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Allemagne

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Sep 2009 à 12:17

Le PCF salue le score de Die Linke

AFP
27/09/2009 | Mise à jour : 21:47
 
Le PCF s'est félicité dimanche dans un communiqué du "très bon score" de Die Linke aux législatives allemandes, y voyant une "première victoire pour la gauche européenne". "Après l'annonce du score très encourageant du parti Die Linke, le PCF se félicite de cette première victoire pour la gauche allemande et plus largement pour la gauche européenne".
"Les électeurs ont parlé et il est certain qu'après ce résultat, Die Linke va imprégner l'orientation politique de ces prochaines années. C'est une très bonne nouvelle pour les Allemands et pour le projet de la gauche européenne", poursuit le PCF. Les électeurs allemands ont reconduit la chancelière Angela Merkel, mais sa formation, la CDU/CSU, a réalisé, selon les premières estimations, son plus mauvais score depuis 1949, tout comme le SPD, tombé à 22%. Trois "petits" partis, le FDP libéral, les Verts et Die Linke (extrême gauche) ont réalisé le meilleur score de leur histoire, Die Linke étant crédité de près de 12,5%.



Edité par Jef. - 28 Sep 2009 à 12:18
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Sep 2009 à 12:24

Allemagne : le SPD va devoir se réinventer

Berlin, correspondante, le monde

A18 heures tapantes, dimanche 27 septembre, un silence de mort s'est abattu sur la maison Willy-Brandt, le siège du Parti social-démocrate allemand (SPD), à Berlin. Des militants effarés ont écouté, sans voix, l'annonce des résultats des sondages "sorties des urnes". Sous la houlette du ministre des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, le SPD s'est vu infliger une déculottée : 22,9 % des voix, en recul de plus de onze points par rapport aux législatives de 2005 (34,2 %). Son plus mauvais résultat historique. Dans la bataille, il perd un tiers de ses députés.

La défaite, si elle était prévisible, n'en est pas moins douloureuse. Depuis quinze jours, les sondages évoquaient une légère remontée dans les intentions de vote. Parmi les caciques du parti, plus d'un s'était mis à rêver à voix haute d'une reconduction de la grande coalition avec les chrétiens-démocrates (CDU). Il n'en est rien : les sociaux-démocrates rejoignent bel et bien les bancs de l'opposition après onze ans passés aux affaires.

Le teint cireux, Frank-Walter Steinmeier s'est rapidement présenté devant la foule des sympathisants réunis au siège du parti. "C'est un jour amer pour la social-démocratie allemande, il n'y a aucun moyen de présenter favorablement ce résultat", a-t-il reconnu. Souvent raillé pour son manque de charisme, le chef de la diplomatie avait malgré tout mené une campagne pugnace ces dernières semaines.

Dimanche soir, il a dit son intention de conduire une opposition combative, soucieuse de défendre "l'égalité sociale". Applaudissements chaleureux mais sourires crispés dans la salle. A ses côtés, la mine défaite, le chef du SPD, Franz Müntefering, a tenu à souligner : "Nous ne sommes pas un parti du passé".

Après le séisme de dimanche, les sociaux-démocrates vont pourtant devoir se livrer à un pénible examen de conscience. Et ce, sous peine de voir toujours plus d'électeurs filer à la gauche de la gauche, chez Die Linke, la formation d'Oskar Lafontaine. Installé pour de bon dans le jeu politique allemand trois ans après sa création, le jeune parti de la gauche radicale, formé de déçus du SPD et d'anciens communistes de l'ex-RDA, a recueilli un très bon score de 12 %. "Son meilleur résultat historique", a décrété un Lafontaine goguenard. En 2005, le PDS, ancêtre de Die Linke, avait réuni 8,7 % des suffrages.

Flanqué d'un bataillon de 76 députés, Oskar Lafontaine, lui-même ancien patron du SPD, entend bien continuer à jouer les trublions lors des débats au Bundestag. "Nous sommes le parti qui fera pression pour que l'Etat social soit reconstitué", a-t-il aussitôt annoncé. Un pied de nez en forme d'avertissement à l'adresse de ses anciens compagnons sociaux-démocrates dont il ne cesse d'attaquer le recentrage.

Le scrutin de dimanche révèle un SPD en pleine crise d'identité. Quatre ans de grande coalition l'ont laissé à genoux. Pénalisé par la "gauchisation" de Mme Merkel, il a lui-même perdu de ses contours en soutenant des réformes de la droite. M. Steinmeier a essayé ces derniers mois de revenir aux fondamentaux de la social-démocratie avec un programme ancré bien à gauche. Mais la recette n'a pas pris.

D'après les premières enquêtes après le scrutin, les électeurs ont fait défaut dans toutes les tranches d'âge, toutes les catégories socioprofessionnelles. Beaucoup ne se sont d'ailleurs même pas déplacés, comme l'atteste un taux de participation historiquement bas.

Renvoyé dans l'opposition, le SPD va devoir se réinventer. Au siège, dimanche soir, les militants ne savaient sur quel pied danser. "C'est une catastrophe. Nous allons devenir faibles comme les socialistes en France", s'inquiétait un assistant parlementaire. Plus loin, un vieux routier social-démocrate, professeur à la retraite, affirmait le contraire : "C'est bien d'en finir avec la grande coalition. C'est la seule façon de reprendre du poil de la bête." "Le problème, c'est qu'il n'y a plus de personnalités charismatiques", disait un autre, en jetant un coup d'œil à la statue de l'ex-chancelier Willy Brandt trônant au milieu de la salle.

Frank-Walter Steinmeier continuera-t-il à représenter le SPD jusqu'à la bataille de 2013 ? Le candidat malchanceux a immédiatement revendiqué la présidence du groupe parlementaire. Reste à voir s'il ne sera pas désavoué par l'aile la plus à gauche du parti, qui voit en lui un caractère trop modéré sans la trempe du gagnant. Et un adversaire encombrant à toute alliance avec Die Linke, sans laquelle les sociaux-démocrates risquent de s'infliger une interminable cure d'opposition.

Marie de Vergès

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Nov 2009 à 10:10

100 000 à Berlin hier soir pour les 20 ans du mur. « Liesse populaire » assènent les médias ! On est bien loin du million de berlinois rassemblés en décembre 1989 pour le concert du minable David Hasselhoff ! Je crois que cet anniversaire à fait un flop. Un programme et une propagande de plusieurs centaines de milliers d’euros pour pas grand-chose.

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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Nov 2009 à 10:47
Message posté par Jef.

100 000 à Berlin hier soir pour les 20 ans du mur. « Liesse populaire » assènent les médias ! On est bien loin du million de berlinois rassemblés en décembre 1989 pour le concert du minable David Hasselhoff ! Je crois que cet anniversaire à fait un flop. Un programme et une propagande de plusieurs centaines de milliers d’euros pour pas grand-chose.

 
Ne nous y trompons pas, ces agapes déplacés, en regard du merdier capitaliste actuel, n'avaient qu'un seul but: Non pas célébrer la chute d'un mur, mais bien fêter la mort de l'Union Soviétique, c'est ainsi que Gorbi fut mis en avant, au point que Lèche Walésa en prit ombrage et déclara sur I-télé que $olidarno$c avait "cassé les dents de l'ours", permettant à l'agent de la CIA d'oeuvrer à la perte de l'URSS. Il est d'ailleurs symptomatique de constater que la jeunesse, pas né à cette époque, eu une place de choix dans nos médias. Eux peuvent répéter sans vraiment savoir, le révisionnisme en cours dans les manuels scolaires. Mais ceux qui ont connu avant/après, phagocyté dans leurs rêves brisés, n'avait probablement pas envie de participer à ces débordements de guimauve, par trop conscient de l'escroquerie dont ils ont été victime.
Effectivement, 100 000 à tout casser, voyages organisés du monde entier, c'est minable, mais cela reflète bien dans quel désarroi le capitalisme arrogant et triomphant à plongé les populations, las des danses sur les cadavres d'un système qui a eu le mérite d'une alternative ou les Hommes avaient leur place.
 
