzon est une icône de la justice espagnole. Au nombre de ses faits d'armes, il a livré bataille contre les dictatures sud-américaines. Il avait, entre autres, lancé un mandat d'arrêt contre le Chilien Augusto Pinochet. Il a également demandé l'exclusion de l'Italien Silvio Berlusconi du Conseil de l'Europe ou encore la fermeture de la prison militaire de Guantanamo. Des actions chocs permises par son statut de magistrat instructeur de l'Audiencia Nacional, la plus haute instance juridictionnelle en Espagne. Mais, aujourd'hui, il est accusé d'avoir trop usé de son influence… et de ses pouvoirs.

A la suite d'une plainte déposée par deux groupes d'extrême-droite, Balatsar Garzon est accusé d'avoir violé la loi d'amnistie générale dans le cadre de son enquête sur le sort des 144.000 disparus de la guerre civile espagnole et des décennies de franquisme qui ont suivi. La loi dite d'amnistie générale a été votée au nom de la réconciliation nationale en 1977. Et, à cause de ce texte, les magistrats espagnols ont peu de marge de manœuvre quand ils fouillent l'histoire politique de 1936 à 1975, date de la mort de Francisco Franco.

Un procès politique?

Celui qui a enquêté sur l'ETA, Al-Qaïda ou Augusto Pinochet se voit donc contraint de se rendre sur le banc des accusés pour une enquête à laquelle il a finalement renoncé fin 2008, face aux multiples pressions judiciaires. Baltasar Garzon peut toutefois s'appuyer sur la loi dite de la mémoire historique, qui honore les victimes de la guerre civile. Elle a été adoptée en 2008 par la majorité des parlementaires populaires et socialistes.

A l'époque, seules les formations extrémistes avaient dénoncé un accroc à l'amnistie décrétée il y a plus de trente ans. Ce sont d'ailleurs deux groupes d'extrême-droite qui attaquent aujourd'hui Garzon. L'organisation de La Phalange, un des plaignants, est elle-même mise en cause dans les crimes du franquisme. Elle accuse le célèbre magistrat de "prévarication": il aurait manqué à ses devoirs en montant des bricolages législatifs pour contourner la loi de 1977. Pour cela, il risque la suspension.

A quelques semaines du procès, un recours a été déposé devant le tribunal correctionnel pour demander la suspension de l'instruction de la Cour suprême contre Garzon. Les associations antifranquistes n'hésitent pas à avancer que certains hauts magistrats feraient preuve de partialité, voulant salir l'honneur du charismatique Baltasar Garzon.


 

Baltasar Garzon, juge sans frontières

Il incarne un style, et des convictions. Il déroute, agace. Il n’empêche, en vingt-deux ans de carrière, Baltasar Garzon se démarque du corps juridique momifié. ETA, le terrorisme d’État et le scandale des GAL, la corruption, les narcos… Le juge espagnol touche à tout, s’attaque à tout. En 1999, il arrête à Londres l’ex-dictateur chilien Augusto Pinochet pour « crimes contre l’humanité », poussant ainsi les justices du Cône sud-américain à juger les horreurs des dictatures militaires. L’homme finit par déranger jusqu’au plus haut niveau des institutions. Car Garzon ose bousculer le déni. Voilà donc le juge à la chevelure argentée traîné aujourd’hui en justice par le magistrat du Tribunal suprême, Luciano Varela, pour un présumé délit de prévarication (prononcer une sentence en sachant qu’elle est contraire à la loi). Une poursuite judiciaire aussi froide que la prison de Caravanchel sous Franco  : en octobre 2008, saisi par des familles des victimes du franquisme, il a voulu ouvrir une instruction sur le sort des milliers de disparus. Les réactionnaires dégainent  : la loi d’amnistie de 1977 interdit de toucher à cette époque maudite. Elle offre en fait une superbe impunité aux tueurs et jette dans l’oubli les 100 000 cadavres de républicains gisant encore dans les fosses communes. Comble de l’obscénité, la partie plaignante est un ramassis d’extrême droite  : le pseudo-syndicat Manos Limpias, Liberté et identité et l’organisation de Franco, la Phalange et les JONS. Varela demande vingt ans d’interdiction d’exercice, soit la mise à mort professionnelle de Garzon. Celui-là même qui « collabore avec la conscience de l’humanité », selon les grands-mères de la place de Mai en Argentine. Les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles, selon les conventions ratifiées par Madrid. Sauf pour l’Espagne, actuellement présidente de l’Union européenne.

Cathy Ceïbe

 



Edité par T 34 - 18 Apr 2010 à 16:25
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Apr 2010 à 20:56

Espagne: les syndicats et le monde culturel soutiennent le juge Garzon

MADRID - Les syndicats et le monde culturel espagnols se sont mobilisés mardi pour soutenir le juge Baltazar Garzon, accusé de "prévarication" et menacé de suspension pour avoir voulu enquêter sur les victimes du franquisme.

Les deux principaux syndicats espagnols, CCOO et UGT, ont demandé au Tribunal Suprême espagnol de mettre fin "à la persécution injuste" menée contre Garzon, lors d'un acte de soutien organisé à la faculté de médecine de l'université Complutense de Madrid.

Réunis en fin de journée dans la même université, plusieurs dizaines d'artistes et intellectuels espagnol ont également apporté leur soutien au juge en revendiquant "le droit de juger la dictature espagnole".

A la suite de plaintes d'organisations d'extrême-droite, le juge Garzon, est accusé par le Tribunal Suprême d'avoir monté un "artifice juridique" pour enquêter sur les disparus de la guerre civile (1936-39) et du franquisme (1939-75), en ignorant "sciemment" une loi d'amnistie votée en 1977.

"La société espagnole a une dette morale envers les victimes du franquisme. Elle n'offre rien aux familles pour pleurer leurs disparus", a déclaré mardi soir le cinéaste espagnol Pedro Almodovar.

"Aucune loi ne peut amnistier ni protéger le génocide qui a été commis. Aujourd'hui en Espagne, l'état de droit est remis en question", a déploré l'acteur argentin Juan Diego Botto, dont le père fait partie des 30.000 disparus lors de la dictature argentine.

Une plainte pour génocide et crimes contre l'humanité pendant la guerre civile espagnole et la dictature de Francisco Franco va être déposée mercredi devant la justice argentine par des familles et associations de victimes du franquisme, en vertu du principe de "justice universelle".

Le juge Garzon, 54 ans, pionnier et ardent défenseur de ce principe, avait accédé à la célébrité mondiale en obtenant l'arrestation de l'ex dictateur chilien Augusto Pinochet en 1998 à Londres, où la justice britannique l'avait finalement relâché.

"Comment est-il possible qu'un juge espagnol puisse enquêter en s'appuyant sur les arguments de la justice universelle (...) sur les dictatures argentines ou chiliennes (...) mais ne puisse pas le faire ni même essayer de le faire avec les mêmes armes pour la dictature franquiste ?", s'est interrogé mardi le secrétaire général d'UGT, Candido Méndez.

La guerre civile espagnole a fait plus de 500.000 morts et plus de 100.000 militants ou sympathisants républicains ont été exécutés après la fin de la guerre et l'accession de Franco au pouvoir, selon les historiens.

Le juge Garzon, qui avait dû renoncer à son enquête fin 2008 face à l'opposition catégorique du parquet, a fait appel samedi de la décision du Tribunal suprême.

De son côté, le Conseil Général du Pouvoir Judiciaire (l'organe du gouvernement des juges en Espagne) a exprimé sa "préoccupation et sa tristesse" face aux "diverses manifestations, qui viennent systématiquement attaquer l'action juridique menée par le Tribunal Suprême espagnol" .

 
Des familles de victimes du franquisme portent plainte en Argentine

De Indalecio ALVAREZ (AFP)

BUENOS AIRES — Une première plainte pour crimes contre l'humanité commis par le franquisme a été déposée mercredi en Argentine par deux familles de victimes en vertu du principe de justice universelle, en réaction aux attaques en Espagne contre le juge Baltasar Garzon.

Les deux plaignants, l'Espagnol Dario Rivas, 90 ans, et l'Argentine Ines Garcia Holgado, ont assisté à Buenos Aires à une conférence de presse marquée par l'émotion, au cours de laquelle a été annoncé le dépôt de la plainte "4591/10".

"N'importe quelle victime dans le monde peut s'y joindre", a dit l'un de leurs avocats, Ricardo Hunis.

Dario Rivas, cheveux et moustache blancs, se tenait au premier rang en costume-cravate. Il est le fils de Severino Rivas, maire de la localité galicienne de Castro de Rei (nord-ouest) fusillé au début de la guerre civile (1936-1939).

Ines Garcia Holgado, assise à côté de M. Rivas, est la petite-nièce de Elias Garcia Holgado, également maire mais aussi député dans la province de Salamanque (ouest) lorsqu'il a été fusillé. Deux autres membres de cette famille ont également péri fusillés en Espagne.

La nièce de M. Rivas, Ana Campos Veiga, 46 ans, a lu un texte de son oncle, "afin de lui éviter une trop grande émotion".

"Oublier le passé, c'est commettre une double injustice : envers les victimes de la répression et envers les futures générations", a-t-elle dit. "La recherche de la justice historique, aussi douloureuse soit-elle, n'est pas importante seulement pour l'Espagne mais également pour toute l'Europe".

Pour le sauver, le père de Dario Rivas l'avait envoyé en Argentine par bateau alors qu'il avait 9 ans, peu de temps avant d'être fusillé. Dario a recherché son père toute sa vie, avant de trouver son corps en 2005 grâce à un témoin qui avait assisté à l'âge de 13 ans à l'exécution.

"C'est un jour historique. Je viens de prendre un calmant, mais dès que je parle je suis en pleurs", a dit à l'AFP Ana Campos Veiga. "C'est mon oncle", a-t-elle dit, en le présentant à Nora Cortinas, l'une des Mères de la Place de mai, qui lui a répondu : "Aujourd'hui, c'est notre oncle à nous tous!".

D'autres personnalités, comme le Prix Nobel de la paix (1980) Adolfo Pérez Esquivel, se tenaient là pour apporter leur soutien.

Cette plainte pour crimes contre l'humanité pendant la guerre civile espagnole (1936-39) et la dictature franquiste (1939-75) survient une semaine après l'ouverture d'une procédure en Espagne contre le juge Baltasar Garzon pour "prévarication".

Elle fait suite au dépôt d'une plainte d'organisations espagnoles d'extrême-droite, qui accusent le magistrat d'avoir enquêté grâce à un "artifice juridique" sur les victimes du franquisme en ignorant "sciemment" une loi d'amnistie votée en 1977.

Les avocats plaignants font valoir en Argentine que les crimes contre l'humanité sont inprescriptibles quelles que soient les amnisties adoptées.

C'est la juge fédérale Maria Servini de Cubria qui aura la lourde responsabilité de donner ou non suite à cette plainte.

Un autre avocat des plaignants, Alejandro Slepoy, s'est dit convaincu que l'affaire allait faire boule de neige. "Nous recevons une quantité impressionnante d'appels téléphoniques et mails de victimes du franquisme qui souhaitent se joindre à nous", a-t-il dit.

Le juge Garzon, pionnier et ardent défenseur de la "justice universelle", avait accédé à la célébrité en enquêtant sur les disparitions pendant la dictature argentine (1976-1983) et, surtout, en obtenant l'arrestation de Pinochet en 1998 à Londres, qui l'avait finalement relaché.

La guerre civile espagnole a fait plus de 500.000 morts et plus de 100.000 républicains ont été exécutés après la fin de la guerre et l'accession de Franco au pouvoir, selon les historiens.


Le PP espagnol dans des histoires de gros sous

 
Vendredi 9 Avril 2010

«Caso Gürtel». Le plus gros scandale de corruption agite le Parti Populaire (PP) espagnol, dans l'opposition depuis 2004. Menée par le juge Garzon –hypermédiatique pour avoir ordonné l'arrestation d'Augusto Pinochet en 1998–, l'affaire Gürtel, du nom du principal impliqué, Francisco Correa (ceinture en français, gurt en allemand) secoue le monde politique espagnol depuis février 2009.

L'affaire surgit en 2007 et l'investigation du juge Garzon révèle au fil des années la machination  menée principalement par Correa et trois de ses hommes de confiance. Le quatuor aurait mis en place un conglomérat d'entreprises qui aspiraient des fonds publics en obtenant la corruption de fonctionnaires et d'autorités. Principales concernées: les communautés autonomes de Madrid et de Valence, dirigées par le PP, mais près de 50 personnes seraient impliquées.

Si le scandale fait vendredi la une des journaux en Espagne et ailleurs dans le monde c'est que le sénateur et trésorier du parti conservateur, Luis Barcenas, vient de démissionner. Safari, maisons, tableaux... pour El Mundo, rien n'était trop gros pour blanchir les 1,3 million d'euros qu'aurait perçu celui qui fût trésorier du parti pendant un an mais lié à ses dépenses depuis plus de 25 ans.

Mais face au scandale, le quotidien argentin Pagina/12 juge le Parti populaire «tiède». «En atteste la situation confuse qui règne après la démission de Barcenas. Jeudi, Rajoy (président du PP) a supporté que les journalistes lui demandent trois fois s'il allait continuer à payer Barcenas en tant qu'avocat et il n'a jamais répondu clairement.» De même, la situation du président de la Communauté autonome valencienne, Francisco Camps, reste floue : bien qu'il soit avéré que ce dernier a reçu des cadeaux de personnalités aujourd'hui en prison, «celui-ci n'envisage pas une seconde de démissionner».

Ami de Correa et Premier ministre lorsque le jeune chef d'entreprise organisait les meetings du PP, José Maria Aznar s'est vu dans l'obligation de réagir.«Le Parti populaire est et doit continuer d'être un parti incompatible avec la corruption», a-t-il déclaré lors d'une cérémonie officielle, comme le rapporte El Pais.

[Lire les articles d'El Pais ici et , ceux d'El Mundo ici et , et celui de Pagina/12]



Edité par T 34 - 17 Apr 2010 à 17:18
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Apr 2010 à 13:52

Marinaleda : un modèle d’auto-gestion unique en Europe

 

Andrea DUFFOUR

Depuis l’alerte google Alternatives au capitalisme j’ai récemment découvert l’existence de MARINALEDA, une commune de 2645 habitants en Andalousie « où Marx vivrait s’il était encore en vie, avec zéro chômage, zéro policier et des habitations à 15 euros par mois » (1). Une alternative au capitalisme réalisée à moins de 2000 km de chez nous et qui fonctionne depuis plus de 30 ans sans que je n’en aie jamais entendu parler ? A la première occasion, c’est donc sac à dos, train, bus et autostop que j’irai pour vérifier si cette belle utopie existe vraiment…

Comme c’est Pâques, je tombe en pleine Semana Santa. Au village voisin on m’avertit : « Leur maire est un fou, quand nous autres, Espagnols, faisons des processions religieuses, eux ils font la fête pendant 5 jours »

J’apprends que la fête de la paix qui tombe durant la Semaine Sainte y est effectivement une tradition depuis plusieurs années et beaucoup de jeunes de Sevilla, Granada ou Madrid ont rejoint les villageois. Des lectures, des films ou une conférence, en solidarité avec la Palestine, ainsi qu un appel au boycott des produits israéliens ouvrent les soirées de concerts et de fête. Pour les nuits, l’immense complexe poly-sportif reste ouvert pour loger les visiteurs de l’extérieur. Une première auberge est en construction.

En tant que membre de l’association de solidarité Suisse-Cuba, je m’étais déplacée pour voir s’il existait effectivement une expérience socialiste un peu similaire à la révolution cubaine ici en Europe et j’en ai eu pour mon compte.

