Forum Unité Communiste Page d'accueil
  Sujets actifs Sujets actifs
  FAQ FAQ  Rechercher dans le Forum   Calendrier   Inscription Inscription  Connexion Connexion
Accueil Forum Accueil Forum > Pour s'informer, notre sélection d'articles > International

Etats-Unis

 Répondre Répondre Page  <1 2526272829 60>
Auteur
Message
  Sujet Recherche Sujet Recherche  Options des sujets Options des sujets
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Feb 2011 à 19:32

Wisconsin : 600 policiers envoyés pour expulser les manifestants de la Capitole, les rejoignent... (en anglais)

 
legrandsoir

Police Union announces solidarity with students, workers, and Wisconsin residents occupying the State Capitol in Madison.

http://voiceshakes.wordpress.com/


 



Edité par T 34 - 01 Mar 2011 à 00:14
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Mar 2011 à 20:08

Le déclin à l’américaine dans un monde nouveau (TomDispatch)

 

Tom ENGELHARDT

Nous vivons une époque sans précédent de mémoire d’homme, et peut-être dans toute l’histoire. Certes, on peut faire des comparaisons avec la vague de soulèvements populaires dans l’Europe de l’est lors de l’effondrement de l’Union Soviétique dans les années 89-91. Pour les plus vieux d’entre nous, l’année 1968 vient à l’esprit, ce jaillissement de masses populaires inspirées les unes par les autres qui ont pris d’assaut les rues aux Etats-Unis, en France, en Allemagne, au Japon, au Mexique, au Brésil et ailleurs, y compris dans Europe de l’est, pour clamer que le changement était en marche.

Pour ceux qui chercheraient dans les livres d’histoire, ils s’intéresseront peut-être à 1848, une époque où se côtoyaient comme aujourd’hui un pessimisme économique et de nouveaux moyens de diffusion de l’information, et où les vents de la liberté ont soufflé brièvement à travers l’Europe. Et, bien sûr, si suffisamment de régimes tombent et les troubles s’approfondissent, on pourra toujours faire référence à 1776, la Révolution américaine, ou 1789, la Révolution française. Tous les deux ont secoué le monde pendant les décennies qui ont suivi.

Mais la vérité est celle-ci : il est difficile de faire entrer le phénomène du Moyen-orient dans un paradigme connu alors que - du Wisconsin à la Chine - le phénomène menace de déborder du monde arabe et de se répandre à travers la planète. Jamais autant de dirigeants méprisables ne se sont sentis aussi nerveux – ou tout simplement impuissants (malgré toutes leurs armes) - devant une foule désarmée. Et rien que pour ça, il y a matière à se réjouir et de l’espoir.

Sans comprendre la nature du phénomène, nous voyons un nombre époustouflant de gens, dont de nombreux jeunes et mécontents, sortir dans les rues du Maroc, de la Mauritanie, de Djibouti, d’Oman, d’Algérie, de Jordanie, d’Irak, d’Iran, du Soudan, du Yémen, et de la Libye, sans mentionner le Barhein, la Tunisie et l’Egypte, et qui représentent une source d’inspiration. Les voir affronter des forces de sécurité armées de matraques, de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc, et dans de trop nombreux cas de balles réelles (en Libye, même des avions et des hélicoptères) et réussir néanmoins à renforcer leur mouvement est une chose incroyable. Voir des Arabes exiger quelque chose dont nous pensions être les héritiers et en avoir l’exclusivité ici en Occident, et aux Etats-Unis en particulier, donnerait des frissons à n’importe qui.

La nature de ce phénomène qui pourrait changer le monde est encore inconnue et, à ce stade, probablement impossible à connaître. La liberté et la démocratie éclateront-elles partout ? Si oui, qu’en serait la signification ? Si non, à quoi assistons-nous exactement ? Quel interrupteur mystérieux a soudainement illuminé des millions d’esprits alimentés par Twitter et Facebook – et pourquoi maintenant ? Je doute que ceux qui protestent, et parfois meurent, le sachent eux-mêmes. Et ça, c’est une bonne nouvelle. Que l’avenir demeure indécis – comme toujours – est une source d’espoir ne serait-ce que parce que les élites tentent toujours de le contrôler mais n’y arrivent jamais.

On s’attendrait néanmoins à ce que l’élite dirigeante, devant de tels événements, remette en question ses analyses, comme nous devrions tous le faire. Après tout, si l’humanité est capable de se lever de la sorte face à des forces armées, d’un état à l’autre, alors tout devient possible sur cette planète.

A voir ces scènes se répéter, qui ne serait pas tenté de remettre en cause ses certitudes ? Qui ne ressentirait pas le besoin de ré-analyser le monde ?

La vie dans une chambre acoustique

Une bonne partie des prévisions de Washington de ces dernières années se sont révélées risibles, avant même d’être balayées par les événements en cours. Choisissez n’importe quelle phrase des années Bush. Que penser de « Vous êtes avec nous ou contre nous » ? Il est frappant de voir à quel point ces phrases sonnent creux aujourd’hui. A revoir les hypothèses désespérément erronées de Washington sur la marche du monde, le moment est peut-être venu de faire preuve d’un minimum de modestie devant des événements que personne n’avait prédits.

Ce serait le bon moment pour Washington - qui depuis le 11 septembre 2001 s’est montré incapable de comprendre l’évolution réelle du monde et s’est entêté à se méprendre sur la nature du pouvoir global - de faire une pause et de réfléchir un peu.

Il se trouve que ça n’a pas l’air d’être le cas. En fait, il se peut tout simplement que Washington en soit incapable, malgré ses milliards de dollars dépensés en « renseignements ». Et par « Washington », je n’entends pas uniquement l’administration d’Obama, ou le Pentagone, ou nos commandants militaires, ou la vaste bureaucratie du renseignement, j’entends aussi tous ces experts et membres des groupes de réflexion qui pullulent dans la capitale ainsi que tous les médias qui nous rapportent leurs faits et gestes. C’est comme si tout l’éventail de personnages qui composent « Washington » vivaient dans une sorte de chambre acoustique, isolés de l’extérieur, où ils n’entendraient plus qu’eux-mêmes.

Il en résulte que Washington semble déterminé à entonner ses refrains habituels alors même que la musique a évolué à grande vitesse pour entrer dans les livres d’histoire. Beaucoup ont remarqué les efforts malheureux de l’administration Obama qui tente de ne pas se laisser dépasser par les événements au Moyen orient, tout en se raccrochant à l’habituelle coterie sordide d’autocrates et de cheikhs du pétrole. Permettez-moi d’illustrer mon propos par un exemple pris dans une autre région, la guerre largement oubliée en Afghanistan. Après tout, alors qu’on la remarque à peine, noyée qu’elle est sous les informations diffusées 24/24h en provenance d’Egypte, de Barhein, de Libye et d’ailleurs, la guerre là-bas se poursuit sans dévier de son chemin meurtrier et ruineux.

Cinq manières d’être sourdingue à Washington

Alors que de vastes zones du Moyen orient sont en feu, on pourrait penser que quelqu’un à Washington se serait avisé qu’il fallait peut-être repenser la guerre afghano-Pakistanaise et se demander si c’était encore une bonne idée. Mais ce n’est pas le cas, comme le montrent les cinq exemples qui suivent et qui ont attiré mon attention. Considérez-les comme autant de preuves du confort que l’on peut ressentir dans la chambre acoustique américaine et de l’incapacité de Washington à remettre en cause sa guerre la plus longue, la plus futile, et la plus étrange.

1. Commençons par un éditorial récent du New York Times, “The ‘Long War’ May Be Getting Shorter.” (« la longue guerre pourrait durer moins longtemps »). Publié mardi dernier alors que la Libye «  traversait les portes de l’enfer », il s’agissait d’un compte-rendu enthousiaste sur la stratégie de contre-insurrection du Général Petraeus dans le sud de l’Afghanistan. Les auteurs, Nathaniel Fick et John Nagl, sont membres de d’une intelligentsia de plus en plus militarisée et ils dirigent le Center for a New American Security à Washington. Nagl faisait partie de l’équipe qui a rédigé en 2006 la version révisée du manuel de contre-insurrection de l’armée que l’on attribue à Petraeus et fut conseiller du général en Irak. Fick, un ancien officier de Marine qui a dirigé des troupes en Afghanistan et en Irak et fut ensuite conseiller civil auprès de l’académie de contre-insurrection afghane à Kaboul, s’est récemment rendu an Afghanistan (sans que l’on sache exactement dans quel cadre).

Tous les deux sont des exemples types de ces nombreux experts militaires à Washington qui tendent à développer une relation incestueuse avec l’armée, qui aspirent à devenir des facilitateurs et sont des supporters de nos commandants militaires, et qui pourtant gardent leur crédibilité auprès des médias.

Dans toute autre société, leur article aurait tout simplement été considéré comme de la propagande. Voici un morceau choisi :

« Dans une campagne de contre-insurrection, il est difficile de déterminer à partir de quel moment la situation bascule. Mais il y a de plus en plus d’éléments qui indiquent que tel est bien le cas en Afghanistan et que les choses s’améliorent malgré l’opinion contraire de nombreux analystes. Il semblerait à présent que le pays pourrait connaître un niveau de stabilité et d’autonomie suffisante pour permettre aux Etats-Unis de réduire sans risques ses troupes de 100.000 à 25.000 hommes au cours des quatre prochaines années. »

Il s’agit là d’un exemple typique à Washington de « comment déplacer les poteaux du but ». Ce que ces experts sont réellement en train de nous dire c’est que même si tout va bien en Afghanistan, cette guerre ne prendra pas fin en 2014. Loin de là.

Bien sûr, c’est une position que Petraeus a défendu. D’ici quatre ans, notre nouveau plan de « retrait », selon Nagl et Fick, maintiendra 25.000 hommes sur place. Mais si l’objectif de leur article était de dire la vérité, il aurait été intitulé « la longue guerre devient « encore plus longue » ».

Alors que le Moyen orient explose et que les Etats-Unis s’enfoncent dans un « débat » sur le budget plombé par des guerres incroyablement coûteuses dont on ne voit pas la fin, ces deux experts proposent implicitement au Général Petraeus et à ses successeurs de prolonger une guerre qui nous coûte plus de 100 milliards de dollars par an, comme si le monde n’avait pas changé. Ce qui pourrait passer aujourd’hui pour de l’inadvertance paraîtra sans aucune doute un jour comme un délire, mais c’est avec cette mentalité de « rien à signaler » que Washington affronte le monde nouveau.

2. Examinons aussi deux commentaires étonnants du Général Petraeus qui illustrent ce moment historique. Lors d’une réunion le 19 janvier, selon le journaliste du New York Times Rod Nordland, le général était d’une humeur exubérante, et même triomphante, au sujet de sa guerre. C’était quelques jours avant les premières manifestations en Egypte, et quelques jours seulement après la fuite de l’autocrate tunisien Zine Ben Ali suite à de puissantes manifestations pacifiques. Et voici ce qu’a dit l’exubérant Petraeus à son équipe : « Nous avons planté nos crocs dans la jugulaire de l’ennemi, et nous n’allons pas le lâcher. »

Il est vrai que le général, depuis des mois, non seulement envoyait de nouvelles troupes américaines au sud, mais augmentait aussi les frappes aériennes, les expéditions nocturnes des forces spéciales et d’une manière générale intensifiait la guerre dans les territoires des Talibans. Cependant, même dans le scénario le plus favorable, le tableau qu’il brossait était étrangement optimiste. L’image d’un prédateur plongeant ses crocs dans la gorge d’une proie était à l’évidence celle qu’il voulait transmettre, mais il y avait certainement quelque part dans l’inconscient du militaire l’image plus courante dans la pop-culture américaine – celle du loup-garou ou du vampire. A l’évidence, l’idée que se faisait le général d’un avenir à l’américaine comportait, dans une sorte de version afghane de la Transylvanie, un banquet de sang car, à l’instar de Nagl et Fick, il a clairement prévu de planter ses crocs-là dans cette jugulaire-là pendant encore un bon bout de temps.

Un mois plus tard, le 19 février, alors que les événements se déchaînaient à Bahreïn et en Libye, le général visitait le palais présidentiel afghan à Kaboul et, balayant les affirmations des afghans selon lesquelles les raids aériens américains dans le nord-est du pays tuaient de nombreux civiles, dont des enfants, il a fait un commentaire qui a choqué les aides du président Hamid Karzai. Nous n’avons pas la retranscription de ses propos, mais le Washington Post raconte que, selon des « participants » à la réunion, Petraeus a laissé entendre que « les Afghans pris dans l’attaque de la coalition dans le nord-est du pays auraient brûlé eux-mêmes leurs enfants pour exagérer le nombre de victimes civiles. »

Un Afghan présent à la réunion a réagi : « J’en avais le vertige. Ma tête tournait. C’était choquant. Quel père ferait ça à ses enfants ? C’est absurde. »

Dans la chambre acoustique américaine, les commentaires du général peuvent ainsi paraître sinon raisonnables, du moins enthousiastes : l’ennemi est pris à la gorge ! Nous ne faisons pas de victimes ; ils les font eux-mêmes ! En tout autre lieu, de tels propos paraîtraient comme ceux d’un sourdingue ou tout simplement d’un vampire, ce qui prouve que les résidents de la chambre acoustique sont totalement inconscients de comment ils sont perçus dans un monde en évolution.

3. A présent, traversons la frontière floue entre l’Afghanistan et le Pakistan, encore un autre monde où règne la stupidité américaine. Le 15 février, seulement quatre jours après la destitution de Moubarak, Barack Obama a décidé d’aborder le problème du Pakistan. Raymond Davis, un ancien soldat des forces spéciales US, armé d’un pistolet semi-automatique Glock et seul dans un véhicule en train de rouler dans un quartier pauvre de la deuxième ville du pays, Lahore, a abattu deux Pakistanais qui, selon lui, le menaçaient d’une arme. (Un d’entre eux a reçu des balles dans le dos).

Davis serait sorti du véhicule en tirant avec son arme, puis il a photographié les cadavres et appelé pour obtenir du soutien. Le véhicule est arrivé en fonçant dans un sens interdit, tuant au passage un motard, avant de prendre la fuite. (Plus tard, l’épouse d’une des victimes s’est suicidée en avalant de la mort-aux-rats).

Lorsque la police pakistanaise a arrêté Davis, elle a trouvé dans sa voiture un équipement pour le moins étrange. Personne ne sera étonné d’apprendre que l’incident n’a pas amélioré l’image des Etats-Unis auprès d’une population déjà hostile à ses supposés alliés. En fait, il a déclenché une fureur publique. Les Pakistanais ont réagi à ce qui leur paraissait un acte d’impunité impériale, surtout lorsque le gouvernement US, en affirmant que Davis était « un fonctionnaire technique et administratif » rattaché à son consulat à Lahore, a demandé sa libération pour cause d’immunité diplomatique et a commencé à faire pression sur un gouvernement déjà affaibli et impopulaire.

Le Sénateur John Kerry s’est rendu sur place, des appels téléphoniques ont été passés, des menaces de couper les aides financières ont été formulées dans les couloirs du Congrès. Malgré les événements en cours ailleurs et dans un Pakistan agité, les officiels américains n’arrivaient pas à imaginer que les Pakistanais refusent de céder.

Le 15 février, alors que le Moyen orient était la proie des flammes, le Président Obama est intervenu personnellement, ce qui à l’évidence n’a fait qu’envenimer les choses. « En ce qui concerne M. Davis, notre diplomate au Pakistan,  » a-t-il dit, « nous avons un principe très simple selon lequel tout pays qui adhère à la Convention de Vienne sur les Relations Diplomatiques et l’a respecté dans le passé et la respectera dans l’avenir, si un de nos diplomates se trouve à l’étranger, alors il ne peut faire l’objet de poursuites par la justice locale. »

Les Pakistanais ont refusé de céder devant ce « principe très simple » et peu après, « notre diplomate au Pakistan » fut identifié par le journal britannique The Guardian comme un ancien employé de Blackwater et employé de la CIA. Selon le journal, il était impliqué dans la guerre secrète de l’agence au Pakistan. La guerre, particulièrement les attaques « secrètes » par drones, tant vantées et si coûteuses, dans les zones frontalières tribales du Pakistan et dont les résultats sont largement exagérés par Washington, continuent de provoquer une réaction de rejet que les Américains préfèrent ignorer.

Bien sûr, le président savait que Davis était un agent de la CIA, même lorsqu’il l’a appelé « notre diplomate ». Il se trouve que le New York Times et d’autres journaux US le savaient aussi, mais se sont abstenus de le mentionner à la demande de l’administration Obama, même lorsqu’ils publiaient quelques informations (rares, sinon carrément fausses) sur cette affaire.