Et plus ces chefs d'états feront montre d'auto-congratulations sur fond d'un formidable et inéluctable libéralisme pour notre "bien-être", et plus les populations chercheront à étudier la vérité et envisager des changements radicaux. Il est fort à craindre que tout cela se passe les armes à la main, trop de rapace accroché au pouvoir et détenant la force, mettront leur énergie pour empècher l'avènement des pouvoirs populaires.
Cependant, les seuils critiques sont encore loi d'être atteint.
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Nov 2009 à 11:58
Et, mort de rire, Lech Walesa a failli se vautrer la gueule en poussant le premier domino ! (vodka ou sénilité)
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  Citer Emile Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Nov 2009 à 12:42
C'est quoi exactement Die Linke ? C'est genre le Front de gauche allemand ou c'est encore plus à gauche ?
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  Citer Vladimir Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Nov 2009 à 12:50
C'est idéologiquement comme le Front de gauche, mais dans un parti. Du coup on les fait passer pour les successeurs du parti communiste, comme s'ils n'avaient fait que changer de nom. Ce qui est faux.
Ce n'est pas bien de lire le profil des autres ! Pas bien du tout !! C'est mieux de créer un autre forum dissident comme un hypocrite.
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Nov 2009 à 13:59
Message posté par Emile

C'est quoi exactement Die Linke ? C'est genre le Front de gauche allemand ou c'est encore plus à gauche ?
 
Tu trouveras sur ce topic des éléments de réponse et ci-dessous un éclairage dans l'interviw de Gregor Gysi co-président (avec Oscar Lafontaine) du parti DIE LINKE.
 

Gregor Gysi : « Moi, mon objectif reste le socialisme démocratique »

En novembre 1989, l’avocat critique accède à la direction du SED et sera l’un des acteurs de sa transformation en PDS. Aujourd’hui coprésident de Die Linke, il nous a reçus au Bundestag, où son parti a fait une percée remarquée aux législatives de septembre dernier.

Berlin, envoyé spécial. En marge de la première session de l’Assemblée récemment élue, où Die Linke a réussi une percée de près de 12 % des voix, Gregor Gysi reçoit l’Humanité dans son bureau du Bundestag.

Vous vous êtes impliqué très tôt pour changer la RDA en défendant de célèbres dissidents comme Rudolf Bahro ou Robert Havemann. Jusqu’à quel moment avez-vous espéré que l’on pouvait réformer le socialisme d’État  ?

Gregor Gysi. Depuis les événements de 1968 à Prague et plus tard ceux de Pologne, j’étais persuadé qu’une véritable réforme du socialisme d’État n’était possible que si elle était initiée à partir de Moscou. Donc quand Gorbatchev a commencé à introduire la perestroïka et que j’ai constaté que la direction du SED tentait d’empêcher un débat sur ce type de réforme en RDA, je fus extrêmement déçu et j’éprouvais même de la colère. À ce moment-là, je suis devenu de plus en plus politique. En 1989 il était devenu clair qu’il n’y avait pas d’issue pour le socialisme d’État en RDA.

Qu’est-ce qui vous a conduit en décembre 1989 à maintenir en vie le SED, alors en ruine et au bord de la dissolution  ?

Gregor Gysi. Une dissolution du parti était absolument impossible si l’on voulait bien avoir un minimum d’esprit de responsabilité. Rien que dans l’appareil du parti plus de 40 000 personnes étaient employées, j’aurais dû leur dire le même jour : « Vous rentrez chez vous, le parti n’existe plus, tout est terminé. » Le ministère pour la Sécurité d’État (Stasi) venait d’être dissous. Si l’on avait ajouté à cela la dissolution du parti, on aurait pu assister à des actes de résistance qui auraient pu conduire à des conflits armés. En revanche, à l’été 1990, j’aurais pu dissoudre la formation sans occasionner le chaos ou l’anarchie. La situation s’était stabilisée. Des masses de gens avaient alors quitté le parti mais ceux qui restaient au sein de ce qui s’appelle maintenant le Parti du socialisme démocratique (PDS) et qui avaient vécu les premiers succès électoraux n’étaient naturellement plus prêts à une dissolution.

Vous avez pris la direction de ce parti, qui allait donc devenir le PDS, dans les pires conditions. Avez-vous trouvé facilement des alliés ?

Gregor Gysi. Tous ceux qui étaient avec moi jadis voulaient une rénovation, un autre chemin, une autre structure. Les opinions étaient certainement très différenciées mais tous le voulaient. En fin de compte, il y avait des gens qui savaient qu’ils étaient des socialistes, entendaient le rester et ne voulaient pas devenir des sociaux-démocrates pour de multiples raisons. Ainsi donc, nous avons réussi à conserver une structure qui, ensuite, après l’unification est devenue le seul parti est-allemand représenté au Bundestag.

Comment avez-vous accueilli la chute du mur ?

Gregor Gysi. Ma compagne m’a téléphoné et m’a dit  : « Le mur est ouvert. » Je ne le croyais pas. Ce furent des moments d’une grande intensité mais je les ressentais d’abord comme quelque chose d’arbitraire. Comment peut-on simplement construire un mur, puis tout aussi simplement l’ouvrir, pour plus tard, qui sait, le refermer… Il me manquait un fondement juridique ou constitutionnel à tout cela. Sur le coup j’ai réagi en juriste. Mais cette ouverture était un acte de libération. On ne peut tenir une société enfermée. Trop peu d’échanges d’idées avec l’extérieur, avec la base, avaient contribué à l’asphyxier.

Vingt ans après, en dehors des flèches vertes aux feux tricolores, de quelques coopératives agricoles, il n’est rien resté de la RDA…

Gregor Gysi. Non, il est resté bien plus que cela de la RDA. C’est difficile à expliquer, une forme de penser, de ressentir les choses, une certaine solidarité, l’individualisme étant bien plus prégnant en RFA. Le pays était organisé de façon totalement différente. Les gens n’avaient pas peur de perdre leur logement, ni, en général, leur emploi. Mais ils savaient qu’ils ne pouvaient pas exprimer librement leur opinion en public, qu’ils ne pouvaient voyager que dans un petit nombre de pays. Les droits politiques des citoyens étaient limités. Mais pas leurs droits sociaux. Et beaucoup de gens ont cru qu’avec l’unification ils allaient maintenant bénéficier de leurs droits politiques tout en conservant leurs droits sociaux. Il existait en outre un endroit où il y avait davantage de liberté d’opinion qu’à l’Ouest. C’était dans l’entreprise. Là les gens pouvaient dire « ce chef-là est un idiot complet » et cela n’avait aucune conséquence. Ils ne peuvent plus se le permettre aujourd’hui.

Vous avez parlé d’Anschluss à l’époque…

Gregor Gysi. Oui et c’était exact. On a voulu que l’Est soit comme l’Ouest. Résultat : les Bavarois ou les citoyens du Schleswig-Holstein n’ont pas pu faire l’expérience d’une unification améliorant leur qualité de vie. Si l’on avait dit jadis : nous introduisons les polycliniques dans toute l’Allemagne, si l’on avait décrété que le système de crèches était une bonne chose, si l’on avait introduit des apports de ce type, issus des structures propres à la RDA, alors les gens de la République fédérale auraient fait une expérience toute différente de l’unité allemande. Ironie du sort : la Finlande s’est entre-temps très largement inspirée du système scolaire de la RDA et c’est maintenant ce « modèle finlandais » que l’on invoque ici pour… soigner notre système éducatif en crise. Aucun apport est-allemand n’a été autorisé. Aucun. Le point de vue des Allemands de l’Ouest sur l’Est s’est formé en conséquence. Au départ, ils ont trinqué, bu quelques verres de mousseux. Puis l’opération leur est apparue très coûteuse. Et c’est ainsi que les Allemands de l’Est sont devenus, à leurs yeux, des râleurs qui en veulent toujours plus et votent si bizarrement… Le point de vue des Allemands de l’Est est à l’opposé. Ils se sont sentis comme des citoyens de seconde classe, privés d’un seul coup de toute protection. D’où une évolution séparée, toujours perceptible aujourd’hui.

L’ordre des vainqueurs, celui de la société capitaliste n’est-il pas à son tour ébranlé, et n’est-ce pas désormais le dépassement de cet ordre-là qui vient à l’ordre du jour  ?

