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Terrorisme d'Etat / Guerres contre-révolutionnaire

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T 34 allez vers le bas
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Jul 2013 à 21:05

John Kiriakou : "J’ai appris qu’ils sont tous corrompus" (Information Clearing House)

 
 

Le donneur d’alerte et ancien de la CIA John Kiriakou, en prison, a quelques conseils pour Snowden - et un avertissement pour le reste d’entre nous.

John Kiriakou, l’ancien agent de la CIA qui a dénoncé le programme de torture de Bush et qui est maintenant en prison, a envoyé une lettre ouverte à Edward Snowden la semaine dernière, l’avertissant de ne pas faire confiance au FBI.

« NE PAS », a écrit Kiriakou, « et en aucun cas, coopérer avec le FBI. Les agents du FBI vont vous mentir, vous tromper et vous manipuler. Ils vont tordre les mots et jouer sur votre patriotisme pour vous piéger. Ils feront semblant d’être des gens qu’ils ne sont pas - partisans, sympathisants et amis - tout en portant des fils pour enregistrer vos déclarations hors contexte pour les utiliser contre vous. Le FBI est l’ennemi, il fait partie du problème, pas de la solution ».

Ce sont là les paroles d’un Républicain déclaré qui a voté pour Gary Johnson, dont le Fonds Rosenberg pour les enfants a refusé une subvention, l’informant qu’il n’était pas « assez progressiste », dit Kiriakou - et qui l’an dernier a reçu une carte d’anniversaire de la part de Jerry Falwell Jr.

Kiriakou est le premier vétéran de la CIA à être emprisonné. C’est après avoir dénoncé le programme de torture de Bush que la CIA, le FBI et le ministère de la Justice lui sont tombés dessus, dans un premier temps en l’accusant d’avoir aidé l’ennemi pour ensuite le faire condamner pour avoir divulgué l’identité de collègues infiltrés de la CIA.

Le FBI a perquisitionné sa maison dans le processus. Ils ont confisqué ses ordinateurs. Ils ont également confisqué ses photos de famille parce que, disaient-ils, elles pouvaient contenir des messages codés.

« Je ne me suis pas lancé là-dedans avec l’idée que j’allais être un donneur d’alerte », a dit Kiriakou à Salon au mois de décembre, deux mois avant d’être envoyé dans une prison à Loretto, Pennsylvanie, pour purger une peine de 30 mois.

J’ai interrogé Kiriakou à l’époque pendant environ une heure et demi, quelques mois avant qu’il soit envoyé en prison, et j’attendais pour la publier qu’il soit en train de purger sa peine. L’idée pour moi était de décrire la pente de sa descente - son voyage de la puissance à l’impuissance.

« D’une manière bizarre et détournée, » m’a-t-il à l’époque, « le ministère de la Justice, le FBI et la CIA ont fait de moi le mec anti-torture, ce que je n’avait jamais cherché à être... Mais au fil des années », et malgré les intentions initiales, « mes sentiments sont devenus de plus en plus affirmés » contre la torture, « que la torture n’est jamais justifiable, en aucun cas »

Recruté par la CIA pendant ses études supérieures, Kiriakou a passé la majeure partie de sa vie au sein du système, menant des raids, en tant que chef des opérations de contre-terrorisme, contre les hauts responsables d’Al-Qaïda au Pakistan, y compris le raid dans lequel Abu Zubaydah a été capturé.

Il avait déclaré dans une interview à ABC de Brian Ross que les membres d’Al-Qaïda « nous haïssent plus qu’ils n’aiment la vie », qu’ils voulaient tuer tous les Américains et tous les Juifs parce que, disait-il, c’est dans leur nature.

Ce fut aussi l’interview dans laquelle Kiriakou a sérieusement contrarié le Pouvoir, devenant ainsi le dénonciateur qu’il n’avait jamais cherché à être. Il était dans l’émission de Ross pour se défendre contre les accusations selon lesquelles il avait personnellement torturé Zubaydah. Mais ce qu’il ne savait pas était que la torture en tant que politique d’État n’avait jamais été officiellement confirmée, même si tout le monde à Washington était au courant.

Cinq ans auparavant, en 2002, Kiriakou n’avait jamais entendu parler de « techniques d’interrogatoire renforcées. » Il venait de quitter la Grèce où il effectuait des missions de lutte contre le terrorisme quand la CIA a décidé de le déplacer vers un autre bureau au Pakistan. Dans l’intervalle, un collègue de la CIA l’a approché et lui a dit qu’ils allaient utiliser certaines de ces techniques d’interrogatoire sur Zubaydah.

« Je n’avais jamais entendu parler de waterboarding », a déclaré Kiriakou. « Alors [l’officier CIA] m’a expliqué qu’il s’agissait de simuler la noyade et qu’on allait le soumettre pendant neuf, dix jours d’affilée, et qu’on allait l’enfermer dans une cage à chien, et - [Zubaydah] avait une phobie des insectes – on allait mettre des cafards dans la cage. J’ai dit que je ne voulais pas être mêlé à ça. »

Kiriakou était choqué par la proposition. Il a consulté un officier supérieur de l’Agence qui l’a qualifié de « torture », a déclaré Kiriakou, puis lui a dit « que c’était une pente glissante, que quelqu’un allait mourir et qu’il y aurait une enquête du Congrès. C’est ce que vous voulez ? » m’a demandé l’officier. « J’ai dit « non ». »

L’officier niera plus tard cette conversation.

Kiriakou et d’autres agents ont été informés que la CIA employait rarement ces techniques d’interrogatoire. En interne, il avait été dit que Zubaydah avait été « waterboardé » une seule fois. Ce n’est qu’au printemps de 2009, cinq ans après avoir quitté l’agence, qui Kiriakou a découvert que c’était un mensonge. Zubaydah, en fait, avait été waterboardé 83 fois selon le rapport de l’inspecteur général. Ils l’avaient torturé avant d’obtenir l’autorisation légale, « dans l’attente d’obtenir l’autorisation », a déclaré Kiriakou.

« Ce fut une opération de couverture », a déclaré Kiriakou. « J’ai appris que tout le monde est corrompu. »

Cet incident, plus tous ses déplacements professionnels, ont fini par lasser Kiriakou et en 2004, il a démissionné de son poste.

« J’ai démissionné pour passer plus de temps avec mes enfants », a-t-il. « J’étais fatigué d’aller à Bagdad, à Kaboul, au Yémen. »

Kiriakou a travaillé ensuite comme consultant pour l’un des plus grands cabinets comptables, Deloitte, avant d’être employé par le journal télévisé d’ABC comme expert en terrorisme. Avec la disparition de son habilitation de sécurité, il a fini par perdre ses contacts - jusqu’à ce qu’il reçoive un coup de fil de Brian Ross.

« J’étais parti depuis presque quatre ans à l’époque », a déclaré Kiriakou. « J’avais cessé de prêter attention à ce genre de choses. J’étais vaguement au courant que Human Rights Watch avait rapporté que des prisonniers avaient été torturés par waterboarding et qu’Amnesty en parlait. »

Il est vrai que le public était au courant. Mais Kiriakou avait été trop loin lorsqu’il a détaillé la procédure d’approbation des tortures. Bush avait défendu l’administration en disant que tout cas de torture avait été l’oeuvre d’un fonctionnaire indélicat.

« J’ai dit non, non, non. Tout cela avait reçu l’aval du Président. », a dit Kiriakou. « Et pas seulement du président mais de Condoleezza Rice, comme conseillère à la sécurité nationale, de John Ashcroft comme Ministre de la Justice, de George Tenet comme directeur de la CIA et d’environ une douzaine d’avocats du Conseil de Sécurité Nationale.

« Ce n’était pas que Tenet avait un jour signé un papier et qu’à partir de là ils ont pu se lancer dans les tortures », a déclaré Kiriakou. « A chaque fois qu’ils voulaient torturer quelqu’un, ils devaient obtenir une signature [du directeur de la CIA] ».

« C’est comme ça que je l’ai confirmé, » m’a-t-il dit « confirmé que la torture était une politique d’Etat et à partir de là ma vie a basculé. »

La CIA a rapidement déposé un rapport pour crimes auprès du ministère de la Justice contre Kiriakou pour avoir divulgué des informations top-secrets dans son interview avec ABC. « Je l’ai appris par CNN, » dit-il.

Le ministère de la Justice a fini par rejeter les accusations parce que l’information, a-t-il déclaré, était déjà de notoriété publique. Kiriakou était soulagé.

« Nous avons appris plus tard, » m’a dit Kiriakou , « que chaque fois que je m’exprimais publiquement, chaque fois que j’allais dans une émission de télévision, chaque fois que j’écrivais un article » - dont un qui est paru dans le Los Angeles Times en 2008, et pour lequel sa femme a été convoquée et interrogée (il s’avère que l’information "top-secret" que la CIA accusait la femme de Kiriakou d’avoir donnée à son mari avait été publiée sur le site de ministère des Affaires étrangères de la Bolivie) - l’Agence « déposait un dossier contre moi, bien que j’avais reçu l’autorisation d’en parler. »

La CIA n’a jamais été préoccupée par la protection d’informations classifiées. Si cela avait été le cas, l’agence aurait notifié Kiriakou chaque fois qu’un rapport était déposé contre lui lorsqu’il parlait du programme de torture pour l’empêcher d’en parler. Au lieu de cela, ils l’ont encouragé de le faire jusqu’à ce que, au cours d’une entrevue ou d’un article, il dérape et dise quelque chose qu’ils pouvaient utiliser contre lui. Ce ne sont pas des informations classifiées qu’ils visaient. C’était lui.

En 2009, Kiriakou a pris le poste d’enquêteur principal au sein de la Commission des relations étrangères du Sénat sous John Kerry. Son travail consistait à enquêter sur le gaspillage, la fraude, l’abus et à l’illégalité et il se pencha sur l’affaire du massacre de Dasht-i-Leili de 2001, dans lequel un chef de guerre soutenu par les Américains avait été responsable de la mort de centaines, voire de milliers, de soldats talibans quand il a ordonné qu’ils soient entassés dans des conteneurs métalliques, puis chargés sur des camions à destination de la prison de Shibarghan, en Afghanistan.

Une source avait dit à Kiriakou que des Américains portant des T-shirts et des jeans avaient supervisé le chargement de prisonniers.

« Je voulais savoir », a déclaré Kiriakou, « si ces gars-là étaient des officiers de la CIA. Si non, qui étaient-ils ? Étaient-ils du ministère de la Défense ? Étaient-ils des sous-traitants ? Qui étaient ces gens ? Et pourquoi n’ont-ils rien fait pour l’empêcher ? »

« J’ai interrogé tout le monde », a déclaré Kiriakou. « J’ai interviewé Larry
Wilkerson, le chef de cabinet de Colin Powell et Karl Ford, le secrétaire adjoint, Pierre Prosper, le rapporteur spécial pour les droits de l’homme. J’ai appelé Colin Powell. »

Six semaines plus tard, Kiriakou a reçu un appel téléphonique de John Kerry lui demandant s’il enquêtait sur la CIA.

« J’ai dit, "Oui, je le suis." » [Il a dit] : « Je veux que vous arrêtiez tout de suite. » J’ai dit : « Mais nous avons une affaire ici. Il s’agit d’une situation grave. » « Je veux que vous arrêtiez tout de suite, » a répété Kerry. « Alors j’ai arrêté. »

Perturbé, Kiriakou est passé à une autre enquête portant sur une violation de l’accord de couverture entre la CIA et le Département d’Etat. Il a écrit une lettre à la CIA pour demander pourquoi une femme qui faisait partie de la CIA depuis plus de 25 ans figurait sur la liste des « nouvelles recrues » du Département d’Etat et se voyait affectée pour la première fois à une opération d’infiltration.

« Quelque temps a passé, » a dit Kiriakou, « et puis un collègue est entré dans mon bureau et a dit : « Tu as une lettre de réponse de l’agence ». J’ai dit « je n’ai pas vu de lettre. » Il a dit « Ils l’ont classé top-secret » et je n’avais pas l’habilitation requise. J’ai dit, « Que dit la lettre ? ». Il me dit : « Elle dit va te faire foutre. »

Le harcèlement a continué. À l’été de 2010, Kiriakou était en train de déjeuner avec un diplomate étranger qui a proposé de l’embaucher comme espion. Le diplomate a offert de le payer en espèces s’il pouvait fournir des informations sur les stratégies commerciales américaines.

Kiriakou a refusé la transaction et a signalé l’incident au Bureau de la sécurité du Sénat. Le FBI lui a conseillé de rester en contact avec le diplomate et de lui faire savoir qu’il allait réfléchir à l’offre. Kiriakou a rencontré le diplomate cinq ou six fois, dit-il, avant d’apprendre qu’il était un agent du FBI et qu’il avait tenté d’obtenir des déclarations de Kiriakou qui pouvaient l’incriminer.

« Il essayait de me faire dire quelque chose pour me piéger », a-t-il dit. « Je n’ai pas mordu à l’hameçon. »

Finalement, la CIA et le FBI ont renoncé, non pas à Kiriakou mais à l’accuser uniquement d’espionnage. Au cours des deux années qui ont suivi l’incident avec le diplomate étranger, les agences ont monté un dossier contre Kiriakou qui l’accusation d’avoir enfreint la Loi sur la protection des identités des services renseignement, une loi qui n’avait pas été appliquée depuis 27 ans.

Kiriakou fut accusé en janvier 2012 pour finalement être inculpé en avril, perdant ainsi son poste à la Commission des relations étrangères du Sénat et la retrait qui va avec. En Septembre, le tribunal de district pour le district Est de Virginie a fermé ses portes au public en raison de nombreux témoignages, a-t-il dit, qui contenaient des informations classifiées.

Kiriakou finalement plaidé coupable à une accusation d’avoir enfreint l’IIPA. Dans sa plainte, le ministère de la Justice a suggéré que Kiriakou avait mis des agents de la CIA en danger quand il a révélé leurs noms au New York Times, pour qui il était une source.

« Pendant toute la durée de cette affaire, je pensais que j’allais gagner puis j’ai perdu », a dit Kiriakou.

« J’ai dû trouver quelque-chose à raconter à mes enfants », dit-il. « Je leur ai dit, « Vous savez que que ça fait un an que je suis en lutte contre le FBI. Eh bien, j’ai perdu. Et pour ma punition, je dois aller en Pennsylvanie et enseigner à des méchants comment obtenir leur diplôme d’études secondaires. » Mon fils de 8 ans a commencé à pleurer. J’ai dit : « Vous pourrez venir me voir quand vous voudrez. Je vous appellerais tous les jours. »

« Mais un gamin de 8 ans a besoin de son père. C’est l’âge où il veut camper dans la jardin et aller à la pêche ».

Kiriakou a publié trois lettres depuis son arrivée à la prison de Loretto, y compris celle pour Edward Snowden. Les autres lettres racontent la vie quotidienne en prison.

Kiriakou explique qu’un gardien a déjà essayé de l’opposer à un prisonnier musulman qui, dit Kiriakou, est l’oncle de l’auteur de l’attentat de Times Square. De son côté, le prisonnier musulman s’était entendu dire que Kiriakou venait de recevoir un ordre de Washington de le tuer, parce qu’il faisait partie de la famille d’un terroriste.

« Il s’avère que c’est un Kurde irakien de Buffalo, NY », écrit Kiriakou. « Il était l’imam d’une mosquée là-bas » et était en prison pour avoir refusé de témoigner contre ses paroissiens – les 7 de Lackawana. « Il n’avait rien à voir avec le terrorisme », dit-il. « Au contraire, nous sympathisons, nous échangeons les salutations en arabe et en anglais, et nous bavardons. »

Désormais, Kiriakou est régulièrement soumis à des abus. On lui a fait connaître l’opération « secouer le cocotier » qui consiste à ce que les gardiens « jettent partout tout ce que vous possédez .. Les gardiens peuvent nous traiter comme des sous-hommes » ici, écrit-il.

« Au début, je pensais que c’était une affaire personnelle », a dit Kiriakou en référence à son combat contre la CIA, le FBI et le ministère de la Justice, et que « j’avais irrité quelqu’un, qu’il y avait une vendetta personnelle contre moi. Mais comme le temps a passé, je suis arrivé à la conclusion que c’est institutionnel - il y a eu de nombreux changements de personnel depuis. Il n’y a presque plus personne encore à l’agence qui occupait une poste de direction à l’époque où j’y étais... ».

« L’agence déteste deux choses », finit-il par me dire. La première, « c’est lorsque vous démissionnez. ». La seconde, « c’est lorsque vous parlez à la presse ».

« Moi, j’ai fait les deux. Je ne faisais donc plus partie de la famille. »

Thomas Hedges

http://www.informationclearinghouse.info/article35525.htm

Traduction "les loups se mangent entre eux" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles


Guerra en Afganistán: más suicidios que muertos en combate


Edité par T 34 - 18 Jul 2013 à 03:53
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Jul 2013 à 17:47

Le drone qui a tué mon petit-fils (New York Times)

 
 

SANA, Yemen – J’ai appris aux informations le lendemain de sa mort que mon petit fils de 16 ans, Abdulrahman – un citoyen états-unien – avait été tué par une attaque de drone américain.

Le missile l’a tué lui, son cousin adolescent et au moins cinq autres civils le 14 octobre 2011, alors que les garçons dînaient à la terrasse d’un restaurant dans le sud du Yemen.

J’ai visité cet endroit plus tard, une fois que j’ai eu le courage de voir où il se trouvait dans ses derniers moments. Les voisins m’ont dit que son corps a été déchiqueté. Ils m’ont montré la tombe où ils ont enterré ses restes. Je me tenais là en me demandant pourquoi mon petit-fils était mort.

Près de deux ans plus tard, je n’ai toujours pas de réponses. Le gouvernement des Etats-Unis a refusé d’expliquer pourquoi Abdulrahman a été tué. Ce n’est qu’au mois de mai de cette année que l’administration Obama, dans un effort pour paraître plus transparent, a reconnu publiquement ce que le monde savait déjà – qu’il était responsable de sa mort.

Le procureur général, Eric H. Holder Jr., a seulement déclaré qu’Abdulrahman n’était pas « spécialement visé », soulevant plus de questions qu’apportant de réponses.
Mon petit-fils a été tué par son propre gouvernement. L’administration Obama doit répondre de ses actes et être tenue responsable. Vendredi, je vais demander au tribunal fédéral de Washington d’exiger du gouvernement qu’il réponde.

Abdulrahman est né à Denver. Il a vécu en Amérique jusqu’à sept ans, puis il est venu vivre avec moi au Yemen. Il était un adolescent typique – il regardait les « Simpsons », écoutait Snoop Dog, lisait « Harry Potter » et avait une page Facebook avec beaucoup d’amis. Il avait une tignasse de cheveux bouclés, des lunettes comme moi et un grand sourire timide.

En 2010, l’administration Obama a inscrit le père d’Abdulrahman, mon fils Anwar, sur la « kill list » de la C.I.A. et du Pentagone des terroristes présumés à tuer. Un drone lui a ôté la vie le 30 septembre 2011.

Le gouvernement a porté des accusations de terrorisme répétées contre Anwar – qui était aussi un citoyen américain – mais ne l’a jamais accusé d’aucun crime. Aucun tribunal n’a examiné les affirmations du gouvernement ni aucune preuve n’a jamais été présentée à un tribunal. Il ne méritait pas d’être privé de ses droits constitutionnels en qualité de citoyen américain et d’être tué.

Un matin tôt de septembre 2011, Abdulrahman est sorti, seul, de notre maison à Sanaa. Il était allé chercher son père qu’il n’avait pas vu depuis des années. Il a laissé une note pour sa mère expliquant que son père lui manquait et qu’il voulait le retrouver, la priant de lui pardonner de partir sans permission.

Quelques jours après son départ, nous avons été soulagés de recevoir un mot nous assurant qu’il était en sécurité avec son cousin dans le sud du Yemen d’où est originaire notre famille. Quelques jours plus tard, son père fut ciblé et tué par des drones américains dans une province du nord, à des centaines de kilomètres de là. Après la mort d’Anwar, Abdulrahman nous appelés et nous a dit qu’il allait rentrer chez nous.

Ce fut la dernière fois que j’ai entendu sa voix. Il a été tué seulement deux semaines après son père.

Un pays qui croit qu’il n’a même pas besoin de répondre pour le meurtre de ses propres citoyens n’est pas l’Amérique que j’ai connue. De 1966 à 1977, j’ai réalisé un rêve d’enfance et étudié aux Etats-Unis, bénéficiant de la bourse Fulbright, obtenant mon doctorat puis travaillant comme chercheuse et professeure assistante à l’université du Nouveau-Mexique, du Nebraska et du Minnesota.

Je garde de bons souvenirs de ces années. Lorsque je suis arrivée aux Etats-Unis pour étudier, ma famille d’accueil m’a emmenée camper au bord de l’océan et dans des endroits comme Yosemite, Disneyland et New York – et c’était fantastique.

