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Les sans papiers en France

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Jul 2013 à 22:18

Un nombre en augmentation de Roms étrangers évacués de force (LDH et ERRC)

Les Roms étrangers évacués de force durant le deuxième trimestre de l’année 2013 ont été plus nombreux que durant le premier trimestre. Ces nouvelles données délivrées par la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et le European Roma Rights Centre (ERRC) viennent d’être publiées dans le recensement des évacuations forcées du deuxième trimestre 2013.

Un total de 5 482 personnes ont été évacuées de force par les autorités durant le deuxième trimestre, comparé à 2 883 durant le premier trimestre de 2013.

La plus forte augmentation du nombre d’évacuations forcées a été observée en Ile-de-France. Dans les autres régions (incluant Paca, Rhône-Alpes et le Nord), les évacuations forcées ont perduré à un rythme stable.

Trois personnes, dont un enfant, sont décédées dans un incendie d’un squat à Lyon, le 13 mai. Ce serait une bougie d’éclairage qui aurait causé l’incendie après que l’électricité a été coupée quelques jours auparavant. En tout, le nombre de personnes forcées d’évacuer leurs lieux de vie à cause d’un incendie, d’une inondation ou d’une agression, a diminué (530 contre 1 007).

Durant le deuxième trimestre 2013, les évacuations forcées ont continué à un rythme élevé et, dans la plupart des cas, sans solution alternative crédible de relogement ni d’accompagnement social. Dans la pratique, la mise en application de la circulaire interministérielle du 26 août 20121 « relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites » reste rare, hétérogène ou est généralement très rapide et superficielle. Elle s’apparente souvent plutôt à un recensement des populations qu’à un réel et durable travail social d’insertion. Malgré le fait qu’aucune expulsion du territoire ne soit rapportée durant le deuxième trimestre, le recensement montre qu’il y a eu 8 distributions massives d’obligations de quitter le territoire français (OQTF), attribuées à 424 personnes.

Les autorités françaises continuent dans la réalité à violer impunément les lois européennes et plusieurs traités internationaux, notamment la Charte sociale européenne révisée. Ceci se perpétue tout en développant un discours gouvernemental ambigu, se traduisant dans les faits par la même violence qu’antérieurement. Les traumatismes faisant suite aux évacuations forcées continuent de provoquer une précarité de plus en plus grande : rupture d’accompagnement social, déscolarisation des enfants, rupture de soins, instabilité, pertes de biens personnels… sans évoquer les traumatismes psychologiques.

Ce n’est pas en souhaitant leur retour dans leur pays d’origine que l’on va réussir à insérer, en France, ces populations vivant dans les bidonvilles. Ce n’est pas une solution à long terme durable pour la France.

Nous demandons l’arrêt immédiat de cette politique de rejet : les évacuations forcées ne peuvent se perpétuer au mépris des traités internationaux et européens. Au-delà de l’application concrète de la circulaire du 26 août, nous demandons par ailleurs qu’une véritable politique d’insertion pour ces personnes en grande précarité soit mise en place. Cette politique devra dépasser celle qui « anticipe et accompagne » leurs expulsions ou leurs évacuations forcées.

Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Jul 2013 à 16:16

La France épinglée par l'Europe sur la scolarisation des roms

La scolarisation des enfants roms reste défaillante en France, trois ans après un rapport du Conseil de l'Europe qui l'avait invitée à trouver "d'urgence" des solutions pour la garantir, estime l'organisation basée à Strasbourg.

La Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (Ecri), un groupe d'experts des 47 Etats membres du Conseil de l'Europe, a salué mardi la publication, en septembre dernier, de trois circulaires ministérielles destinées à améliorer la scolarité des enfants roms mais souligne que ces textes ne tiennent pas compte des problèmes d'accueil non résolus. "Certaines municipalités exigent une domiciliation des familles sur la commune en préalable d'une inscription scolaire de leurs enfants, même temporairement, ce qui est contraire aux circulaires, dit-elle.

L'Ecri s'appuie sur un rapport de la Cour des comptes, publié en octobre 2012, et sur des constats d'ONG pour rappeler le nombre insuffisant des aires d'hébergement en France, le manque d'enseignants dans les classes d'élèves non francophones et les conséquences des mesures d'évacuation de certains camps. "Il a par exemple été signalé que l'évacuation des camps de septembre 2012 s'était traduite dans plus de 50 cas par la déscolarisation d'élèves issus de familles de Gens du voyage", précise-t-elle. Ces conclusions évaluent la mise en œuvre par la France de certaines recommandations formulées dans un rapport publié le 15 juin 2010.

Elles interviennent deux jours après que Christian Estrosi, député maire UMP de Nice, a relancé la polémique sur l'accueil des gens du voyage en ­appelant « les maires de France à la révolte » contre ceux qui occupent illégalement des terrains. « J’en ai maté d’autres, je vous materai », a-t-il déclaré à leur intention, en livrant son « mode d’emploi » pour y parvenir. Le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Niels Muiznieks, a sévèrement critiqué, mardi sur Twitter, les propos de Christian Estrosi : "Déclarations maire Nice sur #GensduVoyage inacceptables & irresponsables. Positif que (le ministre français de l'Intérieurl) Manuel Valls les ait condamnées. Discours sur Roms doit changer",

La mission du Commissaire aux Droits de l'homme est de promouvoir la prise de conscience et le respect des droits de l'homme dans les 47 Etats membres du Conseil de l'Europe. La France est un des pays ayant fondé en 1949 cette organisation paneuropéenne, dont le siège est à Strasbourg et dont le but premier est de veiller au respect des droits de l'homme et de la démocratie. Selon un récent rapport du Conseil de l'Europe, 10 à 12 millions de Roms vivent dans l'ensemble des pays d'Europe, où ils forment "l'une des communautés les plus défavorisées, confrontée quotidiennement à des cas de discrimination et à des insultes racistes".