Gregor Gysi. J’ai dit en 1990 le socialisme d’État a échoué mais le capitalisme n’a pas gagné. Il est simplement resté tout seul. Aujourd’hui, il traverse effectivement une crise grave. Pour autant le moment ne me paraît pas mûr pour un dépassement. Il nous faut réfléchir à la forme que doit revêtir une société socialiste démocratique. Le problème des vainqueurs, c’est qu’ils se doivent ici toujours de vaincre complètement. C’est la raison pour laquelle ils n’ont repris aucune structure de l’Est – ce qui a les conséquences terribles que je viens d’évoquer. J’en tire la conclusion que lorsque l’on gagne, il ne faut jamais l’emporter totalement. Il faut à chaque fois réfléchir comment donner une chance à celui qui a perdu.

Pourquoi avez-vous désigné le succès de la fusion des gauches de l’Est et de l’Ouest comme une vraie contribution à l’unification ?

Gregor Gysi. Non j’ai simplement dit que le seul parti qui avait réussi une véritable union Est-Ouest était le nôtre. Les autres formations issues de la RDA n’ont fait qu’intégrer les partis de l’Ouest. Notre manière de faire s’est avérée beaucoup plus complexe mais aussi beaucoup plus juste. Mais votre question est néanmoins juste : notre parti est aussi devenu une force de promotion de l’unité allemande.

Die Linke n’a toujours pas de programme, plus de deux ans après sa fondation. Le processus de formation du parti est-il vraiment achevé ?

Gregor Gysi. La formation du parti est terminée. Le processus d’unification Est-Ouest a vraiment démarré, à mes yeux, dans un sens émotionnel et sur le plan du contenu lors du dernier congrès du parti en juin. Je conteste que nous n’ayons pas de programme. Nous avons des points saillants programmatiques qui ont été adoptés par les deux partis quand ils ont fusionné. Cela étant, nous avons certainement besoin maintenant d’un nouveau programme. Faut-il fixer un délai pour son adoption  ? Dans mon parti, on aime bien se fixer des délais, ce que je ne trouve pas toujours heureux parce que l’on ne se donne pas forcément tout le temps dont on aurait besoin. En fait, la question est la suivante : sachant que nous sommes un parti pluraliste, il nous faut formuler des compromis qui puissent être portés par 99 % des militants. Je pense que nous y parviendrons et que nous aurons ce nouveau programme.

Dans ce débat qui s’est déjà instauré, quelle est votre opinion sur ce que doit devenir Die Linke. Un vrai parti social-démocrate qui ne piétine pas ses valeurs de gauche comme le fait aujourd’hui le SPD, un parti socialiste, néocommuniste ?

Gregor Gysi. Je veux que nous devenions un parti socialiste. Un parti néocommuniste serait à mon avis une erreur. Et se transformer en véritable social-démocratie serait tout aussi erroné. Nous avons une social-démocratie qui a été « dé-social-démocratisée. » Si elle se « re-social-démocratise », elle peut jouer un rôle important. Mais les différences demeurent. Même un SPD re-social-démocratisé ne veut pas autre chose qu’un capitalisme plus social. Moi, mon objectif reste un socialisme démocratique. De plus, même un SPD re-social-démocratisé courrait toujours le danger de glisser à nouveau à droite. C’est pourquoi nous avons besoin d’un correctif de gauche. Ce que nous sommes.

Comment voulez-vous résister à une nouvelle fuite en avant néolibérale telle qu’elle 
se dessine avec le gouvernement Merkel 2 ?

Gregor Gysi. Nous allons bien sûr nous battre. Mais la réponse décisive à cette probable fuite en avant viendra de la société. Le rôle des syndicats, de l’association Attac, de l’église évangélique, de beaucoup d’autres organisations de la société civile sera déterminant. Notre rôle sera de susciter, d’amplifier cette résistance. Si le démontage social se poursuit, s’aggrave, il importe de se mobiliser contre lui de telle manière que le gouvernement n’ose pas s’aventurer sur ce terrain.

Après votre succès lors du dernier scrutin du Bundestag, le tabou d’une coalition SPD-Verts-Die Linke vous paraît-il pouvoir être prochainement levé ?

Gregor Gysi. Cela devient plus envisageable mais c’est encore loin d’être une perspective réelle. Le SPD n’a toujours pas trouvé de réponse à cette question. Les Verts louchent de plus en plus fort en direction de la CDU. Ils ambitionnent de devenir une sorte de FDP bis, qui une fois passe accord avec le SPD, une autre avec la CDU. Les choses peuvent encore évoluer dans la bonne direction. Mais pour l’heure je me garde de tout pronostic.

Sous quelles conditions une telle alliance gouvernementale serait acceptable pour vous ?

Gregor Gysi. Sans un accord sur un retrait des troupes allemandes d’Afghanistan, ce serait impossible. Même chose si Harz IV n’est pas surmontée, si la réforme du système de santé demeure en l’état. Ou si l’on refuse de programmer un rattrapage des pensions et des salaires de l’Est pour les mettre au même niveau que ceux de l’Ouest. Ou bien encore si la mise en place d’un salaire minimum sur tout le territoire n’est pas programmée. On peut négocier dans un contrat de coalition gouvernementale sur les délais de mise en place de tel ou tel changement mais du point de vue du contenu tout doit être toujours totalement clair. Et si nous n’arrivons pas à nous faire entendre sur les conditions évoquées, il vaut mieux laisser cela. On ne doit pas renoncer à ses principes pour participer à tout prix à une coalition gouvernementale.

Entretien réalisé par Bruno Odent

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Nov 2009 à 17:19

« Un débat nouveau pour les femmes de l’Est »

La sociologue Uta Schlegel étudie depuis vingt ans la situation des femmes des deux côtés de l’Allemagne. État des lieux entre féminisme « paternaliste » et « politique ».

Qu’il s’agisse de l’interruption volontaire de grossesse, des infrastructures pour les enfants en bas âge ou des conditions de passage des études au marché du travail, les femmes de l’Est ont vu, ces vingt dernières années, se dégrader ce qui leur permettait de concilier activité professionnelle et éducation des enfants. La naissance du premier enfant intervient bien plus tardivement dans les biographies féminines, s’alignant sur les standards de l’Allemagne de l’Ouest. Les femmes hautement qualifiées renoncent même souvent à avoir des enfants. À l’inverse, on note une autre tendance, celle des mères adolescentes, qui esquivent par une naissance les exigences de résultats des établissements scolaires, des formations professionnelles ou l’insécurité du marché du travail, et qui envisagent de vivre durablement grâce au transfert d’aides financières. Une partie de la pauvreté relativement importante des enfants à l’est de l’Allemagne résulte d’ailleurs de ce manque de perspectives des jeunes de l’Est. Uta Schlegel est spécialisée en sociologie des genres depuis les années 1970, membre de la commission de recherche sur le traitement individuel des transformations sociales et politiques chez les femmes et les jeunes de RDA lors de la réunification (1992-1996), chercheuse à l’université de Halle-­Wittenberg en Saxe. Pour elle, les femmes d’Allemagne de l’Est ont « bizarrement peu » défendu leur condition lors de la réunification. « Il faut dire que les avantages dont elles bénéficiaient du temps de la RDA, elles n’avaient pas eu à se battre pour les obtenir. Elles les avaient reçus comme servis sur un plateau doré par un État paternaliste. De plus, les femmes de l’Est n’avaient pas appris à se solidariser, à imposer ensemble leurs intérêts communs au niveau politique. J’ai souvent constaté leur manque d’expérience avec le mouvement féministe et même un certain scepticisme envers le féminisme en général. Malheureusement, les femmes de l’Est ont toujours moins conscience de leurs désavantages, dus aux structures de la société, que celles de l’Ouest. »