Le droit à la terre et au travail

A Marinaleda aussi, il a fallu d’abord passer par une réforme agraire. « La lutte révolutionnaire du peuple cubain a été une lumière pour tous les peuples du monde et nous avons une grande admiration pour ses acquis », m’explique Juan Manuel Sanchez Gordillo, maire communiste, réélu depuis 31 ans. Il était le plus jeune édile d’Espagne en 1979. En 1986, après 12 ans de luttes et d’occupations où les femmes ont joué le rôle principal, ce village a réussi à obtenir 1200 ha de terre d’un grand latifundiaire, terre qui a aussitôt été redistribuée et transformée en coopérative agricole de laquelle vit aujourd’hui presque tout le village. « La terre n’appartient à personne, la terre ne s’achète pas, la terre appartient à tous ! ».

A la ferme de la coopérative, EL HUMOSO, les associés travaillent 6.5h par jour, du lundi au samedi, ce qui donne des semaines de 39 h. Tout le monde a le même salaire, indépendant de la fonction. 400 personnes du village les rejoignent pendant les mois de novembre à janvier (olives), et 500 en avril (habas, haricots de Lima).

La récolte (huile d’olive extra vierge, artichauts, poivrons, etc.,) est mise artisanalement en boite ou en bocal dans la petite fabrique HUMAR MARINALEDA au milieu du village où travaillent env. 60 femmes et 4-5 hommes en bavardant dans une ambiance décontractée. Le tout est vendu principalement en Espagne. Une partie de l’huile d’olive part pour l’Italie qui change l’étiquette et la revend sous un autre nom. « Nous avons la meilleure qualité, mais malheureusement, c’est eux qui ont les canaux pour la commercialisation » m’explique un travailleur de la ferme. Avis donc aux magasins alternatifs de chez nous pour leur proposer un marché direct…

Les bénéfices de la coopérative ne sont pas distribués, mais réinvestis pour créer du travail. Ça a l’air si simple, mais c’est pour cela que le village est connu pour ne pas souffrir du chômage. En discutant avec la population, j’ai pourtant appris qu’à certaines époques de l’année, il n’y a pas assez de travail dans l’agriculture pour tous, mais que les salaires sont tout de même versés. Comme à Cuba, l’habitation, le travail, la culture, l’éducation et la santé sont considérées comme un droit. Une place à la crèche avec tous les repas compris coûte 12 euros par mois. A nouveau, ça rappelle Cuba où l’éducation est gratuite, depuis la crèche jusqu’à l’université.

Les maisons auto-construites

Plus de 350 maisons ont déjà été construites par les habitants eux-mêmes. Il n’y a pas de discrimination et l’unique condition pour une attribution est de ne pas déjà disposer d’un logement. La municipalité met à disposition gratuitement la terre et les conseils d’un architecte, Sevilla fait un prêt des matériaux. Les maisons ont 90m2, deux salles d’eau et une cour individuelle de 100m2 où on peut planter ses légumes, faire ses barbecues, mettre son garage ou agrandir en cas de besoin. Comme dans certaines régions à Cuba, un groupe de futurs voisins construisent ensemble pendant une année une rangée de maisons mitoyennes sans savoir encore laquelle sera la leur. Une fois le logement attribué, les finitions, l’emplacement des portes, les ouvertures peuvent être individualisées par chaque famille. Le loyer se décide en réunion du collectif. Il a été arrêté fixé à moins de 16 euros par mois. Les constructeurs deviennent ainsi propriétaires de leur maison, mais elle ne pourra jamais être revendue. (En dehors de l’auto-construction, j’ai rencontré une famille qui loue à 24 euros par mois ainsi que la seule ouvrière de la fabrique Humar Marinaleda qui vient de l’extérieur et qui paye, elle, 300 euros pour son logement. Les personnes qui souhaitent vivre à Marinaleda doivent y passer deux ans d’accoutumance avant une décision définitive).

Le coiffeur, qui fait plutôt partie de la minorité de l’opposition, est propriétaire de sa maison et se plaint de devoir travailler quand même. A ma question, pourquoi il ne vend pas sa maison à une des nombreuses familles espagnoles qui aimeraient venir rejoindre ce village, il dit qu’il y a tout de même aussi des avantages de rester ici. (L’opposition serait financée par le PSOE, Partido socialisto obrero espagnol, selon certaines sources).

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MARINALEDA - http://www.npa2009.org

Ce samedi de Pâques, les intéressé-e-s sont invités à la mairie pour une petite conférence. Le maire nous explique son point de vue sur différents points avant de répondre à nos questions. En voici quelques extraits ou résumés :

S’organiser

« Il faut lutter unis. Au niveau international, nous sommes connectés avec Via campesina, puis nous nous sommes organisés syndicalement et politiquement », nous communique le maire. Esperanza, 30 ans, éducatrice de profession, conseillère sociale bénévole de la municipalité, m’avait déjà expliqué ceci la veille au « syndicat », bar et lieu de rencontres municipal : « Ici, nous avons fait les changements depuis le bas, avec le SAT, syndicat de travailleurs d’Andalousie, anciennement SOC, syndicat fondé en 76, juste après Franco, et avec la CUT, collectif unitaire de travailleurs, parti anticapitaliste ».

Pas de gendarme

« Nous n’avons pas de gendarmes ici - ça serait un gaspillage inutile » Les gens n’ont pas envie de vandaliser leur propre village. « Nous n’avons pas de curé non plus –gracias à Dios ! » plaisante le maire. La liberté de pratiquer sa religion est pourtant garantie et une petite procession religieuse timide défile discrètement, sans spectateurs, dans le village en évitant la place de fête.

Le capitalisme

« La crise ? Le système capitaliste a toujours été un échec, la crise ne date pas d’aujourd’hui. L’avantage de la crise : le mythe du marché est tombé (...) Les réalités sont toujours les mêmes : quelque 2% détiennent 50% de la terre (…). Ceux qui veulent réformer le capitalisme veulent tout changer pour que rien ne change ! Dans le capitalisme, on a des syndicats de régime et non pas des syndicats de classe, il y a beaucoup d’instruments d’aliénation, pas de liberté d’expression, seulement la liberté d’acquisition (...) A Marinaleda, nous serons les premiers quand il s’agit de lutter et les derniers à l’heure des bénéfices. »

Démocratie

« Nous pratiquons une démocratie participative, on décide de tout, des impôts aux dépenses publiques, dans des grandes assemblées. Beaucoup de têtes donnent beaucoup d’idées. Nos gens savent aussi qu’on peut travailler pour d’autres valeurs qu’uniquement pour de l’argent. Quand nous avons besoin ou envie, nous organisons un dimanche rouge : par exemple certainement dimanche après cette fête, il y aura assez de jeunes volontaires qui viendront nettoyer la place ou préparer un petit déjeuner pour les enfants et tout ceci pour le plaisir d’être ensemble et d’avoir un village propre (…). La démocratie doit être économique et sociale, pas seulement politique. Quant à la démocratie politique, la majorité 50%+1 ne sert à rien. Pour une vraie démocratie, il faut au moins 80-90% d’adhérents à une idée. D’ailleurs, toutes nos charges politiques sont tous sans rémunération ».

Luttes futures et amendes…

Le maire appelle à participer à la grève générale annoncée par le SA pour ce 14 avril, en solidarité avec les sans terres en Andalousie qui ne bénéficient pas encore de leur droit à la terre et aussi pour nos revendications à nous. Il préconise aussi la nécessité de nationaliser les banques, l’énergie, les transports, etc. Nous devons 20-30 millions de pesetas d’amendes pour nos luttes différentes…

La culture, les fêtes

« Nous faisons beaucoup de fêtes avec des repas communs gratuits, et il y a toujours assez de volontaires pour organiser tout cela. La joie et la fête doivent être un droit, gratuites et pour tous. Ce n’est pas la mayonnaise des médias qui vont nous dicter ce qui doit nous plaire, nous avons une culture à nous. »

Expérience sociale unique en Europe

Avec un sol qui n’est plus une marchandise, mais devenu un droit pour celui qui veut le cultiver ou l’habiter, une habitation pour 15 euros par mois, du sport ou la culture gratuits ou presque (piscine municipale 3 euros pour la saison), un sens communautaire de bien-être, je pense pouvoir dire que Marinaleda est une expérience unique en Europe. Chaque samedi d’ailleurs, le maire répond également aux questions des villageois présent-e-s à la maison communale sur la chaîne de la TV locale. Cela nous rappelle l’émission « Alô présidente » de Hugo Chavez, un autre leader pour lequel Gordillo a exprimé son admiration.

La désinformation

Apaga la TV, enciende tu mente - Eteins la TV, allume ton cerveau, ce premier mural m’avait frappé, il se trouve jusqu’en face de la TV locale… A ma question en lien avec la désinformation, Juan Miguel Sanchez Gordillo me fait part de son plan d’écrire un livre sur « Los prensatenientes » – la demi-douzaine de transnationales qui possèdent les médias dans le monde. « Pendant que la gauche écrit des pamphlets que personne ne lit, la droite économique, la grande bourgeoisie, installe chez toi plein de canaux de télévision racontant tous les mêmes valeurs et propageant la même propagande mensongère. (…) Au niveau de l’information, l’éducation est très importante » et, en ce qui concerne le programme national de l’éducation, cela ne lui convient pas. Jean Manuel Sanchez Gordillo me confie donc qu’il compte venir bientôt en Suisse pour étudier notre système d’éducation qui est organisé au niveau cantonal... Probablement il pense que nous sommes une vraie démocratie avec des programmes scolaires indépendants du pouvoir…

Des expériences alternatives au capitalisme qui font peur

Par rapport aux médias, la question que je me pose à nouveau est la suivante : Pourquoi l’expérience de Marinaleda est si mal connue en Espagne ainsi qu’auprès de nos édiles ? Pourquoi Cuba, cas d’école au niveau mondial en ce qui concerne la désinformation, mérite un budget annuel de 83 millions de dollars de la part des Etats-Unis, consacrés uniquement au financement de la désinformation et des agressions contre ce petit pays ?

Y aurait-il des alternatives au capitalisme qui fonctionnent depuis longtemps et qui font si peur à certains ?

Andrea Duffour
Association Suisse-Cuba
http://www.cuba-si.ch

Pour plus d’information : http://www.marinaleda.com

(1) Nouveau Parti Anticapitaliste, http://www.npa2009.org, article du 10.1.2010


Un logement digne pour 15,52 € par mois

Marinaleda (Séville, Espagne): un pas de plus sur le chemin de l’utopie


AUTEUR:  Ana María Ortiz, 14 janvier 2007

Traduit par  Fausto Giudice, révisé par Manuel Talens


Non, vous ne rêvez pas : la quittance bancaire se monte à 15,52 Euro. La mairie sévillane de Marinaleda offre le terrain à ceux qui ont besoin d’une maison, elle accorde une subvention et exige du propriétaire qu’il mette la main à la pâte ou paye un remplaçant. Le maire explique ce miracle.


Juan Manuel Sánchez Gordillo, 47 ans, maire de Marinaleda : il a fait en sorte que ses vosins obtiennent un logement pratiquement gratuit.

 

Avec son bras gauche tendu et l’index pointé vers l’alignement de maisonnettes dont les façades blanchies à la chaux brillent au soleil, le maire de Marinaleda ressemble à Christophe Colomb montrant le Nouveau Monde. « Les voilà, elles sont là», dit sans cérémonies Juan Manuel Sánchez Gordillo en présentant son oeuvre maîtresse.

Les journalistes ont accouru dans cette localité sévillane de 2.650 habitants pour vérifier sur place que ses habitants, comme s’ils étaient les habitants du village gaulois d’Astérix et Obélix, possèdent le secret de la potion magique qui permet de résoudre le problème qui provoque le plus d’inquiétude personnelle aux Espagnols : le logement, qui, selon un sondage du CIS de novembre dernier, passe avant le chômage.

Alors que la majorité des Espagnols en arrive à se demander si les appartements ne sont pas faits de lingots d’or au lieu de briques, en sachant que le prix moyen d’une maison – 220 000 Euro si elle n’est pas neuve – équivaut à neuf ans de salaire et que les politiciens affrontent le problème en adoptant des mesures qui suscitent des polémiques comme l’expropriation temporaire des logements vides pour les mettre en location – solution adoptée en Catalogne -, à Marinaleda, l’achat d’une maison revient à 15 Euro par mois. Ce n’est pas une erreur : plus exactement 15,52 Euro, ce qui inclut les 50 centimes prélevés par la banque pour délivrer la quittance.

C’est dire que la facture mensuelle pour les pavillons que le maire nous montre - 90 mètres carrés répartis sur deux niveaux, un patio de 100 mètres, 3 chambres salon, salle de bain, toilettes, cuisine et une petite terrasse – équivaut à deux entrées de cinéma pop-corn compris, un cours de chant d’une heure ou un aller simple en autocar Madrid-Salamanque. Un logement similaire, avec un patio deux fois moins grand, à Villaverde, le quartier le moins cher de Madrid, coûterait 435.000 Euro et supposerait une hypothèque de 2.100 Euro par mois, à payer en trente ans.

« Article 47 de la Constitution ». Sánchez Gordillo croit nécessaire de rappeler son contenu avant de dévoiler le mystère des maisons au prix soldé et le récite par cœur, assis dans son bureau de la mairie. Celui-ci est orné d’un portrait de Che Guevara et d’un drapeau de la république espagnole. «Tous les Espagnols ont le droit de jouir d’un logement digne et adéquat. Les pouvoirs publics créeront les conditions nécessaires et établiront les normes pertinentes pour rendre ce droit effectif, régulant l’utilisation des terrains en accord avec l’intérêt général pour empêcher la spéculation. La communauté participera aux plus-values générées par l’action des organes publics dans le domaine de l’urbanisme. »

Ce sont ces 60 mots, aux dires du premier magistrat de Marinaleda, qui cimentent la politique locale en matière d’urbanisme. Ils n’ont fait, assure-t-il, rien d ‘autre  qu’appliquer au pied de la lettre ce que dicte la norme maximale. «Le terrain à construire est une nécessité, un droit et doit être un bien public comme l’eau ou l’air », dit-il, en expliquant sa vision de la propriété. Pratiquement la même que celle proclamée en France par les Enfants de Don Quichotte, un mouvement populaire né pour dénoncer le fait q’un million de Français n’ont pas de logement et qui a réussi à arracher au gouvernement un chapelet de promesses, parmi lesquelles se détache la reconnaissance du droit au logement, comme l’éducation ou la santé, et le droit opposable.

Le premier pas de Marinaleda sur le chemin de l’utopie - «des maisons à 15 Euro pour tous » - a été de récupérer un bon tiers du territoire municipal, soit en l’achetant soit en l’expropriant, et de le déclarer urbanisable et d’utilité publique. «Tout ce terrain ici est municipal » , dit Sánchez Gordillo en montrant sur une photo aérienne de la localité une superficie équivalant à 400.000 mètres carrés – 40 terrains de football – sur lesquels pourraient être construits au moins 1.000 logements.

À tout fils d’habitant qui a besoin d’une maison le Consistoire fournit le terrain pour la construire gratuitement. « Le terrain représente 60% de la valeur finale du logement, si bien qu’en l’offrant, nous réduisons déjà son prix de plus de la moitié. », dit celui qui tient le bâton de commandement de
Marinaleda depuis les premières élections municipales de l’ère démocratique (1979) et gouverne avec la vénération populaire qu’implique le fait d’avoir gagné sept scrutins électoraux successifs, toujours à la majorité absolue. Militant du Collectif Unité des Travailleurs (CUT), courant de la Gauche Unie (Izquierda Unida), il se définit comme «de gauche, anticapitaliste, utopique, écologique et pacifiste. »

Éliminée la partie la plus chère, le terrain, on a cherché à faire en sorte que le matériel ne coûte pas non plus un sou – c’est la Junte d’Andalousie qui le finance à raison 12.000 Euro par logement – puis que ce soient les propriétaires qui posent de la première brique à la dernière tuile. Celui qui veut avoir une maison bon marché à Marinaleda sait qu’il doit la construire à la sueur de son front, en recrutant son père ou son frère – on n’admet pas de parents plus lointains – ou en embauchant un spécialiste à 40 Euro par jour. Les propriétaires sont donc des autoconstructeurs.