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Jul 2013 à 02:38

Un été à Pau : " Bienvenue en France, ex-terre d'accueil"

Tout l'été, notre chroniqueur Jean Ortiz balade sa plume à travers la cité paloise pour une série de cartes postales impressionnistes de la France en lutte. Aujourd'hui : Marcela qui venait pour la première fois voir ses petits-enfants en valse hollandaise..."

Marcela est Latino-américaine, cultivée...on n'en dira pas plus... Et avait jusqu'à récemment une opinion plutôt positive de la France.
Ses petits-fils vivent dans le sud de la France... on n'en dira pas plus... et elle venait pour la cinquième fois les voir... mais la première fois en valse hollandaise... Fin 2012, le ministre "présidentiable" de l'Intérieur a, selon les associations, "durci" les conditions d'accueil des étrangers... M. Plaît-à-la-droite.

Marcela arrive à Roissy-Charles de Gaulle avec son passeport et un billet retour, munie d'une attestation d'invitation par la famille: des petits notables locaux... Mais voilà, cette attestation aurait dû être signée de la mairie. Qui plus est, la belle n'a "que" 500 euros... Chacun sait qu'en Amérique du sud l'argent coule à flots... Pour les services d'immigration, elle devrait avoir 2000 euros... résultat d'un savant calcul entre la durée du séjour et le prix d'un hébergement hôtel, alors qu'elle se tue à répéter qu'elle doit résider en famille, et que cette dernière joint la "migra" pour proposer de faxer sur le champ l'attestation municipale... Elle demande "quelle loi m'oblige à avoir sur moi 2000 euros?", mais les policiers ne comprennent pas. L'absence d'interprète provoque un dialogue de sourds. Marcela ne sollicite ni titre de séjour, ni à rester... Elle ne passera pas et se retrouve en "état d'arrestation", sans raisons... L'arbitraire a duré quatre heures. Bienvenue en Hollandie!

"On m'a enfermée dans une pièce, une espèce de cellule étroite où nous étions une quinzaine, bien serrés, "pegaditos". On lui propose avec une insistance intimidatrice de prendre un vol retour pour BUENAS NUBES; et même de le lui payer... Marcela ne se laisse pas impressionner. "Ensuite on m'a transférée dans ce qu'ils appellent cyniquement "l'hôtel", la zone de rétention, la ZAPI, Zone d'attente pour personnes en incidence... Dans cette ZAPI errent près de 200 personnes, des Africains, des Asiatiques, un groupe important de Latino-Américains: universitaires invités, musiciens, familles mixtes"... tous s'apprêtant à se venger de Christophe Colomb, à conquérir la France, à interdire son espace aérien aux "Alliés"; dans leurs cabas: des drones, des caméras et micros espions, des posters de DSK, Tapie, Cahuzac, Lagarde...

Marcela a vu la Croix rouge "qui fait ce qu'elle peut, comme dans un théâtre...un vernis démocratique... On m'a proposé une pièce pour dormir, d'aspect plutôt repoussoir... J'ai préféré passer la nuit sur un banc".

Pendant ce temps, à VILLE FRANCHE, la famille s'agite et parvient à la faire sortir avant le délai des quatre jours au terme duquel elle devrait passer devant le juge des libertés qui décide: huit jours supplémentaires "d'hôtel" ou libération. Lorsque prennent fin les 4+8 jours: menottes et expulsion.
Toutes ces humiliations ajoutées : la politique sarkozienne envers les Roms, les Gitans, l'immigration du sud, la poursuite du sale boulot par le  gouvernement socialiste, l'Europe schenguienne-bunker, la soumission vile aux Etats-Unis au point d'interdire à un président latino-américain le survol de notre pays, tous ces relents de colonialisme ont dégradé l'image de la France en Amérique du Sud. Elle n'est plus une référence mais désormais "un contre-modèle". On ne peut être à la fois le caniche de Washington et l'ami de peuples qui s'émancipent.

Jean Ortiz

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Jul 2013 à 20:25

Rose, enfant migrante abandonnée par l’Etat français

Jeune Ivoirienne de seize ans, Rose tentait, le 7 juillet  dernier, de rejoindre sa mère en France. Arrêtée par la Police aux frontières, elle a été renvoyée vers Abidjan avant la décision du Juge des Enfants l’autorisant à rester en France. Une situation que dénonce l’association Anafé, qui souligne les violations du droit par l’Etat Français.       

Cela fait six ans que Rose n’a pas vu sa mère. Cette dernière vit en France en situation régulière et a fait dès 2009 une demande de regroupement familial pour que sa fille la rejoigne. L’administration ne lui a jamais donné de réponse. Rose loge donc chez sa grand-mère en Côte d’Ivoire mais celle-ci ne peut plus subvenir à ses besoins. 