Après l’euphorie des débuts de la réunification, il y a eu des désillusions des deux côtés. Les féministes de l’Ouest imaginaient bénéficier de l’élan des femmes de l’Est, du fait de l’avance de la condition féminine en RDA. Ça ne s’est pas produit. Les femmes de l’Est ne furent pas les actrices mais les objets d’une politique féminine avant-gardiste. Et malgré les avantages historiques tels que le travail, l’instruction et l’autonomie financière des femmes, il ne s’agissait pas d’une politique moderne au sens où on l’entend aujourd’hui. La politique de la RDA suivait toujours un modèle patriarcal. Implicitement, la responsabilité traditionnelle de la femme pour la famille était maintenue, mais les femmes de l’Est ne le voyaient pas d’un œil critique et ne prenaient pas en compte les désavantages structurels plus subtils que ceux qui préoccupaient les femmes de l’Ouest comme la pornographie, la violence contre les femmes, le harcèlement sexuel ou encore la rémunération moindre que les hommes à niveau de qualification égal. Le débat public sur les sexes comme facteurs d’inégalité des droits dans la société était nouveau pour les femmes de l’Est. La nécessité d’une « solidarisation » politique des femmes aussi. Cette différence culturelle entre l’Est et l’Ouest se retrouve dans les statistiques : 57 % des enfants sont nés hors mariage à l’Est, contre 25 % à l’Ouest. Les femmes de l’Est refusent aussi souvent leur pension alimentaire après un divorce, le mariage en RDA n’ayant rien d’une institution économique comme en RFA. D’ailleurs, les femmes de l’Est ne se définissent pas à travers le travail ou le statut social de leur conjoint, mais à travers leurs propres résultats professionnels. Enfin, les retraitées de l’Est sont en général plus à l’aise que celles de l’Ouest, du fait de leurs années d’exercice professionnel à plein-temps, bien que ceci soit souvent relativisé par les assurances vieillesse privées, les pensions alimentaires ou encore les retraites d’entreprise des femmes de l’Ouest. Aujourd’hui, les différences s’atténuent parmi les jeunes générations, bien qu’il existe toujours une transmission héréditaire sociale importante.

Charlotte Noblet

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Dec 2009 à 17:48

Les années passent, la « chasse aux rouges » continue !

 

Allemagne : démissions d'élus après des révélations sur leur passé "Stasi"

LEMONDE.FR avec AFP | 30.11.09 | 19h06

 

La vice-présidente du Parlement du Brandebourg, région qui entoure Berlin, et une autre élue régionale ont démissionné, lundi 30 novembre, à la suite de révélations sur leur collaboration passée avec la Stasi, la police secrète de la RDA.

La vice-présidente du Landtag, Gerlinde Stobrawa, 60 ans, et la députée régionale Renate Adolph, toutes deux membres du parti de la gauche radicale Die Linke, avaient omis d'évoquer leur passé d'informatrices de la Stasi dans leur biographie, alors qu'elles étaient tenues de le faire.

Depuis les élections à la fin de septembre dans ce Land, Die Linke (la gauche) cogouverne avec les sociaux-démocrates (SPD), et la polémique va croissant en Allemagne sur le fait qu'un certain nombre d'élus de Die Linke aient renseigné la Stasi sous le régime communiste de RDA.

Mme Stobrawa, qui a été démasquée comme ayant été l'informatrice "IM Marisa", aurait épié des collègues à partir de 1987, selon la presse allemande. Elle a toujours nié, mais a fini par démissionner pour ne pas nuire à la fonction qu'elle assumait, a indiqué la porte-parole du groupe parlementaire Die Linke.

Quant à Renate Adolph, elle a expliqué lundi avoir travaillé sous la RDA pour les services d'espionnage est-allemands et n'avoir pas eu la force de le déclarer à son parti. Elle démissionne pour ne pas porter préjudice à son parti et à la coalition avec le SPD, a-t-elle ajouté. Un autre élu "démasqué", Gerd-Rüdiger Hoffmann, alias "IM Schwalbe", a refusé de démissionner

Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/11/30/allemagne-demissions-d-elus-apres-des-revelations-sur-leur-passe-stasi_1274312_3214.html

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Jan 2010 à 15:05

Crise à Die Linke : Gysi monte en ligne pour surmonter les divisions

En dépit de son récent succès électoral le parti est miné par des déchirements internes et une guerre de succession déclenchée par l’éventuel départ d’Oskar Lafontaine, malade.

Gregor Gysi est intervenu solennellement, au début de la semaine, pour tenter de reprendre la main et de surmonter les déchirements qui minent Die Linke jusque dans sa direction depuis plusieurs semaines. À l’origine, le débat sur les choix stratégiques du parti. Mis en veilleuse durant la campagne de l’élection au Bundestag, ils ont resurgi au lendemain du scrutin en dépit du succès enregistré par la formation (près de 12 % des suffrages).

Les controverses se polarisent entre une ligne « réformiste », favorable à une alliance coûte que coûte avec le SPD, plutôt représentée à l’Est (donc dans l’ancien PDS), et une orientation plus radicale, plaçant un éventuel accord de gouvernement avec le SPD sous condition de contenus. Une tendance plutôt représentée à l’Ouest (donc dans l’ancienne Wasg). Le refoulement du débat sur un véritable programme, dont le parti n’a pas réussi à se doter, nourrit bien entendu ces dissensions. Mais c’est la course à une éventuelle succession d’Oskar Lafontaine, malade – il vient d’être opéré avec succès d’un cancer –, qui envenime aujourd’hui la crise.

Au cœur de la polémique, les ambitions de Dietmar Bartsch (secrétaire exécutif de Die Linke), présenté comme l’un des chefs de file de l’option « réformiste ». Il a fait savoir publiquement que Lafontaine allait se « retirer » peu à peu des responsabilités et abandonner donc la coprésidence du parti, tout en ne faisant pas mystère d’être lui-même intéressé par le poste laissé vaquant.

Le dirigeant sarrois faisant figure de partisan d’une « ligne dure à l’égard du SPD », l’intervention a relancé comme jamais la controverse interne. Deux fédérations de Die Linke ont adressé une lettre à la direction, dénonçant un « procédé déloyal ». C’est à cela que Gregor Gysi a tenté de mettre un terme. Désavouant ouvertement Bartsch, réaffirmant son soutien à Lafontaine, dont il souhaite « ardemment la guérison et le retour », il en a appelé à la responsabilité de chacun. « Je ne veux ni une victoire du PDS sur la Wasg ni l’inverse. Je veux quelque chose de nouveau », a-t-il lancé, pointant l’enjeu clé du congrès de Die Linke, à Rostock, en mai.

Bruno Odent

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Jan 2010 à 15:06

Lafontaine, malade, renonce à ses mandats nationaux

Le coprésident de Die Linke, atteint d’un cancer, a fait part de sa décision samedi. Il entend se consacrer uniquement à son activité dans son Land natal de la Sarre.

« L e cancer est un coup de semonce que je ne peux ignorer », a déclaré samedi dernier Oskar Lafontaine. Il a indiqué que le traitement contre la maladie serait trop éprouvant pour qu’il puisse continuer à jouer le rôle politique qui était le sien au plan national. Il a donc annoncé qu’il ne briguerait pas au congrès de Die Linke en mai de nouveau mandat à la tête du parti dont il est toujours le coprésident aux côtés de Lothar Bisky. Et il va renoncer également à son mandat de député au Bundestag. Il restera néanmoins chef de file de Die Linke dans la Sarre, son Land natal.

Ce sont « uniquement des raisons de santé » qui motivent sa décision et non les divisions qui se sont amplifiées ces dernières semaines au sein du parti (lire notre édition du 15 janvier), a-t-il tenu à préciser. Âgé aujourd’hui de soixante-six ans, Lafontaine fut jusqu’en 1999 – avant de rompre avec Gerhard Schröder – président du Parti social-démocrate (SPD) et ministre des Finances de la coalition SPD-Verts. La participation de l’Allemagne à la guerre de l’Otan sur l’ex-Yougoslavie et l’inflexion sociale-libérale de la politique de l’ancien chancelier ont été à l’origine de ce divorce.

Resté en retrait de la vie politique pendant plusieurs années, il a repris du service en 2005 pour impulser la création du parti de gauche, résultat de la fusion de l’ancien PDS (Parti du socialisme démocratique), héritier du SED de l’ex-RDA, principalement implanté à l’est, et de la WASG (Alternative électorale), formé surtout de syndicalistes de l’ouest du pays, transfuges du SPD. Il n’est pas certain que son retrait apaise véritablement la crise profonde qui affecte le parti, tiraillé entre partisans d’un rapprochement rapide avec le SPD et ceux qui, sans exclure une coalition avec la social-démocratie, restent convaincus qu’une ligne plus « radicale » s’impose.