350 maisons en 20 ans

Le jour de notre visite à Marinaleda, un groupe de maçons sont en train de tracer les emplacements des fondations. Les excavations laissent déjà apparaître le tracé des prochaines 20 maisons qui vont être construites. Depuis la moitié des années 80, lorsqu’a été lancée la formule « une maison pour 15 Euro » - c’était alors 2.500 pesetas - 350 logements ont été construits.


Chantier

 


Maisons prêtes

Les ouvriers qui édifient la structure sont des professionnels de la construction, des maçons sous contrat de la mairie, qui viennent en renfort pour diriger les autoconstructeurs et pallier le manque de savoir-faire des habitants. Ceux-ci se mettront au travail dans quelques jours. Aucun d’eux ne saura laquelle des vingt maisons sera la sienne en fin de compte, un système qui garantit que tous travaillent avec la même ardeur et les mêmes exigences sur toutes les maisons. 

Il y a parmi les futurs propriétaires de nombreux célibataires. Voilà par exemple Mari Carmen Gómez, 29 ans, née et grandie à Marinaleda. Assistante sociale de la municipalité, mileurista (qui gagne mille Euro par mois, néologisme espagnol récent, NdT), elle attendait en vain depuis une bonne dizaine d’années de pouvoir à son tour construire sa propre maison et quitter le logement paternel. On exige des célibataires les mêmes conditions qu’aux ménages – être recensé dans la localité depuis au moins deux ans et ne pas avoir de logement à soi – mais la priorité avait été donnée aux couples. « Jusqu’à ce que quatre ou cinq d’entre nous avons commencé à nous plaindre : ‘Écoutez, on a déjà un certain âge, on veut devenir indépendants tant qu’on est encore jeunes…’ », dit-elle, avide de recevoir les clés.

Ce qui paraît à Mari Carmen un séjour excessivement prolongé dans le nid paternel à cause du manque de logement est le mal endémique qui frappe la majorité des jeunes Espagnols. L’Espagne est avec l’Italie le pays de l’Union européenne où les parents gardent leurs enfants à la maison le plus longtemps – ils se rendent indépendants en moyenne à l’âge de 32 ans – bien que ce soit le pays avec le taux le plus élevé de logements au monde : 23.700.600 millions, soit 51 maisons pour 100 habitants.

La contradiction réside là. Comment comprendre qu’il y ait trois millions de maisons vides et qu’on construise à un rythme frénétique -500.000 maisons en 2004, 800.000 en 2005, 850.000 en 2006...- quand il est impossible à la génération d’acheteurs potentiels,
baptisés mileuristas à cause de leur faible pouvoir d’achat, d’y accéder ? « C’est la faute de cette putain de spéculation », répond sans prendre de gants Sánchez Gordillo, «On n’achète pas des logements par nécessité mais pour spécule : on achète pour 5 et on revend pour 30 » (37% des Espagnols connaît personnellement ou par ouï-dire quelqu’un qui a réalisé un achat-vente de logement uniquement pour faire des affaires.)

Contre la spéculation

Marinaleda, à première vue, semble blindée contre l’urbanisme lucratif. On oppose une fin de non-recevoir aux constructeurs qui appellent la mairie pour demander s’il y a des terrains constructibles, afin de répondre aux énormes demandes de citoyens britanniques que recherchent la proximité de la côte de Malaga, qui n’est qu’à une centaine de kilomètres. « ici, il n’y a pas de terrain », se contente-t-on de leur répondre.

Bien que le terrain soit gratuit, ainsi que les matériaux et la main d’œuvre, et jusqu’au projet réalisé par l’architecte municipal, le prix final fixé pour le logement est de 36.000 Euro. C’est la somme que le propriétaire doit théoriquement payer pour le pavillon.

De ce chiffre total on défalque les journées de travail effectuées par l’autoconstructeur. Les Carmona, par exemple, qui posent souriants devant leur maison en faisant tinter les clés qu’ils ont reçues il y a deux ans, ont donné 400 journées de travail. À 40 Euro la journée, cela fait 16.000 Euro. Il ne leur reste donc à payer que 20.000 Euro.

Étant donné que leur quittance mensuelle est de 15 Euro, 180 euros par an, il leur faudra 111 ans pour s’acquitter du coût total de leur maison. Jusque-là, les Carmona n’auront pas de titre de propriété. Ils ne pourront donc ni vendre leur maison, ni spéculer ni s’enrichir dessus jusqu’en 2117. L’idée est que les enfants héritent de la dette de 15 Euro par mois et du pavillon.

Avec un salaire mensuel de 1.500 Euro, les Carmona, José Antonio, maçon de 34 ans, et María Dolores, femme au foyer de 31 ans, parents d’une fille de six ans et sur le point de mettre au monde un deuxième enfant, vivent dans un confort difficilement imaginable ailleurs. Juanjo et Mercedes sont un couple madrilène de 38 et 35 ans. Lui est informaticien et elle employée administrative. Avec leurs revenus mensuels de 3.000 Euro, ils doivent payer une hypothèque mensuelle de 500 Euro pour un appartement de 60 mètres carrés acheté en 2001 et substituer eux et leur fils. Mais maintenant qu’il viennent d’avoir des jumelles et qu’elle a du arrêter de travailler, il ne reste plus qu’à faire leurs valises et à partir à la recherche d’une Marinaleda.

Pour Ana, 31 ans, auxiliaire de vie employée par la municipalité, mère célibataire avec 500 Euro de salaire mensuel, impossible de s’en sortir, même dans ce village où le logement est une affaire. Elle ne peut obtenir une maison avec ses seuls revenus et elle n’a personne qui puisse le faire à sa place ni argent pour payer un remplaçant. Le maire l’a tranquillisée : « Ne t’inquiète pas, on va voir comment régler ton problème. »

Il trouve toujours une solution adaptée aux conditions de chacun. Sans cela, Jesús Díaz, 48 ans, marié et père de deux enfants, n’aurait pas de maison. Infirme de la jambe gauche à cause d’une poliomyélite contractée dans son enfance et avec une retraite de 298 Euro, il ne pouvait ni travailler à construire sa propre maison ni payer quelqu’un pour le faire à sa place. La solution a été qu’il a fourni ses journées de travail en surveillant le chantier de nuit. Aujourd’hui il est le fier propriétaire du numéro 52 du quartier Pepe el Gallo. «Je crois qu’on n’apprécie pas à sa juste valeur ce que nous avons ici, si un jour ça venait à nous manquer...», dit-il en montrant sa maison.


Sánchez Gordillo nous sert de guide parmi les maisons des autoconstructeurs.
- On va passer par là, pour aller place Che Guevara.

- À gauche ?

- Évidemment à gauche. Si c’était à droite, on ne lui aurait pas donné ce nom,
plaisante-t-il.

Toutes les rues de Marinaleda ont changé de nom en 1979. La rue Général Mola est devenue la rue Boabdil; celle du Général Sanjurjo, Federico García Lorca; la place Franco, Salvador Allende... Un militant de Fuerza Nueva (parti franquiste, NdT), offensé, a tiré quelques coups de feu dans le village. Les façades du village sont ornées de slogans et de pancartes proclamant : «Marinaleda en lutte pour la paix», «Éteins la télé, allume ton esprit» ou encore «Je t’aime libre» à l’intérieur du symbole que représente la femme.


Pour comprendre le miracle des maisons à 15 euros, il faut connaître les particularités de la politique municipale, dont la pierre de touche sont les assemblées. Toutes les questions – impôts, logement, emploi – sont soumises au verdict du peuple, qui vote à main levée au cours de la centaine d’assemblées générales qui se tiennent chaque année. Une grande part de l’économie locale tourne autour de la coopérative populaire, installée dans une ferme de la localité, où sont cultivées et mis en conserve des artichauts, des poivrons et d’autres légumes. La ferme appartient en réalité au
Duc de l’Infantado mais les gens de Marinaleda ont repris son exploitation après des années de grèves et d’occupations.

En tout le revenu par tête dans la localité est en dessous de 7.200 Euro par an et 800 de ses 2.650 habitants touchent le
PER, le subside pour les travailleurs agricoles saisonniers et précaires (PER = Plan de Empleo Rural : il s’agit d’un salaire que la Junta de Andalucía offre aux saisonniers quand ils n’ont pas de travail ; très critiqué par la droite qui considère que le PSOE achète avec lui les votes des pauvres pour se maintenir au pouvoir; le Parti Populaire n’a jamais gouverné en Andalousie, NdR). C’est justement cette dépendance des fonds publics qui constitue selon les experts le point faible de Marinaleda et rendent impossible une exportation de son modèle au reste de l’Espagne. «Il faut regarder les expériences de ce genre avec beaucoup de prudence. Normalement, ce sont des sociétés qui survivent de manière artificielle grâce aux subventions. Leur bien-être est fictif», explique Gregorio Izquierdo, directeur du service des études de l’Institut d’études économiques. «En réalité, c’est le propriétaire originaire du terrain, qui a été exproprié pour une valeur inférieure à celle du marché, qui est en train de subventionner l’acquisition de logements par d’autres personnes.».

«Si le modèle ne s’exporte pas, c’est par manque de volonté politique et d’intérêt », rétorque le maire.


Original :
http://www.elmundo.es/suplementos/cronica/2007/585/1168729204.html

Visitez le site officiel de Marinaleda : http://www.marinaleda.com/inicio.htm
 


Mobilisation d’universitaires français en faveur du juge Garzon

Le juge espagnol Baltasar Garzon est sur le point d’être suspendu de ses fonctions après avoir été poursuivi pour « prévarication » par des groupuscules d’extrême droite (Mains propres, Phalanges) relayés par l’appareil judiciaire. La faute du juge est d’avoir, à la demande des familles de victimes, voulu ouvrir une instruction contre le franquisme et ses crimes contre l’humanité  : 150 000 disparus dans les fosses communes, 30 000 enfants volés. Près de 400 universitaires français de tous horizons se déclarent, dans une pétition, « solidaires » du juge et des familles et exigent l’abandon des poursuites « infondées ». Le texte ajoute que « la destitution du juge Garzon hypothéquerait gravement le fonctionnement de la démocratie espagnole et de son système judiciaire ». (Signatures à envoyer à  : jean.ortiz@univ-pau.fr).



Edité par T 34 - 19 Apr 2010 à 19:49
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Apr 2010 à 22:36
 
Un véritable scandale juridico-politique secoue l’Espagne, il concerne le juge espagnol Baltasar Garzón. Celui-ci est célèbre internationalement pour avoir lancé en 1998, un mandat d’arrêt contre le général Pinochet, il est soumis aujourd’hui à trois procédures qui peuvent déboucher sur l’impossibilité d’exercer son métier. Mais l’affaire du juge Garzon dans une Espagne en crise est un tsunami qui fait voler en éclat la fiction de l’après-franquisme et de la démocratie.

 Le 7 avril, il y a eu une décision du Tribunal suprême (la plus haute instance de l’ordre judiciaire espagnol) de traduire en justice Garzón pour prévarication, c’est-à-dire généralement un manquement d’un responsable à sa fonction mais dans ce cas il s’agirait du  fait d’ignorer une loi existante, en l’occurrence celle de l’amnistie de 1977, dans l’affaire des crimes de la répression franquiste.

 Le 15 avril,le juge Garzon a été entendu par le Tribunal suprême pour corruption, escroquerie et prévarication dans l’ »affaire des conférences » données à New York entre 2005 et 2006, pour lesquelles il aurait reçu une somme de la banque espagnole Santander ; il lui est également reproché d’avoir classé une affaire concernant Emilio Botín, président du groupe Santander.Cette « affaire » semble une manière de créer de la fumée sur un dossier qui déclenche un véritable scandale international, celui des crimes franquistes et des poursuites face aux investigations des juges. On monte de toute pièce un dossier aux relents financiers et qui n’a aucune preuve pour mieux tenter d’occulter le véritable procès qui est fait au juge, celui d’avoir refusé de tirer le rideau de l’oubli sur les crimes franquistes.

Selon les historiens, la guerre civile espagnole a causé la mort de plus de 500.000 personnes et, après la guerre, plus de 100.000 militants ou sympathisants républicains ont été fusillés par les franquistes. Nous sommes bien devant un crime contre l’humanité. la suprême habileté de Franco fut aux lendemains de la seconde guerre mondiale de se présenter comme le meilleur rempart contre le communisme et donc, comme un certain nombre d’anciens nazis, d’être recyclé dans les alliés de fait. Franco  jouissait de l’appui des Etats-Unis et de tous les gouvernements européens de droite, il s’agissait d’assurer la permanence de sa lutte anti-communiste , dans le contexte de l’intégration européenne, en imposant monarchie et amnistie. Surtout que peu de temps auparavent dans la péninsule ibérique, la révolution des oeillets avait emporté la dictature du compère Salazar. Il a alors s’agit pour les Franquistes les plus intelligents de mettre en place une transition qui conserve l’essentiel, le pouvoir aux mêmes, sur l’essentiel, l’anticommunisme. Comme dans le film de Visconti, le Guepard, la transition consistait à  changer « un petit quelque chose » pour que demeure en état la domination de classe.  Fut alors passé un deal avec non seulement la droite du PPE qui accepta un certain type de fonctionnement de parti « démocratique », mais aussi avec le parti socialiste espagnol (1). Le silence sur les crimes franquistes était de rigueur. LE seul ciment entre tous ceux qui acceptèrent officiellement ou tacitement « la transition » était non pas la démocratie mais l’anticommunisme (2).

Aujourd’hui d’après les plaintes de groupes d’extrême droite dont la Phalange, Baltazar Garzon est accusé d’avoir monté un « artifice juridique » pour ouvrir une enquête sur les disparus de la guerre civile, entre 1936 et 1939 puis du franquisme entre 1939 et 1975. Le parquet s’est catégoriquement opposé à cette enquête en raison de la loi d’amnistie générale votée en 1977 par le Parlement espagnol, deux ans après la mort du dictateur Francisco Franco. La Constitution espagnole fut votée un an après, le consensus monarchique et démocratique dans une Europe atlantiste puis soumise aux monopoles financiers était scellé. Abolition de la République, amnistie des crimes franquistes cimentait la victoire sur « les rouges ».

 Donc c’est tout autant au nom de ce consensus, que de ses bases légales, la loi d’amnistie (et la monarchie)que le 22 avril en effet, le Conseil Supérieur de la magistrature doit se prononcer au sujet de la suspension provisoire de Garzon, en attendant un jugement du Tribunal suprême qui pourrait le condamner jusqu’à 20 ans d’interdiction d’exercice.

Le scandale est d’autant plus énorme que le juge est poursuivi pour les investigations – l’accès aux fosses communes – qu’il avait engagées pour identifier les victimes des crimes commis au cours de la guerre civile et de la période franquiste. A ce titre, il sera entendu prochainement (la date n’est pas encore fixée). Cette plainte instruite par le magistrat Varela avait été déposée par des groupes d’extrême droite – les Mains propres et la Phalange espagnole.

Face au scandale et aux passions qu’il soulève en Espagne mais aussi à la stupéfaction qu’il provoque dans le monde entier, en particulier en Amérique latine (une plainte est déposée en Argentine contre Franco), le procès intenté au juge, la presse espagnole largement dominée par la droite franquiste tente de critiquer une campagne « anti-démocratique » et d’ »intimidation de la justice ». Face à elle, la presse de centre gauche comme El Païs tente de limiter son soutien au juge à la simple dénonciation d’un dysfonctionnement de « l’Etat démocratique », mais la protestation s’enfle.

Une partie des intellectuels pourtant largement ralliée au gouvernement socialiste qui n’a jamais poussé trés loin la « défranquisation » de l’Espagne, va déjà plus loin en dénonçant la présence et la toute puissance de la Phalange, organisation d’extrême-droite alliée du général Franco.  Soutien emblématique du juge, le cinéaste Pedro Almodovar a estimé  que « la société espagnole a une dette morale envers les victimes du franquisme. Elle n’offre rien aux familles pour pleurer leurs disparus ». Mais il est allé plus loin en affirmant que la condamnation du juge Garzon serait « une nouvelle victoire de Franco ».