Etant donné les événements en cours dans la région, ceci n’est ni une politique sérieuse ni du journalisme sérieux. (…)

4. Entre-temps, le 18 février en Afghanistan, le département du Trésor a imposé des sanctions à l’une des « plus grandes maisons de change » du pays, en l’accusant « d’utiliser les milliards de dollars qui entrent et sortent du pays pour tenter de blanchir l’argent de la drogue ».

Voici comment Ginger Thompson et Alissa J. Rubun du New York Times ont expliqué la chose : «  L’initiative fait partie d’un délicat numéro d’équilibriste de l’administration Obama qui veut lutter contre la corruption qui touche le somment du gouvernement afghan sans gêner les efforts de la contre-insurrection qui requièrt la coopération de M . Karzai. »

Dans un monde où les propos de Washington sonnent de plus en plus creux et portent de moins en moins loin, et devant une telle description des faits - formulée dans le plus pur style en vigueur dans la chambre acoustique américaine - et particulièrement pour cette image d’un « délicat numéro d’équilibriste » - la réaction serait : non, absolument pas.

En ce qui concerne un pays qui est le premier narco-état de la planète, qu’est qui pourrait bien être « délicat » ? Si on voulait décrire l’étrange relation nouée entre l’administration Obama et le Président Karzai et son peuple, alors des mots comme « tordues », « obscures » et « hypocrites » viennent à l’esprit. Si le réalisme était de rigueur, alors le terme « numéro indécent de déséquilibré » serait probablement plus judicieux.

5. Pour finir, le journaliste Dexter Filkins a récemment écrit un article étonnant, « The Afghan Bank Heist » dans le magazine The New Yorker sur les combines qui amenèrent la Kabul Bank, une des principales institutions financières d’Afghanistan, au bord de la faillite. Tout en versant des sommes faramineux à Hamid Karzai et à ses partisans, les dirigeants de la banque se sont enfuis avec les dépôts des clients. (Pensez à la Kabul Bank comme d’une version locale de Bernie Madoff). Dans cet article, Filkin cite un officiel américain anonyme sur les malversations qu’il a observées : « Si nous étions en Amérique, cinquante personnes auraient déjà été arrêtées. »

Cette phrase doit être comprise comme un sketch comique présenté dans la chambre acoustique, et aussi comme un rappel que seuls les chiens errants et les Américains s’exposent au soleil afghan. Comme de nombreux américains en Afghanistan, ce pauvre diplomate devrait être rapatrié d’urgence. Il a perdu tout contact avec la réalité de son propre pays. Alors que nous clamons que notre devoir est de « construire une nation » et d’apporter « une bonne gouvernance » aux pauvres Afghans, chez nous les Etats-Unis sont en train d’être déconstruits, la démocratie a pour ainsi dire disparue, les oligarchies ont la voie libre, la Cour Suprême a garanti que les futures élections seront décidées par des afflux massifs d’argent et les plus grands voyous brandissent quand bon leur semble leur joker pour éviter de passer par la case prison. En réalité, le racket de Kabul Bank – une affaire énorme pour ce pays misérable – n’est rien en comparaison de ce qu’ont accompli les banques américaines, les établissements de crédit et d’assurance et autres établissements financiers à travers leurs « montages pyramidaux » en 2008 et qui ont ruiné l’économie US et mondiale.

Aucun des individus responsables n’a connu la prison, à l’exception de quelques types un peu vieux-jeu comme Madoff. Aucun d’entre eux n’a été poursuivi.

Il y a quelques jours à peine, des procureurs fédéraux ont abandonné les poursuites dans une des dernières affaires issues de la crise de 2008. Angelo R. Mozilo, ancien président de Countrywide Financial Corp., qui était le plus grand établissement de prêts immobiliers du pays, a obtenu un accord sur ses « gains mal acquis » d’un montant de 67,5 millions de dollars, mais comme pour ses collègues, aucune délit n’a été retenu contre lui.

Nous ne sommes pas les Bons

Imaginez ceci : pour la première fois dans l’histoire, un mouvement d’Arabes inspire les américains du Wisconsin et peut-être d’ailleurs. En ce moment même, il y a quelque chose de nouveau sous le soleil et ce n’est pas nous qui l’avons inventée. Attention, respirez un bon coup avant de lire ce qui suit : nous ne sommes même pas les Bons de cette histoire. Les Bons étaient ceux qui réclamaient la liberté et la démocratie dans les rues du Moyen orient, tandis que les Etats-Unis se livraient eux à des numéros indécents de "déséquilibristes" en faveur de ces voyous que nous avons soutenus pendant si longtemps au Moyen orient.

L’histoire change avec une telle ampleur que tous les événements majeurs des dernières années du siècle américain – la Guerre du Vietnam, la fin de la Guerre Froide, et même les attentats du 11/9 – risquent de se voir éclipsés par les événements en cours. Pourtant, à l’intérieur de la chambre acoustique de Washington, les esprits réagissent au ralenti. Pendant ce temps, notre pays malheureux, désorienté et dérangé, avec ses infrastructures vieillissantes qui tombent en ruines, représente de moins en moins un modèle pour quiconque dans le monde (mais ça, vous ne le sauriez que de l’extérieur).

Insensible aux événements, Washington a clairement l’intention de poursuivre ses guerres et fortifier ses bases militaires permanentes, provoquant des rejets et des déstabilisations encore plus forts et encore plus nombreux, jusqu’à ce qu’il se consume de l’intérieur. C’est cela la définition du déclin à l’américaine dans un monde nouveau et imprévu. Oui, les crocs sont peut-être plantés dans la jugulaire mais n’en déplaise au général Petraeus, il reste encore à savoir quels crocs et dans quelle jugulaire.

Tandis que le soleil se lève sur le monde Arabe, l’obscurité tombe sur l’Amérique. Dans la pénombre, les Etats-Unis continuent de jouer les cartes qu’ils se sont distribuées eux-mêmes, parfois en trichant, alors même que les autres joueurs sont en train de quitter la table de jeu. Pendant ce temps, on entend au loin les hurlements. L’heure du festin a sonné et l’odeur du sang plane dans l’air. Alors, gare !

Tom Engelhardt

http://www.tomdispatch.com/post/175...

Traduction « ca tombe, et même bien, comme dirait l’autre » par VD, avec probablement les fautes et coquilles habituelles

notes, références et liens : cf article original.


01/03/2011 à 10:24, par Le Yéti

Un commentateur de mon propre blog me signale cet article de Tom Engelhardt le jour même où je publiais une illustration photographique de ses propos :

Detroit ou les vestiges du rêve américain

 
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Mar 2011 à 20:23

La menace iranienne

 

Noam CHOMSKY

[juillet 2010] La terrible menace iranienne est largement reconnue comme le problème de politique internationale le plus important pour le gouvernement d’Obama. Le général Petraeus a informé le Comité sénatorial des forces armées en mars 2010 que "le régime iranien est la principale menace étatique pour la stabilité" dans la sphère d’influence du US Central Command [1], le Moyen-Orient et l’Asie centrale, la principale région du monde intéressant les Etats-Unis. Le terme "stabilité" a ici son sens technique usuel : fermement sous contrôle étasunien. En juin 2010, le Congrès des Etats-Unis a renforcé les sanctions contre l’Iran, avec des peines encore plus sévères contre les entreprises étrangères [2].

Le gouvernement Obama augmente rapidement sa capacité d’attaque sur l’île africaine de Diego Garcia, revendiquée par le Royaume-Uni, qui avait expulsé la population pour permettre aux Etats-Unis de construire une base militaire pour les attaques dans la zone d’action du Central Command. L’US Navy rapporte avoir envoyé un navire ravitailleur de sous-marins vers l’île, pour des sous-marins à propulsion nucléaire équipés de missiles guidés Tomahawk pouvant porter des têtes nucléaires. Chaque sous-marin a la force de frappe d’un groupe de combat aéronaval typique. Selon un rapport de cargaison de la US Navy obtenu par le Sunday Herald de Glasgow [3], l’équipement militaire expédié par Obama comprend 387 "bunker busters" [4], servant à détruire les structures souterraines renforcées. La projet de développement de ces bombes, les plus puissantes de l’arsenal après les bombes nucléaires, avait été inité sous l’administration Bush, mais languissait. A sa prise de pouvoir, Obama a immédiatement accéléré le projet, et ces bombes sont sur le point d’être déployées plusieurs années en avance sur les prévisions, visant spécifiquement l’Iran.

"Ils se préparent totalement pour la destruction de l’Iran", selon Dan Plesch, directeur du Centre d’études internationales et de diplomatie de l’université de Londres [5]. "Les bombardiers et missiles de longue portée étasuniens sont prêts pour détruire 10 000 cibles en Iran en quelques heures", dit-il. "La force de frappe des Etats-Unis a quadruplé depuis 2003", accélérant sous Obama.

La presse arabe raporte qu’une flotte étasunienne (avec un navire israëlien) est passée par le canal de Suez en route pour le golfe persique [6], où sa mission est de "mettre en oeuvre les sanctions contre l’Iran et superviser les bateaux en provenance ou à destination de l’Iran." Des medias britanniques et israëliens rapportent que l’Arabie Saoudite garantit à Israël un couloir de passage pour bombarder l’Iran (démenti par l’Arabie Saoudite) [7]. De retour d’Afghanistan pour assurer aux pays de l’OTAN que les Etat-Unis maintiendraient leur engagement après le remplacement du général McChrystal par son supérieur, le général Petraeus, le président du Comité des chefs d’États-majors interarmées [8] Michael Mullen s’est rendu en Israël pour rencontrer le chef des forces armées israëliennes Gabi Ashkenazi, les hauts responsables militaires ainsi que les services de renseignement, poursuivant la coopération stratégique entre Israël et les Etats-Unis. La rencontre a porté sur "la préparation, par Israël et les Etats-Unis, à la possibilité d’un Iran nucléarisé", selon Haaretz, Mullen insistant sur le fait qu’il "cherche toujours à voir les problèmes sous la perspective israëlienne." Mullen et Ashkenazi maintiennent un contact régulier par une ligne téléphonique sécurisée.

Les menaces grandissantes d’action militaire contre l’Iran sont bien sûr en violation de la Charte des Nations unies, et en violation spécifique de la résolution 1887 du Conseil de sécurité de septembre 2009, qui réaffirme l’appel à tous les Etats à résoudre pacifiquement les différends liés au nucléaire, en accord avec la Charte, qui bannit l’usage ou la menace de la force.

Certains analystes qui semblent être pris au sérieux décrivent la menace iranienne en termes apocalyptiques. Amitai Etzioni prévient que "les Etats-Unis devront affronter l’Iran ou abandonner le Moyen-Orient", rien de moins. Si le programme nucléaire iranien se poursuit, affirme-t-il, la Turquie, l’Arabie Saoudite et d’autres Etats vont "se déplacer vers" la nouvelle "superpuissance" iranienne. Dans une rhétorique moins fiévreuse, une alliance régionale indépendante des Etats-Unis pourrait prendre forme. Dans le journal militaire étasunien Military review, Etzioni exhorte à une attaque étasunienne qui ciblerait non seulement les équipements nucléaires iraniens, mais aussi les équipements militaires non nucléaires, y compris l’infrastructure — c’est-à-dire la société civile. "Cette sorte d’action militaire est semblable aux sanctions : faire "mal" pour faire changer de comportement, mais par des moyens beaucoup plus puissants."

Mettant de côté ces discours enflammés, qu’est-ce exactement que la menace iranienne ? Une réponse qui fait autorité est donnée par le rapport de l’armée et des services de renseignement pour le Congrès d’avril 2010 [9].

Le régime clérical brutal iranien est assurément une menace pour son propre peuple, bien qu’il ne soit pas très haut placé dans la liste sur ce point en comparaison des alliés des Etats-Unis de la région. Mais ce n’est pas ce qui préoccupe l’armée et le renseignement. Ils sont plutôt préoccupés par la menace que l’Iran représente pour la région et le monde.

Le rapport exprime clairement que la menace iranienne n’est pas d’ordre militaire. Les dépenses militaires de l’Iran sont "relativement basses comparées au reste de la région", et bien sûr minuscules comparées à celles des Etats-Unis. La doctrine militaire iranienne est strictement "défensive, conçue pour ralentir une invasion et forcer une solution diplomatique à des hostilités." L’Iran a seulement "une capacité de projection de forces limitée hors de ses frontières". Concernant l’option nucléaire, "le programme nucléaire de l’Iran, et sa volonté de laisser ouverte la possibilité de développer des armes nucléaires, sont un élément central de sa stratégie de dissuasion."

Même si la menace iranienne n’est pas une agression militaire, cela ne veut pas dire qu’elle pourrait être tolérable pour Washington. La capacité de dissuasion iranienne est considérée comme un exercice illégitime de souveraineté, interférant avec les grands desseins étasuniens. Spécifiquement, elle menace le contrôle des ressources énergétiques du Moyen-Orient par les Etats-Unis, une haute priorité depuis la seconde guerre mondiale. Comme l’a fait remarquer une personalité influente, exprimant ainsi un point de vue courant, le contrôle de ces ressources donne "un contrôle considérable sur le monde" (A.A. Berle).

Mais la menace de l’Iran va au delà de la dissuasion. L’Iran cherche aussi a étendre son influence. Son "plan quinquennal actuel cherche a étendre les relations bilatérales, régionales et internationales, à renforcer les liens de l’Iran avec les Etats amis, et augmenter ses capacités de défense et de dissuasion. Dans la lignée de ce plan, l’Iran cherche à gagner en importance, en contrant l’influence étasunienne et développant des liens avec les acteurs régionaux, tout en défendant la solidarité islamique." En bref, l’Iran cherche à "déstabiliser" la région, dans le sens technique du terme utilisé par le général Petraeus. L’invasion et l’occupation militaire des pays voisins de l’Iran par les Etats-Unis est la "stabilisation". Les efforts de l’Iran pour étendre son influence aux pays voisins est la "déstabilisation", donc clairement illégitime. Il faut remarquer qu’une utilisation aussi révélatrice des termes est banale. Ainsi, l’expert en relations étrangères renommé James Chace, ancien éditeur du journal Foreign Affairs [10], utilisait également le terme "stabilité" dans son sens technique quand il expliquait que pour retrouver la "stabilité" au Chili, il était nécessaire de "déstabiliser" le pays (en renversant le gouvernement élu d’Allende pour y installer la dictature de Pinochet).

Au-delà de ces crimes, l’Iran participe et soutient le terrorisme, poursuit le rapport. Les Gardiens de la révolution "sont derrière certaines des attaques terroristes les plus meurtrières des trois décennies", notamment des attaques contre des installations militaires étasuniennes, et "beaucoup d’attaques insurgées contre les forces de sécurité iraquiennes et de la Coalition en Iraq depuis 2003." De plus, l’Iran soutient le Hezbollah et le Hamas, les forces politiques majeures an Liban et en Palestine — si les élections ont une quelconque importance. La coalition formée autour du Hezbollah a rassemblé le vote populaire lors des dernières élections libanaises, en 2009. Le Hamas a gagné les élections palestiniennes de 2006, forçant les Etats-Unis et Israël à mettre en place le blocus brutal de la bande de Gaza, pour punir les mécréants d’avoir mal voté lors d’élections libres. Ce sont les seules élections relativement libres du monde arabe. Il est normal pour l’élite de redouter la menace démocratique et d’agir pour la contenir, mais le cas est ici frappant, particulièrement en comparaison avec le fort soutien étasunien pour les dictatures de la région, mis en avant par Obama et ses éloges pour le brutal dictateur égyptien Mubarak, alors qu’il se rendait au Caire pour donner son célèbre discours adressé au monde musulman.

Les actes terroristes du Hamas et du Hezbollah font pâle figure en comparaison du terrorisme israëlo-étasunien dans la région, mais méritent tout de même notre attention.