Après mon retour au Yemen, j’ai mis à profit mon éducation américaine et mes compétences pour aider mon pays, servant au ministère de l’Agriculture et de la Pêche et j’ai créé l’un des établissements d’enseignement supérieur, l’université d’Ibb. Abdulrahman me disait toujours qu’il voulait suivre mon exemple et retourner en Amérique pour étudier. Aujourd’hui, je ne supporte plus de penser à ces conversations.

Après qu’Anwar a été mis sur la liste du gouvernement, mais avant qu’il ne soit assassiné, l’Union des libertés civiles américaines (American Civil Liberties Union) et le Centre pour les droits constitutionnels (Center for Constitutional Rights) m’ont représentée dans un procès contestant l’affirmation du gouvernement selon laquelle il pourrait tuer quiconque qu’il considère comme un ennemi de l’Etat.

Le tribunal a rejeté l’affaire, affirmant que je n’avais pas qualité pour agir au nom de mon fils et que le programme d’assassinat ciblé du gouvernement était en dehors de sa juridiction de toute façon.

Après la mort d’Abdulraman et d’Anwar, j’ai déposé une autre plainte afin d’obtenir des réponses et d’établir les responsabilités. Le gouvernement a fait valoir une fois de plus que son programme d’assassinats ciblés est hors de la portée des tribunaux. Je trouve difficile à croire que cela puisse être légal dans une démocratie constitutionnelle fondée sur un système d’équilibre des pouvoirs.

Le gouvernement a tué un garçon américain de 16 ans. Ne devrait-il pas au moins expliquer pourquoi ?

Nasser al-Awlaki

fondatrice de l’université d’Ibb et ancienne présidente de l’université de Sanaa, a servi au ministère de l’Agriculture et de la Pêche du Yemen de 1988 à 1990.

Traduction : Romane

Source : http://www.nytimes.com/2013/07/18/opinion/the-drone-that-killed-my-gra...


Les Envahisseurs

Un prisonnier de Guantanamo dénonce des tortures contre des grévistes de la faim

Guantanamo, 18 juillet, (RHC).- L'un des prisonniers de la prison de la base navale étasunienne de Guantanamo a dénoncé dans une lettre, les tortures infligées aux grévistes de la faim par les militaires.

L'avocat Ramzi Kassem a remis aux médias une lettre d'Abdelhadi Faraj, un prisonnier syrien détenu depuis 2002 et cela bien qu'en 2010 la décision de le mettre en liberté ait été prise.

Dans sa lettre ce prisonnier explique que les militaires étasuniens répriment les grévistes, qu'ils les enferment dans des cellules froides, qu'ils les battent et qu'ils utilisent contre eux des balles en caoutchouc et des grenades lacrymogènes.

Plusieurs organisations sociales ont fait savoir que l'alimentation forcée est une violation des droits de l'homme.

166 prisonniers y sont détenus depuis plus de 10 ans sans que des charges aient été retenues contre eux.

Source


Edité par T 34 - 21 Jul 2013 à 01:43
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Jul 2013 à 01:51

« Les escadrons de la mort » : du Salvador à l’Afghanistan via l’Irak

 

Edward Snowden est coincé à Cheremétiévo uniquement parce qu’il a rappelé au monde entier une vérité notoire : les services secrets ont la possibilité de surveiller n’importe quel individu sur la planète. Son compagnon d’idées Bradley Manning attend son verdict aux États-Unis. Il est coupable d’avoir communiqué au site WikiLeaks des documents classifiés sur l’opération de paix bâclée en Irak.

En mars, sur la base des informations fournies par Manning (le fameux Iraq War Logs http://wikileaks.org/irq ), les journalistes du Guardian ont raconté de quelle manière les instructeurs étasuniens formaient aux frais de l’armée américaine les unités spéciales de la police iraquienne. Les journalistes les avaient baptisés « escadrons de la mort ».

Ce terme fut utilisé pour la première fois dans les années 1930 pour nommer les détachements de la Garde de fer (Garda de Fier) en Roumanie. Ils terrorisaient et tuaient massivement leurs opposants politiques. Ces « escadrons de la mort » sont devenus tristement célèbres dans les années 1970-1980, lorsque des unités analogues ont été créées dans de nombreux pays d’Amérique latine. Dans certains pays ces formations étaient même subventionnées de l’extérieur. Aux États-Unis on a appris qu’au Salvador et au Honduras ces escadrons avaient été créés, formés et financés par des conseillers militaires américains et la CIA. Cette découverte a provoqué un scandale qui s’est soldé par la réduction de l’aide américaine à ces pays. Mais ces « escadrons » sont restés actifs de nos jours. Les organisateurs de ces mouvements ne sont pas parvenus à leurs fins, car ceux contre qui ils se battaient sont devenus présidents ou s’apprêtaient à occuper ce poste dans leurs pays respectifs.

Ainsi, en 2009, c’est le président du Front de la libération nationale (FNLM) Frente Farabundo Martí qui est devenu chef d’État. Au Honduras, l’ancien président Manuel Zelaya, qui, menacé de mort, a fui le pays, est revenu, et est devenu le principal prétendant à la présidence du pays. Il semble qu’au XXIe siècle, les raids nocturnes, les camps de filtration, les exécutions extrajudiciaires, les tortures et les meurtres se sont avérés inefficaces pour rétablir l’ordre. Faut-il chercher d’autres méthodes ?

Le Guardian ne répond pas à cette question. En 2006, les conflits armés entre les communautés religieuses irakiennes ont commencé à menacer de dégénérer en guerre civile, les troupes de la police anti-émeute destinées à rétablir l’ordre dans le pays ont commencé à se créer avec l’aide de conseillers américains qui bénéficiaient de l’expérience salvadorienne. Dès 2008, un conseiller du groupe anti-terroriste, le lieutenant-colonel à la retraite Roger Carstens a déclaré dans un entretien au magazine The Nation, que les forces spéciales des États-Unis « ont créé la force la plus puissante dans la région ». En effet, en 2006, sa structure comptait 6000 personnes. Leurs méthodes de travail n’étaient en rien différentes des techniques « salvadoriennes ». Selon Carstens, « tout ce que veulent ces gars, c’est tuer les « méchants » pendant des journées entières ». Résultat ? Chaque mois les forces de l’ordre retrouvaient jusqu’à 3000 cadavres dans le pays. Des manifestations de masse ont débuté, et ces « escadrons » ont été dissous. Les experts disent que les tortures les plus cruelles, des meurtres et la manière de terroriser la population par les forces spéciales de l’armée n’ont fait qu’accélérer le déclenchement de la guerre civile dans le pays. Les choses ont empirée ensuite. En mai de cette année, le président irakien a déclaré qu’il ne permettrait pas la mise en place de forces paramilitaires en Irak pour protéger les citoyens pour des motifs religieux. Mais en juin, ces derniers sont apparus. Le gouvernement n’avait pas d’autre solution, car des dizaines de personnes mouraient chaque jour en Irak, et le programme de création de la police nationale en Irak s’est soldé par un échec complet.

En Afghanistan, les Étasuniens ont voulu réaliser le même scénario, en créant des divisions de la police dans les zones comptant peu de militaires de l’OTAN et où les forces armées afghanes étaient en nombre assez faible. Cette idée n’est pas nouvelle dans l’histoire du pays, où des troupes de la milice (la « militia ») assuraient l’ordre. Cette milice a été efficace sous certains aspects, mais elle a été aussi impliquée dans un certain nombre de cas de pillages et de violences avec extorsion à l’encontre de ses propres compatriotes. Elle porte maintenant un nouveau nom : Afghan Local Police (ALP). Ses effectifs (environ 19.500 personnes en 2013) sont formés par des instructeurs des opérations spéciales américaines. La situation a-t-elle pu être prise en main ?

Elle échappe toujours au contrôle des autorités. Le 8 juillet de cette année, un « traducteur » afghan, Zakaria Kandahari, a été arrêté à Kandahar lorsqu’il travaillait sur la base du comté de Nerja (province afghane de Wardak). Il est accusé d’avoir torturé et tué des civils. Près de la base un lieu d’inhumation secret a été découvert. Il s’agirait apparemment de personnes disparues en décembre 2012. A la fin de février, à cause des plaintes constantes contre les actions de ce genre menées par les groupes armés, le président Hamid Karzaï a exigé le retrait des unités spéciales américaines de la province, alors que presque toutes les attaques terroristes à Kaboul sont commanditées depuis cette région. Ce retrait des forces spéciales signifierait également une forte détérioration de la situation dans la province et dans la capitale. Cependant, la situation n’a pas vraiment empiré. La milice n’est pas redoutée qu’à Wardak. On l’appelle « escadron de la mort » dans tout le pays. Au lieu de la stabilité, Kaboul récolte la colère et les manifestations de la population locale. Et le renforcement de l’opposition, comme cela fut le cas au Honduras ou en Irak.

La destruction des ennemis irréconciliables et dangereux de l’Etat est l’une des fonctions des forces de l’ordre spéciales et des agences de renseignement. Mais espérer résoudre le problème de la sécurité « non pas avec un scalpel, mais avec une hache », au moyen de la création de groupes locaux forts de plusieurs milliers de membres et dotés de pouvoirs spéciaux et d’un minimum de responsabilité dans l’espoir qu’ils pourront stopper des conflits multiséculaires sera stoppé par la force, est une entreprise vouée à un échec certain. Ce qui s’est produit en Amérique Latine est flagrant en Irak et en Afghanistan.

http://french.ruvr.ru/2013_07_15/Les-escadrons-de-la-mort-de-Salvador-...


Religiosos estadounidense ayunan para pedir cierre de Guantánamo


Edité par T 34 - 25 Jul 2013 à 15:57
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Jul 2013 à 19:28

Des sénateurs étasuniens mettent en question le coût élevé de la prison de Guantantanamo

Washington, 25 juillet, (RHC).- Des sénateurs démocrates des États-Unis ont critiqué le Département de la Défense pour le coût très élevé de la prison de la base navale des États-Unis dans une portion du territoire de Guantanamo, occupé contre la volonté du gouvernement et du peuple cubains.

La sénatrice Dianne Feinstein a déclaré que la prison est la plus chère du monde, que cette année il faudra 454 millions de dollars pour qu'elle soit opérative, ce qu'elle a considéré comme une dépense excessive d'argent.

Pour sa part, le leader adjoint de la majorité démocrate au Sénat, Dick Durbin a qualifié d'irresponsable du point de vue fiscal, le fait de destiner une quantité aussi grande d'argent à cette prison alors que des coupes draconiennes ont été imposées au Pentagone et à d'autres secteurs pour faire face à la crise économique des dernières années.

Le président du Comité Judiciaire Patrick ,Leahy a quant à lui considéré comme honteux que cette prison soit encore ouverte. Il a insisté sur le fait que 166 étrangers détenus dans le contexte de la guerre contre le terrorisme y sont retenus indéfiniment.



Edité par T 34 - 28 Jul 2013 à 18:20
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Jul 2013 à 22:05

Monsanto achète Blackwater, la plus grande armée mercenaire du monde.

 
 

S’il manquait quelque chose à la néfaste société Monsanto, c’était une armée officielle d’assassins payés. C’est fait : Monsanto est la société « parapluie » de Resident Evil mais dans le monde réel. Elle contrôle la distribution des aliments, partage des financiers avec l’industrie pharmaceutique et fabrique des armes nucléaires et bactériologiques.

C’est ce que révèle un article de Jeremy Scahill pour le journal « The Nation » dans lequel il informe que la plus grande armée mercenaire de la planète, le « service » criminel d’intelligence Blackwater (connue sous le nom de Xe services et plus récemment sous celui d’Academi), a été vendu à la société transnationale Monsanto.

Après d’innombrables plaintes internationales pour violation de la loi , et s’étant fait connaitre par ses massacres en Irak et dans d’autres pays, Blackwater a changé de nom en 2009. Toutefois il continue d’être le plus grand sous-traitant privé du Département d’Etat des Etats-Unis en tant qu’agence secrète de « services de sécurité » qui pratique le terrorisme d’état en donnant au gouvernement la possibilité de le nier.

POURQUOI LES CONCERTS DE CASSEROLES NE SERVENT A RIEN ?

Political Blind Spot a dénoncé le fait que beaucoup d’agents de la CIA et d’ex militaires travaillent pour Blackwater ou pour des compagnies en relation qui cherchent à détourner l’attention de sa mauvaise réputation et à réaliser d’importants bénéfices commerciaux. Ces mercenaires vendent leurs services, qui vont de l’information illégale, à l’intelligence d’infiltration, le lobbysme politique et l’entrainement paramilitaire, à des gouvernements, des banques, et des sociétés multinationales. Selon Scahill, les affaires avec Monsanto, Chevron, et des géants financiers comme Barclays ou Deutsche Bank, se développent par le biais de deux entreprises (Total Intelligence solutions et Terrorism research center) dont le propriétaire est Erik Prince, qui est également propriétaire de Blackwater .

C’est quand il était directeur de Total Intelligence Service en 2008, que Cofer Black (qui s’était fait connaitre par sa brutalité en tant que directeur de la CIA), contacta Monsanto. Monsanto s’offrit ses services pour espionner et infiltrer des organisations de droits de l’homme, des droits des animaux et des organisations ayant des activités anti transgéniques, en plus d’exercer un contrôle sur d’autres sociétés biotechnologiques et pharmaceutiques.

La société Monsanto n’assassine pas seulement des personnes avec ses produits chimiques mais aussi par balles et au moyen d’ « accidents ». Ses victimes sont des journalistes, des activistes politiques, et tous ceux qui peuvent être un obstacle potentiel à ses plans d’expansion. Contacté par Scahill, le directeur de Monsanto, Kevin Wilson refusa de faire des commentaires ; toutefois, il fut confirmé plus tard à « The Nation » que Monsanto avait passé un contrat avec Total Intelligence en 2008 et 2009 mais, selon Monsanto , c’était seulement « pour faire un suivi d’information publique de ses opposants. Le directeur de Monsanto crut bon de préciser que Total Intelligence était une société « totalement séparée de Blackwater ».

Mais Scahill possède des copies de courriers électroniques de Cofer Black envoyés après la réunion avec Kevin Wilson de Monsanto, ou il explique à d’autres ex agents de la CIA, que cette réunion avait mis en évidence le fait que Total Intelligence était devenu « le bras d’intelligence de Monsanto » pour espionner les activistes et faire d’autres actions comme par exemple intégrer légalement ces groupes.

Monsanto a payé 127.000 dollars à Blackwater en 2008, et 105.000 en 2009.

Il n’est pas surprenant qu’une entreprise amplement dédiée à la science de la mort, comme Monsanto, qui dès le début s’est consacrée à produire des poisons toxiques comme l’Agent Orange, les PCB (biphényles chlorés, des pesticides, des hormones, des graines génétiquement modifiées, et même la bombe atomique, s’associe avec une organisation d’assassins et de mercenaires.

LES DEBUTS DE LA RELATION BILL GATES ET MONSANTO

Presqu’en même temps que la publication de cet article dans « The Nation », l’organisation des agriculteurs organiques Via Campesina, signala que la fondation Bill et Melinda Gates avait acheté 500.000 actions de Monsanto, au prix de plus de 23 millions de dollars faisant ainsi tomber leur masque de philanthropes. C’est encore une association de criminels qui n’a rien de surprenant.

Bill Gates contrôle plus de 90% du marché des licences dans le monde de l’informatique, en plus de promotionner des campagnes de vaccination pour les laboratoires génocidaires, tout en étant responsable d’expérimentation illégale de médicaments dans des pays sous-développés ; pendant que Monsanto contrôle 90% du marché mondial des graines transgéniques et des graines commerciales au niveau mondial, et a fondé « Pharmacia » qui appartient aujourd’hui à Pfizer.

En d’autres termes, il n’existe pas de pires monopoles dans le secteur industriel, ni d’aussi immenses. L’existence même de ces sociétés implique que la terre est sous le joug d’un régime financier totalitaire qui nie le principe de « compétitivité de libre commerce ». Bill Gates aussi bien que Monsanto sont extrêmement agressifs quand il s’agit de défendre leurs monopoles mal acquis.

Exécutant les ordres de la famille Rothschild, Bill Gates et Monsanto se consacrent à détruire l’agriculture organique dans le monde entier, ce quidébuta avec la création de l « Alliance pour une révolution verte en Afrique » (AGRA) qui œuvra comme un cheval de Troie pour enlever les graines traditionnelles aux pays Africains pauvres et les remplacer par des graines transgéniques. Pour cela, la fondation engagea Robert Horsch en 2006, qui était alors directeur de Monsanto. Maintenant Gates obtient de grands bénéfices en se soumettant aux politiques de dépeuplement mises en œuvre par la banque mondiale.

source http://www.matrizur.org/index.php?option=com_content&view=article&...

traduction IRISINDA pour le Grand Soir

 

La militarisation de l’Amérique

 
 

Le déploiement d’hélicoptères Blackhawk à Chicago cette semaine n’est que le dernier d’une série d’exercices d’« entraînement au combat en zone urbaine » qui sont devenus un élément familier de la vie américaine.

Comme ailleurs, cet exercice a été lancé devant une population civile ébahie et sans avoir été annoncé. Conduits en secret, apparemment avec l’accord des services de police locaux et des élus, démocrates comme républicains, l’objectif évident de ces exercices est de donner aux troupes américaines de l’expérience dans ce que le Pentagone appelle « des opérations militaires en terrain urbain. »

Ce type d’opération est sans conteste d’une importance cruciale pour l’armée américaine. Au cours de la décennie écoulée, sa mission principale, comme l’ont prouvé l’Afghanistan et l’Irak, a été l’invasion et l’occupation de pays relativement faibles militairement et la soumission de leur population qui résistait à l’occupation, souvent dans des combats maison par maison dans les centres urbains.

L’armée dispose d’un Centre d’entraînement urbain de 4 kilomètres carrés au centre-sud de l’Indiana qui se targue de plus de 1500 « structures d’entraînement » conçues pour simuler des maisons, des écoles, des hôpitaux et des usines. Le site web du centre affirme qu’il « peut être adapté pour reproduire des situations étrangères tout comme nationales. »

Qu’est-ce que cela peut apporter de faire voler des Blackhawks à faible altitude au-dessus des immeubles de logements de Chicago ou de faire rouler des convois militaires blindés dans les rues de St Louis qu’il ne serait pas possible d’obtenir avec les simulations du centre d’entraînement ? Rien que l’année dernière, il y a eu au moins sept exercices de ce type, à Los Angeles, Chicago, Miami, Tampa, St Louis, Minneapolis et Creeds en Virginie.

La réponse la plus évidente est que ces exercices habituent les troupes à opérer dans les villes américaines, tout en désensibilisant la population américaine au déploiement de la puissance militaire américaine à l’intérieur du pays.

Les préparatifs pour ce genre de déploiement sont déjà très avancés. Au cours de la décennie passée, sous le prétexte de la « guerre mondiale contre le terrorisme, » Washington a promulgué une série de lois répressives et créé une vaste nouvelle bureaucratie de contrôle d’Etat sous l’autorité du département de la sécurité intérieure. Sous le gouvernement Obama, la Maison Blanche s’est arrogé le pouvoir de mettre les ennemis de l’Etat en détention militaire pour une durée indéfinie, ou même de les assassiner sur le sol américain par des frappes de drones, tout en développant fortement l’espionnage électronique de la population américaine.

Une partie de ce processus est l’augmentation incessante du pouvoir de l’armée américaine et son intervention croissante dans les affaires intérieures. En 2002, la création de l’US Northern Command a attribué pour la première fois un commandement militaire pour les opérations à l’intérieur des États-Unis eux-mêmes.

Encore en mai dernier, le Pentagone a annoncé l’application de nouvelles règles d’engagement pour les forces militaires américaines opérant sur le sol américain pour apporter un « soutien » aux autorités civiles chargées de faire respecter la loi, y compris pour faire face aux « troubles civils. »

Ce document déclare des pouvoirs militaires très larges et sans précédent dans une section intitulée « Autorité d’urgence. » Elle affirme l’autorité d’un « commandant militaire » dans « des circonstances d’urgence extraordinaire où une autorisation préalable par le président est impossible et où les autorités locales régulières sont incapables de contrôler la situation, de s’engager temporairement dans des activités qui sont nécessaires pour contenir des troubles civils inattendus de grande ampleur. » En d’autres termes, les huiles du Pentagone s’arrogent l’autorité unilatérale d’imposer la loi martiale.

Ces pouvoirs ne sont pas pris dans le but de défendre la population des États-Unis contre le terrorisme ou pour contrer une urgence hypothétique. Le commandement militaire américain est tout à fait conscient d’où se trouve le danger.

Dans un récent article, un instructeur de haut niveau au Commandement de Fort Leavenworth et au General Staff College [qui forme les hauts gradés de l’armée américaine, ndt] et ex-directeur de l’École militaire des études militaires avancées a présenté un scénario révélateur pour une situation dans laquelle l’armée pourrait intervenir.