Bruno Odent http://www.humanite.fr/article2759564,2759564

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Feb 2010 à 20:16
 
(source EFE 04/02/2010)

4 février (EFE) .- Le bâtiment abritant les bureaux de la Confédération Patronale de Berlin fut aujourd’hui la cible d’une attaque incendiaire qui n’a fait aucune victime, et semblable à celle perpétré hier contre une fondation politique.

Selon la police, des inconnus, probablement de la gauche radicale, ont lancés plusieurs bonbonnes de gaz contre le bâtiment et laissé des graffitis politiques sur la façade.

L’incendie a été maîtrisé rapidement, ce qui a évité d’autres dommages.

Depuis plusieurs mois, les attaques de ce type se sont succédé à Berlin, comme celui d’hier contre la Fondation Science et Politique, un de ces instituts d’études politiques, qui conseille le gouvernement.

Les Pompiers se sont précipités pour éteindre l’incendie trouvant des restes de cartouches de gaz qui ont causées des dommages mineurs sur la façade.

Lors de l’autre attaque, qui a eu lieu également hier (03/02/10), des inconnus ont jeté des sacs de peinture contre un immeuble de bureaux qui abrite, entre autres, une entreprise de sécurité.

Selon un porte-parole, un groupe de gauche a revendiqué l’attaque, dirigée contre une entreprise qui participe au Congrès Européen de Police qui se tient actuellement à Berlin.

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Feb 2010 à 18:09

Die Linke : deux nouvelles têtes pour surmonter la crise

Gesine Lötzsch et Klaus Ernst ont été désignés à la coprésidence du parti pour remplacer Lothar Bisky et Oskar Lafontaine sur le départ, et réduire les dissensions internes.

Die Linke, décapitée, de fait, après l’annonce du départ de ses deux coprésidents — Oskar Lafontaine, frappé par un cancer, et Lothar Bisky (soixante-huit ans), désireux de se retirer après le congrès de Rostock en mai prochain — a décidé dans l’urgence de se doter d’une nouvelle double figure de proue. Gesine Lötzsch, députée de la « première heure » du PDS et Klaus Ernst, syndicaliste d’IG Metall, ex-dirigeant de la WASG (Alternative électorale), viennent ainsi d’être désignés comme la future nouvelle direction bicéphale.

Cet exercice, déjà délicat en soi puisqu’il s’agit de prendre le relais de deux figures historiques et très populaires du parti, s’est compliqué singulièrement en se conjuguant avec des affrontements internes de plus en plus aigus dans la dernière période. Ces derniers portent sur l’identité même du parti. Deux grands courants rassemblant des sensibilités multiples s’affrontent. Le premier, présenté comme « pragmatique », plutôt implanté à l’Est et dans l’ex-PDS, souhaite un rapprochement rapide avec le SPD dans la perspective des élections de 2013, tandis que l’autre, qui revendique une ligne plus « radicale », est plutôt implanté à l’Ouest et dans l’ex-WASG (Alternative électorale). Ces dissensions ont été exacerbées quand Dietmar Bartsch, ex-secrétaire exécutif du parti, qui fait figure de chef de file du courant « pragmatique », a manifesté ouvertement son ambition de devenir le nouveau leader de la formation, en anticipant même l’annonce du retrait d’Oskar Lafontaine. Face aux discussions incendiaires que l’initiative a soulevées, Gregor Gysi (chef du groupe parlementaire de Die Linke) a dû monter au créneau, désavouant Bartsch (voir l’Humanité du 15 janvier).

Pour combler le vide de la direction et ramener la confrontation « pluraliste » sur un terrain « constructif », il a réuni le parlement de Die Linke et présenté, à la suite d’une longue nuit de négociations, un nouveau staff dirigeant avec donc à sa tête Lötzsch et Ernst. Il reste à la double figure de proue désignée à se faire mieux connaître du grand public et à convaincre les militants de sa capacité à organiser la discussion pour se doter « enfin d’un programme » (Lötzsch) en surmontant les divisions dans lesquelles le parti se débat depuis plusieurs semaines.

Bruno Odent

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La ville de Dresde met une marche des néo-nazis en échec
 

De Andrea HENTSCHEL (AFP) 13/02/2010

DRESDE — Des milliers de manifestants ont empêché samedi, pour la première fois, la marche traditionnelle des néo-nazis allemands à Dresde qui marque l'anniversaire du bombardement de la ville par les alliés en 1945.

Plus de 15.000 manifestants ont répondu à l'appel du maire de cette ville de l'est de l'Allemagne et d'organisations antifascistes pour répondre à la "marche funèbre" annuelle des néo-nazis. "Nous avons réussi pour la première fois à empêcher la plus grande marche de neo-nazis d'Europe", s'est réjouie un porte-parole du mouvement "Dresde sans nazis", Lena Roth.

L'anniversaire de ce terrible bombardement aux bombes incendiaires, qui détruisit en deux jours une grande partie de Dresde faisant quelque 25.000 morts, est célébré tous les ans par les groupes néo-nazis qui défilent dans la "Florence de l'Elbe".

Mais cette année, les 5.000 militants d'extrême droite réunis dans la capitale de la Saxe n'ont pas pu effectuer leur marche en raison de la forte mobilisation des contre-manifestants, qui ont bloqué rues, carrefours et voies ferrées. Des heurts ont cependant opposé les deux camps, faisant plusieurs blessés.

Les militants néonazis ont commencé à se disperser en fin d'après-midi, sans avoir pu défiler, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la police. Ils ont donc dû rester tout l'après-midi à tenir des discours sur leur lieu de rassemblement, devant la gare Neustadt d'où les juifs de la ville étaient déportés par les nazis.

Plus de 10.000 personnes ont participé toute la journée à des actions de blocage, selon Stefan Thiele, porte-parole de l'organisation antifasciste "Dresde sans nazis", qui regroupe des personnalités des milieux politique, artistique et syndicaliste.

Au moins 6.500 extrémistes de droite étaient attendus à cette manifestation, selon les estimations de la police locale, qui a déployé toute la journée un important dispositif pour éviter les heurts entre manifestants des deux camps.

Par ailleurs, en début d'après-midi, des contre-manifestants avaient formé une "chaîne humaine" de plus de 15.000 personnes, à l'initiative du maire Helma Orosz ainsi que de représentants de l'Eglise et de syndicats.

Cette action "symbolique" visait à commémorer le 65e anniversaire du bombardement de la ville, les 13 et 14 février 1945, tout en défendant l'image d'une "ville ouverte au monde, opposée à la violence et à la xénophobie", selon la mairie.

Pour appuyer cette action, les cloches de toutes les église du centre-ville ont retenti pendant dix minutes lorsque la chaîne s'est formée.

Mme Orosz a salué le succès "écrasant" de cette initiative, à laquelle ont participé notamment le ministre-président de la Saxe, Stanislaw Tillich, ainsi que nombreux députés et représentants de l'Eglise.

Vers 19H15 (18H15 GMT), "vingt-cinq à trente personnes" des deux camps avaient été interpellés à la suite d'incidents au cours desquels quelques personnes ont été blessées, selon la police.

Selon l'organisation "Dresde sans nazis", un centre culturel alternatif a notamment été attaqué par 500 néonazis, faisant plusieurs blessés, dont un grave. La police a confirmé l'incident mais n'a cité pour sa part qu'un blessé.

En février 2009, près de 6.000 néonazis et autant de contre-manifestants avaient défilé à Dresde

La Saxe, l'Etat régional de Dresde, est celui d'Allemagne où le parti néonazi NPD est le mieux implanté avec huit députés au Parlement régional.



Edité par T 34 - 14 Feb 2010 à 17:06
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Feb 2010 à 18:09
 
(source : http://unaikistan.blogspot.com/ 14/02/2010, traduction Futur Rouge)
 
Une victoire pour le mouvement antifasciste. Mission accomplie, No Pasaran ils ne passeront pas et ils ne sont pas passé.La manifestation nazie de 5000 nazis à Dresde n’a pas pu se réaliser. La grande organisation des antifascistes et les 10.000 manifestants ont bloqué leur passage, les routes, les gares, rues, etc. Ils ne passeront pas!