Le 25 mai, le Liban a fêté le jour de la Libération, commémorant le retrait des troupes israëliennes du sud du Liban après 22 ans d’occupation, par suite de la résistance du Hezbollah — décrite par les autorités israëliennes commes une "agression iranienne" contre Israël dans le Liban sous occupation israëlienne (Ephraim Sneh). Voilà un autre exemple de rhétorique impériale courante. Ainsi, le président John F. Kennedy condamnait "l’assaut de l’intérieur" au Sud Vietnam, "qui est orchestré depuis le Nord". Cet assaut criminel par la résistance sud-vietnamienne contre les bombardiers, les armes chimiques, les programmes pour ammener les paysans dans ce qui s’apparentait à des camps de concentration, et d’autres mesures aussi insignifiantes prises par Kennedy furent dénoncées comme une "aggression interne" par l’ambassadeur étasunien aux Nations unies, le héros libéral Adlai Stevenson. Le soutien nord-vietnamien pour leurs compatriotes du Sud occupé par les Etats-Unis est une aggression, une interférence intolérable avec la vertueuse mission de Washington. Les conseillers de Kennedy Arthur Schlesinger et Theodore Sorenson, considérés comme des opposants à la guerre, faisaient l’éloge de l’intervention étasunienne visant à renverser l’"aggression" au Sud Vietnam — par la résistance locale, comme ils le savaient, au moins s’ils lisaient les rapports des services de renseignement. En 1955, le Comité des chefs d’États-majors interarmées des Etats-Unis avait défini plusieurs types d’"aggression", y compris "aggression autre qu’armée, c’est-à-dire, guerre politique, ou subversion." Par exemple, un soulèvement intérieur contre un Etat policier imposé par les Etats-Unis, ou des élections donnant le mauvais résultat. Une telle utilisation des termes est aussi courante dans les commentaires académiques ou politiques, et ont un sens sous l’hypothèse en vigueur que "Le monde nous appartient".

Le Hamas résiste à l’occupation militaire d’Israël et à ses actions violentes et illégales dans les territoires occupés. Il est accusé de refuser de reconnaître Israël (les partis politiques ne reconnaissent pas les Etats). En comparaison, les Etats-Unis et Israël non seulement ne reconnaissent pas la Palestine, mais ont toujours agit avec fermeté pour s’assurer que la Palestine ne pourra jamais exister sous une forme significative. Le parti au pouvoir en Israël, dans son programme de campagne de 1999, interdit l’existence de tout Etat palestinien — un pas supplémentaire vers le compromis, depuis la position officielle des Etats-Unis et Israël une décennie auparavant, assurant qu’il ne pouvait pas y avoir "un Etat palestinien supplémentaire" entre Israël et la Jordanie, ce dernier étant décrété "Etat palestinien", quoi qu’en pensent les ignorants habitant ou gouvernant ce pays.

Le Hamas est accusé de lancer des roquettes sur les implantations israëliennes, sans conteste des actes criminels, mais qui font pâle figure devant la violence d’Israël à Gaza, sans parler d’ailleurs. Sur ce point, il faut garder en mémoire que les Etats-Unis et Israël savent exactement comment mettre fin à la terreur qu’ils déplorent avec tant de passion. Israël reconnaît officiellement qu’il n’y avait pas de tirs de roquettes du Hamas tant qu’Israël respectait partiellement la trêve avec le Hamas de 2008 [11]. Israël a rejeté l’offre du Hamas de renouveler la trêve, préférant lancer l’"opération plomb durci" contre Gaza en décembre 2008, avec total soutien étasunien, une aggression meurtrière exceptionnelle sans le moindre prétexte moral ou légal crédible.

Le modèle de démocratie dans le monde musulman, malgré certains problèmes sérieux, est la Turquie, qui a des élections relativement libres, et a été l’objet de critiques sévères de la part des Etats-Unis. Le cas le plus extrême a été lorsque le gouvernement a suivi l’avis de 95% de la population en refusant de participer à l’invasion de l’Iraq, provoquant la condamnation sévère de Washington pour son incapacité à comprendre comment un gouvernement démocratique doit se comporter : selon notre idée de la démocratie, la voix du Maître détermine les choix politiques, pas l’opinion presque unanime de la population.

Le gouvernement Obama était également furieux lorsque la Turquie s’est jointe au Brésil pour trouver un accord avec l’Iran visant à restreindre sa capacité à enrichir de l’uranium. Obama avait loué l’initiative dans une lettre au président brésilien Lula da Silva, supposant apparemment qu’elle allait échouer et donnerait ainsi une arme de propagande contre l’Iran. Lorsque l’initiative a abouti, les Etats-Unis étaient furieux, et l’ont rapidement sapée en lançant une résolution du Conseil de sécurité comportant de nouvelles sanctions contre l’Iran, des sanctions si dépourvues de sens que la Chine a joyeusement soutenu la résolution — reconnaissant que les sanctions pourraient seulement empêcher les intérêts occidentaux d’être en compétition avec la Chine pour les ressources iraniennes. Une nouvelle fois, Washington a agi sans détours pour s’assurer que personne ne pourrait gêner le contrôle de la région par les Etats-Unis.

Sans surprise, la Turquie (comme le Brésil) a voté contre la motion étasunienne de sanctions au Conseil de sécurité. L’autre pays membre de la région, le Liban, s’est abstenu. Ces actions ont causé davantage de consternation à Washington. Philip Gordon, responsable sous l’administration Obama des relations diplomatiques avec l’Europe, a prévenu la Turquie que les Etats-Unis ne comprenaient pas ses actions, et que la Turquie devait "démontrer son implication dans le partenariat avec l’Occident", rapporte Associated Press, "un rappel à l’ordre rare pour un allié crucial de l’OTAN" [12].

La classe politique comprend très bien. Steven A. Cook, un universitaire du Conseil des relations étrangères, a observé que la question centrale est : "comment garde-t-on les Turcs à leur place ?" — à suivre les ordres comme de bons démocrates. Un gros titre du New York Times captura le sentiment général : "l’accord iranien, point noir de l’héritage du leader brésilien". En résumé, faites ce qu’on vous dit, sinon...

Rien n’indique que d’autres pays de la région soutiennent les sanctions étasuniennes davantage que la Turquie. Par exemple, le Pakistan et l’Iran se sont rencontrés en Turquie pour signer un accord concernant un nouveau gazoduc [13]. Encore plus préoccupant pour les Etats-Unis, le gazoduc pourrait être étendu jusqu’en Inde. L’accord des Etats-Unis avec l’Inde soutenant son programme nucléaire — et indirectement, son programme d’armes nucléaires — avait pour but d’empêcher l’Inde d’être reliée à ce gazoduc, selon Moeed Yusuf, un conseiller sur l’Asie du Sud auprès de l’Institut des Etats-Unis pour la paix, exprimant un point de vue courant. L’Inde et le Pakistan sont deux des trois puissances nucléaires ayant refusé de signer le Traité de non-prolifération (TNP), le troisième étant Israël. Tous ont développé des armes nucléaires avec le soutien des Etats-Unis, et continuent de le faire.

Aucune personne saine d’esprit ne souhaite que l’Iran développe des armes nucléaires ; ou qui que ce soit. Une façon simple d’atténuer ou d’éliminer cette menace est d’établir une Zone exempte d’armes nucléaires (ZEAN) au Moyen-Orient. La question a été soulevée (une nouvelle fois) à la conférence du TNP au siège des Nations unies en mai 2010. L’Egypte, qui menait les 118 pays du Mouvement des non-alignés, proposa que la conférence soutienne un appel à négociations en 2011 concernant une ZEAN au Moyen-Orient, comme convenu par l’Occident, y compris les Etats-Unis, lors de conférence de révision du TNP de 1995.

Washington est toujours formellement d’accord, mais insiste pour qu’Israël en soit exemptée. L’heure n’est pas encore venue de créer la zone, a déclaré la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton lors de la conférence du TNP, tandis que Washington soutenait qu’aucune proposition ne pourrait être acceptée si elle exigeait de placer le programme nucléaire israëlien sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ou si elle obligeait des signataires du TNP, en particulier Washington, à divulguer les informations concernant "les activités et équipements nucléaires israëliens, incluant les informations concernant de précédents transferts nucléaires vers Israël" [14]. La méthode d’Obama pour esquiver le problème est d’adopter la position d’Israël, selon laquelle toute proposition doit être conditionnée à un vaste accord de paix, que les Etats-Unis peuvent repousser indéfiniment, comme ils l’ont fait ces 35 dernières années à de rares et passagères exceptions près.

Au même moment, Yukiya Amano, directeur général de l’AIEA, demandait aux ministres des affaires étrangères des 151 pays membres de faire savoir leur point de vue sur comment mettre en application une résolution demandant à Israël d’adhérer au TNP et de permettre l’inspection de ses installations nucléaires par l’AIEA, selon Associated Press.

Il est rarement noté que les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont une responsabilité particulière pour travailler à l’établissement d’une ZEAN au Moyen-Orient. A la recherche d’une maigre couverture légale pour leur invasion de l’Iraq de 2003, ils firent appel à la résolution 687 du Conseil de sécurité (1991), qui appelait l’Iraq à mettre un terme au développement d’armes de destruction massive. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni prétendirent que l’Iraq n’avait pas respecté la résolution. Il n’est pas nécessaire de s’attarder sur cette excuse, mais cette résolution engage ses signataires vers l’établissement d’une ZEAN au Moyen-Orient.

Entre parenthèses, ajoutons que l’insistance des Etats-Unis de maintenir ses installations nucléaires à Diego Garcia sape la ZEAN mise en place par l’Union africaine, et de même, Washington bloque une ZEAN du Pacifique en excluant ses territoires de la région.

La rhétorique engagée d’Obama vis-à-vis de la non-prolifération a reçu beaucoup d’éloges, y compris un prix Nobel. Une action concrète dans ce sens est l’établissement de ZEAN. Une autre est de ne plus soutenir les programmes nucléaires des trois pays non signataires du TNP. Comme souvent, la rhétorique et l’action sont en désaccord, en fait en contradition directe dans ce cas, des faits auxquels on porte peu d’attention, comme la plupart de ce qui vient d’être rappelé ici.

Au lieu de prendre des mesures concrètes visant à réduire la vraiment terrible menace de prolifération des armes nucléaires, les Etats-Unis entreprennent des actions majeures visant à renforcer le contrôle étasunien sur le Moyen-Orient, région vitale de production de pétrole, par la violence si d’autres moyens ne suffisent pas. C’est compréhensible et même raisonnable, sous la doctrine impériale en vigueur, quelles qu’en soient les conséquences. Voilà une nouvelle illustration de "l’injustice sauvage des Européens" que déplorait Adam Smith en 1776, le centre de commandement ayant depuis traversé l’océan vers leur ancienne colonie.

Noam Chomsky, juillet 2010
http://chomsky.info/articles/201007...

Traduction et notes par Jc Mourrat, 11 février 2011
http://gavag.org/Menace_iranienne.html

1. Le US Central Command est l’un des dix Commandements interarmées de combat ("Unified Combattant Command") du département de la défense étasunien. Six d’entre eux ont une zone géographique d’action spécifique ("area of responsibility"), dont le US Central Command.

2. Il s’agit du Comprehensive Iran Sanctions, Accountability, and Divestment Act of 2010. http://en.wikipedia.org/wiki/Compre...,_Accountability,_and_Divestment_Act_of_2010

3. Rob Edward. Final destination, Iran ? The Herald, 14 mars 2010. http://www.heraldscotland.com/news/...

4. En anglais "Massive ordnance penetrator", il s’agit d’une bombe anti-bunker de 13 600kg, beaucoup plus grosse que la bombe anti-bunker qui pénètre le plus profondément actuellement, faisant "seulement" 2 270 kg. http://fr.wikipedia.org/wiki/Massiv...

5. Voir la référence 3.

6. Jack Khoury. Report : U.S., Israeli warships cross Suez Canal toward Red Sea. Haaretz.com, 19 juin 2010. http://www.haaretz.com/news/diploma...

7. Hugh Tomlinson. Saudi Arabia gives Israel clear skies to attack Iranian nuclear sites. The Times, 12 juin 2010. http://www.timesonline.co.uk/tol/ne...

8. En anglais "Joint Chiefs of Staff", ce comité est formé de haut gradés des forces armées des Etats-Unis, chargés de conseiller le gouvernement.

9. Lieutenant General Ronald L. Burgess, Director, Defense Intelligence Agency. Statement before the Committee on Armed Services, US Senate, 14 Avril 2010. Unclassified Report on Military Power of Iran, Avril 2010. John J. Kruzel, American Forces Press Service, "Report to Congress Outlines Iranian Threats," Avril 2010, (note dans la version originale). http://www.defense.gov/news/newsart...

10. Foreign Affairs est un bimestriel influent traitant de politique étrangère et de relations internationales, qualifié par Chomsky de "main establishment journal".

11. Voir le rapport du Israeli Intelligence and Terrorism Centre http://www.opendemocracy.net/articl... ou l’interview de Mark Regev, porte-parole du premier ministre israëlien http://www.youtube.com/watch?v=zfFM....

12. Associated Press. U.S. : Turkey must prove its commitment to the West. Haaretz.com, 26 juin 2010. http://www.haaretz.com/news/interna...

13. Zeeshan Haider. Pakistan, Iran sign deal on natural gas pipeline. Reuters, 17 mars 2010. http://uk.reuters.com/article/2010/...

14. Eli Lake. Clinton in struggle for Israel’s nuke secret. The Washington Times, 3 mai 2010. http://www.washingtontimes.com/news...

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Mar 2011 à 21:15

Un élu du congrès de Géorgie veut créer une Police de l’Utérus pour enquêter sur les fausses couches

Par emcee le mardi 1 mars 2011, 09:50 - L'info futile - Lien permanent

Les républicains US ne sont jamais en manque d'imagination quand il s'agit de soumettre les femmes à leur volonté.
Voici une autre de leurs trouvailles dans cet article intitulé "GA Legislator Wants to Create The Uterus Police to Investigate Miscarriages", d'irishwitch, paru initialement dans Daily Kos , puis dans Alternet le 21 février 2011

Cela revient à chaque nouvelle session parlementaire de l’état de Géorgie. Un des élus propose un projet de loi pour faire de l’avortement un acte criminel. Et, en effet, cette année ne fait pas exception à la règle.
La proposition de loi a été présentée par le républicain Bobby Franklin (le même qui veut changer le terme de « victimes » pour un viol par « accusatrices »), élu à la chambre des représentants de l’état. Franklin est un des membres les plus, hum, pittoresques de l’assemblée, dieu le bénisse. Selon lui, la Cour Suprême des Etats-Unis n’ayant pas le droit de prendre de décision sur l’avortement, la Géorgie peut, donc, agir comme bon lui semble. Oh, et vous avez intérêt à pouvoir prouver que votre fausse-couche était spontanée, sinon, vous risquez d’être accusée de crime.


Lien vers la proposition de loi (bizarrement, pas moyen de faire un copier-coller).
Le projet de loi de Franklin annonce que la Géorgie a le devoir de protéger toutes les vies innocentes depuis le moment de la conception jusqu’à celui de la mort naturelle (toutefois, il a également proposé un projet de loi à la session précédente interdisant aux Centres de prévention et de Contrôle des Maladies (Centers for Disease Control and Prevention , CDC) de rendre obligatoires les vaccinations contre la grippe en cas de pandémie. Apparemment, empêcher une vague de décès lors d’une pandémie n’entre pas dans la catégorie de la protection de la vie).

Il affirme que nous savons tous que la vie commence à la conception, et que l’avortement est un « homicide prénatal ».

En outre, il affirme qu’un fœtus est (ou doit être) considéré comme une personne selon la loi en Géorgie, et a, donc, le droit d’être protégé par la loi comme les autres êtres humains (pour autant, Franklin estime que les adultes homosexuels n’ont pas le droit de se marier en vertu de cette même clause d’égalité devant la loi dans la Constitution de la Géorgie).

Mais, non content de s’asseoir sur la loi fédérale, il s’acharne à attaquer la Cour Suprême (CS) et l’arrêt Roe v. Wade (qui reconnaît l’avortement comme droit constitutionnel, NDT).

Si la CS est incapable de définir le moment où commence la vie, cela ne veut pas dire que la Géorgie ne peut pas le faire, puisque nous savons tous qu’elle débute à la conception. Parce qu’un imbécile comme lui, avec un diplôme délivré par un de ces foutus instituts d’études bibliques, et qui n’est pas juriste de formation, en sait, de toute évidence, bien plus sur le droit constitutionnel que la CS.

D'après l’estimé, mais pas très futé M. Franklin, le gouvernement fédéral n’a autorité pour statuer que sur cinq crimes – et l’homicide n’en fait pas partie (oui, je sais, cela paraît absurde). Dans la mesure où l’avortement est le meurtre d’un “être humain prénatal ", la Géorgie peut, et va le pénaliser.

Selon cette loi, toute intervention humaine autre que d’accoucher un fœtus vivant est un crime. Tous les médecins doivent s’efforcer de sauver tout autant la vie du fœtus que celle de la mère, mais si le fœtus meurt quand même malgré ces efforts, ce ne sera pas considéré comme un crime. Elle n’admet qu’une exception à l’avortement spontané, c'est-à-dire la fausse couche, et c'est s’il n’y a eu aucune intervention humaine.

Ce bruit sourd que vous entendez, c’est ma tête que je cogne contre le mur en pierre de la bêtise à l’état pur.

Le projet de loi affirme ensuite que toute tentative de séparer le fœtus de la mère sauf pour faciliter une naissance est un meurtre. Le médecin doit absolument faire tout ce qui est en son possible pour sauver la vie du fœtus et de la mère, mais si malgré cela, le fœtus ne survit pas, il ne s’agit pas d’un crime.