« La grande récession du début du vingt-et-unième siècle dure plus longtemps qu’on ne l’avait anticipé. Après un changement de pouvoir à la Maison Blanche et au Congrès en 2012, le parti au pouvoir coupe tous les financements qui étaient attribués à la relance de l’économie et à l’aide sociale. L’économie des États-Unis se trouve en stagnation, comme le Japon dans les années 1990, pour la majeure partie de la décennie. En 2016, l’économie montre des signes de reprise, mais les classes moyennes et les classes moyennes inférieures n’en ressentent presque pas les effets en matière d’emploi ou d’augmentation des salaires. Le chômage continue à osciller périlleusement près d’un pourcentage à deux chiffres … »

En d’autres termes, le Pentagone voit que de telles conditions – qui diffèrent très peu de celles en cours aux États-Unis aujourd’hui – pourraient produire des soulèvements sociaux qui ne pourraient être contenus que par le recours à la force militaire.

Ce qui est mis au rebut, en coulisses et pratiquement sans aucune couverture médiatique, et encore moins de débat public, ce sont les principes constitutionnels qui remontent à des siècles et qui interdisent l’utilisation de l’armée pour maintenir l’ordre public contre des civils. Dans la déclaration d’indépendance elle-même, la justification de la révolution contre le roi George comprenait l’accusation qu’il avait « décidé de rendre l’armée indépendante du pouvoir civil et supérieure à ce dernier. »

Allant de pair avec l’accroissement des pouvoirs de l’armée à l’intérieur du pays, la police censée être civile a été militarisée. Un article publié par le Wall Street Journal le week-end dernier et intitulé « l’avènement du policier guerrier » décrivait très clairement ce processus :

« Poussées par une rhétorique martiale et la disponibilité d’équipements de type militaire, des baïonnettes et des fusils M-16 jusqu’aux transports de troupes blindés, les forces de police américaines adoptent souvent un état d’esprit qui était, par le passé, réservé au champ de bataille. La guerre contre la drogue et, plus récemment, les actions anti-terroristes qui ont suivi le 11 septembre ont créé une nouvelle figure sur la scène américaine : le policier guerrier – armé jusqu’aux dents, prêt à traiter durement les malfaiteurs, et une menace croissante contre les libertés américaines ordinaires. »

Cet article décrit la vaste prolifération des unités SWAT (Special Weapons and Tactics) dans pratiquement chaque ville d’Amérique, grâce aux 35 milliards de dollars alloués par le ministère de l’Intérieur, « avec l’essentiel de l’argent allant à l’achat de matériel militaire comme les transports de troupes blindés. »

Cette force armée a été étalée à la vue de tous en avril durant ce qui revenait à être l’imposition d’un état de siège sur la ville de Boston, apparemment pour ne capturer qu’un adolescent suspect. Toute la population d’une grande ville américaine a été enfermée chez elle pendant que des policiers équipés pour le combat, pratiquement impossible à distinguer des militaires, ont occupé les rues et mené des fouilles maison par maison sans mandat.

Ce qui sous-tend cette militarisation sans précédent de la société américaine ce sont deux processus parallèles. L’immense élargissement du gouffre social qui sépare les milliardaires et multimillionnaires qui contrôlent la vie politique et économique de la classe ouvrière américaine qui constitue la grande majorité de la population, est fondamentalement incompatible avec la démocratie et exige d’autres formes de pouvoir. En même temps, le passage au militarisme comme principal instrument de politique étrangère américaine a largement augmenté le pouvoir de l’armée au sein de l’appareil d’Etat américain.

L’oligarchie dirigeante américaine et le Pentagone reconnaissent tous deux qu’une polarisation sociale profonde et une crise économique qui s’aggrave ne peuvent qu’aboutir à des soulèvements sociaux. Ils s’y préparent en conséquence.

La classe ouvrière doit tirer les conclusions appropriées et faire ses propres préparatifs politiques pour les confrontations inévitables à venir.

(Article original paru le 25 juillet 2013)

Le rapport anti-Empire
 

Etats-Unis - Nationalisme et hypocrisie : un mariage réussi

 
 

Ce n’est pas facile d’être un nationaliste américain agitateur de drapeaux. En plus d’avoir à faire face à la désillusion habituelle, la colère et le mépris du monde entier incités par les bombardements et guerres sans fin de Washington, le nationaliste est assailli par les dénonciateurs comme Bradley Manning et Edward Snowden, qui ont révélé un flot régulier de scandales autour des droits de l’homme et des libertés civiles, des atrocités, des mensonges embarassants et des vérités gênantes. Ceux qui croient à « l’exceptionnalisme américain » et aux « nobles intentions » ont eu du mal à maintenir leur rhétorique bleu-blanc-rouge entre les premières lueurs de l’aube et les derniers rayons du crépuscule.

Ce qui pourrait expliquer l’article du Washington Post (20 Juillet) intitulé ’les demandeurs d’asile américains sont malheureux en Russie’, à propos d’Edward Snowden et son projet de demander l’asile à Moscou. L’article raconte les moments prétendument misérables vécus dans l’Union soviétique par des expatriés américains et des transfuges comme Lee Harvey Oswald, les deux employés de la NSA 1960 - William Martin et Bernon Mitchell - et plusieurs autres. La formule de propagande du Post est apparemment la suivante : l’insatisfaction de la vie en Russie pour un Américain équivaut à un point en faveur des Etats-Unis : ’espoirs déçus d’une vie glorieuse dans le paradis des travailleurs’ ... Oswald « a été donné du travail dans une usine d’électronique dans la ville morne de Minsk , où l’avenir radieux ne fut pas au rendez-vous ’... lit-on dans compte-rendu du Post, digne d’un cliché de la Guerre Froide. Pas vraiment de quoi s’exciter, mais un nationaliste américain sur la défensive a du mal à trouver beaucoup mieux par les temps qui courent.

Dans le même temps, l’équipe Allez USA ! marque des points en faisant connaître des violations russes actuelles des droits de l’homme et des libertés civiles, comme si la guerre froide faisait toujours rage. « Nous appelons le gouvernement russe à cesser sa campagne de pression contre les individus et les groupes qui cherchent à dénoncer la corruption, et de veiller à ce que les droits de l’homme universels et les libertés fondamentales de tous ses citoyens, y compris les libertés d’expression et de réunion, sont protégés et respectés », a déclaré Jay Carney, porte-parole de la Maison Blanche. (1)

"’Campagne de pression contre les individus et les groupes qui cherchent à dénoncer la corruption" ... hmmm ... Est-ce que quelqu’un a entendu parler d’Edward Snowden ? Est-ce que la surveillance non-stop des citoyens n’est pas un exemple de corruption ? La Maison Blanche n’éprouve-t-elle aucune honte ? Un peu d’embarras peut-être ? Rien du tout ?

Je rêve de voir une version moderne des audiences de l’Armée et McCarthy de 1954 au cours desquelles Carney - ou mieux encore, Barack Obama lui-même – déversererait, les uns après les autres, mensonges et défenses écoeurantes des destructions impérialistes. Et l’avocat de la commission (selon les célèbres paroles de Joseph Welch) serait finalement poussé à déclarer : « Monsieur, en voilà assez. N’avez-vous aucune décence, monsieur ? Enfin, ne vous reste-t-il aucune trace de décence ? » Un tonnerre d’applaudissemts explosa parmi le public du Congrès et cet incident est largement considéré comme le début de la fin de la folie McCarthyste.

Les politiciens américains et des personnalités des médias ont critiqué Snowden pour s’être enfui à l’étranger pour révéler les documents classifiés qu’il possédait. Pourquoi n’est-t-il pas resté aux Etats-Unis pour défendre ses actions et faire face à à la justice comme un vrai homme ? demandent-ils. Oui, le jeune homme aurait du volontairement se soumettre lui-même à l’isolement, à d’autres tortures, à la prison à vie, et même une condamnation à mort s’il voulait être pris au sérieux. Quel lâche !

Pourquoi Snowden n’a-t-il pas fait part de ses inquiétudes à travers les canaux appropriés de la NSA, plutôt que de révéler les documents, comme tout dénonciateur respectable aurait fait ? C’est la question à laquelle James Bamford, généralement considéré comme le principal auteur sur la NSA en Amérique, a tenté de répondre, comme suit :

J’ai interviewé de nombreux dénonciateurs de la NSA, et le dénominateur commun est qu’ils se sentaient ignorés lorsqu’ils tentaient d’attirer l’attention de leurs supérieurs sur des opérations illégales ou contraires à l’éthique. Par exemple, William Binney et plusieurs autres hauts membres de la NSA ont protesté auprès de leurs supérieurs à propos des programmes de collecte de données nationaux de l’agence, et ils ont même tenté d’attirer l’attention du ministère de la justice sur ces opérations, mais ils ont été ignorés. C’est seulement ensuite que Binney m’a publiquement parlé pour un article dans le magazine Wired. Dans une série de questions/réponses sur le site internet du Guarduan, Snowden a cité Binney comme un exemple de ’comment les réactions excessivement sévères contre les dénonciations faites dans l’intérêt public ne font qu’augmenter l’ampleur, la portée et la compétence impliquée pour les révélations futures. Les citoyens ayant une conscience ne vont pas ignorer ces méfaits simplement parce qu’ils seront détruits pour ça : la conscience l’interdit ’.

Et même lorsque les dénonciateurs s’adressent aux médias, la NSA généralement nie les faits. L’Agence a nié les accusations de Binney selon qui elle obtenait toutes les métadonnées des clients de Verizon et avait accès à pratiquement tout le trafic Internet. Ce n’est que lorsque Snowden a divulgué des documents révélant le programme et montré comment fonctionne PRISM que l’agence a été contrainte d’avouer la vérité. (2)

Chaque pays dans le monde qui est engagé dans les affaires internationales et la sécurité nationale se livre à de nombreuses activités pour protéger sa sécurité nationale,’ a récemment dit le secrétaire d’Etat américain John Kerry. ’Tout ce que je sais, c’est que ce n’est pas inhabituel pour beaucoup de nations.’ (3)

Eh bien, M. Kerry, l’antisémitisme non plus n’est pas inhabituel, on peut en trouver dans tous les pays. Pourquoi, alors, le monde condamne-t-il fermement l’Allemagne nazie ? Évidemment, pour une question d’échelle, n’est-ce pas ? C’est l’ampleur de l’invasion américaine de la vie privée qui la place dans une catégorie à part.

Kerry fait tout son possible pour minimiser l’importance des révélations de Snowden. Il voudrait nous faire croire que c’est juste des trucs de routine entre nations ... « Circulez, il n’y a rien à voir. » Pourtant, cet homme est obsédé par la volonté de punir Snowden. Le 12 Juillet, quelques heures seulement après que le Venezuela a accepté de fournir l’asile politique à Snowden, Kerry a appelé personnellement le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Elias Jaua et aurait menacé d’intercepter tout avion du Venezuela dans l’espace aérien des Etats-Unis ou de tout autre pays de l’OTAN s’il y avait le moindre soupçon que Snowden se trouvait à bord pour se rendre à Caracas. La fermeture de l’espace aérien de tous les pays membres de l’OTAN aux vols vénézuéliens signifie éviter 26 pays en Europe et deux en Amérique du Nord. Selon ce scénario, Snowden aurait à survoler le Pacifique depuis l’extrême-orient de la Russie au lieu de traverser l’Atlantique.

Le secrétaire d’État a également promis d’intensifier le processus en cours d’abrogation de visas d’entrée aux États-Unis aux fonctionnaires et hommes d’affaires vénézuéliens associés au feu président Hugo Chávez. Washington va également entamer la poursuite d’éminents politiciens vénézuéliens sur des allégations de trafic de drogue, de blanchiment d’argent et autres actions criminelles et Kerry a spécifiquement mentionné des noms dans sa conversation avec le ministre vénézuélien des Affaires étrangères.

Kerry a ajouté que Washington est tout à fait conscient de la dépendance du Venezuela auprès des Etats-Unis en ce qui concerne les produits pétroliers raffinés. En dépit d’être l’un des plus grands producteurs de pétrole du monde, le Venezuela a besoin de plus de pétrole et de produits pétroliers qu’il ne peut produire, et achète plus d’un million de barils de produits pétroliers raffinés aux États-Unis chaque mois. Kerry a carrément averti que l’approvisionnement en carburant serait interrompu si le président Maduro continue à tendre la main au fugitif de la NSA. (4)

Wow. C’est du lourd. Un pouvoir illimité entre les mains de psychopathes. Mon propre pays me fait vraiment peur.

Et quel pays se vante plus de ses libertés présumées que les Etats-Unis ? Et de sa démocratie présumée ? De ses présumés droits civils et droits humains ? De son prétendu « exceptionnalisme » ? De son présumé tout ? Considérant tout cela, pourquoi les Etats-Unis ne seraient-ils pas tenus de les respecter à la lettre ?

L’hypocrisie américaine dans sa politique étrangère se manifeste régulièrement et contiuellement. Voici le président Obama, parlant récemment en Afrique du Sud au sujet de Nelson Mandela : «  La lutte ici contre l’apartheid, pour la liberté, le courage moral [de Mandela] ; a transition historique de ce pays en une nation libre et démocratique a été une inspiration personnelle pour moi. Il a été une inspiration pour le monde entier - et il continue de l’être. » (5)

Comme c’est touchant. Mais aucune mention - jamais de mention par un dirigeant américain – du fait que les Etats-Unis étaient directement responsables de l’envoi de Nelson Mandela en prison pendant 28 ans. (6)

Et exigeant l’extradition de Snowden tandis que, selon le ministère russe de l’Intérieur, ’des forces de l’ordre ont demandé à plusieurs reprises aux États-Unis par le canal d’Interpol l’extradition de criminels recherchés, mais ces demandes ne sont ni respectées ni même répondues.’ Parmi les personnes visées se trouvent des insurgés islamistes de Tchétchénie, qui ont été accordés l’asile aux États-Unis. (7)

L’Equateur a eu une expérience similaire avec les Etats-Unis en demandant l’extradition de plusieurs personnes accusées d’implication dans une tentative de coup d’Etat contre le président Rafael Correa. L’exemple le plus flagrant de ce double standard est celui de Luis Posada Carriles qui a orchestré l’explosion d’un avion cubain en 1976, tuant 73 civils. Il a vécu en homme libre en Floride pendant de nombreuses années, même si son extradition a été demandée par le Venezuela. Il n’est qu’un parmi des centaines de terroristes latino-américains anticastristes et d’autres qui ont été accordés l’asile aux États-Unis au cours des dernières années en dépit d’être recherchés dans leur pays d’origine.

Les responsables américains sont capables, les jours pairs, de cracher les mots « exceptionnalisme américain » et de commettre, les jours impairs, des crimes contre l’humanité. Année après année, décennie après décennie. Mais je pense que nous pouvons tirer une certaine satisfaction, et peut-être même de l’espoir, dans ce que les responsables de la politique étrangère des États-Unis, aussi mentalement dérangés qu’ils soient, ne sont pas assez stupides pour ne pas savoir qu’ils nagent dans un océan d’hypocrisie. Voici deux exemples :

En 2004, il a été signalé que « Le Département d’Etat prévoit de retarder la publication d’un rapport sur les droits de l’homme qui devait sortir aujourd’hui, en partie à cause de la sensibilité sur le scandale des abus dans les prisons en Irak, ont déclaré des responsables américains. Un fonctionnaire ... a dit le communiqué sur le rapport qui décrit les mesures prises par le gouvernement américain pour encourager le respect des droits de l’homme par d’autres nations, pourrait « nous faire paraître hypocrites ». » (8)

Et un exemple de 2007 : Chester Crocker, un membre du comité consultatif du Département d’Etat pour la promotion de la démocratie, et ancien secrétaire d’Etat adjoint, a noté que « nous devons être en mesure de faire face à l’argument selon lequel les Etats-Unis sont incohérents et hypocrites dans leur promotion de la démocratie dans le monde. Il se pourrait que ce soit vrai. » (9)

Dans ces exemples, les représentants du gouvernement semblent être un peu gênés par l’hypocrisie qui prévaut. D’autres notables de la politique étrangère semblent en être plutôt fiers.

Robert Kagan, auteur et architecte intellectuel de longue date d’un interventionnisme qui cherche à imposer le programme néo-conservateur au monde entier, et par tous les moyens nécessaires, a déclaré que les Etats-Unis doivent refuser de se conformer à certaines conventions internationales, comme la Cour pénale internationale et l’accord de Kyoto sur le réchauffement climatique. Les États-Unis, dit-il, « doivent défendre le contrôle des armements, mais pas toujours pour eux-mêmes. Il doivent agir en appliquant un double standard. » (10)

Et puis nous avons Robert Cooper, un haut diplomate britannique qui était conseiller du premier ministre Tony Blair lors de la guerre en Irak. Cooper a écrit :

Le défi pour le monde postmoderne est de s’habituer à l’idée de deux poids deux mesures. Entre nous, nous fonctionnons sur la base de lois et de sécurité coopérative ouverte. Mais lorsqu’il s’agit d’états plus vieux jeu comme ceux hors du continent postmoderne de l’Europe, il faut revenir aux méthodes plus rudes du passé - la force, l’attaque préventive, la tromperie, tout ce qui est nécessaire pour affronter ceux qui vivent encore dans le monde du chaque état pour soi du XIXe siècle. (11)

Son expression, « chaque Etat pour soi », signifie un état qui n’est pas disposé à adhérer à l’ordre du jour de l’empire américain et de son meilleur ami voyou à Londres.

Donc, nous y voilà. Le double standard est officiellement adopté. La règle d’or de « ne pas faire à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse » est désormais dépassé.

La mafia impériale, et leurs intellectuels de cour comme Kagan et Cooper, ont du mal à vendre leur vision du monde sur la base de normes juridiques, morales, éthiques ou d’équité. Alors ils décident tout simplement qu’ils ne sont pas liés par de telles normes.

Haïr l’Amérique

Voici Alan Dershowitz, éminent avocat américain, juriste, commentateur politique et fervent sioniste et partisan de l’empire, qui parle du journaliste Glenn Greenwald et de l’engangement de ce dernier aux côtés d’Edward Snowden : « Regardez, Greenwald c’est du bidon. Il est anti-américain, il aime les régimes tyranniques, et il a fait cela parce qu’il déteste l’Amérique. Cela n’avait rien à voir avec la publication d’informations. Il n’aurait jamais écrit cet article s’ils avaient publié des documents sur l’un de ses pays préférés » (12).

’Anti-américain’ ... ’déteste l’Amérique’ ... Que signifient ces expressions qui font partie intégrante de l’histoire politique américaine ? Que Greenwald déteste le baseball et les hot-dogs ? ... Qu’il déteste les films et la musique américains ? ... Qu’il déteste tous les bâtiments aux États-Unis ? Toutes les lois ? ... Non, comme la plupart des « anti-Américains », Glenn Greenwald déteste la politique étrangère des Etats-Unis. Il hait toutes les horreurs et tous les mensonges employés pour couvrir toutes ces horreurs. Alors de quel américain est-il anti ?

Dershowitz pense sans doute que Snowden est anti-américain. Mais écoutez le jeune homme interviewé :

« L’Amérique est un pays fondamentalement bon. Il y a des gens bons, avec de bonnes valeurs, qui veulent faire de bonnes choses ».

L’intervieweur est Glenn Greenwald. (13)

"Dieu a désigné l’Amérique pour sauver le monde d’une façon qui convient à l’Amérique. Dieu a désigné Israël comme le lien de la politique américaine au Moyen-Orient et celui qui voudrait contester cette idée est a) un anti-sémite, b) un anti-améric ain, c) passé à l’ennemi, et d) un terroriste." - John LeCarré , London Times, 15 Janvier, 2003

William Blum

http://williamblum.org/aer/read/119

Traduction « l’antiaméricanisme n’est pas une opinion mais un art de savoir-vivre » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

(1) White House Press Briefing, July 18, 2013
(2) Washington Post, June 23, 2013
(3) Reuters news agency, July 2, 2013
(4) RT television (Russia Today), July 19, 2013, citing a Spanish ABC media outlet
(5) White House press release, June 29, 2013
(6) William Blum, Rogue State : A Guide to the World’s Only Superpower, chapter 23
(7) Reuters, July 22, 2013
(8) Los Angeles Times, May 5, 2004
(9) Washington Post, April 17, 2007
(10) Hoover Institute, Stanford University, Policy Review, June 1, 2002
(11) The Observer (UK), April 7, 2002
(12) “Piers Morgan Live”, CNN, June 24, 2013
(13) Video of Glen Greenwald interviewing Edward Snowden (at 2:05 mark)


A punto de morir presos en base naval de Guantánamo


Edité par T 34 - 02 Aug 2013 à 00:36
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  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Aug 2013 à 00:17
Mais pourquoi les États-Unis s’acoquinent-ils avec les islamistes radicaux ?

 Arabie%20saoudite%20-%20Qatar%20-%20Etats-Unis


Quand on parle des États-Unis, on devrait, à les entendre, parler de liberté. Bien entendu, il s’agit de leur liberté… Depuis longtemps, l’Oncle Sam s’est arrogé le droit de diriger le monde. Il le fait forcément avec l’arrogance de celui qui se croit le plus fort, et, persuadé de tout maîtriser, range inévitablement ceux qui ne pensent pas comme lui dans le camp des États voyous. Il suffit en revanche de sacrifier ne serait-ce qu’un peu de son indépendance nationale pour devenir un ami, un allié fidèle de Washington.