Certains sont venus à pied du quartier alternatif de « Dresde Neustadt», où il ya eu de nombreux combats entre les nazis et les antifascistes. Les nazis ont attaqué un centre social squatté (AZ Conni), 300 nazis et antifascistes ont combattus dans les rues près du centre squattées.

De nombreux bus ont été attaqués de toutes parts. Avec beaucoup de blessés de tous les côtés. Le combat a commencé après dans les rues et sur les autoroutes et les routes. Étant donné que les autobus nazis allaient dans la même direction que les bus de gauche.

Un contingent de 5.700 policiers mobilisés pour tenter que les nazis réalisent leur marche, comme on le voit tentative infructueuse. La police a arrêté au moins 31 personnes, principalement, pour la cause prétendue de la destruction de 12 autobus et de huit autres véhicules

No Pasarán!!! Dresden 2010
 
Dresden 13/02/2010
 
Dresden Calling 2010
 
Comment faire pour bloquer la vermine
 


Edité par T 34 - 15 Feb 2010 à 18:16
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Apr 2010 à 19:24

Le combat de l’homme blanc au masque noir

Vingt-quatre ans après la publication de livre enquête Tête de Turc (titre allemand  : Ganz unten (« Tout en bas »), le journaliste allemand a repris son masque pour mieux comprendre le regard de la société sur les travailleurs immigrés. Rencontre avec 
Günter Wallraff, 
à Jena (Allemagne).

Votre dernier livre rassemble huit enquêtes. Quel reportage s’avère pour l’instant le plus dérangeant  ?

Günter Wallraff.

L’enquête sur la société de chemin de fer allemande, la Deutsche Bahn (DB), suscite beaucoup de remous depuis la sortie 
du livre en Allemagne fin 2009. 
J’y reproche à Mehdorn, alors chef de la DB, de recourir à des méthodes criminelles pour mener la privatisation de l’entreprise. Un système d’espionnage par ordinateur était installé dans plusieurs services, des agences étaient chargées de filer certains employés, quant aux salariés haut placés et peu enclins à 
la privatisation, la direction les mettait au placard sans parfois hésiter à les compromettre en copiant des contenus nazis, voire pornos, sur leurs ordinateurs. L’enquête dérange car elle repose sur les dires d’informateurs internes mais surtout car la politique de Mehdorn a nui 
au plus grand nombre, contribuables, usagers comme employés de la DB.

Pouvez-vous déjà observer des changements en réaction à votre publication  ?

Günter Wallraff.

Des centres d’hébergement dans lesquels j’ai dormi pendant mes deux mois passés à trembler de froid dans la peau d’un SDF vont connaître des améliorations. À Hanovre, le bunker dans lequel les normes d’hygiène et de sécurité étaient désastreuses va finalement fermer ses portes. De nouveaux logements vont le remplacer, qui respecteront les standards de dignité humaine. Idem à Francfort  : la cité de conteneurs pouvant parquer jusqu’à 200 personnes devrait être démontée dans les prochains mois.

Il y a aussi du changement dans l’usine de fabrication des petits pains distribués par Lidl, où j’ai travaillé comme ouvrier pendant un mois  : les salaires ont augmenté de 24 %, les caméras de surveillance illégales ont disparu et un comité d’entreprise digne de ce nom a vu le jour. Les premiers signes de régression se font malheureusement déjà sentir  : la direction fait tout pour diviser le personnel. Des intérimaires ont été embauchés et ce n’est pas comme en France où ils touchent une prime de fin de contrat, en Allemagne, ils touchent moitié moins que les autres  !

Vous endossez différents masques pour mieux démasquer les travers de la société. Est-ce qu’il y a des rôles plus difficiles que d’autres  ?

Günter Wallraff.

Au niveau physique, je n’aurais pas tenu plus d’un mois dans l’usine de petits pains. Mais les rôles les plus difficiles furent celui d’agent de call centers et surtout celui de journaliste pour le tabloïd allemand Bild (2). Il s’agit de tromper bassement les gens, voire de les manipuler dans le cas de Bild. Je ne me sens pas à l’aise avec ça  ! Dans la rédaction, je devenais complice de leurs cruautés. Un tel rôle devient vite dangereux. C’est un peu comme ces jeux psychologiques où le coupable et la victime sortent de leurs rôles et le deviennent vraiment. Lorsque je prends la peau d’un autre, je garde soigneusement contact avec l’extérieur. C’est indispensable pour garder de la distance avec son rôle. On en a d’ailleurs tous besoin, surtout dans notre société de castes où les semblables restent entre eux.

Vous trouvez à chaque fois une bonne âme pour vous prêter son identité  ?

Günter Wallraff.

J’ai des amis qui me prêtent leur passeport ou des personnes qui viennent à moi  : « Prenez donc mes papiers, je n’en ai pas besoin. » Et surtout, j’ai une maquilleuse qui arrive à faire de moi un jeune quinquagénaire, parfois même un quadragénaire  ! Il ne me reste souvent plus qu’à assurer lorsque je me fais serrer. Ce fut le cas avec la grande compagnie d’assurances Gerling, dont le propriétaire était grand adepte des idées nazies. Ce foutu facho m’avait accusé d’usage abusif de papiers d’identité et comme je ne voulais pas mettre l’ami qui m’avait prêté ses papiers dans le pétrin, j’ai expliqué : « C’était à l’époque de 1968, nous vivions dans une commune où tout était partagé selon le principe “ce qui m’appartient t’appartient” » et, du coup, je n’avais pas fait attention si c’était ses papiers ou les miens. Ça nous a tirés d’affaire.

Ce journalisme d’investigation sous l’identité d’un autre porte un nom, la « méthode Wallraff ». Est-elle maintenant reconnue  ?

Günter Wallraff.

Autrefois, j’étais souvent accusé de tromper les gens, de dévoiler des affaires soutirées à leurs dépens. Depuis, les temps ont changé. On accepte mon travail. Le jugement rendu à propos de mon rôle de journaliste à la rédaction de Bild y est pour beaucoup  : la dérive du journalisme allemand mise en exergue par mon travail undercover se faisait aux dépens de la société. Mon travail sous une identité d’emprunt en devenait donc légitime. Ce fut un vrai point de gagné, même si ça ne relève que du cas par cas.

Comment réagissent les personnes prises en flagrant délit et nommément citées  ?

Günter Wallraff.

Au début, elles contre-attaquaient, en menant des campagnes de diffamation. Bild avait été plus loin  : mes conversations téléphoniques étaient sur écoute et la rédaction avait accès à ce qu’écoutaient les services du renseignement intérieur. Avec les procès, la rédaction fut rappelée à l’ordre, contrairement aux instigateurs du renseignement intérieur.

Mais en général, les personnes dont je dénonce les agissements ont remarqué que de telles réactions ne faisaient que ma publicité. Certaines essayent de calmer le jeu, s’excusent et se montrent prêtes à des améliorations, m’invitant à des vérifications sur place.

Enfin, d’autres personnes rejettent la responsabilité que je leur attribue, comme le gérant de Call On  : « Wall-raff a raison, tout repose sur de la duperie, mais c’est ainsi dans la branche et les autres call centers sont pires. Ce n’est pas au chef d’entreprise d’agir mais au législateur. » Le message a été entendu, de nouvelles lois sont passées.

Les histoires viennent à vous comme si vous étiez le thérapeute des malheureux de ce bas monde.

Günter Wallraff.

C’est vrai que la moitié de mon travail consiste à recueillir les doléances de concitoyens. Et je n’ai pas le bureau d’un député  ! C’est éprouvant, mais je réponds volontiers, ça ne fait que réveiller mon engagement. Lorsque la situation est intenable, je décroche mon téléphone et demande à parler au chef de la boîte en question. Je lui dis que s’il ne rétablit pas la situation illico, je sors une publication. La recette a déjà payé plus d’une fois  !

Même des personnes haut placées se confient à vous, comme cet informateur de la DB…

Günter Wallraff.