L’avortement est devenu une forme de meurtre.

Or, cette loi soulève de nombreuses questions.

Il y a des cas où on ne peut pas sauver à la fois la vie de la mère et celle du fœtus.

Que se passe-t-il si la mère apprend qu’elle a un cancer et qu’elle doit recourir à un avortement pour pouvoir suivre un traitement ? Aucune exception n’est prévue dans le projet de loi pour ce cas de figure.

Que se passe-t-il si la mère a une hémorragie qu’on ne parvient pas à arrêter et que, pour la sauver, le médecin doit pratiquer un avortement ? Aucune exception n’est prévue dans le projet de loi pour ce cas de figure.

Et si elle fait une fausse-couche partielle, et perd son sang abondamment, doit elle attendre que son corps expulse naturellement le fœtus mort, même si garder un fœtus mort peut provoquer un choc septique ? Apparemment, rien n’a été prévu dans ce projet de loi pour ce cas de figure non plus.

Et s’il s’agit d’une grossesse extra-utérine ? Il n’est pas possible de sauver à la fois le fœtus et la mère, dans ce cas.

Et si la femme apprend qu’elle porte un bébé anencéphale et qu’il ne survivra pas à la naissance ? Doit-elle mener sa grossesse à terme quand même ?

Pire encore : Franklin veut créer une Police de l’Utérus qui enquêterait sur les fausses couches, et qui exigerait que soit signalée toute fausse couche et que soit établi un certificat de décès, qu’elle se soit produite en milieu hospitalier ou sans présence médicale.

Si la cause de la mort est inconnue, il devra y avoir enquête. Si la femme est incapable d’expliquer ce qui s’est passé, alors les agents de la Police de l’Utérus pourront enquêter auprès de sa famille et de ses amis pour savoir ce qui s’est passé. Les hôpitaux auront obligation de garder une trace écrite des avortements spontanés et de les signaler à la Police de l’Utérus.

Ouais, vous rêviez que quelqu’un lance cette idée, eh bien, Franklin l’a fait.

Inutile de dire qu’aucune exception ne sera tolérée. Ni pour les victimes de viol. Ni pour les victimes d’inceste. Ni pour sauver la vie de la mère et préserver sa santé (le fœtus doit bénéficier d’une égale attention).

Si je suis hors de moi ?

Oui, je suis hors de moi.

Et vous devriez l’être également. Imaginez que vous ayez à expliquer à un bataillon d’inspecteurs pourquoi vous avez fait une fausse-couche. Vous êtes allongée sur un lit d’hôpital et une bande d’inconnus, la Police de l’Utérus, vient vous voir pour vous interroger sur ce que vous avez fait pour provoquer la mort du fœtus.

Je doute vraiment que ce projet de loi soit adopté. Ce genre de projet est proposé à chaque session parlementaire, et jusqu’à présent aucun n’a été adopté. Ce projet n’est soutenu que par Franklin lui-même, mais la session parlementaire débute à peine. Il a déjà été lu en séance deux fois.

Je suis l’affaire pour savoir ce que devient ce projet de loi, parce que ce pays semble être devenu complètement dingue, et cela fait un moment que je m’arrache les cheveux devant ce délire qui passe pour de la politique dans ce pays.

Traduction des bassines et du zèle

..............................................................................................................................................................................................
Voilà, tout est dit en peu de mots. Les républicains (et les autres, plus insidieusement) s'acharnent à détruire les moindres acquis des luttes de femmes.
Avec l'élection de républicains aux congrès des états et au congrès fédéral, les attaques contre les femmes se multiplient. Dans le collimateur: l'accès à l'IVG et la notion de viol.

Sur ce blog, deux articles récents traitent du sujet:

Remise en cause de la loi sur l'avortement de toutes les façons possibles.
ET:
Remise en cause de la notion de viol

Remise en cause du droit à l'avortement avec l'introduction dans la loi de la "clause de conscience" qui permet au corps médical et aux hôpitaux publics de refuser de pratiquer des IVG et autres soins qui iraient à l'encontre de leur morale personnelle (dans l'UE ).

En France, plus spécifiquement, une loi permet aux femmes d'accoucher sous X, ce qui donne le choix à la mère de ne pas garder son bébé et de l'offrir à l'adoption.
Cette disposition est aujourd'hui remise en cause.
Ainsi, récemment, un tribunal a débouté une femme qui voulait accoucher sous X décidant de confier l'enfant à … ses propres parents. Un désaveu pour la mère, à qui on dénie le droit de disposer de son corps, et une inconséquence gravissime pour l'équilibre de l'enfant.

Mais voir le billet très intéressant et plus explicite de Guy M. à ce sujet.

..............................................................................................................................................................................................
Le droit à l'IVG en danger (carte de 2006, mais cela doit correspondre grosso modo à la situation actuelle, sauf que le danger se rapproche …).
Si la CS annulait la loi fédérale sur l'avortement, l'IVG ne serait pas forcément illégale aux US, cela supprimerait aux femmes le droit constitutionnel de choisir.
Voici ce qui se passerait éventuellement pour l'IVG aux US dans les divers états:

Map_AbortionUSA.gif

Du plus foncé au plus clair: Interdiction de l'IVG qui pourrait prendre effet immédiatement; interdiction totale possible ou avec de strictes limitations; limitations incertaines; peu probable que soient imposées des limitations drastiques à l'avortement.

Lois sur l'IVG avant l'arrêt Roe v. Wade de 1973
Map_of_US_abortion_laws_pre-1973_Wikipd.png
Source
Rouge: interdit; Violet, id. sauf cas de viol; bleu: oui, si la santé de la mère est en danger; vert: oui, si viol, inceste, pbs de santé de la mère, pbs du fœtus.; jaune: autorisé sur demande.


 


Edité par T 34 - 02 Mar 2011 à 01:22
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Mar 2011 à 22:52

De Los Angeles à New York, des dizaines de milliers d'états-uniens manifestaient ce week-end en solidarité avec la lutte des fonctionnaires du Wisconsin pour leurs droits syndicaux

wisconsinprotest%20460x276

De Los Angeles à New York, des dizaines de milliers d'états-uniens manifestaient ce week-end en solidarité avec la lutte des fonctionnaires du Wisconsin pour leurs droits syndicaux

Les manifestations s'étendent à tous les Etats-unis

Traduction JC à partir d'un article du Morning Star pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Des rassemblements ont été organisés aux quatre coins des Etats-unis ce samedi pour soutenir les dizaines de milliers de manifestants devant le capitole du Wisconsin dans leur lutte contre la législation anti-syndicale.

Des dizaines de milliers de partisans des syndicats ont organisé des rassemblements de New York à Los Angeles dans une véritable démonstration de solidarité alors que les manifestations à Madison, capitale du Wisconsin, sont entrées dans leur 12ème ininterrompu et ont réussi à attirer une foule de plus de 70 000 personnes.

Des centaines d'entre eux ont tapé sur des tambours et crié dans des mégaphones, tandis que les autres avaient bravé une météo glaciale et des chutes de neige lors d'un rassemblement qui a littéralement inondé les rues de la ville.

Le gouverneur Républicain Scott Walker a présenté un projet de loi qui comprend la remise en cause pour presque tous les travailleurs du public, des bibliothécaires aux conducteurs de chasse-neige, de leur droit à la négociation collective de leurs conditions de travail et leurs avantages sociaux.

« Le Wisconsin est en train d'ouvrir un peu les yeux des gens », a déclaré Jay Van Loenen, un enseignant qui a assisté à un rassemblement à Denver qui a attiré un millier de personnes.

« Je pense que l'idée, c'est d'essayer d'emmener les gens à s'impliquer plus dans leurs syndicats et de créer un front plus puissant afin que si quelque chose se passe ici, nous soyons préparés »

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblés pour une manifestation à Colombus, dans l'Ohio, où les législateurs envisagent un projet de loi similaire.

Les démocrates de l'Indiana sont parvenus la semaine dernière à mettre en échec un projet de loi Républicain qui aurait fait de l'interdiction d'adhérer à un syndicat une condition à l'emploi.

Des foules importantes d'enseignants, de pompiers et de fonctionnaires ont également participé à des rassemblements dans d'autres capitales dont Topeka au Kansas, Harrisburg en Pennsylvanie et Olympia dans l'état de Washington.

A Los Angeles, les travailleurs du public et d'autres secteurs brandissaient des pancartes où on pouvait lire: « Nous sommes tous des travailleurs du Wisconsin ».

Couverts d'épaisses couches de manteaux, d'écharpes, de chapeaux et de gants, près d'un millier de manifestants ont occupé le devant du Capitole du Minnesota en scandant « Les droits des travailleurs sont des droits de l'Homme » et en agitant des pancartes, où sur certaines ont pouvait lire: « Unis on peut négocier, divisés nous ne pouvons que mendier ».

« Le droit à la négociation collective est un droit Américain », a affirmé devant la foule réuni à St.Paul, Eliot Seide, dirigeant syndical local.

« Il ne peut y avoir de démocratie Américaine si il n'y a pas de fort mouvement syndical ».

Les manifestants ont effectué un sit-in sur les marches du capitole du Wisconsin et ont rempli tant la pelouse gelée que les rues environnantes.

Plusieurs milliers de contre-manifestants avaient tenté une sortie samedi dernier pour soutenir Walker, mais ils se sont rendus très peu visibles cette fois.


 



Edité par T 34 - 03 Mar 2011 à 01:27
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Mar 2011 à 01:27
L'Arizona a un projet de loi pire que SB 1070 : SB 1611
 
Au programme : 30 jours de prison et confiscation du véhicule si un sans papier conduit. Interdiction de l'accès aux services publics pour les sans papiers, y compris aux écoles. Expulsion des sans papiers de leur logement s'ils sont locataires.
 
Cette loi est anticonstitutionelle car la constitution garantie l'accès à l'éducation sans discrimination.
 
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Mar 2011 à 17:52
Le Sénat de l'Ohio approuve une loi anti-grève et antisyndicale
 
Suivant l'exemple du Wisconsin le Sénat de l'Ohio à majorité républicaine a adopté une loi anti-grève, la loi SB 5 qui interdit aux employés publics de faire grève. Elle limite aussi le droit de négociation sur les les epensions et l'assurance santée des fonctionnaires. Les syndicats pourront négocier les salaires mais ils le seront au mérite et non à l'ancienneté.
 
Cete loi doit encore passer à la Chambre des représentants, ce qui n'est qu'une formalité car elle est à majorité républicaine.
 
Marci dernier 20 000 manifestants ont protesté face au capitole de Colombus.
 
 

 
 


Edité par T 34 - 03 Mar 2011 à 18:52
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Mar 2011 à 20:16

Un haut dirigeant syndical dit que les manifestations augmentent le soutien aux syndicats, par John Wojcik

Des travailleurs en grève dans le Wisconsin

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

Dans divers Etats, ont eu lieu des manifestations de solidarité avec les grévistes du Wisconsin. Dans le Connecticut, le nouveau gouverneur a même participé à un rassemblement de soutien. Malgré la persistance du mythe de la « classe moyenne » et l’hégémonie d’un syndicalisme souvent trop docile, quelque chose est peut-être en train de se passer aux Etats-Unis. (Note de Marc Harpon)

WASHINGTON, 2 Mars 2011

« Les gens regardent différemment le mouvement ouvrier maintenant » a déclaré le Président de l’AFL-CIO Richard Trumka lors d’une conférence de presse tenue ici le premier Mars.

Il a également dit aux journalistes, lors d’une pause pendant une réunion du conseil exécutif de la confédération, que les manifestations de masse en réponse aux attaques de la droite contre le droit à l’action collective ont dynamiser la base militante « d’une façon jamais vue depuis des décennies »

Trumka a dit qu’il fallait que cet élan se maintienne « durant des années ».

Il a fait ses remarques un jour seulement après que de nouveaux sondages ont montré que la majorité du pays soutenait les fonctionnaires en lutte contre des attaques contre leurs droit à l’action collective dans le Wisconsin et ailleurs. « Ils disent : « Nous soutenons le droit à l’action collective et le droit de défendre la classe moyenne » a remarqué Trumka. « Mais il nous appartiendra [le mouvement ouvrier] de poursuivre la lutte et de nous définir »

Plusieurs journalistes ont noté la durée des manifestations, remarquant qu’elles se poursuivent depuis plus de deux semaines dans le Wisconsin et ont demandé à Trumka combien de temps elles se poursuivraient d’après lui.

 

« Ce combat ne s’arrêtera pas avant qu’on ne le décide- il durera jusqu’à 2012 et aux prochaines élections » a-t-il déclaré.

Le conseil a passé presque tout le premier de ses deux jours de réunion à discuter des manifestations massives dans le Wisconsin, l’Indiana et l’Ohio- États dans lesquels des gouverneurs de la droite dure ont lancé des attaques contre les droits syndicaux. Les dirigeants syndicaux locaux du Wisconsin ont briefé les membres du conseil exécutif.

Marlon Mitchell, Président des Profesionnal Fire Fighters [syndicats des pompiers, ndt] a parlé du soutien que ses membres reçoivent quotidiennement quand ils manifestent, y compris pendant les occupations de nuit au Capitol.

Il a décrit la façon dont les pompiers et les étudiants ont mis en place des brigades de nettoyage pour garder le Capitol propre et la façon dont, à chaque fois que les cornemuses de l’orchestre des pompiers ententre au Capitol, elles sont saluées par un tonnerre d’applaudissements et de cris.

Christine Kistner, vice-présidente du Conseil 40 de l’AFSCME [syndicat des fonctionnaires administratifs, ndt], s’est émerveillée de la façon dont des milliers de non-syndiqués et des centaines de syndiqués passifs ont rejoint la cause. « C’est une expérience d’apprentissage », a-t-elle dit. « Maintenant les gens voient comment le gouverneur peut affecter leurs vies. Nous avons des syndiqués qui ont voté Walker, et maintenant, ils nous disent, « nous avons voté pour lui, mais pas pour ça » ».

Mitchell a également parlé du problème de pompiers ayant voté pour le républicain Walker. « Je pensais que nous aurions une réaction défavorable de nos membres, puisque 39% d’entre eux ont voté pour Walker, lors de sa victoire en demi-teinte du 3 novembre dernier. » Mitchell a déclaré : «  Mais nos membres sont plus unis que jamais. Beaucoup disent qu’une attaque contre les syndicats est une attaque contre la classe moyenne. »

Walker n’a pas mentionné une seule fois, durant sa campagne pour le poste de gouverneur, son intention de détruire le droit à l’action collective.

Mitchell a aussi parlé aux membres du conseil exécutif d’une exception face au haut degré d’unité dans le mouvement ouvrier du Wisconsin : la police municipale et les pompiers de Milwaukee, qui n’appartiennent pas à leurs associations professionnelles respectives au niveau de l’Etat, n’ont jusqu’ici pas manifesté de soutien officiel aux manifestations.

Trumka a affirmé que le mouvement ouvrier prévoiyait de continuer et d’intensifier sa riposte. Il a dit que les syndicats « continueraient à sensibiliser tous les citoyens à l’importance de l’action collective. »

Il a noté que, d’une certaine manière, les attaques de la droite contre le droit à l’action collective indiquent clairement aux militants syndicaux ce qu’ils doivent faire aux prochaines élections ». Si un législateur de l’Etat [du Winsconsin, ndt] a voté pour faire taire nos militants, nous n’aurons pas besoin de leur dire pour qui ou contre qui voter » a déclaré Trumka. « Ils sauront ».


Une loi autorise les policierà arrêter les sénateurs démocrates du Wisconsin pour les amener au Sénat et une manede de 100 $ par jour d'absence. Le gouverneur Scott Walker a avertit qu'ils reviennent où il licenciera 1500 fonctionnaires.
 


Edité par T 34 - 05 Mar 2011 à 02:07
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Mar 2011 à 03:39
Mengele habite à Guantanamo
 
Soldat U$ : "Beuarrr, on t'emmene chez le docteur Mengele Mustapha"
 
L'ex prisonnier Murat Kurnats dénonce qu'il s'est senti mal après une injection qui a été jusqu'à le faire vomir. On lui a aussi donné des pastilles contre la malaria qui l'ont fait dse sentir, l'ont rendu faible et l'ont fait suer.
 
Les déclarations de Murat Kurnats conincident avec l'enquçete d'un avocat étasunien et de l'organisation de défense des droits humains Truthout. On réalisait bien des expériences médiacles sur les prisonniers de Guantanamo sans leur consentement et sans utilité, on les obligeait a prendre de grosses doses de médicaments. Les militaires étasuniens n'en prennaient pas. Le dose ingérée quotidiennement était de cinq fois la dose hebdomadaire.
 