Vous en doutez ? Alors, remémorez-vous le 11 septembre 2011, le jour où deux Boeing ont été détournés (paraît-il…) et ont percuté les Twin Towers. On a fait incomber la responsabilité de cet attentat aux islamistes radicaux d’Al-Qaïda, ce qui a été le déclencheur d’une guerre menée par l’Occident au nom de la lutte contre le terrorisme : l’Afghanistan a été envahi, puis l’Irak de Saddam Hussein sur la base de preuves qui se sont finalement révélées n’être qu’une grossière escroquerie.

Au début de l’année 2011, des rebelles islamistes tentent de déstabiliser le régime syrien. Mais, contrairement à ce qu’on pourrait a priori penser, les États-Unis ne se font pas les alliés du gouvernement légitime, laïc et progressiste d’Assad, mais encouragent les extrémistes islamistes proches d’Al-Qaïda, qui ont fourni et les armes et les fonds aux combattants djihadistes. En Libye, Washington s’est appuyé sur les salafistes et les fondamentalistes musulmans pour renverser Mouammar Kadhafi et mettre fin à la Jamahiriya arabe libyenne. Enfin, Obama a soutenu sans sourciller les Frères musulmans qui ont adopté en 2012 une constitution d’un autre âge.  

Alors, comment se fait-il que le président étasunien parle de démocratie et de progrès social tout en s’acoquinant avec les pires groupes et États islamistes ? Pourquoi défier Assad tout en faisant des affaires avec le Qatar et l’Arabie saoudite qui ignorent tout des droits humains ? Et surtout, pourquoi les media dominants ne mettent pas en avant ces évidentes contradictions de l’Oncle Sam ? Comment expliquer qu’ils ne soulignent pas sans équivoque que Washington a combattu le terrorisme islamique pendant des années avant de le financer maintenant en Syrie pour de basses raisons de realpolitik ?

La réalité est que les États-Unis ne se soucient pas de savoir qui ils financent du moment que leurs intérêts sont bien servis. Et s’il le fallait, ils feraient des affaires avec le diable… tout comme nos media d’ailleurs.
 
Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-mais-pourquoi-les-etats-unis-s-acoquinent-ils-avec-les-islamistes-radicaux-119352677.html


Edité par T 34 - 04 Aug 2013 à 17:56
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Aug 2013 à 18:23

“Un drone, ça ne fait pas de prisonniers”, Grégoire Chamayou, chercheur au CNRS

 
 

Entretien. Avec les drones, on peut tuer sans être tué. Ces engins bouleversent les règles de la guerre, nous explique le philosophe Grégoire Chamayou.

Les travaux de Grégoire Chamayou, chercheur au CNRS, croisent histoire des techniques et histoire des rationalités politiques. Il vient de publier Théorie du drone (éd. La Fabrique), un essai passionnant qui interroge les implications éthiques, juridiques et politiques de cette technologie militaire.

A quel type de drones vous êtes-vous intéressé ?

Mon livre traite des drones « chasseurs-tueurs », justifiés par une logique très retorse : leurs partisans voient en eux un progrès majeur dans la technologie humanitaire, puisqu’ils permettent de sauver des vies. Personne ne meurt, si ce n’est l’ennemi… Mais comment qualifier d’humanitaire une machine à tuer ?

Emblème de la « guerre sans risque », le drone fait éclater toute réciprocité : avec lui, on peut voir sans être vu, et surtout tuer sans être tué. Il modifie ainsi en profondeur la structure traditionnelle du rapport d’hostilité (tuer en pouvant soi-même être tué). L’écusson du drone MQ-9 Reaper, qui figure la faucheuse, rictus inquiétant et gouttes de sang sur sa lame, le dit clairement avec sa terrifiante devise : « Que les autres meurent »…

“On ne combat plus l’ennemi, on le tire comme un lapin.”

Le drone redéfinit-il le droit de la guerre ?

C’est, en tout cas, ce à quoi s’activent des armadas de juristes liés aux intérêts militaires. Un Etat ne peut pas tuer qui bon lui semble n’importe où dans le monde. Or, en utilisant leurs drones hors zone de conflit armé, au Yémen ou au Pakistan, les États-Unis s’arrogent pourtant ce droit : faire du corps de l’ennemi un champ de bataille mobile, et du monde un terrain de chasse – la guerre dégénère en abattage, en mise à mort.

Autre principe du droit : on ne peut cibler directement que des combattants. Mais lorsqu’on remplace les troupes au sol par des drones, il n’y a plus de combat. A quoi peut-on reconnaître, depuis le ciel, la silhouette d’un combattant sans combat ? De fait, la plupart des frappes de drones visent des individus inconnus, que leur « forme de vie » signale comme des « militants » potentiels, soupçonnés d’appartenir à une organisation hostile.

On ne combat plus l’ennemi, on le tire comme un lapin. Sur le plan du droit, on glisse de la catégorie de combattants à celle, très élastique, de militants présumés. Cela revient à légaliser les exécutions extrajudiciaires.

Quelle vision de la morale et de la vie les drones reflètent-ils ?

On assiste au passage d’une éthique officielle à une autre, de celle du courage et du sacrifice à celle de l’autopréservation et de la lâcheté plus ou moins assumée. Le drone, c’est l’antikamikaze : arme sans corps et mort impossible, d’un ­côté ; arme-corps et mort certaine, de l’autre. Au sein de l’armée américaine, le drone a été très critiqué, tant il incarne la fin de l’héroïsme guerrier, viril. Alors que l’éthique s’est classiquement définie comme une doctrine du bien-vivre et du bien-mourir, la « nécroéthique » du drone se présente comme une doctrine du bien-tuer. On disserte sur les procédés « humains » d’homicide. Cela donne des discours abjects, qui moralisent le meurtre, et qu’il est urgent de critiquer.

Le drone, c’est l’arme d’Obama. Comment comprendre cela ?

Un drone, ça ne fait pas de prisonniers. C’est l’instrument de la doctrine antiterroriste officieuse du Président : « Tuer plutôt que capturer. » Predator plutôt que Guantá­namo. Le ministère français de la Défense est aujourd’hui en pourparlers avec les États-Unis pour l’achat de drones Reaper. Si l’entourage du ministre Jean-Yves Le Drian avait annoncé qu’il envisageait d’importer en France les méthodes de torture de la CIA, il aurait sans doute déclenché un tollé. Mais la nouvelle est parue dans un silence assourdissant. L’opinion publique française est mal informée sur la question des drones.

A lire Théorie du drone, de Grégoire Chamayou, éd. La Fabrique, 368 p., 14 €.

Sacré Chouet !

 
 

Publié 2011, le livre d’Alain Chouet – Au cœur des services spéciaux – La menace islamiste : fausses pistes et vrais dangers – fait partie, sans doute, de ce qui s’est publié de mieux en France sur les attentats du 11 septembre 2001, le terrorisme islamiste et les crises de l’arc proche et moyen-oriental. L’ouvrage ressort aujourd’hui en poche (1), agrémenté d’une postface tirant quelques enseignements des deux années passées, en commençant par déconstruire les idées reçues sur les mal nommées « révolutions arabes ».

On se souvient, notamment, qu’un de nos islamologues en chef de Science-Po Paris écrivait – en août 2011 que les djihadistes « étaient paniqués par la vague démocratique en train de submerger le monde arabe… » Remis de cette panique qui n’a rien soustrait de leurs capacités de nuisance, les islamistes sunnites se sont aussitôt réorganisés en deux branches : les Frères (modérés) et les salafistes (radicaux). Peu ou prou inventées par les mêmes docteurs en islamologie, ces deux catégories/valises servent désormais de fil conducteur à la lecture de l’actualité en Tunisie, Égypte, Libye, sinon en Syrie. Et les mêmes de se féliciter en déplorant la pression débordante de groupes « salafistes », note Chouet, qu’on ne pourrait maîtriser qu’en leur faisant des concessions. Et il ajoute : « L’argument est peu convaincant quand on observe que la plupart des leaders de ces groupes salafistes sont issus de la Confrérie, ce qui laisse planer la suspicion quant à la spontanéité de ces surenchères entre tribuns populistes. » Criant dans le désert depuis plus d’un quart de siècle qu’il faut « suivre l’argent », Chouet conclut : « Tant qu’ils bénéficieront du “nerf de la guerre” financier que leur prodiguent généreusement nos partenaires wahhabites du Qatar et de l’Arabie Saoudite, les Frères musulmans, leur filiation salafiste et surtout leurs différents bras armés djihadistes pèseront sur notre sécurité collective. J’y inclus celle de nos voisins arabes, quelle que soit leur confession, et, musulmans, quelle que soit leur nationalité, qui sont les premières victimes de cette violence. »

Sur la Syrie aussi, Chouet n’y va pas par quatre chemins : « Les soutiens extérieurs importants apportés à cette rébellion armée ne font qu’éloigner les perspectives d’un règlement pacifique du conflit. Quelles que soient les responsabilités des uns et des autres dans le drame syrien, le fait est qu’aujourd’hui l’opposition politique au régime est totalement hétéroclite et fragmentée. Dispersées à l’étranger, essentiellement en Turquie, en France et au Qatar selon leurs affinités, ses diverses composantes prônent des stratégies contradictoires et souvent marginalisées au profit de la rébellion militaire. Et, au sein de cette dernière, les fondamentalistes sunnites djihadistes ont pris le pas sur les éléments locaux. »

Sur la Libye, il est opportun de rappeler, comme Chouet le fait : « Personne ne nous avait demandé de détruire tout un appareil d’État, ses infrastructures, ses communications, de bombarder les bâtiments officiels, d’assister militairement la rébellion qui comptait plus d’éléments armés que de civils, de massacrer la famille et les proches de l’autocrate, de livrer ce dernier publiquement et devant les caméras à la loi de Lynch. »

Quant au Mali : « Comme l’a dit le président Hollande, ces djihadistes sont vaincus mais ils sont toujours là. Et comme toute guérilla dégénérée, ils se sont reconvertis au grand banditisme, au trafic de drogue et à la prise d’otages. Tout cela n’offre pas le tableau d’une grande et durable stabilité. »

Enfin, relevant – comme le fait Afrique Asie depuis longtemps – qu’il est paradoxal de faire la guerre à des islamistes au Mali alors qu’on les soutient en Syrie, Alain Chouet conclut : « Plus étrange apparaît en revanche l’empressement des Occidentaux à favoriser partout les entreprises réactionnaires encore moins démocratiques que les dictatures auxquelles elles se substituent et à vouer aux gémonies ceux qui leur résistent. Prompt à condamner l’islamisme chez lui, l’Occident se retrouve à en encourager ses manœuvres dans le monde arabe et musulman. »

Quel bonheur – dans le pays de Voltaire et Condorcet – de lire de telles vérités qui ont valu à plus d’un journaliste leur mise à mort professionnelle. Quel soulagement de disposer d’un tel livre à diffuser sans modération à la sortie des églises, des mosquées, des synagogues et des meetings politiques. Quel espoir de tourner et retourner de telles pages où la complexité s’éclaircit et au fil desquelles on approche l’intelligence des choses.

En dernière instance, et ce n’est pas le moindre de ses mérites, ce sacré Chouet nous apprend qu’un espion[1] peut aussi rester un homme libre…

Richard Labévière

(1) Éditions La Découverte/Poche, avril 2013.

(2) Alain Chouet : La Sagesse de l’espion, L’œil neuf Éditions, 2010.

Le Pentagone reconnaît les dépenses millionnaires dans la prison de Guantanamo

Washington, 1er août (RHC-PL)- Le Pentagone a reconnu que l'illégale prison de la base étasunienne de Guantanamo dépense près d'un milliard de dollars annuellement et que le montant total dépassera quatre fois ce budget pour 2014.

Dans un rapport remis au Comité Judiciaire du Sénat , le Bureau du Contrôleur du Département nord-américain de la Défense, a indiqué que la moyenne des dépenses de chacun des plus de 100 détenus dans l'enclave est de 1 700 000 dollars par an, le chiffre par tête le plus haut calculé jusqu'à cette date et qui inclut les coûts des près de 2 000 militaires qui garantissent la sécurité.

Le quotidien Stars and Stripes, que cite l'agence Prensa Latina, a signalé que probablement le montant réel est supérieur aux chiffres indiqués dans lesquels ne sont pas incluses les installations modernes construites , ni le dit Campement 7 utilisé par la CIA et dont le budget est secret.

Source


Edité par T 34 - 02 Aug 2013 à 20:32
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Aug 2013 à 16:08

Ce que le procès Bradley Manning nous apprend de la justice militaire américaine (Huffington Post)

 
 

Hier, vingt chefs d’accusation sur vingt-deux ont été retenus contre Bradley Manning, parmi lesquels la violation de "l’Espionage Act" ("loi sur l’espionnage"), le dévoilement d’informations confidentielles et la désobéissance aux ordres. Voilà pour la mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c’est que l’accusation "d’aide à l’ennemi" n’a pas été retenue. C’est parce qu’il nous a aidés nous, les Américains. Et nous ne sommes pas l’ennemi, n’est-ce pas ?

Le colonel Thomas Pappas, l’officier en charge des renseignements à Abu Ghraib, présent la nuit du meurtre du prisonnier irakien Manadel al-Jamadi, n’a pas été condamné à de la prison ferme. Mais il a reçu une réprimande et une amende de 8000$ (Thomas Pappas aurait dit, à propos d’al-Jamadi : "Hors de question que je sois le seul à tomber pour ça").

Bradley Manning encourt désormais une peine maximale de 136 années de prison. Quand sa peine sera annoncée, aujourd’hui, nous pourrons tous nous faire une idée de ce que l’armée américaine considère comme un crime grave ou non. Quand on voit le temps que Manning va passer en prison - vingt-cinq ans à compter d’aujourd’hui - il serait bon de comparer sa peine avec celles d’autres soldats :

Le sergent Sabrina Harman, célèbre pour avoir posé près du corps d’al-Jamadi, le pouce en l’air, et, dans une autre photo, le sourire aux lèvres, à côté d’Irakiens nus, encapuchonnés et entassés les uns sur les autres, a reçu une peine de six mois pour mauvais traitements sur prisonniers.

Le soldat 1ère classe Armin Cruz a été condamné à huit mois de prison pour des violences sur des Irakiens à Abu Ghraib et pour avoir dissimulé les faits.

Le soldat 1ère classe Steven Ribordy a été condamné à huit mois de prison pour complicité au meutre de quatre prisonniers irakiens, qui étaient "attachés, yeux bandés, se sont fait tirés dessus et jetés dans un canal" à Bagdad en 2007.

Le soldat 1ère classe Belmor Ramos a été condamné à sept mois de prison pour préméditation d’assassinat dans la même affaire.

Le sergent Michael Leahy a été condamné à perpétuité pour quatre meurtres à Bagdad. L’armée lui a ensuite accordé sa clémence et réduit sa peine à vingt ans, avec possible libération conditionnelle au bout de sept ans.

Le sergent Marine Frank D. Wuterich n’a pas été condamné à la prison pour négligence et manquement à son devoir pour massacre de 24 hommes, femmes et enfants non armés, dans la ville irakienne Haditha, en 2005. Sept autres membres de son bataillon ont été poursuivis, mais aucun n’a été puni, d’une manière ou d’une autre.

Les Marines Jerry Shumate et Tyler Jackson ont tous les deux été condamnés à vingt et un mois pour coups et blessures sur Hashim Ibrahim Awad, 52 ans, père de onze enfants et grand-père de quatre petits-enfants, à Al Hamdania en 2006. Awad est décédé après qu’on lui a tiré dessus pendant l’attaque. Leurs peines ont ensuite été réduites.

Robert Pennington, caporal de la Marine, a été condamné à huit ans de prison dans la même affaire, mais n’a purgé que quelques mois de peine avant d’être libéré.

Lawrence Hutchins, sergent de la Marine, a reçu quinze ans de prison pour meurtre dans l’affaire Hashim Ibrahim Awad, mais sa peine a rapidement été annulée et Hutchins libéré.

Aucun soldat n’a été condamné pour le meurtre de cinq enfants irakiens, ainsi que de quatre femmes et deux hommes, dans une maison d’Ishaqi, en 2006. Parmi les câbles diplomatiques mis en lumière par Bradley Manning, figurait un e-mail d’un fonctionnaire des Nations Unies déclarant que les soldats américains "les avaient tous exécutés". Quand Wikileaks a publié le câble, le tollé en Irak a été si important que le gouvernement al-Maliki a dû arrêter de promettre l’immunité aux troupes américaines restant sur son sol. Conséquence : l’administration Obama a abandonné ses plans de laisser de manière permanente plusieurs milliers de soldats américains en Irak. L’intégralité des troupes américaines a été rappelée fin 2011.

À mon avis, Bradley Manning est parti pour passer plus de temps en prison que tous les autres soldats, dans tous les procès réunis. Ainsi, au lieu de tout faire pour nous faire pardonner et racheter les crimes révélés par Manning, nous allons montrer au monde entier qui nous sommes vraiment.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Aug 2013 à 19:09

Menaces terroristes : l’art de crier au loup. (Moon of Alabama)

 
 

Les services de renseignement US, sous forte pression depuis des semaines pour leur espionnage débridé, viennent de façon très opportune de détecter la « menace » d’une attaque imminente de nature indéterminée. Cette « détection », nous dit-on bien-sûr, n’a été possible que grâce au programme l’espionnage tous azimuts :

Des officiels américains ont déclaré vendredi que les Etats-Unis ont intercepté cette semaine des communications électroniques entre de hauts membres d’Al Qaeda dans lesquelles les terroristes discutent d’attaques contre des intérêts américains au Moyen-Orient et en Afrique du nord.

Les interceptions et leur analyse par des services de renseignement américains ont incité les Etats-Unis à lancer une alerte globale inhabituelle auprès des voyageurs américains, les avertissant de la possibilité d’attaques par Al Qaeda et ses alliés à partir de dimanche et jusqu’à la fin du mois d’août.

Il y a à peine un mois, on nous avait expliqué que les « terroristes » étaient en train de modifier leurs méthodes de communications à cause de la surveillance exercée par la NSA :

Al-Qaeda et d’autres terroristes sont en train de modifier leurs méthodes de communications à la suite des révélations par le lanceur d’alerte Edward Snwoden sur le « programme de surveillance » des Etats-Unis mené par la NSA.

Des officiels US ont déclaré que pratiquement toutes les organisations terroristes dont Al Qaeda étaient en train de changer leur façon de communiquer pour échapper à la surveillance des Etats-Unis après les révélations publiées par les médias.

Ben Venzke, analyste privé de la société IntelCenter, a dit que les fuites d’Edward Snowden ont provoqué une prise de conscience des extrémistes et autres éléments hostiles pour revoir leurs méthodes de travail et améliorer leur sécurité.

N’est-il pas un peu étrange qu’à peine un mois après cette « prise de conscience » et un « changement de méthodes » parmi les « hauts membres d’Al Qaeda », ces communications aient pu être si facilement interceptées par ces mêmes services de renseignement qui nous avaient prévenus des changement en cours ?

Et c’est quoi ces « menaces » par des « terroristes » qui prennent fin le 31 août ?

Même certains « analystes et officiels du Congrès » cités par le New York Times dans un court paragraphe trouvent cela un peu louche :

Certains analystes et officiels du Congrès ont laissé entendre vendredi que l’annonce maintenant d’une menace terroriste était une manière efficace de détourner l’attention sur le scandale provoqué par le programme de surveillance de la NSA...

Sans blague... Et la phrase continue :

… et si ces interceptions pouvaient révéler un possible complot, ce serait encore mieux.

Ainsi, ce serait encore mieux si, l’alerte ayant été donnée, quelque chose se produisait contre une ambassade US quelconque au Moyen-orient. Ce qui justifierait l’alerte bien sûr et justifierait aussi le programme d’espionnage de la NSA qui a permis de donner l’alerte.

Hum... qu’est-ce qu’il faut pour trouver, disons au Yémen, quelques types à moto pour tirer quelques coups de feu sur une ambassade ?

http://www.moonofalabama.org/2013/08/crying-wolf-wolf-wolf.html

Traduction "une ambassade US qui ferme, c’est un coup d’état en moins" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Aug 2013 à 19:32

Opération terreur : qui lance l’alarme (Il Manifesto)

 
 

Pendant qu’il joue au golf, le président Obama est tenu constamment informé : la énième alarme terrorisme a sonné. D’un instant à l’autre la fantomatique Al Qaida peut attaquer des objectifs reliés aux intérêts étasuniens, en particulier au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

L’état d’alerte se déclanche pour les citoyens étasuniens en voyage à l’étranger. De nombreuses ambassades étasuniennes sont temporairement fermées, tandis que les marines sont prêts à intervenir depuis Sigonella pour protéger celles qui sont en Europe méridionale. Le mérite de cette opportune alarme revient à la Communauté du renseignement. Elle est formée de 17 organisations fédérales. En plus de la CIA on y trouve la DIA (Agence de renseignement de la défense), mais chaque secteur des forces armées – armée, aéronautique, marine, corps des marines – a son propre service secret. Comme l’ont aussi le département d’État et celui de la sécurité de la patrie. Parmi ces services, en dure compétition entre eux pour s’accaparer appuis politiques et fonds fédéraux, il y a l’Agence pour la sécurité nationale. Celle-ci est spécialisée dans les interceptions téléphoniques et informatiques (celles qui auraient permis de découvrir le dernier complot terroriste), à travers lesquelles sont espionnés non seulement les ennemis mais aussi les amis des États-Unis, comme le confirme le « datagate » suscité par les révélations de l’ex-contractuel Edward Snowden. En dix années l’Agence a accru d’un tiers son personnel civil et militaire en le portant à 33 000 personnes, elle a doublé son budget et plus que triplé ses compagnies privées sous-traitantes, en les augmentant de 150 à 500. Son quartier général à Fort Meade (Maryland), déjà plus grand que le Pentagone, est sur le point d’être amplifié de 50%.