C’est un phénomène nouveau. Les dirigeants viennent à moi lorsqu’ils deviennent dirigés. De tels informateurs me facilitent la tâche, j’obtiens assez vite un bon réseau d’informateurs en échange de l’anonymat de mes sources.

La DB est souvent citée en modèle pour privatiser la SNCF…

Günter Wallraff.

Les tentatives de privatisation de Mehdorn n’ont pourtant occasionné que des dégâts  ! Des transports moins sûrs, l’annulation de rames à la suite d’un manque d’entretien du système, etc. Le tout rien que pour soigner le bilan  ! Pour les employés de la DB, la privatisation rime avec une dégradation des conditions de travail et pour les usagers avec une dégradation du service. Les Français devraient plutôt s’inspirer de la Suisse et de sa compagnie de chemin de fer publique  : le réseau suisse est l’un des plus solides et des plus confortables en Europe.

Le régime Hartz IV fait aussi parler le gouvernement…

Günter Wallraff.

Pourtant, cette prétendue prise en charge des chômeurs de longue durée n’a plus rien d’un filet social. C’est plutôt une cage dont il devient difficile de sortir une fois tombé dedans  ! Ce ne sont qu’humiliations pour les personnes concernées et charges pour la société en général.

Beaucoup oublient que le nom « Hartz IV » vient d’un homme des plus pourris qui existe. Peter Hartz a toujours été à la disposition des grandes entreprises. Il leur a offert une mesure portant son nom  ! Quant aux initiateurs sociaux-démocrates de cette mesure, Schröder, Steinmeier et Clement, ils ont vendu l’âme du SPD. Le parti populaire a renié ses racines et même si certains essayent de lui redonner une orientation sociale – comme Hannelore Kraft, la présidente du groupe parlementaire de Rhénanie du Nord-Westphalie à la veille des régionales du 9 mai –, la rupture idéologique est consommée.

Quel regard portez-vous sur l’évolution du monde du travail  ?

Günter Wallraff.

Lorsque j’ai commencé mon travail dans les années 1960, les conditions de travail étaient très difficiles, parfois plus encore qu’aujourd’hui. Mais il y avait toujours l’espoir d’améliorations sociales. De fait, la solidarité entre les travailleurs était forte. Aujourd’hui, les travailleurs sont sous pression, ils ont peur les uns des autres. Les maladies psychiques se sont incroyablement démultipliées, contrairement aux arrêts maladie. Les salariés ont peur de se faire remarquer. Ils atteignent parfois des sommets de souffrance et présentent des syndromes de burn-out, sont victimes de crises de nerfs. Le travail est plus « dense ». La « compression du travail » est un mot de ces dernières années  : plus de productivité avec encore moins de personnel. Saviez-vous qu’à l’heure actuelle, la moitié des emplois créés en Allemagne sont des emplois précaires et à durée déterminée  ?

Les syndicats sont-ils toujours la meilleure organisation pour défendre les travailleurs  ?

Günter Wallraff.

Les syndicats en Allemagne sont certes trop bureaucratisés, mais sans eux, les acquis sociaux auraient certainement complètement disparu  ! Nous devons moderniser les structures en place. Je disais récemment à Frank Bsirske, le président du syndicat des services Verdi, et à Michael Sommer, le président de la Confédération allemande des syndicats (DGB), qu’au fond les mouvements syndicaux en étaient là où ils avaient commencé. Dans certaines entreprises, les collègues doivent s’organiser en secret de peur d’être virés  ! D’où mon idée de « partenariats » entre un personnel bien organisé dans une entreprise où les tarifs de branche sont respectés et d’autres salariés qui ne connaissent pas de telles conditions de travail. Des « partenariats » pourraient aussi avoir lieu dans une même entreprise entre employés permanents et intérimaires. Chacun serait ainsi conscient de ses droits.

De même, je leur ai proposé la mise en place d’un « commando d’intervention mobile » des syndicats, en réponse aux harcèlements visant à dégager les salariés des entreprises, notamment les employés actifs dans les CE et les salariés assez âgés – ou comme ils disent « moindrement productifs » – qui disposent de contrats de travail les rendant non licenciables. Ces personnes ont besoin d’aide. Un « commando d’intervention mobile » serait assez offensif pour être craint des directions.

Que pensez-vous du débat sur l’identité nationale qui a sévi en France  ?

Günter Wallraff.

La France a certaines valeurs comme les droits du citoyen, de la liberté, la révolution et ses luttes sociales. Les travailleurs sont davantage prêts à se battre pour faire valoir leurs droits. Je trouve ça bien de diffuser cette « identité française », cette conscience de classe, notamment auprès des jeunes. Ce serait par exemple inimaginable en Allemagne que le personnel retienne le patron contre son gré. Alors qu’en France, les grévistes ont en général le soutien de la majorité de la population.

Entretien réalisé par Charlotte Noblet

(1) Tête de Turc, La Découverte, Paris, 1986. (2) Le Journaliste indésirable, François Maspero, Paris, 1978.

 

La métamorphose d’un chercheur en humanité

Pas facile d’être fan de foot et Noir ou de vouloir dresser son chien pour se défendre des Skinheads. Dans la peau d’un Allemand noir, Wallraff a mesuré le racisme en Allemagne, des agressions physiques au « je n’ai rien contre mais pas ici ». Endossant le rôle d’un SDF, le journaliste appréhende les centres d’hébergement pour sans-abri et explique les règles de l’administration pour le monde de la rue. À en faire frissonner plus d’un  ! Son rôle d’agent de call centers ne fait sourire qu’un temps quand on apprend le conditionnement des personnes au bout du fil. Un monde sans pitié où il n’y a de place que pour le roi des dupes  ! D’autres reportages reposent sur les dires d’informateurs  : il en va de la privatisation à tout prix de la Deutsche Bahn, de l’esclavage d’apprentis de haute cuisine ou encore de la devise de bien-être, vitrine des cafés Starbucks. Au total, huit enquêtes menées dans les bas-fonds du meilleur des mondes. Un prêche d’une authenticité reluisante, à lire sans perdre espoir  : Günter Wallraff n’a pas encore dit son dernier mot  ! Parmi les perdants du meilleur des mondes, La Découverte, Paris, 323 pages.
 

Au cœur du meilleur des mondes

Günter Wallraff est un journaliste d’investigation allemand résidant à Cologne. Pour mener ses reportages, il n’hésite pas à prendre la peau d’un autre. Ses rôles de travailleur turc et de journaliste à la rédaction de Bild l’ont fait connaître du grand public. Sans relâche, il continue, à soixante-sept ans, de dénoncer les injustices de nos sociétés. Son livre a paru en Allemagne fin 2009 sous le titre Aus der schönen neuen Welt (Éditions Kiepenheuer & Witsch).
 
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Apr 2010 à 17:30

Les "Ossis" ne sont pas une ethnie discriminée

Par Patrick Saint-Paul le 16 avril 2010 10h42 | 4 Commentaires

 

Non, les « Ossis », les ressortisssants d'ex-RDA, ne sont pas une minorité ethnique à part entière et victime de discriminations outre-Rhin. Ainsi vient d'en décider un tribunal de Stuttgart (sud-ouest), saisit par une « Ossie » pour « discrimination » à l’embauche. 

 Originaire de la partie est de Berlin, Gabriela S. avait porté plainte contre la direction d'une entreprise qui lui aurait refusé un poste en raison de ses origines est-allemandes. Elle avait répondu à une annonce pour travailler à la comptabilité d'une entreprise artisanale de Stuttgart. Son dossier de candidature lui est revenu par courrier après le refus de l'entreprise. Gabriela S. remarque alors sur son CV, à côté des informations personnelles, la mention manuscrite «(-) Ossi», le diminutif désignant les habitants de l'ex-Allemagne de l'est. Elle est persuadée que ce critère a motivé le rejet de sa candidature, et porte plainte pour discrimination devant les prud'hommes de Stuttgart.

Selon le droit allemand la discrimination se fonde sur l’appartenance à une communauté ethnique. Le tribunal a considéré que le terme « Ossi » ne saurait être considéré comme discriminatoire, les habitants de l'ex-Allemagne communiste n'appartenant pas à une communauté ethnique propre. Vingt ans après la chute du mur de Berlin, une très large majorité d’Allemands, issus d’ex-RDA, estime pourtant être traitée comme des citoyens de seconde zone et se dit victime de discriminations.