« Aucune loi ne peut amnistier ni protéger le génocide qui a été commis. Aujourd’hui en Espagne, l’état de droit est remis en question », a déploré l’acteur argentin Juan Diego Botto, dont le père fait partie des 30.000 disparus lors de la dictature argentine.

Et là nous allons déjà plus loin que le soutien a minima du juge sur la seule question des familles des victimes, ce qui est en cause est la permanence du franquisme, ses liens avec d’autres fascismes, d’autres répressions en Amérique latine, il ne s’agit plus seulement d’exhumer les crimes de la seconde guerre mondiale mais la pointe  l’iceberg de ce procès inique révèle peut-être le rôle tout à fait actuel de l’Etat monarchique espagnol à des dictatures d’Amérique latine, comme la Colombie, à sa lutte aux côtés des Etats-Unis contre les mouvements et gouvernements populaires. Non seulement le fascisme espagnol n’a jamais été éradiqué mais il continue à oeuvrer. La manière dont le PPE mais aussi le gouvernement espagnol socialiste, la presse comme El Païs se sont fait le relais par exemple des campagnes contre Cuba, après l’impulsion des Etats-Unis et celle des franquistes alliés à l’extrême-droite de Miami. Quand  El Païs, tout en prenant position pour le juge Garzón  déclare simplement que ce dernier »siégera sur le banc des accusés pour avoir voulu donner satisfaction aux familles des victimes de la guerre civile et de la dictature, qui n’acceptent pas – en accord avec l’Etat démocratique – que leurs proches demeurent anonymement dans des fosses communes »,on peut s’interroger sur le diagnostic. Le séisme qui secoue l’Espagne n’est-il pas plus important et ne remet-il pas en cause ce que El Païs appelle l’Etat démocratique?

Público, le quotidien de gauche, présente l’affaire comme « un cas de l’histoire universelle de l’infamie ». « Le rapport de Varela constitue un avertissement catégorique à tout juge qui prétend fouiner dans les crimes du franquisme : dans l’Espagne du XXIe siècle, il existe des lignes rouges à ne pas franchir. L’Allemagne a pu juger le nazisme, parce que Hitler a perdu la guerre. En Espagne, Franco a non seulement gagné mais il a aussi dirigé pendant presque quarante ans, et, apparemment, il reste encore victorieux trente-cinq ans après sa mort. Une loi préconstitutionnelle d’amnistie [la Constitution espagnole a été adoptée un an après celle de l’amnistie, en 1978] fonctionne encore comme un rempart contre la vérité et la justice. Il manque quelque chose à une démocratie dans laquelle se produisent un tel affront et une telle humiliation. »

Oui derrière le cas du juge Garzon, ce sont bien les soubassements mêmes de la monarchie et de l’Etat espagnol qui sont en cause. D’abord le fait que sur la question de l’amnistie intervenue en 1977, le droit espagnol est en contradiction avec le droit international puisqu’il ne peut pas y avoir d’amnistie pour les crimes contre l’humanité.

 Et de ce fait qui révolte la conscience universelle et place l’Etat espagnol hors du droit international et de la morale universelle, l »affaire du juge Garzon n’est pas un simple « dysfonctionnement » mais elle révèle les fondements de l’Etat espagnol tel qu’il s’est institué à la mort de Franco. Peut-on ériger un état démocratique sur les bases d’une occultation des crimes contre l’humanité et enconservant en place l’appareil qui les a commis, les « élites » économiques, politiques et tout l’appareil répressif?

N’en est-il pas, si l’on va plus loin, de l’ensemble de la classe politique de ce pays, comme du quotidien El païs lui-même. C’est on le sait un franquiste, patron de presse, qui a lancé ce journal dit de gauche, l’équivalent de notre Monde, qui a assuré le pouvoir du Parti Socialiste espagnol au prix de l’oubli des crimes du franquisme, le tout fondé sur un pacte anticommuniste et atlantiste, qui donnait pleinement ses effets en Amérique latine, où la pénétration des multinationales espagnoles était assurée au prix du soutien de l’oligarchie locale et de la domination des Etats-Unis(1). Jusqu’ici le quotidien espagnol sous ses allures de gauche a parfaitement rempli le contrat fondateur, celui de l’anticommunisme et de l’alliance atlantiste, comme encore récemment en se faisant le vecteur de la campagne contre Cuba.

L’affaire du juge Garzon n’est pas seulement une atteinte à la démocratie, elle est aussi la révélation dans une situation de crise économique et sociale profonde, où chaque jour se révèle les causes spéculatives et financières de la dite crise de la base criminelle de l’Etat espagnole et de la permanence du franquisme.

Enfin la question de l’amnistie soulève celle de l’impostion de la monarchie, l’héritage de Franco, comme garantie de l’unité espagnole, au prix de la poursuite des résistants basques, alors même que l’on interdisait de juger les franquistes. Résultat aujourd’hui l’Espagne se délite en région qui revendiquent leur autonomie y compris linguistique, c’est le double héritage du franquisme et de l’intégration européenne, les deux agissant d’abord pour empêcher le retour de la république et du « danger communiste », pour intégrer l’Espagne à l’Otan et à ce titre tout faire pour que soient conservés les franquistes plutôt que « le front populaire » et la république.

Danielle Bleitrach
(1) L’instauration de la monarchie, la loi d’amnistie blanchissant les crimes du franquisme et scellant de fait l’alliance entre franquistes et socialistes a bénéficié à l’époque du « soutien » du responsable du parti communiste espagnol Santiago Carillo, depuis devenu membre du Parti socialiste espagnol. Il a accepté contre sa légalisation. Les gauchistes, trotskistes et maoïstes se rallièrent également et votèrent OUI. Certains que l’on retrouve dans la presse se ralliant sur la base de l’anticommunisme.

(2) Il serait intéressant d’analyser plus au fond commun dans le contexte de « l’Eurocommunisme » se préparait déjà le ralliement d’un certain nombre d’intellectuel français jusqu’ici communistes ou compagnons de route. Ils n’avaient pas à l’époque de mots assez forts pour vanter le roi démocratique espagnol. En fait se préparait déjà l’ère Mitterrand et la vague qui déferla sur l’Europe et qui fit que dans ce continent le néolibéralisme fut imposé par cette même alliance entre extrême-droite reconvertie, conservateurs et socio-démocrates avec la soumission des partis communistes. Ce ne fut sans doute pas un hasard si le parti communiste portugais qui avait eu une tout autre transition ou le Grec  eurent et ont aujourd’hui un autre destin.


 
La Jornada . Traduit par danielle Bleitrach pour changement de société.
 
Le texte publié ici même sur l’affaire du juge Garzon parlait de la crise qui secoue la société espagnole, les soubassements du franquisme sont dénoncés. Il serait intéressant de lire l’histoire de l’Union européenne que l’on nous a présenté à la lumière de la « transition » entre fascisme, nazisme et grandes proclamations démocratiques, le tout sur la base exclusive de l’anticommunisme, avant, pendant et après la Guerre Froide. La réalité de l’UE en serait certainement éclairée y compris en France où Papon n’était pas le seul de son espèce. note de Danielle Bleitrach, prière de citer la source et la traductrice.

la mort biologique du dictateur en 1975 a permis de mettre enévidence la débilité de la gauche à imposer une direction au processus de transition et de constater la force du franquisme. La droite espagnole avait pris bonne note de la révolution portugaise des oeillets, qui en avait fini avec la dictature initiée par Salazar et continuée par Marcelo Caetano le 25 avril de 1974. Pour les franquistes les plus clairvoyants, conduire la locomotive des changements politiques était nécessaire. Cela signifiait le contrôle des étapes et déterminer la feuille de route. Dans cette dynamique leur reconversion idéologique s’est accélérée. Ils’agissait d’ entreprendre la modernisation politique. Doter le pays d’un système compétitif de partis et faciliter la transition du fascisme à la monarchie avec l’acquiescement des  démocraties occidentales. Tout a été mis en oeuvre. Le dessein de Franco fut appliqué en totalité. La revendication de la gauche à la République a été mise au garage. Le parti socialiste espagnol a renoncé sans ambages à sa défense et le Parti communiste y a renoncé contre sa légalisation en 1977. Dans la première étape de la transition, les symboles républicains ont été censurés et traqués. Une partie de la  gauche maoiste ou trotskiste finira aussi par succomber aux enchantements du monarque. leur défense du OUi au vote de à la Constitution de 1978 signifiait accepter implicitement la couronne. Les nationalistes catalans ne sont pas non plus restés en arrière. Dans les débats de la commission rédactrice de la Constitution a été explicitement repoussée toute option qui défendrait l’idée d’une Espagne plurinationale. Des autonomies oui, un fédéralisme non.La monarchie ne reconnaissait qu’une seule nation: l’espagnole. C’était le motif du nationalisme basque de ne pas appuyer le Oui à la Constitution et la cause de l’actuel différend sur le nouveau statut catalan, controversé par le PP après l’inclusion du terme de nation. Le cas est actuellement devant  le Tribunal Constitutionnel, bien qu’il ait été approuvé par référendum  et ratifié par les cours générales.

L’ouverture dite politique est restée aux mains du franquisme et de ses alliés. En son sein coexistaient des libéraux, des sociochrétiens, des conservateurs, des républicains, des antimonarchistes ou nationalistes. Son lien était l’anticommunisme. Aucun d’eux n’éprouvait de convictions démocratiques. C’est pourquoi, pour comprendre le régime né du posfranquisme, nous devons considérer la prémisse suivante : tout ce qui lutte contre une dictature fasciste n’est pas démocratique. C’était cette circonstance qui conduit à de grandes erreurs actuellement. On ne peut pas faire vertu de la nécessité.

D’un autre côté, la guerre civile était et cela continue d’être un argument pour confiner et pour freiner les changements démocratiques. Comment ne pas entendre le refus de juger les crimes contre l’ humanité commis pendant 40 ans de dictature fasciste ? La peur a été utilisée et est utilisée comme fer de lance. Il faut rechercher la réconciliation et oublier le passé. Tourner la page. Franco et ses putschistes ont gagné la guerre civile et il n’est pas possible de controverser leur triomphe. Encore plus si ses exploits ont apporté le bien-être à la patrie.

Une société démobilisée et apeurée était et  est facilement manipulable. Le franquisme social s’enquiste et  persiste dans la tête d’un nombre non réduit d’Espagnols. Franco ne crée pas des phobies. Son image s’associe à celle-là d’un petit vieux bonasse dont l’effort fut orienté vers la recherche du bien-être de ses concitoyens. Ce n’est pas en vain que l’Espagne rurale, pauvre et tyrannique des années 40 et 50 a cédé la place à  un pays urbain, industrialisé, de classes moyennes, dans lequel la démocratie organique règne. Les idéologues du régime ont attribué les réussites à l’effort désintéressé de leur chef. Il y avait seulement une condition requise pour vivre en paix : ne vous occupez pas de politique,  nous vivons une démocratie organique. Plus démocrate que Franco, il n’y a personne.

Cette iconographie du tyran comme un homme d’État absorbé  corps et âme au service de l’Espagne est actuellement projetée sur celui qui  était l’un de ses collaborateurs les plus proches, Manuel Fraga Iribarne. Durant le franquisme c’était le directeur général d’organismes publics, un ministre de l’Information et de Tourisme, un ambassadeur et un académicien. Sa carrière s’est poursuivie dans le premier gouvernement de la monarchie où il a occupé la charge de ministre de l’intérieur. Comme tel il a exercé une répression brutale contre les démocrates en provoquant des dizaines de morts, de prisonniers et de détenus. Là ila asséné sa phrase la rue est mienne. Par la suite il a fondé l’Alliance Populaire. En 1977, il est élu député, et fait partie de la commission qui est chargée de rédiger la Constitution. Eurodéputé en 1987,il  a aussi été trois fois le président du Gouvernement de la communauté autonome de Galice, élu à la majorité absolue de ses compatriotes. Aujourd’hui il est sénateur et président d’honneur du PPE. En parlanht de franco en 2008 n’a-t-il pas déclaré : … avec Franco il était toujours possible de se comprendre. Malgré tout, c’était un homme très intelligent…. De la même manière il prétend que le fait de retirer les bustes ou les images du dictateur est insulter la mémoire insulter l’histoire de l’Espagne le fait de retirer les bustes ou les images du dictateur de villages, de villes et d’institutions publiques. Mais son histoire importe peu. Pour des millions des Espagnols, Fraga  est un démocrate parfait. Il est, de la même manière, aimé, respecté et veneré. Quand il mourra sûrement il y aura un deuil national et aura des obsèques d’État.

Durant la transition Fraga a été le référant pour les pouvoirs factieux. Ses mots ne tombaient pas dans le vide. Au milieu du processus constituant il a magistralement synthétisé les termes du débat en expliquant qu’après l’ouverture politique il n’y aurait pas de rupture démocratique, mais des réformes à l’intérieur du régime lui-même.Il n’y avait rien à craindre.  Ceux qui commandaient continueraient de le faire avec l’habilitation du parti socialiste espagnol et du PCE, et l’alternance était bien embrouillée par le jeu politique. Le message a tranquillisé les forces armées et les eaux sont revenues dans leur lit. Suárez a cessé d’être considéré un traître. Une Union du Centre Démocratique gagnera les deux premières élections. L’opposition gauche, ayant à sa tête  le parti socialiste espagnol et dans une moindre mesure par le PCE, succomba. Apprivoisés et transformée à un défenseur de la monarchie, ses leaders, Felipe González et Santiago Carillo,  ont implicitement consenti à une loi d’amnistie. Fraga avait eu raison, le régime franquiste a réussi à survivre dans un autre corps. Quand les démocrates alertaient sur les limites du changement et dénonçaient la trahison des revendications républicaines du PCE et du parti socialiste espagnol, Manuel Fraga Iribarne s’est porté à leur défense. De la même manière, quand la droite sociale demandait des explications et ne comprenait  pas pourquoi il fallait démonter le franquisme, Fraga a éclairci la situation : nous ne sommes pas en présence d’une rupture démocratique, nous avons entrepris un chemin de réformes, en donnant le coup de grâce, et il s’agit  seulement de réformer ce qui est désiré et ce que l’on veut préserver.

La transition a fabriqué un vêtement sur mesure pour que la droite gouvernât et la  gauche domestiquée pût le faire sans se sentir gênée aux entournures . La droite a cousu tous les morceaux du franquisme dans le Parti populaire  et la  gauche passée du loup féroce à un doux agneau. Le chattemite s’est fait chair. En Espagne tout a changé, mais les fondations fascistes ne se sont pas touchées. Aujourd’hui, le vêtement est passé de mode et il s’effiloche, de nouvelles luttes démocratiques questionnent l’habit. Sommes nous dans le temps de nouveaux tailleurs et d’un vêtement démocratique ?

 


Edité par T 34 - 22 Apr 2010 à 21:05
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Apr 2010 à 21:04

Editorial par Bruno Odent

Amnésie espagnole

Il est devenu l’un des magistrats les plus célèbres de la planète pour avoir considéré que l’humanité ne pourrait pas se regarder en face et se réclamer d’elle-même sans avoir jugé tous ceux qui ont commis des crimes contre elle. Il a osé jadis tenter de traduire un certain Augusto Pinochet en justice. Il s’appelle Balthazar Garzon. Il avait décidé d’enquêter sur les crimes du franquisme. Ceux commis par le caudillo et les phalangistes durant leur accession au pouvoir par la guerre qui a ravagé l’Espagne à la fin des années trente et ceux perpétrés plus tard sous le régime de répression qu’ils ont instauré jusqu’à la mort du dictateur en 1975. Il qualifiait de crimes contre l’humanité, 
donc imprescriptibles, les disparitions de quelque 
114 000 républicains espagnols. « Intolérable », ont hurlé trois associations d’extrême droite. Et les plus hautes instances judiciaires du pays n’ont rien trouvé de mieux que de recevoir la plainte de ces nostalgiques de la Phalange. D’ici quelques jours le juge Garzon devrait être suspendu du poste qu’il occupe depuis vingt-deux ans à l’Audience nationale, la plus haute instance pénale du pays, par décision de ses pairs. Pour cause de « prévarication », traduisez  : abus de pouvoir, parce que la « requalification » des crimes franquistes en crime contre l’humanité constituerait un « artifice juridique » (sic) afin de violer la « loi d’amnistie des crimes politiques » adoptée en 1977.