Sont en même temps développés ses autres centres, chacun ayant son propre domaine d’intervention. Le centre qui est au Texas espionne l’Amérique centrale et méridionale ; celui de Georgie, le Moyen-Orient ; celui des Iles Hawaï, les pays de la façade pacifique, y compris Russie et Chine ; celui en Australie, toute l’Asie. Le centre en Angleterre (dont le personnel va être augmenté d’un tiers, à 2 500 personnes) espionne l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Et dans l’Utah on vient à peine de construire un nouveau centre pour la cyber guerre, c’est-à-dire pour les attaques contre les réseaux informatiques d’autres pays. Mais la guerre dans laquelle est spécialisée l’Agence n’est pas qu’informatique. L’agence indique au Commandement des opérations spéciales, qui opère dans plus de 70 pays avec environ 70 000 spécialistes de la guerre, et à d’autres unités spécialisées pour des opérations couvertes, quelles sont les personnes retenues comme dangereuses pour les États-Unis, à éliminer par des attaques de drones et des actions de commandos. À travers un réseau informatique crypté spécial, le Real Time Regional Gateway, l’Agence fournit aux chefs des forces armées et des services secrets la liste des « objectifs » et toutes les informations permettant de les trouver et de les abattre avec des drones ou des commandos. Elle dispose dans ce but des technologies les plus avancées, parmi lesquelles celle qui permet de localiser quelqu’un par son téléphone portable même quand il est éteint.

Ces « actions létales ciblées » – souligne le président Obama (23 mai) – sont « légales » puisqu’elles « font partie d’une guerre juste, menée par autodéfense ». En font aussi partie les opérations psychologiques, renommées « Military Information Support Operations », conduites par des unités spéciales pour « influencer l’opinion publique internationale pour qu’elle soutienne les intérêts et les plans militaires étasuniens ».

Comme l’alarme terrorisme actuelle (à laquelle pourrait succéder quelque attentat signé Al Qaida), pour montrer que les États-Unis peuvent être attaqués et ont ainsi le droit à l’ « autodéfense ».

Manlio Dinucci

Edition de mardi 6 août 2013 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Guerre mondiale des services secrets

 
 

C’est très sérieux ! La décision des États-Unis de fermer 21 de leurs ambassades au Moyen-Orient et au Maghreb mais pas seulement. En effet, hier, Madagascar, le Burundi, le Rwanda et la Mauritanie ont été ajoutés à la liste.

Mais si des représentations étasuniennes ont pu rouvrir, lundi dernier, comme celle d’Alger notamment, le niveau d’alerte est, lui, monté d’un cran au Yémen. Tout a l’air de se concentrer dans ce pays. Toujours au cours de la journée d’hier, un drone étasunien a tiré des missiles sur un véhicule dans la province de Maarib (Yémen) tuant ses quatre occupants qui seraient des membres de l’Aqpa (l’Aqmi de la péninsule Arabique) une autre franchise d’Al Qaîda. Juste après cette opération, les États-Unis ont appelé carrément leurs ressortissants à « quitter immédiatement, le Yémen ».

Donc, visiblement, les choses semblent aller dangereusement vite. Le New York Times rapporte que tout a commencé par l’interception par la National Security Agency (la fameuse agence qui avait pour consultant Edward Snowden qui s’est réfugié en Russie en possession d’informations « secrets d’Etat ») d’une communication téléphonique entre Ayman Zawahiri (P-DG de la multinationale terroriste Al Qaîda) et le responsable de sa filiale au Yémen (l’Aqpa) Nasser Wouhaïchi. Quand on sait justement que les tirs des drones sont guidés par les téléphones en question et quand on sait aussi que la géo localisation des personnes en conversations téléphoniques est une opération des plus simples (c’est le procédé par lequel El Gueddafi a été localisé par les services secrets français), on parvient à la conclusion suivante : les États-Unis ont réellement intercepté une communication d’Al Zawahiri qui a permis de le localiser. Auquel cas, il n’est pas exclu que la Maison-Blanche soit en train de monter une opération en vue d’éliminer le successeur de Ben Laden.

Deuxième hypothèse, l’alerte des étasuniens n’a été possible qu’après l’asile accordé par la Russie à Snowden qui ne peut plus dévoiler le contenu des secrets qu’il a emportés avec lui. Quand on a suivi le temps passé par l’espion étasunien en salle de transit à l’aéroport de Moscou et écouté les voix qui lui conseillaient d’autres refuges que la Russie. Quand on a suivi les péripéties de l’avion du président bolivien et entendu le conseil de rester en Russie donné à Snowden par son père, quand on met bout à bout toutes ces infos, on finit par trouver le lien. Presque tous les titres de la presse occidentale titraient hier sur « les messages d’Al Qaîda interceptés par les Américains ». Sauf que cela équivaut à la localisation des auteurs de ces messages. Et que si Al Zawahiri a été capté par les Américains alors qu’il parlait au téléphone, ses jours sont comptés. Tout le reste n’est qu’habillage. Comme les quatre pays rajoutés, hier, pour « élargir » la zone des opérations. Juste pour faire diversion. Comme l’ambassade étasunienne à Tel-Aviv qui figure sur la liste des 21 premiers pays à risques. Alors que chacun sait que jamais, au grand jamais Al Qaîda n’a jeté, ne serait-ce qu’un pétard, en Israël.

Et puis, dans cette alerte, il y a les pays qui ont pour sacro-saint le principe de précaution, comme l’Angleterre, la France et l’Allemagne qui ont suivi l’alerte étasunienne et ont fermé leurs ambassades au Yémen. Sauf que chacun y allait de sa propre durée de fermeture. C’est dire le sérieux des informations qui les ont fait réagir. Un agent de la CIA en poste au Moyen-Orient, Robert Baer, a déclaré « n’avoir jamais vu, en 21 ans d’exercice, fermer 22 ambassades simultanément ». En règle générale et par définition, les services secrets ne donnent pas d’informations. Et s’ils en donnent, ce n’est jamais pour le plaisir d’informer le public. C’est un message à décrypter !

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Plus la politique étrangère des Etats-Unis est criminelle, plus elle s’appuie sur la complicité des médias. (The Guardian)

 
 
L’ancien soldat des forces spéciales guatémaltèques Pedro Pimentel Rios lors du procès pour son rôle dans le massacre de Los Erres, l’un des pires génocides de l’après-guerre. Photographie : Moises Castillo/AP
 

L’autocensure de nos journalistes rend invisibles aux yeux des américains les sinistres conséquences de la puissance militaire US.

Les dépenses militaires des Etats-Unis, en dollars constants, restent plus élevées qu’elles ne l’étaient au paroxysme de la politique reaganienne d’armement lors de la Guerre froide, plus élevées que pendant la guerre du Vietnam ou celle de Corée. Nous semblons être en état de guerre permanente, et -comme nous l’avons appris récemment- d’espionnage et de surveillance étatiques de masse de nos propres citoyens. Et ce en dépit d’un affaiblissement constant des menaces réelles pesant sur la sécurité physique des Américains. Seules 19 personnes sont mortes d’actes terroristes depuis le 11 septembre 2001, et aucun ou presque de ces décès n’est lié au terrorisme étranger. Par ailleurs, aucun « pays ennemi » ne représente une réelle menace militaire pour les Etats-Unis -si tant est qu’il existe un gouvernement pouvant être qualifié d’ « ennemi ».

Une des raisons de ce décalage est la vision grossièrement déformée qu’offrent les médias de masse de la politique étrangère US. Ils présentent une politique étrangère bien plus inoffensive et légitime que la réalité impérialiste connue dans la plupart des pays de la planète. Dans un article complet et parfaitement documenté publié par le North American Congress on Latin America (NACLA), Keane Bhatt donne un excellent exemple de ce processus.

Bhatt se focalise sur une intéressante émission populaire de la National Public Radio (NPR), ’This American Life’, et plus précisément sur un épisode qui a remporté le Peabody Award. Le Peabody Award est un prix prestigieux qui récompense de brillantes réalisations dans le domaine du journalisme électronique. Ceci rend l’exemple encore plus pertinent.

L’épisode concerné traitait du massacre de 1982 au Guatemala. Il offre, témoignages à l’appui, un récit captivant du terrible massacre de la quasi-totalité de la population du village de Dos Erres, plus de 200 personnes. Les femmes et les jeunes filles sont violées puis tuées, les hommes sont tués par balles ou à coups de masse ; et nombre d’entre eux, y compris des enfants, sont jetés -certains encore vivants- dans un puits qui fait office de fosse commune. L’émission entraîne l’auditeur au cœur d’une enquête héroïque sur ce crime -le premier à avoir débouché sur des condamnations pour ce type d’homicide. Elle fournit le témoignage émouvant d’un survivant âgé de trois ans lors des faits. Trois décennies plus tard, vivant dans le Massachusetts, il découvre ses racines et son père biologique grâce à l’enquête. Le père perdit sa femme et ses huit autres enfants, mais, absent du village ce jour-là, il survécut au massacre.

Le récit insiste sur le fait que ce n’était qu’un bain de sang parmi beaucoup d’autres :

This happened in over 600 villages, tens of thousands of people. A truth commission found that the number of Guatemalans killed or disappeared by their own government was over 180,000.”

(“Celà eut lieu dans plus de 600 villages, des dizaines de milliers de personnes. Une commission pour la vérité a découvert que le nombre de Guatémaltèques disparus ou tués par leur propre gouvernement dépasse 180 000.”)

Mais il y a une étonnante omission : le rôle des Etats-Unis dans ce que la Commission pour la Vérité de l’ONU de 1999 a défini comme un génocide. L’ONU mit l’accent sur le rôle de Washington, et le président Clinton présenta des excuses publiques à ce sujet -les premières et, à ma connaissance, les seules excuses d’un président américain pour l’implication des Etats-Unis dans un génocide. Le rôle des Etats-Unis dans la fourniture d’armes, d’entraînement, de munitions, de couverture diplomatique, de soutient notamment politique aux criminels de masse est bien documentée, et a bénéficié d’un regain de documentation et d’attention à l’occasion du récent procès de l’ancien dictateur militaire, le General Efraín Ríos Montt, qui dirigea le pays en 1982-83. (Comme le note Bhatt, l’émission précise que l’ambassade des Etats-Unis avait entendu parler de massacres durant cette période mais n’avait pas tenu compte de ces informations ; ceci est pour le moins troublant -certains câbles montrent que l’ambassade savait clairement ce qui se passait.)

En fait, l’un des soldats ayant participé au massacre de Dos Erres, Pedro Pimentel, condamné plus tard à 6 060 ans de prison, fut hélitreuillé le lendemain du crime de masse vers l’Ecole des Amériques, institut militaire US connu pour avoir entraîné certains des pires dictateurs et violateurs de droits humains de la région.

Il est étonnant que l’un des pires génocides d’après-guerre ait pu se dérouler à quelques heures de vol du sol des Etats-Unis sans que presqu’aucun média n’en fasse état. Ici on peut lire l’interview par le journaliste d’investigation Allan Nairn d’un soldat guatémaltèque de 1982 décrivant la façon dont ses camarades et lui-même assassinèrent des villages entiers, comme à Dos Erres. Pourtant, les médias dominants l’ignorèrent, ce qui permit à Ronald Reagan de présenter Ríos Montt comme ’un homme engagé et d’une grande intégrité’ (’a man of great personal integrity and commitment’). Les oublis de ’This American Life’ sont donc également ironiques dans ce contexte historique.

Il est clair qu’Ira Glass, l’animateur de l’émission, connaissait le rôle des Etats-Unis dans le génocide au Guatemala. Il semble que dans les années 1980 il se soit rendu en Amérique centrale et ait milité contre les guerres et crimes de guerre financés par les Etats-Unis. Dans une correspondance électronique avec Bhatt, il reconnut : ’peut-être avons-nous fait une erreur’ (’maybe we made the wrong call’) en n’évoquant pas le rôle des Etats-Unis.

Il s’agit d’un euphémisme, mais il est salutaire. Pour un programme diffusé en Anglais aux Etats-Unis, c’est certainement la chose la plus importante que les Américains ont besoin de savoir à propos du génocide.

Je ne blâme pas Glass. Il a probablement supposé que s’il avait évoqué le rôle des Etats-Unis, voire interrogé des responsables US, il aurait rencontré des problèmes vis-à-vis de la NPR. Son émission n’aurait certainement pas remporté un Peabody Award.

C’est ce qui fait de cette émission un exemple révélateur de la façon dont la censure et l’autocensure fonctionnent dans les médias US. Cela démontre, dans ce cas particulier, ce que j’ai constaté un nombre incalculable de fois durant 15 années passées à parler de ces problèmes avec des journalistes. Ils savent quelles sont les limites et quelle dose de vérité ils peuvent se permettre. J’ai rencontré beaucoup de bons journalistes qui essaient de dépasser ces bornes, et certains y arrivent -mais ils durent rarement bien longtemps.

Scott Wilson, qui fut un responsable de service étranger au Washington Post et couvrit le Venezuela Durant le court coup d’Etat contre le gouvernement démocratiquement élu du Venezuela en 2002, déclara lors d’une interview que les ’Etats-Unis étaient impliqués’ (’there was US involvement’) dans le coup d’Etat. Pourtant, ce fait important n’apparut pas dans le Post, ni dans aucun des grands médias des Etats-Unis, malgré les preuves remarquables présentes dans des documents gouvernementaux US. Encore une fois, il s’agit de la partie la plus importante de l’histoire pour une audience US -surtout dans la mesure où cela joua un rôle majeur dans la dégradation des relations entre Washington et Caracas durant la dernière décennie, et eut probablement un impact significatif sur les relations avec l’ensemble du continent sud-américain. Cependant, comme dans le récit de Dos Erres, le rôle des Etats-Unis dans ce crime ne peut pas être mentionné.

Il en va de même du rôle des Etats-Unis dans le coup d’Etat qui détruisit la démocratie hondurienne en 2009. Les efforts considérables de l’administration Obama pour soutenir et légitimer le gouvernement putschiste ne furent pas considérés comme dignes d’intérêt par les journalistes US. (Bhatt étudia également une émission de ’This American Life’ sur le Honduras, qui éluda le coup d’Etat soutenu par les Etats-Unis alors qu’il aurait dû y occuper une place centrale.) Mais cela aurait également dépassé les limites des médias US.

A quoi ressemblerait la politique étrangère, militaire et de soi-disant ’sécurité nationale’ des Etats-Unis si les medias en rapportaient les faits les plus importants ? Il y aurait beaucoup moins de cadavres de part et d’autre. Et nous n’aurions pas besoin d’effectuer des coupes dans “meals on wheels” ("soupes populaires" - NdR) ou d’autres programmes d’aide alimentaire aux populations pauvres ou âgées dans le but de maintenir le budget militaire le plus incroyablement démesuré du monde.

Mark Weisbrot

Traduction Erwin pour le Grand Soir

Comment les drones américains au Yémen nourrissent le terrorisme

"Les drones ne font pas de différence entre un civil et un combattant. Ils tuent, un point c'est tout" s'exprime un Yéménite dans un documentaire signé BBC World News qui sera diffusé ce week-end. Au Yémen, l'utilisation de ces aéronefs télécommandés sans pilote ne ferait que grossir les rangs d'Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA).

C'est ce que révèle ce film intitulé "Yémen: le nouveau front pour les États-Unis"  réalisé par la reporter Yalda Hakim. Un reportage qui tombe à pic alors que ce pays enregistre depuis le 28 juillet une sixième attaque par drones faisant une vingtaine de morts, présumés membres de l'AQPA. Le film, en anglais, ne dure que 26 minutes mais soulève une question cruciale: Les États-Unis ne sont-ils pas en train de faire proliférer le terrorisme plutôt que de le combattre? Après le bourbier irakien et afghan, le gouvernement américain commence sa campagne de frappes aériennes exécutées par les drones au Yémen. Au travers de nombreux témoignages, Yalda Hakim dévoile peu à peu la réalité quotidienne des habitants de ce pays. Ils vivent dans une peur constante au bruit de ces machines qui voltigent au-dessus de leurs têtes. Des civils innocents périssent car ils ont la malchance d'être "un dommage collatéral de la guerre antiterroriste", comme le précise le ministre des Affaires Étrangères yéménite Abu-Bakr Al-Qirbi. Un témoin révèle ainsi comment son père, sa mère et sa petite-sœur ont brûlé vifs dans une voiture suite à la frappe d'un drone. "Je ne pensais pas que je leur disais au revoir pour la dernière fois" confie t-il.

Peut-être plus insupportable que l'utilisation des drones: le silence du gouvernement américain explique Farea Al-Muslimi. Ce Yéménite interviewé par Yalda Hakim a étudié aux États-Unis et gère une organisation pro-démocratie au Yémen. Bien qu'il soit un des activistes les plus pro-américains du pays, il ne manque pas de souligner "cette grave erreur" de la part du gouvernement américain. "Des civils sont tués et aucun pardon, aucune compensation n'est faite… ils ne l'admettent même pas" explique le militant. "Ils agissent dans l'ombre alors qu'au Yémen on ne cesse de débattre la stratégie de guerre américaine" ajoute t-il.

Une stratégie de guerre contre-productive

Depuis 2002 le nombre de personne tuées par des drones américains s'élève à plus de 4700, selon un sénateur républicain. En moins de deux semaines au Yémen, les drones américains ont tués une vingtaine de personnes, présumées membres du réseau terroriste. Les États-Unis reconnaissent l'utilisation des drones au Yémen pour éliminer les activistes islamistes mais ne s'expriment pas sur les opérations en particulier. En conséquence, la haine envers l'état américain se propage parmi la population et fait fermenter le terrorisme. "Le succès récent de l'AQPA découle directement des drones" explique Farea Al-Muslimi. Dans les rues, beaucoup expriment leur rancœur envers les États-Unis et leur stratégie de guerre. Les membres de l'AQPA tentent de convaincre de plus en plus de Yéménites que leur nation est entrée en guerre avec les États-Unis.

Pour l'administration Obama, l'emploi de ces missiles guidés à distance présente moins de risques que l'invasion. Mais, en même temps, cette technique de guerre brouille les pistes. Comment reconnait-on le combattant du civil? Quelle frontière établit-on entre l'homicide de guerre et le meurtre? C'est une interrogation qui est soulevée par le philosophe Grégoire Chamayou dans son ouvrage Théorie du drone. En citant Camus, il revient sur le pivot de ce qu'est une guerre: on ne peut pas tuer si on n'est pas prêt à mourir. Cependant, dans la mesure où les drones sont pilotés à distance par des personnes qui ne s'exposent jamais au risque de mourir, l'attaque conduite ne serait-elle pas un acte d'homicide décriminalisé? Le cadre légal à travers lequel l'État américain agit n'est pas définit. Ces frappes sont menées par des agents de la CIA (des civils) qui pourraient être poursuivis pour crimes de guerre.

Le gouvernement yéménite se lave les mains

Lors de l'interview avec le ministre des Affaires Etrangères yéménite, on comprend que le gouvernement cautionne cette stratégie militaire étrangère. Pour Al-Qirbi, la souveraineté du Yémen ne serait violée que dans le cas où les attaques auraient lieu sans l'accord du gouvernement. "Hors, ce n'est pas le cas", précise t-il dans l'entretien. Le ministre n'y voit donc "aucune autre alternative". Il en conclu que lorsqu'un pays est menacé par une organisation terroriste comme AQPA, la seule solution est de tuer.

Alors que le gouvernement s'est félicité hier d'avoir déjoué un projet d'Al-Qaïda grâce aux frappes des drones, des témoins interrogés dans le film considèrent que l'AQPA serait "presque plus patriotique que le gouvernement central". Le réseau terroriste aurait même financé des reconstructions de maison et des enterrements de civils tués.

Le Yémen est le pays le plus pauvre du Moyen-Orient. Pour la journaliste, il faudra bien plus qu'une campagne militaire acharnée conduite par un autre État pour éradiquer Al-Qaïda.

 


Edité par T 34 - 10 Aug 2013 à 21:10
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Pologne, la prison secrète de la CIA




La justice polonaise soupçonne fortement les États-Unis d’avoir installé un centre de détention ultra secret en Pologne, à Stare Kiejkuty (180 kilomètres de la capitale Varsovie). À l’intérieur, des personnes suspectées d’entretenir des liens avec le terrorisme auraient été torturées entre 2002 et 2005: l’un affirme avoir été soumis à des simulacres d’exécution avec des armes de poing et une perceuse électrique ; un autre aurait connu au moins à quatre-vingt-trois reprises le waterboarding (simulation de noyade), technique déjà utilisée par les soldats américains sur les combattants vietnamiens. Un troisième homme a demandé au parquet polonais de lui octroyer un statut de victime, a indiqué son avocat. Une enquête a été ouverte.