Le 7 juillet 2013, âgée de 16 ans, la jeune fille décide donc de gagner la France par ses propres moyens et sous une fausse identité. Elle ne sait pas encore que son entrée sur le territoire sera refusée, tout comme celle de 11.945 migrants en 2011. Un nombre d’autant plus alarmant quand on sait que 516 d’entre eux étaient mineurs. A son arrivée à Orly, Rose est arrêtée par la police aux frontières. Elle leur présente des documents, authentiques, attestant qu’elle est mineure. Ils  sont ignorés par la police qui préfère procéder à un test osseux. Ces tests, qui consistent à faire une radiographie pour déterminer l’âge d’une personne, sont connus pour leur imprécision. En effet, selon de nombreuses associations, il existe une marge d’erreur de vingt-deux mois. Un «doute» censé bénéficier au mineur, ce qui n’a pas été le cas pour Rose.

Refoulée vers le Maroc

La jeune fille est donc reconnue, à tort, comme étant majeure et donc expulsable à tout moment. Et ce non pas dans son pays d’origine, mais dans le dernier pays traversé (pour elle, le Maroc). Des  «étapes de transit» ou les migrants n’ont en général aucune attache. Alertée par cette situation, l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé) saisit le juge des enfants le 9 juillet, tout comme l’avocat de Rose.

Une audience est prévue le 10 juillet à 16 heures. Mais trente minutes avant celle-ci, Rose est expulsée. Tandis qu’elle est ligotée et sanglée par des forces de police pour monter dans l’avion, le juge ordonne une mesure d’assistance éducative et confie Rose à sa mère, en France. Une décision inapplicable puisque que la jeune fille est déjà en route vers le Maroc. Celle-ci confiera ensuite à l’Anafé avoir été victime d’insultes et d’intimidations pendant son renvoi. Un des policiers lui aurait même dit qu’elle «n’avait rien à faire en France».

Amende pour quitter l'aéroport

Au Maroc, Rose est remise à un agent de la compagnie aérienne Royal Air Maroc. Une décision incompréhensible, selon l’Anafe. «La police avait promis à l’avocat de la prendre en charge jusqu’à Abidjan», raconte Brigitte Espuche, membre de l’association.  Au lieu de cela, Rose est livrée à elle-même pendant trente heures. Elle dort sur le sol d’un couloir de la zone de transit et ne peut ni boire, ni manger. Arrivée à Abidjan aux alentours de trois heures du matin, elle est accueillie par le père d’une de ses camarades de classe. Comble de malheur, la police Ivoirienne lui demande de s’acquitter d’une amende de 200 000 francs CFA pour pouvoir quitter l’aéroport...  

L’Anafe espère un retour «au plus vite» de la jeune fille. Pour cela, l’association a saisi le ministère de l’Intérieur par courrier, lui demandant d’intervenir au plus vite pour organiser le retour de Rose. Parallèlement, son avocat a saisi le Défenseur des droits qui a lui aussi interpellé la place Beauvau. Quant au juge des enfants, qui avait autorisé Rose à rester auprès de sa mère, il a demandé l’application de la mesure, requête transmise à l’Etat Major de la Police. Pour l’heure, ces actions sont restées sans réponse. Brigitte Espuche dénonce la violation manifeste par l’Etat français des droits découlant de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant et de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Elle cite l’article 3 qui interdit aux Etats membres de renvoyer une personne dans un pays où ils risquent de subir des traitements inhumains et dégradants.

«Après avoir été abandonnée à son sort par l'escorte policière à Casablanca, les conditions dans lesquelles Rose a été «maintenue» par la RAM dans l'attente de son refoulement vers la Côte d'Ivoire sont potentiellement constitutives d'un traitement inhumain et dégradant. Or, c'est la France qui la renvoie». Le fait de ne pas avoir bénéficié d'un recours suspensif contre la décision de refus d'entrée de Rose porte également atteinte à l'article 13 de la Convention qui assure un « droit de recours effectif à toute personne dont les droits ont été violés ».

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Jul 2013 à 16:15

Des enfants derrière les barreaux d'un centre de rétention

En Ile-et-Vilaine, RESF se mobilise en faveur d'une famille tchétchène en centre de rétention avec ses deux enfants. Le réseau demande à François Hollande d'appliquer sa promesse électorale de ne plus permettre l'enfermement des mineurs sans-papiers...

Ramyi, deux ans, et Riyad, trois ans, se trouvaient encore dimanche derrière les grilles du centre de rétention de Saint Jacques de La Lande, près de Rennes. Ce lundi, les deux enfants et leurs parents tchétchènes devaient être renvoyés de force vers la Pologne. Auparavant, cette famille a passé une semaine en rétention.

Pour les autorités françaises, il n'y a rien d'illégal. Et c'est bien ce que dénonce le réseau éducation sans frontière (RESF). Dans un communiqué publié dimanche, le réseaudéplore que François Hollande n'ait toujours pas mis en application l'une de ses promesse électorales. A une interpellation de ESF en pleine campagne présidentielle de 2012, le candidat socialiste avait écrit: "Je serai à cet égard particulièrement attentif au sort des enfants. Sur ce point je prends un engagement : celui de refuser la rétention des enfants".

Depuis, la promesse s'est perdue. Une circulaire a bien été prise par Manuel Valls le 6 juillet 2012. Mais ce texte, loin de remettre en cause l'enfermement des minuers sans-papiers, se contente de limiter ces pratiques. Il prévoit que lorsque les familles ne répondent pas aux obligations qui leur sont faites, elles ne bénéficient plus de la protection leur permettant d’éviter la rétention. Ce qui est le cas de la famille Mejidov et de ses deux enfants. Se fondant sur la circulaire, le tribunal administratif de Rennes a confirmé le 24 juillet dernier le placement en rétention de ses demandeurs d'asile arrivés en France en février 2013, via la Pologne.