Chez les « Wessis », en Allemagne de l’Ouest, certains préjugés contre les « Ossis » ont la peau dure : « assistés », « paresseux », « dénués de sens de l’humour », « inadaptés à la vie en société ». Ils sont nourris par l’afflux des Allemands de l’Est dans les Länder de l’Ouest, qui offrent de meilleures opportunités d’emplois. Et par « l’Ostalgie », la nostalgie de l’ex-RDA, que continuent de cultiver de nombreux « Ossis » et qui suscite l’incompréhension des « Wessis ».

Je laisse le 1er commentaire :

Il y a ici une discrimination évidente. Cet exemple est typique pour démontrer comment les juristes allemands jouent avec le sens des mots; Ils estiment qu'il n'y a pas discriminations parce qu'un Ossi fait partie de la même ethnie qu'un Wessi.

C'est un peu comme si un employeur marquait "arabe" sur le CV d'un candidat français, issu de l'immigration et que le juge français expliquerait qu'il n'y a eu aucune discrimination, parce que le candidat est de nationalité française.

Source : http://blog.lefigaro.fr/berlin/2010/04/les-ossis-ne-sont-pas-une-ethnie-discriminee.html



Edité par babeuf - 16 Apr 2010 à 17:31
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 May 2010 à 09:49

Deux nouvelles têtes pour Die Linke

Passage 
de témoin 
au congrès de
Die Linke et une nouvelle direction à la tête du parti.Gesine Lötzsch et Klaus Ernst, sont confrontés au double défi de l’unité de celui-ci et de la crise.

Rostock (Allemagne), envoyé spécial. Conforté par le succès enregistré le 9 mai, où il est parvenu à faire son entrée au parlement du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le parti Die linke a réussi à franchir ce week-end, à l’occasion de la première session de son second congrès à Rostock, une épreuve délicate. Il s’agissait de renouveler sa direction après le départ annoncé de Lothar Bisky – qui veut se consacrer pleinement à la présidence du Parti de la gauche européenne – et celui d’Oskar Lafontaine – qui a décidé d’abandonner la scène politique nationale parce qu’il doit se soigner d’un cancer.

les grands choix stratégiques à venir

Et il fallait en même temps que la formation réussisse à surmonter les divisions apparues en son sein sur les grands choix stratégiques à venir, autour notamment des conditions d’une éventuelle participation au gouvernement du pays. Sachant que les discussions entre « radicaux » et « pragmatiques » menaçaient de déboucher sur une situation chaotique.

L’élection de Gesine Lötzsch, députée de Berlin, une femme de l’Est – elle a adhéré au SED de l’ex-RDA en 1985 avant de devenir membre du Parti du socialisme démocratique (PDS) – et de Klaus Ernst, syndicaliste à IG Metall, un homme de l’Ouest – il a créé l’Alternative électorale (Wasg) en 2004 et l’a dirigée jusqu’à 
sa fusion avec le PDS –, illustre la volonté de préserver les équilibres au sein du parti.

Gregor Gysi est le principal artisan du processus engagé hier avec succès. Il s’est énormément investi dans la refonte de la structure de direction. Die Linke, né seulement il y a trois ans de la fusion du PDS et de la Wasg « a besoin, a-t-il insisté devant les délégués, de se donner le temps qu’il lui faut pour achever un processus d’unification » entre l’Est 
et l’Ouest, entre personnes venant d’horizons parfois très éloignés et donc entre des « cultures politiques très différentes ». D’où la nécessité, justifie Gysi, de multiplier les doubles directions et aussi de créer un double poste de responsables chargés spécialement de la « construction en cours du nouveau parti ».

l’autre étape du processus d’unification

Cette première phase du travail destiné à ressouder la formation s’est achevée hier avec l’élection d’une direction sensiblement transformée après un week-end marqué par les démonstrations d’affection à l’égard des 
« partants ». Bisky et Lafontaine ont terminé tous deux leur intervention par un 
« Continuez bien, continuez mieux ! » devant une salle qui les a longuement applaudis debout.

L’autre étape du « processus de consolidation et d’unification » doit maintenant se traduire par l’adoption d’un programme. Comme il était sans cesse remis à plus tard depuis la fondation de Die Linke, il y a trois ans, son absence se faisait ressentir de plus en plus lourdement et a contribué naturellement à exacerber les controverses internes. Une esquisse de ce programme a été adoptée par la direction sortante, il y a quelques semaines. Cette ébauche devrait être discutée sur une période de dix-huit mois. Après le renouvellement des directions hier à Rostock, son adoption définitive sera la tâche essentielle de la seconde session du second congrès du Parti, prévue à l’automne 2011.

Bruno Odent

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 May 2010 à 20:48

Berlin veut imposer une discipline de fer à ses partenaires européens

Faites en parallèle du plan de stabilisation, les propositions allemandes visant à rigidifier le pacte de stabilité doivent être examinées aujourd’hui par les ministres des Finances.

Les ministres des Finances de l’Union européenne (UE) se retrouvent une nouvelle fois aujourd’hui à Bruxelles pour discuter, sous la houlette du président de l’UE, Herman Van Rompuy, des mesures visant à renforcer le pacte de stabilité et à resserrer le contrôle des budgets. Berlin présente le durcissement des normes monétaristes existantes comme la condition sine qua non de la mise en place du Fonds européen de stabilité financière (Fesf) de 750 milliards de dollars adopté par l’UE le 9 mai dernier pour, le cas échéant, voler au secours d’un État membre en grosse difficulté financière.

Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, va proposer aujourd’hui à ses collègues de se doter d’un arsenal de sanctions pour pénaliser lourdement les États membres en cas de manquement à la discipline, et les dissuader ainsi du moindre écart dans leurs dépenses publiques. « Ceux qui violent de manière systématique les règles devraient être automatiquement punis par une réduction, voire une suppression totale des paiements européens », martèle-t-on dans l’entourage du ministre. Schäuble voudrait également que les États qui se montreraient toujours « trop laxistes » soient suspendus pendant au moins un an de leur droit de vote au Conseil européen. Il appelle de ses vœux la création d’une procédure de mise en faillite des États trop endettés. Et s’il n’évoque pas explicitement une expulsion de la zone euro pour les pays concernés, on voit mal comment, dans les conditions ainsi créées, ces derniers pourraient y échapper.

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) a apporté aussi son soutien indirect hier aux mesures de fer réclamées par la chancelière et son équipe. « L’idée que vous pouvez avoir une monnaie commune et que chacun fasse ce qu’il veut est fausse », a déclaré Dominique Strauss-Kahn dans une interview au Frank-furter Allgemeine Zeitung, aspirant à une « gouvernance européenne » fondée sur les principes du pacte de stabilité. Paris, en tout cas, a déjà décidé : il entend se soumettre totalement aux desiderata de Berlin (voir page 2) en allant jusqu’à inscrire l’hyper-rigueur dans sa Constitution.

Bruno Odent

Berlin, pionnier du déficit zéro

L’Allemagne a inscrit, il y a un an, dans sa Constitution la limitation de tout nouvel endettement public à un maximum de 0,35 % du PIB. La modification de la loi fondamentale, entérinée par le Bundestag, a été votée à la majorité des deux tiers (CDU + libéraux + SPD) au Bundesrat, la chambre haute du Parlement. Sauf situation exceptionnelle, l’État fédéral et les Länder n’auront ainsi quasiment plus le droit de souscrire de nouveaux crédits. La mesure doit commencer à s’appliquer à partir de l’année 2016.
 

10

C’est, en milliards d’euros, la baisse des dépenses publiques de l’Allemagne envisagée par Berlin chaque année pendant six ans pour revenir à l’objectif inscrit dans sa Constitution.

« Aujourd’hui, l’Union européenne veut un plan coordonné d’austérité. Si elle continue dans cette voie-là, elle court au désastre. Nous savons, depuis la grande dépression des années 1930, que ce n’est pas ce qu’il faut faire. »

Joseph E. Stiglitz, chercheur associé à l’OFCE, prix Nobel d’économie. Reuters/Pascal Lauener

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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