Mais le moins que l’on puisse dire est que cette dernière traîne en longueur. Les organisations de défense des droits de l’homme craignent d’ailleurs que les retards et le peu de renseignements fournis jusqu’alors par la justice américaine rentrent dans les plans d’une tactique officielle pour éviter d’avoir à rendre compte de la collaboration entre les États-Unis et la Pologne dans le contexte de la « guerre contre le terrorisme ».

Amnesty International a exhorté le gouvernement polonais à assumer pleinement ses responsabilités. Les nombreux comptes rendus de presse, les rapports d’organisations intergouvernementales et non gouvernementales jusqu’aux entretiens qu’ont pu donner les plus hautes autorités polonaises de l’époque laissent en effet planer peu de doutes sur les accords secrets qu’ont conclus les États-Unis et d’autres pays pour arrêter illégalement des individus avant de les transférer dans des lieux pour les soumettre à des interrogatoires niant toute dignité humaine.

Les événements du 11 Septembre ont donné lieu à des mesures exceptionnelles : détentions sans limites et sans chef d’accusation sur un territoire ne relevant (théoriquement) pas de la législation étasunienne de tous les « combattants illégaux » capturés, centres d’internement clandestins (black sites), techniques d’interrogatoires assimilables à la torture, aveux obtenus sous la contrainte, etc. On connaissait jusqu’à présent les mauvais traitements subis par les prisonniers à Guantanamo, mais l’Europe n’est pas en reste.

On parle d’un centre de rétention à Stare Kiejkuty depuis 2005. Il a fallu trois ans pour que soit diligentée une action en justice. Et celle-ci n’a mystérieusement pas débuté sans encombre : remplacement des enquêteurs, transfert de juridiction entre Cracovie et Varsovie, manque de coopération des autorités étasuniennes qui ont invoqué régulièrement le « secret défense ».

Deux hommes sont actuellement sous les feux de la rampe.

Le premier est Abd al-Rahim al-Nashiri, un ressortissant saoudien considéré comme le cerveau de l’attentat d’octobre 2000 contre le destroyer USS Cole dans le port d’Aden (Yémen). Il affirme avoir été interrogé en Pologne et soumis à des « techniques renforcées d’interrogatoires », à des simulacres d’exécution et autres traitements dégradants (menaces de sodomie et de viols sur certains membres de sa famille).

Zayn Al-Abidin Muhammad Husayn, connu sous le nom d’Abou Zoubaydah, est un citoyen saoudien. Lui aussi affirme avoir fait l’objet d’un transfert en Pologne. L’ancien président George Bush a d’ailleurs admis dans ses mémoires publiées en 2010 qu’Abou Zoubaydah avait lui goûté au supplice du waterboarding pendant qu’il était dans les griffes de la CIA. Ce même président avait reconnu, quatre ans auparavant, l’existence de prisons secrètes contrôlées par la célèbre agence de renseignement étasunienne.

Walid bin Attash, un ressortissant yéménite détenu par l’armée américaine, a quant à lui demandé le statut de victime. L’annonce en a été faite récemment par Amnesty International dans un communiqué. « Les autorités polonaises doivent cesser de dissimuler la vérité derrière le voile de la « sécurité nationale. Il est grand temps que la lumière soit faite sur leur collaboration avec le programme de détention secrète de la CIA une bonne fois pour toutes », a indiqué Julia Hall, spécialiste de la question de la lutte antiterroriste et des droits humains pour l’ONG.  

Dans son discours du 23 mai 2013, Barack Obama avait reconnu l’existence de pratiques illégales : « je crois que nous avons compromis nos valeurs fondamentales, en ayant eu recours à la torture lors d’interrogatoires de nos ennemis ou aux détentions contraires à l’État de droit ». Il ne tient désormais plus qu’aux autorités polonaises de faire leur mea culpa pour toutes les violations des droits humains commises avec leur complice étasunien.[/justify]

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-pologne-la-prison-secrete-de-la-cia-119483983.html



Edité par T 34 - 16 Aug 2013 à 16:46
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Aug 2013 à 23:45

Ai-je perdu l’espoir en étant à Guantanamo ? (Huffington post)

 
 

Je m’appelle Shaker. On m’appelle aussi Sawad Al-Madany, parce que je suis né dans la ville sainte de Médina. S’il vous plait, pouvez-vous vous souvenir de ces noms pour moi ? Parce que moi, je n’y arrive presque plus.

Ici, on m’appelle 239. En fait, pour moi aussi mon nom est 239. C’est si étrange de voir comment mon nom m’échappe. Je n’y peux rien.

Je me demande combien de temps il faudra à nous qui sommes ici à Guantanamo pour disparaître de la mémoire du monde.

Je n’ai pas perdu espoir. Non, je ne l’ai pas perdu. Peut-être que oui ? Je n’en suis pas sûr. Mais j’écris encore ; n’est-ce pas un signe d’espoir ?

Oui, nous avons perdu des années de nos vies ici - et certains (trois fois plus que ceux qui ont été condamnés) sont morts.

Nous avons perdu notre santé mentale et physique, notre humanité et notre dignité. Oui, il semble que nous ayons tout perdu.

Mais je crois que peu à peu, nous découvrons l’espoir, et avec l’espoir, nous resituerons nos vies et tout ce qui est important.

Pendant ce temps, nos bourreaux sont en train de tout perdre et plus ils perdent, plus ils nous tourmentent. Je ne peux pas décrire ce qu’ils font. Le monde doit se dépêcher à obliger le gouvernement des Etats-Unis à résoudre ce dilemme, avant qu’il ne soit trop tard. Les chandelles ne brûlent pas éternellement.

Shaker a transmis cet article à son avocat Clive Stafford Smith, lors d’une communication téléphonique non classifiée.

http://www.huffingtonpost.es/shaker-aamer/he-perdido-la-esperanza-guan...

Traduit de l’espagnol par irisinda

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Aug 2013 à 19:56

Washington pense que vous êtes stupides

 
 

Il y a un vieux dicton qui dit que si le gouvernement craint le peuple, il y a la liberté, mais si le peuple craint le gouvernement, il y a tyrannie. Les criminels à Washington, non seulement ne nous craignent pas, ils ne nous respectent pas. Washington voit les Étatsuniens comme un troupeau de moutons stupides.

Washington estime qu’il peut dire n’importe quoi à la population et les gens vont le croire. Par exemple, la ligne officielle est que la récession, qui a commencé en Décembre 2007, s’est terminée en Juin 2009. Beaucoup d’Étasuniens le croient alors même qu’’ils n’ont pas personnellement vécu la reprise économique. En effet, ils s’enfoncent davantage dans la pauvreté et côtoient la misère.

Et n’oubliez pas ces armes de destruction massive qui n’existent pas et que Saddam Hussein a été accusé par Washington de posséder. Ou le faux événement du golfe du Tonkin lorsque Washington a affirmé que son navire avait été attaqué par le Nord-Vietnam. Oui, la liste des mensonges officiels est très longue. Toute personne qui croit tout ce que Washington dit est trop naïve pour qu’on la laisse sortir de chez elle toute seule. Mais les Américains croient aux mensonges, parce qu’ils pensent que le patriotisme l’exige.

S’appuyant sur la crédulité éprouvée de la majeure partie de la population américaine, Washington prétend avoir découvert un complot d’Al-Qaïda pour attaquer les ambassades américaines en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Pour déjouer le complot, Washington a fermé 19 ambassades pour le week-end passé et pour cette semaine aussi.

Washington n’a pas expliqué comment le fait de fermer les ambassades déjoue l’intrigue. Si Al-Qaïda veut faire sauter les ambassades, il peut les faire sauter qu’elles soient ouvertes ou fermées.

Si Al-Qaïda veut tuer le personnel de l’ambassade, ils peut les tuer chez eux ou sur le chemin du travail ou plus tard dans les ambassades lorsque l’alerte sera passée.

J’ai vérifié dans les médias presstitués afin de m’assurer que mon estimation actuelle de leur prostitution pour Washington était exacte. Peut-être aurais-je raté quelque expression de scepticisme quant à la dernière menace terroriste. Mais j’ai entendu la NPR (NDT : National Public Radio). Avant, dans les années Reagan, la NPR avait une voix indépendante. Aujourd’hui, il fait partie des médias presstitués. La NPR ment pour Washington avec les meilleurs d’entre eux.

Les médias américains ont ignoré le fait évident que dès que la population américaine, le Congrès et les alliés marionnettes de Washington, comme l’Allemagne, ont posé sur la table la question de l’espionnage universel clairement anticonstitutionnel et totalement illégal de la NSA, le régime Obama a poussé le bouton de la peur et monté un nouveau complot terroriste dans le but de faire taire les critiques et de ramener le Congrès et l’Allemagne sur la ligne droite

Washington a affirmé qu’une « menace » a été découverte qu’Al-Qaïda – une organisation qu’il utilise dans ses efforts pour renverser le gouvernement Assad en Syrie et celui dont les groupes affiliés en Afghanistan sont enrichis par des contrats militaires américains – va faire exploser des ambassades américaines au Moyen-Orient et Afrique du Nord. Washington n’a pas expliqué pourquoi al-Qaïda, récipiendaire des largesses de Washington, allait fermer le robinet de l’argent en attaquant les ambassades des États-Unis.

Je suis surpris que des bombes n’aient pas été déclenchées dans les ambassades afin de prouver la valeur de l’espionnage de l’Agence nationale Stasi, ainsi faire honte à ceux qui au Congrès et parmi les États de marionnette en Europe s’opposent à l’espionnage.

Si vous réfléchissez un instant à ses déclarations, vous constatez que Washington révèle son incapacité à bien monter un tel scénario de menaces inexistantes. Officiellement, les États-Unis sont en guerre contre Al-Qaïda depuis le 7 Octobre 2001. La « superpuissance » a dû faire face à quelques milliers d’hommes d’Al-Qaïda légèrement armés depuis près de 12 ans, et quel est le résultat ?

Malgré ses affirmations d’avoir tué les hauts dirigeants d’Al-Qaïda, dont Oussama ben Laden lui-même, Washington a perdu la guerre. Al-Qaïda est devenu si puissant que non seulement elle combat en Syrie contre Assad, avec l’aide des États-Unis, mais a également empêché l’armée étasunienne d’occuper l’Afghanistan. Par ailleurs, en plus des succès militaires d’Al-Qaïda contre la « superpuissance » et le chaos qu’elle continue à produire en Irak, Al-Qaïda est désormais si puissant qu’il peut faire fermer les ambassades américaines dans tout le Moyen-Orient et Afrique du Nord. La « menace » qui était censée renforcer la position de la NSA prouve en fait l’impuissance de Washington.

Nous ne pouvons que prier pour que bientôt Al-Qaïda ferme Washington elle-même. Imaginez le sentiment de libération américaine si Washington était simplement fermé, ou encore mieux si elle pouvait être recouverte d’une couverture magique du Pendjab et disparaître. Pour les 99 pour cent, et le reste du monde, Washington n’est rien d’autre qu’un oppresseur.

Paul Craig Roberts

http://www.paulcraigroberts.org/2013/08/06/washington-thinks-you-are-s...

Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l’administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes dans l’université.

Traduction : Avic



Edité par T 34 - 14 Aug 2013 à 23:06
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Plan Condor : un site internet d’accès aux documents de cinq pays

Un site internet-guide réalisé par l’Institut des Politiques Publiques des Droits de l’homme du Mercosur (Ippdh), réunit l’information sur le contenu et les conditions d’accès aux 115 fonds de documentation de 71 organismes d’ Argentine, Brésil, Chili, Uruguay et Paraguay .

L’objectif du site - www.ippdh.mercosur.int/Archi... -est d’apporter d’abord une assistance au groupe technique de recherches de données sur les coordinations répressives dans le cône sud, ce groupe fonctionnant dans l’orbite de la Commission Permanente de Mémoire, Vérité et Justice du Mercosur.

Ce site-guide recense les types d’archives disponibles, les différentes façons d’y accéder selon les besoins et la nature des recherches, par pays, organisations, types de fonds documentaires... ; il fournit des informations sur les fonds documentaires existant depuis 1960 jusqu’à aujourd’hui.

Ces fonds permettent d’appréhender le fonctionnement des coordinations répressives, la persécution des victimes au-delà des frontières , le développement et l’articulation des groupes de renseignement, la production de rapports d’opérations, l’ échange de courrier officiel, l’organisation de cours et formations entre les organes répressifs.

Toutefois, dans certains pays des difficultés d’accès à certains fonds documentaires subsistent, notamment à cause de règlements en vigueur sur la protection des données personnelles, et mais aussi parce que toutes les archives n’ont pas encore été rendues publiques. Ce travail d’accès aux archives dans les différents pays fait aussi partie de la construction du « Mercosur des droits de l’homme ».

El Correo, le 19 août 2013

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Qui sont les barbares ?, par René Vautier

 
 

Ce que je vois

Ce que je sais

Ce qui est vrai

(Eluard/Vautier)

René Vautier est l’auteur du grand film, qui a marqué une époque et une génération : Avoir 20 ans dans les Aurès.

Un très grand témoin et acteur de la guerre d’Algérie, Henri Alleg, vient de disparaître. Il était l’auteur d’un livre qui a profondément marqué la France des Droits de l’Homme et du Citoyen au titre tout simple : La question. Dans ce livre, il décrit minutieusement les tortures qu’il a subit par des tortionnaires français. Son crime était de combattre le colonialisme et pour l’indépendance de l’Algérie. Henri Alleg, un combattant anticolonialiste pour la Liberté, la Fraternité, la Liberté pour le Communisme.

En regardant l’interview de René Vautier, remarquable document, publié par Jacques Tourtaux sur son blog, vous apprendrez que les chambres à gaz ont été inventées par l’armée coloniale française durant la conquête de l’Algérie en particulier. C’était des grottes dans lesquelles on exterminait tout un village, hommes, femmes, enfants, viellards et même le bétail. Hitler n’a rien inventé, il a repris les recettes de cette période et les a industrialisées, si on peut dire la chose ainsi. Le nazisme, le fascisme plongent leur racisme dans la nuit coloniale.

C’est tout simplement une vérité historique incontournable et qu’il est indispensable de dire. La vérité est Révolutionnaire. Le vrai courage est de la dire.

Car cette période est loin d’être terminée. Pour la France coloniale, l’Algérie était une terre sans peuple. Comme, en réalité, il y a avait un peuple, une économie prospère, culture très développée, la solution a été d’exterminer au maximum les habitants. Exactement ce que font aujourd’hui et sur les même base idéolgique : "une terre sans peuple pour un peuple sans terre" les sionistes pour s’implanter en Palestine et massacrer et chasser de leurs terres et de leurs maisons les habitants Palestiniens, puis en enfermer tout une partie dans un camp de concentration à ciel ouvert nommé Gaza, tout en continuant à s’emparer des territoires palestiniens restant et des richesses de ces territoires.

On assite aussi, actuellemnt à une vaste entreprise de recolonisation, de l’Afrique, du moyen orient, avec des gueres atroces des destructions sans limite (Irak, Aphganistan, Libye, Syrie etc ), en se servant des forces terroristes qu’on prétant combattre par ailleurs. Cette entreprise est menée par les États-Unis et l’Union Européenne avec le pouvoir français actuel (ironiquement et par anti-phrase appelé socialiste et écologiste) en première ligne.



Edité par T 34 - 21 Aug 2013 à 23:08
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Royaume-Uni/États-Unis : un ancien du MI6 en grève de la faim pour un prisonnier de Guantanamo

 
 

Harry Ferguson, un ancien agent du MI6 (les services secrets britanniques), a commencé ce lundi 12 août une grève de la faim d’une semaine en solidarité avec Shaker Aamer, un citoyen britannique prisonnier du camp de Guantanamo Bay depuis plus de onze ans. En grève de la faim depuis 170 jours, la situation physique de ce dernier est considérée comme critique.

L’ancien espion a justifié son geste par la honte qu’il ressent face au comportement des services britanniques qu’il a auparavant servi. Bien qu’ayant participé à combattre le terrorisme, il a déclaré regretter que "l’organisation dont [il] était fier auparavant d’appartenir soutienne aujourd’hui des politiques incluant assassinats, torture et détention sans procès"’, explique-t-il dans The Observer.

Ferguson accuse en outre le MI6 de faire obstruction au retour de Aamer de peur qu’il ne révèle la présence d’officiers des services britanniques lors de séances de torture. Refusant de s’alimenter depuis mars 2013 aux côtés de 60 autres prisonniers, le londonien de 47 ans est détenu sans charges retenues à son encontre et n’a jamais été jugé.

Sa libération a été autorisée par George W. Bush en 2007, et par Barack Obama en 2009. A cette occasion, six agences de services secrets, dont la CIA et le FBI, avaient considéré qu’il ne représentait pas une menace pour les États-Unis ou leurs alliés. Malgré cela, Londres continue de déléguer la responsabilité de la libération définitive de Shaker Aamer aux autorités étasuniennes.

"Les services secrets ont changé, et ne sont plus ce qu’ils étaient. Ils ont oublié les leçons apprises lors du conflit contre le terrorisme irlandais : la brutalité et l’injustice ne sont pas la solution, et ne font qu’alimenter une nouvelle génération de terroristes", dénonce aujourd’hui Harry Ferguson.

 
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Guantanamo : les États-Unis avaient tout faux, mais personne n’est capable de l’avouer (The Guardian)

 
 

Lorsque John Grisham entendit parler de prisonniers qui réclamaient ses livres, il voulut en savoir plus. Ce qu’il découvrit de l’histoire de Nabil Hadjarab, détenu depuis 11 ans, l’horrifia.

Il y a environ deux mois, j’appris que certains de mes livres étaient interdits dans la Baie de Guantanamo. À ce qu’il paraît, certains détenus les réclamaient, leurs avocats les apportaient donc à la prison, mais ils ne pouvaient franchir la porte d’entrée, en raison de leur « contenu inacceptable ».

Ma curiosité était éveillée, je finis donc par retrouver un détenu qui apprécie mes livres. Il s’appelle Nabil Hadjarab, c’est un Algérien, âgé de 34 ans, qui a grandi en France. Il savait parler français, avant de savoir parler arabe. Il a de la famille proche, ainsi que des amis, en France, pas en Algérie. Lorsqu’il n’était encore qu’un gamin, qui grandissait dans la banlieue de Lyon, c’était un excellent joueur de foot, qui rêvait de jouer pour le PSG, ou à défaut pour un autre club de premier plan.

Mais c’est une tragédie que Nabil a vécue au cours des onze dernières années, celle d’un prisonnier à Guantanamo, maintenu la plupart du temps en isolement cellulaire. À partir du mois de Février, il s’est joint à une grève de la faim, ce qui l’a conduit à être nourri de force, gavé.

Le 11 septembre 2001, pour des raisons qui n’avaient rien à voir avec la terreur, la guerre, ou toute forme d’activité criminelle, Nabil menait une existence paisible dans une pension de famille algérienne de Kaboul, en Afghanistan. À la suite de l’invasion étasunienne, une rumeur se propagea au sein des communautés arabes, selon laquelle l’Alliance du Nord, en Afghanistan, procédait à des rafles, suivies d’exécutions, d’Arabes étrangers. Comme de nombreux autres, Nabil, qui voulait à tout prix échapper au danger, mit le cap sur le Pakistan. Selon le récit qu’il fait de son trajet, il fut touché au cours d’un bombardement aérien, et se réveilla dans un hôpital de Jalalabad.

À l’époque, l’argent des États-Unis arrosait quiconque était susceptible de leur livrer tout Arabe étranger, présent dans la région. Les États-Unis achetèrent Nabil avec une prime de 5000 dollars, avant de l’emmener dans une prison secrète de Kaboul. C’est là qu’il subit la torture pour la première fois. Pour loger les prisonniers de leur guerre contre la terreur, les États-Unis ouvrirent une prison de fortune, sur la base aérienne de Bagram, en Afghanistan. Il fallut peu de temps à Bagram pour se faire une renommée sinistre, à faire passer Guantanamo pour une colonie de vacances. Lorsqu’il arriva là-bas, en janvier 2002, Nabil était l’un des premiers prisonniers, il n’y avait, en guise de murs, que des cages de fil de fer barbelé acéré. Même par un froid glacial, on forçait Nabil à dormir sur des sols de béton, sans couverture. Les quantités de nourriture, d’eau, étaient insuffisantes. Lors de ses nombreux interrogatoires, les soldats américains tabassaient Nabil, à l’aller comme au retour, tandis qu’ils le traînaient pour monter, puis descendre, les escaliers de béton. D’autres prisonniers moururent. Au bout d’un mois passé à Bagram, on transféra Nabil dans une prison de Kandahar, où les sévices se poursuivirent.