"Ils ont fui leur pays"

Arrivée en France via la Pologne en février 2013, la famille a bien reçu une convocation pour un renvoi vers la Pologne le 11 juillet, avec une assignation à résidence entre temps. "Naturellement, ils n’y défèrent pas: ils ont fui leur pays, ils ont traversé toute l’Europe dans les conditions qu’on imagine et on voudrait qu’ils soient volontaires pour rentrer!", s'insurge RESF 35. Le réseau "demande la libération immédiate de cette famille et que leur demande d'asile soit examinée en France, où plusieurs membres de leur famille vivent depuis plusieurs années après avoir obtenu le statut de réfugié (la sœur de Madame Mejidov a la nationalité française)."

  • A lire aussi:

En savoir plus sur le parcours de la famille Mejidov

Encore des enfants en rétention

"Ils m'ont renvoyé comme un chien"

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Jul 2013 à 19:25

Mineurs étrangers : "Il faut que l'État apporte son concours"

A Orléans, la situation des jeunes mineurs devient de plus en plus intenable. Aujourd’hui, un rassemblement était organisé pour l’un d’eux, menacé d’exclusion de son foyer.

« On accuse souvent les jeunes mineurs de mentir sur leur âge », regrette Michel Ricoud, conseiller municipal communiste à Orléans. C’est la situation dans laquelle s’est retrouvé Modibo Magassa, un jeune malien de 16 ans, à Orléans, hébergé au Foyer des Cèdres à Saint-Jean-de-la-Ruelle. Le Conseil général avait décidé d’arrêter de le prendre en charge, car il le considérait d’âge adulte. Aujourd’hui, un rassemblement auquel appelait le PCF, RESF et Sud, a eu lieu pour soutenir ce jeune. Modibo devait être exclu de son foyer ce midi, mais les mobilisés ont obtenu qu’il y reste jusqu’au 5 août, date à laquelle il part en colonie de vacances. A son retour, fin août, « il y aura la recherche d’une solution pérenne avec les services de l’Etat », rapporte Michel Ricoud. « Ce n’est qu’un premier acquis », nuance-t-il.

Modibo a eu de la chance, mais d’autres n’en ont pas eu autant. « Il y a 150 jeunes mineurs logés dans les hôtels à Orléans », estime Ségolène Petit, militante à RESF. « Comme il n’y a pas assez de places disponibles dans les foyers, l’aide sociale à l’enfance décide de ne plus les prendre en charge », dénonce-t-elle. Du jour au lendemain, ces jeunes mineurs se retrouvent sans toit et sans nourriture. « Quand les jeunes mineurs sont ensuite mis à la rue, ils se retrouvent dans une situation dramatique car l’hébergement d’urgence est saturé, ils doivent dormir dehors, ce qui est dangereux », explique Michel Ricoud. « La loi doit être respectée en matière de droits à l’enfance, les rejets des demandes de jeunes sont injustifiées, certains sont déclarés comme non isolés car il leur reste un parent à l’étranger », critique Ségolène Petit. Situation paradoxale, puisque c’est l’isolement sur le territoire français qui devrait être pris en compte.

« C’est un problème national, il faut que l’Etat apporte son concours, on a besoin de la mobilisation de tout le monde sur cette question », demande le conseiller municipal. « L’Etat devrait aider les départements dans la prise en charge de ces jeunes », préconise Ségolène Petit. Certains départements n’en accueillent quasiment pas, contrairement à d’autre où l’affluence est plus nombreuse, comme dans le Loiret. « Ces jeunes ne demandent qu’à être scolarisés, intégrés, avoir une vie normale », constate Michel Ricoud. Mais les moyens ne sont pas mis en place.

Lire aussi :

Delphine Dauvergne

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Valls et Taubira s’accordent sur un point

Les ministres de la Justice et de l’Intérieur « déplorent » la mesure « illégale » du président du conseil général de Mayenne concernant l’accueil de mineurs isolés étrangers.

De concert, Christiane Taubira et Manuel Valls montent au créneau. Les ministres de la Justice et de l’Intérieur ont, pour le coup, trouvé un terrain d’entente : ils dénoncent, dans un communiqué conjoint publié mardi, une décision qui va « en contravention avec la loi ». En cause, un arrêté du 24 juillet de Jean Arthuis, président UDI du conseil général de Mayenne, indiquant qu’« il est mis fin à tout accueil de jeunes étrangers isolés par le service de l’aide sociale à l’enfance ».

Cette décision n’est pas du goût des deux membres du gouvernement : « Cette question des mineurs isolés étrangers, complexe, difficile et recouvrant des tragédies personnelles, mérite un traitement d’une autre nature que celle que souhaite lui réserver cet arrêté. » D’autant plus que le Code de l’action sociale et des familles impose la protection de l’enfance aux départements.

Deux mois avant cet arrêté, un dispositif du ministère de la Justice mettait en place l’allégement de cette « charge » sur certains départements. Il a permis de répartir « 400 jeunes mineurs étrangers arrivés sans attaches familiales sur notre territoire », selon les ministres. Une précision qui contredit les explications du sénateur UDI. Selon lui, il aurait alerté à diverses reprises la garde des Sceaux, estimant être « arrivé à saturation ». La Mayenne a accueilli « neuf jeunes étrangers isolés » depuis le 1er juin, « après en avoir accueilli cinq depuis le début de l’année 2013 ». Pour un total de… quatorze individus pris en charge pour les dix-neuf places que comptent les structures d’accueil du territoire. Un chiffre bien dérisoire à côté des centaines de mineurs isolés étrangers accueillis depuis le début de l’année à Paris, en Ille-et-Vilaine ou encore en Seine-Saint-Denis.