On donnait aux prisonnier de la mefloquine, médicament contre le paludisme alors que cette maladie n'est pas présente à Cuba.
 
Kurnats révèle aussi l'absence d'assistance médicale, il dit que durant deux ans il souffrait des dents et de mal de tête qu'on lui a proposé un traitement en échange d'un témoignage. Certains prisonniers ont donné un témoignage et ont ensuite été soignés.
 
 

Mengele : Félicitation a W il a construit un camps digne d'Auschwitz !



Les ventes d'armes des Etats-Unis ont triplé durant l'administration Obama.
 



Edité par T 34 - 11 Mar 2011 à 19:13
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Mar 2011 à 19:44

Michael Moore aux manifestants du Wisconsin : "Ce n’est qu’un début !"

 

Etats-Unis

Le réalisateur du Michigan Michael Moore a rejoint ce samedi les habitants du Wisconsin qui luttent contre les efforts pour mettre fin aux droits syndicaux des travailleurs du secteur public.

Les ovations ont fusé quand il les a prié de ne pas abandonner la lutte contre la loi du Républicain Scott Walker. Il a dit qu’ils avaient galvanisé le pays contre les riches et il a comparé leur lutte à celle des Égyptiens.

Il a manifesté sa reconnaissance envers les 14 Sénateurs Démocrates qui ont quitté le Wisconsin pour rendre impossible le vote de la proposition de loi, et il a dit que leur action resterait gravée dans l’Histoire.

"Nous y arriverons ensemble. Je vous en prie, n’abandonnez pas"

Moore a dit que les riches avaient passé les bornes, d’abord en prenant l’argent de la classe des travailleurs, et ensuite en prenant leur âme en les excluant de la table des négociations.

La foule a crié "Merci !" quand Moore a commencé à parler et il a répondu : "Toute l’Amérique t’est reconnaissante, Wisconsin !"

Walker a dit que la loi est nécessaire pour aider à résorber une dette de l’Etat du Wisconsin qui pourrait atteindre 3 600 000 000 de dollars au milieu de l’année 2013, mais les opposants considèrent qu’il s’agit d’un effort pour affaiblir les syndicats.

Source : http://www.freep.com/article/201103...

En espagnol : http://www.cubadebate.cu/noticias/2...

El discurso de Michael Moore en Wisconsin
 
En français : rien.

Video en anglais de Michael Moore à Madison - Wisconsin : http://www.youtube.com/watch?v=ApVd...

 
 

Michael Moore : « L'Amérique n'est pas en faillite »

Document L'Humanité

C'est par ces mots que Michael Moore commence un discours prononcé devant 60 000 manifestants enthousiastes, réunis devant le Capitole de Madison, la capitale du Wisconsin. C'était le samedi 5 mars. Depuis trois semaines des rassemblements, devant le siège du Parlement, mobilisent les opposants aux coupes à la hache dans les services publiques, les libertés syndicales annoncées par le nouveau gouverneur, ultra conservateur Républicain, du clan des « Tea parties » de Jim Walker.

« Contrairement à ce que ceux qui sont au pouvoir voudraient  faire croire pour que  vous renonciez à vos retraites, et aussi réduire vos salaires  et abandonner la vie que vos grands parents avaient, l'Amérique n'est pas en faillite, poursuit Michael Moore. Il n'y a pas photo. Le pays est submergé de richesse et d'argent. C'est simplement que cet argent n'est pas entre vos mains. Il a été transféré par le plus grand hold-up de l’Histoire, des travailleurs et des consommateurs aux banques et dans les portefeuilles des plus riches.

Aujourd'hui 400 Américains détiennent plus de richesses que la moitié de tous les Américains. Laissez-moi vous dire encore que 400 personnes d’une richesse obscène ont pour la plupart bénéficié dans une certaine mesure du renflouement de 2008 (le bail out) par les contribuables;  maintenant  ils ont un butin, des actions et des propriétés plus élevé que n'en possèdent 155 millions d'Américains réunis. Si vous  ne pensez  pas qu'on puisse appeler cela un coup d'Etat vous n'êtes pas honnêtes envers vous mêmes, envers ce que vous savez  au fond de vous même être la vérité.

Et je comprends pourquoi. Pour nous, admettre qu'un petit groupe de gens inconnus avec un tel monceau d'argent contrôle notre économie, signifierait que nous devons accepter  de reconnaître l'humiliation que nous avons abandonné notre précieuse démocratie  à l'élite fortunée, Wall Street, les banques et les 500 de « Fortune » ( le classement des plus riches établis  par l'hebdomadaire, ndlr) qui dirigent cette République, et que jusqu'au mois dernier, nous nous sommes sentis complètement désespérés, incapable de faire quoi que ce soit en face de cette situation.

Je ne possède qu'un diplôme du second degré. Mais quand j'étais à l'école, chaque étudiant avait de quoi  tenir un semestre d'économies pour obtenir son diplôme. Et voici ce que j'ai appris. L'argent ne pousse pas sur les arbres. Il se gagne quand nous faisons quelque chose. Il se gagne quand nous avons un bon travail, avec de bons salaires que nous utilisons pour  acheter des choses nécessaires et créer plus d'emplois. Il grandit quand nous développons un large système d'éducation qui fait  naître une nouvelle génération d'inventeurs, d'entrepreneurs, d'artistes, de scientifiques et de penseurs qui donnent de nouvelles grandes idées pour la planète. Et ces nouvelles idées créent des nouveaux emplois, et créent de nouveaux revenus pour l'Etat. Mais si ceux qui ont le plus d'argent ne paient pas leur part d'impôts, l'Etat ne peut fonctionner. Les écoles ne peuvent éduquer les meilleurs et les plus brillants qui vont créer ces emplois. Si les plus riches gardent la plus grande partie de leur argent ; nous avons vu ce qu'ils en font, au jeu impudent des profits à Wall Street et l'effondrement de notre économie. L'effondrement qu'ils ont créé nous coûte des millions d'emplois. Cela a aussi causé la réduction des revenus. Et la population a finit par souffrir de leur réduction des impôts, de la réduction des emplois, pour retirer la richesse hors du système, et le retirer de la circulation.

La nation n'est pas en faillite mes amis. Le Wisconsin n'est pas en faillite. C'est un grand mensonge. C'est l'un des trois plus grands mensonges de cette décennie : l’Amérique, le Wisconsin sont en faillite, l'Irak a des armes de destruction massive et plaisante Michael Moore, les Packers (l'équipe de Baseball du Wisconsin) ne peut gagner le Super Bowl sans Brett Favre.

La vérité c'est qu'il y a une quantité d'argent. Ils l’ont détourné au fond d'un puits dans leurs propriétés bien gardées. Ils savent qu’ils ont commis des crimes pour en arriver là et ils savent qu'un jour vous pouvez demander que cet argent soit utilisé pour vous. Aussi ils ont acheté et payé des centaines de politiciens à leur ordre à travers le pays .Et au cas où cela ne marcherait pas, ils ont  verrouillé leurs propriétés, et leurs jets sont toujours prêts à partir, en attendant le jour qu'ils espèrent ne jamais voir venir. Pour prévenir ce jour où le peuple demande que le pays lui revienne.

Pour éviter ce jour, ils ont fait deux choses très efficaces.

1. Ils contrôlent le message. En possédant la plupart des médias. Ils ont convaincu en expert beaucoup d'Américains sans grands moyens, d'acheter leur version du rêve américain et de voter pour leurs politiciens. Cette version du rêve vous dit que  vous pouvez vous aussi être riche, un de ces jours- c'est l'Amérique où tout peut arriver si vous vous débrouillez vous-même ! Ils ont  consciencieusement donné des exemples abondants, pour vous montrer comment un pauvre type peut devenir un  homme riche, comment l'enfant d'une mère seule en Hawaï peut devenir Président, comment un type diplômé peut devenir un célèbre producteur de cinéma. Ils vont jouer ces histoires  toute la journée  jusqu'à cela change tous vos projets- parce que vous, oui vous aussi, vous pouvez être un jour riche, président, gagnant d'un Oscar. Le message est clair: travaillez sans relâche, ne bougez pas et soyez sûr de voter pour le parti qui protège l'homme riche que pourrez être un jour.

2. Ils ont fabriqué une pilule empoisonnée en sachant que vous  ne voudrez jamais la prendre. C'est leur version de la destruction générale assurée. Et  quand ils ont menacé lâcher cette arme de destruction massive, de l’économie, l'annihilation de septembre 2008, nous avons fermé les yeux. Comme  l'économie et la Bourse s'effondraient et que les banques étaient lancées dans un système Ponzi, Wall Street a sorti cette menace: ou bien on prend des milliards de dollars  aux contribuables américains ou l'économie va s'effondrer. Payez ou adieu aux économies. Adieu aux retraites, adieu aux crédits de l’Etat, adieu aux emplois, aux maisons et à l'avenir. Ce fut effrayant et tout le monde a été accablé et  parla de peur. Prenez notre  argent! Nous ne craignons rien. Nous allons même  en imprimer plus pour vous! Allez, prenez-le. Mais laissez nous tranquille, s'il vous plaît

Les patrons  dans leur bureaux et ceux des  fonds de spéculation  ne pouvaient pas s'empêcher de rire, de jubiler et trois mois plus tard,  ils s'échangeaient des chèques de formidables bonus et s'émerveillaient d'avoir joué une nation pleine d'imbéciles. Des millions avaient perdus leurs emplois et des millions avaient perdu leurs maisons. Mais il n’y avait aucune révolte.

Jusqu'à maintenant. Au Wisconsin. Jamais le Michigan (voisin, ndlr)  n'avait été aussi  heureux de partager un grand lac avec vous. Vous avez éveillé le géant endormi connu comme le peuple travailleur des Etats-Unis d'Amérique. Maintenant la terre tremble et le sol change sous les pieds de ceux qui sont au pouvoir. Votre message a inspiré des gens dans les cinquante Etats et ce message est : Nous l'avons fait. Nous rejetons ceux qui nous disent que l'Amérique est en faillite. C'est exactement le contraire. Nous sommes riches de talents, d'idées, de travail et oui, d’amour. D'amour  et de compassion envers ceux qui  n'ont commis aucune faute et sont parmi nous. Mais qui désirent encore ce que nous désirons tous: rendez nous notre pays. Rendez nous notre démocratie ; notre nom les Etats Unis d'Amérique. Non l'Amérique des entreprises. Mais les Etats Unis d'Amérique.

Comment y arriver ? Eh  bien nous faisons un peu ici comme en Egypte, un petit peu de Madison. Et pensons un moment à nous rappeler que c'est un pauvre homme vendeur de fruits qui a donné sa vie en Tunisie pour  attirer l'attention  sur un gouvernement dirigé par des milliardaires qui étaient un affront à la liberté, à la moralité et à l'humanité.

Merci Wisconsin. Vous avec avez ouvert la possibilité de penser qu'il y avait une dernière chance d'écarter la menace qui pesait sur ce qui fait que nous sommes Américains. Pendant trois semaines vous avec tenus dans le froid, vous avez couché sur le sol, rallié des villes de l'Illinois. Quoiqu'il arrive, vous l'avez fait et une chose est sûre : Madison est seulement un début. La suffisance des riches leur a échappé. Ils ne peuvent se contenter de l'argent qu'ils ont pris au Budget. Ils ne peuvent être satisfaits en supprimant des millions d'emplois et en s'installant au delà des mers pour exploiter  partout les pauvres. Non, ils veulent encore plus- quelque chose de plus que tous les riches du monde. Ils veulent nos âmes. Ils veulent supprimer notre dignité. Ils veulent  nous faire taire pour que nous  ne puissions même pas nous assoir  à une table avec eux et discuter sur de simples choses comme  la taille d'une classe de l'école, ou de la veste pare balles des forces de police ou de permettre à un pilote, quelques heures supplémentaire de repos afin qu'il ou qu'elle soit capable de faire leur travail, leur emploi à 19.000 dollars par an. C'est ce que gagnent les pilotes qui naviguent sur les lignes intérieures des vols pour Madison. Ils veulent supprimer ce repos. Ils veulent les humilier et les déshumaniser. Après tout, ce n'est qu'un effort de plus.

Et cela  mes amis, c'est l'erreur fatale  de l'Amérique des Entreprises. Mais en essayant de nous détruire, ils ont donné naissance à un  mouvement _ un mouvement qui est devenus massif, une révolte non violente à travers le pays. Nous savons tous qu'il y a eu un jour nouveau et c'est notre part. Beaucoup de gens dans les médias ne comprennent pas cela. Ils disent qu'ils étaient concentrés sur l'Egypte  et n'ont rien vu venir. Maintenant  ils jouent la surprise et reste coi devant la venue de centaines de milliers de gens à Madison ces trois dernières semaines pendant ce temps d’hiver brutal. « Pourquoi se groupent-ils dans la froid ? Il y a eu l'élection en novembre et cela  supposait  que c'était réglé ! »

Il y a quelque chose qui arrive ici, et vous ne savez ce que c’est, n'est ce pas?

L'Amérique  n'est pas à la dérive. La seule chose qui le soit c'est le la boussole morale des dirigeants. Et nous devons régler cette boussole et diriger nous mêmes le bateau maintenant. Et l''oubliez jamais aussi longtemps que notre Constitution existe, que c'est une personne, un vote et que c'est une chose que les riches haïssent le plus en Amérique, parce que même s'ils possèdent l'argent et toutes les cartes,  ils savent que c'est un  principe immuable. Nous sommes plus nombreux qu'eux.

Madison ne reculez pas. Nous sommes avec vous. Nous vaincrons ensemble. »

Michael Moore

Traduction : Jacques Coubard

 

El%20cineasta%20Michael%20Moore,%20centro,%20en%20una%20manifestación%20de%20los%20trabajadores%20públicos%20de%20Wisconsin%20en%20el%20capitolio%20estatal%20en%20Madison,%20Wisconsin%20el%20sábado%205%20de%20marzo%20de%202011.%20%20Foto:%20EFE%20



Edité par T 34 - 12 Mar 2011 à 02:54
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Mar 2011 à 19:53

Journée de La Femme : Hommage à Aafia Siddiqui

 

Georges STANECHY
« Dis-moi comment tu traites La Femme, et je te dirai qui tu es. »
Marek Halter (1)

En ce 8 mars, « Journée de La Femme », ou plus précisément « Journée des Nations Unies pour les Droits de La Femme et la Paix Internationale », ayons une pensée pour une femme dont on n’évoque jamais le sort dans les médias de l’Empire : Aafia Siddiqui.

Quelques courageux s’y sont essayés, en dehors des véhicules traditionnels de l’appareil de désinformation. Notamment, dans les médias indépendants anglophones (2) et francophones (3). Il est vrai que le Pakistan, c’est loin.

Oui, Aafia Siddiqui est Pakistanaise. Diplômée en neurosciences d’une des plus prestigieuses universités des USA, le MIT (Massachussetts Institute of Technology). Elle s’était spécialisée dans les modes d’apprentissage des enfants et sur les thérapies de la dyslexie.

Mariée, mère de trois enfants : deux garçons et une fille. Partageant son temps entre ses consultations, car elle était médecin avant tout, ses recherches, son enseignement. Musulmane pratiquante, elle trouvait le temps d’animer des actions caritatives, collectant des fonds, organisant des secours, pour les démunis et les exclus de la société.

Le mensonge des escadrons de la mort

Jusqu’au jour où son destin bascula. Comme souvent quand il vole en éclats, ce fut dans l’horreur. Enlevée à Islamabad, avec ses trois enfants. En mars 2003. On perd sa trace, totalement.

A l’exemple de ces dizaines de Pakistanais, enlevés, disparus, dont on ne connaît pas le sort. Rappelant les pratiques en usage en Amérique latine lors de l’Opération Condor où les opposants, au Chili ou en Argentine notamment, étaient victimes de ces actions secrètes organisées par les “escadrons de la mort”, émanation des services spéciaux occidentaux.

Puis, par un prisonnier de nationalité britannique libéré, on apprend sa présence dans le camp US d’internement et de torture de Bagram, en Afghanistan. Sous le numéro : 650. Elle y aurait subi de multiples tortures, physiques, psychologiques, et viols. Pendant 5 ans.

Pour couvrir cette abjection, les autorités d’occupation inventent un scénario à la hauteur de leur intelligence de soudards : “grotesque”.