L’émotion est énorme dans le pays. Elle va bien au-delà des familles des victimes qui souffrent 
de la conspiration du silence. Car l’attaque visant à empêcher l’action du juge Garzon touche tout le refoulé qui a préludé à la mise en place de l’Espagne moderne, 
à une amnésie à l’égard des décennies noires érigée 
en principe. Comme si l’oubli pouvait être une part 
de l’identité nationale. Intenable.

C’est ce débat institutionnellement tabou qui fait irruption aujourd’hui. La démocratie est atrophiée quand elle se limite au rétablissement d’une monarchie constitutionnelle formatée (avec l’appui des futurs partenaires de l’UE) sur un bipartisme de bon aloi prenant bien soin d’étouffer l’héritage révolutionnaire 
de la seconde république. Rappelant ce que fut jadis l’attitude 
des gouvernants français à l’égard de la république espagnole attaquée, l’affaire Garzon est traitée d’évidence à Paris avec un mélange de gêne et de discrétion. 
Et comme jadis, il n’est guère étonnant de retrouver, 
ici et en Europe, au cœur de la solidarité avec 
le mouvement espagnol pour la « justice universelle », 
les héritiers politiques de ceux qui s’étaient mobilisés 
avec les brigades internationales.

L’Espagne face à ses vieux démons

Les attaques contre le juge Garzon, traîné sur le banc des accusé par l’extrême droite pour avoir voulu enquêter sur les crimes du franquisme, font resurgir le débat sur la mémoire.

Madrid, envoyée spéciale.

Regards curieux, surpris, énervés… L’image de Franco, main levée, frappée d’un « Impunité pour le franquisme  ? Non merci » dans la rue San Bernardo attire l’œil des passants. Depuis plus d’une semaine, l’université Complutense de Madrid s’est transformée en une agora où célèbres et anonymes plaident pour la justice universelle. Première, deuxième, troisième générations d’Espagnols viennent soutenir le juge Garzon, symbole, peut-être même malgré lui, du combat pour la vérité. Lui, qui pour avoir voulu enquêter sur les crimes franquistes, devrait être suspendu d’ici peu. « Ce pays a vécu quarante ans de propagande bestiale qui a imprégné toute la société, aujourd’hui, nous cherchons à canaliser l’indignation », commente Ivan Aparicio, un jeune trentenaire militant de la récupération de la mémoire historique. Car, trente-cinq ans après la mort du caudillo, point de départ du retour à la démocratie, l’Espagne refuse de regarder son passé en face. La transition démocratique a dû en passer, entre autres, par la loi d’amnistie de 1977, qui a verrouillé l’histoire du XXe siècle  : la République, le coup d’État, la dictature et ses tueurs. « Notre génération ne peut pas vivre dans un pays amnésique qui prive des milliers de familles des victimes de la dictature du droit de savoir et de dénoncer », poursuit Ivan.

La loi d’amnistie amnésie a servi de prétexte à trois groupuscules d’extrême droite, dont la Phalange, vestige de la dictature, pour porter plainte pour prévarication (instruire en sachant l’enquête contraire au droit) contre le juge Garzon. « C’est un scandale, mais certains trouvent cela normal », dénonce Günter Scheinger qui préside le collectif international des cinéastes Images contre l’oubli. Le réalisateur autrichien, qui n’en revient toujours pas que de tels extrémistes « agissent en toute légalité en 2010 », considère que l’Espagne doit s’atteler à « un juste travail de mémoire ».

des manifestations prévues samedi

L’affaire Garzon a fait exploser les tabous. Des collectifs et autres plates-formes contre l’impunité ont essaimé sur la Toile. Des manifestations de soutien sont prévues samedi dans au moins vingt villes du pays. « On ne peut pas applaudir le juge Garzon lorsqu’il veut arrêter Pinochet, déroger à la loi dite du point final en Argentine (loi d’impunité – NDLR) et constater, sans rien faire, que juger le franquisme est une chose impossible », déclare l’actrice Pilar Bardem. La transition « a été nécessaire en son temps » mais, estime-t-elle, il faut enfin « juger le génocide qu’ont constitué les 150 000 disparitions forcées, les 30 000 enfants volés ».

La chose a bien évidemment pris une tournure politique. Débat polarisé, cristallisé, hystérique. À droite, le Parti populaire n’a pas manqué d’agiter le spectre de la déstabilisation du royaume et de la guerre. Ainsi, son vice-président à la communication, Esteban Gonzalez Pons, a accusé « la gauche », c’est-à-dire le gouvernement socialiste, « de questionner les fondements de la transition » et, par là même, la Constitution de 1978, garante, selon les conservateurs, de la « cohabitation » entre la droite et la gauche.

Côté socialiste pourtant, excepté quelques déclarations, les dirigeants ont plutôt fait le dos rond. « Nous n’en serions pas là si l’État et les formations politiques démocratiques avaient pris en compte les familles des victimes et avaient accordé des réparations, comme il se doit, à ceux qui ont été emprisonnés, torturés », soutient le poète Luis Garcia Montero. Selon lui, les événements démontrent que « la transition n’a pas servi à refermer les blessures de la guerre mais a imposé un oubli injuste ».

Une brèche s’est aujourd’hui ouverte, au point que le débat sur les fondations mêmes de la démocratie et ses institutions resurgit. Non sans mal et sans insultes. « Reconnaissons que les concessions faites hier ne sont pas éternelles et que nous devons régler nos hypothèques », assume le député d’Izquierda Unida Gaspar Llamazares, dont la formation, qui propose d’ajuster la loi d’amnistie aux traités internationaux, essuie les boulets rouges de l’intelligentsia de droite. Dans un jeu de miroir, une Espagne mime les singes savants, l’autre solde les dettes de son passé récent.

Cathy Ceïbe

Garzon. « La démocratie sans mémoire démocratique »

Pour Juan Carlos Monedero, professeur de sciences politiques à l’université Complutense de Madrid, 
la transition au lendemain de la mort de Franco a scellé un pacte de silence amené à exploser.

Envoyée spéciale.

Pour quelles raisons le mouvement mémoriel 
sur les crimes franquistes remet-il en cause
la transition  ?

Juan Carlos Monedero. Au sein du monde intellectuel espagnol, il s’est dit que la transition a été un second exil, en raison du pacte de silence qui a été scellé à la mort de Franco. Oubliés le coup d’État, le franquisme, et de ce fait la seconde république et l’antifranquisme. La construction de réinvention de la démocratie, basée sur ces grandes occultations, a faussé l’histoire de l’Espagne, en niant le fait que la démocratie existait déjà sous la seconde république. Pour les pouvoirs tactiques, la transition est un point zéro, un consensus imposé.
Certes des libertés vont être proclamées mais elles cachent mal les ambiguïtés. Il n’y a pas eu d’épuration des corps institutionnels. Les secteurs nationaux catholiques franquistes se trouvent dans le Parti populaire (PP). En assumant ce pacte de la transition, le Parti socialiste (PSOE) et le Parti communiste (PCE) se trouvent privés de leur propre tradition, occupée par la droite et l’extrême droite. 
Les prétendues vertus de la transition vont 
se transformer en vices de la démocratie. 
D’où la difficulté qu’une éthique émerge. 
Un jour ou l’autre, cela devait exploser comme une digue mal fermée.

À travers l’affaire Garzon, le modèle politique 
et institutionnel est questionné. Pourquoi cherche-t-on à étouffer ce débat  ?

Juan Carlos Monedero. Parce qu’il remettrait sur la table plusieurs questions cruciales comme la monarchie. La continuité entre le franquisme et la restauration de la démocratie a été la figure du roi. Or, en Espagne, on a parlé de transition et non de restauration démocratique, car si tel avait été le cas, à la mort de Franco, nous aurions dû revenir à la république. Il faudrait également aborder la question du modèle territorial, c’est-à-dire le retour à une Espagne fédérale, et assumer la construction plurinationale dans un État unitaire.
Il y aurait également un débat sur la loi électorale qui favorise les deux principaux partis politiques, en privant une troisième force nationale qui, 
en Espagne, a correspondu d’abord au PCE puis à Izquierda unida, de sa réelle représentation. 
Un débat sur la responsabilité des crimes commis sous le franquisme devrait également avoir lieu. Cela impliquerait que le Parti populaire 
se défasse de cette frange d’extrême droite 
qui agit en son sein. Enfin, il faudrait repenser 
la fragilité des partis politiques, y compris 
des pouvoirs économiques, otages des propres insuffisances du système politique. Tout cela, 
mis bout à bout, entraînerait une remise en cause démocratique du modèle.

Dans ce débat, comment percevez-vous l’implication de la jeune génération  ?

Juan Carlos Monedero. Elle a la lucidité de son mécontentement parce que privée de travail, 
de logement… Elle rejette les politiques impliqués dans d’impressionnants réseaux de corruption. Elle est harcelée lorsqu’elle cherche une option alternative. Mais cette génération n’a pas encore les outils pour conceptualiser son mécontentement en pouvoir. D’où l’importance des événements actuels. Le harcèlement de l’extrême droite contre Garzon peut se transformer en une école de citoyenneté qui aiderait les personnes à lire leur situation particulière dans un contexte historique. 
Un contexte qui vient de la rupture traumatique de la seconde république, d’une dictature de classe qui a duré quarante ans, et d’un succédané 
de démocratie qui a placé sur un pied d’égalité 
les fascistes et les démocrates.

Entretien réalisé par C.C

Garzon. « Le dernier génocide nié »

Miguel Angel Rodriguez Arias, universitaire, initiateur de l’avant-projet de loi 
Vérité, justice et réparation pour les victimes 
du génocide franquiste.t

En Espagne, le sort de 153 000 disparus est une constance. Une existence. Trente-cinq ans après la fin de la dictature, le pays compte plus de disparus que toute l’Amérique latine. Avec 50 000 disparitions, la seule région de l’Andalousie dépasse le nombre de celles qui ont eu lieu au Chili et en Argentine durant les dictatures militaires. À ce jour, le seul pays à dénombrer plus de disparus que l’Espagne est le Cambodge de Pol Pot. Ces disparitions ne relèvent pas du passé mais du présent. Car elles supposent une violation parallèle des droits de l’homme pour les familles de ces victimes. Elles vivent enchaînées à une fosse commune. Chaque Noël, chaque anniversaire induisent les mêmes questions  : où pleurer  ? Que s’est-il réellement passé  ? Concernant les enfants volés entre 1939 et 1969, que le juge Baltasar Garzon a estimés 
à 30 000, le gouvernement les mentionne à peine dans 
sa loi de mémoire. C’est une honte. Une de plus.

Les juges et les procureurs espagnols ne font rien pour rechercher les disparus. Des milliers de familles patientent dans la douleur. Ce fait constitue un « traitement inhumain » et une violation du droit de l’homme à la vie familiale. Tel était le cas durant la dictature franquiste. Il l’est encore aujourd’hui. L’Espagne, qui préside actuellement l’UE, viole la convention européenne des droits de l’homme, à savoir les articles 3 et 8, tel que l’a clairement été spécifié par la jurisprudence internationale sur le cas des fosses de Srebrenica. Sauf qu’ici il ne s’agit pas de 7 000 mais de 153 000 disparus. Sans parler des enfants volés. Franco n’a pas uniquement été l’instigateur d’un coup d’État. Il a cherché à annihiler, en 1936 et pour toujours, les bases biologiques du républicanisme. Des décennies après sa mort, plus de 2 000 fosses clandestines sont le témoin silencieux de ce fait. L’Espagne est le dernier pays 
au monde au génocide nié. L’unique personne inculpée est le seul juge qui a justement voulu enquêter sur ces crimes. Les institutions monarchiques espagnoles ont perdu là l’ultime crédibilité qui leur restait comme État de droit.

L’affaire Garzon prend une tournure internationale

Les initiatives de soutien et judiciaires se multiplient dans la péninsule et à l’étranger.

Envoyée spéciale.

Plus qu’un rituel, c’est un enjeu de salubrité publique. Devant l’Audience nationale, la plus haute instance pénale où doit être prononcée incessamment sous peu la suspension provisoire du juge Garzon, des centaines de personnes se réunissent chaque soir. « Plus de juge comme Garzon », « Quelle honte, quelle honte », peut-on lire sur quelques-unes des pancartes. « Il a cherché à clarifier les délits commis sous l’époque de Franco et c’est lui qui se trouve sur le banc des accusés  ? C’est le monde à l’envers », s’emporte Arturo Serrano, retraité. Selon lui, « cette décision est plus politique que judiciaire », car, rappelle-t-il, le juge Garzon enquêtait également sur les affaires de corruption qui éclaboussent les deux grandes formations, le Parti populaire et le Parti socialiste.

Arborant un drapeau argentin, Gerardo Arias rappelle qu’il a été contraint de fuir son pays lors du coup d’État militaire. Sa présence est la marque d’une reconnaissance à l’égard de celui qui a contribué à briser la chape de plomb de l’impunité dans le cône Sud. Le septuagénaire applaudit la démarche de deux exilés espagnols qui, à Buenos Aires, ont décidé de porter plainte contre les crimes de la dictature. En somme, saisir les tribunaux étrangers puisque l’Espagne ne respecte pas les traités internationaux en matière de droits de l’homme, comme l’y a pourtant sommé à plusieurs reprises l’ONU. « L’auto-amnistie a assez duré, juge Gerardo Arias. On ne peut pas laisser les crimes impunis même si leur condamnation tient avant tout du symbolique. » À Madrid le réalisateur Pedro Almodovar, l’écrivaine Almudena Grandes et Marcos Ana, l’ancien plus vieux prisonnier politique sous le franquisme, 
liront un manifeste de soutien au juge. Nombre de plates-formes contre l’impunité ont décidé d’interpeller hors des frontières, en demandant, par exemple, à l’UE d’octroyer le prix Sakharov au juge Garzon et à toutes les victimes du franquisme. D’autres proposent de barrer l’Espagne d’un point d’interrogation sur les billets d’euros  : « Qui sont les victimes  ? Où sont-elles et jusque quand ce silence  ? »

C.C

Garzon. Les soutiens en France

La pétition de solidarité avec le « combat du juge Garzon et des familles (des victimes du franquisme) » initiée par Jean Ortiz, maître de conférences à l’université de Pau et des pays de l’Adour, fait boule de neige. En une semaine, plus de 1 000 professeurs, chercheurs, personnalités du monde de la culture et autres associations se sont joints à l’appel. Une délégation à l’image de la diversité des signataires était présente hier, à Madrid, pour remettre le fruit de cette campagne de soutien au Rassemblement permanent pour la justice universelle. La pétition compte pour parrains Lise London, coprésidente de l’Acer, ancienne volontaire dans les brigades internationales, et Cécile Rol-Tanguy, coprésidente de l’Acer, médaille de la Résistance, ainsi que José Alonso, guérillero en France, libérateur de Foix. Pour signer la pétition : jean.ortiz[at]univ-pau.fr
 


Edité par T 34 - 27 Apr 2010 à 18:24
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Apr 2010 à 17:49

Manifestations de soutien au juge Garzon en Espagne

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé samedi en signe de soutien au magistrat Baltasar Garzon, inculpé pour avoir ensuêté sur les crimes du franquisme malgré une loi d'amnistie.

 
A Madrid mais aussi dans une dizaine d'autres villes du pays comme à Barcelone, de nombreux manifestants ont défilé samedi 24 avril en signe de soutien au juge Baltasar Garzon. Ce magistrat qui avait fait arrêter l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet, est inculpé pour avoir outrepassé la loi d'amnistie en couvrant les atrocités de la guerre civile espagnole et les premières années du franquisme.

Dans la capitale espagnole, des vétérans de la Movida, comme le réalisateur Pedro Almodovar, ont participé au défilé. Des pancartes représentant le général Franco en vampire ont été brandies. Le parti fasciste qui avait soutenu la dictature franquiste, la Falange Espanola, avait organisé une modeste contre-manifestation à Madrid.