Mais pour Jean Arthuis, au-delà de ça, c’est la complexité et le coût des procédures d’identification des mineurs qui posent problème. Une plainte plutôt osée, sachant que le protocole lancé fin mai prévoit que « l’État assume désormais financièrement » cette protection des mineurs « durant la période de cinq jours d’identification avérée de leur statut ».

De son côté, l’association France Terre d’asile, par la voix de son directeur général, parle de « mesure indiscutablement discriminatoire » qui fait preuve d’« une certaine légèreté par rapport aux principes de l’État de droit ». Pierre Henry précise ainsi que la mission du département est de « prendre en charge les mineurs “privés temporairement ou définitivement de la protection de leur famille”, et ce, sans condition de nationalité ». Insistant sur le caractère illégal de la mesure, il a saisi le défenseur des droits, Dominique Baudis. Le dossier est en cours d’instruction. Quant au préfet, il demande le retrait immédiat de la décision, sous peine de poursuites.

Sarah Jourdren

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Le rejet de l’étranger est une construction politique, un mode ou régime toujours plus accentué du gouvernement de la population... (Alain Brossat)
 

La France a peur ?

 
 

Pourquoi la figure de l’étranger infuse-t-elle autant le discours politique et l’appareil d’État ? Le philosophe Alain Brossat [1] analyse, sévèrement, comment l’art de gouverner reste aujourd’hui contaminé par ce geste obscur du rejet de l’autre.

Pourquoi la question de « l’étranger parmi nous » obsède-t-elle aujourd’hui, de manière démesurée, le discours politique ?

Alain Brossat - Le geste philosophique dont je me sens proche s’attache davantage au « comment » qu’au « pourquoi », je veux dire aux causes ultimes ou à l’origine première des objets ou phénomènes sur lesquels nous travaillons. Dans ce travail, je pars de ce constat : d’une part, la question de l’étranger, telle qu’elle est non seulement mise en discours mais aussi mise en pratique par nos gouvernants, est le domaine par excellence où les éléments de rationalité, les stratégies, l’art de gouverner, etc., sont constamment envahis et contaminés par les fantasmagories. C’est, par opposition à « l’imagination au pouvoir », le basculement et la fuite perpétuels dans l’imaginaire, un imaginaire réactif peuplé d’une multitude de menaces disparates et de projections fantastiques sur les parois de la caverne du présent – le spectre du terrorisme islamique, l’insoutenable envahissement de nos cités par les Roms, insupportables parasites, etc.

Un indice très sûr de cette dérive de la politique de l’étranger de nos gouvernants dans les eaux de l’imaginaire sécuritaire est son écart croissant avec les analyses produites par les corps de spécialistes disposant d’une expertise sur ces questions et incarnant, disons, un certain principe de réalité – démographes, sociologues, historiens, etc. Ce n’est pas par hasard que ceux qui inspirent les ministres de l’Intérieur en la matière (ceux-là mêmes qui donnent le la de la politique de l’étranger réduite, symptomatiquement, aux conditions d’une politique de l’immigration) sont des exaltés de la défense sociale repeints aux couleurs de la criminologie comme Alain Bauer plutôt que des historiens ou des démographes respectés comme Gérard Noiriel ou Hervé Le Bras… Ce que vous appelez la démesure en rapport avec cette question, c’est tout simplement pour moi le fait que le discours et les pratiques des gouvernants soient, en la matière, émancipés de toute prise en compte des éléments majeurs constitutifs du réel – voir la façon dont cette politique met en avant une supposée lutte contre l’ »immigration clandestine » et le « travail au noir » dont les promoteurs ne peuvent ignorer qu’ils constituent des éléments structurels dans des secteurs d’activité économique aussi importants que le bâtiment, la restauration, la confection, etc.

En quoi le sort réservé à l’étranger s’inscrit selon vous dans la longue histoire des persécutions liées au déploiement de l’État moderne ?

Question essentielle à tous égards. Dans son cours au Collège de France intitulé « Il faut défendre la société », Michel Foucault énonce une thèse forte : le racisme, dit-il en substance, ce n’est pas en premier lieu une question d’idéologie dévoyée, de mauvais héritage, de relations entre communautés virant à l’aigre, c’est une technologie de pouvoir. Pour lui, le racisme devient le problème perpétuel de la politique moderne et une arme de destruction massive dès lors qu’il entre en composition dans les mécanismes de l’État ; c’est qu’il est l’un des gestes décisifs par lesquels s’affirme la capacité de gouverner une population, le geste consistant à fragmenter cette population, à produire et reconduire la coupure entre cette part des gouvernés qui a vocation à être placée sous le signe de la prise en charge de la vie et une autre, placée sous un signe de mort. Pour Foucault, ce partage (au sens de séparation) est un élément fondateur de l’exercice du pouvoir dans nos sociétés ; il est très visible dans un temps où les massacres et le travail forcé accompagnent la colonisation tandis qu’en métropole on installe le tout-à-l’égout dans les villes et on met en place la médecine sociale. Il est moins exposé aujourd’hui mais n’en demeure pas moins opérant en tant que matrice, opérateur fondamental du biopouvoir. Comme l’a montré Didier Fassin dans un récent ouvrage, La Force de l’ordre, les habitants des quartiers défavorisés sont soumis à un régime de police (celui qu’imposent les brigades anticriminalité) totalement différent de celui qui prévaut dans les centres-villes ; la bavure policière, comme action homicide sans crime, telle qu’en font les frais en règle générale des sujets postcoloniaux, est un autre exemple probant de la perpétuation de ce partage implacable entre cette part de la population (que j’appelle « l’autochtone imaginaire ») et cette autre qui se trouve exposée à cette violence du pouvoir dont l’abandon constitue la ligne d’horizon.