Ils prétendent ainsi qu’Aafia Siddiqui aurait été arrêtée dans la ville afghane de Ghazni, transportant dans “son sac” des produits chimiques, des plans pour faire des bombes et une liste de cibles aux USA (entre autres : Wall Street et le Pont de Brooklyn…). Tout juste, si elle n’affichait pas tout cet attirail sur une pancarte accrochée à son dos…

Diabolisée, considérée comme une militante d’Al Qaïda, surnommée par les organes de propagande Lady Al Qaïda, diffamée y compris sur sa vie privée, peinturlurée en pétroleuse des armes à feu et des bombes…

Suite à cette arrestation, elle est interrogée par une dizaine d’hommes de l’armée et des services spéciaux US. Au cours de cette cordiale entrevue, elle aurait tenté de s’emparer d’un fusil (que faisait un fusil dans une salle d’interrogatoire ?...) tirant sans blesser qui que ce soit. C’est elle qui est blessée par balle à l’estomac.

Transférée aux USA, elle est jugée finalement le 23 septembre 2010 à New York. Dans sa condamnation, le juge Richard Berman, ne retient aucun motif relevant du scénario terroriste à l’encontre de cibles aux USA, ni de collusion avec Al Qaïda et autres réseaux armés. Du fait de l’absence de preuves crédibles.

Elle est donc condamnée à 86 ans de prison pour avoir menacé et tiré, sans les blesser, sur ses interrogateurs US. Constituant le seul acte de “terrorisme” à sa charge. Ce qu’elle a toujours nié, disant ne pas savoir utiliser une arme.

Mais, six militaires ont témoigné contre elle… L’accusation, par la voix de l’Assistant US Attorney (équivalent d’un substitut du procureur) Christopher La Vigne, souhaitant une condamnation à perpétuité, ne cessant de clamer : « Cet acte, ce crime était horrible par son intention », (“This act, this crime was horrific in its intent”)… (4)

Relevez avec soin le mot : « intention ». Le support, la légitimation de toute Inquisition : l’intention.

Parodie de Justice qui choque les citoyens américains eux-mêmes, du moins ceux qui se soucient des Libertés Publiques et de la Dignité Humaine. (5)

Avec dignité, devant les protestations de la salle d’audience à l’énoncé du jugement, Aafia Siddiqui a demandé à l’assistance de pardonner au Juge et au Jury, faisant référence au Prophète qui n’avait jamais pratiqué la revanche personnelle. Affirmant qu’elle ne voulait pas faire appel, sachant que ce serait une procédure inutile.

Elle est, à présent, enfermée dans des quartiers de haute sécurité à la prison de Forth Worth, au Texas, comme une redoutable criminelle. Aucun contact avec l’extérieur. Sans voir ses enfants, bien entendu.

Le silence des Belles Ames

Notons qu’après plusieurs années de détention, séparés de leur mère, deux de ses enfants ont été rendus à la famille. Le troisième serait mort au moment de l’enlèvement. Ahmed l’ainé, qui avait 12 ans lors de l’enlèvement et souffre de graves troubles psychologiques, se souvient de son petit frère, Souleiman, âgé de 6 mois, gisant sur le sol dans une mare de sang. Dans son procès, Aafia Siddiqui a pu faire allusion au fait qu’ils auraient été torturés sous ses yeux.

Pourquoi cet acharnement ?...

Ces personnalités scientifiques, avec leur formation et leur expérience de niveau international, sont très surveillées par les services spéciaux. Elles forment une élite, un leadership potentiel, constituant, dans leur vision paranoïaque, un danger pour les intérêts de l’Empire et les dictatures corrompues qui contribuent à leur protection.

Son simple mode de vie était vécu come une provocation. Elle n’intégrait pas le circuit de la corruption. Au contraire, son comportement citoyen, son éthique, représentaient un véritable blasphème pour l’oligarchie et ses « escadrons de la mort ». Ce déni devenant un délit d’intention, une hérésie, pour atteinte aux intérêts de l’Empire.

D’autant plus qu’elle était une femme musulmane, ne correspondant pas aux canons de la propagande islamophobe ne cessant de les dépeindre en “femme-esclave” qu’il convient de libérer. Son dynamisme, son indépendance d’esprit, son rôle actif dans la collectivité, son influence, son rayonnement, gênaient les spécialistes de la désinformation.

Pour eux, il devenait indispensable de la diaboliser comme une sorcière au Moyen-Age, la brûler en place publique après torture et faux procès. Ces personnes qui veulent donner du sens à leur société, à leur collectivité, on les assassine ou on les brise. Elle est tombée dans la deuxième catégorie. Elle est brisée.

Pour l’Empire, c’est un exemple destiné à bien faire comprendre que même dans son comportement on se doit de se plier à ses volontés, ses normes, ses représentations, surtout dans les pays colonisés sous dictature. L’Empire ne pratique pas la “guerre contre La Terreur”. Il instaure la terreur.

Mais, Aafia Siddiqui n’est pas oubliée. Heureusement, blogs, sites, se sont constitués à travers le monde. Tout un maillage de solidarité, grâce à Internet. Des bénévoles voulant défendre la Dignité Humaine (6), ainsi que sa famille qui se mobilise tenant un site officiel, malgré menaces et piratages, animé par ses sœurs tout particulièrement (7).

Elle est devenue au Pakistan et en Asie un symbole de l’acharnement de l’Occident dans le déni du respect élémentaire de La Dignité Humaine, de la Justice, à l’égard des populations qu’il domine militairement.

Bien sûr, Les Belles Ames se taisent, chez nous. La cause n’est pas « vendable »…

Les associations et ONG ayant pignon sur rue, si promptes à s’enflammer pour le moindre “dissident”, craignent de perdre sponsors et subventions, provenant de multiples canaux. Plus souterrains et occultes que transparents. Leur hantise : voir le robinet soudainement se fermer !… Adieu voyages, congrès et autres prétextes à fréquenter palaces, plateaux TV et « grands » de ce monde !…

C’est le culte du Totem : la langue de bois.

Contemplez dans ce texte en français celui, en acajou massif, d’Amnesty International, véritable chef d’œuvre du genre (8)…

Elle a eu 39 ans, le 2 mars dernier.

Aafia Siddiqui, ton supplice incarne toute l’injustice et la violence de cet Empire malade, profondément malade, qui dans sa mégalomanie prétend donner des leçons d’humanité à la planète. Il t’a emmurée vivante, comme au Moyen-Age on jetait dans les oubliettes après la torture. Probablement, pour que tu n’entendes pas les voix de ceux qui partagent ta souffrance et exigent ta libération.

Mais, au-delà des murs, grilles et portes blindées, nous savons que tu ressens les vibrations de cette multitude de pensées, de tendresses, de prières, veillant sur toi…

Georges STANECHY

(2) Victoria Brittain, The Siddiqui Case – A New Turn as Lawyers Release Explosive, Secretly Recorded Tape, A CounterPunch Special Report, 14 février 2011, http://www.counterpunch.org/brittain02142011.html

(3) Pascal Sacre, Le traitement médiatique et politique des prisonniers d’opinion, Le Grand Soir, 17 octobre 2010, http://www.legrandsoir.info/Le-traitement-mediatique-et-politique-des-prisonniers-d-opinion.html

(4) Patricia Hurtado et Bob Van Voris, Pakistani Woman Gets 86 Years for Attacking Americans, Businessweek, September 23, 2010, http://www.businessweek.com/news/2010-09-23/pakistani-woman-gets-86-years-for-attacking-americans.html

(5) Stephen Lendman, Aafia Siddiqui : Vicimized by American Injustice, http://wondersofpakistan.wordpress.com/2010/02/10/aafia-siddiqui-victimized-by-american-injustice/

(6) Exemple : http://www.justiceforaafia.org/

(7) Site officiel animé par sa famille : http://www.freeaafia.org/

(8) Amnesty International, Etats-Unis - Amnesty International assistera à titre d’observateur au procès d’Aafia Siddiqui, Déclaration publique, Index AI : AMR 51/004/20010, 19 janvier 2010, http://www.amnesty.org/en/library/asset/AMR51/004/2010/en/7a8ad8a4-90b5-4567-9e42-e9ee86838918/amr510042010fr.html

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Mar 2011 à 22:34
Guantanamo: Obama reprend les procès, encadre la détention illimitée

De Lucile MALANDAIN (AFP)

WASHINGTON — Dans une série de décisions lundi, le président américain Barack Obama a ordonné l'organisation de nouveaux procès militaires d'exception et encadré la détention illimitée de plus de 40 détenus de Guantanamo, renonçant à la plupart de ses engagements de campagne.

Ces nouvelles mesures inscrivent dans la durée l'action de la Maison Blanche sur la base navale américaine située à Cuba.

De nouveaux longs procès pour crimes de guerre vont y être organisés et le réexamen des situations individuelles de ceux qui seront enfermés indéfiniment sans procès doit avoir lieu d'ici un an, puis tous les trois ans.

"Nous nous efforçons de poursuivre l'objectif du président de fermer la prison de Guantanamo, tout en établissant un cadre juridique cohérent avec notre sécurité et nos valeurs", a assuré un haut responsable de l'administration Obama sous couvert d'anonymat.

En mai 2009, M. Obama avait rappelé ne pas être contre le principe de tribunaux d'exception pour juger les suspects de terrorisme mais rejeter la manière dont ils avaient été conçus par son prédécesseur.

Le président démocrate "est toujours déterminé à fermer Guantanamo", a poursuivi le haut responsable, même si son administration a récemment reconnu que ce ne serait pas possible avant 2012.

Le gel des procès à Guantanamo avait été l'un des premiers gestes du nouveaux président américain, désireux de marquer une nette rupture avec les années Bush.

Mais le Congrès lui a depuis mis des bâtons dans les roues, interdisant le transfèrement de tout détenu sur le sol américain, même pour y être jugé. De fait, même ses adversaires politiques les plus farouches, comme le représentant républicain Peter King, ont salué les mesures adoptées jeudi estimant qu'"elles confirment la doctrine Bush selon laquelle notre gouvernement a le droit d'emprisonner de dangereux terroristes jusqu'à la fin de la guerre".

Concrètement, la Maison Blanche va demander au secrétaire à la Défense Robert Gates de renvoyer de nouveaux accusés devant les tribunaux de Guantanamo réformés en 2009 par l'administration démocrate et le Congrès pour donner davantage de droits à la défense et interdire les déclarations faites sous la contrainte.

Ces nouveaux renvois devraient intervenir "très bientôt, c'est une question de semaines ou de jours", selon un autre haut responsable.

Parmi eux, le plus attendu est celui d'Abd-Al-Rahim Al-Nachiri, le principal suspect dans l'attentat du navire militaire américain USS Cole en 2000 au Yémen. L'avenir judiciaire des cinq hommes accusés d'avoir organisé les attentats du 11-Septembre est également en suspend.

Trois procès déjà très avancés lors de la prise de fonction de M. Obama se sont tenus à Guantanamo en 2010.

Pour l'administration, il s'agit d'un "outil important pour combattre le terrorisme international qui tombe sous notre juridiction tout en confirmant l'Etat de droit". Mais elle a répété lundi sa détermination à organiser certains procès devant des tribunaux de droit commun.

Parallèlement, un nouveau décret encadre la détention illimitée de plus de 40 des actuels 171 détenus de Guantanamo, car jugés trop dangereux pour être libérés mais contre lesquels les preuves sont insuffisantes ou non recevables.

Une audience devant un conseil réunissant des personnalités civiles et militaires permettra au détenu de présenter sa défense. L'accusation devra lui fournir en amont tous les éléments nécessaires à la préparation de son dossier.

A la suite de cette audience, un réexamen des documents sur un changement de situation sera organisé tous les six mois pendant trois ans, avant la tenue d'une nouvelle audience.

Une révision des efforts de l'administration pour rapatrier ou envoyer des détenus vers des pays tiers sera également pratiquée d'ici un an puis "au moins quatre ans plus tard", afin de vérifier que "continuer d'enfermer des prisonniers de guerre reste cohérent avec les intérêts des Etats-Unis".


Moubarak dégage
 
 
Une vidéo de Cubainformación qui fait le lien entre les manifestations dans le monde arabe et celle des Etats-Unis, le lien entre déficit budgétaire et dépenses militaires.
 
Une des proposition des syndicalistes étasuniens est de  demander à leurs collègues égyptiens les pancartes où il est écrit Moubarak et de les recylcer en rayant les trois premières lettres
 


Edité par T 34 - 08 Mar 2011 à 23:46
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Mar 2011 à 19:34

Le calvaire de Bradley Manning : Sous Obama, il vaut mieux commettre un crime de guerre que d’en révéler un (Counterpunch)

 

Charles DAVIS, Medea BENJAMIN

Bradley Manning est accusé d’avoir humilié l’establishment politique en révélant la complicité d’importants officiels étasuniens dans l’exécution et la dissimulation de crimes de guerre. Pour le punir d’avoir écouté sa conscience, le gouvernement étasunien le maintient abusivement en cellule d’isolement, l’humilie et essaie de le garder derrière des barreaux sa vie entière.

La leçon est claire et les soldats l’ont comprise : Il vaut mieux commettre un crime de guerre que d’en dévoiler un.

Manning, un officier des services secrets de 23 ans en service au Kuwait - choqué par ce qu’il a vu- a supposément communiqué des dizaines de milliers de câbles du département d’état au Website spécialisé dans les révélations Wikileaks. Ces câbles montrent que des officiers étasuniens ont couvert à peu près tous les crimes, des viols d’enfants financés par le trésor public en Afghanistan aux bombardements illégaux du Yemen. Manning est aussi accusé d’avoir fait fuiter la vidéo qui montre des pilotes étasuniens tirant sur plus d’une douzaine d’Iraquiens à Bagdad, dont deux journalistes de Reuters, puis tuant le père de deux enfants qui s’était arrêté pour leur porter secours. Les deux jeunes de l’homme furent aussi sérieusement blessés.

"Eh bien c’est leur faute ! Ils n’ont qu’à pas amener des enfants à la guerre" a déclaré un pilote étasunien que le remords n’étouffait pas dans cette vidéo de juillet 2007 intitulée "meurtre collatéral".

Aucun de ces soldats coupables de crime de guerre n’a été puni, ni aucun des officiels de haut rang qui leur ont donné leur aval. En fait, un soldat a plus de chance de recevoir une médaille que d’aller en prison s’il commet un crime de guerre. Et que se passe-t-il pour ceux qui ont donné leur aval ? Eh bien on leur offrira un contrat pour écrire un livre et des émoluments à 6 chiffres pour faire des conférences. Vous n’avez qu’à demander à George W. Bush. Ou à Dick Cheney, Donald Rumsfeld ou Condoleeza Rice. Ou au "respectable" (on se demande bien en quoi) Colin Powell.

En fait, tout indique que Manning serait dans une bien meilleure position aujourd’hui -probablement en train de faire des conférences plutôt que de croupir en cellule d’isolement- s’il avait tué lui-même ces hommes à Bagdad.

J’exagère ? Regardez ce qui est arrivé aux soldats étasuniens qui pendant quelques heures - pas quelques minutes - sont allés de maison en maison dans la ville irakienne de Haditha et ont exécuté 24 hommes, femmes et enfants en représailles du bombardement du bord de la route.

"Je les ai vus tirer sur mon grand-père, d’abord dans la poitrine, puis dans la tête" a déclaré un des deux témoins qui ont survécu au massacre, Eman Waleed, un enfant de neuf ans. "Puis ils ont tué ma grand-mère." Presque cinq ans plus tard, il n’y a aucun des hommes qui a pris part au massacre derrière les barreaux. Et en dépit d’une enquête qui a révélé que des déclarations faites par la chaîne de commandement "suggéraient que la vie des civils iraquiens n’est pas aussi importante que la vie de soldats étasuniens" et que le meurtre de civils innocents à la peau brune "était juste le prix de revient du business" aucun de leurs supérieurs n’est derrière les barreaux non plus.

Maintenant regardez comment Bradley Manning est traité. Le premier mars, l’armée a accusé Manning de 22 délits supplémentaires -en plus des premières charges qui étaient d’avoir révélé de l’information classifiée, d’avoir désobéi aux ordres et de s’être mal conduit de façon générale. Une des nouvelles accusations "aide à l’ennemi" est passible de mort. Cela signifie que Manning est susceptible d’être exécuté ou de passer toute sa vie en prison pour avoir dévoilé l’horrible vérité du l’Empire étasunienPendant ce temps, l’administration Obama a décidé de rendre la période qui précède le procès aussi inhumaine que possible pour Manning, en le maintenant en cellule d’isolement 23 heures par jour, depuis son arrestation il y a 10 mois, un traitement qui le groupe "psychologues pour la responsabilité sociale" qualifie de "traitement pour le moins cruel, inhabituel et inhumain en violation avec la loi étasunienne."

En plus de l’horreur de l’isolement sur le long terme, Manning n’a pas le droit de faire de l’exercice dans sa cellule ni d’avoir des draps et un oreiller. Et toutes les cinq minutes il doit répondre par l’affirmative au garde qui lui demande s’il est "OK"

Il ment probablement.