Tout au long de son incarcération en Afghanistan, Nabil n’a cessé de nier, avec la plus grande vigueur, toute relation avec Al-Qaida, les talibans, avec quiconque en fait, individu ou organisation, ayant un rapport quelconque avec les attentats du 11 septembre. Quant aux Étasuniens, ils ne détenaient aucune preuve de sa participation, à l’exception de déclarations mensongères, faisant état de son implication, qu’on avait arrachées à d’autres prisonniers dans une chambre de tortures, quelque part dans Kaboul. Plusieurs interrogateurs étasuniens lui affirmèrent que son cas était un exemple de confusion d’identité. Néanmoins, les États-Unis assujettissaient les Arabes en captivité à des règles strictes – tous, sans exception, devaient être envoyés à Guantanamo. Le 15 février 2002, on mit Nabil à bord d’un vol pour Cuba ; les poings liés, les chevilles enchaînées, la tête recouverte d’une cagoule.

Depuis lors, Nabil a été soumis à toutes les horreurs, qui figurent dans le manuel de « Gitmo » : la privation de sommeil, la privation sensorielle, les écarts extrêmes de température, l’isolement prolongé, le manque d’accès à la lumière du jour, l’absence quasi-totale de moments de détente, la restriction des soins médicaux. En 11 ans, aucun membre de sa famille n’a eu l’autorisation de lui rendre visite. Pour des raisons que seuls les responsables de la prison connaissent, il n’eut jamais à subir la torture connue sous le nom de « simulation de noyade ». Son avocat pense que ceci est dû au fait qu’il ne sait rien, et qu’il n’a donc aucune information à fournir.

Le gouvernement des États-Unis dit le contraire. Certains documents révèlent que, selon les procureurs de l’armée, Nabil séjournait dans une pension de famille que tenaient des proches d’Al-Qaida, tandis que d’autres, citaient son nom comme celui d’un membre d’une organisation terroriste. Mais Nabil n’a jamais été accusé d’aucun crime. En fait, en deux occasions, on lui a donné le feu vert pour un « transfert », voire une libération. En 2007, une commission de remise de peine, que le Président George W. Bush avait constituée, émit un avis favorable pour sa libération. L’avis resta lettre morte. En 2009, une commission de remise de peine, que le Président Obama avait constituée, émit un avis favorable pour son transfert. L’avis resta lettre morte.

Selon ses gardes, Nabil est un prisonnier modèle. Il fait profil bas, évite les ennuis. Il a fait des progrès en anglais, et insiste pour que ce soit la langue utilisée, lorsqu’il parle avec ses avocats britanniques. À l’écrit, son anglais est parfait. Placé dans une situation extrême, il s’est efforcé de préserver, autant que possible, sa santé physique, son équilibre mental.

Au cours des sept dernières années, dans le cadre de mon travail avec le « Projet Innocence », qui cherche à obtenir la libération des victimes d’erreurs judiciaires, j’ai rencontré un certain nombre d’innocents, qu’on avait envoyés dans le couloir de la mort. Tous, sans aucune exception, m’ont affirmé qu’un meurtrier de sang-froid, qui avoue ses crimes, en dehors de toute contrainte, subit comme une violence la rigueur de l’isolement cellulaire. Dans le cas d’un homme innocent, le couloir de la mort l’amènera à deux doigts de la démence. Ils atteignent une zone, où il leur semble impossible de pouvoir survivre un jour de plus.

En février, Nabil était déprimé, réduit au désespoir, il s’est alors joint à d’autres grévistes de la faim. À « Gitmo », cette grève n’était pas la première, mais ce fut la plus remarquée. Tandis qu’elle prenait de l’ampleur, et que l’état de santé de Nabil s’aggravait, comme celui de ses codétenus, l’Administration Obama se retrouva acculée dans les cordes. Le président essuyait le feu de critiques justifiées, pour avoir oublié l’éloquence et l’audace de sa campagne, au cours de laquelle il avait promis de fermer « Gitmo ». Il se retrouvait tout à coup face à la perspective épouvantable d’un groupe de prisonniers qui tombaient comme des mouches, sous le regard du monde entier, pour s’être laissés mourir de faim. Au lieu de libérer Nabil, en compagnie des autres prisonniers dont la classification est désormais « ne constitue pas de menace pour la sécurité des États-Unis », l’Administration a décidé de les empêcher de se suicider, en les gavant.

Dans notre guerre contre la terreur, Nabil ne constitue pas la seule « erreur ». Nous avons envoyé à « Gitmo » d’autres Arabes, par centaines, là-bas le système les a mâchés, sans les inculper, pour finalement les renvoyer dans leurs pays d’origine. (Ces transferts se réalisent dans le plus grand secret, la plus grande discrétion). À ce jour, personne n’a présenté d’excuses, ni exprimé de regrets officiels, ni offert de dédommagement, rien de tout cela. Les États-Unis avaient tort sur toute la ligne, mais personne n’est capable de l’avouer.

Dans le cas de Nabil, l’armée étasunienne, ainsi que les agents du renseignement, ont fait confiance à des informateurs corrompus qui cherchaient à accumuler des dollars ou, ce qui est encore pire, à des balances, à l’intérieur des prisons, qui échangeaient des histoires à dormir debout, contre des confiseries, des revues pornographiques, ou simplement une pause au milieu de leurs propres passages à tabac.

L’Administration Obama vient d’annoncer qu’elle renvoyait en Algérie de nouveaux prisonniers. Selon toute probabilité, Nabil sera parmi eux ; si tel est le cas, il s’agira d’une nouvelle erreur tragique. Son cauchemar ne fera que se poursuivre. Il sera sans-abri. Il ne bénéficiera d’aucun soutien, pour lui permettre de se réintégrer dans une société où ceux qui manifesteront de l’hostilité envers un ancien détenu de « Gitmo », seront nombreux, soit parce qu’ils le soupçonneront d’être un extrémiste, soit parce qu’il refusera de se joindre à l’opposition extrémiste au gouvernement algérien. Au lieu de faire preuve de courage en admettant leur erreur, les autorités des États-Unis vont le faire disparaître, le larguer quelque part dans les rues d’Alger, puis s’en laver les mains.

Que devraient-ils faire ? Plus exactement, que devrions-nous faire ?

D’abord avouer l’erreur, puis nous excuser. Ensuite, dédommager. Depuis 11 ans, les contribuables américains paient 2 millions de dollars par an pour maintenir Nabil à « Gitmo » ; donnons-lui en quelques milliers, pour qu’il commence à se remettre d’aplomb. Enfin, faire pression sur les Français, afin qu’ils l’autorisent à revenir sur leur territoire.

Cela paraît simple, mais cela n’arrivera jamais.

http://www.theguardian.com/commentisfree/2013/aug/12/john-grisham-guan...

2013 The New York Times

John Ray Grisham (8 février 1955, Jonesboro, Arkansas) est un avocat étasunien, mais il est surtout connu en tant qu’auteur de romans judiciaires et de romans qui décrivent le sud rural des États-Unis. Nombreux sont ceux qui ont été portés à l’écran, tels que La Firme (avec Tom Cruise et Gene Hackman), L’Affaire Pélican (avec Julia Roberts), L’Idéaliste (de Francis Ford Coppola, avec Claire Danes et Matt Damon), Le Client (avec Susan Sarandon et Tommy Lee Jones), Non coupable (Le droit de tuer ?) avec Matthew McConaughey et Samuel L. Jackson), Le Maître du jeu (avec Dustin Hoffman et Gene Hackman)...

La détention de David Miranda et la « guerre contre le terrorisme »

 
 

La détention et l’interrogatoire par les autorités britanniques de David Miranda, le compagnon du journaliste du Guardian, Glenn Greenwald, est un acte effrayant d’intimidation politique.

Miranda a été détenu et interrogé neuf heures durant – le maximum prévu par la loi antiterroriste britannique de 2000 (British Terrorism Act). On lui a refusé le droit d’avoir l’assistance d’un avocat et de garder le silence. Des effets personnels ont été confisqués sans être restitués, dont son ordinateur, son téléphone portable, sa caméra et ses clés USB avec les documents divulgués par l’ancien employé de l’Agence nationale de sécurité (NSA), Edward Snowden.

« Ils m’ont obligé à leur donner les mots de passe de mon ordinateur et de mon téléphone portable », a raconté Miranda au Guardian. « Ils ont dit que j’étais obligé de répondre à leurs questions… Ils me menaçaient tout le temps en disant qu’ils me mettraient en prison si je ne coopérais pas. »

Il s’agit là d’actes de gangstérisme politique commis en dehors de tout contrôle juridique. Miranda, un simple citoyen, a été détenu, interrogé, menacé et ses biens ont été confisqués uniquement en raison de ses liens avec Greenwald et la réalisatrice Laura Poitras à qui il avait rendu visite à Berlin. Tous deux, Greenwald et Poitras, ont travaillé avec Snowden pour divulguer des programmes d’espionnage secrets et illégaux des États-Unis et de leurs collaborateurs internationaux, dont le British Government Communications Headquarters (quartier général des communications du gouvernement britannique, GCHQ).

Même si Miranda a été détenu en Grande-Bretagne, l’administration Obama a joué le rôle principal, elle qui mène une campagne internationale de dénigrement et de persécution contre Snowden depuis qu’il s’était exprimé pour la première fois en juin. Lundi, un porte-parole de la Maison-Blanche a dit que les États-Unis avaient reçu un « préavis » des autorités britanniques avant qu’elles n’agissent et que les services secrets américains et britanniques avaient eu des discussions approfondies.

Bien que l’administration ait affirmé ne pas avoir demandé aux Britanniques d’interpeller Miranda, une demande officielle n’était pas nécessaire. La police et les agences d’espionnage des deux gouvernements opèrent sur la même longueur d’onde. Le gouvernement Obama accèdera sans aucun doute à toute information confisquée à Miranda pour l’aider à cibler Snowden et Greenwald, tout comme la NSA et le GCHQ échangent des informations illégalement obtenues sur leurs citoyens respectifs.

Scotland Yard a justifié les agissements de la police britannique en disant que « l’interrogatoire » était « solide sur le plan juridique et procédural ».

Personne ne peut sérieusement prétendre que l’appareil de surveillance et de répression mis en place au cours de ces 13 dernières années vise les « terroristes ». La détention de Miranda n’est pas un « abus » de la loi antiterroriste britannique (Terrorism Act), elle démontre que l’objectif essentiel de cette loi et des lois identiques aux États-Unis, en Grande-Bretagne et partout dans le monde est l’intimidation et la répression de l’opposition politique au programme réactionnaire de la classe dirigeante. La « guerre contre le terrorisme » est une guerre contre les droits démocratiques des gens.

Snowden a contribué à révéler au grand jour un réseau de programmes d’espionnage qui écoute et enregistre tout appel téléphonique. Ceci inclut le programme XKeyscore de la NSA qui permet aux analystes de passer en revue, sans mandat, toutes les communications – une violation flagrante du Quatrième amendement de la Constitution américaine. Comme la détention de Miranda le prouve, le gouvernement suit très attentivement les déplacements et les activités de ses adversaires politiques et de leurs proches et associés.

Il y a multiplication des attaques de plus en plus ouvertes contre la liberté de la presse visant à intimider tout journaliste authentique qui s’efforce de révéler la vérité aux gens. La divulgation des crimes commis par le gouvernement est qualifiée d’« espionnage » et de « complicité avec l’ennemi » comme l’a montré la condamnation du soldat américain Bradley Manning pour avoir révélé des atrocités de guerre américaines.

La détention de Miranda a eu lieu à juste un peu plus d’une semaine après la conférence de presse d’Obama lors de laquelle il avait exprimé le souhait du gouvernement pour que la population américaine « se sente plus à l’aise » avec les programmes de surveillance d’État policier. Derrière le discours mielleux d’Obama se cache une détermination intransigeante qui vise à maintenir ces programmes et à faire en sorte que ceux qui les démasquent soient réduits au silence.

Dans son attaque contre la dissidence politique et la liberté de la presse, le gouvernement américain jouit du soutien de vastes sections des médias eux-mêmes. Dans son message publié ce week-end sur twitter, le correspondant du magazine Time, Michael Grunwald, un partisan d’Obama et du Parti démocrate, avait écrit « j’ai hâte d’écrire un papier défendant l’attaque de drone qui éliminera Julian Assange ». En cela, le journaliste ne faisait qu’exprimer de manière particulièrement ouverte le sentiment qui prévaut dans les médias traditionnels en général.

Les médias à la botte du patronat – comme l’ancien rédacteur en chef du New York Times, Bill Keller, David Gregory de NBC News et Wolf Blitzer de CNN – détestent Snowden, Greenwald, Manning et Assange parce qu’ils ont, pour révéler la vérité à la population des États-Unis et du monde entier, défié la presse dominante qui agit en tant que bras droit de l’État. Les médias américains ont participé au camouflage des crimes commis par le gouvernement et à la victimisation de ceux qui les ont divulgués.

Des figures comme Grunwald feraient bien de se rappeler la poursuite en justice des propagandistes nazis après la Seconde Guerre mondiale. « Dans un complot qui repose sur une fraude comme moyen de preuve », la poursuite dirigée par les États-Unis au tribunal de Nuremberg a souligné que « les colporteurs du groupe conspirateur sont tout aussi coupables et jouent un rôle aussi essentiel que les maîtres planificateurs, même s’ils n’ont peut-être pas contribué de façon substantielle à la formulation de la stratégie de base en se concentrant plutôt à rendre possible l’exécution de cette stratégie. »

La détention de Miranda et les déclarations de Grunwald expriment à la fois la décrépitude de la démocratie et la crainte qui existe au sein de la classe dirigeante. Les divulgations de Snowden nuisent à la crédibilité de la classe dirigeante et à la justification idéologique centrale dont elle s’est servie durant plus d’une décennie : « la guerre contre le terrorisme ». Ces divulgations coïncident avec une opposition internationale croissante contre la politique de militarisme et de contre-révolution sociale. Se trouvant dans l’incapacité de convaincre, l’élite patronale et financière réagi par la terreur et l’intimidation.

La défense des droits démocratiques ne peut être confiée à aucune section de l’establishment dirigeant. Elle doit être associée à la mobilisation des travailleurs et des jeunes aux États-Unis et partout dans le monde dans une lutte politique contre le capitalisme, source de la guerre, de l’inégalité sociale et de la dictature.

Joseph Kishore



Edité par T 34 - 27 Aug 2013 à 01:22
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Aug 2013 à 01:47
Quand la CIA aidait Saddam Hussein à gazer les troupes iraniennes
 
Des documents déclassifiés prouvent que les Etats-Unis ont aidé, via la CIA, l’ex-dictateur irakien Saddam Hussein à mener des attaques chimiques contre les troupes iraniennes en 1988.

La CIA est-elle complice d’un crime contre l’humanité ? Des documents déclassifiés consultés par Foreign Policy prouvent que, dès 1984, les renseignements américains savaient que Saddam Hussein possédait un stock d’armes chimiques. A l’époque, l’Irak, allié officieux des Etats-Unis, était en guerre contre l’Iran.

Outre la connaissance de l’existence de ce stock, la CIA renseignait l’Irak, son allié objectif d’alors, sur des préparatifs d’offensives iranienne. En sachant pertinemment que Bagdad y répondrait par des attaques au gaz sarin et tabun, deux substances létales interdites par le Protocole de Genève, ignoré par l’Irak, mais ratifié par les États-Unis dès 1975. Le colonel retraité Rick Francona, spécialiste du Moyen-Orient pour les renseignements américains, confie ainsi à Foreign Policy :

Les Irakiens ne nous ont jamais dit qu’ils comptaient utiliser des gaz neurotoxiques. Ils n’en avaient pas besoin. Nous le savions déjà.

Fin 1987, les États-Unis découvrent avec des images satellites, que l’Iran concentre des forces importantes à l’est de Bassora, au sud de l’Irak. Les images montrent aussi que les Iraniens ont identifié une faille dans le dispositif irakien. Or, si Bassora tombe aux mains des Iraniens, ces derniers seraient en passe de remporter la guerre. Ronald Reagan, alors président des Etats-Unis, fait savoir aux services de renseignements américains qu’

Une victoire de l’Iran est inacceptable.

Le secrétaire de la défense en prend bonne note. Il fait suivre la consigne. Dès lors, les Irakiens sont constamment informés par les Etats-Unis des centres logistiques et défenses anti-aériennes iraniennes.

En 1988, quatre attaques chimiques irakiennes sont menées. Celle de mars 1988 fait 5000 morts dans le village kurde d’Halabja. Elle est suivie d’une attaque en avril 1988 sur la péninsule de Fao. L’armée de Saddam Hussein libère alors dans les airs la plus grande quantité de sarin jamais utilisé par les Irakiens.

Ces révélations interviennent alors que Bachar Al-Assad est accusé d’utiliser du sarin à Damas. Une attaque condamnée par les Etats-Unis, vingt ans après le soutien logistique apporté aux gazages irakiens.

 

rumsfeld-hussein-19_791932c--1-.jpg

Cynisme made in USA : quand la CIA aidait Saddam Hussein à utiliser des armes chimiques contre l'Iran

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

(Légende de la photo : Donald Rumsfeld, envoyé de Ronald Reagan, rencontre Saddam Hussein à Bagdad. On est en décembre 1983. Les Etats-unis savent que l'Irak utilise des armes chimiques)

Au moment où les États-Unis feignent l'indignation face au recours en Syrie à des armes chimiques, des documents déclassifiés de la CIA révèlent le cynisme de la puissance impérialiste qui couvrait puis aidait l'Irak à gazer son ennemi iranien dans les années 1980.

La source, le sérieux et conservateur Foreign Policy, est au-dessus de tout soupçon. Sa nouvelle fait l'effet d'une bombe. Pendant la guerre qui opposait l'Irak et l'Iran entre 1980 et 1988, les États-Unis ont soutenu Saddam Hussein dans son recours massif aux armes chimiques.

Les États-Unis redoutent alors une victoire et une hégémonie iranienne sur la région. Pour contrer cette perspective, ils apportent une aide logistique et militaire à l'Irak … tout en armant secrètement l'Iran, pour financer ensuite avec l'argent récolté la guérilla contre-révolutionnaire au Nicaragua.

Dès 1983, la CIA sait de source sûre que l'Irak a recours à des armes chimiques. L'Iran monte alors un dossier, présenté aux Nations unies, pour dénoncer cette violation du protocole de Genève interdisant l'usage d'armes chimiques, les gaz sarin, tabun et autres moutarde.

Seuls à disposer des preuves qui auraient pu accabler l'Irak, les Etats-unis gardent le silence. La CIA recommande même dans ses papiers de s'assurer que toute répercussion de cette affaire à l'échelle internationale soit étouffée.

Ce n'est pas tout. En 1988, alors que la guerre touche à sa fin, les États-Unis apprennent par image satellite que l'Iran était sur le point d'entamer une manœuvre qui leur permettrait de percer les défenses irakiennes à l'est de Bassora et de gagner un avantage décisif.

Avec l'approbation du président Reagan, les États-Unis apportent alors – en pleine conscience de l'usage réitéré d'armes chimiques par l'armée irakienne – une aide pour localiser les mouvements de troupes, la localisation des centres logistiques et des défenses anti-aériennes ennemies.

Au moins, quatre attaques majeures irakiennes impliquant des substances chimiques ont bénéficié du soutien logistique américain. Elles auraient fait directement, selon les dires mêmes de la CIA dans ses rapports secrets, plusieurs milliers de morts.

Ces attaques ont fait pencher de façon décisive la guerre du côté Irakien et ont permis à Saddam Hussein de s'asseoir à la table des négociations en position de force.

On peut rappeler qu'au même moment, Saddam Hussein utilisait massivement des armes chimiques (sarin, tubun, gaz moutarde) contre le village kurde d'Halabja, tuant près de 5 000 civils.

Le projet chimique irakien profitait alors de la collaboration d'entreprises occidentales, essentiellement ouest-allemandes, hollandaises et américaines. Une enquête est en cours pour identifier l'implication certaine d'entreprises françaises dans l'entreprise.

Cette révélation tombe au moment même où les États-Unis tentent d'instrumentaliser la question des armes chimiques afin de trouver un prétexte pour envahir la Syrie, obstacle à ses volontés hégémoniques dans la région.

Nul ne sait encore qui a utilisé ses armes en Syrie, l'hypothèse que ce soient les rebelles est tout sauf à écarter. Comme en Irak, l'important n'est pas la vérité objective mais bien celle qu'on peut faire accepter à l'opinion pour préparer la guerre imminente.

En 1988, les États-Unis aidaient l'Irak à gazer les troupes iraniennes et les civils kurdes pour satisfaire ses objectifs stratégiques. En 2003, ils prétendent l'existence d' « armes de destruction massive », jamais retrouvées, pour légitimer son intervention armée.

Aujourd'hui, le cynisme atteint en Syrie des proportions inédites. L'exemple historique de l'Irak nous confirme que la boussole américaine n'est pas celle de la vérité ou des préoccupations humanitaires mais bien celle de ses intérêts économiques et politiques.

 

Foreign Policy révèle l’hypocrisie des Américains face aux armes chimiques

 
 
 

La nouvelle révélée par Foreign Policy, à partir de documents déclassifiés et témoignages de hauts gradés américains, n’a pas manqué de produire son effet.