La figure de l’étranger occupe donc la place qu’occupait le fou dans la modernité naissante analysée par Michel Foucault.

Dans son Histoire de la folie, Foucault convoquait déjà, à propos du « grand renfermement » des fous et assimilés, cette notion d’un partage, comme geste de gouvernement, inauguré sur le seuil de la modernité politique, avec la mise en place de l’hôpital général, et qu’il désigne, précisément comme geste obscur. Il semblerait donc bien qu’une continuité s’établisse ici, un enchaînement du traitement de « la folie » à l’âge classique à celui de l’étranger litigieux (et généralement pauvre) dans nos sociétés aujourd’hui. L’adjectif « obscur » met en relief le fait que les pouvoirs sont ici sous l’emprise d’une force, ou d’un « programme », qui excède leurs intentions. Il semblerait que la fragmentation du corps social, la hiérarchisation, la mise en opposition de certains avec d’autres soient des conditions déterminantes de la capacité des gouvernants à assigner à chacun sa propre place – ce qui est, au fond, la tâche première des pouvoirs modernes…

L’expression de « xénophobie d’État » qui revient fréquemment sous votre plume est assez brutale. Peut-on vraiment l’utiliser aujourd’hui, depuis que, notamment, la gauche est arrivée au pouvoir ?

Le premier trait de la politique de l’étranger de nos gouvernements successifs, et ce de manière pratiquement immémoriale, c’est sa fondamentale continuité. Je lisais hier un livre de Guy Hocquenghem, publié en 1979, La Beauté du métis, et je suis tombé sur ces lignes : « L’étranger dégusté à petits coups in situ est gibier d’expulsion en France. Cette irrésistible compulsion de rejet, ce réflexe de l’expulsion administrative passe pour assez naturel, même aux yeux des cultivés, pour fonctionner tous les jours sans complexes. » Rien de nouveau sous le soleil, donc. On rappellera pour mémoire qu’en matière de destruction de campements de Roms et de « reconduite », comme ils disent, d’étrangers en situation irrégulière, Manuel Valls, adonné à la fièvre obsidionale du chiffre comme son prédécesseur, fait mieux que celui-ci (Claude Guéant, l’âme damnée de Sarkozy). Contrairement à ce qui s’énonce couramment, on n’a pas affaire ici à des gouvernants en quête de popularité qui, en désespoir de cause, s’efforceraient de répondre à une demande de plus en plus insistante surgie des tréfonds de la société, une quête autochtoniste nourrie par toutes sortes d’inquiétudes à propos de l’identité nationale et des menaces qui pèseraient sur elle.

Le rejet de l’étranger est une construction politique, un mode ou régime toujours plus accentué du gouvernement de la population : à défaut de pouvoir gouverner à l’espérance, aux réformes utiles (celles qui améliorent les conditions de vie de la majorité, de l’élément populaire), au renforcement des éléments de cohésion (les dispositifs égalitaires), on gouvernera toujours davantage à la mobilisation des affects négatifs, à la peur et au ressentiment, à la méfiance et au rejet – c’est-à-dire à la fabrication de mauvais objets, mauvais corps, ceux par lesquels le mal est supposé advenir – l’étranger pauvre en moyens et en droits, le dernier arrivant. L’ironie de la situation présente est que ce soit ce même pouvoir qui, volontiers, adopte face au racisme et à la xénophobie la posture de l’Etat instructeur gardien des normes de tolérance et de civilité contre une partie du corps social que l’on dira rongée par les fièvres du communautarisme, de l’ethnicisme, etc. Ce même pouvoir magicien qui officie sans état d’âme sous le signe de l’heureuse coexistence entre le Clemenceau de la lutte contre l’étranger ingouvernable et les fondateurs de SOS Racisme montés aux affaires…

Jean-Marie Durand, le 17 juillet 2013 à 06h21

[1Autochtone imaginaire, étranger imaginé – Retours sur la xénophobie ambiante d’Alain Brossat (Editions du Souffle), 302 p., 17 €


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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Aug 2013 à 19:12

Valls sans hésitation

 
 
Impossible de trouver une photo de Valls où il n’a pas l’air méchant. Photo : Stéphane Lavoué / Pasco

Le chapelet des renoncements de M. François Hollande s’égraine au fil des mois. Parmi les promesses non tenues par le candidat devenu Président de la République voilà seize mois il en est une pour laquelle l’on peut difficilement invoquer la cause budgétaire. Il s’agit du traitement réservé aux enfants de parents en instance d’expulsion du territoire français. Ils continuent d’être enfermés en centre de rétention au mépris des réprimandes européennes adressées à la France en ce domaine. M. Manuel Valls , Ministre de l’Intérieur, semble vouloir demeurer le gardien jaloux de cette honteuse pratique que les citoyens « normaux » souhaitaient ne pas voir survivre au règne calamiteux de M. Nicolas Sarkozy. M. Hollande a-t-il vraiment renoncé à être le « président normal » qu’il promettait de devenir ?