Et maintenant ça empire encore. Sur son blog, l’avocat militaire de Manning, le Lt David Coombs, révèle qui son client est désormais complètement déshabillé le soir, et laissé nu et sous surveillance étroite pendant sept heures. Quand on sonne le réveil à 5 heures du matin il est alors "obligé de se tenir debout tout nu devant sa cellule."

Si vous me faites remarquer que l’empereur n’a pas d’habits, je vous dirais que l’Empire va s’assurer que vous n’en ayez pas non plus.

Les officiels de la base de la Marine de Quantico où Manning est enfermé prétendent que cette mesure n’est pas "une punition" mais que c’est au contraire "une mesure conservatoire" destinée à l’empêcher de se faire du tort à lui-même. Croyez-vous vraiment que Manning va s’étrangler avec ses sous-vêtements - et qui plus est en étant sous surveillance 24 heures sur 24 ?

"Est-ce que c’est Quantico ou Abu Ghraib ?" a demandé le républicain Dennis Kucinich dans un communiqué de presse. C’est une bonne question, Monsieur le représentant du Congrès. Comme il en a été pour les hommes emprisonnés dans la chambre de torture du précédent président étasunien, Manning est humilié et torturé bien qu’il n’ait même pas été jugé par un tribunal militaire, et encore moins jugé coupable de quelque crime que ce soit.

Et voilà où en est l’homme de loi spécialiste en droit constitutionnel qui s’est présenté comme le candidat de l’espoir et du changement.

Vous souvenez-vous de l’époque où Obama faisait campagne contre ces mêmes techniques de torture pratiquées par Bush et ses supporters ? Vous rappelez-vous qu’Obama a dit : "Ceux qui révèlent des choses cachées témoignent de la bonne santé d’une démocratie et on doit les protéger des représailles" ? On voit maintenant que son soutien pour eux n’était que de la rhétorique. Depuis il a été élu.

Et c’est un fait, en dépit de ses belles promesses et de ses belles paroles, la manière dont Obama traite Manning n’est pas différente de ce que faisait Richard Nixon. Pas plus qu’Obama -qui a poursuivi plus de personnes pour avoir communiqué des informations secrètes que n’importe quel autre président dans l’histoire- Nixon n’aimait les "mouchards" et ne voulait que le public étasunien sache ce que faisait son gouvernement. Et comme Obama il a prétendu que Daniel Ellsberg, qui avait révélé les Documents du Pentagone avait "aidé et soutenu l’ennemi" en dévoilant la vérité sur la guerre du Vietnam.

Mais il y a une différence : Richard Nixon n’a jamais jeté le grand héros qui a révélé la vérité à son époque seul dans un cachot et ne l’a pas torturé. Si seulement on pouvait en dire autant de Barak Obama.

Medea Benjamin est cofondatrice de Global Exchange et CODEPINK : Women for Peace

Charles Davis est un journaliste indépendant. Le 20 mars, CODEPINK et d’autres marcheront vers la base de la Marine de Quantico pour soutenir Bradley Manning. Vous pouvez signer la pétition de CODEPINK qui demande au président Obama la grâce de Bradley Manning.

Pour consulter l’original : http://www.counterpunch.org/benjami...

Traduction : D. Muselet pour Le Grand Soir

EN COMPLEMENT :

le site de soutien à Bradley Manning : http://www.bradleymanning.org/fr

soutien financier : https://co.clickandpledge.com/sp/d1...

Lui écrire :

Bradley Manning
c/o Courage to Resist
484 Lake Park Ave #41
Oakland CA 94610
USA


Sur la mort de neuf enfants.

 

4 mars 2011. Une frappe aérienne de l’OTAN (lire : USA) a tué 9 enfants sans armes qui ramassaient du bois, près de leur village, en Afghanistan, à environ 12 000 km des USA.

Le général commandant de la Force internationale d’assistance à la sécurité (sic) s’est dit désolé et il va s’excuser auprès du « président Karzaï », marionnette US qui a déjà condamné « cette tragédie ».

Moins de dix jours plus tôt, une attaque similaire avait tué 65 civils dans le même coin.

Les génies du Pentagone ont élaboré des plans complexes : « Un rassemblement en bas ? Tu canardes, tu regardes avec les jumelles, tu cries victoire ou tu t’excuses. Dans le premier cas, médaille, dans le second (cours de récréation, fête villageoise, cérémonie...), pas de médaille ».

Dans Le Grand Soir, un auteur féru d’humour noir (qu’il se dénonce !) a écrit naguère qu’il faudrait que les Afghans évitent de se marier le jour de leur enterrement. Ce qui suppose qu’ils attendent au moins leur puberté avant d’éparpiller leurs entrailles dans la poussière.

Théophraste R.

PS. Certains s’étonnent de la sauvagerie avec laquelle les USA installent et défendent la démocratie en Afghanistan. Pour comprendre, il suffit de remplacer « démocratie » par « pipeline » et de regarder une carte sur l’acheminement du pétrole.

Y rezan de buena fe
y rezan de corazón
pero también reza el piloto
cuando monta en el avión
para ir a bombardear
a los niños del Vietnam
para ir a bombardear
a los niños del Vietnam
 
No, no, no basta rezar
hacen falta muchas cosas
para conseguir la paz (Bis)
 
Alí Primera


Experto de la ONU pide investigación “seria” sobre torturas durante administración de Bush


Mayoría de estadounidenses opuestos a recortes en gastos sociales



Edité par T 34 - 10 Mar 2011 à 01:22
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Mar 2011 à 04:10

La bataille de Madison (Wisconsin)

 

Helena Jansen

 

Une combat syndical historique et exemplaire aux USA. Depuis deux semaines tout les regards sont tournés vers le Madison, la capitale de l'état américaine Wisconsin, où se joue l’avenir du syndicalisme aux États-Unis. Scott Walker, le nouveau gouverneur républicain cherche non seulement à faire des économies sur le dos des travailleurs, mais aussi à vider de leur substance les négociations de conventions collectives.

 

Les syndicats bien conscients que ces mesures ont pour objectifs d’écraser complètement les organisations des travailleurs jettent toutes leurs forces dans la bataille, car le Wisconsin n’est que le banc d’essai, le premier pas dans une offensives généralisé que les Républicains veulent lancer contre les organisations syndicales.

Le Wisconsin, état du nord des USA, ne reçoit pas souvent l’attention des média, si ce n’est pour leur équipe de football américain, les Packers, fondée jadis par les ouvriers d’une conserverie, qui a remporté le Super Bowl 2010. L’économie repose sur l’agriculture, en particulier les produits laitiers, l’industrie et les services. Parmi les plus 10 gros employeurs de l’états 8 sont dans les secteurs de l’enseignement, la santé et les services publics. Wisconsin est aussi un état relativement progressiste et le berceau du syndicat des employés de la fonction publique AFSCME, un des plus grands syndicats des USA avec plus de 1,4 million de membres.

Scott Walker vs. les syndicats 

 

Scott Walker, gouverneur Républicain fraîchement élu entend frapper un grand coup : sous prétexte de réduire le déficit et relancer l’économie sans augmenter les impôts , il veux offrir des réductions des taxes pour les entreprises et faire payer la note aux travailleurs du secteur public. Sa ‘recette miracle’ : retirer aux syndicats quasiment toute possibilité de négocier collectivement. Une telle loi auraient des conséquences dramatiques pour les travailleurs, mais aussi pour les syndicats qui seraient amputés de leur moyens d’actions et condamnés au déclin. Un déclin qui se répercuterait sur le Parti Démocrate qui bénéficie du soutien financier et de l’influence des syndicats. Walker veut aussi réduire la contribution de l’État au Medicaid, le programme d’assistance médicale aux plus démunis et aux personnes souffrants d’handicaps.

Des enjeux nationaux et une détermination à la hauteur

Le Parti Républicains à le vent en poupe après les élections de Novembre 2010, poussé par le mouvement de droite populiste Tea Party, et entend frapper un grand coup : imposer une législation anti-sociale exemplaire dans un des bastion du syndicalisme, pour ensuite l’appliquer partout ailleurs où les Républicains disposent d’une majorité. Une proposition de loi similaire a déjà déclenché des manifestations dans les états de l’Ohio. Conscient de ces enjeux, les travailleurs du Wisconsin sont fermement décidés à défendre leurs acquis sociaux becs et ongles, soutenus en cela par les syndicats à travers tout les USA et au delà. Les images de soulèvements et la détermination des peuples du monde arabe agissent aussi comme un encouragement. Quand les travailleurs du Wisconsin et leurs alliés investissent la rotonde du Capitol (le parlement), un espace généralement ouvert aux manifestations publiques, c’est pour organiser une occupation durable, improvisant dortoirs, atelier de fabrication de panneaux, centre d’information. Lorsque la capacité maximum des lieux est atteinte ils forment une file à l’extérieur, encerclant le bâtiment.

Solidarité au delà des frontières

Très vite le mouvement prend de la vitesse et de la force. Les enseignants et les employés sont rejoints par les étudiants. Dès le début du mouvement le gouverneur roule de mécanique et annonce qu’il fera appel aux militaires de la Garde Nationale si besoin en est, pour garder les prisons, par exemple, une déclaration qui aura un impact négatif. Des athlètes des Packers, véritable héros du Wisconsin et syndiqués eux aussi, se déclarent solidaires du mouvement. Alors qu’ils sont épargnés pas les mesures d’austérité, les policiers et pompiers joignent le mouvement. Alors que les législateurs veulent interdire l’accès au Capitol, un syndicat de la police a appelé publiquement ses membres à passer leurs nuits avec les manifestants qui occupent les lieux. Les message de soutiens arrivent de partout, de groupes religieux ou d’artistes reconnus. Des liens informels se créent avec le soulèvement égyptien : à Madison les manifestants multiplient les références aux évènement du Caire, alors que sur la place Tahrir des manifestant affichent leur soutient à ceux du Wisconsin. Le grand absent est Obama, qui en 2007 affirmait que si jamais le droit des travailleurs à s’organiser ou à négocier était remis en cause, on le verrait aux piquets de grève. Encore une promesse qu’il ne tiendra pas.

Guerilla parlementaire et canular téléphonique

L’opposition au Sénat essaye de gagner du temps en empêchant le vote : les 14 sénateurs Démocrates ont quitté le Wisconsin, empêchant les 19 Républicains de voter des mesures budgétaires qui requièrent la présence d’au moins 20 sénateurs. Le 23 février un journaliste a appelé le gouverneur Walker, se faisant passer pour David Koch, un milliardaire finançant la droite antisociale. Dès lors le gouverneur abandonne la langue de bois, parle d’aller négocier avec le Démocrates ’avec une batte de baseball’, de comment il a considéré infiltrer des provocateurs parmi les manifestants ou introduire des propositions de lois pour forcer les Démocrates à revenir.

Une conclusion incertaine

Après deux semaines le résultat de ce bras de fer reste incertaine. Les deux camps sont déterminés, et l’issue de cette lutte aura des conséquences profondes et à long terme pour les mouvements syndicaux, pour le meilleur ou pour le pire.

(* Helena Jansen vit et travaille aux États Unis )

Source : Solidaire

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Mar 2011 à 20:06

Wisconsin : Sarah Sloan dénonce la manipulation par les médias.

 

TELESUR

8 Mars 2011 - Les médias qui couvrent les mobilisations contre la loi anti-syndicats dans le Wisconsin, et dans d’autres Etats du Nord du pays, manipulent l’information pour favoriser les classes puissantes du pays qui tireraient profit d’une éventuelle approbation de la réglementation.

C’est ce qu’a dénoncé ce mardi l’analyste politique Sarah Sloan, qui, lors d’une entrevue accordée à Télésur, a été d’avis que les médias US "vont bien au delà de tenter de cacher la vérité".

"Ce qu’ils veulent, c’est manipuler la situation" relative aux protestations contre la loi anti-syndicats, a dit l’analyste.

Elle a ajouté que les médias "tentent d’opposer les travailleurs du secteurs public à ceux du secteur privé".

" Les articles relatifs à ces manifestations sont centrés sur le fait de publier que les travailleurs du secteur privé sont d’avis que ceux du secteur public ont des salaires trop élevés (...) C’est un coup froidement calculé par les médias".

Dans le même sens, elle fait remarquer que cette couverture de ce qui se passe en Amérique du Nord "atteint toute la classe laborieuse des Etats-Unis (...). Les médias veulent les diviser."

"Nous savons, assure-t-elle, qu’il y a une relation très étroite entre les médias US et les entreprises de ce pays (...) Les gens qui prétendent faire passer ces lois anti-syndicats sont les mêmes que ceux qui ont des participations financières dans les médias."

"La classe des travailleurs compose la plus grande partie des Etats-Unis, et moins de I% contrôle la richesse du pays." ajouta-t-elle.

Egalement lors d’une entrevue avec Telesur, le président du Syndicat International des Travailleurs, Eliseo Medina, a affirmé qu’avec la loi anti-syndicats, "abandonner le droit de réplique signifie qu’ils auraient la liberté d’en éliminer les acquis".

"La meilleurs manière de résoudre les problèmes de budget est de garantir à chacun sa part. Certaines entreprises ont plus de 100 000 000 de dollars et ne paient pas d’impôts. Si ces entreprises payaient leur part nous n’aurions pas de problème de budget", a exposé Medina.

"C’est une lutte sans rémission pour défendre la classe moyenne de ce pays, défendre nos salaires", a-t-il conclu.

(...) En plus du Wisconsin, se sont joints aux mobilisations les populations d’autres Etats du Nord des Etats-Unis comme l’Indiana, Rhode Island, le New Jersey et l’Ohio car on prétend aussi y imposer cette "mesure". , Le 2 Mars dernier, le Sénat de l’Ohio a approuvé, avec 17 voix pour et 16 contre, la loi qui limite la possibilité de négociation syndicale et interdit les grèves. Ensuite, elle devra passer à la Chambre des Représentants où l’on s’attend à ce qu’elle soit approuvée aussi.


massive manifestation au Wisconsin suite a l'approbation de la loi antisyndicale
 
 


Edité par T 34 - 11 Mar 2011 à 00:10
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Mar 2011 à 01:55

La Cour suprême accède à la requête d’Hank Skinner

Incarcéré aux États-Unis depuis 1994, le condamné à mort a obtenu le feu vert pour réclamer à la justice texane le droit de réaliser des tests ADN qui pourraient l’innocenter. Une première victoire.

C’est une lumière au fond du tunnel du couloir de la mort. Après quinze ans à clamer son innocence, Hank Skinner, condamné à la peine capitale pour un triple meurtre qu’il a toujours nié, a gagné une partie de taille dans la bataille qu’il livre contre la justice. Lundi, la Cour suprême des États-Unis s’est rangée du côté du condamné à mort. Il pourra saisir le tribunal fédéral du Texas qui jusqu’à présent lui refusait le droit d’effectuer des tests ADN, à même, assure-t-il, de l’innocenter. «Nous sommes impatients de démontrer devant le tribunal fédéral que le refus inexplicable du Texas d’accorder à Hank Skinner un accès aux tests ADN est injuste et ne peut pas rester en l’état», a déclaré Robert Owen, l’un de ses avocats.

Hank Skinner a été arrêté en 1994 pour le triple meurtre de sa compagne et de leurs deux enfants dans la nuit du 31 décembre 1993. L’homme, présent sur les lieux, était évanoui après avoir absorbé un cocktail de codéine et d’alcool. Ce qu’une prise de sang confirmera. Autrement dit, il était dans l’incapacité physique de commettre ces meurtres. Deux ans plus tard, il est condamné à mort par la justice texane, championne des condamnations à la peine capitale. Il y a moins d’un an, le 24 mars 2010, Hank Skinner a échappé in extremis à l’injection létale : trente-cinq minutes avant son exécution, la Cour suprême de justice a suspendu, provisoirement, sa mise à mort.

Tortures psychologiques et déni de justice sont le lot quotidien des quelque 3 000 condamnés à mort aux États-Unis. Depuis 1995, la défense d’Hank Skinner demande la réalisation de tests ADN sur des éléments retrouvés sur les lieux du crime.

La décision de la Cour suprême ouvre un nouveau chapitre du feuilleton judiciaire. «On peut être parti pour plusieurs années», a d’ailleurs déclaré, à l’AFP, Sandrine Ageorges Skinner, son épouse et militante abolitionniste. Hank Skinner a le feu vert pour poursuivre sa plainte au civil contre l’avocate générale qui refuse de faire procéder à des tests, ou de remettre les scellés à ses avocats afin que des tests privés puissent être réalisés à ses frais.

Un sondage encourageant mais... 