 

Accusé d'abus de pouvoir

Les pro-Garzon estiment que le magistrat est poursuivi pour des raisons politiques. Le juge a été inculpé d'abus de pouvoir enquêté pendant plusieurs mois à partir de l'été 2008 sur la disparition et l'exécution de plusieurs dizaines de milliers de personnes durant la guerre civile (1936-39) et les premières années de la dictature franquiste (1939-1975). Il aurait de ce fait sciemment passé outre une loi d'amnistie générale datant de 1977, deux ans après la mort du général Franco. S'il est reconnu coupable, il risque une suspension de 10 à 20 ans, ce qui pourrait signifier la fin de sa carrière. "Il y a un tabou autour de la guerre civile. Garzon essaie de le briser et ils essaient de le réduire au silence", a estimé samedi l'un des manifestants, José Inocencio Rodriguez, conducteur de métro de 33 ans à Madrid.

 
Espagne/franquisme: des milliers de manifestants en faveur du juge Garzon
 

De Pierre AUSSEILL (AFP)

MADRID — Des milliers de personnes ont manifesté dans vingt-huit villes d'Espagne, en particulier à Madrid, "contre l'impunité du franquisme" et pour défendre le juge Baltasar Garzon, accusé d'avoir voulu enquêter sur les crimes amnistiés du franquisme, a constaté l'AFP.

"Les Fascistes, hors des tribunaux!", "Justice universelle!", "Plus de juges comme Garzon", scandaient les milliers de Madrilènes qui ont défilé dans le centre de la capitale espagnole jusqu'à la Puerta del Sol.

Certains arboraient des photos en noir et blanc de personnes disparues tuées pendant le régime franquiste et des drapeaux républicains espagnols.

Des hommes politiques de gauche, des artistes, des parents de victimes du franquisme et des associations pour la mémoire historique ouvraient la marche.

Elle s'est achevée sur la lecture d'un manifeste proclamant que "les crimes contre l'humanité ne peuvent être amnistiés et sont imprescriptibles", par le cinéaste Pedro Almodovar, l'écrivain Almudena Grandes et le poète communiste Marcos Ana.

Un des organisateurs, Toni Garcia a souligné la nécessité d'éliminer la loi d'amnistie de 1977, disposition "injuste et absurde" qui "empêche d'enquêter sur des crimes contre l'humanité" de la Guerre civile (1936-39) et de la dictature franquiste (1939-1975).

A quelques centaines de mètres de là, plusieurs dizaines de militants de la Phalange (extrême droite), dont l'une des branches a porté plainte contre le juge Garzon, ont manifesté près du Tribunal suprême en scandant "dehors les socialistes!, qu'on juge les crimes du marxisme!".

Le juge Garzon a reçu le soutien remarqué de l'ex-chef de gouvernement socialiste Felipe Gonzalez que le magistrat avait pourtant mis gravement en cause avec son enquête dans les années 90 sur les Gal, organisation parapolicière responsable de l'assassinat d'indépendantistes basques.

M. Gonzalez a qualifié vendredi "d'injuste et inexplicable" le futur procès contre Garzon, ajoutant: "Vous savez que je n'ai pas une relation privilégiée avec M. Garzon et peut-être que cela donne plus de poids à mes mots".

Ces mobilisations interviennent alors que le juge Garzon a décidé de contre-attaquer, mettant directement en cause le juge du Tribunal suprême Luciano Varela qui veut le juger.

Garzon a demandé la récusation du juge Varela, estimant que ce dernier avait manifesté son "intérêt indirect" et sa "partialité" dans cette affaire, selon l'acte officiel de demande de récusation.

Le juge Garzon est poursuivi par le Tribunal suprême pour avoir voulu, pour la première fois en Espagne, enquêter sur les disparus de la Guerre civile et de la répression franquiste, en enfreignant, "sciemment" selon l'accusation, la loi d'amnistie générale votée en 1977, deux ans après la mort de Franco.

Il risque une peine de 20 ans d'inhabilitation professionnelle, mais il a fait appel de son renvoi pour jugement.

Le parquet du Tribunal suprême s'oppose à ce qu'il soit jugé et estime qu'en l'absence d'accusation publique, les parties civiles ne sont pas fondées à déclencher, toutes seules, un procès.

La mise en accusation du juge Garzon suscite une vive controverse en Espagne, où elle choque profondément les milieux de gauche et les associations de victimes du franquisme. La droite estime quant à elle que la justice doit suivre son cours en toute indépendance.

Le juge Garzon a reçu le soutien de nombreux juristes dans le monde, qui estiment que les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles et que la loi d'amnistie espagnole n'est pas conforme au droit international.


Garzon. L’impunité des crimes franquistes : « No Pasara ! »

Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi partout en Espagne et également en Europe et en Amérique latine pour apporter leur soutien au juge Garzon et aux familles des victimes de la dictature.

Madrid, envoyée spéciale.

Silverio Yebra Granja, Lluis Companys, Irma Guerrero Guerrero, Federico Garcia Lorca ou encore Julian Grimau… les clichés en noir et blanc des victimes et disparus de la guerre civile et du franquisme figuraient, samedi, en première ligne des quelque 21 cortèges qui se sont élancés en Espagne au nom de « la vérité, la justice, la réparation ». À Madrid, ils étaient 100 000 à défiler, selon les organisateurs, réunis au sein de la plate-forme contre l’impunité. Plus que des rassemblements de soutien au juge Garzon – menacé de suspension, sur plaintes de groupuscules d’extrême droite, pour avoir voulu enquêter sur les crimes franquistes –, les manifestants ont rendu hommage aux victimes de la dictature, aujourd’hui encore reléguées dans l’ombre de la démocratie. Façon pour eux de dire que le temps du silence est bel et bien fini.

La mise en accusation du juge a sonné le réveil d’une juste demande de comptes. « Le juge qui veut juger les responsables de la mort de ma mère et de mon père se retrouve sur le banc des accusés par la Phalange (formation politique officielle du franquisme – NDLR), j’ai l’impression de revivre le même cauchemar », raconte Hilda Farfante Gallego, dont les parents ont été assassinés en juillet 1936. Âgée de cinq ans à l’époque, elle sera séparée de ses deux sœurs et subira l’insulte d’être une enfant « de rouges assassins ». L’Espagne à l’envers, en somme, où les victimes sont priées de se taire et où les bourreaux paradent. Un déni qui n’a jamais pris fin. Depuis, Hilda n’a eu de cesse de rechercher les dépouilles de ses parents. Non sans estimer que « la véritable enquête, c’est à l’État de la mener ».

l’ampleur qu’a prise l’affaire Garzon

Cette dette était samedi sur toutes lèvres, en Espagne mais également à Buenos Aires, Londres, Dublin, Paris, ou encore dans le sud de la France, à Pau, Bordeaux, Montpellier. « L’Espagne de la réconciliation, comme le dit le Parti populaire (droite), n’a jamais existé », tranche Gervasio Puerta Garcia, président de l’association des anciens prisonniers et réprimés politiques antifranquistes. « Nous avons été persécutés pendant quarante ans par la dictature, poursuit-il, mais la transition démocratique n’a pas été synonyme de compensation. » Pour cet ancien prisonnier, injustement condamné à deux reprises par la pseudo-justice du Caudillo, « l’intransigeance » dont on accuse le mouvement pour la récupération de la mémoire est une injustice supplémentaire. « On nous dit que nous remuons le passé, déclare Gervasio Puerta Garcia. Mais il est là car il n’a jamais été résolu ! » D’où l’ampleur qu’a prise l’affaire Garzon.

soutien des artistes et des intellectuiels

Les accusations de partialité pleuvent sur la justice espagnole, singulièrement sur le juge Luciano Varela, du tribunal suprême, qui instruit le dossier. Vendredi, Varela a écarté l’un des trois plaignants – la Phalange – au motif de « valeurs idéologiques » contraires à la plainte déposée – la prévarication (instruire une cause en la sachant en opposition avec la loi). Mais les deux autres plaignants, les nébuleuses extrémistes, Manos Limpias et Libertad e Identidad, sont toujours, eux, dans la course. Et le fond de l’affaire reste intact : l’impossibilité de juger des crimes de lèse-humanité, lorsqu’il s’agit du franquisme, au prétexte de la loi d’amnistie de 1977. Samedi, les manifestants, qui ont compté sur l’appui des artistes et intellectuels comme Pedro Almodovar, Almudena Grandes ou encore le poète Marcos Ana, étaient les dénonciateurs de cette honteuse aberration.

Cathy Ceïbe

Garzon. Les tranchées du royaume

Il y a quelque chose de pourri au royaume… d’Espagne. Voyons donc. Un juge, et peu importe ici la personnalité de Garzon, ouvre l’immense champ délibérément laissé en friche de l’impunité des crimes franquistes. Le voilà traîné sur le banc des accusés par des nostalgiques de la dictature. Dans une démocratie, l’image fait tache. D’autant plus que ce pays est le chantre de la justice universelle, en instruisant le dossier des victimes et des bourreaux des dictatures du cône du sud. Cherchez l’erreur… Le prétendu argument avancé par les « plaignants » – la loi d’amnistie de 1977 – ulcère. Rappelons-le, cette loi fut, en son temps, nécessaire. C’est elle qui permit, dans une Espagne encore garrottée par le « national-catholicisme », d’élargir des milliers de prisonniers politiques anti-franquistes. Elle fut nécessaire. Elle ne l’est plus. Personne ne veut refaire la guerre civile, ni revivre sous le franquisme. Excepté une poignée de nostalgiques. Mais l’Espagne est bel et bien appelée à se regarder. Quelle démocratie digne de ce nom peut-elle sérieusement se projeter vers l’avenir en traînant un cortège de fusillés, d’assassinés, de disparus, d’exilés – des démocrates – auxquels on refuse justice  ? Le sort de milliers de victimes, sacrifiées sur l’autel d’un compromis d’un autre âge, réveille les mémoires et interroge le présent. À commencer par les institutions, qui n’ont jamais été « défrancoïsées ». Voudrait-on ranger les victimes 
dans la vitrine de l’oubli, aux côtés de ceux-là même 
qui ont exécuté un coup d’État, et ce au nom 
de la réconciliation et de la cohabitation  ? Voudrait-on taire l’idéal de la République qu’ils portaient au nom de la transition  ? Comme on a pu le voir samedi, ou encore lors des manifestations commémorant la Seconde République, la troisième génération se réapproprie ses symboles. Libérés des préjugés sociaux du franquisme, ces jeunes revendiquent l’histoire et la mémoire des républicains, et aspirent à la construction d’un autre modèle politique. C’est ce désir que l’on cherche à étouffer.

C.C.



Edité par T 34 - 17 May 2010 à 17:43
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Apr 2010 à 22:07
 
Liga SFC/Rebelión, traduit par danielle Bleitrach pour changement de société.
 
 
Samedi 24 avril dans 28 villes d’espagne, il y a eu des manifestations de soutien au juge Garzón. Ce beau texte que je viens de traduire, au-delà d’une unanimité de la gauche qui ne souhaite pas trop qu’on l’interroge, ce texte a l’immense mérite de demander pourquoi et combien de cadavres demeurent encore dans le placard? .note de DB

C’est la première fois que la dame aux cheveux blancs a sorti la photo de son père de la maison et a prononcé cette phrase qui a été arrachée à son silence : “Où est-il ?”.

Ce week-end, ce qui m’a profondément émue et m’a préoccupée réellement lors des manifestations  de soutien au juge Garzón ça a été les pancartes avec des vieilles photos qui n’avaient jamais vu la lumière du jour, et au-dessous cette question déchirante : “Où est-il ?”.

Cette question, comme un cri monumental, m’a secouée et m’a surprise. Où cette question et cette photo étaient-elles durant toutes ces années ? En Argentine, même durant la dictature militaire, toutes les semaines les familles convergeaient vers la Place de Mai avec les photos des disparus avec la phrase : “Où sont-ils ? :” Pourquoi en Espagne les photos ont-elles mis 70 ans à sortir dans la rue ?

Je suppose ce qui s’est passé : d’abord, la peur durant la Dictature, tout de suite après, une Transition mal faite, et après … après: quoi ?

Et maintenant je m’interroge, anxieuse: que somme nous individuellement et en tant que société pour ne pas avoir osé sortir les photos de nos parents et grands parents disparus ou mal enterrés, et nous être interdit cette question ?

Et plus inquiétant encore : puisque ce sont plusieurs générations auxquelles nous avons appris à ne pas questionner, quelles autres questions gardons-nous au fond de la gorge et quelles autres photos serrons nous dans les armoires, non seulement pour le passé mais aussi pour aujourd’hui que nous empêchons de sortir? . Sur quel autres sujets nous ne sortons pas dans la rue  et faudra-t-il   que nos petits enfants sortent à notre place au bout de 70 ans ?  



Edité par T 34 - 28 Apr 2010 à 20:16
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 May 2010 à 23:48

L’Espagne dans la spirale

Si les finances publiques de Madrid se détériorent, le secteur privé est bien plus lourdement endetté. Le chômage et la précarité risquent de peser sur la demande et la croissance.

L’Espagne a fait s’effrayer les Bourses européennes en début de semaine. Même si à l’origine de cet affolement il y a une rumeur apparemment infondée selon laquelle Madrid chercherait à emprunter une somme de 280 milliards d’euros au Fonds monétaire international (FMI), il n’en reste pas moins que la situation de son économie est plus qu’alarmante.

Côté dette publique, les indicateurs ne sont pas les pires de la zone euro. Serviteur zélé du pacte de stabilité, le gouvernement socialiste de Zapatero avait affiché, ces dernières années, des excédents budgétaires. La dette publique n’était en 2009 que de 53,2 % du produit intérieur brut (la richesse annuelle produite par l’économie du pays), contre 115 % pour la Grèce. Deux des trois principales agences de notation continuent d’ailleurs d’accorder leur meilleure note à la dette espagnole. Mais avec la crise, le déficit public a grimpé à 11,2 % l’an dernier. Car l’économie réelle, elle, traverse une crise très sévère. La croissance est en berne pour deux raisons. La première  : l’énorme endettement du secteur privé et des foyers. Les ménages cumulent une dette avoisinant les 89 % du PIB. Les caisses d’épargne sont plombées avec 50 milliards d’actifs pour 324 milliards de créances. La seconde raison tient à la précarité. Le taux de chômage est de 20 %, et de 40 % chez les jeunes. 30 % des contrats de travail sont à durée déterminée. En conséquence, la demande intérieure et la croissance stagnent.

Tant la Commission que l’agence de notation Standard & Poor’s – qui a dégradé la dette espagnole la semaine dernière – envisagent des hypothèses de croissance plus basses que celles présentées par le gouvernement. En 2011, la Commission européenne prévoit une croissance de 0,8 %, soit un point de moins que le chiffre avancé par l’exécutif. Dès lors, le plan gouvernemental – ramener le déficit budgétaire de 11,2 % à 3 % en trois ans – apparaît comme un pari dangereux. L’austérité réclamée par les marchés et les institutions européennes nourrit une baisse d’activité. En 2009, cette dernière a entraîné un recul de 30 % des recettes de TVA.

Gaël De Santis

10/05/2010


Edité par T 34 - 11 May 2010 à 15:54
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 May 2010 à 23:57
Franquisme : Ouverture du procès contre le juge Garzón

Capitalisme : Mesure d'austérité : le salaire  de trois millions de fonctionnaires réduits
 

José Luis Rodriguez Zapatero annonce des coupes sombres dans les dépenses publiques

Madrid, 12 mai, (RHC)--. Sous la pression de l’Union Européenne et des créanciers internationaux, José Luis Zapatero a annoncé des coupes sombres dans les dépenses publiques en Espagne.

En vertu du plan anti-crise espagnol, le salaire des fonctionnaires publics sera réduit de 5% à partir du mois prochain.

Le président du gouvernement espagnol a précisé que ces salaires seront gelés à partir de l’année prochaine après avoir souligné qu’il fallait un effort extraordinaire pour réduire le déficit public de 15 milliards d’euros.