Rafraîchissons-nous la mémoire en relisant la réponse qu’avait adressé le candidat François Hollande au Réseau Education Sans Frontières (Resf) lors de la campagne de l’élection présidentielle 2012. La réponse était claire et nette, semblait sans ambiguïté : « Je serai à cet égard particulièrement attentif au sort des enfants. Sur ce point je prends un engagement : celui de refuser la rétention des enfants. Je répondrai en ce sens précisément à l’appel que vous avez lancé avec l’observatoire de l’enfermement des enfants qui souligne avec force les conséquences de leur rétention. Tel a été également le sens de la condamnation de la France par la Cour Européenne des droits de l’homme dans l’arrêt Popov du 19 janvier 2012. L’intérêt supérieur de l’enfant doit primer. C’est pourquoi des alternatives à la rétention, telle que l’assignation à résidence, doivent être mises en oeuvre dans le cas des familles avec enfants pour lesquelles une procédure d’éloignement est en cours. »

Rappelons également que M. Hollande était alors le candidat du Parti Socialiste dont il avait remporté les Primaires quelques mois auparavant. C’est dire si le candidat ne parle pas en son seul nom à l’époque. Il se souvient bien sûr du communiqué du Parti socialiste du 23 septembre 2009 : « Le Parti socialiste, lors de la réunion de son Secrétariat national du 23 septembre, a décidé de signer l’appel lancé par le Réseau Education Sans Frontières, pour le respect par l’Etat des droits de l’enfant et de sa famille. Qu’il s’agisse de démembrement des familles lorsqu’un des deux parents est expulsé, ou de la mise en rétention des enfants avec leurs parents menacés d’expulsion en centre de rétention administrative, les droits des enfants sont mis à mal par la politique actuelle du gouvernement. Pour le Parti socialiste, l’intérêt supérieur de l’enfant doit rester au premier plan. Le maintien de l’unité familiale doit devenir la règle, mais ne doit plus servir de prétexte à l’enfermement d’enfants. » Là aussi les choses étaient clairement dites.

Après les paroles viennent les faits. Ainsi, la famille Mejidov, un couple tchétchène et ses deux enfants, Ramyi (2 ans et demi) et Riyad (3 ans et demi), a été enfermée au Centre de rétention administrative de Rennes du 21 au 29 juillet dernier. Le 29 juillet, à 2 heures 30 du matin, la police est venue les chercher au CRA pour leur expulsion du territoire français. Ils se sont barricadés dans leur chambre et tentent de résister. C’est évidemment peine perdue face à la détermination des policiers. Les parents sont menottés, les deux jeunes garçons habillés par « les forces de l’ordre ». A 4 heures 15, ils sont embarqués à bord de deux véhicules qui font route vers Roissy où un avion pour Varsovie doit décoller à 9 heures 45 ((vol AF1146). On ne sait pas dans quelles conditions le vol s’est effectué pour eux. En revanche, ce que l’on sait par des militants de Resf présents devant le CRA de Rennes c’est qu’entre 2 heures 30 et 4 heures 15 du matin les deux enfants ont beaucoup crié. C’est ainsi que la famille Mejidov a été expulsée de notre pays sans que sa demande d’asile politique ait été examinée.

Depuis l’élection de M. Hollande, au moins une vingtaine d’enfants, certains âgés de quelques mois seulement, ont été enfermés dans divers centre de rétention. Il s’agit probablement de l’un de ces « effets co-latéraux inévitables » de la politique du chiffre à laquelle tous les « préfets de la République » avaient été sommés de donner des gages sous la magistrature précédente et à laquelle M . Valls ne semble pas prêt à renoncer. Comment ne pas ajouter à cet indéniable manque d’humanité l’expulsion de pères ou de mères ayant de jeunes enfants scolarisés en France depuis plusieurs années ? M. Inacio Mendes Semedo, capverdien de 48 ans, vivait en France depuis 13 ans. Il habitait Montfermeil (Seine-Saint-Denis) avec sa compagne Béatrice, française, et son petit garçon de 5 ans, né d’une précédente union. Nicolas était scolarisé en maternelle, à Gagny. Naturellement, son père s’occupait de lui et participait à son éducation. M. Mendes Semedo a été arrêté le 30 mai dernier, à 7 heures du matin, à la gare RER de Gagny, alors qu’il se rendait à la sous-préfecture du Raincy afin de se renseigner sur l’avancement de sa demande de titre de séjour déposée en juin… 2012. Il a immédiatement été conduit au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot, près de Roissy.

Son expulsion a été organisée pour le 9 juin, soit une semaine exactement avant la fête des pères !

Hélas, les deux affaires brièvement relatées ici sont prises parmi de trop nombreuses histoires de vies abîmées par la froideur et l’imbécillité d’une politique indigne d’hommes prétendant être de gauche. Elles suffisent à nourrir notre colère et notre écoeurement. Ces gens que l’on maltraite ainsi et dont le seul crime est de ne pas posséder les papiers requis ne sont évidemment en rien responsables des divers aspects de la crise que traverse l’Europe. En faire des boucs émissaires est un penchant particulièrement minable. M. Valls, vous êtes bien le digne successeur des sinistres Hortefeus et Guéant !