Deux tiers des Américains seraient favorables à la substitution de la peine de mort par des peines de prison à vie, d’après une étude réalisée par le Death Penalty Information Center en novembre 2010. 39% souhaitent que les condamnés soient interdits 
de sortie à vie et contraints d’indemniser les familles des victimes. 9% se prononcent pour une perpétuité avec possibilité de sortie. Les motifs avancés sont, entre autres, le coût financier de la peine de mort, le risque d’exécution d’un innocent et la discrimination sociale et raciale dont sont victimes les condamnés à mort.

Cathy Ceïbe

Source

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Mar 2011 à 19:22

Les Républicains du Wisconsin privent les fonctionnaires de la majorité de leurs droits de négocier une convention collective

Esta es la libertad sindical que le gusta a la derecha
 
 
 
MADISON, 10 mars, (RHC)- Le Sénat du Wisconsin est parvenu à faire adopter une loi privant les travailleurs de la fonction publique de l'État de la majorité de leurs droits de négocier une convention collective, mercredi, après que les élus républicains eurent trouvé un moyen de contourner l'absence des sénateurs démocrates.

Ce faisant, les sénateurs républicains sont parvenus à faire passer un projet de loi potentiellement explosif, qui a secoué l'État du Wisconsin et les syndicats d'un bout à l'autre du pays.

Des citoyens réunis sur le balcon intérieur de l'édifice sénatorial ont manifesté leur colère et traité les législateurs de «poules mouillées» pendant qu'ils procédaient au vote. En l'espace de quelques heures, le nombre de manifestants est passé de quelques centaines à plusieurs milliers.

Les 14 sénateurs démocrates de l'État du Wisconsin s'étaient réfugiés en Illinois, il y a presque trois semaines, privant le Sénat du quorum nécessaire pour approuver le projet de loi du gouverneur Scott Walker — dont l'objectif était de combler une insuffisance budgétaire de 137 millions de dollars.

Le Sénat exige un quorum pour adopter toute mesure impliquant une dépense d'argent. Mais mercredi, les républicains ont retiré du projet de loi tous les articles législatifs impliquant des dépenses monétaires. Peu de temps après, un comité spécial composé de membres du Sénat et de l'Assemblée législative ont approuvé la version révisée de la loi.

Source
 
Suite à ceci une guerre de révocation de sénateurs a commencé au Wisconsin
 

 


"La discriminación que sufrieron los afroamericanos en los años 40 y 50, la padecen ahora los musulmanes" afirma una congresista



Les républicains veulent réduire de 3 milliards de dollars le budget de l'agence environnementale fédérale (EPA) ce qui représente un tiers de son budget.


Edité par T 34 - 14 Mar 2011 à 20:44
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Mar 2011 à 16:25
La détention "contre-productive" du soldat Manning coûte son poste au porte-parole du département d'Etat
 

La%20détention%20contre-productive%20du%20soldat%20Manning%20coûte%20son%20poste%20à%20un%20conseiller%20d’Hillary%20Clinton

 
Le porte-parole du département d'Etat, Philip Crowley, proche conseiller de Hillary Clinton, a dû démissionner après avoir qualifié de "ridicules, contre-productives et stupide" les conditions de détention du soldat soupçonné d’être à l’origine de la fuite de 250 000 câbles diplomatiques.
Par Sébastian SEIBT (texte)
 

L’onde de choc WikiLeaks continue d’embarrasser l’administration américaine. Philip. J. Crowley, l’un des plus proches collaborateurs de la secrétaire d’État Hilary Clinton, a dû démissionner dimanche. Il lui était reproché d’avoir critiqué les conditions de détention de Bradley Manning, cet officier de l’armée américaine soupçonné d’être à l’origine de la fuite de 250 000 télégrammes diplomatiques américains révélés depuis janvier par WikiLeaks.

Philip Crowley avait qualifié le traitement infligé à Bradley Manning, détenu à la base militaire de Quantico (en Virginie) de "ridicule et contre-productif" lors d’une conférence au MIT (Massachussetts Institute of Technology, NDLR), jeudi dernier.

Un régime carcéral dénoné par Amnesty

Selon, l'organisation internationale des droits de l'Homme Amnesty International, le soldat serait maintenu en isolement complet 23 heures sur 24, serait privé de sommeil et devrait vivre en cellule uniquement vêtu d’un caleçon. Il serait, en outre, plongé dans le noir une bonne partie de la journée et souffrirait d’une quasi-cécité.

Le point de vue de Philip Crowley aurait, selon CNN, suscité l’ire de la Maison Blanche. Le président américain Barack Obama a même officiellement réagi aux propos de ce conseiller d’Hillary Clinton. "Le Pentagone m’a certifié que les conditions de détention [de Bradley Manning] respectaient les procédures habituelles" et était "correct" et "normal", a-t-il assuré lors de son point presse vendredi.

Peu avant de présenter sa démission, Philip Crowley a tenu à préciser sa prise de position controversée. "Ma remarque visait à souligner l’impact sur notre image dans le monde des interrogatoires et procédures secrètes de nos agences de sécurité", a-t-il expliqué tout en ajoutant qu’à son avis, "Bradley Manning mérite d’être là où il se trouve".

Un détenu embarassant pour les États-Unis

La situation de Bradley Manning est devenue, aux Etats-Unis, une question politique embarrassante pour l’administration Obama. L’aile gauche du Parti démocrate reproche de plus en plus au président de laisser ce soldat de 23 ans subir des traitements "inhumains".

Bradley Manning est suspecté d’avoir fourni à WikiLeaks la vidéo d’une bavure américaine en Afghanistan en 2007 et, également, d’avoir transmis les 250 000 câbles diplomatiques. Il a été officiellement accusé, le 4 mars, d’avoir "donné à l’ennemi des documents secrets", ce qui pourrait lui valoir la peine de mort selon le droit américain.

Ce soldat bénéficie d’une intense campagne de soutien sur l’Internet et Julian Assange, le porte-parole de WikiLeaks, l’a qualifié de "héros sans pareil".

 
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Mar 2011 à 15:58

La réalité du déficit : le problème, ce sont les inégalités de revenus, par Sam Webb

 source : http://peoplesworld.org/deficit-reality-income-inequality-is-the-problem/

Traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

Le tonnerre des mesures d’austérité et des coupes budgétaires est presque assourdissant. On pourrait s’imaginer le pays au bord de la faillite, sur le point de « passer de l’autre côté ».

Le vacarme est assez fort pour faire oublier à des gens pondérés que nous sommes le pays le plus riche du monde.

Notre domination n’est plus incontestée au sommet de l’économie mondiale, c’est clair, mais nous créons toujours assez de richesses pour fournir à chaque américain un niveau de vie décent autant que pour résoudre la prétendue crise des finances de l’Etat.

Mais en écoutant les médias dominants et la droite républicaine, on ne devinerait jamais que c’est ainsi. De leur point de vue, nous ne pouvons pas vivre aussi bien qu’autrefois, et, pire, nous ne pouvons aspirer à vivre mieux plus tard.

Le sacrifice est à l’ordre du jour, disent-ils, mais pas le sacrifice en général. Aucun d’entre eux ne demande aux compagnies et aux familles les plus riches de « redonner » , ni de partager la douleur des autres.

Non, ce n’est pas à leur programme. Au contraire, la crise des finances de l’Etat doit être résolue au dépens des travailleurs du secteur public et de l’ensemble des travailleurs, point final. Ils sont ceux qui doivent partager toute la douleur.

Mais où est la logique dans tout ça ?

D’abord, les travailleurs- aussi bien la « classe moyenne » que les pauvres- n’ont pas causé cette crise. Ils n’ont pas été les architectes des politiques économiques qui ont provoqué la crise.

Ensuite, vous ne pouvez pas demander aux travailleurs, avec ou sans emploi, qui ont peu ou pas de réserves financières, de résoudre le problème de l’explosion des déficits.

Soyez réalistes ! Allez prendre l’argent là où il est ! Prenez l’argent de ceux qui en ont beaucoup et qui ont été à l’origine de la crise, c’est-à-dire les familles et les compagnies les plus riches.

Durant les trois dernières décennies, le faussé entre riche et pauvres aux États-Unis a progressé à grands pas. Et les raisons sont incontestables : une structures fiscale de plus en plus dégressive, la dérégulation, les attaques antisyndicales, les délocalisations, la pression sur les salaires, le jeu de la spéculation, et caetera.

Pendant que les deux partis s’associaient à ce larcin commis par l’élite dirigeante capitaliste, la droite républicaine a fait un lifting politique et idéologique complet. Depuis Reagan, elle a non seulement facilité les transferts massifs de richesse en faveur des plus riches compagnies et familles, mais aussi tenté de détruire la capacité à s’organiser politiquement de la classe ouvrière et de ses alliés.

En 2008, le vol (légal et illégal) des travailleurs par les riches a atteint des niveaux extrêmes et obscènes. Et pourtant, ni les Républicains ni l’étage supérieur de notre société capitaliste n’étaient satisfaits de leurs gains malhonnêtes. Durant les deux premières années de la présidence d’Obama, ils se sont opposés même aux plus légères mesures pour enrayer et renverser ce processus. Et avec les victoires républicaines au niveau fédéral et au niveau des États durant les élection du printemps dernier, la droite Républicaine prépare son offensive.

Prétendant malhonnêtement avoir reçu un mandat pour couper dans les programmes du peuple au nom de la responsabilité fiscale et du besoin de revitaliser l’économie, le parti républicain insiste pour que ceux qui ont le moins à sacrifier se encore sacrifient plus, tout en laissant tranquille ceux qui ont des billions de dollars qu’ils n’ont pas gagnés et qui pourraient facilement, s’ils étaient redistribués de façon radicale, combler les déficits budgétaires, éliminer la pauvreté, et fournir la sécurité économique pour tous.

Le problème général auquel doit faire face le pays n’est pas celui de l’irresponsabilité fiscale mais celui de l’inégalité de revenu brut.

Il est possible de mettre de l’ordre dans notre fiscalité afin de remettre à flots notre navire économique, mais seulement si nous retransférons massivement des billions de dollars de revenus non gagné des familles et corporations les plus riches aux poches des travailleurs et du trésor public à tous les niveaux : ville, Etat, Etat fédéral.

Les actions du peuple du Wisconsin nous montrent ce qu’il en coûtera au niveaux local, régional et national de rendre effectif un changement si radical.

Seule une mobilisation massive et continue du mouvement ouvrier, des victimes de l’oppression raciste, de gens de toutes ethnie, de femmes, de jeunes, de personnes âgées et d’autres, pourra renverser les attaques venant de l’extrémisme de droite et mette notre pays sur une trajectoire qui place les gens avant les profits.


Se realiza la mayor manifestación de la historia de Wisconsin y las protestas siguen extendiéndose

Noticias Fox sigue siendo parcial y desbalanceada


Edité par T 34 - 16 Mar 2011 à 23:06
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Mar 2011 à 01:31

Paradoxal Wisconsin. Quand Madison se soulève contre les mesures d’austérité

Dans cet état du nord des États-Unis des dizaines de milliers 
de manifestants 
se relaient contre 
des coupes sociales et dans le droit syndical alors que
les électeurs viennent de porter une majorité ultra-réactionnaire aux affaires.

Depuis un demi-siècle on n’avait pas vécu cela à Madison, la capitale du Wisconsin, un État du nord-est des États-Unis. Depuis un mois, des dizaines de milliers de manifestants demandent l’abolition de la loi prétendant réduire le déficit de l’État en 2015, au prix de licenciements d’enseignants, d’infirmières, de fermeture de classes, de la baisse des salaires et de la couverture maladie, des retraites de tous les fonctionnaires, à la légère, à l’exception des pompiers et des policiers. Et à ces attaques antisociales s’ajoute l’interdiction des conventions collectives et pratiquement des syndicats dans les services publics. 170 000 salariés, un sur trois, sont visés.

Le nouveau gouverneur, Scott Walker, fraîchement élu en novembre dernier a décidé de frapper fort et de montrer l’exemple de l’application du programme des ultra-conservateurs républicains, les membres de la secte du Tea Party qui est à la tête de ce combat rétrograde.

Le Wisconsin sert de champ d’expérimentation. Scott Walker a pris les commandes du congrès local le 3 janvier soutenu par la majorité
républicaine dans les deux Chambres. Au centre de son argumentation, un mensonge déjà utilisé par Reagan pour se faire élire président dans les années quatre-vingt : les fonctionnaires ont des traitements plus élevés que les salariés du privé. Classique, mais démenti par tous les chercheurs. À travail égal, à formation égale, les salaires du public sont au-dessous de ceux du privé. Seul avantage, la retraite est garantie par l’État et ne dépend donc pas des spéculations à haut risque bien souvent pratiquées par les fonds de pension. Scott Walker et son parti ont joué sur la peur d’une nouvelle catastrophe financière aggravant le chômage si le déficit n’était pas comblé.

Le coup est rude, si rude que, dès janvier, les manifestations ont commencé avec les enseignants, les étudiants, bientôt accompagnés par tous les fonctionnaires et les syndicats menacés de disparition par l’application de la loi. Selon le système américain, pour qu’un syndicat existe, il faut que plus de 50 % des salariés d’une entreprise se prononcent en faveur de sa création et que tous les salariés paient des cotisations exonérées d’impôts. Et ces conditions drastiques d’exercice du syndicalisme seraient considérablement renforcées par la nouvelle loi.

Au départ, le Capitole a été occupé jour et nuit pour empêcher le vote de la loi sur le déficit. Et jusqu’à aujourd’hui une délégation est présente vingt-quatre heures sur vingt-quatre sous la coupole du Parlement. Sacs de couchage, pizzas livrées gratuitement par un restaurant local, les protestataires ont reçu des renforts venus de toutes les couches de la société et des syndiqués du privé. L’équipe de base-ball des Packers vainqueurs du Super Bowl, les pompiers en tenue et casque sur la tête, les militants de l’Association pour l’émancipation des gens de couleurs (NAACP) du révérend Jesse Jackson, héritier du pasteur Martin Luther King, tous sont venus apporter leur soutien. Michael Moore s’est rendu également sur place dénonçant fortement les méfaits de Wall Street. «Quatre cents Américains détiennent plus que la moitié des citoyens des États-Unis », a-t-il lancé, ajoutant que le Wisconsin n’était « pas en déficit». (Lire dans humanite.fr.)

Les sénateurs démocrates, qui avaient quitté le Parlement, empêchent ainsi Walker d’atteindre le quorum nécessaire à l’adoption de son projet. Mais le gouverneur a fait retirer de son texte tout le dispositif financier et a pu ainsi éviter cet obstacle du quorum. Scott Walter et ses amis ont cherché par tous les moyens à torpiller le mouvement. Au point de se faire piéger par un faux David Loch, le milliardaire, qui, avec son frère, a largement rempli les caisses du Tea Party; lequel entendait faire venir des fauteurs de trouble pour discréditer les manifestants. L’anecdote est passée dans son intégralité sur Internet, évidemment démentie par le gouverneur. Mais suscitant une demande d’explication publique du chef de la police…

La manifestation de samedi dernier fut la plus grande manifestation jamais vue à Madison. Ils étaient cent mille. Avec à leur côté un cortège de tracteurs des paysans du Wisconsin en faveur des services publics. Cortège paradoxal au pays qui a donné il y a quatre mois une majorité aux Républicains ? Une enquête menée par le Pew Center avance une explication. La majorité des électeurs interrogés sont en principe favorables à toutes les mesures réduisant le coupable déficit. Mais lorsqu’on les interroge un peu précisément sur la nécessité de sa résorption et les suppressions d’écoles, d’hôpitaux, la réduction des salaires et des indemnités maladie… la majorité se prononce alors en faveur des acquis sociaux. Le mouvement a entraîné le réveil des deux grandes centrales syndicales unies au Wisconsin.

La Maison-Blanche, elle, reste à l’écart. Elle se contente de se déclarer opposée aux atteintes à la liberté de négocier tout en relevant qu’il serait nécessaire de baisser les salaires. Comme l’a fait d’ailleurs Barack Obama, à la recherche d’un compromis avec les républicains pour faire adopter son budget fédéral. Mais la «reprise» proclamée urbi et orbi est bien loin de faire sentir ses effets sur l’emploi. Et ce dernier est le premier sujet d’angoisse au cœur des Américains. N’est-ce pas là qu’il faut chercher la principale raison du paradoxe de Madison. Personne ne peut dire comment évoluera le mouvement social surgi à un moment où on ne l’attendait plus. Une seule chose est sûre : il comptera à un peu plus d’un an de l’élection présidentielle.

Jacques Coubard

Source

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
 Répondre Répondre Page  <1 2526272829 60>

Aller au Forum Permissions du forum allez vers le bas

Powered by Flex Design® version v8m6r15
Copyright © 2001-2011 Flex Design

Cette page a été affichée en 0,187 secondes.