Le plan du gouvernement espagnol prévoit également la réduction des investissements publics de plus de 6 milliards d’euros.

Cayo Lara, coordinateur fédéral de la Gauche Unie, a qualifié ces mesures d’impropres venant d’un gouvernement qui se dit socialiste. Il a souligné que les coupes sombres annoncés par José Luis Zapatero correspondent plutôt au rajustement brutal suggéré par le Parti Populaire, parti de droite.


 
 
Le gouvernement soumis à la direction du Capital
Le comité exécutif du PCPE appelle à la mobilisation et à la grève générale
Résolution du Comité exécutif du PCPE (Parti Communiste des peuples d’espagne)(1) traduit par danielle Bleitrach pour changement de société.

Tous les efforts des structures de domination du capitalisme espagnol ont été entièrement consacré, tout au long des deux dernières années, à des tentatives pour étayer  le système et de lui éviter la banqueroute totale.

Les événements de ces dernières semaines avaient montré la vanité de ces efforts. Ainsi, La voracité même du système s’est avérée être son problème principal. Dans la situation de naufrage des stratégies diverses mises en place pour essayer de renverser la situation, les mêmes requins financiers se précipitent à nouveau pour utiliser les difficultés de l’économie espagnole pour essayer d’ obtenir pour eux de nouveaux avantages, une action suicidaire qui conduit à la faillite de leurs propres intérêts.

En temps utile, les chefs de file de l’impérialisme – l’UE d’une part et, le président Obama de l’autre – ont voulu imposer, sans plus d’attente,les diktats du capital.  Et le gouvernement chaotique du PSOE docilement obéit, sachant qu’il n’y a plus de délais et  qu’il n’y a plus d’échapatoir, comme il a fait jusqu’ici. Si vous gouvernez dans ce système vous devez obéir à ses maîtres.
Les mesures annoncées par Zapatero sont une attaque directe conttre la grande majorité des travailleurs ouvriers et un soutien aux intérêts   de l’oligarchie, du capital financier et du grand patronat . Et personne dans le Parlement ne s’est clairement opposé à cette stratégie. Le PP, tout en critiquant applaudit cette politique parce que c’est sa propre politique qui avance. Une fois de plus dans ce parlement on n’a pas entendu la voix du peuple  des travailleurs. 
Les attaques maintenant sur les salaires des fonctionnaires et les diminutions de retraite sont un prélude à l’annonce et à la contreréforme imminente du travail cela réduira les droits de la grande majorité de la classe ouvrière.

Ces mesures gouvernementales ne touchent pas le secteur financier, ou les grandes fortunes, ou les profits des grandes entreprise. C’est un plan façonné par l’oligarchie, pour poursuivre son pillage sur tout le pays et son peuple. Le CEOE est de nouveau le grand gagnant.

Les pressions pour réaliser “un Pacte Social” sont intensifiées et
la monarchie elle-même, il y a quelques jours, est intervenue pour lancer des appels à la soumission, comme toujours.

Au milieu de l’aiguisement de la crise, l’UE dévoile avec plus de d’ostentio  son caractère impérialiste et la domination de l’axe de Berlin-Paris. La souveraineté nationale est une pièce de musée pour le capitalisme. Les conditions imposées à la Grèce pour “aider” son économie, est  une attaque frontale contre le travail grec
La classe, à qui, comme toujours,il veulent faire payer en exclusivité la situation de faillite économique. 

Pendant qu’il n’est pas imposé une seule condition au capital financier . La réponse de la classe ouvrière
la Grecque – le PAME et le KKE-, est la résistance à cette stratégie, et se joue une première grande lutte ouvrière et des masses contre le projet impérialiste de l’UE.

Aujourd’hui il est nécessaire de répondre à ces politiques avec une mobilisation puissante avec la large union des forces populaires et révolutionnaires, pour arriver à une grève générale qui conduise à une issue  différente à la crise.

Le Comité Exécutif du PCPE appelle la classe ouvrière, et  l’ensemble des secteurs populaires, à n’accepter aucune des mesures que l’oligarchie veut en imposer pour essayer de maintenir son hégémonie; puisque toutes vont dans la direction contraire à nos intérêts, et son but n’est rien d’autre que la tentative de nous faire payer la crise à nous qui n’y avons aucune responsabilité.,

Le capitalisme n’a eu rien de positif pour offrir à la grande majorité depuis longtemps et il offre seulement aux oligarchies parasites de chaque pays. Aujourd’hui
L’attitude la plus raisonnable pour le peuple est dans la recherche d’un résultat orienté à vers la construction de la société socialiste. C’est de ce côté que se dessine un avenir de  liberté et  de justice sociale.

Le Comité exécutif de PCPE appelle, d’abord, tous les militants du parti pour donner sens à  leur engagement révolutionnaire et  tout mobiliser toutes leurs ressources pour organiser  les secteurs ouvriers et populaires contre les politiques de l’oligarchie. Le combat est dans la rue, le combat est près de la classe ouvrière la plus militante et le combat est avec le peuple pour jouer notre rôle d’avant-garde dans le combat de chaque jour.

Le Comité exécutif de PCPE appelle les secteurs ouvriers et populaires, des secteurs indépendants et professionnels, pour prendre position dans cette situation. face à la soumission qu’exige le système il faut que se lève la révolte, la défense de nos droits et l’exigence que la sortie de la crise se fasse pour la majorité des travailleurs.

Le Comité Exécutif du PCPE appelle les  organisations syndicales,
spécialement celles qui ont de plus grandes possibilités, à travailler d’urgence pour la convocation d’une grève générale qui exige une issue  à la crise avec d’autres propositions politiques et économiques.

Le Comité Exécutif du PCPE appelle à la coordination des organisations des révolutionnaires dans tout l’État, pour que la lutte anticapitaliste dirige l’action des masses, et offre une issue à cette situation en deça des limites imposées, et en créant
un nouveau rassemblement favorable aux forces populaires et aux travailleurs et aux travailleuses.

Le Comité Exécutif du PCPE appelle toutes les forces révolutionnaires et populaires pour construire un gtrand  Front de gauches que, sur  une proposition programmatique minimale, appel au développement de la mobilisation et à l’union de  toutes les luttes que la classe ouvrière mène  dans tout l’état espagnol. Pour
cette unité ample le CE du PCPE propose les points basiques suivants:
-nationalisation des banques
-gel des dettes des familles au chômage
- sécurité du chômage indéfini
-arrêt des privatisations et retour de celles qui ont été réalisées sur les services stratégiques.
- Progressivité fiscale
-Pour la sortie de l’UE
-Retour de toutes les troupes de l’étranger
-Réduction des gaspillages militaires et autres frais parasitaires.
- Droit pour les immigrants, personne ne doit être illégal.
-Processus constituant Républicain

Le Comité Exécutif du PCPE manifeste sa disposition totale à se joindre à n’importe quel appel sur une orientation similaire à celle
exposée dans cette Résolution.

Le Comité Exécutif du PCPE prend l’initiative de convoquer une réunion de coordination à Madrid pour le 7 juin, à toutes les forces
politiques, syndicales et sociales intéressées par cette proposition, pour coordonner les mécanismes concrets qui feront grandir un ample processus de mobilisation et de lutte qui se donnerai  la grève générale politique comme consigne
Comité central.
Madrid le 12 mai 2010
 A côté du parti communiste espagnol, il existe le parti Communiste des peuples d’espagne qui est né du refus de suivre la politique de Santiago Carillo depuis passé au PSOE, d’approuver la transition monarchique, et de la politique de compromis du PCE en particulier sur l’Europe, mais aussi sur Cuba et l’Amérique latine. Le PCPE est également opposé à la gauche unie, un front dans lequel le PCE s’était confondu. Le PCPE a des relations étroites avec le KKE, alors que le PCE est intégré à la gauche européenne comme le PCF. Cela dit sur bien des points, le PCE est bien plus à gauche que le PCF. En particulier sur l’attitude envers Cuba. 

__________ Información de ESET Smart Security, versión de la base de firmas
de virus 5110 (20100512) __________

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http://www.eset.com


 
Centella:  “Le gouvernement assume les thèses du capitalisme le plus sauvage et reprend les vieilles recettes ratées du FMI”
Le PCE repousse les coupes sombres de droits sociaux projetées par le gouvernement et appelle à une grande mobilisation générale

Rebelión, traduit par danielle Bleitrach pour changement de société

José Luis Centella, Secrétaire général du PCE, a dénoncé hier la coupe brutale des droits sociaux annoncé par le Gouvernement du parti socialiste espagnol parce qu’ils entraîenent une agression sans précédents contre les intérêts des travailleurs : “Nous Sommes devant un gouvernement qui est passé de ne pas savoir  que faire à un gouvernement qui assume les thèses du capitalisme le plus sauvage et ressort les vieilles recettes désastreuses du Fonds monétaire international, qui ont été les vraies causes de la crise terrible du capitalisme que nous subissons”.


 
 

Centella a expliqué que maintenant c’était sûr que nous commencions à être comme en Grèce, par la politique des coupes sombres dans le social et le fait de  faire payer aux plus faibles les erreurs d’une politique qui a seulement favorisé l’accumulation de grandes richesses et l’augmentation des différences entre les pauvres et riches. Le gouvernement a décidé de sacrifier les travailleurs avec  la réduction des salaires, des retraites, aides à la dépendance, les investissements, le développement, l’accès aux médicaments, etc..

Les mesures du Gouvernement du parti socialiste espagnol sont antisociales et conduisent à l’échec, clairement opposées à l’intérêt général, comme l’a déclaré le Secrétaire général du PCE, puisque qu’à aucun moment on a projeté de lutter contre la fraude fiscale, d’éliminer les paradis fiscaux, de réduire les gros salaires et de contrôler les grands profits de la banque, comme mesures pour surmonter le déficit.

Par tout cela, le PCE  considère qu’il est aujourd’hui nécessaire  que se développe une grande mobilisation générale pour défendre une issue à la crise qui commence par une Réforme Fiscale, un contrôle des profits des  Banques et la création d’Emploi.

 communiqué  du PCE
Le PCE repousse la suppression brutale des droits sociaux annoncé par le Gouvernement du parti socialiste espagnol parce qu’elle représente  une agression sans  précédent des intérêts des travailleurs.

Le Gouvernement ne projette pas de prendre de mesures qui attaqueraient les vraies causes de la crise, qui sont les banques, et les  grandes entreprises, il ne projette pas non plus de mesures tendant à la création d’Emploi. Le Gouvernement de zapatero projette des mesures dirigées exclusivement vers le ,fait de faire payer la crise aux travailleuses et travailleurs.
 
Nous sommes devant un Gouvernement qui est passé de ne pas savoir  que faire, à un Gouvernement qui assume les thèses du capitalisme le plus sauvage et ressortles vieilles recettes desastreuses du Fonds monétaire international, qui ont été les véritables  causes de la crise terrible du capitalisme que nous subissons.

Maintenant oui nous commençons à être comme en Grèce, à cause de la politique de coupes sombres des droits sociaux et la volonté de faire payer aux plus faibles les erreurs d’une politique qui a seulement favorisé l’accumulation de grandes richesses et l’augmentation des différences entre des pauvres et riches, des mesures qui font assumer aux travailleurs le prix de cette crise.

La diminution salariale imposée aux travailleurs  ceux de la Fonction Publique, non  seulement rompt l’accord signés avec les Syndicats les plus représentatifs alors que la Vice-présidente du Gouvernement a confirmé il y a déjà quelques semaines que tous ses contenus devaient être mis en oeuvre, mais elle fait tomber sur ce secteur les plus grands sacrifices comme si ces travailleurs étaient les coupables de la crise.

L’absence de la revalorisation des pensions et du caractère rétroactif des aides à la Dépendance, affecte les secteurs sociaux plus défavorisés dans notre pays, puisque cette mesure propose le gel des pensions  de 800 et de 900€ qui ne sont pas considérée commes des minimas et en éliminant le caractère rétroactif des aides à la Dépendance elle met sur le dos des citoyens le poids de la gestion de l’Administration des aides , supprimer également la prime pour bébé, est une manière de réduire les revenus sociaux.

Les obstacles établis à la Retraite partielle, aboutissent à fermer l’une des rares portes d’ entrée pour que les plus jeunes travailleurs  trouvent un travail stable, non seulement on casse seulement cette dynamique nécessaire (le chômage juvénile atteint 40 % de la population active correspondante), mais cela met en pièces une arme que les Syndicats ont su utiliser pour éviter des licenciements traumatisants, au mêmes moments où sont jetés à la rue  des milliers de travailleurs qui ont un âge où ilsemble pratiquement impossible de trouver un travail.

Par rapport à la restriction de médicaments, au lieu de réduire les grands bénéfices de l’Industrie Pharmaceutiquet, avec leurs marges indécentes, il coupe à nouveau dans les traitements des personnes malades, en essayant de le cacher àtravers une gestion des médicament, qui cherche à avoir des nuances raisonnable, alors que nous savons tous qu’il n’en est rien. 

Enfin les coupes siombresdans le développement et aux investissements publics, qui se joignent à celles déjà faites antérieurement dans le plan de stabilisation, va signifier en réalité un arrêt d’activité dans une multitude de petites entreprises, par conséquent un nouveau problème d’emploi.

À tout cela il faudra ajouter l’effet des coupes dans les Communautés autonomes, qui répercuteront sans doute très négativement sur les Conseils municipaux déjà asphyxiés, avec les conséquences qui vont à sur les aides sociales et l’emploi.

Les mesures du Gouvernement du parti socialiste espagnol,  sont antisociales et conduisent à l’échec, elles sont clairement opposées à l’intérêt général, puisque, au lieu de mettre à une valeur la lutte contre la fraude fiscale, et éxecuter les annonces d’éliminer les paradis fiscaux, de réduire les gros salaires et de contrôler les grands profits des banques, comme mesures pour combler le déficit, elles optent pour quelques mesures dirigées directement contre les les plus faibles  contre ceux qui paient le déficit et subissent une issue  à la crise qui va générer plus de chômage après avoir réduit la consommation et pour créer plus de précarité sociale.

C’est pourquoi, aujourd’hui, le PCE considère comme nécessaire une GRANDE MOBILISATION GÉNÉRALE pour défendre une issus à la crise qui commence par une Réforme Fiscale, un contrôle des bénéfices de la Banque et la création d’Emploi, une Mobilisation qui arrête cette nouvelle tentative du Gouvernement d’imposer des mesures opposées aux intérêts de la majorité de la population et qui aggrave la situation des chômeurs et des pensionnaires.
(VIDEO) Kirchner demande aux Grecs et aux Espagnols de ne pas suivre le FMI
    
 
12 mai 2010 — Néstor Kirchner, secrétaire généeal de l’UNASUR a averti l’Espagne contre le danger que représentait le fait d’adopter les recettes d’ajustement que recommande le Fond Monétaire International.  Kirchner a rappelé que son pays fut victime de mesures économiques similaires appliquées par cet organisme financier en 2001.



Edité par T 34 - 17 May 2010 à 17:08
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Franquisme

Le juge Baltasar Garzon saqué

15/05/2010
 
Le magistrat espagnol avait voulu enquêter sur les crimes franquistes. 
Le conseil général du pouvoir judiciaire (CGPJ) espagnol a décidé de le suspendre.

Le juge espagnol Baltasar Garzon a été suspendu hier de son poste à l’Audience nationale. Attendue, la décision du conseil général du pouvoir judiciaire, l’organe de tutelle de la magistrature espagnole, est néanmoins dévastatrice puisque le juge encourt une peine de vingt ans d’interdiction d’exercice de ses fonctions.

Mercredi, Luciano Varela, du tribunal suprême, a ordonné la tenue, à une date non encore fixée, du procès du juge, accusé d’avoir outrepassé ses compétences en enquêtant sur des crimes perpétrés durant la guerre civile espagnole et les premières années du franquisme, ceux-ci étant couverts par une loi d’amnistie.