Yann Fiévet



Edité par T 34 - 27 Aug 2013 à 19:13
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Le retour masqué du délit de solidarité

Léopold Jacquens a consacré sa vie de militant au soutien des migrants. Ce retraité havrais est poursuivi aujourd’hui pour avoir fait deux attestations d’hébergement à une immigrée congolaise. Portrait.

Le Havre, envoyé spécial.  Léopold Jacquens égrène l’interminable liste des associations pour lesquelles il a œuvré. Militer, c’est toute sa vie, et la justice veut le punir pour ça. L’objet du délit : deux attestations d’hébergement faites à une femme congolaise pour qu’elle puisse demander un titre de séjour. Léopold passe en procès aujourd’hui. Antoine Mary, son avocat, ne décolère pas : « La justice essaie de réintroduire par la petite porte le délit de solidarité », cette arme anti-militants abolie par le ministre de l’Intérieur en décembre dernier.

Au Havre, dans sa maison aux volets bleu océan, Léopold raconte son parcours. Celui d’un gosse créole, arrivé de la Martinique à onze ans, pour suivre un père marin. « Il bossait sur les cargos Liberty qui faisaient Le Havre-New York, on ne le voyait jamais. » Léopold, lui, ne quittera jamais Le Havre et fera l’essentiel de sa carrière à l’usine Renault de Sandouville.

À vingt-sept ans, il épouse sa compagne et, avec elle, le militantisme. Il la suit dans une association d’alphabétisation, fonde une structure d’aide aux immigrés, rejoint le conseil d’administration d’un foyer maghrébin. Plus tard, il mettra la main à l’ouverture d’une école au Cambodge et à la création d’une association de femmes immigrées. Le tiers-mondisme est la colonne vertébrale de son engagement : « Qui sait que les travailleurs qui retournent dans leur pays voient leur retraite divisée par deux au bout de six mois ? Ou que ceux dont les enfants ne sont pas en France ne touchent pas les mêmes allocations familiales ? »

Arrivé à la retraite, il ouvre un local avec le soutien de la Croix-Rouge du Havre, pour aiguiller les migrants dans leurs démarches. C’est là qu’il rencontre une Congolaise âgée d’une cinquantaine d’années. Elle est malade et a besoin d’une adresse pour obtenir un titre de séjour. Avant, les associations pouvaient faire des attestations d’hébergement. Mais ça, c’était avant. « Le gouvernement Raffarin a interdit cette pratique », explique Léopold Jacquens. Alors, il a rempli deux attestations d’hébergement, en mars 2011 et janvier 2012. Quelques mois plus tard, la police venait constater que cette femme n’habitait pas chez lui.

La sous-préfecture du Havre, la même qui a mis des familles roms entières en rétention administrative, a porté plainte contre Léopold pour « faux et usage de faux ». Il a d’abord écopé de 500 euros d’amende, qu’il a refusé de payer. Aujourd’hui, il risque 15 000 euros d’amende et un an de prison ferme. « C’est tout de même inquiétant », dit-il, mais il n’a pas vraiment l’air inquiet. Ce qui semble l’embêter davantage, c’est que « le dossier de cette Congolaise est bloqué à cause de (mon) affaire ». Léopold, lui, n’arrêtera pas de militer.

Mehdi Fikri

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Sep 2013 à 18:58

Sans-papiers : l’union est en marche

Unifiés par un nouveau collectif, ils ont entamé un tour du Grand Paris contre la circulaire Valls.

Après la caravane au FSM de Dakar et le lancement d’une marche européenne, en février et juin 2012, puis une traversée en bateau de la Méditerranée jusqu’à Tunis pour dénoncer « l’Europe forteresse », au printemps dernier, les sans-papiers et les migrants se sont remis en marche, ce week-end.

Cette fois, ils défileront derrière une nouvelle banderole, celle de l’Union nationale des sans-papiers (UNSP). Ce nouveau collectif, créé au printemps à la suite de la forte mobilisation de Lille – unifiant un mouvement trop souvent émietté –, a entamé, samedi, un tour du Grand Paris. Partis du centre de rétention du Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne, migrants et sans-papiers feront le tour des centres de rétention et des communes d’Île-de-France jusqu’au 5 octobre, date où ils termineront leur marche devant l’Élysée. « C’est, explique Hicham Lemlah, un des coordinateurs de l’UNSP, une manière de commémorer les trente ans de la Marche pour l’égalité (qui exigeait déjà le droit de vote pour les étrangers – NDLR), tout en portant nos revendications. » Parmi lesquelles figurent la suppression des centres de rétention et la régularisation de tous les sans-papiers, revendications historiques du mouvement, ainsi que l’annulation de la circulaire de novembre 2012, signée par Manuel Valls. Ce texte « impose un délai de trois ans pour obtenir une carte de séjour, en cas d’enfants scolarisés », dénonce le collectif. Et il faut présenter des fiches de paie pour obtenir des régularisations. « Or, il n’y a qu’un sans-papiers sur cent qui peut avancer de telles pièces ! » déplore Hicham Lemlah. Cette marche, qui posera la question du « droit de cité » des sans-papiers dans le futur Grand Paris, sera aussi l’occasion d’attirer l’attention de tous, et de prendre à partie les élus, sur « les interstices, les zones fragiles, les angles morts », tout ce monde des « sans » qui participe, dans l’ombre du précariat, à la vie de la métropole.

Pierre Duquesne

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