Selon ce magazine en ligne américain spécialisé dans les affaires étrangères et l’économie, « en 1988, alors que la guerre entre l’Iran et l’Irak touche à sa fin, les États-Unis apprennent, grâce à des images satellites, que l’Iran est sur le point d’obtenir un avantage stratégique potentiellement décisif en exploitant une faille dans les défenses irakiennes. Les services de renseignement américains font connaître aux Irakiens la localisation des troupes iraniennes en sachant pertinemment que l’armée de Saddam Hussein va les attaquer avec des armes chimiques, dont du sarin, un gaz neurotoxique létal ».

Le magazine fait un parallèle avec le contexte de la guerre en Syrie et poursuit : « Ainsi, alors que le débat fait aujourd’hui rage autour de la question d’une éventuelle intervention des États-Unis pour mettre un terme à des attaques chimiques qui auraient été effectuées par le gouvernement syrien, il y a trente ans, les États-Unis se montraient donc bien plus froidement pragmatiques face à l’utilisation massive des armes chimiques par Saddam Hussein, tant à l’égard de ses ennemis que de ses propres citoyens. » Cette révélation qui démontre encore une fois l’hypocrisie du régime américain intervient alors que se précise une frappe occidentale contre la Syrie. « Nous sommes prêts à y aller si Obama le décide », a affirmé le secrétaire à la Défense américain, Chuck Hagel. Les Syriens ont prévenu que leur pays ne se laisserait pas faire face à une attaque occidentale. Mais il semble que les Occidentaux ont oublié ce qu’ont été pour eux les bourbiers des guerres coloniales et des interventions en Afghanistan et en Irak. En tout cas, ils n’en ont tiré aucune leçon. De la même façon, les dirigeants des pays occidentaux restent sourds aux mises en garde de l’Iran et de la Russie, et d’autres pays, sur les risques d’un embrasement généralisé dans la région en cas d’intervention armée occidentale en Syrie.

Kamel Moulfi

Des documents de la CIA le prouvent : les USA ont aidé Saddam Hussein à gazer les Iraniens
 
 

Des documents déclassifiés inédits et des interviews exclusives prouvent que, pendant la guerre Iran-Irak, Washington a fermé les yeux sur des opérations menées par le régime de Bagdad, et lui a même ensuite fourni des renseignements stratégiques.

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Un soldat iranien avec un masque à gaz pendant les attaques chimiques irakiennes. Via Wikimedia Commons. -

Le gouvernement américain est peut-être en train d’envisager des actions militaires en réponse aux attaques chimiques qui se sont (sans doute) produites près de Damas. Mais nous sommes parvenus à mettre la main sur des documents qui démontrent qu’il y a 25 ans de cela, les autorités de l’armée et du renseignement américains étaient au courant et ne firent absolument rien pour empêcher une série d’attaques aux gaz neurotoxiques bien plus dévastatrices que celles qui se déroulent actuellement en Syrie.

En 1988, alors que la guerre entre l’Iran et l’Irak touche à sa fin, les Etats-Unis apprennent, grâce à des images satellites, que l’Iran est sur le point d’obtenir un avantage stratégique potentiellement décisif en exploitant une faille dans les défenses irakiennes. Les services de renseignement américains font connaître aux Irakiens la localisation des troupes iraniennes en sachant pertinemment que l’armée de Saddam Hussein va les attaquer avec des armes chimiques, dont du sarin, un gaz neurotoxique létal.

Parmi ces renseignements, des images et des cartes des mouvements des troupes iraniennes, la localisation des dépôts logistiques iraniens et des détails sur les défenses aériennes iraniennes. Les Irakiens ont utilisé du gaz moutarde et du sarin avant quatre de leurs grandes offensives au début de l’année 1988 en s’appuyant sur ces images satellites, ces cartes et autres renseignements fournis par les services de renseignements américains.

Ces attaques ont permis de faire pencher le cours de la guerre en leur faveur et poussé l’Iran à s’asseoir à la table des négociations, permettant à la politique de l’administration Reagan, qui visait à assurer la victoire de l’Irak, d’aboutir. Elles furent également les dernières d’une série d’attaques chimiques qui s’étaient produites au cours des années précédentes, dont l’administration Reagan était parfaitement informée et qu’elle n’avait pas jugé utile de mentionner.

«Nous étions déjà au courant»

Les représentants étasuniens ont longtemps nié avoir eu connaissance des attaques chimiques menées par les Irakiens, en insistant sur le fait que le gouvernement de Saddam Hussein n’avait jamais fait part de son intention d’utiliser de telles armes. Mais le colonel Rick Francona de l’US Air Force, aujourd’hui à la retraite et qui était l’attaché militaire étasunien à Bagdad lors de ces attaques de 1988, nous en donne une vision bien différente.

«Les Irakiens ne nous ont effectivement jamais informés qu’ils avaient l’intention d’utiliser des gaz neurotoxiques. Cela n’était pas nécessaire: nous étions déjà au courant», nous a-t-il déclaré.

Rick Francona (Airlee Owens)

A en croire des documents récemment déclassifiés de la CIA et des entretiens accordés par d’anciens responsables du renseignement américain comme Francona, les Etats-Unis disposaient de preuves tangibles de l’utilisation de gaz par les troupes irakiennes depuis 1983.

A cette époque, l’Iran affirmait publiquement que ses troupes avaient été plusieurs fois victimes d’attaques chimiques illégales et était en train de réunir un dossier pour évoquer cette question devant l’Onu. Mais ce dossier manquait de preuves démontrant l’implication de l’Irak, preuves que l’on pouvait trouver dans des rapports secrets et des mémorandums adressés au plus hauts responsables du renseignement au sein de l’administration américaine. La CIA se refusa pourtant à tout commentaire sur ce sujet.

Ainsi, alors que le débat fait aujourd’hui rage autour de la question d’une éventuelle intervention des Etats-Unis pour mettre un terme à des attaques chimiques qui auraient été effectuées par le gouvernement syrien, il y a trente ans, les Etats-Unis se montraient donc bien plus froidement pragmatiques face à l’utilisation massive des armes chimiques par Saddam Hussein, tant à l’égard de ses ennemis que de ses propres citoyens.

L’administration Reagan décida qu’il était préférable de laisser les attaques se poursuivre si elles permettaient d’inverser le cours de la guerre. Et quand ces attaques furent connues, la CIA s’assura que l’indignation et les condamnations de la communauté internationale soient étouffées.

Dans les documents révélés, la CIA affirme ainsi que l’Iran pourrait bien ne pas découvrir de preuves tangibles de l’utilisation de ces armes —alors que l’agence les possédait. L’agence remarque également que l’Union soviétique avait fait usage d’armes chimiques en Afghanistan sans beaucoup de répercussions sur le plan international.

Complices des pires attaques chimiques de l'histoire

On a déjà rapporté que les Etats-Unis avaient fournis des renseignements tactiques à l’Irak alors même que le plus haut sommet de l’Etat soupçonnait que Saddam ferait usage d’armes chimiques. Mais ces documents de la CIA, passés presque totalement inaperçus dans la masse de documents déclassifiés consultables aux Archives Nationales de College Park, dans le Maryland, combinés à des entretiens exclusifs menés avec d’anciens responsables américains du renseignement, révèlent de nouveaux détails sur l’étendue même de la connaissance de ce sujet par les Etats-Unis, les circonstances et les dates de l’utilisation de ces agents mortels.

Ils démontrent que les plus hauts responsables étasuniens étaient régulièrement informés de l’ampleur de ces attaques aux gaz neurotoxiques. Et témoignent sans conteste de la complicité des autorités américaines dans certaines des pires attaques chimiques jamais effectuées dans l’histoire.

Certains hauts responsables de la CIA, dont le Directeur de l’agence, William J. Casey, un ami proche du président Reagan, avaient été informés de la localisation des usines de fabrication des armes chimiques irakiennes; ils savaient que l’Irak entreprenait de grands efforts pour produire assez de gaz moutarde afin de satisfaire les exigences des troupes de première ligne. Ils savaient aussi que l’Irak était sur le point d’acheter du matériel à l’Italie afin d’accélérer la production d’obus et de bombes chimiques et qu'il était prêt à utiliser des gaz neurotoxiques contre les troupes iraniennes, mais peut-être aussi contre les populations civiles.

Ces dirigeants étaient également informés que l’Iran était susceptible d’opérer des représailles contre les intérêts américains au Proche-Orient, dont des attaques terroristes, si Téhéran venait à croire que les Etats-Unis étaient impliqués dans la campagne d’attaques chimiques de l’Irak.

«Au fur et à mesure que les attaques irakiennes se poursuivent et s’intensifient, les chances augmentent de voir les forces iraniennes mettre la main sur un obus au gaz moutarde non explosé et portant des marques de fabrication irakiennes, dit ainsi un rapport top secret de la CIA de novembre 1983. Téhéran présentera de telles preuves devant l’Onu et accusera les Etats-Unis de complicité de violation de lois internationales.»


► Cliquer ici pour lire l'ensemble des notes américaines sur les attaques chimiques irakiennes

«Ils en feront presque certainement usage»

A cette époque, déclare Francona à Foreign Policy, le bureau de l’attaché militaire américain suivait les préparatifs des offensives irakiennes par le biais d’images satellites. Selon un ancien représentant de la CIA, celles-ci témoignaient du transport de munitions chimiques à destination des batteries d’artillerie irakiennes face aux positions iraniennes, et ce avant chaque offensive.

Francona, fin connaisseur du Proche-Orient et linguiste spécialiste de l’arabe ayant servi au sein de la National Security Agency (NSA) et de la Defense Intelligence Agency (DIA), déclare qu’il fut pour la première fois informé de l’utilisation d’armes chimiques par l’Irak contre l’Iran en 1984, alors qu’il était attaché militaire à Amman, en Jordanie. Les informations auxquelles il eut alors accès démontraient sans l’ombre d’un doute que les Irakiens avaient fait usage du tabun, un gaz neurotoxique (également appelé «GA») contre les troupes iraniennes dans le sud de l’Irak.

Les documents déclassifiés de la CIA montrent que Casey et d’autres hauts responsables furent régulièrement informés des attaques chimiques effectuées par l’Irak et de ses plans de futures offensives chimiques. «Si les Irakiens produisent ou se procurent de nouvelles réserves de gaz moutarde, ils en feront presque certainement usage contre les troupes iraniennes et les villes frontalières», peut-on lire dans un des documents top secrets de la CIA.

Mais la politique de Reagan consistait à faire en sorte d’assurer la victoire de l’Irak, quel qu’en soit le coût.

La CIA fait remarquer, dans un autre document, que l’utilisation d’agents neurotoxiques «pourrait avoir un impact significatif sur la tactique iranienne des vagues humaines et contraindre l’Iran à réviser sa stratégie». Cette tactique, qui voyait en effet les troupes iraniennes attaquer les positions iraniennes par le biais de vagues d’assaut successives [une méthode d’inspiration soviétique, ndt] s’étaient avérées payantes dans certaines batailles. En mars 1984, la CIA rapporta que l’Irak «avait commencé à utiliser des agents neurotoxiques sur le front de Bassora et pourrait être en mesure d’en utiliser sur une bien plus vaste échelle à la fin de l’automne 1984».

Interdit depuis 1925

Le recours aux armes chimiques dans la guerre est interdit par le protocole de Genève de 1925, qui déclare que les parties «exerceront tous les efforts possibles pour amener d’autres États à accepter» l’accord. L’Irak n’a jamais ratifié ce protocole; les États-Unis l’ont fait en 1975. La convention sur les armes chimiques, qui interdit la production et l’utilisation de ce genre d’armes, n’a été votée qu’en 1997, des années après les événements dont il est question.

La première vague d’attaques irakiennes, en 1983, utilisa du gaz moutarde. S’il n’est généralement pas mortel, ce dernier provoque de graves ampoules sur la peau et les muqueuses susceptibles de provoquer des infections fatales, une cécité et des maladies des voies respiratoires supérieures, tout en augmentant le risque de cancer.



Mohammad Reza Bajelan, une victime iranienne des attaques chimiques, dans un hôpital de Téhéran en 2002. REUTERS/Raheb Homavandi.

Les États-Unis ne fournissaient pas encore de renseignements militaires à l’Irak à l’époque où le gaz moutarde fut utilisé, mais ils n’ont rien fait non plus pour aider l’Iran à tenter de mettre au jour les preuves du recours illégal de l’Irak aux armes chimiques, ni pour en informer les Nations Unies. La CIA décida que l’Iran était capable de bombarder les usines d’armement, du moment qu’il pouvait les trouver. Et elle jugea qu’il en connaissait l’emplacement.

Les preuves concrètes de l’attaque chimique par l’Irak sont apparues en 1984, ce qui n’a pas franchement contribué à dissuader Saddam Hussein d’utiliser ces agents mortels, notamment dans des frappes contre son propre peuple. Mais si la CIA avait connaissance de l’utilisation des armes chimiques par le dictateur irakien, ses responsables ne voulurent pas fournir de renseignements à l’Irak pendant la plus grande partie de la guerre. Le département de la Défense proposa un programme de partage des renseignements avec les Irakiens en 1986, qui, à en croire Francona, fut bloqué car la CIA et le département d’État considéraient que Saddam Hussein était «abject» et ses représentants des «brutes».



Saddam Hussein et le roi Hussein de Jordanie, en novembre 1987. REUTERS/Stringer.

Une victoire iranienne «inenvisageable»

La situation changea en 1987. Des satellites de renseignement de la CIA recueillirent des indications claires que les Iraniens rassemblaient un grand nombre de soldats et d’équipements à l’est de la ville de Bassora, explique le colonel Francona, qui travaillait à l’époque pour la DIA.

Les analystes de cet organisme étaient très inquiets car l’imagerie satellite montrait que les Iraniens avaient découvert une brèche béante dans les lignes irakiennes au sud-est de Bassora. La jointure s’était ouverte au carrefour entre le 3e corps d’armée irakien, déployé à l’est de la ville, et le 7e corps, au sud-est, déployé sur et autour de la très disputée péninsule de Fao.

Les satellites avaient détecté des mouvements secrets d’unités du génie et de construction de ponts vers des zones de déploiement en face de la brèche dans les lignes irakiennes, indiquant que c’était là que les principales forces de l’offensive printanière annuelle iranienne allaient se diriger, expliqua Francona.

Fin 1987, les analystes de la DIA du service du colonel Francona à Washington rédigèrent un rapport codé top secret partiellement intitulé «Aux portes de Bassora», prévenant que l’offensive iranienne du printemps 1988 serait de plus grande ampleur que toutes les précédentes et qu’elle avait de très bonnes chances de franchir les lignes irakiennes et de capturer Bassora. Le rapport prévenait que si Bassora tombait, l’armée irakienne s’effondrerait et que l’Iran gagnerait la guerre.

Le président Reagan lut ce rapport et, rapporte Francona, écrivit dans la marge une note adressée au secrétaire à la Défense Frank C. Carlucci:

«Une victoire iranienne est inenvisageable.»

Par conséquent, une décision fut prise au plus haut niveau du gouvernement américain, requérant certainement l’approbation du Conseil de sécurité nationale et de la CIA. La DIA fut autorisée à fournir aux services de renseignements irakiens toutes les informations détaillées disponibles sur les déploiements et les mouvements de toutes les unités de combat iraniennes, ce qui comprenait des images satellites et peut-être quelques renseignements électroniques préalablement caviardés.

Washington ravi du résultat

Une attention toute particulière fut accordée à la zone située à l’est de la ville de Bassora, d’où la DIA était convaincue que viendrait la prochaine grande offensive iranienne. L’agence fournit également des informations sur l’emplacement d’infrastructures logistiques iraniennes cruciales et sur la force et les capacités de la force aérienne iranienne et de son système de défense antiaérienne. Francona décrivit la plupart de ces informations comme des «cibles servies sur un plateau» utilisables par les forces aériennes irakiennes, qui n’avaient plus qu’à les détruire.

Les attaques au sarin vinrent ensuite.

Ce gaz innervant provoque des vertiges, une détresse respiratoire, des convulsions musculaires et peut s’avérer mortel. Les analystes de la CIA n’ont pas pu calculer précisément le nombre de victimes iraniennes, faute d’accès aux représentants et aux documents iraniens.

Mais l’agence américaine estima le nombre de morts quelque part entre «plusieurs centaines» et «plusieurs milliers» à chacune des quatre occasions où des armes chimiques furent utilisées avant une offensive militaire. À en croire la CIA, les deux tiers de toutes les armes chimiques utilisées par l’Irak pendant sa guerre contre l’Iran ont été envoyées ou larguées au cours des dix-huit derniers mois du conflit.



Des portraits des victimes iraniennes des attaques chimiques irakiennes. REUTERS/Morteza Nikoubazl.

En 1988, les renseignements américains circulaient librement vers l’armée de Saddam Hussein. Au mois de mars, l’Irak lança une attaque au gaz innervant sur le village kurde de Halabja, dans le nord de l’Irak.

Un mois plus tard, les Irakiens utilisèrent des bombes aériennes et des obus d’artillerie remplis de sarin contre des groupes de soldats iraniens sur la péninsule de Fao, au sud-est de Bassora, aidant ainsi les forces irakiennes à remporter une grande victoire et à reprendre la totalité de la péninsule. Le succès de cette offensive empêcha aussi les Iraniens de lancer leur offensive tant anticipée pour s’emparer de Bassora. Selon Francona, Washington fut ravi du résultat, car les Iraniens n’eurent jamais la moindre chance de lancer leur offensive.

Contraste cruel avec 2003

Ce niveau de connaissance du programme d’armes chimiques irakiennes contraste cruellement avec les évaluations erronées, fournies par la CIA et d’autres agences de renseignements, sur le programme de l’Irak avant l’invasion américaine de 2003. À l’époque, les renseignements américains bénéficiaient pourtant d’un meilleur accès à la région et pouvaient envoyer des représentants sur place pour évaluer les dégâts.

Francona se rendit sur la péninsule de Fao peu de temps après sa prise par les Irakiens. Il trouva un champ de bataille jonché de centaines d’injecteurs usagés ayant contenu de l’atropine, médicament communément utilisé pour contrer les effets mortels du sarin. Francona ramassa quelques injecteurs et les rapporta à Bagdad —la preuve que les Irakiens avaient utilisé du sarin sur la péninsule de Fao.



Des inspecteurs des Nations unies enquêtent en Iran sur l'usage d'armes chimiques par l'Irak.
sajed via Wikimedia Commons

Dans les mois qui suivirent, rapporta Francona, les Irakiens utilisèrent du sarin à grande échelle trois autres fois, associé à des feux d’artillerie massifs et à de la fumée pour masquer leur recours au gaz innervant. Chaque offensive fut couronnée de succès, en grande partie grâce à l’usage de plus en plus élaboré de quantités industrielles d’agents innervants.

Lors de la dernière de ces attaques, appelée l’Offensive du Ramadan béni, en avril 1988, les Irakiens envoyèrent la plus grande dose de sarin qu’ils aient jamais utilisée. Pendant un quart de siècle, aucune attaque chimique n’allait s’approcher de l’échelle des attaques non-conventionnelles lancées par Saddam Hussein. Jusqu’à, peut-être, les frappes de la semaine dernière aux portes de Damas.

 
 


Edité par T 34 - 01 Sep 2013 à 19:17
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Aug 2013 à 20:08

Manque de pilotes de drones

 

Un rapport de l’armée de l’Air des États-Unis a révèle que les besoins en pilotes de drones augmentent plus rapidement que ce qu’elle est capable de former, un problème dû, notamment, au manque de volontaires pour cette spécialité.

Dans ce rapport rédigé pour le compte de la Brookings Institution, un centre de réflexion de Washington, le colonel de l’Air Force, Bradley Hoagland, explique le problème par des perspectives de promotion moindres pour les pilotes de drones par rapport aux autres pilotes « traditionnels » et des « exigences opérationnelles » éprouvantes depuis une dizaine d’années.

En 2012, l’Air Force était censée entraîner 1.129 nouveaux pilotes « traditionnels » et 150 pilotes amenés à diriger depuis le sol les Predators, Reapers et autres Global Hawk. Le quota a été rempli pour les premiers mais seuls 82% des postes ont été pourvus pour les seconds « par manque de volontaires », déplore l’auteur.

L’armée de l’air comptait fin 2012 quelque1.300 pilotes de drones, représentant 8,5% de l’ensemble du corps des pilotes, contre 3,3% quatre ans plus tôt. Elle disposait alors de 152 Predators, 96 Reapers et 23 Global Hawk, pour un total de 61 « patrouilles de combat » (CAPs), selon un rapport du Pentagone. La « patrouille de combat » constitue l’unité de mesure pour s’assurer d’une couverture 24 heures sur 24, sept jours sur sept d’une zone donnée par un drone.

Il faut en général 3 ou 4 drones pour cela.

« Le rythme de croissance des patrouilles de combat est plus rapide que la capacité de l’Air Force à former les personnels », dénonce le colonel Hoagland. Un des facteurs est un taux d’échec lors de la formation initiale « trois fois supérieur » à celui d’un pilote classique, un tiers des apprentis pilotes.


 
 

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Edité par T 34 - 29 Aug 2013 à 01:10
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