Garzon briseur de tabou

Les membres du conseil général du pouvoir judiciaire ont voté à l’unanimité la suspension de Garzon. Le très médiatique juge, connu pour avoir notamment lancé des poursuites à Londres contre l’ancien dictateur chilien Augusto Pinochet, est inculpé dans plusieurs affaires, dont une pour abus de pouvoir. Des accusations en forme de disgrâce qui pourraient mettre un terme à sa carrière.

Le juge espagnol est accusé depuis le 7 avril de « prévarication », pour avoir décidé d’enquêter à partir de l’été 2008 sur les crimes franquistes : près de 150 000 personnes éliminées, disparues. Il a été ainsi le premier à briser le tabou d’une mémoire espagnole occultée et d’une justice enfouie. Les crimes étaient couverts par la loi d’amnistie adoptée en 1977 au sortir de la dictature au motif de la « réconciliation ».

Garzon avait ouvert son instruction à la demande des familles de victimes, il a été attaqué par plusieurs groupes d’extrême droite. L’un d’eux, la Phalange, formation officielle du franquisme, a été écarté à cause de « valeurs idéologiques », mais pas les deux autres groupuscules, Mains propres et Liberté et Identité. Garzon a tenté en vain de contre-attaquer en demandant la récusation du juge du tribunal suprême, Luciano Varela, qui entend le juger.

Symbole du combat contre l’impunité, l’affaire a pris une ampleur considérable en Espagne mais aussi dans le monde. Elle a choqué profondément nombre d’universitaires, intellectuels, artistes, syndicalistes et associations de victimes du franquisme. Le magistrat a aussi reçu le soutien de nombreux juristes internationaux : tous ont interpellé Madrid, rappelant que les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles et que la loi d’amnistie espagnole n’est pas conforme au droit international.

Si le juge Garzon est victime d’un traquenard judiciaire, l’idée même d’impunité pour les crimes passés ne passe plus chez les Espagnols : un sondage publié le 10 mai dernier par le Publico indiquait que plus de 59 % d’entre eux étaient d’accord avec les investigations sur les crimes franquistes, et presque autant (58,1 %) appuyaient le magistrat. En un mot, ils réclament justice.

Bernard Duraud


Pour Garzon, non à l’impunité 
des crimes franquistes  !

Au royaume d’Espagne, le juge Baltasar Garzon est un indésirable. La décision prononcée contre lui est scandaleuse et vaut une première condamnation. Suspendu hier de ses fonctions le temps d’être jugé pour avoir bravé la loi d’amnistie de 1977 des crimes franquistes, le voici traîné sur le banc des accusés précisément à l’instigation des nostalgiques de la dictature. La droite, les médias lui reprochent de rouvrir inutilement de vieilles blessures et le parquet de s’être lancé dans « une inquisition générale ». Bref, Garzon le magistrat star, l’empêcheur d’Espagne de tourner en rond, a mis le nez là où il ne fallait pas quand les familles des victimes du franquisme, elles furent plus de 150 000, au plus profond d’elles-mêmes réclament réparation. Quelque chose ne tourne pas rond au pays nourri au lait de la justice universelle. À croire que celle-ci a cours ailleurs mais pas ici sur cette péninsule Ibérique  ! La monarchie, ses institutions et son consensus postfranquiste ne supportent pas le réveil de la mémoire qui s’enracine dans l’histoire de la République et interroge, notamment chez les plus jeunes, un présent qui serait républicain. Pour toutes ces raisons, sanctionner Garzon, c’est plonger pour longtemps l’Espagne dans le noir. Non à l’oubli, non à l’impunité  !

Bernard Duraud

LE FRANQUISME A LA VIE DURE

Jean Ortiz, coordinateur de l’appel des universitaires français de soutien au juge Garzon, estime dans un texte que « la monarchie crypto-franquiste, son système, ses relais, son consensus de plus en plus ébranlé par le travail de mémoire républicain, viennent de “suspendre” (…) le juge Garzon ». Cette mesure, selon lui, est « inique, scandaleuse », et vise à protéger une « impunité du franquisme de plus en plus contestée ». Ortiz ajoute : « Le consensus de la “transition” craque de toutes parts. La loi d’amnistie de 1977 apparaît de plus en plus comme un chiffon délavé, une loi de “point final” en contradiction avec la législation internationale. » Comme une majorité d’Espagnols, il souhaite désormais que « justice soit faite ».
 
 



Edité par T 34 - 24 May 2010 à 17:07
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 May 2010 à 19:22

Les fonctionnaires espagnols dans la rue contre l’austérité signée Zapatero

Suppression de postes, coupes salariales puis gel des rémunérations… À l’appel des syndicats, les salariés du public se sont rassemblés hier contre les mesures antisociales du gouvernement. Ils seront en grève le 8 juin.

Séville, Malaga, Huelva, Oviedo, Valladolid, Avila, Burgos, Palencia, Salamanque, Soria, Barcelone, Guadalajara, Bilbao, Pamplune, Badajoz, Lugo, Madrid, Valence… Les centrales syndicales ont haussé le ton contre le gouvernement socialiste de Zapatero, en organisant hier des rassemblements aux quatre coins de l’Espagne contre les mesures d’austérité. À l’appel des CCOO, de l’UGT et de la CSI-F (centrale syndicale indépendante et de fonctionnaires), les salariés du public sont descendus dans la rue contre la réduction de 5 % de leurs salaires dès ce mois de juin et qui doivent être par la suite gelés. Cette coupe franche vient compléter un premier plan d’austérité de 50 milliards d’euros censé, selon le gouvernement, rapporter 4 milliards d’euros. L’exécutif prévoit également la suppression de 13 000 postes dans la fonction publique ainsi que le gel des retraites.

Les salaires des machinistes du réseau ferroviaire seront les prochains visés par ce plan de choc qui, selon le gouvernement, doit ramener le déficit de 11,2 % du PIB en 2009 à 3 % en 2013. Et par là même rassurer à la fois Bruxelles et les marchés financiers. Cette attaque en règle contre les dépenses publiques est à l’origine de l’unité avancée par les trois confédérations qui appellent à une grève nationale le 8 juin prochain. Cette journée d’action marque un tournant dans la stratégie syndicale des directions syndicales qui, jusqu’à présent, privilégiaient une certaine temporisation. Preuve en est les déclarations de l’UGT, pourtant réputée proche du Parti socialiste (PSOE). « Les réductions de l’aide officielle au développement et de l’investissement public de l’État sont des propositions injustes et stériles qui exigent une réponse globale et importante de la part des confédérations », annonce-t-elle, ajoutant  : « Injustes parce que ces propositions attaquent les secteurs les plus défavorisés et stériles parce qu’elles n’aident pas à la reprise économique. »

S’affranchissant de sa traditionnelle complaisance à l’égard du président du gouvernement, l’UGT dénonce « un changement de situation politique et sociale permanent et non conjoncturel » à même de « provoquer un conflit social à long terme ». Le syndicat n’écarte d’ailleurs « aucun type d’action ». Une allusion nette à une éventuelle grève générale que l’Espagne n’a pas connue depuis 2002. Même avertissement du côté de la principale confédération, CCOO. « Ce n’est pas un scénario souhaitable, a reconnu son secrétaire général, Ignacio Fernandez Toxo. Mais, il se prépare un virage antisocial et antiéconomique inopportun de la part du gouvernement », dont les premiers effets pourraient se traduire par une nouvelle hausse du taux de chômage qui atteint pourtant déjà les 20 %. « Ma responsabilité est de penser au futur du pays plus qu’à un autre futur politique ou personnel », a déclaré Zapatero en guise de défense.

Cathy Ceïbe

 

Sindicato%20prepara%20convocatoria%20de%20huelga%20general



Edité par T 34 - 06 Jun 2010 à 19:49
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Jun 2010 à 21:54

L’Affaire Garzon . José Luis Centella « Un peuple sans mémoire est condamné à stagner »

La suspension 
du juge Baltasar Garzon révèle les visions antagoniques mémorielles de l’Espagne. Pour secrétaire général du Parti communiste d’Espagne (PCE), José Luis Centella,
le débat se structure sur le terrain politique avec la construction de la IIIe République.

Madrid (Espagne), envoyée spéciale.

Le juge Baltasar Garzon a été suspendu de ses fonctions pour avoir voulu ouvrir une instruction contre des crimes franquistes, et ce sur plainte de groupuscules d’extrême droite. Comment interprétez-vous ce déni de justice  ?

José LuisCentella. Nous nous trouvons face à un moment très important de l’histoire de notre pays. Je le qualifierais de contradictoire. En effet, nous assistons à un début de consolidation d’un mouvement républicain, un mouvement qui regarde vers la IIIe République, et le débat sur notre passé se normalise enfin. 
C’est à cet instant précis qu’apparaît un mouvement réactionnaire pour le freiner. Tandis que le juge Garzon cherche à prendre la tête d’une 
dynamique aussi normale qu’humaine – faire la vérité et la justice quant aux crimes commis durant quarante ans par la dictature –, 
les contradictions de la transition 
resurgissent. Une droite décomplexée, héritière du franquisme, cherche à intimider quiconque ose toucher 
au système. Elle nie le droit aux communistes, et plus généralement 
aux gens de gauche, de poser les débats 
qui étreignent notre pays. Un citoyen européen a du mal à comprendre cette situation, et c’est normal. Près de 150 000 antifranquistes gisent encore sur les bas-côtés de nos routes et nous ne pouvons pas les déterrer  ? Pendant ce temps, le dictateur repose dans un énorme monument – le Valle de los Caidos. C’est cette contradiction qui sort aujourd’hui à la lumière.

Le juge Garzon enquêtait également sur ce scandale d’État qu’est la corruption politique. Croyez-vous que les deux affaires soient liées  ?

José Luis Centella. Bien sûr. Le juge Garzon a eu le courage de mettre à jour le cas Gürtel, un réseau de corruption qui implique directement le Parti populaire (droite). Cela a entraîné toutes sortes de déchaînements politico-médiatiques. Car cette affaire de corruption intervient dans un contexte de grave crise sociale et économique avec plus de 4,5 millions de chômeurs.

Justement, dans ce contexte de crise, comment le débat sur la IIIe République se structure-t-il  ?

José LuisCentella. Lors de la transition, il n’y a eu ni débat ni vote des Espagnols pour décider du régime sous lequel ils souhaitaient vivre. Le choix entre démocratie ou franquisme s’est soldé par une démocratie héritière du franquisme, à savoir la monarchie de Juan Carlos Ier. Cet état de fait est en train d’être dépassé. La jeune génération n’a pas vécu la transition et le débat sur la République. L’actuel travail de récupération de la mémoire est un mouvement de justice historique mais avec une vision d’avenir. C’est pour cela que nous parlons de IIIe République. Car, il s’agit de récupérer la dignité d’un peuple, mais en regardant vers le futur. Ces cinq dernières années, l’idée de république comme modèle politique n’a cessé de progresser. Selon les enquêtes, elle atteint même les 40 % chez les jeunes. L’option républicaine dans une Espagne fédérative est un enjeu d’identité politique. Pour nous, il n’y a pas d’autre voie pour résoudre les problèmes du pays.

Vous évoquez le travail de « récupération de la mémoire » Ce dernier est sujet à nombre d’interprétations controversées…

José LuisCentella. On ne peut pas com-parer les victimes aux bourreaux et pourtant, ces derniers sont mieux considérés. Des monuments leur rendent hommage tandis que les victimes, elles, restent invisibles. Or, un peuple sans mémoire est condamné à stagner. Cette année, nous célébrons le centenaire de la naissance de Miguel Hernandez. Poète communiste, il est mort dans les prisons du franquisme parce qu’il a refusé de signer un document qui exigeait de lui de s’excuser d’être communiste. Il a été nommé citoyen d’honneur d’Alicante, ville qui compte un monument à la gloire de Franco. Autre contradiction, sa condamnation à mort, qui a été par la suite commuée en perpétuité, est toujours en vigueur puisque son jugement n’a pas été officiellement annulé. Il est l’un des plus grands poètes espagnols du XXe siècle, et l’on souhaite effacer son identité politique de communiste. C’est un exemple, parmi d’autres, des récupérations malhonnêtes de l’histoire à l’œuvre.

Pour en revenir à la IIIe République, quels axes de travail vous fixez-vous  ?

José LuisCentella. Le premier est d’exiger une publication claire et transparente des comptes de la maison royale. L’État dégage chaque année une ligne budgétaire de 9 millions d’euros. Il est inadmissible qu’en temps de crise, une famille perçoive une telle somme sans avoir de comptes à rendre. Nous avons réalisé une campagne exigeant du Congrès des députés qu’il débatte publiquement de cette question. Nous tiendrons par ailleurs à l’automne une conférence en vue de lancer un processus constituant de la République. Car, il nous faut passer aujourd’hui de l’étape de témoignage et de résistance à une alternative républicaine.

Entretien réalisé par Cathy Ceïbe

« Vérité, Justice, et Réparation »

Plus d’une quinzaine d’associations mémorielles françaises organisent, dimanche 6juin, à la Jonquera, en Espagne, un rassemblement de soutien au juge Baltasar Garzon. « Le choix du lieu est symbolique puisqu’il s’agit du chemin de l’exil, la retirada, de près d’un demi d’Espagnols en 1939 », rappelle Eloi Martinez, président de l’Association pour le souvenir de l’exil républicain espagnol en France. L’initiative est à ses yeux d’autant 
« plus inédite que ce sont des associations françaises qui se mobilisent en Espagne pour que l’affaire Garzon ne tombe pas aux oubliettes ». 
Les instigateurs en appellent au respect et à l’application du droit international. Rendez-vous à 11 heures, plaza Mayor.



Edité par T 34 - 20 Sep 2010 à 02:54
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Jun 2010 à 22:40

La droite espagnole revient 
à la charge contre le droit à l’IVG

La nouvelle loi, favorable au libre choix des femmes, doit entrer en vigueur le 5 juillet. Les conservateurs ont déposé un recours au tribunal constitutionnel au nom du… « non-né ».

Le Parti populaire (PP) ne lâche rien. Profitant de la crise économique pour tacler le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero et surenchérir en matière d’austérité, la droite espagnole n’en n’oublie pas pour autant de tirer à boulets rouges sur la politique sociétale. Ainsi, les conservateurs sont revenus, mardi, à la charge contre la nouvelle législation sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG), en déposant un recours au tribunal constitutionnel. Selon eux, la loi, qui doit entrer en vigueur le 5 juillet, ne serait pas conforme au texte fondamental au prétexte qu’elle désavantagerait les droits du « non-né » au profit de ceux de la mère. « La légalisation de l’avortement sans aucun motif (…) nous paraît contraire au droit à la vie, tel et comme l’a interprété le tribunal constitutionnel depuis ses débuts », a tenté d’expliquer l’un des leaders du PP, Federico Trillo, en allusion à une sentence datant de 1985 qui parle du « non-né » comme d’un « bien juridiquement protégé ». Pas moins de huit articles seraient anticonstitutionnels aux yeux de la droite, qui envisage d’inscrire à son programme pour les prochaines législatives la dérogation de la nouvelle loi. Cette dernière constitue pourtant une avancée notable du droit des femmes à disposer de leur corps. Ces dernières ont désormais le droit d’avorter « sans interférence d’un tiers » jusqu’à quatorze semaines de grossesse, voire vingt-deux semaines en cas de « risque pour la santé » de
la mère ou encore « de graves anomalies du fœtus ». L’ancienne loi très coercitive n’autorisait les femmes à interrompre leur grossesse qu’en cas de viols, de malformations de fœtus ou de danger psychique pour la mère. Le texte officiel, sujet à un débat houleux au sein du congrès en raison de la clause autorisant les mineures de seize et dix-sept ans à avorter sans le consentement parental mais en les informant excepté en cas de risque de violence familiale, avait été finalement adopté à la majorité.

Cette nouvelle offensive en dit long sur l’arrogance de la droite et les valeurs réactionnaires et idéologiques qu’elle défend. Ces dernières années, elle n’a eu de cesse, avec le soutien franc de l’Église dont l’entrisme dans la sphère politique espagnole est démesuré, de 
combattre les avancées sociétales.

Cathy Ceïbe

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